The Art of Jenbe Drumming (Mali)
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Musique de fête traditionnelle à Bamako : l’art du tambour jenbe

Dédié à Jaraba Jakite (†2005) : Fòlikèla, i ni ce, i ni baara kosèbè, ala ka hinè i la !

The Art of Jenbe Drumming, Vol.1 The Art of Jenbe Drumming, Vol.2

Instruments et ensembles :

Les instruments en forme de calice du tambour appelés jenbe (djembé) sont taillés dans un tronc d’arbre, travail exécuté traditionnellement par les numu, forgerons (leur spécification professionnelle comprend aussi la sculpture sur bois, l’art de soigner, le métier de la poterie, tous les travaux métallurgiques modernes, etc.), appartenant aux nyamakala (qui se caractérisent par leur occupation socioprofessionnelle et qui sont, d’une manière ou d’une autre, tous spécialisés dans une activité artisanale. A cette formation sociale appartiennent aussi les jeli, griots, les garanke, cordonniers, et les mabò, tisserands). Il faut vingtaine de mètres de corde, beaucoup de force et un savoir-faire artisanal pour travailler et tendre une peau de chèvre de manière pour qu’elle résonne. Un batteur de tambour expérimenté, qui fait respirer le jenbe peut tirer de cet instrument solo une tonalité inouïe qui scintille de plénitude et de couleurs merveilleuses. Des basses sombres et chaudes s’échappent d’un jenbe comme un courant d’air perceptible, accompagnées de bourdonnement de tôles métallique, tandis que la peau vibre en différentes fréquences, du ton de base plein, doux jusqu’aux tons hauts, clairs et aigus. Par contre, le dunun cylindrique, en fer-blanc et à deux peaux (dont la variante bamakoise est appelée aussi dununin, "petit dunun", ou kònkònin), produit des tonalités simples, est donc moins coloré ni nuancé ; un ton de base très comprimé, sourde et grave le distingue comme un tambour-basse qui accompagne. Le jenbe est joué par les deux mains, le dunun par une seule baguette, fabriquée d’une tige d‘un palmier-raphia (raphia sudanica, en bam. ban).

Contrairement à la musique de fête rurale, son pendant urbain est caractérisé par un ensemble assez réduit en batteurs : au cours des années 60, le duo comprenant 1 jenbe et 1 dunun s’ést établi dans la musique de fête dans la capitale. A partir des années 70, 2 jenbe et 1 dunun forment d’habitude un ensemble de tambour. Sur les deux disques, tous les morceaux sont joués en duo jenbe-dunun ...

Occasions de la culture de fête urbaine :

Des personnes de peuples, de langue et d’états différents d’Afrique de l’Ouest partagent cette culture du jenbe et forment ainsi un espace musical au-delà des frontières. Les groupes de jenbe jouent la musique pendant les fêtes à danser à Bamako, la capitale du Mali de même que dans toutes les régions comprises entre le désert du Sahara et le Golfe de Guinée, et entre l’Atlantique et le courant du Volta. Les fêtes accompagnent les rites de passage, c.à.d. baptêmes (denkundi), circoncisions (furasi, farifaribila), initiations à des sociétés secrètes (kòmò), culte de possession d’esprit (jinèdòn), fiançailles (worotila) et, en premier lieu, mariages (kònyòntilenkè ; au cadre de la fête de mariage, il y a/avait aussi la fête matinale après la nuit de noces, sògòmafòli, qui sert à fêter la défloration de la fiancée, de plus, il y a la fête de mère d’honneur (denba), sufèfòli resp. denbatulonkè, etc.), constituent leur partie publique de divertissement. Des fêtes à d’autres occasions rituelles et aussi non-rituelles pour enfants (fête d’applaudissements, tègèrètulon), jeunes gens (cérémonies pour la remise des diplômes, etc.) et adultes (fête de chasseurs, donsotulon, processions, sensenfòli, etc.) sont aussi représentées par les batteurs de jenbe ...

Déroulement et interaction musique/danse :

Les fêtes ont lieu dans la rue devant la cour de la famille organisatrice. Les batteurs de jenbe (jenbefòlikèlaw) viennent sur commande, des jus raffraîchissants et repas consistants sont préparés en grande quantité. Une bâche est tendue d’une part à l’autre de la rue pour protéger les participants à la fête contre le soleil. De même, des douzaines de petites chaises en fer peintes et numérotées que l’on loue auprès de sociétés spécialisées, font partie de l’arsenal.

Les chaises sont entassées dans un coin jusqu’à quelques minutes avant le commencement de la fête. Personne n’est encore venu. Seulement la bâche qui couvre la rue vide indique la fête à venir. Seuls les musiciens (fòlikèlaw) peuvent faire démarrer la fête. Ils annoncent leur arrivée à coups de sons bruyants, saluent leurs instruments et le lieu. Leur place en ligne courbe marque le devant d’un rond à partir duquel quelques enfants sont chargés de ranger les chaises en grand cercle. Appeler les participants par les battements de tambour est une tâche laissée aux musiciens en herbe, qui au début, ne réussissent à rassembler qu’une bande d’enfants turbulents qui sautillent. Pendant ce temps le maître jenbe et chef de la troupe est à l’écart et observe indifféremment les diverses phases d’évolution de la fête. Le jeu ne devient intéressant pour lui que quand les premières jeunes femmes ou femmes mariées quittent la cour pour entrer sur la place de fête.

