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De Goa à Jaipur en 6 semaines cet hiver 2020
Notre motivation de ce 3 ème voyage en Inde et de visiter les sites de Ellora et Ajanta et c’est ce qui va déterminer notre trajet qui s’étale sur près de 6 semaines. En 2012 notre voyage s’était arrêté à Hampi et en 2017 notre voyage en Inde après le Gujarat avait commencé à Bhopal. Il a paru logique de commencer celui ci un peu au dessus de Hampi pour le terminer du moins dans sa première mouture vers Bundi. La préparation se fait avec les guides papiers classiques mais surtout en consultant VF et des blogs d’autres voyageurs. Sur VF, nous suivons les anciens et les nouveaux « forumeurs » à qui je n’hésite pas à demander des conseils et je remercie ici ceux nombreux avec qui je suis entrée en contact et ceux dont j’ai profité simplement et anonymement de leurs récits et interventions de manière plus passive. Voyager en Inde s’apprend et nos 3 voyages ont été formateurs. Le premier dans le sud avec chauffeur et soutien logistique d’une petite agence locale. Le deuxième au Gujarat avec chauffeur pendant 3 semaines et ensuite par nous mêmes de Bhopal à Dehli. Pour ce dernier on est prêt à voyager autant en transport en commun qu'en taxi, nous savons maintenant que ce n'est pas compliqué de se déplacer dans ce pays.

Nous ne sommes donc un couple de retraités plus si jeune et nous pouvons nous permettre de voyager autrement qu’en routard mais nous fuyons autant que possible les groupes et les hôtels et restos qui leurs sont réservés! Indépendants, nous essayons autant que faire se peux de partager la vie des Indiens, le fait de voyager à deux facilite grandement les rencontres et peut être aussi est ce un privilège d’avoir les cheveux gris…

Nous aimons autant que possible nous adapter calmement quand nous débutons un voyage, absorber la fatigue du voyage et le décalage horaire, s'acclimater donc... Aussi cette année nous passerons 3 jours à Goa pour débuter. Pas question de commencer dans les galères, pas envie non plus de plages et vous pensez bien que l’ambiance fêtarde que l’on vient habituellement chercher dans cet état n’est pas de notre gout. En me promenant sur ce blog https://sudhagee.com conseillé par Chris70 je découvre notre premier point de chute : Aldona dans le nord de Goa.

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Recherche nom et/ou recette d'une sauce indienne...
Bonjour à tous, Je parcours le net -et c'est comme cela que j'ai découvert ce très beau forum - à la recherche du nom et de la recette d'une sauce indienne, souvent présentée avec deux autres dans les restaurants indiens (avec une sauce avocat-menthe et une sauce chutney de banane).

Le site d'un restaurant définit les sauces ainsi : "Sauces indiennes qui accompagnent les entrées et les plats La sauce verte à la menthe pour le gout salé La sauce rouge à la banane pour le gout sucrée la sauce marron pour le gout épicé." Dans les restaurants indiens ou je vais (notamment à Orléans) il y a cette fameuse sauce, dedans il y a des pois, des carottes, je crois des morceaux de piments verts, une bouillie assez indéfinissable englobe le tout...

Je vous joint des images pour vous donner une idée de cet accompagnement...

Si quiconque connaît le nom et/ou la recette de cette sauce et peux me la communiquer je lui en serai reconnaissant.😎

Merci d'avance.
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Recettes de petits déjeuners en Inde?
Vanakam, namasté

Je souhaiterais connaitre les différents petits déjeuners que l'on peut trouver en inde du sud et inde du nord, ici les petits déjeuners sont plutôt sucrés alors qu'en inde je crois qu'ils sont plutôt salés, et si vous avez des recettes je suis prenneuse également, merci à tous

😉
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Le chai (thé) tel qu'on le boit dans les rues indiennes...
ça fait pas mal de fois que je tente de faire chez moi un "chai". j'ai trouvé quelques recettes sur internet, via ce forum d'ailleurs... (je suis d'ailleurs étonné qu'il n'y ait pas plus de posts à ce sujet... c'est un thème qui me semblait pourtant essentiel, quand on parle de l'inde ? non ?). alors, je les ai suivies, ces recettes, j'ai essayé de me chercher dans mes souvenirs, ce que j'avais vu faire tant de fois... mais je n'arrive pas à retrouver ce goût si unique que j'aimais tellement là-bas. tout ce que j'obtiens, c'est au mieux ce que je buvais dans certains restos, c'est à dire un thé épicé à la mode "occidentale", édulcoré, avec beaucoup moins de goût (enfin, en tous cas, pas celui que je cherche...). voici les épices que je mets : cardamome, gingembre (frais), cannelle, une ou deux baies de poivre, clous de girofle. plus eau, lait, sucre... et thé noir.

si quelqu'un voit quelque chose à rajouter (ou à enlever ?), une recette miracle, un truc transmis en toute discrétion par un chai-wallah... s'il y a d'ailleurs un chai-wallah qui lit ce post... help !

ça me fera patienter jusqu'à mon prochain voyage... ça sera la première chose que je prendrai une fois le pied posé sur le tarmac de l'aéroport !!!

merci !!!

el concombre
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Apprendre la danse (théâtre, musique) indienne en Inde: le quoi, le où, le comment et le combien
De nombreuses personnes semblent être à la recherche de cours de danse indienne en Inde sur voyage forum et il y a peu d’information disponible alors je me suis dis que j’allais essayer de vous en dire un maximum sur le sujet, basé sur mon expérience personnelle. Si d'autres danseuses passent par mon post, n'hésitez pas à compléter et partager votre expérience! Je ne veux pas faire de pub pour qui que se soit alors j'ai évité de citer des noms particuliers.

Le maître mot sur le sujet selon moi est que tout est possible en Inde, même si le coût de vie et les habitudes quotidiennes des gens changent, vous pouvez trouver toutes sortes de cours (privés ou en groupe) avec tous types de professeurs (réputés ou pas) et à tous les coûts (de 3 euros de l'heure en cours privé et au delà) à partir du moment ou vous êtes motivés à faire des recherches et parlez de vos désirs d'apprendre la danse aux gens qui vous entourent en Inde. J'ai trouvé mes 3 premiers stages de danse en Inde à travers mon entourage proche (hôtel, restaurant, épicerie, spectacle). Mais avant de tout commencer, vous devez vous posez les questions suivantes : Quoi (Quel type de danse)? Où (dans quelle ville) ? Comment (qualité de la formation) et Combien (à quel prix)?Le Quoi et le Où. Je divise les danses Indiennes en 3 grandes catégories : les danses indiennes folkloriques, les danses indiennes classiques et la danse Bollywood.

1) Les danses Indiennes Folkloriques : L'Inde est riche d'innombrables formes de danse folkloriques (probablement des centaines). Chaque région de l'Inde a une culture dansée qui lui est propre, la plupart des danses folkloriques naissent et se pratiquent seulement dans certaines villes. Certaines sont plus connues que d'autres et s'exportent de plus en plus comme c'est le cas de la danse Kalbelia en France et du Banghra en Angleterre. La danse Kalbelia vient du Rajasthan. Ce lieu est donc le mieux approprié pour partir à la recherche de quelqu'un qui peut vous l'enseigner. Il faut aussi savoir qu'il y a de nombreux styles différents au sein même d'1 style particulier de danse folklorique. Pour la danse Kalbelia par exemple, certaines danseuses sont plus connues que d'autres au Rajasthan et en France mais il y a aussi de nombreux/ses autres artistes toutes aussi talentueux/es, qui vont tous avoir un style qui leur est propre. Lors de ma visite à Jodhpur, j'ai eu l'immense chance de pouvoir rencontrer et danser dans une famille qui pratique la danse Kalbelia depuis des générations. Souvent, ce sont des familles de danseurs qui apprennent et développent leur style de générations en générations et ils portent le nom de famille qui correspond à l'activité de leur caste. Les gens font donc appel à ses familles là pour faire des spectacles. Ces familles sont donc connues par de nombreuses personnes et sont, je pense (mais peut-être que la chance m'a aidé à les trouver) facilement approchables. La vie de ses artistes est parfois très dure et vous n'allez pas forcément comprendre ce que vous voyez autour de vous si vous vous lancez dans ce monde là. Je ne peux malheureusement rien vous dire de plus à ce sujet car j'étais venu en Inde dans le but d'apprendre le Kathak, et c'est maintenant ce que je suis en train de faire.

Alors que les danses folkloriques commencent à être malmenés par les effets de la vie moderne, les danses classiques indiennes elles, sont LOIN de disparaitre tant elles sont institutionnalisées et codifiées :

2) Les danses Indiennes classiques :

Voici un tableau des 9 danses classiques de l'Inde et de leur état d’origine selon la Sangeet Natak Academie.

Dance form State(s) of origin Bharatanatyam ->>Tamil Nadu Kathak ->>Uttar Pradesh Odissi ->>Orissa Kathakali ->>Kerala Mohiniyattam ->>Kerala Kuchipudi ->>Andhra Pradesh Manipuri ->>Manipur Gaudiya Nritya ->>West Bengal Sattriya ->>Assam

Si vous voulez vous lancer dans l'apprentissage d'une de ces danses, c'est comme si vous vouliez apprendre le Ballet en France. Vous pouvez très bien choisir d'aller en Inde et suivre seulement quelques heures de cours de la danse classique que vous avez choisi de découvrir. Cependant, si votre but est de maitriser ce style, cela vous prendra de nombreuses années de travail. La différence majeure ici avec notre danse classique nationale est que les danses classiques indiennes ne se limitent pas à l'apprentissage de la danse. Le solfège et le théâtre vont faire partie intégrale de votre apprentissage, ainsi que la musique, le chant et le yoga dans certaines écoles. La musique, le théâtre, le chant et la danse sont intimement liés en Inde. Les grandes écoles de danse classique du pays proposent des programmes complets d'apprentissage avec un diplôme à la clé. Même chose que pour les danses folkloriques ici, il y de nombreux sous-groupe de style différent dans chaque forme de danse. Chaque grande ville de l'Inde (Mumbai, Delhi, Kolkatta..) offre la possibilité d'apprendre la plupart de ces 9 danses classiques, mais vous trouverez beaucoup plus de professeurs particuliers et écoles dans la région d'origine du style que vous voulez apprendre. A savoir aussi que certaines écoles sont plus réputées que d'autre. Les meilleures écoles de Kathak par exemple sont pour la plupart à Delhi. Si vous voulez vous lancer dans l'aventure (danseuse professionnelle ou pas), il va falloir choisir votre mode d'apprentissage : école ou cours privés? Les cours dans les écoles sont enseignées à année longue ce qui signifie que vous devrez habiter en Inde pendant la durée de vos études. Certaines écoles ont la capacité d'héberger leur étudiants. D'autres n'acceptent que les étudiants qui reçoivent une bourse du gouvernement indien qui va financer leurs études, comme c'est le cas de l'école Kathak Kendra à Delhi il me semble. Cette école n'accepte que les étudiants qui ont une bonne base de Kathak. Chaque école a un mode particulier de fonctionner. Il est important de bien faire attention à ce que vous choisissez ici car certaines écoles se sont transformées en véritables institutions financières et se sont éloignées de leur message d'origine. De nombreux danseurs étrangers viennent en Inde pour apprendre la danse (surtout le Baratanatyam et l'Odissi) et les locaux savent que les étrangers ont un pouvoir financier bien supérieur au leur. Quand à moi j'ai choisi les cours privés, même si plus onéreux, car plus flexibles et plus efficaces dans le temps. Je me rends à Delhi 4 mois par an pour apprendre le Kathak. Si vous vous donnez les moyens (je dois chaque année économiser pour l'année suivante) et que vous êtes motivés, les cours pivés sont selon moi la meilleure solution, peut importe le style choisi.

3) La danse Bollywood : C'est le style de danse des films Indiens Bollywood qui sont en langue hindi et produits pour la plupart dans la région de Mumbai (Bombay). Ce style mélange un peu de tout (danses folkloriques et classiques indiennes, danses occidentales, danse orientale etc..). Il y a aussi la version Tamoule, le Kollywood, au Tamil Nadu. Il y a de nombreux styles de danse Bollywood différents, du plus traditionnel au plus occidentalisé. Certaines chorégraphies Bollywood vont être plus influencées par le Baratanatyam ou le Kathak alors que d'autres vont plus ou moins ressembler à notre style modern-Jazz. Les films indiens actuels semblent de plus en plus tournés vers l'occident et les magnifiques chorégraphies du film Devdas se font de plus en plus rares! Si vous voulez apprendre ce style, le mieux selon moi est de l'apprendre chez nous! Il y a de nombreux professeurs de danse Bollywood compétents en Europe et en Amérique du Nord. Mais c'est vrai que certaines villes sont plus reconnues que d'autres dans ce domaine comme par exemple Londres ou New York. Pour ce qui est de l'apprentissage de ce style en Inde, Mumbai me semble l'endroit le plus approprié. J'ai fait partie d'une troupe de danse Bollywood basée à Toronto et notre prof venait de Mumbai. Elle me disait qu'il y a de nombreuses bonnes écoles dans cette région. Mais je ne peux pas dire grand chose de plus à ce sujet, je n'ai jamais essayé de trouver des cours de Bollywood en Inde. Je recommande une grande prudence aux danseurs qui veulent se lancer là dedans en Inde. Encore une fois, les locaux savent très bien nous duper. Attention aussi aux productions Bollywood qui recherchent des danseuses "blanches" pour jouer dans leur films à Mumbai. Préparer vous aux jupes courtes et choré sexy; plus important : pensez aux conséquences ce que vous faites! Le public indien juge les occidentaux de la façon dont ils se montrent dans les films et il n'est pas rare que certaines touristes occidentales se fassent toucher dans les transports en communs parce que certains indiens pensent que de toute façon " elles vont tout accepter, ce sont des filles faciles". Si vous avez un peu de bon sens et de respect pour vous même et pour la culture indienne, n'acceptez pas n'importe quoi.Comment et Combien :Quel est votre degré d'intérêt envers la danse et les danses indiennes? vous y intéressez-vous de façon professionnelle et/ou voulez-vous plutôt vivre une expérience locale profonde et/ou amusante? Votre degré d'intérêt est intimement lié avec la qualité de la formation que vous choisirez. En danse classique indienne, les professeurs les plus réputés chargent plus que les autres (en cours privés). J'ai vu les prix par heures de cours privé passer de 200Rp (3 euros) de l'heure à 1000Rp (15 euros) selon la région de l'Inde et la réputation du professeur. Mais comme vous le verrez, tout est possible en Inde et la diversité de ce que l'on va vous proposer n'a des fois aucun sens (plus particulièrement pour les cours de danses folkloriques): Une danseuse renommée d'exception rencontrée à Jodhpur, m'a proposé des cours gratuitement, tandis qu'une danseuse à Udaipur, sans talent exceptionnel, faisait payer ses cours. Comme dis plus haut, les cours privés sont selon moi les plus avantageux quand vous n’habitez pas en Inde. Les cours privés sont quelque chose de très communs en Inde et facile à trouver. Ceci marche aussi pour les cours de musique et de chant. Vous pouvez marchander le prix de vos cours avec votre professeur en fonction de votre situation financière. Tous ceux que j’ai rencontrés étaient très compréhensifs à ce sujet.

Voilà n'hésitez pas à compléter ce post avec vos expériences artistiques! Si vous avez des questions à me poser, n'hésitez pas à me contacter, je serais ravie de pouvoir vous aider.
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Arnaque à la compassion débile de l'occidental à Benares
Voici une gentille escroquerie, bien ficelée à l'indienne, spécifique à Bénarés. Aprés m'avoir observé et suivi dans le secteur de Manikarnika Ghat, un "faux guide" me prépare son plan diabolique pour arriver à m'extorquer un max de Roupies... il est utile de préciser que j'avais rejetté auparavant plusieurs dealers de shit ou d'opium, nombreux a cet endroit. Voila cela commence avec un mec ( qui présente bien) te proposant un complément d'informations au sujet des crémations et des pratiques funéraires dans la ville Sainte. Il marche, te suit, t'accompagne en Anglais dans ton petit tour du quartier ou il est difficile, la 1ère fois de trouver ses repères. Puis aprés t'avoir prouver sa sympathie avec son charisme, il te suggère un magnifique point de vue en hauteur, depuis une "terrasse panoramique" situé dans un immeuble tout proche: "le souvenir restera dans ta mémoire éternellement puisque aucun touriste n'a le droit de prendre des photos de cadavres en train de rotir"... Il te fait d'abord traverser un vrai mouroir avec de vrais vieillards agonisants, puis on monte l'escalier. Surprise à l'étage, une vieille dame en guenilles, sale, prostrée, te regarde avec un teint vitreux de fin de vie. Alors, le "faux guide" t'explique trés gentiment qu'elle est sur le point de mourrir, et que étant donné qu'elle est dans la misère la plus totale, de surcroit isolée, elle ne peut pas acheter le bois nécéssaire a sa propre crémation.... Le théatre est tellement bien joué que jamais un touriste ne peut imaginer la complicité, la connivence entre la personne agée et le jeune indien bien fringué. Alors, le scénario fait que, l'on te supplie de donner un minimum de 400 rps car le bois coute trés cher à Bénarés, et que sinon la seule issue quand la mort va frapper dans les jours suivant, il n'y aura pas d'autre alternative que de faire crâmer la défunte à moitié et ensuite de benner les restes dans le Gange => direction golfe du Bengale quand le courant sera assez fort pendant les crues de la Mousson!!!!!!! Bien évidemment, tu as la pitié, tu ouvres la banane à pognon et tu crache les roupies....

Le lendemain, je fais la connaissance d'un couple d'Italiens résidant dans la meme guesthouse que moi. Nous décidions de chartériser une barque à 3 pour se ballader sur le fleuve. Je leur propose de retrouver l'immeuble offrant la vue panoramique sur le Ghat, afin de se faire une bonne idée sur le lieu, qu'ils n'ont pas encore découvert. On remonte les escaliers, et dans mon esprit, je suis serein, because, I give my donation already, in this holy city... Stupéfaction, je retrouve la "mourrante" en pleine forme, en train de se cuisiner sur un petit réchaud à gaz, une gamelle de lentilles !?! Elle n'a jamais pensé qu'un voyageur blanc était capable de retrouver l'adresse de l'arnaque aussi facilement et rapidement. Honteuse d'avoir vendu sa dignité pour partager le bénéfice avec un "faux guide", elle n'a meme pas voulu me parler ou regarder le couple de jeunes italiens. INCREDIBLE INDIA, I love you.... forever Marc.
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Goa-Kerala: quels Ashrams choisir?
Salut a tous,

Je pars le 09 fevrier a Goa et ensuite vers Hampi et le Kerala et je souhaiterais sejourner dans des ashrams plutot que les traditionnels hotels et guesthouse.

Cependant, je n'ai pas beaucoup d'experiences la dedans et je ne sais pas quels ashrams choisir afin de toucher la vrai spiritualite indienne. Je souhaiterais avoir vos avis et profiter de votre experience.

Merci d'avance a tous.

Cecillia.
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Nourriture occidentale à Chennai?
Bonjour

Je suis actuellement a Chennai et je dois avouer que mon estomac a du mal a supporter les plats epices indiens... Connaissez-vous des endroits (supermarches, fast foodetc) ou on vend de la nourriture occidentale? (nourriture occidentale, fast food...) Les supermarches du Spencer Plazza n'ont que de la nourriture indienne...et pourtant j'ai bien cherche... Si vous avez des adresses ou je pourrais me fournir enm plats et aliments occidentaux, je vous remercie de bien vouloir m'aider.

Jean Luc
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Indien vaut mieux que deux tu l'auras...
1 an autour de la planete, et nous basculons des montagnes nepalaises dans l'envoutante spiritualite indienne... (pour les photos http://www.lespiedssurterre.org)

Mardi 22 Novembre: "Hare Krishna" Devant le comptoir de l'immigration, nous faisons la rencontre d'un groupe de touristes retraites réussissant l'exploit de visiter le Rajasthan, Varanasi et la vallée de Kathmandou en 14 jours dont 4 réservés aux transports, bravo Jet tour! Intrigués par le nombre de visas figurant sur nos passeports, ils sont très curieux d'un tel voyage. Etrangement ce qui les impressionne le plus c'est de ne pas savoir où l'on va dormir le soir sans réservation. Dans le lot, il y a bien évidemment le vieux bougon désagréable qui nous lance indirectement des " Pauvre France … … A notre époque on pensait d'abord a la carrière, aujourd'hui ils pensent aux loisirs!" Réponse du berger à la bergère, Sophie lança : "En attendant nous on n'aura peut-être pas de retraites pour s'offrir des voyages quand on sera vieux! c'est ça et bientôt c'est les retraites qui paieront votre retraite! de toute façon y'en a toujours un comme ça dans les voyages organisés" clôtura Sophie en faisant rire l'assemblée. A la sortie de l'aéroport de Varanasi, nous sommes harcelés par les taxis. Les prix sont bien sur revus à la hausse et certains n'hésitent pas à rajouter des suppléments pour les bagages, pour la personne supplémentaire, pour la clim et encore plus fort parce que la voiture est neuve et confortable! (Et pourquoi pas parce que le chauffeur s'est rasé ce matin tant qu'on y est ?!) Finalement, nous sortons de l'aéroport pour en prendre un directement dans la rue. Des types s'immiscent comme intermédiaires et il faut batailler pour imposer notre prix. Il faut reconnaître que ces taxis blancs à l'allure de vieilles voitures coloniales ont de la gueule, ce sont des Ambassador. Pour atteindre le bord du Gange ou se trouvent les guest, nous devons ensuite prendre un rickshaw et la, ça commence a ressembler a l'image qu'on avait de l'Inde, le bruit et la poussière sont la. Entasses comme deux sacs a patates a l'arrière avec nos énormes sacs a dos sur les genoux, nous devons nous tenir mutuellement pour ne pas tomber a chaque nid de poule. En haut des maisons, des singes bondissent et nous croisons quelques vaches au milieu de cette circulation anarchique que l'agent gesticulant sur son rond-point serait bien incapable de déloger. Leur fâcheuse tendance a se mettre au milieu de la route s'expliquerait par leur goût prononce pour les courants d'air provoques par les véhicules…ça chasse les mouches ! Cela pose tellement de problèmes de circulation que l'Assemblée a vote une loi en 2004 autorisant les policiers à les chasser avec de légers coups de bâtons. Nous arrivons au coucher du soleil à la Vishnou resthouse. Il y avait peu de chance de trouver une chambre mais la dernière vient de se libérer, cool. La terrasse, pourvu d'un petit temple (sans doute dédié à Vishnou) est très agréable et donne sur le Gange. Des cerfs volants se partagent l'horizon et des chants sacrés commencent à s'élever dans les airs. Ajouté a cela un "Hare Krishna" psalmodié en boucle pendant 40 mn et vous obtiendrez une Mais que fait la police ?ambiance complètement irréaliste. Bon ben la, on est en plein dedans. Cela inspire Sophie qui "croque" le profil de Christophe (assez ressemblant d'ailleurs). A peine arrivés que nous sommes déjà sous le charme de cette ville. C'est aussi l'heure ou les routards de la guest rentrent au bercail. Nous faisons ainsi la connaissance d'Aurélien, Fred, Aurélie et Jihane. Si la "Vishnou" est plutôt bonne enfant, le confort des chambres y est très sommaire. Deux énormes lézards, des geckos, la partagent avec nous tout comme les chiens qui hurleront sous nos fenêtres une bonne partie de la nuit.

Mercredi 23 Novembre: Le Nirvana Nous sommes réveillés vers les 04h30 par l'imam du coin, puis a 5h30 par des tintements de cloches et enfin, pour que l'orchestre soit complet, a 06h00 par ce qui pourrait ressembler a une partie de tennis engagée. Pourtant y'a pas de terrain dans le coin...nous découvrons en ouvrant les fenêtres qu'il s'agit des lavandières en train de battre leur linge dans le Gange. Nous les regarderons le temps de prendre notre petit dej' sur la terrasse. Nous commençons par visiter le Chowk, le vieux quartier qui longe le Gange. Il est facile de se perdre dans ce labyrinthe de ruelles tortueuses. Elles sont si étroites que voitures et charrettes ne peuvent circuler, ce qui n'enlève rien a l'animation qui y règne. Petits commerces, mangoustes et singes, souris et vaches sacrées mangeant les détritus jetés a même le sol, gargotes, buffles gênant notre passage, odeurs nauséabondes succédant a de divines effluves de masala et d'encens puis surtout chiens galeux a tous les coins de rues, sans oublier les bouses et autres déchets (étant donne qu'il n'y a pas de ramassage d'ordures, ce sont les animaux qui s'en chargent). Tout y est ! Le plus saisissant reste de tomber nez à nez avec le corps d'un défunt que sa famille conduit en cortège au lieu de crémation... On a comme le sentiment de déambuler Lessive collectivedans une ville moyenâgeuse, Villon se serait régalé de ce spectacle. Les hommes ont souvent une écharpe autour de la tête à la manière d'une rage de dent ou les cheveux (et même barbe et moustaches) teint au henné…orange ! Au détour d'une ruelle, nous arrivons au Golden temple, le temple le plus sacré de la ville suppose contenir le lingam de Shiva (le symbole de Shiva étant un lingam, le principe mâle enfonce dans un yoni représentant le principe féminin). Aucun profane n'est autorisé à y pénétrer. A l'entrée de la ruelle d'accès au temple, chacun, indien comme touriste, est fouillé obligatoirement par des militaires armés. Comment dans de telles conditions, Sophie a-t-elle réussi à y entrer et ressortir avec la tika sur le front et une cordelette de longue vie autour du poignet? Un vieillard gardant les chaussures à l'entrée lui a juste demande de les ôter, et c'est seulement au moment de ressortir qu'on lui a fait remarquer le panneau d'interdiction "temple exclusivement réservé aux hindous". Personne n'a eu l'air surpris de sa présence a l'intérieur, la suite du voyage nous confirmera que les indiens sont d'une extrême tolérance a ce niveau-là. Nous terminons la ballade par les bords du Gange ou se trouvent les ghats, les marches d'accès au fleuve sacré. Le plus important est le Manikarnika Ghat. C'est en suivant un cortège funéraire que nous y sommes arrivés. Sur une plate-forme bordée sur trois cotés par le Gange, brûlent une dizaine de bûchers. Le voeu le plus cher de tout hindou est que son âme monte au ciel par la grâce du feu. Il espère ainsi échapper au cercle sans fin des renaissances pour accéder directement au stade suprême: le nirvana. Des barques chargées de tonnes de bois sont amarrées et des hommes déchargent les bûches toute la journée. Un corps met trois heures à brûler et nécessite 350 kg de bois. Non loin de là, des stèles de sati évoquent le sacrifice des veuves qui s'immolaient vives (de façon plus ou moins consentie) en même temps que leur défunt mari. Bien que cette tradition fût interdite par les britanniques, elle a perduré jusqu'à très récemment. Les cadavres drapés de blanc pour les hommes, de rouge pour les femmes et de jaune doré pour les vieillards sont d'abord immergés dans le Gange avant d'être brûlés, les cendres seront ensuite jetées dans les eaux sacrées du Gange. Lorsque la famille, trop pauvre, ne peut acheter suffisamment de bois, il arrive que le corps a demi consumé soit jeté dans le fleuve ou les charognards achèveront le travail. Nous montons dans une tour qui domine la scène. Le tableau qui s'offre à nous est constitué de deux jambes calcinées qui dépassent du bûcher. Nous arrivons juste a temps pour voir le maître d'oeuvre les casser pour les poser sur le dessus à l'aide d'un bambou. Dans le bûcher voisin, nous apercevons la tête d'un autre encore attachée à sa cage thoracique, le "spectacle" est hallucinant pour nous occidentaux. Nous sommes fascinés par cette ferveur et ce mysticisme dans ce décor semi réel. La mort en Europe est cloisonnée derrière des portes, des hospices, ou le silence est de rigueur. Ici au contraire la vie côtoie la mort: des chèvres viennent manger les fleurs mortuaires, les cris des enfants jouant autour se font entendre, une dame se lave dans le fleuve a quelques mètres des bûchers. La mort n'a pas cet aspect tabou qui existe chez nous, elle n'est pas niée et Varanasi nous apparaît ainsi comme un carrefour entre les mondes spirituel et physique. Les bâtiments a proximité sont des mouroirs ou les gens attendent leur tour. Il est bien évidemment interdit de filmer ou de photographier mais certains n'hésitent pas à nous réclamer une participation aux frais de crémation (qui coûte très cher) en contrepartie. A la guest, c'est l'heure du "Hare Krishna" et du "banana lassi time". Un deuxième Fred et Paul, un anglais se joignent a nous. Demain nous partagerons à sept une barque pour le lever du soleil sur le Gange. Rendez-vous fixe a 6h00. Les guest de Vishnou

Jeudi 24 Novembre: Ganja euh non Ganga ! Nous décollons plus tard que prévu mais juste a temps pour voir le soleil se lever…et nous ne sommes pas les seuls: des dizaines de barques longent elles aussi les ghats avec de nombreux touristes a leur bord. 1, 5 millions de bacteries pour 100 ml ! Ghats reserves aux femmes C'est un "spectacle" hallucinant que cette vie grouillante au bord du fleuve. On se rend vraiment compte de la puissance de la religion sur les mentalités et…de la pollution du Gange. "Aucun microbe qui se respecte ne sauraient vivre dans une eau pareille.", écrivait Mark Twain, et pourtant 1, 5 millions de bactéries cohabitent dans 100 ml d'eau (le maximum toléré au-delà duquel un bain peut être nocif est de 500!) Cela n'empêchent pas les indiens de laver leur linge avant de le mettre a sécher sur le sable et dans la poussière, de se laver (même les dents) et le pire, les enfants de plonger et les pèlerins de boire de son eau. Les buffles de leur coté n'éprouvent pas le moindre problème non plus à faire trempette. A ce propos, il est important de préciser qu'à Varanasi se trouve un des plus beaux goshalas de l'Inde, une maison de retraite pour vaches. Si l'on respecte autant les vaches en Inde c'est parce qu'elles incarnent l'ashima, l'absence de volonté de tuer et symbolisent la maternité, la charité et la pitié. Durant la crise de la vache folle, l'Inde a proposé à la France et au Royaume Uni de leur racheter les vaches destinées à l'abattage pour 12 millions d'euros!!! Cette anecdote illustre bien le culte voué a la vache. Les ablutions se font au soleil levant, les pèlerins doivent se baigner en cinq endroits différents. L'hindou religieux doit suivre ce rite chaque matin: prononcer le mantra sacré (prière), s'immerger complètement trois fois de suite, et boire une gorgée d'eau du Gange dans sa main; quand on voit ce qui flotte a la surface… Beurk! Raison de plus pour être surpris d'apercevoir les fameux dauphins du Gange, même les spécialistes s'interrogent sur le fait qu'ils n'aient pas encore totalement disparus. A plusieurs reprises nous en verrons sortir de l'eau, leur aileron et leur nez allongé bien visible. La soie est l'étoffe sacrée par excellence et Varanasi en est la capitale. Cet après-midi, Sophie visite donc les fabriques de soie du quartier musulman en compagnie de Fred le Suisse. Ce sera l'occasion de distinguer la soie "sauvage" de la "naturelle", et la "mousseline" du "brocard". Les marchands de soie sont près a tout pour faire acheter; dans la même journée, Sophie a rencontré les fournisseurs de Sonia Rikel, Pierre Cardin et Hermès, rien que ça! Varanasi est à la fois musulmane et hindoue; il n'est donc pas rare de croiser des femmes complètement voilées de noir. L'Inde est en effet le deuxième pays musulman après l'Indonésie en termes de population. La petite troupe est au complet à 15h30, la barque nous attend cette fois-ci pour assister à la Puja, la cérémonie du culte au Gange. Elle a lieu à la tombée de la nuit sur le Dasashwamedh Ghat. Plusieurs prêtres accompagnés de musiciens officient tournés vers le Gange tandis que les chants sacrés s'élèvent et que des dizaines de bougies sont déposées sur l'eau. C'est assez mystique mais ça devient barbant au bout d'une demi-heure. C'est aussi à la nuit tombée que les crémations sont les plus impressionnantes. On assiste a un triste spectacle à la descente du bateau: deux chiens collés dévalent une pente. En regardant d'un peu plus près, on s'aperçoit qu'ils sont restés "enfiles" durant le coït. On ne peut malheureusement rien faire pour eux a part leur mettre le doigt dans le dernier orifice disponible mais personne ne s'est dévoué. Pas d'inquiétude à avoir, ils s'en sont sortis tous seuls. Aucun resto proche de notre guest n'est mentionné dans les guides, on y va donc au pif, et la mauvaise pioche, même Christophe n'a pas fini ses assiettes! La soirée se termine à l'Internet café ou les pannes de courant s'enchaînent à nous arracher les cheveux; il semble que ce soit assez "courant" dans le pays!

Vendredi 25 Novembre: Yoga Ce matin, nous testons l'activité phare de Varanasi après les crémations: le yoga. Les cours ont lieu dans le petit temple sur la terrasse de notre guest de 8 à 10 heures et il faut être à jeun. Aurélien, Jihane, Aurélie ainsi qu'un autre couple participent aussi. La séance commence par un travail de respiration puis des exercices "exutoires" qui permettent sans doute de libérer les tensions. Dans notre cas ça a surtout libère un énorme fou rire collectif notamment quand on a du faire "le lion" à tour de rôle! La séance se termine par de la méditation où il est possible de ressentir une sorte d'énergie entre les mains et ça marche! Christophe était complètement absorbé dans sa bulle "magnétique". On est resté un bon moment sur la terrasse: Sophie a pris les choses en mains en testant la coupe de cheveux aux ciseaux, Christophe commençait vraiment a ressembler à un lion "grisonnant", le processus de "blanchiment" s'étant emballé depuis notre départ de France. Le résultat est plutôt satisfaisant compte tenu de l'outillage. La fin de journée fut un peu plus stressante. Pour se rendre au Ramnagar palace, la demeure du maharadjah de Varanasi, nous prenons un autorickshaw, sans doute un des plus intrépides de la ville. On se serait cru dans un jeu vidéo où il faut conduire une voiture lancée à toute berzingue qui doit éviter tout un tas d'embûches sur la route. Sauf que la c'est "pour de vrai", il faut éviter vaches, chiens, voitures, vélos, écoliers et autres piétons et c'est même pas nous qui étions aux commandes. Sophie a cru mourir à plusieurs reprises alors que Christophe s'en amusait, le chauffeur maniait son engin comme s'il faisait corps avec, virant à droite, esquivant une moto qui déboulait à gauche, frôlant les camions puis se faufilant comme Speedy Gonzales dans une circulation totalement anarchique. Le trajet a semblé durer des heures pour Sophie qui hurlait a chaque fois qu'on s'approchait un peu trop vite ou un peu trop près des "embûches", un enfer! Sans oublier qu'au passage on se prend de la poussière plein les yeux et le nez. Il lui a fallu un peu de temps pour s'en remettre. Christophe, quant à lui, a apprécié la ballade et l'agilité de notre chauffeur.

Samedi 26 Novembre: "bouge de la" (Mc Solar) Nous partons ce soir en train de nuit pour Satna. Nous nous balladons une dernière fois sur les ghât pour observer son animation de plus près. De grands parasols abritent toutes sortes de petits métiers: masseurs, vendeurs de fleurs, barbiers et astrologues qui veulent a tous prix nous lire les lignes de la main. On voit aussi des "gourous" autour desquels sont rassemblés de nombreux fidèles qui les écoutent interpréter les textes sacrés pendant des heures ou répéter leurs chants. Un peu plus loin, un homme fait du yoga; il se cambre en arrière puis se contorsionne pour finir debout sur un pied comme Shiva le fit une longue période de sa vie. Nous avons également croisé un sâdhu, le plus célèbre de la ville, celui qu'on aperçoit lorsque l'on est dans la barque, celui qui est assis sous son arbre, celui qui arbore un crâne humain plante sur un pieu et qui s'extasie sur les Nike de Sophie "super tes chaussures…". Un phénomène le gars, peut-être un peu trop mégalomane pour un ascète! Départ pour la gare vers 22h00, la mauvaise heure. Nous revivons la même expérience en rickshaw que la veille version night background: il fait nuit noire, les vaches n'ont pas de feux stop, des piétons traversent a l'improviste et le chauffeur hésite entre conduite a droite ou conduite a gauche. Notre train prévu pour 23h30 n'arrivera en gare qu'a 1h15! Sophie a réussi l'exploit de s'endormir assise sur son sac a dos, la tête posée sur ses genoux alors qu'il n'y a pas si longtemps elle avait du mal a trouver le sommeil ailleurs que dans sa chambre. A l'arrivée du train, la première image qui nous est venue a l'esprit, aussi déplacée soit-elle, est celle de ces wagons de déportes pendant la Deuxième guerre mondiale. Les fenêtres sont flanquées de barreaux ou plusieurs têtes se collent et les wagons bondées, de véritables bétaillères. Monter dans le train relève du défi, mais avec l'aide de deux autres touristes, un français et un brésilien, nous nous entassons dans le wagon 4. L'étape suivante consiste a atteindre nos couchettes en enjambant des familles entières assises ou allongées par terre au milieu de valises et sacs en tous genres, en bousculant a droite a gauche voir en forçant le passage, nos sac a dos ne nous permettant pas de jouer en finesse. Bien évidemment nos couchettes comme toutes les autres sont occupées. Nous présentons nos billets "pour faire valoir ce que de droit". Ces messieurs nous expliquent alors qu'il y a eu erreur sur la numérotation du train et que nous nous trouvons dans le wagon 5. Info ou intox, nous n'avons pas d'autres options que de les croire puisque, hormis le chauffeur, aucun contrôleur ou employé des chemins de fer ne s'aventurent dans cette jungle. Nous voici tous les quatre a nouveau sur le quai quand tout a coup le train se met à bouger sans préavis. Ni une ni deux nous sautons dans le wagon le plus proche, le numéro 6. Grrrrr… Serres de tous cotes et A multiplier par 10 !!dépasses par la situation, nous nous résignons a passer les prochaines 8 heures debout agglutines a nos sacs. Pour 10 places assises 30 personnes sont entassées la. Le brésilien est plus combatif et nous motive à retraverser les deux wagons. L'expédition prendra une demi heure, au prix de quelques attouchements à l' encontre de Sophie. Mais voici qu'au milieu de ce bordel, nous devinons nos numéros de couchettes. Yiipaaaa! Nous sommes quatre et au final nous arrivons à nous imposer. Nos deux compagnons, habitues des trains indiens, nous expliquent que c'est bien la première fois qu'ils voyagent dans de telles conditions. Pour notre première expérience ferroviaire ici, nous voila baptises! On ne fermera pas beaucoup l'oeil cette nuit la, dévisages par tous et adosses sur nos gros sacs a dos cadenasses. La nuit s'annonce looonnnnnngue.

Dimanche 27 Novembre: Le parc de Bandhavgarh L'absence de toute indication, visuelle dans les gares ou orales dans le train, ne nous ayant pas permis d'anticiper notre descente, c'est à 06h00 du matin dans la précipitation que nous saisissons notre barda pour quitter la bétaillère. Belle erreur de débutant de Christophe qui, pour éviter les mains baladeuses de la veille, garde un oeil sur Sophie et se fait ainsi distancer (quelques mètres) par le précédent pour sortir. Aussitôt une dizaine d'indiens s'engouffrent dans l'espace libre, nous voila bloqués et le train qui va repartir d'une minute à l'autre. Une seule solution, chercher l'intervalle et percer. Râfuts a droite a gauche, coups d'épaules et nous atteignons la sortie plus surpris nous même par notre bourrinage que les locaux accoutumés au fait. Faute de bus pour se rendre au parc de Bandhavgarh, nous louons un taxi. La route est asphaltée en partie, l'autre est en cours d'asphaltage ce qui signifie cahoteuse. Les ouvriers qui transportent des paniers de gravier sur leur tête sont des femmes et on se demande finalement quels types de travaux sont réserves aux hommes… Le trajet de quatre heures est pénible et il est impossible de dormir pour récupérer le manque de sommeil de la nuit dernière, ni même de lire au risque de faire une grosse gerboulade. Arrivés au parc, il nous reste a choisir un hôtel et c'est le moins cher qui a gagne. Le confort est proportionnel et on se contentera de l'eau ferreuse froide et des draps poussiéreux. Le personnel, par contre, est charmant et fera tout pour nous satisfaire: nous apporter des thés au lait au lieu du café commande ou une bougie de gâteau d'anniversaire pour nous éclairer lors des fréquentes coupures d'électricité! Nos voisins de chambrée est un surprenant couple anglo-écossais avec qui nous décidons d'oublier nos rancoeurs olympiques pour partager une jeep le lendemain.

