"Les seize arbres de la Somme" (livre), Lars Mytting
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KO
Un récit puissant porté par une écriture légère et poétique, une histoire intime traversée par les fantômes de l’histoire collective.

A la mort de son grand-père qui l'a élevé, le personnage central, Edvard, entreprend d'explorer les zones d'ombres de son histoire familiale afin de trouver une cohérence et une réponse à ce qui le hante depuis toujours : la mort de ses parents, tous deux noyés dans un étang de La Somme lorsqu'il avait 3 ans, sa disparition survenue dans des circonstances floues juste après le drame ... et les quatre jours qui se sont écoulés entre ce moment tragique et les retrouvailles avec ce grand-père.

Quatre jours où il fut recherché vainement avant d'être déposé, sain et sauf, par un inconnu dans un lieu sûr.

Un cercueil, des lettres, une robe, un fusil de très grand valeur, autant d'éléments comme les pièces d'un puzzle, des cailloux de Petit-Poucet, qu'il devra emboiter ou suivre sans logique, guidé par l'intuition, des réminiscences furtives, des rencontres, pour qu'apparaissent le motif final, le but du chemin... et peut-être l'apaisement.

De la Norvège aux îles Shetland, de la France comme théâtre de deux guerre, de Authuille à Ravensbrück, les gens se croisent, les identités se superposent ou se confondent, le texte en français se tisse d'anglais et de norvégien... la mer se déchaine et il pleut beaucoup. Les arbres, et surtout le bois, occupent une place essentielle dans le récit. On apprend ce qu'est un bouleau flammé, pourquoi l'histoire converge autour d'un bosquet de 16 noyers au veinage exceptionnel...

De temps en temps, on perd un peu le fil, l'auteur ébauche des pistes qu'il ne suivra pas, les faits historiques sont juste effleurés, sans pathos ... et les incursions dans le passé embrouillent parfois ce qu'elles sont censées dénouer au présent.

Le charme opère car une atmosphère mystérieuse imprègne tout le livre, admirablement traduit du norvégien. Une écriture rêveuse, sobre et minimaliste qu'illuminent des envolées poétiques, des observations délicatement ciselées sur la nature ou sur les personnages : les morts, aux personnalités fortes et complexes, façonnées par la guerre, et les vivants... dont deux jeunes femmes -une qui attendra, l'autre qui troublera- et surtout le héros, détective sensible sur les traces de sa propre histoire, agriculteur, un peu ébéniste, photographe muni d'un Leica... L'obturateur émit ce bref chuchotement de Leica qui capture quelque chose qui est pour le transformer en quelque chose qui a été.

Les seize arbres de La Somme de Lars Mytting Traduit du norvégien par Céline Romand-Monnier Éditions Actes Sud
CO Connu Regular ·
Excusez-moi, mais donnez-vous ici un cours de littérature ou d'histoire de l'art ou un truc du genre ? Pourquoi ne publiez-vous pas vous-même ? Je ne vous vois pas incapable de créer ... la peur de se dévoiler ? Et si ma remarque est lourdingue, allez-y sans hésiter. J'aime la vérité lorsqu'elle est fraîche et qu'elle ne vient pas de n'importe où.
KO Kola Globetrotter ·
Forum livres, films, documentaires. Suggestions de livres... qui peuvent intéresser, faire rêver... des voyageurs.

Si on considère le cahier des charges... tu trouves que ça sort des clous ?
CO Connu Regular ·
Voui... je sors des clous. 🙁
PY Pygmalion19 Veteran ·
Bonjour Kola,

J'ai bien aimé ta recension bien écrite qui plus est. Cela dit je ne lirais sans doute pas ce livre car je ne suis pas sur d'aimer cette histoire. Quand à Connu pour être un troll tyrolien je ne suis pas surpris par son propos 😕! Si besoin est de te rassurer tu es tout à fait dans les clous.

A+
pygmalion
KA Kate Globetrotter ·
la mer se déchaine et il pleut beaucoup.

Souvent, dans cette littérature nord Européenne. Tu le qualifierais de polar ?
Mes photos sur Flickr: https://www.flickr.com/photos/153304262@N05/albums "Le Temps nous égare. Le Temps nous étreint. Le Temps nous est gare. Le Temps nous est train".
KO Kola Globetrotter ·
Un polar sans flics, sans meurtre et sans coupable alors...
MA Mariecurry Globetrotter ·
Je l'ai terminé ce week-end. Des secrets de famille(s), le passé que l'on fouille, la transmission, les racines, ça ne pouvait que me plaire. J'ai aimé l'atmosphère - brume, tempêtes et coins désolés - et les nombreuses références musicales british des années 80. L'auteur raconte magnifiquement le matériau qu'est le bois, élément central du récit. J'ai cru comprendre qu'il était bûcheron à ses heures. Difficile de lâcher le bouquin avant le dénouement. Qui n'est pas (du tout) celui que j'imaginais. Bref, un très bon roman. D'après moi en tout cas. Qui m'a rappelé par moments le délicieux Léon et Louise d'Alex Capus. Si tu le vois chez ton libraire, n'hésite pas, je pense que ça te plaira. 😉
KO Kola Globetrotter ·
Coucou...

Dis donc tu lis vite toi ! 🙂 Merci du retour, et heureuse que ça t'ai plu.

Rassurée aussi de constater que l'exercice (un peu) difficile, que tu pratiques également, qui consiste à trouver les mots justes pour ne pas trahir une œuvre, tenter d’intéresser, de faire rêver, en exprimant son impression... n'est pas complètement inutile et peut s'insérer modestement dans le flux des commentaires, critiques et avis de spécialistes qui saluent, ou descendent en flammes, un livre à sa parution.

N'en déplaise à certains.

Je retiens Léon et Louise et également François Garde.

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