Un dernier Thé à Tanger - Fascinante Fès, et autres...(Maroc)
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Fenêtre sur la mer

(Quelque part en France...)

De ma fenêtre sur l’Atlantique se dessinent les Pyrénées, auréolées de brume. On peut même apercevoir les côtes espagnoles, qui s'étirent à l'infini. Devant ce décor immuable où les vagues semblent au ralenti, mon esprit vagabonde au-delà des reflets bleu argent, au-delà des montagnes et aussi des frontières. Un peu plus au Sud.....

Depuis mon escapade marocaine en septembre dernier, je me surprends parfois à penser à Tanger... Tanger et sa Tangérité, un mot inventé où se mêlent un parfum de nostalgie et d’étrangeté, le « pouvoir » de cette ville contrastée, qui a attiré tant d’artistes et construit sa légende... J’avais aimé cette journée (voir ICI mon 1er Carnet de Voyage), avec le recul je retrouve quelques similitudes avec certains endroits de ma région... Bien sûr le bleu de l’océan n’est pas aussi turquoise, il manque quelques palmiers et plantes méditerranéennes, ainsi que la silhouette des minarets, mais la frontière espagnole est presque aussi proche... Les rues en pente du Petit Socco et son passé international, ses cafés, le petit port de pêche et la corniche pourraient avoir des airs de la Côte basque, quelque part entre les remparts du Vieux Bayonne, Biarritz et Saint-Jean-de-Luz... avec un peu d'imagination.

Tanger... Si loin, si proche... Qui me semble aujourd’hui étrangement familière et secrète. Et si j’avais envie d’y retourner ?

Je profiterai de ce nouveau voyage pour passer quelques jours à FÈS que j’ai visitée il y a longtemps, puis MEKNÈS et pourquoi pas faire un aller-retour à ASILAH.

Yessssss ! 🙂
MO Mong1 Globetrotter ·
Tanger… huit mois après

« On dit que Tanger pleure celui qui ne la connaît pas, et qu’on pleure quand on l’a vue... » (Mohamed CHOUKRI - Le temps de erreurs)

Le 19/05 (Lundi)

Et voilà... C'est la première fois que je retourne aussi rapidement dans un endroit, et j'ai du mal à m'expliquer ce qui m'attire à nouveau dans cette ville... C'est peut-être ça aussi, la force de Tanger... quelque chose d'insaisissable qui ne ressemble pas aux coups de cœur habituels, qui s'offre à vous ou se refuse – l'histoire un peu trouble de cette ville et ses fantasmes, le charme diffus de cette médina loin des circuits touristiques et cette fenêtre sur la mer... Tout simplement un goût de trop peu, car je n’y ai passé qu’une nuit à l’aller et une au retour.

J’ai l’impression de l’avoir quittée hier – c’est agréable, tout est à redécouvrir avec la même curiosité mais une assurance nouvelle, donnée par quelques repères.

Je débarque de l’aéroport ce lundi matin 9 heures, heureuse de monter dans ce taxi qui me conduit à l’Hôtel Continental. Contre tout confort, je n’envisagerais pas d’autre endroit que cet hôtel, sans lequel le voyage n’aurait peut-être pas eu tout à fait la même saveur. Encore quelques marches et je retrouve le réceptionniste d'une autre époque, « assorti » au décor, la chambre sans charme mais avec vue sur le petit port, et surtout les différents recoins et ornementations du premier étage, la salle du p'tit déj aux allures de salle de bal un peu kitsch, stuc, mosaïques, vitraux, innombrables détails qui témoignent de la grandeur passée de l’endroit.

Atmosphère, atmosphère...

Sur les murs, alors que je m’attarde sur des photos de personnalités en attendant ma chambre, l’un des employés s'approche pour engager la conversation et tente de mettre un nom sur certains visages. Raté ! Je lui assure que non, là ce n’est pas Arcady... 🙂

(Hôtel Continental)











Les travaux de restauration de la muraille ont bien avancé. Reste encore du boulot avec le chantier du nouveau port et autres projets d’urbanisation prévus pour 2016. L'hôtel a perdu son porche d'entrée que je trouvais si élégant pour les photos... L'escalier refait semble bien nu.

(Photo prise en septembre dernier, avec le porche d'entrée...)

Mes premiers pas me mènent au petit port de pêche, que je regrettais de ne pas avoir visité. Ne sachant exactement où est l'entrée, je pénètre dans le chantier naval et observe deux ouvriers qui assemblent le squelette d'une grande coque en bois. D'après les parfums qui émanent des tas de sciure, il s'agit sans nul doute de bois d'eucalyptus. Les ouvriers me sourient...



Enfin je découvre l'activité du petit port. Il est midi, ça tombe bien l'animation bat son plein. Les hommes reprisent les filets bleus et verts, déchargent des caisses de poissons, les habits sèchent un peu partout, c'est coloré, pittoresque. Suis pas très à l'aise mais j'adore ! J'essaie de me faire toute petite, en photographiant avec mon compact... Pas évident ! Je me fais mater et ne sais pas trop si les regards sont amicaux ou si ça craint un peu... Bientôt le pittoresque sera remplacé par une marina, le petit port déplacé... Dommage.



























J'ai maintenant envie de me poser quelque part pour manger, et rejoins le Petit Socco et ses cafés légendaires en remontant par la médina. Cette fois je m’installe sans aucune gêne au Café Tingis, après avoir hésité un instant avec les fauteuils de son voisin, le Café Central. Avec sa plaque « vintage » où le service promet d’être toujours frais et rapide, au rez-de-chaussée de ce bel immeuble de style espagnol, le Tingis dégage ce petit charme rétro qui fait défaut à son concurrent, au confort plus touristique... Le serveur a l'air d'être un « personnage » !



