Je n'y reviens plus, le voyage date. Je le publie cependant parce que le pays n'a sans doute pas bougé au point de rendre le récit obsolète et que les étonnantes beautés du pays méritent d'être exposées ici.
Samedi 31 mai 2014
Mulhouse - Marrakech
Un vol qui se tire sur 3 heures trente. Tout roule stress free jusqu’au poste de l’immigration. Comme un peu partout, chacun doit remplir un petit formulaire d’identité avec son adresse d’arrivée. C’est quand il faut le soumettre à un douanier avec ton passeport que ça coince. On voit tout de suite que les files d’attente sont disproportionnées en regard du nombre de douaniers superviseurs. J’oriente Dom sur une file plus à gauche qui évolue visiblement plus vite que les files centrales. Puis je l’entraîne fermement vers l’extrême gauche où il me semble avoir décelé l’ouverture d’un nouveau guichet. C’était une erreur. Grave. Parce que cette file-là se distingue par la lenteur avec laquelle l’agent de sécurité effectue ses contrôles. A raison de 10 minutes par personne, sachant qu’il y en a une quinzaine devant nous, il y en a pour deux heures et demies. L’attente devient une torture. Tout le monde devient nerveux. On regarde avec envie passer sur les autres files des gens initialement très loin derrière nous. T’as un peu envie de râler. Un conseil, retiens-toi ! T’as pas idée à quel point un douanier énervé peut te pourrir la vie ! La consigne : rester calme et prendre sur soi.
Une fois l’obstacle passé, un taxi et zou, on se retrouve au Gallia, un hôtel sans prétention mais ravissant à deux pas de la place Jama El Fna. Cette place est hallucinante ! Elle grouille de monde. Toi, tu es bien blanc avec ton appareil photo, t’as tout d’un coup une myriade de gens qui te veulent du bien ! Tu es comme un porte-monnaie en vadrouille !
On a rencart avec des amis en promenade ici avec le comité d'établissement de leur employeur.
On est pleinement dans nos rôles de touristes, on mange dans les restos taillés pour ça, avec des filles qui nous font la danse du ventre qui insistent pour qu'on participe au truc... On se laisse faire, on est pas bégueule, on passe une bonne soirée, on va pas bouder notre plaisir...
dimanche 1er juin 2014
Marrakech
Petit déje très sympa dans le patio de l’hôtel, un authentique Riad, très joliment décoré.
Initialement, on avait prévu une virée dans l’Atlas mais on s’est trouvé naturellement à flâner au hasard, dans la ville. On se retrouve sans y penser au milieu du labyrinthe du souk central. Tu en prends plein les mirettes, les oreilles et surtout les naseaux !
C’est que est changé entre 214 et 2020 à l’aéroport de Marrakech :
Nouveau bâtiment côté sud pour le départ. L’arrivée, également, profite de cette expansion. Donc, plus d’espace !
Mais le voyageur n’a pas vraiment profité de cette nouvelle modernisation et jusqu’à l’année dernière quand les professionnels du tourisme de la ville ont protesté auprès les autorités locales.
Le délai d’attente devant les postes douaniers dépassait facilement les deux heures.
Depuis, le nombre des agents est multiplié par deux et le passage devient une affaire d’un quart d’heure.
D’autre part, il n’y plus de fiche de renseignement à remplir.
Entre ces deux dates, j’ai vu l’entrée des agences de changes juste après la sortie des douanes avec un taux de change moins intéressant que les banques traditionnelles à 30mètres à droite, halle de départ. Pas facile à trouver pour les voyageurs.
Les taxis se sont délogés vers un parking à l’entrée côte Mhamid.
Ce que est changé pour moi, c’est l’extension du ligne 12, un bus Alsa..
A la sortie extrême de l’aéroport..
Directe à l’appartement vers Majorelle.
Pour le reste : riads, danse de ventre, hôtels .. je ne connais rien. Je n’y suis jamais allé.
Bonne soirée.
Je parle du Maroc sans le covid. Les montagnes n ont pas la fièvre ni la Bahia ...
Vrai, j ai juste pensé a la différence entre 14 et 20 de ce point de vue.
Toujours tout faite tourner, à tout bout de champ, sur le covid, ça devient mortifère.
Oui, une belle œuvre que j aime beaucoup. En janvier et février cette année on l a utilisee.
Ce qui a changé aussi : beaucoup de routes, de ponts, un peu partout. Ca construit.
Chaque année je découvre des nouvelles d'infrastructures.
Cette année, chasse au commerce informel . Je ne sais pas si c est partout, mais je suis restée 10 jours à Tiznit. en remontant de Mauritanie, ben.. plus de marchand des rues.
