Voyage tranquille au Mali

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MA
Tranquille ? non pas si tranquille que ça… voyage qui a souvent chamboulé nos repères, nos certitudes et nos habitudes… voyage dont on revient touché par des sourires et des rires, agacé par trop de sollicitations, émerveillé par des paysages splendides, étonné par la présence de l’eau, reposé par des images d’un autre temps, fatigué par la chaleur plombante, ensablé d’une multitude de petits grains que l’on retrouve encore entre les pages de nos livres… Et Tranquille, c’est surtout le surnom de notre guide !

Vendredi 21 novembre 2008

Nous ne sommes que très peu d’européens dans le vol Aigle Azur qui nous emmène à Bamako, nous avons largement de la place, l’avion ne fait jamais le plein pour privilégier une surcharge de bagages des passagers. Compagnie à recommander, super accueil et bonnes prestations. Sur le tarmac nous descendons de la passerelle dans un four : 30 ° à 20 h ! Joël est à l’arrivée, c’est le frère de Tranquille, le guide qui doit nous accompagner en Pays Dogon. Nous passons notre première nuit chez Fanny et Nico, une auberge de routards, chambre ventilée ou dortoirs en terrasse, sanitaires en commun, beaucoup de motos dans la cour, des jeunes sur les canapés qui fument, qui discutent, qui refont le monde… Pour arriver ici nous avons déjà senti l’Afrique, la chaleur, la poussière, les embouteillages de mobylettes, les petits marchands à nos vitres, les propositions, les boutiques en plein air tout au long du chemin, l’éclairage qui arrive à peine à illuminer les visages et surtout les larges sourires, « bienvenue au Mali ! » Nous aurons chaud toute la nuit !

Samedi 22 :

Super bon petit déjeuner en terrasse, jus de papaye, confiture de mangues, nous sommes vite dans le bain ! Moussa, au volant d’un 4x4, va nous conduire jusqu’à Djenné où nous dormirons ce soir. Pour pouvoir rester un peu plus longtemps au Mali nous avons fait le choix d’arriver et de repartir de Bamako, du coup, nous avons fait beaucoup de route, ce qui aurait pu être évité en arrivant à Mopti/Sévaré, cela nous a permis cependant de visiter Ségou au retour, de traverser des régions d’élevages, une forêt protégée avec nos premiers baobabs, de manger dans des gargotes au bord de la route, de s’arrêter dans les marchés colorés des petits villages, de voir la vie des campagnes (la fabrication du charbon de bois, des briques cuites…)… Nous nous arrêtons à San, au bord de la route, pour un repas du midi tardif (il est déjà 14 h) et nous faisons honneur à une grande assiette de riz en sauce. Ce sera LE plat du séjour, les sauces varient, parfois pâtes ou fonio mais ce sera le repas habituel, parfois une délicieuse petite banane ou quelques morceaux de pastèque bien juteuse pour dessert. Vers 17 h nous sommes au bord du Bani, nous attendons le bac pour rejoindre Djenné. La saison des pluies vient de se terminer il y a un mois, il y a encore beaucoup d’eau partout, ici en particulier c’est une région marécageuse, beaucoup de rizières et de plantations de céréales, bien sûr, rien à voir avec le rendement des hectares de la Beauce ou la Brie… il y a encore beaucoup à faire et surtout en premier lieu avoir du matériel, tout est cultivé et récolté par la main des hommes (plus souvent des femmes d’ailleurs !) C’est la fin de l’après-midi, le bac est sur l’autre rive et en attendant, de jeunes enfants nous proposent des petits véhicules qu’ils ont fabriqués avec l’alu des canettes. Près du bord quelques pêcheurs relèvent leurs filets, des femmes finissent la toilette des enfants ou leur lessive quotidienne, le soleil va sombrer dans des couleurs rougeoyantes, au loin deux hippopotames plongent si rapidement dans l’eau fraiche que peu de gens les aperçoivent… De jeunes routards lillois voyagent dans une voiture si délabrée qu’on la prend pour un tas de ferraille, les habitants de Djenné regagnent leur maison, un bus-taxi bien chargé nous suit et tout ce monde s’entasse sur le bac poussif à souhait ! Nous traversons ensuite cette étrange ville ancienne (patrimoine de l’Unesco) par d’étroites ruelles bordées de maison en banco gris, nous apercevons la Mosquée et nous nous arrêtons devant « Le Campement » hôtel tout à fait confortable où nous sommes contents de déguster une bonne Flag bien fraiche ! Après s’être rafraichi nous avons besoin de nous dégourdir un peu les jambes, la nuit est bien tombée, nous allons manger un Tion-Tion (riz et sauce aux oignons !!!) dans un restau local vers la place de la Mosquée. Même le soir nous avons du mal à supporter la chaleur qui nous plombe, normalement il devrait faire plus frais mais ce qu’aucun guide touristique ne dit c’est que vers novembre il y a à nouveau un pic de hautes températures, nous sommes en plein dedans : 35 à 40° dans la journée, à peine moins la nuit ! ça va être chaud pour marcher ! Nuit sous la moustiquaire, l’eau n’est pas loin mais globalement nous n’avons pas été gêné par les moustiques.
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)

mon blog : http://lesvoyagesdemamina.blogspot.com/
WA
Que voilà un joli début ! La suite ! La suite !

[:)] [:)] [:)] [:P]
"Nous méritons toutes nos rencontres ; elles sont accordées à notre destin, et ont une signification qu'il nous appartient de déchiffrer." Mauriac
LA
la suite ! j'avais lu "l'avant départ et ses appréhensions"[;)] j'ai hâte de lire le retour de voyage avec mr tranquille. willynomad
le site du nomad
MÉ
Bonjour Mamina

hummm !! ça sent bon l'Afrique Quel plaisir de te lire[:)] Tranquille c'est un nom qui ne s'invente pas. à bientôt par ici

Eric
http://www.flickr.com/photos/mekong69/sets/ http://www.youtube.com/watch?v=X-UPh_7iIlQ
GL
Te voilà rentrée et déjà à l´oeuvre, Maminafrique (enfin "déjà"... plus d´une bonne semaine quand même !).

Je me console de l´absence de djembé dans tes valises avec le démarrage de ton récit, d´ores et déjà coloré et mordant, agrémenté de recettes de riz à toutes les sauces ainsi que de premiers beaux clichés.

Je suis curieuse de savoir à quelles occasions et quelles certitudes ont pu être bousculées chez toi qui es aplomb et stabilité. Pourrais-tu avoir l´obligeance de laisser à ton homme le soin de trouver une place pour les collections de poterie, les portes dogon et autres souvenirs rapportés et éventuellement de préparer Noel, pour te consacrer à rattrapper le retard déjà pris dans ton récit !

Bises
Agathe
MA
Merci à tous de vos gentils mots... je continue...

Dimanche 23

Rapidement nous avons compris que si nous ne voulions pas sécher sur place au soleil il fallait profiter des heures fraiches de la journée et il est à peine 7 heures quand nous prenons notre petit déjeuner.

Au fait, nous, c’est deux couples d’amis de longue date, nous avons pas mal de voyages ensemble à notre actif en mélangeant, au hasard des destinations, soit de l’organisé, soit de la débrouille. Pour le Mali nous avons pris directement contact avec un guide conseillé par un membre VF (vous voyez, ça marche !), il nous a accompagné tout le séjour, je pense qu’il y a eu beaucoup d’improvisation dans les étapes, il s’est complètement adapté à notre rythme, à nos envies. Pas d’intermédiaire, pas d’agence, il a fait travailler les gens de son village comme porteur et cuisinier, les copains pour les auberges, la pinasse… tant mieux … nous avons payé au bout du compte la même chose pour 10 jours plein sur place que par agence pour 7 jours, le transport de Bamako au Pays Dogon en 4x4 a été le gros du budget, proportionnellement l’essence est très chère (presque 1 euro le l).

C’est un jeune guide qui se propose de nous faire visiter Djenné, ville édifiée au IX ième siècle au bord du Bani (affluent du Niger) protégée de hautes murailles de banco (genre de torchis, eau et paille + beurre de karité pour que l’eau coule en surface) et dont le monument principal est la Mosquée. Nous avons reçu quelques explications du guide et nous nous approchons de la Mosquée lorsqu’un policier à mobylette et un homme se présentant comme le directeur de l’Office du Tourisme nous interpellent. Notre petit guide n’est pas accrédité ! il est emmené vers le poste de police (tout va s’arranger pour lui mais après beaucoup de palabres !) et nous voilà avec un guide « officiel » bien moins intéressant et qui nous dirige surtout vers les boutiques d’artisans ! nous monterons quand même sur une terrasse pour avoir une vue d’ensemble de la ville mais c’est à peu près tout ! ce sera le regret de ce voyage : ne pas en avoir vu plus à Djenné. Nous aurions mieux fait de flâner seul dans les ruelles et sur le bord du fleuve.

En fin de matinée un bon moment nous attend, nous montons sur la pinasse qui va naviguer jusqu’à Mopti. C’est une jolie barque colorée, confortable, bien stable. Tout y est, salon, salle à manger, cuisine, WC, poste de pilotage, … Nous mangerons d’excellents repas préparés par le « pilote-cuisinier », du « Capitaine » un très bon poisson pêché dans le fleuve et du poulet plumé à bord ! Rien n’est plus agréable que de se laisser bercer au fil de l’eau et d’observer sur les rives la vie d’un peuple de pêcheurs (les Bozos) ou d’éleveurs (les Peuls). Les pinasses à touristes sont tout à fait reconnaissables, d’abord nous ne sommes que 7 à bord y compris l’équipage, ensuite les gilets de sauvetage orange arrimés aux montants du toit se voient de loin et sur notre passage les bras se lèvent pour des coucous bien chaleureux ! dès que nous approchons d’un village en torchis de pêcheurs ou celui de cases des peuls nomades, nous le remarquons par l’activité intense au bord du fleuve : les femmes lavent le linge ou les calebasses, les enfants se baignent, s’amusent, font leur toilette, les animaux s’abreuvent, les hommes sont aux champs ou gardent les troupeaux. Cela fait des scènes colorées, vivantes, joyeuses… A plusieurs reprises nous assisterons au passage des troupeaux de zébus d’une rive à l’autre, une centaine de vaches entrainée par le courant, au milieu quelques hommes à l’eau qui les dirigent de l’autre côté, des cris, des meuglements, impressionnant !