Un peu plus bas, le Fuentès et sa pension bon marché où naquit un célèbre peintre espagnol du même nom, ne m’inspire décidément pas, malgré sa popularité et son balcon au 1er étage qui a vu défiler la bande infernale : Kerouac, Burroughs, Ginsberg et autres... Un des hommes attablés me hèle au passage et prétend me reconnaître... Le pire c'est que c'est vrai, je m'étais arrêtée juste à côté pour dîner au Bistrot du Petit Socco, tenu par deux Français sympathiques et il s'en rappelle... 😮

Autour de ce petit périmètre plein de vie, ancien coeur politique, financier et intellectuel de la ville, l’observation est idéale et laisse place à l’imagination... Une faune hétéroclite s’y croise, des hommes traînent, entre la descente qui mène au port et la montée vers la rue Siaghine et ses commerces. Je devine certains visages d'Afrique subsaharienne (Maliens, Nigérians ?), regroupés dans un quartier un peu glauque un peu plus bas.

Je suis surprise de voir autant de touristes, j'en avais croisé très peu en septembre dernier... Beaucoup de groupes espagnols.

Puis à nouveau la kasbah, cette fois en prenant mon temps. Rien d’extraordinaire en arrivant sur la grande esplanade tout au bout... muraille grise assez austère et simple ouverture sur la mer et le nouveau port en travaux, et une jolie fontaine que je n'avais pas vue et qui n'est plus en fonction. On peut y accéder par Bab el-Assa, la porte du Bâton. C’est là que les soldats du sultan corrigeaient les voleurs... Je ne visiterai pas le musée, aménagé dans l’ancien palais.





Par contre, un peu plus bas un porche avec une silhouette en carton m'intrigue... on dirait bien Picasso. C'est la maison-musée de Carmen Macein (Carmina) qui regroupe des œuvres de Dali, Picasso, et divers artistes espagnols (On n'a pas le droit de photographier). L'entrée est à 20 DH, le cadre est joli, plusieurs terrasses en sol blanc parsemé de mosaïques, les jacarandas mauves sont fleuris et pour couronner le tout, une belle vue sur les toits de la médina et sur la baie (ainsi que sur la maison de la riche américaine Barbara Hutton). Pourquoi cette visite n'est-elle pas sur les guides ??? J'ai beaucoup aimé ce petit endroit.



(Carmen Macein)

Je suis passée à la gare réserver un billet de train pour Fès, et demain je me rends à Asilah pour la journée.
MO Mong1 Globetrotter ·
Suite photos de Carmen Macein :





(La maison de Barbara Hutton)











LA Lacalo Globetrotter ·
Merci Catherine pour ce nouveau partage. Pour mon premier séjour à Tanger j'ai aussi séjourné à l'hôtel Continental, au charme désuet.

Je ne sais pas pourquoi, j'avais été un peu déçue par cette ville que je découvrais pour la première fois après 3 ans de vie au Maroc. Je n'avais pas retrouvé l'imaginaire que j'avais de cette ville. J'y suis donc retournée il y a un an et demi, et là, trombes d'eau prndant deux jours...🏴‍☠️ Et j'avoue n'avoir toujours pas fini le diaporama des photos faites cette seconde fois, tellement le Maroc me semble loin sur ces images.

Il faudra donc y retourner une troisième fois pour la revoir sous le soleil, car tes photos donnent bien envie ...

Le site de cette ville est par contre magique : vue de la médina, cette ville blanche avec Gibraltar derrière... Combien de gens ont rêvé en regardant cet horizon ?

J'attends avec impatience ta visite de Fès, à mon avis, la plus belle médina du Maroc..
" Nous ne saurons jamais tout le bien qu'un simple sourire peut être capable de faire." Mère Teresa
KO Kola Globetrotter ·
Une promenade nonchalante dans cette ville, avec parfois au détour d'une phrase les images fugitives d'un passé, d'une enfance, qui n'existeraient plus que dans mes souvenirs... et que tu rallumes ici.

Puis-je te suggérer de poursuivre le voyage entre les pages de "Tanger", de William Bayer... une histoire qui suit des destins sulfureux dans l'entrelac des ruelles de cette ville sensuelle au charme magnétique ?
VO Voyajou Globetrotter ·
J'ai encore raté le coche! Lisant ton premier message j'ai acheté illico un billet sans retour pour Tanger (Yesss!). Je reviens, t'es rentrée!🙁 Tant pis, j'irai sur tes traces. Avec tous ces hommes autours* (les rapaces!) tu aurais pourtant bien eu besoin d'un bodyguard.😏

* précision à la demande de mon éditrice: autours, les rapaces donc.🤪
KA Kate Globetrotter ·
Merci Catherine pour cet intime partage 🙂 J'attendais ton carnet avec impatience...
Mes photos sur Flickr: https://www.flickr.com/photos/153304262@N05/albums "Le Temps nous égare. Le Temps nous étreint. Le Temps nous est gare. Le Temps nous est train".
MO Mong1 Globetrotter ·
@ Lacalo : Merci pour ce rapide commentaire. Je peux comprendre que tu aies été déçue, toi qui vis au Maroc, mais j'aime justement le côté cosmopolite de cette ville, plus "tangéroise" que marocaine... (c'est eux qui le disent). Une ville "à part"... Je suis en train d'écrire le texte sur Fès, ça bouillonne dans ma tête. Bien sûr j'ai adoré ! Le mot authenticité si souvent moqué, a ici toute sa place.

@ Kola : Je vais lire ce livre très vite... (Sûr !)