Depuis 2014 aussi, renouvellement de la flotte de grands taxis. En 2020 quasiment plus de vieilles 504 pourries où on s entasse. Des beaux petits véhicules style tango (pas douée pour les marques) où chacun à sa place. Topissime.
Confort pour le routard.
Même en cambrousse.
J’ai fait le constat de l’aéroport de Marrakech.. et puisque je suis en vacances et il pleut à Athènes, je ferai le chemin de retour de notre voyageur.
Donc, l’aéroport de B S L .
Depuis 2014, l’aéroport de Basel-Mulhouse n’a pas connu un changement notable sauf l’année dernière.
La reconnaissance faciale est en service.
Pour le départ, je suis passé par ce nouveau portail numérique. Et le poste français vers le porte 27 (Marrakech), n’existe plus.
Il ne reste sue les deux policiers, souvent suisses, pour les voyageurs non communautaires, je crois.
A l’entrée, février dernier, les nouvelles technologies sont installées mais ne sont pas encore en service.
Les deux sorties : suisse ou française sont toujours à leur place.
Par force de passer souvent, un douanier français d’origine d’autre mer m’intercepte chaque fois et il me demande de passer ma petite valise au scanner.
Encore des légumes ? Me dit-il.
Eh oui Monsieur l’agent : je n’aime pas les ognons chinois ni leurs carottes et puis, il n’y a pas de mini courgettes en France.
Quant aux piments forts, c’est pour ma voisine martiniquaise.
Je lui ai préparé un petit paquet de chebakia, le dernier passage, mais il n’était pas en service.
Une fois à l’extérieur, un bus vous amène soit à Bâle côté suisse ou à saint Louis FR.
Le tarif du distribus de Haut Rhin no 11 a été porté à 2.5 euros contre 1 euros précédemment.
Les conducteurs de ce bus ont été changés quatre fois. J’aimais bien le chauffeur bosniaque, très sympa et toujours souriant : état d’esprit intermédiaire entre la rigueur européenne et le laisse aller marocain.
Il y aussi un bus vers Freibourg, en Allemagne contre 30 euros. Prix exorbitant pour 60 km.
Depuis deux ou trois ans, j’ai vu l’entrée des bus à bas prix comme FlixBus, mais pas pratique : deux ou trois arrivées par jour pour plusieurs dizaines de vols quotidiens.
Le projet de fair passer le train régional TER Strasbourg-Bâle, directement à l’aéroport, a été abandonné par la commune faute des moyens financiers.
Une fois sortie de la douane, l’odeur de café me fait baver.. et tiens, puisque je suis un voyageur, pourquoi pas un petit expresso. Ça change par rapport au café de pois chiche grillé de Bab-Dokkala.[;)]
Bonne journée.
Ça décoiffe ! D’ailleurs, à ce propos, c’est devenu un quasi rite, l’idée de me faire ratiboiser de près chaque fois qu’on quitte nos latitudes....
L’expérience du souk te transporte loin, très loin de ton univers du quotidien!
Il rst beaucoup question de berbères qui descendent de leur montagne une fois par mois pour teinter les étoffes. Chaque fois qu’un type se propose de nous y mener, gra-tui-te-ment, on lui fausse compagnie. Mais ça finit par nous intriguer et on se convainc de suivre un de ces garçons qui nous entraîne alors hors de la médina, de l’autre côté des fortifications....
Là, des tisserands tendent leur fils sur des clous plantés dans le mur et tissent des jolis fils aux couleurs chatoyantes. Sur le sol, des centaines de peaux sèchent...On arrive chez les tanneurs/teinturiers. L’odeur est une infection.
Tu es assez fermement prié de fréquenter les magots de cuir, babouches, sac à main, ceintures où tu as beau négocier avec force, tu finis par lâcher une grosse partie de ton budget. On se fait ensuite déposer en taxi au jardin de Majorelle, un legs d’Yves Saint-Laurent, habitant régulier de la cité. C’est très choli !
Merci pour ces belles photos, il nous manque juste l'odeur.
Marrakech, à chaque fois que j'y suis j'ai envie de me barrer au bout de 2 jours mais à chaque fois il y a une force qui nous pousse à y retourner. Ça porte un nom ce syndrome ?
On voulait y retourner en octobre mais avec cette putxxx de pseudo pandémie on va se rabattre sur le Guilvinec. Le souk est moins typique mais on va s'en accommoder.
Cordialement,
Romuald
“Un proverbe chinois dit que lorsqu'on n'a plus rien à dire, on cite généralement un proverbe chinois.”
Même syndrome. Deux jours a Marrak en guise d apero et apres, bye. Mais l atterrissage a Marrakech c c'est presque incontournable.
Je commence à piaffer, comme vous tous.
[:)]
Le Guilvinec ? Moi ce sera les souks de Saint Ouen. Célèbres aussi.
