Bonjour,
Je suis une admiratrice inconditionnelle de cette dame, aussi belle que virtuose. J’espère que vous aimerez…
http://www.youtube.com/watch?v=JtrthXXmKgA
Le lien ci-dessous renvoie directement à un site qui lui est consacré. Texte en français en cliquant en haut à droite.
http://www.liufangmusic.net/English/index.html
Bonjour,
je recherche à acheter des CD de musique de relaxation et new age. En particulier les CD de Steve Human et aussi de Jacotte Chollet mais si vous avez d'autres propositions d'artistes je suis ouvert.
Merci !
Merci !
Parmi mes musiques préférées, il y a le résultat de la confrontation de musiciens africains (principalement du Mali, considéré par beaucoup comme le berceau du blues) et de jazzmen ou bluesmen américains.
Quand chacun fait un pas vers l'autre, cela donne des résultats fascinants.
Voici la liste de mes favoris :
Hank Jones et Cheick Tidiane Seck : Sarala (1995) C'est un album magnifique ou le vieux pianiste de jazz Hank Jones joue légèrement et humblement avec le malien Seck accompagné d' anciens musiciens du célèbre orchestre du Super Rail Band de Bamako. "Sarala" signifie "je me confie à toi" en mandingue, et c'est ainsi que les griots affirment leur sincérité. Cet album est une des rencontres les plus abouties et émouvantes entre le jazz et sa mère Afrique... Voir critiques ici : http://www.cheick-tidiane-seck.com/francais/critiques3.htm
Ali Farka Touré et Ry Cooder : Talking Timbuktu (1994) Faut-il présenter ce disque qui est sans doute le plus connu de ma liste ? Ry Cooder est un guitariste américain amoureux de toutes les musiques. Le projet Buena Vista Social Club qui a relancé de la musique cubaine, c'est lui. Avant Buena Vista Social Club, il a réuni quelques musiciens américains de renom avec Ali Farka Touré et deux percussionistes maliens. Ali Farka Touré est un grand guitariste et chanteur qui interprète ses propres compositions. Celles-ci, mieux produites et accompagnées que d'habitude, sonnent magnifiquement sur ce disque dans lequel la guitare de Ry Cooder est très discrète.
Taj Mahal et Toumani Diabaté : Kulanjan (1999) Le fameux bluesman américain Taj Mahal a fait venir aux USA 6 musiciens maliens pour confronter son art à celui de sa terre d'origine. Toumani Diabaté est un virtuose de la kora, instrument du griot mandingue entre la guitare et la harpe. Le résultat est une réussite, les titres sont spontanés, inventifs, harmonieux, sereins, enracinés dans la tradition du peuple noir, tirant ici sur les mélodies africaines, rappelant là le blues du Mississippi, toujours à mi-chemin de ces deux cultures dont on sait bien qu'elle ont des racines communes.
Corey Harris : Mississipi to Mali (2004) Dans le film de Martin Scorcese "Feel like going home", consacré aux liens entre le blues du Mississippi et la musique malienne, Corey Harris tient le rôle de guide. Fils de bluesman et bluesman lui-même cet anthropologue de 34 ans a fait le voyage musical du retour à la terre mère. Ce disque en est l'aboutissement, une partie des morceaux ayant été enregistrés aux USA et l'autre au Mali, l'ensemble étant d'une belle unité. On retrouve sur certains morceaux le son de la guitare d'Ali Farke Touré et sa voix profonde.
Si vous en avez d'autres à conseiller, je suis preneur.
Hank Jones et Cheick Tidiane Seck : Sarala (1995) C'est un album magnifique ou le vieux pianiste de jazz Hank Jones joue légèrement et humblement avec le malien Seck accompagné d' anciens musiciens du célèbre orchestre du Super Rail Band de Bamako. "Sarala" signifie "je me confie à toi" en mandingue, et c'est ainsi que les griots affirment leur sincérité. Cet album est une des rencontres les plus abouties et émouvantes entre le jazz et sa mère Afrique... Voir critiques ici : http://www.cheick-tidiane-seck.com/francais/critiques3.htm
Ali Farka Touré et Ry Cooder : Talking Timbuktu (1994) Faut-il présenter ce disque qui est sans doute le plus connu de ma liste ? Ry Cooder est un guitariste américain amoureux de toutes les musiques. Le projet Buena Vista Social Club qui a relancé de la musique cubaine, c'est lui. Avant Buena Vista Social Club, il a réuni quelques musiciens américains de renom avec Ali Farka Touré et deux percussionistes maliens. Ali Farka Touré est un grand guitariste et chanteur qui interprète ses propres compositions. Celles-ci, mieux produites et accompagnées que d'habitude, sonnent magnifiquement sur ce disque dans lequel la guitare de Ry Cooder est très discrète.
Taj Mahal et Toumani Diabaté : Kulanjan (1999) Le fameux bluesman américain Taj Mahal a fait venir aux USA 6 musiciens maliens pour confronter son art à celui de sa terre d'origine. Toumani Diabaté est un virtuose de la kora, instrument du griot mandingue entre la guitare et la harpe. Le résultat est une réussite, les titres sont spontanés, inventifs, harmonieux, sereins, enracinés dans la tradition du peuple noir, tirant ici sur les mélodies africaines, rappelant là le blues du Mississippi, toujours à mi-chemin de ces deux cultures dont on sait bien qu'elle ont des racines communes.
Corey Harris : Mississipi to Mali (2004) Dans le film de Martin Scorcese "Feel like going home", consacré aux liens entre le blues du Mississippi et la musique malienne, Corey Harris tient le rôle de guide. Fils de bluesman et bluesman lui-même cet anthropologue de 34 ans a fait le voyage musical du retour à la terre mère. Ce disque en est l'aboutissement, une partie des morceaux ayant été enregistrés aux USA et l'autre au Mali, l'ensemble étant d'une belle unité. On retrouve sur certains morceaux le son de la guitare d'Ali Farke Touré et sa voix profonde.