Lundi 28 Novembre: Mon cher Khan, … Nous partons à l'aube afin de mettre toutes les chances de notre coté pour dénicher le fameux Shere Khan, le tigre du Livre de la jungle, ça vous dit quelque chose? Kipling, qui passa sa jeunesse en Inde, se serait inspiré de cette région pour créer le décor de son célèbre roman. Nous avons le décor, il ne nous reste plus qu'à retrouver les personnages. Christophe s'est mis bille en tête de voir un tigre, ça le titille depuis le parc de Chitwan au Népal. Une soixantaine de spécimens vivent dans ce parc, la plus grande concentration d'Inde. Dans la famille Walt Disney, nous piochons d'abord Bambi et nous réussissons à former toute la famille, ensuite des langurs ces sympathiques singes blancs à la longue queue et des macaques puis un chacal, un groupe de perroquets, des paons, des poules sauvages, des vautours, des sangliers et des sambars mais… pas de tigre. On garde bon espoir puisqu'on y retourne en fin d'après-midi après la sieste. On est venus, on l'a pas vu on est repartis la queue entre les jambes! Même si le parc est vraiment beau et la faune très dense, Christophe est tellement déçu qu'il somatise et nous refait une tourista, la quatrième. Pourtant on y a cru. A plusieurs reprises on s'est arrêté, l'oreille alerte au moindre bruit (cris d'alarme des animaux indiquant la présence d'un tigre en chasse) et l'oeil attentif scrutant les fourrés. Des empreintes nous ont aussi mis sur la voie (mais pas la bonne). Que se passe-t-il? Notre bonne étoile nous aurait-elle abandonnés? Nous décidons de forcer la chance le lendemain en faisant un tour d'éléphant, il y a 90% de chance d'en voir un.

Mardi 29 Novembre: Miaou On se lève a nouveau à 5h30 pour être les premiers sur la liste puis parcourons a nouveau le parc pleins d'espoir. Nous croisons des jeeps qui ont aperçu un tigre et nous toujours rien, la poisse! Ca fait partie du jeu (sinon autant aller au zoo) mais on persiste. Notre dernier espoir: l'éléphant. Les guides du parc sont très organisés: à dos de pachyderme ils repèrent un tigre puis avertissent les autres par talkie-walkie afin qu'ils apprêtent un éléphant pour les touristes. C'est un service qui se paie cher mais maintenant qu'on est là tant pis pour le supplément, on fonce. Bon d'accord c'est pas très glorieux mais on se retrouve à cinq mètres d'un fauve au repos, peu dérangé apparemment par les allers-retours incessants des éléphants. C'est à peine s'il lève la tête à notre arrivée mais nous verrons tout de même Grosminetson magnifique regard couleur ocre. Difficile d'imaginer que ce gros matou tranquille est surnommé le Mangeur d'hommes. Nous repartons émerveillés d'avoir approché de près ce magnifique animal en voie de disparition (ne l'oublions pas). En tous cas, ces quelques minutes justifiaient à elles seules le déplacement. Après-midi lecture à la cool dans un hôtel classe. Il nous a suffi de commander un jus d'orange et un coca sans bulle (tourista oblige) pour profiter seuls de l'agréable jardin (les touristes ne se bousculent pas). Nous étions absorbés par notre livre lorsqu'un singe d'un mètre (queue d'un mètre non comprise) nous a surpris en bondissant sur notre terrasse à deux mètres de nous. Apres avoir constaté notre présence, autant surpris que nous, il est reparti en sautant sur le toit. Décidemment l'Inde est un pays magique.

Mercredi 30 Novembre: De que color es tu pelo? Nous avons fait la rencontre de deux espagnols de Gérone, Fiona et Michael qui comme nous voulaient se rendre a Khajuraho. Nous partageons donc le taxi, ce qui nous donne l'occasion de pratiquer un peu notre espagnol pendant les sept heures de route. Ils sont très sympa et les sujets abordés seront divers et variés. Michael, catalan jusqu'au bout des ongles reste pourtant partisan d'une construction européenne (à condition que ceux qui décident de s'installer dans la patrie de Dali se mettent au catalan, y tiene razon). Quant a Fiona, elle collectionne les crânes d'animaux qu'elle trouve dans la nature (ou qu'on lui offre), ce qui ne l'empêche pas d'être contre la tauromachie). Christophe sera très fier de leur chantonner l'Estaca en catalan (" l'avi sise tem parlaba, de bon mati al portal …") Nous les quittons à leur hôtel, notre budget ne nous permettant pas de les suivre. Nous trouvons un hôtel simple mais propre avec eau chaude, après 3 jours de douche au baquet c'est du luxe pour 2 euros la nuit! Equipe franco-catalane

Jeudi 1er Decembre: Kama-sutra a Khajuraho Le site archéologique, constitué de temples datant du IX au XIIe siècle, est célèbre pour ses sculptures érotiques. Nous passons donc une bonne partie de la journée à rechercher avec la curiosité de l'adolescent pour le film porno du samedi soir les scènes coquines qui se dissimulent au milieu d'autres représentations de la vie de l'époque (guerre, rois, reines, divinités, etc…). Les scientifiques n'ont toujours pas élucidé les significations de telles représentations, mais la culture tantrique donnent quelques informations : les scènes d'amour incarnent l'oubli de soi-même et l'abolition du temps, ce qui représente le meilleur moyen de méditer! Mouais, à cette explication cosmique d'autres préféreront une autre plutôt orgasmique! Etant donné que c'est le spot le plus " excitant " euh…important de la ville, il n'est pas étonnant d'y rencontrer nos catalans Michael et Fiona. L'après-midi se passera au lit pour Christophe et Tourista, sa nouvelle copine tandis que Sophie flânera dans les boutiques de patchwork. Nous avons droit à la coupure d'électricité habituelle au moment du dîner et nous choisissons le seul resto éclairé, celui qui a un générateur (l'intensité de l'ampoule étant inversement proportionnelle au bruit du moteur!!!). Le problème c'est que dans la rue, il fait noir noir, raison pour laquelle Christophe n'a pu éviter la bouse bien fraîche qui se trouvait sur son chemin (si vous venez Cosmique ou orgasmique ?un jour en Inde, ne sortez jamais sans votre lampe de poche, ). En tout cas, c'est tout de même moins dangereux que les bouches d'égoût ouvertes à Ulan Bator. Aparté de Christophe : " Marre de jouer les Donald ! A quand le tour de Sophie ? "

Vendredi 2 Décembre: Un chien dans un jeu de quille Christophe s'est réveillé brutalement en pleine nuit à cause d'un cauchemar où une bestiole se promenait sur son bras sauf que ce n'était pas un rêve et qu'il y avait bel et bien une grosse souris sur son bras! La pauvre a fait un vol plané a travers la chambre. Nous terminons la visite du site par celui du vieux village ou se trouvent quelques temples jains. Cette fois pas question d'espérer y voir des sculptures érotiques, les Jains les ont fait "sauter" pour y mettre les leurs beaucoup plus puribondes! Le bus pour Jhansi part a 16h et arrive a 21h, on a oublié que c'est la période la plus dangereuse pour circuler, surtout lorsque la "highway" n'a qu'une voie, que les vélos n'ont pas de phare, et les buffles non plus! Pas glop de voir un véhicule de plusieurs tonnes nous fonçant droit dessus sur la même voie, bus et camion klaxonnant dans une sorte de ballet d'intimidation. C'est à celui qui craquera le premier et qui s'écartera sur le bas-côté pour laisser la route a l'autre...La hiérarchie est souvent respectée: le piéton s'écarte systématiquement puis le vélo, la voiture, la jeep, le bus et le camion au sommet de la pyramide. Seule exception, la vache, qui têtue comme une mule, campe parfois sur le bitume et oblige les chauffards à ralentir ou s'arrêter. Les chiens, par contre ne sont pas sacrés, bien au contraire, ils souffrent d'une mauvaise image (pour les hindous ils sont la réincarnation des voleurs) et s'ils ne s'écartent pas rapidement, se retrouvent a l'état de chapati. Nous arrivons à Jhansi, une ville sans touristes puisqu'il n'y a rien à y voir ou à y faire. Pas facile donc de trouver un hôtel. D'abord trop cher puis ensuite interdit aux étrangers, nous avons finalement choisi l'hôtel le plus bruyant du quartier, avec vue plongeante sur une salle des fêtes en plein air où a lieu un mariage (tant pis, on est crevés et de toute façon on a des boules Quies!). Devant l'insistance du père de la mariée, nous n'avons pu refuser son invitation et puis les murs de notre hôtel étant épais comme du papier à cigarette autant avoir l'image et le son. On se retrouve dans une soirée ou plusieurs centaines de personnes ont été conviées. Il est malgré tout impossible de passer inaperçus et nous sommes accueillis telles des stars. Comme Johnny au Parc des Princes nous sommes dépassés par les évènements et entourés d'une foule de curieux nous assommant de questions, nous serrant la main et nous prenant en photos. Christophe aura même le privilège de se faire invité à danser par des hommes qui n'hésitent pas à le tenir longuement par la main. On a beau savoir que c'est une démonstration d'amitié courante ici, ça fait bizarre! Même endimanchés, les indiens ont un look très rétro : jean moulant en haut, pat'd'eph en bas, veste en sky sur laquelle sont rabattus des cols dits " pelle à tarte " ou encore smoking au veston croisé et boutons dorés. Question coiffure, la mode est à la frange longue gominée sur le côté et la raie au milieu. Les mariés sont installés sur une sorte de trône ou les invités défilent pour leur donner la bénédiction et être photographiés en leur compagnie. A notre tour donc d'être sous les projecteurs Le plus beau jour de ma vie !pendant qu'on pose notre main sur la tête des "heureux" mariés (qui n'ont d'ailleurs pas du tout l'air de l'être, n'oublions pas qu'ici les mariages sont pour la plupart du temps arrangés). Nous sommes très gênés avec cette sensation de leur voler la vedette. Discrètement le père nous demande si l'on veut boire un whisky. Bourde de Sophie qui a oublié qu'en Inde on ne boit pas d'alcool en place publique, même dans un mariage. Trop tard pour faire marche arrière, il n'attendait que ça pour " s'en jeter un ". Le voici avec sa bouteille dans un sac près à monter dans notre chambre pour faire "ça" à l'abri des regards. Le tonnelier de l'hôtel n'est pas dupe et refuse catégoriquement que nous allions dans notre chambre en sa compagnie; il devient limite agressif et nous interdit tout bonnement de retourner à la fête comme des enfants qu'on punit. On s'en fout, nous on fait qu'est-ce qu'on veut et si on veut aller au mariage on y va, non mais!? Ce serait contre toutes les lois de l'hospitalité que de refuser une telle invitation. Donc, fi de ses menaces nous nous y rendons et profitons du buffet gargantuesque. La soirée touchant à sa fin, nous ne tarderons pas à aller nous coucher dans notre hôtel minable (ou nous serons réveillés à 4h par le générateur).

Samedi 3 Décembre: Orchha On décide d'aller directement à Orchha sans passer par les cases Datia et Sonagiri, c'est trop galère pour s'y rendre. C'est en recherchant une guest que nous sommes tombés une fois de plus sur les catalans installés dans celle d'en face. Orchha, surnommée "le joyau du Madhya Pradesh" est une petite bourgade médiévale au milieu de la campagne sur les bords de la rivière Betwa. De nombreux palais, temples et mausolées en pierre témoignent de la puissance de cette minuscule cité jadis capitale au XVIIe siècle. Nous grimpons au quatrième étage du Chaturbhuj temple d'ou l'on peut observer les nombreux vautours et perroquets verts qui ont élu domicile sur les hauteurs de tous les édifices. Cela nous offre aussi un très beau panorama sur le village, la rivière et tous les autres palais qui nous attendent demain. Orchha

Dimanche 4 Décembre: Leçon de français C'est en visitant les mausolées le long de la rivière que nous croisons une fois encore Fiona et Michael. Nous les suivons pour une ballade à travers champs qui nous mène au Laksmi Narayan temple. Après quoi un bon déjeuner où le temps de préparation fut fidèle à ses 60 minutes habituelles; désormais nous passons commande puis profitons de l'attente pour aller dans un Internet café ou faire de "l'administratif" style réservation (même en vacances on ne perd pas de temps). Cette fois nous leur disons adieu puisqu'ils retournent a Delhi. Adios amigos... L'après-midi nous visitons le Raja Mahal et le Jahangir Mahal, les deux palais les plus célèbres. Massifs et imposants nous imaginons quelle splendeur cela devait être lorsqu'ils étaient encore recouverts de faïence turquoise et émeraude. Sur la place du marché où de nombreux stands à touristes sont installés, un jeune nous demande quelques tuyaux en " franchis " pour être plus "compétitif". Nous lui faisons cadeau de La phrase, celle qui fera la différence, celle qui a déjà fait le tour de Birmanie: "c'est joli, c'est pas cher, c'est local", et là, le cours de franchis se transforme rapidement en cours collectif... A vendre

Lundi 5 Décembre: Une journée a l'Orchha Resort Comme hier matin, nous prenons le petit dej' sur la terrasse de notre guest. La ville s'éveille en même temps que les singes en face de nous sur le toit voisin. Les petits s'accrochent sous leur mère, tètent et jouent entre eux, les mâles essaient de faire la loi et les plus malins descendent sur notre terrasse pour boire dans la réserve d'eau de l'hôtel. Les tenanciers les chassent tout en s'en amusant mais des qu'ils ont le dos tourné, les singes en profitent pour refaire un petit tour dans la barrique, c'est un vrai spectacle comique ; Sophie pourrait rester des heures à les regarder. On réussit enfin à contacter l'indien que nous avions croisé a Katmandou. Il nous attend a l'Orchha resort, l'hôtel le plus luxueux du coin. Il est ici chez lui puisqu'il appartient à son meilleur ami et nous sommes ses invités. Bien que le complexe soit descendu en flèche par "Le Routard" compte tenu de son non-respect de l'environnement (il se trouve au pied des cénotaphes royaux), la piscine, le buffet et la chambre aux frais de la princesse ont eu raison de notre bonne conscience. Le soir nous dînons en compagnie de ses amis: un cinéaste de Bollywood appartenant a la caste des " guerriers ", et un brahmane journaliste a l'Indian Today. Nous apprendrons ce soir que le système des castes est en voie de disparition. Ils nous expliquent qu'aujourd'hui en Inde, on peut être au plus bas de l'échelle comme ces hors-classes appelés " intouchables " qui exercent des métiers " impurs " (abattage des animaux, travail en rapport avec la mort d'une manière générale) et faire fortune, ou appartenir à la plus haute des castes, celle des " brahmanes ", prêtres a l'origine vivant selon des règles strictes (interdiction de V.I.P.manger de la nourriture préparée par quelqu'un issu d'une autre classe et de boire de l'alcool) et crever de faim. De la même façon, il existe maintenant des mariages " mixtes " c'est-à-dire entre classes différentes. La réussite sociale semble en effet avoir pris le dessus sur les traditions (mais est-ce vraiment un mal ?) et l'argent a tout pouvoir même celui de se permettre de boire de l'alcool quand on est brahmane. D'ailleurs ça y va le whisky et la vodka. Cela nous arrange, on se tape à deux la bouteille de Saint-Estèphe que Marc nous a laissée. Ils ont "l'occidentale way of life", en Inde ils appartiennent à la " haute ". Il faut cependant relativiser car leur regard sur la société indienne semble en décalage par rapport aux réalités de l'Inde profonde. Les échanges que nous avons eus antérieurement nous ont montré le contraire. Même si l'accord des jeunes gens concernés est pris en compte, dans la majorité des cas les mariages sont toujours arrangés a l'intérieur d'une même caste. Nous terminons la soirée avec Rajdan à qui nous faisons une petite démonstration de salsa. Il nous parlera un peu de sa vie personnelle, de son divorce et de sa maîtresse rencontrée à Katmandou. Puis, contre toute attente, il sera fier de nous montrer un film porno sur son ordinateur portable! A ce propos, la sexualité est un sujet tabou en Inde (pourtant c'est bien eux le Kama-Sutra !). Les jeunes qui peuvent avoir accès a Internet découvrent le sexe par ce moyen et certains plus indiscrets que d'autres n'hésitent pas a nous questionner sur le sujet (dans ce domaine, les occidentaux représentent la liberté).

Mardi 6 Décembre: D'Orchha à Agra en passant par Gwalior Le petit dej' du palace est décevant, même pas un jus de fruit frais et le café est imbuvable. Moralité: quand on va dans une guest pour routards, on paie pas cher mais on sait pourquoi! Nous remercions Rajdan qui veut nous rejoindre à Goa pour le nouvel an. Un des chauffeurs de l'hôtel nous dépose à la gare de Jhansi. Nous passons tout le trajet à discuter avec des indiens très curieux de nous et de notre avis sur leur pays : " Que pensez-vous de l'Inde ? " vient souvent après " Where do you come from? ". Une heure et demi plus tard nous descendons a Gwalior pour quelques heures, le temps de visiter la citadelle, "une de ces citadelles de Titans comme on en construisait dans ces pays aux ages héroïques", écrivait Pierre Loti.

Sur la route qui nous mène sur les hauteurs de la ville, nous croisons les engins les plus étranges qu'il nous ait été donné de voir depuis le début de notre voyage, des véhicules noirs pétaradants à trois roues, croisement d'une voitures des années 30 avec un tuk-tuk! Ses façades ont conservé des vestiges de faïences, en email bleu, verte et or de ce qui dut être une éblouissante frise représentant canards, paons, éléphants, crocodiles, etc... Quelques mots sur les normes de sécurité en Inde: il n'y en a pas! Ce n'est pas la première fois que l'on constate cet état de fait en Inde, mais la sécurité n'est pas la priorité numéro un du pays: en longeant la muraille, nous remarquons que certains créneaux sont effondrés ce qui nous laisse au bord d'un précipice a 90 degrés sans aucune barrière de protection; un pied qui butte sur une dalle qui dépasse et hop le saut de l'ange...Pareille sur les routes ; les fils barbelés qui la bordent achèveront à coup sûr tous les motards ou cyclistes qui auront la malchance de se faire projeter sur le bas-côté ! Bon, c'est pas tout mais ce soir on a rencard. Nicolas qui vient de passer deux semaines en Inde avec sa guitare sur le dos rentre en France demain et nous nous sommes donnés rendez-vous ce soir à Agra. Nous l'apercevons venant en sens inverse en rickshaw. On a du mal à se croiser en France mais on arrive à se donner rendez-vous a Agra, c'est fort !

Mercredi 7 Décembre: "Cette larme sur la joue du temps" (Rabindranath Tagore, poète) Nico ne disposant que de deux semaines pour visiter le Rajasthan s'est offert le luxe de louer une voiture avec chauffeur, luxe dont nous profiterons ce matin. Direction le Fort Rouge. Cette très belle forteresse qui donne un avant-goût du Taj Mahal avec ses bâtiments en marbre, abritait un harem de 5000 femmes (un paradis sur Terre pour la gente masculine), mais servit aussi de prison a l'empereur Shah Jahan qui fut emprisonné par Aurangzeb, son propre fils. De sa cage dorée il put contempler à loisir le tombeau de sa femme tant aimée, le Taj Mahal ou il l'a rejointe. Nous quittons Nico à la sortie comme on se quitte après une soirée en regrettant que ce ne fut pas plus long. Rendez-vous a Mexico, on s'fait une bouffe? Cliché Pose Ca y est, nous y voilà, c'est le symbole de cet immense pays et il est là à portée de main: le Taj Mahal. Caché jusqu'au dernier moment derrière une immense porte qu'il nous faut franchir avant de le découvrir brusquement. Et c'est le but, créer un choc, l'apercevoir d'un bloc dans sa majesté au bout d'une allée bordée d'arbres et son double se reflétant dans les bassins à ses pieds. On peut dire que l'architecte a réussi son coup. Commande pour recevoir le corps de sa femme, ce magnifique tombeau de marbre blanc est aussi le symbole de l'amour. Pour qu'il soit à la hauteur de son amour perdu, il dut faire assassiner l'épouse de l'architecte afin que l'oeuvre de ce dernier soit aussi belle que sa douleur intense. La deuxième attraction de cet endroit fabuleux est la pose photo. Ca n'en finit pas de se bousculer la queue pour figurer au bon endroit devant le Taj et c'est assez drôle à observer (même si nous en avons fait partie).

Jeudi 8 Décembre: Fathepur Sikri Nous prenons le bus pour Fathepur Sikri, une bourgade située a 40 Km d'Agra. Christophe n'a toujours pas integré la façon qu'ont les indiens (comme les népalais) de dire "oui" par un hochement de tête sur le côté (qui pour nous s'apparente à un "oui-non"), et c'est très drôle de l'entendre poser trois fois la même question au chauffeur qui répond toujours de cette manière (ça pourrait durer longtemps...). L'empereur Akbar, connu pour sa politique de tolérance qui permit de faire cohabiter hindous et musulmans, est à l'origine de l'art Moghol en Inde. Nous visitons la citadelle où il installa sa cour. Ses magnifiques palais de grès rouge ont résisté à l'usure du temps; l'Unesco envisage de lui conférer le statut de Patrimoine Mondial. Un peu plus en contrebas se trouve le caravansérail puis nous poussons jusqu'au vieux village à quelques minutes de marche. Nous sommes accueillis par une colonie de gamins qui nous indiquent le chemin tout en nous réclamant roupies, chocolat et school pen. Au passage de Christophe, les femmes se voilent le visage, ce qui n'était encore jamais arrivé. Nous traversons une ville où des enfants crasseux jouent au milieu des ordures, et où les rues sont remplacées par des caniveaux ou pourrissent toutes sortes de détritus. Les enfants s'amusent de peu de choses : faire rouler un pneu avec une baguette, tirer sur les singes avec des lance-pierres ou ramasser de la bouse avec les mains pour en faire des galettes (qui serviront une fois séchées a alimenter le feu). Ici comme partout en Inde, les animaux vivent au plus près des hommes. Chiens, vaches, cochons, singes et humains cohabitent le plus naturellement du monde. Le hasard nous amène à une superbe devanture en dentelle de pierre ignorée des guides touristiques et pourtant la plus belle que nous ayons vue jusqu'à présent. Les gamins ne nous lâchent pas d'une semelle et ils nous accompagneront jusqu'à la sortie du village. Nous terminons la visite du site par la mosquée et sa Porte Sublime, " sublime " dans le coucher du soleil. A ses pieds, un camion citerne a attiré les habitants du voisinage venus se ravitailler en eau, ça gesticule à tout va. Pour certains, l'eau du robinet est un luxe inabordable et l'absence de puits rend le camion-citerne indispensable.

Vendredi 9 Décembre: La réserve d'oiseaux de Bharatpur Sur la route qui nous mène au parc de Keoladeo, de nombreux montreurs d'ours qui font lever leurs balibars attendent que les touristes s'arrêtent pour prendre quelques clichés et donner la pièce. Bien que cette tradition existe depuis longtemps dans le coin, les animaux subissent de mauvais traitements. Nous nous passerons de la photo à sensation espérant être de plus en plus nombreux à ne pas cautionner cette activité. La réserve d'oiseaux fut jadis le terrain de chasse du maharadjah. De grosses colonies d'oiseaux représentant des centaines d'espèces et en font aujourd'hui une des toutes premières réserves au monde, un paradis sauvage. Nous le parcourons à vélo avec les services d'un guide. Arbres et étangs sont couverts de milliers d'oiseaux peu craintifs et d'une variété immense: hérons, aigrettes, marabouts, ibis, martin-pêcheur, hibou, rapaces et échassiers en tous genres se partagent le ciel et les branches. Bien que les marabouts soient particulièrement bruyants, nous apprécions le calme et la nature reposante de ce parc. Ni jeep ni barrière ; nous sommes au coeur d'un lieu enchanteur. Contre toute attente, il est aussi réputé pour ses pythons. Nous nous aventurons donc à pieds à la recherche de ces reptiles en suivant de près notre guide. Il a repéré des traces et, connaissant bien le parc, nous mène directement à leur nid. La bestiole se repose au soleil, elle est énorme et ne semble pas dérangée par notre présence, on pourrait la toucher sans difficulté (faut juste oser le faire!). C'est ce qu'a fait notre guide lorsqu'elle s'est mise à onduler sur le sable pour rentrer dans son trou. Il lui a choppé la queue avant qu'elle ne s'engouffre a l'intérieur. Impressionnant. Sur ce, il nous à amèné à un autre repère ou cette fois, quatre spécimens tout aussi gros paressaient tranquillement. Même pas peur! Christophe était comme un fou, il en voulait encore et s'est mis en tête de les dénicher tout seul. Il est revenu bredouille. Kssss...

Samedi 10 Décembre: Delhi Levés aux aurores pour se rendre a Delhi, d'abord le bus jusqu'a Agra puis le train. Nous n'avons pas réservé de place et prenons le premier train qui se présente dans le wagon réservé aux placements libres. Ils ont du vendre plus de billets qu'il n'y a de place, c'est encore pire que la première fois, impossible de circuler au milieu des bagages et des voyageurs. On ne va pas pouvoir passer cinq heures dans ces conditions, on monte dans le premier wagon voisin et tant pis pour l'amende! On était confortablement installés dans une couchette première classe à l'abri des regards cachés derrière un rideau lorsque le contrôleur est arrivé. On se met d'accord sur le prix d'un bakchich inférieur au montant du billet. " Honnête ", il est revenu nous rendre de l'argent jugeant qu'il nous avait trop ponctionnés. Des dizaines de tuk-tuk et de rabatteurs d'hôtels n'attendent que nous à la sortie de la gare. Ils annoncent des prix exorbitants pour nous déposer à l'Anoop guesthouse. Nous sommes déjà avertis de leurs pratiques et précisons bien que s'ils cherchent à nous déposer ailleurs (ou ils touchent un bakchich), nous ne paierons pas. Ok, ok, no problem répondit-il sauf qu'en route le prix de la course se met à grimper. Grosse colère de Christophe qui le stoppe net au milieu de la route. Résultat, on ira a pied a l'hôtel! (C'est bon pour les fessiers.) Nous sommes dans Main bazaar, le quartier touristique de Delhi, tout ce qu'il nous faut pour préparer la suite de notre voyage: trouver les vols pour Goa et les Maldives, réserver les billets de train pour aller aux sources du Gange et s'occuper de la visite du Rajasthan. Difficile de dénicher un billet pour se rendre a Goa pour le nouvel an, on abandonne l'idée, on le passera a Bombay. Quand au Rajasthan, étant donné qu'Olivier n'est là que pour 15 jours, on gagnera du temps à louer une voiture avec chauffeur, nous prendrons Praveem, celui qui a trimbalé Nico.

Dimanche 11 Décembre: Olivier est arrivé hé hé, sans s'presser hé hé. La petite ballade au Central market où nous achetons quelques petites bricoles bon marché sera notre seule sortie de Main bazar de la journée. Il nous reste encore des démarches à faire et, à vrai dire, on est un peu fatigués des visites; on se réserve pour le Rajasthan ou le rythme sera soutenu. C'est ce soir qu'Olivier doit arriver; voyageant en Gp, rien n'est moins sûr surtout qu'il semble y avoir quelques problèmes à l'embarquement. C'est plutôt embêtant car on a reservé les billets pour demain. Il arrivera finalement avec trois heures de retard, ouf! Noël avant l'heure

Lundi 12 Décembre: Le ton est donné Pendant que Christophe finalise les réservations de billets, Sophie fait découvrir le quartier de Pahar Ganj à Olivier, c'est-à-dire les magasins. Contrairement à la veille où son arrivée tardive lui avait montré des rues sombres et désertes mis a part quelques vaches endormies, l'animation de la rue et les couleurs du jour lui éclatent à la figure. 15h25, nous sautons dans le train pour Haridwar. On trouve de tout sur les quais de gare : gargotes vendant des plats dans des feuilles (ça c'est écolo), vendeurs ambulants de thé et même vendeurs de jouets. Cinq heures plus tard nous arrivons de nuit et compte tenu de la galère à trouver un bus se rendant a Rishikesh, nous négocions un auto rickshaw pour couvrir les 25 km. Nous sommes plus au nord et il caille, le trajet nous paraît très long emmitouflés dans nos polaires (Olivier regrette déjà d´être venu en vêtements légers sur les recommandations de Christophe). La musique " zen " diffusée a l'entrée de la guest, les affiches proposant cours de yoga ou de méditation et les massages ayurvédiques à tous les coins de rue donnent le ton de la ville, capitale mondiale des sciences méditatives rendue célèbre par les Beatles venus y pratiquer la méditation transcendantale. Strawberry fields forever…

Mardi 13 Décembre: " Öm " Pas le temps de se lancer dans un stage de méditation transcendantale, nous préférons découvrir la campagne environnante en grimpant la colline voisine surplombée du Kandavpuhri temple. Nous sommes invites à prendre le thé dans une ferme où le patriarche de la famille passe une bonne partie de son temps assis sur la terrasse aux côtés de sa carabine. Intrigués de le voir ainsi, nous apprenons que son arme est purement défensive, les animaux sauvages rôderaient dans les parages. Papi, que nous avons surnommé " le chasseur de lion " en aurait déjà aperçus plusieurs rôdant près des cultures, mais les derniers spécimens vivant dans le Gujarat, cela remonte sans doute à Mathusalem. Avant d'arriver au sommet, nous traversons un village. Les enfants qui jouent dans la cour de l'école ont des jeux plutôt déconcertants : ils se tiennent la main par deux en faisant la courte échelle à un troisième qui a sa jambe au-dessus, ce dernier se retrouve a cloche pieds et s'agrippe aux autres puis ils tournent autour d'un pieu. Le but du jeu : aucune idée mais nous profitons de leur curiosité a notre égard pour les imiter et provoquer un fou rire général. Qu´est-ce que c´est bon une pleine volée de rires d´enfants … La classe se passe a l'extérieur sur des nattes sauf l'enseignante qui est assise sur une chaise face à une douzaine d´élèves. Öm Kandhavpuhri dont le suffixe est a l´image du temple n´a qu´un un intérêt limité si ce n'est la vue qu'il offre sur les sommets himalayens qu'Olivier attendait avec impatience. De toute façon l´intérêt d'une ballade ne réside pas dans la destination en soi mais dans le chemin pour y parvenir. " Tout dépend du degré de la pente " rajoute Sophie en sueur… Nous rentrons en bus. Les lacets sont serrés, le précipice abrupt et la route étroite. Ajoutez à cela une conduite sportive et vous aurez une Sophie terrorisée prête a laisser sa signature sur les flancs du car déjà flanqué de moult dégoulinures séchées. Elle n'avait pas besoin de ça, une tourista la travaille depuis ce matin. Nous terminons sur les ghats de Triveni pour le coucher du soleil. Comme à Varanasi, les fidèles déposent leurs offrandes de fleurs et de lumières sur l'eau emportées par le courant. Nous ne sommes pas loin des sources du Gange et il est difficile d'imaginer que cette eau presque claire va devenir quelques 800 Km plus loin cette culture de microbes. Nous assistons ensuite à la Puja, la cérémonie qui se tient tous les jours au crépuscule sur les bords du fleuve. De retour a la guest, on découvre les autres clients de l'endroit : marchant pour la plupart sur les traces des Beatles, ils ne sont pas habillés de blousons chauds comme nous mais à la mode indienne, c'est-à-dire enroulés dans une couverture. Certains poussent l'originalité jusqu'a se raser la tête ou juste la moitié de la tête ! Bref un mélange du " Nom de la rose " pour les vêtements et de " Tigre et dragon " pour la coupe. Peut-être faut-il passer par là pour ouvrir ses chakras et se concentrer sur ses capacités spirituelles intrinsèques. Sauf qu´à part certains touristes, nous n´avons vu aucun indien accoutré de cette façon. Pour rester dans le domaine de la mode, nous faisons nos excuses à tous les allemands venus passer leurs vacances sur la côte et victimes de nos moqueries sur leur look dit de " l'allemand en short-chaussettes-sandalettes ". Ils étaient pourtant précurseurs dans leur domaine mais nous français ne réaliseront ça que plus tard. Il faut voyager pour que ça vous saute a l'oeil ! Une vilaine ampoule causée la veille oblige Oliv à porter ses tongues, avec une bonne paire de chaussette pour le froid. Quant à Christophe, tel un vieux couple se laissant aller, le voyage l'éloigne de plus en plus des efforts vestimentaires, à moins que ce ne soit le côté pratique, toujours est-il qu'il a rejoint la tendance en Mongolie et au Népal notamment. Rendons donc ses lettres de noblesse à cette mode germanique injustement décriée.

Mercredi 14 Décembre: La cour des miracles Au lever, les mêmes qu'hier, cette fois vêtus d'une sorte de kimono, sont agenouillés et font des exercices pratiques face au soleil levant, à moins que ce ne soit des prières. Sophie qui nous a fait une poussée de fièvre pendant la nuit reste au lit pendant que les deux frangins visitent un ashram, la spécialité du coin. Ces établissements sont des lieux permettant de goûter à la vie ascétique. Il faut s'y déchausser avant d'entrer. A l'intérieur, une succession de temples et les effigies des innombrables avatars de Brahma, Vishnou et Shiva, la Trinité (ou triade cosmique) sans oublier Ganesh, le très populaire fils de Shiva et Parvati a tête d'éléphant. Pour la petite histoire, croyant surprendre sa femme avec un amant à son retour d'une longue absence, Shiva lui trancha la tête puis, s'apercevant de son erreur, la lui remplaça par celle du premier animal croisé. Sur les murs sont inscrites des prières mystiques dont la fameuse formule ésotérique " Om mani padme hum " que l'on entendait en boucle au Népal chez tous les disquaires. Nous filons ensuite à Haridwar ou nous devons reprendre le train le lendemain à 6h25. Direction le temple qui marque le début du pèlerinage des hindous. Dans un sens c'est aussi celui d'Olivier qui découvre ses premiers vautours, écureuils et langurs, ces grands singes blancs à tête noire qui n'hésitent pas à lui tirer le pantalon pour réclamer quelque nourriture. A force, on n'y prête même plus attention; comme les vaches, ils font partis du décor quotidien ici en Inde (on adore). Au-delà du succès de la méditation transcendantale, Rishikesh et Haridwar sont des villes connues pour être le départ des pèlerinages vers les sources du Gange. Des milliers de pèlerins affluent chaque année. Le Gange tient une place extrêmement importante dans la religion hindoue et ceci indépendamment du dieu que l'on prie, c'est en effet plus qu'un fleuve, c'est la déesse Ganga descendue du ciel pour sauver l'humanité... Pour saisir l´importance Reporter sans frontières qu´occupe ce fleuve dans la vie des hindous, il faut rester des heures au bord du fleuve dans des villes comnme Varanasi, Haridwar ou Rishikech. C'est d'ailleurs ici que se tient la Kumb Mela, plus important festival religieux rassemblant plusieurs centaines de milliers de personnes une fois tous les 12 ans. Nous mettons donc le cap sur les ghâts qui ressemblent davantage à Varanasi que ceux de la veille. On se retrouve en pleine cour des miracles: aveugles, éclopés, manchot, unijambistes, homme-tronc, miséreux souffrant de difformité et lépreux qui nous tendent leur moignons sont rassemblés a l'entrée des ghâts et font l'aumône auprès des fidèles notamment dans les lieux saints. C'est parfois difficile de soutenir le regard devant cette misère et, même si on n'y peut rien, on ne peut pas s'empêcher de culpabiliser. En donnant quelques roupies, les hindous améliorent leur karma qui déterminera ainsi leur enveloppe future dans leur prochain cycle de réincarnation. Pour nous occidentaux, le don est une démarche personnelle plus que spirituelle. Chacun agit selon sa conscience, ses principes et son état d'esprit de l'instant. La mendicité comme l'infirmité en Inde n'ont pas du tout cette image négative qu'on trouve en Europe. La misère tient place publique et n'est pas cachée sous les ponts. Elle est même parfois un choix comme ces sâdhus qui décident de vivre de l'aumône pour consacrer leur temps à la méditation. Pour ces derniers, elle n'est pas subie mais voulue, en ce sens que couplée à une vie de renoncement, elle leur permet d'être délivré du cycle infernal des renaissances. Ce n'est pas le cas de ces enfants qui ne vont pas à l'école et ramènent plus d'argent que leurs parents en prenant une mine abattue auprès des touristes. Nous en avons même vu un qui s'est arrêté de boîter après nous avoir croises. L'hôtel ou nous passons la nuit ce soir est le moins cher que nous ayons dégoté en Inde (1, 5 euros) et on sait pourquoi: y'a pas d'eau chaude dans la salle de bain crasseuse, les draps sont tellement degueux qu'on dormira dans nos duvets et cerise sur le gâteau, les murs sont peints en vert du moins là ou le plâtre n'est pas tombé (et ça c'est pas feng shui !). C'est super glauque. Dis, qu'en est-ce qu'on rentre à la maison? Des singes et des hommes

Jeudi 15 Décembre: Héros malgré nous Nous arrivons a la gare alors qu'il fait encore nuit. En attendant leur train, les indiens dorment à même le sol enroulés dans des couvertures telles des momies, même une vache fuyant le froid s'est trouvé un abri dans le hall! Il y a un centimètre de jeu entre les vitres et l'air s'engouffre dans le wagon. Olivier n'est pas au mieux et les courants d'air achèvent le travail commencé la veille en tuk-tuk: la fièvre monte. On commence à avoir une image de héros aux yeux d'Olivier qui en trois jours en Inde s'est choppé une ampoule de fort beau gabarit, une tourista de bienvenue et cerise sur le gâteau: un rhume couplé à de la fièvre! Lui qui pensait trouvé chaleur et cocotier pour Noël, c'est raté. Sophie n'étant pas en forme non plus, on laisse tomber la visite du temple sikh de Delhi. Cela nous aurait pourtant permis d'en savoir plus sur ces hommes à la barbe bien taillée et portant ce turban très particulier qui cache leur longs cheveux. Jadis réputes pour être de vaillants guerriers, ils sont devenus des business mans hors pair. Le sikhisme, un mélange d'islam et d'hindouisme, fut fondé en réaction a l'inégalité des classes et du pouvoir abusif des brahmanes. Ils croient en un dieu unique mais aussi en la réincarnation, et s'imposent des règles de conduite strictes (pas d'alcool ni de tabac). Les deux malades trouveront néanmoins la force de se rendre au tibetan market...(no comment). Nous prenons la route pour Jaipur avec Praveem, notre chauffeur de 27 ans. Célibataire, il vit toujours chez ses parents et à la vue de la maison, les affaires ont l'air de bien marcher. Son père est commissaire, ça peut toujours servir : Nicolas qui s'était fait volé sa carte bleue a pu ainsi expédier la déclaration en une demi-heure. Nous arrivons à une heure du matin sans réservation d'hôtel. Comme c'est la pleine saison nous tournons 1h de plus avant de trouver une chambre de fortune dans la quelle nous rajouterons un matelas.

