Salta à San Antonio de los Cobres à vélo par N 9, 52 et 40

This discussion is in French, the community’s main language.

Original post
LU
L’Amérique du Sud m’a toujours fait rêver, et me fera toujours rêver, tout particulièrement sa zone de grands déserts qui s’étend sur 4 pays, Pérou, Bolivie, Chili et Argentine, vaste zone que l’on dénomme Atacama.

Pour la troisième fois je pars dans cette région, armé de mon vélo, accompagné de deux compagnons. Je vais vous relater la première partie de ce voyage de Salta à San Antonio de los Cobres, qui s’est déroulé sur une dizaine de jours.

Nous n’avons pas emprunté la route directe, mais nous sommes d’abord partis vers le nord par la route N°9 jusqu’à l’embranchement vers Purmamarca, puis la 52 jusqu’à Susques, et enfin la mythique Ruta 40 jusqu’à San Antonio de los Cobres. Nous avons parcouru 450 kilomètres et escaladé un volcan le Tuzgle à 5530 m d’altitude.

Notre itinéraire

27 septembre arrivée à Salta

Arrivée très matinale à l’aéroport de Salta, le douanier nous demande d’ouvrir l’un de nos cartons contenant les vélos, car il ne passait pas dans le scanner. En bons Français ça râle, en effet un carton ouvert cela risque d’être difficile à transporter. Mais ce n’est que pour la forme qu’on râle, car nous avons un rouleau de scotch de déménageur, et le refermer est facile. Le douanier ne se laisse pas impressionner et répond : si je vais en France et qu’on me demande d’ouvrir mes bagages je les ouvre !

Eh oui sa remarque est imparable, les Français ça se remarque souvent rapidement.

Une fois sortis de l’aéroport à 4 heures du matin, la difficulté, outre le fait que tous les taxis classiques sont partis, c’est de trouver le véhicule adéquat pour nos trois gros emballages. Juste en face de la porte de sortie, un pick-up blanc qui ferait bien l’affaire. Je demande au propriétaire s’il peut nous rendre ce service. Il s’agit d’un guide de montagne argentin, qui va charger, outre nos trois vélos, tout notre matériel et cela gratuitement, il refuse tout argent.

Une fois arrivés devant notre hostal, il nous prodigue de nombreux conseils pour notre balade à vélo de deux mois à travers les Andes argentines et chiliennes. Mais nos projets de vélos-montagne il les trouve par trop osés, et nous traite de fous. En effet, il nous explique que les conditions parfois extrêmes de ces régions sont à prendre en compte et tout particulièrement lors d’un voyage à vélo. Ce qu’il nous dit je m’en doute, car c’est la troisième fois que je viens dans ces parages à vélo. La dernière fois, j’avais effectué une traversée de d’Atacama de Arica à Santiago du Chili via Bolivie et Argentine. Mais les mises en garde d’un professionnel sont toujours à écouter avec attention. En tout cas grand merci pour tout à ce guide de montagne. Enfin les vélos à l'hôtel

Nous restons deux nuits à Salta afin de bien assimiler le changement d’horaire. Ne jamais se précipiter pour partir lors d’un long voyage à vélo, le corps et son rythme commandent, c’est le meilleur moyen de gagner du temps et de rentrer dans l’effort au long cours. Outre ce guide, nous avons discuté avec un couple de Français qui étaient dans le même avion. Ils comptent aussi grimper sur le Tuzgle, volcan que nous avons décidé d’escalader. Et par un hasard incroyable nous allons les croiser dans 10 jours au pied de cette montagne.

Nous passons deux jours à Salta à préparer notre matériel et à acheter ce qu’il nous manque, en particulier les cartouches de gaz que nous n’avons pu amener avec nous dans l’avion, le transport de matériel inflammable étant interdit.

Salta, de façon étonnante durant ces deux jours je n’y ai pas trouvé un cachet particulier, alors qu’à la fin de notre voyage dans deux mois nous allons y séjourner 5 jours et mon impression sera toute autre. Je vais beaucoup apprécier m’y promener dans ses rues très fréquentées le soir. Mon Saint préféré San Pedro de Atacama

En particulier, outre quelques restaurants très agréables aux vins rouges magnifiques, particulièrement le cépage Malbec, celui du Cahors, je vais beaucoup aimer ses librairies. Je vais m’alourdir au retour de 7 livres dont plusieurs de dimensions respectables. Il est toujours très intéressant lorsqu’on se trouve dans un pays d’acheter des livres écrits par des gens du cru sur des grands problèmes internationaux dans lesquels leur pays a été au premier plan. Pour l’Argentine deux grandes questions historiques me passionnent, la protection des nazis après la deuxième guerre mondiale et la guerre des Malouines.

Concernant cette dernière question j’avais déjà lu ce que les Britanniques avaient écrit sur les opérations militaires. De même lors de mon passage à Mendoza il y a cinq ans, j’avais acheté un livre relatant la version argentine des opérations militaires de cette guerre. Les deux visions sont très différentes et passionnantes à lire, bien qu’il s’agisse d’un terrible drame humain, où comme souvent la jeunesse paie le tribut le plus lourd dans ces confrontations armées.

Là encore je vais trouver deux livres traitant de cette guerre. Mais, non seulement les opérations de guerre y sont abordées, mais tous les aspects politiques. Les différentes tractations avec les USA, le Royaume-Uni et aussi tous les soubresauts internes à la junte militaire argentine.

Puis je vais me laisser tenter par un gros livre sur la vie d’Eichmann en Argentine. Comme l’écrit l’auteur dans la préface, il a voulu écrire ce livre, car il avait honte que son pays ait pu protéger les grands assassins nazis organisateurs du plus grand génocide de tous les temps.

D’où l’importance de parler et si possible bien, les langues étrangères afin de pouvoir par la lecture plonger dans l’âme des habitants dans leur langue, car une traduction si bonne soit-elle, ne permet pas de pénétrer aussi profondément la pensée de l’auteur.

D’ailleurs, pour moi le voyage commence entre autres au cours des longues séances au cours desquelles j’essaie d’apprendre au mieux les langues étrangères, afin de lire les livres en version originale. J’y suis arrivé assez bien avec l’anglais, l’allemand, l’espagnol et l’albanais, pays dans lequel j’ai vécu. Par contre avec des langues plus exotiques, le mongol, le thaï ou le laotien, mes premières tentatives ont vite été douchées. Peut-être aurait-il fallu que je prenne un professeur ? Mais les journées ne font que 24 heures et il n’est pas facile de dégager des plages de temps importantes, nécessaires pour maîtriser des langues très éloignées de la nôtre. Pour les langues européennes, j'ai eu la chance de travailler fréquemment avec des Anglais et des Allemands, ça aide. D'ailleurs l'anglais je n'appelle plus cela une langue étrangère, mais un outil de travail dans de nombreux domaines indispensable.

Salta, alors que je ne suis pas un adepte des musées, j’y ai été subjugué par le musée des momies du Llulaillaco, trois enfants sacrifiés et enterrés au sommet de cette montagne à 6700 m d’altitude, il y a maintenant 5 siècles, absolument époustouflant. Les explications sont en anglais et en espagnol, impératif de tout lire. Et si l’on veut approfondir, il est possible de se procurer un magnifique livre écrit par l’archéologue qui a conduit les travaux en 1999.

« « En mars 1999, on découvrit près de son sommet un cimetière dont on dégagea trois momies, les « momies du Llullaillaco ». Il s'agit des corps d'enfants que les Quechuas ont sacrifiés à ce qu'ils considéraient comme leurs déités, près de 500 ans avant leur découverte et peu de temps avant l'arrivée des premiers conquistadors1. Ils ont été momifiés par congélation. Les momies sont aujourd'hui exposées dans le Museo de Arqueología de Alta Montaña (musée archéologique de haute montagne), à Salta. » » www.argentina-excepcion.com/...thnologie/maam-s...

