Banaue et Palawan, le retour
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Un peu plus de 30 heures. C’est plus ou moins ce qu’il a fallu entre le moment où on a mis deux tours de clés sur notre porte à Genève et le moment où on se pose enfin à Banaue, au cœur des montagnes de la grande île de Luzon aux Philippines. Un voyage au goût d’un menu gastronomique, sans le choix des plats. Une entrée, avec un vol de 6 heures jusqu’à Dubai. 3 petites heures d’attente avant le plat principal, le second vol jusqu’à Manille. 8 heures de mieux. Pour monter jusqu’à Banaue, il faut rejoindre une petite gare routière dans le quartier de Sampaloc. A peine 10km de l’aéroport, mais surtout 2 heures de taxi, à avancer au pas dans une ville congestionnée par un trafic démentiel. Finalement, de Manille nous n’aurons vu que le cul d’une voiture devant nous. Bon, faut dire qu’il semble y avoir plus sexy comme ville. Pollution, bruit, saleté, trafic démentiel, tous les ingrédients d’une grande capitale asiatique sans réel charme. Et pour le dessert, 9 heures de bus de nuit pour faire les 450km qui nous séparent des montagnes. Un trajet sans crainte, le chauffeur philippin n’ayant rien à voir avec son homologue indien. L’arrivée à Banaue se fait dans les brumes matinales qui s’élèvent de la végétation à l’allure de jungle. Le jour se lève à peine, mais nous n’aurons quasi point dormi. À la descente du bus, nous sommes accueillis par Jaypo. Un guide qui nous a été conseillé pour le trek qui va suivre. Car si on monte jusqu’ici, c’est pour s’immiscer au cœur des fameuses rizières en terrasse, classées patrimoine mondial UNESCO, qui ornent certaines vallées. Des rizières principalement accessibles à pied. 3 jours de marche au programme donc, à travers des paysages que nous espérons féeriques. Banaue, une petite ville, point d’arrivée des touristes. Ses restos locaux, son marché, rien de vraiment extraordinaire. Mais le passage obligé pour trouver son guide et rejoindre les sentiers. Nous y aurons flâné, récupérant de tous ces milliers de km parcourus pour être à l’autre bout de la planète. Jaypo nous décrit le trek. Demain sera le plat de résistance avec pas loin de 7 heures, « enfin selon votre rythme » précise-t-il. Et pour les nuits ? Dans des auberges locales, au cœur des villages sur le parcours. Jaypo s’excuse d’ailleurs, les prix ont un peu augmenté. Au lieu de 500 pesos la nuit, c’est désormais 600. La seule interrogation demeure la météo. Le sud de l’archipel a dû faire face à un typhon. Et ici, à plusieurs milliers de km plus au nord, nous en récoltons les effets avec une petite pluie fine qui débarque l’après-midi. On verra. Demain donc, on quitte la civilisation du wifi pour 3 jours de calme et de paix dans le monde de la nature et du calme. Ça ne fera pas trop de mal de se couper du monde quelques heures. Même si l’effort sera sans doute rude.