Vendredi 16 Décembre: "Qu'il est loin mon pays, qu'il est loin..." L'orange est à Jaipur ce que le rose est à Toulouse. Pourtant, comme sa consœur française, elle est elle aussi surnommée "la ville rose". Ses bâtiments sont faits de grès rose ou peints dans les mêmes tons. Apres le train et le tuk-tuk, Olivier teste le rickshaw pour se rendre au City Palace, nos drivers respectifs se tapant la bourre au milieu des voitures, des vaches et des ânes. Avant d'entamer la visite, nous passons devant le palais des vents dont la haute et belle façade pyramidale fut édifiée pour les femmes du harem qui pouvaient ainsi observer la rue sans être vue. Le City Palace, toujours habité par le maharadjah de Jaipur est un peu décevant. Ce qu'on retiendra sera une magnifique collection d'armes et de vêtements d'apparat brodés et parfois sertis de pierres précieuses ayant appartenu aux prédécesseurs, et les plus grosses pièces du monde en argent: deux immenses jarres de 345 kg qui servaient a transporter l'eau du Gange pour les ablutions du maharadjah. Enfin les voila, depuis le temps qu'on les attendait ces images d'Epinal indiennes...Le turban sur la tête et la flûte au bec, ils sont assis en tailleur devant deux paniers d'ou sortent trois cobras. Ksssssss.... Après un plantureux repas dans une gargote cent pour cent indienne (malai kofta, matar paneer et eggs biryani Mmmm…), nous nous lançons a l'assaut de l'Amber Palace. Ici encore des langurs espèrent recevoir de la nourriture des passants. Il suffit d'avoir un sachet à la main pour qu'ils arrivent par derrière et vous l'arrachent des mains causant au passage un cri de la victime suivi d'un éclat de rire des spectateurs. Ce n'est pas la première fois qu'on constate que ce sont de véritables voleurs; hier, ils s'y sont mis à plusieurs pour chaparder des chapatis et de la préparation directement dans les gamelles d'une gargote avant de les déguster sur les fils électriques. Les commerçants les chassent mais semblent finalement s'en amuser. En tous cas, nous ça nous fait bien marrer. Ce palace ressemblera aux autres avec les chambres des concubines jamais très loin de celle du maharadjah, des fontaines et un astucieux système de circulation d'air, ancêtre de l'air conditionné en moins polluant. De retour en ville nous passons devant le Lake palace, splendide construction plantée au milieu du lac, décor des plus romantique au coucher de soleil. Il nous reste le temps d'aller flâner dans les magasins de Johar bazar, épuisant. C'est un incroyable raccolage: "How are you? Which country? Have a look? please, madam', excuse me? etc..." INSUPPORTABLE! Aux voleurs Le repas de ce soir est à marquer d'une pierre blanche: devant les estomacs fragiles d'Olivier et Sophie, Christophe consent à faire une entorse à ses principes et à manger au Mac Do. Le décor est le même mais les sandwichs diffèrent quelque peu: pas de burger de vache sacrée bien évidemment mais des Mac Maharadjah épices a souhait (obligés de prendre une glace pour éteindre le feu). Ce soir c'est cinéma, et pas n'importe lequel, le célèbre Raj Mandir autrefois la plus belle salle d'Inde. Devant l'entrée, il y a deux files: une pour les femmes et unes pour les hommes. Et oui ici comme dans les gares, pour éviter de se coller entre garçons et filles, on fait file a part! Une fois le splendide rideau levé, au lieu de voir débarquer Jean Mineur sur son ticket (mediavision 01.47.20 zero-zero-zero-un), nous assistons à une séance de pubs qui nous paraissent bien éloignées de la réalité des indiens, en tous cas de ce que nous avons pu voir jusqu'alors. Puis le film commence, il s'agit de "Neat and Nikkie"(ça sonne pas très hindi ça non plus). Résumé: Neat beau gosse et bien né souhaite voir du pays avant de se marier avec la promise de ses parents. Le voila parti pour Vancouver où une jeune indienne fraîchement plaquée par un frenchy (quelle réputation !) lui fera tomber a l'eau tous ses plans drague. Gags et coïncidences s'enchaînent entre deux scènes chantées et dansées style comédie musicale jusqu'au dénouement final où l'amour surgit entre nos deux protagonistes. Pas besoin de sous-titrage pour suivre l'intrigue, hormis sa simplicité, le langage est un mélange d'hindi et d'anglais. Le sujet est surtout prétexte à un beau défilé de nymphettes en tenue sexy La premiere séance (chose paradoxale au regard du comportement pudibond à l'entrée du ciné!), les cinéphiles auraient pu y reconnaître la patte de Russ Meyer, ce réalisateur génialissime des années 70. Une fois de plus on est bien loin de la réalité et il suffit de sortir du ciné pour s'en apercevoir. Question décor: ni villas, ni belles voitures, ni top model; cote scénario: Praveem notre chauffeur refuse les filles qu'on lui destine et a bien du mal à épouser la femme qu'il aime compte tenu de son métier qualifié de trop dangereux.

Samedi 17 Décembre: Pushkar Visite de la forteresse de Jaigarth qui n'a rien de particulier par rapport aux autres (créneaux et murailles comme d'hab) si ce n'est qu'elle renferme le plus gros canon du monde (50 tonnes) qui nécessitait quatre éléphants pour le déplacer. Tout comme la forteresse, il n'a jamais servi (sauf pour son tir d'essai), le maharadjah étant pote avec le big boss Akbar. On prend la voiture pour Pushkar. Nous aurons le temps de grimper la colline qui mène au temple Savitri pour voir le soleil se coucher et finir l'Ossau Iraty rapporté par Olivier. De là-haut nous avons une vue plongeante sur la ville et les plaines arides environnantes. Le désert du Taar vient ici lécher le bourg qui s'organise autour du lac sacré dans lequel descendent les ghats. Pushkar est une petite ville paisible malgré son caractère saint (la foire aux chameaux qui s'y tenait il y a quelques semaines ne nous aurait pas permis un tel calme). C'est la seule place dédiée à Brahma, le dieu des dieux; il y aurait écrit les Védas, des textes sacrés. Comme Katmandou, ce fut autrefois un repère de hippies, les looks de certains d'jeun's et le hachisch proposé dans la rue en témoignent encore. Nous logeons à la Rajgun guesthouse très basique mais bien tenue par le maître de maison un peu maniaque sur les bords. Sophie a gagné au Yahtzee (elle a absolument voulu l'écrire, désolé !).

Dimanche 18 Décembre: La journée de la vache Sophie et Olivier sont toujours malades avec de grosses douleurs au ventre. " Les mouches ont changé d'âne " glisse Christophe. Raison de plus pour que ce soit une journée "à la cool"; le billet retour d'Olivier nous oblige en effet à planifier et malheureusement à être un peu speed. Donc, aujourd'hui c'est ballade dans la ville qui de toute façon n'offre rien de particulier a visiter et c'est tant mieux! Les maisons bordant les ruelles sont colorées comme les saris des indiennes vêtues de rouges flamboyants, de jaunes francs et de verts éclatants qui sont les couleurs du Rajasthan. Nous terminons la journée sur les ghâts ou il faut se déchausser et de ce fait ... marcher sur les merdes de pigeons qui investissent les lieux! Sophie à la cote avec deux sikhs plutôt entreprenants. Un habitant voyant ça du coin de l'œil nous mettra en garde, outre par leur comportement irrespectueux à notre égard dans ce lieu saint. Les vaches auront bien animé notre journée. Une première a pété les plombs et a chargé en beuglant dans la rue obligeant les passants a s'écarter sur son passage, c'était comique. Ensuite nous avons croisé deux spécimens dignes de figurer au musée des horreurs qui avaient une cinquième patte...sur le dos! Enfin, pendant que nous lisions assis sur les ghâts, une noiraude s'est pointée par derrière et a bouffé quelques pages du carnet où Christophe écrit ses notes avant qu'Olivier ne lui arrache de la bouche. La garce, comment on va faire maintenant pour écrire le journal?....T'as de la chance de jouir de ton impunité de vache sacrée, sinon tu finissais en steak! Une fois de plus Praveem nous propose de l'accompagner à boire du whisky. Il se met ça tous les soirs, heureusement ça ne se ressent pas sur sa conduite. A ce propos, ici comme au Népal, on achète son permis de conduire. Nous dînons sur une très belle terrasse au coin du feu où Olivier nous mettra la pâtée au "baccalauréat" (on fait c'qu'on peut pour s'occuper, y'a pas d'télé).

Lundi 19 Decembre: Ahhh...Jmer Avant d'entamer les 11 heures de voiture qui nous séparent de Jaisalmer, nous faisons une petite halte à Ajmer, voisine de Pushkar. Et quelle halte, on s'en serait voulu de rater ça. Cette ville, abrite le mausolée de Khwaja Moinuddin Chisti qui lui confère le statut de lieu de pèlerinage islamique, ainsi que la mosquée Adhai-din-ka-Jhonpra. Les musulmans achèvent de nous convaincrent de leur talent d'architecte (le Taj Mahal, l'Alhambra etc…); divinement sculptés dans la pierre, caractères et motifs arabes ciselés dans une pierre ocre, les restes de cette mosquée valaient a eux seuls le détour. Pour entrer dans Dargah, sorte de ville dans la ville où se trouve le mausolée, il faut se déchausser et se couvrir la tête. Nous déambulons sur le marbre glacé avec nos coiffes achetées pour 15 roupies au milieu des odeurs de pieds. Tout un microcosme vit ici: marchands de fleurs et d'articles religieux, pèlerins, mendiants et...un français de 49 ans converti a l'islam. Il eut la révélation lors de son premier voyage en Inde il y a 30 ans et connaît bien l'endroit puisqu'il y vit maintenant depuis un an. Il nous fait la visite du lieu et nous présente a "Haji Syed Noor Alam Chishty", haut représentant religieux qui nous invite à boire le thé. C'est en tout cas un chaud-lapin le type. Souphie par-ci, Souphie par-là; un peu plus et il lui proposait de rejoindre son harem! On reprend la route. Plus nous avançons vers Jaisalmer, plus les vaches semblent laisser la place aux chameaux occupés à tirer une charrette ou a paître sur le bord de la route. Apres Jodhpur, le désert s'impose de plus en plus, le sable vient lécher le bord de la route. La nuit tombe et comme d´habitude sur ces longues routes désertes, nous croisons des cadavres d'animaux sauvages attirés par les phares des véhicules. Viens plus près Souphie… Le trajet fut nourri aux classiques des BO de Bollywood. Les musiques de film représentent ici l'essentiel de la variété musicale. Et ce n'est pas mal du tout, varié, savant mélange de sonorités modernes et traditionnelles. Et puis, pour éviter que Praveem ne s'endorme au volant, nous avons ponctué le trajet d'une belle engueulade. Il a été très surpris et gêné de cet intermède, en Inde le rôle de la femme n'est pas des plus enviable et surtout, il est inimaginable qu'elle puisse tenir tête à son mari. Avec Sophie, il a été servi et a pu se rendre compte que les rapports hommes/femmes sont très différents ailleurs.

Mardi 20 Décembre: The "Golden city" Nous sommes arrivés de nuit et c'est seulement à la lumière du jour que nous découvrons Jaisalmer surnommée à juste titre " la ville jaune ". Alors que nous déambulons dans la rue du marché flanquée de boutiques d'artisanat, nous sommes éblouis par la beauté de la vieille ville. Les façades ocres éclatantes au soleil nous dévoilent des balcons, des portes et des fenêtres ciselées d'une extraordinaire finesse; ce sont les havelies, les demeures de riches bourgeois cherchant à rivaliser en taille et en exubérance. Les ruelles sont toujours odorantes, jonchées de poubelles, de bouses et de vaches placides, sauf que l'une d'elles mal lunée a voulu charger Christophe.

La banlieue de Jaisalmer Haveli (détail) En levant les yeux, la citadelle nous apparaît majestueuse perchée sur son promontoire. C'est un des derniers forts encore habité, on y retrouve la vie foisonnante enserrée a l'intérieur des remparts qui caractérisait celle du Moyen-âge. Nous filons aux temples Jaïns, et là encore, on reste bouche bée. Cette fois les sculptures s'étendent du sol au plafond : frises, coupoles, bas-relief représentants des danseuses, des dieux et déesses aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur n'en finissent de nous émerveiller. Le Jaïnisme, cette religion que nous avons découverte en Inde est très intéressante et ses représentants inspirent le plus grand respect aux habitants de ce pays. Suivant le principe de non-violence et du respect de tous les êtres vivants, les jains refusent les armes, sont strictement végétariens et balaient avec frénésie leur lieu de cultes pour éviter qu'on ne marche malencontreusement sur une fourmi. Les plus " extrémistes " portentun masque sur la bouche pour ne pas avaler d'insectes et ne mangent pas de tubercules (oignons, patates …) pour les mêmes raisons. Ils préfèrent aussi marcher plutôt que prendre un véhicule dont le pare-brise est couvert de cadavres d'insectes. Après la visite du palace dont la richesse réside finalement sur ses façades extérieures, nous nous rendons dans le Nord de la ville afin de voir le coucher de soleil sans Olivier qui, fiévreux, préfère aller se coucher. Comme dans la plupart des villes, c'est à sa lisière que sont regroupées les demeures des tranches les plus pauvres vivant pour certains de la fabrication de marionnettes en bois. Nous passons au milieu de petites maisons de terre parfois décorées de peinture au toit de tôle pour atteindre le haut de la colline panoramique. Les enfants nous " donnent " de nouveaux surnoms : " Roupie " et " school pen ". Deux mamans entourées de leurs bambins nous invitent à boire le chai, le fameux thé sucré infuse dans du lait. Elles sont mortes de rires de se voir en vidéo, ça fait plaisir. Pour le coucher de soleil nous nous rendons aux cénotaphes royaux, qui nous offrent une superbe vue sur la citadelle imposante sur son rocher. Nous étions tombés sous le charme de Varanasi, notre deuxième coup de foudre sera pour Jaisalmer, ce bijou planté au milieu du désert que les femmes colorent de leurs saris chatoyants, leurs bijoux faisant rayonner leur peau ambrée au soleil. Aprés une sieste de deux heures et une bonne suée, Olivier a récupéré et profitera du dîner dans un bon restaurant, le " Saffron " installé sur la terrasse d'un haveli dont le poulet tandoori est un vrai régal. Ce sera pour lui l'occasion de nous faire quelques remarques tout à fait à propos. Depuis son arrivée on a été un peu speed et le rythme plutôt soutenu. A notre corps défendant, nous voulions lui montrer un max de choses en un minimum de temps et les longues distances ne nous ont pas laissé trop de temps pour se poser. Nous avons pris également quelques mauvais travers. A côtoyer des furieux du cliches et Ulrik, cette jeune réalisatrice allemande, nous sommes devenus accro à la photo et à la vidéo. Dorénavant on essaiera de mettre nos objectifs de côté. Il est aussi étonné du peu de contacts que nous avons avec les indiens en dehors de la sphère touristique. Il a raison, mais à trois c'est beaucoup plus difficile, surtout en sautant d'un site à l'autre dans une voiture de location. Au fur et à mesure que les mois défilent, nous avons été amenés à nous poser pas mal de questions sur notre manière de voyager : la décision est prise d'aborder l'Amérique du sud différemment...en prenant notre temps.

Mercredi 21 Décembre: Le chien aboie… Rendez-vous 7h30 pour la virée dans le désert du Thar. Olivier a encore 38, 4 de température mais vaillant comme un Rajput, il nous suivra dans cette trépidante aventure chamelière… Nous montons dans la jeep avec un couple d'anglais et un belge flamand pour qui le français est une langue totalement étrangère même en vivant à 30 kms de Bruxelles. On fait des pâtés ? Nuit a la " pèle " étoile Nos dromadaires sont chargés de jerricanes d'eau, de nourriture et de couvertures car ce soir nous dormons à la belle étoile et le désert n'est pas réputé pour ses nuits chaudes. Nous sommes gênés de voir les chameliers et cuistots marcher à côté de nos montures, cela fait un peu touristes-rois que l'on promène. On fait une halte à l'ombre d'un arbre pour le déjeuner. Les cuistots nous ont préparé un thali un peu épicé mais très bon. La deuxième partie du voyage met à mal nos adducteurs; il faut changer de position régulièrement en croisant les jambes devant la selle et c'est pas évident à tenir. En tout cas, on est tous d'accord pour dire qu´il y a un peu de laisser aller au niveau de l´hygiène bucco-dentaire de nos montures. Les fosses sceptiques de Calcutta par une journée de grosse chaleur dégagent une odeur de brise marine en comparaison de ce qui peut sortir de la bouche d'un chameau. Sophie en fera une expérience toute personnelle en recevant un délicieux filet de bave au visage… Le désert du Thar n'est pas si monotone, des terres arides alternent avec des bandes de sables et des arbustes éparses jusqu'aux dunes ou nous bivouaquerons cette nuit. Un malin est là à nous attendre avec bières et boissons fraîches ! Apres le coucher de soleil, le froid ne tarde pas à se faire sentir. Olivier qui s'était senti mieux dans la journée repasse dans la zone rouge. Il faut d'ailleurs souligner un bel effort vestimentaire de sa part : chaussures bateaux, chaussettes remontant sur les bas de pantalon, Tshirt moulant de plongée Beuchat et veste tenue sur la tête par un bob surmonte d'une lampe frontale. On n'avait pas vu autant d'originalité chez un jeune couturier depuis bien longtemps… Nous assistons à la préparation du thali et des chapatis avant de prendre notre repas autour d'un feu. Nous dormons sur de fins matelas tout habillés dans nos duvets avec trois couvertures en plus. Le thème de la veillée sera " observation des étoiles ", même s'il n'est pas aussi étoilé que dans les steppes mongoles, le ciel nous offrira quelques étoiles filantes.

Jeudi 22 Décembre: … et la caravane passe Après quelques toasts grillés au feu de bois, un œuf dur et un chai, nous entamons le chemin du retour, cette fois juste tous les trois puisque les autres passent une deuxième nuit dans le désert. Nous croisons gazelles et rapaces sur la route qu'Olivier terminera à pieds, pour cause de " trop mal au cul ". Sur la route nous nous arrêtons a Khuldara, ville fantôme en plein désert. Les 700 maisons en ruines et la taille de cette ville-étape sur la route de la soie témoignent de sa prospérité d'antan. Du haut du temple en son centre, on imagine l'agitation qui devait y régner à l'arrivée des caravanes mais, refusant d'être rackettés par le maharadja, les habitants quittèrent la ville en une nuit. Pour rester dans l'ambiance " caravane ", de retour à Jaisalmer, nous visitons un ancien caravansérail transformé en hôtel de luxe (c'est devenu une véritable obsession chez Christophe qui entame le troisième volet de la trilogie " La longue marche ", Sophie a jugé que le premier lui suffisait!). La vue de la terrasse valait le déplacement, on aurait pu y rester des heures à contempler d'en haut la vie grouillante de la ville sur fond de citadelle. Ce soir, après une nuit pas très confort et deux thalis de suite, on se fait plaisir en dînant dans le resto le plus réputé de Jaisalmer " le trio ". Mouais... A dada

Vendredi 23 décembre: Bon anniversaire Praveem Départ pour Jodhpur au petit matin, il fait encore nuit. Sur la route, des chiens peu chanceux et même un dromadaire sont raides sur la chaussée. Nous entrons en pays vishnois, habitants connus pour être sans doute les plus fervents écolo et plus grands adeptes de la non-violence qui soient. Sur ordre du maharadja, 363 de ces personnes furent tuées enlacées à des arbres pour empêcher qu'ils ne finissent en meuble. Cela explique probablement ces carrières que nous apercevons sur la route dont seuls les arbres au sommet d'un monticule ont été épargnés par les bulldozers. Jodhpur est appelée " la ville bleue " ; appartenant à l'origine à des brahmanes, nombre de ses maisons sont teintées de bleu, la couleur de Krishna (il paraît qu'en plus ça éloigne les moustiques!). Nous franchissons l'enceinte de la vieille ville blottie autour de la forteresse Rajput, l'emblème de la ville. C'est à la célèbre " omlet shop " que nous prenons un casse-croûte avant de monter à l'assaut de la forteresse de Mehrangarh. Pour une fois, nous avons chacun un audio guide et déambulons avec nos écouteurs sur les oreilles et notre baladeur autour du cou. Toute de grès rouge, renfermant plusieurs palais, temples et cours, elle est sans doute l'une des plus belles et des plus imposantes d'Inde. L'après-midi, Olivier et Sophie partent à la recherche de tables basses, la ville étant réputée pour le travail du bois. Ils découvriront du coup les fournisseurs de Pier Import et autres " meubles du monde " basés sur Palace road. Pour rester dans le domaine du shopping, nous sommes le 23 décembre et nous ne réalisons pas que Noël est dans 24 heures. Seuls les mails nous rappellent cette frénésie consommatrice qui tous les ans rythment la fin d'année en Europe. Ici, pas de prospectus vantant les mérites des dernières merveilles technologiques, pas de boutiques noyées sous les guirlandes et les spots, et encore moins de Père Noël. Même si cela nous évite le casse-tête pour le cadeau de dernière minute, Noël reste une période ou l'absence des proches se fait le plus sentir. Heureusement, Olive est la! C'est une maison bleue… Happy birthday Praveem ! C'est aujourd'hui l'anniversaire de Praveem, on voulait l'inviter mais ce soir c'est lui qui régale. S'il avait su ce qui l'attendait... La soirée avait pourtant bien commencé, apéro, confidences (ne le répétez pas mais il est encore vierge, l'Inde n'est pas le pays du libertinage), cadeaux (2 cassettes de musiques bollywoodiennes)... jusqu'au moment ou le ton est monté entre lui et Christophe. Depuis le début, il essaie de nous driver aussi bien au niveau du choix de notre itinéraire que des hôtels et restos dans lesquels il perçoit une commission si nous restons. Christophe lui sortira donc ses quatre vérités sur un ton un peu ferme d'autant plus que Praveem lui a fait comprendre qu'il attendait de nous un gros pourboire. Sympa l'ambiance de fin de voyage...

Samedi 24 Décembre : Joyeux Noël ! L'ambiance est un peu tendue dans la voiture qui nous mène à Ranakpur. Le paysage étonnamment plat depuis notre départ de Delhi commencent à prendre un peu de relief, nous arrivons dans les monts Arawelli en pays Mewar. Nous nous posons dans un hôtel assez correct où le jardin est agrémenté d'un bassin que se partagent deux canards caractériels. De toute façon on n'a pas trop le choix, Ranakpur n'est même pas un village, c'est un site célèbre pour ses temples jains. Mais quel site ! Le temple de Jaisalmer nous avait déjà ébloui, celui-la nous laisse bouche bée. C'est le plus grand et le plus beau d'Inde dans sa catégorie. Il rivalise avec encore plus de sculptures du sol à la coupole et sur ses 1444 colonnes. La blancheur de la pierre reflète les rayons du soleil à l'intérieur, c'est éblouissant. Nous finissons la journée au sunset point en haut des collines qui dominent un joli lac où il y aurait des crocodiles paraît-il. Pas vu ! Ce soir c'est Noël. Praveem, un pote chauffeur et de son client autrichien déjà allumés au whisky insistent pour qu'on se joigne à eux autour du feu. Praveem qui n'a pas l'alcool mauvais s'excuse pour hier et fait la paix avec Christophe. Son collègue par contre à tendance à devenir agressif et nous coupe un peu trop la parole. Il ne supporte pas le fait que nous n'avalions pas nos rasades de whisky en moins de deux minutes et devient un peu trop machiste avec Sophie. Du coup nous finissons la soirée dans notre chambrée où un lit d'appoint a été installé par terre pour Olivier. Au menu : foie gras sur butter nan, saucisse sèche Justin Bridou, magrets de canards fourres au foie gras, Jurancon Lacabe 1996 et si on a encore de la place Nutella ! Bonne ripaille, tongues en cuir de chameau, chemise et chapeau à la Indiana Jones trop grands, faux tétons en silicone qui se sont avèrés être des tétines, produits miracles du coin, bref le Papa Noël nous a gâtés ! Temple jaïn

Dimanche 25 Décembre : Au revoir Olivier Olivier est bien content de nous avoir rendu visite mais ne cache pas sa joie de rentrer et de laisser derrière lui tourista, fièvre, transports et douches froides. Dernière épreuve : 12 heures de voiture pour aller a Delhi, 4h d'attente, 10 heures de vol puis une fois en France enchaîner avec une heure de transport et une journée de 8 heures de boulot ! Et le soir venu, faut assurer avec Alexandra. Oups ! On n'a rien dit… De notre côté, fini le luxe de la voiture privée; pour se rendre à Kumbhalgarh, c'est stop, bus et jeep. Une fois de plus, Sophie a cru mourir à l'avant du bus. Le chauffeur roulait un peu vite à son goût sur ces routes de montagnes dont les murets ont disparu dans les virages suite à de malencontreux dérapages fatals. Mais, une fois de plus, nous arriverons à bon port. Les paysages toujours arides prennent plus de relief au fur et à mesure que nous nous enfonçons dans les monts Arawelli. Les travaux des champs, les saluts des paysans et la beauté des paysages traversés nous ont donné envie de nous arrêter sur la route. Le discours d´Olivier raisonnant encore dans nos têtes, nous décidons demain de prendre la tente et de nous perdre dans cette région au gré du vent… D'ailleurs, à bien réfléchir, nos souvenirs les plus marquants sont cette excursion au lac Inle et surtout la semaine passée auprès d'une famille mongole. Kelwara, où nous logeons, est la ville la plus proche de la forteresse de Kumbhalgarh dont la belle muraille de 37 km serait la deuxième après celle de Chine (50000km) !! Le Rajasthan est décidément un paradis pour les amateurs de châteaux et forteresses. Contrairement au sud de l'Inde, le nord fut constamment soumis aux invasions, musulmanes notamment. La géographie du pays et la vallée du Gange forment en effet un axe ouest/est propice aux mouvements des armées. CQFD. Sophie s'est aujourd'hui senti une âme de denfenseuse des animaux en volant au secours de quatre chiots victimes des caprices de gamins, puis en mettant en fuite des ados qui s'amusaient à effrayer les singes en leur balançant des pierres. Ils ont pris la poudre d'escampette lorsqu'ils l'ont vu s'élancer des pierres à la main pour leur infliger le même sort ! Ahhh chiche

Lundi 26 Décembre : promenade dans la campagne indienne Comme prévu, nous laissons une partie des affaires et préparons le nécessaire pour découvrir a pied la campagne indienne notre tente sur le dos. Cela fait longtemps qu'elle n'a pas servi et nous espérons faire du camping sauvage ou chez l'habitant. Le patron de l'hôtel, surpris par notre démarche nous donne le nom de villages pittoresques : Varthada, Kaltana et Baldra. Pendant que nous attendons le bus qui nous ramènera sur nos pas, nous observons les villageois. Les femmes enveloppées dans des saris aux couleurs vives arborent un anneau perlé à la narine qui leur cache presque la lèvre supérieure ; quant aux hommes, les babouches pointues et recourbées aux pieds, le pantalon court et bouffant entre les jambes, parfois des boucles d'oreilles en forme de fleur et les énormes turbans rouges qu'ils ont sur la tête donnent à cette petite ville des allures de Milles et une nuits, il ne manque plus que les tapis volants ! Nous marchons le long de la route. Les femmes toujours coquettes avec leurs breloques éclatantes aux oreilles, autour des bras et des chevilles, transportent sur leur tête de gros fagots de branches pour faire du feu ou de l'eau tirée a la pompe dans des pots dorés. Aux champs comme à la ville, il semble que le travail de force soit réservé aux femmes alors que les hommes ont des activités habituellement destinées aux femmes dans nos pays, comme la cuisine ou la couture, question de culture. Malgré l'aridité de la région, la terre est cultivée notamment avec la canne à sucre grâce a un système d'irrigation rudimentaire, des norias. Des bœufs aux énormes cornes peintes de toutes les couleurs tournent en rond pour actionner un moulin bricolé avec de vieux pots en fer qui remontent l'eau du puits distribuée ensuite par des canaux. Nous nous arrêtons près d'un chantier ou hommes, femmes, enfants et vieillards travaillent à la construction d'un réservoir d'eau. Ils s'arrêtent de travailler pour nous observer d'un peu plus près. On est un peu gêné devant ces spectateurs qui nous dévisagent sans mot dire. Mais la vidéo et les photos font à nouveau leur effet et provoquent rires et curiosité. Tout d'un coup, ils déguerpissent et dévalent la pente à toute berzingue. Loin d'être de notre faute, ils ont en fait aperçu le contremaître qui est arrivé au mauvais moment. Noria Alors que nous contemplions un couple de pic-vert, deux femmes de la soixantaine viennent nous faire l'aumône. L'une d'elles se met a enchaîner roulades et poirier sur la tête pour quelques roupies. Choqués par ce spectacle pitoyable (dans le sens propre du terme), nous leur donnons brosses a dents, dentifrices et savonnettes que nous destinions aux paysans. L'autre s'est baissée pour nous baiser les pieds (signe de profond respect chez les hindous mais attitude humiliante pour nous), ce qui nous mit très mal a l'aise. Bizarrement, voir ces personnes plus âgées que nos mères se donner en spectacle nous bouleverse plus encore que les infirmes que nous avons déjà eu l'occasion de voir à plusieurs reprises. Un peu plus loin, nous croisons trois jeunes filles dont l'une est très jolie. Nous nous apercevons que la main de l'une d'elles présente tous les symptômes de la lèpre. La bonne humeur de la ballade en prend un coup. C'est ce moment-là que nous " choisissons " pour nous égarer, incapables de retrouver le chemin qui menait au village prévu pour passer la nuit. Des paysans nous déconseillent de nous y rendre à cause des bêtes sauvages (ours, léopards, loups et… gazelles) et nous offrent l'hospitalité dans l'école du village désertée pour les vacances. La salle de classe est vide car les élèves étudient sur des nattes à même le sol. Nous installons notre lit de fortune devant une foule de curieux, surtout des jeunes pendant qu'on nous apporte du bois et des couvertures. Des jeunes nous font visiter le coin et goûter à la canne a sucre. Sur le chemin du retour, nous sommes invites à boire le thé dans la maison de l'instituteur, fils d'institutrice et marie à une instit aussi. Comme des VIP, nous sommes ensuite présentés au médecin (le gratin du village quoi) chez qui nous dégustons un délicieux lait chaud. Tout le monde est aux petits soins ; lorsque nous revenons a l'école, le feu est déjà allumé dans la cour et cela fait un bon moment qu'ils essaient de mettre au point un montage électrique pour nous éclairer. Nous mangeons le riz pulao commandé ce matin à l'hôtel, réchauffé sur le feu en compagnie de l'instit qui a du mal à nous abandonner et nous donne rendez-vous pour le lendemain matin. Chez l'instit

Mardi 27 Décembre: Koltra et tais-toi! Namaste ! Cherchez l'intrus A notre réveil, un comité d'accueil nous attend autour du feu pour le petit déjeuner. Contrairement aux autres pays traversés, les indiens, mêmes pas bien épais, refusent presque systématiquement la nourriture qu'on leur propose. Sans doute une question de culture ou d'éducation (les enfants attendent l'approbation de l'adulte avant d'accepter). L'instit ainsi que les deux jeunes de la veille décident de nous accompagner au village voisin de Koltra. Adorable hameau dont l'unique ruelle se faufile entre les maisons de terre. Les habitants, surpris de recevoir des visiteurs nous sourient tandis que les enfants crasseux au cheveu hirsute nous suivent partout pieds nus en nous lançant des "tatas" à tout bout de champs. Brebis et chevreaux, chats et buffles complètent le tableau pittoresque de ce village perdu. Ici aussi, telles des musulmanes avec leur tchador, les femmes se cachent le visage devant les hommes, leur père ou mari leur interdisant de le montrer. Nous prenons le thé dans la maison du guérisseur, spécialiste des plantes médicinales avant de reprendre la route toujours escortés. La route est caillouteuse mais offre un superbe panorama sur le vallée et la forteresse de Kumbhalgarh. Du haut des crêtes, nous apercevons en surplomb d'autres minuscules villages autour desquels des champs verdoyants contrastent avec ce paysage sec aux tons chauds. Cela fait un moment maintenant que nous marchons et nos ôtes décident de faire demi-tour après être grimpés au temple de Shiva isolé dans une grotte. Sophie préfère attendre au pied de la montée. Christophe reviendra baptisé avec une cordelette rouge et jaune autour du poignet, une tikka sur le front et une boisson miracle dans le gosier. De retour à Kelwara, nous récupérons nos affaires et montons dans le bus direction Udaipur. Nous voyageons à l'avant dans la vaste cabine du conducteur où cinq places assises sont disponibles quand le car est plein. Les paysages sont superbes et nous voyons plusieurs dromadaires; alors que nous sommes habitués à les voir affublés de manière ridicule pour promener les touristes, ils servent ici de bête de somme pour les travaux des champs. Nous arrivons de nuit a Udaipur et montons dans le rickshaw le plus lent de la ville, même les vélos réussissent a nous doubler. Nous allons nous poser quelques jours à la Lake View paying guesthhouse.

Mercredi 28 Décembre: "My name is Bond…James Bond." Pour une fois nous avons une belle chambre avec eau chaude et la terrasse de l'hôtel est la plus haute de la ville. De là-haut, nous avons une vue plongeante sur les temples vishnouistes, sur le lac et les palaces plantés au milieu de l'eau. Seul le city palace nous domine du sommet de sa colline. Depuis quelques années, la mousson est insuffisante et le lac régulièrement assèché. Par chance la dernière a été bonne et nous offre ce qui fait la beauté de cette ville. Visite du Jagdish temple dédié à Vishnou sans grand intérêt puis visite de la ville. Ici aussi il y a des animaux partout, des écureuils sur les terrasses qui viennent grignoter sur votre table, des ânes minuscules pas plus haut qu'un Labrador, des vaches tranquilles (sauf celle qui a mis un coup de cornes au cul de Sophie), des chiens parfois dans un sale état à qui il manque une oreille ou une patte, des chiennes aux mamelles touchants le sol, des chiots déjà galleux et des chats, plus rares, la queue ou une patte coupée et à juste titre impossibles a approcher. Nous arpentons les rues de la vieille ville bordées de nombreuses boutiques d'artisanat en tous genres et de miniatures en particuliers. Une boutique attire notre attention… on ressort une heure plus tard des peintures plein les bras. Ils font un travail exceptionnel, en deux temps trois mouvements, ils nous ont peint un portrait et un éléphant sur les ongles! Leurs peintures sont d'une finesse incroyable. Nous terminons dans un institut de massages dits "ayurvédiques". Sophie sera autant satisfaite que Christophe déçu, il n'est pas tombé sur le bon. Ce soir c'est "plateau-télé". Une des originalités d'Udaipur est de diffuser tous les soirs dans les guest "Octopussy", un James Bond qui fut tourné en partie dans cette ville. C'est plein de clichés mais on apprécie vraiment même sans les sous-titrages!

Jeudi 29 décembre: Circus Le city Palace est le plus grand palais du Rajasthan. C'est un entrelacs de couloirs et d'escaliers, de patios et de jardins. En tous cas, il y a de la recherche au niveau de la deco intérieure et pas toujours du meilleur goût d'ailleurs. Chaque Maharana (dénomination du maharadjah d'Udaipur) y a rajouté sa "personal touch", multicolor, multi facette et souvent kitsch a souhait. Régine a dû s'inspirer du lieu pour sa discothèque (à moins que ce ne soit le contraire)! Ce soir, nous assistons a un spectacle traditionnel au Bagore Ki Haveli Museum dont les murs n'arrivent pas à la cheville du plus dépouillé de Jaisalmer, mais avec l'éclairage du soir ça fait son effet. S'enchaînent des danseuses avec toutes sortes d'objets (l'une empilera des pots mesurant au total l'équivalent de sa taille) et marionnettes sur fond de musique jouée par un orchestre. Cela ressemblait finalement davantage à des numéros de cirque mais c'était chouette.

Vendredi 30 décembre: fashion victimes? Nous avons commandé des cadres pour les peintures, acheté deux tables basses en bois, il ne nous reste plus qu'à faire empaqueter tout ça pour l'envoyer en France par cargo (en espérant qu'il arrive). Ce soir nous faisons le passage obligé en bateau sur le lac de Pichola. Le city palace et le Lake palace (hôtel ultra chic d'où est tiré un feu d'artifice tous les soirs) se reflètent dans les eaux du lac. Le spectacle des lavandières et des femmes se lavant sur les ghâts est aussi très beau dans le coucher de soleil. Nous nous arrêtons un moment à Jag mandir, autre palais flottant. Ici, le spectacle n'est plus le magnifique panorama que nous avons sur le lac mais quelques spécimens qui nous entourent: italien aux cheveux longs vêtu d'un short tweed marron, chemisette rayée bleue et blanche et chaussures bateau vertes! Mais la première place revient a ce quinquagénaire au pantalon à pinces et a rayures tombant sur des mocassins léopards. Nous sommes un peu mauvaise langue mais on n'a pas pu s'empêcher! Désolé. Nous reprenons la route ce soir. Le trajet s'annonce long et fatigant: Bus de nuit en couchette a 22h30, arrivée 4h à Ahmenabad puis transfert de 10 km en autorickshaw a l'aéroport, enfin décollage a 7h30 pour arriver a 8h30 a Bombay.

Ces drôles de machines !

Samedi 31 Décembre: Nouvel an à Colaba A la sortie de l'avion, on enchaîne direct avec la recherche d'une agence de voyage succeptible de nous trouver un hôtel aux Maldives pour dans 10 jours! Bombay désormais Mumbai, premières impressions: où sont passées les vaches? Et les saris multicolores? Et les rickshaws décorés de guirlandes de Noël? Les derniers sont interdits en centre-ville, les seconds sont remplacés par des vêtements occidentaux et les premières restent un mystère. Tout simplement, Bombay est une ville beaucoup plus moderne et riche que celles traversées dans le Nord, Delhi comprise. La circulation est plus ou moins régulée; il y a des feux tricolores (mais toujours pas de passages piétons) et des centaines de taxis noirs et jaunes. Il y a moins de bruit et des trottoirs nous mettent a l'abri des chauffards sans stresser à chaque véhicule qui approche de peur qu'il nous klaxonne dans les oreilles ou nous frôle de près. Mieux, des airs de " lambada " ou de " happy birthday " se font entendre lorsqu'une voiture munie de ce gadget musical recule. Original, non ? C'est ici aussi que la richesse côtoie la pauvreté, les mendiants dorment à même le sol sous les arches des boutiques de luxe ou dans des bidonvilles au pied des demeures bourgeoises. Des femmes musulmanes voilées croisent des couples indiens qui (oh surprise) se tiennent la main. Les indiens de la classe moyenne ou bourgeoise se parlent en anglais entre eux tandis que de nombreux enfants mendient dans les rues. Autre caractéristique de Bombay, les logements sont très mauvais. Non seulement les hôtels sont beaucoup plus chers qu'ailleurs (environ fois 3), mais ils sont médiocres et souvent complets. On ne fait donc pas la fine bouche lorsqu'on arrive au Carlton (rien a voir avec son homonyme 5*) dans une "cellule" avec barreaux aux fenêtres sans WC ni lavabo; pour la toilette, ce sera des baquets d'eau chaude! Comme on a perdu les coordonnées du producteur rencontré a Orccha qui devait nous prendre sous son aile pour la soirée de ce soir et la visite des studios (fuck!), on improvise une soirée dans un resto-bar-disco branchouille, le Leopold. Les routards se retrouvent au milieu de la jeunesse dorée du coin et c'est entre un écossais moine bouddhiste et des jeunes arabes de Dubai venus s'encanailler que nous passons notre réveillon. Il n'y a pas autant de ferveur autour de cette fête qu'en Occident, ni compte à rebours avant les douze coups de minuit; on s'embrasse au milieu d'un bon vieux tube années 80, " Holyday-eh… " . Les rues sont remplies de badauds et une foule s'est rassemblée devant le Taj Mahal, le plus prestigieux hôtel d'Inde. C'est en voulant se mêler à la population qu'on s'est aperçu que la majorité était masculine. Sophie fut en proie à de multiples mains baladeuses qui venaient de tous côtés parfois simultanément profitant de la bousculade jusqu'au moment où, excédée, elle a giflé le premier venu (malheureusement pour lui, il était innocent). Le suivant, par contre, a eu son compte réglé par Christophe qui tel un chevalier servant s'est lancé à sa poursuite au milieu de la foule.