@ Voyajou : Tu es sûr que je suis rentrée ? 😉 C'est encore tellement frais (3 jours)... (Le bodyguard de mon tout 1er voyage au Maroc, a dû se mordre les doigts mille fois d'avoir 3 filles à surveiller !😏)

@ Kate : C'est bientôt ton tour... (Peut-être liras-tu la suite de mon carnet là-bas ?)
CA Cambrousse Globetrotter ·
merci de cette sympathique balade, que j'ai aimé autant que la première .... j'ai aussi beaucoup aimé Tanger.
http://afriqueparciafriqueparla.blog4ever.com/ http://chacunsonmaroc.blog4ever.com/
JE Jeansellier Globetrotter ·
.......De ma fenêtre sur l’Atlantique se dessinent les Pyrénées, auréolées de brume.....

Attention , il faut pas abuser du Kif ( je blague !!) , ce sont les montagnes d' Andalousie que tu aperçois au loin pas celles du nord Aragon !!.

Asilah : facile d'y faire un saut en grand taxi , c'est une sorte de petit Essaouira bien plus tranquille, aux murs chaulés egalement . Ne pas oublier Chefchaouen qui est une petite merveille .

A Tanger il faut voir egalement la foule qui envahit la promenade et les plages du bord de mer le dimanche soir .

bonne journée Jean
MO Mong1 Globetrotter ·
@ Jeansellier, sur mon 1er message je n'étais pas encore partie... Je parle de MES Pyrénées et de cette chaîne espagnole qui me fait penser à cette terre promise que l'on aperçoit à Tanger.

(De ma fenêtre donc😉)

MO Mong1 Globetrotter ·
Je continue...🙂

ASILAH

Le 20/05 (Mardi)

Asilah est seulement à 45 km de Tanger. Avec son petit air d'Essaouira, c'est une petite ville entourée de remparts et de bastions portugais du XVe siècle convoitée et chargée d'histoire. Chaque année au mois d'août, se déroule un festival de rencontres artistiques créé en 78. Les rues se colorent de fresques, rendez-vous d’artistes internationaux.

Après quelques hésitations sur l'organisation de mon parcours, j'ai choisi de seulement faire l'aller-retour, mon but principal étant de voir ses murs peints et de changer d'air...

Tranquille et proprette (a-t-on le droit de la trouver un peu trop aseptisée ?), lumineuse, jolie avec ses petites fenêtres en moucharabieh et le bleu de ses portes, elle offre ses murs blancs au soleil baigné par l'Atlantique, pour le bonheur des artistes et des touristes qui s'installent. La restauration de ses ruelles lui a valu le prix Aga Khan d’architecture.

La médina est petite, c'est un plaisir de découvrir ses peintures disséminées au hasard des ruelles. Je me crois à la chasse au trésor ! Ça me rappelle la période il y a peu de temps où je courais après les graffitis près de chez moi... J'adore les calligraphies arabes, le moindre signe et dessin naïf, je vais être servie pendant tout mon voyage !

La promenade démarre en longeant la mer, et se termine par une vue plongeante sur le joli cimetière Sidi Mansour posé sur une plate-forme aux pieds des remparts, sur lequel veille un marabout au dôme blanc. Ses tombes décorées de céramiques multicolores un peu délavées et étroites, font penser à des tapis étalés sur une terrasse.

Le vent fort me donne le vertige, avec la fatigue je n'ose m'avancer davantage sur la petite jetée (la criquia), où sont assis quelques Marocains...

2 heures de balade environ, déjeuner dans un petit resto et je repars ravie de cette journée, sans pour autant regretter de ne pas rester davantage...

































MO Mong1 Globetrotter ·
Quelques fresques ou graffitis :































MO Mong1 Globetrotter ·
Mes préférées pour la fin...















A suivre : Tanger (re)...
JE Jeansellier Globetrotter ·
Merci Catherine pour ces tres belles photos et cette description tout à fait conforme d' Asilah . Cela me donne encore plus envie d' y retourner . Dommage que sa "voisine" Larache ne soit pas aussi bien entretenue , son site est pourtant agréable.

Bon séjour Jean
CA Cambrousse Globetrotter ·
ça donne franchement envie d'y aller .....

au hazard Balthazar j'avais pris un billet Paris-Marrak (sans projet précis) pour fin septembre, j'aurais du attérir à Tanger 😏
http://afriqueparciafriqueparla.blog4ever.com/ http://chacunsonmaroc.blog4ever.com/
MO Mong1 Globetrotter ·
Dernier jour à Tanger

Le 21/05 (Mercredi)

Il pleut depuis le milieu de la nuit, j'avais regardé la météo pour la semaine qui était mitigée, c'est pour cela que je me suis dépêchée d'aller à Asilah le lendemain de mon arrivée... J'ai bien fait ! Mon sommeil est toujours aussi léger. Entre la chambre éclairée et les joueurs de foot qui gueulent à 4 h 1/2 du mat' comme la dernière fois ! Je me lève et prends une photo, j'aime l'intimité de la nuit, sonder son mystère... C'est beau une ville la nuit ! 😉 Il me semble voir des lumières qui clignotent dans les bateaux (des signaux ?), ou des flammes qui vacillent... Je repense à ce livre de Tahar Ben Jelloun sur Tanger : Partir...

(4h1/2 du mat...)

La pluie disperse les joueurs, ils étaient une dizaine. Des gamins des rues ? Le lendemain la partie recommencera un peu plus tôt...

Vers 10 heures le temps a l'air de s'éclaircir et je repars au hasard des ruelles. J'aime les couleurs de ses murs bleus, roses, jaunes, vert tendre, les passages étroits et improbables, les plaques avec les noms des rues. Et même ces redoutables marches qui vous forcent à aller doucement en montant vers la kasbah...



