Coupés du monde ! Ok, trois jours seulement, mais quel pied d’oublier son IPhone dans un sac. Parce que là où Jaypo nous a emmenés, autant oublier tout de suite réseau, Wifi et autres outils addictifs dont l’homo conecticus ne peut plus se passer. Tout a commencé par une petite course en tricycle local, sur les hauts de Banaue. Et la première gifle d’arriver avec les splendides rizières en terrasse, ici plutôt de structure pyramidale. Un travail de déforestation, de terrassement, d’irrigation, de nivellement, un labeur dantesque qui date d’une époque où le mot machine n’avait pas encore effleuré l’esprit humain. Même pas une heure que nous sommes partis que déjà on en prend plein les yeux. Jaypo nous avait prévenu. Le premier jour serait rude. J’ai envie de dire tout de suite que les deux autres aussi, mais patience. Le premier jour donc, avec pour commencer 4 bonnes heures de marche dans la jungle. Le typhon Sanba qui a sévi a amené pas mal de pluie et la piste, normalement sèche, s’est transformée en un chemin boueux où il faut réfléchir à chaque pas qu’elle est la meilleure voie à suivre pour éviter de glisser. Alors évidemment on progresse assez lentement, surtout que ça grimpe quand même. Enfin bref. Le premier village que nous croisons est Pula. Un village assez grand, avec bon nombre de familles qui vivent ici principalement de la culture du riz. On l’aurait deviné vu que l’arrivée près du village se fait à travers les rizières en terrasse. Et c’est sur les murets de séparation que nous marchons, avec concentration car d’un côté c’est soit 40cm de boue et d’eau dans la rizière, et de l’autre c’est la chute assurée dans celle qui en-dessous, parfois à plusieurs mètres ! Mais la principale caractéristique de Pula, c’est qu’il n’y a qu’un seul moyen de locomotion pour arriver ici : à pied. Pas de route, ni même de piste, juste des sentiers. Et pour prendre un bus ou un tricycle, et bien la première route est au moins à 5-6 km de marche ... après Pula, voici Cumbalo, un autre village isolé, accessible uniquement à pied. Un peu plus grand et équipé d’une école primaire. Du coup, les enfants de Pula se tapent une heure de marche tous les matins pour aller à l’école et autant le soir pour rentrer. Saison sèche ou saison des pluies peu importe ... Cumbalo est notre première étape nocturne, dans une petite Guesthouse toute simple où l’unique douche (à l’eau froide) est dans la cuisine. Total de la journée, 8 heures de marche et 22km parcourus (selon l’appli de notre IPhone) !!!!! Surprise après le repas. Les enfants de Cumbalo se regroupent sur la petite terrasse devant la Guesthouse et sous la direction de leur maîtresse (qui tient son nouveau-né en bandoulière), ils vont chanter des chansons dans plusieurs langues : en allemand, en hébreu et évidemment en français. Outre les chansons enfantines classiques, ils iront même jusqu’à entonner le célèbre « aux Champs-Elysées ». Tout ça dans un village paumé au cœur de la jungle et des montagnes philippines... et pour bien finir la soirée, deux femmes du village viennent nous masser histoire d’atténuer les violentes courbatures qui s’annoncent déjà... Départ de Cumbalo le lendemain matin, non sans avoir fait le tour du village avec Jaypo qui va nous donner multitudes d’informations sur la vie locale et les codes de fonctionnement de ces indigènes. Direction Batad. Beaucoup moins long, seulement 11.5 km, mais tout en dénivelé. Des marches, irrégulières et hautes, boueuses et souvent glissantes, de quoi se fusiller cuisses et mollets. L’arrivée sur Batad est magique. A l’arrivée d’une énième montée, le village et ses fantastiques terrasses est là, sous nos yeux. À l’époque où nous vivons dans la société du « tout est dû, tout est normal (et si possible tout de suite) », il y avait un prix à payer pour mériter cette splendeur. La descente sur le village se fait dans une pente très raide, à la verticale, par un escalier. Des centaines de marches, encore et encore. Et ce n’est pas fini, car Batad, à part ses terrasses, c’est aussi sa cascade et son bassin pour se baigner. Sauf que c’est 900 marches supplémentaires en contrebas, à la rivière. 900 marches qu’il va falloir remonter. Mais on y va et trempette on fera, dans une eau fraîche, à peine 15 degrés sans doute. L’effet rafraîchissant est de très courte durée, car pour remonter à notre Hillsview Inn Guesthouse, c’est la suée finale. Une Guesthouse dans la plus pure tradition des Backpackers, une seule douche (mais avec eau chaude svp), simple mais conviviale. Et une vue M’sieur Dame, mais une vue ... Allez, plus qu’une journée de marche. Nous repartons de Batad à travers cette forêt pluviale qui transpire autant que nous, sur des petits sentiers boueux. Côté pente il y a une dense végétation. Mais que l’on ne s’y trompe pas, le vide est bien là. Un faux pas et c’est l’accident assuré. Vaut mieux garder ses deux pieds sur les 50cm de largeur à disposition.... Fin du trek, le tricycle du départ nous récupère et nous ramène à Banaue. Au total, environ 42km parcourus sur ces trois jours, des muscles carbonisés. Mais surtout une déconnexion totale, un rappel que tant de peuples vivent tellement chichement, que les enfants de Pula et Cumbalo ont soif d’apprendre, que les distractions dans ses villages ne sont que jeux avec des cailloux ou les poules qui gambadent (tous comme le reste des animaux d’ailleurs) en toute liberté. Un rappel qui dit aussi que pour certains, maison signifie avoir un toit et peu importe que la baraque soit en tôle et sans confort aucun. On s’est fait mal, on a touché nos limites physiques. Mais on s’est fait tellement de bien à la tête. Merci Jaypo pour ton professionnalisme, tes connaissances partagées et pour nous avoir fait découvrir ces coins d’un monde si éloigné du nôtre. Allez, ce soir c’est 9 heures de bus pour regagner Manille, puis dans la foulée un vol pour l’île de Palawan où une moto nous attend pour d’autres découvertes.

