Gene Savoy et l'Eldorado

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ZI
samedi, 28 mai 2005 à 20:45 Rediffusions : 29.05.2005 à 14:00 04.06.2005 à 12:15

Samedi soir prochain, arte diffuse un reportage sur l'explorateur américain Gene Savoy.

Si je mentionne ce documentaire, c'est parce qu'il semble traiter d'une des explorations de Gene Savoy dans le sud de la région autrefois habitée par les Chachapoya ; à savoir au sud-est de l'actuel village de Leimebamba, au nord-nord-est du parc national du rio Abiseo. Je n'en connais pas encore la teneur mais j'en imagine facilement son orientation. Pour cela, je tiens d'avance à préciser que, outre le possible côté historique certainement très adapté voire totalement revisité, Gene Savoy est effectivement un explorateur ayant fait de nombreuses découvertes archéologiques mais il s'est aussi attribué des découvertes de sites dont il n'était pas l'inventeur et a aussi pillé certains sites ce qui lui a plusieurs fois valu d'être interdit de séjour au Pérou. Il a recherché l'Eldorado (qu'il n'a jamais trouvé forcément) dans la région habitée à l'époque préhispanique par les Chachapoya.

Je suppose que ce reportage sera riche en paysages typiques des Andes Amazoniennes et que l'on pourra aussi y voir quelques sites archéologiques Chachapoya.

Je retranscris ci-après en copier-coller le programme présent sur le site d'Arte.

LE VÉRITABLE INDIANA JONES Réalisé par Michael Tauchert et Wolgang Ebert (Allemagne, 2003, 49mn) ZDF

Le véritable Indiana Jones, c'est lui : Gene Savoy. Cet explorateur américain a inspiré à Steven Spielberg le personnage de son célèbre aventurier. Il sert ce soir de guide pour un périple au coeur de la civilisation inca. Des ruines de Vilcabamba à l'Eldorado des conquistadors, l'histoire revit.

ZDF © ZDF L'explorateur américain Gene Savoy, 74 ans, a consacré sa vie à la recherche des cités disparues. Il a dirigé plus d'une douzaine d'expéditions sur les chemins empruntés naguère par les Incas, de la cordillère des Andes aux forêts vierges péruviennes. C'est ainsi qu'il a pu mettre au jour plusieurs sites enfouis depuis des siècles sous la végétation luxuriante, notamment l'ancienne ville de Vilcabamba la Vieja, où la dernière dynastie des Incas en lutte contre les envahisseurs avait trouvé refuge. Cette cité fut rasée par les Espagnols en 1572. En août 2001, une équipe de tournage s'est jointe à la dernière grande expédition de Savoy, qui se proposait de découvrir de nouvelles cités au Pérou. Ils partent de la métropole andine de Bolivar, puis longent le fleuve Soposoa à la recherche de la cité perdue de Paititi, mythique Eldorado. Pour l'équipe, le passage des premiers cols à plus de 4 500 mètres d'altitude est un défi pour le moins dangereux : tempêtes de neige, chevaux qui glissent dans le précipice, mulets rétifs qui désarçonnent leurs cavaliers... Une fois au Pérou, il faut se frayer à la machette un chemin à travers la forêt vierge. L'expédition progresse jusqu'à ce que se produise l'une de ces merveilleuses découvertes qui font courir Savoy depuis des décennies : le mur d'un temple rongé par la mousse.
Es un hombre que se va, la lagrima se queda.
ZI Zitoune Globetrotter ·
Je le fais juste remonter car c'est ce soir.
Es un hombre que se va, la lagrima se queda.
CH Chinook Veteran ·
Alors gardons ce message tout en haut car pour ceux qui l'auraient raté il y a encore des rediffusions ( au moins pour les français ! Car en Belgique, on ne capte souvent ARTE qu'après 19 h)

JE ME SUIS REGALEE !

vraiment un reportage intéressant qui permet de prendre conscience de la difficultés que représentent ces expéditions, mais avec à la clé des découvertes exeptionnelles ..juste un peu dur de constater la difficulté et les dangers pour les chevaux et les mules . [:/] Je suis très contente aussi d'avoir pu voir pendant quelques instants une reconstitution virtuelle du site de Kuelap . J'ai encore plus hâte d'y être !

Et cerise sur le gâteau, quelques belles images du Macchu Picchu ...