Les musiciens se lèvent alors de leurs chaises, attachent leur dunun par les lanières aux épaules, attachent leur jenbe autour des hanches, le tronc entre les cuisses, la partie supérieure et la surface de cuir au niveau de ventre. A partir de cet instant, le soliste jenbe doit toujour rester prêt à remplir sa tâche, à savoir recevoir une danseuse qui s’élance du cercle des invités pour se mettre en face à face avec les fòlikèlaw. Le soliste accélère et intensifie tout de suite le rythme tout en soutenant le solo de la danseuse à qui il réplique et qu’il entraîne vers le paroxysme pour après peu de temps l’arrêter brusquement avec une phrase-signe qu’il joue, signe reconnu tout de suite par la danseuse se retirant immédiatement de la piste pour céder la surface de danse à la prochaine danseuse. Lorsque la dynamique de la musique et des mouvements monte ainsi pour la première fois, cela transforme très vite l’humeur de tous les spectateurs en enthousiasme. Le cercle se remplit vite. Les jeunes filles et les femmes se tiennent débout en plusieurs rangées derrière comme devant les chaises, cernant ainsi de plus près le lieu de la fête et rendant l’ambiance de plus en plus intense.

Une fois que le maître-batteur de tambour a arrêté le solo de la première danseuse, il fait un pas en arrière pour rejoindre les autres batteurs de tambour qui l’accompagnent et diminue à nouveau la vitesse et la densité de rythme. Il joue des notes brèves qui sont une manière d'"espionner" la prochaine danseuse et de la provoquer. Celle-ci, déjà en pas de danse s’élance aussitôt du cercle des invités et se met devant les batteurs de tambour pour élever le rythme affaibli à un nouveau sommet. Ces deux phases nettement séparées, une qui provoque et une autre qui mène jausqu’à l’exstase, se succèdent et s’accumulent. La communication entre les batteurs de tambour et les danseuses détermine essentiellement le déroulement des fêtes de jenbe, marque en même temps son essence et sa forme. Comme des vagues, le rythme s’intensifie et s’affaiblit, se reconstruit à nouveau, et ceci dure une heure, deux heures, trois heures, voire des jours entiers.

Un batteur excitant exprime avec théatralité cette dynamique aussi bien à travers la musique que dans sa posture et ses gestes. Il danse en même temps qu’il joue. Il poursuit une danseuse particulièrement excitante à travers le lieu de danse, l’honore en soulevant très haut le bras de celle-ci et son tambour pour tout de suite après l’attirer sur la piste de danse en vue de la prochaine danse. Il joue une danse fessière érotique en position très combée, esquissant lui-même les mêmes mouvements, son jenbe attaché autour des hanches, est parallèle au sol et bouge en même temps. Ainsi il rend la fête "bouillonnante" ... c’est le prochain contrat assuré pour lui ...

Dans les villes, les fêtes sont affaire de femmes. Même les petits garçons spectateurs se comportent ici déjà comme les hommes, alors que les filles essaient de taper des mains, de chanter et de danser chaque fois que l’occasion se présente. "Faire-comme-si-de-rien-n’était", c’est l’art de l’homme. La richesse des tissus de fête, les mouvements gracieux et érotiques de leurs femmes, la musique grisante de tambours qui éclatent à travers tout le quartier – tout cela leur fait peur pour leur dignité qu’il faut à l’avance défendre avec un léger soupçon d’ironie dans l’ignorance qu’ils affichent.

L’apprentissage des danses commence déjà dès l’enfance. Les femmes dansent en solo aux fêtes avec leurs bébés sur le dos, les petits enfants sautillent à côté, les petites filles dansent seules ou en groupes sans musique ; elle sont à chaque fête les premières et guettent plus tard l’occasion de pouvoir se glisser entre les femmes. L’enthousiasme à danser la musique du tambour est chez les petites filles âgées de 7 à 15 ans environ déjà si grand que parfois des dizaines voire même des centaines se rassemblent, collectent leurs moyens disponibles en Fcfa pour engager d’elles-mêmes quelques petits batteurs de tambour afin d’organiser une simple fête d’enfants. Sans l‘arsenal des grands, ils dansent et jouent pourtant au tambour comme eux.

C’est de manière inévitable que la musique du tambour provoque chez les filles et les femmes l’envie de bouger et de danser. Aussi inévitablement, cette harmonie entre la musique et le mouvement provoque joie, rire et exaltation. Dans l’essence de la rythmique africaine qui se manifeste aussi bien à travers la musique de fête que la danse, la montée de l’euphorie jusqu’à l’abandon est programmée, sentiments et passions sont élevés jusqu’au déchargement sensuel et sont ainsi purifiés et libérés. Les notes et les rythmes de la musique du jenbe servent exactement à cela pour toutes les participantes mais surtout pour les danseuses en solo.