Retour vers la place Jammar El Fna où je caresse l’idée de prendre une photo discrète d’un montreur de serpent. Dom m’invite à la faire tranquille en négociant le prix :
- Tu donnes ce que tu veux, pas de problème....
Encouragé, on mitraille à tout va, les types nous couvrent de serpents dans une ambiance bon enfant.
A la fin de la séance, le type me tend sa casquette :
- - C’est 20 euros, deux cent dirhams, mon frère !
Dom et moi on renâcle. Je propose à Dom de lâcher 100 dirhams, mais cette dernière résiste et leur file un billet de vingt. Les types s’énervent. « Tu as dit 100 ! Donne cent ! ». Ils nous ont braqué, ils n’auront pas plus et la relation de camaraderie se transforme en quasi échange d’insultes !
Le soir, un bon steak-frites, un couscous, quelques bières et au lit !
Lundi 2 juin 2014
Marrakech – Agdz
Les petits malins qui se sont convaincus de toute éternité qu’avec internet, les satellites et tout le tintouin, on dispose d’outils formidable « never get lost » devraient se livrer à l’exercice suivant : Evaluer le temps nécessaire pour rejoindre Agdz (prononcer Agdès)
Ca dit 3h40 ? Si tu peux le faire en 5 heures et demie, mon ami, tu peux tenter un championnat de course de côte ! Et je suppose que ta compagne est indifférente au car sickness effect. La mienne, non. Et je peux te dire qu’après quelques heures de virages, elle a beaucoup perdu de son magnifique teint halé. Il faut quand même parler de la magnificence des paysages à couper le souffle ! C’est à peine croyable, la diversité des lieus traversés, les couleurs...On s’autorise quelques haltes comme à une coopérative de femmes qui font de l’huile d’Argan, le fruit d’un petit arbuste qui sévit par ici. C’est beaucoup plus fastidieux à extraire qu’avec l’olivier, mais on prête à l’huile d’argan des vertus que son frère n’a pas. En gros, antioxydant, anti-âge, anti-...whatever...un charme magique qui préserve de tout.
Les singes et les serpents pauvres bestioles maltraitées.
Quand au prix, mieux vaut toujours s entendre avant. Comme ça, pas de lézard.
Apres, c est trop tard et ca peut transformer un bon moment en.mauvais souvenir.
Les singes et les serpents pauvres bestioles maltraitées.
Oui, pour les serpents ça commence à peser sur certaines espèces de plus en plus rares. Ils sont stressés, déshydratés, mal soignés et survivent à peine quelques mois. Moins d'infos sur les singes, mais ça doit être pareil.
Des infos pour vivre et travailler au Maroc : http://o-maroc.com
Ils font pitié.
Je ne les photographie jamais.
Je ne jette pas la pierre à ces montreurs, on a fait longtemps la même chose, ça existe encore ds les cirques ou delphinariums.
Et pour la souffrance animale, la France est pas mal non plus.
Mais bon, .petit a petit, faudra que ça cesse.
Mais sur djemaa, j aime choisir un cercle de musiciens, je m assois, je demande la permission pour quelques photos, et je ne suis pas avare.
Je regrette à chaque fois de ne pas connaitre l arabe, il y a des cercles de conteurs qui ont l air de bien réjouir leurs auditeurs.
Je ne jette pas la pierre à ces montreurs, on a fait longtemps la même chose, ça existe encore ds les cirques ou delphinariums.
Et pour la souffrance animale, la France est pas mal non plus.
Oui, c'est plus une info à passer aux touristes.
Des infos pour vivre et travailler au Maroc : http://o-maroc.com
Une halte sympa, le cinecitta local, à Ouarzazate. Dino de Laurentiis avait monté le studio dans cet endroit dont les paysages se prêtent particulièrement bien aux westerns spaghettis et les grandes fresques bibliques.
On arrive dans la vallée du Drâa. Ici, les habitations sont en torchis comme à Tifoultout, ci-dessous:
On traverse encore des paysages grandioses mais très secs, avant d’aborder la vallée, pour le coup verte de palmiers.
Agdz est un petit village, vite traversé, la route devient chemin, on longe des belles kasbah qui côtoient de nombreuses ruines en terre battue...
La kasbah Azul est un endroit magnifique, l’accueil exceptionnel. On nous sert du thé, des cacahuètes, l’endroit est paradisiaque.
On arrive dans la vallée du Drâa. Ici, les habitations sont en torchis comme à Tifoultout, ci-dessous
Je vais faire ma pinailleuse, comme d'habitude, mais il s'agit de pisé ^^
https://www.museedesconfluences.fr/fr/evenements/pis%C3%A9-bauge-adobe-et-torchis
Merci pour les photos :)
Des infos pour vivre et travailler au Maroc : http://o-maroc.com
Rien à voir, il me semble, avec du pinaillage! Vous apportez des précisions sur le récit d'un ignorant en vadrouille, fébrile, découvrant un monde dont il ne sait rien! Tous les éclairages sont bons à prendre! [;)]
Le torchis est un mélange de terre et de paille.