Nous nous arrêtons aux abords d’un petit village bozo, c’est Djenné en miniature, une jolie mosquée d’inspiration soudanaise en son centre. Les enfants se précipitent sur nous pour nous tenir la main, pour se jeter devant l’objectif dès que je veux prendre une photo, ils sont ravis lorsque j’emprunte à l’un d’entre eux son pneu de bicyclette et que j’essaye de le faire rouler avec un bout de bois… ouh ! ça va vite…. Il faut courir derrière ! le problème c’est qu’après ça chacun veut me prêter son jouet ! rapidement essoufflée Mamina ! Les petits sont adorables, souriants avec une dentition parfaite, pieds nus dans la poussière, vivants probablement de très peu de choses cependant je n’ai pas eu l’impression de voir des enfants affamés…bien sûr ils sont démunis et vivent ou survivent en fonction des pluies et des récoltes. Joël nous explique que ces trois dernières années ont été pluvieuses, que les récoltes globalement ont été bonnes et que pour l’instant ils ont échappé à la famine comme en 96 ou aux invasions de criquets. En ville le problème est sûrement différent pour trouver du travail et se loger, la vie à la campagne est plus simple et plus facile, un peu comme partout ! Les hommes s’approchent peu de nous sauf de Jean-Marie qui, en vrai homme de la terre, est toujours à l’affût des instruments des champs ou des bricolages des artisans. Les femmes nous sourient, nous montrent leurs bébés, nous accueillent dans leur cour quand nous sommes curieux d’entendre le son des pilons, les anciens réclament quelques médicaments que nous laissons de bon cœur en remerciement de notre intrusion. Nous repartons sur l’eau après cet épisode bruyant, remuant mais bien chaleureux… pour nous arrêter un peu plus loin pour un arrêt pipi ! oui il y a un WC sur la pinasse mais d’y accéder nécessite une acrobatie dont je préfère me passer pour ne pas servir d’appât aux poissons du fleuve ! déjà, pour arriver aux sièges c’est tout un parcours du combattant : enlever les chaussures, passer par-dessus un banc, puis par-dessus les bagages, reprendre l’équilibre, ne pas oublier qu’une barque ça penche et ne pas se déplacer trop brusquement d’un côté à l’autre (ce que je fais régulièrement bien sûr pour prendre des photos !)… et tout dans le sens inverse pour descendre ! non, c’est très sympa cet épisode sur le fleuve et vraiment faites-le si vous allez au Mali. Dans un autre genre il y a aussi les pinasses régulières qui transportent des voyageurs d’une ville à l’autre.

Nous continuons notre descente vers le Niger, nous sommes étonnés par les immenses troupeaux qui paissent dans les champs où l’on vient de faire les récoltes, vraiment une région d’élevage ! Beaucoup d’oiseaux aussi, des aigrettes, des hérons, quelques canards sauvages, et, est-ce les oies sauvages que nous avons vu passer dans le ciel béarnais ? Nous commençons à reconnaître quelques arbres : le manguier, le raisinnier, le tamarin, le baobab qui en ce moment perd ses feuilles (c’est l’automne !) et est chargé de fruits, l’arbre à karité.

Avant la nuit nous nous arrêtons dans un endroit isolé, nous avons juste le temps de monter les tentes avant que le soleil ne se couche, nous avons la visite d’un pêcheur qui nous montre sa pêche, nous mangeons au milieu des moustiques et des moucherons à la lumière d’un feu de camp. Vite dans les duvets pour une nuit calme sous un ciel étoilé que nous ne reconnaissons pas ! le croissant de lune est horizontal, la casserole posée à l’envers, les étoiles sont chamboulées mais la voie lactée est d’une clarté magique, les étoiles filantes nous font un feu d’artifice et dans un coin du ciel la poule veille sur ses poussins …. Quoi ? les nuits sont calmes au bord du Bani ? que nenni !!! toute la nuit des pêcheurs passeront aux abords de notre campement dans leur barque, clapotis de l’eau, bavardage nourri (les maliens sont sacrément bavards !) voire transistor, bruissement des ailes des chauve-souris, chants des coqs décalés…. Nous passerons malgré tout une bonne nuit !
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WA
quel bonheur, Mamina, que de me replonger dans ce magnifique pays grâce à ton récit

j'attends avec impatience la suite !!!!

biz à toi et bonjour à Papipic
A'panga chez les Dogons

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MA
coucou Wapata, oui, c'est un chouette voyage !

Lundi 24

Nous sommes réveillés très tôt, vers 5 h 30 et nous embarquons à 6 h 15 après le pliage des tentes et la fermeture des bagages. La toilette a été vite faite, quelques lingettes sur les endroits stratégiques comme dit Yolande, brossage des dents (à l’eau minérale) et c’est en dégustant le petit déjeuner sur la pinasse que nous assistons au lever du soleil : un beau spectacle avec les pêcheurs en avant-plan et cette lumière toujours aussi belle en début ou fin de journée…

Nous nous arrêtons à nouveau dans un village bozo en milieu de matinée, toujours le même accueil, toujours autant d’enfants autour de nous, toujours les femmes au travail, des hommes qui fabriquent des nasses à poisson, une mosquée, des pièces d’habitation autour d’une cour intérieure, c’est calme, paisible, authentique. Nous continuons la navigation jusqu’à Mopti, c’est vraiment un moment agréable, la chaleur est plus supportable, les paysages varient un peu, tantôt des berges de sable, tantôt des pâturages, tantôt des rizières ou des marécages mais toujours les mêmes scènes de la vie quotidienne et surtout des rubans de femmes, de jeunes et de petites filles portant des charges sur la tête…

Nous voici en vue de Mopti, beaucoup, beaucoup de bateaux, une activité intense sur le port où nous accosterons après avoir fait un tour dans le confluent des deux fleuves, c’est le delta intérieur du Niger, fait de nombreuses iles, de lacs, de ramifications. Nous croisons de nombreuses pinasses qui font le passage entre les rives, elles sont chargées à bloc de passagers, de marchandises, d’animaux… oui, ça va être l’Aîd et chaque musulman se doit de tuer un mouton pour sa famille, nous en verrons partout : dans les rues, dans les cours, sur les camions, sur les mobylettes, dans les charrettes et dans tous les endroits où nous irons, attendant bravement la fin !

Après avoir remercié les pinassiers nous retrouvons notre 4x4…. Enfin un autre ! nous n’avons rien compris au change… peu importe. Joël nous amène d’abord faire du change, nous nous rendons compte qu’il faudra prévoir un gros budget pour les boissons, je bois des hectolitres d’eau, du coca aussi un peu (beurk !) et nos hommes découvrent la Flag en litre !La bouteille d’eau varie entre 1 et 2 euros, la bière aussi, les « sucreries » comme ils appellent les Fanta, Coca et autres à 1 euro. Est-ce la chaleur et la déshydratation, la poussière et la gorge sèche mais notre soif sera insatiable ! j’ai même encore soif ! Yolande a une bonne idée, nous achèterons des petits citrons et nous ajouterons le jus dans les bouteilles. Je ne sais pas si c’est la vertu aseptisante du citron ou le riz ou le Coca de temps en temps mais j’ai échappé pour la première fois dans ce type de voyage à la tourista… quel bonheur ! Un autre poste du budget que nous avions minimisé ce sont les pourboires… nous ne sommes plus habitués chez nous, souvent cela se justifie et nous sommes les premiers à le faire, parfois c’est un marchandage désagréable. Ce côté quémandeur nous a souvent gêné, les enfants aussi s’y mettent et c’est dommage !

Nous passons au Cyber café où nous envoyons quelques messages à nos enfants : « Tout va bien, vos globe-trotters de parents sont encore en vie, nous serons encore là pour vous embêter un peu ! »

A la sortie, surprise ! Tranquille nous attend, Joël nous lâche mais nous le reverrons en fin de semaine dans son village natal en Pays Dogon, Tranquille prend le relais et nous accompagnera jusqu’au retour, il était jusqu’à présent occupé par un autre groupe. Tout s’est très bien passé avec son frère qui est un garçon sérieux, moderne, compétent, épatant, gai, plein d’humour… mais c’est Tranquille qui m’avait été conseillé, nous allons maintenant faire sa connaissance. Deux tempéraments complètement différents, Tranquille est…. tranquille !

Déjeuner à Mopti près du port, nous goutons notre premier plat de fonio, petite graine qui ressemble au couscous, ce repas doit être particulièrement prisé ici car non seulement la salle est pleine mais de nombreux maliens viennent acheter ce plat à emporter !

Nous partons ensuite en 4x4 en direction du Pays Dogon. D’abord de la route goudronnée et à partir de Bandiagara une piste de sable et de pierres, nous nous dirigeons vers Dourou. Les paysages changent aussi et nous sommes surpris de découvrir au milieu de ces roches noires des champs d’oignons ! La roche retient l’eau, de petits barrages ont été érigé, par contre la terre est emportée donc, pour cultiver ces petits lopins de terre il faut ramener de la terre, la retenir en faisant des cuvettes. Ces cultures demandent beaucoup de soins et de travail car une nouvelle fois tout est fait à la main : bêchage, plantations, arrosage, entretien….ces champs tout verts sont surprenants au milieu d’un paysage désertique ! il y a même une odeur d’oignons dans l’air ! Sur la piste nous croisons aussi beaucoup de charrettes chargées d’épis de mil rangés au cordeau ! nous sommes en plein dans la période de récolte des céréales et nous observerons le travail dans les champs de mil et de sorgho ainsi que le ramassage des feuilles de baobab pour les inclure aux sauces mijotées…

Nous sommes sur le bord du plateau et nous descendons la falaise pour rejoindre Ireli où nous dormirons ce soir. C’est la fin de l’après-midi, la lumière rase le sol et les couleurs sur la dune rose sont superbes, pour ma chance le chauffeur se trompe de piste, il descend jusqu’à Nombori, veut remonter la dune, s’ensable et c’est l’arrêt ! je peux tranquillement prendre quelques photos juste au bon moment !

L’arrêt sera de courte durée, nous arrivons à la nuit tombée dans une « auberge », c’est une maison du village, nous dormirons sur la terrasse sous des moustiquaires, des sanitaires très sommaires (un bidon d’eau posé sur une poutre au-dessus de nous) nous permettent quand même de nous laver de toute la poussière accumulée depuis deux jours ! Nous aurons du mal à fermer les yeux tant le « plafond » de notre chambre est magique !
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FA
Bonsoir Mamina,

C'est bien agréable de te suivre dans ce voyage et les photos sont jolies !

D'ailleurs celle de ton avatar me rappelle les maisons des fées des contes de mon enfance !
Fabienne
LA
tu emballe les cadeaux de noël ou tu nous écrit la suite ![;)] willynomad
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WA
Bon, Mamina, t'es passée où ?? Tu t'es perdue dans la foule des grands magasins ou dans la latérite de tes souvenirs maliens ?? Ne me dis pas que tu es déjà partie vers tes petiots sur les routes de France !! Ils ont encore 1 semaine d'école avant les vacances !

