Quelques infos sur un séjour (le 3ème en
Iran) à
Mashad, puis au Kurdistan d'
Iran
Mashad :Comme indiqué dans un post précédent, ai eu mon Visa On Arrival à l'aéroport de
Mashad le 20 avril, en environ 30 mn (noter que la mention en anglais de mon visa correspondait à une durée d'1 mois, celle en persan étant de 15 jours -- moralité, vérifier la durée accordée !!). Coût de 50 euros + 15 USD de souscription obligatoire d'une assurance.
Suis restée 4 jrs à
Mashad, le but de mon séjour dans cette ville étant le sublime et immense sanctuaire de l'Imam Reza (8ème Imam de l'Islam chiite duodécimain). Dument recouverte d'une abaya et foulard noirs, et de chaussettes noires, ai pu m'y balader en compagnie d'une amie iranienne en toute liberté, jusqu'au tombeau même. C'est un vaste ensemble d'une extraordinaire architecture avec des décors islamiques à couper le souffle, et les différentes cours et jardinets forment un dédale impressionnant. C'est aussi une véritable tour de Babel du chiisme, où se croisent différentes populations en pèlerinage: Iraniens bien sûr venant de tout le pays, très nombreux Iraqiens, Pakistanais, Hazaras d'origine afghane,...
A
Mashad, ne pas rater non plus le ravissant Mausolée Rabi (situé un peu à l'extérieur de
Mashad), au coeur d'un immense quadrilatère d'une merveilleuse architecture, et dont le sol est constitué de tombes anciennes ou plus récentes sur lesquelles on marche, et notamment de martyrs de la guerre
Iran/Iraq (dont l'une, celle d'une femme, comportait la représentation de la Kaaba de la Mecque avec la mention que les Saoudiens ne méritaient pas de détenir ni Médine ni la Mecque en leur pays...!).
Pendant mon séjour, n'ai croisé aucun Occidental. La majorité des Iraniens rencontrés (ballades, restos, amis,...) s'étonnaient qu'une Occidentale non musulmane puisse aller jusqu'à
Mashad pour voir le sanctuaire de l'Imam Reza, alors qu'eux-mêmes ne supportaient plus l'emprise de la religion et des mollahs sur tout le système d'Etat...
Je n'ai pas ressenti à
Mashad (par ailleurs ville très industrialisée et dynamique) les effets des quelques 30 ans d'embargo et dernières années de sanctions internationales : grosses et belles bagnoles, restos en tout genre yc ultra-branchés, boutiques chics, nombreuses femmes plutôt bourgeoises en tenue pseudo islamique et de fait ultra-sexy, incroyable fête d'enfants aux vêtements inspirés de Barbie avec musique occidentale à fond la caisse, et où tout fonctionne (feux rouges, ascenseurs, police, radars sur les autoroutes, magasins pleins, hôtels,...). Bref, j'ai été proprement épatée par le dynamisme et la réactivité/inventivité des Iraniens.
Kurdistan d'Iran :De
Mashad, j'ai rejoint
Kermanshah à l'autre bout du pays via un vol direct sur Merag airline, coût 50 euros, 2 h 30 de vol en compagnie majoritairement d'Iraqiens rentrant chez eux. Des amis iraniens m'avaient réservé à l'avance mon billet, car il est impossible de prendre un billet sur un vol intérieur de l'extérieur du pays. Grande animation à l'aéroport de
Kermanshah, un vol de pèlerins revenant de la Mecque ayant atterri au même moment. Ballades et nuit à
Kermanshah, puis route vers
Sanandaj et donc mon 2ème séjour au Kurdistan d'
Iran.
Objectifs cette fois :
D'abord, aller à Bijar (ville appelée le "Toit de l'
Iran", car en assez haute altitude, mais finalement sans grand intérêt), puis aller surtout à une 40aine de km plus au nord dans la Réserve Naturelle (endroit magnifique, ballade en compagnie de 2 gardes forestiers dans leur 4x4, et notamment dans le magnifique canyon situé entre deux gigantesques falaises, formant un véritable paradis pour l'observation des oiseaux/ornithologie, avec notamment un vol nuptial exceptionnel de deux aigles royaux).
Ensuite, en partant de Mahabad (décidément la ville la plus kurde du Kurdistan d'
Iran), suivre la route (excellente) allant vers le nord et longeant tout d'abord un très long lac artificiel, en direction de Piransharh plus à l'ouest. De là, on est au pied de cette magnifique chaîne de montagnes, qui étaient encore très enneigées comme partout ailleurs, formant la frontière avec le Kurdistan d'Iraq, Rowanduz et Soran étant les deux villes de l'autre côté. Le point-frontière de Hajj Omran se trouve là, et le proprio de l'excellent resto dans la rue principale de Piranshahr m'a dit voir passer 2 touristes occidentaux en moyenne par mois pour traverser ce point-frontière dans un sens ou dans l'autre. Puis direction Sardasht, puis Baneh. Ce triangle Mahabad-Piranshahr-Baneh est certainement
le plus beau parcours que j'ai pu faire au Kurdistan d'
Iran (suis, à ce stade, allée presque partout). Noter que la route de Baneh vers Marivan nous a été annoncée comme trop mauvaise pour la Peugeot 206 à la caisse trop basse que nous avions (j'avais pu faire cette route il y a 2 ans, dans l'autre sens, avec un véhicule plus adapté). Pas plus qu'à
Mashad, je n'ai rencontré de touriste occidental au Kurdistan.
Puis, le 1er mai, j'ai passé la frontière terrestre vers l'Iraq -- le Kurdistan d'Iraq en fait -- au point frontière de Bashmagh, entre Marivan et Penjwin/Suleymaniyeh (ceci fera l'objet d'un autre post).