Le pise ne contient pas de paille
Bonsoir,
Mais si, mais si ! Au Maroc le taboute (pisé) contient généralement de la paille.
Et la couche de finition (crépi), en contient toujours, sinon ça ne tient pas.
C'est très bien expliqué là :
https://www.facebook.com/DadesTourisme/photos/taboute-le-taboute-est-une-m%C3%A9thode-de-construire-les-maisons-dans-le-dad%C3%A8s-au-su/403033033120652/
Après des heures en voiture, on ne tient plus en place, on décide d’aller à pince au village, trouver un resto. On traverse très vite une ville fantôme qu’on commence à arpenter avec un plaisir enfantin. Ce village mystérieusement abandonné est une curiosité...
Mais... Pourquoi?
A la sortie du village se trouve la Kasbah des arts. Deux types discutent devant l’entrée. On les aborde pour qu’ils nous racontent. Bingo ! L’un d’eux, le propriétaire de la Kasbah est un petit-fils du Caïd qui a tenu la vallée au temps de la colonisation française. Il a fait construire la Kasbah sur la ruine de la maison de son illustre grand-père. C’est un passionné. Le village abandonné, c’est sa raison de vivre. Il en aurait les moyens, il le ferait reconstruire à l’identique ! Ceci-dit, sa kasbah est de toute beauté ! On visite. C’est une enfilade de labyrinthe avec des terrasses dans tous les coins avec vue sur les ruines et la vallée alentour. Un vrai château !
On décide de venir là, goûter son couscous demain soir. En attendant on dîne au village. Impossible de se faire servir ne fut-ce qu’un verre de bière. Mais Dom et moi avons du répondant. Le soir, on se glisse au bord de la piscine avec une bouteille de rhum, un jus d’orange et des amandes achetées sur la place du village. Pour te dire comme ils sont cools à la kasbah azul, une jeune fille vient nous emmener une chandelle !
Au dessus d Agdz, l hotel m impirte6peu, c c'est surtout la région.
Merci Romuald.
J aime aussi.me balader dans ces villages abandonnés. Un que j ai particulièrement aimé est la vieille kasbah de Foum Zguid, et aussi l etonnant village ancien, vide, près Ifrane de l Anti Atlas.
Photos de la kasbah de Foum Zguid
https://www.myatlas.com/beatrice/foum-zguid-le-grand-sud
Petite déjeuner au bord de la piscine, piscine jusqu’au début d’aprème.
Virée ensuite vers Taliouine, puis Tamnouagalt.
Là, on visite la kasbah du caïd.
Il n’y a rigoureusement personne et on parcourt le labyrinthe seuls, à peine perturbés par des vols de chauve-souris.
Après la visite, on prend un pot chez Yacoub...
et hop ! Retour à la piscine (il fait une chaleur écrasante !). le soir, on dîne chez notre ami Kederzach, le petit fils du Caïd. Sa femme nous a préparé un couscous traditionnel, sans aucun rapport avec ce qu’on appelle couscous habituellement. Sauf la semoule, mais le tout est sucré, avec du poulet. On est modérément enthousiastes même si notre ami et nous ne cessons de nous envoyer des louanges.
Presque, on se quitte émus et, à l’heure de nous séparer, il nous demande d’attendre, repart vers sa kasbah et nous offre un pot de confiture de dattes...
mercredi 4 juin 2014
Agdz - Boumalne Dadès
Le GPS m’indique 2h30 mais j’ai appris à prendre ses estimations avec beaucoup de circonspections. Pourtant, au fil de la route l’heure d’arrivée reste fixe. La route est une ligne droite, on devrait arriver à destination pour le début de l’aprème.
On est à une heure de l’arrivée quand je réalise qu’on a manqué la route qui partait à angle droit sur la gauche. Je fais demi-tour mais rien à faire, je ne la vois pas. C’est Dom qui attire mon attention sur une piste, que dis-je, un chemin qui est de toutes évidences la route que le logiciel m’invite à prendre. Moi, je renâcle. Les histoires de bagnoles démolies sur des routes de pierres, je connais ! Je crois qu’on peut même dire que je suis un des grands spécialistes de la question. Te dire que j’émets un peu plus que des réserves. On avise un petit groupe de marocains. Ils ne parlent pas français, mais particulièrement bien espagnol. On finit par obtenir un itinéraire bis que je rentre dans le GPS. On prend deux heures de plus dans les naseaux. Moi j’en suis secoué un bon quart d’heure, à me demander si on aurait pas dû tenter la piste quand même et puis baste...On joue sécure...Les paysages traversés sont arides à mourir ! Il n’y a rien. Parfois un petit groupe de palmiers, quelques chèvres...le reste c’est des cailloux et du sable balayé par le vent...
