Et surtout depuis que la Chine a piqué l'Aksaï Shîn à l'Inde, un territoire de 47735 km2 soit près d'1/10e de la France !!!
Un article qui en dit long sur les tentions entre l'Inde et la Chine : En 1962, la Chine use de sa stratégie guerrière pour ravir les territoires de l’Aksin Chin et inflige à l’Inde sa plus cuisante défaite. L'Aksai Chin, ou "le désert des pierres blanches", est un vaste plateau désolé, à plus de 5000m d'altitude, à l'est du col de Karakoram. Il n'est qu'une dépendance sans valeur du royaume du Ladakh auquel son sort se trouve lié à l’invasion du Tibet par les Chinois et leur volonté de renforcer leur contrôle sur les provinces instables d’Asie Centrale. Le 20 octobre 1962, les troupes de l’armée populaire de Chine lancent une offensive sur le plateau de l’Aksin Chin et avancent de 18 kilomètres. L’Inde réplique aussitôt ; l’affrontement fait plusieurs centaines de morts. Le 18 novembre 1962, la Chine se retire mais garde le contrôle de 47 735 km2 du plateau de l’Aksin Chin. Le désaccord avec l'Inde porte en totalité sur près de 120 000 km2 aujourd’hui, pour l'essentiel au Nord-Ouest, sur l'Aksai Chin et au Nord-Est, sur une grande partie de l'Himachal Pradesh.
Les Chinois aujourd'hui opposent que les frontières initialement fixées lors du traité de Drangtsé signé en 1842 ne sont pas légitimes et n'ont été délimitées que par un alignement de bornes tracé au sol. Ils ajoutent qu'ils ne sont pas tenus de respecter le traité vu que le gouvernement de Pékin n’a pas été impliqué dans sa rédaction (pourtant l'un des signataires, tibétain de naissance, avait rang mandarinal mais le Tibet et les tibétains étant rayés de la carte en 1962, le traité fut déclaré caduque). En fait, les Chinois ont construit la route de Lhassa à Kachgar à travers l'Aksai Chin minéral, dans les années 50 après l'invasion du Tibet : celui-ci est maintenant une pièce essentielle de leur dispositif politique et stratégique pour relier et contrôler le Tibet annexé et de la province autonome et musulmane du XianYang.
Cette défaite conduit à l’isolement politique de l’Inde. Nehru songe à s’allier aux Etats-Unis mais finalement s’y refuse, Khrouchtchev est le seul à ne pas adopter le point de vue de la Chine, sauvant ainsi l’honneur de l’Inde ce qui signe définitivement la rupture sino-soviétique. L’Inde tire de sa défaite une leçon : plus que jamais, elle comptera sur ses propres forces dans le domaine de la sécurité. C’est vraisemblablement à cette époque que l’Inde commence à penser secrètement à l’arme nucléaire.
En 1962 toujours, la Chine acquiert en plus un territoire de 5 180 km2 dans le Karakoram, jouxtant les frontières du Pakistan, validé par traité et naturellement contesté par l’Inde. La Chine est depuis restée fermée à toutes négociations de règlement de ses différends frontaliers avec l’Inde. La Chine, en retrait depuis ce conflit, reste l’ennemi numéro un de l’Union indienne, derrière le Pakistan.
Beub
"J'AI BESOIN DU LOIN" - Marius - Marcel Pagnol