Caïman mordant

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PA
Du Nanni Moretti déjanté, engagé, tendre et indulgent, un rien désabusé mais rigoureux et vigoureux, l'oeil rivé sur sa boussole, le pouce sur le top chrono.

Qui a vu "le Caïman"?
"le silence des pantoufles est plus terrifiant que le bruit des bottes"
LO Loveafrica Regular ·
Bonjour ! [;)]

PAS VU MAIS CA A L AIR SUPER. Crois-tu que çà passe encore ? Je vais chercher ! Merci pourl'info
"on ne connait bien que les choses que l'on apprivoise" St Ex
PA Pataugas Veteran ·
Et comment que ça passe encore! Le film est tout juste sorti dans les salles, en même temps qu'il a été présenté à Cannes.
"le silence des pantoufles est plus terrifiant que le bruit des bottes"
LO Loveafrica Regular ·
Désoléee ! je n'en ai pas entendu parler. Il passera donc bientôt aux "Studios" super ciné d'"art et essai" que l'on a la chance d'avoir à Tours ! [;)]
"on ne connait bien que les choses que l'on apprivoise" St Ex
FA Fabricia Globetrotter ·
Je n'ai pas encore vu "Le caïman", mais j'irai... J'espère que le talent de Nanni Moretti sera récompensé comme il le mérite, demain soir, à Cannes.

Et même sans prix, ses nombreux fans ne manqueront pas d'aller voir ce film qui doit être explosif et sans concession !
Fabricia - Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
PA Pataugas Veteran ·
Considérant la logique de la Palme attribuée à Michael Moore pour Fahrenheit 9/11 et le talent de Nanni Moretti au meilleur de sa forme, oui: on peut s'attendre à "quelque chose" demain soir...
"le silence des pantoufles est plus terrifiant que le bruit des bottes"
AN Anàssa Globetrotter ·
C'est vraiment un film excellent. Je suis sortie de là, radieuse, avec le sentiment d'avoir subi un "gommage cérébral". Et puis ce qui est d'une grande habileté, c'est que Moretti n'a pas fait un film sur la Berlusca, mais sur quelqu'un qui fait un film sur il Cavaliere. C'est plein de films imbriqués les uns dans les autres en fait : magnifique, que le spectacle de l'intelligence est réjouissant ![:)] Oui, oui, oui, subtil et incisif.[:)] Et puis la Berlusca, qui n'accepte toujours pas d'avoir perdu les élections, déclarait hier que la gauche ferait bien de se méfier car ses partisans étaient près à descendre dans la rue et que "ça ferait mal". Cela rappelle étrangement la fin du film. Quand le film est sorti en Italie, en fin de campagne électorale, il hurlait : Sonooooooo iooooooooo il caïmanooooooooooo !

Bon, je suis enthousiaste.
KH Khaldoun Regular ·
Le film m’a laissé sur ma faim. Quel est le thème en définitive ? Berlusconi ? Mais alors pourquoi cette impression que le réalisateur en fait trop autour du naufrage conjugal de son héros ? Pourquoi ces images à répétition d’un couple en perdition avec des enfants à ménager par-ci, un appartement à couper en deux par là, une jalousie maladive d’un côté et un fatalisme exacerbé de l’autre etc ? Une comédie sentimentale alors ? Si on veut… Tout cela fait un peu brouillon, un peu mélange des genres. Et puis Moretti dans la peau du Cavaliere, on n’ y croit pas un instant. Peut-être parce qu’on ne les connaît que trop bien, l’un et l’autre. A voir quand même…

Sur Berlusconi, était sorti en janvier dernier un remarquable documentaire. Son titre : "Viva Zapatero !"

Le petit chef d’œuvre à voir actuellement au cinéma est "Bubble", le dernier Soderbergh.

Khaldoun
AN Anàssa Globetrotter ·
Bonsoir,

Eh bien moi je trouve que c'est justement cela qui est génial : ce n'est pas une attaque frontale de Berlusconi, ce qui aurait été "facile" et aurait tourné au documentaire. Quant au "mélange des genres " certes, mais il le manie avec une rare virtuosité.
PA Pataugas Veteran ·
Le thème du film est l'histoire d'un producteur qui n'arrive pas à faire de film sur Berlusconi. C'est à mon sens plus fin, et sans doute plus vexant pour "la Berlusca" comme l'appelle glidule, que de lui consacrer un film dont il serait le nombril. Et j'ai trouvé que les histoires qui se croisent - et que Moretti mène sans jamais s'emmêler les crayons - mettant en scène des personnages tous défaillants mais tous si simplement humains, et avec un ressort qui les pousse au meilleur d'eux-mêmes au milieu de leurs défaillances, isolent Berlusconi dans un autre monde. Ces personnages qui hésitent, tentent, ratent, trébuchent et se relèvent, sont de chair et de tendresse, de mesquineries, et de talents aussi. Ils sont chacun de nous.

Moretti dans la peau du Cavaliere, c'est pendant les 10 dernières minutes. Le fait de "ne pas y croire" peut justement porter à réfléchir, à se dire qu'une Berlusconeria (?) n'est pas nécessairement liée à Berlusconi...

Moretti ne fait pas un documentaire, c'est un artiste, il va au-delà du documentaire. D'ailleurs c'est lui qui dans le film dit "un film sur Berlusconi? Pour quoi faire? ceux qui savent savent, et ceux qui ne savent pas c'est qu'ils n'en ont pas envie" (ou quelque chose de ce genre, merci de rectifier... ceux qui se souviennent!). Il a donc fait un film qui s'adresse à tout un chacun avec des histoires où tout un chacun peut reconnaître sa part de lumière et sa part d'ombre. Mais pour autant son propos n'échappe à personne!
"le silence des pantoufles est plus terrifiant que le bruit des bottes"

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