extrait de notre article:
Logés, reposés, lavés, connectés... nous voici... en
Égypte.
Enfin... en
France depuis le 26 mai, mais en
Egypte au moment ou s’écrivent ces lignes. Bin voui, on est encore à la bourre sur la mise en ligne de notre site. C’est pour faire durer le plaisir et croire que nous y sommes encore !
Voilà plusieurs mois que nous fantasmions sur ce pays mythique qui a marqué notre imaginaire collectif, et qui n'était, avant notre décision de remonter jusqu'au nord de l'Afrique, qu'une tache de couleur orange sur le planisphère punaisée au-dessus du bureau...
Et voila qu'maintenant on roule dessus
, dis-donc !
"L’Égypte est un don du Nil" clamait Aristote.
Le Nil... Longue oasis déroulant sa ligne de vie entre deux déserts, deux grands déserts eux-mêmes ponctué
s d'oasis, au loin.A l'image de cette juxtaposition de deux contraires, nous avons vécu cette traversée du pays dans une perpétuelle alternance de contrastes.De l'accueil des révolutionnaires heureux de nous montrer leur pays sous un jour de liberté, nous encaissons le regard dur de quelques femmes drapées de croyances et de traditions.
Des pyramides et temples quinta-millénaires, nous débouchons dans un centre commercial ultra moderne.Au sortir de trois semaines de désert calme et intemporel, le Caire nous avale dans un balai frénétique d'engins roulant et de pollution épaisse
.
Vous l'aurez compris, l'Égypte nous a fasciné
s autant qu'effrayé
s.
Et c'est tant mieux !
L'expérience en est sans cesse renouvelée. Nous avançons au rythme des surprises que nous réservent les méandres de ce voyage. Enchantés par la polyphonie du monde, c
omme des aimants, notre attirance pour voir ce qui se cache derrière l'horizon qui nous appelle ne tarit pas.
Ivresse du voyageur, comme des inverseurs, n'en sommes nous pas dé
saxé
s ? (bon ça c'est une phrase réservée aux physiciens, il est question de bobines et de champ).
En cette période électorale que nous vivons par procuration, nous réalisons à quel point nous avons véritablement tourné le dos à nos habitudes et problèmes franco-français.
Il est donc temps de reprendre le chemin du nid.Et il faut croire que l'on a hâte tant nous avons pulvérisé de records durant ce mois en
Égypte !
Vitesse, kilomètres, moyenne, tout a été pulvérisé, le compteur a sauté !Notre 20 000ieme kilomètre a été franchi le premier avril (sans blague), nous avons pédalé 155 km en un jour, puis 145 km quelques jours après.
Dans le désert, 1 400 km ont étés abattus en 21 jours (dont seulement 16 en pédalant
) soit une moyenne de presque 100 km/jour !Et sur toute l'Egypte nous avons maintenu un rythme de 89,4 Km par jour pédalé.
Sans EPO madame la marquise !
Venez donc vous baigner en notre compagnie dans la mer de sable et dans le Nil, artère d'une des plus grandes civilisations de l'Histoire de l'Homme.
Installez vous confortablement sur notre porte bagage, entre le karkadé et les gâteaux au miel... pour un nouvel épisode de “Jérémie et Claire vous montrent comment c'est super l'Afrique” (faut pas dire ça devant les Égyptiens, faites gaffe, c'est pas des Africains)
Merci divinement à Fred, Lili et David qui mettent en ligne nos articles ici : voyage.jeremiebt.com/
Pour savoir où nous sommes, la carte d’"Hubert Earth" est là : voyage.jeremiebt.com/carte.htm
Quand a nous, comme un grand week-end qui s’allonge encore de quelques heures, nous prenons la route du Sinaï qui nous emmènera en Israël.Mais ceci... est une autre histoire.
Bon baisers du Caire, de profil, ça va de soi. JEREMIX et CLAIROPATRE : mission Oasis !
AUTRE EXTRAIT:
Sur la corniche d'
Assouan, c'est l'opulence : Enorme bateau de croisière, hôtel de luxe, restaurants trois étoiles (comme celui en photo).
