On nous avait déconseillé l'
Egypte avec des enfants, et l'
Egypte sans agence de voyage. En fait les deux sont tout à fait faisables.
Les Egyptiens ne dorment jamais, et l'expérience des nuits hachées et courtes est un plus.
Où que l'on soit à moins de s'enfoncer dans le désert, il y a du bruit, à commencer par le muezzin à 4h40.
Soit vous êtes juste à côté d'une mosquée et vous entendez un muezzin très fort, soit vous êtes un peu plus loin et vous entendez les muezzin de quatre autres mosquées un petit peu moins fort.
Les coqs égyptiens ne chantent pas pour l'aube, mais toutes les heures.
La circulation se règle à coup de klaxons préventifs ou rageurs quelle que soit l'heure. Les souks se calment vers deux heures, s'animent à six.
Et la ligne de chemin de fer passe dans la vallée du
Nil, donc jamais loin.
En revanche pas de bruit des autres touristes dans les hôtels, harassés par les visites !
Même si les générations actuelles en
Egypte sont revenues à une moyenne de trois enfants par femme, la famille nombreuse y jouit d'un fort prestige. Partout on nous a demandé si tous ces enfants étaient à nous, félicités, admiré qu'un bébé était en route. ça a été un formidable moyen d'engager la conversation. Nos deux derniers Augustin et Henri ont été cajolés, embrassés, portés et même photographiés

J'avais peur de deux choses : ne pas pouvoir nous extraire des foules de touristes, et le harcèlement, 8° plaie d'
Egypte à ce qu’il parait.
En fait ça a été très facile de se retrouver seuls ou presque, et on n'a pas du tout souffert du harcèlement, un "la" (=non) avec un sourire et c'est bon, quelques fois un "khalass" (= laisse)
Quelques mots d'arabe sont les bienvenus, mais beaucoup parlent anglais. On a découvert à l'occasion de ce voyage que je parle anglais avec un merveilleux accent egyptien, et mon mari a été vexé comme un pou, le jour où le taximan au téléphone a demandé à m'avoir, car je parle mieux anglais (alors que je baragouine quand son anglais est proche du fluent)
Le temps: partis sous la neige, au
Caire il faisait beau et très doux, en haute-
égypte carrément chaud. On s'est tenus aux pantalons par décence vis à vis des musulmans mais franchement le mini short aurait été plus adapté. Nuits glaciales en revanche.
Le plus stressant dans l'histoire a été d'avoir notre vol pour
le Caire: grève à l'aéroport de Brest, neige en
Bretagne et à
Paris, 20% des vols annulés... du coup on est partis en voiture, et ouf, notre vol est parti avec juste une heure de retard.
20-21-22 décembre: Le Caire.
Arrivée le soir, on peut faire du change et acheter les visas dans des guérites à gauche) avant les formalités, on a eu les 9 visas pour 100 euros.
Je suis passée par Select
Egypt, une agence du
Caire pour réserver un minibus pour deux jours et les billets de train de nuit pour
Assouan, car on ne peut pas les réserver de
France.
Résultat ils ont perdu la résa, (le fameux Dio a quitté l'agence sans tout laisser au clair...) ce qu'ils ne m'ont annoncé que quand j'ai appelé pour savoir si tout était OK quelques jours avant; je leur ai demandé de prendre de suite un vol, (le problème avec Egyptair, c'est que par internet c'est 7 personnes max) ils ont dit voilà c'est fait, et une fois arrivé, ce n'était pas fait, du coup ils me proposent la moitié de la famille le matin du 23 et l'autre le soir, là je m'énerve
un peu , et on a fini, le 21 à minuit par avoir des billets en deux vols séparés, mais d'une heure seulement, ouf...
Donc passez par Select
Egypt, minibus confortable, chauffeur prudent (et vu la circulation, c'est un don du ciel), guide francophone (Boutros, alias Peter) pas hyper calé, mais largement suffisamment pour nous et surtout sympathique et très bon organisateur) mais il faut être carrément sur leur dos pour les résas.
L'hôtel (President) est calme (si si !) vieillot, et confortable.