Si vous en avez d'autres à conseiller, je suis preneur.
Hans Lüdemann & le Trio Ivoire
En marge du JazzFest Berlin 2013, le TRIO IVOIRE du pianiste allemand Hans Lüdemann (accompagné par le percussionniste ivorien Aly Keita et le batteur Christian Thomé) a donné un concert gratuit et précédé d'une conférence de presse ouverte au public le mercredi 23 octobre à la "Haus der Berliner Festspiele" (quartier de Wilmersdorff).
"Nos pensées étaient au Nord-Mali"
Au début de 2014, le TRIO IVOIRE achève son nouvel album "Timbuktu" et donne une série de concerts : la ville au Nord-Mali est le point de départ pour un voyage musical aux lieux et points de référence réels et imaginaires. A une impression bluesy et poétique, le trio évoque l'esprit de la "ville aux 333 saints". Dans cette mesure, l'album est un hommage au Mali également. Dans le TRIO IVOIRE fondent des racines personnelles avec les traditions du jazz, de la musique européenne et africaine. Allier le balafon africain avec le piano, la batterie et les quelques molécules d'électro crée un sound contemporain hors pair. Cela n'a que peu à voir avec de la musique traditionnelle africaine, mais plutôt avec l'exigence de trouver de nouvelles possibilités d'expression artistiques dans un monde globalisé.
En mai 2014, le trio participe au"8-Brücken-Festival" (festival de 8 ponts) à Cologne : par un projet avec les invités Ballaké Sissoko (kora) et Rainer Winterschladen (trompette). Très prometteur ...
https://vimeo.com/80555888
Hery
En marge du JazzFest Berlin 2013, le TRIO IVOIRE du pianiste allemand Hans Lüdemann (accompagné par le percussionniste ivorien Aly Keita et le batteur Christian Thomé) a donné un concert gratuit et précédé d'une conférence de presse ouverte au public le mercredi 23 octobre à la "Haus der Berliner Festspiele" (quartier de Wilmersdorff).
"Nos pensées étaient au Nord-Mali"
Au début de 2014, le TRIO IVOIRE achève son nouvel album "Timbuktu" et donne une série de concerts : la ville au Nord-Mali est le point de départ pour un voyage musical aux lieux et points de référence réels et imaginaires. A une impression bluesy et poétique, le trio évoque l'esprit de la "ville aux 333 saints". Dans cette mesure, l'album est un hommage au Mali également. Dans le TRIO IVOIRE fondent des racines personnelles avec les traditions du jazz, de la musique européenne et africaine. Allier le balafon africain avec le piano, la batterie et les quelques molécules d'électro crée un sound contemporain hors pair. Cela n'a que peu à voir avec de la musique traditionnelle africaine, mais plutôt avec l'exigence de trouver de nouvelles possibilités d'expression artistiques dans un monde globalisé.
En mai 2014, le trio participe au"8-Brücken-Festival" (festival de 8 ponts) à Cologne : par un projet avec les invités Ballaké Sissoko (kora) et Rainer Winterschladen (trompette). Très prometteur ...
https://vimeo.com/80555888
Hery
"Few pieces of music straddle the divide between cultural artifact, radical manifesto of musical intention, and wide popularity like Terry Riley’s In C" (Matt Starling, bandcamp.com ; 2015)
"When I wrote In C, for instance – believe it or not – that was an act of bravery because nobody was writing tonal music then." (Terry Riley)
Musique minimaliste au Mali
La liste des pièces vraiment révolutionnaires de la musique du 20e siècle n'est pas trop longue : parmi les pièces inédites figure Le Sacre du Printemps (1913) d'Igor Stravinsky, et un autre exemple authentique est, à mon avis, In C (1964), pièce majeure du compositeur américain Terry Riley. Cinquante ans plus tard, cette œuvre minimaliste – la plus connue et la plus jouée encore de nos jours, un classique de la musique du 20e siècle et le représentant par excellence du minimalisme américain –, composée pour 35 instrumentistes fait l'objet d'une renaissance en une version africaine/malienne et en outre sous forme d'un film en ligne interactif aussi exaltant et pédagogique (Tate Modern and Africa Express present Terry Riley’s In C Mali, voir la vidéo II en bas) ...
Cette première version africaine est un hommage à la musique minimaliste, dite également répétitive, de l'octogénaire et à la fois un hymne au Mali. Les musiciens de l'Africa Express, projet amorcé par les Anglais Damon Albarn (Blur, Gorillaz) et Brian Eno, accompagnés par le chef d'orchestre et violoniste allemand André de Ridder, les guitaristes Nick Zinner (du groupe indie Yeah Yeah Yeahs) et Jeff Wootton (Gorillaz, Damo Suzuki), et tout particulièrement par une douzaine de jeunes artistes prometteurs du Mali, tous très talentueux mais encore peu connus, se sont retrouvés à s'engager à un avenir commun du Mali : "Nous sommes venus pour soutenir le peuple, la société civile. Au moyen de la musique, nous avons voulu démontrer la cohérence : prendre position contre la guerre, jouer ensemble, improviser, produire et donner aux jeunes musiciens maliens l'occasion de se faire remarquer", explique le manager français, Marc-Antoine Moreau qui s'occupe aussi du groupe tombouctouais Songhoy Blues, d'Amadou & Mariam et de Mamani Keïta.
