Le code de la route sauce Cambodge

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Le code de la route sauce Cambodge Choc des cultures (1ère partie)

Notre correspondant au Cambodge, Frédéric Amat, nous offre ici un portrait très personnel du royaume qu’il déclinera en plusieurs volets à découvrir dans Gavroche.

« Vous vous souvenez de ces images du film catastrophe «La marabunta gronde», où des cohortes monstrueuses de fourmis rouges se croisent et se chevauchent dans tous les sens? C'est, à peu de choses près, la vision qu'offre un carrefour phnompenhois. Tout le monde essaie de couper, de doubler. On traverse en biais, on se retrouve à gauche et en sens contraire, c'est cependant parfaitement normal...», met en garde la dernière édition du Petit Futé dédiée au Cambodge. Pour l'expatrié nouvellement débarqué de sa «boîte à procès verbaux» qu'est devenue la nouvelle France de Nicolas, les avenues de Phnom Penh apparaissent comme une sorte de jeu vidéo grandeur nature, un «need for speed» version géante. Cet automobiliste, qui a fuit la prolifération des radars dans son pays, se met en quête d'une quelconque norme dans cet enchevêtrement anarchique de tôles, de casquettes, de moteurs, de suées et de fumées. La conduite se fait à droite, comme en France, mais nombre de véhicules sont importés de Thaïlande et possèdent donc le volant du «mauvais côté». Ce n'est que le début des soucis car la circulation urbaine répond davantage à l'application de nombreuses habitudes locales, sortes d'étranges coutumes ennemies du bon sens, qu'à l'application de règles issues d'un code de la route... D'un quoi ?

Illustration : Rin Hoeut

Pour le Barang (1) perdu dans ce flux ronflant de la circulation, le danger semble se cacher partout, à l'affût, prêt à surgir à tout instant et à fondre sur son véhicule comme la foudre sur un unique au Cambodge? Réponse: Une rue dans laquelle au moins 50% du trafic roule dans le même sens», est une blague répandue dans la communauté expatriée. Mais ce n'est pas tout, loin de là. Les adeptes du ski alpin observeront une similarité entre les pratiques de conduite locale et la tradition qui régit les descentes en montagne. Quel que soit le nombre de skieurs sur la pente, les personnes en aval ont toujours priorité. Elles peuvent tourner brusquement, s'arrêter net, changer au dernier moment leur trajectoire, etc., c'est à celui qui arrive en amont d'ouvrir l'œil et d'anticiper tout changement de comportement des personnes devant lui, afin d'éviter la collision. Les routes cambodgiennes sont autant de pistes bleues, rouges et noires: les véhicules roulant devant n'ont nul besoin d'activer leur clignotant pour tourner à droite ou à gauche. Ils peuvent le faireà n'importe quel moment, tout commefreiner brutalement et changer brusquement de direction.