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’en Asie, rien n’est vraiment compliqué. Tiens, les transports par exemple. Après avoir pris une douche froide au Sanafé Lodge (la moindre des choses à l’arrivée de notre trek), Jaypo nous accompagne à la gare routière avec son pote chauffeur de tricycle. Enfin gare routière, pas vraiment. Les trois cars qui retournent à Manille sont garés sur le bord de la route, obstruant une bonne moitié de la chaussée. Une cahutte en bois fait office de bureau et c’est là que nous échangeons notre réservation faite sur le net contre un vrai ticket, avec sièges attribués ! 9 heures de route plus tard, nous arrivons à Sampaloc, le quartier de Manille où arrivent les bus de la compagnie Ohayami. 3 heures du matin, mais les taxis rôdent dans le coin attendant le touriste pressé de quitter cette zone peu accueillante de la ville. Un couple de français va tout comme nous à l’aéroport et nous attrapons directement un de ces taxis. Honnête en plus puisqu’il met le compteur sans même que nous lui demandions. 40 minutes de trajet et nous arrivons au Ninoy Aquino International Airport. Les mesures de sécurité sont importantes ici, car personne ne rentre dans le hall sans passer à un détecteur. Quelques heures plus tard, notre vol Cebu Pacific à destination de Puerto Princessa, sur l’île de Palawan, décolle à l’heure. Et à notre arrivée, nous sommes attendus par Pedrito, le gars qui va nous louer notre Honda XR 200 pour les 8 prochains jours. Entre Banaue et Puerto, tout a marché comme sur des roulettes. Facile non ? Une Honda XR donc. 40’000 km au compteur mais ronronnant comme une gamine. Pour pouvoir profiter de la moto, on a fait fort. Un seul sac de 60 litres pour deux, le strict minimum, 11 kilos sur la balance du check-in. Plus un petit sac à dos que je prendrai sur le ventre. Sortir de Puerto Princessa est très facile. L’île de Palawan est toute en longueur, parcourue par une seule route principale coupée par de multitudes embranchements pour atteindre les différents villages. Pedrito nous met sur la bonne voie et « ciao, à la semaine prochaine » ! Direction Sabang, sur la côte ouest de l’île. J’avais oublié la sensation de rouler sur un mono cylindre nippon. Tape-cul, c’est certain, mais quand même mieux qu’un scooter. Honda et casque Souzouke, on se sent bien bridé... la route principale est excellente, bordée de palmiers et de végétation. Pas trop de circulation non plus. Bon faut dire que les voitures ne sont pas légion dans le coin. À part les vans qui transportent les touristes, les bus pour les locaux, les camions pour les marchandises, c’est à peu près tout. Le reste du bitume se partage entre les motos, les scooters, les innombrables tricycles et les side-cars locaux. Pas de quoi prendre beaucoup de risque. Les panneaux sont rares dans La région. Il faut dire que 95 % des touristes utilisent des transports organisés et ne se soucient donc guère de trouver leur chemin. Demander aux gens au bord de la route reste du coup la meilleure solution. Mais attention, certains ne sauront pas vous répondre et plutôt que de l’avouer, ils vous indiqueront quand même une direction ! Pour se loger en ce premier soir sur Palawan, nous nous arrêtons chez Jenny, au village de Buenavista. Au bord de la plage disait l’annonce. C’est pas faux, sauf qu’on ne peut pas s’y baigner. Pas assez d’eau et des rochers qui empêchent de marcher pour aller chercher un peu de profondeur. Mais un splendide jardin, un grand bungalow et surtout le calme absolu. Sauf quand ces satanés chiens et coqs se lancent des défis sonores au milieu de la nuit. Chez Jenny, le petit-déjeuner est compris. Et pour le reste des repas, pas de carte, elle prépare et on se met à table avec ce qu’il y a. Poissons grillés, crabe, légumes, soupe de poulet, limite un festin. Et le traditionnel riz bien sûr. Pour 250 Pesos... Notre but dans ces premiers jours sur Palawan, c’est Sabang, une petite vingtaine de kilomètres plus au nord. Une jolie plage, une eau chaude et transparente et peu de monde. Comme souvent en Asie, les mains expertes des masseuses attendent l’Occidental en mal de décontraction, musculaire, mais peut-être plus mentale. Alors se faire masser à l’ombre d’un arbre, à quelques mètres des flots ressemble au bonheur. Mais Sabang, ce n’est pas que la plage, mais aussi une des plus grandes rivières souterraines de la planète. Des kilomètres et des kilomètres sous les montagnes karstiques de la région. Alors oui, c’est touristique, mais on ne peut pas y passer à côté. Gilet de sauvetage et casque de chantier. On ne badine pas avec la sécurité des touristes. Et nous voilà embarqués sur un kayak, un audio guide en français dans les oreilles. Une visite intéressante malgré tout avant une bonne baignade sur la grande plage. Retour en moto chez Jenny. Nous avons laissé nos casques toutes la journée sur la moto. Aucun souci, c’est bien agréable. Juste à temps pour admirer les fantastiques couleurs des couchers de soleil de Palawan. Demain, le mal de cul est prévu. On va se taper 200 bornes pour rejoindre l’extrême nord de l’île dans la région de El Nido. On y restera 4 jours, il y aura de quoi raconter.

