Je ne veux pas pêcher par excès de pessimisme, mais il semblerait que les discussions en cours tournent au dialogue de sourds :
Il est demandé (entre autres) à la RAM d’apurer la totalité du passif. Hors ce passif provient essentiellement de la gestion sénégalaise (voyages présidentiels non payés, blocage des comptes par l’AIDB (nouvel aéroport), tva non retournée, etc... La partie sénégalaise (principalement l’intersyndicale –Suttaas-) demande une recapitalisation de 40 milliards de cfa, recommande que 10% du capital soit dévolue gratuitement aux salariés, et demande une compensation financière à la RAM sur ses vols hebdomadaires (au départ de
Dakar).
Il convient de rappeler qu’en 2007, Farba Senghor (alors Ministre du Transport Aérien) avait claironné avec force que ASI allait retourner en totalité dans le giron de l’Etat sénégalais, d'ici 2009. La RAM a demandé récemment que cette disposition soit appliquée (et on en comprend les raisons, vu le passif) ; ce qui a provoqué l’ire de l’Etat et une décision de la justice sénégalaise obligeant la RAM a rester l’actionnaire majoritaire (et on comprend aussi pourquoi).
Vu cette situation, où l’Etat sénégalais n’a pas le début d’un centime pour reprendre les choses en mains, la RAM a décidé de rapatrier ses avions pour éviter leur saisie, suite à cette décision de justice abracadabrantesque. Ainsi, avant l’arrêt des vols du 24 avril, ASI ne disposait plus que d’un Boeing 737 pour faire principalement la liaison avec
Paris, et un Dash pour assurer les vols intérieurs.
Il est clair que cette situation ne pouvait perdurer : les fournisseurs demandant un paiement cash ; Asi a été dans l’obligation d’interrompre son activité.
A mon sens, un dépôt de bilan et une administration judiciaire aurait été moins dommageable pour la compagnie, car aujourd’hui, personne ne sait comment se sortir de cette situation inextricable, sauf à demander à la RAM d’allonger le porte monnaie.
Il est clair qu’au bout d’une semaine, la situation est pour le moins « confuse » : les 500 employés dans l'expectative, les avions cloués au sol et les clients avec des billets d'avion payés sont dans le brouillard total, d’autant que chaque jour de perte d’exploitation gonfle le problème et diminue la crédibilité de la compagnie vis à vis des fournisseurs et des clients potentiels.
Les journaux sénégalais avaient titré qu’Air Algérie et Tunisair étaient intéressés : l’Ambassade d’
Algérie à
Dakar a démenti ce jour avoir montré un quelconque intérêt pour ASI. Tunisair ne s’est pas exprimé...pour autant qu’elle ait montré un intérêt.
Il semblerait donc que Me Wade devra mouiller sa chemise s’il souhaite que la compagnie perdure : la solution ne sera que sénégalo-sénégalaise selon moi.
il est à noter que le Président Wade vient de visiter le chantier du nouvel aéroport et qu’il a exprimé sa satisfaction sur l’avancement des travaux. Il pense même que l’Aéroport Blaise Diagne accueillera son premier avion fin 2010. Ca serait dommage que ce ne soit pas un avion national...