Une voiture sort d'un parking et se trouve face à un flux ininterrompu de véhicules. Le but est de couper ce flux pour rejoindre la file de circulation opposée. Rien ne sert d'attendre une ouverture dans le flux. Au contraire, le véhicule s'engage à contre courant, coupant net la circulation et, comme un saumon qui remonte les rivières, toujours à contresens, soigneusement, tente petit à petit de rejoindre sa voie. Les véhicules éviteront (en principe) cet obstacle sur leur chemin. Le même principe s'applique lorsqu'un véhicule tourne dans une rue. Le véhicule ne suit absolument pas sa voie dans le virage mais au contraire se déporte largement sur sa gauche, empruntant carrément la voie de la file opposée, et ce bien avant le virage. Personne ne s'offusque de se trouver nez à nez avec d'autres véhicules dans une courbe. C'est même très souvent le conducteur en tort qui s'étonne de voir quelqu'un pourtant bien dans sa propre file, arriver droit devant lui. Certains expatriés anticipent tellement qu'ils ne prennent plus les virages que dans la file opposée, étant persuadés qu'ils n'y rencontreront personne, en renversant ainsi la logique… Une règle universelle domine dans de nombreux domaines au Cambodge, et en particulier dans celui de la circulation: celle du véhicule le plus fort ou le plus puissant. Si une moto dispose de la priorité sur un piéton, une voiture sur une moto et un camion sur une voiture, il existe des subtilités plus complexes. Par exemple, le 4x4 prévaut sur la berline, sauf si cette dernière dispose d'une plaque d'immatriculation militaire ou encore si son chauffeur a pris soin de recouvrir le siège conducteur de sa veste de général. De même, un piéton en uniforme l'emporte sur tout véhicule sauf si ledit véhicule est conduit par un uniforme au grade supérieur. Mais les piétons sont rarement en uniforme... Autre exemple de cette loi: le camion de 38 tonnes qui débouche d'une rue sur une avenue ou qui sort d'un chantier est toujours prioritaire sur tout autre véhicule. D'ailleurs, il ne marque aucun arrêt, n'attend surtout pas que la voie soit libre pour s'engager, regarde encore moins à droite ou à gauche, et coupe donc littéralement la route aux autres conducteurs. Pourquoi? Parce qu'il est le plus gros! Le seul véhicule supérieur à un trente-huit tonnes et qui aurait, dans cet exemple, priorité sur le camion, serait le char d'assaut. Mais depuis les évènements de 1997, ce genre de chenillette a tendance à se raréfier considérablement, pour rendre cette hypothèse un simple cas d'école…

Après quelques années à arpenter le bitume, le Barang devient incollable sur toutes ces nuances, à moins qu'il ne soit assez fortuné pour s'offrir les services d'un chauffeur local qui, lui, connaît bien évidemment ce code-là par cœur! Il est donc bon de savoir que la tôle et les boulons sont des éléments souvent au moins aussi précieux qu'une jambe ou qu'un rein. Il ne sert à rien de tenter de convaincre la victime de sa propre innocence et de ses véritables torts. S'il reste à l'expatrié ses deux jambes, certaines personnes mal intentionnées lui conseilleront de les prendre à son cou et de détaler le plus vite possible. C'est un comportement qui a été fréquemment rapporté. Mais le Barang dispose de cette étrange vertu qu'est le sens civique… Il sait faire face à ses responsabilités. En l'occurrence, il fera face à un ou plusieurs agents de la police de la circulation. Vêtus de costumes bleus et couverts d'une casquette noire poussiéreuse, ils sont les gardiens du Yin et du Yang de la route. Le Barang qui se trouve dans cette situation a tout d'abord la drôle d'impression d'être une petite souris coincée dans une souricière où la seule issue se dessine en forme de pretium doloris, le prix de la douleur à la couleur du dollar.

Les policiers connaissent le code de la route sur le bout des ongles et sont même investis du pouvoir d'en changer les règles au fur et à mesure de la discussion. La police jugera donc elle-même à qui incombe la responsabilité des faits. Car le but de la manœuvre est de trouver un arrangement à l'amiable entre les deux victimes du sinistre. Si le protagoniste tient lui aussi debout dans ses deux tongs et s'il vocifère qu'un rétroviseur de Honda Dream coûte, au Cambodge, le prix d'une jante alu de BMW en France, la police risque fort d'appuyer son récit de détails techniques. Car c'est bien d'argent qu'il s'agit afin de réparer le dommage ainsi causé à la victime par sa propre faute auparavant démontrée. Quelle idée aussi de démarrer au feu vert si promptement! Le sinistré a déjà négocié avec les forces de l'ordre la part qui leur reviendra après paiement de la compensation. De souris prise au piège, le Barang accidenté a ainsi l'impression de se changer en billet de loterie nationale. Il est les six numéros dans l'ordre, et certains ne lâcheront pas leur proie sans avoir touché, en plus, le numéro complémentaire. Mais chaque cas reste unique et tout dépend de l'intégrité du policier. Le journal en langue anglaise Phnom Penh Post du 11 septembre 2004, relatait l'anecdote d'une résidente étrangère en totale légalité, arrêtée au volant de sa voiture par la police de la circulation. Ces derniers, après avoir cherché quelle faute cette dernière avait bien pu commettre, l'ont finalement verbalisée pour «port de la ceinture de sécurité, d'une amende de deux dollars». Le journal précisait, pour information, que la dame a payé l'amende...
@+ , Marco . On aura jamais assez de temps pour tout ce qu'on veut découvrir et comprendre dans nos voyages qu'on se le dise , Amis voyageurs .
LE LeTigre Globetrotter ·
Pour le Barang (1)