On avait prévu un mal de cul sévère, on ne s’était pas trompé... au début de la route on pensait faire un stop toutes les heures, mais rapidement cela a été toutes les 40 minutes, puis toutes les 20 ! El Nido, ça se mérite. Et pourtant. El Nido est sans doute le bled le plus laid que nous avons vu sur Palawan. Une succession de restos qui servent la (mal)bouffe préférée des backpackers de moins de 30 ans : pizza, burgers et bières. Une succession d’agences qui vendent toutes les mêmes tours en bateau ou les transferts en van à travers l’île. Une succession de petites boutiques vendant t-shirts et babioles. Bref une succession de choses qui n’ont plus rien à voir avec les Philippines que l’on recherche. Au moins j’aurai pu y raser ma barbe de 8 jours dans une petite échoppe de rue où le jeune s’est appliqué avec soin, changeant 3 fois la lame, pour me redonner un peu de fraîcheur sur les joues. Heureusement, nous trouvons le bonheur absolu 20 kilomètres plus loin, sur la plage de Calitang, voisine et jumelle de la plus réputée Nacpan. Une plage quasi privative vu le peu de logements, des eaux calmes et transparentes dans une petite baie, où le coucher de soleil nous émerveillera chaque soir. Et pour plus de fun avec quelques vagues, 5 minutes à pied et nous voilà sur Nacpan. Le Dandal Bay View propose quelques chambre ultra simples. Un lit, une mini salle de bain et un ventilo. On s’y sent bien et relaxe, loin des tumultes 20 kilomètres plus bas. Soif ? On se sert dans le frigo et on note ses consommations sur une feuille. Ici peu ou pas de wifi, on déconnecte. Même le personnel est désarmant. Une seule fille parle anglais, les autres sourient en haussant les épaules ...! Alors c’est vrai, parfois on attend. Mais on se tourne vers la mer, 10 mètres en contrebas, en se disant qu’attendre, ça fait parfois du bien. El Nido et sa région. Ça serait un trou paumé s’il n’y avait le fantastique archipel de Bacuit au large des côtes. Un ensemble de dizaines (centaines ?) d’îles kharstiques sortant abruptement des flots. Et c’est pour ça qu’on y vient à El Nido. L’économie locale est d’ailleurs entièrement tournée vers cette manne naturelle et protégée. 4 tours à la journée sont proposés par toutes les agences. Des tours bien rôdés, dont la capacité des bangkas régule le nombre de passagers embarqués. Nous aurons fait deux excursions différentes depuis Calitang. Embarquement à 08h30, retour 17h00. Avec chaque fois un « équipage » de 3 marins aussi sympathiques que professionnels. Le lunch est inclus dans le package et quel bonheur de déguster un poisson grillé sur l’arrière de la petite barque lors de l’un de nos arrêts. Difficile de décrire les lieux, mais les couleurs turquoises des fonds sableux font le bonheur des photographes. Des plages et des baies secrètes aussi, enfouies derrière des rochers où il faut parfois nager dans un trou de la montagne pour y accéder. Nous y aurons même vu un splendide serpent d’eau, de très près, reptile très dangereux semble-t-il, mais jamais agressif. Et évidemment le bateau embarque masque et tuba, au cas où on en aurait pas encore pris plein les yeux. On a eu mal au cul pour monter la, mais franchement quel pied. Calitang Beach, un nom à retenir. La région d’El Nido aura été le but principal sur Palawan, il fallait l’avoir vu. La redescendre sur Puerto Princesa ne s’annonce pas plus calme pour notre fessier. Mais on va couper le trajet en deux avec un dernier stop au bord de cette mer chaude et limpide. À Port Barton. Le retour n’est pas loin, quelques heures à profiter de la douceur de vivre des îles philippines. À fond.