Je me retrouve sans l'avoir réellement planifié au Café Baba, « Famous in medina », comme l'attestent l'enseigne et les photos des personnalités sur les murs (Keith Richards en 66 fumant du kif, Jim Jarmusch lors de son dernier film). L'endroit est surprenant, vieillot, l'ambiance un peu spéciale, personne ne fait attention à moi... Je commande un thé à la menthe. Les coupes poussiéreuses s'accumulent... Encore des mordus de foot !

(Café Baba)



Puis je retrouve le Grand Socco et le Cinéma Rif dont j'avais aimé l'ambiance et le look Art déco. Je décide de manger tout près, à l’association de la Maison communautaire des femmes Darna, qui était fermée la dernière fois (un dimanche). L’endroit est agréable et tranquille avec sa cour intérieure sous un figuier, le menu est à 60 DH. Aujourd'hui salade de pâtes (des « pennes ») et keftas de poisson.





(Café de la cinémathèque)

Vers 15 heures, je retourne au port faire quelques photos, c'est moins animé sur les quais que le matin, mais les pêcheurs sont nombreux sur les bateaux et font moins attention à moi. Je suis saoulée par le vent très fort... le fameux Chergui, qui balaye régulièrement la ville et dont le nom évocateur est si joli. Il a fait paraît-il très chaud avant mon arrivée (36° à Fès).

Derniers pas, dernières images de Tanger et de son architecture jaune et blanche typique face au port, avec son immeuble Néo-baroque allemand Renschhausen racheté par les Espagnols en 49, et ses terrasses.





En passant devant une plaque à moitié effacée qui évoque si bien le voyage, nostalgie d'une époque révolue, une chanson me vient spontanément et clôturera à merveille ces 3 jours que j'ai encore plus aimé que la 1ère fois...

Cette fois je sais que ce n'était pas un rêve, une illusion, le hasard d'une simple journée réussie, j'aime définitivement Tanger...



Messageries maritimes, de Marseille à la Chine, Elle aimerait faire le tour du monde, son esprit vagabonde..... (BERNARD LAVILLIERS)
MO Mong1 Globetrotter ·
















(A suivre : Fès...)
MA Mamymarie Regular ·
Merci Catherine pour ces photos absolument magnifiques
marie
MO Mong1 Globetrotter ·
Soyez les bienvenus... sur ce carnet ! 😉🙂
KO Kola Globetrotter ·
En passant devant une plaque à moitié effacée qui évoque si bien le voyage, nostalgie d'une époque révolue, une chanson me vient spontanément et clôturera à merveille ces 3 jours que j'ai encore plus aimé que la 1ère fois...

http://www.youtube.com/watch?v=szCK-MXQyBU
MO Mong1 Globetrotter ·
Fascinante Fès

Que dire sur Fès... Comment évoquer ses richesses, son histoire, sans avoir l’air de réciter un guide, son ambiance sans évoquer tous les clichés de l’Orient ?

Fès c’est tout cela – un concentré de culture, d’art, de spiritualité, de savoir faire ancestral, un concentré de médina avec ses petits métiers, couleurs, bruits et odeurs, ses milliers de ruelles... et bien plus encore. Âgée de 12 siècles, elle est la plus ancienne cité impériale du Maroc, la plus grande médina du monde arabe, la plus... enivrante, étourdissante, épuisante, fascinante... Bref... Héritière de plusieurs dynasties qui se sont succédées, Fès c’est 3 villes en une (Fès el-Bali, Fès el-Jdid et la Ville nouvelle), mais elle est à l’image de son labyrinthe – une immersion dans un tourbillon de mots, de sensations et d’images qui interpellent et se bousculent.

Dans mon précédent Carnet sur Chefchaouen, je me suis promenée dans un océan de calme et de douceur, envoûtée par ses bleus oniriques. Fès m’a embarquée dans sa multitude et son effervescence... Elle m’a lessivée... et captivée.

C'est parti pour la visite ! 🙂

Le 22/ 05 (Jeudi)

Tout d'abord j'ai donc pris le train depuis Tanger. Départ à 8 h 1/2, arrivée prévue à 13 heures. (Une demi-heure de retard) : 155 DH en 1ère classe.

L'accueil au Riad Layalina est très agréable. Le jeune Simon travaille là depuis un mois et me sert une petite entrée chaude (alors que j'avais déjà mangé un sandwich dans le train) et le thé de bienvenue avec de délicieuses pâtisseries... Puis Naïma m'amène un jus d'orange dans la chambre un peu plus tard. Les repas me paraîtront ensuite pantagruéliques, à tel point que je me vois forcée de dîner à l'extérieur étant gênée de laisser la moitié de tous ces bons plats le 1er soir ! (4 énormes assiettes d'entrées, plus le plat principal...) Les femmes en cuisine sont adorables, Naïma rigole tout le temps d'un rire cristallin. Je suis contente d'avoir choisi ce riad, un peu à l'écart et 500 m plus haut que Bab Boujloud, ses couleurs chaudes assez inhabituelles m'avaient attirée. (Merci pour le carnet de Marcde...)

(Riad Layalina)



Petit tour de repérage jusqu'à Bab Boujloud, la belle porte en faïence bleue que l'on voit sur toutes les photos. (Verte côté médina)





Je passe devant la Médersa Bou Inania, qui était au programme de mes visites mais suis un peu déçue... (Est-ce par ses dimensions, la fontaine qui n'est plus en état, l'éclairage d'après-midi qui rend le sol en marbre éblouissant ?)













Le 23/ 05 (Vendredi)

Réveillée très tôt par les gazouillis des oiseaux autour de l'oranger... Merle, moineaux et tourterelle. A Tanger, j'aimais entendre les cris des mouettes.

Comme dans toutes les médinas, le vendredi l'activité commerciale est au ralenti. Ce n'est donc pas le meilleur moment pour visiter les souks de Fès el-Bali (la vieille ville).