Tu ne nous a pas encore raconté le plus beau !! (je ne sais si je pense à ce moment plus au pays ou au guide... [:P])

Et il faut assurer ce week-end : j'ai le temps de te lire ! [:)]

Wap'encouragements avec Wap'bisouilles toutes de blancs vêtues et givrées.
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WA
c'est vrai quoi tu nous laisse là .... en plan ..... à Ireli

on veut la suite nous !!! [:P][:P]

wap'bisous
A'panga chez les Dogons

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BE
Bonjour Mamina

Un jour un ami vivant en Guadeloupe est venu me rendre visite lorsque je vivais en Guyane et il me disait que ce coin du monde lui faisait penser à l'Afrique. Je comprend maintenant, à travers ton récit, ce qu'il voulait dire. Et ta photo de camp avec moustiquaire sous les étoiles m'a filé un coup de nostalgie

Mais je suis d'accord avec la Wap'family enneigée, tu ne nous laisses pas en plan dis !!!

pleins de bisous frisquets
MA
Hé ne me stressez pas ! mais c'est un peu vrai, entre deux boules sur le sapin, trois noeuds sur les cadeaux, la prévision des menus je me replonge dans le voyage. En plus, au début je n'étais pas trop inspirée et me voilà bavarde à nouveau ! Je vais essayer d'avancer pas mal ce week-end. Bises à tous

Mardi 25

Le village est encore endormi quand nous émergeons de dessous les moustiquaires. Les coqs chantent depuis bien longtemps, ils ont pris le relais des ânes au milieu de la nuit… Hier soir nous n’avons pas vu grand-chose de l’endroit où nous étions et c’est la surprise ce matin de voir la falaise qui nous domine de toute sa hauteur.

Le soleil qui va se lever nous fait découvrir tout là-haut les tombes Télem dans les grottes puis les greniers à grains caractéristiques disséminés un peu partout, le tout dans une couleur ocre et chaude. Petit à petit l’activité reprend, les chèvres sautent de rocher en rocher, les femmes s’activent autour du puits pour remplir la première calebasse de la journée. Elles se croisent, se dépassent, s’attendent et rapidement c’est presque l’embouteillage dans les sentiers pentus ou les escaliers de pierre qui relient le bas du haut du village. Les enfants aussi se sont réveillés et font déjà leur part de travail. Ce sont des cris, des rires… nous n’avons entendu que très très peu de pleurs d’enfants, pas de caprices, pas d’impatience de la part des mères…

En discutant hier soir avec Tranquille sur sa vie de famille nous avons découvert avec stupeur une coutume du Pays Dogon concernant justement les enfants : les mariages sont encore plutôt arrangés et les mariés assez jeunes, la jeune femme reste encore six ans après le mariage chez ses parents mais le couple se voit et dort ensemble, lorsque vient le temps de rejoindre sa belle-famille, la mariée (déjà mère de deux ou trois enfants) laisse son premier enfant aux grands-parents pour qu’il leur reste à la maison quelqu’un qui s’occupera d’eux ! Il arrive aussi que l’on confie (donne ?) un autre de ses enfants à un frère ou une sœur stérile… c’est un don très naturel qui fait partie des coutumes… ce poids des traditions tend à disparaître petit à petit chez les quelques jeunes avec lesquels nous en avons discuté mais ce sera très lent et c’est du coup un bouleversement de l’ordre établi… qui va s’occuper des anciens ? Par ailleurs, ils expliquent très naturellement la nécessité de prendre plusieurs femmes par la surcharge de travail à la maison, dans les champs, auprès des enfants etc… à plusieurs le travail est réparti mais il faut quand même être suffisamment riche. Tout cela donne aux femmes un statut peu enviable, nous les avons vues sans cesse travailler. Avec une allure fine, élancée, un port de tête d’aristocrate elles sont constamment actives. Elles doivent d’abord chercher l’eau pour la journée, allumer le feu au charbon de bois, laver les enfants (souvent deux fois par jour), aller aux champs pour les récoltes, transporter de lourdes charges sur la tête, piler le mil, préparer ensuite la bouillie pour le repas ou la bière, chercher du bois, nettoyer la cour, retourner au puits, loin parfois, pour laver les calebasses et le linge et tout cela avec un bébé ficelé dans le dos ! et ça papote, et ça papote ! (lire le joli texte de Douya sur VF : une journée de femme dogon) Tout est long car tous les gestes sont primitifs…

Nous avons vu quelques panneaux solaires (ce serait l’avenir ici mais souvent ils n’ont que les moyens d’en acheter un petit et d’occasion en plus !), nous avons entendu quelques rares groupes électrogènes. De ce que nous avons vu, il y a des puits dans à peu près tous les villages, plus ou moins près des habitations mais nous sommes encore bien loin du robinet, il faut pomper ou descendre le seau… Le Pays Dogon est encore à l’écart des progrès de la civilisation, le gouvernement malien ne fait pas grand-chose pour les aider et c’est grâce à leur organisation, de leur propre volonté qu’ils avancent. Un autre exemple : une école est construite (souvent grâce à une association européenne) 5 classes sont aménagées et seulement 3 enseignants sont envoyés par l’Etat ! du coup, le village se cotise pour payer deux enseignants supplémentaires et en plus, rapidement les 5 classes ne suffisent plus ! Mais de l’école, j’en reparlerais…

Nous ne jugeons absolument pas la situation, nous nous contentons d’observer et de nous rendre compte qu’ici on vit avec le minimum : un toit, à manger (quand les récoltes sont bonnes) deux, trois vêtements, très peu d’eau… ceci pour la majorité des familles. Les jeunes guides que nous côtoyons veulent faire bouger les choses, ils ont tous le portable, certains une mobylette, maitrisent Internet, parlent Anglais, choisissent leur femme, essayent de monter une auberge pour accueillir les touristes et faire travailler le village. Tout cela leur donne plus d’aisance, mais ils ont une grande famille à faire vivre !!!

Le Pays Dogon, au Sud-Est du Mali vers le Burkina Faso, c’est un immense plateau qui se termine par une longue falaise tombant dans une plaine sablonneuse. Tout au long de cette falaise se sont installés de nombreux villages, prenant souvent la place des Télèmes que les Dogons ont chassés il y a plusieurs siècles de leurs abris troglodytes. C’est là que nous allons marcher quelques jours, soit au pied de la falaise, soit montant vers les villages du plateau. Nous avons deux porteurs pour nos sacs (pas évident dans notre culture à nous de laisser faire !) et un cuisinier qui nous mitonne d’excellentes sauces midi et soir. Il fait très très chaud et nous marcherons donc tôt le matin (de 7 h à 10 h) et à nouveau une heure et demie en fin d’après-midi, gros repos donc à mi-journée. Nous voilà en route sous une fraîcheur toute relative et qui va devenir fournaise dès que le soleil tapera sur nos têtes ! de bonnes réserves d’eau, une chemise à manches longues, un bon chapeau et nous avalons les quelques kms qui nous séparent des villages soit par des pistes sablonneuses, soit à travers les cultures, avec toujours en vue cette falaise dont les couleurs changent à chaque heure du jour…

Nous apprenons à reconnaître le mil avec ses épis longs, fins et fournis, le sorgho qui lui penche sa tête sous le poids de ses grains, ici les plans de bisap qui font une boisson rouge, légèrement amère, là des baobabs aux troncs lacérés pour fournir des lianes et chargés de fruits aux multiples usages, plus loin l’arbre à karité et Tranquille nous ouvre une coque qu’il frotte sur un rocher pour nous montrer la matière grasse dont on fait le beurre, le raisinier aussi, si différent de nos plans de vigne que l’on a du mal à imaginer qu’il donne un raisin gouteux. C’est sans arrêt une découverte… Nous sommes loin d’être seuls et à chaque rencontre les gens se saluent et se répondent, c’est comme une litanie qui résonne sur la piste : Agapo… sewo…sewo…sewo et ça peut être cinquante fois d’affilée !

Nous arrivons à Banani, village très vivant, croisement des chemins, juste avant de monter la falaise vers Sangha, sur la route entre le Burkina et Mopti (mais ce n’est qu’une piste !). Le marché bat son plein, toutes les femmes des environs sont venues vendre leur petite production qu’elles ont transportée sur la tête évidemment ! on y trouve avec surprise quelques boutiques d’artisanat local et j’achète mon premier bonnet dogon en tissu indigo… beaucoup de sollicitations pour tout regarder… Nous reprenons la piste jusqu’à Ibi où nous nous arrêtons pour le repos du midi, joli campement, terrasse à l’ombre, boissons fraiches… la famille vit dans un angle de la cour. Nous apprenons par hasard que la femme milite contre l’excision mais la barrière de la langue nous empêche de communiquer. Ici nous gouterons l’intérieur du fruit du baobab (une pâte blanche un peu plâtreuse) et nous boirons quelques gorgées de bière de mil qui fermente encore dans la calebasse. C’est une jeune fille qui transporte ce liquide (au moins 20 litres !) sur la tête, pour le vendre de village en village et sur les pistes. Comme nous elle fait un arrêt aux heures chaudes de l’après-midi et nous la verrons plaisanter et rire de façon très naturelle avec les hommes en cuisine. Même si le statut de la femme est difficile, il y a entre les deux sexes des relations très cordiales, sympathiques et franches ! Au fait, les Dogons, hommes comme femmes, sont magnifiques, j’ai rarement vu un peuple aussi beau… quant aux enfants !!!

Quand nous repartons il fait encore très chaud et j’aurais un bon coup de pompe sur la piste avant d’arriver à Koudou Da… Jean-Marie sort de son sac des pâtes de coing qui font un miracle… à défaut de son eau bénite habituelle ! La cour du campement Touguina est toute fleurie, il y a l’eau courante aux douches et nous allons dormir sur une terrasse couverte en compagnie de trois jeunes européens (un portugais, une suisse, une française).

Nous avons le temps de faire le tour du village qui est très riche en symboles de la culture dogon. Arrêt devant la Toguna (la case à palabres) dont les piliers sculptés représentent les personnages et animaux présents dans les rituels : le Hogon (chef spirituel), la femme, les fétiches, le caïman…. Puis Tranquille nous explique dans le moindre détail chaque sculpture d’une magnifique porte dogon. Petit tour chez un artisan et nous allons un peu nous perdre dans les ruelles du village. C’est la fin de la journée, les troupeaux rentrent dans leurs enclos, ici une femme finit la fabrication de la bière de mil, là c’est la bouillie pour le soir. Des enfants rentrent de l’école et veulent tous nous montrer leurs cahiers, nous nous éloignons un peu vers la dune de sable rosie par le soleil couchant. Au retour à l’auberge un bon couscous nous attend. C’est une nouvelle fois sous ce ciel unique que nous nous couchons avec les poules, en attendant que le coq ne se fasse entendre dès 3 heures du matin !
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)

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BE
Non on ne te stresse pas douce Mamina, prend ton temps... mais je dois dire que lorsque tu te mets à faire ta bavarde, nous on aime, alors n'hésite pas
WA
oups j'l'avais oublié cette coutume de laisser l'ainé chez les grands parents

merci de me rappeler ces magnifiques souvenirs
A'panga chez les Dogons

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MA
Mercredi 26

Il est 6 h 30 ce matin quand nous quittons Koudou, ça nous va bien de marcher à la fraîche et couchés très tôt nous n’avons aucun mal à être prêt ! Papipic a été vite repéré par les enfants comme étant le chef des bonbons (comme à la maison !) et ceux qui n’ont pas eu leur part la veille l’attendent devant l’auberge ! trop drôle ! Aujourd’hui nous allons gravir le plateau des trois Youga, trois villages accrochés à un plateau qui fait face à la falaise. L’objectif est donc le rocher tout loin, tout là-haut à l’horizon… pfffououou !