Calitang-Port Barton ou l’histoire du raccourci qui n’en était pas un... Tout commençait bien pourtant. Grand beau temps, la route comme toujours tranquille avec peu de circulation. Comme aurait annoncé un pilote d’avion, pas de turbulences à l’horizon. On démarre donc de notre petit paradis. Le soleil cogne déjà bien en ce début de matinée. Dans les villages, les habitants ont étendu de grandes bâches sur le bord des routes, pour faire sécher le riz. Comme d’hab’, il faut faire gaffe aux nombreux chiens qui pour la plupart savent bien rester sur les bords de la chaussée. Mais on en trouve toujours un qui fait pas comme les autres. Alors évidemment, on a mal aux fesses. C’est bien le monocylindre japonais, mais au niveau confort, on déguste quand même. En sortant notre Lonely Planet, on trouve la carte du Nord de Palawan. Et on y voit une route qui coupe par San Vincente ce qui nous ferait gagner du temps pour notre fessier. Une route donc. La bifurcation est trouvée et un gars qui se trouve là sur le bord de la route me dit que oui, cette route va vers Port Barton. Bingo, on le tient notre raccourci. Même si certaines portions de ce nouveau tronçon n’était pas bitumées, cela reste bien roulant. Peu avant San Vincente, nous longeons une plage vierge, sable blanc et cocotiers. Long Beach. On comprend pourquoi elle s’appelle comme ça, elle doit faire au moins 10 km de long et sans aucune infrastructure. Il semble que les Chinois aient flairé l’affaire, car à San Vincente, un petit bourg de quelques centaines d’âmes, une nouvelle piste d’atterrissage est en construction. Paraît-il financée par le voisin géant qui aurait l’intention d’ouvrir des lignes directes, notamment depuis Hong Kong... pas sûr que Long Beach reste vierge encore bien longtemps ... Mais bref, revenons à notre raccourci. À San Vincente donc, on voit un panneau indiquant Port Barton vers une piste. On demande et évidemment on nous dit que oui oui, on peut y aller. Bon faut dire qu’on nous dit toujours oui quand on demande notre chemin... La piste va rapidement montrer de belles ornières et des trous assez profonds. Mais confiance, on continue. Et bien sûr après quelques km, la piste de se séparer en deux. À droite ou à gauche ? Des gamins en scooter apparaissent derrière nous, les sauveurs. Donc à gauche. Et ça monte raide dans la pente. En haut, de gros engins creusent la route et il y a juste la place pour passer avec la Honda. La, le doute commence à s’installer, plus de place pour une voiture. Une route disait-on ? Et la piste va rapidement devenir chemin, puis sentier, avec ornières, passage de petites rivières, flaques de boue, pierriers à la montée et pareils la descente, en plein milieu de la forêt. Une vraie séquence Enduro, à deux sur la moto avec les sacs, et un mal de cul qui s’amplifie... et on croise personne. Mais personne. Au bout de 40 minutes, miracle, un gars en scooter arrive en face. Alors on lui demande et comme tous les autres il nous dit que oui, Port Barton sera au bout de ce chemin... bon on y arrivera à Port Barton. On aura perdu deux heures par rapport à la route normale. La gueule du raccourci, comme quoi, les petites cartes du Lonely Planet... On reconnaît, sur le moment on ne faisait pas les marioles, mais après coup, le parcours Enduro en jungle était quand même bien sympa. Port Barton. Un vrai village, avec une vraie vie locale. Alors oui, le bord de la plage est un ensemble de petites Guesthouse et de restaurants. Mais on n’y sent pas la pression du tourisme de El Nido ici. Au contraire, l’ambiance y est nonchalante, reposante. On y déguste volontiers un bon bouquin à l’ombre d’un palmier, à écouter vaguement une discrète musique lounge ou reggae qui sort des établissements du bord de plage. Il y a aussi des tours à faire en bateau ici, sur des îles de la baie. Pas le temps pour nous malheureusement, demain dernière étape vers Puerto pour rendre la moto. Avec le recul, on aurait dû zapper Sabang et venir ici. M’enfin si on savait tout aussi... Retour à Puerto donc, sous un ciel gris et même un peu de pluie, le soleil nous fait déjà ses adieux. Mais on sèche aussi vite qu’on se mouille sous ces températures. Arrivés dans la ville, la circulation redevient dense, ça dépasse à droite et à gauche, ça roule en contresens, les règles sont ... euh quelles règles ? La moto est rendue, poignées de main avec Pedrito. Ciao à la prochaine, tout a bien roulé. Et pour notre dernière nuit, on a dégoté une petite chambre toute mimi chez un couple de retraités, via Airbnb. Calme, tout confort, à deux pas de Rizal Avenue, l’artère principale de la ville. Moins de 15.—... Dernier jour aux Philippines. Un tricycle nous amène à l’aéroport pour notre premier vol. Un A319 de la Cebu Pacific qui va nous ramener à Manille. On a encore une dizaine d’heures avant notre tronçon sur l’Europe. Alors comme vous savez que tout est facile en Asie, on pose nos sacs à la consigne, on saute dans un taxi et nous voilà au Mall of Asia, le plus grand centre commercial des Philippines (en tout cas c’est ce que dit la pub). Retour dans notre monde, retour dans le paradis de la consommation, avec des dizaines et des dizaines de boutiques et de restos genre fast food. Bah, de toute façon, fallait bien s’y remettre, comme ça c’est fait.
Chez vous comme en voyage, respectez la nature, elle nous le rend bien.

