Quelques jours au Paraguay

This discussion is in French, the community’s main language.

Original post
CO
Cet été je retournais visiter ma "famille" en Uruguay. Etant donné que l'été dans l'hémisphère Sud correspond à l'hiver dans l'hémisphère Sud il me fallait trouver une destination proche de l'Uruguay me permettant d'avoir ma dose de températures au dessus de 15 degrés celsius. Le Paraguay me paraissait une destination parfait pour accomplir ce souhait. Je n'étais jamais allé au Paraguay, ma "famille" est d'origine paraguayenne et j'avoue que dire à mes amis que j'avais été dans un pays aussi bizarre que le Paraguay était pour moi une grande satisfaction.

Je me retrouve donc le premier juillet à l'aéroport de Montevideo à embarquer dans un avion pour Buenos Aires Aeroparque ou j'attendrais trois heures un autre avion pour Asunción. L'attente me permis d'avoir un premier contact avec la culture paraguayenne. Premièrement les passager ont des traits bien plus "sud américains" que les uruguayens ou les argentins. Ils sont plus mats de peau, ont les yeux très légèrement plissés et un physique bien plus bourru. En clair on note que les paraguayens ont des racines indiennes (guaranies pour être plus précis). Mais il y a aussi des drôles de passagers qui partagent l'étroite salle d'embarquement internationale d'Aeroparque. Parmi eux une dame d'un certain age et un monsieur du même age arborent des costumes qui paraissent tous droits sortis de la petite maison dans la prairie. Madame a une grande robe bleue à fleur et un chapeau qui ressemble à ceux que portaient les infirmières dans les années 1950, monsieur, quant à lui, porte une chemise en jean noire avec un jean tout aussi noir et un chapeau (lui aussi noir, ils doivent être super positifs dans la famille!) avec de large bords. Voilà à quoi ressemblent les mennonites, une communauté d'origine allemande qui s'est installé au Paraguay entre 1930 et 1950. Ce sont des gens très attachés à la tradition que l'on associe généralement aux Amish Nord-américains. Ils se sont installés dans une région peu accueillante à la base, le chaco, ou il fait très chaud en été (plus de 40 degrés) mais leur travail et leur savoir faire a permis de rendre ces terres très fertiles. Ils sont de ce fait des très grand producteurs agricoles et laitier et comptent parmi les communautés les plus riche de ce drôle de pays qu'est le Paraguay.

Après une heure et demi de vol me voilà donc à l'aéroport Silvio Pettirossi d'Asuncion. Les formalités administratives sont réglés en un rien de temps ce qui est très agréable. Je fais une étape au guichet automatique et sort 120 000 guaranies (taux de change 1 euro = 6000 guaranies). Pour la première fois de ma vie j'ai plus de 100 000 quelque chose en billet dans ma main! Direction le comptoir des taxis et j'engage la discussion avec le monsieur chargé de répartir les quelques passagers qui prennent un taxi.

"Bonjour! Comment ça va? Je veux aller à l'hotel Sagaro au centre ville.c'est 90 000 guaraniesOhhh tu ne pourrais pas me faire un prix? Je suis étudiantCombien tu as?60 000attends deux minutes"

Le monsieur se dirige donc vers un chauffeur de taxi qui accepte le deal. Me voilà dans une mercedes qui n'est plus toute jeune en direction du centre ville. Tout de suite je remarque que les paraguayens ont une manière très particulière de conduire. D'abord ils ont tendance à diriger leur véhicule vers la gauche en laissant la voie de droite complètement libre: résultat lorsqu'il faut dépasser c'est le mec de devant qui se rabat pour laisser passer la voiture... Bien sur pour que le mec de devant se rabatte il faut faire de grands appels de phares et mettre de gros coup de klaxon! Evidemment l'expression "limite de vitesse" est totalement saugrenue pour n'importe quel conducteur, si la voiture va jusqu'à 130 km/heure pourquoi rouler à 50 km/heure? Enfin le mot STOP doit signifier "ralentir puis accélérer" en guarani (le guarani c'est une langue en plus d'être une monnaie) car je n'ai jamais vu de gens s'arrêter lorsqu'il y avait marqué STOP.

J'arrive toutefois à bon port. L'hôtel est moche mais il ferra facilement l'affaire pour une nuit, demain j'irai en chercher un autre! La dame est assez surprise de voir un jeune homme parlant espagnol avec un accent uruguayen et donnant un passeport Français! Elle me donne la clé de la chambre et moi je fonce vers la chambre 111. Bizarrement je trouve que la clé est un peu dure pour la serrure mais en forçant un petit peu j'arrive à ouvrir la porte. Quelle ne fut pas ma surprise de trouver une chambre avec des valises à l'intérieur et des lits pas faits! Je ré-observe ma clé et me rend compte que ma chambre n'est pas la 111 mais la 114... Je referme la porte et me dirige donc vers la chambre 114. Cette fois ci la chambre est propre mais je ne suis pas du tout rassuré pour ma sécurité! Demain je change!
Libertad o muerte
CO Colombiano Veteran ·
Asunción, madre de ciudades

Passés les péripéties d'hier je trouve finalement une pension moins onéreuse et plus propre que l'hotel Sagaro grâce à l'aide de l'office du tourisme paraguayen. Un voyage au Paraguay n'est pas des plus faciles car il n'y a aucun livre à ce propos, ni même en Espagnol. Mais c'est justement cela que je trouve particulièrement excitant. De toute façon la première semaine sera plutôt dédié.. aux études! En effet le Paraguay est un pays qui me paraît très intéressant à tel point que j'envisagerai même de faire un travail universitaire dessus. Comme trouver des documents sur la politique et l'histoire du Paraguay à Montréal me semble être assez difficile j'envisage de faire une partie de mes recherches sur place, et cela commence par une promenade dans la ville d'Asunción!

Je vais être honnête pour un touriste lambda il n'y a pas grand chose à voir à Asuncion. Le centre ville est joli mais il n'a rien d'exceptionnel. J'ai trouvé que les bâtiments officiels ont un style très particulier que l'on qualifie de pompeux. Exemple en est du palais présidentiel, une sorte de gros gâteau blanc posé au milieu du centre ville (et accessoirement juste à côté d'un bidonville!). Les paraguayens l'appellent "el palacio de los Lopez" soit "le palais des Lopez" parce qu'il a été construit par papa Carlos Antonio Lopez qui succéda à l'une des figures historiques les plus intrigantes de l'Amérique du Sud le docteur Francia (j'y reviendrai). Mais si l'on dit "los Lopez" c'est qu'il y eut un autre Lopez, le maréchal (auto proclamé) Francisco Solano Lopez qui succéda à son père. Voilà pourquoi le palais s'appelle le "palais des Lopez". Je note aussi que la cathédrale vaut le détour, par contre elle était en rénovation alors je n'ai pu la voir que de l'extérieur. L'architecture coloniale ou post-coloniale est omniprésente. Parmi les autres édifices auxquels ont peut s'intéresser dans le centre ville j'ai bien aimé le panthéon national des héros (photo en bas), l'église de l'incarnation (photo en bas), l'ancienne gare ferroviaire et l'hôtel Guarani. Par contre le tout nouveau sénat est une sorte d'immonde blockhaus de verre et de marbre qui ne fait pas honneur aux architectes!

