Bonjour,
de retour de Sicile, je reprends cette discussion pour apporter quelques réponses aux questions que je me posais et y ajouter quelques remarques concernant les îles éoliennes et les volcans. En espérant que ça serve à d'autres.
Nous avions prévu d'aller au Stromboli le 30 juillet, tout était ficelé :
réservation de la nuit précédente par Airbnb près de Milazzo
réservation logement + excursion Stromboli par Clarissa Viaggi
réservation bateaux (3 pour enchaîner Stromboli et Vulcano) par Ustica Lines
le tout par internet, plus simple pour nous qui ne parlons pas italien et cherchons beaucoup nos mots en anglais.
Le jour J, surprise : pas de bateau pour Stromboli avec Ustica Line car la mer était trop mauvaise.
Comme la réservation était faite par internet, impossible de se faire rembourser les billets au comptoir, et idem pour les décaler : il faut passer par internet (ce qu'on n'avait pas) ou par téléphone (en italien ou anglais).
Chez Clarissa Viaggi par contre une employé parle un français parfait (même pas une pointe d'accent) donc c'était plus simple.
Au final, on a réussi a reporter toutes nos réservations de 2 jours, une chance en ce qui concerne le logement !
Ma première impression : réservation superflue en ce qui concerne le bateau, surtout que ça génère plus de tracas en cas d'annulation.
Notre programme étant chamboulé, nous avons donc fait 3 ascensions de volcans en 3 jours : l'Etna le 31/07 (dans la journée depuis Milazzo), Stromboli le 1/08 et Vulcano le 2/08. .
Concernant l'Etna : je me demandais s'il était encore possible de faire l'ascension seul. Nous avons suivi la route à touristes pas trop fortunés : Etna Sud, montée au refuge de Sapienza en voiture, téléphérique (156 € pour 5 "adultes" de plus de 12 ans et un enfant) puis le reste de l'ascension à pieds. On aurait pu monter avec les bus/jeeps en payant 364 €. Certains courageux montaient depuis le refuge, donc sans rien payer (à part le parking à 2,50 € la demi-journée).
Il n'était pas possible d'avoir une vue sur le cratère principal et le vent rabattait les fumée vers la vallée, donc on s'est contentés des petits cratères, de la vue magnifique et des grondements et explosions. Mais ça vaut déjà le voyage !
Mes impressions : effort physique tout à fait supportable, c'est un peu long pour la montée, le retour est bien plus rapide car on peut couper en passant dans le sable.
Pas de problème de chaleur concernant l'ascension malgré le soleil : l'altitude et le vent nous ont plutôt rafraichis et le coupe-vent était nécessaire.
J'ai un peu de mal à voir l'intérêt de le faire en bus/jeep on perdrait pour moi l'essentiel (la vue et l'ambiance) et on fait un petit tour avec un guide qui n'apporte à mon avis rien de plus que ce qu'on a fait (il suffit de suivre les groupes de loin pour savoir ce qu'il y a à voir au sommet).
Concernant le Stromboli :
Pour le timing : parfait, même avec un bateau en retard : arrivée vers 13h30, on a eu le temps de s'installer, manger, se baigner, faire des courses avant l'ascension qui démarrait à 18h30.
Ascension effectuée avec l'agence Stromboli adventures. Je redoutais particulièrement l'effort physique de la montée, après avoir lu beaucoup d'avis sur internet. Au final, effort bien moins éprouvant que je ne le craignais ! Personne du groupe n'a abandonné, le plus jeune enfant devait avoir 7 ans. Le rythme du guide était lent, surprenant au départ, mais en fait on monte tout le temps à la même allure et on fait très peu de pauses...on s'est arrêté pour la première fois à 450 m, au bout d'une heure à peu près, c'est la partie que j'ai trouvée la plus dure car on a eu chaud . Dès que le soleil se couche le coupe-vent et le pantalon sont nécessaires.
Vue époustouflante sur la mer, j'ai adoré.
Par contre, nous n'avons pas eu de chance, un nuage est resté accroché au sommet...