Dimanche 1er Janvier: RAS Internet, voeux, recherches d'hôtel aux Maldives et d'une nouvelle chambre à Bombay.

Lundi 2 janvier: Bon, beh, … Bombay ? C'est d´la bombe he Nous changeons d'hôtel encore plus pourri que le précédent mais cette fois le prix divisé par deux est justifié (aucune fenêtre, odeur d'humidité, draps degueu, patron mal aimable, une vraie caricature). Une chose est sûre, on n'y restera pas plus d'une nuit (va-t-on réussir a se poser a Bombay?) On découvre le quartier de Colaba ou nous résidons, quartier très animé avec resto, hôtels et commerces puis le Bombay néo-gothique hérité des anglais qui côtoie des façades style art-deco. Nous dînons au Bagdadi, p´tit bouboui conseillé par le Routard ou nous mangeons des nan enoooormes dans les deux sens du terme : aussi grands que la pizza giant du pizzaiolo de quartier avec des saveurs de gaufres bretonnes.

Mardi 3 Janvier: Contrastes Rechangement d'hôtel pour l'Apollo Guesthouse dont le patron mielleux nous a fait courir pendant deux jours mais qui dispose de chambres plus agréables bien que minuscules et d'une douche chaude commune. C'est le meilleur rapport qualité-prix que nous ayons trouvé ici. Aujourd'hui c'est plage, C'est la première fois qu'on foule le sable depuis notre départ, on a laissé le froid au nord, il y a comme un parfum de vacances dans l'air… mais vu la couleur de l'eau on oublie les maillots de bain. La large baie qui valut d'ailleurs son nom a la ville (bom bay= bonne baie en portugais), est bordée de tours modernes qui de loin lui donnent un petit air de Rio (sans les strings et la baignade). Les toilettes publiques de la plage y sont investies par des indiennes a moitie nues venues y faire leur toilette et leur lessive ; Sophie devra les enjamber pour y accéder. On poursuit en se rendant au bout de la pointe de Malabar Hill a Banganga tank, vaste réservoir d'eau entouré de ghâts situé dans un quartier très pauvre. A quelques mètres de là, des bidonvilles bordent la côte près de ce qui devait être autrefois une belle petite crique. Désormais c'est une décharge infecte balayée par une mer tout aussi sale où les enfants jouent pieds nus au milieu des immondices et des chats cherchant des restes à se mettre sous la dent. En soirée, nous allons au cinéma Inox voir King Kong. Les effets spéciaux à la :Jurassic park sont hallucinants mais le remake de Peter Jackson manque d'émotion par rapport a la fabuleuse version de Merian C Cooper. Au final : décevant au niveau du scénario mais très divertissant. Le plus étonnant fut de voir toute la salle se lever lorsque le drapeau indien apparut à l'écran sur fond d'hymne national avant la séance. Autre caractéristique déjà remarquée à Jaipur: les indiens partent avant la fin du film au moment de l'épilogue alors que le générique de fin n'a même pas commencé. Bidon-plage

Mercredi 4 janvier : Bonnie and Clyde Ca nous démange depuis notre arrivée a Bombay mais aujourd'hui c'est décidé, on passe à l'acte. Avec nos têtes d'européens, ça doit pouvoir se faire sans trop de difficultés, il suffit de jouer les habitués. Première étape : passer la porte d'entrée et déambuler dans la galerie commerciale, ce qui n'est pas un problème puisque tout le monde y a accès ; le plus dur va être de descendre au Spa pour se changer. Sophie laisse le soin à Christophe de se jeter dans la gueule du loup. Que neni, il ressort en short de bain. Deuxième étape : accéder a la piscine. Le groom de surveillance avec qui Christophe a sympathisé au spa nous demande d'inscrire le numéro de notre chambre, de signer puis nous installe deux chaises longues au soleil. Maintenant c'est quitte ou double ; s'il vérifie sur l'ordinateur, il va découvrir qu'il n'y a aucun Lapefet en 318 et on est grillés ; dans le cas contraire on passe la matinée au bord de la piscine du plus prestigieux hôtel d'Inde, le Taj Mahal. Edifie par la famille Tata, brillante dynastie qui détient aujourd'hui plusieurs entreprises en Inde (de l'insecticide au secteur automobile en passant par le robot ménager), ce luxueux hôtel style victorien en bordure de mer a reçu plusieurs célébrités de ce monde dont notre " cher " président Chichi au frais du contribuable évidemment. Finalement c'est passé comme une lettre a la poste et Christophe finira la matinée dans le jacuzzi du spa. Luxure quand tu nous tiens... Pour rester dans " la haute ", on change d'épicerie pour dîner au Bollywood. Ouais, bof, aucune star mais une addition qui rejoint les étoiles ! Le Taj Mahal hôtel

Jeudi 5 Janvier: Bollywood movie En venant à Bombay, première ville productrice de films au monde devant Hollywood, on espérait bien visiter les studios ou faire de la figuration dans un film pour le fun. Même pas la peine de chercher, on est réveillés à 7h du mat par un chasseur de tête de Bollywood. Nous voila partis sur les chapeaux de roue sans avoir eu le temps de déjeuner, d'abord taxi puis train de banlieue puis tuk-tuk pour se rendre dans le nord de la ville. Il ne s'agit pas d'un tournage mais d'une séance photo pour la promo d'un sitcom genre "Helène et les garçons". Le décor: terrasse de café a l'américaine en bord de mer; nos rôles: Christophe habille en d'jeuns bermuda/tee shirt moulant déguste un beignet attablé pendant que Sophie en serveuse lui sert un verre d'eau; les protagonistes: un jeune couple en premier Taxiplan. Puis, une australienne embauchée comme nous à la dernière minute arrive et remplace Sophie qui à son tour se retrouve devant un beignet. Cela n'a duré que deux heures pour 10 euros chacun, (ça représente une somme ici) mais l'expérience est très sympa, et ils ont promis de nous envoyer les photos par mail (on espère). En tant qu'Européens, nous avons eu un certain succès puisque Christophe s'est vu proposer de faire des photos de mode et Sophie de donner la réplique le surlendemain. Le français Pascal of Bollywood, célèbre ici pour ses chansons hindi teintées d'accent gaulois a dû débuter comme ça ! Cela fait un moment qu'on n'a pas fait de sport, on commence a prendre du gras et surtout on n'a pas la patate. Un petite séance à la salle de sport locale ne nous fera pas de mal. Sophie est la seule fille et bizarrement cela ne pose aucun problème qu'elle soit en short, alors que Christophe devra revenir en pantalon la fois prochaine!

Vendredi 6 Janvier: tablars et ghanta Encore une journée dans Colaba et plus spécialement dans un Internet café. Le soir on se prévoit une petite sortie spectacle au théâtre. Au programme: concert de percussions indiennes. En regardant de près le magazine, on s'aperçoit qu'il commence une demi-heure plus tôt qu'on ne pensait, c'était vraiment pas le moment de perdre notre temps avec notre cadenas dont le code a changé à cause d'une erreur de manipulation. Nous avons pris l'habitude d'utiliser un verrou à code c'est plus pratique que d'avoir une clé pour deux. Le problème là, c'est qu'il n'ouvre plus et un code a quatre chiffres ça fait 10000 combinaisons possibles... autant chercher une aiguille dans une botte de foin. Tant pis pour le verrou, faut couper et à défaut de pince coupante, Christophe aidé de notre tenancier jouera les évadés avec une …lime! Nous arrivons a temps au concert pour voir les grilles du guichet fermées, "sold out". Plus une place. Comme d'autres touristes arrivés bien avant nous et le bec dans l'eau, nous tentons notre chance auprès des spectateurs susceptibles d'avoir des places à revendre. Bingo, en cinq minutes nous voila nos billets en main, plutôt chanceux sur ce coup-ci. A l'affiche Zakir Hussain, virtuose des tablas accompagné d'un maestro du violon et de son frère. Nous ne sommes pas assez connaisseurs ou amateurs pour pouvoir apprécier cette démonstration de performances techniques à sa juste valeur, nous préférons sans conteste les rythmes africains. Heureusement la deuxième partie avec l'entrée en scène de T.H "Vikku" Vinayakran 75 ans et son "ghanta", un gros pot en argile, va donner une autre dimension au concert. Ca bouge, ça vibre et ça tape des mains dans la salle.

Samedi 7 Janvier: la vie à la bombayienne Le Crawford market est le plus célèbre marche de Bombay, marché couvert entouré d'un dédale de ruelles commerçantes. Ici, on trouve de tout de la visse minuscule pour réparer notre disque dur portable au matériel d'aquarelle pour Sophie en passant par les primeurs, l'épicerie et les animaux vivants. Les rues sont bondées et l'animation débordante avec ses boutiques, ses gargotes et ses commerçants. La chaussée est parsemée de cageots et de charrettes. Ca circule dans tous les sens, les porteurs déchargent des caisses ou transportent des paniers sur la tête qui semblent glisser dans les airs. Comme au temps jadis ou les Halles de Paris n'avaient pas fait place au Forum, ce marché couvert aux airs de pavillons Baltard est divisé en sections : fruits et légumes (des fraises au mois de Janvier, si ça c'est pas du luxe !?), épiceries et confiseries, produits d'hygiène, viande et même des animaux vivants (oiseaux, chiens, lapins, souris, etc…). C'est une explosion d'odeurs des plus délicates aux plus insupportables : le parfum des fruits fait place a d'écœurantes effluves provenant du quartier des bouchers. Nous arrivons après la bataille pour découvrir des restes de carcasses entassées que se partagent rats, chiens errants et corbeaux, sans déranger le moins du monde les indiens qui dorment au milieu des déchets sanguinolents. Nous passons la soirée à Chowpatti beach, cette plage peu animée le jour devient fête foraine le soir. Les terrasses des buvettes et resto sont pleines. Familles, enfants, jeunes, vendeurs de ballons, tout le monde s'y retrouve pour manger un morceau, se faire dire l'avenir par une drôle de machine clignotante, se faire masser ou faire un tour de manège. Pas de risque que les manèges se bloquent, ils sont totalement manuels. C'est impressionnant de voir ces jeunes grimper en haut de la roue et l'actionner avec la force des jambes, redescendre en s'accrochant à une nacelle puis remonter a nouveau. Sophie tombera sous le charme d'un jeune sikh de 21 ans qui projette de finir DJ. Christophe: "33 ans bientôt et elle continue de craquer pour ces stars des dance floor!!! " Nous décidons de nous faire masser sous les étoiles allongés sur le sable. Tout aurait été parfait si nous n'étions pas tombes sur des amateurs dont l'un a surtout joué des mains baladeuses a l'égard de Sophie. Du coup, on écourte le "massage/pelotage" a trente minutes c'est bien assez comme ça! En repartant, nous sommes sollicités par des mendiants notamment des femmes leurs bébés sous le bras. C'est une constante ici plus qu'ailleurs et c'est insupportable. Les enfants surtout n'hésitent pas à nous attraper par le bras et à être insistants. Il est très difficile de savoir comment gérer ça. On évite de donner de l'argent mais plutôt des produits de consommation courante ou de la nourriture. Nous resterons très marqués par l'image de cette gamine de huit ans faisant l'aumône près d'une gargote, dont le regard s'est illuminé lorsque nous lui avons donne un kebab. Elle l'a englouti par terre aux pieds d'enfants issus d'un milieu privilégie bien habillés, cheveux gominés et assis. Les parents de ces derniers lui ont aussi donne une assiette mais le contraste reste frappant.

Dimanche 8 Janvier: sur les traces d'Harry Potter Nos ballades en ville nous ont confirmé ce que nous avions déjà remarqué en traversant le pays. D'immenses esplanades pelousées y sont dédiées au sport national: le criquet. C'est dimanche et il y a foule. Nous assistons à des parties endiablées ou des pro tout de blanc vêtus se partagent le stade avec la "populasse" et les supporters. Les parties pouvant durer plusieurs jours, nous n'attendrons pas de connaître le gagnant. Bombay est probablement une des villes d'Inde ou l'empreinte anglaise est la plus marquée. Outre ce sport et ces joueurs à l'allure très british, nous longeons d'impressionnants édifices gothiques, cour de justice et université dans le plus pur style anglais, gris et lugubre dont seuls les palmiers ensoleillés nous rappellent que nous sommes en Inde et non pas au pays magique d'Harry Potter. Et tant que nous abordons le sujet de l'influence anglaise, nous avons été très surpris au cours de nos rencontres avec les indiens d'avoir souvent la réflexion suivante : " Vous aussi en France, vous parlez anglais entre vous ? " et même une fois : " Quand est ce que vous avez obtenu votre indépendance ? (Vis-à-vis de l'Angleterre) ". Il était une fois Jeanne d'Arc… Criquet

Lundi 9 Janvier : Ce n'est qu'un au revoir Bon ben ça y est, on fait les sacs a dos et on quitte sans regrets le patron de l'hôtel. Il nous reste la journée avant d'embarquer. Christophe décide de visiter le Musée Gandhi qui retrace sa vie, sa politique de non-violence, ses luttes et…sa fameuse roue à tisser (que l'on voit sur le drapeau indien)! Un tour a la salle de sport et on a encore assez de temps pour aller a Internet (a 30 dollars l'heure aux Maldives, on s'en passera). Faut qu'on prenne notre dose. Depuis le temps qu'on en rêvait de l'Inde, on l'a fait… et on le refera : indien vaut mieux que deux tu l'auras ! Sophie est triste de quitter l'Inde malgré la plage et les cocotiers qui nous tendent les bras. Ca n'a pas été facile tous les jours mais une évidence s'impose, ce pays nous a complètement envoûtes…

Visages d'Inde
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Une virée en Inde
Inès n’était pas d’accord avec le collège, cette année, décrochage. Verdict du conseil de classe : elle redoublera sa troisième. Mon choix de « sanction » : on va voir ce qu’est la vie sous d’autres cieux, ma fille…

Jeudi 30 juillet 2015, 10h50 Atterrissage à Delhi, Ashik, notre accompagnateur Indien pour ce voyage, nous attend. Trajet en taxi jusque chez lui et Sébastien, correspondant en Inde de Radio-France. On savait où on arrivait, mais 40°, et un taux d’humidité qui doit avoisiner les 90%, ça surprend les corps. Repos, après 2 nuits très courtes.

Vendredi 31 On fait un peu plus connaissance avec Ashik, au cours d’une balade dans un parc immense dans Delhi. Le thème central est le tombeau (colossal…) d’un poète emblématique, Amir Khusrau, entouré d’autres tombeaux illustres : des rois et reines qui voulaient reposer près de lui.

Ashik nous montre sa moto, garée dans la rue. Elle détonne avec celles que l’on croise, avec son look chopper. Elle n’est pas attachée, et restera ainsi durant le mois d’absence d’Ashik. En plein New Delhi. Impressionnant, pour nous.

Balade en ville, le soir, on en profite pour passer chez le coiffeur, ou plutôt sur le trottoir qu’il squatte, éclairage à leds branché sur la batterie de sa voiture. Coupe nickel malgré les conditions. Et quelques courses, dans une épicerie dont le caissier Sikh, accroupi sur son tabouret, pieds nus, détonnerait dans nos supermarchés.

Samedi 1er août Préparatifs, planning, réservations des divers billets de train, … Arrivée de Sébastien, notre hôte qui, sans nous connaître, nous accueille les bras ouverts, avec sa compagne Indienne, et leurs amis, des gens très sympas, aux parcours impressionnants. Une règle semble établie : tous sont très à l’aise pour passer d’une langue à une autre. Alex, un Anglais, parle Français comme s’il était parisien d’origine, et quand j’entends parler sa femme Sophie, Française, je suis persuadé d’entendre une Anglaise. Un autre couple, Abi, Philippine, et David, Suisse, est là, avec Alicia, 13 ans, qui parle 4 langues et commence l’Allemand. On sort, balade dans un autre parc de Delhi, à nouveau des tombeaux monumentaux, autour de celui de Humayun, second empereur Moghol, considéré comme le prototype du Taj-Mahal.

Dimanche 2 Départ en train pour Agra, la cité du Taj-Mahal, ville moyenne ici (1,7 million d’habitants). Départ prévu à 8h45, retardé progressivement jusqu’à 11h45… Puis 3 heures de train pour 180 km. Nous aurons néanmoins le temps de voir ce fameux temple (un tombeau, à nouveau, en fait, construit par l'empereur Moghol Shâh Jahân pour son épouse), les fortifications, et le palais royal. Agra fut, à sa grande époque (16° - 17° siècle) la capitale de l’empire Moghol.

Visite d’Agra en Tuc-tuc. Triporteur très utilisé comme taxi low-coast en Asie, on l’exploite à fond ici. On peut y loger 3 touristes (2 si Américains moyens), en plus du chauffeur, mais les Indiens s’y entassent jusqu’à 12 personnes. Véridique, on l’a vu.

Au coin d’une rue, une école coranique, à ciel ouvert.

Départ d’Agra le soir à 22h, destination Pushkar, en train-couchettes.

Lundi 3 4h30, arrivée du train à Ajmer, où nous prenons un taxi – 400 roupies, moins de 6 €, pour une dizaine de km. Indécent quand on saura que le litre d’essence revient à 1 euro. Arrivée à Pushkar, vers 5h30, où nous trouvons un hôtel, Moon Light, qui nous accueille malgré l’heure, bien matinale à nos yeux. Prix de la chambre : 400 roupies, pour 3 personnes. Évidemment c’est minimaliste en terme de confort, douche à l’eau froide, pas de placard ni de clim, ni de bureau, mais à ce prix-là difficile d’être exigeant ! Le gag : c’est lors de notre départ que nous apprendrons qu’en fait il y avait de l’eau chaude, simplement un disjoncteur avait sauté ! Le plus dur en ce qui me concerne : les matelas en mousse de 8 ou 10 cm sur un sommier qui est une simple planche. Je passerai mes nuits à tourner comme un poulet sur sa broche, et au lever il faudra toujours un peu de temps pour remettre chaque vertèbre à sa place… Suite de la matinée consacrée à un sommeil un peu plus réparateur que celui du train.

Découverte de Pushkar, 400 (si, quatre cents) temples pour 17 000 habitants. Des vaches, des vaches, partout. Elles sont vraiment les reines dans ce pays, en ville comme à la campagne. Elles se couchent aussi bien sur les routes, en plein virage, que dans des rues étroites, viennent mendier aux portes…

Visite d’un temple dédié à Brahma, avec la même caractéristique que tous ceux qui lui sont consacrés : il est le seul et l’unique sur cette planète. Des prêtres nous prennent en main, au sens littéral du terme. Après avoir, chacun avec son guide spirituel, effectué un cérémonial très précis finissant par un largage de fleurs dans le lac (sacré, comme il se doit), nous devons réciter des prières, en répétant ce qu’ils disaient. Inès et Ashik seront assez vite libérés, mais le mien ne me lâche pas, me fait citer tous les membres de ma famille (quel boulot !), puis me dit qu’il accepte aussi bien les euros que les dollars, et que 30 euros ça serait correct pour que tous aient une belle et longue vie. Je parviens à garder mes munitions pour des besoins plus terre à terre, mais ne peux néanmoins pas me débarrasser de lui sans lui avoir laissé quelques billets de 10 roupies qui traînaient dans mes poches. Surprenant pour nous : le côté « la ferme est dans la ville ». Partout déambulent librement, non seulement les vaches et les chiens, mais aussi des familles entières de cochons sauvages, qui sont chargés, avec les chiens, de nettoyer la ville. On croise également des ânes, des chameaux parfois seuls, des singes, des quantités d’écureuils, de perroquets verts, et autres oiseaux multicolores… Pratiquement pas de chats, par contre. Les animaux n’ont pas ici de fonction alimentaire, excepté le lait des vaches et chèvres, quasiment tout le monde est végétarien. Et à l’accueil de notre hôtel trône un panneau sur lequel est indiqué « MEAT FREE ZONE » (pas de viande ici), avec des panneaux type stationnement interdit sur lesquels figurent poulet, vache, porc, poisson. Pas d’œufs non plus, seul le lait est autorisé. En fin d’après-midi, une balade à dos de chameaux de 3 heures, dans la campagne environnante. Des rencontres étonnantes, telles que cette famille musicienne dans une zone semi-désertique, ou ce cadavre de chameau puant qui occupait sérieusement quelques chiens. Petite virée noctambule dans les rues aux environs de l’hôtel, plus grand-monde dehors à part un groupe de jeunes, sympas, et toujours, veaux, vaches, cochons … et chiens.

Mardi 4 Pour démarrer, une bonne balade à pieds dans la ville, location de motos, et roule ma poule dans la nature...

Des coins très sympas, où les gens ne voient quasiment jamais de touristes - heureusement qu’Ashik est là, parce que très peu parlaient Anglais. Roue arrière crevée, Inès est montée derrière Ashik, moi sur le réservoir de la moto, jusqu'au dépanneur-vendeur de tout du hameau suivant. Suite de la balade, et, surprenant ici, une grande quantité de vaches derrière une clôture. C'est un hospice qui protège les vaches en mauvaise santé. 600 y séjournent. Contrairement à une autre structure sur Mumbay, 6 000 vaches, où elles finissent par alimenter une colonie de vautours, ici elles termineront enterrées. Je n’ose pas imaginer le charnier que ça doit représenter. Après avoir visité et mis notre petite contribution (ils ne fonctionnent qu’avec ça), on reprend la route. Dans un chemin de sable, rencontre d'un homme de 60 à 70 ans, musicien déjà vu hier lors de la balade à dos de chameau. Il nous propose de venir chez lui, on accepte. Il monte derrière Ashik, et on arrive rapidement à son campement, des huttes de branches essentiellement, et une construite avec des pierres liées avec de la terre. On a passé la soirée avec eux, c'est une tribu semi-nomade qui est réputée pour sa bonne relation avec les animaux et le don qu'ils ont pour les soigner. Les gens viennent les chercher quand ils ont un animal malade. Et ce sont donc aussi des musiciens, qui perpétuent une musique ancestrale. Ils ont fait un CD, qu'on pourra écouter à la maison. On a partagé le thé avec eux, ainsi que nos sandwiches de midi que nous avions à peine attaqués. Inès a participé avec une fille de 13 ans à la confection et cuisson des galettes pour le repas du soir. À la fin, celle-ci nous a dit qu'elle avait une nouvelle sœur... Nous avons dû partir avant qu'il ne fasse complètement nuit, le retour en motos dans le sable risquait d'être galère sinon. On est partis avec 3 galettes, et des au-revoir jusqu'à perte de vue.

Mercredi 5 Un bref passage, en profitant des motos, auprès des gens qui nous ont reçus hier soir, pour apporter aux enfants une dizaine des jouets que Carla nous avait confiés dans ce but. Et puis une virée à petite vitesse pour découvrir les campagnes, avec une étape dans une école de village. 280 élèves, de 6 à 15 ans, qui se laissent très peu distraire par les intrus que nous sommes. Intrus à qui pourtant les profs présentent tout sans poser plus de questions… Quasiment aucun mobilier, tous les élèves sont accroupis par terre, quelques rares privilégiés ont une sorte de petite table basse pour poser leurs affaires, tous les autres écrivent sur leurs genoux. Je suis impressionné par le calme et l’atmosphère studieuse qui règnent. Ashik nous expliquera ensuite que c’est ainsi dans toutes les écoles « gouvernementales », seules les écoles privées ont les moyens de faire travailler leurs élèves plus confortablement. Nous revenons ensuite vers la ville, où nous retrouvons un vieil Indien que nous avions rencontrés la veille, et qui nous avait proposé une balade avec lui en moto. Il roule en 1050 Triumph Bonneville. Nous découvrons qu’il est propriétaire du petit hôtel où il vit. Self-made man, il a principalement été cuisinier, et a monté son hôtel tout seul. Il nous montre ses photos sur ses 2 IPhones, le temps qu’il roule et fume son pétard à côté de nous, et on y va. Une pause chez un loueur du coin, juste pour siphonner le réservoir d’une moto qui revient de location et regarnir un peu les nôtres, et c’est reparti. On se fait avec lui une grande balade en montagne, virolos très sympas, jusqu'au plus ancien temple local (plus de 1 000 ans). On traverse de superbes coins, on est en moto, sans casque, il fait beau, c’est le bonheur ! L’heure passe vite, on retourne chez notre loueur de motos lui rendre nos bécanes. 2 km à pieds pour revenir à l’hôtel, où Inès se remet un peu avant « son grand moment », une virée à cheval de 2 heures. Ashik, peu concerné par l’équitation, reste à l’hôtel. Nous allons faire la connaissance des Marwaris, une race rare chez nous, dont les oreilles en forme de parenthèses se rejoignent au-dessus de la tête. Mauvais surprise, on devait avoir 4 chevaux, et 2 accompagnateurs, mais il y a 2 chevaux en tout et pour tout…ce qui signifie que les gars vont marcher à coté de nous en tenant les chevaux ! Et ils nous répètent qu’il faut faire attention, disant que la jument d’Inès est « crazy »… Pas du tout ce qui était prévu. Inès signale que sa selle est insuffisamment serrée, ils disent qu’on verra ça plus tard, mais elle restera en l’état. Ils nous lâcheront quand même un peu. Au premier galop, la selle d’Inès tourne. Complètement sur le côté, elle réussit néanmoins à arrêter sa fougueuse jument, mais se retrouve au final coincée contre un mur de clôture. Une belle ecchymose à la cuisse en guise de souvenir. Elle se rattrapera un peu plus tard en prenant ma jument, mieux équipée, pour un autre galop dans un chemin de sable. De retour à l’hôtel, bien fatiguée, elle va préchauffer son lit. On repartira donc seuls, Ashik et moi. Une grande marche de nuit, on fait le tour du lac en passant par tous les temples qui le bordent, pieds nus donc sur 1,5 km. Cette fois la dose est bonne, repos.

Jeudi 6 Réveil tôt ce matin, on quitte Pushkar, direction Udaipur, 5 heures de train. A l’heure, cette fois-ci, ça console : on ne s’est pas levés inutilement. Fouilles au fin fond des sacs pour déterrer des vêtements chauds, la clim est vraiment forte, on est gelés… Arrivés à 13h45, un taxi envoyé par l’hôtel (Kumbha Palace) nous attend devant la gare. En route, nous croisons des vaches, bien sûr, mais aussi des quantités de groupes d’ânes transportant des matériaux de construction. Inès restera sur place, un peu KO, et Ashik et moi allons nous balader à pieds : visite d’un temple, avec une quantité colossale de personnages et d’animaux sculptés dans du marbre. Et une longue discussion avec 3 gamines d’une douzaine d’années qui s’appliquent à bien se faire comprendre en Anglais : touchant.

Vendredi 7 Lever de bonne heure pour Inès et moi, pour une demi-journée d’équitation – le couple qui tient l’hôtel, une Hollandaise et un Indien, a également monté un centre équestre à quelques km de là. Trajet jusqu’au ranch avec le 4x4 de l’hôtel.

Rencontre des gens et des chevaux, et cette fois notre guide (le propriétaire) sera sur son propre cheval. 2 accompagnateurs à moto sont chargés de la sécurité, ils écartent les buffles et autres imprévus, tel ce poulain en liberté qui avait décidé de se joindre à nous malgré le refus de nos juments. Superbes paysages, quelques rencontres : des écoliers, une mangouste, un squelette de vache... Repas sur place, toujours aussi savoureux, pas de doute, ils savent manier les épices. On retrouve Ashik à l’hôtel, espoir de location de motos, mais on ne peut pas se mettre d’accord avec le loueur, un peu caractériel. On y retournera le lendemain, bien qu’il refuse de réserver, même si on lui paie tout à l’avance. Donc c’est à pieds qu’on ira jusqu’au « câble car », téléphérique qui nous emmène jusqu’au sommet d’une montagne où nous attend un temple, mais aussi un superbe point de vue sur l’ensemble de la ville. Retour en bas, et Ashik nous dégotte un resto (le Charcoal), qui annonce sa spécialité : le barbecue. Dans ce pays essentiellement végétarien, où nous n’avons quasiment mangé aucune viande sinon un peu de poulet à Delhi, ça nous fait saliver. En fait il n’y a que du poulet et de l’agneau, mais Inès avait justement annoncé son intention de ne plus manger aucun bébé animal. Donc poulet. Le mauvais gag : Ashik était entré très peu avant nous, et d’office le réceptionniste lui annonce : plus de place. Et lorsqu’il nous voit, miraculeusement il y a de la place. Devant notre « surprise », il bafouille vaguement que les autres clients vont se tasser… Réflexion d’Ashik : vous êtes mon passeport… c’est vrai que ce n’est pas la première fois que nous rencontrons ce type de situation. Coté place, nous sommes servis, au sommet de l’immeuble, une banquette confortable adossée au vide, sur laquelle nous allons manger semi-allongés, avec une vue magnifique sur le lac Pichola.

Samedi 8 Nous allons chercher les motos. On va remplir nos réservoirs, et retour avec une halte street-food (cuistot de rue). Nous retrouvons Inès et mangeons nos acquisitions en attendant qu’elle se prépare. Incendie dans les bouches… Balade du matin, on contourne le lac Pichola, très beaux points de vue, et on sort de la ville direction un temple perché au sommet d’une montagne très abrupte. Nous avions repéré ça comme objectif, hier. Manque de chance, la seule route qui y mène est barrée en bas. On est sensés y prendre un bus qui nous emmènerait sur notre lieu de prière. Bof, pas vraiment le but. En parlementant, on a finalement la possibilité de monter avec les motos, pour la modique somme de 710 roupies. Ça ne fait qu’une dizaine d’euros, mais bon. Demi-tour. On va finalement trouver une petite route magnifique qui nous mène à un autre lac, plus en altitude, et qui traverse des petits villages de montagne, qui suit une crête avec super point de vue de chaque côté, bain de buffles… Mais qui nous ramène vers Udaïpur, sans qu’on comprenne comment. Et on a peut-être la réponse à une question fonda-mentale dont on déjà parlé : que deviennent toutes ces vaches, après ? Deux ou trois cadavres, sans peau, sont sur le bord de la route, en cours de nettoyage par la nature. Serait-ce leur destinée à toutes ? Et l’utilisation du cuir serait-elle compatible avec la religion ? Nous aurons la réponse plus tard : affirmatif. Autre question, que deviennent toutes les bouses ? Là, la réponse est simple, il doit y avoir un service de nettoyage, qui les amène là, sur ce même bord de route, où d’énormes tas attendent, peut-être, une utilisation agricole ? Allez, encore une question, sans réponse celle-ci : on voit très fréquemment des pneus de motos ou de voitures, ou des chambres à air, en haut des maisons, accrochés aux toits ou aux terrasses, parfois dans les arbres : pourquoi ? Repas de midi dans une autre trouvaille d’Ashik, un tout petit resto qui comporte une mezzanine. Nous y mangerons sur des matelas disposés autour d’une grande table basse. Sympa et reposant. On reprend les motos et on suit le hasard de la route, sans objectif ni itinéraire. Des kms enfilés dans la montagne, sur de petites routes, des chemins de terre, voire des sentiers ou plus rien du tout quand on est dans la montagne elle-même : on en prend à nouveau plein les yeux. Le contact avec les gens est simple et rapide. À un moment, nous arrivons dans un cul de sac à flanc de montagne, une quinzaine de personnes travaillent à la construction d’un grand mur. On fait une pause. Deux hommes arrivent à moto, l’un deux se présente, il est le propriétaire, nous sommes sur son terrain qu’il fait clôturer. Il se fait un plaisir de nous faire visiter et de nous expliquer son projet de construction avec piscine. Vu les gens qui travaillent à son mur (y compris des enfants), tous n’ont pas les mêmes soucis au quotidien. Bon, d’accord, on le savait déjà. On reprend notre chemin. Un lac nous tente, vu de loin, mais de près on a moins envie de s’y baigner, l’eau manque de clarté – bande de chochottes. Nous rencontrons un troupeau de chèvres accompagnées par des enfants de 10 à 15 ans, qui transportent des fardeaux de bois sur leurs têtes. Sur le chemin du retour, on fait un crochet pour voir de plus près une statue monumentale que nous avons aperçue à l’aller, sur le flanc d’une montagne. Il s’agit d’un ancien roi, qui a dû laisser un bon souvenir vu ses dimensions aujourd’hui. Nous n’en saurons pas plus. Le chantier est en cours, impossible d’approcher.

Transport en commun, les passagers montent sur le toit du bus à l’occasion d’un ralentissement, il y a 2 échelles à l’arrière pour ça.

On laisse Inès à l’hôtel, elle en a eu assez pour la journée. Et on repart avec Ashik vers le lac Pichola, dont on fait le tour en bateau en approchant les divers palaces qui le bordent, ainsi que les deux qui forment des îles au milieu. La bonne virée standard pour touristes standards… Restitution des motos, retour, bagages, train-couchettes : au-revoir Udaipur.

Dimanche 9 Nuit un peu galère, avec le claquement permanent de la bouche de clim juste au-dessus de nos têtes (Inès et moi sommes collés au plafond – impossible de s’asseoir). Heureusement un interrupteur permet d’éteindre cette fichue clim, malheureusement à chaque fois que je l’éteins, la grosse femme du bas la rallume – elle n’a certainement pas la clim chez elle, mais ici elle a payé pour l’avoir, elle l’aura, y compris la nuit. Mais bon, on a dormi quand même. Presque 17 heures de trajet, c’est vrai qu’en train c’est long mais pas trop difficile. Et on arrive à Bombay, où nous sommes attendus par le sieur Pierre-Édouard PÉAN, un ancien agent de voyage qui, depuis 1989, consacre sa retraite à la scolarisation des filles dans un bidonville. Son ONG, l’AFIPE, a pris part, en 20 ans, à l’éducation de plusieurs milliers de filles. Elle ne fonctionne qu’avec des dons, et propose à chacun de parrainer une petite fille : 15 € par mois suffisent à couvrir ses frais de scolarité. Un virement automatique, simple pour nous, essentiel pour elles. afipe2012 at yahoo.fr

Nous mettrons un quart d’heure à sortir de la gare puis trois quarts d’heure à retrouver Monsieur PÉAN avec qui nous sommes pourtant en liaison téléphonique quasi continue : la gare est tellement vaste, imprécise, que nous ne parvenons pas à nous situer mutuellement. Il nous emmène à l’hôtel qu’il nous a réservé. Top confort. Le budget est à l’avenant, 3500 roupies, plus de 50 €, la nuit, ça change. Il faut préciser que le foncier est au même niveau de prix qu’à New-York ou à Tokyo, donc impossible de trouver un logement bon marché. D’où également la convoitise des promoteurs sur cet immense gisement foncier que représentent les bidonvilles. Deux types de démarches de leur part, la force, avec l’envoi de bulldozers qui détruisent tout, ou le porte-monnaie avec la construction de studios à très bas coût, qu’ils offrent à bas prix à ceux qui acceptent d’évacuer. On va donc à Malad, notre premier contact avec le bidonville. Il correspond à ce qu’on connaît par les reportages, avec le « vivant » en plus. Nous avons de la chance, une fois de plus : à cette époque où la mousson devrait battre son plein, très peu de pluie, et jamais quand nous sommes dehors. Et la chaleur, qui ne dépasse pas 35 à 40°, est très supportable. Les maisons sont des assemblages de bâches plastique sur des ossatures en bambou. Le sol est bétonné, et il y a une porte.

Pas de fenêtre par contre. Surprise, il y a la télé, chez tout le monde à priori. En fait, 95 % des hommes travaillent, dans le bâtiment ou dans des secteurs où on ne leur demande pas de qualification : ils sont « helpers » (manœuvres). Donc il y a des revenus, aussi faibles soient-ils, et la télé fait partie des priorités, avec le ventilateur au plafond. L’électricité est d’origine piratée.

L’eau est un problème majeur, nous croisons plusieurs personnes avec un bidon ou une cruche sur la tête : il n’y a pas de source d’approvisionnement régulier. Quand la chance est là, il y a une canalisation crevée à proximité, sinon il faut marcher.

Des sanitaires collectifs, cabanes juxtaposées, permettent un minimum d’hygiène et d’intimité pour les besoins « naturels ». Pas de tout-à-l’égout bien sûr, ça va directement dans la terre.

On est invités dans une des maisons, chez l’une des fillettes dont s’occupe l’AFIPE, l’association de Pierre Péan. Sa mère nous offre un excellent jus de mangue, mais nous sommes les seuls à en avoir, ni elle ni les enfants n’y ont droit. Je pense que nos boyaux sont maintenant suffisamment habitués au pays pour accepter que nous buvions dans des verres non aseptisés… Effectivement ça se passera bien.

Séance photos à répétition, on discute de choses et d’autres, de leurs conditions de vie, de leur histoire… Et on se quitte pour aller chez Pierre Péan, qui nous a préparé une excellente matelote de poisson. Deux jeunes filles habitent chez lui. L’aînée, Suvarta, 24 ans, vient de décrocher son master de sciences sociales, et a trouvé du travail dans un organisme de scolarisation dans les bidonvilles. Elle y va chaque matin en train, 3 trains successifs, 2 heures de trajet. Et rebelote le soir en sens inverse. C’est le retour que c’est le plus dur, les trains sont bondés, nombreux sont ceux qui restent sur le quai faute de place. L’autre jeune fille, Madina, a 17 ans, et commence une école hôtelière. Toutes deux sont originaires du bidonville visité cet après-midi, et ont bénéficié des services de l’Afipe pour leur scolarité. Longue discussion toute la soirée, on intègre de plus en plus la nécessité impérieuse de bien maîtriser l’Anglais. Je dis à Pierre Péan mon intention de parrainer une jeune fille, je souhaite juste qu’elle ait 10 ans, pour qu’elle grandisse en même temps que Carla, chacune de son côté de la planète, en attendant peut-être une rencontre ? Ils étudient les dossiers, ce pourrait être Ashwini. Nous n’avons que son prénom. Madina prend le téléphone et on fixe un rendez-vous pour demain 11h. Retour à l’hôtel.

Lundi 10 Arrivée au « slum » (le bidonville) : la petite Ashwini nous attend à l’entrée avec son père.

M. PEAN, aidé d’Ashik, leur explique la raison de notre venue. La petite fille est très attentive, et très émue, je ne le suis pas moins… Je lui donne le collier que Carla avait préparé, en souvenir, et nous échangeons nos coordonnées. En fait elle est plus âgée que prévu, elle aura 12 ans le 14 septembre. On se serre gravement la main et on part, en espérant se revoir un jour ou un autre. Je regrette ensuite de ne pas avoir été plus loin, je ne sais même pas combien elle a de frères et sœurs, si elle est ici depuis longtemps… Peut-être aurions-nous pu aller chez elle ? Il faudra revenir. On quitte un peu plus tard Pierre PEAN, et on prend le train pour le centre-ville. Les trains « locaux » fonctionnent un peu comme notre métro Parisien, circulation en continu, mais sur le plancher des vaches et non dessous. Aux heures chargées, ce qui est notre cas, les wagons sont remplis en force, les derniers s’accrochent comme ils peuvent en débordant à l’extérieur. Ici les portes sont ouvertes en permanence, un jeune nous dit que si on les ferme on risque une amende de 10 roupies. Nous n’arriverons pas à monter dans le premier, c’est dans le suivant que nous ferons les sardines pour faire le trajet, 30 km en environ ¾ d’heure, pour le prix de 10 roupies (15 centimes d’euros) par personne...

Balade au centre de Bombay, mer peu appétissante, marron, le bord jonché de détritus.

Le plus pauvre côtoie le plus riche. Antilla, « maison » la plus grande du monde, gratte-ciel individuel de 22 étages, 165 m de haut, 37 000 m², a coûté à son propriétaire plus d’1 milliard d’euros. Vue imprenable sur la plage ci-dessus.

Visite d’une mosquée, de la Porte de l’Inde, sorte d’Arc de Triomphe face à la mer.

Retour au train : cette fois nous avons beaucoup de chance, nous sommes assis. Très vite le wagon est bondé, la sortie sera épique, nos places se trouvant au fond du wagon. Inès qui ne voulait pas quitter la chambre ce matin (la flemme, disait-elle) se sera quand même bien amusée.