Je visiterai donc Fès el-Jdid :

Direction le Palais Royal et ses 7 portes en bronze ciselé : la lumière du matin est mauvaise, je fais la difficile et ne prends pas de vue d'ensemble du palais, en me disant que je reviendrai le photographier en soirée...







En descendant on rejoint la rue des Mérénides et le quartier juif (le Mellah) le plus ancien du Maroc, avec ses balcons en bois ouverts sur la rue. Petit tour dans un marché en passant par Bab Semmarine.







Puis l'étonnant cimetière juif (entrée 20 DH). Tout au fond, si le gardien est là, on peut visiter un musée encore plus surprenant : le musée d'Edmond Gabay. (Voir photos dans le message suivant...)











A travers plusieurs salles, on découvre un bric-à-brac émouvant d'objets hétéroclites, vêtements, photos, objets de la vie courante, abandonnés depuis des années et mis en scène par un passionné à la mémoire d'un peuple. Je suis fascinée !!! Je reste longtemps à photographier, jusqu'à ce que j'entende quelqu'un appeler. Je me dépêche de répondre et de ressortir, prise par la peur que l'on m'oublie et m'enferme...

Difficile de trouver un taxi libre le vendredi... je galère, je marche depuis le matin.

Envie d'aller aux jardins Jnane-Sbil pour une pause verdure, pas loin du palais. Les jeunes couples se content fleurette, assis sur les bancs dans l'allée des bambous, les bras entourent les cous de jeunes filles qui semblent timides... J'aimerais leur sourire, sans les gêner. Je bois un thé non loin de là au petit café La Noria très agréable, où se balade un canard (suivi d'un chat) autour des tables....

En fin d'après-midi, requinquée, c'est le bon moment pour s'évader de ses murailles et monter en taxi vers les tombeaux des Mérénides, à l'heure où la ville tapissée d'ocre et de vert s'abandonne au regard. De là-haut on peut observer l'immensité de la ville construite dans une cuvette, et sentir battre son pouls...

J'aurais aimé traîner à travers le petit cimetière Bab Guissa, à l'ombre des oliviers bienveillants. Ce sont des lieux paisibles, simples, vivants, qui contrastent tellement avec nos cimetières froids et ordonnés que j'ai en horreur ! Mais le taxi m'attend et a déjà eu du mal à m'amener jusque là, ne comprenant pas où je voulais aller. (Il m'a amenée tout d'abord à l'hôtel Mérénides, puis au Borj Nord, c'est finalement moi qui l'ai guidé...)
MO Mong1 Globetrotter ·
Musée d'Edmond Gabay :



























MO Mong1 Globetrotter ·
- Jardins Jnane-Sbil :









Café La Noria



- Vue depuis les tombeaux des Mérénides :







(A suivre Fès el-Bali...)
LA Lacalo Globetrotter ·
Ah j'attendais avec impatience tes impressions de Fès... Et tu trouves si bien les mots pour décrire cette médina si envoutante ! Il y a une activité incroyable dans cette enceinte, dans tous ces étroits derbs. Dans certains quartiers c'est le moyen âge, puis tu pousses une porte : et c'est la magie avec de ces maisons si bien décorées.

Très joli ce riad ! Et étonnant ce musée que je ne connais pas et que j'irai voir la prochaine fois...

Vivement la suite !
" Nous ne saurons jamais tout le bien qu'un simple sourire peut être capable de faire." Mère Teresa
KA Kate Globetrotter ·
Réveillée très tôt par les gazouillis des oiseaux autour de l'oranger... Merle, moineaux et tourterelle.

Un chant plus doux que celui du muezzin, non ? 😉 Quoi que celui-ci, en m'arrachant à mon sommeil me rappelle que je suis bien là...
Mes photos sur Flickr: https://www.flickr.com/photos/153304262@N05/albums "Le Temps nous égare. Le Temps nous étreint. Le Temps nous est gare. Le Temps nous est train".
DE Dessert58 Regular ·
superbe photo je vis à Fes et j'adore cette médina cordialement Cat
MO Mong1 Globetrotter ·
Merci à vous 3...

- Lacalo, toujours enthousiaste, ça fait plaisir ! - Kate, j'aimais bien le muezzin, mais les derniers que j'ai entendus n'étaient vraiment pas harmonieux... Quant au merle, c'était presque à la même heure... et il y allait vraiment fort ! - Dessert58, j'espère que la suite te plaira, n'hésite pas à intervenir si tu veux compléter (ou si je fais des erreurs)

La suite arrive demain, j'ai encore pas mal de photos à mettre et remanier mon texte. Je fatigue...
JE Jeansellier Globetrotter ·
Bonjour ,

C'est un vrai plaisir de regarder toutes tes photos meme si je connais le Maroc .

Tu me reconcilies avec Fes . J'y étais allé en 1980 et avait adoré. Il y a deux ans j'y suis retourné , les deux rues qui partent de Bab Boudjelloud ( cf une de tes photos , mais avec nom légèrement différent ) et descendent vers la mosquée Karaouyne ont perdu de leur authenticité : trop de boutiques aujourd'hui visent une clientèle de touristes , C'est un avis personnel .

On attend la suite avec impatience . Merci Jean
LA Lacalo Globetrotter ·
Bonjour,

C'est comme la Place Jemaa El Fna à Marrakech, il faut s'écarter de ces lieux touristiques, et très vite tu retrouves le Maroc traditionnel beaucoup plus sympa. La médina de Fès est immense, il n'y a pas que ces deux Talaa ...où sont effectivement concentrées beaucoup de boutiques de revente.
" Nous ne saurons jamais tout le bien qu'un simple sourire peut être capable de faire." Mère Teresa
MO Mong1 Globetrotter ·
Le 24/ 05 (Samedi)

Ça recommence... pluie dans la nuit ! 😕 J'attends un peu que le ciel s'éclaircisse, dépitée.