" Barang" ?? C'est l'accent Cambodgien ?

perdu dans ce flux ronflant de la circulation, le danger semble se cacher partout, à l'affût, prêt à surgir à tout instant et à fondre sur son véhicule comme la foudre sur un unique au Cambodge? Réponse: Une rue dans laquelle au moins 50% du trafic roule dans le même sens»,

J'suis bête ou il doit manquer un bout de phrase qqpart, même si globalement j'ai compris l'idée ! [;)]

Merci Marco !
Patrick.
TH Thailsacien Veteran ·
Très bonne série d'articles parus dans le Gavroche depuis quelques mois. Pour ceux qui en veulent d'autres : http://www.gavroche-thailande.com/

Personnellement, j'ai bien aimé cette image qui me rappelle certaines discussions sur le forum :

La vie quotidienne d'une famille thailsacienne
AL Alan Globetrotter ·
Le Barang c est toi et moi ......

Ici pas de code de la route, ou du moins le code de celui qui conduit ou du policier qui t arretera ..... et c est a toi de t arranger avec ..... mais c est ce qui fait encore le charme du Cambodge ....

Il vaut mieux d ailleurs faire confiance a un chauffeur que de s engager a conduire sa propre voiture, car ceux ci sont mieux a meme d apprehender les lois de l asphalte cambodgien, meme si celui ci est mite ( avec un accent sur le e ... ) ....

Quand Sam nous conduit a travers les rues de Phnom Penh, c est la grande aventure qui commence mais aussi un grand plaisir .... surtout que maintenant nous sommes bien au fait des regles khmers quant a la conduite, meme si il est vrai que la position du volant a l interieur des voitures reste un gros point d interrogation ... et c est pourquoi mieux vaut privilegier le moto doup ou le tuk tuk ....

Le meilleur arrive lorsque l on doit tourner en perpendiculaire dans une rue a grande affluence ..... le but du jeu est alors de couper la file inverse en diagonale, et au dernier moment de braquer d un coup sec pour tourner dans l avenue desiree ..... au debut il est vrai que cela coupe quelque peu le souffle du barang non habitue, mais on s y fait vite car tout se fait en douceur ..... et la est aussi le miracle de la conduite cambodgienne pour le moment, car il est vrai qu il n y a guere de voitures rapides encore dans le centre ville et que la population locale circule en motos, cyclos et pousses pousses, ce qui ralentit considerablement le fluide de la circulation .....

Demain on est a Phnom Penh, et on va retrouver cette circulation que finalement j adore ....... meme si a Sihannoukville on a deja eu quelques apercus ...

..... tiens Thailsacien va etre content, je viens de m apercevoir que mon avatar vient de changer tout seul ..... que se passe t il ........
AL Alan Globetrotter ·
[;)] ..... Excellent, et crois moi qu en ce moment on se regale car on rencontre un max de ce genre d individus, a croire qu ils se multiplient d annee en annee ...... [:P]
LE LeTigre Globetrotter ·
Le Barang c est toi et moi ......