Premier jour, visite des pyramides de
Dahchour d'abord, quasi personne et on peut rentrer dans la pyramide rouge, impressionnant...
puis Saqqarah pyramides, complexes funéraires et des mastabas, on a visité celui de Mérérouka, très beau, et perdu notre cinq ans, qui ne s'est pas affolé, a été retrouvé sur le parking par des chauffeurs de taxi, l'attroupement a attiré le notre et il est venu nous l'amener dans le complexe funéraire (en fait on ne s'était pas aperçus l'avoir perdu

)
Puis repas en face de Guizeh dans un resto grec très sympa (en général on en a eu pour de 400 à 600 LE= 50-75 euros, pour des repas très copieux, variés et bons- même si côté nourriture ça ne vaut pas le
Maroc)
J'ai été étonnée du peu de monde aux pyramides, pour peu que l'on s’éloigne un chouïa, et arrivés à Mykérinos c'est vraiment tranquille
Le 22, visite du musée du
Caire, formidable, Toutankamon, on en fait tout un foin, eh bien c'est mérité ! J'ai beaucoup aimé aussi la salle d'Akhénaton, les miniatures façon Playmobil d'armée ou de scène de la vie courante, la statue du "maire" en bois, le couple Rahotep/Néfret.
Très riche et varié!
Très bon repas au Felfela, puis mosquée Sultan Hasan, ben, bof...pas d'enthousiasme dans les rangs.
En revanche après chouette balade depuis la porte Bab el Futuh jusqu'au khan et Khalili, où l'on s'est un peu perdus dans des ruelles crasseuses et vivantes, maison Beit el Suhaymi, mosquées de Barquq, Qalaun et El Azhar, très chouette coin, quasi médiéval, et à certains endroits joliment rénové.
Le soir, départ vers l'aéroport pour le vol pour
Assouan.
23 décembre: AssouanArrivée à minuit à l'hôtel pour moi et les deux petits, à deux heures pour les autres.
L'hôtel "Paradise", trouvé au dernier moment (on devait dormir dans le train !) est entré au panthéon des family jokes, car idéalement situé au carrefour de la rue la plus animée du souk et d'une artère très passante, et à 20 mètres de la gare.
Autant dire qu'on a
peu dormi...
Le matin transfert à l"Isis corniche" ouf, bien plus tranquille, des bungalows très sympas, direct sur le
Nil, propre, jolie vue, piscine et buffet breakfast fantastique ! Je n'avais pas emmené de maillots de bain, et on m'en a voulu....
On loue les services d'un motorboat pour l'après-midi, jardin botanique de l'Ile Kitchener, un enchantement, des familles égyptiennes et des groupes scolaires qui pique-niquent dans la bonne humeur, on a adoré !
Puis continuation dans un cadre très sauvage vers la première cataracte, le
Nil est de toute beauté !
On accoste sur une plage, où plutôt que de prendre les dromadaires vers un pseudo village nubien les enfants préfèrent grimper et dévaler les dunes, pendant que les petits font des châteaux.
Pour autant le capitaine nous propose quand même d'accoster au village et bien que flairant l'attrape gogo on dit oui.
Bon, ben dites non, vous !....
24 décembre
Départ en minibus (tassés ce coup là) pour le convoi vers
Abou Simbel. 280 km à travers le désert. Plein de mirages on se croirait au milieu des lagunes par moments !
Hôtel Eskaleh, très jolie maison nubienne, on l'on mange très bien, accueil chaleureux.
On a fait un tour à côté vers le
lac Nasser...
Et le soir on est allés au son et lumières du Temple. Joli mais bon...il parait que c'est le plus beau son et lumière d'
Egypte...je n’essaierai pas les autres !
En revanche le temple illuminé est magique.
Au retour le Père Noël est passé !!
Réveillon pantagruélique
et dodo car demain réveil à 5h30 ! il faut être sur les lieux au lever du soleil et avant l'arrivée du convoi de 7 heures
Là, on est seuls dans le temple, la magie opère, j'ai a-do-ré
25-29 décembre
Retour sur
Assouan où après quelques péripéties nous embarquons sur les felouques. Deux felouques (on s'est débarrassés des cinq grands

) et un motorboat qui sert de bateau-resto juste pour nous !
S'il y a bien un truc à faire en
Egypte, c'est ça ! On est passés par "Gréements du
Nil" organisation nickel, équipage adorable, au petits soins, navigation tranquille et silencieuse, arrêts visite dans les jardins des rives, dans les petits bleds, baignades dans le
Nil (en slip pour les gars, en pyjama pour les filles),
temple de Kom Ombo, marché aux "chameaux" à Daraw, une promenade extraordinaire à Wadischa (des gravures de felouques, de girafes, des hiéroglyphes en plein désert !)