Les musiciens :

Yamadu Bani Dunbia (1917-2002), patron du jenbe légendaire, est né à Bafoulabé, dans la région de Khaso (à l’ouest du Mali). Dans sa jeunesse, Yamadu s’impose déjà comme jenbefòlikèla. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, il appartient à un bataillon français, sous le Général De Gaulle, qui lutte contre l’Allemagne nazie et ses Alliés dans la Méditerrannée. Après 1945, il retourne au Mali et s’installe d‘abord à Kati, ville de garnison très proche de Bamako, plus tard à Bko-Badialan. Il se produit régulièrement comme batteur de tambour, que ce soit à Kati, Bamako ou à d'autres villes du Soudan Français du Sud. La carrière musicale de Yamadu atteint son apogée dans les années 60, c.à.d. dans les années initiales de l’indépendance en Afrique et au Mali (1960) : Yamadu Dunbia, déjà dans son enfance possédé par un esprit, guéri et devenu batteur de tambour, considéré sur Bamako comme un prisonnier de guerre déraciné, devient un des premiers et meilleurs fòlikèlaw professionnels à l’époque qui profitent du temps et savent faire de leur art une profession. Il joue même les fêtes des dirigeants du pays (un de ses clients est Mariam, épouse du président Modibo Keita). Jusqu’au milieu des années 80, Yamadu sait maintenir sa position dominante, après son autorité s’effrite de plus en plus. En 2002, Dunbia meurt, démuni. Sur les quelques morceaux du The Art of Jenbe Drumming Vol.1, au moment de ses enregistrements, l‘ancien maître a 78 ans mais il sait encore appeler les esprits si vite que les gens tremblent d’exstase après quelques secondes seulement, fait respirer son instrument et le laisse chanter, ne donne aucun coup de trop et chaque coup est frappé avec aisance et souveraineté. Jeli Madi Kuyate, né en 1950 environ à Sagele (près de Sibi), vient dans la métropole à l’âge de 12. Elève de Y.B. Dunbia, il se fait très vite un nom, occupe le poste de batteur de tambour dans le Ballet National du Mali, avec qui il part pour des tournées en France, en Chine, en Russie, au Canada et en Corée. Cependant, il n’abandonne pas son origine musicale, au contraire, batteur de tambour national, il profite de sa compétence et de sa notoriété pour réussir également au domaine de la musique de fête traditionnelle à Bamako. Dans les années 80, un jenbefòlikèla est appelé pour la première fois à l’Ensemble Instrumental National du Mali, monument de la musique malienne et symbole de l’unité artistique et culturelle du Mali, pays si riche en culture et histoire. Le batteur élu est Jeli Madi Kuyate. Pendant ce temps, Jeli Madi ne se produit que sporadiquement sur les fêtes. Son jeu de jenbe est preste et élégant, à écouter sur tous les deux CDs. Jaraba Jakite, né aux environs de 1956, vient à Bamako en 1984. Là, Jaraba, "grand lion", acquérit très vite la renommée d’un batteur de tambour puissant qui danse et qui emballe le public. Jusqu’à sa mort en 2005, "le grand lion" reste la vedette de jenbe incontestée sur la scène de musique de fête dans la capitale malienne. Son jeu excitant et expressif est rendu dans les deux CDs (j’ai eu la chance de faire la connaissance de lui en 2004, un an avant son décès inattendu pour tout le monde. Quel bonheur, merci !). Drisa Kone, âgé de 50 ans environ, est originaire de Kourouba, village près de Kangaba (au sud de Bamako). A l’âge de 14 ans, il rejoint l’ensemble de Y.B. Dunbia et passe son meilleur élève. En tant que musicien professionnel, il donne des concerts ainsi que des cours de jenbe même en Europe (Autriche, France, Espagne, Pays-Bas, Allemagne) dans les années 90-96. Drisa Koné joue le jenbe solo sur The Art of Jenbe Drumming Vol.2. Madu Jakité, né en 1960 environ dans un petit village près de Bafoulabé, est spécialiste de dunun. Madu accompagne tous les quatre solistes sur les deux CDs. Madu est marié avec Sira, ils ont 4 enfants.