Le Paraguay était auparavant l'un des pays les plus riche d'Amérique du Sud. Le docteur Francia prit les commandes du pays lors de son indépendance et adopta une politique d'autarcie qui permit de pacifier le pays à l'époque ou dans la région les caudillos guerroyaient et conspiraient pour prendre le contrôle de pays nouvellement indépendants. De ce fait les structures productives se sont considérablement développés et ont créé une véritable richesse nationale car les terres sont très fertiles (je passe les détails que mes professeurs d'université se feront une joie de lire lorsque j'aurais rendu mon travail!). Lorsqu'il décéda en 1840 Carlos Antonio Lopez prit le pouvoir et mit fin à cette politique d'autarcie permettant au Paraguay de commercer avec ses voisins et avec l'Europe ce qui amena un grand développement technologique. Ainsi les premier chemin de fer sud américain fut construit au Paraguay. Bref aux alentours de 1850 le Paraguay produisait et exportait donc il s'enrichissait! Malheureusement pour les paraguayens le Marechal Francisco Solano Lopez (vous savez celui qui succéda à son père) voulu étendre le territoire mais cela ne fit pas plaisir aux voisins qui se liguèrent contre le Paraguay. Ce fut la guerre de la triple alliance (Argentine Brésil et Uruguay contre le Paraguay). A la fin de la guerre en 1870 le pays était totalement ruiné et presque sans hommes (90% de la population masculine fut tué). Depuis le pays ne s'est jamais vraiment remis de cette débâcle et surtout la stabilité politique obtenue grâce Francia (et surtout grâce à des méthodes peu démocratiques) a totalement disparue ce qui fait qu'aujourd'hui le Paraguay est l'un des pays les plus pauvres d'Amérique du Sud.

Une bonne partie des grands bâtiments d'Asunción datent de cette courte mais faste période ce qui donne à cette ville un côté totalement désuet. Lorsque l'on est au Paraguay on a l'impression d'avoir fait un saut dans le passé tant les bâtiments sont anciens et peu entretenus. Par contre le paraguayens sont des gens d'une gentillesse à toute épreuve. Leur espagnol est doux ce qui contraste avec l'espagnol dur et saccadé des argentins ou uruguayens. Je ne me suis jamais senti mal à l'aise parce que je n'étais pas "couleur locale", bien au contraire! Un autre avantage c'est que l'on y mange pour trois fois rien et les plat sont à base d'aliments roboratifs (manioc, viande, oeufs...) sans compter que les portions sont souvent gargantuesques. Bref ce premier tour à Asunción me plait.
Libertad o muerte
CO Colombiano Veteran ·
Asunción, côté obscur.

Tout n'est pas rose à Asunción, loin de là. Grâce à ma famille j'ai pu rentrer en contact avec un cousin éloigné qui vit à Asunción. Il es professeur au collège et il ne vit pas très loin du centre ville avec sa femme est ses enfants dans le quartier ouvrier (barrio obrero). Dès que je passe l'avenue docteur Gaspar Rodriguez de Francia (tiens encore lui!) j'ai l'impression d'avoir changé de ville. Les rues sont pavées, mais ce ne sont pas les beaux pavés que l'on retrouve sur les Champs-Elysées, ce sont des pierre concassées mélangées à du sable. Les trottoirs sont ombragés grâce aux nombreux arbres qui ont été plantés. Il y a surtout une sensation assez étrange de vide. Les gens sont cloisonnés chez eux et il y a peu de magasins. Je marche sans cesse au milieu de la rue car les voitures sont inexistantes dans cet endroit, parfois je croise un chien errant. Déjà que j'avais trouvé le centre ville peu animé là j'ai presque l'impression de me retrouver dans une ville fantôme.

Ce qui est marrant c'est que tout le monde se connait, pas par le nom, ni par l'adresse, mais par les histoires personnelles de chacun. Je cherchais par exemple la maison de ma tante Ramona. En demandant à l'épicier du coin s'il savait ou c'était le 273 de la dixième rue j'ai fait face à un mur, par contre en expliquant que je cherchait ma tante qui avait passé six ans à New York et qui venait juste de rentrer j'ai tout de suite eu ma réponse!

Au premier regard on ne se rend pas compte que le Paraguay est un pays pauvre, on se dit juste que c'est un pays plus pauvre que les pays de l'hémisphère Nord. La terre étant fertile et les paraguayens étant de bon cultivateurs, les jardins sont généralement très fleuris ce qui rend les maisons très coquètes. Mais derrière ces façades fleuries se cachent des réalités moins drôles. Les maisons ne sont pas très bien construites résultat il y en a plusieurs qui tombent et encore plus qui menacent de tomber. Les gouvernements paraguayens ont profité de la richesse du pays pour assurer le strict minimum. Mourir de faim est quelque chose de difficile au Paraguay, le manioc abonde partout à un prix dérisoire, par contre bien manger coute cher pour le commun des mortels. L'eau est suffisamment abondante pour ne pas couter trop chère mais il ne faut pas être regardant sur la qualité, ou alors il faut acheter de l'eau minérale qui coute chère. Il existe bien un système de santé qui permet de recevoir un minimum de soin lorsque l'on a quelque chose de pas trop grave mais dès que ça se complique les plus riches vont se faire opérer à l'étranger tandis que les pauvres...

Le gâchis est omniprésent dans les structures de l'Etat. Un exemple parmi tant d'autre, l'électricité produite par le barrage d'Itaipu (le second plus grand barrage au monde partagé entre le Brésil et le Paraguay) est entièrement amenée au Brésil ou elle est transformée pour ensuite revenir au Paraguay. En gros les paraguayens produisent de l'électricité qu'ils vendent en valeur brute au Brésil qui se charge de la transformer en "électricité utilisable" qu'ils revendent (évidemment plus cher car il y a eu un processus de transformation) au Paraguay! Résultat les dividendes d'Itaipu sont entièrement gâchée à racheter ce que produit le Paraguay mais qu'il est incapable de distribuer...

En tout cas il y en a qui ont bien profité de cette pauvreté: les Eglises évangélistes et le parti Colorado. La différence c'est que les Eglises promettent une vie meilleure à leurs intégrants au paradis, alors que le parti Colorado assure une vie meilleure sur terre à ses intégrants! Chaque quartier a sa "seccional colorada" ou s'organisent des grands banquets, des fêtes d'anniversaires, des soirées dansantes etc etc... Mon cousin travaille dans le secteur public: tous ses chefs sont colorados. Lui n'est pas colorado (loin de là) et il est au même poste depuis dix ans. Pour être promu mieux vaut investir dans la seccional de son quartier. Clamer son amour pour les libéraux ou autres équivaut à refuser d'être promu, à une certaine époque cela assurait une mutation au fin fond du Chaco vers les frontières brésiliennes ou boliviennes. Quant aux Eglises elles font le plein de nouveaux fidèles chaque semaine promettant monts et merveilles à ceux qui voudraient bien investir le peu d'argent qu'il leur reste dans le temple... Les seules publicités qui se retrouvent dans tout le pays sont les pubs pour les églises et pour LE parti.
Libertad o muerte
PE Pekoune Regular ·
c'est super intéressant, la suite!!!
don't dream your life, live your dreams!!!!
CO Colombiano Veteran ·
Asunción et les différences sociales

Bon je vais terminer ma description d'Asunción avec ce post car après je vais passer à d'autres chose. On a souvent l'habitude de dire en caricaturant l'Amérique du Sud qu'il y a une très petite minorité qui a tout l'argent et une très grande majorité qui n'a rien du tout. La réalité est souvent bien plus complexe que ça même si je consent tout à fait à dire qu'il y a de grands écarts dans la distribution de la richesse en Amérique du Sud.

