Le thème du film est l'histoire d'un producteur qui n'arrive pas à faire de film sur Berlusconi. C'est à mon sens plus fin, et sans doute plus vexant pour "la Berlusca" comme l'appelle glidule, que de lui consacrer un film dont il serait le nombril.
Et j'ai trouvé que les histoires qui se croisent - et que Moretti mène sans jamais s'emmêler les crayons - mettant en scène des personnages tous défaillants mais tous si simplement humains, et avec un ressort qui les pousse au meilleur d'eux-mêmes au milieu de leurs défaillances, isolent Berlusconi dans un autre monde. Ces personnages qui hésitent, tentent, ratent, trébuchent et se relèvent, sont de chair et de tendresse, de mesquineries, et de talents aussi. Ils sont chacun de nous.
Moretti dans la peau du Cavaliere, c'est pendant les 10 dernières minutes. Le fait de "ne pas y croire" peut justement porter à réfléchir, à se dire qu'une Berlusconeria (?) n'est pas nécessairement liée à Berlusconi...
Moretti ne fait pas un documentaire, c'est un artiste, il va au-delà du documentaire. D'ailleurs c'est lui qui dans le film dit "un film sur Berlusconi? Pour quoi faire? ceux qui savent savent, et ceux qui ne savent pas c'est qu'ils n'en ont pas envie" (ou quelque chose de ce genre, merci de rectifier... ceux qui se souviennent!). Il a donc fait un film qui s'adresse à tout un chacun avec des histoires où tout un chacun peut reconnaître sa part de lumière et sa part d'ombre. Mais pour autant son propos n'échappe à personne!
"le silence des pantoufles est plus terrifiant que le bruit des bottes"