Niña del Rayo 29 septembre Salta El Carmen 76 km Dénivelé 637 m Temps Parcours 4h36

Aujourd'hui, enfin nous partons, mais pas très tôt, à 8 h, avec des derniers petits réglages de dernière minute.

mon vélo prêt La sortie de Salta ce samedi matin ne pose pas de problème, de plus après deux kilomètres une piste cyclable nous conduit dans la campagne, nous la suivons sur une quinzaine de kilomètres, puis elle cède la place à une étroite chaussée toute en virage au goudron excellent et à la circulation faible.

Cette route est appelée la "Corniche". Elle est en encorbellement à flanc de montagne. On pourrait se croire sur des bosses de Haute-Provence. Cependant, certains végétaux sont très différents de ce que l'on trouve chez nous, comme ces grandes herbes qui pendent, ou ces touffes qui décorent certains arbres.

Nous rencontrons notre premier voyageur à vélo. Bien évidemment, nous ne coupons pas au rite de l'arrêt et de la discussion enflammée. Il est argentin, originaire d'une ville éloignée sur la côte atlantique. Il termine un périple de 225 jours à travers la Puna argentine. Mais cela nous fait un peu mal de le regarder, car il roule torse nu, alors que le soleil dans ces régions pas très éloignées de l’équateur est particulièrement agressif. Pour ma part je roule pratiquement toujours entièrement couvert, bras et jambes, et pourtant ma peau est adaptée au soleil avec mes origines maltaises. Peu de circulation sur cette route, mais nombreux parmi les véhicules rencontrés, sont les conducteurs qui nous adressent des signes d'encouragement. Souvent des vaches et des chevaux occupent avec nonchalance l'asphalte. Une étrange statuette nous intrigue au détour d'un virage.



La chaleur est conséquente, vers midi, 33 degrés. Après un repas dans un restaurant sympathique au milieu de nulle part, la petite ville de El Carmen se dévoile, et un sympathique hostal nous ouvre ses portes, dont le nom nous avait été donné par la restauratrice. Toujours laisser le hasard faire son œuvre et ne pas trop planifier son voyage, meilleur moyen d’aller de surprise en surprise, certes bonnes ou mauvaises. Mais le voyage c’est justement être dépaysé voire décoiffé ! J’aime bien la formule de Nicolas Bouvier : on ne fait pas un voyage, c’est le voyage qui vous fait ou vous défait.

Nous montons doucement en puissance, les promesses de grosses difficultés se dessinent en arrière-plan, sous forme de gigantesques volcans qui se dressent toujours plus proches, accaparant de plus en plus le ciel, presque menaçants au-dessus des plaines. Ces immenses montagnes aux dimensions difficiles à évaluer, chargées de promesses de difficultés et de menaces de souffrances à venir, sont le moteur de notre motivation à venir nous confronter à ces coins des Andes.

30 septembre el Carmen à Tumbaya 77km 1120 m de dénivelé temps de parcours 6h10

Après une nuit récupératrice, et un repas du soir dans un restaurant un peu glauque, mais au patron agréable, nous reprenons la route. Ce ne sera pas comme la veille, mais la grosse route dure, les camions et surtout les bus qui frôlent. La route dans toute son hostilité, comme le voyageur à vélo a pris l’habitude de temps en temps de composer avec. Un œil rivé sur le rétroviseur à regarder le danger arriver pour être prêt à « gicler ».

Sur notre gauche les sommets des Andes sont éclairés par le soleil, alors que la route reste à l'ombre. Ces crêtes sont la promesse de ces beaux combats à venir, car derrière se cache la fameuse "ruta 40".

Grand axe de fond de vallon sans caractéristique particulière, mais toujours quelque chose d'intéressant, comme par exemple ces fresques sur un mur d'école ou ces gros galets retraçant le combat des Indiens pour leur liberté.



Un peu avant la ville de San Salvador de Jujuy, un jeune cycliste roule avec nous, et il va nous amener à l'entrée de la ville par une piste cyclable qui évite l'autoroute assez passante.

Nous traversons la petite ville de Jujuy le long de sa rivière presque à sec à cette époque. Nous roulons quelques kilomètres sur une piste cyclable au goudron rouge. Le long de cette piste un homme s'entraîne au flamenco. Jean-Paul s'arrête et à son tour se met à taper du talon sur la mini-piste en rythme, pas mal du tout.

Puis surprise, il faut se rendre à l'évidence notre seule et unique route, la 9 est une autoroute. Avec quelques appréhensions nous nous y engageons en montant sur un immense pont. Mais du fait de la large bande d'arrêt d'urgence, nous réalisons que nous y sommes plus en sécurité que sur les routes ordinaires, doublés par des bolides qui nous frôlent de trop près. paradoxe on est en sécurité sur une autoroute

En Argentine, à l’instar d’autres immense pays comme la Mongolie, la population y est très dispersée. Une fois hors d’une agglomération, la suivante peut être à 100 kilomètres et sur plusieurs dizaines de kilomètres on ne verra pas la moindre maison.

L'eau commence à manquer. Nous nous arrêtons devant une maison, et l'Indien qui y habite nous offre deux litres, qui sont les bienvenus.

Pendant que nous cassons la croûte un couple d'Allemands à vélo vient en sens inverse. Bien évidemment ils s'arrêtent, et nous discutons comme toujours avec passion quand on se croise au bout du monde entre cyclos épris d’efforts et d’inconfort. Ils ont démarré à Quito il y a plusieurs mois. Dommage que la fille n'ait pas un vélo plus adapté pour les pistes. Je pense qu'ils ont été obligés d'éviter les grands déserts comme le Sud Lipez. Il faudra qu'ils y reviennent. Je ne peux pas imaginer une traversée de l’Amérique du Sud sans emprunter ces pistes horribles de sable, de scories volcaniques et de cailloux parfois de belle taille, où le vent souffle en maître tyrannique, et où l’amplitude thermique journalière dépasse les quarante degrés. Mais, ces combats face à cette nature hostile, même s’ils nous font peur avant et pendant, nous laissent de tels souvenirs qu’il ne faut surtout pas les éviter.

Revenons en Argentine. Après le repas une côte très raide nous fait passer à plus de 2000 m, mais ce n’est qu’une bosse et une descente effrénée va nous faire perdre 300 m. Deux jours de route, j'ai encore mon petit bedon, mais bientôt je vais être aussi svelte qu’un jeune sportif au régime draconien. Nous nous arrêtons au village de Tumbaya. Nous demandons l'autorisation de dormir devant l'église. Elle nous ait accordée. L’épicerie est au coin d’une rue à proximité, la bière locale est fort bonne et peu alcoolisée, 3 degrés. Mais ce sera souvent une longue négociation pour acheter une bouteille de verre d’un litre, car il y a la consigne, donc la bouteille est à rapporter. Généralement, on nous fera confiance, mais pas toujours.

Nous passons une nuit fort agréable.

1er octobre Tumbaya à Purmamarca 17 km 222 m de dénivelé arrivée 2288 m d'altitude

Aujourd'hui l'étape va être très courte, à 9 heures du matin nous sommes arrivés. Nous allons nous arrêter dans ce petit village universellement connu pour ses couleurs de roches extraordinaires. Nous pouvons constater que nous prenons de l'altitude, car les premiers cactus, plutôt candélabres, apparaissent.

