Bonjour Marie, bonjour à tous
Nous avons acheté sur le site d'Angkor un des livres cité par Jacques, Angkor, cité Khmére, très documenté et visuellement très agréable. Attention au prix à négocier . Il n'est pas cher.
Il me semble que c'était en 2006 que j'avais acheté le livre de Claude Jacques (1) "Angkor cité khmère" sur le site d'Angkor. Je connaissais l'auteur comme étant un spécialiste de la période angkorienne.
J'ai appris plus tard qu'il s'agissait d'une copie.
La durée des droits d'auteur en France est de 70 ans après la mort de celui-ci.
En achetant la copie sur le site d'Angkor, Claude Jacques ne perçoit pas ses droits d'auteur.
J'ai acheté la version de 2000 aux éditions Olizane (il ne s'agit pas d'une copie), en voyant la couverture j'ai pensé qu'il y avait une différence avec la copie. Le format de ce livre est un peu plus grand, le texte et les photos sont identiques, il y a seulement en plus un grand plan avec l'emplacement des temples d'Angkor et une carte du Cambodge.
Dans les deux livres (page intérieure de la couverture) il y a la présentation de l'auteur et du photographe Michael Freeman. Claude Jacques est présenté comme un épigraphe, spécialiste des inscriptions en sanscrit, khmer et cham (2)
Là il y a une erreur, Claude Jacques n'est pas un épigraphe mais un épigraphiste :
- Epigraphe : inscription que l'on trouve sur des monuments. Ces inscriptions sont gravées sur des matériaux non putrescibles comme la pierre, le métal… .
- Epigraphie : science qui étudie les épigraphes.
- Epigraphiste : personne qui étudie les épigraphes.
(1) Claude Jacquesest né en 1929 à Marboz (Ain).
Lors d'un séjour à Pondichéry, il y rencontre Bernard Philippe Groslier en 1959 (*), qui lui conseille de se diriger vers l’épigraphie du Cambodge, dont le maître, George Cœdès, est déjà fort âgé.
En 1961, Claude Jacques se rend au Cambodge. Il occupera plusieurs fonctions et sera membre de l'EFEO de 1963 à 1973.
Claude Jacques et George Cœdès sont probablement les deux plus grands épigraphistes pour la période angkorienne.
(*) Bernard Philippe Groslier (1926-1986) était membre de l'EFEO de 1951 à 1953. Il est le fils de George Groslier qui était un spécialiste de l'architecture et de l'art khmer durant la période angkorienne. Véro en parle dans son post du 14/08/2018.
Les inscriptions : Les inscriptions que l'on peut voir dans les temples sont gravées à l'entrée des sanctuaires sur les piédroits des portes, d'autres ont été gravées sur des stèles, qui se trouvent maintenant à la Conservation d'Angkor et dans différents musées.
Ces documents ont une importance historique considérable, car ce sont les seules archives du Cambodge ancien que nous possédons.
Ces textes sont écrits en sanscrit ou en khmer ancien, à peu près en quantité égale, mais leur teneur est sensiblement différente suivant la langue utilisée.
- Les textes sanscrits sont des poèmes adressés aux dieux d'origine hindoue ou aux protecteurs bouddhistes (*). Ces poèmes font en règle générale l'éloge du fondateur du temple, qu'il soit roi ou haut dignitaire. C'est dans ces poèmes que l'on trouve habituellement la date de l'installation des divinités (trop souvent confondue avec la date de construction du temple) qui commence avant et peut s'être prolongée bien au-delà ; on peut y trouver aussi certaines autres dates, notamment celles de la prise de pouvoir des rois.
- Les textes khmers aucontraire sont toujours écrits en prose et relèvent généralement du style de l'inventaire : ils ont trait en effet aux biens matériels propriétés des dieux, terrains, animaux ou objets du culte...
(*) Le sanskrit est la langue liturgique du bouddhisme Mahayana (Grand véhicule)
Le pali est la langue liturgique du bouddhisme Teravada ou Hynayana (Petit véhicule)
(2) Les chams :
Le peuple cambodgien est composé principalement de Khmers (qui représenterait 90% de la population), de vietnamiens, chinois… et de diverses ethnies dont les Chams, Jaraï, Samrés (3)
Je n'avais jamais entendu parler des chams avant de visiter les temples d'Angkor. On peut voir une bataille navale entre Khmers et Chams sur des bas-reliefs du Bayon et du Banteay Chhmar.
Les chams ont créé le Royaume du Champa (IIème ou IIIème siècle ?) qui se situait au centre du Vietnam (Annam). Ce royaume a progressivement été absorbé par las vietnamiens.
Vers 1177 : Invasion des chams qui s'empare d'Angkor et la saccage
Jayavarman VII avant de devenir roi a chassé les chams du pays.
Je ne pense pas qu'il y ait des temples Chams au Cambodge, mais il y en a au Vietnam par exemple My-Son. A Danang il y a un musée de la sculpture cham.
(3) Le temple du "Banteay Samre" : qui signifie "Citadelle des samrés"
Nous sommes certains que ce temple est de style angkorien (4), mais en l'absence d'inscription on ne peut pas dire quel est le roi constructeur. Les informations sont différentes selon les spécialistes des temples… Certains spécialistes mentionnent un nom de roi constructeur mais il s'agit là d'hypothèses.
(4) Les styles angkoriens : il y a 11 styles angkoriens.
C'est à Philippe Stern et à Gilberte de Coral-Rémusat que nous devons une nouvelle méthode de classification des monuments, basée sur le groupement par styles au moyen de l'étude détaillée des thèmes de décoration en particulier : colonnettes et linteaux, pilastres et frontons, bas-reliefs et ronde-bosse (une sculpture en ronde-bosse est une sculpture dont on peut en faire le tour).
En se basant sur l'épigraphie on a pu savoir la date de construction de certains temples. C'est comme cela que la chronologie des styles a pu se faire.
Dans son livre "Angkor cité khmère", Claude Jacques présente deux tableaux sur les styles.
Pour ceux qui veulent avoir des détails sur les styles angkoriens reportez-vous au site http://angkor.wat.online.fr/
Dans la partie "Les arts khmers" on y trouve des renseignements sur :
- l'histoire préangkorienne : l'Empire du Founan, l'Empire du Tchen-La, Le Champa…
- l'histoire angkorienne avec les différents styles...
Jacques

