Voyage en Israël / Terre Sainte en 2022 Zorba · 16 septembre 2025 à 19:27 · 5 photos 22 messages · 5 participants · 823 affichages | | | | 16 septembre 2025 à 19:27 Voyage en Israël / Terre Sainte en 2022 Message 1 de 22 · Page 1 de 2 · 700 affichages · Partager Pour une fois, au vu de la destination, l’auteur ne peut faire l’abstraction de ses convictions religieuses qui guident forcément ce type de voyage.
Le voyage
Tôt le matin à l’aéroport d’Orly, dans la salle d’embarquement pour Tel Aviv, arrive une quarantaine de jeunes gens, tous d’apparence identique ! : même similitude des barbes soigneusement taillées, même coupe à l’identique de cheveux, même tenue vestimentaire agrémentée d’un brin fantaisiste... L’effet de l’arrivée de ces quarante « clones » est très saisissant et interroge ! Pourquoi une similitude si parfaite chez ce groupe de garçons ? Appartiennent-ils à une même famille ou à une même association sportive, culturelle ou religieuse ? Mystère ! Simultanément la salle d’attente se remplit d’hommes, eux sont plus attendus, au vu de notre destination : ils sont coiffés de grands feutres et habillés d’habits noirs et de chemises blanches : les Hassidims ? : de ceux que j’ai aperçus de façon très fugace à Paris ou à New York et qui pour moi sont un mystère depuis toujours. Des femmes d’apparence plus effacée les accompagnent.
Me voilà déjà en Israel sans même y avoir encore posé le pied ! En plus j’observe des préparatifs d’un spectacle improvisé.
Les « clones » entament une « flash mob » à sept heures du matin dans une salle d’attente d’un aéroport parisien ! Certains avaient sorti des instruments de musique, d’autres se mettent à chanter et à danser. Une musique aux sonorités étranges, jamais entendue auparavant, envoute le passager en attente.
L’équipage de l’avion arrive enfin, fendant la « flash mob » ; il nous fait atterrir dans la réalité du moment, celle de l’attente de nous faire décoller bientôt vers ce Moyen Orient si troublant et si mystérieux. Nous effectuons la sortie du Territoire en présentant nos faciès aux scanners qui commandent la porte de sortie. Le groupe des jeunes gens « identiques » se retrouve bloqué devant le dispositif : logiquement un scanner a laissé passer le premier jeune homme et a bloqué le second à cause de sa parfaite ressemblance avec le premier. Pour la machine un même individu ne devrait pouvoir traverser deux fois la frontière ? Mais tout le flot finit tout de même par s’écouler à travers les portes vitrées faisant quitter la République. Mon explication simpliste s’en trouve ridiculisée.
A chaque destination nouvelle je me pose une multitude de questions où transparait une certaine inquiétude liée à l’incertitude : peur d’attentats (il vient juste de s’en produire un à une station de bus à Jérusalem), possible pression policière, évènements inattendus. La destination « Israël » n’est pas réputée de tout repos. En fait si j’ai bien éprouvé une difficulté sérieuse dans ce pays ce n’était pas de celles que j’avais anticipées et elle n’était pas liée particulièrement à lui !
Je gagne ma place près d’un hublot ; elle était déjà occupée par une petite fille. Son papa, un Hassidim me demande fort courtoisement si j’étais prêt à céder ma place à sa fille. Je lui ai répondu que je serai heureux de faire plaisir à sa fille. Comme ce monsieur me voit masqué, il me demande si je souhaite que lui aussi et sa fille portent aussi un masque. Comme réponse je retire mon masque afin de ne pas leur imposer une contrainte et je leur souhaite un bon voyage. C’était la première fois que j’approchais et parlais à un Hassidim. Celui-ci ne parlait pas comme j’aurais pu m’y attendre après avoir entendu le Rabi Jacob de Funès ; il s’exprimait parfaitement sans accent, comme vous et moi ! Attention aux caricatures ! Pendant tout le vol j’observe mon étrange voisin du coin de l’oeil : il a prié en silence sans s’interrompre une minute. Sa fille, sage comme une image n’a jamais interrompu son père. Il a utilisé plusieurs accessoires religieux pendant sa prière continue de trois heures : la kippa, un châle de prière, et un chapelet ?... Je suis sorti de cet avion très impressionné, moi qui ai des relations très distendues avec mon Créateur et qui ne le prie que de loin en loin. | | | À: Zorba · 17 septembre 2025 à 9:11 Re: Voyage en Israël / Terre Sainte en 2022 Message 2 de 22 · Page 1 de 2 · 670 affichages · Partager C’était la première fois que j’approchais et parlais à un Hassidim. Celui-ci ne parlait pas comme j’aurais pu m’y attendre après avoir entendu le Rabi Jacob de Funès ; il s’exprimait parfaitement sans accent, comme vous et moi ! Attention aux caricatures !
Étranges étrangers... Et s'il suffisait de vous approcher, de vous côtoyer, de vous écouter. Et même de vous parler.
Un voyage qui se dépose ici comme un temps d'avant, une parenthèse épargnée... Puissent les mots à venir, tes impressions de voyage, nous emmener dans des lieux paisibles. Les pas confiants, la curiosité candide, le regard seulement absorbé par la splendeur des lieux, la ferveur ambiante si particulière, la découverte des autres...
... ces étranges étrangers, d'ici ou d'ailleurs, que nous sommes aussi ailleurs ou ici, communauté d’humains aux différences inextricablement mêlées. Qui s’enrichiraient au lieu de se déchirer. | | | À: Kola · 17 septembre 2025 à 12:18 Re: Voyage en Israël / Terre Sainte en 2022 Message 3 de 22 · Page 1 de 2 · 637 affichages · Partager Etranges étrangers ! Leur mystère vient du fait qu'ils nous sont étrangers. Les Hassidims forment une communauté très fuyante, très fermée. En Israël même ils vivent repliés. Je pense aux Amish aux USA pour comparer. Voila que certaines occasions un peu forcées, dans la vie nous conduisent à nous fréquenter brièvement, les Hassidims ou d'autres personnes : le hasard du placement dans un train ou un avion, faire la queue pour obtenir un service, place à une table dans un restaurant bondé, le service militaire... Voilà ! Nous nous sommes cotoyés, nous nous sommes parlé et nous avons découvert des points communs : amour de l'enfant, pratique religieuse.
