Menace terroriste: sécurité renforcée au passage du détroit de
GibraltarMADRID (AFP) - 10/07/2007 21h11Le Détroit de
Gibraltar. Les côtes marocaines sont photographiées depuis Tarifa, en
Espagne.



Les gouvernements espagnol et marocain ont annoncé mardi avoir décidé de renforcer la surveillance du trafic de voyageurs entre les deux pays, via le détroit de
Gibraltar, face à la menace terroriste.
Les ministres espagnol et marocain des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos et Taieb Fassi Fihri, ont indiqué au cours d'une conférence de presse commune à
Madrid que les deux pays avaient décidé de prendre "toutes les mesures" pour renforcer la surveillance, "tout en garantissant la fluidité" du passage du détroit de
Gibraltar.
Cette annonce intervient alors que le
Maroc, en pleine période estivale, a annoncé vendredi avoir mis l'ensemble de ses forces de sécurité en état d'alerte maximum pour contrer une "menace terroriste avérée" qui, selon les experts, émanerait de la branche maghrébine d'Al-Qaïda.
"Nous avons évoqué les mesures de sécurité prise par le
Maroc et la nécessité de protéger l'opération de transit", a affirmé à
Rabat un haut responsable marocain qui a tenu à garder l'anonymat.
"Nous faisons ce que nous pouvons sur notre territoire mais la menace existe avec les regroupements dans le Sahel et les menaces d'al-Qaïda contre les pays modérés", a-t-il ajouté.
Pour sa part, M. Moratinos a assuré mardi ne pas disposer d'éléments concrets sur la possibilité d'un attentat au
Maroc ou en
Espagne, à l'issue d'une réunion de travail avec son homologue marocain.
Mais il a insisté sur "la situation que vit le monde" face au terrorisme et a rappelé les "incidents" récents au cours desquels des Espagnols ont été tués dans des attentats au
Liban et au Yémen.
Sept touristes espagnols ont été tués le 2 juillet dans un attentat à la voiture piégée au Yémen, attribué par les autorités locales à Al-Qaïda.
Six Casques bleus du contingent de la Force intérimaire des Nations unies (Finul) au
Liban avaient été tués le 24 juin dans un attentat à la voiture piégée, pour lequel le renseignement espagnol (CNI) soupçonne trois groupes djihadistes installés dans des camps de réfugiés palestiniens au
Liban.
Dans les deux cas, les autorités espagnoles ont assuré que les premiers éléments des enquêtes en cours ne faisaient pas penser que ces attentats visaient délibérément des Espagnols.
Le ministère espagnol de l'Intérieur a indiqué mardi qu'il estimait à trois millions le nombre de voyageurs qui traverseraient cet été le détroit de
Gibraltar depuis l'
Espagne vers le
Maroc et en sens inverse, soit un trafic en hausse de 6% par rapport à celui enregistré pendant l'été 2006.
Il s'agit principalement de Maghrébins ou d'Européens d'origine maghrébine se rendant dans leurs pays d'origine pendant la période estivale.
La dernière alerte rouge au
Maroc a eu lieu au printemps:
Casablanca, capitale économique du royaume, avait été le théâtre d'incidents le 11 mars, et les 10 et 14 avril quand six kamikazes se sont fait exploser et un septième a été abattu par la police avant de pouvoir actionner sa ceinture d'explosifs.
Un policier avait été tué et 45 personnes avaient été blessées, dont neuf grièvement, selon le bilan officiel.
Quatre Marocains, soupçonnés d'appartenir à une cellule terroriste et recherchés par le
Maroc, ont été interpellés fin juin en
Espagne, où le procès des 28 accusés des attentats du 11 mars 2004 à
Madrid (191 morts et 1.841 blessés), revendiqués au nom d'Al-Qaïda, s'est achevé la semaine dernière.


© 2007 AFP
4 | 10
retour au sommaire