Seule anecdote de cette courte étape, un chien nous a suivis tout au long de la route. Il nous a fait peur, non qu'il soit agressif plutôt très affectueux, mais il effectuait des traversées de route parfois pas très loin des voitures. Demain on rentre dans le dur, on part à l'assaut du premier col à plus de 4000 m. Nous allons rester au-dessus de 3700 m une semaine de jours, et essayer de monter sur le Tuzgle à 5530 mètres.

La suite plus tard
LU
2 octobre de Purmamarca à Salinas Grande 60 km 1835 m de dénivelé col à 4170

Hier, étant arrivés très tôt nous avons eu tout le temps de nous promener dans cette petite bourgade très touristique. Ce matin pas encore très rodés nous partons tard à 8 heures du matin, alors qu’il serait beaucoup plus « confortable » d’être sur la route depuis le lever du jour, aux environs de 6 heures. Mais voilà, il faut prendre le temps de rentrer dans le rythme.

Nous avons voulu aussi bénéficier du petit-déjeuner, dont le service ne débutait qu’à 7 heures, et parce qu’on avait réussi à le faire avancer d’une heure. Mais bien entendu à l’heure dite personne, comme c’est très souvent le cas. Donc nous nous le préparons nous-mêmes.

Pour les départs matinaux ne jamais compter sur personne, rester totalement autonome et son petit- déjeuner le prévoir et le préparer.

Donc départ assez tardif, surtout que nous nous lançons dans la première grosse étape, avec un dénivelé important et un passage à près de 4200 mètres d’altitude.

Cependant, ce départ pas très matinal nous permet d’assister à l’arrivée du soleil sur ces fameux rochers de Purmamarca, et de les voir prendre feu.





Dès que nous attaquons la côte le décor change, la verdure disparaît. Nous rentrons dans les zones de désert, l’esprit de l’Atacama commence à se révéler.



Dans un premier temps la pente n’est pas très importante. La route s’enfonce dans un immense vallon, dont les dimensions sont difficiles à évaluer. En effet, tout est tellement immense. Alors que le village de Purmamarca est situé à 2220 m d’altitude, les montagnes environnantes dépassent largement les 4000 mètres, voire les 5000. La seule certitude que nous avons, Salinas Grande est à 65 kilomètres et il nous faut passer à plus de 4000 m pour l’atteindre, et notre carte aux 1/2000000ième ne nous donne aucun renseignement.



Plus nous montons plus le désert se dévoile dans son immensité. La circulation s’intensifie sans jamais devenir pénible, bien que de gros cars commencent à circuler.



quelques taches de verdure

Nous sommes lourdement chargés, car n’ayant pu obtenir beaucoup d’informations nous avons pris des réserves d’eau, de l’ordre de 8 litres chacun, ce qui fait qu’avec bagages et vélo le poids approche les 50 kilos.





Jean-Paul ne va pas y résister, vers la mi-pente, il jette l’éponge et se faire transporter par un pick-up jusqu’au sommet du col à 4171 mètres. Nous le verrons passer un peu plus tard avec son vélo dans la benne. Il va un peu se geler à nous attendre jusqu’à 18h30 dans ce passage très venteux.

Mais c’est un soulagement de le voir passer, car cela constitue toujours un souci de laisser un camarade derrière. On ne peut s’empêcher de se poser la question de savoir si quelqu’un le prendra. Mais en Argentine les conducteurs de pick-up prennent facilement les vélos. D’ailleurs les automobilistes s’arrêtent systématiquement si on leur fait un signe. Dans ces contrées particulièrement hostiles à l’habitat très dispersé les gens ont le souci de l’entraide.



La route vient buter contre un pan de montagne vertigineux, qu’elle entaille par une invraisemblable succession de virages en épingle sur quelques centaines de mètres vers les 4000 mètres.



Le vent comme toujours dans ces contrées forcit au cours de la journée, pour souffler en tempête le soir. Dans cette série de virages, une fois il nous pousse une fois il nous freine. Donc une fois nous sommes sur nos vélos à pédaler et une fois nous sommes à pied à lutter contre une furie qui cherche à nous bloquer.

Une fois dépassé ce flanc de montagne très pentu, la route prend une direction face au vent, et les derniers kilomètres, peut-être 6 ou 8 sont conquis de haute lutte dans une véritable tourmente. L’air est presque solide, par moments il nous arrête d’un coup, comme si nous percutions un mur invisible. Nous sommes venus chercher le combat et nous le trouvons.



Pour André c’est un baptême, non du feu, mais du vent de l’Atacama. Je lui en avais parlé, mais le découvrir ce n’est plus pareil. Pour ma part, ces longues heures de poussage dans le vent en furie je m’y étais confronté il y a 5 ans dans une traversée de 40 jours. Et je sais qu’il suffit de prendre son mal en patience et de pousser, et malgré la vitesse d’escargot on finit toujours par vaincre l’obstacle. Dans ces conditions le vélo devient une vraie école de patience et de persévérance.

J’aime ces combats, sentir mon corps en plein effort sentir qu’il est capable de résister des heures dans des conditions adverses. Je ne sais pas si l’on peut encore dire que l’on fait du vélo, mais on se sent vivre. Notre première vigogne

Le regard porte au loin, la nuit vient et l’on ne sait pas si l’on va continuer à pousser lorsqu’elle sera complètement installée. Mais on n’imagine pas de s’arrêter dans ce vent furieux pour monter nos tentes. Mais ces incertitudes participent à l’intérêt de l’engagement dans ce type de voyage.



Enfin la pente prend fin, sans qu’il y ait un col bien défini. Non la route sur un pan de montagne décide de redescendre au lien de continuer à monter vers des hauteurs indéfinies.

Quelques kilomètres avant le sommet, nous rencontrons un Allemand à vélo qui descend. Nous discutons quelques minutes, comme toujours nous sommes face à un voyageur au long cours. En ce qui le concerne il a débuté son périple il y a plusieurs mois en Amérique Centrale. Mais lui comme nous, nous voyons la clarté du jour diminuer et nous pensons chacun à notre chemin, et voulons abattre le maximum de kilomètres avant l’obscurité.



Au point le plus haut nous retrouvons Jean-Paul qui nous attend depuis un temps certain bien emmitouflé, car la température avec la disparition du soleil tombe rapidement.

Une descente d’une vingtaine de kilomètres nous conduit à proximité de Salinas Grande. La course contre la nuit est engagée. Dans le lointain nous distinguons l’étendue de sel qui rend un peu de clarté à la pénombre qui s’épaissit.



au fond Salinas Grande

Dans la nuit maintenant bien établie nous distinguons une maison en construction, nous nous y arrêtons et commençons à nous installer dans cette construction qui n’a pas encore de toit, mais dans les pièces nous serons à l’abri du vent.

Miracle, un homme apparaît et nous autorise à rester. De plus il habite à une centaine de mètres et tient une petite épicerie au milieu de nulle part. Il n’y a pas d’autre maison aussi loin que porte le regard, nous le réaliserons demain lorsque la lumière sera revenue. Mais ce soir nous aurons une bonne bière.
LU
3 octobre 78 km et 624 m de dénivelé de Salinas Grande à Susques

Après une nuit dans notre maison aux quatre vents à regarder ce ciel magnifique, à 6 heures branle-bas de combat, pas évident il a fait froid cette nuit. Mais nous nous attendions à pire, vers les -5 seulement. Il faut un certain temps pour se préparer et nous démarrons un peu avant 8 heures.



Durant la nuit, depuis cette la maison des quatre vents sans toit un ciel étoilé d’une forte clarté nous a offert le plus beau des spectacles. La voie lactée est tellement visible du fait de l’altitude, du peu de lumière parasite et de l’absence d’humidité, que l’on croirait une couche de coton. Depuis notre lieu de bivouac avec le jour naissant nous pouvons admirer Salinas Grande à quelques kilomètres en contrebas.



