Pico Partido
Frustré de ne pouvoir marcher dans le
parc de Timanfaya, je pars à la recherche d’un terrain d’aventure à proximité du parc. Je m’arrête au bord de la route LZ-67 à l’un des rares endroits possible, à deux pas de la Montaña Tíngafa. Il y a la place pour deux ou trois voitures à peine. De l’autre coté de la route, s’engage un sentier en direction du Pico Partido que j’avais repéré depuis la Caldera Blanca. En fait, le chemin est une ancienne coulée de lave qui s'est solidifiée en formant un tube volcanique blanchâtre visible au loin.
En suivant le tube, j’atteins La Cazoleta, un ancien lac de lave rempli de dalles fissurées. Je rattrape alors un sentier qui contourne le cratère par la droite et continue vers le sommet du volcan. Les traces de pas se font plus rares lorsque j’arrive au bord d’un second cratère, beaucoup plus petit.
Il faut ruser, pénétrer par un éboulis instable, pour toucher les entrailles de la terre. Le terrain est scabreux et on progresse au ralenti alternant entre gouffres et amas de roches volcaniques tranchantes empilées dans le plus grand désordre. Dans cet univers de mort, la flore n’a pas encore repris ses droits. Seuls quelques lichens sont parvenus à recoloniser l’endroit.
Je poursuis mon exploration dans un silence de cathédrale étrangement apaisant, traverse un troisième cratère et ressors finalement du volcan en grimpant de l’autre côté. Je reste un long moment au sommet et me fais petit devant ces paysages de feu qui rappellent la puissance de la nature. Je continue ma progression, descends du volcan en direction du prochain cône, la Montaña del Señalo.
Le flanc sud du Pico Partido est formé de lapilli rouge et à chaque pas, je fais le plein de graviers pointus dans les chaussures. C’est là, que je trouve de jolies pierres vertes par dizaines, des olivines. Comme à mon habitude, je ramasse les plus beaux spécimens. Bientôt mes poches en sont remplies. Le soir j’en compterais pas moins d’une vingtaine.
Je grimpe les pentes douces et j’arrive sur la crête sommitale du volcan El Señalo, le point le plus haut de la journée (516 mètres). Encore un arrêt photo ; à gauche, un cratère imposant et à droite la vue se perd sur les autres volcans du parc qui restent inaccessibles à pieds.
Je poursuis vers l’est et descends dans un terrain devenu instable. Entre coulées de lave pétrifiée et cheminées éteintes, j’ai du mal à trouver un chemin direct mais je parviens finalement sans problème au dernier cratère de la journée, La Caldera de la Rilla qui est déjà en partie dans l’ombre. Dernière pause photo avant le retour vers la voiture en sens inverse.