La caméra se déplace à travers les rues de Bamako, capte les gens au bord de la rue – à moto et à voiture, à pied et à fauteuil roulant – avant d'arrêter à l'entrée de la Maison des Jeunes, club de jeunes et institution socio-éducative de Bamako, avec ses belles mosaïques, étant le lieu où à la fin de l'été 2013 a pris résidence ce projet de musique britannique-africain pour enregistrer un album intitulé Africa Express presents…Terry Riley’s In C Mali, accompagné d'une vidéo qui traduit ledit enregistrement en belles images de la capitale malienne : cette vidéo, quant à elle, nous fait plonger avec confusion dans le tourbillon de la chaleur bamakoise, dans une exploration hasardeuse des rues de la ville, entremêlés d’images des musiciens et de la Maison des Jeunes (voir la vidéo I en bas) ...
Les artistes dans la Maison des Jeunes sont : André de Ridder (violon, kalimba, guitare baritone, chef d'orchestre), Adama Koïta (kamalengoni), Djelifily Sacko (kora), Modibo Diawara (kora), Guindo Sala (imzad), Nick Zinner (guitare électrique), Jeff Wootton (guitare électrique), Cheick Diallo (flûte peule), Damon Albarn (mélodica), Alou Coulibaly (calebasse), Kalifa Koné (balafon), Mémé Koné (balafon), Andi Toma (kalimba, percussions), Madou Mbaye (djembé, percussions), Brian Eno (voix), Bijou (voix) et Olugbenga Adelekan (voix) ...
Le concept de musique minimaliste trouve son origine dans les Etats-Unis au début des années 60 (La Monte Young, Terry Riley, Philip Glass, Steve Reich, John Adams) et se sait un contre-courant de l'atonalité et de la musique sérielle en Europe (Arnold Schönberg, Anton Webern, Pierre Boulez) et dont les caractéristiques sont le retour à la tonalité (et/ou à la modalité), l'intrépidité aux harmonies simples, l'utilisation d'une pulsation rythmique mais aussi d'une densification d'un temps "oriental" statique, la répétition de courts motifs mélodiques, harmoniques ou rythmiques (avec également d'infimes variations) comme principale technique de composition, et la réduction du matériau musical au "minimal" manifeste. Mais lesquelles sont les particularités de In C, pourquoi cette composition a-elle tourné au coup de fouet pour un nouveau et influent courant de musique ?! Ce sont notamment les instructions du compositeur pour la pratique d'exécution de In C : la partition (voir en bas de page, photo IV !) ne précise ni l’instrumentation, ni le nombre de musiciens et ne donne aucune précision quant à la dynamique ou à l’articulation. Elle tient sur seulement une page contenant cinquante-trois fragments (ou : motifs, modules, riffs, patterns) mélodiques-rythmiques qui comprennent autant une note unique que de courtes phrases. Le musicien joue chacun des fragments autant de fois qu’il le souhaite avant de passer au suivant. Cependant, les fragments doivent être joués dans l'ordre, de 1 à 53, et être répétés un nombre suffisant de fois, de plus, les musiciens ne doivent hésiter à s'arrêter de jouer de temps à autre afin d'écouter l'ensembre ni prendre trop d'avance ou de retard les uns par rapport aux autres. La pièce se déroule dans un tempo constant maintenu grâce à une pulsation jouée en do majeur (en anglais : in c) dans l’aigu du piano (ou marimba etc.), note la plus courante dans la musique occidentale, immédiatement reconnaissable et réconfortante, qui a dans cette pièce fonction de métronome et est donc point de repère sempiternel pour les musiciens ("In the beginning was the pulse"). Terry Riley apporte une importance particulière à cette note accentuée dans le titre. La couleur, les nuances, le mouvement, en gros la musicalité est laissée au libre choix de l'interprète. L’exécution, dont la durée varie suivant l’effectif et les choix individuels (elle peut osciller entre un quart d'heure et deux heures), prend fin lorsque tous les musiciens ont accédé le dernier fragment. Tout compte fait, on craque pour une pièce à la fois orgiaque et méditative, un puzzle multicolore en qualité hypnotique et un voyage intemporel et magique au cœur de la tonalité et de la polyphonie ...
Il y a pas mal d'enregistrements qui rivalisent pour le titre de la version "définitive" de In C mais à mon sens cette interprétation africaine/malienne qui dispose autant de plaisir du jeu parmi les participants cherche son pareil, et tout le plaisir vient des combinaisions polyrythmiques qui se font et se défont dans le croisement des différentes parties que tout musicien joue. Elle se présente de manière dense et "terreuse", ludique et joyeuse mais pas du tout académique, un fait qui est dû bien sûr aussi aux percussions (pas prévues à l'origine de Riley). Au spectacle dans la cour de la Maison des Jeunes, le do majeur est joué par la kalimba et le balafon. L'interprétation de l'Africa Express est certes fidèle à l'esprit de l'original, conserve donc la "nature" du minimalisme mais les instrumentistes maliens – balafonistes, koraistes, flûtiste peule, joueurs de kamalengoni, de sokou (imzad), de djembé et de calebasse – apportent à la pièce "une coloration radicalement nouvelle, celle de la terre ocre du Mandé, ainsi qu'une dynamique inhabituelle" (Les Inrocks). La transe originale de cette pièce est retrouvée à la perfection mais agrémentée et imprégnée de cette âme, de cette humanité si typique de la musique malienne : un moment somptueux est là où la musique arrête brusquement et l'un des musiciens maliens commence à parler presque timidement : il se rappelle à ses débuts d'apprendre à jouer de son instrument, la kora. Incroyable, un moment qui souffle l'esprit, pardi ! Cette interprétation étourdissante ici présentée par Africa Express transcende la proposition originelle et en inaugure la dimension africaine (ou : malienne), une interprétation qui sait apprécier de manière plus qu'évocatrice le 50e anniversaire de la pièce majeure et au fait l'héritage musical d'un compositeur hors pair : "I am overwhelmed and delighted by this cd. I was not quite prepared for such an incredible journey, hearing the soul of Africa in joyous flight over those 53 patterns of In C. This ensemble feeds the piece with ancient threads of musical wisdom and humanity indicating to me that this work is a vessel ready to receive and be shaped by the spontaneous feelings and colours of the magician/musician. I could not ask for a greater gift for this daughter’s 50th birthday."