Les 50 premiers kilomètres sont presque rectilignes et plats. Nous avons une vue qui porte au loin. Comme toujours dans ces régions l’évaluation des distances est très difficile. Voit-on à 50 ou 100 kilomètres ?

Les quinze premiers kilomètres sont consacrés à la traversée du salar Salinas Grande. C'est un spectacle toujours étonnant, même lorsqu'on a déjà vu certaines de ces immensités de sel comme Uyuni, Coipasa ou Atacama. Sur le salar à cette heure matinale très peu de circulation, cependant nous croisons deux Français qui voyagent à pied. Déjà à vélo les dimensions sont gigantesques, alors à vélo je n’ose imaginer, surtout que le sac on le porte sur le dos et pas sur le porte-bagages !







A la sortie du salar une habitation attire mon attention. Je m’y arrête en quête d’eau, car nous commençons à en manquer. Que ces gens semblent pauvres. Un homme s’approche du puits et remonte un seau rempli du précieux liquide. Cela me permet de refaire le plein de mes récipients, car la journée risque d’être encore longue jusqu’à Susques.





En effet, les 39 derniers kilomètres vont se corser, en particulier une gorge au nom évocateur "Mal Paso" va nous opposer de longues montées bien raides, qui semblent ne jamais finir, avec en permanence une bosse de plus qui se cache derrière la précédente.



Paysage complètement minéral tout au long du parcours, le désert se fait de plus en plus présent, et tout particulièrement à l'arrivée à Susques.



Cette petite bourgade est envahie par la poussière et le vent. Elle semble accablée par les rigueurs de la puna. Il s’en dégage une impression de tristesse, je dirais même qu’il s’en dégage comme une impression de souffrance. Cependant je ne ressens aucune sensation d’hostilité, au contraire les habitants sont accueillants, et répondent spontanément à nos questions.

Nous ne trouvons rien pour nous loger, alors que nous arpentons de nombreuses rues à la recherche d’un lieu où se poser pour la nuit.

Nous essayons en désespoir de cause l'église et sa cour bien plate, puis l'école. Le directeur est très sympathique, mais le règlement c'est le règlement. En désespoir de cause, nous faisons des provisions en prévision des jours à venir et nous sortons du village pour essayer de se planquer avant la nuit près de la rivière qui coule à proximité. Il faut faire un effort pour se remotiver et partir dans le but de monter nos tentes dans cet environnement hostile.

Eurêka, André au dernier moment au niveau des ultimes maisons voit un petit panneau. Et le miracle se produit, nous obtenons une petite chambre pour trois au prix très doux avec l'eau chaude et le sacro-saint wifi.
AU
Merci, vos recits sont passionnants et passionné par votre enthousiasme.[:)] Un vrai petit régal, vous nous faites passer un agréable moment de lecture .
DI
Salut Luc,

C'est super de faire un carnet avec les photos insérées dans le corps du texte: c'est nettement plus agréable à lire. (C'est comme les Bd tu vois, du coup j'aime bien avoir les images). En plus, tu fais le carnet à chaud, c'est cool!! En tout cas, toi aussi tu as choppé le virus de l'Amérique latine: cette région est vraiment extraordinaire. Tu dis que tu te sens vivre à affronter l'adversité. Ça je veux bien te croire. La-bas, le maître mot, c'est l'adversité!! Félicitation et merci pour ce partage.
Nord Chili, NOA, Sud Lipez, La Paz août 2012 https://voyageforum.com/forum/mois_dans_andes_peripeties_en_altitude_D5526293/ Apologie du southwest en hiver https://voyageforum.com/forum/apologie_sud-ouest_etats-unis_en_hiver_D5851267/ Impressions d'Afrique et de Namibie
LU
4 octobre Susques à Huancar 25 km 3600 m d’altitude Après une bonne nuit, ce qui était inespéré à Susques, nous partons par la N52, puis rapidement nous arrivons au croisement avec la Ruta 40. Cette fabuleuse route qui traverse l’Argentine sur 5200 kilomètres du nord au sud, a fait, fait et fera rêver les voyageurs qu’ils soient motorisés à vélo ou à pied.

L’asphalte cède la place à la piste, le fameux ripio d’Amérique du Sud. La consistance est extrêmement variable entre sable, graviers, pierres de tous calibres, voire scories volcaniques.

Il est toujours étonnant de ressentir comme une intensité de l’aventure lorsque la piste apparaît. Et puis lorsque ce panneau mythique « Ruta 40 » s’affiche fièrement, je sens comme un frisson qui me parcourt. Je le trouve très beau, un gros 40 au-dessus duquel un drapeau argentin. Je sais qu'à chaque kilomètre je vais voir s’égrener la distance jusqu’à la Tierra del Fuego. Nous sommes vers le kilomètre 4900.



Nous arrivons dans ces régions qui m’impressionnent beaucoup, la puna, ce qui correspond à l’altiplano, ces zones d’Amérique du Sud que l’on retrouve dans différents pays entre 4 et 5000 m d’altitude.

Dans un premier temps nous roulons facilement, la circulation est pratiquement nulle. Cette partie est très peu utilisée, ne déservant que quelques villages perdus. La piste serpente de bosse en bosse rendant le parcours très attrayant. Par moments des pentes très raides mais courtes nous forcent à mettre le pied à terre.







Le vent pour le moment ne semble pas vouloir forcir. Vers midi nous marquons une pause et allons nous installer près de la rivière qui parcourt toute cette portion de plaine d’altitude. Je trouve toujours surprenant, alors que je suis dans un désert, de venir m’asseoir à côté d’une rivière. Cela a un petit air d’irréalité.



Après cet arrêt, qui nous apparaît comme suspendu en dehors du temps, nous reprenons notre route. Seulement quelques kilomètres et le village de Huancar se dévoile d’un coup au détour d’une bosse. Nous arrivons au moment de la sortie de l’école. Dans ce petit village nous sommes étonnés de voir le nombre important d’élèves. Nous complétons nos réserves d’eau dans les toilettes de cette école. Les écoliers nous regardent comme des Martiens, ça tombe bien on se croirait sur la planète Mars.



La chaleur monte, le vent se fait plus présent, et nous sommes en phase d’adaptation à l’altitude et à ce climat particulier. Nous sommes deux à proposer de nous arrêter. Le troisième voudrait continuer et aller bivouaquer plus loin. Je sais par expérience que monter sa tente assez tôt dans ces coins c’est s’exposer à de très fortes chaleurs, que la toile tempère à peine. Alors que si nous trouvons un toit, nous aurons des conditions de repos bien plus favorables, ce qui est important, surtout en ce début de voyage.



En effet, l’après-midi la chaleur devient infernale, et dans ce désert il ne faut pas espérer trouver de l’ombre.

Les habitants se mettent en quatre pour nous trouver une chambre pour la nuit. On va nous monter trois lits dans une petite pièce , où nous serons bien installés dans un bâtiment public. Dans la pièce à côté va se dérouler tout l’après-midi une séance du conseil municipal particulièrement animée. J’aurais bien aimé y assister pour connaître les problèmes qui se posent dans ces villages du bout du monde. Même si la prononciation argentine de l’espagnol est déroutante, par exemple dans ruta le r est prononcé jou, et le double r est prononcé ch comme par exemple dans arroz le riz. Il faut s’y faire.

Cet hébergement nous revient à de trois euros chacun, et pour ce prix on va nous faire le lit avec des draps, des couvertures et un oreiller avec tenez-vous bien une belle taie repassée ! Certes la douche sera à l'eau froide, mais c'est très revigorant. On se prépare pour le soir une énorme platée de pâtes, dont on gardera la moitié pour le petit-déjeuner. En effet, le secret d'une bonne alimentation pour affronter une dure journée de vélo c'est un gros petit- déjeune, et rein de tel qu'une platée de pates ou de riz.

