Film: Persepolis
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J'ai vu Persepolis ce weekend, c'est un très beau film. Il 'ma aussi appris beaucoup de choses sur l'Iran, aussi bien sur l'histoire du pays que sur ses habitants. On a tellement tendance ici à ne plus considérer les iraniens comme des hommes mais plutôt comme des robots à la solde d'un islamisme radical et austère. C'est bon de remettre les choses en place et je trouve que le film y parvient parfaitement. Etre jeune ou ado à Téhéran ne veut pas dire qu'on ne veut pas boire des coups en dansant sur de la musique de son époque.

Au niveau visuel la forme du dessin ainsi que le partie pris sur le gris/noir/blanc font penser à des films expressionnistes allemands comme ceux de Lang ou Murnau. C'est assez sombre mais c'est habilement contre balancé par le ton humoristique de Marjane Satrapi. Tous les personnages sont tellement attachants qu'on oublie que l'on regarde un film d'animation, le tout étant très réel. Le passage autrichien est lui aussi très bon, on se croirait revenu dans les années 80 no future...

Le film fournit vraiment un nombre important d'information sur l'Iran : les ellipses historiques qui montre un peuple qui se révolte d'une dictature pour tomber presque le lendemain dans une autre, la façon de vivre les interdits dans le pays et de les contourner, la vie quotidienne dans les rues de Téhéran, la place des femmes...

Courrez y, allez voir ce merveilleux film.
On a tous en nous quelque chose de Tenesse : Johnny Haliday
GE Geob Veteran ·
Je l'ai vu ce matin... une merveille ! Et bon sang, que les yeux deviennent vite humides ! Une prédilection pour le personnage de la grand mère de Marjane, avec la voix de Danielle Darreiux : un régal !
Voyager c'est découvrir que tout le monde a tort. Aldous Huxley
ES Esvessya Regular ·
Epatant ! C’est drôle, c’est grave, c’est émouvant ! J’ai l’impression d’en avoir appris immensément plus par ce film que par les journaux sur la révolution iranienne. Un témoignage fort et utile, vraiment à voir.
MÉ Mékong Globetrotter ·
Je l'ai vu vendredi avec un peu d'appréhension mais dès les premières images j'ai été vraiment emballé, c'est un vrai film humaniste qui fait tomber bien des clichés. La grand mère est inoubliable et j'ai versé une petite larme à la fin lorsque elle se sépare de sa famille à ne pas manquer ce film magnifique
http://www.flickr.com/photos/mekong69/sets/ http://www.youtube.com/watch?v=X-UPh_7iIlQ
AR Aristomakos Globetrotter ·
Je suis d'accord avec vous, c'est un très bon film. Profond, humain, pédagogique.

Une question : quel boulot faisait le père de Marjane et comment a t-il pu ne pas se faire arrêter ou exécuter par le régime islamiste ? il avait toutes les raisons d'être suspecté. S'est-il compromis ?

Le contexte de la guerre iran/irak (1980/1988), souvent évoqué dans ce film (ex : bombardement de téhéran) permet de rappeler que cette guerre entre saddam et khomeney a fait des centaines de milliers de morts, pour un conflit de type guerre des tranchées, avec des gains territoriaux minimes. Les iraniens, fanatisés, chargeaient en masse quelques soient leurs pertes.

Les iraniens avaient des chars americains et britanniques (héritage du Shah), les irakiens des chars sovietiques, plus tout un tas de matos d'origine disparate, notamment française.

Les americians ont livré des armes aux deux belligérants.

En 2003 les iraniens ont accueilli les avions irakiens pour que les US ne les détruisent pas.

Tant de haine et quelques centaines de milliers de morts ont vite été oubliés. Finalement à la fin de la guerre, rien n'a changé. Ils sont tous morts pour rien. Le pouvoir de khomeney a sans doute été renforcé par le sang de ces "martyrs". Les pauvres !
Ben
AR Arrawak Globetrotter ·
Je vais aller le voir Vendredi, je n'y pensais pas, mais tu m'en a donné l'envie.