A Jérusalem ma guide devait appartenir à cette communauté. Les femmes sont reconnaissables à leur tenue terne et particulièrement au port de bas grossiers. C'est étonnant cette propension de beaucoup de religions à vouloir dévaloriser l'apparence des femmes ; pourquoi ? C'est pourtant un tel bonheur de croiser de jolies femmes ! J'ai croisé un autre Hassidim à la passerelle qui mène à l'Esplanade des Mosquées. Il était posté là et il a tenu à me donner un papier avec une prière inscrite :
"Prière pour une abondante subsistance Maître du monde, Tout Puissant, Toi qui peut tout et dont aucune conception ne dépasse la puissance, Fais-moi parvenir une abondante subsistance, comme la promesse faite par les prophète Eliahou de mémoire bénie dont les yeux étaient purs et qui étudiait la Torah jour et nuit...."
Ne t'inquiète pas quant à mon récit, j'essaye d'éviter les sujets controversés que l'on peut rencontrer sur cette terre d' Israël, et j'espère ressusciter des émotions que tu as ressenties lors de ton voyage. Sois certaine que je recherche la paix ici et ailleurs, hélas je ne vois rien venir. | | | À: Zorba · 17 septembre 2025 à 12:28 Re: Voyage en Israël / Terre Sainte en 2022 Message 4 de 22 · Page 1 de 2 · 635 affichages · Partager Israël / La Terre Sainte - 1ère journée
Arrivé à l’aéroport Ben Gourion, je me retrouve le dernier de tous les passagers dans une salle de transit maintenant vide. Nul policier dans la salle pour m’oppresser ; tous les passagers étaient déjà partis. Je ne pouvais pas donc me plaindre d’une quelconque pression sécuritaire. Je dois montrer mon visage à un scanner dans le but de me faire ouvrir la porte me donnant accès à Israël. L’automate me reconnait et me permet alors de pénétrer solitaire, en Terre Sainte. Il est fini le temps où un policier plongeait son regard jusqu’au plus profond de votre âme pour détecter une possible intention coupable ou comparait la photo de votre passeport avec votre visage avec la dernière suspicion. Fini le temps où un policier pouvait se permettre de demander à une jeune copine à la frontière Inde/Pakistan : « How is your sexual life ? ».
Satisfait de mon identification par la machine, je sors et souhaite maintenant me rendre à Jérusalem ; j’ai le choix entre le train et le taxi collectif « Sherout ». Selon mes lectures ce dernier moyen de transport subirait les embouteillages fréquents des routes israéliennes ; de plus ses conducteurs charrieraient parfois les touristes, alors je choisis le train pour la tranquillité.
Sur le quai je découvre une jeune soldate, la première de celles que je verrai patrouiller les rues de « Vieille Ville » ; elle est évidemment plongée dans la lecture de son portable. Sur le dos elle porte un fusil-mitrailleur presqu’aussi long qu’elle ; la coupe de son pantalon d’uniforme la rend callipyge comme ses consœurs de « Tsahal » d’ailleurs. Ces deux attributs lui confèrent une puissance de feu certaine !
Je retrouve sur le quai, ma petite voisine de voyage : elle est laissée seule, sans surveillance ! Son père était-il plongé dans ses prières ? Le train rentre en gare ; soudain elle est happée par un voyageur voulant la sécuriser ; s’ensuivent des cris stridents et des invectives envers le père accusé de négligence. Quelle ambiance glaçante et quelle note tragique à vous donner la chair de poule !
Arrivé à la gare Yitzhak Navon de Jérusalem je me dirige vers une station du tramway de Jérusalem. Les rails dénaturent malheureusement la vue de la chaussée et des remparts attenants de la « Vieille Ville », comme ceux du tramway de Marseille massacrent la Canebière. Mais combien ces tramway sont pratiques ! Pas de problème pour acheter un ticket à un automate correctement programmé (Cette remarque est une petite méchanceté envers les autorités gérant les automates d’Ile de France, qui plantent touristes et autres usagers, nécessitant souvent l’aide d’auxiliaires de la RATP pour obtenir un billet). J’entends parler russe de toutes parts ; je salue une dame dans cette langue, pour le plaisir de la langue et parce qu’elle est souriante dans un pays où je découvre bientôt que le sourire est rare. Je monte dans le tramway pour un court voyage qui devrait être sans intérêt notable à relater. Hé bien non ! : une ville est une scène permanente. Devant moi, voici une jeune fille au chemisier totalement déboutonné, exhibant un soutien gorge en dentelle mettant en valeur une poitrine épanouie, à la vue de tous. Elle se fait invectiver par toutes ses camarades pour le sacrilège ou pour l’impudeur de son attitude. Je vois une vieille dame qui trépigne de rage et qui donne l’impression de vouloir allumer un bucher afin de bruler la jeune hérétique. Nous sommes à Jérusalem la religieuse et non sur une plage de Tel-Aviv ! On ne rigole pas dans la ville sainte ! La jeune insolente est ravie de l’effet produit ; avait-elle besoin de faire une transgression pour s’affirmer ?
Je descend à la station « Porte de Jaffa » pour effectuer un rituel de voyage qui me tient à coeur lorsque j’aborde une nouvelle destination : je souhaite la découvrir dans sa totalité en profitant de la plus belle vue possible avant d’y pénétrer : à Athènes, ce serait aller de l’aéroport directement au « Lycabette » et observer « l’Acropole » ; pour Paris ce serait aller sur les marches situées devant la basilique du « Sacré Coeur » ; pour embrasser New York d’un seul coup, ce serait aller de l’aéroport JFK à « Staten Island » en passant par le « Verrazano Narrows Bridge » et ensuite prendre le ferry vers « Manhattan » afin d’aborder la ville tel un immigrant du 19ème siècle, découvrant au passage « la statue de la Liberté ». Pour Jérusalem, j’ai consulté à ma guide. Coopérative, elle m’a proposé par mail, soit de monter sur la terrasse du « King David Hotel », soit de monter à la tour du YMCA. Je suis reçu aimablement par le réceptionniste de l’illustre hôtel ; il a eu le regret de m’annoncer que la terrasse — où « Dear Henry » (Kissinger) recevait ses conquêtes — était présentement fermée ! Je me retourne donc vers le YMCA situé juste derrière le « King David » ; là, le réceptionniste m’annonce que la montée dans la tour serait possible dans la mesure où je serais accompagné par un autre visiteur (prévention du suicide ?) Nous arrêtons toutes les personnes qui sortent ou rentrent du YMCA, mais aucune ne souhaite monter dans la tour ! Tant pis pour mon rituel. (J’aurai plus tard une vue fugitive et magnifique des remparts de la « Vieille Ville » lors d’une excursion en bus et aussi à l’occasion d’une montée du « Mont des Oliviers »). Je pénètre donc déçu, dans la « Vieille Ville » par la « Porte de Damas » et je m’engage dans ses ruelles. C’est clairement une ville arabe avec ses rues étroites, ses commerces d’épices, ses habitants (elle comprend toutefois dans ses murs, un quartier israélien moderne). Je rejoins la « Via Dolorosa » et je la suis jusqu’à atteindre un endroit où une portion d’arche romaine la surplombe. Là se situe mon lieu de séjour, un couvent celui des « Soeurs de Sion ». Je réalise bien qu’il y a mieux qu’un couvent où l’on est entouré de ses compatriotes, comme lieu d’intégration et de découverte du pays d’accueil. Résider dans un couvent peut paraître bien frileux, soit ! Mais ce couvent va me réserver deux surprises éblouissantes : Pour la première, c’est la mère supérieure qui me l’offre : me guidant vers ma chambre, sur le trajet elle ouvre une porte donnant sur une grande terrasse ; de là j’aperçois, le souffle coupé, « l’Esplanade des Mosquées » avec « le Dôme du Rocher » et « la Mosquée Al-Aqsa » en premier plan, dans son intégralité, sans obstacle à la vue, dans toute sa munificence ! C’est la carte postale parfaite, sans doute une des plus belles vues de Jérusalem ; interrogée sur la vue que l’on doit avoir depuis l’Hospice autrichien voisin, la mère supérieure déclare net et sans appel que « sa vue » était la plus belle !