On arrive enfin à la perle après avoir encore fait quelques kilomètres de piste. L’hôtel est charmant, la déco est d’inspiration africaine,
on file dans la piscine.
On zone ensuite dans le village à la recherche d’un resto. On trouve un ensemble hôtelier avec une terrasse qui offre une vue à couper le souffle. Ici, l’alcool est introuvable.
A la fin du repas, on entend les muezzins balancer leur complainte offrant un spectacle sonore qui profite de la caisse de résonnance que forme la vallée. Leurs voix se mélangent et on se trouve dans un mix oriental new âge de fort bonne tenue !
jeudi 5 juin 2014
Boumalne Dadès
Ce matin, au petit’dèje, on est retombé sur le patron. Un type physiquement imposant mais fort en gueule. Je l’avais un peu hâtivement rangé dans la catégorie ex-bidasse reconverti dans le business. En fait, ce type est un garçon exceptionnel. Originaire de Seine-Saint-Denis, sans aucune étude, il avait commencé comme ouvrier à la Snecma. Va comprendre pourquoi, alors que c’est le destin dont nous rêvons tous, il n’a pas du tout aimé ça et s’est tiré après des réprimandes sur ses cheveux jugés trop longs. De tentatives en tentatives, il a compris que sous-prolétaire c’était pas fait pour lui.
Alors, parceque le recrutement était difficile, surtout dans son département, il a pu devenir éducateur. On lui filait les cas réputés sans espoirs, il était costaud et habitué des quartiers difficiles. Il a rencontré là, une collègue, Fanfan. Ils ne se sont plus jamais quittés. Ils récupéraient les pires éclopés. Des gamins enfermés à la cave avec un collier de chien à qui on servait du Canigou dans une gamelle, les mains attachées derrière le dos. La cruauté est devenue sa norme. Les flics en avaient peur, les psychiatres étaient perdus, eux ont tenté le challenge. Des gamines violées par leurs parents, jouées aux cartes...des histoires horribles...Ces filles-là, tu leur montrais la moindre affection, tout de suite elles te voyaient prédateur sexuel et ça les mettait illico en état de rage. Elles étaient très vite d’une agressivité furieuse. En état de défensive rouge, le circuit des alarmes se mettait en mouvement à la moindre parole mal interprétée. Elles pouvaient vouloir éventrer pour un sourire, pour te dire ! Ils avaient un jour récupéré un orphelin que sa tante et son oncle avaient recueilli à la mort de sa mère, et rendu aveugle à force de le punir pour tout et n’importe quoi en lui frottant les yeux avec du piment. Aujourd’hui il est styliste. Tu tapes « styliste aveugle » sur google, et ben, c’est lui ! Jean-Mi et Fanfan avaient vraiment du mal à porter toute cette violence. Des nuits à écouter pleurer leurs soi-disant caïds. C’était des durs de chez durs, mais à la moindre ouverture, tu pouvais les faire fondre en larme avec un simple mot. Enfin bref, au bout d’un moment, d’échecs en échecs, à écoper un bateau complètement éventré, ils ont imaginé une stratégie différente. Acheter des 4x4 et les obliger à se déraciner, larguer les amarres, se débarrasser de leurs histoires, de leur environnement, filer loin, en Afrique. Après deux années à monter le financement, à courir les ministères, à enfoncer des portes, à force d’insistance, l’expérience a eu lieu. C’était des robinsons, il fallait vivre à la débrouille. Ils ont parcourus des milliers de kilomètres en Afrique, tous ensemble pendant deux ans. L’opération a été un succès reconnu par tous. Ils ont remis ça, accompagné par une équipe de canal plus qui a donné de l’importance au projet. Comme toujours, quand on bénéficie de l’attention d’un grand média, tout est devenu plus facile. Ils ont tourné comme ça une bonne dizaine d’années. L’Afrique, il connait sur le bout des doigts. Quand on lui parle du danger inhérent au continent, ça le fait rire! Un effet des médias qui ne parlent que des évènements sanglants, et déforment la réalité pour éviter de parler du fond des choses. A Nouakchott, le massacre d’un groupe de cinq touristes avait particulièrement fait la une des canards français, il y a quelques années. Abattus par des terroristes, ça disait. Précisément AQMI, le Ai-Quaida de la région.