Le répertoire :

... The Art of Jenbe Drumming Vol.1 : 1. Fulafòli est un rythme venant des Fulbe du Delta central où le fleuve Niger inonde toute une région pendant la saison des pluies. Il était originairement joué avec des tambours très différents des jenbe. Ainsi se transforme et survit la tradition. 2. Madan est un rythme standard maninka très estimé par les batteurs de jenbe dont la plupart d’eux viennent du sud de Bamako, de la région de l’Empire du Mali (Sunjata) au Moyen Age. 3. Maraka (aussi nommé Denbafòli) est un des rythmes les plus appréciés qui est représenté sur presque toutes les fêtes de mariage à Bamako. 4. Sogoninkun, "tête d‘antilope", rythme amené dans la capitale en provenance du Wasulun, région riche en musiciens et chasseurs au sud-est du Mali. 5. Sabaro (joué solo) est un rythme wolof du Sénégal. 6. Wolosodòn est une danse des descendants des esclaves dont le statut jouait autrefois un rôle important dans les cours royales où ils accomplissaient des fonctions importantes. 7. Kòmòfòli est un rythme joué au passé pendant les fêtes d’initiation à la société du kòmò (griots, femmes et enfants sont exclus de l’initiation au culte de kòmò). Les sociétés d’initiation n’existent plus dans la capitale mais ce rythme est transmis jusqu’à nos jours. 8. Kòfili, rythme bamana rarement joué aux fêtes. 9. Kirin (ou Wasulunka) est aussi un rythme venant du Wasulun. Très apprécié. 10. Burunfòli, "danse de trompe", aussi un rythme du Wasulun. Excepté Y.B. Dunbia, personne à Bamako ne connaît plus ce rythme qu’accompagnait autrefois le jeu des trompes. 11. Maa nyuman circulait dans le milieu de théâtre et de ballet à l‘époque. 12.-14. Jina, "esprit". Un esprit peut être la cause de nombreuses maladies psychiques et physiques. Si quelqu’un est guéri grâce au traitement d’une guérisseuse, alors s’ensuit l’initiation à son culte. Maintenant on permet à l’esprit pour la première fois ce qu’on devra toujours lui accorder aux nombreuses fêtes ultérieures : on danse à l’encontre de l’exstase, on se laisse posséder par elle pour ensuite être possédé par l’esprit et finir par s’en défaire de manière théâtrale et thérapeutique. Le rôle du batteur de tambour, c’est d’appeler les esprits.

... The Art of Jenbe Drumming Vol.2 : 1. Sanja (aussi nommé Jelidòn) est un rythme des griots, jeliw, venant de l’ouest du Mali. D 2. Sunun vient de Kaarta, région située au nord-ouest du Mali et territoire de l’ancien Empire Bambara de Kaarta (17e et 18e siècle). 3. Suku (aussi nommé Soli et Furasi) est un des rythmes les plus importants du répertoire de la musique de fête à Bamako. D’origine, il était joué aux fêtes de circoncision et d‘excision au Mali et en Guinée. 4. Numu s’adresse aux forgerons, formation sociale des nyamakala. 5. Fura, "feuille ; médecin", est un rythme associé au contexte de la circoncision et de l’excision dans lesquelles le médecin est important pour stopper le sang et pour guérir les plaies. 6. Bobo(fòli), "rythme des Bobo" joué à Bamako seulement où il expose donc la représentation culturelle des Bobo sur la capitale malienne. Les Bobo (ou Bwa) sont un groupe ethnique au Mali, habitant dans la région de San. 7. Dansa est un des rythmes de jenbe les plus populaires à Bamako. A côté de Suku et Maraka, Dansa est joué à toute fête, indépendant de son occasion sociale ou de l’origine ethnique et sociale de ses organisateurs ou participants. Ce rythme était créé dans la région entre les villes de Bafoulabé et Kayes, tout à l’ouest du Mali. 8. Bara est un rythme joué originairement par des ensembles instrumentaux (à bara drums et bòn drums). 9. Sogolo est un rythme du peuple somono, peuple de pêcheurs au Delta intérieur. 10. Kirin (voir en haut, 9/Vol.1). 11. Jina (voir en haut, 12.-14./Vol.1). 12. Tansole est un rythme bamana fusionné dans le répertoire de jenbe à Bamako depuis deux ou trois décennies. 13. Nyagwan est une société d’initiation féminine, et donc, d’une certaine manière, le pendant de la société d’initiation masculine du kòmò. 14. Manjanin est un rythme classique du répertoire de jenbe des Maninka. Traditionnellement, ce rythme est joué pour une danse de deux filles d’un âge avant-mariage élues pour le rôle de la manjanin, une sorte de princesse villageoise, et de sa servante. 15. Garankedòn, "danse des garanke". Comme le Suku et le Sanja, ce rythme provient de la tradition du dunun khasonka de l’ouest du Mali, intégré dans le répertoire de jenbe. Aujourd’hui, le Garankedòn est un rythme classique à Bamako. 16.-18. Tous les deux ou trois ans, un nouveau genre de danse est populaire auprès de la jeunesse de Bamako. Les quelques ans après, le genre tombe encore dans l’oubli ; de tels "fashion rhythms", comme Degu-degu, Niare bòn ka lajè et Sumalen des années 80, sont vite absorbés et développés par les batteurs de jenbe pour les intégrer enfin dans le répertoire de jenbe.