Ma chambre est très convenable ; le petit déjeuner comporte une touche palestinienne du fait de la cuisinière du couvent. On peut aussi diner à la demande et gouter à la même cuisine. Les repas sont pris en commun avec la mère supérieure, avec les jeunes gens auxiliaires venant d’Europe pour aider aux taches diverses, et avec les « pélerins » dont moi. Les soeurs du couvent n’apparaissent jamais ; seule la mère supérieure est là ; aucun sujet religieux ni prière ne sont de mise lors des repas. On échange seulement les nouvelles du jour : par exemple un soir on parle d’une visite à Bethléem ; ce ne semblait pas être évident pour s’y rendre. Hélas, je ne pourrai y aller du fait d’un séjour trop court.
Pour l’après-diner j’ai adopté l’Hospice autrichien, établissement voisin, aimable et accueillant. A la tombée de la nuit, en ce mois de janvier, il fait un peu frisquet à Jérusalem en l’absence de soleil. Ainsi je me réchauffe au « Gluhwein » (Vin chaud) ou je déguste une « Sacher Törte » ou un « Apfel Strudel ». Autriche, pays discret et si « gemutlich » ! J’ai pour habitude de répertorier les bonnes pâtisseries dans le Monde entier ( Tallinn, Vilnius, Ouagadougou, Paris, Bretagne, Pékin, Saint Petersbourg, Moscou, Vienne...Celles de Barcelone aux gâteaux faits à l’huile d’olive, me désolent) ; je fais rentrer « l’Hospice autrichien » dans ma liste. (Ce serait intéressant, au moins pour moi que les lecteurs puissent enrichir cette liste à mon profit).
Mon bagage déposé, je me précipite à « l’Eglise du Saint Sépulcre », le clou supposé de mon voyage, l’endroit le plus vénéré de ma croyance. Mais je découvre que le lieu est sans âme ; la déception s’installe ; elle s’amplifiera le lendemain avec la visite en compagnie de ma guide. | | | À: Zorba · 18 septembre 2025 à 9:17 Re: Voyage en Israël / Terre Sainte en 2022 Message 5 de 22 · Page 1 de 2 · 584 affichages · Partager 2ème journée - Jérusalem
Je rencontre la guide qui m’attendait au couvent même. Je la suspecte d’avoir profité de sa visite pour prendre un café devant la vue sublime de la terrasse. Nous sortons de la « Vieille Ville » par la « Porte des Lions » et nous descendons au « Jardin des Oliviers » ; après nous gravissons partiellement le « Mont des Oliviers » suffisamment pour avoir une belle vue sur les remparts de Jerusalem et pour ménager mon organisme. La vue sur Jerusalem est très belle. La guide prend soin de me préciser que le Golgotha était hors les murs au temps de Jésus, bien qu’il soit aujourd’hui intramuros, avec « l’église du Saint Sépulcre » le coiffant, les remparts ayant été modifiés depuis le temps christique, il n’y a donc aucune incohérence avec les Ecritures.
Elle me montre aussi au loin le mur de protection d’ Israël contre les attentats ; nous ne nous étendons pas sur ce sujet d’actualité brulant.
Elle me montre un curieux cimetière : à la Résurrection, le Messie quelqu’il soit (juif ou chrétien), doit, suivant les Ecritures descendre du « Mont des Oliviers » et remonter jusqu’à la « Vieille ville » à travers une porte dans les remparts que des esprits malveillants ont murée ! Si l’on considère que les défunts inhumés le long du chemin qu’empruntera le Messie, seront les premiers à être ressuscités, on peut expliquer l’engouement à vouloir être enterré près de ce chemin. Effectivement on voit aujourd’hui une accumulation de tombes de ces privilégiés voulant être aux premières loges de la Résurrection et être les premiers veinards à profiter de la vie éternelle.
Nous revenons dans la « Vieille Ville » et découvrons ses différents quartiers et sites dont je n’ai pas assimilé l’histoire tant le flot d’informations était grand et le temps de visite réduit : Jérusalem en 3 heures ! La guide est toutefois excellente et je suis ravi de l’avoir choisie pour éclairer cette ville complexe.
Nous voici au début de la « Via Dolorosa » où le jugement de Jésus a eu lieu. D’ailleurs mon couvent se trouvant à cet endroit, s’appelle « Ecce Homo ! », apostrophe lancée à Jésus par Ponce Pilate lors de son procès. La guide me précise que vraisemblablement, après sa condamnation, le Christ a transporté seulement la partie verticale de sa croix, lors de sa passion. La traverse lui a été fournie et montée sur le lieu du supplice. Je retourne avec elle à « l’Eglise du Saint Sépulcre » pour confirmer ma déroute amorcée hier.
Le point d’orgue supposé du voyage en Terre Sainte : « l’Eglise du Saint Sépulcre »
La guide ne m’a pas évoqué une information que j’avais trouvée, selon laquelle les Romains avaient voulu effacer toute trace de la célébration de la passion de Jésus en construisant un temple juste à cet endroit. Ils auraient même placé une statue sur la position exacte de la croix et une autre à l’endroit précis de sa tombe pour supplanter avec force le souvenir, rendant ainsi un service inestimable aux archéologues.