« Des terroristes ! N’importe quoi ! De l’intox pour donner du financement aux services secrets installés là-bas ! Les types, je les voyaient arriver, des gros bras, des malins, cinq avec cinq bagnoles. Leur plan : en vendre quatre et repartir avec la cinquième. Ils se sont placés en bordure du marché le plus fréquenté de la ville et ont organisé une vente aux enchères. Ils ont récoltés 20 000 euros, là, échangés sur la capot des bagnoles, au vu et au su de tous ! Tu parles que ça a commencé à fantasmer dans les cerveaux des caïds locaux. Là-bas, quasiment tout le monde a une arme dans son coffre. Alors quand ils sont partis sur la route, ils étaient suivis, gros comme une maison. A la première pause pipi, ils se sont fait alpaguer. Vazy, file-moi le pognon, on l’a vu, faites pas les marioles. Et les autres de résister, à envoyer des noms d’oiseaux. Ca a vite dégénéré. Ça tirait dans tous les sens ! Un seul survivant. Il est rentré complètement traumatisé. On a bouffé avec lui pour essayer de le rattraper. Dans les journaux ça disait qu’il était entre la vie et la mort. C’est vrai qu’il était pas très en forme, mais l’histoire que tout le monde a lu dans les canards et jusqu’à la version officielle ne correspond juste pas du tout à ce qui s’est réellement passé ! »
Bref, je reviens à ses voyages maintenant appelés « l’école itinérante ». Au cours d’un de ces périples, ils arrivent sur les gorges du Dadès. Coup de cœur immédiat pour une vieille Kasbah à l’abandon. Ils l’ont achetée 20 000 euros y compris le terrain gigantesque. Ensuite, à l’aide des marocains du coin et des mômes, il a fait de l’endroit le nec plus ultra de l’hôtellerie de la région. Un travail de titan. Son charisme, sa capacité à mener les hommes, l’énergie, un évident bon goût, le souci du détail...C’est un succès. Maintenant ils commencent à avoir des thunes. Beaucoup. Ils sont rangés des voitures et ça le démange, le Jean-Mi. Il commence à penser à vendre. Rêve de repartir à l’aventure en camping-car... Un cas, je te dis !
Il nous conseille d’aller trouver Mourad, un petit savetier à l’entrée des gorges du Dadès et de demander après son père. C’est un natif du village qui fait guide depuis toujours. On suit le plan exactement comme proposé. Et nous voici ainsi en vadrouille à traverser des paysages à te filer le vertige !
On en rencontre beaucoup, de ces forts en gueule, parfois.
Y a à boire et a manger dans ce qu'ils racontent.
Bonjour!
Tout à fait d'accord.
Mais j'ai bien aimé ce récit-là, façon polar, San Antonio ou SAS, bien glauque, très inattendu au milieu d'un carnet de voyage, même intitulé Aventure au Maroc.
Ces filles-là, tu leur montrais la moindre affection, tout de suite elles te voyaient prédateur sexuel et ça les mettait illico en état de rage.
Là-bas, quasiment tout le monde a une arme dans son coffre. Alors quand ils sont partis sur la route, ils étaient suivis, gros comme une maison. A la première pause pipi, ils se sont fait alpaguer. Vazy, file-moi le pognon, on l’a vu, faites pas les marioles. Et les autres de résister, à envoyer des noms d’oiseaux. Ca a vite dégénéré. Ça tirait dans tous les sens ! Un seul survivant.
Le "ils étaient suivis, gros comme une maison", superbe !
"Et les autres de résister, à envoyer des noms d’oiseaux." Du pur Céline ! Manque juste les points de suspension...
Bravo.
J en ai entendu, des histoires folles, racontées le soir à Nouakchott par des anciens de la transsaharienne qui traficotaient de l alcool entre Maroc et Mauritanie , tout en essayant un à un les 400 stylos qu ils apportaient le lendemain a une école de leur connaissance. "Tu comprends, me disaient ils, ces forbans, faut qu ils marchent, hein !"
Bonjour.
Je suis d'accord, c'est bien raconté mais si tu parles de la tuerie d'Aleg, j'avais entendu cette version en son temps. C'était quelques semaines après mon passage par là. C'était étonnant la version officielle car il était peu question de groupes terroristes à cette époque, surtout dans la région.
Cordialement.
Merci Ajft, comme vous êtes cool!
Mais je ne faisait que retransmettre le récit (épique) de mon interlocuteur en essayant, c'est vrai, de retrouver un peu le caractère vaguement "John Wayne" du truc!
C'est vrai que les voyages c'est aussi (beaucoup) des rencontres. Je me suis un peu étalé sur celle-là au nom de toutes celles que je n'ai pas mentionnées...