Après quelques kms de piste sablonneuse le relief commence à changer. Nous continuons à être étonné de la présence régulière de l’eau par des mares et des étangs souvent couverts de nénuphars… étrange quand même dans la savane ! Nous commençons à marcher dans les pierres, nous dépassons le premier village au bas du piton rocheux et, « dégué-dégué » (doucement, doucement) nous attaquons la bonne grimpette vers Youga Dogourou heureusement la plupart du temps à l’ombre. Des jeunes gens, à l’affût des touristes, nous accompagnent, sachant pertinemment que nous (que je) aurons vite besoin de nous délester de notre sac à dos et qu’une main secourable sera la bienvenue ! j’en ai deux autour de moi…. C’est dire le boulot pour me faire monter là-haut !

Ce village est…. au bout du bout du monde ! quelques maisons d’habitations les unes sur les autres tellement le relief est abrupt, des escaliers dans le rocher, le moindre bruit résonne sur la paroi rocheuse, des maisons pour les morts, des greniers à chapeau pointu pour les réserves de grains, rien, il n’y a rien de facile ici ! c’est ici qu’a lieu tous les soixante ans le Sigi, fête des morts où l’on sort tous les masques dogon. La légende dit qu’une jeune fille du village a vu, en gardant ses troupeaux, apparaître d’étranges personnages masqués. Son père a chassé les personnages qui ont laissé sur place leurs masques (je résume et elle ne s’appelait pas Bernadette…)) et depuis le village tout entier est dépositaire de ce legs. Chaque habitant est responsable d’un masque qu’il cache dans un endroit secret, rien ne transparait des rituels et la transmission de ceux-ci se fait dans le plus grand secret. Chaque village détient des copies de ces masques et des cérémonies se font régulièrement, en général tous les trois ans à tour de rôle pour honorer les morts mais le Sigi est particulier, le prochain aura lieu en 2027. Tranquille nous fait un cours sur les masques, surtout sur le masque Kanaga dont la symbolique est particulière.

Youga Dogourou est loin de tout, difficile d’accès et cependant des familles vivent ici, elles se regroupent autour des rares baobabs qui arrivent à pousser entre les roches, l’eau est loin, les champs sont dans la plaine, quelle vie ! au-dessus d’un rocher plat un café-abri-artisan- nous accueille pour notre repas du midi, il fait une chaleur étouffante et épuisante, malgré tout nous boirons frais car des bouteilles sont plantées dans une jarre d’eau fraiche. Nous n’avons pas très faim mais rien n’est perdu car Moussa cuisine largement et à chaque fois cela nourrit au moins 5 ou 6 personnes supplémentaires. Un bon moment de repos pendant lequel nous avons la visite d’un ancien qui nous présente son carnet militaire français datant des années 1950. Nous examinons ce carnet et promettons de voir s’il ne pourrait pas bénéficier d’une rente d’ancien combattant. Malheureusement, renseignements pris au retour il n’était pas incorporé dans les bonnes années…

Nous repartons de cet endroit calme, attachant pour grimper encore un peu, traverser le plateau et redescendre vers Youga Piri où nous dormirons ce soir. Nous entrons d’abord dans une faille où nous découvrons une retenue d’eau limpide ! puis nous voilà face à une échelle dogon (quelques marches sommairement creusées dans un tronc d’arbre) bon on y va ! ça donnera l’occasion à Papipic de filmer mon exploit ( !) aux petits-enfants de bien en rire et à Tranquille de pousser sur mon arrière-train !!!!! La traversée du plateau en roche volcanique noire est bien agréable, c’est presque plat, il y a dans l’air un petit vent rafraichissant et la vue est magnifique ! vers l’Ouest la plaine et les villages que nous avons traversés le matin même, tout en bas, à pic, Youga Da et ses maisons de poupées, vers le Sud-Est des kms de savane et les prémices des Monts Hombori très au loin et vers le Nord, face à nous, nous retrouvons la falaise de Bandiagara avec à ses pieds le village de Yendouma où nous serons demain. Nous restons ici quelques temps, émus, admiratifs devant ces paysages et nous savons alors ce que nous sommes venus chercher au Pays Dogon…

En descendant vers le troisième village, une ribambelle d’enfants nous dépasse en riant, portant sur la tête des seaux et des bidons d’eau. Ils sont agiles comme tout dans ces gros rochers et n’en font pas tomber une goutte, un tout petit de 4 – 5 ans porte aussi sa charge : une bouteille plastique de 2 l ! tout d’un coup, nous vient à l’idée qu’il s’agit là peut-être de l’eau que nous allons consommer pour nous laver tout à l’heure. Plus question de prendre une douche, nous nous en passerons ce soir ! faisant part de notre réflexion à Tranquille voilà sa réponse : « si vous n’utilisez pas l’eau aujourd’hui, demain ils n’auront pas à aller en chercher et ne seront donc pas payés, avec les trois sous qu’ils reçoivent ils aident beaucoup leur famille ! » alors ? quoi faire ? ben, on s’est lavé, mais avec juste une casserole pour se mouiller et une pour se rincer…

Nous sommes dans une maison au centre du village, sous les maisons troglodytes, nous dormons sur une terrasse abritée par un énorme baobab, encore un beau feu d’artifice dans le ciel ce soir, des satellites que l’on suit longtemps du regard et plein d’étoiles filantes…
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)

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MA
Le format du texte est proportionnel au nombre de photos ! désolée.... je vais en réduire le nombre pour revenir à quelque chose de plus facile à lire.... A moins qu'un pro. du site (Archimade peut-être ?) puisse arranger ça ! Merci
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WA
puis nous voilà face à une échelle dogon (quelques marches sommairement creusées dans un tronc d’arbre) bon on y va ! ça donnera l’occasion à Papipic de filmer mon exploit ( !) aux petits-enfants de bien en rire et à Tranquille de pousser sur mon arrière-train !!!!!

Je veux voir ce film !!!! Là, garanti, je vais venir te voir dans ton Sud-Ouest très vite !!!! [:P]
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WA
je suis prêt à faire le déplacement aussi !!! rien que pour voir ça !!! [:P][:P]
A'panga chez les Dogons

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AR
Bonjour Mamina ...[;)]

C'est gentil d'avoir pensé à moi pour "réduire la taille" de ton texte, mais je ne pense pas que je puisse faire grand-chose... La police étant de taille normale je ne vois plus pour toi que la solution d'écrire "moins de lignes de texte" peut-être...??? et je pense que c'est ce que voulaient dire tes interlocuteurs sur cette discussion... sinon, je ne vois pas par quel procédé te rendre moins bavarde si c'est bien ce dont il s'agit........[;)]....

Amicalement...
MA
Mais non ! c'est pas le texte.... encore que si toi aussi tu t'y mets ! C'est la série de photos, quand je n'ai que quatre ou cinq photos le texte reste normal, il faudrait mettre les photos sur deux lignes (rien que ça !) Quant à inclure les photos dans le texte, malgré toutes les explications je ne sais [:/] pas faire.... Tant pis, je vais mettre moins de photos [:P], merci
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WA
Alors, stresse pas Mamina, parce que chez moi, tes photos se répartissent tranquillement [:P] (toujours aussi beau, lui !) en 2 lignes, et ton texte est comme d'habitude dans la largeur habituelle de l'écran... [:)]

Ha, les mystères de VF et de nos navigateurs !!!
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LA
moi j'ai fai un copier coller et en option j'ai grossi la police c'était nickel la ballade chez les dogons on vas ou après ? yendouma ? ou bien ! willynomad
le site du nomad
AR
Une fois que tu as mis tes miniatures sous ton texte dans...

Images attachées: Image postée par le membre mamina64 dans la discussion «Voyage tranquille au Mali».

et avant d'envoyer ton post, tu cliques sur la miniature déjà en bas du texte pour l'agrandir 1 fois ou 2 fois... ensuite tu cliques droit sur ton image agrandie et tu selectionnes copier Tu te remets sous ton texte et tu recliques droit à nouveau pour selectionner coller Une fois ton image placée dans ton texte, tu supprimes la miniature dans "image attachée"... et tu envoies ton post...
BE
Ca y est, je viens de comprendre. Merci Archimade pour cette explication, je me posais les mêmes questions que Mamina .... euh que voici d'ailleurs ... elle arrive à grands pas, bien décidée à venir à bout de ce drôle d'escalier !!!

La famille Wap : nous pouvons voir d'ailleurs sur ce cliché les mains de Tranquille prenant tranquillement le chemin du postérieur de la dame. MDR
AR
...pas de quoi Béatrice... mais d'après le silence de Mamina, j'en déduis qu'elle n'a pas encore trouvé l'astuce... On verra bien...

Bon Dimanche !!!
MA
Oui, c'est ça ! moquez-vous ! sales gosses !

Merci Archi, tout a l'air simple avec toi, je vais donc essayer de mettre tes conseils en pratique ci-dessous !

Jeudi 27

Quelle bonne nuit ! dès le réveil ce sont à nouveau les scènes quotidiennes du village….

(encore loupé !!!)

Ce matin la marche va être facile, descente dans la plaine puis longue traversée jusqu’à Yendouma. Nous faisons nos adieux au responsable de ce campement communautaire avec qui nous avions bien discuté hier soir. Un homme très intéressant qui a vécu dans d’autres pays avant de revenir au Mali et se mettre à disposition des enfants de son village en créant quelques classes élémentaires.

Ce passage aux trois Youga m’aura marquée, d’abord par le dénuement extrême des habitants, par la vie rude qu’ils y mènent et malgré tout par leur accueil chaleureux et leurs grands sourires. Ce village de Youga Piri est assez visité car d’accès facile par le passage où nous allons descendre. Certains groupes arrivent en 4x4 jusqu’en bas du piton rocheux, une demi-heure de grimpette, une visite rapide, l’achat d’un souvenir ou deux et ils repartent... Invasion barbare ? Je ne sais pas si j’en ai vu plus mais je crois avoir senti un petit sentiment d’appartenance à passer une nuit ici. Malgré tout, comme eux je repars ! Nous rencontrons d’ailleurs pas mal de groupes dans la descente, ce seront pratiquement les seuls touristes que nous verrons lors de notre périple dogon.