Enfin je me lance dans le labyrinthe, sans trop savoir comment se déroulera l'ordre des visites... ni si je vais arriver jusqu'au bout ! J'ai juste mon Guide du Routard et une carte Hachette assez bien faite (Un grand week-end à Fès, Meknès) où j'ai entouré les choses à voir.

La rue Talaa Kebira (« La grande montée ») descend lorsqu'on la prend par Bab Boujloud et mieux vaut ne pas refaire le trajet inverse... Une fois dans le tourbillon des boutiques (du côté de la kissaria ?) ça commence à m'oppresser malgré le circuit fléché auquel je ne comprends rien... Après un petit temps d'adaptation et une petite mise en jambes, je reprends vite confiance et m'aperçois que ce n'est pas si compliqué, le tout est de ne pas compter ses pas...

Je suis fière de trouver tous les endroits que je voulais voir ! 🙂 En quelques heures, j'ai fait le tour des principales visites regroupées autour de la mosquée Karaouine.

(Dans le désordre)

- Médersa Attarine :

Parmi toutes, j’ai aimé l’intimité et la finesse de la médersa Attarine, véritable joyau de l’art mérinide. Pas une parcelle de sol et de mur qui ne soit décorée ! Tout se doit d'être géométrique. Complexité des motifs en zelliges qui font la fierté de la ville, couleurs délicieuses des petits carreaux de faïence, stuc incroyablement ouvragé, auvent de bois ciselé, fines colonnes de marbre... L'harmonie est parfaite, avec ses galeries autour de la petite fontaine aux ablutions. Lorsque l'on franchit la lourde porte ciselée de cuivre, et que l'on referme sur vous l'un des battants en moucharabieh, le temps s’arrête et on oublie l’agitation de la médina. On se croirait presque dans un lieu de recueillement... (jusqu'à ce qu'un groupe vienne troubler les lieux et envahisse l'endroit ! 😕) Sérénité, silence profond comme un livre sacré. La beauté des lieux d'enseignement rivalise avec celle des palais...





































Je me perds dans la contemplation des arabesques, longues frises murales, calligraphies qui courent sur les murs et répètent des versets du Coran. L’écriture coufique est la plus ancienne – angulaire, géométrique, rectiligne –, l’écriture cursive est plus souple, ronde, et met les courbes en valeur. Il existe des variantes et voilà que les styles se mélangent, à moins que ce ne soit moi... Alors coufique fleuri ou cursif ? Quelle élégance ! L’écriture est aérienne et glisse comme une danse, rythmée par ses majestueux jambages, puis ses soupirs... telle une partition musicale. Les dessins s’entrelacent, donnant tout son sens au mot arabesque. Ma vue se brouille à force de lever les yeux et photographier tous ces détails, je m'assiérais bien là, sur le marbre satiné, mais n'ose pas...



















Observant ses voûtes en stalactites, des images me reviennent tout à coup comme une évidence, des images lointaines et oubliées d’un voyage en Andalousie avec mes parents... Magnifique Alhambra, j’avais 13 ans... A travers les multiples facettes de son art, inspiré de Cordoue, Grenade ou Séville, je me rends compte à quel point Fès est la ville arabo-andalouse par excellence.

(L'Alhambra : Photo "collector" de mes débuts de "voyageuse photographe", avec mon tout 1er appareil photo, un petit Instamatic Kodak...😊)
MO Mong1 Globetrotter ·
(Suite)

Aux abords du mausolée de Moulay Idriss (le saint le plus vénéré de Fès, fondateur de la ville), le périmètre est sacré avec ses rues barrées par des poutres qui obligent à baisser la tête. La foule devient dense, malheureusement l'endroit est en travaux, échafaudages et bâches de plastique couvrent les murs. Je ne verrai rien, les murs extérieurs semblaient pourtant richement décorés de petites fenêtres de stuc. Il y a de nombreux vendeurs de nougats (au moins, je ne serais pas en manque de sucre si j'ai des faiblesses !) et des cierges multicolores.





La même ferveur se presse autour de la mosquée Karaouine. J'aperçois l'intérieur par une porte à moitié ouverte.

Mausolée Sidi Ahmed Tijani :

À ne pas manquer, même si on ne peut pas le visiter en tant que non-musulman... Ce mausolée aux superbes portes oranges est voué à la mémoire du Saint Sidi Ahmed Tijani, fondateur de la plus importante confrérie islamiste d'Afrique de l'Ouest. Les disciples viennent visiter le tombeau à leur retour du pèlerinage de La Mecque. Les silhouettes surprennent, élégantes, colorées, des hommes et des femmes très fins... Superbe !





(Balek ! Balek !)

























La place et la fontaine Nejjarine :

C'est la fontaine la plus connue et la plus photographiée de Fès... Adorable, mais je ne suis pas inspirée. Manque de soleil ? Attendre qu'il n'y ait personne, ou choisir ses personnages... Raté ! Un groupe de musiciens gnawas à la recherche de touristes, finit par me faire fuir. Le fondouk restauré et transformé en musée est beau mais m'a semblé trop « lisse », un peu froid... Impression d'être passée un peu à côté de l'endroit...

(Grrrr, une touriste !)

MO Mong1 Globetrotter ·
(En vrac...)