J'ai vu un reportage télé il y a quelques temps, effectivement, les jeunes Iraniens montraient leur débrouille, pour transgresser la loi des ayatollah, et profiter des choses interdites, chez eux, et tellement naturelles chez nous

Encore merci pour l'info.
Tout vient à point pour qui sait attendre

Bonjour à tous ARRAWAK
DE Delseve Veteran ·
Film magnifique, qui réussit à faire passer une véritable émotion.

POur aller encore au-delà, je vous conseille la lecture du livre (qui vient de sortir en intégrale), lui aussi extraordinaire.
Mon site sur les panneaux du monde: http://panneauxdumonde.toile-libre.org http://www.facebook.com/pages/Panneaux-du-monde/188682581149484?ref=ts

D'autres photos sur: http://picasaweb.google.com/delseve59
AS Askar Veteran ·
Le moment que j'ai trouvé le plus émouvant c'est quand l'oncle emprisonné et condamné à mort demande à voir la petite Marjane pour sa dernière et unique visite avant son exécution.
“I'm sure tourists would leave Somalia alive and I'm hopeful they wouldn't be kidnapped. At least, we would try to make sure they were not kidnapped, although it can happen.” Somalia's minister of tourism Abdi Jimale Osman.
EL Eliade Globetrotter ·
film sobre et fort ! je l'ai aimé pour les raisons que tu évoques ; j'aimerai qu'il soit vu par un grand nombre de personnes, des jeunes au moins jeunes. J'ai vu ce film avec une amie laquelle m'a dit dès le mot fin "j'ai apprécié ce film parce qu'il n'est pas militant", sur le coup j'ai acquiécée et avec le recul, je pense au contraire que ce film est un film militant, il dépasse la simple narration d'une oeuvre fiction, il dénonce ! je pense que ce film restera comme document sociologique ! l'écriture le dessin ma interdit de faire un transfert quelconque : je l'ai reçu tel qu'il est : en blanc et noir.
"pendant un instant l'usage des yeux : la lecture du monde. italo Calvino "Paroles de voyageurs" si tu n'as pas étudié, voyage".
MÉ Mékong Globetrotter ·
Pour mieux faire connaissance avec l'auteur de Persépolis, ce magnifique film humaniste Eric

Persique et signe Marjane Satrapi, dessinatrice et réalisatrice, adapte sa BD autobiographique «Persepolis» au cinéma et en fait une grande déclaration d'indépendance et de liberté. Christophe Chabert Le Petit Bulletin à Lyon

Elle a la réputation d'être une grosse fumeuse, et la vision du cendrier suffit à la rassurer. Pas qu'elle soit intimidée par les journalistes ; pas non plus qu'elle ait des craintes quant à l'accueil de Persepolis - Cannes, la longue standing ovation et le prix du jury semblent l'avoir détendue définitivement sur ce point. Mais cette liberté-là, Marjane Satrapi y tient, comme à beaucoup d'autres. Et elle veut être à l'aise pour pouvoir dire avec la plus grande clarté - phrases soigneusement construites et énoncées avec attention - ce qui lui tient à cœur : l'Iran, la France et ce qui, d'elle, relie les deux pays. D'abord une bande-dessinée, sortie chez un éditeur indépendant (L'Association), et dont les quatre volumes vont créer un engouement international ; et aujourd'hui un film, qui condense et élargit l'horizon de cette œuvre autobiographique et pourtant universelle. «Il n'y a aucune bonne raison de faire un film d'une BD qui a eu du succès. C'est même l'idée la plus nulle qui soit...», dit-elle, pince-sans-rire. «Mais la situation s'est présentée dans des conditions idéales. On nous a donné, à Vincent Paronnaud et à moi, un magnifique jouet. On a sauté à l'eau, et on a découvert que l'on ne savait pas nager. Il nous a fallu deux ans pour nous en rendre compte. Cela posait des problèmes narratifs, des problèmes techniques... Il fallait oublier la BD et créer une structure purement cinématographique. Ensuite, au niveau de la technique, on a fait semblant de savoir...» Et la voilà, elle qui a l'habitude du travail en solitaire devant ses planches et ses crayons, à gérer une équipe de 90 personnes, qu'elle va si bien driver qu'elle leur communiquera son enthousiasme. «Quand on a commencé à réaliser le film, on pensait qu'on allait venir une ou deux fois par semaine pour engueuler les gens. En fait, on est venu tous les jours, on a travaillé comme des malades et toute l'équipe s'est surinvestie. Et à l'époque, il n'y avait pas encore Sarkozy !».