Par contre au Paraguay cette caricature se vérifie! L'élite paraguayenne (les 10% les plus riches) détient 46, 1% des richesses du pays ce qui représente 65, 9 fois plus que la richesses détenue par les pauvres paraguayens (les 10% les plus pauvres). Donc non seulement ils ont beaucoup d'argent mais en plus ce sont les seuls qui en ont. Il y a aussi une chose qu'aucune statistique ne pourra bien expliquer c'est que cet argent ils le dépensent bêtement. Parce qu'après tout un mec qui a de l'argent mais qui en profite pour monter un business qui va faire travailler ses concitoyens on ne va pas trop lui en vouloir. Mais les paraguayens qui ont de l'argent ne le font pas fructifier puisque l'argent il pousse tout seul! Je ne rigole pas l'argent des riches paraguayens il pousse! En fait vu qu'ils détiennent à peu près toutes les terres (70% des terres se répartissent entre 500 fermes...) ils ont tout l'argent! C'est ce que l'on appelle les latifundios.

Donc l'argent qu'ils gagnent chaque année ils en réinvestissent un minimum pour faire marcher les fermes (desquelles ils sont totalement déconnectées puisqu'ils payent des gens pour les administrer) et le reste ils le dépensent en excentricités! Le dernier soir j'ai eu le droit à une visite guidée du quartier des riches d'Asunción avec quelqu'un qui connaissait bien ce milieu car il est avocat d'affaire (donc chargé des affaires de certains). Bizarrement les rues dans ce quartier ne sont pas pavées mais goudronnées et jolies! Les maisons que l'on voit (ou du moins que l'on entrevoit car il y a des montagnes de grillages et autres murs de protection) sont énormes. Selon les dires de mon "guide" la plupart des meubles sont importés, ce qui, évidemment, ne profite pas à la production locale. Les voitures que l'on peut apercevoir de temps en temps sont toutes de marque allemande, généralement accompagnés d'un gros 4x4 ou d'un Pickup. Bref on à l'impression d'être dans une ville Nord-américaine dont l'économie est basée sur l'agriculture intensive alors que l'on est dans la capitale d'un pays Sud-américain ou les terre cultivées se trouvent au moins à 50 km de là... Je crois que le clou de la visite fut la maison de l'ancien général Rodriguez (qui détrôna son beau père, le général Stroessner, après 34 ans de présidence, la politique c'est une affaire de militaires et de famille là bas!). Ce cher général Rodriguez se fit construire une maison qui devait ressembler au palais de Versailles en miniature... Je ne sais pas s'il est allé à Versailles mais je n'ai pas vraiment trouvé ça très réussi. La légende raconte que les toilettes sont en or, une folie qu'il pouvait se permettre étant donné qu'avant de renverser son beau père il trempait dans toutes sortes de trafics douteux, allant de l'import export de voitures volées au trafic de drogue!

Bon évidemment ici je ne parle que des très très riches. Il y a des gens qui ont de l'argent et qui sont honnêtes dans ce pays, l'avocat d'affaire est un exemple. Le problème c'est que les très très riches, non seulement ils dépensent leur argent bêtement, mais, en plus, ce sont eux qui gouvernent le pays. Et pour ça ce sont des incapables! J'ai déjà parlé des problèmes d'électricités qui sont un comble dans un pays avec autant de réserves hydrauliques mais ce n'est pas le seul. Le cout du travail est extrêmement élevé pour un entrepreneur qu'il soit paraguayen ou pas... C'est le pays le plus pauvre du Mercosur mais c'est aussi celui ou le salaire minimum est le plus élevé! Sans compter que la corruption et le trafic d'influence gangrène toute l'administration. Les taux d'intérêts sont très élevés ce qui ne permet pas d'emprunter au meilleur prix. A cela il faudrait peut être rajouter les politiques monétaires totalement inconstantes marquant un risque de voir se renchérir le coût des exportations... Bref pour celui qui rêve de monter une entreprise au Paraguay il faut beaucoup beaucoup d'argent à la base or ceux qui ont beaucoup d'argent on a vu ce qu'ils en font. L'autre solution consiste à s'armer de patience, de courage et de résignation tout en étant près à voir son business tomber d'un jour à l'autre à cause des bêtises de deux trois personnes ou alors parce que l'on dérange quelques personnes haut placées. Donc les entrepreneurs qui pourraient créer des emplois dans le pays... Il y en a presque pas!

Et les paraguayens "normaux" dans tout ça? Beaucoup travaillent au noir, ou, s'ils ont de la chance, cumulent deux jobs (l'un au noir l'autre officiel mais en temps partiel...). D'autres se débrouillent pour faire rentrer de l'argent en montant des commerces non déclarés comme vendre des T-shirts dans la rue ou des trucs "typiques" aux touristes de passage. Il y a peu de gens qui ne font rien à proprement parler mais la grande majorité est obligée de faire des sacrifices lorsqu'il s'agit de manger, d'utiliser l'électricité ou autre.

Tout cela donne plusieurs visages à Asunción qui illustrent différentes réalités. Soit des quartiers ou se concentrent petits vendeurs offrant toutes sortes de services. Ce sont généralement des quartiers animés le jour mais morts la nuit car les vendeurs visent les employés de bureau principalement. Dans ces quartiers il y a des immeubles, des voitures, des vendeurs etc etc... Bref c'est très animé. Mais dès que l'on sort de ces quartiers on tombe sur des quartier résidentiels ou il n'y a rien sauf des maisons. Si les rue sont bien entretenues et que les maisons sont relativement neuves ou rénovées c'est un ghetto de riche, sinon c'est un quartier de "gente normal" comme disait mon cousin, c'est à dire la classe moyenne qui n'a rien du tout! Et de nuit... ça dort partout! C'est une conséquence de la violence qui a marqué la pays dans les années 1990, les gens se cloisonnent chez eux. Soyons clair il ne m'est rien passé à Asunción mais je sais très bien que je n'ai pas pris de risques, la violence existe de nuit dans certains endroits qui ne sont pas surveillés à Asunción, ce qui n'est pas le cas du centre ville ou je dormais.
Libertad o muerte
CO Colombiano Veteran ·
Les réductions jésuites de Trinidad et Jesus.

Bon j'en ai enfin terminé avec Asunción même si je pourrais encore en parler sur des pages et des pages. Passons maintenant au côté touristique de mon séjour. J'avais un but précis au Paraguay c'était d'aller voir les ruines des réductions jésuites qui abondent. Au XVIIème siècle les jésuites se sont installés au Paraguay et ont créés une multitudes de communautés qui s'auto-géraient, les réductions ou missions. Les jésuites étaient indépendant du pouvoir colonial (espagnol ou portugais, à l'époque les frontières changeaient régulièrement!) en place, il menèrent ce que certains qualifient aujourd'hui comme un "communisme chrétien". Communisme car tout le travail était planifié dans la réduction, réduction dont but final était d'évangéliser les indiens. Ca parrait beau comme ça parce que les jésuites éduquaient les guaranis un minimum. Il n'en reste pas moins que c'est un sacré exemple de la mentalité coloniale: "moi je suis plus intelligent, ma religion c'est la meilleure et je vais vous expliquer comment qu'on fait pour s'occuper de cette région"! Les jésuites purent mener à bien leur mission durant 150 ans à peu près. Ils furent expulsés d'Espagne et du Portugal (et donc de toutes les terres espagnoles et portugaises) en 1767, c'est la fin du système des réductions.