Pour un croyant le Golgotha est le lieu le plus sacré sur Terre : là où son Créateur à la puissance infinie, a pourtant accepté la mise à mort de son Fils en sacrifice et rédemption des fautes ; c’est aussi le lieu de sa mise au tombeau et de sa résurrection. Pour le non-croyant c’est le lieu où un obscur agitateur juif a été mis à mort pour plaire au clergé juif qui lui reprochait de blasphémer en s’étant proclamé « le Messie » ; ceci est attesté par l’apôtre Jean et Flavius Josèphe. Ou pour nous tous, croyants et non-croyants, c’est le lieu de la mise à mort de l’initiateur de la civilisation judéo-chrétienne.
La triste réalité est que l’église est moche ; la lourdeur du style byzantin n’aide pas ; elle est faite de rajouts disgracieux ; l’intérieur de l’église est moche aussi. En plus on imagine toutes les chicaneries entre les différents clergés chrétiens qui sont abrités dans cette église, se disputant leurs territoires âprement. En plus les alentours et l’intérieur de l’église sont envahis par un cirque touristique désolant. Ainsi je me souviens d’un groupe de Coréens parcourant le parvis et l’église, psalmodiant à l’infini, de façon mécanique, au moyen d’une sono portative et suivant leur guide arborant un petit drapeau. Si ce ne sont pas les Coréens, ce sont les Espagnols qui prennent la relève...On pourrait être au Louvre, à Neuschwanstein, Disneyland ou ailleurs ! On entre ou on sort de « Eglise du Saint-Sépulcre » comme dans un moulin ! Chacun sur cette Terre a bien entendu le droit de visiter cet endroit. Ce n’est bien sûr pas ma propriété. De plus l’expression « horde de touristes » que l’on retrouve dans les récits, me déplait car par ma présence j’appartiens de fait à cette horde ; je n’ai pas de statut spécial. Mais pour aider au recueillement une organisation devrait être mise en place. Comment voulez-vous vous recueillir dans ces conditions ? Bien sûr on pourrait venir à 3 heures du matin, heure à laquelle le concierge arabe ouvre l’église, mais c’était au dessus de mes forces.
L’endroit ne fait vraiment pas rêver et n’invite pas à méditer : on n’y est pas ; on ne peut se reconnecter pas avec le passé ! Par comparaison un souvenir me vient alors : une messe, la nuit, dans « l’abbaye du Mont Saint Michel » : l’office religieux était très sobre, les chants simples, les éclairages maîtrisés s’opposant à la nuit noire vue à travers les vitraux ; et déjà l’architecture du lieu est sublime ; tout était réuni pour le recueillement et la possible l’élévation de l’âme.
Dans cette « Eglise du Saint-Sépulcre » chaque centimètre carré de paroi de ce qui a été une carrière, a été enchâssé par des vitres. Toute la surface de la pierre a été appareillée, créant ainsi une distance, masquant la nature du lieu. Plus rien n’est à contempler dans l’état originel sauf dans les chapelles latérales. On en a fait trop ! On a surchargé jusqu’à l’outrance ! On nous a volé le souvenir sous couvert de vénération ! C’est à la limite de l’idolâtrie !
Dans ma déception, par opposition me vient à l’esprit une autre vision : à Auschwitz se trouve un chemin banal comme il y en a dans toutes nos campagnes où il pourrait voir passer des troupeaux de moutons ou de vaches. Rien ne vient indiquer aux visiteurs l’a destination de ce chemin. Rien, pas la moindre plaque, strictement rien ! La guide indique alors que ce chemin a vu le passage de près d’un million d’êtres allant à leur supplice ! Son extrême banalité cachait une histoire tragique. Un tel lieu totalement préservé permet la méditation, et de ressusciter un court instant les fantômes, de se connecter au passé. Mais qu’évoquer dans cette église de Jérusalem, ce lieu hyper apprêté, dénaturé, siège de ce cirque touristique ?
Je réalise que la croix et le tombeau sont juste séparés de 30 mètres. C’est bien l’intérêt du voyage, que d’avoir une perception de la réalité et de remettre les choses en place. Nous montons sur un petit monticule, lieu de la crucifixion. Les pèlerins y attendent patiemment pour observer le lieu exact où la croix était dressée. La plateforme est réduite et pleine de monde ; on fait attention à s’éviter et à trouver son chemin vers la descente. On a d’autres préoccupations que de prier et de convoquer Marie pleurant son fils agonisant, Jean l’apôtre, les deux larrons, les gardes romains pressés de quitter leur sinistre besogne ? Une éventuelle halte pour méditer sur ce haut lieu du christianisme, ne s’impose pas ; on pense plutôt à ne pas se marcher dessus. C’est presque le désir de fuir ce lieu sacré qui prévaut. C’est un comble après un voyage de 3000 km, le voyage d’une vie !
Au pied du monticule de la crucifixion, on découvre deux grandes plaques en pierre où les corps des défunts étaient préparés avant la mise au tombeau. Elles font l’objet d’une vénération hystérique de pèlerins qui les empoignent et les embrassent, osons dire jusqu’à l’idolâtrie. La guide refroidit toute possible velléité de ma part, si j’étais porté à laisser mon imagination s’emballer en m’affirmant qu’il n’y avait pas la moindre probabilité que Jésus ait été déposé sur l’une d’elle. (Vu le niveau d’études qu’elle a du atteindre pour être une guide de tourisme diplômée, je n’ose pas mettre en doute son affirmation. Elle doit certainement connaître les Ecritures mieux que moi. Dans une vie antérieure elle était aussi guide française diplômée ! Elle pouvait aussi bien commenter le Château de Versailles que les plages du Débarquement).
Une grande queue est formée devant l’édifice voisin, construit au dessus du tombeau de Jésus ; il est désespérément moche. Des pierres de ce tombeau — dit-on — ont été emportées par petits morceaux par les pèlerins, en souvenirs, au cours des siècles, le dénaturant en cela. Je n’ai pas vérifié pour voir car je ne voulais pas faire la queue et perdre mon temps de guide. Celle-ci m’a pourtant proposé un coupe-file pour lequel j’aurais donné un pourboire au concierge arabe qu’elle venait de saluer et qui se tenait à l’entrée de la chapelle. (C’est la même famille arabe qui a la charge d’ouvrir et de fermer l’église depuis des siècles). Qu’importe je décline ; je suis lassé de ce maquillage de l’authentique, de la dénaturation du souvenir sacré, en bref je suis déçu de l’artifice qui gâche l’endroit.
La guide a du comprendre ma déception et mes attentes — Je ne dois pas être le premier — ; elle sort alors sa botte secrète : elle nous dirige vers une chapelle latérale aux murs de pierre brute, murs originaux de la carrière. A peine quelques visiteurs vont dans ce lieu. Elle me montre un tombeau creusé dans le roc, de l’apparence et de la disposition de ceux du temps de Jésus. Seule la porte ronde de fermeture manque. Je me félicite d’avoir pris une guide car je n’aurai probablement jamais trouvé ce trésor tout seul. Qu’importe que ce ne soit pas l’exact tombeau, au moins je peux me raccrocher enfin au passé et imaginer les femmes arrivant le jour de Pâques découvrant que la porte avait été roulée et le tombeau vide....