Les contacts sur lesquels Ashik comptait pour visiter une autre école, ou Dharavi, le plus grand bidonville d'Asie, 1 million d’habitants, n’ont pas fonctionné. Et Bombay est pour nous une ville pas très facile à vivre, trajets internes très longs, et extrêmement bruyante. Nous abrégeons et avançons le départ de 24 heures.

Mardi 11 Repos ce matin, je les laisse dormir jusqu’à 11 h, ensuite on quitte la chambre avec les bagages qu’on met en consigne à la gare, et on passe le reste de la journée à se balader dans Bombay, visite d’une galerie de peinture… Train à 23h pour GOA, 12 heures de trajet, patience.

Mercredi 12 Arrivée à la gare de Karmali à 11h. Surprise, pas de déchets au sol : il y a des poubelles, utilisées. Nous prenons un taxi pour aller à l’hôtel, à PANAJI. Le paysage est assez différent de ce que nous connaissons de l’Inde. Beaucoup de belles maisons, des constructions type Portugais, normal ici c’était eux les colons. Après le déjeuner, priorité location des motos, on trouve des 150 cm3 à 300 roupies (- de 4,50 €) par jour, à peine croyable. Et en plus elles fonctionnent bien. Différence de législation, ici le conducteur doit porter un casque. Mais quand j’en demande également un pour Inès, ça surprend : pourquoi faire, puisque ça n’est pas obligatoire ? Priorité suivante, la plage, mais on la quitte assez rapidement, plutôt déçus : quand on y est arrivés, superbes vagues, plein de monde, uniquement des Indiens, qui se baignaient jusqu'aux genoux, tout habillés, en s'éclatant, manifestement. Mais personne vraiment dans l’eau. Ashik nous explique que moins de 10 % des Indiens savent nager, ça ne fait pas partie de leur culture. On se met en maillots, Inès et moi, on se jette dans les vagues, et on se fait siffler aussitôt : interdit durant la mousson. Donc on va se rhabiller, et balades à nouveau, à pied et à moto. Le soir, restauration « street food » pour Ashik et moi, Inès n’a pas confiance. Et le lendemain semble lui donner raison…

Jeudi 13 Effectivement, quelque-chose n’est pas passé, j’ai le ventre en vrac… Ashik n’est pas trop bien non plus. Quelques Immodiums plus tard, on repart, avec un régime riz nature pour finaliser ça. Rien de grave, mais la leçon va durer une bonne semaine. Inès à coté nous narguait, avec un superbe steak sauce Roquefort, cuit juste comme il faut : c’était la première fois qu’elle mangeait de la vache depuis 15 jours. On retente la plage. Cette fois-ci c'est bon, on a pu profiter des vagues... Direction le Nord, une petite heure de moto, balade sympa, toujours à petit rythme pour en profiter avec tous nos sens, et pour qu’Inès puisse caresser une vache par-ci - par-là tout en roulant... On a fini par dégoter une zone qu'on croyait tranquille, mais les Life Guards étaient là aussi. On s'est éloignés de façon à être situés entre 2 postes, maillots vite fait (excellent moyen d'éloigner les vendeuses qui nous assaillaient, je les menaçais de leur montrer mon postérieur), et zou dans les vagues. Assez longtemps après, un garde est arrivé en sifflant, fin de la baignade, ça tombait bien, elle nous avait suffi. La plage était en sommeil, sur le plan touristique, peu de peaux blanches, alors que le secteur fait partie des destinations privilégiées pour les occidentaux. Saison morte… Une jeune Russe qui tient un restau avec son fiancé Indien semble désœuvrée, le restau est à moitié en chantier, il y a du pain sur la planche pour la ré-ouverture. Sur le chemin du retour, halte dans un petit parc aquatique, sympa mais pour une heure seulement, juste ce qu'il nous fallait également. Retour vers Panaji, pratiquement toute la route sous la pluie. Pas gênant, voire sympa : il ne faisait pas froid. Mais bon, quand même, trempés à l’arrivée.

Vendredi 14 Journée moto, juste pour le plaisir de rouler sans objectif. A Old Goa, visite de 2 églises et d’une cathédrale qui serait la plus grande d'Asie, datant des 15° et 16° siècles. Puis nous avons roulé, sur des petites routes qui se transformaient en chemins qui se transformaient en sentiers puis en plus rien... Le top, une petite route goudronnée, état nickel, en montagne, qui après un virage sec se transforme … en un très large escalier dont nous n’avons pas vu la fin. Gare à celui qui arrive un peu vite, descente rapide assurée. Toujours des paysages sympas, et quelques rencontres agréables. Et un long passage de la rivière en bac (traversée + remontée sur 2 km environ), avec une petite surprise : seuls les camions et les voitures paient. Restitution des motos, il faut préparer le départ. Mauvais plan pour demain, la grande ligne de bus qui devait nous emmener à notre prochaine destination a été supprimée, il n’y a plus que des bus basiques, ni clim ni sièges « confort » (on est allés à la gare routière et on a vu à quoi on devait se préparer). Le minimum 10 heures durant. Cerise sur le gâteau, départ prévu à 8h, il va falloir se lever tôt.

Samedi 15 Nous avons passé la journée à faire ce fameux trajet en car, qui finalement s'est plutôt bien passé. On est arrivés chez les parents d'Ashik, dans la ville de Shimoga (320 000 habitants). C'est une maison traditionnelle haut de gamme, spacieuse et claire, très propre et décorée. Le confort est spartiate selon nos critères, mais adapté aux leurs. Ils ont des toilettes avec cuvette, mais n’utilisent jamais que les WC à la turque. Ils ont un frigo, mais, pas de viande, pas de beurre, pas de jus de fruits autres que frais, donc il n’est pas branché. L’eau chaude est produite par un poêle à bois, elle arrive à un robinet dans la salle d’eau attenante, pour remplir un seau dans lequel on puise avec un godet pour se doucher. Et pas de machine à laver, la lessive est faite à la main. Ashik nous laisse sa chambre. Il n’y a un lit que depuis 3 ans, auparavant le matelas était directement sur le sol. Lui dort dans le salon, sur une banquette étroite.

Dimanche 16 Aujourd'hui, visite d'un parc zoologique avec quelques tigres en semi-liberté, d'autres en cages, des lions et autres animaux en cages... Plutôt triste.

Suite avec une grande cascade (la 2ème plus grande d'Asie), et au retour arrêt dans une rizière. Une première, de se balader ainsi longuement sur ces digues de terre de 30 cm de large. La cousine d'Ashik, Sneha, 12 ans, est avec nous. Les filles se sont baignées dans le canal qui alimente les champs. Elles ont commencé par marcher pieds nus dans l’eau, en faisant attention, puis se sont aspergées, délicatement au début, et ça s’est terminé par une baignade tout habillées.

Lundi 17 Ce matin dès 8h un centre d'éducation pour éléphants, 22 bestiaux, en liberté dans la forêt voisine, l’après-midi et la nuit, et au centre le matin. Les gardes doivent aller les chercher un par un, dans cette forêt où il y a également des tigres en liberté. Inès a pu participer à leur toilette et alimentation, et a fait un tour au final sur une éléphante de 95 ans. L’aîné a 99 ans. Ça conserve, apparemment, d'être gros. La plus jeune avait 10 mois, une vraie petite teigne, mais trop drôle ! Le plus grand mesurait environ 3,50 m de haut, impressionnant.

Cet après-midi, visite d'une école (un pensionnat, privé) pour enfants aveugles et mal-voyants. Une centaine d'élèves de 6 à 16 ans, entre 4 et 12 élèves par classe. L’école ne perçoit aucun financement d'état, elle ne fonctionne que par donation. La famille d'Ashik fait partie d'un groupe de donateurs depuis 10 ans. Le coût de fonctionnement est serré, 1000 roupies (env 15 €) représentent l'alimentation de tous les élèves pour une journée.

On a assisté à une heure de chant collectif, résultat puissant et très harmonieux.

Et à la fin, à 19h, ils reprenaient leurs études. Ecriture en braille, dans les 3 langues (3 alphabets différents : Hindi, Kannada - la langue de la région Karnataka, où nous sommes -, et Anglais). Un des plus grands nous écrit, avec son poinçon, l'alphabet de A à Z, puis nos noms, à une vitesse équivalente à la nôtre en écriture au stylo.

L’alphabet Kannada comporte une cinquantaine de caractères, dont 13 voyelles, et 14 accents qui peuvent se mettre sur toutes les lettres. L’ensemble parait très logique, et les règles n’ont pas d’exceptions, une bénédiction pour l’apprentissage. À droite, Sneha à l’œuvre sur une page d’écriture « classique » :

Le soir, promenade sur un marché aux fleurs, et dans les rues commerçantes de la ville. Une animation à l’asiatique, en nocturne, ça percute.

Mardi 18 Repos ce matin, et on reprend la route de Bombay sur 40 km, en voiture : Ashik retourne aux sources et nous emmène dans sa ville natale, là où vit la majorité de sa famille. Une très grande maison, et il vaut mieux : 20 personnes, 3 familles, y vivent. Accueil enthousiaste, mais réception à l’Indienne : nous seuls mangeons, les hommes sont au travail, les enfants à l’école, et les femmes ne mangent pas avec les hommes. Un peu désorientant pour moi. Visite de l’atelier du voisin, 3ème génération de sculpteur sur argile.

Des statues de Ganesh, et autres, à profusion. Il travaille d’arrache-pied depuis trois mois à la préparation d’une cérémonie. Il a des quantités de commandes à satisfaire, chacun lui spécifiant les caractéristiques de sa statue. Il lui reste un mois pour finaliser et peindre toute son œuvre. Et dans un mois, toutes ces statues finiront, à l’issue de la cérémonie, par un bain au fond de la rivière. La terre, séchée mais non cuite, reprendra son cycle naturel. Visite également du cinéma de quartier, régi par un membre de sa famille. Nous arrivons au milieu d’une séance. Qu’à cela ne tienne, nous allons dans la salle de projection, où nous découvrons un magnifique antique projecteur, remplacé depuis 3 ans par son successeur numérique, mais l’ancêtre a conservé sa place. Le contraste de température, entre la zone climatisée du nouveau projecteur, et la zone « famille » attenante, est saisissant… Retour à la maison familiale, pour une débauche de photos, chacun se faisant photographier avec les uns et les autres. Inès se fait habiller en tenue traditionnelle : une vraie princesse. On échange des photos par Bluetooth, ces dames non seulement sont équipées, mais de plus savent utiliser leur matériel. La mère de Sneha habite ici, elle est ravie d’avoir des photos très récentes de sa fille. Celle-ci, à l’école, n’a pas pu nous accompagner. Inès n’est pas en forme, elle sent venir une migraine, nous abrégeons la visite. Retour à Shimoga, Inès se couche, nous ne la reverrons pas ce soir.

Mercredi 19 On fait route en voiture vers BENGALORE, agglomération de 8,5 millions d'habitants, capitale de la région Karnataka. Quelques tronçons de belles routes à 4 voies, mais qui sont également équipées de quelques superbes nids de poules. Et toujours des vaches, et quelques chevaux et cochons, sur les bas-cotés et le terre-plein central. Vigilance obligatoire. Nous faisons un crochet par une ville dont Ashik rêvait de voir le palais, Belur. 900 ans d’âge, un état de conservation impressionnant, un souci du détail fabuleux, surtout quand on voit la quantité par laquelle il est multiplié. Des colonnes de granit tournées (si, si, sur un tour, il y 9 siècles). Des sculptures à l’infini, avec pour beaucoup un travail dans la profondeur de la pierre. Des étudiants viennent de très loin pour y faire des esquisses, ils sont dans un autre monde, totalement concentrés sur leur œuvre. La circulation à l’entrée de BENGALORE est vraiment étonnante. En particulier devant un passage à niveau fermé, sur une route initialement à 2 x 2 voies, qui est utilisée à 2 x 3 voies - on se tasse. Ça déborde, ça déborde, et, devant la barrière fermée, les 6 voies sont peu à peu remplies. Idem dans l’autre sens. À l’ouverture, les 6 files se retrouvent donc face à face, sans échappatoire. Amusant quand on n’est pas pressés. On est hébergés chez un cousin d'Ashik. Un couple de jeunes, elle, 28 ans, travaille dans une banque à proximité, et apprécie : elle a vécu longtemps des trajets de 2 x 2 heures par jour. Lui, 35 ans, est médecin ayurvédique, dans sa clinique située à 2 pas de chez eux. Il m’explique qu’il travaille sans rendez-vous, sa femme précise que les gens font des queues parfois phénoménales, dans la rue, pour le voir. Il reçoit entre 80 et 100 personnes par jour, à partir de 10h, et finit le soir entre 23h et minuit. Ce soir il a fermé plus tôt pour nous recevoir, il est arrivé vers 22h30. Sa mère, la tante d’Ashik, vit avec eux. On a droit à la guest-room, leur chambre d’amis. De « vraies » toilettes, dans la salle d’eau privative de notre chambre, avec de l’eau chaude au robinet, mais toujours la douche au seau. Les coutumes sont décidément dominantes sur le confort. Autre coutume, qui, elle, m’aura assez gêné tout au long de ce voyage, le fait que les femmes servent les hommes, et mangent ensuite, quand ce service est terminé. Ici aussi, chez des jeunes, c’est le même fonctionnement : ce n’est qu’après avoir terminé notre vaisselle que les 2 femmes mangeront, assises par terre dans la cuisine.

On regarde avec Inès ce qu’est la médecine ayurvédique, on comprend mieux comment notre hôte tient le coup. Les médecines traditionnelles ont depuis 2014 leur ministre attitré, qui gère et promeut l’ayurvéda, le yoga, l'unani, le siddha et l'homéopathie.

Jeudi 20 Départ à 11 heures, direction l’aéroport de BENGALORE. Et ce sont les adieux avec Ashik, et la grande question : où se revoit-on ? En Inde ou en France ? Ashik nous aura vraiment été d’une aide précieuse, tant par sa disponibilité, son écoute, que par le fait qu’il est du pays, donc pas de problème de langue. Au contraire, il nous a fait travailler notre anglais, ne parlant pas du tout français. Il nous a évité le problème classique du touriste ici, on n’était pas assaillis, surtout en sortant des gares ou aéroports, par des gens qui vous veulent tous le plus grand bien mais vous emmènent généralement dans des embrouilles. Il a pris en charge la gestion des billets de trains, complexe avec leur notion de listes d’attente, qui peuvent - ça nous est arrivé - devoir faire passer les billets en « prioritaires », avec doublement du prix, si on veut vraiment avoir le train. Et il semblait mettre un point d’honneur à toujours trouver les meilleurs plans, tant au point de vue logement, restos, visites, loisirs, etc… Je lui demande s’il est prêt à refaire ce type de circuit, si on me demande ses coordonnées, il répond oui avec enthousiasme.

Envol sans problème pour Delhi, on a pris l’option avion, 2h30, plutôt que train, 37 heures. 75 € par personne pour un tel gain de temps et de fatigue, le choix était vite fait. Fin d’après-midi shopping souvenirs, balades dans Delhi, et une dernière nuit Indienne. Encore un bon plan avec une chambre pour 10 € sur E-bookers : clim, douche, wc comme chez nous, et même le transfert aéroport. Incroyable, à nouveau. Airport Hotel Mayank Residency.

Vendredi 21, samedi 22 Retour sans souci, juste un peu long, normal... Départ de l’hôtel à 10 heures, arrivée à La Rochelle près de 30 heures plus tard. Ça parait tellement simple de parler français !

La très grande question, maintenant, pour moi : Inès tirera-t-elle profit de ce périple ? Ce vécu sera-t-il plus efficace que nos discours classiques pour lui donner envie de vivre plutôt que de survivre ?

Comment aider un ado à se projeter dans l’avenir ?

J’espère avoir aidé le déclic à se faire…
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L'ashram d'Amritapuri - Kerala
J'ai séjourné dans l'ashram d'Amritapuri durant trois semaines entre novembre et décembre 2013. Ce fut une expérience très enrichissante et je ne regrette pas un instant de l'avoir tentée. Je ne connaissais rien de la culture religieuse indienne. Cet ashram est tenu par Mata Amritanandamayi, une gurugita plus connue sous le nom d'Amma. Vous en avez peut-être déjà entendu parler, elle est énormément connue grâce à ce qui s'appelle un darshan. En gros, elle câline les gens qui viennent à elle. Mais au-delà de ça, elle est à la tête d'une association immense pour la paix qui participe grandement au développement de certaines régions d'Inde. Bref, je ne vais pas faire une apologie d'elle ou de son organisation. Pourquoi tant vouloir y aller? L'ashram, c'est censé être un lieu calme, relaxant, où l'on en apprend plus sur soi-même. Et j'ajouterai que cela est d'autant plus bénéfique à un occidental comme moi, nous qui courons après le temps. Mais je ne voulais pas non plus m'isoler totalement. Et puisque j'avais entendu parler d'elle et que son ashram est relativement assez bien connu, je me suis lancé. L'avantage majeur était qu'il s'agit d'un grand site où se croisent beaucoup d'indiens et d'étrangers et que ce n'est pas très restreint. Il y a du bruit (pas tellement, mais au sens d'animation). Tout ce qu'il me fallait. Autre point, la participation aux activités est conseillée mais nullement obligatoire.

Voici grosso modo comment se déroule une journée-type pour qui veut s'y appliquer. - A 5h du matin, il y a l'archana, des "prières" consistant à invoquer les noms de la mère divine. Je ne l'ai jamais fait, honte sur moi, mais il existe une seconde possibilité à la même heure, que j'ai cette fois-ci faite, et qui est à mon sens plus intéressante. L'ashram est construit sur la maison de naissance d'Amma. Et à 5h, dans l'ancienne étable (si je ne me trompe pas), une cérémonie est faite. C'est une puja. Peu de gens y assistent et pourtant c'est très beau. Un prêtre fait brûler diverses essences de bois, récite des prières et des invocations. Ça dure environ une heure, durant laquelle on nous béni et nous offre à manger une offrande. Je ne saurais dire ce que c'est, mais c'est fort bon! Les cendres récoltées peuvent être apposées sur le front à la sortie. - Vers 6h, un thé est offert. Le thé, en réalité, c'est du Chaï (thé, lait, épices). Le goût peut surprendre au début, mais on en devient vite accroc! - A 9h, le petit-déjeuner est officiellement ouvert! Bonne nouvelle pour ceux qui sont levés depuis l'aube. Au choix, cantine incluse dans le prix ou cantine occidentale. J'en reparlerai. - Aux environs de 11h, un nouvel archana est prononcé. - A 13h, le repas de midi est servi pendant environ une heure. - A 16h, un nouveau thé est offert. Il s'accompagne parfois de gâteaux, mais c'est rare. - A 18h30, on récite les bhajans. Ils durent jusqu'à 20h. Ce sont des chants en direct avec un orchestre d'instruments traditionnels. C'est le moment que je considère comme étant le plus "puissant". Beaucoup de personnes sont présentes, et le fait que ce soit chanté et non récite met une sorte d'ambiance qui empêche - en principe - de s'assoupir. - 20h, dernier repas de la journée, pendant une heure. Des leçons sur les écritures, gratuites, sont données au temple après, mais en anglais indien, ce qui signifie qu'il faut s'accrocher. Evidemment, lorsqu'Amma est présente, tout est chamboulé. C'est un peu, pour être familier, à la zob. Attention, lors de l'archana du matin et pour les bhajans, le temple principale (Temple de Khali), est interdit aux hommes.

Lorsqu'on arrive, on doit se rendre au bureau d'enregistrement (registration desk) en face du plus grand temple. On y rempli une fiche et l'on fait le choix du prix du séjour. C'est à dire qu'en chambre partagée (deux voire trois lits ou matelas), on paie évidemment moins cher. Le double en chambre solo. Les trois repas et les deux thés inclus plus la chambre reviennent à 4€ par jour (8€ en solo). C'est largement abordable mais j'ai constaté que ça augmente d'année en année par rapport aux témoignages d'anciens touristes. On prend alors votre passeport pour être sûr que vous ne prendrez pas la poudre d'escampette sans payer (d'où l'utilité de photocopies avec soi). Le règlement se fait au départ, ce qui est tout de même un avantage: pour pouvez leur dire que vous resterez deux semaines et partir au bout de trois jours, et vice-versa. On obtient alors le numéro de sa chambre, le bâtiment et le code du cadenas (attention aux vols, pas de porte fermée avec des clés). Bon courage, alors, pour trouver. J'ai eu de la chance, j'étais juste à côté du second temple. Mais vous pouvez tomber loin, surtout si vous êtes un homme seul. Les sexes sont séparés sauf en cas de couple marié ou d'enfants.

Il est recommandé d'effectuer un seva, c'est en quelque sorte un travail bénévole et désintéressé. Ce n'est pas obligatoire, mais ça a l'avantage d'occuper la journée pour ceux pour qui la méditation n'est pas innée (moi). Soit on vous accostera en vous en proposant un (vous êtes libre de refuser), soit vous pouvez aller au bureau des seva dans le temple principal où on vous en donnera un en fonction de vos disponibilités et préférences. Mais vous êtes pas là pour faire la fine bouche, si? Parce que les travaux proposés varient grandement. Autant l'on vous demandera de laver le sol le soir, autant vous pourrez travailler au compostage, entre la bouse de vache et les tarentules (expérience personnelle désastreuse). Le premier jour, j'ai été abordé par un jeune qui me proposait de m'occuper pendant deux heures, chaque matin, d'un ancien brahman devenu aveugle et logeant dans la clinique de l'ashram. J'ai accepté. Et puis l'après-midi, j'ai travaillé pendant deux semaines au compostage jusqu'à ce que les tarentules aient raison de ma force spirituelle (chaque jour fut une épreuve, la peur d'en croiser une). Aussi fatiguant que ces travaux puissent être (le compostage, c'est usant et surtout archi transpirant, une véritable fournaise), on en tire un contentement. Moi qui suit très "travail effectué, travail rémunéré", ça m'a fait un bien fou de bosser sans ne rien recevoir en retour (bon, ils parlent bien d'énergie spirituelle d'Amma et d'élévation en remerciement, mais ça, ça reste encore à prouver concrètement).

Les journées sont donc, en définitive, assez remplie. Il y a des moments où l'on s’ennuie lorsque c'est la première fois et qu'on n'est pas un pro de la méditation, mais on peut faire d'autres choses. Il y a une bibliothèque où l'on peut emprunter des livres (caution de 24€ tout de même) mais aux horaires d'ouverture assez compliquées. Vous pouvez aussi prendre rendez-vous avec des astrologues, des masseurs, des médecins ayurvédiques (payant tout ceci) ou aller visiter les boutiques (pas de souvenir genre boule à neige hein, plutôt des portraits, des bijoux, des livres ou des CDs, des produits bios ou fait-main). D'ailleurs, il y a deux magasins de vêtements (plus une friperie) peu chers que je vous conseillerai d'acheter tout simplement parce qu'ils sont ultra légers et donc idéaux pour la chaleur. Les robes courtes, les shorts ou les habits sans manche sont de plus théoriquement interdits (dans la pratique, certains passent outre, surtout les hommes). Sinon, restent quelques belles balades le long de la plage ou dans le village adjacent. Pendant que nous sommes dans les interdits, pas de sexe, pas de drogue, pas de cigarette et d'alcool dans l'enceinte de l'ashram. Pas de photographie non plus, du moins pas des bâtiments dans l'enceinte (j'ai fait des exceptions, c'est pas bien, mais ils ne veulent pas que commerce en soit fait, donc je me sens un peu moins coupable puisque je ne compte pas en tirer de l'argent).

Au niveau des installations, on ne peut pas dire qu'il manque réellement d'infrastructures. Un genre d'épicerie vend de tout (nourriture snacks, miel et même nutella par exemple, mais aussi savons, papier-toilette, produits d'entretien, ustensiles de cuisine) dans un local tout petit. Il y a une laverie. Le prix est un peu élevé et ils n'acceptent pas les sous-vêtements. Donc si vous restez longtemps, vous pouvez acheter de la lessive et un système de filtrage à la MacGyver car l'eau courante peut teinter les vêtements clairs. Il y a, pour boire, des fontaines prévues à cet effet et munies de filtre un peu partout (mais pas dans les chambres, prévoyez la gourde ou alors buvez au robinet et prévoyez le smecta). Une mini-banque est aussi présente sur le site avec un distributeur (climatisé s'il-vous-plaît!), mais préférez vous rendre au village car ici vous ne pourrez pas retirer plus de 42€ à la fois (ce qui est dommage étant donné les frais éventuels prélevés par votre banque en France). Il y a aussi une salle informatique, mais elle a l'inconvénient de n'avoir que sept ordinateurs. Beaucoup de gens font donc la queue et le temps y est limité à 30mn (en plus d'être cher), ce qui ne laisse, au final, pas le temps de faire quoi que ce soit. Vous pouvez aller au village en traversant un pont où les cyber(cafés) pullulent pour pas cher. Les postes y sont par contre parfois vétustes et ont l'inconvénient de ne pas disposer de port USB (sauf par chance inouïe, ils sont volontairement cassés pour limiter la transmission des virus, c'est marqué).

J'en viens maintenant à la nourriture. Lorsque je voyage, c'est toujours ma phobie (avec les douches à l'eau froide - c'est le cas à l'ashram). Je suis compliqué, même si j'aime découvrir. Les repas ouvrent et ferment à des heures fixes, mais vous pouvez les prendre n'importe quand dans les tranches horaires indiquées. Quoi quil en soit, l'on ne peut pas vraiment dire que l'on découvre à l'ashram. Ah si, on (re)découvre le riz, (ré)inventé à toutes les sauces. Le matin, en général, riz blanc nature et les jours de chance, riz compressé en sorte de galettes style cookies étouffes-chrétien ou semoule épicée. Le midi: riz aux légumes et à la sauce piquante (chaque chose est séparée, donc vous pouvez ne pas tout prendre). Le soir: riz à l'eau. Et quand je dis riz à l'eau, en fait, c'est beaucoup d'eau avec un peu de riz. Plus légumes. Les ouvriers de l'ashram ont en plus des galettes indiennes et des petites bananes très sucrées. Quand il y en a trop, elles sont distribuées à tous (gardez l’œil, ça part vite). Fort heureusement, trois autres solutions existent! - Faites quelques mètres en dehors de l'ashram et achetez aux vendeurs ambulants, aux échoppes ou allez en restaurant. C'est pas cher. - Profitez de la cantine indienne payante (la seule aussi ouverte à l'heure du thé pour les gâteaux). Je n'y suis jamais allé parce que c'est ultra-bondé à moins d'être dans les tous premiers). - Allez à la cantine occidentale. Pâtes, pizzas, œufs, yaourts (le midi), céréales et pancakes (le matin), hamburgers végétariens, bref, tout ce que vous voulez pour pas cher (à relativiser selon l'aliment après conversion). Je conseille. Juste à côté, le matin, est ouvert un deuxième espace avec d'autres produits (également le soir lorsqu'Amma est là, et ça devient un délice avec des soupes délicieuses). Tout ceci est bien sûr - sauf à l'extérieur - totalement végétarien. La cantine occidentale a en outre l'avantage de s'adapter à tous les types de régime: sans gluten, intolérance au lactose, végétalien. Et y travaille une véritable pâtissière d'origine allemande qui fait des gâteaux à tomber par terre (sachez que j'ai pris trois kilos en trois semaines dans un ashram indien à engloutir des gâteaux et des pancakes alors que juste avant je n'ai pas pris un kilo en travaillant pendant trois ans chez McDonald's)(en allant en Inde, on ne s'attend pas vraiment à grossir).

Vous ne vous sentirez pas seul dans l'ashram. J'y suis arrivé en catastrophe totalement apeuré après Mumbai. Et dès le lendemain je rencontrai des gens supers sympathiques avec qui j'ai noué des petits liens, d'horizons très variés. Il y a énormément de français, d'américains et d'allemands, moins d'italiens, d'anglais et de russes. Le reste des nationalités est très minoritaire. Et puis l'on découvre des personnes qui viennent pour deux jours ou trois mois, des gens qui y vivent continuellement. J'ai été surpris de voir pas mal de familles monoparentales qui y vivaient à l'année avec un enfant, en général, en bas âge et ne rentraient en France (lorsqu'elles ne pouvaient pas aller au Sri Lanka) que pour renouveler leurs visas. Il n'y a pas de télé, l'accès aux ordinateurs est difficile, peu de jouets (un espace leur est dédié à la bibliothèque), mais ils semblent bien s'adapter et se divertir par d'autres moyens.

Pour finir, je vais expliquer brièvement comment ça se passe en présence d'Amma. J'ai eu de la chance, mon séjour a été coupé en deux, une semaine et demi sans elle, le reste avec. L'ashram fourmille beaucoup plus parce que beaucoup plus de gens viennent la voir, surtout des indiens des environs; le dimanche leur est même réservé en priorité. Les bhajans se font en sa présence et sont de fait beaucoup plus animés. Elle chante elle-même, et c'est bien plus rythmé. On sent une véritable ferveur de la part des vrais adeptes. La première fois, j'en ai vu un dans une sorte de transe, j'ai cru être tombé au pays des Bisounours endiablés. On s'habitue. Il y a aussi des policiers. Amma a été la cible d'admirateurs qui voulaient la tuer, la protection est donc rapprochée. Mais elle continue d'étreindre les gens quand même. Normalement, je n'aurais du avoir qu'un seul darshan, l'officiel. Mais j'ai triché. Je sais, c'est pas bien. Surtout là-bas, c'est pour s'élever spirituellement! Armez-vous de patience. Le premier était non officiel, j'ai fait la queue pendant trois heures (j'ai voulu griller avec une amie en traçant directement auprès d'elle mais nous avons été repérés. Bon. Ce n'était pas volontaire, on avait mal vu la file d'attente, croyez-moi). Il y a deux files d'attente d'ailleurs, pour chaque sexe. Mais les femmes peuvent aussi passer du côté homme. Nous sommes lésés, nous les mâles, je vous jure! Bref, j'ai eu mon câlin. Ça ne m'a pas conduit au nirvana, j'étais surtout bien content d'avoir fini d'attendre. Le dimanche arriva, le jour des indiens. Mais je vis un petit panneau "pour ceux qui partent dans les deux jours, darshan exceptionnel). Ah bah je partais dans les quatre jours, j'ai donc légèrement menti (légèrement j'ai dit) et ai promis de ne pas repasser si un autre était organisé. Accrochez-vous, j'ai pris mon ticket à 11h30. Je suis passé en pleine nuit à 3h du matin! Heureusement que là on ne reste pas les fesses posées sur une chaise et qu'on est libre de faire ce qu'on veut où on veut. La veille de mon départ, enfin, Amma organisa une méditation (inconfortable s'il en est), sur la plage. Puis un darshan pour ceux qui partaient le lendemain. J'ai donc fait la queue. On m'a demandé si j'étais déjà passé entre ses bras cette semaine là. J'ai assurément et honteusement menti par deux fois et ai effectué mon dernier enlacement. Bon. Alors. Est-ce que j'ai senti l'énergie universelle m'envahir? Concrètement, pas vraiment. Mais l'ambiance, l'atmosphère, l'assurance de cette femme qui, quand même, en jette lorsqu'on la en face de soit, font que l'on ressent tout de même une sorte de bien-être à s’emmitoufler dans les bras d'une inconnue. Faudrait que je fasse un câlin à tous ces gens dans la rue à Lyon qui tiennent un panonceau avec "hug me".

L'ashram d'Amma. A refaire.
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Où acheter du tissu à motifs indiens à Paris?
est ce que quelqu'un peut me dire exactement, où je peux acheter du tissu a motifs indiens (moiré dans les tons pastels et chauds) genre soie ...pour faire des rideaux dans une chambre en tadelakh ( beige, brique, rose fushia, clair et vieux rose) merci. Je pense à la rue Leclerc........?
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Hypermarché en Inde?
Bonjour à tous, Savez vous s'il existe des hypermarchés en Inde type Carrefour ou quelque chose qui s'en rapproche? Et trouve t'on du lait en brique ?

Bon week

eric😛
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Impossibilité d'obtenir le visa employment en Inde
Je viens de tomber sur ce forum par hasard et je me dis que peut etre que quelqu'un trouvera une idée géniale, un truc ou astuce pour nous sortir de ce "cacadier". En quelques lignes (je vais essayer...). Mon ami a été embauché par une entreprise indienne pour bosser là bas (départ prévu initialement mardi dernier...) je pars avec. Nous voila partis à la "conquete" du visa via Paris. Pour moi : visa touristique = aucun probleme (malgré la mauvaise volontée de la dame du guichet 3...) Pour mon ami : visa employment : 1er round : (5heures d'attente) "Il manque tel papier" (notifier nulle part sur le site et dont personne n'a jamais entendu parlé) 2e round : (rebelotte) "Cette phrase n'est pas à la bonne place sur le papier" (papier rempli par les soins d'une secretaire indienne) 3e round : (2 ou 3 bonnes heures) " laisser votre dossier on vous appelera" (aucun appel) 4e round : (on ne compte plus la patience ne fait plus qu'un avec nous) " on a pas encore regardé votre dossier"

Alors mes questions sont : "POURQUOI SEMBLENT ILS S'OBSTINER À REFUSER DE NOUS DONNER AU MOINS UNE REPONSE ?" et surtout " QUEL RECOURS AVONS NOUS ?"

Nous avons deja reporté le depart d'une semaine et il semblerait que la semaine prochaine sera idem...

Merci à toute personne ayant ne serait ce qu'une minuscule idée (déjà pensé par correspondance mais tous les papiers sont deja dans leur bureau). Et bon courage à ceux qui partent là bas, au moins on apprend la patience.... Adeline
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Cuisine en Inde et au Ladakh
Bonjour je vais aller à Leh au Ladakh en Septembre, avec un halte d'un soir à Delhi. Je vais chez un Amchi pour soins pendant 15 jours. Je suis assez malade à cause de problèmes digestifs très sérieux, ce qui m'oblige à avoir un régime alimentaire strict (basé sur la médecine chinoise). J'ai quelques questions: 1. Pour les produits laitiers je ne supporte que le fromage de brebis, et les fromages de vache à pate cuite) - Trouve t-on du lait et fromage de brebis? - le beurre et lait de Yack est il digeste? (taux de lactose?) - Trouve t-on du lait de riz? - Y a t il un moyen autre que le lait pour me faire du porridge? - Y a t il autre chose que du yaourt dans le Lassie indien (lait, crème, ...) 2 Pour les boissons, je supporte le thé peu infusé et les boissons à base d'orge. J'ai vu que le thé tibétain est bouilli longtemps. Ca doit être très amer et fort, non? Je sais qu'au Ladakh il y a de l'orge, est ce qu'on peut boire une boisson non alcoolisé à base d'orge? 3 La cuisine du Ladakh est elle grasse? Merci beaucoup pour vos réponses! Tuno
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Compagnies "low-cost" indiennes
bonjour, qui a deja pris spice jet ou indigo en inde?fiable ou pas au nivea secu?qui a deja reserve ses billets de trains ou d'avions par makemytrip.com?enfin meme si je ne suis pas dans la bonne rubrique, y-t- il une compagnie ferroviere meilleur qu'une autre? merci🙂
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Trek au Zanskar au départ de Padum: possibilité se trouver une stucture minimale?
Bonjour , j' aurai aimé savoir si a PADUM je peux trouver Guide , horse , horseman et cuisinier afin de faire la traversée Padum- Lamayuru . En effet j' essaye de trouver tout ce staf au depart de LEH mais c' est vraiment la galere : soit les prix montent , montent jusqu' a 65 euros /jour /pers /base 3 pers avec le tres cité PHUNCHOK ( soit la modeste somme de 3000 euros pour 15 jours ) soit d' autres donnent un prix plus correct , on echange des mails , tout va bien les trajets en jeep a l' aller et retour sont compris ;cela parait parfait mais lorsque l' on insiste pour avoir toute la liste des prestations incluses :changement de programme .On vous rajoute 250 euros pour le trajet LEH/PADUM .Ils sont a mourir de rire ces LADAKHIS 😏
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Mon voyage en Inde
salut à tous, j'avais posté il ya quelques mois partant en inde pour le mariage d'un ami....

désormais de retour depuis trop longtemps j'ai eu le temps d'écrire un petit carnet de voyage sur l'inde comme je l'ai vu...

Je crois que tout à commencé le jour où j’ai pris l’avion, arrivée à heathrow…direction le terminal.....là tu comprends que tu vas ailleurs…j’avais pu lire sur mon billet « se présenter au comptoir d’enregistrement 3h avant le vol » j’ai pu constater que ce n’était pas de trop…. la communauté indienne du UK était visiblement plus nombreuse que ce que je pensais et avec ma seule valise rempli de 23kg de chocolat je faisais petit voyageur au milieu des centaines de personnes…et des milliers de valises…ou devrais je dire..colis…tonneaux…carto ns et caisses.. Plus le vol avancait, plus je me demandais si je faisais bien d’y aller…en attendant dans la salle d’embarquement j’avais vu pu apercevoir le pilote se rendre dans l’avion...vous savez le mec la quarantaine juste passée..en costard avec les 4 barrettes…cheveux légèrement grisonnant...teint mate dû à ses nombreuses escales au soleil…et qui doit logiquement être suivi d’une troupe d’hôtesses de l’air toutes plus belle les unes que les autres... surprise surprise…il marchait seul J et la limite d’âge avait l’air largement dépassée..je me rassurais en me disant que ce n’était pas plus mal il devait être un pilote plein d’expérience…mes idées les plus loufoques m’amenaient à penser que le commandant de bord était tombé malade et qu’Air India l’avait remplacé à la dernière minute par un indien pilote retraité habitant sur Londres… La suite c’est le guide du routard qui s’est occupé de me mettre les chocottes…première page....parmi les 3 régions déconseillées aux touristes en Inde figurait ma destination… Après avoir goûté aux joies épicées du repas indien pendant le vol…j’arrivais à Mumbai après 8H30 de vol ….les 5 visages pales que j’avais comptés dans l’avion descendaient tous…comme l’équipage…je restais assis patiemment en essayant de tuer tous les moustiques volant autour de moi..pendant les 3h d’escale les portes du 747 400 étaient ouvertes ce qui permettait à la chaleur de rentrer mais aussi aux moskitos…pif paf pic pic…je l’ai loupé le moustique me pic…là tu pries très fort pour que le traitement anti palu que tu as commencé à prendre la veille marche sur toi !! Changement de crew…l’équipage est encore plus âgé que le précédent…le guide du routard…ma bouche en feu…les moustiques…tout ca commence à me travailler…lorsque l’avion décolle pour Ahmedabad et qu’une partie du plafond s’écroule tu commences à regretter… 2H50 tarmac de l’aéroport d’Ahmedabad, j’y suis !! il fait 20° ! exit mon sweat à capuche...yahooooooo..à moi l’Inde et la découverte… 2H51 tarmac de l’aéroport d’Ahmedabad, je remets mon sweat à capuche cette dernière bien vissé sur ma tête…j’avais oublié les moustiques l’espace d’un instant… Arrivée à la douane…le seul blanc…le seul blanc parmi toutes les files d’attentes…la sensation que tout le monde t’observe…de la tête aux pieds…tous avec de grands yeux d’un air de dire « qu’est ce que cette grand tige fait ici ? » il faut dire que mes gesticulations incessantes pour éloigner les moustiques ne jouaient pas en ma faveur…les indiens restaient impassibles aux attaques des moskitos…surement parce que depuis le temps ils devaient être immunisés.. Après une longue négociation à la douane pour cause de « damaged passport » et après avoir juré, craché, promis de changer mon passeport dès mon retour en France, j’ai le droit d’enfin rentrer sur le territoire indien et d’aller chercher ma valise… « Welcome in india » me dit un indien à côté de moi puis me fait signe de regarder devant….sur le coup je n’ai pas compris…mais quand j’ai vu la file d’attente...et les gens qui criaient pour récupérer leurs valises j’ai compris que c’était le pays de la folie…d’abord il faut te frayer un chemin…puis pour garder ta place tu joues des coudes...sans cesse bousculer...tu essaies coute que coute de tenir ta place...tu regardes tous les tapis crachant les valises..la moitié tombant du tapis roulant dès leurs apparitions…poussé dans le dos…les dames d’à côté me disent « help me help me it’s my luggage » tu te contorsionnes pour attraper la valise…première tentative ratée…le tapis va trop vite…et dans la cohue impossible de ramener la valise vers moi…deuxième passage…je m’aperçois que la valise est surement plus lourde que moi…je tire de toutes mes forces pour la faire tomber sur les pieds de mes voisins...qui ne semblaient pas vouloir m’excuser malgré mon grand sourire… Coup de téléphone de mon pote Bounty (le marié)… « Pour le vin qui est dans ta valise, prépares quelques billets dans tes poches et si on te demande ce n’est pas pour nous mais pour toi...comme tu es français tu apportes tes bouteilles pour boire en vacances »… 04H30 ma valise arrive !!!! yesssssssssss !!! C’est magique cette sensation de délivrance, parce que pendant l’attente tu te dis toujours... « put…ils m’ont perdu ma valise » Finalement je passe le contrôle des bagages sans soucis…je sors de l’aéroport…je me retrouve nez à nez avec 5 mecs devant moi....bandana blanc sur le bas du visage...lunettes noirs (bizarre au milieu de la nuit)…un flash me vient au cerveau…nous sommes à côté du Pakistan…les talibans sont là pour kidnapper le seul blanc de l’aéroport…je serre les fesses et commence à courir avec ma valise…yesss !! je vois Bounty ...je me jette sur lui et le presse de monter dans sa voiture…il m’explique que les 5 mecs ont des problèmes de peau ou de maladies et qu’en inde tu ne le montres pas…c’est dingue comme les informations de la télé et l’ignorance peuvent te faire penser à n’importe quoi !! Quand même, des talibans venus me kidnapper !!!! c’était surement les 10h de vol qui me tapaient sur la tête….