Nous sentons bien l’effet de l’altitude, car nous sommes montés relativement vite, et nos corps ne sont pas encore totalement habitués. Nous optons pour des étapes courtes pour le moment, afin de bien s’acclimater et d’être en mesure d’attaquer le premier sommet, le Tuzgle dans les meilleures conditions.

Cette vie d’errance qui commence, et qui va durer deux mois, nous a procuré déjà depuis une semaine de multiples surprises. Chaque jour sur la route apporte ses joies et ses souffrances. On ne sait pas si l’on va coucher dehors ou non. Pour le moment les grands vents, que j’ai connus si terribles, nous épargnent. Seule la chaleur de l’après-midi demande des précautions. C’est pour cela que si nous pouvons nous mettre à l’abri au plus tard à 14 heures, nous n’hésitons pas dans cette phase d’adaptation à ce climat particulier d’altitude.

Mais le corps s’adapte et j’espère que le miracle, que j’ai toujours connu jusqu’à présent, se réalisera, pouvoir pédaler du lever du jour jusqu’à la tombée de la nuit. Un peu de patience, il suffit d’écouter son corps, s’il dit stop ne pas insister. Là réside le secret pour que rapidement il ne dise plus stop et se plie à la volonté en procurant un immense plaisir dans l’effort, même s’il devient intense.
CA
Un grand merci Luc pour ce carnet qui permet à nouveau aux lecteurs, de suivre vos aventures. C'est vrai que vos photos, très bien intercalées dans le récit rendent celui-ci encore plus intéressant.
LU
5 octobre Huancar à Pasos Chicos 28 km 3800 m d’altitude

Après une longue nuit de 9 heures assez réparatrice, nous commençons la journée par notre platée de pâtes, à peine tiède, obligation d’économie de gaz, quel étouffe chrétien ! Nous prenons la piste vers 7h50. La première heure est idéale pour pédaler, froid sec, puis le soleil va faire monter la température qui reste acceptable jusque vers 13 heures. Cela tombe bien c’est l’heure à laquelle nous arrivons à Pasos Chicos, où nous sommes hébergés en dur.



Parfois le sable nous cloue au sol Tout l’après-midi dans ce village du bout du monde protégé des vents d’ouest passe très vite. C’est la première fois que je vois un village de ce désert immense, s’étendant sur 4 pays qui n’a pas d’eau potable directement tirée du sol. On se ravitaille dans une petite casemate en adobe, où sont entreposés plusieurs énormes récipients, qui sont remplis par camion. L’eau a un goût très prononcé de produit d’épuration.



Nous allons visiter le clocher de la petite église du village, auquel nous accédons par un escalier raide et étroit de quelques mètres. La cloche est matérialisée par un morceau de rail d’une soixante de centimètres pendu à une corde. On frappe dessus avec une courte tringle métallique rouillée. André ne fait que l’effleurer et il en sort une sonorité stupéfiante. Deux oiseaux de proie virevoltent au-dessus de nous au gré des turbulences du vent léger qui parcourt le désert.

Nous montons par un chemin de croix sur le petit cône volcanique qui domine le village de 60 mètres. Cette courte marche qui culmine à 3900 m ne nous pose aucune difficulté. Partout autour de nous des cônes volcaniques, petits ou énormes, ponctuent la plaine. Nous regardons fascinés ce spectacle, des fois que quelques dinosaures ayant survécu à l’extinction se cachent dans ce monde minéral.

Nous avons une vue d’ensemble sur le village de Pasos Chicos protégé par son mur de lave. Que ces immensités sont étonnantes, oui on se croirait sur une autre planète. Le dépaysement est complet. Une impression d'éternité



Nous distinguons très nettement le Tuzgle, volcan encore à trente kilomètres, mais qui domine la plaine du haut de ses 5530 m. Il est imposant, promesse d’une belle bataille à venir surtout à vélo.

Demain sera encore un jour d’approche par la Ruta 40. Les deux suivants seront consacrés à l’ascension.

Le premier, nous essayerons de monter jusque vers 5000 m à vélo, et de nous installer au mieux pour la nuit. Puis le second, départ à pied vers les 5h du matin dans le but d’atteindre le sommet avant 9h. Mais nous verrons bien, surtout que cela ne se déroulera pas exactement de cette façon.

Le propriétaire du gîte qui nous héberge est aussi le responsable de la petite infirmerie qui est située à quelques mètres. il y a des montagnes de médicaments dans une pièce jetés à même le sol dans le désordre le plus indescriptible. On y a même un point wifi, vraiment nous ne pouvons échapper au progrès qui se répand à travers la planète.

L'accueil argentin jamais démenti

Cela me rappelle un livre vient de sortir, que je n’ai pas encore lu, écrit par un voyageur qui explique je crois comment se passer de tout ce qui nous raccroche à la civilisation en voyage, téléphone, GPS et autres engins qui nous empêchent de vraiment plonger dans l’aventure.
BL
Merci pour ce carnet. J’ai toujours apprécié tes récits qui donnent bien envie de partir en vélo avec toi. Avec les photos, c’est encore mieux.
Bluequark

Carnets : Namibie, Laos-Perhentias-BKK, Ouest US, Lanzarote, New-York, Berlin, Cuba, Bardenas Reales, AFS -Lesotho-Swaziland, Japon et le dernier né Colombie: https://voyageforum.com/discussion/ete-2017-trois-semaines-en-colmobie-en-famille-d10108246/
LU
6 octobre Pastos Chicos à Sey distance 24 km altitude 4000 m

Nous quittons ce village de Pastos Chicos et Luis qui a été si gentil avec nous. Nous mettons le cap sur Pastos Sey. Après une petite erreur, toujours instructive, nous retrouvons la Ruta 40.

Au fur et à mesure que nous avançons dans sa direction, le volcan Tuzgle et ses 5530 mètres prend de l'ampleur. Sans nous interroger les uns les autres, nous restons un peu interloqués de l'immensité de cette montagne. Avons-nous bien l’intention de la gravir ? Généralement les prétendants à ce sommet viennent en 4x4, et montent pratiquement à 5000 m, et ils effectuent les 500 derniers mètres à pied.

Nous, nous venons de Salta à vélo, et j’espère que nous allons y arriver, car je joue ma crédibilité auprès de mes camarades. Ce petit doute, qui restera jusqu’à la réussite ou l’échec est l’un des éléments moteur de ce genre d’entreprise. Toujours bien affiner sa stratégie, faire attention de ne pas faire une erreur qui va vous donner le gros coup au moral et vous abattre.

En plus, les aléas climatiques sont des éléments prépondérants. Dans ce ce secteur des Andes, il s’agit principalement du vent qui peut devenir le plus redoutable des obstacles. Il y a aussi la couverture nuageuse. En effet, nous scrutons en permanence le ciel, et certains jours les sommets sont encapuchonnés. Là aussi l’ascension devient problématique dans ces conditions, le froid et l’absence de visibilité sont des facteurs qui peuvent devenir rédhibitoires.

Aujourd’hui encore, nous parcourons assez peu de kilomètres. Cependant je sens que mon corps n’en demande pas plus. Est-ce qu’à 65 ans on commence à être vieux ? Ou s’agit-il simplement de prendre le temps de s’adapter à l’effort intense à 4000 m d’altitude ?