Nous nous échappons un peu de la piste de sable pour marcher sur du « dur », nous voyons passer au loin nos porteurs, Tranquille nous fait remarquer des traces particulières dans le sable : ici un devin a posé des questions en disposant des petits cailloux dans les cases d’une table dessinée sur le sol, le renard pâle répondra pendant la nuit en déplaçant les cailloux sur son passage… les croyances sont tenaces et régissent bon nombre de situations de la vie quotidienne : mariage, naissance, récoltes etc…

Nous arrivons en vue de Yendouma, village natal de notre guide, gros bourg composé de 7 quartiers, c’est à Sogol que nous nous posons pour deux jours. Tranquille et ses frères ont bâti une auberge bien sympathique au bord de la mare aux caïmans, la construction est terminée, reste maintenant à améliorer les conditions d’hébergement et d’accueil : pas encore de limites, pas beaucoup de verdure ni de fleurs qui flattent l’œil, pas encore de cuisine mais c’est prévu et les améliorations vont se faire. Par ailleurs, les sanitaires sommaires sont tout à fait corrects et propres, une terrasse couverte permet une jolie vue sur le village et sur la plaine avec au fond le plateau des Youga, une deuxième terrasse peut accueillir d’autres matelas et si la nuit est vraiment fraiche une pièce en rez-de-chaussée fait office de chambre. Un panneau solaire permet d’avoir une lumière le soir (un vilain néon… mais…) Derrière l’auberge une boutique d’artisanat et une épicerie, en face un tailleur que nous verrons travailler 20 heures par jour car la fête de l’Aïd a rempli son carnet de commandes et tout à coté l’école où nous pourrons observer les enfants dans la cour. Nous sommes au centre ville !!! La proximité de la mare aux caïmans ne nous inquiète guère, cela fait au moins la troisième que nous voyons et aucune trace de caïmans ! ici ces animaux sont sacrés et parait-il ne font aucun mal… de quoi se nourrissent-ils ? mystère ! nous soupçonnons un piège à touristes ! quelqu’un en a-t-il déjà vu ? nous chahutons un peu Tranquille sur la présence de ces bêtes et lui promettons un colis avec autant de saucissons que de caïmans aperçus !

Grâce à des infos glanées ci et là nous savions quoi apporter pour aider un peu ce village et la possibilité de prendre 40 kgs de bagages chacun nous a permis de remplir deux sacs de fournitures scolaires, de vêtements d’enfants et de médicaments de base (merci Mr mon pharmacien ). Nous n’avons pas voulu distribuer ce matériel au hasard de nos rencontres, cela a été difficile parfois de ne pas céder mais le but était de remettre ces sacs à l’école, au collège et au dispensaire en espérant qu’ils ne soient ni troqué, ni vendu mais bien utilisé sur place. D’autre part cela nous permettait de répondre aux enfants qui réclamaient des « bics » que nous avions tout donné aux maîtres, pas de jaloux, pas de favoritisme… de toute façon il est impossible de faire plaisir à tout le monde !

Du coup, nous finissons la matinée en faisant le tour du collège d’abord puis de l’école primaire. Le collège a été ouvert à la rentrée 2007, il y a 232 élèves pour trois classes et 4 professeurs dont le directeur pour couvrir toutes les matières. Une grande fierté : en classe de 7 ièm (notre 5 ièm) il y a plus de filles que de garçons ! pourvu qu’elles puissent continuer…. En 8 ièm c’est le cours d’anglais et Yolande discute un peu avec les élèves qui sont très ouverts, répondent avec plaisir et sont très disciplinés ! En 9 ièm nous avons droit à un chant de bienvenue qui parle de paix, d’amitié, un moment émouvant ! Les enseignants sont sacrément motivés devant ces classes surchargées ! Et ce n’est rien à côté du primaire ! d’ailleurs une moitié de classe (+ de 50 élèves) a cours le matin et l’autre l’après-midi. Pas de classes maternelles, les enfants rentrent à l’école vers six ans sans autre matériel qu’une ardoise qu’ils laissent en classe pour les suivants de l’après-midi. Les deux premières années l’enseignement se fait en bambara (oral et écrit) puis les 4 années suivantes en français. Là, les enfants ont un sac en coton avec un cahier et un stylo pour l’année. Nous n’avons vu aucun support pédagogique (livres, cahiers de pratiques etc…), l’apprentissage passe beaucoup par le par cœur. Dans la cour, des groupes de filles qui papotent, qui jouent à s’attraper et des garçons qui s’entrainent déjà à la lutte, jeu très répandu chez les adultes aussi. En fin de semaine nous verrons tous les élèves regroupés autour du drapeau malien pour la relève des couleurs…

Dans l’après-midi nous nous reposons sous un énorme manguier au bord de la mare, près de nous un groupe d’hommes qui boit du thé et ça discute, et ça discute… quels bavards !

Plus tard, en allant vers le dispensaire nous croisons le chef du village, le maire en quelque sorte, mais la fonction reste dans la même famille… il nous accompagne car Tranquille a l’air de tenir à ce qu’il voit ce que nous remettons à l’infirmier… La matrone (sage-femme) est présente aussi et veut nous montrer un minuscule bébé né le matin même. Il est déjà dans les bras de sa grand-mère et sa maman lave du linge à l’extérieur ! un petit garçon pleure dans son lit, il a une perfusion au bras. Le chef tient à ce que nous rentrions dans les chambres, nous refusons, nous sommes plein de poussières, les mains sales, pas question pour nous de favoriser une infection… par contre ici, ça n’a pas l’air de gêner personne, les gens rentrent et sortent, les armoires à pharmacie, guère pleines, sont grandes ouvertes, des seringues trainent, la salle d’accouchement, avec pourtant deux tables, n’est pas très clean… dommage ! il n’y a déjà pas grand-chose et un minimum d’ordre et de propreté seraient nécessaires ! Difficile de dire quoique ce soit mais qu’est-ce-que j’aimerais venir faire une petite mission hygiène par ici ! Malheureusement, les missions humanitaires sont rares dans les campagnes et il faut nécessairement un cadre de références pour se permettre d’intervenir… avis ! En plus, lorsque nous osons parler de la prévention du sida ce sont d’abord les yeux horrifiés et le mutisme complet chez la matrone (jeune pourtant) et la négation du problème chez les hommes : y’a pas ça en Pays Dogon, ici on connaît pas, on en a juste entendu parler à Bamako ! bien sur, nous n’insistons pas, nous ne sommes pas ici pour changer les choses, ni pour choquer, ni pour nous mêler de leur vie… L'approche culturelle de la maladie est différente et à fortiori une maladie incluant la sexualité... Pourtant, à l'entrée de chaque ville nous avons vu de grands panneaux d'information installés par le Ministère de la Santé, impossible d'y échapper. Enfin, Yendouma a des écoles et un dispensaire qui profitent aussi à tous les villages des environs, cela évite d'aller à Sangha, c'est une très bonne chose et les gens qui y sont rattachés font ce qu'ils peuvent ! Seule la bibliothèque semble abandonnée...

Le chef vient avec nous jusqu’au campement, nous avons remarqué qu’il n’arrivait pas à lire les boites de médicaments, nous avons quelques lunettes de vue à donner.

Puis douche (une jarre d’eau et un pichet), installation des matelas sur la terrasse, depuis plusieurs nuits nous ne mettons plus de moustiquaires, repas, discussion autour d'un Nescafé... Nous passons la nuit planqués dans nos sacs car le vent s’est levé et tout le sable du Mali semble nous recouvrir…

PS : ça fait une heure que j'y suis ! c'est pourtant simple et ça ne marche pas ! désolée Archi !
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WA
C'est vraiment sympa de voir l'évolution en un an et demi... Février 2007, le collège était en construction (les toutes premières pierres !), le dispensaire vide de tout et surtout de personnel, l'auberge de Tranquille & Co inexistante... Qu'il fait plaisir de repartir là-bas grâce à ton récit ! [:)][:)]

Et j'imagine très bien le Tranquille en train de chercher un moyen de faire apparaître un caïman, même tout petit et en carton pâte, tant il adore le saucisson d'âne !!!

Bon, t'inquiète pas pour les photos : promis, au printemps ou l'été prochain je t'offre un stage gratuit à domicile. [:P] (même maintenant que ton message est posté, tu peux le modifier : 1. agrandir la photo avec la loupe 2. clic droit -> copier 3. clic sur le bouton 'modifier' 4. à l'endroit où tu veux mettre la photo, clic droit -> coller 5. Sauvegarder les modifications... le tour est joué ! [:)])
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GL
Maminoche,

pas évident de se concentrer sur ton texte (ne te limite surtout pas au nombre de mots par page... on ne les compte pas, on aime!) si tu nous gâtes avec des clichés agrandis (certes par d´autres) nous montrant une Mamina déterminée et s´entrainant pour l´ascension éventuelle de la face sud de l´Annapurna. Je commence peu à peu à comprendre ce que tu voulais dire au commencement de ton carnet. Tu n´es pas sortie vraiment indemne de ton équipée malienne. Pas fastoche une fois qu´on met les pieds sur le continent africain.

Je continue à te suivre à la belle étoile ou dans la poussière peu importe.. en tout cas avec ton humour et ta générosité de conteuse globe-trotteuse.

Bises
Agathe
DO
A la pia le A la pia le Nundo lale Nundo lale..

Salutations dogonnes qui résonnent en écho dans ma mémoire a la lecture de tes pérégrinations entre falaises, sourires de gamins, les rondes des calebasses des femmes aux puits et mare aux caïmans...