5H30 arrivée, chez Bounty…on enjambe les gens qui dorment par terre dans le salon pour rejoindre une chambre…ses parents nous ont laissé leur lit...nous nous endormons son cousin, lui et moi….

Jeudi 10h je suis réveillé par les enfants qui me touche les mains et tire mes joues…Bounty me précise que je suis le premier blanc qu’il voit… Ce qui est bien avec les enfants...c’est que le langage est universel...tu essaies de les attraper...tu cours derrière eux…tu pousses des cris et tu simules l’envie de les manger...et tout de suite tu t’entends bien avec eux… Cours d’indi par les enfants.….tintan, katic et vindy me montre des animaux en photo, prononcent leurs noms en indi...et j’imite l’animal... « chien = doggi » « singe = bandane » c’est à peu près les 2 seuls animaux que j’ai réussi à imiter...avec plus de faciliter pour le singe que pour le chien J… Bounty m’emmène à l’épicerie...à 2 sur la moto sans casque…je suis assis derrière en amazone...le côté gauche des motos et scooter dispose d’un super repose pied dont ils se servent pour mettre des sacs ou les pieds du passager…il fait bon ... 25° …. Cheveux au vent…l’épicerie n’est pas très loin de la maison…elle sera la mienne pour ces 4 prochains jours…Bounty m’indique le prix de la bouteille d’eau 20 roupies (=30cts d’euros)… et me présente au proprio…j’ai pour consigne de ne jamais donné plus...les prix en inde sont généralement à la tête du client…et ma bouille d’européen a le don de multiplier les prix affichés par 2 ou 3…

Je découvre petit à petit son sector...son village dans la ville…Gandhinagar, la ville où j’habite est divisé en plusieurs sector. Les maisons, le sol, me font penser au bled, au sol c’est un mélange de sable et de poussière, les maisons sont rectangulaires en béton…toutes comportent 3 terrasses, une au première étage, une autre au second et une derni��re sur le toit. Chaque pas agite le sable, et les rayons du soleil mettent en avant toutes les particules de poussière…je m’éloigne à chaque balade de quelques mètres de plus…et joins mes 2 mains en prononçant nasmaté aux voisins...voilà comment on dit bonjour là bas.. L’après midi, courses pour le mariage...il fallait me trouver une robe assez longue pour la première nuit du mariage, le vendredi soir, dans le village de Bounty.…direction Ahmedabad 5 millions d’habitants et tout ce qu’il faut …la circulation n’est pas du tout la même qu’à 5h du matin quand nous avons quitté l’aéroport… Concert de klaxon, défilé de scooter nous passant tous plus près les uns que les autres...3 étant le nombre de personnes minimum sur un scooter...bus plein à craquer…no rules no regulations comme ils disent là bas…tu klaxonnes et tu fais ton propre code de la route…tu doubles à 3 sur une file…puis tu enchaines les coups de klaxonne jusqu’au dernier moment et que le camion d’en face s’écarte à la dernière seconde…ton cœur se soulève toute les 10secondes..et tu as la désagréable sensation que tu peux mourir à chaque instant...heureusement certaines choses me font oublier mon stress...comme les singes sur le bord de la route…les chameaux tirant des charrettes pleine de marchandises…les hommes sur les éléphants à contre sens sur la voie rapide…tout y est très folklorique… Tout comme les moto/scooter régulièrement à contre sens… La circulation c’est un brouhaha qui n’en fini jamais…presque 24H/24H…tout y est si différent de nous que souvent je m’asseyais sur le toit de la maison...jus de mangue à la main et je pouvais contempler pendant de longues minutes le balais des voitures ou autres camions et tracteurs chargeant le plus de personnes possibles…et je ne vous parle pas des rickshaw…ces mobylettes à trois roues...permettant de prendre 3 personnes derrière le chauffeur…mais en inde chaque place permet d’y mettre le double..il n’est donc pas rare de trouver 6 personnes dans une rickshaw…à chaque rond point il faut se cramponner…les bagages ou sacs d’écoliers sont accrocher à l’extérieur…eux n’y prete aucune attention….mais ton manque de confiance d’occidentaux t’amène chaque seconde à regarder si ton sac n’est pas tombé… Jeudi soir, ma première partie de cricket…sport national par excellence...ils y jouent dans la rue comme nous on joue au foot...surement même plus…les gamins du villages me proposent de jouer avec eux…partie de rigolade pour eux…puisqu’à chaque lancé je n’ai jamais réussi à frapper la balle...par contre question balling…(lancé)...je me suis pas mal débrouillé…j’ai pas trop compris les « out » et tutti quanti...mais je suis resté bien longtemps à lancer pendant que les batteurs tournés…j’en déduis que je me suis pas si mal débrouillé.. Un truc sympa avec les indiens, c’est que tant que ton assiette est vide, ils te resservent ! Forcément pour moi c’était un peu comme le restaurant, tout est réunit dans un plateau où les différentes sauces sont versées pour accompagner le riz et avec des chapati (presque comme des « nan ») ou encore des puli (petits pains ronds et baignés dans l’huile) tu prends le riz et son accompagnement pour faire des mini bouchées..un petit de blat salé..puis un croc dans un mini gateau sucré..à nouveau salé..puis jus de mangue..puis bouillon…bref tout ca pour dire que forcément je raclé mon plateau jusqu’à la dernière épices…et à chaque fois on te ressert…j’ai compris en regardant mes voisins ..que lorsque tu veux dire stop…tu laisses un peu dans ton plateau… Après le repas…thé inévitable…boisson magique et nationale…principalement du lait avec un peu d’eau…et ce petit supplément de sucre qui te donne envie d’en boire des litres….

Vendredi matin...tout le monde me demande à chaque fois que je croise des gens de la famille de Bounty, si je me suis lavé….la réponse est bien évidemment oui…simple mais efficace…deux robinets un pour l’eau chaude l’autre pour l’eau froide…le tout dans un sot que tu te verses sur la tête…j’ai retrouvé les joies d’une douche de 30secondes…depuis à grenoble j’essaies de rester le moins longtemps possible sous le jet d’eau…Là bas 1min c’était le pied….pourquoi je resterai 15min ici à mettre l’eau à fond ? (j’espère que mes résolutions dureront plus d’une semaine)… Intrigué par autant de fois la même question, je me remets un peu de Stick mennen anti transpiration 96H garantie J je vais voir Bounty et lui demande si je sens mauvais…il m’explique juste que pour eux …les blancs ne se lavent pas car ils n’ont pas le temps, dodo-travail-dodo et comme il y a beaucoup moins de pollution…nous n’avons pas le besoin de se laver…. Du coup je suis allé mettre du gel, c’est marrant comme ils en raffolent, pour bien montrer que j’étais tout propre...aussi les indiens ont un vice...celui du peigne...à chaque fois que je me coiffais on m’en proposait un…et pour eux c’est simple…du gel à fond et pleins de coups de peigne pour de beaux cheveux bien coiffés…l’inverse de nous..on la joue plutôt « déstructuré » D’ailleurs tout est l’inverse de chez nous….c’est une des choses que j’ai retenu…comme on me demande en quoi c’était différent….je répond TOUT.…(eux se maquillent pour être blanc, nous nous essayons d’avoir la peau mate, eux vivent toute leurs vies avec leurs parents…quand je leurs racontais que je vivais dans mon propre appartement ils avaient du mal à le croire...qui plus est avec une fille et pas marié !) Allez faut que je me dépêche un peu, déjà 4 pages word et seulement début du deuxième jour… La matinée du vendredi fut essentiellement pour moi l’occasion de me frotter aux premiers pas de danse indienne….après avoir traversé le sector pour rejoindre une autre maison et prendre des pots en terre orné de symbole et de peintures....le retour s’est fait en chantant et en dansant…l’après midi..première cérémonie religieuse…devant un gunpati (le dieu au visage d’éléphant) peint sur le mur du salon le prêtre de la famille a un débit de folie...il parle plus que moi pendant les matches de foot…je comprends uniquement les noms des dieux que les enfants m’ont appris…Krishna…Vishnu et Gunpati….cela s’apparentait un peu à : « blablablablababla krishna….blablablablabla Bounty…blablablablabla vishnu..etc.. » Biensur le texte que je viens d’écrire parait assez réducteur...mais il faut essayer d’imaginer ca avec tous les gestes qui s’accompagnent…morceau de terre séché qui brulent…peintures sur le corps…chaque membre de la famille qui prend un ingrédient donné par le prêtre pour le mettre au feu…puis toujours cette croix….celle qui ressemble à la croix gammée…mais qui si l’on y fait mieux attention n’est pas du tout dans le même sens…elle s’appelle svastika…et elle est à l’entrée des maisons…sur certains murs…sur certaine décorations du mariage..c’est un signe de bon augure... Le vendredi après midi, j’ai laissé mon appareil photo pour visiter un « temple », oui un temple...mais je trouve ca plus sympa de dire « temple » ca me rappelle quand je me baladais en voiture et les indiens avec qui j’étais me montrer à chaque fois les temples en pointant du doigt et en criant « temple temple !!! ». Direction le temple d’akshardam…Méhul l’ami de Bounty qui m’emmène sur sa moto me promet que c’est magnifique… J’en prends bien évidemment plein la vue rien que pendant le trajet…plus toujours cette sensation d’être regardé…les voitures/moto qui te doublent...les gens qui attendent à l’arrêt de bus...tous tournet le visage pour te suivre du regard…alors je leur lançais plein de « nasmaté…nasmaté » et c’est marrant comme tu vois leurs visages s’ouvrirent…c’est d’ailleurs ce que je disais aux indiens...souvent ils me demandaient comment je trouvais l’inde...comment je trouvais les gens...je leurs répondais qu’au début c’était dur car l’indien n’est pas très expressif...ni souriant...ni pas souriant…juste entre les deux…impossible de savoir ce qu’il ressent...comme pour les courses du mariage…achat de chaussures...le frere de Bounty fait non avec la tête..je repose les chaussures...mais ca voulait dire oui ! bon bref revenons à Akshardam... MAGIQUE...INCROYABLE...INIMAGIBABLE...INOUBLIABLE…les superlatifs ne sont pas assez nombreux...Et l’interdiction d’emmener téléphone portable ou appareils photos (tout y est déposé à l’entrée) confère à ce lieu quelque chose d’encore plus intense...comme quelque chose qui restera toujours au fond de ton cœur….à peine passer les grilles que tu n’entends plus le bruit de la circulation… le parc est immense..les fleurs toutes plus belles les unes que les autres…de la verdure….des arbres...de longues allées...et au bout le temple...un palais oui ! tout en marbre …du sol au plafond…l’intérieur abrite une statue en or de « suamani » (je vous l’écris de ce que j’ai à peu près compris à l’ouïe !) un autre dieu indu ... (une autre chose frappante…dans leur religions il y a une multitude dieu...un pour le bonheur...un pour l’amour...Etc...) Vous trouverez une super photo sur www.indiastudychannel.com/gallery/15714-Aksha... J’en veux presque à ce site internet d’avoir mis une photo en ligne…pas que je ne veuille pas partager...mais il faut y aller…vraiment… J’ai demandé à Méhul pourquoi le tajmal était souvent pris en photo et pas le temple d’akshardam...et bien figurez vous que parce que le TAJ MAHAL est un monument pas un temple ! et les pour les « temple » c’est « no photo ».

Vendredi soir, Guerba Dance…je portais fièrement la robe que j’avais choisi pendant le shopping à Ahmedabad…j’en étais bien content...vu ma taille (comparée aux indiens, j’avais eu du mal à en trouver une qui tombait après les genoux). J’avais appris le nom de la robe en indien…Shirouani..et celui de ma longue écharpe une Dupata…Je disais donc à qui voulait l’entendre… « nice shirouani, nice dupata !!» Une grande bâche posée au sol… 200 personnes...un enclot formé par des murs de draps…une scène…des musiciens...et le tour est joué…la première nuit pouvait être lancée…tous en farandole…d’ailleurs bien pratique pour observer les pas de danse…malgré cela…je voyais mon voisin de devant qui rigolais à chaque danse que j’essayais d’interpréter…et celui de derrière qui parfois me tenait le bassin pour me diriger...en me disant « one two three…… » au milieu de la nuit je commençais enfin à maitriser certains pas et chorégraphie..que je pouvais faire en harmonie avec les autres...Et croyez moi 50 personnes qui interprètent tous la même danse...ca claque !! Bon parfois Bounty me demander du sortir du rond…quand c’était vraiment trop compliqué..faut dire que parfois...je mixais entre ce que j’avais appris de la choré de rabbi jaccob et ce que je pouvais voir sur place….

Nuit chez les voisins…trop de monde chez Bounty….on a donc dormi à trois dans le lit double de leurs fils...en partance avec sa femme durant le weekend pour un autre mariage…

Samedi mariage chez Nikita (la mariée) Si le vendredi nous avions fait la fête dans le village de Bounty avec uniquement sa famille, ses amis et tout le village….le samedi nous nous retrouvions tous dans une autre ville ou plutôt un autre village...la wedding place de Nikita était là où son grand père avait grandit…

Bounty avait loué 2 cars qui nous ont déposé à 2 km de la wedding place…descente du car…sono ambulante à fond avec ses musiciens...nous étions sur une 2 fois 2 voies…et nous occupions une voie de notre côté…pour cela c’est très simple...reprendre le système de la farandole...mettre 2, 3 hommes à la fin du cortège pour dire aux camions de ralentir et yop lala…c’est partie…musique...chorégraphie et pétard pendant 2h le temps d’arriver au rendez vous…et de s’arrêter aussi se rafraichir..j’ai testé l’eau en sachet...comme quand on transporte un poisson rouge...mais en sachet fermé...c’et sympa...mais faut tout boire...puisque ca ne se pose pas et ca ne se ferme pas…tu arraches un bout du plastique avec les dents...et après le plastique par terre...et oui ! par terre ! Je n’ai pas vu de poubelles…dehors tu balances par terre ! Pas la peine de demander à la sœur de Bounty où il y a une poubelle dans le coin...elle fera comme les autres...un signe pour te montrer de jeter par terre les emballages…De tout mon voyage je crois que je n’ai pas croisé une seule poubelle, ni une seule fourchette….(on mange tous avec les doigts)

Arrivée à la wedding place de Nikita...tout le monde forme une haie d’honneur…..Bounty sort de la voiture et sa future femme doit l’attraper avec un collier de fleurs…

La réception se décompose en 2 parties…une maison des mariées où ils siègent sur leurs wedding chairs…assis à leurs pieds le prêtre de la famille de Nikita….et derrière sur la pelouse tous les buffets avec des plats colorés et parfumés comme jamais je n’en avais goutés… C’est comme dans les maisons…tu manges debout avec ton plateau...ou assis par terre en tailleur… La mariée arrive porté par tous les hommes sur un trône…mais pas un simple trône…genre l’enfant au tibet…une maison que l’on porte…orné de rose, de pierres scintillantes et de fleurs…

Cérémonie religieuse l’après midi, avec défilé des amis et de la famille, mais plus de la famille de la mariée…l’après midi est coupée par une pause...dans un grand hall...plusieurs paillasses sont posées et tout le monde fait sa petite sieste…la suite c’est les adieux...Nikita comme le veut la religion/tradition…va quitter ses parents pour aller vivre avec son mari et les parents de celui-ci…le mariage est beau mais la fin est difficile...son frère…sa mère…ses cousins...tout le monde pleure…la gorge me serre c’est dur de passer de la joie à la « peine » en si peu de temps… Bounty et Nikita son conduit dans un temple, je les y rejoins avec la sœur de Bounty et son mari…qui à chaque fois que j’attrape ma ceinture pour la mettre me fais signe que ce n’est pas la peine….nous doublons en mordant sur le côté…je finis heureusement par m’endormir..ca m’évite d’avoir peur pendant le trajet… Samedi soir, Nikita est dans la maison de Bounty, seule la famille de Bounty est là…les 2 familles seront à nouveaux réunis le lendemain.

Un truc sensationnel au mariage, c’est l’effet de mimétisme…je me déplaçais aux différents buffets..je prenais des plats..une fois sur 3 Bounty demandait au serveur de ne pas me mettre tel ou tel plat car trop épicé pour mon grand corps frêle d’occidentaux…, don pour revenir à l’effet de mimétisme…sérieusement ils étaient tous à me regarder ..à chaque première bouchée… du coup je goute et avec un grand sourire je me retourne pour leur faire un signe au niveau de ma bouche..pincant mon pouce et index…puis relâchant les 2..histoire de faire un truc à l’italienne..genre « mamamia c’est délicieux » et du coups les 500personnes qui me regardaient faisait le meme geste que moi pour me dire qu’ils avaient bien compris… Faites avec moi : index et pouce collés, avec un « mmmm » bouche fermé..et imaginez 500perosnnes vous répondant avec le même geste et le même son…

Le samedi soir, ce fameux samedi soir….à la fin de la fête dans la maison de Bounty…pour amuser la galerie…j’ai mangé un piment…ils ont tous applaudit..le lendemain c’était mes fesses qui faisaient bravo…et quand tu te lèves le dimanche et que tu leurs racontes..ca a le don de les faire encore plus rire les indiens… Je vous la fait courte…nuit tranquille..j’ai d’ailleurs dormi pour la première fois tout seul…je me lève normal…et je me dis.. « hé bien finalement le piment m’a fait chauffé la bouche..la gorge..les oreilles…mais sur le coup …après c’est tranquil ! » J’en file mon pantalon..et là « boup boup boup » dans mon ventre…genre des bouillonnements intérieurs…tu te plies en deux dû à la chaleur dans ton ventre….et en même temps tu serres les fesses très fort…même du plus fort que tu peux…et après tu descends avec des pas de 2cm par 2cm pour garder les fesses serrées jusqu’à la salle de bains..c’est la que le jet d’eau des wc te calme sérieux…tu pousses des petits cris de femme à chaque jet..enfin les premières fois..après j’étais comme eux..je trouvais ca plus propre que le papier….d’ailleurs Bounty à Paris s’est fait installer un petit jet dans ses toilettes.. 13h, wedding place de Bounty…rien n’est prêt...décor...scène...mais sa famille me dit de ne pas m’affoler tout sera prêt en temps et en heure..pour le soir 18H..ce sont des « hard workers » comme ils disent… Un dimanche après midi comme je les aime…je mangeais de tout (car si je tombais malade ce serait le lendemain soit le dernier jour de mon voyage…ou juste après, pour mon retour en France..donc tant que tout s’était bien passé pour le mariage c’était le principal)..je pouvais payer une glace à tous les bambins..faut dire que ca m’a couté 3eur les 20 glaces donc c’était pas tellement excessif J.. Puis il faut dire que meme si je ne leur avais rien donné depuis le début..les enfants m’appelaient SANTA CLAUSS..comme c’était le seul blanc qu’ils connaissaient..donc je me devais de ne pas faillir à ma réputation !! J Une chose frappante aussi, certains enfants me parlaient en indien…comme s’ils n’avaient pas compris que je ne parlais pas leur langue…. Fin d’après midi Pintu, un autre ami de Bounty m’a emmené visité Gandhinagar..pauvre pintu..je l’ai appelé pingu tout le mariage…un programme tout comme j’aime…moto..air chaud…pas de casque…et visites…son école…statue de Gandhiji (Gandhi)…grands jardins où les gens se réunissent en groupe le soir…slum….bref la ville...la vie…

Le soir, réception wedding place de Bounty…là j’observe que se sœurs, ses beaux frères, son encore mieux habillés que la vieille…. « normal » me dit-il, là c’est chez lui, c’est eux qui doivent être sur leur 31… Dès mon arrivée à la réception, je repère les pots de MANGO PULP…désormais ma boisson favorite que j’ai découvert la veille…jus de mangue, crème, et au fond noix de cajou et morceaux d’ananas...j’indique à Méhul que je veux battre le record de la veille… 6 verres ... Toutes les 10 min de feux d’artifices me font sursauter..les même que pour le 14 juillet..mais tirés par nous-mêmes…et non par des artificiers…certains explosent à seulement 5mètres du sol..là encore no rules...no regulations…qui veut tire le feu d’artifices… C’est la famille de Bounty qui est sur la scène…la veille la famille de Nikita était en avant…là pour la réception à la wedding place de Bounty c’est sa famille qui prend la pose pour les photos etc… Les mariés sont toujours couverts de fleurs et de colliers de rose…..renseignements pris..les colliers de rose et jasmin leurs ont couté 2 euros…j’ai compté il y avait plus de 50 roses et moitié de jasmin…

Le lundi ce fut intense..comme chaque jour de départ…toutes les émotions du voyage remontent..tu essaies de passer chez tout le monde pour dire au revoir…chaque famille du village te propose de voire quelque chose chez eux..mais tu peux simplement t’asseoir et ne rien boire car surtout ne pas prendre l’eau du robinet…alors tu fais des mimes…tu mimes le mec qui meurt si il est piqué par des moustiques ou si il boit leur eau..pour qu’ils comprennent en rigolant..

Le dernier jour c’est l’occasion d’aller encore plus loin tout seul dans la ville..d’aller seule au marché…de te dire..tiens si je restais un peu plus longtemps je pourrais allé par ici..par là… Tu refais une dernière partie de cricket…tu prends le plus d’adresses possibles..tu promets d’envoyer les photos à chacun…tu montes sur le toit une dernière fois...LASSI à la main…le lassi c’est un yaourt brassé sucré avec des noix de cajou et à certains endroit un mix entre de la confiture de fruits rouges et du sirop de grenadine…pour mon dernier jour j’en ai bu 1 litre en un après midi…comme le MANGO PLEASURE…qui est un lassi à la mangue… Sur le toit, tu écoutes la route…tu écoutes les enfants..tu écoutes les marchands..tu écoutes l’inde….et tu te dis que c’est un pays où t’as envie d’emmener tes amis…

Je retiens plusieurs choses : En inde tu as cette impression permanente que ca ne va jamais passer, mais ca passe toujours….toujours sur le fil du rasoir… Tout y est coloré et parfumé, la nourriture, les gens...jamais je n’ai vu autant de couleurs...même lorsqu’ils portent du blanc ils donnent une impression de coloré… Tu dors par terre, tu manges par terre…mais tu vis ensemble… Les indiens sont d’une gentillesse extrême et d’une hospitalité comme j’en ai rarement vu…fière de partager avec toi ou de te montrer leur chez eux….qui même si c’est peu….te donnent l’impression que c’est grand… L’inde c’est un peu comme sa boisson nationale, le thé, sucré, typique, délicieux et on en reprendrais bien une deuxième fois !

Aux Etats-Unis j’en avais pris plein les yeux...En Inde j’en ai pris plein le cœur…
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Hôtels et guest houses en Inde du Sud?
Bonjour

Nous partons en août pour l' Inde du sud, je suis intéressé par votre expérience des hôtels et guest houses depuis Mamal jusqu' à Bangalore en passant par Pondi, Thanjore, Trichy, Madurai, Cochin, Ooty, Mysore, Hassan. Dans la catégorie éco. à moyenne Merci Olivier
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Voyage organisé en Inde: argent dans les hôtels?
bonjour, je parts début février en voyage organisé en inde, pour payer les boissons dans les hotels et restaurants faut'il payer en euro ou en roupie et pour 15 jours combien faut-il changer d'euro ? le change au début du voyage se fait-il à l'aéroport merci si une personne peut me renseigner Dany😉😊😄
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Le Kerala... si court mais tellement intense en émotions! (Inde)
Bonjour à tous !

Bien qu'étant membre VF depuis quelques temps déjà, c'est la toute première fois que j'écris un carnet de voyage ...

Alors s'il vous plait, soyez indulgents.

Je pense que je vais vous le raconter de la même façon que je le raconterais à ma famille et mes ami(e)s.

Allez ... j'y vais !

Ce voyage au Kerala, c'était un rêve pour moi ... et c'est le cadeau de mon petit chéri pour mon anniversaire (... 50 ans ... ça se fête non ?).

Nous sommes donc partis le vendredi 27 octobre de Bruxelles et ensuite de Zurich (Swiss Air).

C'était la première fois que nous faisions un vol "long courrier" avec cette compagnie et ma foi, nous n'avons pas été déçus.

En plus, nous avons déjà pu goûter un peu à l'ambiance indienne car nous étions littéralement entourés par des indiens dans l'avion !

Arrivés à Bombay (vers les 22 heures), nous avions un transfert (vol domestique à prendre 3 heures après pour Cochin). Pas très évident de s'y retrouver dans l'aéroport de Bombay. On a bien demandé par deux fois à un fonctionnaire ce qu'il fallait faire pour prendre notre vol domestique Air India, mais leurs explications étaient tellement confuses que nous sommes sortis comme tous les autres passagers, en se disant qu'on trouverait toujours bien !

Même pas eu besoin de chercher !!! On devait certainement avoir l'air perdus car un brave monsieur nous a demandé (en hindi je suppose) où nous voulions aller et nous a gentiment fait signe de le suivre. Heureusement qu'il était là, car nous avons dû prendre un ascenseur, sortir d'un bâtiment pour en rentrer par une autre porte quelques mètres plus loin, ensuite encore resortir de l'aéroport, marcher quelques dizaines de mètres et enfin nous étions devant l'entrée de l'aéroport domestique. Mais alors que nous voulions le remercier, ce charmant monsieur était déjà reparti !

Vol vers Cochin, sans histoire ... Nous avons eu droit à une petite collation mais étions tellement "nases" que nous n'y avons pas touché et comme l'avion n'était pas complet, on en a profité pour squatter les sièges du milieu afin de domir un peu.

Nous sommes donc arrivés à Cochin vers les 3 heures du matin. Là, nous avons directement été accueillis (avec colliers de fleurs de jasmin, s'il vous plait !!!) par Monsieur Murali, le responsable de l'agence de voyages Moksha Tours que j'avais contactée, ainsi que par notre chauffeur (Bibin) avec sa voiture, une Ambassador, dont les sièges à l'intérieur étaient entièrement recouverts de tissu blanc, garnis de petits coussins, le tout très très confortable ...

Après un trajet d'une bonne demi-heure, ils nous ont conduits à notre GH (Ballard Bungalows) en nous fixant rendez-vous à 10 heures, pour nous remettre certains documents mais également pour qu'on puisse les payer ...

La Ballard GH était telle que je me l'étais imaginée : une ancienne maison coloniale restaurée, 5 chambres en tout. La nôtre était à l'arrière du bâtiment (nous n'avions donc pas de terrrasse ni de vue sur la rue, mais beaucoup plus calme), très haute de plafond, plancher en bois, meublée avec du mobilier style années '50, donc assez typique). L'accueil, bien qu'il était très tôt (environ 4 heures du matin ) fût très amical et par la suite, nous avons pu constater que le personnel ainsi que le patron étaient très sympas.

La Ballard GH est très bien située car à peine à 5 minutes de marche du débarcadère des bacs qui font la traversée entre les différentes îles qui constituent Cochin.

Le reste de la journée (samedi 28/10) fut consacré à la visite de Fort Cochin. Ce qui est merveilleux, unique et quasi magique à Cochin, c'est la diversité de styles, d'ambiances, de caractères et d'architectures, avec ses chrétiens, ses hindous, ses juifs, ses musulmans, avec toutes ses castes et sous-castes.

Notre guest-house étant située dans Fort-Cochin, nous avons surtout visité ce quartier, dont notamment les fameux filets chinois (énormes filets de pêche carrés, manoeuvrés par plusieurs hommes), mais aussi des édifices intéressants comme l'église Saint-Francis, le palais hollandais et la synagogue.

Cependant, nous n'avons rien visité au niveau monuments et autres (on est juste passés devant) mais avons plutot laisser parler notre "feeling" : un petit tour en bac pour aller d'une île à l'autre (où nous avons donc pu admirer de près les célèbres "chinese nets", nous sommes allés sur les marchés (aux poissons et autres), nous avons visité un "lavoir" (car notre attention avait été attirée par un "champ" de draps et de saris), où des hommes lavaient des vêtements en le battant sur la pierre tandis que d'autres repassaient d'énormes piles de linge, avec de gros fers ... Nous nous sommes balladés dans les petites rues de Fort Cochin, au gré de nos envies. A midi, nous avons également mangé notre premier "thali". Un régal !

Le soir, sommes allés dans un petit parc, avec jardin d'enfants (... que de photos nous avons prises ...) et ensuite, après un excellent repas (curries et fruits de mer) nous avons assisté à un spectacle de danses traditionnelles (du Kerala, du Tamil Nadu et du Karnataka). De toutes jeunes filles, admirablement maquillées et vêtues de leur costume tradionnel ont dansé au son d'un petit orchestre composé de deux musiciens et d'une chanteuse. Nous étions peu nombreux à cette représentation car en général, les touristes préfèrent assister à un spectacle de Kathakali et dès lors, nous étions assis au premier rang et en avons pris plein les yeux et plein les oreilles !

Le dimanche (29/10), via une chouette petite route très animée, départ pour Kumarakum, au bord du lac Vembanad. Sur place, observation des oiseaux sur le lac mais aussi et surtout, ballades dans la campagne et les petits villages où nous avons fait plein de belles rencontres, nous avons eu des fous-rires énormes avec certains (à cause de notre mauvais accent "malayalam"). Nous avons photographié plein d'enfants et après une demi-heure de promenade, j'avais déjà reçu pas mal d'adresses à qui il faudra envoyer un double des photos ...

Lorsque nous sommes revenus sur nos pas afin de rentrer à l'hôtel, nous sommes passés devant la maison de gens avec qui nous avions sympathisé et ils nous invité chez eux. Ils nous ont fait visiter leur maison (très très belle) et nous ont offert à boire. Comme j'étais allée avec la dame dans sa cuisine alors qu'elle préparait les boissons, tout le monde est venu nous y rejoindre et finalement, nous nous y sommes retrouvés à pas moins de 10 personnes, dans une cacophonie d'anglais, de français, de malayalam et de rires ! Lorsque nous avons voulu partir (après avoir refusé un second verre et leur invitation à dîner), l'un d'eux nous a raccompagnés en tuk-tuk/camionnette car il pleuvait des cordes. Sympa non ?

Le soir, nous avons assisté à une représentation de " Kathakali " qui est l'une des quatre grandes danses classiques de l'Inde. C'est le plus souvent l'expression scénique de poèmes épiques et de légendes populaires dont la plupart des spectateurs connaissent la trame. Les costumes et maquillages sont fabuleux et demandent des heures de préparation. Quant au spectacle, c'est à la fois danse et mime, interprété uniquement par des hommes (il n'y a que deux danseurs).

Lundi (30/10), vers 11h30', embarquement à bord de notre "ketuvallum" (house-boat) qui était venu accoster au débarcadère de notre hôtel. Le bateau avait été réservé via Moksha Tours à la société Evergreen.

Nous avons eu de la chance car malgré le fait que nous n'étions que deux, nous avons eu droit à un bateau pour 4 personnes, ce qui fait que nous avions plus de place ! Il y avait également 4 membres d'équipage à notre entière disposition, rien que pour nous chouchouter. Un vrai palace flottant !

Alors là ... waouaaaaaah : que de superbes paysages nous avons vus, on n'a pas arrêté de "mitrailler". Les back-waters, c'est magique et bien plus romantique qu'une ballade en gondole sur les canaux à Venise ...

Pour ceux qui ne connaissent pas, les back-waters ce sont en fait des lagunes que creusent les courants et qui bouchent les estuaires des fleuves et rivières. Des canaux artificiels relient entre elles ces lagunes, qu'une digue naturelle isole des flots de la mer d'Arabie, pour former un véritable réseau de voies aquatiques navigables.

Le trajet sur ces canaux nous a fait découvir quelques uns des plus étonnants paysages qui soient, où l'eau, la terre et le ciel se mêlent et se confondent. Nous avons croisé de lourdes embarcations renflées, transportant du riz, du coprah, etc ... mais aussi des bateaux-bus, des marchands de poissons, des barques avec plein d'écoliers, ... Et sur le rivage, on a vu des pêcheurs, des femmes lavant le linge, des enfants se baignant, bref ... la vie quoi !

Nous nous sommes arrêtés par trois fois : à midi, pour le lunch (repas keralais, bien épicé, comme on les aime et préparé avec grand soin par notre cuistot, Krishna), ensuite pour aller chez un médecin ayurvédhique (à cause des problèmes de dos et de jambe de Michel, mon mari) et enfin dans un village pour amarrer le bateau pour la nuit.

Village que nous avons visité le lendemain, dont un atelier de construction de ketuvallum. On y a notamment appris que pour faire ce genre de bateau il faut un an en méthode accélérée alors qu'en procédant de la manière traditionnelle, cela prend trois ans !

Sur le chemin, vers Allepey, on a encore pu assister à de nombreuses scènes de la vie courante de ces gens qui habitent le long des back-waters : on a vu des pêcheurs, dans leur toute petite barque, criant à tue-tête pour annoncer qu'ils avaient du poisson à vendre, on a vu des enfants, dans leur bel uniforme, marcher le long des canaux pour aller à l'école, tantdis que d'autres, en retard, étaient encore en train de se laver alors que leurs cadets, eux, batifolaient déjà dans l'eau pendant que leur mère lessivait le linge.

Ce sont des spectacles tout simples, qui peuvent paraître "bêtes" à regarder aux yeux de certains mais nous c'est ce qu'on aime ...

Mardi (31/10), débarquement à Allepey en fin de matinée, où notre chauffeur nous attendait déjà. Le capitaine de notre house-boat a eu un peu de mal à trouver une place pour se "garer" car il devait y avoir au moins une centaine de batteaux amarrés (il y en aurait parait-il 200 en haute saison) mais grâce à la solidarité qui existe, nous avons pu débarquer en passant d'un bateau à l'autre.

Une petite heure de route et ensuite arrivée à Kollam, ou plutôt dans un petit village après Kollam, en direction de Varkala, dans un hôtel sur un îlot au milieu des back-waters. Malheureusement, nous n'avons pas très bien profité de cette journée car Michel avait de plus en plus mal et a préféré rester au lit ...

Cependant, il culpabilisait un peu, me voyant "cloîtrée" dans notre chambre à cause de lui et il m'a envoyé faire des courses avec Bibin, notre chauffeur (pour achat de shawal kamiz). En fait, je pense que ça l'arrangeait plutôt :-)))

Là, je dois remercier mon garde du corps, comme je l'appelais (Bibin, notre chauffeur) car il m'a accompagnée partout, faisant office de traducteur, me donnant son avis au sujet des matières et des coloris, etc ... Il a eu beaucoup de patience car nous avons fait plusieurs magasins ... sans rien acheter quoi que ce soit. Nous avons aussi beaucoup ri car à chaque fois que nous entrions dans un nouveau magasin, il expliquait tout de suite aux vendeurs ce que je désirais et ce que je n'aimais pas, notamment pas la couleur rose, mais malgré tout, devinez ce qu'on me proposait une fois sur deux : du rose !!! A mourir de rire !

Après avoir écumé tous les magasins d'un petit centre commercial à Kollam, nous avons décidé d'aller manger un morceau et avons dégusté un délicieux "masala dosa" dans une petite gargotte, le tout avec un bon verre de jus de fruit frais. Elle est pas belle la vie ...

Ensuite, re-boutiques, mais dans un autre quartier où, faute de ne pas trouver du "prêt à porter", je me suis résignée à acheter des tissus afin de faire confectionner le tout par un tailleur.

Finalement, retour à l'hôtel, où j'ai retrouvé un mari endormi, sonné par les anti-douleurs qu'il avait pris.

Mercredi (01/11), malgré la douleur, Michel a pu rejoindre la voiture et nous avons quitté cet hôtel où finalement nous n'avions pas vraiment passé un bon séjour ... et direction Varkala.

D'après les guides, le paradis, il est là, car tout y est réuni : les vies religieuse, profane et rurale. La nature est belle : la mer, le sable fin, les falaises qui s'enflamment au coucher du soleil, une source d'eau minérale sur la plage, etc ...

Cette charmante petite station balnéaire a une particularité : elle se situe tout en haut d'une falaise et il faut savoir que l'essentiel des GH, hôtels, restos, boutiques, etc ... se situe en haut, tout au long de la plage.

Cependant au tout début de cette falaise, il y a une petite plage (pas très fréquentée par les touristes) et notre hôtel (l'Hindustan Beach, recommandé par l'agence de voyages) était au bord de cette plage.

Nous avions donc une vue magnifique de notre chambre ... et quelle vue ! En effet, on ignore pourquoi mais cette petite plage (la Papanasam beach, qui d'après les guides veut dire "plage de la rédemption") est très importante pour les hindous. Il y a là en permanence 5 ou 6 prêtres, prêts à accueillir des familles entières (on en a compté jusqu'à 11, sortant d'une petite Ambassador) qui viennent là pour faire des "pujas", à la mémoire de leurs disparus ou pour toute autre chose ... Donc, après avoir dit quelques prières en suivant les indications du prêtre, tourné en rond autour d'une flamme, fait des offrandes (notamment du riz, sur lequel les corbeaux se ruent), ces personnes se dirigent à reculons vers la mer, en tenant un morceau de feuille de bananier sur laquelle il y a des fleurs et autres ..., au-dessus de leur tête et qu'ils lancent en arrière, alors qu'ils sont au bord de l'eau, sans regarder derrière eux ... afin de ne pas savoir où cela s'en va ... C'est un spectacle (magnifique à nos yeux) que nous avons pu voir pendant deux jours, matin et soir !

Entretemps, nous nous sommes balladés au bord de la falaise, avec plein d'aigles pêcheurs qui tournoyaient au-dessus de nos têtes, manquant de peu parfois de nous toucher lorsqu'ils piquaient vers la mer.

En visitant le petit village de Varkala, nous sommes allés voir un temple hindou, (Janardhana Swamy temple), à l'extérieur évidemment.

Je suis également allée chez le tailleur afin qu'il me confectionne mes shalwar kamiz avec les tissus que j'avais achetés la veille.

Nous avons également succombé à la fièvre du shopping car les boutiques d'artisanat ne manquent pas là-bas (il y a même des boutiques thibétaines et aussi du Rajasthan, du Gujarat et du Karnataka) !

Enfin et surtout, pour ceux qui nous connaissent, nous avons aussi beaucoup mangé car qu'est-ce que c'est bon la cuisine kéralaise et qu'est-ce que nous l'aimons ... slurp slup miam miam !!!