Tous les enregistrements ont été faits entre 1995 et 2006 dans une cour d’école à Badialan, un quartier à Bamako (où tous les musiciens-ci se sont installés depuis longtemps), juste pour le microphone, sans toute répère ni arrangements et sans aucune représentation préalable quant à la production d’une musique de fête sans cadre festif. Ces enregistrements réflètent la diversité des régions du Mali et de ses peuples, les facettes stylistiques et des générations, mais aussi l’unité de la tradition qui se transforme constamment au centre de cette capitale multiculturelle.

L’initiateur et éditeur de ces enregistrements-ci est mon ami et camarade d‘université, Rainer Polak (université de Bayreuth/All.) : Rainer est ethnomusicologue, professeur de jenbe, fondateur d’une école de jenbe privée à Bayreuth, auteur de "Festmusik als Arbeit, Trommeln als Beruf. Jenbe-Spieler in einer westafrikanischen Großstadt" (thèse de doctorat ethnomusicologue). En tant que musicologue, il fait des recherches sur le micro-timing, les timing patterns et le theoretic status of rhythmic feel dans la musique de jenbe, de plus, il est chargé de cours aux universités de Cologne, Bamberg, Bâle et Rotterdam ...

Jenbe Music in Bamako www.djembe.uni-bayreuth.de www.myspace.com/bamakofoli

VIVA MALI, TU ES MAGNIFIQUE !

hgb

P.S. : Les photos prises par moi lors de 2 noces à Bko-Bolibana et Samé montrent nos amis Jaraba (à bonnet blanc), Drisa (en chemise verte), Madu (en shirt orange), et la chère Sira & ses 4 garçons.
AS Assigué Regular ·
i ni tle Hery,

Merci, de nous faire profiter de tes grandes connaissances de la culture malienne. Concernant les percussions, j'ai deux questions à te poser : Il existe un petit instrument cylindrique, que l'on place sous un bras et que l'on frappe à l'aide d'une baguette fine et recourbée à une extrémité. Je n'en connais pas le nom. Deuxièmement : est-ce que cet instrument fait partie de la panoplie, lui aussi, des grands percussionnistes que tu as rencontrés à Bamako.

Merci et bonne journée
HE Hery Veteran ·
I ni su, Jean-Michel !

Il existe un petit instrument cylindrique, que l'on place sous un bras et que l'on frappe à l'aide d'une baguette fine et recourbée à une extrémité. Je n'en connais pas le nom.

Je crois entrevoir le genre de tambour dont tu parles ... (du moins, je l‘espère).

Ces tambours que tu as décrits en haut, sont très répandus en Afrique (sous les noms les plus différents, selon les pays ou selon leurs peuples). Leur terme générique est Talking drum. En français, on dit Tambour à aisselles, et en allemand Sanduhrtrommel, terme qui fait référence à son apparence : Sanduhr veut dire "sablier", Trommel correspond, bien sûr, à "tambour", donc, la Sanduhrtrommel est un tambour qui ressemble à un sablier.

Sur le plan instrumental, la tradition musicale au Mali est très riche en tambours ; il y a en fait un grand nombre de tambours en calebasses, de tambours circulaires, de tambours à racler, de tambours en fût, de tambours de femme (cipinnè ; chez les Sénoufo), de tambours d’eau (jidunun ; souvent joués par les femmes), etc. etc., et aussi de tambours à aisselles, p.ex. chez les Dogon (leur désignation est gom boï), les Khassonké (tamandinwò), les Minianka, les Soninké (dunduge), et surtout chez les Bwa ou Bobo où ce genre de tambour est très présent (il y en a deux, à savoir le dumanu et le iizo) ... Globalement, on trouve le tambour à aisselles dans presque toutes les régions du sud du Mali.

En bamana, ce tambour porte le nom tama (ou ntama), et il y a aussi un "petit frère" du tama, à savoir le tamani (ntamani, tamanin), "petit tama". Dans Bailleul 2007, faut voir à la page 343, là, tu trouves l'entrée lexicale ntama.

Le tama est un tambour cylindrique à deux peaux tendues par des cordelettes sur la caisse de résonance faite de bois et largement entaillé en son milieu (> détail qui fait notamment l’air d’un sablier). Les cordelettes qui relient les deux membranes ne servent pas qu’embellir l’apparence de l’instrument mais ont encore une fonction supplémentaire concernant le mode de jeu : elles servent à modifier la hauteur du son. Si le joueur exerce une pression avec la partie supérieure du bras sur les cordelettes, ça produit une tension plus forte de la membrane, ce qui a pour conséquence que la hauteur du son progresse. De plus, il peut produire des glissandi ...

Je suis très désolé de ne pas pouvoir te présenter de bonnes photos ; pourtant, j’ai trouvé deux (1 et 2) prises sur la fête de mariage à Bolibana qui montrent pour chaque un tamani. J’espère que cet instrument correspond à celui dont tu parles ... Le Monsieur en boubou bleu (3) joue, en position typique, un tamani.

est-ce que cet instrument fait partie de la panoplie, lui aussi, des grands percussionnistes que tu as rencontrés à Bamako.