Hery
Appendice (discographie, vidéos) :
Discographie (1970–2015) :
• Africa Express (2014). Africa Express presents... Terry Riley's In C Mali. Transgressive Rec. (40:45)
Autres interprétations gravées sur cd (ou parfois vinyle et mp3) de In C :
• Acid Mothers Temple & The Melting Paraiso U.F.O. (2003). In C. Squealer Music. (20:31) • Adrian Utley's Guitar Orchestra (2013). ...presents Terry Riley's 'In C' featuring 18 guitars, 4 organs, bass clarinet and percussion. Invada. (61:23) • Akchoté, Noël (2014). In C – Pt.1 (Arr. for Guitar Synthesizer). (mp3). Noël Akchoté Downloads. (3:31) • American Festival of Microtonal Music (2007). Ear Gardens. Pitch. . (23:11) • Balmer, Hans (2010). Minimal Flute. Fontastix. . (40:04) • Bang On A Can (2001). In C (version for chamber ensemble). Alliance. (45:30) • DésAccordes / d-zAkord (2005). In C (Terry Riley). Gazul Rec. (49:04) • Ensemble Ictus (2006). In C. Recorded live on May 31, 1997 at Chapelle des Brigittines, Brussels. Cypres. (64:58) • Ensemble Percussione Ricerca/Eddy De Fanti (2004). In C/Djembe. Materiali Sonori. (41:01) • Ensemble Piano Circus (1991). Six Pianos/In C. Argo. (20:00) • European Music Project/Zignorii++ (2002). Terry Riley – In C. Wergo. (60:48) • Grand Valley State University New Music Ensemble (2009). In C Remixed. (19 tracks). Innova. (en total : 137:20) • Grand Valley State University New Music Ensemble (2010). Terry Riley: In C (Live @ Le Poisson Rouge ). Ghostly Int. (61:28) • Hillier, Paul/Ars Nova Copenhagen/Percurama Percussion Ensemble (2006). In C. Dacapo. (55:19) • L'Infonie (1970). Volume 33 - Mantra (adapted from Terry Riley's In C). (vinyle). Polydor. (29:30) • Orkest de Volharding/Jussi Jaatinen (2013). The Minimalists. Mode Rec. . (51:29) • Oxford Minimalist Ensemble/Alexander Campkin (2013). In C. Academy Rec. (43:28) • Quebec Contemporary Music Society/Raôul Duguay/Walter Boudreau (2000). Riley: In C... Atma Classique. (35:46) • Re-Sound (2002). In C. Move Rec. (56:59) • Shanghai Film Symphony Orchestra (2012). In C (Remastered Edition). Esoteric. (41:57) • State University Center of Creative and Performing Arts (1979). In C. (vinyle). Sony. (42:03) • Terry Riley/Cacciapaglia Ensemble (2015). In C. Performed live at Aterforum Festival, July 9, 1988. Mirumir. • Terry Riley/Repetition Orchestra (2001). Live at Moscow Conservatory. Long Arms Rec. . (env. 40:00) • Terry Riley In C. 25th Anniversary Concert. Presented by New Music Theatre and Life on the Water in collaboration with the Good Sound Foundation, San Francisco. New Albion Rec., 1995. (76:20) • The Gothenburg Combo (2015). Guitarscapes. GBG Combo. . (24:43) • The New Audience Ensemble (2006). Live at the Edge. Odessa Mama Rec. (16:36) • The Salt Lake Electric Ensemble (2010). The Salt Lake Electric Ensemble perform Terry Riley's In C. Crescent Phase. (65:56) • The Sensorium Saxophone Orchestra (2012). Terry Riley – In C. Living Rec. (30:33) • The Styrenes (2002). In C. Enja. (53:22) • Ut Gret (2006). Recent Fossils. 3-cd-box. Ear-X-tacy Rec. . (64:11) • Van Veen, Jeroen (2007). Minimal Piano Collection, Volumes I–IX. 9-cd-box. Brilliant Classics. (version piano, 57:56)
Vidéos :
• Vidéo I – réalisation par Roland Hamilton. In C in extenso avec de belles images de Bamako :
https://www.youtube.com/watch?v=_FXQ68ZkWVw
• Vidéo II – présentation de In C Mali dans la Modern Tate Gallery, Londres :
https://interlude.fm/v/V5PDXA
"When I wrote In C, for instance – believe it or not – that was an act of bravery because nobody was writing tonal music then." (Terry Riley)
Musique minimaliste au Mali
La liste des pièces vraiment révolutionnaires de la musique du 20e siècle n'est pas trop longue : parmi les pièces inédites figure Le Sacre du Printemps (1913) d'Igor Stravinsky, et un autre exemple authentique est, à mon avis, In C (1964), pièce majeure du compositeur américain Terry Riley. Cinquante ans plus tard, cette œuvre minimaliste – la plus connue et la plus jouée encore de nos jours, un classique de la musique du 20e siècle et le représentant par excellence du minimalisme américain –, composée pour 35 instrumentistes fait l'objet d'une renaissance en une version africaine/malienne et en outre sous forme d'un film en ligne interactif aussi exaltant et pédagogique (Tate Modern and Africa Express present Terry Riley’s In C Mali, voir la vidéo II en bas) ...