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RJ Rjulie95 Globetrotter ·
Merci pour ce retour très bien écrit ... On marchera sur vos traces à Banaue en juin, mais avec beaucoup moins de marche, et en transport privé je n'avais pas le courage de faire l'A/R en bus.
"Je suis africain, non pas parce que je suis né en Afrique, mais parce que l'Afrique est née en moi." Kwame Nkrumah.

"J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre." Nelson Mandela

https://www.en-voyages.fr
JE Jeandaune Veteran ·
Salut Laurent,

Comme d'habitude, on te lit avec delice.......

Amitiés,

Denis
CouCou d'une perle des Philippines, Bantayan Island
EN Envallis Globetrotter ·
Merci pour ce retour très bien écrit ... On marchera sur vos traces à Banaue en juin, mais avec beaucoup moins de marche, et en transport privé je n'avais pas le courage de faire l'A/R en bus.

Bon choix, parce que le bus de nuit a peine atterri, ca doit faire ouille ouille ouille 😉 tu verras, ces 10h de voiture passent très vite, tu en prends plein les mirettes 🙂
Il n'y a pas de problème sans solution... et si il n'y a pas de solution, il n'y a pas de problème !
GE Genevois Veteran ·
Mais même pas tant que ça. On est suffisamment fatigué pour dormir ou somnoler durant le trajet de nuit. En plus, voyageant la nuit justement, on ne perd pas une journée (en fait deux avec le retour). Le truc c’est de se poser j’me journée à Banaue pour récupérer avant d’entamer le trek.
Chez vous comme en voyage, respectez la nature, elle nous le rend bien.

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RJ Rjulie95 Globetrotter ·
tu verras, ces 10h de voiture passent très vite, tu en prends plein les mirettes 🙂

Je me doute et l'avantage avec la voiture c'est que l'on peut s'arrêter là où on veut 😛
"Je suis africain, non pas parce que je suis né en Afrique, mais parce que l'Afrique est née en moi." Kwame Nkrumah.

"J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre." Nelson Mandela

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EN Envallis Globetrotter ·
Merci pour ce CR... Ton trek à Luzon m’a rappelé tant de souvenirs... l’équilibre à flanc de terrasse, les sentiers boueux, l’arriv sur Kalbulo, le poulet adobo à l’auberge du village, la claque quant au détour d’une courbe on se retrouve au view point de Batad, la chambre monacale vue sur l’amphithéâtre, le massage après une longue marche, les chiens qui se battent la nuit, les écoles et les enfants souriants parlant anglais, le rayon de soleil qui caresse le rizières...
Il n'y a pas de problème sans solution... et si il n'y a pas de solution, il n'y a pas de problème !
FL Floflo1 Veteran ·
Merci pour ce magnifique récit. C'est un plaisir de te lire.... Inspirations pour notre prochain voyage !

Florence
Florence - Le monde est un village... - Vivre simplement pour que d'autres, simplement, puissent vivre-Gandhi Carnets de voyage sur le site de VF : "Deux semaines dans le sud du Laos", "Laos 2009 : Vientiane, Luang Prabang et Vang Vieng" et "2 semaines de Yangon à Mawlamyine en novembre 2015".
AZ Azkaindar ·
Bonjour Genevois,

Merci pour ce formidable récit. Pourriez vous nous dire quelle compagnie de bus vous avez pris pour faire Manille- Banue s'il vous plait ? Ohayami ?