Ensuite nous visitons tous les quartiers de la « Vieille Ville » et nous terminons par la visite du tombeau du « Roi David ». En fait ce lieu de célébration est réputé proche du tombeau sans que l’on en sache plus. Pour l’occasion je me coiffe d’une kippa prise dans un grand bac à kippa et je me sépare de ma guide qui ne peut me suivre dans l’espace de prière réservé aux hommes. Effectivement tout le monde prie.
Je retrouve la guide à la sortie et je la remercie. | | | À: Zorba · 18 septembre 2025 à 16:14 Re: Voyage en Israël / Terre Sainte en 2022 Message 6 de 22 · Page 1 de 2 · 560 affichages · Partager Merci Francois pour ce carnet très agréable à lire. Je suis allée en Israël il y a une quinzaine d’années. C’est un petit pays avec une grande diversité de lieux et d’atmosphère. Moi aussi j’avais été déçue par l’Eglise du Saint Sépulcre, par la foule, les marques de dévotion parfois excessives, les religions sont bien présentes dans cette ville... Avec mon mari nous avions pris une guide pour la journée et nous avions bien fait ! | | | À: Cathielescot · 18 septembre 2025 à 18:33 Re: Voyage en Israël / Terre Sainte en 2022 Message 7 de 22 · Page 1 de 2 · 546 affichages · Partager Merci Yaya Je culpabilisais à dénigrer ce lieu illustre qu'est "l'église du Saint Sépulchre". Dans la suite de mon récit j'espère que vous partagerez mon enthousiasme pour "le Lithostrotos" qui a réellement été le site du jugement de Jésus et de son "couronnement". A moins que vous ne le connaissiez déjà. | | | À: Zorba · 18 septembre 2025 à 21:15 Re: Voyage en Israël / Terre Sainte en 2022 Message 8 de 22 · Page 1 de 2 · 537 affichages · Partager Le casse-tête du Sabbat ?
Que faire pendant les deux jours que durent la célébration, deux jours dans dans un voyage assez court ? Pourquoi ne pas assister par exemple au repas du Sabbat ? Ma guide m’avait indiqué par mail une association caritative qui pourrait me recevoir au repas du Sabbat ; j’aurais juste eu à faire une bonne action sous forme d’un don. Malheureusement cela ne sera pas possible (me recevoir, pas la bonne action que j’aurais faite volontiers).
Ce vendredi soir, je vais voir ce qui se passe au « Mur des Lamentations ». La « Vieille Ville » est traversée ce jour par les familles juives se dirigeant vers le lieu saint. En tête, marche le père, parfois il est Hassidim, coiffé d’un feutre ou d’un chapeau en fourrure de diverses formes ; derrière la mère pousse une poussette et les enfants portant des papillotes ferment la marche. Ils traversent le quartier arabe ce vendredi soir dans l’indifférence des commerçants. Je suis le mouvement et je dois bientôt passer un point de contrôle avant d’arriver au « Western Wall - Le Mur des Lamentations ». Le contrôleur me demande ma nationalité ; à ma réponse, il me dit de passer sans contrôler mon sac et me salue joyeusement. Enfin je suis devant ce fameux « Mur » vu tant de fois dans les actualités télévisées. En fait il a deux secteurs, l’un pour les messieurs et l’autre pour les dames. Je m’attendais à une pression sécuritaire maximale dans ce lieu hautement sensible et non, rien ! J’ai une liberté totale de déplacement au milieu des fidèles. On peut aussi monter dans les étages du bâtiment surplombant l’esplanade à gauche du « Mur », à sa guise ; ce vendredi, c’était l’endroit où il fallait être : des dizaines de jeunes militaires font une ronde enivrée se tenant par les épaules et chantent ; les civils aussi. Je peux tout observer et photographier depuis un bon point d’observation. J’appelle ma famille en Whatsapp pour partager le spectacle. C’est alors qu’un vénérable vieillard vient me voir pour me dire que je trouble sa prière ! Je lui présente mes excuses et je m’efface. Désolé j’avais oublié les convenances dans l’excitation du moment. J’aurais pu m’approcher du « Mur » et le toucher sans problème aucun, au milieu de la foule. Mais je ne connaissais pas les usages : il suffisait juste de prendre une kippa dans un grand bac et de s’en coiffer et ensuite se rendre au « Mur » en toute liberté. J’aurais pu y glisser un message, un message de paix naturellement.
Et samedi, que faire ? Une excursion pendant le Sabbat ? Pourquoi pas, mais qui conduira le car ? Un Arabe israélien naturellement ! Il n’observe pas le Sabbat. Alors je m’inscris à une excursion pour « Massada » et la « Mer Morte ».
Massada
Pour quelques Shekels d’économies, je choisis la pire compagnie d’excursion possible que la charité m’interdit de nommer ici : aucun guide n’est fourni, puisqu’il s’agit d’un « self-guided tour » et je n’ai même pas droit à une fenêtre entière pendant le voyage. J’entrevois le paysage entre deux têtes. C’est une bonne leçon à retenir pour le futur : quand on vient de si loin, absolument soigner les modes d’excursion.
Je ne comprends pas les ressorts de la résistance juive à Massada, peut-être par manque d’illustration par un guide ou de préparation par moi-même. Toutefois la situation du site est exceptionnelle ; j’admire le désert de Judée environnant. Mon fils me demande par Whatsapp, la photographie de la rampe construite par les Romains pour prendre la citadelle. Aussitôt fait ! Elle est toujours là, un peu érodée, bravant les siècles.
Lors des voyages je suis inspiré par les oeuvres de démesure, ou par le brin de folie (Corée du Nord, Cintra, Louis II, Dali, Rosebud, Ceaucescu, Hoxa, Turkménistan...). A Massada je trouve un site de choix quant à la démesure, et à la volonté du souverain d’imposer sa volonté dans l’environnement le plus difficile, sinon totalement improbable. A Massada c’est « le Palais du Roi Hérode » accroché sur une arête en bout du massif de Massada ! Je n’ose imaginer la logistique qu’a impliqué l’entretien d’une cour dans un tel palais et les difficultés de construction dans une région totalement aride. Que dire de la vue des deux terrasses : sublime !