Chaque rencontre est ici une épreuve. Entre les samaritains au bon cœur qui nous invitent prendre le thé à tour de bras, se trouvent (et s'expriment) quelques barbus hostiles à notre présence.
Les enfants sont durs comme l'univers dans lesquels ils sont nés. L'un d'eux, haineux à notre passage nous invective : "Go ! Go !", puis c'est sa mère qui rapplique "No photo ! No photo !". Nous buvons notre gorgée d'eau (la raison de notre arrêt à cet endroit) et traçons. Le gosse monte sur un talus, et la crispation jusqu'au bout des poings il nous lance " Twin towers ! BOOM ! BOOM ".
Il danse sur place.
Quelle image le monde occidental lui renvoie-t-on pour mériter un tel mépris ?
Ils ne connaissent des étrangers que ce que montre la télévision. La vision des touristes qui défilent sur les bateaux luxueux du
Nil n'arrange rien.
Pas de quoi faciliter la compréhension entre ces deux mondes.
La rencontre suivante, c'est un homme qui vient nous remercier chaleureusement de venir dans son pays, et de témoigner de la liberté retrouvée après la révolution de janvier.
Cent mètres plus loin on se prend une volée de cailloux. Ca commençait pourtant bien, tous ces gamins qui courent en riant autour de nos vélos... Mais l'excitation monte, un premier tente un truc idiot, puis ça dégénère en une horde de petits garçons crieurs qui nous poursuit dans le vacarme au travers des ruelles.
Claire en a rapidement marre, nous comprenons vite qu'il est inutile d'attendre un quelconque soutien de la part des adultes : tout le monde regarde, c'est le spectacle ! "Ce ne sont que des enfants".
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"Salam Aleikoum !" lancent-ils tout sourire. Et aussitôt le dos tourné un ou deux petits monstres ramassent une pierre et nous l'expédient dans le dos. Nous en venons à surveiller les mains des enfants dans le retro. Si l'un d'eux se baisse pour ramasser un truc, ce n'est pas bon pour nous !
Nous comprenons mieux leur comportement en assistant à la manière dont s'interpose l'adulte (car parfois il essaie de jouer son rôle !!!), en leur jetant des pierres pour les chasser ! Et bien voilà ma bonne dame, la boucle est bouclée, chaque génération reproduit le comportement de ses aïeux. C'est ça l'éducation !
Les petits garçons sont rois, alors que les petites filles semblent "vissées" très tôt. Papa fume la chicha, "il est beau mon fils", maman n'a pas son mot à dire. "Elle est belle aussi, ma fille, elle est bien sage".
Le kilomètre suivant, une nouvelle expérience nous réconcilie avec l'
Égypte. On fait une pause dans un petit resto' pour faire le point de la situation. Nous demandons la note après le repas, et le restaurateur nous dit qu'elle est déjà payée.
Mais par qui ? Par les deux personnes derrière vous, qui viennent de partir !
Cette situation se produit plusieurs fois, les Egyptiens se cotisent à plusieurs pour payer notre repas, et disparaissent avant que nous puissions les remercier !
C'est ça, l'
Égypte. Un contraste permanent, une surprise à chaque rencontre.
On vous avait prévenus, c'est fatiguant !
Notre esprit est confus.
Nous sommes surpris par des sentiments de fuite et de dégoût, les premiers de ce voyage.
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Problème inédit dans ce voyage : Claire rencontre des difficultés avec la population masculine. Qu'il n'y en ait toujours un pour la lorgner d'un regard pas très flatteur, admettons, on ne refait pas les hommes. Mais tout de même ! À chaque fois que Claire s'installe quelque part, c'est tout les sièges de la pièce qui se tournent progressivement vers elle. Quand elle se déplace derrière une colonne, chacun fait de même pour rétablir la ligne de mire.
Ca la rend un tantinet nerveuse...