Les deux jours où nous sommes restés à Varkala, nous sommes à chaque fois allés de grand matin, voir les prêtres s'installer sur la plage, attendant les pélerins. Nous avons également pu voir que la plage était chaque jour nettoyée par une équipe de cinq femmes (rappelez-vous ... on est en Inde ... il y a des endroits en France ou en Belgique où cela ne se fait même pas).

On a vu aussi de jeunes garçons, descendre de la falaise, avec leur petit troupeau de chèvres, déambulant quelques mètres sur la plage avant d'aller rejoindre un pâturage (si on peut appeler pâturage, un endroit quasiment couvert de sable, avec quelques brins d'herbe seulement ...). On a même vu une chèvre prendre son petit-déjeuner en mangeant les fleurs qui ornaient une statue d'un dieu hindou (sorry, j'ignore lequel) sur la plage !

Lorsque nous nous sommes promenés sur l'autre côté de la falaise, on a traversés de petit villages, on a discuté avec les proprios d'une petite épicerie alors qu'on achetait de l'eau et un paquet de chips locales (épicées façon massala, quel délice !).

On a demandé à un tuk-tuk de nous conduire dans un village de pêcheurs et en chemin, on a pu voir un homme travaillant avec son éléphant ... Très impressionnant l'animal, quand il sort d'un taillis, tenant de la verdure dans sa trompe et me regardant de ses doux yeux, alors que je tente de le prendre en photo ... (surtout qu'il n'était pas attaché).

Le dernier soir à Varkala, nous avons retrouvé Bibin (à qui nous avions donné "quartier libre") et nous sommes allés manger en sa compagnie dans notre resto favori (pourquoi changer quand on aime). Il était toujours aussi étonné que nous mangions aussi épicé que lui !

Vendredi (03/11), en route pour Kovalam qui est réputée pour être la plus belle plage de la côte (mais la plus touristique aussi ...).

A Kovalam, le coucher de soleil est magnifique à voir paraît-il et c'est un spectacle que l'on a partagé avec les habitants du coin puisque c'est un moment de la journée et un spectacle que les indiens apprécient aussi.

Le lendemain, tôt le matin, nous avons vu des pêcheurs remonter un énorme filet (cela leur prendra 2 à 3 heures, paraît-il) tandis que d'autres (une vingtaine) s'escrimaient à remettre une lourde barque sur la plage ...

Après cela, nous sommes allés prendre notre petit-déjeuner keralais (en compagnie de Bibin encore une fois vu que c'était notre dernier repas en commun). Pour la dernière fois, nous avons donc mangé des "appam" (genre de grande crêpe, mais cuite d'un seul côté seulement) que nous trempons dans du coconut chutney et dans du tomato chutney, hyper bien épicés !!!

Ensuite, ben ... direction l'aéroport ... malheureusement. Mais nous avons quand même encore demandé à notre chauffeur de s'arrêter 2 ou 3 fois afin que nous puissions photographier un temple hindou, une rivière, des enfants, ...

Au fait, dernière anecdote à vous raconter. Notre vol Trivandrum-Bombay était à 19 heures mais la veille de notre départ, l'agence Moksha Tours nous a fait savoir que ledit vol (Air India) était annulé et que nous devrions aller à l'aéroport de Trivandrum, au comptoir de Jetairways, afin de faire modifier notre billet car ils avaient un vol pour Bombay, mais à 13 heures.

Sur le coup, on a un peu râlé car normalement on devait passer notre dernier jour à Kovalam mais c'est comme ça ... y'a rien à faire ...

Arrivés à l'aéroport de Trivandrum et bien ... heureusement que Bibin nous avait accompagnés car personne n'était au courant de rien, peu de gens parlaient anglais (ou alors faisaient semblant de ne pas savoir le parler ), nous avons dû faire au moins 3 fois l'aller-retour entre l'aéroport domestique et l'aéroport international. Mais enfin, après presque deux heures de tergiversations, de palabres, etc ... nous avions finalement nos billets en main pour le vol de 13 heures.

On a bien essayé aussi d'avoir des compensations auprès d'Air India (vu que nous aurions beaucoup plus d'heures à patienter avant de pouvoir prendre notre long vol de retour) mais comme c'était un vol domestique qui était annulé, le "fonctionnaire" d'Air India n'a rien voulu entendre ...

Tant pis s'est-on dit et lorsqu'on est arrivés à Bombay, on est sortis de l'aéroport, où nous avons été littéralement assaillis par des chauffeurs de taxis, tuk-tuk et autres représentants d'hôtels.

Finalement, on en a choisi un qui nous proposait un hôtel, à un prix relativement raisonnable pour Bombay, mais comprenant également les transferts de et vers l'aéroport. Nous avons donc passé quelques heures à Juhu Beach.

Pour y arriver à cet hôtel, on a mis environ 20 minutes en voiture. On n'est pas passés par le centre de Bombay mais malgré tout on a quand même pu en avoir un aperçu. On a traversé des quartiers pauvres, ou plutôt des bidonvilles où on a vu des enfants à moitié nus, chercher je ne sais quoi dans des montagnes d'ordures. J'ai vu un gamin tirer, à l'aide d'un bout de corde, une vieille valise en carton, dont le couvercle était disparu et contenant probablement toute sa fortune, c'est à dire rien ...

On n'était pas très fiers de rouler en taxi, bien au frais et assis confortablement en voyant tout cela et en plus, dès que le taxi s'arrêtait, il était aussitôt entouré par des hordes de gamins et autres mendiants qui s'agrippaient aux vitres et aux portières, pour demander l'aumône. Le taximan avait beau les faire déguerpir en leur criant dessus, rien n'y faisait et même lorsque le taxi redémarrait, ils s'accrochaient à la voiture, tout en continuant à nous demander de l'argent ... Que c'est très triste ... mais c'est cela aussi l'Inde ...

Finalement, on a été ravis de ce changement d'horaire d'avion, car cela nous a permis de voir un aspect de Bombay et de l'Inde que nous avions toujours désiré voir, à savoir une plage, au moment du coucher de soleil, remplie d'indiens (et pas de touristes), avec des stands de boissons, de nourriture, de fruits mais aussi et surtout avec plein d'attractions foraines (comme celles que nos parents avaient lorsqu'ils étaient jeunes, c'est à dire des manèges actionnés à la main, des stands de tir sur des ballons, des stands avec des anneaux, des vendeurs de ballons et autres moulins, des nomades du Rajasthan, faisant la manche en dansant, des montreurs de singe, etc ... On a même vu une drôle de machine, tenue par un indien très sérieux, constituée d'une vieille machine à calculer d'où partaient des tuyaux lumineux aboutissant à des anciens casques d'écoutes (eux aussi tout illuminés et clignotants) et lorsqu'on met les deux index dans cette drôle de machine, on entend paraît-il son horoscope ! Trop drôle !

De retour à l'hôtel, après une bonne douche et un bon petit café, pris en cours de route, nous avons repris le chemin de l'aéroport où là, tout s'est déroulé comme prévu et nous étions de retour à Bruxelles, le lendemain dimanche 5 novembre, avec dans la tête, plein de souvenirs de notre court mais si intense et merveilleux voyage au Kerala.

Voilà, c'est fini ... j'espère que mon récit vous aura plu.

@+, Sabaïdee
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Ladakh, deux sexagénaires à l'assaut d'un 6000. Récit d'un voyage en totale autonomie.
L'ascension d'un 6000 m, et le plus haut col du monde à VTT ! Ce genre de défi, c'est plutôt réservé aux jeunes, mais nous, retraités sexagénaires plutôt physiquement en forme, nous nous sentons la capacité de le faire, sans passer par une agence de voyage, uniquement par nos propres moyens. Christian est plutôt vélo, moi plutôt montagne, mais comme nous sommes polyvalents et bien entraînés pour ces deux activités, c'est décidé, on y va !

Eté 2016 Après recherches, ce sera le Stok Kangri, 6154m, pour la montagne, et le Kardhung La, 5600m, pour le VTT, revendiqué comme le plus haut col carrossable du monde. Ces deux objectifs ont l'avantage d'être facilement accessibles depuis Leh, la capitale du Ladakh. Et puis il y a aussi la célèbre route impossible Manali - Leh et ses cols mythiques, dont le fameux Keylong pass, les paysages du Ladakh, sa population, ses temples et mosquées, et bien sûr la situation politique de la région, souvent tendue et bouillonnante. Serons-nous à la hauteur de notre projet ?

MENU

1- Bordeaux - Delhi - Manali: rapide prise de contact 2- Manali - Old Manali : bus de nuit et courte rando 3- Manali - Ghosol - Vashit : la vie de village 4- Manali - Jispa : la route de l'impossible, 1° jour 5- Jispa – Leh : la route de l'impossible, 2° jour. Mes amis anglais 6- Leh : cartes postales 7- Leh - Lamayuru : en route pour un premier trek d'acclimatation 8- Lamayuru – Wanla : 1° jour. Le trek pour nous seuls 9- Wanla - Phonjila - Hinju : 2° jour. Dur dur quand on est malade 10- Hinju - Sumda : 3° jour. Le point haut 12- Sumda - Ezas - Leh : 4° jour. La bonne affaire 13- Leh, vallée de l'Indus : road trip en Royal Enfield 14- Camp 2 du Stok Kangri : 1° jour, une promenade de santé 15- Camp 2 - sommet - camp 1 : 2° jour. Un 6000, c'est pas les Pyrénées ! 16- Camp 1 - Leh : 3° jour 17- Leh : et maintenant, le VTT 18- Kardhung La à VTT : une demi réussite 19 - Leh, vallée de l'Indus : carte postale en Royal Enfield 20- Leh - Delhi - Agra : en serrant les fesses 21- Agra : carte postale 22- Fatephur Sikri : carte postale 22- Agra – Delhi : Laurel et Hardi sur le quai
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20 jours dans le Tamil Nadu (Inde du Sud): carnet (presque) en direct
Bonjour à tous,

Me voilà depuis 3 jours dans la région Tamil Nadu, en solo et en indépendant: sac à dos (enfin petite valise cabine + petit sac à dos), transports publics, etc... Il s'agit de mon neuvième voyage en Inde.

Je publie ce carnet pour donner des renseignements pratiques et des impressions subjectives pour aider ceux qui envisagent un voyage dans la région, car il n'est pas facile de trouver des carnets précis très récents. Je décide aussi de le faire presque en direct, à mes heures perdues, pour donner des informations à chaud, parce qu'à chaque fois que j'ai voulu me lancer dans un carnet, les souvenirs et les détails étaient devenus flous, et avec le temps, on oublie plein de choses... Cette formule me paraît intéressante, même si j'écris avec peu de recul, à part celui de mon expérience passée de l'Inde.

Je n'ai pas vraiment d'itinéraire fixé et je décide de mes étapes au gré du voyage, même si j'ai une idée vague du circuit que je vais faire.

Je remercie tout particulièrement les membres du forum qui m'ont donné des informations précieuses et continuent à m'en donner: Marcomarco, Fabgreg, Aleph, Raggamuffin et Marien (désolé si j'en ai oublié, je les ajouterai plus tard). Je suis parti un peu à la dernière minute, sans vraiment préparer mon voyage, et leur aide me fait gagner beaucoup de temps.

Avant de commencer, quelques infos générales sur mon voyage: - Séjour de 20 jours dans le Tamil Nadu, mon premier vrai voyage en Inde du Sud à part un assez court passage dans le nord du Karnataka et à Goa en 2010. - Vol Air France/Jet Airways Toulouse-Paris-Chennai et Chennai-Mumbai-Paris-Toulouse: 622€ (réservé sur le site Jetcost une dizaine de jours avant le départ). À noter que le même vol depuis Paris, donc avec deux voyages en moins Toulouse-Paris et Paris-Toulouse, coûtait plus de 150€ en plus. Allez comprendre... Ça tombe bien, je devais me rendre à Toulouse! - e-tourist visa en ligne, qui a bien augmenté il y a quelque jours: j'ai oublié le prix exact, mais autour de 80€: abusif mais toujours plus avantageux que le visa de 6 mois si on part peu de temps. - J'ai investi dans la dernière version du Lonely Planet "Inde du Sud" qui est très décevante: de moins en moins de renseignements fiables et précis, des adresses de plus en plus chères, des cartes en moins... À 27€, c'est une arnaque. Je ne suis pas sûr qu'il existe encore des guides papiers vraiment utiles. Une époque révolue? Vive les forums!

Allez c'est parti!
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L'Inde en juin/juillet/août?
Bonjour à tous ! J'ai le projet de partir en Inde du Nord cet été, et il m'est assez difficile de faire le tri dans les avis que je trouve tant ceux-ci diffèrent...j'espère donc pouvoir obtenir ici quelques conseils de la part d'habitués !

Ce serait pour début juin. Je n'ai pas encore pris mon billet mais je voudrais le faire dès demain. Cependant, j'ai du mal à me décider concernant la date du retour. À l'origine, je partais dans le but de faire un trek au Ladakh pour 15 jours. Je pense faire l'aller-retour en bus par la route de Manali, et passer quelques jours à Leh, donc disons qu'en gros cela me prendrait 3 bonnes semaines (je veux y aller tranquillement).

Mais je m'étais dit qu'il serait bête de s'arrêter là. Il m'est possible de poursuivre le voyage pour un mois supplémentaire (soit 2 mois en tout). Or je lis partout que juin/juillet/aout est la pire période pour visiter l'Inde, on m'a carrément dit que ça ne valait pas le coup. Peut être qu'il serait plus judicieux de me consacrer au Ladakh et de découvrir le reste du pays une prochaine fois ?

Est-il possible d'entrer sans avoir de billet retour, et d'aviser sur place en fonction de mon ressenti et de la météo ? C'est un pays qui m'attire depuis un bon bout de temps, mais j'avoue que je l'appréhende. Je suis une jeune femme voyageant seule en mode "routarde", et j'ai lu de nombreuses expériences de filles qui, même en se faisant discrète, ont ressenti un profond malaise et ont du écourter leur voyage. Je suis très ouverte et j'ai envie de me faire mon propre avis sur la question, mais le prix de ce voyage est conséquent pour moi et j'ai très peur de me retrouver dans cette situation. Si je ne m'y sentais finalement pas bien, j'aimerais avoir la possibilité de prendre un billet d'avion pour un pays asiatique plus calme (par exemple la Thaïlande que je connais déja) et de re-tenter l'expérience indienne dans quelques années.

Dans le cas où j'y passerais deux mois complets, j'aimerais après le Ladakh visiter Agra, Jaïpur, Jodhpur, Pushkar, Rishikesh, et surtout Varanasi. Combien de temps consacrer idéalement à chacune de ces villes ? En un mois et en n'utilisant que les transports en commun, c'est assez ? Au Ladakh, à part un trek guidé, qu'est ce qu'il y aurait de beau à visiter par ses propres moyens ? D'ailleurs est ce que les treks proposés sur 15 jours sont adaptés aux débutants ? Enfin, est-il préférable de visiter d'abord le Ladakh puis le Rajasthan et Varanasi, ou de parcourir le pays pour terminer par le trek ? En fonction du climat, de la fréquentation (peut être moins de monde au Ladakh en juin qu'en juillet/aout ?), de l'adaptation au pays etc...

Je remercie par avance ceux qui auront la gentillesse de répondre à ce post un peu long :)

Je m'excuse si certaines de mes questions ont déja été posées, j'ai fait quelques recherches mais en ce moment le temps me manque et comme j'aimerais pouvoir prendre mes billets au plus vite...

Bonne soirée à vous !
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Itinéraire de trois semaines au Rajasthan: budget et étape à Bûndî?
Bonjour à tous !

Cela fait plusieurs mois que je prépare minutieusement ces 3 semaines au Rajasthan ! Nous (2 filles et un mec) allons passer 3 semaines sur place. Au début, j'ai commencer à timer chaque tps de parcours et chaque monument à voir, le temps à passer dans chaque ville etc...Mais plus j'écume les forum, plus je sens qu'il va falloir faire au feeling...Pour vraiment profiter du voyage... Itinéraire prévu : - Arrivée Delhi - Agra - Fatehpur Sikri - Barathpur (escale rapide pour eviter un trop long voyage Agra Jaipur) - Jaipur - Pushkar (passage à Ajmer) - Udaipur - Ranakpur - Jodhpur - Jaisalmer

et si on a du temps : Bikaner, puis hésitation entre Bundi et Mont Abu...

Pensez-vous que cet itinéraire est déjà trop chargé ? Nous avons prévu un budget de 800€ par personne...J'ai vu que bcp parlaient d'augmentation des prix...Ce budget est il suffisant ? J'ai prévu d'emmener une paire de birkenstock et une paire de tongs...Vaut il mieux que j'emmene des chaussures de rando ? J'ai lu qu il fallait emmener des chaussettes epaisses pour se proteger des moustiques...Donc il vaudrait mieux que j emmene des chaussures fermées ? J'aimerai voyager le plus leger possible... Est ce facile de trouver sur place des moustiquaire imprégnée ?

Si vous avez des conseils, n'hésitez pas :-D
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Récit de notre voyage au Rajasthan en avril 2009
Voici donc le récit de notre voyage, qui sera publié en plusieurs épisodes car c'est long. (attention PHOTOS VOIR PLUS BAS POSTS SUIVANTS)

Trajet: Delhi - Kota - Bundi - Chittorgarh - Udaipur - Delhi du 13 au 26 avril 2009

Modalités du voyage: je voyage seule avec avec mes deux enfants. Je n'ai pas loué de voiture, nous nous sommes déplacés en train et transports en commun. Nous avons réservé 3 trajets sur le site des chemins de fer à l'avance. Nous sommes ravis du voyage et rentrons éblouis même si certaines choses ont été dures. Je pense qu'il nous faudra longtemps pour réellement digérer tout ca. Mais l'impression générale est excellente, nous n'avons eu aucun ennui, aucune entourloupe, les gens ont été dans la très grande majorité d'une extrême gentillesse. Nous ne sommes pas tombés malades. Nous n"avons souffert que de la chaleur (40 à 42 degrés au Rajasthan en cette saison). Je donnerai à la fin des précisions sur le budget.

j'en profite pour remercier tous les membres du forum qui nous ont aidé à planifier le voyage et à choisir les étapes. Merci Merci car sans vous ce voyage n'aurait pas été ce qu'ila été 🙂

RECIT DE VOYAGE

PARTIE 1 : DELHI KOTA BUNDI

J1: arrivée Delhi à 5h du matin, par Finnair🤪, après escale à Helsinki. Excellente compagnie je dois dire.

Change à l’arrivée à la Bank of India, 63, 90 Rp pour un euro sans commission. Je n'ai changé que 100 euros et j'ai regretté après, le change est moins bon dans les villes secondaires du Rajasthan.

Eviter Thomas Cook juste à côté : donne moins malgré le prix affiché qui semble similaire, car prend une commission (inofficielle).

Stand de taxi prépayé de la police : 350 Rp Pas de problème avec le taxi

UNE DEMI JOURNEE A NIZAMUDDIN :

Nous allons à Nizamuddin Ouest, chez une amie d’amie qui nous passe une chambre pour quelques heures, car nous avons un train à prendre à 14h pour Kota

Visite de Nizamuddin ouest : le quartier résidentiel où nous logeons se transforme au bout de 10 minutes en petit quartier musulman, puis en un dédale de ruelles étroites avec des chèvres, des vaches, des petites échoppes, qui ressemble plus à un village. Notre but est de visiter les tombes des saints musulmans qui sont parsemées entre les ruelles, parfois dans des aires un peu vagues, puis la Dargah du saint Nizamuddin.

Les enfants commencent à paniquer car les rues sont de plus en plus sales, jonchées de détritus voire d’excréments, sous la chaleur la puanteur s’amplifie, l’étal d’une boucherie islamique fait frémir, il y a des foules d’enfants qui nous suivent, des regards interrogateurs. Nous nous perdons un peu, je redemande plusieurs fois mon chemin, bref on arrive enfin devant la Dargah, on nous fait enlever les chaussures et nous suivons le labyrinthe de couloirs sombres qui entoure un puits puis diverses cours. Les couloirs sont jonchés de mendiants qui attendent de la nourriture, leur vue est très difficile pour les enfants, ils sont squelettiques, les enfants ont des petits membres décharnés repliés sous leurs corps sans force, les adultes nous agrippent et sollicitent des aumônes. Mes enfants veulent sortir, mais on est coincés et il faut avancer. Enfin nous ressortons au grand jour, dans la cour qui abrite le monument à Nizamuddin, autour duquel sont étalés des tapis et des bâches pour protéger du soleil qui tape tellement qu’on ne peut marcher pieds nus sur les dalles en dehors des tapis. On fait le tour en contemplant les fidèles en prière, hommes et femmes vêtues de saris multicolores, de diverses classes sociales assis tout autour du monument ; On décide de rebrousser chemin, et il faut affronter à nouveau le dédale de corridors pour retrouver la sortie et nos chaussures. Les enfants sont épuisés du choc avec la pauvreté et de la chaleur. 🙁

Je décide alors d’aller visiter le tombeau de Humayun qui n’est pas loin. Mais sous la chaleur, le trajet semble long, les routes sont très larges (mathura road n’est pas facile à traverser !), une circulation démente et la pollution rend pénible le moindre trajet à pied.

On finit par arriver devant le monument, caisse et achat de billet (150 Rp, gratuit pour les enfants) et là c’est splendide ! Nous arrivons devant une succession de mausolées et monuments de toute beauté de l’époque moghole, entourés de luxuriants jardins et de fontaines. L’endroit est paradisiaque en comparaison de celui que nous venons de quitter.

Nous paressons dans les jardins à l’ombre des arbres en admirant le nombre de volatiles qui y vivent et y croassent, nous allons siroter des cocas à la buvette et nous faire prendre en photos sur les marches du mausolée en compagnie des Indiens, qui évidemment repèrent ma fille blondinette qui est réquisitionnée pour faire de la figuration sur leurs photos !

Enfin il est l’heure de rentrer, prendre nos bagages et nous diriger vers la Gare de Nizamuddin, avec un Rickshaw bien sûr, qui sillonne les autoroutes en sens inverse de celui de la circulation ( !!!), il me fait de frayeurs bleues mais bon heureusement ce n’est pas loin. Aucune difficulté pour trouver le train, notre wagon Sleeper affiche bien notre nom parmi la liste des passagers, on part à l’heure bref TOUT VA BIEn

VOYAGE DELHI KOTA EN SLEEPER PUIS TRANSFERT BUNDI :

Le wagon sleeper me fait plutôt une bonne impression, du moins après le départ car avant, on a eu droit à un essaim de mendiants et de vendeurs divers qui ont défilé dans le wagon. L’un des mendiants rampait par terre sans jambes. Dur à supporter.

On voyage aux côtés d’une famille indienne très « middle class ». J’en profite pour essayer de lier conversation. Le père ingénieur mécanique, a déjà été en France, en Alsace, pour visiter une usine de fabrication d’excavateurs. Le fils fréquente un lycée technique à Kota, ville réputée pour ses institutions d’enseignement. Il potasse durant tout le voyage son livre de physique, un manuel revêche imprimé tout petit sur papier de type recyclé, sans aucune illustration en couleur, ferme les yeux et se récite les formules à retenir, puis passe à la suivante. Son zèle ferait pâlir tout lycéen français ! La mère, très effacée, me parle à peine. Enfin quand les autres me parlent anglais, je dois leur faire tout répéter car ils ont un tel accent que j’ai du mal à les comprendre (je parle anglais couramment car j’ai vécu des années aux USA mais vraiment l’accent indien c’est spécial !!)

On achète du « tchaé » puis des burgers végétariens (20rp) aux préposés du wagon restaurant qui arpentent le wagon. On regarde le paysage, fascinés par cette succession de paysages arides, désertiques, entrecoupés d’oasis verdoyantes, puis par des banlieues de villes sans aucun style, bardées de fils, de montagnes d’ordures où habitent directement des pauvres familles hirsutes dans des abris faits de sacs poubelles et de bâches plastiques dégoutantes, fouillant au milieu des détritus. Dans les gares, à nouveau l’animation des vendeurs qui entrent dans le wagon avec des seaux, des plateaux de nourriture, des boissons… Le soleil se couche doucement sur ce paysage déroutant, la nuit tombe, on arrive à Kota, où l’animation est toute de suite grouillante à nouveau.

On sort du wagon et on commence à gravir la passerelle qui enjambe les voies ferrées et mène à la sortie. Je n’ai eu aucune réponse à mon mail à la guesthouse de bundi, donc je m’apprête à affronter les rickshaws à la sortie pour nous faire conduire à un hôtel près de la gare, en me disant qu’avec les enfants je ne ferai pas de longs trajets de nuit.

Soudain, en montant l’escalier, j’entends distinctement quelqu’un appeler mon nom, puis le nom de mes enfants. On regarde, hébétés, et on voit un jeune homme qui nous appelle. C’est Montu, de la Shivam Guest house de Bundi qui était venu nous chercher ! Je n’en reviens pas ! Cette bonne surprise inattendue va nous permettre de gagner Bundi le soir même.

Montu « négocie » un rickshaw avec plusieurs autres personnes, on s’y entasse à 7 (les enfants sur la barre qui sépare la cabine de l’espace du chauffeur), les valises amoncelées au fond. Je ne sais pas où on va, mais le rickshaw se démène dans de gros embouteillages, très nerveusement, on roule pas mal, les rues sont éclairées et on voit des myriades de magasins ouverts, des tissus colorés, des foules de gens, de voitures, de rickshaws qui klaxonnent… finalement, on arrive à la gare des bus.

Tout le monde descend et Montu nous montre le bus pour Bundi (rien d’écrit en anglais, je ne sais pas comment on aurait trouvé) et on s’installe, il partira dès qu’il sera un peu rempli. Soudain c’est Pinky qui arrive avec une copine et ses deux enfants ! Grande joie de tout le monde, on se présente, on fait connaissance, on raconte comment on s’est trouvés à la gare … Les enfants ont faim et Montu est parti leur acheter des chips, elles sont trop pimentées (parfum « massala », ca pique pour eux) ! Bref le bus s’ébranle et on arrive à Bundi en pleine nuit, vers 9h30 voire plus. Là à nouveau, longue négociation de Montu pour un rickshaw, on part même à pied en roulant les valises (je pensais qu’on allait à pied), mais non c’est une feinte, le rickshaw nous rappelle et cette fois on monte dedans … à 10 personnes (je ne blague pas ! je précise que le siège est fait pour 3 maximum) !!

Enfin on arrive rompus à la Guesthouse, présentations de toute la famille, et re récit de notre rencontre à la gare de Kota, où MOntu est venu nous chercher en apprenant qu’on avait eu leur adresse par Ashanti du forum 😉… on s’installe sur la terrasse, morts de faim et de fatigue, on commande 2 plats rapides (enfin, rapide n’est pas le mot !), on file dormir. On nous installe dans la « chambre familiale », grande chambre toute propre avec deux grands lits ornés de très beaux draps imprimés à motifs « block print » et deux ventilateurs, une belle salle de bain.

Quelle première journée ! On en a plein les yeux !

J 2-3-4 : BUNDI

J2 : découverte de Bundi

Le matin on prend notre petit déjeuner sur la terrasse de la Shivam Guest house : c’est impressionnant avec les montagnes environnantes et le château qu’on aperçoit juste au dessus, sans parler des singes entreprenants qui se baladent d’un toit à l’autre. On refait la connaissance de toute la famille, les parents adorables, Montu et Pinky qui parlent bien anglais, et Tampi, le plus jeune frère, qui fait des études d’informatique à Jaipur. Ils nous parlent abondamment d’Achille et perle (les enfants d’Ashanti) et nous demandent de leurs nouvelles.

Puis on fait notre première sortie en ville … qui durera jusqu’au soir ! Au début, les enfants sont un peu épouvantés par la circulation : rickshaws, motos, vaches, chiens, chèvres, voitures etc, tout le monde fonce en appuyant sur le champignon et la sonnette à la fois, bref c’est à vous de vous pousser ! Sans parler de la pollution, qui irrite le nez. On ne peut marcher qu’en file indienne et encore au moindre coup de sonnette il faut savoir se ranger promptement de côté ! Mais les enfants prennent vite le pli…

Nous découvrons une petite ville charmante, avec des maisons peintes d’éléphants et de fleurs, des haveli typiques qu’on nous invite à visiter. Partout on nous accueille avec un « hello, what’s your name » et tout le monde veut savoir s’où nous venons, comment nous nous appelons, où est mon mari (je n’en ai pas, mais comment leur faire comprendre un truc aussi impossible pour eux ?), si les enfants sont bien mes enfants (ca va devenir une question lancinante, partout on veut savoir pourquoi je suis la maman d’une petite blonde et d’un enfant brun basané qui ressemble à un Indien).

Les gens passent les mains dans les cheveux blonds de ma fille, puis ils pointent mon fils du doigt et disent « Hindi ? Bharat ? ». Il en a un peu marre, mon petit tsigane, et il n’aime pas que je raconte l’histoire de leur adoption, alors je finis par mentir en disant que oui, leur père est resté à Paris, réponse qui satisfait finalement même si elle doit paraitre improbable !

On visite le marché, les réserves d’eau et le baori (puits gigantesque avec des escaliers descendant en forme géométrique, malheureusement jonché de sacs plastiques et de crottes d’animaux)… On s’achète un lassi merveilleux chez « Sathi’s lassi » (sur la route qui descend du château), et moult bouteilles d’eau fraiche dont nous faisons une consommation énorme, sans compter les bouteilles de jus de mangue, plus parfois un pepsi ou limonade. On a tellement chaud qu’on ne mange rien du tout !

Je commence même nos premiers achats, car les enfants ont besoin de sandales. Les échoppes ont une plate forme à 1m au dessus de la hauteur de la rue, sur laquelle on monte en se déchaussant. On achète 2 paires de sandales et une paire de tongues pour 490 roupies (8 euros), je suis contente, mais j’apprends le soir que je me suis faite rouler et qu’il fallait payer la moitié ! Bon ce n’est pas bien grave. Les sandales par contre ne sont pas de bien grande qualité, ce n’est pas du cuir mais du synthétique ou du carton +Tissu, la première paire lâche rapidement…

On rentre rompus le soir, discussions animées sur la terrasse où on échange les infos avec les routards français qui sont fort nombreux ce soir là, et les membres de la famille de nos hôtes qui se mêlent gaiment aux discussions tout en servant à manger. Faut pas être pressés, nous sommes les derniers servis et avons attendu le repas (riz et légumes uniquement) plus d’une heure ! Sinon on prend des tuyaux auprès des autres voyageurs, on nous dit que la montée au château est rude, et la montagne peuplée de dangereux singes qui n’hésitent pas à attaquer les touristes isolés. Bigre !

J3 : visite de la forteresse et du château au programme, puis jait sagar.

Avertie, je décide de louer un rickshaw auquel je demande d’aborder la forteresse par l’arrière, je me dis qu’on redescendra vers le château ce sera plus facile. Il y a 10 km de route très mauvaise et le rickshaw peine terriblement. On arrive à un petit poste de garde et on aperçoit les murailles impressionnantes de la forteresse, fermée. Personne ne sait comment aller vers le château. Le chauffeur ne comprend pas un traitre mot d’anglais et ne sait pas où l’on doit passer, on attend sous le soleil, je lui montre le plan mais il ne sait rien, on est coincés…

Enfin arrive un type avec un gros gourdin qui se propose de nous faire faire le tour de la forteresse et de nous indiquer le chemin vers le château. Le gourdin c’est pour écarter les singes à tête rouge🤪, bon ca me rassure… Bref il nous ouvre la porte de la forteresse et on commence à longer les gigantesques remparts, puis on découvre avec émerveillement les enfilades de pièces avec des murs peints, des fresques, les terrasses, les jardins suspendus, les esplanades, les gros réservoirs d’eau et les puits gigantesques, un château de la belle au bois dormant envahi par la végétation et les animaux (singes, chauve souris, lézards, insectes etc). Avec une vue superbe sur la vallée et les petites maisons bleues de Bundi en bas.

Le guide nous indique la direction qui descend vers le château, qui est environ à une demi-heure de marche plus bas. Mais je ne veux pas faire le chemin seule. Nous n’avons rencontré aucun touriste du tout sur ce site pourtant époustouflant. Finalement on avise deux touristes australiens qui sont montés du château au pied et consentent à faire le trajet avec nous. Les pierres sont très glissantes par endroit mais ca va. Et là on arrive au château de Bundi (16-17e siècle), splendide, constitué de cours entourées de cloitres ouvrant sur des chambres richement décorées de fresques ou de petits miroirs incrustés. Les miniatures peintes sont de toute beauté et les couleurs superbes. On n’y rencontre très peu de touristes.

Finalement on arrive à la partie basse du château, celle dont l’entrée est payante quand on arrive par le bas, mais nous n’avons pas de billets puisque nous sommes arrivés par le sommet de la montagne. Les enfants sont épuisés de chaleur et veulent rentrer à la maison, mais le garde nous propose de faire venir de l’eau moyennant 20 Rp (le prix habituel de la bouteille est de 10 Rp, le garde prend son portable et au bout de 10 minutes, on voit un gamin qui a fait la montée en courant pour nous apporter la bouteille tant désirée…), ok on prend.

Ensuite le garde veut nous vendre des billets et fait le calcul : 60 Rp par personne (tiens les enfants sont payants ? oui dit il), plus 60 Rp pour l’appareil photo. Je lui tends les billets, il empoche ca et les fourre dans sa poche ! et là je comprends qu’il n’a pas de souche pour vendre des billets et que tout ca c’est pour bibi ! Bref tant pis. On ne m’y reprendra pas. La partie payante est d’ailleurs bien petite après tout ce que nous avons vu. On y paresse un peu, avec deux touristes allemand, dans un recoin sculpté qui offre une vue panoramique sur la ville, bien à l’ombre et au frais. Bon poste d’observation cet endroit ! le maharajah a bien vu ! Enfin on redescend vers la ville.

Je décide de faire un tour du côté du lac qui doit se trouver à 2km au nord de la ville, nous suivons une rue qui mène vers le nord, bordée d’échoppes de bijoutiers et où ma fille repère un bracelet en argent torsadé que nous emportons pour 200 Rp (l’argent vaut 20 Rp le gramme, il y a 8 grammes ca fait 160 Rp plus un peu plus pour le travail de l’orfèvre). Pas cher !

On continue la rue et on découvre des boutiques pas du tout touristiques, des tailleurs, des magasins de tissus. Petit à petit, la ville se transforme en village, nous sommes suivis par une joyeuse cohorte d’enfants, sous une chaleur torride. Certains nous demandent « one roupie », ou bien « one pen », voire « one bottle » (ils collectent les bouteilles vides, ca se revent parait il, ou bien ca peut se réutiliser aussi pour y mettre de l’eau prise au puits). On s’arrête plus d’une heure sous un grand arbre, épuisés, les enfants restent autour de nous et on discute...

Finalement on arrive au lac, on entre dans le domaine de la « maison de Kipling » (enfin Kipling y a dormi en tout et pour tout une seule nuit), qu’un garde nous fait visiter, c’est un charmant petit pavillon situé magiquement au bord du Jait Sagar, vers où descendent une série de jolis ghats où les gens viennent se laver ou se baigner. Des singes jouent dans les arbres. Le garde nous fait visiter les jardins, nous montre les manguiers où pendent des mangues encore vertes. La vue est splendide sur le lac. On y reste tout l’après midi, au frais. Le lendemain on reviendra s’y baigner encore une fois, car c’est le seul endroit frais de la ville.😛

J4 : cette fois c’est notre dernière journée à Bundi. Promenades et lac.

Au petit déjeuner, outre les touristes, un imam musulman en grand habit tout blanc, venu dit il pour « affaires » d’Udaipur. Les enfants veulent rester à la guest house, je les laisse jouer avec Tampi, qui est un fana d’ordinateur et qui la veille au soir les a amenés faire un tour de moto de nuit dans la ville. Ils étaient ravis et adorent Montu, Pinky et Tampi ! ils jouent à nourrir la tortue dont la carapace dessine une étoile, il parait que c’est rare. Elle ne mange que des gombos, la veinarde !

Je pars au marché, bien décidée à faire des achats, notamment les draps imprimés par la technique du block print que j’ai vus à la guest house. J’en trouve au marché, 80 Rp, plus des foulards colorés (50-60 Rp). J’achète de la crème Odomos pour les moustiques dans une petite pharmacie (58 Rp), car on se fait piquer les mollets le soir sur la terrasse de la guest house.

L’après midi on retourne au lac, il y a un grand mariage musulman où nous reconnaissons l’imam vu le matin, qui y officie. Les invités sont parés de leurs plus beaux atours et je me dis que c’est un endroit idéal pour un mariage. On nous propose des plats mais je refuse prudemment : régime riz et légumes cuits uniquement pour l’instant, selon les recommandations. D’ailleurs nous ne tomberons jamais malades au cours de notre voyage. Il fait très très chaud et je suis prudente : pas d’écarts pour la nourriture.

Ce soir là, la chambre est terriblement chaude (elle est située sous la terrasse) et personne n’arrive à dormir. J’envie les touristes qui ont des chambres au rez de chaussée (plus petites mais bien plus fraiches).

Le lendemain nous partons à la gare, à 7h15 nous avons un train pour Chittaurgar.

Suite au prochain épisode 🙂 LIRE LA SUITE DANS LES MESSAGES PLUS BAS !