Choc des non-cultures On a la sensation que, de la BD au film, c'est justement le sarkozisme galopant qui a légèrement fait basculer l'optique de Satrapi. Comme si raconter à nouveau l'Iran pour ceux qui en disent n'importe quoi s'était transformé en envie de raconter ceux qui disent n'importe quoi à partir de l'Iran. Et rappeler à tous, Iraniens, Français, Américains - coproducteurs du film via Kathleen Kennedy, la camarade de Spielberg - l'importance des valeurs comme l'émancipation, la liberté d'expression, le droit à la critique. «C'est un hasard, on a commencé le film il y a 3 ans...», dit-elle. Hasard ? «J'ai écrit Persepolis car, quand je suis arrivée en France, je devais passer 45 minutes pour répondre à la question «Vous venez d'où ?». Cette justification constante de mes origines était pénible, et illustrait la tendance à toujours trouver un nom au mal : après la chute du bloc de l'Est, on a inventé le bloc du Moyen-Orient. En fait, il n'y a pas de choc des cultures, il y a un choc de non-cultures ; entre gens cultivés de tous les pays, on peut toujours parler...». Pour illustrer le propos, elle nous fait comprendre le dégoût qu'elle a ressenti à la vision de 300, où le grand peuple perse est décrit comme un ramassis d'«homosexuels et de monstres». Quant à Persepolis version cinéma, Marjane Satrapi ne cache pas son envie d'y avoir mis un propos universel sur la liberté. «Ce n'est jamais assez de le prôner, il faut le dire et le redire. Oui, ça se passe en Iran, mais ça arrive chaque fois que la raison d'état prend le dessus sur les droits des citoyens.» «Une vraie démocrate» Si le propos est universel, l'histoire est la sienne. Naissance en 1969 à Téhéran, études à Vienne dans un lycée français, retour en Iran, mauvais mariage pour échapper à la pression sociale, divorce et départ pour la France, où elle arrive à 25 ans. «En France, être un étranger n'a jamais été un problème. Tout le monde a pu venir ici s'exprimer, et la France a eu cette capacité d'absorption. La réputation de la France dans le monde n'est pas liée à sa technologie hyper-moderne, mais bien à sa tradition culturelle. C'est ce qui me fait peur dans l'immigration choisie et l'identité nationale, que l'on perde ce prestige international-là». Un discours autrement plus pertinent que les oppositions binaires aux idées sarkozistes, auxquelles on sent pourtant que Satrapi est loin d'adhérer. Mais rien ne la débecte plus au monde que de stigmatiser «les bons et les méchants». Et d'ajouter : «Je suis une vraie démocrate : j'accepte la critique, mais je ne veux pas entrer dans la polémique». Référence aux déclarations outrées de l'Ambassadeur d'Iran avant la présentation du film à Cannes. Il y a des cons partout, donc, une maxime qui aurait pu sortir de la bouche de son extraordinaire grand-mère, jouée dans le film avec punch par Danièle Darrieux. «En vieillissant, je lui ressemble. Elle ne cherchait pas à être aimée, mais quand elle aimait quelqu'un, elle l'aimait vraiment. Elle ne se posait pas de faux problèmes, elle détestait la morale, mais elle avait une éthique. En cela, je tiens d'elle : quand les rapports entre les gens sont clairs, on gagne beaucoup de temps». Cela n'est pas inscrit au générique, mais on sent que Persepolis lui est secrètement dédié.
http://www.flickr.com/photos/mekong69/sets/ http://www.youtube.com/watch?v=X-UPh_7iIlQ
EL Eliade Globetrotter ·
merci pour les infos 😉ce qui serait intéressantaussi, c'est de connaître ton point de vue concernant le film 😉
"pendant un instant l'usage des yeux : la lecture du monde. italo Calvino "Paroles de voyageurs" si tu n'as pas étudié, voyage".
MÉ Mékong Globetrotter ·
je l'ai déjà dit sur un post plus haut
http://www.flickr.com/photos/mekong69/sets/ http://www.youtube.com/watch?v=X-UPh_7iIlQ
EL Eliade Globetrotter ·
je l'avais lu en effet ! et j'avais bcp apprécié ton point de vue sur le film et sur la personnalité et le rôle de la grand-mère 🙂 figure très moderne, ce qui nous laisse à penser qu'elle devait appartenir à ses vieilles familles persanes ouvertes sur le monde en général, enfin c'est mon point de vue excuse-moi mais aujourd'hui j'ai lu à partir de mon dernier post et donc j'ai oublié ce qui précédait ! à + j'oubliais, il fut un temps où cette Région était le centre du Monde
"pendant un instant l'usage des yeux : la lecture du monde. italo Calvino "Paroles de voyageurs" si tu n'as pas étudié, voyage".
MÉ Mékong Globetrotter ·
En effet la grand mère rime avec liberté et chaque mot qu'elle prononce dans le film est un pur bonheur.
http://www.flickr.com/photos/mekong69/sets/ http://www.youtube.com/watch?v=X-UPh_7iIlQ
TE Teleben Regular ·
Bonjour, le film va passer bientôt chez moi et j'aimerais aller le voir avec mon petit-fils de 12ans ? qu'en pensez vous ? Merci
http://20ansdevoyages.blog4ever.com/blog/index-263507.html http://meze34.blog4ever.com/blog/index-77827.html
MÉ Mékong Globetrotter ·
salut