Rajoutons à cela quelque tentative plus osées : A l'abordage !! Des petits mecs en mob ralentissent a sa hauteur pour s'enquérir auprès d'elle de sa situation maritale (Claire : "je devrais faire mon arabe et lui dire de s'adresser à mon père s'il veut me parler"), ce sont aussi des petits bisous aériens agrémentés de clin d'œil, ainsi que des tentatives pour essayer de lui toucher le bras, le dos, la main, tout ca sans que Jérémie ne s'en aperçoive (un serrement de main qui dure plus qu'il ne devrait, agrémenté parfois d'un gratouillis dans le creux de la paume, putain !). Souvent de la part d'inconnus, mais parfois aussi de la part de nos hôtes, situation plus délicate à gérer. Que croient-ils ?
Ce sont des comportements évidemment condamnes par la religion musulmane, très stricte sur la question. Claire envisage sérieusement le port du voile. Devenir invisible !!!
Nous lisons que 83% de citoyennes et 98 % d'étrangères affirment s'être fait harceler sexuellement à un moment ou l'autre de leur vie en
Égypte, de façon quotidienne.
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Bref encore un pays qui n'a pas inventé la courtoisie.
Heureusement, cette ambiance lourde ne dure que 3 jours, jusqu'à
Louxor.
Voici une famille qui nous a réconciliés avec l'
Égypte après une journée difficile et confuse. Dans un village, à la tombée de la nuit, au milieu d'une horde de jeunes agités, un "leader" veut absolument nous prendre sous sa protection pour la nuit. Une maman sur le bord de la route fait comprendre à Claire que le bonhomme n'est pas clair dans sa tête. La situation commence à nous échapper. Les gens se rassemblent, ça braye, ça s'engueule, ça s'agite autour de nous, pour nous convaincre d'aller chez l'un ou chez l'autre. On n'en mène pas large à ce moment là. Après une vingtaine de minutes, un homme plus calme prend les choses en main, nous fait signe de le suivre. On sent que c'est cet homme précisément qui peut nous sortir du chaos qui s'est créé autour de nous. Notre "sauveur du soir". Pourquoi lui ? Un sixième sens ou notre expérience des rencontres qui nous convainc, en un regard, qu'on peut lui faire confiance. Ce fameux inconnu qui arrive d'on ne sait où pour sauver le héros dans les films d'action.
Qui sera t-il demain ? Un vieux ? Un jeune ? Un riche ? Un pauvre ? Nous leur devons beaucoup, à ces sauveurs qui nous tendent des embuscades. Ils donnent l'essence de notre voyage.
Il fait déguerpir les enfants et ados en furie, et nous conduit chez lui, dans son petit paradis familial.
Le calme après la tempête. Enfants, frères, femme, père... nous passons une excellente soirée, la tente plantée dans leur jardin.
Ouf, c'était pas gagné.
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Ou Allez-vous ? D'ou venez-vous ?
Vous fumez le haschich ? Et la chicha ?
Ton père a une barbe ? Tu peux manger du piment ?
Tu connais l'islam? Pourquoi tu n'as pas de moteur sur ton vélo ?
Comment sont nos lits ? C'est vrai que les hommes cuisinent chez toi ?
Et du côté des filles, même topo.
Pour ceux qui se posent la question, à juste tire : "comment communiquons-nous ?", et bien sachez que Claire a réussi, sans un mot d'arabe (ni d'anglais pour les filles), à répondre qu'elle utilise le shampoing Sunsilk, celui qu'elle a acheté au Soudan, à comprendre que la jeune fille qui lui parle s'entraine à la natation, dans le
Nil, mais seulement en été, à refuser poliment un hénné, à expliquer qui dort dans quelle tente (il y avait Stuart avec nous, soit deux tente et trois personnes, de quoi susciter quelques questionnements), à comprendre que "Laptop" est le nom dont elles ont baptisé justement Stuart qui vient d'allumer son ordinateur, à remercier du compliment sur les cheveux courts, et à expliquer pourquoi nous ne portons pas d'alliance (elles ont l'œil !). De quoi tenir une bonne demi-heure de conversation !
La suite, en ligne cette semaine ;)