Pourquoi les jésuites se sont installés au Paraguay? 1) Le but des jésuites c'était d'évangéliser le monde, or l'Amérique du Sud était un sous-continent remplis d'indiens à évangéliser. Les monarchies espagnoles et portugaises étaient bien conscientes que les jésuites pouvaient les aider dans la colonisation de l'Amérique. 2) Néanmoins les jésuites représentaient un problème car ils étaient un petit peu trop libéraux au gout de ces monarchies. Ils pouvaient aussi menacer les exportations dans certains endroits, car rien n'assure que tout l'or et tout l'argent qu'extrayaient les colonisateurs n'allait pas donner envies aux prêtres jésuites de s'enrichir un petit peu. 1+2=3) il fallait bien les envoyer, mais dans un endroit ou on était sur qu'ils n'allaient pas trop embêter. Le territoire actuel du Paraguay était idéal. Loin de tout, aucune richesse naturelle ne se trouvait à portée de main (à l'époque l'eau et la terre ça ne valait pas grand chose!) puis, dans une région difficilement contrôlable ça permettait d'assurer une certaine sécurité en maintenant une population permanente sur place. Pourquoi ils se sont fait expulser? A un moment les colons se sont rendus compte que les terres fertiles du Paraguay pouvaient avoir une utilité! Les jésuites embêtaient car ils monopolisaient les seuls capables de travailler la terre sans broncher: les indiens! Bref il fallait s'en débarrasser. Les têtes couronnées de l'époque ne s'émurent pas plus que ça lorsque les colons attaquèrent les réductions pour en faire sortir tous les indiens.

Aller aux ruines n'est pas ce qu'il y a de plus simple. Depuis Asunción il faut d'abord se rendre à Encarnacion (5 heures de bus). Heureusement il y a des bus de nuit car s'il y a un truc que je n'aime pas c'est gâcher ma matinée ou mon après midi dans un bus! Après depuis Encarnacion il faut prendre un bus pour Trinidad. Trinidad doit être à 40 kilomètres d'Encarnacion mais le bus met bien une bonne heure pour arriver a l'arrêt des ruines. L'arrêt est à 500 mètres des ruines, 500 mètre de marche ou petit à petit apparaissent ces majestueuses ruines. L'église principale est énorme et tout autour s'ajoutent des restes de bâtiments administratifs (école, dortoirs, presbytère...). Le fait que ce soit perdu en plein milieu de plaines verdoyantes à la végétation saccadée renforce le côté mystique de ces ruines. Autre point positif, il n'y a que très très peu de touristes ce qui fait que l'on se sent seul très facilement. Seul au milieu de ruines perdues en plein cœur de l'Amérique du Sud voilà une sensation pour le moins étrange mais pas désagréable. Les bâtiments, enfin ce qu'il en reste, sont de construction assez simplistes, ce sont des pierres qui font des murs qui font des maisons. Seule l'église a bénéficié d'un travail architectural plus abouti, des statues et des bas reliefs, typiques de l'église catholiques (saint et gargouilles), viennent agréablement casser la continuité des murs. Dernier point, il n'y a presque aucune restriction concernant la visite, pas un seul garde en dehors de ceux de l'entrée chargés de faire payer le billet. De ce fait on peut facilement jouer à l'explorateur en escaladant les ruines ce qui donne une vue sensationnelle sur les environs et sur la réduction toute entière. J'ai passé deux heures et demies à contempler, à écouter le chant des oiseaux (magnifique), à prendre des photos sans me lasser du paysage qui s'offrait tout autour de moi.

Après les ruines de Trinidad je me suis rendu au ruines de Jesus situées à une vingtaine de kilomètres. Pour y aller ce n'est pas non plus une tache facile. Je suis revenu vers la route 6 (ou se trouve l'arrêt ou je suis descendu). De là il faut marcher au bord de la route vers la déviation menant au village Jesus situé à une quinzaine de kilomètres. Sauf que pour aller à Jesus il n'y a pas beaucoup de bus. J'arrive à la déviation à 12h30, je demande au pompiste de la station service à quelle heure il y a un bus pour aller à Jesus: "à 14h30", ce qui en langage latino veut dire "entre 14h30 et 15h30". De toute façon le disais-je il valait mieux que je me restaure, justement il y avait un petit poste tenu par une grand mère qui vendait des empanadas. Ce poste devint pendant une heure et demie mon poste d'observation de la vie autour d'une route paraguayenne. La grand mère recevait les gens du villages qui partaient vendre leurs productions à la ville. C'est ainsi que l'on a essayé de me vendre 2 kilos et demi de tabac pur (je fume mais je préfère les marlboro au tabac pur!). J'en profitait aussi pour donner mes conseils santé à la petite fille qui avait un sale rhume. Donc pour info si vous avez mal à la gorge et que vous toussez au Paraguay mangez une grenade une fois par jour et prenez un thé avec beaucoup de citron et de miel! Je vous jure que ça marche! Mine de rien au bout d'une heure et demi j'en avais un peu marre d'attendre au bord de la route... Rien de mieux que l'autostop dans ce cas là! L'attente ne fut pas trop longue, 10 minutes pour qu'un habitant du coin me transporte sur sa moto.

Je l'ai déjà dit, je le redit et je le redirait, les habitants du Paraguay sont d'une gentillesse et d'une amabilité à toute épreuve une fois que l'on est en confiance avec eux. La personne qui me transporta me déposa juste devant la porte des ruines et parti sans rien réclamer sinon en me disant "bonne chance et bonne visite". Le chemin menant à Jesus est assez chaotique, la route est une route pavée (à la paraguayenne hein, pas comme sur les champs élysés!) qui traverse des champs de soja et d'élevage. L'impression d'être perdu au milieu de nul part se renforce. Une fois arrivé à Jesus la rue principale donne directement sur les ruines. Une autre église majestueuse plantée au milieu de champ. Celle-ci est assez étrange car, n'ayant jamais été reconstruite, le sol est en herbe. Comme si les murs et les colonnes sortaient de l'herbe! Des bâtiments alentours il ne reste que les fondations envahies par la végétation. En arrivant à l'entrée j'ai du réveiller le garde pour payer l'entrée! J'ose imaginer qu'il n'y a pas beaucoup de touristes ici chaque année! Ils ne savent pas ce qu'ils ratent les touristes! Mon gout pour l'exploration était entièrement satisfait. Toutefois il y a moins de trésors dans ces ruines comparées à celles de Trinidad. L'intérêt réside vraiment dans cette église qui parait surgir directement de la terre, comme si elle avait poussée là naturellement. J'en ai plus que fait le tour au bout d'une heure et demie.

Restait maintenant à retourner à Encarnacion! Je re-réveilla de gardien pour lui demander quand est ce que passe le prochain bus pour la route 6: "à 16 heures". Ça tombait bien il était 15h30! Je me dirigea donc vers l'arrêt de bus gracieusement mis à disposition par la municipalité de Jesus. Il y eu bien un bus qui passa à 16 heures mais le chauffeur n'avait pas vraiment envie de faire une fois de plus le trajet, il y avait un autre bus qui arrivait "dentro de un rato" (dans peu de temps). Le "rato" dura une heure! Toutefois j'étais bien content de savoir que mon calvaire allait bientôt prendre fin grâce à l'arrivée providentielle de ce vieux bus mercerdes d'une bonne vingtaine d'année! Pas tout à fait, le chauffeur n'en revenait pas de croiser un touriste car d'habitude "ils prennent les circuits organisés avec camionnette privée". Il passa donc la demi heure de trajet à me raconter quels genre de petit trafics il menait. Tous les ans le chauffeur de rendait à Iquique, un port chilien en zone franche ou débarquent bon nombre de véhicules asiatiques achetait une voiture et revendait celle qu'il avait acheté l'année précédente! Le plus cocasse de la situation c'est que je ne comprenais qu'un mot sur quatre car ce monsieur avait un fort accent paysan et le bus aurait pu concourir à un concours de percussions africaines! Au bout d'une demi heure de ce supplice je pu enfin attendre sagement sur la route 6 qu'un autre bus, tout aussi déglingué que le précédent, me ramène à Encarnacion ou une douce nuit m'attendait!