oui tu l'emmener sans aucun problème, c'est un film à montrer aux enfants
http://www.flickr.com/photos/mekong69/sets/ http://www.youtube.com/watch?v=X-UPh_7iIlQ
ZA Zayandeh ·
Je connais l'Iran pour y être allée plusieurs fois. Le Film/DA de Satrapi est superbe. J'ai reconnu l'Iran que je connais et que j'aime mais aussi les lourdeurs du quotidien. Dès les premières minutes j'ai été émue jusqu'à la fin. En prime, les raisons qui poussent les gens à partir de leur pays, l'exil est toujours vécu comme une survie et non comme un voyage d'agrément.
HE Heidary ·
où vous avez vu ce film, à Paris ?
ST Storris ·
Je trouve ce film médiocre et décevant. Bien que l'histoire soit émouvante et impressionnante, je ne pouvais pas jouir des dessins infantiles. De plus, je trouvais les réactions des personnages trop sèches et insensibles. Quand quelqu'un a été assassiné où quand Satrapi est partie en France, les personnages n'étaient pas très désespérés. Naturellement, ils étaient émus, mais ils l'ont accepté vite. Je voulais voir plus de sentiments. Enfin, il n'y avait aucune liaison entre les scènes différentes. Il s'agissait plutôt de plusieurs rétrospectives séparées, que d'une histoire fluide. Mais malgré à tout, je trouve ce film un régal, car il vous ouvre les yeux concernant la situation au Moyen-Orient. Maintenant, je sais et comprends ce qui s'est passé là-bas. Donc, allez voir ce film, mais pour son message et pas pour le film même.
KU Kujila Globetrotter ·
je ne pouvais pas jouir des dessins infantiles

Les dessins sont très beaux, graphiques et pleins de personnalité, mais bon évidemment, si on est habitué à voir du Disney...

Enfin, il n'y avait aucune liaison entre les scènes différentes. Il s'agissait plutôt de plusieurs rétrospectives séparées, que d'une histoire fluide.

L'explication vient surtout du fait qu'au départ il ne s'agit pas du tout d'un film mais d'une bande-dessinée... C'est d'ailleurs ce que je reproche au film par rapport à la BD : c'est sa simple transcription sur l'écran.

Je conseille donc surtout de lire la BD, très belle et très intéressante. Le film pour moi n'est qu'un dérivé commercial du livre, et du coup sans intérêt car il n'apporte rien de plus.

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