En 2017, nous sommes partis à
Cuba avec l’agence Roots Travel, qui nous a fait un voyage sur mesure nous permettant de découvrir à notre rythme ce magnifique pays.
Fort de cette expérience plutôt réussie, nous avons confié à Roots Travel l’organisation de notre voyage au
Costa Rica. Nous avons été reçus par M. Pavel Alter, le gérant de l’agence, et spécialiste du
Costa Rica. Notre volonté était de découvrir le pays plutôt sous un angle « nature », raison pour laquelle nous avons sélectionné le circuit « hors des sentiers battus », sur lequel nous avons fait quelques adaptations selon les conseils de M. Alter, et aussi pour nous ménager des étapes « repos », pour aller à la plage et se baigner.
Moyennant la somme de 2600€ / personne, pour 14 nuits, voyage inclus sur Air France (vol direct
Paris –
San José), nous étions parés pour l’aventure. Notre formule incluait également la location de voiture. Nos hébergements sont réservés dans des éco lodge, ce qui, selon M. Alter, est la formule la plus sympa pour découvrir le pays.
Il est dommage que l’agence nous ait communiqué les billets d’avion au tout dernier moment (une semaine avant le départ), car nous n’avons pas pu choisir nos sièges (généralement je prends des places XL car je mesure 1,88m).
Notre circuit était le suivant :
- Arrivée à San José en fin de journée, récupération de la voiture chez Hertz, puis direction l’Hôtel Aranjuez pour une nuit de récupération du voyage, avant de prendre la route le lendemain pour la côte caraïbe.
- Deux nuits au Lirio Lodge, au bord de la rivière Pacuare
- Deux nuits à côté de Turrialba, face au volcan, au Bella Vista Ranch
- Une nuit à San Gerardo De Dota, au cœur du parc des Quetzals, au Los Lagos Lodge
- Deux nuits sur la péninsule d’Osa, au Danta Logde
- Deux nuits à proximité de Dominical, au lodge « Edge of the world »
- Une nuit à Manuel Antonio, à l’hôtel Verde Mar
- Trois nuits à Playa Hermosa, au Costanera B&B
- Une nuit dans le parc Arenal, au Chachagua Rainforest Eco Lodge
- Puis retour sur San José pour prendre l’avion le soir à 22h45.
Sur le papier, tout cela semble prometteur, et le descriptif du voyage fourni par l’agence est assez alléchant. Cependant, nous avons fait le choix de cette agence pour l’expérience et les bons conseils qui devaient faire de ce voyage une réussite inoubliable. Certains moments resteront inoubliables, mais pas forcément comme nous l’imaginions.
Pour commencer, le véhicule qui nous a été loué, fort cher au demeurant ($ 849) était une simple berline 4 places, prévue pour la route, mais fort peu adaptée aux nombreuses pistes que nous allions devoir emprunter lors de ce tour. En effet, M. Alter nous prépare un circuit « hors des sentiers battus » mais nous fourni une voiture de route. Première grosse erreur. La majorité des lodges n’étaient accessibles que par des pistes où seuls des 4x4 pouvaient s’aventurer sans risque, avec parfois des pentes allant jusqu’à 35°, sans parler du fait que l’état de la piste, avec les trous et les cailloux, menaçait d’endommager la voiture. La grande majorité des parcs naturels est également accessible par des pistes.
Lors du voyage, j’ai pu communiquer avec M. Alter, et la réponse a été « mais je vous avais loué une toyota ! ». Ce genre de réponse m’amène sérieusement à douter de la compétence de M. Alter sur le pays, qu’il est censé connaître parfaitement, et les hébergements qu’il a choisis. Bref.
Etape 1
Première étape en plein nature : deux nuits au Lirio Lodge, qui nous ont enchanté, bien que nous ayons dormi sous une tente, elle-même installée sous un toit de plastique. La proximité avec la nature est magique et nos balades en bateau nous permettent d’observer la faune et la flore avec un guide indispensable pour profiter du spectacle.
Etape 2
L’étape
Turrialba est quelque peu déroutante au départ, l’accès au Bella Vista Ranch se fait via une piste de montagne de 2 km à faire au pas avec notre véhicule, et dont l’accès final nécessite un niveau de pilotage très pointu, tant la pente est raide. La vue est magnifique, nos hôtes sont très accueillants, lui est américain, ancien surfer, et elle Costa ricaine, et ils n’hésitent pas à vous préparer petits déjeuners et diners si vous leur demandez, même au dernier moment. Vu la route d’accès, on réfléchit deux fois avant de quitter le lodge...