Chinook
Chinook
ZI Zitoune Globetrotter ·
Je vais faire quelques commentaires pour les 3 ou 4 personnes qui ont vu le reportage et pour les une ou deux que ça intéresse :

Gene Savoy n'est pas un chercheur mais un explorateur qui adapte des données archéologiques de manière à les faire correspondre à ses hypothèses. Il fait donc abstractions des éléments ne rentrant pas dans le cadre des ses explorations ce qui entraine une vision faussée et tronquée de la réalité historique et archéologique. Pour exemple, l'expédition réalisée en radeau de totora pour rallier les côtes d'Amérique Centrale prouve uniquement que ce trajet est réalisable mais ne prouve en aucune façon qu'il a été réalisé. De plus, les contacts Amérique du Sud-Amérique du Nord (Mexique) à l'époque préhispanique sont connus depuis longtemps, et cette connaissance ne doit rien aux expéditions de Savoy. De même, il s'attribu les premières explorations des crêtes (versant est) bordant la vallée du Marañon (région des Chachapoya) alors que J. C. Tello, père de l'archéologie péruvienne, l'avait déjà réalisé il y a plus de 50 ans, incluant d'ailleurs la culture Chachapoya dans ce qu'il dénomma "la culture Marañon". Les explications sur la culture archéologique Chachapoya sont, dans l'ensemble, orientées et ne collent pas à la réalité de terrain ce qui est extrêmement décevant. Gene Savoy fait abstraction des données issues de la recherche contemporaine car elles vont à l'encontre de ce qu'il recherche et ne s'harmonisent pas avec sa vision des Chachapoya. Il est donc décevant de voir autant de moyens mis en oeuvre, autant de financement gaspillés au profit d'un égo alors qu'ils pourraient être mis à profit pour faire avancer plus concrêtement la connaissance (plus que fragmentaire) sur cette culture ; c'est à dire être dénués de toute idée de profit personnel.

Un autre point génant, et qui touche à la notion de propriété intellectuelle, est qu'il s'attribu des découvertes de sites dont il n'est pas l'inventeur. Pour exemple, il s'attribu la découverte de Pajaten alors qu'avant son expédition sur ce site, les péruviens avaient déjà réalisé une mission civico-militaire encadrée par des scientifiques péruviens au début des années 60. Il y aurait aussi beaucoup à dire quant à la découverte de la cité cachée des Incas dans la cordillière de Villcabamba. Pour info., le principal site de la cordillière de Villcabamba est le site de Choquequirao (reconnu pour le moment comme le site refuge des incas rebelles, les "derniers incas") qui a été découvert en 1909 (2 ans avant le Machu Picchu) et qui a été restauré pendant 15 ans par les péruviens (de la fin des années 80/début 90 jusqu'à il y a 3-4 ans).

Je passe rapidement sur les montages hasardeux qui nous livrent une soit disante restitution du site de Cuelap alors qu'il s'agissait du site de Macro et qui présentent les monuments funéraires anthropomorphes de la région de Colcamar (site de Sholon) comme appartenant à la région de Saposoa (les 2 régions sont quand même éloignées d'au moins 400 kms).

Je suis d'accord que ce type de reportage s'adresse à un large public et a aussi pour objectif de faire rêver, mais cela n'empêche pas de respecter l'intégrité des données, ce qui est d'ailleurs un des principes de la vulgarisation : rendre accessible des données techniques, scientifiques, à des non-spécialistes, au plus grand nombre, tout en respectant leur intégrité.

Un autre point qui à mes yeux est le plus critiquable : la parole n'est jamais donnée aux péruviens.

Toutefois, un tel reportage a le mérite d'informer sur une région méconnue du Pérou, ainsi que sur une culture tout aussi méconnue, et rend bien compte de la difficulté de la progression dans ce type de paysage où deux mileux extrêmes s'affrontent (Andes et Amazonie). Bien que Gene savoy soit extrêmement critiquable (notamment à cause de problèmes relatifs à des pillages et à des expéditions réalisées sans autorisations), il a mené un gros travail d'exploration qui a permis de mettre à jour de nouveaux sites archéologiques.

PS : ces quelques précisions se contentent juste d'essayer d'apporter une autre lecture.
Es un hombre que se va, la lagrima se queda.
CH Chinook Veteran ·
Merci Chachapoya

Tu confirme ce que j'avais déjà lu ; que Savoy était plutôt controversé et j'ai donc pris avec des pincettes tout se qui se rapportait à sa gloriole perso et à ses théories ...mais j'ai apprécié effectivement de compléter ma découverte des paysages de cette région ( déjà bien commencé avec un autre reportage déjà diffusé par Arte sur la lagune des momies et le musée de Leimebamba ), des gros plans sur certains sites haut perchés et la reconstitution virtuelle, même si elle n'est pas sur le bon site.

Dommage quand même que les commentaires ne soient pas corrects et un peu mieux vérifiés avant d'être diffusés !

Chinook
Chinook
LA Lalla Regular ·
Décevant!

Le documentaire insiste beaucoup sur l'aventure humaine.....où est-elle??? Entouré de 60 personnes, de chevaux, des passages pré-tracés..et tout cela pour parcourir des chemins que d'autres ont empreinté auparavant.....je reste perplexe quand au côté aventureux de l'expédition.

Un autre point qui à mes yeux est le plus critiquable : la parole n'est jamais donnée aux péruviens.

Je suis ton avis Chachapoya. En effet, ceux-ci ne semblent en aucun cas faire partie intégrante de cette "expédition". On parle tout de même de la découverte de leur histoire, de l'histoire de leurs ancêtres. Aucune explication ne leur est donné sur celle-ci. Sans parler des conditions dans lesquels ils ont été employé...