Cette première version africaine est un hommage à la musique minimaliste, dite également répétitive, de l'octogénaire et à la fois un hymne au Mali. Les musiciens de l'Africa Express, projet amorcé par les Anglais Damon Albarn (Blur, Gorillaz) et Brian Eno, accompagnés par le chef d'orchestre et violoniste allemand André de Ridder, les guitaristes Nick Zinner (du groupe indie Yeah Yeah Yeahs) et Jeff Wootton (Gorillaz, Damo Suzuki), et tout particulièrement par une douzaine de jeunes artistes prometteurs du Mali, tous très talentueux mais encore peu connus, se sont retrouvés à s'engager à un avenir commun du Mali : "Nous sommes venus pour soutenir le peuple, la société civile. Au moyen de la musique, nous avons voulu démontrer la cohérence : prendre position contre la guerre, jouer ensemble, improviser, produire et donner aux jeunes musiciens maliens l'occasion de se faire remarquer", explique le manager français, Marc-Antoine Moreau qui s'occupe aussi du groupe tombouctouais Songhoy Blues, d'Amadou & Mariam et de Mamani Keïta.
La caméra se déplace à travers les rues de Bamako, capte les gens au bord de la rue – à moto et à voiture, à pied et à fauteuil roulant – avant d'arrêter à l'entrée de la Maison des Jeunes, club de jeunes et institution socio-éducative de Bamako, avec ses belles mosaïques, étant le lieu où à la fin de l'été 2013 a pris résidence ce projet de musique britannique-africain pour enregistrer un album intitulé Africa Express presents…Terry Riley’s In C Mali, accompagné d'une vidéo qui traduit ledit enregistrement en belles images de la capitale malienne : cette vidéo, quant à elle, nous fait plonger avec confusion dans le tourbillon de la chaleur bamakoise, dans une exploration hasardeuse des rues de la ville, entremêlés d’images des musiciens et de la Maison des Jeunes (voir la vidéo I en bas) ...
Les artistes dans la Maison des Jeunes sont : André de Ridder (violon, kalimba, guitare baritone, chef d'orchestre), Adama Koïta (kamalengoni), Djelifily Sacko (kora), Modibo Diawara (kora), Guindo Sala (imzad), Nick Zinner (guitare électrique), Jeff Wootton (guitare électrique), Cheick Diallo (flûte peule), Damon Albarn (mélodica), Alou Coulibaly (calebasse), Kalifa Koné (balafon), Mémé Koné (balafon), Andi Toma (kalimba, percussions), Madou Mbaye (djembé, percussions), Brian Eno (voix), Bijou (voix) et Olugbenga Adelekan (voix) ...
Le concept de musique minimaliste trouve son origine dans les Etats-Unis au début des années 60 (La Monte Young, Terry Riley, Philip Glass, Steve Reich, John Adams) et se sait un contre-courant de l'atonalité et de la musique sérielle en Europe (Arnold Schönberg, Anton Webern, Pierre Boulez) et dont les caractéristiques sont le retour à la tonalité (et/ou à la modalité), l'intrépidité aux harmonies simples, l'utilisation d'une pulsation rythmique mais aussi d'une densification d'un temps "oriental" statique, la répétition de courts motifs mélodiques, harmoniques ou rythmiques (avec également d'infimes variations) comme principale technique de composition, et la réduction du matériau musical au "minimal" manifeste. Mais lesquelles sont les particularités de In C, pourquoi cette composition a-elle tourné au coup de fouet pour un nouveau et influent courant de musique ?! Ce sont notamment les instructions du compositeur pour la pratique d'exécution de In C : la partition (voir en bas de page, photo IV !) ne précise ni l’instrumentation, ni le nombre de musiciens et ne donne aucune précision quant à la dynamique ou à l’articulation. Elle tient sur seulement une page contenant cinquante-trois fragments (ou : motifs, modules, riffs, patterns) mélodiques-rythmiques qui comprennent autant une note unique que de courtes phrases. Le musicien joue chacun des fragments autant de fois qu’il le souhaite avant de passer au suivant. Cependant, les fragments doivent être joués dans l'ordre, de 1 à 53, et être répétés un nombre suffisant de fois, de plus, les musiciens ne doivent hésiter à s'arrêter de jouer de temps à autre afin d'écouter l'ensembre ni prendre trop d'avance ou de retard les uns par rapport aux autres. La pièce se déroule dans un tempo constant maintenu grâce à une pulsation jouée en do majeur (en anglais : in c) dans l’aigu du piano (ou marimba etc.), note la plus courante dans la musique occidentale, immédiatement reconnaissable et réconfortante, qui a dans cette pièce fonction de métronome et est donc point de repère sempiternel pour les musiciens ("In the beginning was the pulse"). Terry Riley apporte une importance particulière à cette note accentuée dans le titre. La couleur, les nuances, le mouvement, en gros la musicalité est laissée au libre choix de l'interprète. L’exécution, dont la durée varie suivant l’effectif et les choix individuels (elle peut osciller entre un quart d'heure et deux heures), prend fin lorsque tous les musiciens ont accédé le dernier fragment. Tout compte fait, on craque pour une pièce à la fois orgiaque et méditative, un puzzle multicolore en qualité hypnotique et un voyage intemporel et magique au cœur de la tonalité et de la polyphonie ...