Ensuite, et je réponds là aussi aux messages qui suivent le vôtre, la véracité de cette envolée... Je n'ai aucun avis... C'est recraché comme je l'ai entendu... J'avais trouvé le personnage sympathique et même fascinant, mais ce n'est que mon feeling... Peut-être ne s'agissait-il en effet que d'une grande gueule égocentrique... Je n'en sais rien et je ne trouve pas ça important... Il m'a plu, j'en ai parlé ici... Comme je l'ai déjà dit, un voyage ce n'est pas que des paysages...
Merci encore pour les très aimables remarques sur le style, j'en suis encore tout confus sur ma chaise!
Arrivés aux gorges, Mourad...blablabla...Papa...Youssouf nous dit tout de suite banco, et nous entraîne dans son sillage à travers la région, principalement le long du Dadès.
A long time ago, the story of this walk in Morocco was interrupted when this Forum shut down. Today it’s back. Before posting a few other wanderings, I’ll finish this story even if it’s a bit dated...
I’d left off at Thursday, June 5, 2014 in Boumalne Dadès...
Youssouf, a wonderful guy who we instantly clicked with. The walk is stunning. After a two-hour loop, he invites us for tea in his cave. His wife joins us with two of their kids. He has nine, and the youngest is two. He’s never had electricity, but the power lines are getting closer. It’ll reach his home in a few months. For him, it’s a revolution. At his place, he lights up with small LED string lights and batteries charged by solar power. The vibe is really warm. We chat. In the end, Dom gives him 400 dirhams (about 40 €). We part ways, touched. At the last minute, he goes to fetch some slippers for our granddaughter. Cool...
The return trip is the same breathtaking landscapes, but in the other direction—remember? Here are some illustrations...
What a journey! We left the stunning landscapes of Dadès for increasingly desert-like regions. By the time we arrived, we were right in the Sahara! The access to the hotel is barely a path—you just follow the car tracks. When we finally reach our destination, we’re exhausted and ready to crash! Here, birds rule the roost. Probably because of the pool nearby, but the chirping is enough to drive you crazy!
At Kasbah Mohayut, we had two choices: sleep in a luxurious room or head out to sleep in a tent in the desert. Since my sister recommended it, we went for the second option. We were by the pool, wondering how it was all going to go down. Time flew by, and we started getting impatient when a tall guy in a djellaba and blue turban showed up. He led us and a young German couple to a far-off courtyard, way behind the hotel. There, four camels were lying down—our ride through the desert. We’d originally thought we’d go by 4x4. We set off for nearly two hours of riding.
We arrive at a small camp nestled in the dunes: our village. There are five of us and that’s it!
Before long, we’re off exploring, tackling the dunes (it’s a tough climb!). There’s a little wildlife around, mostly noticeable by the footprints left in the sand.
Sitting at the top of a dune, we watch the sunset. Then Simon (yep, our young German, freshly married to Caroline) treats himself to some sandboarding down the slopes.
Saturday, June 7, 2014
Merzouga – Agdz
Spending the night in the desert is absolutely amazing. We slept like logs until the cold woke us up at dawn. That’s when you really understand the point of all those blankets we’d scornfully pushed aside when we first got into bed! Bassou wakes us up at six. Our goal? The sunrise—we climb back up to the top of a dune to watch it rise. You’ll get a kick out of the sink with its makeshift mirror...
After that, it’s camels, breakfast, and back to Agdz, which we’re happy to see again.
Sunday, June 8, 2014
Agdz – Marrakech
The five-hour drive flies by without any hassle. We savor the diverse landscapes. Driving gets a bit intense when you're stuck behind a truck struggling to climb a hill through a series of hairpin turns. At one point, I seize an opportunity and pass a group of cars on the white line without hesitation. Two cops flag us down. They throw out a number (7000 dirhams), chat among themselves. I plead guilty without arguing. In the end, they let us go. Corruption doesn’t seem to be a given around here...
Then it’s time to return the car and head to Jemaa El Fna Square. We try out my sister’s recommendation at Place des Ferblantiers, the Cosy Bar. The place is lounge-style, with comfy armchairs and "Sahara blues" music playing—unless it’s a live singer channeling Harry Belafonte: we’re definitely in the mundélé zone. From the terrace where we’re dining, the sunset draws everyone over for that perfect postcard-worthy photo!
Nearby, dozens of storks have made their nests. Around the square, kids are shrieking with joy, racing around on bikes or rollerblades. The vibe is pure fun—we’ll definitely be back!
Monday, June 9, 2014
Marrakech – Rabat
We take the train. About 4 hours to Rabat, where my sister and her husband pick us up. We’d been warned: their house is huge, set in a garden that’s just as proportionally grand.