Photos: Les quatres premières ce sont les ruines de Trinidad, les deux qui suivent sont les ruines de Jesus. Les deux dernières peuvent vous donner un apperçu de la campagne dans cette région, observez la route voilà ce que les paraguayens appellent une route pavée! La sixième est l'arrêt de bus ou j'ai attendu une heure et demie!
Libertad o muerte
PE Pekoune Regular ·
merci pour cette partie très intéressante, j'attends la suite!
don't dream your life, live your dreams!!!!
FA Fabizan Regular ·
Bonjour,

Ton récit est effectivement très intéressant sur un pays que l'on n'a pas l'habitude de rencontrer sur VF

J'attends aussi la suite avec impatience !
Fabienne
CO Colombiano Veteran ·
Diarios de omnibus.

Dernière destination de ce petit voyage, Pilar. Pourquoi Pilar, parce que j'avais vu que c'était une des destinations préféré d'un VFiste qui connait très bien le Paraguay (yacare). De plus ça semblait facile d'aller à Pilar depuis Encarnacion puisque la compagnie de bus locale, la encarnacena, marque en gros "Asunción y Pilar" comme destinations depuis le terminal de bus. Bon, comme d'habitude au Paraguay, il y a ce que l'on dit et ce que l'on fait!

C'est tout un beans de s'acheter un billet de bus à la encarnacena. La vendeuse, après m'avoir gentiment fait poireauter une vingtaine de minutes dans l'agence, me demande avant toute chose si je suis "enregistré". Ca veut dire que pour acheter un billet de bus à la Encarnacena il faut être au préalable enregistré sur les cahiers de la compagnie. J'ai eu le droit à toutes les questions relatives à mon identité, nom, prénom, date de naissance... Elle me demande le numéro de ma carte d'identité, je lui explique que je n'ai qu'un passeport vu que je suis français, regard stupéfait de la vendeuse: "Mais alors tu n'as pas de carte d'identité.Non je viens de t'expliquer que je ne voyage qu'avec mon passeport vu que je suis français et que la carte d'identité ce n'est pas obligatoire.Mais pourtant tu parles espagnol comme un argentin!Jajaja, j'ai beau être français, mais, j'ai vécu en Uruguay et c'est là que j'ai appris l'espagnol, voilà pourquoi je parle espagnol comme un uruguayen, et non pas argentin s'il te plait epargne moi cette quasi insulte !Donc tu as une carte d'identité uruguayenne.Non, je suis citoyen français!Oui mais comment je fais vu que tu n'as pas de carte d'identité!Et bien si tu prenais mon numéro de passeport au lieu de prendre mon numéro de carte d'identité qui de toute façon n'existe pas!Ahhhh oui vu comme ça" Après cette brève explication elle se résigna à noter dans son gros cahier mon numéro de passeport en ajoutant qu'elle aurait juré que j'étais argentin, oups pardon, uruguayen! C'est le genre de commentaire qui me fait énormément plaisir, je n'ai pas d'accent quand je parle espagnol et ça c'est un motif de fierté pour moi! Après un coup de fil à Asunción pour "arranger le tout" me voila donc en possession de non pas un mais deux billets de bus. Je lui demande pourquoi: "Alors le premier c'est pour le bus pour Asunción qui part à 12h00 d'ici, tu leur dit que tu descend à San Ignacio pour Pilar, et à San Ignacio tu prends le bus pour Pilar qui t'attendra, il passe à 16h00.ce qui fait que j'arrive à quelle heure à Pilar?18h00." Super, j'allais donc me manger une après midi entière de bus! Vu que j'adore ça!

Le lendemain je me levai tôt pour aller profiter du marché hors taxe d'Encarnacion histoire de m'acheter un jean et deux trois souvenirs pour les amis restés en Uruguay. Au marché on me donnait les prix en Pesos Argentin et lorsque j'annonçais que je voulais payer en guarani les vendeuses s'étonnaient... Après ce petit tour je me rendis au terminal de bus. Avant de partir j'avais quand même fait ma provision de chipas, sortes de beignets à la farine de manioc très utiles pour couper la faim. Mon voisin engagea rapidement la conversation avec moi, c'était un Japono-paraguayen, situation peu étrange au Paraguay qui est parfois surnommé "la Chine de l'Amérique du Sud" en raison de la forte communauté asiatique qui y réside. En faisant mes recherches universitaires à Asunción j'étais tombé sur un reportage du New York Times racontant l'histoire d'une famille de Taïwanais partis vivre au Paraguay car apparemment là bas il y avait moins d'attente qu'à Taïwan pour avoir une carte verte! Bref, je n'étais pas étonné d'avoir affaire à un paraguayen asiatique, au contraire j’appréciais l’idée de parler avec un de ces héritiers des immigrés asiatiques. Il me raconta rapidement l'histoire de ses parents venus faire fortune en Amérique du Sud après la seconde guerre mondiale en profitant d'un appel du gouvernement paraguayen encourageant l'immigration. C'était l'époque ou les pays sud américains faisaient de la pub en Europe et en Asie pour aller vivre chez eux car il y avait besoin de main d'œuvre... Le monde à bien changé en 60 ans!

A 14h30 le contrôleur du bus me fit signe de descendre, nous étions arrivé à San Ignacio. Je me remémore les paroles de la vendeuse du terminal de bus "à San Ignacio tu prends le bus pour Pilar qui t'attendra, il passe à 16h00". J'avais plutôt l'impression que c'est plutôt moi qui allait l'attendre le bus! Je me dirigeai donc vers l'arrêt de bus pour Pilar, quelle ne fut pas ma surprise de constater qu'il y avait un bus qui partait pour Pilar à 14h45, un autre à 15h300, un autre à 15h30 et le mien à 16h00! En fait ces bus sont les bus d'autres compagnies qui font le trajet Asunción-Pilar en passant par San Ignacio. J'aurais pu en prendre un mais il aurait fallu que je paye le billet San Ignacio-Pilar, le seul pour lequel il ne fallait pas que je paye de billet c'était celui de 16h00... C'est à ce moment là que j'ai commencé à maudire la vendeuse d'Encarnacion qui aurait pu avoir l’honnêteté de me dire "prend un billet pour San Ignacio et là bas tu en attraperas un pour Pilar".

Je patientai donc 1 heure et demie avant de pouvoir enfin monter dans mon bus. Le paysage sur cette route est très différend de celui que l'on voit sur la route entre Encarnacion et San Ignacio. La première offre des paysages vallonnés, semblables à ceux que l'on trouve autour des ruines alors que l'autre longe des champs définitivement plats. Parfois quelques vaches, ou quelques palmiers, viennent rompre la monotonie de la route. Plus l'on s'approche de Pilar plus la terre devient marécageuse, traduisant la nature fluviale du coin. La culture est loin d'être intensive, sur des terres qui pourraient produire 3 fois plus que n'importe quelle terre française... Quand je vous disais que les très riches qui ont des terres n'en font rien d'intéressant.

J'étais assis à côté d'une vieille dame qui passait son temps à me parler, me parler, me parler et me parler... Je n'ai rien contre les personnes âgées mais lorsqu’elles parlent trop j’avoue que… Elle me parla des fils du pays qui étaient partis vivre sous d'autre cieux je ne pu m'empêcher de penser à la scène que j'avais vécue la veille dans un cyber d'Encarnacion. Plusieurs personnes étaient réunies devant l'ordinateur en face de moi, enfin, une femme avec des enfants. Ils étaient tous très stressés mais j'avoue que je ne faisais pas vraiment attention a eux, me préoccupant plutôt des affaires courantes (écrire un mail à papa, maman, voir l'argent qu'il reste sur le compte en banque...). Quelques minutes après qu'ils se soient installés on entendit le plus petit (entre 5 et 7 ans à vue d'œil) fondre en larme devant l'ordinateur. Visiblement ils étaient connectés à Skype avec un parent très proche (peut être le père). Les enfants ne pouvaient cacher leur tristesse, les plus grands se retenaient mais le plus petit était incapable de prononcer un mot étant donné sa tristesse. C'est une réalité des migrations que l'on ne voit pas dans les pays développés, les familles déchirées et séparées. Sachons que l'immigration est aussi quelque chose qui peut être vécue difficilement quand on est émigré (je parle en connaissance de cause émigré que je suis au Canada!). J'aime beaucoup la phrase de Rocard sur le rôle des pays développés, dans sa version originale, pas sa version tronquée "La France ne peut accueillir toute la misère du monde, mais elle doit savoir en prendre fidèlement sa part", elle évoque le cas spécifique de la France mais elle s'applique à tous les pays développés...