Il y a pas mal d'enregistrements qui rivalisent pour le titre de la version "définitive" de In C mais à mon sens cette interprétation africaine/malienne qui dispose autant de plaisir du jeu parmi les participants cherche son pareil, et tout le plaisir vient des combinaisions polyrythmiques qui se font et se défont dans le croisement des différentes parties que tout musicien joue. Elle se présente de manière dense et "terreuse", ludique et joyeuse mais pas du tout académique, un fait qui est dû bien sûr aussi aux percussions (pas prévues à l'origine de Riley). Au spectacle dans la cour de la Maison des Jeunes, le do majeur est joué par la kalimba et le balafon. L'interprétation de l'Africa Express est certes fidèle à l'esprit de l'original, conserve donc la "nature" du minimalisme mais les instrumentistes maliens – balafonistes, koraistes, flûtiste peule, joueurs de kamalengoni, de sokou (imzad), de djembé et de calebasse – apportent à la pièce "une coloration radicalement nouvelle, celle de la terre ocre du Mandé, ainsi qu'une dynamique inhabituelle" (Les Inrocks). La transe originale de cette pièce est retrouvée à la perfection mais agrémentée et imprégnée de cette âme, de cette humanité si typique de la musique malienne : un moment somptueux est là où la musique arrête brusquement et l'un des musiciens maliens commence à parler presque timidement : il se rappelle à ses débuts d'apprendre à jouer de son instrument, la kora. Incroyable, un moment qui souffle l'esprit, pardi ! Cette interprétation étourdissante ici présentée par Africa Express transcende la proposition originelle et en inaugure la dimension africaine (ou : malienne), une interprétation qui sait apprécier de manière plus qu'évocatrice le 50e anniversaire de la pièce majeure et au fait l'héritage musical d'un compositeur hors pair : "I am overwhelmed and delighted by this cd. I was not quite prepared for such an incredible journey, hearing the soul of Africa in joyous flight over those 53 patterns of In C. This ensemble feeds the piece with ancient threads of musical wisdom and humanity indicating to me that this work is a vessel ready to receive and be shaped by the spontaneous feelings and colours of the magician/musician. I could not ask for a greater gift for this daughter’s 50th birthday."
Hery
Appendice (discographie, vidéos) :
Discographie (1970–2015) :
• Africa Express (2014). Africa Express presents... Terry Riley's In C Mali. Transgressive Rec. (40:45)
Autres interprétations gravées sur cd (ou parfois vinyle et mp3) de In C :
• Acid Mothers Temple & The Melting Paraiso U.F.O. (2003). In C. Squealer Music. (20:31) • Adrian Utley's Guitar Orchestra (2013). ...presents Terry Riley's 'In C' featuring 18 guitars, 4 organs, bass clarinet and percussion. Invada. (61:23) • Akchoté, Noël (2014). In C – Pt.1 (Arr. for Guitar Synthesizer). (mp3). Noël Akchoté Downloads. (3:31) • American Festival of Microtonal Music (2007). Ear Gardens. Pitch. . (23:11) • Balmer, Hans (2010). Minimal Flute. Fontastix. . (40:04) • Bang On A Can (2001). In C (version for chamber ensemble). Alliance. (45:30) • DésAccordes / d-zAkord (2005). In C (Terry Riley). Gazul Rec. (49:04) • Ensemble Ictus (2006). In C. Recorded live on May 31, 1997 at Chapelle des Brigittines, Brussels. Cypres. (64:58) • Ensemble Percussione Ricerca/Eddy De Fanti (2004). In C/Djembe. Materiali Sonori. (41:01) • Ensemble Piano Circus (1991). Six Pianos/In C. Argo. (20:00) • European Music Project/Zignorii++ (2002). Terry Riley – In C. Wergo. (60:48) • Grand Valley State University New Music Ensemble (2009). In C Remixed. (19 tracks). Innova. (en total : 137:20) • Grand Valley State University New Music Ensemble (2010). Terry Riley: In C (Live @ Le Poisson Rouge ). Ghostly Int. (61:28) • Hillier, Paul/Ars Nova Copenhagen/Percurama Percussion Ensemble (2006). In C. Dacapo. (55:19) • L'Infonie (1970). Volume 33 - Mantra (adapted from Terry Riley's In C). (vinyle). Polydor. (29:30) • Orkest de Volharding/Jussi Jaatinen (2013). The Minimalists. Mode Rec. . (51:29) • Oxford Minimalist Ensemble/Alexander Campkin (2013). In C. Academy Rec. (43:28) • Quebec Contemporary Music Society/Raôul Duguay/Walter Boudreau (2000). Riley: In C... Atma Classique. (35:46) • Re-Sound (2002). In C. Move Rec. (56:59) • Shanghai Film Symphony Orchestra (2012). In C (Remastered Edition). Esoteric. (41:57) • State University Center of Creative and Performing Arts (1979). In C. (vinyle). Sony. (42:03) • Terry Riley/Cacciapaglia Ensemble (2015). In C. Performed live at Aterforum Festival, July 9, 1988. Mirumir. • Terry Riley/Repetition Orchestra (2001). Live at Moscow Conservatory. Long Arms Rec. . (env. 40:00) • Terry Riley In C. 25th Anniversary Concert. Presented by New Music Theatre and Life on the Water in collaboration with the Good Sound Foundation, San Francisco. New Albion Rec., 1995. (76:20) • The Gothenburg Combo (2015). Guitarscapes. GBG Combo. . (24:43) • The New Audience Ensemble (2006). Live at the Edge. Odessa Mama Rec. (16:36) • The Salt Lake Electric Ensemble (2010). The Salt Lake Electric Ensemble perform Terry Riley's In C. Crescent Phase. (65:56) • The Sensorium Saxophone Orchestra (2012). Terry Riley – In C. Living Rec. (30:33) • The Styrenes (2002). In C. Enja. (53:22) • Ut Gret (2006). Recent Fossils. 3-cd-box. Ear-X-tacy Rec. . (64:11) • Van Veen, Jeroen (2007). Minimal Piano Collection, Volumes I–IX. 9-cd-box. Brilliant Classics. (version piano, 57:56)
Vidéos :
• Vidéo I – réalisation par Roland Hamilton. In C in extenso avec de belles images de Bamako :
https://www.youtube.com/watch?v=_FXQ68ZkWVw
• Vidéo II – présentation de In C Mali dans la Modern Tate Gallery, Londres :
https://interlude.fm/v/V5PDXA
Hommage au grand maître du balafon mandingue
En pleins désordres politiques de son pays, un membre éminent de la toute première génération de musiciens modernes du Mali et instrumentiste virtuose de la musique mandingue est mort : Kèlètigi Diabaté. Tout de même, et jusqu’à nos jours, il ne gagne ni n’a jamais gagné l’estime qu’il mérite véritablement comme personnage clé dans l’histoire de la musique du Mali et celle de l’Afrique de l’Ouest depuis un demi siècle ...