A partir d’un certain âge, se lancer dans des entreprises difficiles, on ne peut s’empêcher de se poser la question qui tue : ne suis-je pas en train de faire le voyage de trop ? J’ai connu des amis qui refusaient absolument de prendre en compte le fait qu’ils vieillissaient, et généralement ça ne se finissait pas bien du tout. Même pour l’un d’entre eux ce fut la pire des fins, fou enfermé à l’hôpital psychiatrique. Ce souvenir me hante toujours, et j’espère être capable de gérer moins mal les années qui passent trop vite.

Donc devant ce volcan, pourtant encore à une trentaine de kilomètres, alors qu’il occupe une bonne partie du ciel, une question lancinante revient en boucle : Le Tuzgle est encore loin mais il bouche déjà tout le ciel, sommes-nous fous?





Ce village de Sey est pauvre et triste, toute la misère du monde semble s'y être accumulée. Dans la petite alimentation une jeune fille infirme aidée de sa maman semblant très âgée, nous sert. On en ressent une immense douleur pour cette adolescente d'une douzaine d'années, qui malgré sa souffrance s'efforce à nous sourire.



Dans l'hospedaje communale il y a même la wifi, dérision de la modernité dans ce coin où les habitants sont si démunis. Mais pas le temps de nous y adonner, nous sommes trop absorbés par nos préparatifs de demain, le grand jour, début de l’ascension du Tuzgle. Ce qui m’inquiète un peu, le village n'est qu'à 4000 m d'altitude et nous comptons demain soir bivouaquer à 5000 m. l'acclimation est-elle respectée?

Réorganisation des sacs et des sacoches en vue de passer de voyageur à vélo à grimpeur de montagne. Quel bordel cela implique pour ma part, grosse désorganisation, tout mélanger dans les sacoches pour libérer de la place dans mon sac north face qui me servira de sac de montagne.

Une fois nos préparatifs achevés, nous montons sur le petit promontoire dominant le lieu, que nous atteignons par l'habituel chemin de croix que possède tout village de la Puna argentine.





On ne voit pratiquement jamais personne dans ces hameaux perdus dans les immensités du désert. Très rarement une vieille indienne avec son chapeau traditionnel passe, le regard tourné vers le sol, et semblant porter sur ses épaules toute l'injustice de l'univers. Face à ces situations, on se pose la question de la dérision de nos petites passions d'occidentaux bien nourris.

Une fois de retour de notre petite excursion, Jean-Paul nous prépare du riz bien aromatisé pour les 48 heures à venir, chacun ses trois petits sacs pour l'assaut du Tuzgle. On sent une certaine tension, comment allons-nous réagir ? Jusqu’où pourrons nous aller à vélo ? Faudra-t-il les pousser longtemps, et éventuellement se mettre à deux pour le faire ? Comment allons-nous les cacher ainsi que notre matériel volumineux, même si la région est pratiquement abandonnée des hommes ?

Une inquiétude supplémentaire vient nous perturber. Jean-Paul, pourtant habitué aux treks d’altitude a un mal de tête persistant. J’ai du diamox, il en prend un cachet en allant se coucher.
DI
salut Luc,

Une inquiétude supplémentaire vient nous perturber. Jean-Paul, pourtant habitué aux treks d’altitude a un mal de tête persistant. J’ai du diamox, il en prend un cachet en allant se coucher.

Tu manies avec maestria l'art d'entretenir le supens!!!! On attend la suite!!
Nord Chili, NOA, Sud Lipez, La Paz août 2012 https://voyageforum.com/forum/mois_dans_andes_peripeties_en_altitude_D5526293/ Apologie du southwest en hiver https://voyageforum.com/forum/apologie_sud-ouest_etats-unis_en_hiver_D5851267/ Impressions d'Afrique et de Namibie
LU
Bonsoir Diamina, même si pour toi l'heure n'est pas la même. Merci pour tes petits mots, et merci aussi à celles et ceux qui ont pris la peine de mettre un commentaire. On écrit c'est pour être lu, et notre petit ego est tout content. Tu as bien vu, oui suspens, c'est rigolo, et il va y avoir des rebondissements, mais c'est le voyage. Ce soir je suis pris par d'autres tâches, donc ce sera pour un peu plus tard, j'essaie demain. Amitiés voyageuses entre amoureux de l'Amérique du Sud et de ses grands déserts Luc
LU
7 octobre de Sey au bivouac 20 km de vélo 480 m de dénivelé et 460 m à pied

Nous démarrons vers 7h30 dans un décor magnifique, soleil rasant du matin sur d'immenses sommets arrondis et de magnifiques parois rocheuses qui bordent la gorge dans laquelle nous nous engageons. Il y a des belles escalades à y faire. J'y détecte quelques pitons.





La piste n'est pas très roulante, nous allons mettre 5 heures pour parcourir les 20 kilomètres qui conduisent au point de départ de l’ascension. A de nombreuses reprises nous serons à pied. Mais le panorama est tellement fantastique avec des jeux de lumière multiples créés par un soleil rasant qui joue entre les falaises. Les lumières du matin sont une motivation à se lever très tôt.

Au cours de ce voyage nous allons démarrer de plus en plus tôt. Le dernier mois de ce périple argentin nous nous lèverons systématiquement à 5 heures pour être prêts à rouler dès l’arrivée du jour.







Une fois à l’embranchement de la piste qui part vers le volcan, nous allons pousser nos vélos à deux dans une pente qui interdit d'être seul durant cinq cents mètres. Alors, sur notre gauche un gros chaos rocheux, nous permet de les cacher ainsi que nos affaires.

Par un hasard incroyable alors que nous sommes en train de pousser nos vélos, un couple nous croise, revenant du Tuzgle. Ils s’adressent directement à nous en français. Cela me surprend, comment ont-ils notre nationalité. L’homme me rafraîchit la mémoire, en me rappelant que nous étions dans le même avion pour Salta, et que nous avons discuté à l’arrivée de l’escalade du sommet au pied duquel nous nous trouvons.

A 14h30 lourdement chargés nous partons pour notre point de bivouac vers les 5000 m. Que mon sac North face est lourd et pas confortable !



Nous suivons une piste qui monte en de larges lacets. Plus nous nous élevons plus nous prenons conscience de l'immensité de ces zones de désert. Le vent souffle assez fort, mais pour ces contrées, c’est du très beau temps, car il pourrait tout aussi bien être deux fois plus violent.

Enfin, vers 18h nous trouvons les ruines que j'avais détectées sur google earth à 4940 m d’altitude. Quand la nuit est sur le point d’arriver, et que l’on n’est pas certain de trouver un coin pas trop inconfortable pour se poser on ressent tout le côté aventure du voyage.

Ces ruines nous permettent d'installer deux tentes dans des conditions pas trop mauvaises. André s’installe seul, Jean-Paul et moi nous mettons dans la même tente un peu plus bas. A cette altitude nous nous attendons à une nuit froide, mais notre équipement est adapté.





Rapidement nous engloutissons nos rations de riz préparées par Jean-Paul et nous couchons prêts à affronter une douzaine d'heures d'immobilité. Nous ne prenons même pas le temps de nous émerveiller devant ce décor fabuleux du désert à nos pieds qui est englouti par la nuit, alors que dans le ciel la voie lactée s’illumine comme on ne la voit jamais.

De l'agrément de sortir à 3h du matin pour une petite envie !
LO
J'attends la suite avec impatience de ce voyage qui a dû être riche en émotions et sensations. Les photos sont magnifiques.
DI
salut Luc,

Manifestement Jean-Paul a bien passé sa nuit en altitude: le diamox est vraiment très efficace, je l'ai déjà testé.

De l'agrément de sortir à 3h du matin pour une petite envie !

Et toi tu n'as qu'un appendice à sortir, imagine ce que c'est quand on est une femme, et qu'on a le fessier dehors dans le froid. Je l'ai vécu à Antofalla, dehors et dedans il faisait la même température: entre -14°C et -10°C!!!