Photos ci jointes: Elles n'ont rien à voir avec le sujet de ce texte exception faite des couchers de soleils qui ont été pris à Pilar. Ces photos traduisent, selon moi, une certaine réalité du pays que je visitai. Dans l'ordre d'apparition: Coucher de soleil sur le Rio Parana, propagande politique dans la campagne paraguayenne, vaches à vendre à l'exposition rurale d'Asunción, autocollant d'autobus, viande dans la "Parilla" attendant bouche pour être mangée [:P] puis un dernier coucher de soleil sur le Parana pour que vous me jalousiez!
Libertad o muerte
PE Pekoune Regular ·
soit rassuré je te jalousais avant de voir ce beau coucher de soleil!!

très beau récit, très intéressant, ça donne envie...
don't dream your life, live your dreams!!!!
CO Colombiano Veteran ·
Paraguay, suite et fin.

Je vais terminer mon carnet en racontant mon jour de pêche à Pilar. Comme je le disait précédemment, les pratiques anti-concurrentielles de la comagnie de bus "la encarnacena" m'ont fait perdre une demi journée de voyage. J'aurai au moins gagné de quoi approfondir mes reflexions sur les migrations internationales... Il faut toujours mettre un côté positif aux enquiquinements!

Bref, à cause de ce contre temps j'arrivai vers 19h00 à Pilar, sans hotel comme d'habitude, le Paraguay étant un pays peu touristique je savais que j'allais toujours trouver un hôtel au dernier moment. Je sortis donc du terminal de bus pour me mettre un quête d'un hôtel. Cela fut très rapide: il y en avais un juste en face du terminal. Je m'installa tranquillement dans ma chambre sordide au prix fort élevé de 6 euros! Puis je chercha a me renseigner sur les possibilités d'aller mettre à mal ma patience sur les eaux douces et poissonneuses du Parana, fleuve qui prend sa naissance au Brésil, marque la frontière entre l'Argentine et le Paraguay, continue à irriguer une bonne partie de la pampa humide argentine pour finalement se jeter dans le Rio de la plata. Comme j'étais aussi en recherche de shampoing je posa la question "comment faire pour aller pêcher?" au caissier du supermarché. Il suffisait d'aller sonner chez Martin qui organise tous les jours des sorties de pêche, il saura me répondre.

Aller chez "Martin", quelle drôle d'idée! A vrai dire je suis peut être parfois trop occidental pour être latino et c'est vrai qu'aller sonner chez des gens que l'on ne connaît pas me parait fort étrange, à moins que l'on ne soit témoin de Jehovah! Mais selon le caissier cela ne posait aucun problème. Pour aller chez Martin c'était très simple, il suffisait de continuer sur la rue principale et la maison se trouvait plus ou moins au milieu du deuxième bloc àprès le terminal de bus... Lorsque j'arrivais là je n'avais qu'à demander au gens du coin de m'indiquer la maison de Martin: "tout le monde le connait". J'apprécie toujours autant la précision des Paraguayens pour donner une adresse! Après une bonne demi heure de recherche et une dizaine de maisons visitées je tomba finalement sur Martin, il m'expliqua que malheureusement il avait déjà un groupe de prévu pour le lendemain mais que je n'avais qu'a aller voir chez Omar, pour aller chez Omar il faut prendre la rue qui longe le terminal de bus et descendre un bloc, là il y a un hôtel, c'est l'hôtel d'Omar! Au moins j'avais un repère géographique précis; l'hôtel d'Omar! Je trouva donc Omar et lui expliqua que je voulais aller pêcher. Il me disait qu'il n'était pas sur de sortir demain mais en vu que je voulais y aller il allait faire un effort pour motiver son petit frère à venir. Comme j'étais seul il accepta de me baisser le prix de la prestation. Comme d'habitude il se montra étonné que je parle si bien espagnol et surtout avec un accent si peu français! Au final nous fixâmes un rendez vous à 7h30 à l'hôtel.

J'avais finalement atteint le but de ma journée et je me rendis à l'hôtel pour aller manger. Le restaurant était une grande aux carreaux et au mur blanc, dans le fond, deux paysans discutaient autour d'une bière et au milieu de la salle deux filles arrangeaient leur maquillage autour d'un coca. Le cuisinier m'accueillit avec un grand sourire et je commanda une assiette de pâtes à la sauce tomate, assiette qui se révéla être gargantuesque mais délicieuse! La télévision diffusait "canal rural" une chaine spécialisée dans le journalisme "rural". Les informations consistent à donner le prix des différentes production agricoles (céréales, viande) au cours du jour à Buenos Aires ou à commenter les politiques agricoles du gouvernement argentin. Des publicités pour des engrais ou des tracteurs viennent entrecouper ces débats fort passionnant! C'est dans ces moments précis que je me rend compte que je vit dans un monde totalement différent de celui de certains. Au moins je peux me vanter de connaître un peu la face obscure du monde citadin! Il n'en reste pas moins que le dépaysement est total. Une fois le repas terminé je me rendit vers ma chambre, les draps avaient une très forte odeur de transpiration et les autres occupants trouvaient que mettre de la musique à fond dans le patio étaient une activité très adaptée au principe de respect du sommeil d'autrui. Bref je passa une nuit agréable comme vous pouvez l'imaginer!

Le lendemain à j'étais comme prévu à 7h30 pétantes dans la cour de l'hôtel d'Omar. Évidemment rien n'était prêt! J'avais encore oublié que 7h30=8h30! Le petit frère d'Omar, Sebastian, prépara le bateau pendant qu'avec Omar nous allions repérer les lieux et chercher les appâts. J'eu de ce fait un brève visite de la ville de Pilar. A cette heure ci les élèves de l'école de musique rentraient en classe, harpe sous le bras! La harpe es un instrument très pratiqué au Paraguay et dès leur plus jeune âge les petits paraguayens sont familiarisés au son mélodieux de cet instrument. Les plus doués se spécialisent en espérant un jour pouvoir égaler le maître paraguayen de la harpe: Luis Bordon. Les moins chanceux se contenteront de jouer à droite à gauche dans les restaurants pour touristes. La guitare fait aussi partie du patrimoine musical Paraguayen, la ville de San Juan Batista est connue pour ses grands guitaristes. Ce fut la seule scène de vie quotidienne particulièrement surprenante et nouvelle que je notai au Paraguay! Une fois tous les éléments prêts pour la pêche nous nous y rendions.