Hmm, disons, oui et non. Certes, il est possible de jouer une fête de mariage avec un ensemble de tambours se composant de deux ou trois jenbe ou de un ou plusieurs jenbe plus un ou plusieurs autres tambours, p.ex. un tama (et on peut combiner les jenbe avec des trompettes ou flûtes, etc.) mais de nos jours, à Bamako, le jenbe est accompagné surtout par le dunun !

A Bamako, le tamani est un instrument joué exclusivement par les griots (selon Rainer). Donc, si un griot est d'une fête de mariage, il peut (s’il veut) jouer avec les jenbefòlikèlaw. Les derniers ne le repousseraient jamais ...

Bon ... Jean-Michel, il est très recommandé d’assister à des fêtes de mariage. La plupart des fêtes de mariages ont lieu dans les 4 semaines avant le ramadan. C’est la "haute saison" des mariages à Bamako ; à cette époque, il faut aller dans les quartiers, et tu trouveras des fêtes, sans problème ! Regarder les femmes danser et les batteurs jouer, c’est un régal pour les yeux, crois-moi !!!

Bonne soirée, hgb

Référence : Musée National du Mali (éd.) 1996. Sons et rythmes du Mali. Instruments et genres musicaux traditionnels. Bamako: Edition Musée National du Mali. (Catalogue de l’exposition „Sons et rythmes du Mali ..." au Musée National du Mali, réalisé avec le concours de la République Fédérale d’Allemagne).
AS Assigué Regular ·
Bonjour Herbert,

En bamana, ce tambour porte le nom tama (ou ntama), et il y a aussi un "petit frère" du tama, à savoir le tamani (ntamani, tamanin), "petit tama". Dans Bailleul 2007, faut voir à la page 343, là, tu trouves l'entrée lexicale ntama.

oui ! en effet. Donc c'est le ntama (en bambara). Il est très utilisé dans les villages dogon.

Pour ce qui est des fêtes de mariage, spectacle à ne pas rater, donc !

En tout cas, merci pour ces explications !

bonne journée !
HE Hery Veteran ·
RYTHMES EN IMAGES

Voici plusieurs rythmes (présents aussi sur The Art of Jenbe Drumming Vol.1/2) en images (vidéos) :

- Sumalen

De gauche à droite : Madu Jakite (dunun), Drisa Kone (jenbe solo), en superforme !, et le stoïque Kasim Kuyate (jenbe acc.) jouent le rythme sumalen. Il s’agit ici d’une session d’enregistrement au cadre d’un projet de recherche, rendu possible par la Société Allemande pour la Recherche (DFG).Bamako, en février 2006 ...

Kone-Kuyate-Jakite

- Menjani (maninka)

De gauche à droite : Jeremy Chevrier (jenbe acc.), Drisa Kone (jenbe solo), Banu Sidibe (dununs) jouent le menjani, rythme de jenbe classique des Maninka. Cette vidéo a été filmée à l‘Hôtel Djembé de Bamako. Pour plus d’infos : www.rootsyrecords.com ...

Kone-Chevrier-Sidibe

- Numufòli (danse des forgerons) - Tansole (bambara) - Marakadon (soninké) - Suku (maninka) - Menjani (maninka) - Madan (maninka)

Rythmes et danses du Mali, joués par le groupe SANZA (Vienne) : Drisa Kone (jenbe), Rainer Polak (jenbe), Gerhard Kero (dunun) et Uli Sanou (dunun), dansés par Oumou Mariko, artiste professionnelle de Bamako. Son esthétique et power à elle sont inimitables, et même en plein furioso, son style et élégance ne se perdent jamais. En d’autres termes, voir Oumou danser, c’est un régal !

Oumou Mariko & Sanza

Discographie supplémentaire :

- Coulibaly, Soungalo. 1986. Na Yan. (cassette, éditeur non indiqué) - Coulibaly, Soungalo. 1992. Percussion and Songs from Mali. Arion, ARN-64192/Melodie, 09265. - Diakite, Abdoulaye, et al. 2004. Tambacounda Dunun ni Don. Rootsy Records. - Doumbia, Abdoul. 1995. Abdoul Doumbia. AKD 95. - Dramé, Adama. 1979. Rhythms of the Manding. Phillips 6586042 (UNESCO Collection). Re-edition 1984 Grem DSM 042. - Jakite, Jaraba, et al. 1997. Dònkili - Call to Dance. Festival Music From Mali. Pan CD 2060. - Kante, Mamadou. 1994. Les Tambours du Mali/Drums from Mali. Playa Sound, PLS 65132. - Keita, Mady. 2005. Traditional Djembe Music from the Bamana and Manding Peoples. Kanaga System Krush. - Konaté, Famoudou. 1991. Rhythmen der Malinke. Museum Collection Berlin CD 18, Museum für Völkerkunde Berlin. - Kone, Drisa. 2007. Kurubamako. Extraplatte. - Sidibe, Mamadou. 2000. Village Djembe Drumming. Rootsy Records. - Traoré, Moussa. 1999. Mali Foli, Talking Drum records. TDCD-80108. - Troupe Folklorique Malienne. (s.d.). African Rhythms and Instruments, Vol. 1. Lyrichord CD 7328.