(8h45 un vendredi dans la médina, du côté de mon riad. La rue est déserte...) (Au fond, le minaret de Bou-Inania et les nombreux étayages des ruelles)



(Vers Bab Mahrouq, sur la grande place où se tient le marché aux puces) (De l'eau de rose, début de Talaa Kebira) (La Kissaria, marché couvert)













(L'emplacement pour l'affichage des différents partis politiques)











MO Mong1 Globetrotter ·
La petite place Seffarine et ses dinandiers : Ça tape, ça martèle de grands chaudrons loués à l'occasion des mariages, pour faire cuire le mouton. Bien que l'endroit soit le passage obligé des touristes, à un carrefour important de la médina, l'ambiance est sympa et il est agréable de s'y arrêter.





Le dernier fabricant de peignes en corne, un vieux monsieur octogénaire, rue Mechatine.



Non loin des tanneurs, le quartier des teinturiers.

















(Rue Sebbaghine, quartier des teinturiers)

J'arrive toute seule près des boutiques d'où l'on a une vue sur les tanneries Chouara... (un exploit car on se fait souvent aborder pour se faire guider dans les boutiques de cuir). La 1ère terrasse est mal placée, un vendeur m'amène un peu plus bas. Je redescends et monte de hautes marches, à travers les boutiques d'articles de cuir.

On a beau avoir vu mille fois les photos des tanneurs, l'endroit impressionne... (Pas besoin d'une feuille de menthe, les odeurs étaient très supportables.)



















(A suivre non loin de là le quartier et le petit marché autour de Bab R'Cif, que j'ai beaucoup aimé...)
DE Dessert58 Regular ·
c'est un plaisir de vous lire et de regarder ces magnifiques photos rien à dire tout est parfais sauf peut etre pour le musée du Bois qui plait énormément Je le trouve aussi très beau, restaurée par Mr Karim Lamrani ancien ministre d'Hassan ll , il est né dans la Suite de notre maison en 1910 Cat
LA Lacalo Globetrotter ·
Quel régal ce carnet !🙂 Autant de lire tes lignes que d'admirer tes photos qui transmettent bien l'âme de cette ville magique...

Bien d'accord, la médersa Attarine est pour moi la plus belle ! L'atmosphère qu'elle transmet, ses décorations et en particulier sa dentelle de stuc, tout est beau ! Mais Bou Ania ne manque pas de charme aussi.
" Nous ne saurons jamais tout le bien qu'un simple sourire peut être capable de faire." Mère Teresa
HA Halo Veteran ·
Bonjour Ming, Tu ne sais pas à quel point tu me fais plaisir avec ce carnet, et surtout cette visite de Fès qui me fait voyager par procuration dans une ville que j'adore... 🙂
MO Mong1 Globetrotter ·
Tant mieux, tant mieux ! 🙂 (Je crois que tu reconnaîtras dans la suite de ce carnet, une bonne adresse à Meknès...)
MO Mong1 Globetrotter ·
En attendant la suite, une photo inclassable...

LU Ludo39 ·
Salut, De bien magnifiques photographies qui invitent à découvrir Tanger ! Merci Ludovic
SM Smartdogs Veteran ·
Ton carnet, il est coloré, il est parfumé, il est sucré, brûlant et raffraichissant à la fois comme un thé à la menthe ... ... mais il sait aussi se taire et écouter les silences avec ce je ne sais quoi de parfum d'"hors du temps" et d'humanité !

Merci ! 🙂
" On voyait partout des sardines ... "
MO Mong1 Globetrotter ·
Waouh... Je suis touchée ! Venant de toi...

Merci à tous pour ces encouragements.
MO Mong1 Globetrotter ·
Le 25/05 (dimanche)

Ce matin je repars vers Bab R'Cif, un quartier que j'ai rapidement traversé après la visite des tanneurs. Une grande place avec des gradins et des gamins qui jouent inévitablement au foot, le quartier andalou, et un petit marché d'alimentation qui m'avait semblé typique et peu touristique en dehors des souks.

Je crois que ce quartier sera celui que j'ai préféré... Proche des principales visites, totalement différent du coin touristique autour de Bab Boujloud. J'avais hésité à me loger par là, ne sachant pas s'il était tout de même proche de petits restos et endroits sympas pour le soir.

(Bab R'cif, sa place et sa mosquée)

(La pagaille des petits-taxis, nombreux, mais n'allant pas toujours où vous souhaitez ou occupés...)











(Le petit marché)



(Une drôle de façon de faire chauffer ces fines crêpes - pastillas - sur cette boule noire)

(Et aussi des conserves de graisse que l'on voit partout et qui me faisaient penser à un confit de canard... C'est une spécialité de Fès, le "Khlii", viande de bœuf salée, séchée et conservée dans la graisse de l'animal.)
MO Mong1 Globetrotter ·
(Dimanche 25, suite :)

- Abdou et le Palais Glaoui :

L'endroit était fermé vendredi après-midi, après mon petit tour de Bab R'Cif je reprends donc un taxi pour Bab Ziat, voulant absolument visiter ce palais.

Avec sa longue gandoura et un physique que l'on pourrait qualifier de « gueule », Abdou est un personnage singulier. Il est le petit-fils du représentant du pacha de Marrakech, qui dirigeait le palais en son absence. Devenu gardien des lieux, il m'ouvre les portes de cet incroyable palais abandonné dans lequel il est né, et qu'aucun des 25 héritiers n'a eu les moyens d'entretenir. Enfin seulement une petite partie (salons, cuisine, salle de bains), car sur 13 000 m2 le palais compte 17 corps de logis – plus de 1000 pièces, 4000 portes, fontaines, hammams, jardins et autres... Coup de cœur pour ces portes aux couleurs patinées. Mais aussi ses plafonds de bois peints, son harem dont une partie du toit s'est écroulée. Dans ce palais livré aux stigmates du temps, se mêlent charme et désolation... avec comme souvent, l'impression d'un supplément d'âme. Imprégnée du lieu (malgré une visite plus rapide que je ne l'aurais souhaité), je ressors avec le sentiment troublant d'avoir pénétré un peu d'intimité où les souvenirs de mon hôte se lisent en filigrane, et luttent pour ne pas disparaître...