Kèlètigi* Diabaté est né en 1931 à Kita dans l’ouest du Mali (cette ville passe pour être le berceau des traditions musicales les plus grandes de ce pays). Sa carrière musicale débute à la fin des années 1950, lorsqu’il voyage à travers l’Afrique de l’Ouest pour rechercher des instructeurs et surtout son style musical approprié à son développement. Puis, il est recruté par l’Orchestre National de Guinée, impulsé sous l'autorité du président Sékou Touré. En 1960, de retour au Mali nouvellement indépendant, il est l’un des membres fondateurs et directeur de l’Orchestre National "A" de Bamako (avec Baba Barry, Panca Dembélé, Kasim Sacko, Monkontafé Sacko, Madani Samaké et Papa Ndiaye) en tant que guitariste (voir la photo en bas). Comme en Guinée voisine, le premier Président du Mali indépendant, Modibo Keïta, souhaite, lui aussi, un orchestre national ayant ses racines dans les traditions musicales maliennes pour animer les soirées et autres réceptions officielles avec de la musique malienne et lance donc un appel à Kèlètigi pour constituer et présider un tel. La mission prioritaire est la recherche de la musique authentique de ce jeune État ouest-africain ainsi que la création d’une nouvelle identité et amour-propre postcolonial par la révalorisation resp. réanimation des formes culturelles traditionnelles et raccordement à l’histoire précoloniale. Kèlètigi se rappelle :
"I was put in charge of the Premier Formation du Mali (Orchestre national, Number One) ; it was me who introduced Manding and Bambara songs played on modern instruments. The idea was to make traditional music, but in a modern way. At the time (the early ‘60s), we received delegations from Europe, or other African countries, and at such occasions we’d perform our traditional ceremonies. Each time we received a European delegation, an official reception would be arranged, and those delegates, they couldn’t dance our traditional dances. So we had to find international rhythms and put our traditional sound within that, using a (kit) drum and so on." (dans : Charry 2000: 270**)
Multi-instrumentiste (balafon, guitare, trompette, violon, orgue, flûte, saxophone, ngoni, dunun, jenbe et même un peu de batterie) à l’origine, cet homme-orchestre fait plus tard du balafon (xylophone à grosses calebasses originaire d’Afrique de l’Ouest et, à côté du kora et du ngoni, troisième instrument mélodique des griots) son instrument de prédilection, quoiqu’il soit déjà un virtuose de cet instrument à l’âge de 7. Le rôle de Kèlètigi ressemble à celui de Papa Diabaté en Guinée ayant initié une toute génération de guitaristes électriques : Kélètigi agrandit énormément les techniques du jeu de balafon et est le premier à avoir accordé le balafon aux sonorités occidentales. La création de son balafon double lui permet de jouer des musiques chromatiques comme sur un piano. Si c’est justifié de qualifier le balafon de "piano africain", c’est dû avant toute chose au personnage et à l’art de Kèlètigi Diabaté, le "grand old man of Manding balafon"*** ...
Au milieu des années 1970, Kèlètigi rejoint Les Ambassadeurs, groupe dans lequel jouent aussi Kanté Manfila et Salif Keïta, et se produit avec eux aux Etats-Unis pour une tournée sponsorisée par la Fondation Rockefeller en 1978. C’est à cette occasion qu’il peut croiser la route de sa grande idole, le légendaire vibraphoniste de jazz Lionel Hampton. Cette rencontre lui inspire à adapter une fois pour toutes le langage du jazz, notamment son phrasé et improvisation, dans son jeu instrumental ...
Dans les années 1980 et 1990, il accompagne au balafon d'illustres chanteurs, griots et griottes du monde mandingue dont Salif Keïta, Kandia Kouyaté, Ami Koïta, Tata Bambo Kouyaté, Toumani Diabaté et bien d’autres encore … Et à ne pas oublier ses collaborations avec Djelimady Tounkara, l’Ensemble National du Mali et les diverses formations du Rail Band à Bamako (Super Rail Band, Rail Band de Bamako, Rail Band du Buffet Hôtel de la Gare de Bamako etc.). Puis, à partir de 1993, il se produit au Mali avec le Symmetric Orchestra (avec Toumani Diabaté à la kora et Bassékou Kouyaté au ngoni).
Depuis 1998, il est une des pièces maîtresses du groupe Bamada (au balafon et au violon) du guitariste Habib Koïté qu’il accompagne pendant plusieurs années dans ses tournées, et avec qui il prend part aux enregistrements de plusieurs albums (voir la discographie en bas). En 2000, toujours avec Habib Koïté, il participe au projet "Art Ensemble of Africa", avec le grand Art Ensemble of Chicago.
