Deux films de ce realisateur portant sur l Amerique du Sud et sur deux periodes de son histoire au travers de la conquete et de la course a "l or noir" (le caoutchouc et pas le petrole).
"Aguirre, la colere de dieu" : relate l expedition de Ursua et d Aguirre a la recherche de l Eldorado. Decrit toute la folie humaine s etant emparee d une partie des espagnols a l epoque de la conquette, et qui peu mieux incarner cette folie que Klauss Kinski.
Pour ceux qui aimeront le film, je conseille alors la "relacion", c est a dire le texte originel datant du 16eme siecle. Il est traduit en francais et se trouve dans toutes les bonnes librairies portant sur les sciences humaines. Facile a lire.
Un autre ouvrage est la "relacion" du frere Gaspard de Cravajal portant sur la premiere descente du fleuve Amazonne par F. de Orellana. Gaspard de Carvajal etait embarque a bord d un des navires. Interressant a lire pour se rendre compte de la facon dont les amerindiens de la basse amazonnie ont promene les espagnols dans leur quete illusoire de l Eldorado et de son or. Aussi en francais et facile a lire.
"Fitzgeraldo" : ou comment un homme fait abattre une montagne tant son desir de richesse l accable. Toujours avec Klauss Kinski, l acteur fetiche d Herzog. Dans ce film, se deroule une scene ou Klauss Kinski est entoure d amerindien voulant le tuer. Il faut savoir que les indiens ne jouent pas. Ils desirent vraiment tuer Kinski car ils le consideraient comme l incarnation du mal. Herzog a continuer a filmer durant ce passage.
A noter dans le très beau et très lourd "Aguirre, la colère de Dieu" la musique lanscinante et hallucinatoire du groupe allemand Popol Vuh ...
Dans un registre un peu différent, mais ce que tu dis m'y fait penser :
l'excellent "La controverse de Valladolid" d'après Jean-Claude Carrière, sur la terrible question que se pose la toute-puissante Eglise Espagnole au 16° siècle de savoir si les Indiens du Nouveau Monde (pour l'époque) ont une âme, ou s'il ne faut les considérer que comme des animaux ...
au-delà de la première approche un peu difficile pour tout téléspectateur moyen, ce film est à voir absolument, ne serait-ce que pour la réflexion qu'il entraîne inévitablement (en principe !) en chacun de nous sur notre propre façon de regarder l'autre ...
en celà ce post mérite largement sa place dans ce forum sur les voyages
Effectivement. "la controverse de Valladolid" est a voir mais aussi a lire.
La piece fait une soixantaine de page, est facile a lire, et fut aussi adaptee par Jean Claude Carriere.
A signaler d'ailleurs un comme toujours magnifique Jean Pierre Marielle dans le rôle de Las Casas et Trintignan qui interprête à merveille Sepulveda. Carmet, en tant que Pape, est excellent aussi.
Et ce téléfilm n'est pas si difficile d'accès. Il est vraiment TRES TRES bien, et TRES important.
Je confirme Aguirre, La colère de dieu est un grand film, où il règne un tension permanente. La musique lancinante sert bien cet espèce le sentiment malsain qui est présent tout au long du film et qui nous fait bien ressentir à quelle point L'Amazonie est une région hostile à l'homme qui a des desseins mercantiles. Une région qui peut le rendre fou.
Je me demande bien dans quelles conditions a été tourné Aguirre. Kinski est y comme à son habitude complètement posséder par son rôle.
@+
Mano
"Faites que vos rêves dévorent votre vie avant que votre vie ne dévore vos rêves" Saint Exupéry
j'avais entendu que "aguirre" avait été tourné dans des conditions très difficile (puisque c'est tourné "en décor naturels").
si les indiens voulaient tuer Kinski (comme c'est dit un peu + haut dans la discussion) Herzog à lui même pensé tué son acteur "fétiche". tout cette "légende" est racontée dans le film (documentaire) de Herzog "ennemis intimes", ou le réalisateur parle de sa relation avec Kinski.
Herzog a aussi ecrit "sur le chemin des glaces" qui est un récit d'un voyage (difficile car entrepri l'hivers) qu'il a fait à pieds de Munich jusqu'à Paris. J'ai trouvé une interview d'Herzog sur un site :
"il faut que je m’explique, je ne suis pas un “backpacker” et je ne suis pas quelqu’un qui fait du jogging ou de la randonnée, ni qui se déplace toujours à pieds comme avant le temps des automobiles. Je suis paresseux comme tout le monde. Je marche pour des raisons très spécifiques. Quand quelque chose est important, alors oui, je marche. J’ai marché de Munich à Paris parce que Dr. Lotte Eisner (critique et historienne du cinéma allemand) était mourante à Paris."
Et en rebondissant sur Herzog et Kinski on arrive à.... Bruce Chatwin bien sûr!
Chatwin et "le vice-toi de Ouidah" adapté au cinéma en "Cobra Verde" de Werner Herozg avec Klaus Kinski; mais aussi son "Chant des Pistes" pour l'Australie et son "En Patagonie", parmi d'autres...
"le silence des pantoufles est plus terrifiant que le bruit des bottes"
Et voilà Fitzcarraldo ! J'ai trouvé le film passionant. C'est un peu une parabole en plus moderne de Aguirre la colère de dieu : la remonté d'un fleuve, la menace des indigènes, l'esprit complètement mégalo du personnage. Cependant, bien loin de moi l'idée de dire que c'est la même chose.
Kinski y joue un rôle plus humain, mais il est toujours incroyable à voir. Par contre j'ai pas fait gaffe à la scène que tu décris et où Kinski et sous la menace des indiens qui désirent vraiment le tué.
Peux-tu me la resituer, je la regarderai d'un autre oeil.
@dios
Mano
"Faites que vos rêves dévorent votre vie avant que votre vie ne dévore vos rêves" Saint Exupéry
Ca va? La scène se déroule au moment où Kinski est dans un bar (il me semble que c'est un bar, dans tous les cas c'est en intèrieur), les indiens sont autour de lui et parlent de le tuer.
La description et l'explication du contexte de cette histoire se trouve dans un documentaire passé par la 5 où Herzog explique son travail et sa relation ave Kinski. C'est un doc, très interressant.
Ca y est j'ai revu le film en version commentée, je situe la scène. Dis donc, c dingue les conditions de tournage. Bien sûr on s'imagine facilement que dans un tel endroit c difficile, mais à ce point ça dépasse l'entendement. Les conditions ont été apocalyptique ! En plus avec Kinski qu'on ne pouvait stopper dans sa folie...
J'étais à des années lumières de soupçonner à quel point ça a été difficile.
Sûrement l'un des films les plus difficiles à tourner et à produire de tous les temps.
Passionnant la version commentée par Herzog et Lucki. Plein d'annecdotes, de confidences.
Mano
"Faites que vos rêves dévorent votre vie avant que votre vie ne dévore vos rêves" Saint Exupéry