Nourriture fraiche variée, typique et copieuse.
Bon un peu roots quand même, matelas de 5cm, pipi par dessus bord de la felouque la nuit, et une passerelle de 10 cm de large pour la descente, mais ça valait largement le coup !
Le marché aux chameaux (vous remarquerez le gars qui nous prend en photo...)
Soirée tam-tam et blagues en tout genre autour d’un feu avant les adieux...
29-30-31 décembre:
Louxor
On débarque à
Edfou: beurk, c'est rempli de bidochons, le guide (prévu par gréements du
Nil) est expéditif et inintéressant, les dessins n'ont pas la grâce de l'
Egypte ancienne, bref à refaire on zapperait carrément !
Et transfert minibus sur
Louxor, rive ouest à l'hôtel Shérazade, grand, joli, propre, on ne sait pas trop s'il n'est pas encore terminé ou déjà en train de se dégrader, mais c'est bien situé et recommandable.
A deux pas du ferry-boat qui rejoint
Louxor sur l'autre rive, où on a visité le musée, très intéressant et bien fait, ambiance lumière tamisée.
Le soir repas au Maxime, car les ados rêvaient de viande grillée. Bon mais service trop long, tout le monde piquait du nez (et on s’était habitués à être servis en deux temps trois mouvements sur la felouque !)
Le lendemain, vallée des rois, là il y a du monde (moins en choisissant les tombes les plus éloignées). On est entrés dans celle de Thoutmosis III, puis Tausert et nakht puis Séthi II (plus simple). Incontournable ! photos interdites mais on trouve partout de très beaux livres de photos.
Après ça on a grimpé la montagne pour rejoindre le village des artisans, balade merveilleuse, on surplombe la vallée des rois, puis le temple d'Hatchetsoup, on longe la falaise (sujets au vertige s'abstenir !) avec une vue incroyable sur le
Nil, puis on arrive en surplomb sur le village des Artisans qu’on n’a visité que le lendemain.
Repas au Hapy habou, à deux pas du temple de Ramsès III, serveurs très sympas, les petits ravis de leur coupe fruits/glace;
Visite du Temple de Ramsès III à Médinet Habou, on adoré (dommage que je n'avais pas l'appareil photo), très peu de monde, les enfants qui couraient partout et nous appelaient pour nous montrer leurs trouvailles, plein de couleurs encore, de scènes grandioses ou plus intimistes. Mon préféré avec
Abu Simbel !
Le soir, souk sur
Louxor et repas lonnng au resto de l'hôtel, on a zappé les fruits (45 minutes n'ont pas suffi pour mettre 9 bananes dans un plat

)
Pas de montgolfière hélas : pas pour moi déjà (je suis enceinte) ni avant 5 ans, et aussi, on n’a pas réussi à trouver à des prix lus ici (40 euros) apparemment le nombre de ballon a été limité, le mieux qu’on ai réussi à obtenir c’est 380 euros pour 3 « grands » et 3 enfants, et même si ça reste bien moins onéreux qu’en
France, ça dépassait notre budget pour le coup.
Tombes des Nobles, celle de Ramose est extraordinaire de finesse, celle de Sennefer aussi, ça vaut le coup de prendre les deux lots de tickets.
Et pour finir, mini musée de la momification, simple et de bon goût, avec une momie qu'on croirait sortir droit de la rue pour un petit somme, dans une sobre lumière tamisée.
Le soir, l’hôtel proposait une soirée réveillon avec un buffet sympa, des numéros kitchissimes et une sono d’un niveau sonore proprement hallucinant.
Le retour : les vols
Louxor-
Le Caire se sont enchainés sans retard et sans problème, à l’exception d’un petit stress au départ, quand un employé trop zélé d’Egyptair s’est mis en tête que je devais subir un examen gynécologique à 30 minutes du départ, pour voir si des fois je n’allais pas accoucher en vol (à quatre mois et demi, Dieu m’en garde !!), heureusement vite ramené à un peu de lucidité par son chef...
Bref on a beaucoup aimé ce voyage, trouvé les Egyptiens très accueillants et ouverts, et les trésors antiques sont un enchantement.
Résumé de notre avant-dernier : "là où la lune est pas comme chez nous (croissant horizontal) les gens ont la figure toute noire, parlent pas comme nous, il y a des statues et des "momites".
Là où la lune est comme chez nous, les gens sont blancs et il fait froid"