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GE Gertbrigitte ·
Le Balafon Avec la découverte et l’utilisation du fer il ya 2500 ans, l’organisation sociale des sociétés africaines change. De nombreux habitants, nomades depuis la nuit des temps, deviennent sédentaires. Des castes se forment, et parmi celles des artisans, le forgeron (numu) devient le centre de toutes les activités. Il gagne un pouvoir énorme. Sans lui, il n’y a pas d’armes de chasse, ni d’outils agricoles, ni d’ustensiles de cuisine. Il est le maître du feu, donc celui du bois ; et c’est lui qui, traditionnellement, sculpte les futs de djembé ou les lames de balafon. Or, on remarque que le geste du balafola est le même que celui du forgeron – la mailloche adopte le mouvement du marteau et la lame remplace l’enclume. Tout laisse donc à croire que les premiers joueurs de balafon étaient des forgerons. Dans l’un des mythes cosmogoniques des Mandingue, le premier habitant sur terre descendu du ciel était un forgeron. Et ce n’est sûrement pas par hasard que le balafon joue un rôle aussi important dans l’histoire de l’avènement du royaume du Mali au 13ième siècle. Cette histoire, chantée et racontée depuis 800 ans par les jelis, est décrite dans une véritable épopée comparable au Mahabarata de l’Inde ou à la chanson des Nibelungen en Germanie. En voici le résumé. A la fin du 12ième siècle, Nare Maghann Konate règne sur le pays mandingue, région qui englobait à l’époque le sud-est du Mali et le nord de la Guinée d’aujourd’hui. Ce roi a deux fils, Soundiata Keita avec une première épouse et Dankaran Touman avec sa deuxième femme. Lorsqu’il meurt, c’est son second fils Dankaran Touman qui, poussé par sa mère, prend le pouvoir à la place de son ainé, qui était pourtant l’héritier légitime. Soundiata part en exil avec sa mère et quelques fidèles et voyage à travers tout le pays, forgeant des alliances avec des chefs de clans. Son père, le roi, qui avait pressenti cette situation, a, juste avant sa mort, nommé Bala Faseke, fils de son propre jeli, jeli de Soundiata, afin que, grâce à ses conseils avisés, celui-ci puisse reprendre un jour le pouvoir usurpé par son demi- frère. Au sud, se trouve le royaume des Sosso, gouverné d’une main de fer par le forgeron Soumaoro Kante, qui annexe un petit royaume après l’autre, jusqu’à menacer aussi son voisin, le pays mandingue, dont il convoite les gigantesques ressources en or. Le jeune roi mandingue Dankaran Touman envoie alors à la cour de l’insatiable roi des Sosso le jeli de Soundiata, Bala Faseke, qui était resté au pays, avec pour mission une médiation entre les deux royaumes. Mais le roi Soumaoro le fait prisonnier, violant ainsi la coutume ancestrale de respect du jeli. Un jour, Bala Faseke pénètre dans la chambre secrète où se trouve le balafon magique donné à Soumaoro par les dondori. Enfreignant ainsi la loi sacrée, selon laquelle seul Soumaoro a le droit d’utiliser ce balafon, Bala Faseke se met à jouer de l’instrument. Bien que loin en brousse et en train de chasser, Soumaoro entend tout de même le son du balafon. Il rentre chez lui à toute allure et découvre Bala Faseke en train de jouer. Fou de rage, il s’apprête à le tuer, mais Bala Faseke entame des louanges à l’honneur de Soumaoro et joue tellement bien que celui-ci se laisse envouter par la musique. Il le nomme même son propre jeli. Désormais, une guerre entre Soundiata Keita et Soumaoro Kante devient inévitable. Après plusieurs batailles sans vainqueur ni vaincu, vient la bataille de Kirina en 1235. Le matin avant le début des hostilités, Bala Faseke réussit à s’enfuir et à revenir auprès de son maître originel, Soundiata Keita. Grâce au soutien retrouvé de son jeli, Soundiata gagne la guerre et devient le premier « mansa », roi du Mali. Son règne est le début d’ une longue période de prospérité, du 13ième au 16ième siècle. C’est l’apogée du balafon! Chaque roi ou chef de village, chaque noble a son jeli qui peut exercer sa fonction et développer son art sans souci matériel. Après la défaite de Soumaoro Kante, Bala Faseke a encore joué longtemps de ce balafon magique lors des grandes cérémonies. Soundiata le baptisa Bala Faseke Kouyaté et fonda ainsi une ligne de griots, les Kouyatés. Les descendants de Bala Faseke sont toujours les gardiens de ce balafon appellé le Sosso-Balafon. Il se trouve de nos jours à Niagassolo dans le nord de la Guinée. En 2004, L’UNESCO l’a ajouté à la liste de l’héritage culturel universel mondial.