Mer Morte
Nous nous arrêtons dans un village touristique ; je renonce à me baigner dans la « Mer Morte »; il aurait fallu le faire en vitesse, douche comprise. (Je me remémore un encadré du « Lonely Planet » relatant l’histoire d’un jeune touriste ayant voulu faire l’économie du prix de la douche et qui s’était gratté toute la nuit suivante) De plus j’étais venu en famille quelques années plus tôt, du côté jordanien. Nous avions chahuté gaiement et fait semblant de lire des journaux arabes, « assis » dans l’eau, sans l’aide d’aucune bouée pour se maintenir à flot. L’ambiance est moins amusante maintenant. Les Palestiniennes se baignent tout habillées au milieu des Israéliennes en bikini. Elles arrivent quand même à se marrer malgré leurs habits dégoulinants. Quant aux maris, on ne les distingue pas des Israëliens, tous les hommes sont en boxer. Je remarque sur le site, « le bar le plus bas du Monde ». Le chauffeur palestinien vient s’entretenir avec moi pour tromper notre ennui. A la fin de l’excursion l’accompagnatrice (Pas guide, puisque l’excursion était « self guided ») veut montrer sa fibre palestinienne en demandant de remercier le chauffeur par un « Chokroun ». C’est mignon, non ? | | | À: Zorba · 18 septembre 2025 à 23:22 Re: Voyage en Israël / Terre Sainte en 2022 Message 9 de 22 · Page 1 de 2 · 523 affichages · Partager La Galilée
Quand le besoin se fait sentir, je commande une excursion à la journée pour visiter un lieu précis, comme pour « Massada » et la « Mer Morte ». Le site « Trip Advisor » fournit une liste de prestataires avec des prix et des appréciations. Ainsi j’ai voulu visiter la Galilée dont on m’avait dit que c’était un lieu où l’on ressentait une atmosphère christique. Je choisis « Bein Harim » comme prestataire et ce se révélera être un excellent choix. Mais je dois payer auparavant la prestation par paiement via l’internet et ma carte bancaire refuse le paiement. La transaction ne passe pas ! Je ne m’étais aperçu de rien auparavant puisque je n’avais pas fait de retrait au distributeur ni fait d’achat via l’Internet, ayant fait une provision de Shekels à Paris. Je bataille en vain avec le site de ma banque ; j’appelle « Beh Harim » en proposant de payer en liquide au chauffeur le prix de mon voyage. Ils déclinent poliment. C’est la plus grosse déconvenue qui m’est arrivée en Israel, et je m’y attendais pas.
J’allais être privé d’une visite essentielle, celle de la Galilée, à cause d’une c......e ! A 23h 45 le paiement passe ! A 5 heures du matin je me retrouve tout heureux, au point de rendez-vous, hors les murs, dans un Jérusalem vide ; je suis approché par deux individus, jeunes qui voulaient me solliciter pour contribuer à réparer leur moto. Je ne suis pas rassuré, puis ils ont laissé tomber devant mon manque d’empathie. Arrive enfin le car.
Nous faisons route vers Nazareth ; c’est une très grande ville peuplée entièrement d’Arabes musulmans et chrétiens. Nous faisons halte dans un grand magasin de souvenirs, le piège à touristes concerté avec la compagnie de bus. Je n’y trouve pas d’objet suffisamment laid pour ma collection (lire plus loin)
Nous visitons divers sites, cités dans les Evangiles (par exemple le sermon sur la montagne) ; à chaque fois une église a été construite pour accompagner l’évènement qui s’y est produit. Ces églises sont toutes joliment construites.
A un endroit le guide mentionne une maison, je ne sais plus où : c’est la « Maison de Marie » Dans ce qu’il en reste, se trouve une excavation qui serait la salle de bain de Jésus ! (Le soir je demande confirmation du fait à la mère supérieure du couvent qui a 15 ans de Terre Sainte à son actif ; elle me répond : « Tout cela, ce sont des supputations ; on ne sait rien ! »
Nous allons sur les bords du Joudain où se pratiquent des baptêmes dans une ambiance sérieuse ou un peu rigolarde. Pour chaque baptême, c’est un homme qui officie en pardonnant les péchés de la femme qu’il tient et lui plonge la tête dans le Jourdain.
Le lac de Tibériade défile ; le paysage est un peu morne mais tant de souvenirs s’y raccrochent. Nous déjeunons dans un Kibboutz où l’on sert de généreuses salades, le sourire n’était pas en option. A la fin du repas, le guide, un Israélien, vient discuter avec moi. Il me précise que le Kibboutz est un des premiers construit en Israel. Je lui parle de la fondation de l’Etat ; je mentionne « la Tour d’Ezra » d’Arthur Koestler mais cela n’évoque rien pour lui. Par contre il doit être imbattable sur la religion chrétienne, étudiée pour obtenir son diplôme. En effet toute l’activité touristique se rapporte au christianisme ; personne n’a jamais parlé de Saladin durant mon séjour.
Capharnaüm
La visite de la synagogue bien conservée est émouvante ; c’était celle de Jésus ; nous contemplons aujourd’hui, les mêmes murs que lui.
Plus loin se trouve la maison de Pierre avec ses murs tronqués. Jésus y fit un sermon suivi par de nombreux fidèles. Un paralytique n’a pu entrer dans la maison ; il y fut introduit à travers le toit. Quel autorité religieuse insensée a décider de faire construire une église enjambant la maison de Pierre ? Quelle manque de respect ! Si une souscription circulait pour la détruire, je signerais des deux mains.
Au retour nous longeons le Golan ; c’est alors que le guide nous fait part de ses opinions au micro : — Il est heureux que ce plateau ait été conquis car ainsi le voisinage des « crazy people » a été repoussé et ils ne nous surplombent plus.
Le soir a lieu la grande prière sur « l’Esplanade des mosquées ». La « Vieille Ville » est traversée par un fleuve humain de fidèles, des hommes, montant vers l’Esplanade. Le poste israélien devant « l’Hospice autrichien » a été doublé à cette occasion. Je réalise maintenant ce que signifient les titres dans les journaux, lus dans la passé, comme « Echauffourées sur « l’Esplanade des Mosquées » à l’occasion de la prière » en terme d’ampleur de l’évènement. Que se passerait-il à la moindre étincelle ! Je me sens pas rassuré devant ce flux inouï, ce qui me donne une excuse toute trouvée pour afficher ma neutralité en allant me réfugier dans l’Hospice et déguster un Gluhwein à l’abri de la neutralité autrichienne.