Nous partons bientôt ( 1mois) et sommes très en retard sur les préparatifs

Merci d'avance Bonne soirée
GE Genevois Veteran ·
Oui, Ohayami, avec une réservation sur leur site internet. Tout a joué parfaitement, sièges attribués, bus à l’heure, chauffeur prudent, deux stops en route, bref une bonne option.
Chez vous comme en voyage, respectez la nature, elle nous le rend bien.

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AZ Azkaindar ·
Super , merci pour votre retour :)
BO BouBou2606 Regular ·
Bonjour "Genevois", je suis aussi en pleine préparation pour notre prochain voyage aux Phil's, fin Janv-Fév prochain... ai déjà lu des tonnes d'infos, récits sur ce forum et d'autres, donc ça se précise....question itinéraire et timing, en gros nous auront 15j en tout pour "faire" Banaue et palawan, en peu comme votre itinéraire... mais nous prendrons l'avion de MNL à CAUAYAN A/R/ et louerons une voiture à Palawan pour le trajet de de PPS à NIDO via P.Barton, (ai trouvé une agence qui propose la LOC avec abandon), retour en coach privé

une option d'itinéraire serait , voir ci-dessous :

ça vous semble raisonnable au vu de ce que vous avez fait ? / Palawan : SI il fallait choisir 2 sites entre Port Barton El NIDO CORON lesquels garderiez vous ? vous n'avez pas été à CORON, quels sont vos echos ou infos ?

Merci d'avance 🙂

(je n'ai pas compté d'excursion/visite à Puerto P.)

Date / Jour Date Etape Transport Cie 25-janv Vendredi Arrivée PHP HKG > MNL ??? 26-janv Samedi MNL > CAUAYAN > BANAUE MNL > CYZ 27-janv Dimanche Trek rizières

28-janv Lundi Trek rizières

29-janv Mardi BANAUE > MNL > PALAWAN CYZ > MNL > PPS 10:35 > 30-janv Mercredi PPS > Port Barton Voiture de LOC 31-janv Jeudi Port Barton Voiture de LOC 01-févr Vendredi Port Barton > El NIDO Voiture de LOC 02-févr Samedi El NIDO excursion (A-B-C)

03-févr Dimanche El NIDO > CORON Fast Boat (trajet 3H…) 04-févr Lundi Excursion CORON

05-févr Mardi CORON > El NIDO

06-févr Mercredi El NIDO > PPS Private Coach (trajet 4H…) 07-févr Jeudi PPS > MNL CEBU 08-févr Vendredi Retour MNL > ZRH EK335-EK087
Claude
PI Pilgrimage68 Veteran ·
A votre place, il serait plus judicieux de prendre un vol de Manille a Coron, puis le bateau pour El Nido, puis depart de Puerto Princesa vers Manille. Aucuns interets d'excursions a PP.Et Port Barton vous pouvez vous en passer a cause de votre temps limite.
Raph Heaven is a place where nothing ever happens Il existe au milieu du temps, la possibilite d'une ile....(MH)
CO Cottetcottet Globetrotter ·
salut raph ! tu as raison, le temps est limité, et c'est quand même dommage de zapper port barton. mais si c'est pour y passer seulement 1 nuit, aucun intérêt !
cottet
FL Floflo1 Veteran ·
Bonjour BouBou2606,

louerons une voiture à Palawan pour le trajet de de PPS à NIDO via P.Barton, (ai trouvé une agence qui propose la LOC avec abandon), retour en coach privé

Je prépare aussi mon voyage pour 2019. J'allais justement commencer à chercher pour trouver cela : peux-tu me donner les coordonnées de cette agence stp ? Je t'en serais très reconnaissante 🙂 As-tu déjà réservé cette voiture par internet ? et à quel prix si ce n'est pas indiscret ? As-tu déjà ton coach privé pour le retour ?

Merci et bonne prépa !
Florence - Le monde est un village... - Vivre simplement pour que d'autres, simplement, puissent vivre-Gandhi Carnets de voyage sur le site de VF : "Deux semaines dans le sud du Laos", "Laos 2009 : Vientiane, Luang Prabang et Vang Vieng" et "2 semaines de Yangon à Mawlamyine en novembre 2015".
BO BouBou2606 Regular ·
Bonjour Floflo,

Pour la voiture de LOC pour le trajet entre El NIDO et PPS : 1) https://www.elnidoparadise.com/fr/ 2) REY CAR RENTAL Lot B-1-A, National Highway, San Miguel, Puerto Princesa City Palawan (048)433-9072/+63 977 608 7599/ +63 908 721 6977 "Rey Car Rental"

voir leurs SITES pour les tarifs...