Un chouette cadeau avant Noël ce récit de latérite, d'eau fraiche et de sable; en attendant la suite... Mais en Afrique, la première leçon pour les toubabs étant la patience ("vous avez l'heure, nous avons le temps"/ "le quart d'heure angevin, la demi-journée africaine), je vais attendre, tranquillement...
"Lorsque quelqu’un te blesse, tu devrais l’écrire sur le sable afin que le vent l’efface de ta mémoire mais lorsque quelqu’un fait quelque chose de bon pour toi, tu dois l’écrire sur la pierre afin que le vent ne l’efface jamais." Proverbe Touareg
MA
Vendredi 28

Joli coup de cœur aujourd’hui. Nous partons dès 7 h pour une petite marche (8-10 kms ?) vers Yendouma Ato, un quartier éloigné du village, un peu en hauteur, juste sous la falaise. C’est l’heure pour les collégiens d’aller en cours et nous en rencontrerons tout le long du chemin, ils nous parlent de notre visite d’hier, c’est plus difficile pour nous de les reconnaître…

Nous passons devant l’emplacement où a lieu le marché tous les cinq jours. Nous n’aurons malheureusement pas la chance d’y assister et c’est un regret ! Au loin, le piton rocheux des trois Youga barre l’horizon, le soleil se lève doucement en éclairant peu à peu la plaine et vient rapidement nous lécher de ses rayons brulants. La balade est très belle, à nouveau dans les cultures, au milieu des baobabs, au loin encore une mare aux caïmans ( !), de jolies images du travail dans les champs. Les femmes coupent les branches des baobabs et recueillent les feuilles pour en faire des condiments, elles sont entourées de leurs enfants en bas âge qui, eux, à l’inverse des plus grands, restent à distance, ils ont un peu peur de ces toubabs…

Nous traversons le quartier de Yendouma Dama, une longue ruelle toute droite bordée de greniers à grains, comme un village de fées… je capte une jolie image d’une maman avec ses jumeaux, ici les jumeaux sont reçus avec méfiance, il faut attendre quelques jours après la naissance et un signe (nous n’avons pas pu savoir lequel) pour savoir s’ils vont porter chance ou non à la famille. Autre chose aussi que nous avons revu avec plaisir ce sont les poules et leurs poussins courir partout, comme dans les fermes quand nous étions petits… ici on ne mange pas les œufs, ils sont couvés sous la poule (1 œuf = 1 personne nourrie, 1 poulet = 6 ou 7 personnes qui mangent).

Nous grimpons doucement sur un chemin dans la caillasse et la vue qui se découvre en prenant de la hauteur est magnifique. Nous commençons à bien nous repérer et nous traçons notre parcours avec ses tours et ses détours.

Comment ont-ils fait à Yendouma Ato pour construire le village… mystère… des groupes de greniers sont plantés en équilibre sur de grosses pierres (mon avatar), les maisons s’imbriquent dans ce chaos rocheux, des habitations ont pris place dans les troglodytes. Nous nous promenons dans ce labyrinthe, ici un ancien tresse des paniers d’osier, là la paroi renvoie le chant d’un pilon à mil, ici on ne doit pas aller, c’est un passage pour les rituels, là c’est le lieu réservé aux femmes qui quittent la maison pendant leurs règles, tout là-haut nous apercevons un bel ensemble d’échelles dogon, et, cachés dans une grotte, les tambours des fêtes… plein de surprises partout, plein de symboles qui nous étonnent et plein de mystères qui ont donnés leur identité au peuple Dogon.

En redescendant quelques enfants et ados essayent de nous vendre quelques pièces d’artisanat, mon regard se pose sur une porte dogon (la fameuse porte sculptée qui ferme les greniers à grain) assez grossière mais qui contient à peu près tous les symboles dont nous avait parlé Tranquille. Je ne peux résister à l’acheter quand j’apprends que c’est le gamin qui la vend qui l’a sculptée… allez, j’y crois, ne m’enlevez pas mes illusions !!! Sur le chemin du retour, un rollier d'Abyssinie vient se poser devant nous sur une branche ; au moment où Tranquille nous dit que le voir de face porte bonheur, il se retourne et nous montre sa gorge d'un bleu turquoise, serions-nous chanceux ? Nous rentrons vers 11 h au campement, nous flânons moins au retour, bien que nous commencions à nous habituer à la chaleur, le soleil tape dur !

Tranquille nous propose, à Yolande et moi, de monter dans le village rendre visite à une famille et voir un tailleur. Nous grimpons entre les murs en banco gris, par les marches de pierres irrégulières accompagnées d’un groupe d’enfants.

Au fait, je ne vous ai pas encore parlé d’Ali… Ali est un petit garçon de huit-neuf ans qui était là dès notre arrivée à Yendouma, il a jeté son dévolu sur moi et… « nous sommes tombés en amour », il est adorable, des yeux, un sourire ! il me prend la main dès que je sors du campement et j’ai du mal à la lâcher ! il m’accompagne partout et arrive même à déjouer la surveillance pour monter sur la terrasse de l’auberge quand nous y sommes ! pas effronté mais sacrément dégourdi ! je suppose qu’il joue à ce jeu avec beaucoup de toubabous qui passent par ici, tant pis ! ça a été mon petit compagnon à Yendouma. Il m’a fait plein de dessins (j’ai son masque Kanaga sur mon frigo), m’a donné son curriculum vitae recopié sur son cahier de classe, une belle rencontre de voyage que je ramène dans mon coeur…

Nous entrons dans une cour, un homme est allongé sur un matelas pendant que ses deux femmes, avec chacune un bébé dans le dos (des jumeaux, et du coup, c’est bien pratique d’être deux !) s’affairent, une au pillage du mil et l’autre au tri des cacahuètes. Dans un coin de la cour, sur un feu entre deux pierres, le repas cuit dans une marmite, ici une chèvre saute sur le toit, là une échelle pour monter le grain dans le grenier, un gros tonneau en fer pour l’eau certainement, une scène banale, rien de superflu… je demande aux femmes si je peux prendre une photo, c’est le mari qui donne l’autorisation… punaise, celui-là ! Une d’entre elle a un boubou qui vante la journée mondiale de la femme… 8 mars 2007… y’a encore du boulot….

Nous reprenons notre montée pour pénétrer dans une autre cour –quand je pense que ces femmes font sans arrêt ce chemin avec de l’eau, du bois, du linge, du grain sur la tête, tiens, pas étonnant qu’elles aient la ligne !-, Ici c’est la pâte de mil qui vient de finir d’être préparée et on nous en propose gentiment, cela ressemble à une bouillie de tapioca. La famille qui vit ici parait plus importante, plein d’enfants, beaucoup de femmes de tout âge, des pièces tout autour de la cour dont l’atelier du père qui est tailleur. Il travaille face à une grande ouverture avec vue sur l’ensemble du village, des tissus sont suspendus sur des ficelles à travers l’atelier, une grande affiche avec des mannequins portant différents modèles de robes et deux machines Butterfly à pédale. Une est pour le père, sur l’autre travaille son fils (12 -13 ans) à qui il apprend le métier. Eux aussi ont beaucoup de travail avec la fête qui approche. Pas de patrons, il coupe direct dans le tissu avec les mensurations, il coud les pièces et le fils fait les finitions. On nous a apporté de petites chaises en rotin, tous les enfants se sont assis sur un tapis à côté de nous et nous entamons un échange de petites comptines, rapidement ils répètent « Frère Jacques » ou « une souris verte » avec les gestes… tout cela avec plein de rires et toute l’attention des femmes qui s’en amusent aussi ! Nous laissons quelques paquets de bobines de fils et nous repartons avec deux jolis bonnets dogons. Très pratiques ces bonnets en coton : des pompons pour chasser les mouches et des pointes que l’on déplie sur les oreilles quand il fait froid ! je ne suis pas certaine de les utiliser ici quand même ! (Yolande, tu me pardonnes, j’ai mis la photo, c’est Ali devant moi !)

Repas de… 14 h ! et sieste bienvenue car le vent de sable de cette nuit a été pénible ! Dans l’après-midi Tranquille nous amène voir les artisans du village. Nous passons d’abord dans l’atelier des femmes qui fabriquent les fameux bogolans indigos. Le coton est tissé en longues bandes de couleur naturelle cousues ensemble puis, pour réaliser les motifs, le tissu est à nouveau recousu en bouillonné, en boudin, avant d’être trempé dans la teinture indigo, tout devient bleu sauf les parties décousues par la suite…(difficile à expliquer), bon, du travail en tous les cas ! Viens ensuite le moment de la vente, du marchandage, de chacune qui veut réussir sa vente…logique mais pénible ! Nous repartons avec ce qui sera une nappe sur nos tables d’été… pour l’instant, la mienne fixe ses couleurs dans du gros sel…

Dans un autre quartier, il y a une autre mare à caïmans et Tranquille insiste (tiens ! tiens !) pour nous y amener, pas plus de caïmans ici qu’ailleurs ! Nous passons d’abord chez un sculpteur sur bois. Ils sont nombreux à tailler, sculpter, poncer, teindre le bois, tout y est, du paysan dogon au grand cavalier en passant par le couple ou la femme avec son enfant dans les bras, tous les personnages sont là… Le sculpteur, « Petit Telem », est assez connu et il nous montre avec fierté son press-book. Nous flânons près de la mare, au milieu des parcelles de culture, près du puits où les femmes remplissent encore et encore les calebasses, où des gamines font la lessive ou lavent les plus petits qu’elles. C’est l’heure du retour des champs et les boubous colorés égayent les façades ocre à flanc de falaise. C’est calme, reposant, la vie est au ralenti, personne ne se presse et cette sérénité nous gagne.

Pour notre dernière soirée à Yendouma nous avons droit au méchoui que nous partageons, avec Joël qui nous a rejoints, avec d’autres guides amis, avec le chef du village invité pour l’occasion. Les meilleurs morceaux sont pour nous mais le mouton sera dépieuté jusqu’à l’os par bien d’autres convives que nous ne verrons pas…

Tout de suite après le repas nous entendons des bruits de tambour dans la rue, Tranquille et ses amis ont organisé pour nous une fête du village ! nous descendons, on nous installe sur des bancs et très vite nous voyons arriver de partout des jeunes hommes, des enfants, des jeunes filles attirés eux aussi par la musique ! ils font cercle devant les musiciens et tour à tour prennent possession du centre en dansant de façon acharnée ! d’abord les hommes, puis les filles, puis les deux avec une danse du foulard significative. Chacun a entre les lèvres un sifflet strident qui rythme la danse et qui accompagne les djembés… nous sommes très vite oubliés et nous assistons vraiment à un moment de joie, de plaisir, de jeux entre jeunes… de temps en temps, quand le cercle se resserre de trop un adulte éloigne les spectateurs par des coups de bâton dans les pieds ! c’est impressionnant mais il ne touche personne… enfin ! j’en ai senti le souffle ! Les danseurs tapent de leurs pieds nus sur la terre, la poussière s’envole, le vent du soir est revenu, des moucherons emplissent l’air, nous sommes compressés par la foule, la musique est lancinante… nous ne pouvons que participer pleinement à cette soirée ! beaucoup de rires entre eux, d’applaudissements de notre part, un peu, tout petit peu de participation en dansant aussi, des défis sont lancés entre filles et garçons et c’est à qui tiendra le plus longtemps! les musiciens sont aussi déchainés que les danseurs, … Quel bon moment qui se termine par un beau chant dogon auquel nous répondons par un « ce n’est qu’un au revoir » nostalgique ! Nous avons essayé de faire des remparts avec les tables mais le vent de sable a su nous trouver et c’est à nouveau la tête dans le sac que nous passons notre dernière nuit en Pays Dogon.
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)

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SE
Bonsoir Mamina,

Quel plaisir de vous lire, et quelle belle preuve qu'il ne suffit pas de coucher son voyage sur le papier pour en faire un carnet de voyage agréable, vivant et toujours attendu.