(Comme sur la plupart de ces immenses portes de palais, les gonds sont étonnants...)







Peintre à ses heures, il peint la médina en pointillés, des milliers de petits coups de pinceau comme autant de détails d' un labyrinthe, une fourmilière ?









- Une interview d'Abdou : www.liberation.fr/...-conte-de-fes_420949

(A suivre : Le Palais Mokri...)
JE Jeansellier Globetrotter ·
Bonjour ,

J'espere que ces belels photos resteront longtemps accessibles à tous sur VF .

Quelles sont les prochaines étapes prévues apres FES ?

Bon weekend Jean
LU Ludo39 ·
Re, Comment est-ce possible de faire autant de photos de rue ou portraits au Maroc ? En principe c'est un exercice assez délicat, car souvent non toléré ? Quel est ton expérience à ce sujet ? Es-tu photographe professionnel ? Cordlt Ludovic
MO Mong1 Globetrotter ·
@ Ludo39 : C'est en effet délicat au Maroc, c'est pour ça que je n'emmène qu'un appareil compact, alors que j'ai l'habitude de faire des portraits en Asie avec un reflex et un zoom (70 x 200)... Je ne veux pas agresser les gens, je me suis fait une raison en me contentant de ces scènes de rue. (Un peu frustrant pour la qualité mais ça va, je fais avec et me prends beaucoup moins la tête...) Sur la plupart des portraits de commerçants, j'ai demandé l'autorisation. Je n'ai pas eu de difficulté (certains ne veulent pas mais on le sent), contrairement à Chefchaouen où c'était pratiquement impossible... Le plus difficile est la foule dans la médina, l'impossibilité de prendre son temps, d'éviter certains flous, de bien cadrer...

Pour ta 2ème question, disons que je ne me considère pas comme une professionnelle (loin de là), mais que j'ai une petite expérience dans le domaine. Et surtout une passion pour les photos de personnages en général.

@ Jeansellier : Prochaine et dernière étape : Meknès. (Pas encore écrit le texte, mais il ne sera pas très important)

@+🙂
LU Ludo39 ·
Un compact ! 🤪 les couleurs et la profondeur de champ sont bluffantes ! Dommage que les lignes de bâtiment soient un peu trop déformées, un reflex avec un bon grand angle fixe rendrait mieux... facile maintenant que je le sais ;) J'aime beaucoup les cadrages et compositions, sublime ! Merci pour cet échange cela me permet de progresser en lecture de photo et m'inspire pour la suite. Bon we Ludovic
MO Mong1 Globetrotter ·
Le Palais Mokri :

Je voulais poursuivre la visite dans le quartier avec le Riad Mokri d'où l'on a paraît-il une jolie vue sur la médina et sur des jardins depuis une fenêtre de fer forgé, mais l'endroit est soi-disant fermé. (Parce que c'est dimanche peut-être ou parce qu'il est 13 heures ?) Pas grand monde dans les rues, par chance un jeune me conduit plus bas vers le Palais Mokri, d'où je rencontre l'un des sympathiques descendants : Rien à voir avec le Palais Glaoui délabré que je viens de voir, celui-ci construit en 1906 et très récemment ouvert aux visites, illustre la grandeur et le raffinement d'une autre illustre famille. C'est grandiose. Ambiance totalement différente.



(Un petit air du Rialto vénitien, non ?)





(Et toujours ces magnifiques plafonds, comme des enluminures)

Dernière soirée

Cela fait 2 soirs que je dîne au Café Clock, au fond d'une impasse de Talaa Kebira. J'adore cet endroit branché où les serveurs sont vraiment sympas. La déco est super dans un vieille maison (palais) rénovée, plusieurs étages que les serveurs montent inlassablement (l'endroit est toujours bondé), avec une terrasse d'où l'on a l'impression de toucher le minaret de Bou-Inania... Très bonne ambiance, l'endroit est culturel, expos, cours de calligraphie, cuisine, concerts. J'y ai mangé une pastilla, qui n'avait par contre rien à voir avec celle (excellente) que j'avais goûtée à Chefchaouen.











MO Mong1 Globetrotter ·
Je clôture ce chapitre sur Fès, la tête encore embrouillée par ces 3 jours 1/2 immensément riches en images et sensations, avec le bonheur d'avoir adoré cette ville.

Je regrette déjà toutes les photos que je n'ai pas faites, tous les endroits que je n'ai pas vus, tout ce que j'ai oublié de dire sur ce carnet (qui me reviendra sans doute petit à petit, quand j'aurai assimilé tout ça...)

Je garderai en mémoire la 1ère vision que j'ai eue de la ville en arrivant en taxi, la vision de ses magnifiques murailles crénelées, ocres, survolées de milliers d'hirondelles qui nichent dans ses trous... Puis la plongée dans le tourbillon et ses différents quartiers, le bonheur de prendre mes marques, d'apprivoiser la ville et de me laisser apprivoiser. Les contrastes entre raffinement et Moyen Age, les petits artisans, les médersas, les palais, les cimetières sous les oliviers, les immenses places, méchouars, les nombreuses et majestueuses Bab, etc.

Et aussi le plaisir d'un riad au cœur de la médina, la gentillesse des Fassis, et... les kilos que j'ai dû prendre entre les copieux et délicieux petits déj, les sucreries et autres...

Et pour les futurs visiteurs, une dernière image en forme de clin d'oeil :



(Souriez ! Vous êtes à Fès ! 🙂🙂🙂 😉....)

A suivre : Meknès

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