Pour notre journée de visite, notre hôte nous conseille d’éviter le parc du volcan, c’est le week-end, et il y aura foule, quelques heures de queue possible rien que pour pouvoir se garer au parking du parc. Il nous conseille en revanche la
parc Tapanti, qui est à 40km environ, bien moins fréquenté, et tout aussi beau. Il va même jusqu’à nous accompagner sur une partie de la route avec sa moto. Quel hôte de qualité !
Encore une fois, nous regrettons de ne pas avoir de 4x4, l’accès au parc est une très longue piste caillouteuse de plusieurs kilomètres.
Etape 3
Notre étape suivante se situe en montagne, dans le parc naturel des Quetzals, à San Gerardo De Dota. Là encore, l’accès à ce parc se fait par une piste de 6 km environ, qui relève de l’exercice d’équilibriste avec une voiture comme la nôtre. Le Los Lagos Lodge est également un éco lodge, c’est à cette étape du voyage que nous comprenons le sens du mot « éco », qui semble vouloir dire plus économique que écologique. Notre chalet est percé de trous, et la nuit en montage est une souffrance. Le matin, la température est tellement basse que nous ne pouvons prendre une douche (il doit faire 5° dans la salle de bains). Etape sans intérêt, sauf à pouvoir passer une journée complète à observer les oiseaux, nous n’en avions ni le temps, ni l’envie.
Etape 4
Après la montagne, direction la péninsule d’Osa, à proximité du
parc Corcovado. L’hébergement au Danta Lodge est une bonne surprise, le lodge procure une véritable immersion dans la nature. Encore une fois, 3 km de piste permettent d’accéder au site. Notre séjour est réservé en demi-pension, avec 2 excursions, peu intéressantes. Nous avons fait la balade en canoé dans la mangrove, avec un guide qui ne parlait pas anglais. Seule la visite de la plantation de café était un bon moment, car le guide était une mine de connaissances, et n’hésitait pas à nous les partager.
Nous n’avons pas pu aller visiter le
parc du Corcovado, il faut prévoir entre une et deux journée complètes pour s’y rendre et profiter de la visite, ce que ne nous permettait pas notre planning.
Etape 5
Nous remontons ensuite vers le nord, sur la côte pacifique, pour une halte de deux jours programmée à
Dominical.
Entre la plage et le lodge « Edge of the world », une piste de montagne de plusieurs kilomètres. J’en avise M. Alter, qui nous dit qu’il ne comprend pas, que le lodge a une bonne note sur TripAdvisor. C’est là que je comprends comment notre voyagiste construit son voyage, non pas basé sur des expériences vécues, mais sur des choix faits sur internet.
A ce stade, mon épouse et moi, nous sommes furieux. D’abord parce que
Dominical n’a rien de charmant, c’est un village qui a poussé devant un spot de surf, envahie de surfeurs américains et de boutiques de surf. Aucun intérêt. De plus, le lodge ne sert pas les petits déjeuners et encore moins les diners. Ça veut dire qu’il faut s’organiser pour les repas et se farcir la piste de montagne qui est une des plus pentue rencontrée jusqu’ici.
Nous demandons alors à M. Alter de nous changer notre circuit, nous ne souhaitons pas rester plus d’une nuit (il n’y a rien à faire, la plage est inhospitalière, personne ne se baigne), et notre hébergement loin de tout, sans vue, sans intérêt.
M. Alter accède à notre demande et nous avons une nuit de plus à l’étape suivante, à
Manuel Antonio.
Etape 6Retour dans les sentiers battus, mais la plage est fort agréable, l’hôtel tout à fait correct, comparés aux hébergements précédents (enfin de l’eau chaude et de la clim !) et nous nous demandons pourquoi M. Alter nous y avais prévu une seule nuit, sachant qu’il y a à proximité le
parc Manuel Antonio, dans lequel on peut passer la journée avec les animaux, et profiter de plages magnifiques. Nous profitons quand même de ce trop court séjour pour récupérer de la fatigue des jours passés (la route, les pistes, tout cela finit par être éprouvant).
Etape 7
L’étape suivante est celle demandée par mon épouse, pour se reposer et profiter des joies de la plage, avec trois nuits à playa Hermosa. Dans notre compréhension des choses, notre voyagiste nous a réservé un hébergement qui donne sur la plage, afin que nous puissions profiter de l’océan, qui est à moins de 100m.