Amicalement

Deborah 🙂 et ses deux loulous de 9 et 11 ans (une blondinette, un brun bronzé) 😎
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P'tit carnet de route en espérant donner envie à ceux qui hésitent encore à aller en Inde
Mon premier voyage en Inde (en espérant que ce ne sera pas le dernier)

1er jour en Inde, Le 12 octobre 2006 Bombay. Putain quel choc!! J’ai peur, j’appréhende, je suis tout excité, ouvert, fermé! Je ne sais plus du tout ce que je dois penser de tout ça. J’ai une crainte, si notre chambre se faisait dépouiller durant notre absence. Sérieusement je n’ai jamais ressenti la peur à ce point, c’est vraiment bizarre, loin de tout repère, ce qui peut se passer dans la tête de quelqu’un. C’est incroyable!! En fait ce qui se passe, c’est qu’à notre arrivée dans Bombay, nous avons prit le taxi avec une anglaise, de l’aéroport jusqu’à Colaba. Nous avons donc décider de suivre cette anglaise dans un hôtel où elle avait réservée une chambre, on arrive là-bas, pas de chambre pour Marion et moi, le mec affiche complet, bref on repart non sans avoir dit au revoir, adieu même à notre anglaise qui a vraiment été très apeuré à l’idée de rester seule, bon bref. À ce moment y’à un vieux qui arrive et qui nous montre une carte de visite d’un hôtel. Avec Marion on se concerte, et c’est bon on accepte. On prend un taxi et on arrive devant l’hôtel. Déjà c’est un quartier de merde, dans une petite rue encore plus merdique, vraiment!! Sans déconner tout le monde nous regarde l’air un peu mauvais, comme nous sommes avec un indien, les enfants des rues n’osent pas nous assaillir, car la plupart du temps, ils se font dégager à coup de pieds aux cul par les indiens. Donc, on arrive, et dans ces moments tu fermes ta gueule, tu baisses les yeux et tu traces!! On rentre dans l’hôtel. Donc on visite la chambre, elle nous va. On se concerte avec Marion pour savoir combien on donne de backshish au vieux. Nous n’avons aucune notion de la valeur de la roupie à ça moment, nous sommes en Inde depuis à peine deux heures. On décide de lui donner 20 roupies (l’expérience de notre voyage nous apprendras plus tard que 20 roupies, c’est pas mal, enfin! Avec 20 roupies tu fais pas grand chose mais c’est un backshish raisonnable pour des fauchés comme nous, mais çà nous ne le savons pas encore). Nous donnons donc 20 roupies au mec qui fait un peu la gueule en voyant la couleur du bifton qu’on lui donne. Il nous remercie quand même le regard un peu mauvais et va voir le gérant de l’hôtel derrière son comptoir, et là, il lui deux trois mots en hindi, le gérant ne dit rien et approuve juste de la tête. Le vieux se barre. Putain mais qu’est ce qui se passe là?!! Que lui a-t-il dit bordel!!! À ce moment précis je suis prit de la montée d’angoisse la plus puissante que j’ai ressenti de toute ma vie. Qu’est ce qu’il se passe?!! Je soupçonne les indiens présents dans le hall (ils squattent pour regarder la télé) de nous dépouiller notre chambre durant notre absence. Nous n’avons aucun repère culturel de ce pays, on est là que depuis deux heures!! Et là je flippe vraiment ma race comme jamais, Marion ne dit rien mais je la ressens tout aussi angoissé que moi. Dans la chambre c’est un peu la panique, au moment de bouger pour aller bouffer on planque tout sous le lit (à quoi bon?) et on prend le plus important, en gros pas grand chose, quelques médocs et surtout les thunes!! Et on part. En revenant le soir, je ne pense qu’à une chose, la chambre, comment va t-elle cette putain de chambre? En fait rien n’avait bougé, tout ça pour rien. Bref, Bombay!! Vraiment, j’hallucine. En taxi, j’ai cru mourir pleins de fois. Ils roulent comme des cinglés. Ville surpeuplée…poussière…pollution…et surtout la misère. J’ai l’impression de me retrouver dans un roman de Dominique Lapierre. Petit occidental qui débarque au pays de Gandhi avec ses euros et sa grande gueule. Sensations incroyables! Du monde de partout (à coté, Paris est une promenade de santé), des enfants qui dorment, se lavent, mendient sur les trottoirs. Les indiens nous voient arriver à 100 milles. Comment faire pour garder la face? Quand la pression est telle que tu n’a qu’une seule envie, c’est de repartir direct d’où tu viens, la queue entre les jambes et tes euros en poche. Comment faire confiance à des gens en manque de tout, enfin, surtout d’argent. Petite ballade à Colaba, le quartier hyper touristique de Bombay: C’est infernal, putain ça nous a pris le tête. Tous les dix mètres, un mendiant, un commerçant ou un dealer te sautent dessus pour te refourguer un truc, parfois sur deux cents mètres ils te suivent et te forcent à acheter. En même temps, c’est vraiment pénible mais ont-ils le choix? Quand un enfant de six ans te prends par la main et t’emmènes dans une épicerie pour que tu achètes du lait en poudre pour sa petite sœur en t’implorant, t’as juste à fermer ta gueule, être fort pour ne pas chialer et son lait en poudre tu lui achètes, si tu pouvais acheter le magasin entier tu le ferais dans ces moments. Son lait en poudre que je lui ai acheté, peut-être l’a-t-il vendu, mais peut être aussi que sa maman s’en sert encore à l’heure d’aujourd’hui pour nourrir sa petite fille. Alors? Que penser de tout ça? Quoiqu’il en soit Colaba est quand même un quartier de merde où tu es continuellement emmerdé, mais ça fait parti du jeu (si on peut appeler ça un jeu). Nous restons à Bombay deux jours puis ensuite nous filons à Goa plus au sud. Le jour du départ, on prend un taxi qui nous propose une ballade dans Bombay. Dans sa bagnole il a un petit prospectus avec les principales curiosités à voir, spécial routards pressés. Ça tombe bien on à un bus qui part dans 5 ou 6 heures. Et nous voilà partit dans Bombay. Temple jaïns ou nous restons à scotcher sur des chants splendides de femmes, vraiment magnifique…Ensuite un truc dédié au bouddha avec une sorte de petit lac crado (pour ne pas dire vraiment dégueulasse) où quelques enfants se baignent, se lavent et la boivent aussi. Ça paraît inconcevable pour moi, mais c’est comme ça, ils sont immunisés et beaucoup plus résistant que nous pauvres petits occidentaux aseptisés. Les enfants sont ravis de nous voir, en nous voyant, ils enchaînent saltos, sauts périlleux et autres acrobaties. Ils hurlent « photos!! Take photos!! », Marion prends deux ou trois clichés, ils exhibent fièrement leurs biscotos et sautent dans l’eau avec toute leur joie d’avoir été photographié. Moi, je prends la tête à Marion de peur qu’ils ne nous demandent un backshish pour les photos. Finalement, ils ne demandent rien et nous retournons au taxi pour continuer notre tour « spécial touristes ». Chauffeur de taxi à Bombay, c’est un truc de malade, ici pas de priorité à droite où je ne sais quelles règles à la française. Aucune règle de conduite (j’exagère mais c’est l’impression que ça donne), pas de cédez le passage, les voitures s’arrêtent en plein milieu de la route pour faire demi-tour. Il y en a de partout et pourtant tout se passe comme sur des roulettes, je ne sais pas comment c’est possible. Même les flics s’en contrefoutent, de toutes façon la plupart du temps où on les voit, c’est aux croisements surpeuplés où ils essayent de gérer le trafic et puis de toute façon, ils s’en foutent. Un exemple, à notre arrivée à Colaba le premier jour (avec l’anglaise), on était un peu (carrément) perdu, on dit au taxi de s’arrêter pour regarder tous ensemble le plan du quartier . Et là, le mec, il s’arrête, mais il s’arrête en plein milieu de la route, tout le monde gueule, klaxonne mais lui, il s’en fout, il attend qu’on est retrouvé notre chemin car lui aussi est perdu dans cette ville aux dimensions hallucinantes. Sur ce tu as un flic qui arrive, on croit qu’il va geuler, pas du tout, il prend notre plan et on se met à chercher tous ensemble. Il faudra un bus en colère pour que le taxi veuille bien se garer plus loin. Le flic lui, il s’en fout, il dit au chauffeur de bus de se calmer et on repart dans nos recherches. Hallucinant!! Comment gérer le trafic dans ce monstre?! Parfois sur ce que l’on pourrait appeler la périph de Bombay, t’as un mec qui tire une charrette! Mais qu’est ce qu’il fout là au beau milieu des innombrables voitures qui filent sans même le voir?!! Je suis perdu! Qu’est ce que c’est que ce pays de fous. Notre guide chauffeur de taxi nous emmène voir les Tours du Silence (tant convoitée par Charles Duchaussois dans son roman « Flash« ), c’est un sanctuaire où les parsis (une minorité religieuse ultra-riche) ont fait construire quatre tours auxquelles ils accrochent les dépouillent des cadavres pour les offrir aux vautours. Le site est extrêmement bien gardé et nous ne voyons qu’un petit bout de tour, cachés derrière de hauts murs. Bon nous prenons le bus ce soir pour Goa, l’épisode Bombay fut bref mais intense. Nous devons revenir ici pour notre départ le 19 décembre. C’est simple, plus jamais je ne prendrais un bus long trajet en Inde. C’est un truc de malade!! Le chauffeur est complètement taré, ils roulent à des vitesses, comment dire? C’est un malade! Leur conduite ressemble au trafic de Bombay, en gros ils font n’importe quoi mais ils savent ce qu’ils font. Ils doublent dans les virages à des vitesses vertigineuses en déboîtant la plupart du temps au dernier moment et se rabattent de la même façon, parfois si il y a dix cm d’écart entre nous et le camion qui arrive en face c’est le maximum. Marion, elle, elle s’en fout, elle est cool. Je ne sais pas comment elle fait, elle est toute tranquille. En même temps le chauffeur roule comme un fou mais il sait ce qu’il fait. Dans le siège à coté du notre, il y avait un indien qui était raide comme un piquet sur son siège et qui enchaînait les prières et les signes de croix, avec le recul, j’en rigole mais sur le moment je ne faisais pas le fier. 13h de route plu tard on est enfin à Goa. Les indiens sont en plein développement économique. Des maisons sont construites de partout pour accueillir le touriste. C’est bizarre mais, pour certains indiens, c’est comme si l’occident était un idéal. Le salaire moyen d’un indien est de 1100 roupie soit 20 euros. 20 euros… Parfois quand ils nous voient arriver, ils semblent dire « voilà! C’est à ça que je veux ressembler ». Alors toi, t’arrives de France où tu « galères » un peu et tu es confronté à ça, ben sérieusement ça fait bizarre. Comme si tu était un exemple en quelque sorte. À Bombay, notre ami guide chauffeur de taxi m’ouvrait et me fermait la porte, il était à notre entière disposition. C’est trop bizarre comme sensation. Ce sentiment d’être riche, très très riche même. Parfois aussi, leurs regards se ferment à nous (les anciens surtout), comme si ils pensaient que l’occident venait les pervertir, quelque part ils n’ont pas tort. La société de consommation, le capitalisme, l’argent. L’inde a trouvé son but et dans quelques décennies ce sera sûrement une des grandes puissances de ce monde. Peut-être leur niveau de vie sera plus confortable, comme cette famille qui vit à six ou sept dans cette petite hutte au dessous de mon balcon à l’heure où je suis en train d’écrire ces quelques lignes. L’inde trouvera sa voie, mais à quel prix? La perte de leur innocence? Leur regard est tellement pur, profond, beau. Comment peuvent-ils envier l’occident à ce point? L’inde est en plein apprentissage on dirait. Ne serait-ce que les vendeurs d’objets d’arts, de frous-frous, de colliers et autres. Putain, mais ils ne te lâchent pas d’une semelle, parfois t’aurais envie de les envoyer balader, mais c’est leur gagne pain mais leur technique n’est pas très lucrative, ils te prennent la tête plus qu’autre chose, mais comment doivent-ils faire? Où est la solution? Le tourisme en est une et pas des moindres. Elle va y arriver!! J’espère que l’inde va s’en sortir. Elle doit s’en sortir bordel!! Ah comme j’aime ce pays. Ça fait que quatre jours que l’on est ici mais je les aime ces indiens, leur vice me gêne, me prend la tête, leurs apriorie sur les occidentaux aussi mais je les aime. 4 jours, j’ai l’impression que c’est une éternité….c’est dans ces moments que l’on se rend compte que le temps n’est qu’une simple notion et qu’il n’existe pas. Aujourd’hui 4ème jour, on s’est baigné dans la mer d’Oman, l’eau était au moins à 30°, de supers vagues et le truc de fou, des transats, gratos en plus. On est la parfaite panoplie du couple d’occidentaux qui vient faire le beau au milieu de la misère. Des transats quoi!! Un peu plus et on croirait qu’on est milliardaire. C’est une sensation vraiment étrange que celle d’être riche. Sur la plage, toute la journée on croise des femmes indiennes: « hello, how are you? Where do you from.? Do you want massaze? No massaze? Are you sure? Really, no expensive. » Et c’est partit, toi tu décroches pas un mot mais elles, elles enchaînent. Toujours le même pitch, c’est leur gagne pain. Peut-être qu’il y a dix ans elles arrivaient à amadouer le touristes mais là, ça ne marche plus trop. Marion commence à être agacer de leurs méthodes un peu gênantes et assez encombrantes, c’est clair. Déjà Bombay nous avait prit la tête. Ah Bombay! C’est…c’est comment dire? J’en sais rien en fait. Des immeubles sans façades sur des dizaines d’étages, sans eau ni électricité sûrement. Des familles entières s’entassent la dedans. Aux alentours de Victoria Station, les trottoirs sont encombrés de tôles disposées de façon à faire des petites maisons, sur des dizaines et des dizaines de km, les familles vivent ici, les enfants se douchent là. Le plus frappant ce sont les bidon-villes, en arrivant à l’aéroport on les survole. C’est incroyables de voir ces toits de tôles s’étendrent sur des vingtaine de kilomètre (le plus grands bidon-villes d’Asie est à Bombay). C’est assez hallucinant! Les bidon-villes, qu’est ce qu’elle en fait l’ Inde de ses bidon-villes, elle les ignore, les rejette, les laisse crever . Vision d’horreur. Je connais mal l’Inde. J’aimerais apprendre à la connaître mieux, m’acceptera t-elle? Je les aime ces indiens, ils sont trop rigolos parfois. Notre premier soir à Goa, on a été bouffer dans un petit resto, on arrive et là il y a quatre indiens assis à une table, en nous voyant arriver ils se sont affolé d’un coup, tout les quatre à nos petits soins genre un qui nous installe, un autre qui part tout affolé chercher les menus, un autre qui nous observe et un autre qui file en cuisine. C’était vraiment très marrant comme scène de vie. Ensuite, quand on avait la carte en main, ils étaient plantés devant notre table droit comme des I, tout gêné et nous aussi avec Marion on ne savait pas quoi faire, on se sentait vraiment con. Je les aime ces indiens, tellement de touristes doivent les prendre pour de la merde, des moins que rien. Rien que d’y penser, ça me fout le bourdon. Putain ce sont des êtres humains bordel!! L’occident est grand, bon, très bon même mais alors qu’est ce qu’il est con, cet occident qui pète plus haut que son cul!

8ème jour, le 20 octobre 2006

C’est bien cool, on a vraiment l’impression d’être des vacanciers. Demain, nous partons pour Calicut pour deux ou trois jours. Si on veut rester un peu plus longtemps dans le nord, il nous faut pas trop nous attarder dans les villes du sud et faire des choix. Ahh le train en Inde! C’est simple je suis installé à l’endroit où on met les bagages normalement, tellement il y a de monde, pour un peu il doit y en avoir sur le toit. Je n’ai jamais vu un truc pareil, des gens partout, sur les portes bagages, à 8 ou 9 sur des sièges qui en tiennent normalement 4, la chaleur mais surtout les odeurs, il faut dire que les chiottes sont juste à coté. Marion comate en dessous de moi. Ça fait bientôt 20 minutes que l’on est arrêté, pourquoi? Pas la moindre idée. Parfois les trains s’arrêtent 1h pour laisser passer un autre train. Un voyage qui devait durer 4h, finalement on mettra 2h de plus. Quand je pense que je suis le premier à gueuler après la SNCF…Il faudrait que les gueulards comme moi prennent au moins une fois le train en Inde, je pense qu’après ça ils seraient plus calme. Putain j’ai chaud, il fait au moins 40° la dedans, sinon plus. Quand est-ce qu’on repart? Marion dort par à coups, la pauvre. Remarque sur mon perchoir, j’ai peut-être plus les odeurs de pisse que les autres en bas, mais au moins je suis à mon aise, vautré sur les sacs. Tiens? Les indiens me regardent bizarrement, de toute façon, ils nous regardent toujours bizarrement. L’autre fois on fumait une clope dehors avec Marion en train de discuter alors que le train était arrêter en pleine cambrousse, et là t’as un indien qui se met avec nous, alors on le regarde, croyant qu’il va nous parler, non non il se poste en face de nous les yeux grands ouverts et nous observe. On le regarde, on lui sourit et lui ne cille pas d’un poil, il nous regarde toujours. Trop bizarre, il y’en a des occidentaux par ici pourtant, bon il n’y en a pas beaucoup c’est vrai, mais il y’en a. Peut-être que c’est le fait de voir une femme fumer, ça choque les indiens, tu peux pas savoir à quel point, c’est hallucinant. Bon on repart? Oui ou merde!! Y’ en a marre là!! Tout ça pour dire qu’ils me regardent bizarrement. Merde j’ai compris, mes tatanes, j’ai pas enlevé mes tatanes avant de monter sur le porte bagages. Tiens? Marion se réveille, elle est un peu agacée. Qu’est ce que je suis bien là haut. Avachi, seul avec les valises. Bon c’est un peu inconfortable comme position car je suis un peu tordu dans tous les sens mais alors qu’est ce que je suis bien. Ça y est on repart! Normalement, nous arrivons dans 2h30. Marion est vraiment agacée. Moi je trouve ça cool, je suis en train d’écrire ces quelques lignes, c’est cool. Les indiens aussi commencent à s’agacer, tu m’étonnes, ils sont les uns contre les autres. Moi je boirais bien un thé. C’est vraiment excellent ça dans les trains indiens. Les vendeurs (de thé, de café, de frous-frous, de fruits…) naviguent dans les wagons, en faisant l’aller-retour et en psalmodiant toujours la même chose. Au début j’étais étonné et je me demandais ce qu’il se passait. En fait, ils vendent leurs produits. On dirait vraiment qu’ils récitent un mantra. Le train en Inde c’est un sacré bordel! D’ailleurs l’ Inde c’est un sacré bordel, mais c’est trop bon!! Le 26 octobre 2006 Cette différence social entre ce pays et le mien est incroyable, j’y comprend plus rien. Comment peut vivre plus d’un milliards d’êtres humains de cette façon? C’est dingue!!Les conditions sanitaires sont lamentables. La pollution dans les zones urbaines est hallucinante, les villes sont surpeuplées. Comment les indiens supportent ça? Le pire dans les villes, c’est le bruit. C’est un truc de malade. Les voitures klaxonnent continuellement, les rickshaws, les bus même les vélos klaxonnent. Le trafic est tellement dense! Et les règles de conduites inexistantes (j’exagère un peu) mais tout se mélange, il roule à des vitesses qui feraient démissionner sur le champ un CRS français. Pour annoncer leur arrivée, à un carrefour par exemple, ils klaxonnent, pour avertir les piétons qui leur tournent le dos ils klaxonnent aussi, ou pour…..et merde, ils n’arrêtent pas de Klaxonner. À Cochin, l ‘autre jour. On se baladait avec Marion. Pour se parler, il fallait littéralement gueuler, comme en boite de nuit, tellement la pollution sonore était grande. Même les trains klaxonnent. En fait les portes des trains restent ouvertes, ce qui est super agréable pour admirer le paysage, alors on peut s’asseoir et regarder. Le train pour t’avertir d’être vigilant parce qu’il y un poteau ou un tunnel ou je ne sais quoi, et bien le train klaxonne. Les voies sont truffées de poteaux!! Si tu veux dormir dans le train en Inde, mets toi le plus loin possible du wagon de tête!! Ce pays est super, mais putain qu’est ce qu’il est bruyant! C’est hallucinant! Autre truc qui me prends la tête: chercher quelque chose. Ça me fait péter les plombs! Hier, on a tourné une après midi pour trouver un centre d’information touristique, que l’on a même pas trouver même avec une boussole et un plan. C’est simple, depuis quelques jours, j’ai l’impression de faire que chercher. Alors tu cherches un hôtel bon marché qui soit pas trop crade, tu cherches un petit resto où dîner ce soir, tu cherches un site touristique, ou j’en sais rien moi, mais en tout cas tu perds une bonne partie de la journée à chercher. En gros tu prends une journée pour repérer l’endroit où tu veux aller et le lendemain tu y vas mais surtout très tôt!! Le plus rigolo là dedans, c’est que quand tu demandes à un indien un renseignement, la plupart du temps, soit il ne sait pas, soit il t’indique une mauvaise direction. La dernière fois à Margao, on a demandé à trois indiens différents où était la gare, on a eu trois réponses différentes, toutes opposées, ils se donnent le mot c’est pas possible!!!Je commence à me demander ce que je fais ici! Ça me prends la tête. Décidément ce pays n’est pas fait pour le tourisme, remarque c’est pas plus mal. Mais peut-être qu’une meilleure organisation serait la bienvenue. Le 29 octobre 2006 Comment ne pas aimer ce pays? C’est bizarre mais il suffit que je promène seul dans les rues, personne ne me calcule comme si j’étais un indien parmi les indiens, (je suis métisse indien et vietnamien à la peau assez mate), par contre il suffit qu’il y est Marion, alors là c’est la cata, tous les regards se tournent vers nous, enfin, surtout vers elle. Ils sont outrés de la voir habillées comme ça, alors que c’est pourtant assez simple comme tenue. Qu’est ce qu’ils penseraient en étant en France, les mini-jupes, les décolletés et tout, ils hallucineraient. Le pire, c’est quand ils voient Marion fumer, ça les choquent mais à un point. Au bout d’un moment on se sent obliger de se planquer pour fumer en paix. J’aime profondément ce pays, mais il y a un truc qui me chiffonne, c’est l’hygiène, les indiens n’ont aucune notion du danger que peut représenter la pollution. Dans les villes, on peut voir des déchetteries à ciel ouvert, c’est pourri, mais eux s’en contentent. Les indiens jettent tout par terre, un exemple, dans les trains les plateaux repas sont servies dans une grande barquette en plastique, le repas terminé, ils balancent ça par les fenêtres. Le long des voies est parsemée d’ordures en tout genre. Ils ne reçoivent aucune information sur le sujet, c’est pas possible, ou alors ils s’en foutent. Peut-être que dans quelques années les choses bougeront, mais en attendant c’est la merde et c’est vraiment dommage. Tiens! Marion dort les yeux ouverts, une photo vite!! Et merde, je ne trouve pas mon appareil! En plus elle se réveille! Ah non, elle se rendort aussitôt. On va attendre un peu. À titre informatif, nous sommes actuellement à la gare de Madras en train d’attendre notre train pour Bhubaneswar? On va se taper 22h de trajet, c’est chaud! Il aura fallu que je vienne ici pour me rendre compte à quel point j’aime la France. Ce pays je vais le respecter désormais. L’occident est grand, peut-être trop même et j’ai peur que cette grandeur le conduise à sa perte… J’ai plus l’impression de faire une étude sociologique que d’être en vacances. C’est bon j’ai pris 2 clichés de Marion en train de dormir les yeux ouverts. Cool!! Nous revoilà dans le train direction Calcutta. Nous quittons Bhubaneswar. On est posé entre les wagons par terre mais ce n’est pas inconfortable. Pour l’instant disons, on verra l’état de nos fesses demain matin, après 9h de trajet. Aujourd’hui le 5 novembre, je ne me sens pas de très bonne humeur, j’ai pas arrêté de bougonner toute la journée. Pauvre Marion, elle est patiente quand même. Quand je suis dans cet état, je suis chiant comme la mort. Avec Marion, on pense que ce sont mes pauses respiratoires qui me mettent dans ces états de chacal. Parfois le matin, quand je me réveille je suis épuisé, essoufflé. Ça commence à m’inquiéter, mon cœur se fatigue. Il faut absolument que je fasse quelque chose. Aller voir un spécialiste ne me tente pas trop, il va falloir que je me démerde tout seul. J’ai une solution! La sophrologie.

J’ai envie de pleurer, une profonde tristesse m’envahit. C’est pas possible de traiter des êtres humains comme ça!! La façon dont les parias sont traités me dégoûte. Le regard de ce petit garçon qui est en face de moi au moment où j’écris ceci parle pour tous ces opprimés. Karma, mon cul ouais!!! J’ai envie de chialer comme une madeleine. Je retiens mes larmes. Non seulement, les indiens se demanderaient ce qu’il m’arrive, et quant aux autres qui comprendront pourquoi, ben, j’ai tout simplement pas envie qu’ils sachent… Ma claque dans la gueule, je viens de me la ramasser de plein fouet, à toute berzingue. Ce petit garçon, qu’est ce qu’il va voir de son pays? Comment va t-il en sortir? Si il en sort vivant, ce serait déjà une très bonne chose. Il est né paria, il restera paria, point barre. Putain d’ Inde!! Ah elle est belle la classe moyenne, oh comme ils sont beaux les brahmanes avec leurs magnifiques colliers de brahmanes, quel mépris dans leurs regards à la vue de parias. Heureusement, il ne sont pas tous comme ça. Putain d’ Inde!!!! Je suis dégoûté, dégoûté… Mais à un point. Je n’oublierais jamais ce qu’il vient de se passer. Jamais! Je viens de me prendre une grande, très grande leçon de compassion en pleine gueule. Petit enfant esseulé dans la vie et laissé dans un océan de merde! Si encore il savait nager, à mon avis il va vite apprendre, de toute façon il n’a pas le choix. Aucun amour à son égard. Une chose? Un objet? Des bras pour porter? C’est ça cet enfant?!! Karma!! Mon cul!! Putain d’ Inde!!

« I have lost my country »(j’ai perdu mon pays) À ces mots, l’émotion me submerge, mais je ne peux pas me permettre de pleurer devant cet homme qui a dut fuir son pays, sa nation, sa famille. Selon lui, sa maman l’a emmener quand il était encore enfant à la frontière indienne pour le mettre en sécurité. À ce que j’ai compris, sa maman serait retourner au pays, le laissant seul. Apparemment la révolution se fait discrètement dans le plus grand secret. Ce peuple a tout perdu, mais il se bat pour garder son identité. Ce peuple, c’est le peuple tibétain! Dans les monastères restants, les moines enseignent la langue tibétaine aux enfants. Les chinois ayant interdit aux tibétains de parler leur propre langue, ils sont obligés de s’organiser comme ils peuvent. Cet homme est professeur de tibétain en Inde. Selon lui, la situation à Lhassa est catastrophique. Les enfants tibétains préfèrent travailler que d’aller à l ’école, le manque d’argent les poussent à se prostituer dés le plus jeune âge. Ils préfèrent gagner des ronds que d’aller étudier. Voilà ce que la Chine a fait et tout ça dans l’indifférence générale. Il y a plus de chinois au Tibet que de tibétains dans leur propre pays! La plupart ont fuit. Ceux qui sont restés se sont lancés dans las affaires. L’économie de marché. La plupart des monastères ont été détruits, les lamas, emprisonnés illégalement, torturés, tués, massacrés!!! Les femmes tibétaines violées, avortées puis stérilisées….. L’homme que nous avons rencontré n’en veut pas aux chinois. Étant bouddhiste, il ne veut pas cultiver de haine envers son prochain. Il prend l’exemple de la Palestine et D’Israël. Quelque part il n’a pas tort. Selon lui, le Tibet ne perdra jamais son identité culturelle. La raison est que l’identité culturelle du Tibet est en majeure partie dût au bouddhisme. Si le bouddhisme disparaît, disparaîtra avec lui le peuple tibétain.

Le 19 novembre 2006 Nous sommes à Darjeeling depuis deux semaines. Entre temps nous sommes aller à Ganktok dans le Sikkim, puis sur la route du retour nous nous sommes arrêter à Kalimpong. Pour enfin revenir ici, à Darjeeling. Cet endroit est magique. Entourée des montagnes de l’ Himalaya, avec en toile de font le Kangchenjunga, le 3ème plus haut mont du monde qui culmine à 8500 et quelques mètres. Autant dire que la vue est hallucinante. Ici nous ne sommes plus en Inde, Darjeeling est un monde à part. Hormis le quartier des taxi-jeeps tout est plus calme, plus serein que ce que nous avons vu jusqu’à présent. Les népalais et tibétains sont ici au grand complet. Le bouddhisme est très présent, nous avons été voir le temple où a été découvert le Bardô-thodôl, le livre des morts tibétains où nous avons rencontré un gentil moine qui nous a expliqué toutes les fresques ornant les murs, c’était vraiment très instructif. À Ghoom, un petit bled aux alentours de Darjeeling, on a rencontré un suisse qui vivait en monastère, un mec super, Michel. Sans déconner, il était génial, on a eu un super échange tous les trois. Normalement, nous devions nous revoir à Bodhgaya, mais on ne s’est pas revu. Marion était très déçue et moi aussi. Quoiqu’il en soit Darjeeling est un endroit vraiment bien, calme et serein, mais alors il caille la mort et ce n’est pas encore l’hiver. Dans notre chambre d’hôte on n’a pas le chauffage, les t°c descendent à 2 ou 3degrés la nuit et je me demande si il ne gèlerai pas, on se pelle le cul! Mais c’est une super expérience que d’être ici.

Le 2? Novembre 2006Dis, c’est quoi Bouddhiste?Est ce que tu vois cet arbre là?OuiQuel est son nom?C’est un châtaigner il me semble, mais je ne suis pas certain.Et bien? C’est quoi Bouddhiste?….(?)

Le 1er décembre 2006

Nous avons quitté Bodhgaya où nous sommes resté 5 jours. Nous sommes sur la route pour Bénarès. Ça va être fou!! C’est bizarre mais plus je me rapproche de cette ville et plus je sens son énergie. Nous sommes accompagné de Martine, une française, petite dame d’un certain âge très sympa. Nous l’avons rencontré à Bodhgaya, elle est ici pour remplacer la responsable d’une asso qui est tombée malade. Elle est en Inde depuis deux semaines mais elle s’ennuie un peu au centre, donc quand elle a su que nous partions à Bénarès, elle s’est proposée de venir avec nous deux ou trois jours pour lui changer un peu les idées. Elle en a bien besoin en plus. Elle était déjà venue deux fois en Inde, en voyage organisé, et cette fois elle est venue par ses propres moyens. Et franchement, elle est un peu déphasée, elle pensait connaître l’ Inde, étant déjà venue mais elle s’est vite rendue compte que les voyages organisés ne montraient pas vraiment la réalité du pays, du coup elle s’est prise une méchante claque dans la face, et elle est un peu désorientée. Enfin bon, on verra bien.

Le 05 décembre 2006

Bon, et bien plus que dix jours avant le retour à Bombay. Aujourd’hui, je suis fatigué. Les indiens me saoulent un peu, cette façon qu’ils ont de te dévisager est assez pénible et celle de te prendre pour un con est encore plus énervante! Nous avons quitté Bénarès ce matin. Bénarès…… Outre le tourisme de masse (je n’avais jamais vu autant de touristes dans une ville indienne) qui, à mon goût fausse parfois les relations, Bénarès reste une ville fascinante, follement hallucinante. Déjà en arrivant, le rickshaw qui nous a conduit de Mugalsarai jusqu’à Bénarès nous a sorti le grand jeu, du véritable pilote de circuit, slalomant entre les cycle-pousse, les piétons, les vaches, les voitures. C’était comme dans un jeu vidéo où tu dois éviter le monde et du monde il y en a!!. J’écoutais Marion et Martine se prendre des fous rires à l’arrière du rickshaw à chaque fois que nous rasions d’un peu trop près (et c‘est peu dire, sans déconner) un passant. Enfin bref, c’était un truc de malade; Les ablutions à l’aube sont démentielles, ces indiens qui viennent par milliers se bénir dans le Gange est un « spectacle » hallucinant! Après s’être lavés dans le Gange, les indiens doivent boire l’eau (sacrée) du fleuve, qui soit dit en passant est le fleuve le plus pollué au monde. Ce qui est rigolo, c’est que les femmes se lavent habillées, elles n’ont pas le droit d’ôter leur sari! Après ces cérémonies rythmées par les chants matinaux ainsi que les prières, la journée peut enfin commencer. Bénarès en ville, c’est de la folie pure. Du monde de partout, voitures, rickshaws, piétons, vélos, mais surtout les vaches!! Comment peuvent elles être aussi nombreuses, par troupeaux entiers elles se dandinent dans les rues, c’est dingue!! Il y a un monde fou dans Bénarès, j’ai vécu mon 1er bouchon de piétons ici!! Parfois tu te ballades dans la rues et là y’à une dizaine de mecs qui portent un cadavre sur une planche. Ils chantent, ils dansent, trompettes et tout le tintoin. À un moment, ils avaient carrément assis le corps recouvert d’une couverture, la tête dépassant à l’avant les yeux ouverts….. Ils emmènent le corps au bord du Gange pour le brûler. Ils immergent une première fois le corps dans l’eau pour le bénir puis ils l’installent sur le bûcher et lui mettent le feu. Il y a différents paliers, 3 ou 4 je ne sais plus exactement, en gros plus le corps brûlent haut plus sa caste était élevée. Ils ne brûlent pas tous les corps. Les enfants, les morts de morsures de serpents, les sâdhus ( je crois) et les….vaches!!! Quand ils ne brûlent pas les corps, ils les mettent directement dans le fleuve. C’est le symbole de la sortie du Sâmsara, ils sortent du cycles infernales des réincarnations. Si la vache est sacrée en Inde, c ‘est qu’elle symbolise la mère. Quand la mère ne peut allaiter son enfant, le lait de la vache nourri le nourrisson, la vache prend alors le rôle de mère. Le soir, au coucher du soleil se déroule le Puja, une offrande faite aux Dieux et au Gange, avec danse rituelle, musique et tout et tout. En fait la vie à Bénarès est assez concentrée au bord du Gange et de la religion. Bénarès est une ville absolument incroyable et ne pas s’y être arrêter aurait été une belle connerie de notre part. Enfin maintenant en route pour le Rajasthan!! Ah tiens! Aujourd’hui dans une gare, à même le quai sous une couverture à moitié déchirée, on a vu un cadavre! Sur le quai, comme ça. Comme à Patna, qui soit dit en passant est une grosse ville de merde où vraiment, ça craint pour les occidentaux. Donc à Patna, on se baladait vers un marché pour acheter des biddies et là par terre vers les étales de fruits et légumes, on voit un vieillard par terre, le type était mort et ils l’avaient laissé là, je ne pense pas pour longtemps mais on a trouvé ça assez hallucinant. Tu imagines un peu, tu va faire ton marché au milieu des cadavres qui jonchent le sol!! L’ Inde est vraiment bizarre parfois, c’est clair! Je me dois de m’arrêter un peu sur l’épisode de Bodhgaya. En fait, suis un peu déçu par tous les dogmes, religions et autres… à Bodhgaya, au stupa du Mahabodi, il y a des centaines de pèlerins qui viennent du monde entier pour y faire des…pèlerinages (forcément!). La façon dont ils vénèrent ce lieu, l’arbre où Bouddha a reçu l’illumination en particulier est vraiment bizarre. Je trouve ça curieux la notion de sacralisation. En fait non….je comprends tout à fait que l’homme croit, mais qu’il puisse vénérer à ce point, c’est assez hallucinant. Je crois de moins en moins aux dogmes, tout du moins à certaines pratiques que mettent en œuvre par exemple les bouddhistes tibétains qui tournent autour d’une statue de bouddha pendant je ne sais pas combien de temps…pour moi ces pratiques sont pour le moins bizarres même si je les comprends, je ne peux pas m’empêcher de penser que tout ceci ne sert à rien. En fait, depuis quelques temps je ne crois plus en grand chose. Rien n’est sacré! À part peut-être la nature. Je rêve d’emmener maman en Inde l’année prochaine. Il faut qu’elle vienne voir comment est la vie ici. J’aimerais tant qu’elle le voit de ses yeux, ce pays. Je compte lui payer le voyage. Je lui dois bien ça, car je trouve que je lui en ai quand même fait un peu baver et je ne l’ai pas toujours respecté. Je lui dois bien ça et puis c’est un des ses rêves. Le 15 décembre 2006 Plus que trois jours ici. Nous prenons pour l’avant dernière fois le train, direction Ahmedabad puis ensuite Bombay. Ce voyage m’aura marqué pour toujours! Mais pour être franc, je suis quand même content de rentrer en France. Ces derniers jours je suis un peu agacer de la façon dont beaucoup d’indiens se comportent. Au royaume des aveugles, le borgnes est roi. Les indiens ont parfois la fâcheuse tendance à prendre les occidentaux pour des cons. C’est bizarre mais sept fois sur dix, quand un indiens vient te parler ça va être pour te soutirer de l’argent. Négocier…Négocier…Toujours négocier. C’est un vrai jeu, à la longue un peu fatiguant. Putain, si ils savaient qu’en France je ne suis pas riche; enfin je vis bien quand même. Si ils savaient combien la vie est « difficile » en France peut-être nous prendraient-ils comme des êtres humains et non pas comme des billets de un dollar…certes, ils sont quand même vachement dans la merde. Désormais j’aurais un autre œil de la pauvreté en Francs, surtout chez les jeunes qui se la jouent « victimes de la société ». Certain n’ont pas eu de chance mais aussi beaucoup en profite et se laisse aller à taper la manche. Je ne leur jette pas la pierre, mais quand tu veux t’en sortir en France tu peux y arriver. Putain! Nous sommes dans un pays riche! Profitons de cette chance pour bénéficier du confort matériel et de tout ce qui va avec surtout de l’accès à la culture et de l’ouverture sur le monde que l’on a et qu’ici en Inde, la majorité ne connaisse pas, d’ailleurs en ont-ils besoin? Parfois je sens leur jugement, leurs pensées profondes et je suis sûr que si ils étaient un minimum instruits, mais jamais ils ne penseraient comme ça; ils sont vraiment emprisonnés pour beaucoup, c’est peut-être un peu dur ce que j’écris mais c’est la triste vérité. Parfois j’ai l’impression de me retrouver dans la France profonde, face à des gens qui n’ont jamais sortis leurs fesses de là où ils habitent; c’est incroyable comme sensation que celle d’être face à un ignorant qui te prend pour un con. Être ignorant parmi les ignorants peut-être… J’aime ce pays mais il m’use, me fatigue, me prend la tête. Il y’a un truc hallucinant aussi. C’est le décalage qu’il y a entre les médias (télé) et la réalité. Ce n’est pas un fossé qui sépare les deux mais un gouffre, un canyon, je ne sais pas comment dire tellement la différence est frappante. Dans les spots de pub, on voit une Inde moderne, propre, nickel, organisée, riche, très riche même, aseptisée; pour un peu on se croirait dans un pays nickel! L’ Inde de demain est en direct dans votre salon tous les soirs mesdames et messieurs!! Les médias véhiculent une image occidentalisée de l’Inde. Des femmes fatales qui assument leur sexualité, nous sommes dans un pays qui pratiquent encore l’avortement abusif quand il s’agit d’une fille. À la télé, des femmes qui ont leur mot à dire. Quand je vois les femmes en Inde, j’ai l’impression de voir un film des années 50-60. Femmes soumises qui parlent que dans le doute et une certaine soumission à l’homme. Attention ceci, ’est pas une généralité mais bon…. Quoiqu’il en soit demain après midi, nous serons à Bombay pour deux jours. J’ai hâte de rentrer. Je rêve d’un truc depuis plus d’un mois, c’est d’une tartiflette, bien grasse. La bouffe française me manque, je ne suis pas chauvin, loin de là mais la bouffe française est un festival de saveurs pour les papilles. Là, dans le même wagon que le mien, des indiens chantent depuis une heure au-moins, c’est vraiment très beau et enivrant. Marion, elle dort. Pour parler d’elle, ce voyage nous a beaucoup apporté je pense; pourtant, je ne compte pas les prises de tête et les remises en question, combien de fois on a failli se séparer? C’était parfois une épreuves et on l’a surmonté. Ma relation avec elle ressemble plus à une forte, très très forte amitié mais je l’aime de sentiments amoureux à la fois, c’est assez troublant. J’ai parfois plus l’impression de parler à ma sœur, ma pote, qu’à ma petite amie. C’est vraiment rigolo comme sentiment. Putain, j’en ai plein le cul. Bientôt 6 heures qu’on est entassé les uns sur les autres! Le train en Inde c’est infernal. Le bruit, je n’en parle même pas. Quand tu es en forme, de bonne humeur, ça passe mais il suffit que tu sois un peu fatigué, alors là c’est la cata’. Franchement, je ne comprend pas comment un train met dix heures pour faire 300 bornes… c’est vraiment bizarre. Tiens?! Il y a du mouvement, tout le monde descend ou quoi! Il suffit que j’écrive ces quelques lignes et il n’y aura bientôt plus personne dans le train, c’est peut-être ça l’ironie du sort. Tout simplement, que je me plains pour rien finalement. Je ne compte pas les gens qui font le voyage debout(!!), ils dorment littéralement debout!!! J’ai vraiment de la chance et je me plains. Bon allez plus que trois heures.

21 décembre 2006: le retour en France Il est beaucoup difficile que ce que j’aurai pu imaginer. Je me suis ramassé une putain de claque qui m’a fait très mal. J’ai perdu tout sens de communication avec les français. Mais alors qu’est ce qu’ils font la gueule, c’est incroyable! Et puis, tout va étrangement vite, un exemple, la route pour aller à Arcachon, j’ai trop flippé, les français roulent comme des malades, vite, trop vite même. À mon avis, c’est beaucoup plus dangereux ici qu’en Inde….. Bon, et bien à ceux et celle qui auront eu la patience de lire jusqu'au bout j’espère que vous aurez fait une bonne lecture. Et je vous souhaite à tous pleins de bonnes choses sur votre route.
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Epices du Kerala
Grande amatrice d'épices je souhaiterai en ramener du Kerala et notamment du poivre (j'ai aussi d'importantes commandes). Par contre je n'ai aucune idée du prix pratiqué sur place. Quelqu'un pourrait peut-être me répondre (je pense en prendre un ou deux kilos de façon à pouvoir en faire profiter quelques uns
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