Je résume donc nos sensations au sommet : il est 21h, il fait nuit, humide, le vent souffle, on regrette de ne pas avoir mis un pull sous le coupe-vent...on suit la lueur de la lampe de la personne qui est devant nous (à plus de 5 m, on le perd ! ). On entend de très fortes explosions, suivies de bruits semblables à ceux d'un gros chalumeau...sans doute des fontaines de lave. Par moments, il est impossible de parler ou de respirer sans mouchoir devant la bouche, les émanations de gaz provoquent des quintes de toux violentes. On s'arrête au dessus des cratères en espérant que le nuage se lève. On attend, une bonne demie-heure, ponctuée d'explosions. Les plus fortes illuminent les nuages de lueurs rouges : on s'extasie mais on a conscience du spectacle qu'on est en train de rater...Quelques secondes après chaque explosion on reçoit une bonne volée de cendres, comme de la grêle, dans la figure. On a comme un sentiment d'injustice après avoir fait l'effort d'aller si haut, mais c'est impressionnant quand même.
Le rythme du retour est plus accéléré, la descente est pénible sur la fin car on n'a pas le temps de s'arrêter pour vider les chaussures du sable, c'est très désagréable.
On regrette déja de n'avoir réservé qu'une nuit car on aimerait retenter l'aventure le lendemain si le sommet est dégagé. Retour au logement à 23h30.
Concernant Vulcano :
arrivée au port à 13h environ. Le petit supermarché propose de quoi se ravitailler et même un coin pique-nique avec tables et WIFI gratuit où se retrouvent les jeunes de l'île. A côté du supermarché, un primeur où nous avons pris quelques fruits. L'employé ayant été d'un abord très sympathique, on y est allé au culot en suivant les conseils de Mguibentif : on a demandé poliment s'ils savait où on pouvait poser nos deux gros sac à dos, et il s'est gentiment proposé pour nous les garder pendant 2h derrière ses étalages. Donc parfait !
J'ai vu après sur le port que la piscine thermale affiche qu'elle a un service de garde de bagages, mais je n'ai pas trop compris où et de quelle piscine thermale il s'agissait.
Montée au cratère en plein cagnard (14h-16h). Il n'y a que 300 m de dénivelé contre 900 au Stromboli, mais j'ai trouvé ça très dur physiquement car pas d'ombre du tout et pente assez forte (le chemin ne fait que 800 m).
Là aussi timing parfait : avec un départ à 18h30, on a eu largement le temps de manger, faire l'ascension, goûter, aller aux bains de boue et à la mer.
En ce qui concerne les bains de boue : expérience intéressante mais pas vraiment agréable. L'eau est très chaude, on s'y brûle et ça n'est donc pas du tout rafraichissant après une montée lorsqu'il fait 30°. On se crame aussi les pieds sur les passerelles.
Au printemps ça doit être chouette, là j'ai regretté de ne pas être allée simplement à la plage.
Pour résumer sur les volcans :
le Stromboli est le seul maître. On peut organiser tout ce qu'on veut, c'est lui qui décide. Il est donc préférable d'avoir une certaine flexibilité dans les dates. Dans notre malheur on a eu de la chance car 4 jours après toutes les ascensions étaient annulées pour cause d'activité trop intense.
En ce qui nous concerne on a été vraiment contents de l'agence de voyage qui a reporté sans problème (et sans facturer de supplément alors que le tarif est normalement plus élevé en août qu'en juillet).
Si c'était à refaire, je pense que je prendrais deux nuits sur Stromboli, d'abord pour pouvoir aller à la Sciarra del Fuoco car il n'était pas sur notre itinéraire de montée, ensuite pour avoir l'alternative de décaler ou de refaire une ascension si le temps n'est pas parfait. Sans compter que je suis vraiment tombée amoureuse de cette île hors du temps, donc j'aurais aimé l'explorer plus longuement.
La réservation par une agence coûtait très cher, en réservant ses nuits
Pour ce qui concerne l'effort physique : des trois volcans, c'est Vulcano qui m'a paru le plus fatigant. Mes enfants ont trouvé que c'était l'Etna. Aucun de nous n'a vraiment peiné au Stromboli, sans doute parce qu'on était préparé psychologiquement et parce qu'on dosait mieux l'effort du fait du guide.