Je ne vais pas m'amuser à décrire en détail ma journée de pêche. A vrai dire il n'y a a pas grand chose à décrire, j'étais assis dans un bateau sur l'eau et j'ai attendu toute la journée qu'un poisson daigne mordre à ma canne! Le Parana marquant la frontière entre le Paraguay et l'Argentine on se retrouve vite en eaux argentines, d'ailleurs, Omar ne me cacha pas que l'on allait pêcher dans les eaux argentines. Si par hasard les gardes côtes venaient à s'approcher il fallait rentrer les cannes au plus vite et filer vers les eaux paraguayennes. Je me retrouvait donc, bien malgré moi, en contrebandier international! Je profitait de cette longue journée pour interroger un peu Omar sur la vie dans la région, en excluant tout débat politique! L'activité économique est donc basée sur l'agriculture et la pêche. La pêche industrielle ne sévit pas dans ces eaux, les pêcheurs réguliers sont des paysans qui pour arrondir leur fin de mois essayent d'écouler leur pêche sur les marché locaux. Généralement ils vont pêcher le matin et se rendent l'après midi sur le marché pour vendre leur poisson frais. A 7 euros le poisson ça peut permettre d'arrondir les fins de mois. Encore une fois les paysans travaillent la terre mais pour le compte des propriétaires directement basés à Asunción... D'autres personnes comme Omar profitent de la ressource halieutique en vendant des jours de pêches au touristes de passages, souvent des paraguayens qui viennent passer le week-end à la campagne pour se relaxer. Concernant l'agriculture, j'en ai déjà parlé, il y a de très grandes propriétés, économiquement inefficaces mais rentables pour leur propriétaires.

La journée de pêche se termina avec onze "dorado" et deux piranhas, les dorados sont des poissons assez gros à la chair très gouteuse. Le piranhas ont effectivement des dents effrayantes! Vu que j'avais pris un billet pour le bus d'une heure du matin pour rentrer à Asunción, Omar m'invita gentiment à aller manger un des résultats de notre pêche. J'approfondissais mes conversations sur la vie dan la région. La femme d'Omar s'occupait de l'hotel et elle m'expliqua qui était les gens qui pouvaient bien dormir à Pilar, en grande majorité des routiers qui viennent chercher des produits des régions pour les ramener à Asunción. L'hôtel était aussi investi de plus en plus par des délégations de compagnies de téléphone portable qui viennent faire la promotion de leurs produits dans les régions. Ces hôtes n'étaient pas du tout la tasse de thé de la famille même si elle était bien obligé de le héberger pour gagner de l'argent. Généralement ce sont des jeunes d'Asunción ou de Ciudad del Este qui se comportent comme s'ils étaient en voyage étudiant et organisent tous les soirs de grandes fêtes autour d'un barbecue et de musique forte. L'alcool aidant ils font du bruit et dérangent les routiers qui reprennent la route le lendemain.

Le soir moi aussi je reprit la route pour Asunción et j'arriva le lendemain au petit matin. Je profita de mon dernier jour dans la capitale pour aller faire un petit tour au marché numéro 4 dans le but de faire des petits achats souvenirs pour ma famille. Je rencontrai des commerçants qui de nos jours n'existent plus en France, je fit par exemple la rencontre de plusieurs fabricants de cigarillos traditionnels. Une fois mes envies de magasinage comblées je pu me rendre à la pension pour boucler mes valises. Le lendemain il y avait un avion qui m'attendait pour Buenos Aires puis Montevideo. Je quitta le Paraguay avec une très bonne impression. C'est un pays qui regorge de merveilles naturelle, dont l'histoire est passionnante si l'on s'y intéresse un peu et avec une population très sympathique. Définitivement ce n'est pas un pays que je recommanderai au gens qui veulent voyager avec tout le confort, mais, celui ou celle qui n'a pas peur de se retrouver dans des situation improbables ne sera pas déçu de ce qu'il découvrira. J'espère bien y retourner bientôt car il reste encore plein d'endroits qui m'attirent et que je n'ai pas pu visiter. Sur ce "jajuechapeve Paraguay*"!

* Au revoir Paraguay en Guarani! __ Photos Dans l'ordre d'apparition Moi en train de remonter un dorado (une dizaine de kilos, voyez la courbe de la canne!)/ Des pecheurs (touristiques)/ technique pour appaiser un dorado/ Dorado tout juste sorti de l'eau/ Et voilà à quoi ça ressemble un Piranha de côté!/ Comme je vous disait les piranhas ont des dents qui font peur!/ Le résultat de la pêche.
Libertad o muerte
PE Pekoune Regular ·
merci beaucoup pour ce récit, je me répète mais c'est vraiment intéressant, c'est tellement rare un carnet sur ce pays.

dis moi, pour une femme seule est il facile de voyager au Paraguay?

merci encore!
don't dream your life, live your dreams!!!!
CO Colombiano Veteran ·
Merci pour les encouragements tout au long du récit. Ça faisait vraiment plaisir ces petits messages.

En ce qui concerne une femme seule, je ne pense pas que cela pose grandement problème, j'ai vu un groupe de filles qui voyageaient ensemble. Le pays est assez sur au niveau de la sécurité. Bon c'est vrai que les paraguayens peuvent être un peu macho mais cela s'applique à tous les pays au sud du Rio Grande

Si tu as d'autres questions n'hésites pas.
Libertad o muerte
YA Yacare Regular ·
Salut,

Pas mal ton récit... Deux, trois précisions quand mème....

1- Le Smic au Paraguay est le mème qu'ailleurs 100$, voir moins, puisqu'une femme de ménage à demeure, vaut 300 000 G soit 50 euros par mois !!! 2- Le problème du barrage d'Itaïpu est plus complexe. Celui-ci est fait de 20 turbines. 10 appartiennent au Brésil et 10 au Paraguay... Hors une seule de ces gigantesques turbines suffit à alimenter en électricité le Paraguay, les 9 autres sont loués au Brésil... Hors, le problème n'est pas dans le coût de la transformation de l'électricité, mais dans le fait que l'électricité est par accord, et ce depuis la construction du barrage, librement fixé par le Brésil. Le Brésil, aujourd'hui, achète au Paraguay l'électricité exédentaire aux environs d'1/10 de sa valeur... Ces 1/10 suffisaient amplement aux mafieux du Parti Colorado, mais évidemment ne rapporte rien au Pays et encore moins aux habitants... La dette de sa construction étant nulle depuis cette année. Le nouveau président Lugo est arrivé ce jour au Brésil, pour renégocier les contrats... Bref, un gros casse-téte, et beaucoup d'argent perdu (sauf pour la Mafia du Parti Colorado, qui vient après 63 ans de quitter le pouvoir). 3- Il est dommage que tu ne sois pas allé dans le Chaco. C'est vraiment la partie que je préfère du Paraguay... Pour une autre fois peut-ètre...

Enfin Goyo et sa famille te salue.
www.info-paraguay.com
CO Colombiano Veteran ·
Salut,

je voudrais juste te répondre sur les commentaires.

1) Au niveau du salaire minimum je parle du salaire minimum mensuel fixé par le gouvernement. Je viens de faire le comparatif entre le Paraguay, l'Argentine, l'Uruguay et le Brésil. Alors qu'au Paraguay le salaire minimum est de 337, 8 US$ (1 341 775 G$) il est de: 258, 6 US$ (800$AR) en Argentine, 214 US$ (4150 $UY) en Uruguay et de 226 US$ (415 R$) au Brésil... Bref le Paraguay a un salaire minimum élevé ce qui ne profite pas au marché du travail, les employeurs n'ont aucune incitation a embaucher des gens au salaire minimum. Soit les gens sont embauchés au noir, soit ils sont embauchés à temps partiel. D'ailleurs lorsque je parle de ça je me base sur un livre assez intéressant (économiquement parlant parce que politiquement il y a beaucoup de choses assez controversées...) Paraguay: un pais perdido? d'Henry Ceuppens.

2) Merci pour la précision, j'avais lu cette histoire de transformation quelque part mais j'avoue ne pas être spécialiste en matière d'énergie...