Danielle
A man, a plan, a canal, Panama - palindrome, auteur inconnu
TO
bonsoir, maminette levi-strauss,

ou "au bonheur des insomniaques"... avec toi, on vit des aventures palpitantes, on descend des fleuves impassibles, on maraude du miel sur des échelles improbables...la photo d'alexandra maminette, aidée par un bras indigène, dérobant des vivres dan sun grenier dogon en remontrerait à plus d'une aventurière derrrière son écran...

Quand on te lit, on a envie de te demander qui t'a inspiré ces aventures engagées à la plus chaude saison( bonjour les 40° à l'ombre, on a soif de flag avec toi) on est admiratif de voir que vous n'avez pris aucune agence et qu'Aigle-Azur pour vous lancer au pays des bambaras, des peuls, des wolofs et des soninkès.

Dis-nous comment notre Mamie London travaille: carnet de voyage rédigé le soir au campement, magnétoscope de poche, ton carnet très fouillé, très documenté, rédigé a posteriori, devant la cheminée des longues soirées d'hiver, laisse à penser que tu as engrangé une forte prise de notes... donne nous tes secrets...

chapeau à notre étrange voyageuse, qui sait réunir tout son peuple étrange autour d'elle, avec un avatar de "conte de fée", c'est presque plus attractif qu'un conte de fée...

dis-nous encore les danses et les coutumes dogons, avec ton talent et tes dons d'observation, ne tape pas trop sur les hommes, ils ont le mérite de faire les enfants...et puis tu dis toi même qu'aller chercher l'eau au puit affine la silhouette, porter la calebasse de 20 litres sur la tête redresse aussi la colonne vertébrale...humour de toubab...

encore des photos de mamina sur l'échelle....ca vaut toutes les Isabelle Eberhart, les alexandra david-neel, ca fait rêver dans les chaumières... En réponse à Comment ont-ils fait à Yendouma Ato pour construire le village… mystère… des groupes de greniers sont plantés en équilibre sur de grosses pierres (mon avatar),
tomas "il ne faut pas avoir peur du bonheur...c'est seulement un bon moment à passer..."
MA
Merci à tous de continuer à suivre notre périple... Quel flatteur ce Tomas ! arriver à faire de "Bécassine en voyage" une "Lara Croft de l'aventure" une belle prouesse !

Samedi 29

Tout a une fin… il nous faut quitter ce village que nous avons vu vivre quelques jours, eux vont rester longtemps présents dans nos esprits… mais nous, nous laissons quoi ? toujours les mêmes choses ressassées : oui, on voit bien, vous n’avez rien et encore moins, non, la France n’est pas la terre d’accueil que vous croyez, oui bien sûr venez nous voir, oui on enverra des colis, mais oui, vous êtes heureux comme ça, vous savez le progrès… Dans ces villages le tourisme a apporté du travail, une ouverture, un peu plus d’aisance par des dons, une possibilité pour les guides de voir un avenir meilleur, et, même si pour nous le voyage c’est aussi prévoir un budget, se priver sur autre chose, faire des économies pour partir, nous serons pour eux toujours les riches, mais la crise ne va-t-elle pas toucher le secteur des voyages aussi ? Nous ne sommes pas les premiers à nous poser toutes ces questions en repartant…quoi faire ? Continuer peut-être tout simplement à aller là-bas, voir une autre culture, un autre rythme, s’y plonger, l’accepter, ne pas vouloir à tout prix y mettre notre façon de faire.

Un 4x4, avec Ladi au volant, vient nous chercher très tôt car ce soir nous dormons à Mopti et quelques arrêts sont prévus sur la route. Timothé, un guide ami, profite du transport. Tranquille a entendu que la boutique d’artisanat à Ibi nous avait plu et que j’avais un petit regret d’achat, du coup ce sera notre première halte, sympa ! deuxième halte à Banani d’où Yolande, Jean-Marie, Pierre et Tranquille vont monter à pied vers Sangha sur le plateau. Je reste dans la voiture, nous prenons une route bien abrupte, moitié béton, moitié piste caillouteuse d’où la vue est magnifique. Nous nous arrêtons à plusieurs reprises, Timothé me fait remarquer dans les anciennes habitations telèmes la maison du Hogon particulièrement décorée et au loin nous apercevons dans la falaise la faille par laquelle vont passer les marcheurs. Dès l’arrivée sur le plateau ce sont les immenses champs d’oignons d’un vert très vif qui nous entourent. Un barrage retient l’eau bien précieuse et dans les champs règne une atmosphère laborieuse. Sangha c’est la ville d’arrivée en Pays Dogon donc beaucoup de sollicitations insistantes… pas mal de bureaux de guides, pour ceux qui viennent jusqu’ici aucun problème pour trouver des accompagnateurs !

Nous reprenons la piste jusqu’à Bandiagara, la boucle est bouclée… et nous retrouvons le goudron.

Peu après nous obliquons vers l’Est pour visiter Songho et la fameuse grotte des circoncis. Ce village est très bien organisé, une association structure les visites (droit d’entrée) et nous avons un peu l’impression d’arriver dans un éco-musée : tous les artisans sont là, le tisserand, le forgeron, le sculpteur sur bois, les métiers de la terre… la ruelle principale est bordée de boutiques d’artisanat (très jolies d’ailleurs). Chaque détail est mis en valeur comme les greniers à grain et leur porte, les échelles… Nous montons vers la grotte accompagnés d’un guide local. Comme dans tout le Pays Dogon, la circoncision fait l’objet de grandes fêtes et de rituels particuliers. À Songho, les rituels sont particulièrement respectés et concernent uniquement les cinq grandes familles du village. A l’occasion, une trentaine de garçons de 12 à 15 ans sont circoncis. Auparavant un serpent est appelé par le Hogon, il ne sort (le serpent !) des rochers que tous les trois ans ( !) et doit manger les trois poulets qu’on lui donne en sacrifice avant que la cérémonie ne commence, le tout au son des tambours et calebasses que l’on a sorti d’un abri proche de la grotte et qui ne doivent résonner que pendant ces jours de fête ! C’est à cette occasion aussi que l’on repeint tous les symboles qui décorent la grotte. Le guide est intéressant et la visite nous plait beaucoup.

Nous nous arrêtons dans les marchés sur le trajet, de jolies vendeuses nous proposent d' énormes pastèques entassées sur les bords de la route, à d'autres nous achetons des plaques de sésame délicieuses et nous nous laissons tenter par des bracelets de perles que vendent de toutes petites filles... l'une d'entre elles me regarde avec insistance et d'un coup me touche les cheveux ! tiens, ça fait drôle d'être prise pour une extra-terrestre !

A Mopti nous dormons à l’hôtel « Doux Rêves », hôtel très agréable, un peu excentré, et nous commandons notre repas du soir au restaurant "Yérédémé » juste à côté, restaurant qui est géré par une association de mères célibataires, sous la houlette de Dominique, propriétaire de l’hôtel.

L’autre jour, en arrivant en pinasse nous avions vu le quartier du port, là nous allons vers le centre, nous flânons dans les rues bien rectilignes de Mopti. L’activité y est intense surtout à l’approche de l’Aïd. Partout des moutons, dans les rues, dans les cours, ils sont d’un blanc immaculé, nous avons vu des gens les laver dans le fleuve. Des groupes de femmes se coiffent mutuellement et refont leurs jolies tresses, elles nettoient en grand leur maison, s’avancent pour la cuisine…Nous traversons assez rapidement le marché artisanal ; par contre, nous trainons au milieu des étals du marché traditionnel.

Les couleurs vives des boubous rivalisent avec les étalages colorés de fruits et légumes, nous y retrouvons nos produits mais souvent de formes différentes. Nous y faisons quelques achats de graines et de plantes diverses. Les couturiers s'affairent à leurs machines à côté des poissonnières qui écoulent leur marché du jour, les bouchers cuisent directement la viande sur des barbecues de fortune et les petits enfants accrochés au dos de leurs mères nous observent avec de grands yeux effrayés !

A nouveau un guide pour voir la mosquée de l’extérieur et monter sur une terrasse d’où la vue est plus dégagée, bien sûr, il essaye de nous entrainer dans une boutique… Nous préférons aller jusqu'au port, dans la cohue des mobylettes et des charrettes pour observer les bateaux, chargés de passagers, d'animaux, de marchandises et qui se préparent à une traversée de nuit vers Tombouctou.

Après le calme du Pays Dogon, l’agitation de Mopti et surtout les sollicitations pressantes des marchands qui nous suivent sur des centaines de mètres nous agacent un peu ! nous repartons vite nous réfugier à l’hôtel où nous profitons de la jolie cour fleurie. Excellent repas, nous nous régalons d’un bon morceau de capitaine et de bananes plantain. Nous mangeons à l'heure du feuilleton quotidien, gros succès au Mali, et nous nous amusons de voir participer les serveuses, de façon si intense, devant le téléviseur, aux péripéties des personnages. Nous restons un bon moment discuter avec Dominique avant de monter dans la chambre.

Nous retrouvons la moustiquaire et ce sera le ventilateur qui bercera notre nuit.
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)

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[:/]On s'en va déjà de ce si beau pays Dogon... [:/] On y était si bien ! [:)]
"Nous méritons toutes nos rencontres ; elles sont accordées à notre destin, et ont une signification qu'il nous appartient de déchiffrer." Mauriac
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Nous ne sommes pas les premiers à nous poser toutes ces questions en repartant…quoi faire ? Continuer peut-être tout simplement à aller là-bas, voir une autre culture, un autre rythme, s’y plonger, l’accepter, ne pas vouloir à tout prix y mettre notre façon de faire. de mamina
le site du nomad
MA
Dimanche 30 et lundi 1 ier décembre

Nous allons vers la fin du voyage et nous avons de la route à faire pour rejoindre Bamako ! je regrette vraiment de ne pas avoir pris un retour par Sévaré même si cela nous permet de visiter quelques villes, nous aurions pu le faire à l’aller….

Donc, départ ce matin à 7 h pour une route longue et somme toute monotone…. Il fait toujours aussi chaud ! Nous arrivons à Ségou vers midi, fonio au repas dans un petit restau sympa où la patronne fait son show ! Nous nous installons à l’hôtel (je n’en parle pas, pas terrible !) un peu de repos et nous partons pour une belle promenade au bord du Niger.

Ségou nous a beaucoup plu même si nous n’y sommes pas resté longtemps, est-ce la présence du Niger, fleuve calme, apaisant, mais la ville aussi est reposante, pas d’agitation, de grandes avenues, beaucoup de végétation, des gens cools… le Niger ici est très large, nous voyons des îles sur l’autre berge, c’est là que se trouvent les villages des potiers. Nous n’irons pas là-bas mais des poteries nous en avons vu partout ! Ce sont des piles et des piles qui sont exposées devant l’acheteur et pour des prix dérisoires on peut se faire des petits plaisirs… reste juste à trouver qui va les porter jusqu’à la maison !