Ce que nous faisons, même si l’hébergement est dans la catégorie « éco », la vue et l’environnement permettent de souffler un peu et nous envisageons avec bonheur ces quelques jours de plage. Sur la plage, nous voyons bien des panneaux d’informations qui mettent en garde contre les courants (rip current) et la méthode pour s’en extraire, même si nous ne comprenant pas l’espagnol, nous comprenons qu’il faut rester prudent lorsqu’on se baigne. D’ailleurs des baigneurs, il n’y en a pas beaucoup. Nous remarquons les forts courants mentionnés par les panneaux d’information, et nous essayons d’être prudents et restons là où nous avons pied. Malgré ça, les vagues fortes conjuguées au sable très fin qui forme un sol très meuble, nous font perdre pieds quelques secondes, ce qui suffit à nous emporter là où nous n’avons plus pieds, et nous voilà partis vers des vagues de 4 mètres fatales pour des baigneurs. Nous bataillons plusieurs minutes, buvons beaucoup d’eau de mer, et sentons notre dernière heure arriver. J’essaie de faire des signes et d’appeler à l’aide, et au bout de quelques minutes, heureusement, des surfeurs arrivent pour nous secourir. Sans eux, et la vigilance de la patronne d’un bar de bord de plage, qui nous a vu en difficulté, nous ne serions pas revenus vivants de cette baignade.
Cette expérience traumatisante nous permet de discuter avec nos bienfaiteurs, qui nous expliquent la dangerosité de la mer à cet endroit (cette partie de la côte en fait), qui voit chaque année de nombreux noyés, y compris parmi les surfeurs. J’accède à internet et je recherche un peu d’informations sur les plages les plus dangereuses au
Costa Rica, et oh surprise, je trouve en première place Playa Hermosa, et pas loin derrière playa
Dominical : deux étapes choisies par notre voyagiste.
A ce stade de notre séjour, le doute n’est plus permis : M. Alter ne connait pas le
Costa Rica, ou alors il est totalement incompétent, pour proposer une étape plage ici. Je lui fais part de nos mésaventures, et sa réponse est « mais la plage de
Jaco n’est qu’à quelques kilomètres de là, là-bas vous pouvez vous baigner sans problème. » Soit c’est de la mauvaise foi, soit de la pure bêtise. Pourquoi nous louer une chambre sur une plage pour nous envoyer nous baigner sur une autre à plusieurs minutes de voiture ?!
Le dernier jour, nous éviterons de nous baigner, encore choqués par l’épisode de la veille.
Etape 8
L’étape suivante sera une étape de montagne, près du parc du
volcan Arenal, où nous avons une nuit prévue, au Chachagua Eco Lodge (très beau, haut de gamme). Le lendemain, nous devons repartir pour
San José, où la voiture doit être rendu avant 19h00. Ce qui ne nous laisse pas beaucoup de temps pour profiter du parc, arrivés en milieu d’après-midi, nous n’aurons pas le temps de faire plus qu’une visite de
La Fortuna et de ses environs avant de reprendre la route à 14h00 (checkout à 13h oblige).
En conclusion, nous sommes passés à côté des beaucoup de belles choses à voir pour plusieurs raisons :
- Pas la bonne voiture, certains endroits étaient inaccessibles sans 4x4
- Pas le bon timing aux étapes intéressantes : il fallait plus qu’une nuit sur place pour profiter des attractions et des visites, une partie des journées étant occupée par le voyage entre deux étapes
- Pas de conseils sur les visites à faire
Bref, un voyage que l’on aurait organisé par nous même aurait sans doute été mieux ficelé, et pourtant nous ne sommes pas des pros.
Donc je recommande absolument d’
éviter l’agence Roots Travel pour le Costa Rica. J’ai d’ailleurs demandé un dédommagement à M. Alter en revenant, ma demande est restée sans réponse. J’envisage également de porter l’affaire plus loin pour éviter à d’autres vacanciers de subir des mésaventures similaires avec cette agence.
N’hésitez pas à prendre contact avec moi si vous avez des questions sur le
Costa Rica, car ce pays mérite d’être visité, d'une bien meilleure façon que ce que nous avons pu faire. Que nos mésaventures servent au moins à quelque chose.
Bon à savoir
Notre séjour s’est déroulé du 1er au 15 mars, c’est le mois le plus chaud de l’année au
Costa Rica. Le soleil se couche à 17h30 le soir, la journée commence tôt (7h), surtout si vous voulez voir des animaux.