Sur les pas du Christ à Jérusalem - Le Lithostrotos
Si l’on suit la « Via Dolorosa », on suit effectivement le trajet parcouru par Jésus pour aller du lieu de son jugement (près de mon couvent) jusqu’au lieu de son supplice. Pour autant on ne met pas nos pas dans les siens 2000 ans plus tard ; en plus nous portons notre regard sur les maisons d’une ville arabe qu’il n’avait pas contemplées car ces maisons n’existaient pas. S’il a bien suivi l’itinéraire de la « Via Dolorosa », il a en réalité foulé un sol situé 3 ou 4 mètres plus bas que l’actuelle route du martyre. Fort d’une intuition le directeur du couvent « des Soeurs de Sion » de l’époque, a fait creuser sous l’édifice en 1850 jusqu’à la découverte du pavage de l’époque romaine, que Jésus a certainement foulé. C’est le « Lithostratos » qui se visite en s’adressant au couvent « des Soeurs de Sion ». C’était la deuxième surprise que m’a réservée ce couvent.
Mon musée personnel des horreurs en souvenirs touristiques
Au gré des voyages j’accumule des objets débiles pour mon musée des horreurs, en particulier des globes de verre où tombe la neige lorsqu’on les secoue. Le plus moche est le globe de « Mère Térésa d’ Albanie » ; la statue de David de Florence, rouge fluo impressionne aussi; le plus beau globe comporte une tête de Boudha khmer, même si faire neiger sur Boudha peut sembler bizarre. Je ne suis pas dupe sur le fait que tout est produit en Chine ; d’ailleurs ceci pourrait expliquer cela. A Jérusalem je négocie âprement avec un commerçant arabe, un enfant Jésus posé sur un lit de paille avec la mention « Bethléem » sur le socle ; à la fin de la négociation j’ai le sentiment de m’être fait avoir du fait de calculs subtils de taux de change. Des couronnes d’épines étaient aussi exposées à la vente ; c’est bien l’objet le plus débile que j’aurai vu à part - dans le temps - un couple de Bretons en porcelaine, faisant leur grosse commission; un chef d’oeuvre de mauvais gout. Si j’avais manqué l’achat des Bretons, ne faisant pas une telle collection à l’époque, la couronne d’épine aurait pu devenir le clou de ma collection ; mais j’y renonce vu le sacrilège que représenterait un tel achat ; et puis imaginez un enfant à la maison, qui se piquerait en touchant une telle couronne ou la difficulté de faire le ménage ! Quelle tempête de reproches cela soulèverait ! Ce qui est réconfortant pour une telle collection, c’est que la fourniture d’objets moches sur les lieux touristiques et l’inventivité sont inépuisables.
Le départ
Je traverse une dernière fois, avec émotion cette terrasse offrant cette vue magnifique sur « l’Esplanade des Mosquées ». Je reprends le chemin inverse vers l’aéroport Ben Gourion. J’avais prévu une grande marge de sécurité s’agissant de l’embarquement et les mesures de sécurité. Bien m’en a pris car au sortir du train venant de Jérusalem, je découvre que le terminal de départ est très éloigné ; les navettes de bus sont rares. J’entends une voyageuse désespérée qui allait manquer son vol pour le Canada. Enfin j’arrive au terminal et tout rassuré ; eh bien non ! Je rentre dans un hall bondé où 100 personnes ou plus, font la queue pour passer devant des agents de sécurité : l’idée est de répondre sans hésitation à leurs questions et prouver ainsi que nous sommes des voyageurs de bonne foi. Je n’ai pas de « flash mob » comme au départ mais des familles paisibles en attente et un groupe de Hassidim en route pour Varsovie.
Conclusion
Je mesure au vu des évènements récents, que j’ai eu de la chance de pouvoir faire ce voyage à temps. Ce serait impossible ou très difficile à effectuer maintenant. Sur le plan religieux mon esprit vaque encore dans le sous-sol pavé du Lithostrotos où cela s’est réellement passé et où cela a commencé. Ainsi j’ai communié dans un lieu différent que celui auquel j’avais pensé. Qu’importe mon voyage a rempli ses promesses. Je ne me détache pas non plus de la « synagogue de Capharnaum » ni du « lac de Tibériade » lieux où Jésus a passé une partie de sa vie. Si je ne sors pas plus croyant du voyage mais je suis maintenant plus familier de sa personne.
Qu’a écrit Eric Emmanuel Schmitt de son expérience ? Peut être le saurais-je un jour. | | | À: Zorba · 19 septembre 2025 à 4:13 · Modifié le 19 sep. 2025 à 7:41 Re: Voyage en Israël / Terre Sainte en 2022 Message 10 de 22 · Page 1 de 2 · 521 affichages · Partager Bonjour, récit un peu long mais assez détaillé. 
Votre séjour a été un peu court non ?
Il y a quelques approximations mais globalement vous avez bien observé le peu que vous avez découvert de ce pays.
Astuce pour une prochaine fois pour Shabbat, le Musée d' Israël est ouvert le samedi de 10h00 à 16h00. Et on y trouve de quoi y passer la journée. Entre autres pièces venant d' Egypte, on peut observer des Chagall, Picasso et autres Dali sans oublier quelques Cézanne. Pour les Israéliens non religieux, c'est un lieu connu et bien fréquenté le Samedi.
Autre astuce pour le St Sépulcre, il faut y aller dès l'ouverture vers 6h00 du matin pour bien découvrir le lieu. Et le calme. Êtes-vous descendu dans la chapelle basse ? Là où se trouve la salle où furent entreposées les croix des crucifiés selon les historiens ?
Vous n'étiez pas au courant, mais on ne prends pas de photos au Kotel durant le Shabbat. Verboten !! Et pas de visite du Mont du Temple ?
Pour la mer morte, la visite un samedi n'est pas recommandé car trop de foule et Nazareth, c'est Nazareth ! La ville ou les conducteurs sont les plus fadas d' Israël ! 
Pour le Kibboutz en Galilée, ce dont on vous a parlé de premier en Israël, ce doit être Degania.
A quand le prochain séjour ? 
Cdt. | | | À: Mitch341 · 19 septembre 2025 à 8:26 Re: Voyage en Israël / Terre Sainte en 2022 Message 11 de 22 · Page 1 de 2 · 507 affichages · Partager Le voyage a été très court pour des contingences familiales, mais j'en ai tiré le maximum. J'ai pensé au musée d' Israel qui possède aussi un Gauguin que j'admire beaucoup, ou à Yad Vashem, je suis allé au "Mur" à la place. Quant au Mont du Temple, les horaires d'entrée sont très limités, je n'étais jamais dans le bon créneau. Une prochaine visite ? Pas pour le moment ; la situation est un peu tendue. Merci pour vos précisions intéressantes. | | | À: Zorba · 19 septembre 2025 à 9:05 Re: Voyage en Israël / Terre Sainte en 2022 Message 12 de 22 · Page 1 de 2 · 500 affichages · Partager Le voyage a été très court pour des contingences familiales, mais j'en ai tiré le maximum. J'ai pensé au musée d' Israel qui possède aussi un Gauguin que j'admire beaucoup, ou à Yad Vashem, je suis allé au "Mur" à la place. Quant au Mont du Temple, les horaires d'entrée sont très limités, je n'étais jamais dans le bon créneau. Une prochaine visite ? Pas pour le moment ; la situation est un peu tendue. Merci pour vos précisions intéressantes.
