En
Argentine, ça n'est pas vraiment une question d'intérêts régionaux/culturels/linguistiques comme au
Canada (d'après ce que tu me dis – je ne connais pas le
Canada) ; les minorités culturelles ici ne sont pas représentées dans les débats politiques nationaux... C'est plutôt la traditionnelle dichotomie pauvres/riches, ou villes/campagnes, qui prévaut dans la plupart des pays latino-américains.
Cristina K représente la mouvance "gauchiste" (façon Chavez, Lugo, Morales, en un peu moins extrême), elle a le soutien des classes populaires, donc du gros des vastes banlieues de
Buenos Aires et de tout le bassin industriel du
Río de la Plata, ainsi que des déshérités des autres grandes villes de l'Intérieur. ça fait énormément de monde...
En face, il y a d'autres partis de gauche (notamment le petit Parti Socialiste), et il y a surtout l'Union Civique Radicale représentant traditionnel des classes moyennes, modéré ; et puis il y a une opposition conservatrice, pas tant "capitaliste" que "agricole" : les grands propriétaires fonciers, les rois du soja, etc. Une minorité, mais dont les relais peuvent être très importants s'ils parviennent à entraîner tout le monde agricole derrière eux : ce qui fut le cas en 2009, quand le pays fut paralysé par la "grève du Campo" : tout le monde rural (grands patrons et petits péons, ces derniers un peu abusés par les premiers, avouons-le) s'est soulevé contre la politique de Cristina... Mais aujourd'hui, cette opposition est un peu épuisée, un peu dégoûtée aussi – Cristina a une poigne redoutable, de gros soutiens, et des mesures économiques qui, tout compte fait, ont un caractère protectionniste qui flatte l'orgueil (et le porte-feuille) argentin...
Donc, il ne devrait pas y avoir de grosses vagues.
C'est mon point de vue, mais ça fait un an que je ne vis plus sur place et que je suis ça par internet –donc, les "locaux" auront peut-être un avis différent. Qu'ils s'expriment !!!!