Bonjour,
Bahareyya, une longue oasis installée dans une importante dépression,
est située à 380km du
Caire.
La ville poussiéreuse de Bawiti, ancien carrefour des pistes
caravannières n'engage pas au premier abord à y séjourner.
Mais son musée avec une dizaine de momies aux masques d'or et aux
petits seins dorés pour certaines, suscite la curiosité. Deux beaux tombeaux
de Zed Amon et de son fils Bannentiu, personnages importants sous la
XXVIème dynastie ne sont pas à négliger en raison de la fraîcheur de
leurs peintures.
Le vieux village avec ses habitations traditionnelles construites en
briques crues, comme au temps des pharaons, est en train de disparaître
progressivement remplacé par des constructions en "parpaings" de craie,
plus rapide à mettre en oeuvre mais n'ayant pas les qualités thermiques
de l'argile. La craie provient des carrières situées près du
Caire ou
d'
Assiout.
Dans la belle palmeraie, l'eau gazouille en descendant en petites
cascades d'un niveau à l'autre. De jeunes plants de palmiers dattiers
prennent un bain dans l'attente d'être replantés. Un jeune homme barbu, tel
Don Quichotte sur son âne, m'interdit d'immortaliser ses vaches sur
une photo,

certainement en souvenir d'Hathor, divinité égyptienne,
souvent représentée sous la forme d'une vache, et symbolisant la part
féminine et érotique de la procréation. Après réflexion, je comprends qu' à
Bawiti, on ne plaisante pas avec celà et que les femmes fuient à la vue
des mécréants, toutes dissimulées sous leur niquab noir avec parfois une
petite ouverture au format 16/9ème.
Les alentours de la palmeraie sont également à ne pas négliger en
raison : des multiples sources thermales dont certaines étaient déjà utilisées
à l'époque romaine. des rencontres possibles avec des "jardiniers du désert" en train de
forer un puits. du Gebel Dist, copie conforme de la grande pyramide. du Gebel Al Ingliz, inquiétant plateau basaltique noir, constitué par
une épaisse coulée de lave de 10 à 20 m d'épaisseur, profondément
entaillé par l'érosion qui l'a transformée en un fier promontoire dominant
toute la dépression.
Les anglais ont utilisé ce poste d'observation, lors de la première
guerre mondiale afin de prévenir une éventuelle incursion de la tribu des
Senoussis pilleurs patentés, spécialisés également dans divers trafics
et porteurs de l'Islam lybien. Mais ces nomades redoutés n'ont pas crû
bon honorer le rendez-vous avec les anglais.
D'un point de vue pratique, ce petit circuit a été effectué avec le
sympatique et excellent chauffeur Ahmed Omda Awann (mobile 012 71 055 71 -
fixe : 028 47 1718). Possibilité avec Ahmed de découvrir également
l'immensité du Gilf El Kébir - possède un téléphone satellite.
Bref, de quoi passer quelques jours des plus agréables à l'écart du
tourisme de masse, sans oublier d'aller rendre une visite au jeune artiste
de Bawiti, Mahmoud Eed, à l'entrée de la ville qui se faira un plaisir
de vous faire visiter son petit musée de créatures en argile.
Michel H