J'y étais pour trois semaines en ce mois d'Aout passé. Hormis aux alentours immédiat de Gaza sur le mémorial Nova, pas de bruits de bottes. Une seule alerte sur Jérusalem le soir de notre arrivé, ça mets en jambes, puis plus rien.
Avantages de cette situation ? Les hordes de touristes asiatiques irrespectueux ne sont pas encore là. Les colonies de pèlerins Sud-Américains pas là non plus, ce qui permet de faire de gros travaux au St Sépulcre. Bref de 2.5 millions de touristes habituellement de Janvier à Juillet, cette année, ce fut 870 000 seulement. Plus facile de trouver une place dans les restos, circulation automobile allégée mais encore assez B...... pour sortir ou circuler dans Tel Aviv et sur l'autoroute en travaux partiels en Aout. Et pas grand monde dans le Nord et sur le Golan.
Inconvénients ? Les prix ne baissent pas !  Et la circulation auto toujours aussi B...que !
Yad Vashem est en effet un incontournable. Mais fermé le Samedi.
| | | À: Mitch341 · 19 septembre 2025 à 9:34 Re: Voyage en Israël / Terre Sainte en 2022 Message 13 de 22 · Page 1 de 2 · 496 affichages · Partager Merci pour les photos de Yad Vashem. Etant allé à Auschwitz j'étais déjà bien exposé à l'Holocauste. Sinon je n'ai pas perçu le B... qui semble être un problème sur les routes Israéliennes puisque j'ai acheté deux excursions et n'ai pas conduit ; ensuite je suis resté dans la "Vieille Ville". Effectivement le voyage en Galilée était très paisible, avec un niveau de touristes très raisonnable. | | | À: Zorba · 19 septembre 2025 à 12:03 Re: Voyage en Israël / Terre Sainte en 2022 Message 14 de 22 · Page 1 de 2 · 484 affichages · Partager Je ne suis jamais allé sur Auschwitz. Déjà Yad Vashem est assez dur.
Au mois d'Aout, nous sommes allés sur le site du Nova Festival. Le mémorial est assez impressionnant et c'est un grand moment d'émotion.
En Haute Galilée, on trouve le village de Metula, le doigt d' Israël. Une fois sur l'observatoire, vous avez la vue sur les trois côtés qui donne sur le magnifique Liban.
Sur Jérusalem, votre guide vous a t-elle parlé des Fontaines Byzantines et de l'aqueduc souterrain ? Un sacré jeu de pise à effectuer. 
Cdt. | | | À: Mitch341 · 7 octobre 2025 à 9:14 Re: Voyage en Israël / Terre Sainte en 2022 Message 15 de 22 · Page 1 de 2 · 373 affichages · Partager Bonjour Michel (l'homme aux multiples pseudos...),
Déjà plus de 8 années que je t'ai questionné pour une "future" visite d'une semaine à Jerusalem ! et tu trouves toujours des "petits" spots à nous conseiller.
Merci à Zorba pour ce compte rendu formidablement écrit et vivant.
Les espoirs de paix n'ont jamais été si proches (!) alors j'ai ressorti mon fichier Excel (qui n'a pas pris une ride) et j'attends tes (vos) conseils pour cibler une date, une période en 2026, si ce n'est pas trop tôt... (en évitant les "fêtes locales", ramadan, plein été ou autre).
Amitiés du Nooord. Jean
PS : oui, à nos âges... il ne faut pas traîner. | | | À: PapJ59 · 7 octobre 2025 à 9:25 Re: Voyage en Israël / Terre Sainte en 2022 Message 16 de 22 · Page 1 de 2 · 362 affichages · Partager Pourquoi Ramadan ? Ce ne sont pas des jours fériés pourtant. | | | À: Mitch341 · 7 octobre 2025 à 9:52 Re: Voyage en Israël / Terre Sainte en 2022 Message 17 de 22 · Page 1 de 2 · 356 affichages · Partager Hi, hi...
c'était de l'humour ! - les fêtes chrétiennes sont vers Avril/Mai, les fêtes juives vers septembre, les T° trop élevées vers juillet/août, donc jongler avec tout ça (même pour ne caser qu'une semaine...) n'est pas évident.
- Ce premier voyage serait strictement limité à Jerusalem : 5j vieille ville et mont des Oliviers (dont 2 avec guide francophone +3 pour prendre le temps d'explorer tous les quartiers, et vraiment "visiter"), + 3j ville "ville moderne" et lieux de mémoire.
J'ai toujours ton mail et je t'enverrai mon fichier.
Amitiés. Jean. | | | À: PapJ59 · 7 octobre 2025 à 12:22 Re: Voyage en Israël / Terre Sainte en 2022 Message 18 de 22 · Page 1 de 2 · 345 affichages · Partager Hi, hi...
c'était de l'humour ! - les fêtes chrétiennes sont vers Avril/Mai, les fêtes juives vers septembre, les T° trop élevées vers juillet/août, donc jongler avec tout ça (même pour ne caser qu'une semaine...) n'est pas évident.
- Ce premier voyage serait strictement limité à Jerusalem : 5j vieille ville et mont des Oliviers (dont 2 avec guide francophone +3 pour prendre le temps d'explorer tous les quartiers, et vraiment "visiter"), + 3j ville "ville moderne" et lieux de mémoire.
J'ai toujours ton mail et je t'enverrai mon fichier.
Amitiés. Jean.
OK. Les fêtes Juives ne sont pas cantonnées à Septembre. Pourim est en Février. Et tout est selon le calendrier Lunaire.
Pour le guide sur Jérusalem, j'ai la bonne personne à te fournir. Un vrai Pro !
Biz. | | | À: PapJ59 · 8 octobre 2025 à 8:52 Re: Voyage en Israël / Terre Sainte en 2022 Message 19 de 22 · Page 1 de 2 · 315 affichages · Partager Hi, hi...
J'ai toujours ton mail et je t'enverrai mon fichier.
Amitiés. Jean.
Je te renvoie un email par message. On en sait jamais. | | | À: Zorba · 8 octobre 2025 à 17:31 Re: Voyage en Israël / Terre Sainte en 2022 Message 20 de 22 · Page 1 de 2 · 292 affichages · Partager Un grand merci François pour ton CR d'un court mais très intéressant voyage dans ces lieux si chargés d'histoire, Encore merci pour le partage | Carnets similaires sur Israël: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 10 662 visiteurs en ligne depuis une heure! |