Ici vous trouvez une description de la construction du balafon.



Le balafon africain

Le balafon comprend des lames en bois et des calebasses creuses qui servent comme caisses de résonance. Leurs volumes correspondent à leurs notes. Il y a deux ou trois trous dans chaque calebasse sur lesquels sont collés des toiles d'araignées ou des ailes de chauve-souris, aujourd'hui de plus en plus des .... papiers à cigarettes. Ces membranes grésillent avec la résonance, sonorité appellé l'effet mirliton. Cet effet est amplifié par des bracelets en métal attachés aux poignets du joueur. Lames et calebasses sont fixés sur un cadre fabriqué avec des bâtons de bois et ficelés par des cordes en peau de chèvre. En Guinée, au Nigéria, au Tchad et au Kenya, on trouve le xylophone de fossé. Les lames sont posées au-dessus de cavités creusées dans le sol. En Tanzanie, il existe une sorte de marimba joué par l'ethnie Makonde avec une caisse de résonance. Dans l'est du Cameroun, l'ethnie Fang joue avec six mendjans, xylophones avec différents registres (basse, alto, ténor, etc.) qui forment un véritable orchestre, le komendjan. Les Fang du Gabon jouent le mendjan me biang. Egalement au Cameroun, les Bamilekes, peuple du nord-ouest du pays, jouent le djein, un xylophone avec des grosses lames posées sur des troncs de bananiers. Au Tchad, les peuples des Sarah et Sarakaba jouent le xylophone kundu. Au Congo, les Balubas utilisent le madimba et au Mozambique, le peuple des Chopi joue le timbila. Chez les Ibos au Nigéria, il y a un xylophone avec une seule lame. En Ouganda, on joue le xylophone amadinda à 12 lames ; il se joue à trois musiciens : deux sur un côté et un autre en face. On y joue aussi le xylophone akadinda avec 22 lames qui est joué par six musiciens, trois de chaque côté. On y trouve aussi le grand xylophone mbaire, joué par les Basoga. Chez les groupes ethniques comme les Senoufos, Bobos, Miankan, Lobi, Dagari, Samblan, Toussien, Gouin, Samogo ou Touroukan (Mali, Burkina Faso, Guinée, Côte d'Ivoire, Ghana), les instruments peuvent avoir jusqu'à 21 lames.

Normalement, le balafon est accordé de la note la plus grave à la note la plus aiguë, et souvent en pentatonique (cinq notes) comme, par exemple, les touches noires du piano. Aujourd'hui, on trouve aussi l'accord " européen ", comme l'accord diatonique ou chromatique. Mais depuis toujours, les Africains savent intégrer des influences venant de l'extérieur à leur propre manière originale. © Gert Kilian, 2008

www.gert-kilian.com
gertbrigitte
HE Hery Veteran ·
Bonjour !

Dans les diverses musiques populaires, telles que le rhythm’n blues, le jazz, le funk, le rap, etc., le terme groove s'applique en premier au rythme, utilisé en référence à la mesure et à l’embellissement des sections rythmiques. Le concept de groove souligne son rôle en produisant une sensation et une dynamique spécifique à un motif rythmique régulier d‘un morceau. En d’autres termes, le groove est la capacité humaine de faire naître une participation interne aux évènements rythmiques et une envie de mouvement. Il fonde essentiellement sur des structures micro-rythmiques (les intervalles entre les notes ne sont pas isochroniques mais allongées et écrasées selon des modèles complexes). Mais jusqu’à aujourd’hui, l’analyse de la rythmique africaine est caractérisée par la théorie des valeurs opérationelles minimales (equal-pulse base en anglais, Elementarpulsation en allemand). Il s’agit donc de tirer au clair la relation entre groove et pulsation dans la musique de jenbe ouest-africaine. Le but est de montrer que le rhythmic feel est inhérent au répertoire et fondamental au système métrique de cette musique (style en question ici : la musique de fête de mariage à Bamako/Rép. du Mali). Voici les résultats du projet de Rainer Polak, mon ami, présentés dans son article (MTO) traitant les structures empiriques et le statut théorique des rhythmic feels dans la musique de jenbe, style le plus populaire de la musique percussive en Afrique de l’Ouest et à travers le monde ...

Rhythmic Feel as Meter : Non-Isochronous Beat Subdivision in Jembe Music from Mali

Plusieurs audio samples et aussi vidéos sont comprises dans cet article dont ...

vidéo 1 (manjanin)

vidéo 2 (woloso dòn)

(http://www.humyo.de/!#/FFlMCpH/MTO_Rhythmic%20feel_Media/)

La photo (en bas de page) montre mon ami Rainer avec Jaraba Jakite (Paix à son âme !) lors d’une fête de mariage à Sagele, tout petit village situé au sud de Bamako (cercle de Kangaba, arrondissement de Sibi).

www.myspace.com/bamakofoli

Bonne lecture & bonne écoute, hgb

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