Bonjour, ces sommets ont des risques différents. L'avantage va au Dôme des Ecrins à cause du risque météo bien moindre et du fait que les risques sont bien visibles. Inversement le Grand Paradis a une météo un peu plus incertaine et les risques sont plus piègeux.
Les risques au Dôme sont surtout la chute de sérac bien visible en montant, quelques blocs arrivent régulièrement jusqu'à la trace, à ma connaissance il n'y a jamais eu de victimes. Ensuite une fois engagé dans la face proprement dite des Ecrins il y a des rimayes et crevasses qui peuvent effrayer un débutant mais en général ça passe très bien, rien n'empêche de prendre les précautions d'usage. Plus haut la trace traverse sous la Barre des Ecrins d'où tombent quelques pierres surtout si il y a du monde sur la Barre. Pour cette course je conseille un départ du refuge du Glacier
Blanc plutôt que du refuge des Ecrins, celui-ci est généralement bondé alors que celui du Glacier
Blanc est bien plus calme, l'accueil sympatique et les pâtisseries exellentes. Il faut simplement partir plus tôt. Pour éviter ça on peut monter en contre-bas du col des Ecrins où une combe glacière permet un bivouac à l'abri de vent. L'avantage est aussi de partir le premier dans la trace le lendemain.
Les risques au Grand Paradis sont de mésestimer le danger. Le premier est la langue glacière qui à partir de la mi-saison plus tôt dans les années sèches devient vitreuse, le mélange de cailloux et de verglas est très difficile à négocier pour quelqu'un qui n'a pas l'habitude et les possibilités d'assurage sont pauvres. La deuxième difficulté est tout en haut où il y a une arête faitière qui elle aussi peut être verglacée mais surtout bondée de cordées. Les croisements de cordées peuvent devenir flippant. Pour ce sommet je préfère le faire en traversée à partir du refuge Chabod, très sympatique, minestrone de première qualité. L'itinéraire est plus "risqué", car il y a des crevasses pas toujours visibles, on marche sur des ponts de neige, départ très matinal recommandé, puis le passage de la rimaye sous le Dos de L'Ane est quelques fois très ouvert. Ensuite traversée ascendante jusqu'à une rimaye facile, retraversée ascendante, re rimaye et on arrive à un col, une brèche dans l'arête faitière, c'est là qu'il faut bien évaluer le risque par rapport à ses capacités avant d'aborder l'arête faitière. La plupart des cordées vont jusqu'à la statue de la vierge, qui constitue un très bon ancrage en cas de besoin. Le vrai sommet est plus loin et en fait mal défini. Pour la descente retour au Dos de L'Ane puis voie normale du refuge Victor Emanuel II. Depuis quelques années il existe un passage qui évite la langue glacière, je ne l'ai jamais utilisé, qui consiste à continuer sur l'arête du Dos de L'Ane et de contourner par une arête dans le prolongement. Au cas où la traversée ne vous interresse pas je recommande d'arriver tôt au refuge pour avoir le temps de faire une reconnaissance sur le début du parcours qui est particulièrement paumatoire car constitué de gros blocs qui ajoutés à l'obscurité de la nuit ne facilitent pas l'orientation. Le camping au Pont est un très bon camp de base à partir duquel il est facile de boucler la traversée, il y a un parking pour laisser la voiture.
Bonne course.