Nous marchons un bon moment le long du fleuve où l’on retrouve toute une activité liée à l’eau… d’abord plein de petits jardins maraichers juste sur les bords, puis des femmes et leurs enfants pour la toilette ou la lessive, à peine plus loin quelques jeunes, à mi-cuisse dans l’eau, qui essayent de prendre quelques poissons dans leurs filets et les bateaux qui font leur va-et-vient d’une rive à l’autre… c’est la fin d’après-midi, une fois de plus les couleurs sont magiques. Nous visitons une fabrique de bogolans, ceux-là peints à la main, la technique est intéressante et le centre artisanal montre la fabrication du début à la fin. Ne voulant rien acheter, mais par contre assoiffés, nous montons sur la terrasse aménagée en bar. C’est superbe ! vue directe sur le fleuve, canapés confortables, un balafon sur la rambarde permet à Tranquille de nous offrir un joli moment de musique, quant au jus de baobab et au bisap, ils sont excellents ! le bisap est servi glacé, sucré et avec des feuilles de menthe, un régal ! l’endroit est vraiment chouette, nous passons là un bon moment de détente, pensant en avoir fini avec les visites.

Mais Ladi nous véhicule jusqu’à Ségoukoro, village bambara, à l’origine de Ségou et où se trouvent encore beaucoup de vestiges de cet empire puissant au 17 ièm et 18 ièm siècles. Les Bambaras sont le symbole de la résistance à la colonisation mais ils furent vaincus par les Français en 1883. Nous passons d’abord par la maison du chef du village pour avoir le droit de visite après s’être acquitté… du droit d’entrée… un sacré chef ! Dommage, la visite sera un peu rapide, je retiendrais l’image d’un joli village en banco très authentique, du palais de la reine Ba Sounou Sacko, de la tombe de Biton Mamaty Coulibaly et de la petite mosquée, sous le manguier, au bord du fleuve, des pirogues qui rentrent à la nuit tombée…

Nous retournons à Ségou en traversant l’ancien quartier colonial de la ville et ce qui a été de splendides propriétés, malheureusement aujourd’hui très peu entretenues… on peut cependant imaginer la vie ici il y a cent ans… juste pour l’histoire, sans aucune nostalgie bien sûr !

Nous mangeons en musique au « Soleil de minuit », un groupe local nous régale de musique malienne si agréable et entrainante Nous aurons aussi la chance de discuter un moment avec le grand artiste Amahiguéré Dolo dont nous avions entendu parler dans les guides mais quelle chance de le rencontrer ! dès le retour nous sommes allés admirer ses œuvres contemporaines sur Internet en attendant une exposition…

Finalement, notre journée a été bien remplie et riche….

Dernier jour et nous ne sommes guère emballés par l’idée de le passer à Bamako, notre avion ne décolle qu’à 23 h !

En attendant nous repassons par le bord du Niger tôt le matin et c’est un spectacle surprenant qui nous y attend. Une intense activité règne au bord de l’eau, les pirogues amènent des chargements de poteries de l’autre bord du fleuve, les femmes transbordent des bassines énormes sur leurs têtes, des jeunes très adroits balancent ensuite les poteries une à une à un copain situé en hauteur, là où nous sommes. Ils nous voient les regarder et s’amusent à faire des passes de basket en riant de bon cœur… pas de casse en plus ! Je resterais bien des heures à regarder toutes ces scènes pleines de vie, de rires, mais de dur labeur aussi…. Il faut partir !

A nouveau sur la route nous retrouvons les camions surchargés, les transports en commun archi-plein, les moutons ficelés et empaquetés par-dessus les marchandises, et ce n'est qu'aux abords de Bamako que nous voyons de belles maliennes, très élégantes, conduire avec aisance des mobylettes au milieu de tout ce trafic et cette pollution.

Ladi aura été un très bon guide à Bamako et la journée a passé très vite, il faut dire aussi que nous sommes souvent restés coincés dans les embouteillages ! Nous mangeons dans une gargote qui fait de la cuisine sénégalaise : nous terminons notre épisode gastronomie avec du riz au gras et du poulet yassa (plutôt relevé !), délicieux.

Nous reprenons la voiture et, à travers un dédale de rues bordées de centaines de petits commerces de toutes sortes, au milieu des mobylettes, des piétons, des charrettes il se fraye un chemin vers un dépôt où il nous fait entrer… nous nous demandons bien ce que nous faisons là ! Ladi a l’air de bien connaître la famille qui habite à l’entrée, il nous guide vers un enclos et là, gros éclat de rire, c’est un élevage de crocodiles !!! Nous sommes épatés, Tranquille est ravi de sa blague et d’après ce que nous voyons ce sont des kilos de saucissons qu’il va falloir lui expédier ! Derrière un grillage (oui, quand même !) dans une eau saumâtre, les crocodiles sont là : des énormes, des petits sur le dos des gros, des qui dorment au soleil, d’autres qui se cherchent des noises, des minuscules qu’on a peine à voir… un beau cadeau de départ…

Ensuite ils tiennent tous les deux à nous conduire vers le Point G… Point G ? qu’à cela ne tienne, nous ne sommes plus à ça près… allons-y ! en fait nous montons vers l’hôpital sur une colline qui surplombe toute la ville de Bamako. Point G, certainement pour géodésique, la vue sur Bamako est de 180 °, le Niger brille au milieu de la plaine, les deux ponts principaux sont bien visibles, la ville s’étend largement sur les deux rives, beaucoup de verdure, très peu d’immeubles sinon ceux très modernes du quartier des affaires, et de grandes étendues de toits en tôle. En ce milieu d’après-midi le soleil tape fort, nous avons du mal à rester dehors.

En descendant le plateau nous pensons faire la visite du musée du Mali, il parait qu’il est chouette mais… il est fermé le lundi, dommage, rien que le parc ombragé avec toutes les reproductions miniatures des mosquées du pays nous tente bien ! Du coup nous nous rabattons sur le marché artisanal, plein de belles choses mais trop d’insistance, là c’est pénible ! dehors par contre nous voyons les artisans travailler qui le bois, qui le cuir, qui fabriquer des bijoux, ici aussi beaucoup d’animation !

Nous finissons l’après-midi dans un bar pas loin de l’aéroport, une dernière Flag pour les hommes, une dernière sucrerie pour Yolande et moi, nous décidons de ne plus en boire de tout 2008 ! C’est le moment de dire au revoir à Tranquille, moment toujours empreint de tristesse, nous avons appris à l’apprécier et surtout ses compétences ont fait que ce séjour a été très riche en découvertes…

Ensuite ce sont les heures qui s’écoulent lentement avant de prendre l’avion, les quelques heures de sommeil avant de retrouver les 5 ° de Paris, la course dans le métro pour ne pas louper le train, encore 5 h de trajet et l’arrivée à la maison où nous replongeons dans un autre monde, le notre...

Merci une nouvelle fois à vous tous d'avoir suivi mon bavardage, vos encouragements permettent d'aller au bout du récit ! La semaine prochaine sera consacrée aux retrouvailles familiales. Passez des fêtes pleines de joie et de tendresse... Très bon Noël !
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)

mon blog : http://lesvoyagesdemamina.blogspot.com/
FA
Bonjour Mamina,

C'est un superbe voyage sous le soleil ardent d'un Mali très pittoresque et bien raconté, mêlant des anecdotes amusantes, des randonnées originales et des rencontres si émouvantes.

Merci pour ce dépaysement, Mamina. Joyeux Noël et bonne et heureuse année 2009 !
Fabricia - Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
WA
Ségou, Ségoukoro, Bamako... Ton récit si agréable me donne vraiment envie de retourner dans ce fabuleux pays pour découvrir ces coins que je ne connais pas !

Et revoir Tranquille, connaître un peu mieux Joël, retrouver cette ambiance, cette magie et cette beauté du pays Dogon, se ressourcer sur les bords du Niger, se repoudrer de cette latérite rouge...

Merci Mamina pour ce beau récit malien. [:)]

Joyeuses Fêtes en compagnie de ta smala avec plein de Wap'bisouilles !
"Nous méritons toutes nos rencontres ; elles sont accordées à notre destin, et ont une signification qu'il nous appartient de déchiffrer." Mauriac
FA
Bonjour Mamina,

Ce fût un réel plaisir de lire tes aventures Maliennes !

Je vous souhaite de joyeuses fêtes à toi et à ta famille.
Fabienne
WA
birapô Mamina pour ce magnifique voyage

joyox chalandes à vé et à te petiots

[:P]
A'panga chez les Dogons

http://wapata74.spaces.live.com
BE
Joyeux noël à toi et ta famille ma toute douce et à tous les aminautes
CO
bonsoir mamina64, je viens de relire ton récit, c'est très émouvant et ceci, d'autant plus que j'ai fait le même voyage en février 2008; yendouma, sangha, les 3 youga etc songho ; bravo pour ta façon de nous faire vibrer en lisant toutes ces belles phrases;

bonne année 2009 après ce noel 2008;
http://mali20082.uniterre.com/ http://loiredanubeavelo.over-blog.com/ http://vietnamnord2012.over-blog.com/ http://cambodge2013.eklablog.com/ André
DO
Tes mots tour à tour drôles, doux, émouvants, colorés, joyeux, étonnés et généreux rendent le voyage très séduisant chère mamina ! Même si je ne suis pas particulièrement attirée par cette Afrique, avec le carnet de la miss Wap' et le tien je dois avouer que j'ai fait une sacrée belle balade !

Merci... [:)]

Dolma
un chemin et la caresse du vent, alors je pars en voyage...
AF
Merci.........
Il n'y a que les montagnes qui ne se rencontrent pas.
MO
Très joli récit! Bravo et merci. Moniquem
MoniqueM « Emmenez- moi au bout de la terre Emmenez-moi au pays des merveilles...»
MA
Si vous voulez plus de photos, voici le lien de mes albums de voyages :

http://voyage-bons-plans.aufeminin.com/world/communaute/album/alblist.asp?NomAlbum=maminadine&champs=3
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)

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BE
Bonjour, J'ai beaucoup aimé le récit de voyage de mamina64. Comment puis-je contacter Tranquille? Je pars le 22 février 2009 pour 14 jours mais surtout au Pays Dogon que je souhaite être accompagnée par un guide calme et compétent. Merci [:)]
Il est déjà plus tard que tu ne crois.
WA
Comment puis-je contacter Tranquille?

Je t'envoie tout cela en MP dans les minutes qui viennent. [:)]

Hmmm ! 2 ans déjà ! Que j'aimerais repartir là-bas avec vous... [:/]
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