Par ailleurs j'aurais bien aimé que tu nous parles un peu de ton voyage 😛
Je fais une réponse groupée, en réponse à ton message et celui de maevita.
D’abord le contexte : 1 mois sur place, 3 semaines avec un ami, 8j seul.
L’objet de mon post était avant tout de faire découvrir le pays à travers quelques photos. Pour ce qui est de mon ressenti, c’est très….comment dire…. Pfiouuuu, je ne sais pas. Je n’ai pas assez de mots je crois. Fascinant, poignant... . Et malheureusement pour moi, de la tristesse aussi.
Je ne vais pas m’étaler sur la beauté des lieux, beaucoup de choses ont été dites là-dessus. Disons qu’à part Natanz peut-être, et encore, tout a été splendide. Vraiment !
De par ma profession, la seule période où je peux partir 1 mois est en été. Et l’été en Iran, ça cogne sévèrement. Je le savais avant de partir, évidemment, mais les 48 degrés à Ahvaz je m’en souviens encore !
Pour le reste, ce sont les anecdotes, les rencontres, ...tout en connaissant le contexte, ... qui font de ce pays une destination si particulière !
Pas une journée sans que des iraniens viennent à nous pour nous parler ou pour nous poser des questions. Le tout, sans arrières-pensées, sans objectifs cachés.
Ça va du très bref « Hello, welcome to Iran » pour ceux qui ne souhaitent pas prendre trop de notre temps ou dont l’anglais n’est pas suffisant pour tenir une longue conversation, à plus long : « Hello. How long have you been here ? What did you think about Iran before coming, and what do you think now ? ». Tous ces gens sont des plus accueillants, ouverts, curieux. Et parmi tous les gens rencontrés, tous, sans exception, haïssent les religieux au pouvoir.
Pour les rencontres plus personnalisées, pfffiouuuu, il y en a eu un paquet ! Parmi ces rencontres, certaines ont été touchantes, marquantes, voire bouleversantes.
Je pense notamment à cette femme rencontrée près de Kashan qui a fait des pieds et des mains pour nous faire rentrer dans un haut lieu sacré. L’entrée nous ayant été refusée, pour des raisons un peu obscures. Elle a demandé à joindre quelqu'un , le responsable du tourisme de la ville je crois, pour lui expliquer énergiquement que nous étions des étrangers et que par conséquent nous étions des invités, qu’il fallait bien nous recevoir pour donner une belle image du pays… Bref, elle a réussi, et elle nous a servi de guide durant toute la journée ! Une chouette nana !
Je pense à ce vieux monsieur, rencontré dans un parc de Téhéran. Un cordonnier à la retraite et qui prend des cours de français le soir, pour son plaisir. Je ne me souviens plus de son âge, mais il avait approximativement 75 ans. Son français était remarquable ! Il souhaitait juste perfectionner son français quelques minutes avec nous. Au final, nous sommes restés avec lui 1h1/2.
Je pense à ces 6 jeunes téhéranais rencontrés sur les toits d’un café de Yazd. 6 jeunes entre 18 et 22 ans, tous réunis pour rendre visite à un de leur ami basé à Yazd. 6 jeunes de classe moyenne, des étudiants, un DJ… La discussion tourne autour de sujets sociétaux, tous vomissent le gouvernement, certains avouent fabriquer de l’eau de vie, certains avouent fumer de l’herbe le weekend….
Je pense à F. (photo 10) et sa sœur, jeunes nomades Qashqai, avec qui on a bien rigolé en tentant de dégager pendant 2 bonnes heures la voiture qui nous transportait, embourbée jusqu’au châssis.
Je pense à N. , rencontrée à la fin du voyage, qui bosse dans une auberge de jeunesse de Téhéran, et qui m’a hébergé chez elle avec sa colloc puisque l’auberge était pleine et qu’il était déjà tard. Appartement chic des quartiers bourgeois de la capitale, qui appartient à son père. Pile de fringues sales dans la pièce de vie dont soutifs et culottes , sortie de douche en topless avec juste une main pour couvrir la poitrine, des potes arrivent...la beuh sortie du tiroir, musique techno. Ouaouh, sacré contraste avec ce que j’avais vu avant !
Je pense aussi à H., ce chouette kurde de 22 ans, étudiant mais aussi prof d’anglais. Quand nous nous sommes rencontrés, il n’avait qu’un souhait : quitter le pays ! Il attendait d’avoir suffisamment de sous pour payer un passeur. Suis toujours en contact avec lui, j’ai appris que son père est décédé il y a 1 mois. Désormais, il a fait une croix sur son rêve de partir puisqu’il reprend avec son frère la librairie de leur père, ...seule source de revenus de la famille.
Je pense aussi, et surtout, à S., cette fille de Mariwan ! Initialement prise de contact par whatsapp pour communiquer une simple info touristique. Puis échanges quotidiens pendant 2 mois...comment dire...personnels, voire intimes. Des sentiments forts l’un pour l’autre. Très forts ! Puis...je ne sais pas…un fossé culturel certainement…. Suis toujours en contact avec S., moins régulier désormais. Épisode toujours douloureux aujourd'hui…
D’autres belles rencontres ont eu lieu, mais voilà certainement celles qui ont été les plus marquantes.
Pour que le tableau soit complet, je dois préciser que j’ai fait une mauvaise rencontre. A Sari plus précisément. Peux en dire 2 mots si vous le souhaitez.
Et pour que le tableau soit vraiment complet….A la toute fin du voyage, j’ai rencontré T. un français, à l’auberge de Téhéran. Fraîchement arrivé en Iran, il était bloqué dans la capitale depuis 2j. Sa faute ? Avoir pris un bâtiment en photo, dont la façade était recouverte du portrait de Rohani. Interdit en Iran ! Des flics en civil lui sont tombés dessus. Appareil photo confisqué….ainsi que le passeport, le temps d’enquêter sur lui. Il est finalement resté 8j bloqué dans la ville ! L’ambassade de France lui a alors conseillé de prendre un vol simple et de dégager le plus rapidement possible. T. est certainement blacklisté désormais...