On perçoit très vite que Gene SAVOY n'est pas dans une démarche de recherche. Il ne respecte en aucun cas se qu'il trouve, ne semble prendre aucune donnée avant le déplacement des objets.... On n'apprend finalement pas grand chose sur la culture Chachapoya.

On assiste à un pillage archéologique en toute impunité, au regard de tous....

Plus que décevant!!!!
ZI Zitoune Globetrotter ·
Oui, effectivement c'est décevant mais il faut toutefois préciser quelques points :

Le reportage ne portait pas sur les Chachapoya mais sur le personnage Gene Savoy au travers de ses expéditions dans la région des Chachapoya. Cependant, cela n'était pas incompatible avec quelques explications correctes renseignant sur ce passée préhispanique.

De plus, cette expédition était (pour une fois) sous la tutelle de l'Institut National de la Culture ; institut représenté par les archéologues Miguel Cornejo et Alberto Bueno Mendoza, les 2 étant rattachés à l'Université Nationale de Trujillo. Ces derniers sont ceux qui fouillaient le site de Las Cruces et ils ont fait un bon boulot qui a d'ailleurs été présenté en Août 2003 à la conférence de Leimebamba.

Quand ils accèdent aux sépultures de Gran Saposoa (les archéologues péruviens étaient présents même si on ne les voit pas dans le reportage), il est normal que les objets ne soient pas enregistrés en contexte car il n'y a plus de contexte vu que les sépultures ont été pillées. Dans ce cas là est pratiqué ce qui s'assimile à du ramassage de surface. Il est inutile d'enregistrer un contexte qui serait source d'erreur vu qu'il n'est plus d'origine préhispanique. En revanche, il est nécessaire de faire une description du contexte.

Toutefois, Gene Savoy a déjà été reconnu coupable de pillage dans la région et a déjà été interdit de séjour au Pérou. Il a en plus pratiqué des fouilles sauvages (il a fait des trous en fait) sur de nombreux sites chachapoyas alors qu'il n'avait pas d'autorisation, d'ailleurs il n'est pas archéologue. Il s'attribu des droits en faisant fi des lois et des populations car il part du principe que rien ne doit le freiner, et ne le freinera, dans sa quête. C'est un égo démesurer, un drôle de personnage. Imaginons une soixantaine d'étranger débarquant dans le midi de la France, retournant les vignes pour chercher des villas gallo-romaines, sans rien demander aux autorités et à la population, sans avoir de compétences particulières, sans avoir d'autorisation ; puis repartir aussitôt dans leur pays sans rendre compte des découvertes réalisées. C'est ce que fait Savoy au Pérou. Seule cette expédition fut pour la première fois régit, en partie, par l'Institut National de la Culture. Le Pérou (ou autre pays) n'est pas un grand terrain de jeu pour les mégalos millionaires.

Pour le côté expédition, c'est effectivement une blague. Ils sont tous tirés à quatre épingles, font attention à ne jamais se salir et empruntent des chemins déjà définis. Il faut quand même préciser que Savoy est le découvreur du site Las Cruces bien que ce dernier était déjà connu par les populations paysannes (ce qui est généralement le cas pour de nombreux sites).

Il est aussi intéressant de remarquer la condition des péruviens : ces derniers dorment sous des bâches alors que Savoy et sa clique dorment sous des tentes, ne mangent pas à la même table que Savoy et ne mangent pas non plus le même repas....Tout cela montre le peu de respect qu'affiche Savoy face à ce pays et à sa population. Il ne vise qu'à satisfaire son égo et présente peu de considération pour ce peuple et son histoire tant il est aveuglé par sa quête. C'est vraiment un point honteux surtout que ce n'était pas à cause du budget (Savoy dispose d'énormément de financements) mais bien la volonté de marquer une séparation.

Pour ceux que ça intéresse (si il en reste!!!), ce reportage est rediffusé et il est intéressant de le regarder pour voir comment, dans certains cas, la recherche est détournée pour satisfaire un égo et un profit personnel tout en utilisant un pays, et sa population, comme terrain de jeu.
Es un hombre que se va, la lagrima se queda.
ED Edaude ·
Eh bien, j'arrive tard dans la discussion. Je suis d'accord avec ce qui a été dit plus haut; c'est à se demander si le policiers ne sont pas là pour surveiller Savoy plutôt que pour protéger l'expédition des guerrilleros...

Juste une petite précision (un peu bête mais bon), on nous parle d'attaque d'essaims de moustiques à plus de 2000 m d'altitude. Existent-ils réellement ces moustiques? Je me pose la queston parce qu'on en avait déjà discuté et que dans le reportage, qui a tendance à dramatiser la situation (la musique est insupportable) on n'en voit pas l'ombre (tout comme on ne voitr pas l'ombre d'un guerillero, mais c'est probablement une autre histoire).
ZI Zitoune Globetrotter ·
Là où ils sont, il y a des moustiques au fond des vallées et pas de guerilleros.

Là où tu vas aller, il n'y a ni moustiques ni guerilleros.

A+
Es un hombre que se va, la lagrima se queda.

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