Salut,
J'en pense beaucoup de choses, mais pour commencer que ce n'est en rien facile et encore moins simple. Il n'y a pas des gentils d'un côté et des méchants de l'autre. Il y a des gens avec leurs envies, leurs intérêts, leur(s) culture(s).
Quand je suis allé au
Nicaragua pour la première fois, c'était comme coopérant, dans l'éducation, pour construire des écoles et contribuer à former des enseignants. Le gouvernement révolutionnaire était demandeur. Il y a des choses qui m'ont enthousiasmées et d'autres qui m'ont bien refroidi.
Pour l'enthousiasme, le fait que tous les enfants puissent aller à l'école et que les adultes qui voulaient être alphabétisés puissent l'être. Il y avait aussi la réforme agraire d'envergure et de voir les paysans qui recevaient un titre de propriété avec en même temps qu'une AK47 pour défendre cette terre enfin à eux.
Pour le refroidissement, la mauvaise qualité de l'enseignement à l'école primaire, les enfants qui sortaient de 5 ou 6 ans d'école sans savoir lire. Egalement le désastre qu'a été cette réforme agraire et l'apathie de la population.
l'indépendance et la maîtrise des moyens (infrastructures, capitaux, savoir-faire) de production vont de pair. il s'agit de donner aux gens les moyens de choisir. des instruments, des méthodes éprouvées...
Cela n'est pas suffisant car les paysans pouvaient (devaient) se regrouper en coopératives qui recevaient de l'aide du gouvernement (tracteurs, semences, matériels, etc.). Pourtant, le résultat a plutôt été décevant. Pour choisir il faut savoir, pour savoir il faut en avoir les moyens et il faut avant tout le vouloir et persévérer. C'est là que le bas blesse en partie.
Il y a aussi le fait que la critique n'était pas authorisée. C'était très mal vu de critiquer les options du gouvernement. Parfois, j'ai remplacé des enseignants malades et je me suis rendu compte de lacunes. Impossible d'en parler. D'autres enseignants ont eu la même expérience que moi dans leur domaine.
Alors, si des étrangers peuvent apporter aux gens du pays qui en ont envie des outils (conceptuels surtout) qui fonctionnent, c'est-à-dire que les gens du pays voient que réellement ils peuvent vivre mieux grâce à ces outils, pourquoi pas!
Philippe