Finalement je pense que nous iront directement de Manille à Coron / avion, puis El Nido en speed boat, puis la voiture de LOC pour le trajet en 2 ou 3 j de retour vers PPS, avec stop à Port Barton peut-être... puis retour / Manille à partir de PPS.

@+ bonne prépa aussi...

Claude
Claude
GE Genevois Veteran ·
Comme on l'avait écrit, El Nido même, on a trouvé cela très moyen, pour ne pas dire plus. Alors que quelques km au nord, il y a bien mieux. Et on peut faire les mêmes excursions en bateau. Raison pour laquelle il faut prévoir plusieurs jours d'ailleurs, histoire d'en faire plusieurs. Nous avions regretté de ne pas avoir passé plus de temps dans la région de Port Barton, plutôt que la rivière souterraine de Sabang. Coron, nous n'y sommes pas allés, mais les échos étaient bien positifs. Disons que le mieux est de poser quelque part et d'explorer 2-3 jours avant de changer d'endroit. Cela évite d'être tout le temps sur la route. Pour le trek dans les rizières, ne faites pas l'économie d'un bon guide, tant pour l'itinéraire, les explications, le contact humain et au cas où en cas de pépin ...
Chez vous comme en voyage, respectez la nature, elle nous le rend bien.

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CO Cottetcottet Globetrotter ·
EXCELLENT ! tout à fait d'accord !
cottet
FL Floflo1 Veteran ·
Merci Claude !

Je prends bien note de tout cela.

Je voulais aussi aller directement à Coron en avion depuis Manille, mais nous arrivons à MNL à midi et il n'y a pas d'avion pour Coron dans l'après-midi, d'après ce que j'ai pu voir. Si quelqu'un a un bon plan, je suis à l'écoute !

Florence
Florence - Le monde est un village... - Vivre simplement pour que d'autres, simplement, puissent vivre-Gandhi Carnets de voyage sur le site de VF : "Deux semaines dans le sud du Laos", "Laos 2009 : Vientiane, Luang Prabang et Vang Vieng" et "2 semaines de Yangon à Mawlamyine en novembre 2015".
BO BouBou2606 Regular ·
bonjour Flo,

vous arrivez d'ou à MNL ? direct d'Europe ? sinon, il y a d'autres vols et correspondances à CLARK, l'autre aéroport (moins important) dans la (grande) région de Manille... il y a des vols internationaux aussi / CLK..., ex: si vous venez de HKG, peut être correspondance possible avec USU... / @ suivre
Claude
BO BouBou2606 Regular ·
Bonjour, Genevois

c' encore moi... à propos / Trek à Banaue : " À la descente du bus, nous sommes accueillis par Jaypo. Un guide qui nous a été conseillé pour le trek qui va suivre. " vous auriez les coordonnées (Mail si possible ?) de ce Mr Jaypo ? nous prévoyons aussi un mini Trek de 2 ou 3j là-bas..... viendront de MNL à CYZ (Cauayan) par CebuAir, + transfert voiture jusqu'à Banaue = un tuyau pour un "local transport" ? et repartiront sûrement idem dans l'autre sens / local transport > CYZ puis vols par PAL Express > CRK > USU

merci !😉
Claude
GE Genevois Veteran ·
Pour Jaypo, je l'avais contacté via Messenger. Essaie avec Jaypo Guinyang, c'est son pseudo. C'est vraiment un gars sérieux. J'avais vu des guides qui accompagnaient des touristes avec de la salsa sur leur portable pendant toute la marche. Jaypo donne des explications, aide, etc... 2 jours c'est un minimum, préparez-vous à marcher, mais les paysages sont magnifiques. Jaypo s'occupe aussi de réserver les logements sur le parcours. Perso, je vous conseillerai le trekk de 3 jours.

Pour les transports locaux, vous trouverez sans aucun souci des taxis locaux, sinon il reste les Jeepneys (même si c'est moins rapide et confortable).
Chez vous comme en voyage, respectez la nature, elle nous le rend bien.

Carnets de voyage : cliquez sur mon profil.
RJ Rjulie95 Globetrotter ·
Je viens de rentrer en France, après un séjour inoubliable aux philippines. Pour le trek nous sommes passés par l'agence https://www.ifugao-trek.com/, elle est tenu par un Français et un philippins. Une organisation au top, je recommande
"Je suis africain, non pas parce que je suis né en Afrique, mais parce que l'Afrique est née en moi." Kwame Nkrumah.

"J'ai appris que le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre." Nelson Mandela

https://www.en-voyages.fr

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