Expat life has its quirks that can feel awkward, like the natural ease of employing household staff. It still feels a bit posh around the edges! They have a guy whose job is to open the gate to their property whenever he hears their car horn, no matter the time of day or night. The gray remote control I use at home is a human being here. Though, to be fair, his situation isn’t all that different from workers everywhere. I’m told that, by the way, the "remote controller" wouldn’t trade his job for anything! Anyway, after a few drinks, we all head to the Belgian Circle where an extraordinary meeting is taking place. The young woman who runs the circle is leaving the country, and we’re chatting to find her replacement. While the debate gets passionate, she hands me a swimsuit, and I relax in their gorgeous pool. Later, Dom and I, who haven’t seen the sea in months, take a stroll on the beach.
When we get back, the new boss is chosen: it’s Karim. A larger-than-life guy who drives around in a red convertible 4L, owns two farms, and is preparing for the next FIFA World Cup with a ton of accessories he pulls out of boxes. Dom and he hit it off right away. No surprise—this guy is as charming as they come...
Tuesday, June 10, 2014
Rabat
A visual tour of the city.
We lingered chatting with one of the girls my sister works with in an association that promotes the work of women from the mountains, especially their handmade terracotta pottery...
A city that’s surprising in more ways than one. And my sister is an enthusiastic guide, quick to chat with people wandering through the souks, sometimes in Arabic where she’s, as often during our trips together, simply amazing.
The evening was a celebration of Belgium’s national holiday, moved up for “obvious reasons,” as the ambassador put it in his speech (Ramadan was happening at the same time). Against all odds, our inclusion in my brother-in-law’s group was accepted, and we endured the hour and a half drive to the consulate in Casablanca for the event. Dom, not exactly comfortable with protocols, arrived a bit awkward, but you’ll see—she’ll warm up fast!
Forty-five seconds later, you won’t be able to stop her from dancing!
From: Consulate General of Belgium On behalf of Consulate General of Belgium
Sent: Saturday, June 14, 2014 05:31 AM
To:
Subject: Your memento from the evening organized by the Consul General of Belgium
Hello,
Please find below your memento from the evening organized by the Consulate General of Belgium on the occasion of the National Holiday.
We take the train back to Marrakech.
In Kech, we meet up at the station with mister locationman, who gives us the same car, just cleaned.
The road is an endless straight line, but you don’t feel like overtaking too much or speeding. With a disastrous road accident record—one of the worst in the world—the government has ramped up checks. They’re everywhere!
As we approached a roundabout, a cop stopped me. He pointed out that I’d ignored a priority sign when entering the roundabout. Apparently, the sign clearly indicated it was a reversed priority. Fine. I put on my best remorseful driver face, full of regret, and waited for absolution. But we’d run into a real stickler. He checked everything—passports, *whatever*—and took notes. It was endless. The result: 5000 dirhams. The rest of the drive was tense. The mood was ruined. The road seemed like it would never end... When Essaouira finally came into view, we started to feel alive again. The sea was there—we imagined evening walks on the beach... But the city was blocked. A music festival, which at that moment was nothing short of a pain in the ass.
We struggled to find the hotel. The GPS was completely off. I asked a cop. He told me it wasn’t there at all! Our hotel was way out on the Agadir road! I couldn’t believe my ears! I was sure I’d booked a place with a sea view. With a heavy heart, I took the road he indicated. We headed toward the suburbs—ugly enough to make you cry. After a drive on a dirt track, we arrived exhausted, morale at rock bottom.
We barely listened to the guy showing us around the place. We didn’t care—we just wanted to see the room. It was cute, but the balcony was stuck in a concrete space. Here too, I remembered a terrace praised in the reviews. I asked the guy if he could give us a room with a balcony *with a view*. Whispered discussions... A *mundélé* took a firm tone. "Go check if room 24 is free. If it’s ready, give it to them!" And let me tell you, that room 24 saved the day! We suddenly realized we were in paradise! The room and the place were just amazing!
That evening, we headed back to Essaouira. The city was in full festival prep mode, starting the next day. For the sound check, bands were already playing—and it was really good. A festive vibe was everywhere. We didn’t have too much trouble finding our smiles again!
Thursday, June 12, 2014
Essaouira
We wake up and discover our new place. The ceiling of our room is a dome pierced with colorful stars. Fun. Then it’s continental breakfast, followed by the pool...
And we’re off—the Gnaoua Festival, "world music," has begun. All the Moroccan youth have made the trip. The scent of cannabis lingers in the streets. Dom and I wander through it all with pleasure.
Leaving the city center, the beach is packed. A whole crowd has settled in. A strange mist... like a foggy film has set an avant-garde mood. We’re in Antonioni territory.
In the evening, we linger on the terrace, sipping an orange rum.
Friday, June 13, 2014
Essaouira – Marrakech
You know the road... We didn’t rush to take it! We lingered by the pool until late in the afternoon, encouraged by our hosts ("you can stay as long as you want, the room hasn’t been booked..."). We didn’t need to be told twice!