La présence permanente de l'eau et de ses reflets , la beauté de ses perspectives architecturales, l'agitation colorée de ses canaux et de ses places, ses énigmatiques passantes derrière leurs masques de carnaval, la blancheur de ses marbres, l'inspiration graphique puisée dans les vierges de Bellini ou les rouges de Carpaccio... Tout cela devrait contribuer à rendre prolixe le moins imaginatif des photographes amateurs Et il est vrai que partout dans Venise, au sommet des petits ponts en arc de cercle, le long des barrières des canaux, sur la place Saint-Marc, dans les ruelles étroites et sombres, sur les ponts des "vaporetti", ... des dizaines de milliers de petits compacts s'élèvent chaque jour vers le ciel, portés religieusement à bout de bras, comme des offrandes dérisoires et éphèmères à Sainte Lumière, protectrice de la photo... Hélas, Sainte Lumière n'est pas généreuse pour tous à Venise et ne s'offre qu'à ceux qui l'aiment vraiment, et acceptent de la courtiser longuement et avec le plus profond respect... Le photographe vénitien Fulvio Roiter (qui m'a fait rêver très tôt de photographie et d'Italie) a su le faire, avec la patience des chirurgiens esthétiques de la photo, qui savent disséquer méthodiquement tous les éclairages avant de réussir leurs greffes d'images Mais pour l'humble amateur et touriste pressé, cela restera toujours une ville très difficile à photographier... Les contrastes changent en permanence et l'étroitresse des rues et des canaux rend l'exercice "lumière" (numéro un de la "trilogie photo") excessivement compliqué à gérer, à moins de faire des repérages préalables et ne venir au bon endroit qu'au moment propice, ce qui est possible pour un professionnel qui ne compte pas son temps, ou un habitant permanent de Venise, mais pas envisageable pour le touriste de passage, qui ne peut pas attendre plusieurs heures la venue improbable du rayon de soleil qui va enfin éclairer le détail qu'il souhaite mettre en valeur dans sa composition Et puis Venise est une ville à la fois chargée d'histoire et chargée de détails.. L'oeil (le mien en tous cas, associé à un cerveau basique à cinq neurones photographiques, donc qui a toujours du mal à mettre intelligemment en forme plus de trois "points d'accroche" lors de la construction d'une photo) se perd définitivement dans les anfractuosités des murs et des bas reliefs, dans la multitude des objets et dans la chatoyance parfois agressive de couleurs un peu trop hétérogènes... Difficile alors d'extraire de ce chaos visuel de vraies images pas trop "brouillons" La présence des foules touristiques cosmopolites et bigarrées (qu'on doit bien entendu essayer d'oublier ou de réduire à leur plus simple expression dans le cadrage) complique un peu plus le jeu, en dehors des heures très matinales (avant 9h30), à privilégier pour les bonnes photos...
Lien ci-dessous pour ma contribution à l'exercice photographique vénitien Une quarantaine de photos pas toujours convaincantes (les Vfistes jugeront) réalisées sur quatre jours et demi, et à regarder de préférence en plein écran touche F11 : http://www.flickr.com/photos/27857697@N05/sets/72157633453160533/show/
P.S : C'est seulement à la fin du séjour, en triant mes photos, que je me suis rendu compte de la très faible part consacrée à l'eau dans celles-ci (ce qui pour Venise est un comble !😕)... D'où le titre, qui rachète un peu le reste ! Pardon, Maître Fulvio, j'essaierai de faire mieux la prochaine fois !😛















Gongshan, Nu Jiang Valley (Yunnan)






Mamzar Park
Kite Beach – Solemio section
Waterfront Market, fish side
Fruit and vegetable side


Iranian mosque right in the city
Indian thali
Afghan bakery
