Quelle est votre destination finalement? Tolar grande?
Nord Chili, NOA, Sud Lipez, La Paz août 2012 https://voyageforum.com/forum/mois_dans_andes_peripeties_en_altitude_D5526293/ Apologie du southwest en hiver https://voyageforum.com/forum/apologie_sud-ouest_etats-unis_en_hiver_D5851267/ Impressions d'Afrique et de Namibie
LU
8 octobre ascension du Tuzgle 5530 m et descente à vélo sur San Antonio de los Cobres fin du trajet dans la voiture des gendarmes

La nuit n’est pas bonne du tout. Entre le froid qui s’intensifie avec la disparition du soleil et le vent à 5000 m qui souffle une bonne partie de la nuit, et un mal de tête durant plusieurs heures, le sommeil a été difficile à venir. Je prends un diamox. Sachant ce que représente le mal de tête à ces altitudes, sans doute sommes-nous montés trop vite de mille mètres. Je suis un peu anxieux, car si cela empire, me faudra-t-il outre prendre un autre diamox descendre. Je ne me vois pas demander de tout replier dans la nuit et partir, surtout que mes camarades ne présentent aucun symptôme du mal des montagnes.

Je vais finir par m’endormir et me réveiller au lever du jour. Nous communiquons avec André situé un peu au-dessus de nous. Nous nous coordonnons pour surgir ensemble des tentes, afin de nous mettre en route. Le top départ à 7h45, nous surgissons de nos tentes et c'est parti.

Nous sommes en face ouest, le soleil ce n'est pas pour tout de suite, même si nous voyons ses rayons éclairer les montagnes en face. L’immense cône d'ombre de notre volcan s’étend dans le désert. Il en paraît d'autant plus impressionnant.

Nous démarrons par une piste bien marquée, le froid à travers mes semelles se fait immédiatement sentir, les mains gantées fourrées dans les poches, seul André semble insensible au froid. Nous suivons ce chemin qui va en se rétrécissant jusque vers 5200 m. Il traverse toutes sortes de zones géologiques. Des grosses roches porphyriques, on pourrait se croire dans un Estérel gigantesque, des roches vertes marquées d'oxyde de cuivre, puis des zones entièrement blanches faites d'une espèce de matière pulvérulente. On dirait de la neige mais non.





Enfin un rayon de soleil vient illuminer ce monde minéral. On se croirait sur une autre planète. Aussi loin que porte notre regard à part une ruine à 5100 m et la piste aucune trace de civilisation. Cette dernière prend fin brutalement vers 5250m.

Devant nous un vaste mur instable fait de sable et de grosses pierres volcaniques, qui devaient être ces fameuses bombes incandescentes expulsées du volcan. Nous discernons quelques traces de passages, et sans trop de difficultés nous surmontons l'obstacle de quelques cent cinquante mètres de haut. Certes en soufflant dans ce terrain instable sablonneux très raide, mais en réalité sans aucune difficulté ni technique ni d'orientation, nous continuons notre montée.



Nous débouchons vers les 5400 m sur un large plateau au bout duquel le sommet du Tuzgle nous apparaît. Il est en fait le bord le plus haut du cratère, qui en lui-même n'est pas impressionnant. Nous parcourons rapidement les 130 m qui nous séparent du sommet. Le temps est idéal, l'Atacama nous fait la fête, ni capuchon nuageux, ni vent. Hier alors que nous étions à vélo 1000 mètres plus bas, le sommet est resté caché toute la matinée. Si nous avions eu aujourd’hui des conditions similaires, nous aurions eu beaucoup plus de difficultés à atteindre le sommet.

Sur le plateau sommital nous nous croyons sur la planète Mars. Nous profitons de ces derniers moments de marche sachant que plus rien ne nous empêchera d’atteindre le point culminant. Quel plaisir ! Lorsque depuis plusieurs jours l’esprit est tendu vers un but à atteindre, et que ce but nous sommes enfin certains de l’atteindre, la joie commence à bouillonner en nous.

Ça y est le cairn sommital est devant nous. Une petite planche de bois sur laquelle est écrit : TUZGLE 5330 m marque un point final à notre ascension.

Nous allons rester une vingtaine de minutes au sommet. On se dit que les souffrances acceptées pour arriver ici, que ce soit les pistes infernales à vélo, la montée longue avec le matériel de bivouac lourd, et une nuit de 12 heures à se poser des questions dans le vent et le froid, valaient vraiment la peine d'être endurées.

Au sommet je déploie le drapeau Mapuche que Robert, citoyen patagon m'a prêté en vue de ma demande de citoyenneté patagonne, cf Jean Raspail et son livre « Moi Antoine de Tounens, roi des Patagons ». Paradoxalement alors que le vent est souvent le principal ennemi dans la puna, ce matin j’ai du mal à déployer mon drapeau car il est pratiquement absent.







Ce livre retrace l’incroyable épopée, bien réelle, d’Antoine de Tounens, né en1825 et mort en 1878, avoué français, devenu aventurier, fondateur de l’éphémère royaume d’Araucanie et de Patagonie.

Nous redescendons rapidement à notre lieu de bivouac, plions nos affaires restées dans les ruines. Nos sacs chargés, heureusement moins lourds qu'hier, nourriture et surtout eau en moins, nous dévalons directement en courant modérément, sécurité oblige, dans les grandes pentes volcaniques purulentes et très poussiéreuses, en coupant les immenses détours de la piste qui serpente sur cet immense flanc de montagne.



Au sujet de l’eau, les bâches à eau MSR que nous avons achetées ne sont pas terribles, malgré leur prix de 35 euros. Sur les quatre, deux présentent des fuites.

Une fois nos vélos retrouvés, nous récupérons toutes nos sacoches, reformatons nos bagages et prenons la direction de San Antonio de los Cobres. Les dieux nous sont favorable, que de la descente sur 40 km et le vent dans le dos. Un vrai bonheur, mais attention aux traîtrises de la piste, surtout que nous sommes fatigués donc moins vigilants. Je ne peux m'empêcher de m'arrêter, malgré l'heure tardive. Je suis fasciné par ce volcan et ses coulées de lave noire.





Jean-Paul est devant de quelques centaines de mètres, je trouve qu’il va vite. Soudain il me semble que son vélo est à terre, et lui je ne le vois plus. Que se passe-t-il ?

J’arrive au niveau de ce vélo au sol. Je constate que Jean-Paul gît inerte au sol quelques mètres devant, face contre sol. Manifestement il vient de faire un bon vol plané.

Rapidement je m’approche de lui et commence à lui parler. Il se met à bouger. Il lève la tête, le sang coule de plusieurs endroits. En le voyant dans cet état, je crains une fracture du crâne. André arrive. On installe au mieux le blessé. Je sors ma trousse de secours, et nous commençons à lui nettoyer le visage. Il reprend bien ses esprits, mais nous ne savons pas évaluer la gravité des plaies et l'ampleur du traumatisme dû la violence du choc.

Nous sommes à plus de 4000 mètres, il est plus de 16 heures et nous sommes loin de tout. André reste avec Jean-Paul et je pars en direction de San Antonio de los Cobres chercher du secours. Je sais que dans une quinzaine de kilomètres, il y a le fameux viaduc de Polvorilla, du train des nuages.

La piste par moments est très difficile, je suis même obligé de marcher, mais en général elle descend et me permet d’aller assez vite. Cependant, je fais attention de ne pas me laisser embarquer malgré l’envie de très vite trouver du secours. Attention au sur-accident. Malgré l’urgence, je ne peux m’empêcher d'admirer la beauté de la gorge que je descends. Le soleil qui commence à décliner illumine le paysage. Les zones d’ombre et de lumière font naître de magnifiques contrastes.