Oui, oui, oui j'avais bien compris que c'était same-same que farang mais c'est la première fois que je le vois écrit comme ça, d'ou ma question est ce que ça ce dit comme ça au Cambodge ?
Patrick.
AL Alan Globetrotter ·
Oui, et il faut prononcer baraing .......
TH Thuan Globetrotter ·
thailsacien a dénicher un des dessins de stephan c'est le reyser du coin, , il en a des bonnes parfois limite, , mais souvent vrais, , cela amuse beaucoup les étranger voulant être plus thaïe ou Cambodgien que eux, , rien que avoir du cote de kaosan l'uniforme obligatoire le pantalon de pécheur, , ( que les thais mettent comme pyjama ou dans la maison )
« Le voyage apprend la tolérance. » Benjamin Disraeli -
RE Ren Veteran ·
C'est bien sympa à lire ça Marco, merci [:)]

Ca me rappelle quand je venais juste d'arriver à Phnom Penh et dans la rue, au moment de traverser il m'était venue une question : " Euuuuuuuh..... Je traverse à la vietnamienne ou à l'indienne ? "

J'avais essayé tout d'abord à l'indienne, c'est-à-dire courir très vite en fredonnant un " la la la " tout en continuant de regarder tout droit avec la sueur qui coulait le long de ma tempe... Voyant que ça apportait plus de complication qu'autre chose pour les personnes à moto, j'avais ensuite essayé la vietnamienne... En marchant normalement pour que les conducteurs de moto m'évitent... A merveille !!!!

Sauf qu'au Vietnam maintenant, quand tu n'as pas de feu pour faire arrêter les véhicules, ça se passe de plus en plus à l'indienne !
BA Barbot Globetrotter ·
J'avais essayé tout d'abord à l'indienne, c'est-à-dire courir très vite en fredonnant un " la la la " tout en continuant de regarder tout droit avec la sueur qui coulait le long de ma tempe... Voyant que ça apportait plus de complication qu'autre chose pour les personnes à moto, j'avais ensuite essayé la vietnamienne... En marchant normalement pour que les conducteurs de moto m'évitent... A merveille !!!!

Moi aussi j'ai le même truc mais à Pékin et finalement j'ai observé les chinois et j'ai fait pareil qu'eux .

Oui comme tu dis c'est agréable à lire tout ça et en ce moment il y a Alan là-bas regarde dans le gavroche http://www.gavroche-thailande.com/ un article à lire aussi c'est tout le bruit et le ramdam sympa aussi .
@+ , Marco . On aura jamais assez de temps pour tout ce qu'on veut découvrir et comprendre dans nos voyages qu'on se le dise , Amis voyageurs .
BA Barbot Globetrotter ·
à lire Cambodge: choc des cultures(2)
@+ , Marco . On aura jamais assez de temps pour tout ce qu'on veut découvrir et comprendre dans nos voyages qu'on se le dise , Amis voyageurs .
RE Ren Veteran ·
Mdr excellent !!! merci pour le lien

Je vais lire les deux derniers " chocs des cultures ", très très intéressants...

Je suppose qu'en tant que touriste, une fois de retour au pays, tu recherches toutes ces particularités qui ont marqué tes voyages ( j'avais d'ailleurs écrit un post à ce sujet par rapport aux bruits en Inde qui m'avaient plus impressionnés que ceux en Thailande ou au Vietnam ) mais il en est autrement pour l'expat...

Un point qui m'avait cependant interpellé était le portable au Cambodge... Car il était apparemment bon ton de le laisser sonner très longtemps, de prendre son temps pour regarder qui appelle avant de décrocher... Surtout dans les bus ! pour moi, ça voulait clairement dire : Eh yo... J'ai un PORTABLE ! Tu me diras, ce n'est pas différent de la France pour ceux qui achètent un nouveau portable tous les mois [;)]

Ps : Mdr, merci de m'avoir indiquée que c'était dans " choc des cultures 2 " après l'avoir lu , je l'avais bien cherché...
PH Philippes Regular ·
Effectivement, les khmers prononcent " Barain ".Ce mot désigne, en fait, les français, à l'époque de protectorat.Ils ont de longs nez. Maintenant, ce terme, désignent tous les étrangers, blancs avec de longs nez[:P][:P]Ils se ressemblent tous!!!!!!
NI Ninatheo Regular ·
salut Alan profites un max de ton séjour au Cambodge et salue Sam de la part de Dany, Pierre et Thomas!'se souvient -il de nous???) amicalement dany
ninatheo

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