Fascinante Fès
Que dire sur Fès... Comment évoquer ses richesses, son histoire, sans avoir l’air de réciter un guide, son ambiance sans évoquer tous les clichés de l’Orient ?
Fès c’est tout cela – un concentré de culture, d’art, de spiritualité, de savoir faire ancestral, un concentré de médina avec ses petits métiers, couleurs, bruits et odeurs, ses milliers de ruelles... et bien plus encore.
Âgée de 12 siècles, elle est la plus ancienne cité impériale du Maroc, la plus grande médina du monde arabe, la plus... enivrante, étourdissante, épuisante, fascinante...
Bref... Héritière de plusieurs dynasties qui se sont succédées, Fès c’est 3 villes en une (Fès el-Bali, Fès el-Jdid et la Ville nouvelle), mais elle est à l’image de son labyrinthe – une immersion dans un tourbillon de mots, de sensations et d’images qui interpellent et se bousculent.
Dans mon précédent Carnet sur Chefchaouen, je me suis promenée dans un océan de calme et de douceur, envoûtée par ses bleus oniriques. Fès m’a embarquée dans sa multitude et son effervescence...
Elle m’a lessivée... et captivée.
C'est parti pour la visite ! 🙂
Le 22/ 05 (Jeudi)
Tout d'abord j'ai donc pris le train depuis Tanger. Départ à 8 h 1/2, arrivée prévue à 13 heures. (Une demi-heure de retard) : 155 DH en 1ère classe.
L'accueil au Riad Layalina est très agréable. Le jeune Simon travaille là depuis un mois et me sert une petite entrée chaude (alors que j'avais déjà mangé un sandwich dans le train) et le thé de bienvenue avec de délicieuses pâtisseries... Puis Naïma m'amène un jus d'orange dans la chambre un peu plus tard.
Les repas me paraîtront ensuite pantagruéliques, à tel point que je me vois forcée de dîner à l'extérieur étant gênée de laisser la moitié de tous ces bons plats le 1er soir ! (4 énormes assiettes d'entrées, plus le plat principal...) Les femmes en cuisine sont adorables, Naïma rigole tout le temps d'un rire cristallin.
Je suis contente d'avoir choisi ce riad, un peu à l'écart et 500 m plus haut que Bab Boujloud, ses couleurs chaudes assez inhabituelles m'avaient attirée.
(Merci pour le carnet de Marcde...)

(Riad Layalina)


Petit tour de repérage jusqu'à Bab Boujloud, la belle porte en faïence bleue que l'on voit sur toutes les photos. (Verte côté médina)


Je passe devant la Médersa Bou Inania, qui était au programme de mes visites mais suis un peu déçue... (Est-ce par ses dimensions, la fontaine qui n'est plus en état, l'éclairage d'après-midi qui rend le sol en marbre éblouissant ?)






Le 23/ 05 (Vendredi)
Réveillée très tôt par les gazouillis des oiseaux autour de l'oranger... Merle, moineaux et tourterelle.
A Tanger, j'aimais entendre les cris des mouettes.
Comme dans toutes les médinas, le vendredi l'activité commerciale est au ralenti. Ce n'est donc pas le meilleur moment pour visiter les souks de Fès el-Bali (la vieille ville).
Je visiterai donc Fès el-Jdid :
Direction le Palais Royal et ses 7 portes en bronze ciselé : la lumière du matin est mauvaise, je fais la difficile et ne prends pas de vue d'ensemble du palais, en me disant que je reviendrai le photographier en soirée...



En descendant on rejoint la rue des Mérénides et le quartier juif (le Mellah) le plus ancien du Maroc, avec ses balcons en bois ouverts sur la rue. Petit tour dans un marché en passant par Bab Semmarine.



Puis l'étonnant cimetière juif (entrée 20 DH). Tout au fond, si le gardien est là, on peut visiter un musée encore plus surprenant : le musée d'Edmond Gabay. (Voir photos dans le message suivant...)





A travers plusieurs salles, on découvre un bric-à-brac émouvant d'objets hétéroclites, vêtements, photos, objets de la vie courante, abandonnés depuis des années et mis en scène par un passionné à la mémoire d'un peuple. Je suis fascinée !!! Je reste longtemps à photographier, jusqu'à ce que j'entende quelqu'un appeler. Je me dépêche de répondre et de ressortir, prise par la peur que l'on m'oublie et m'enferme...
Difficile de trouver un taxi libre le vendredi... je galère, je marche depuis le matin.
Envie d'aller aux jardins Jnane-Sbil pour une pause verdure, pas loin du palais. Les jeunes couples se content fleurette, assis sur les bancs dans l'allée des bambous, les bras entourent les cous de jeunes filles qui semblent timides... J'aimerais leur sourire, sans les gêner. Je bois un thé non loin de là au petit café La Noria très agréable, où se balade un canard (suivi d'un chat) autour des tables....
En fin d'après-midi, requinquée, c'est le bon moment pour s'évader de ses murailles et monter en taxi vers les tombeaux des Mérénides, à l'heure où la ville tapissée d'ocre et de vert s'abandonne au regard.
De là-haut on peut observer l'immensité de la ville construite dans une cuvette, et sentir battre son pouls...
J'aurais aimé traîner à travers le petit cimetière Bab Guissa, à l'ombre des oliviers bienveillants. Ce sont des lieux paisibles, simples, vivants, qui contrastent tellement avec nos cimetières froids et ordonnés que j'ai en horreur ! Mais le taxi m'attend et a déjà eu du mal à m'amener jusque là, ne comprenant pas où je voulais aller. (Il m'a amenée tout d'abord à l'hôtel Mérénides, puis au Borj Nord, c'est finalement moi qui l'ai guidé...)