Enfin je vois le viaduc. A son pied une petite maison. A cette heure tardive plus un seul touriste. Je tape aux différentes portes. Un jeune homme finit par ouvrir. Je lui explique la situation. Il passe un coup de téléphone. On va venir nous chercher. La ville est à vingt kilomètres.



Le temps me semble long. Une heure ou presque passe, tout surpris je vois arriver à vélo mes deux camarades. De loin je pensais qu’il s’agissait de deux autres cyclistes. Je me dis que si Jean-Paul a pu descendre cette piste difficile sur une telle distance, ses blessures ne doivent pas être trop graves. Nous voyons un pick-up arriver. Il s’agit de la police. Nous chargeons les trois vélos et nous partons pour San Antonio. Direction l’hôpital, accompagné d’un policier Jean-Paul est rapidement pris en compte par un médecin. Une batterie d’examens lui est prodiguée.

Pendant qu’il est pris en mains, le deuxième policier nous emmène jusqu’à l’hôtel que le couple de Français nous avait indiqué. Nous nous installons avec André, en nous disant que nous nous en sortant pas trop mal. Un peu plus tard le policier revient me chercher, pour que je serve d’interprète entre le médecin et Jean-Paul.

Ce dernier est couvert d’énormes pansements qui lui couvrent une bonne partie du visage. Le médecin veut savoir combien de temps il est resté inconscient au sol. Je ne sais pas exactement, mais pas très longtemps. Je lui décris la scène et nous en déduisons que l’inconscience a été inférieure à la minute.

Après cette première interrogation le médecin décide de le laisser repartir avec nous. Mais avant, une infirmière lui prodigue quelques derniers soins. Et tout cela gratuitement.

Nous allons passer deux jours et trois nuits à San Antonio, ville que je connais, car j’y étais passé il y a cinq ans au cours d’une traversée de l’Atacama.

Mais après ces deux jours, Jean-Paul reste bien secoué et partira en pick-up sur Salta, d’où il organisera son rapatriement, pris en compte par son assurance liée à sa carte bancaire.

Nous devons une fière chandelle à la police argentine, qui s’est montrée particulièrement attentionnée et qui nous accompagnés jusque tard dans la nuit, alors que nous étions dans une situation délicate avec un camarade aux blessures toujours impressionnantes à la tête. Ils m’ont fait penser aux gendarmes français du secours en montagne, des anges gardiens.

Jean-Paul et moi songeurs en contemplant la ville

André et moi sommes marqués et la séparation sera difficile et émouvante. Je ne pourrai pas réprimer mes larmes. Trop bête, ce voyage que nous avions préparé depuis de longs mois subit un grave revers, l’abandon de l’un de nous. C’est donc à deux que nous reprenons notre descente de la Ruta 40. Et dans quelques kilomètres nous attend la piste qui conduit au plus haut col routier d’Amérique du Sud, l’Abra del Acay, altitude 4895 m.

Mais ce sera l’occasion d’un autre carnet concernant les quelques 800 kilomètres que nous allons effectuer sur cette fameuse Ruta 40, jusqu’au moment où nous la quitterons pour aller vers le paso San Francisco.
LO
Récit fort et émouvant qui me fait penser à une citation d'Antoinede Saint Exupéry : "la terre nous en apprend plus long sur nous que tous les livres. Parce qu'elle nous résiste. L'homme se découvre quand il se mesure à l'obstacle."
CA
Oui Merci pour ce beau récit, en effet fort et prenant. Je serai bien entendu présente pour lire le prochain épisode de vos aventures et de vos exploits.
DI
Waouh, qué tal hombre?

Fichtre, une chute à vélo en vol plané!!!! J'ai eu les trippes qui se sont tordues en lisant ton récit, et j'ai ressenti ton stress et ta tristesse face à l'obligation de JP d'arrêter son voyage. Quel concentré d'émotions, quelle grandeur!!!

Est-ce qu'il va mieux maintenant? J'espère qu'il n'y a pas eu de conséquences plus graves?

Et j'imagine assez bien la phase de découragement que vous avez traversée. Je n'imagine même pas tout ce qui te passait par la tête pendant que tu roulais à la recherche de secours pour aider JP.

En tout cas, chapeau à vous et chapeau bas à toi de nous raconter tout ça, je suppose que revenir sur tout ça te remue les trippes de nouveau.

Bon courage.
Nord Chili, NOA, Sud Lipez, La Paz août 2012 https://voyageforum.com/forum/mois_dans_andes_peripeties_en_altitude_D5526293/ Apologie du southwest en hiver https://voyageforum.com/forum/apologie_sud-ouest_etats-unis_en_hiver_D5851267/ Impressions d'Afrique et de Namibie
DO
Bonjour Monsieur le Voyageur à Vélo

La lecture à un rythme d'enfer du carnet de Pierre sur son voyage à vélo lui aussi à un rythme d'enfer en Corée du Sud m'ayant totalement épuisée [;)] je me demandais comment j'allais "vivre" ce voyage ! Si le rythme est moins trépident -et pour cause, les ambiances que tu décris, les paysages que tu dessines, les bonheurs que tu évoques parmi les difficultés, font que ce récit interpelle et bouleverse. J'en suis ressortie abasourdie et totalement admirative [:)].

Un grand, très grand moment de lecture !

Merci merci et à bientôt pour la suite...

Dolma
un chemin et la caresse du vent, alors je pars en voyage...
EL
Bonjour et bravo pour ces photos , qui me rappellent tous ces endroits ou je suis passé. Mais j'admire votre courage, j'ai été dégouté du vélo dans ma jeunesse, faisant 40 km tous les jours pour aller travailler , par tous les temps. Aussi quel bonheur de pouvoir compter sur un moteur, en moto ou en voiture.Pédaler pendant des heures sur des distances pareilles , avec l'impression d'avancer comme un escargot , il faut un sacré mental.
LU
Bonsoir Georges, non on ne peut pas parler de courage dans ce type de voyage, mais de philosophie.

Une envie de se mesurer à une nature sauvage de ce coin d'Argentine à la force des mollets et dans la lenteur. Ce genre d'expérience rend toutes ses dimensions à notre Terre.

Mais cela n'empêche pas que tout autre type de voyages apporte aussi ses joies et ses engagements.

Cette fois au paso San Francisco et il y a 5 ans dans des coins reculés du Sud Lipez nous avons rencontré des motards qui étaient plus fatigués que nous. Dans ces conditions de sable et de vent tenir une moto lourde est épuisant physiquement et psychologiquement. Luc
EL
Bonjour, en effet il faut une certaine philosophie, et du temps, ce qui est de plus en plus rare aujourd'hui, j'ai un ami qui fait des virées en vélo dans toute l'Europe , c'est moins dépaysant. Mais je me souviens de voyages en Patagonie, ou la violence du vent était telle que faire du vélo il fallait oublier, attendre que le vent retombe, j'avais du mal , plié en deux , a rejoindre ma voiture. Et les problèmes des voyages en moto, j'ai de bons souvenirs aussi, les crampes dans les épaules a la fin d'une journée de route, les soudures de porte bagages ou autres réparations tous les soirs, après une journée de piste (ou plutôt un lit de torrent desséché) ah! c'était la jeunesse et l'insouciance.
DO
Bravo les gars !Beau trip et bien raconté ! .... bon vent et portez vous biennnnn ! [;)]
Chriseso
PA
Je découvre cette aventure avec du retard mais QUELLE AVENTURE . Merci Luc pour ce jolie partage et puis quelle plume [;)]
reve de longues escapades en moto avec ma moitie , mais depuis le vélo est arrivé ...

You might also like