3) Pas trop le temps malheureusement, puis pas de voiture non plus... Mais je retournerai forcement au Paraguay et j'irai forcement dans le Chaco (rien que pour revoir des mennonites )

Passe le bonjour à Goyo et à sa famille de ma part, je leur donne des nouvelles "pronto"...
Libertad o muerte
PA Palomapy ·
BONJOUR Si d ´aventure tu passe de nouveaux par le Paraguay et si tu désire aller faire un tour dans le Chaco ou visiter l´intérieur fais moi signe, j´ai un vieux Montéro qui ne demande que ca ..A bientot tu peux me contacter a ce no ( 00 595 971 33 77 18 ) Alain
Heureux qui comme Ulysse.......
CO Colombiano Veteran ·
Je te refais signe dans à peu près deux ans je pense! Çà coute cher d'aller au Paraguay (ou en Uruguay) depuis le Canada!

Merci pour le plan en tout cas!

Alexis.
Libertad o muerte
FA Fan2kosova ·
Super ton carnet de voyage sur le Paraguay, je m'y retrouve vraiment. Ce pays est vraiment magique, je ne m'en lasserait jamais! Moi aussi les gens me regardaient bizarement quand je leur disait que j'étais française vu que je parle espagnol avec l'accent paraguayen, et même guaraní (enfin surtout jopará j'avoue).

Ah, juste une petite précision, on ne dit pas jajuechapeve mais jajoechapéve. [;)]

Rohayhu Paraguay ha rohechaga'uiterei che retã porã. Rohechasê ha che asê hina che rogagui aju hagua.
Ambyasy, jasy. Ysoindy ojepokapáva okúi. Ñande yvy jeko ijaku'ipáta Opáta ha nde imemby, máva jyváreiko rejeréta?
CO Colombiano Veteran ·
A vrai dire le guarani et moi ça fait deux... voire quatre! C'était juste histoire d'insérer une petite phrase en guarani.

Que faisais tu exactement au Paraguay? Tu vivais dans une famille ou tu y es allé juste pour le fun?

Merci en tout cas pour les encouragements. Si tu veut j'ai une version wordque je pourrais te transmettre une fois que j'aurai terminé de la corriger (ça fait 6 mois que j'essaie de travailler dessus mais bon on fait avec...!)

Jajoechapéve!

Alexis.

PS: ç veut dire quoi ça exactement "Rohayhu Paraguay ha rohechaga'uiterei che retã porã. Rohechasê ha che asê hina che rogagui aju hagua."?
Libertad o muerte
FA Fan2kosova ·
Mba'éichapa neko'ê!

Alors moi je suis partie un an au Paraguay en 2006-2007, principalement parce que j'avais envie d'aller voir ailleurs, j'en avais un peu marre de la France disons et j'ai toujours eu la bougeotte, ce qui n'arrange rien. Bref, j'ai été acueillie par une famille d'origine argentine super sympa qui a vraiment su me faire sentir chez-moi et où je retourne d'ailleurs cet été (j'en peux plus d'attendre!). Je me suis énormément intéressée à la culture guarani qui me fascine, j'avoue. En tout cas, c'est très gentil de ta part de me proposer de me passer ton journal en format Word. Au fait, tu vis toujours en Uruguay en ce moment? Moi je fais mes études à Madrid cette année, et j'ai pas besoin de te dire que tu es le bienvenu chez-moi si un jour l'envie te prend de venir par ici!

Rohayhu Paraguay ha rohechaga'uiterei che retã porã. Rohechasê ha che asê hina che rogagui aju hagua" veut dire: Paraguay, je t'aime et tu me manques mon beau pays. Je veux te voir et je sors de chez-moi pour venir. La traduc' est un peu bizarre parce que le guarani est en général assez compliqué à traduire, mais si tu veux plus d'infos, j'ai écrit un post sous le titre "Paraguay langue et culture".
Ambyasy, jasy. Ysoindy ojepokapáva okúi. Ñande yvy jeko ijaku'ipáta Opáta ha nde imemby, máva jyváreiko rejeréta?
CO Colombiano Veteran ·
Passe moi ton mail en message privé et je t'envoie le carnet une fois terminé (dans 6 mois environ non pas que je le travaille à fond mais j'ai beaucoup de travail en ce moment!)

En ce qui me concerne je ne vit plus en Uruguay, maintenant je suis à Montréal pour les études (et pour pas mal de temps en fait parce que j'aime bien cette ville!). Comme je suis le bienvenu à Madrid, tu es la bienvenue à Montréal si tu passes au Canada un de ces jours!

Et en fait, pourquoi tu es partie au Paraguay? Tu n'avais pas le choix ou tout simplement ce pays t'attirait?
Libertad o muerte
FA Fan2kosova ·
Mba'eteko,

Je suis partie au Paraguay parce que ce pays m'attirait énormément du fait qu'il est méconnu, je n'étais pas du tout obligée, j'aurais pu aller n'importe où dans le monde, mais j'ai choisi le Paraguay et je ne suis pas prête de le regretter, c'est même une des meilleures décisions de ma vie.

Jajoechapéve chera'a [:)]

Je t'envoie mon e-mail par MP
Ambyasy, jasy. Ysoindy ojepokapáva okúi. Ñande yvy jeko ijaku'ipáta Opáta ha nde imemby, máva jyváreiko rejeréta?
PA Pamplona ·
salut à tous!! je suis contente d'avoir trouvé ce forum car on parle très peu du paraguay. Je suis en master d'espagnol et je fais un mémoire sur le bilinguisme dans l'éducation au paraguay. je pars en argentne le 28 janvier, je n'y reste que tois semaines( cette année) et je compte passer aussi au paraguay aprés m'être arretée à Iguazu. Est-ce que vous auriez des conseils sur Asuncion? Sur les quartiers à éviter, les choses à voir... je n'y reste pas longtmps, é ou " jours mais je voudrais optimiser ce tps. normalement j'y vais pour rencontrer un écrivain (pour l'instant c'est mal parti) et ramener un peu de doc. En tout cas je suis à l'écoute de tout ce que vous pourrez me dire sur ce pays. merci à bientôt![:)]
FA Fan2kosova ·
Bonsoir Pamplona,

En ce qui concerne Asunción il me semble que limiter tes visites aux quartiers touristiques ne t'apportera pas vraiment ce que tu cherches, et si tu veux vraiment voir le "vrai" Paraguay je te conseille plutôt d'aller du côté de la campagne.

En fait, je vais te donner un conseil, et tu peux me faire confiance parce que je connais bien le Paraguay. Si tu veux vraiment faire un mémoire consistant sur le sujet le mieux est d'aller dans les campagnes pour la simple et bonne raison qu'en ville les gens parlent beaucoup moins guaraní et le niveau de bilinguisme est plus faible qu'à la campagne où il atteint une proportion de plus de 90%. Après, si tu veux visiter Asunción pour le plaisir c'est une autre histoire. Je te conseille le centre, et pour les quartiers à éviter il n'y en a aucun sauf peut-être la Chacarita qui est un bidonville situé en plein centre.

Nunca olvides que lo mejor de Paraguay es su gente, son muy amables, muy yuky, como se dice en guaraní.

Pour ton travail je te conseille les villes de Caaguazú, Ykua la Patria, Presidente Franco, Minga Pora et tous les villages que tu peux trouver sur la route entre Asunción et Ciudad del Este.

Sinon, comme je suppose que la langue qu'on parle au Paraguay t'intéresse, je te conseille de lire un post que j'ai écrit qui s'appelle Paraguay: lenguas y cultura.

Suerte chera'a!

=)
Ambyasy, jasy. Ysoindy ojepokapáva okúi. Ñande yvy jeko ijaku'ipáta Opáta ha nde imemby, máva jyváreiko rejeréta?

You might also like