Bien que très présent dans l’univers musical mandingue, il faut attendre ardemment 2004 pour accueillir son premier et seul opus solo, Sandiya*: la somme de sa vie musicale, une magnifique réalisation à base de pure musique mandingue, pleine d’élégance et de vitalité, teintée de jazz, de blues, de hiphop et de folk. Une collection superbe pour musique jouée surtout en duets mais aussi en trio, en groupe ou en grand ensemble traditionnel : avec Fasséry Diabaté, fils de Kèlètigi qui suit avec tant de respect la voie de son père ("Djandjo", "Fosson", "Mankaira", "Souma" et "Sandiya", tous des duets balafon avec le père, sauf "Fosson" avec Kèlètigi au violon), les filles de Kèlètigi, Ata et Bintou Diabaté (voix ; "Yafa"), le Khassonké Habib Koïté (guitare "Koulandian" ; magnifique duet avec Kèlètigi), l’Ensemble Traditionnel du Mali sous la direction de Massambou Diallo ("Djarabi" et "Soundiata", le grand Prince Mandingue, dont l’épopée est très souvent chantée), Diawore Diarra, le flûtiste ("Sènè), Toumani Diabaté et Djelimady Tounkara, les virtuoses de la kora et de la guitare ("Nanga Mady" et "Kamadia", duets avec Toumani ; "Sontaoula", duet avec Djelimady), la chanteuse Many Diabaté ("Samba Koro", accompagné par Kèlètigi et Fasséry), et, le grand moment de l’album, le groupe de Habib, Bamada, qui accompagne Kèlètigi sur une libre adaptation du standard de jazz, "Summertime", interprété magnifiquement par une touche complète-mandingue ("Summertime à Bamako") ... MUSIC AT ITS VERY VERY BEST !
Le 30 novembre 2012, Kèlètigi Diabaté décède à Bamako. Même au dernier jour, il reste fidèle à ses convictions d’un musicien à fond : le matin, il répète à l’Institut Français, le soir, il ferme ses yeux à jamais. Il venait d’avoir 81 ans ...
Ala ka hinè i la, k’i dayòrò sumaya !
Discographie :
… sous son nom :
– Kèlètigi Diabaté (1996) : Kèlètigui Diabaté. Mission de Coopération Française au Mali. (cass.) – Kèlètigi Diabaté (2004) : Sandiya. Contre Jour.
… en participation dans :
– Les Ambassadeurs (1975) : Kanté Manfila et les Ambassadeurs – Ambassadeur, Mana Mana. Sonafric. (si) – Les Ambassadeurs (1975) : Les Ambassadeurs du Môtel – Super pitié, Bolola sanou. Sonafric. (si) – Les Ambassadeurs (1976) : Les Ambassadeurs du Môtel – Saranfing, Sabar. Sonafric. (si) – Les Ambassadeurs (1976) : Les Ambassadeurs du Môtel – Diandjon, Wara, Kibaru. Sonafric. (lp) – Les Ambassadeurs (1977) : Les Ambassadeurs du Môtel de Bamako. Vol. 1. Sonafric. (lp) – Les Ambassadeurs (1977) : Les Ambassadeurs du Môtel de Bamako. Vol. 2. Sonafric. (lp) – Div. Artistes (1988) : Legendary Bands of Mali. Stern’s Mali Music. – Div. Artistes (2006) : African Pearls 3 – Mali: One Day on Radio Mali. Discograph. – Div. Artistes (2008) : The Rough Guide to the Music of Mali. World Music Network. – Div. Artistes (2009) : Jazz around the World. Putumayo. – Adama Diabaté (1995) : Jako Baye. Stern’s Africa. – Toumani Diabaté & Ketama (1994) : Songhai 2. Hannibal. – Toumani Diabaté (1995) : Djelika. Hannibal. – Jonas (2006) : Bagages. RecRec. – Aly Keïta (2010) : Farafinko. Contre Jour. – Salif Keïta (1991) : Amen. Mango Rec. – Salif Keïta (2010) : La Différence. Emarcy Rec. – Amy Koïta (1986?) : Debe. Disque Espérance. – Amy Koïta (1988) : Tata Sira. Bolibana Rec. – Habib Koïté & Bamada (2001) : Baro. Putumayo. – Habib Koïté & Bamada (2003) : Fôly! Live around the World. Contre Jour. – Habib Koïté & Bamada (2007) : Afriki. Cumbancha/Exil. – Tata Bambo Kouyaté (1985) : Jatigui. Globestyle. – Bonnie Raitt (2002) : Silver Lining. Toshiba. – Boubacar Traoré (1999) : Maciré. Indigo. – Boubacar Traoré (2002) : Je chanterais pour toi. Marabi Prod. – Zap Mama (2007) : Supermoon. Concord.
(cass. = cassette ; lp = longplay/33 tours ; si = single/45 tours)
VIVE LE MALI !!!
Herbert
*en bambara, kèlètigi veut dire "chef de guerre, maître de guerre, celui qui commande à l’armée", sandiya ou sadiya veut dire "plaisanterie". **Charry, Eric (2000): Mande Music. Traditional and Modern Music of the Maninka and Mandinka of Western Africa. Chicago, London : The University of Chicago Press. ***Eyre, Banning (2000): In Griot Time. An American Guitarist in Mali. Philadelphia : Temple University Press, p.125.


En pleins désordres politiques de son pays, un membre éminent de la toute première génération de musiciens modernes du Mali et instrumentiste virtuose de la musique mandingue est mort : Kèlètigi Diabaté. Tout de même, et jusqu’à nos jours, il ne gagne ni n’a jamais gagné l’estime qu’il mérite véritablement comme personnage clé dans l’histoire de la musique du Mali et celle de l’Afrique de l’Ouest depuis un demi siècle ...
Kèlètigi* Diabaté est né en 1931 à Kita dans l’ouest du Mali (cette ville passe pour être le berceau des traditions musicales les plus grandes de ce pays). Sa carrière musicale débute à la fin des années 1950, lorsqu’il voyage à travers l’Afrique de l’Ouest pour rechercher des instructeurs et surtout son style musical approprié à son développement. Puis, il est recruté par l’Orchestre National de Guinée, impulsé sous l'autorité du président Sékou Touré. En 1960, de retour au Mali nouvellement indépendant, il est l’un des membres fondateurs et directeur de l’Orchestre National "A" de Bamako (avec Baba Barry, Panca Dembélé, Kasim Sacko, Monkontafé Sacko, Madani Samaké et Papa Ndiaye) en tant que guitariste (voir la photo en bas). Comme en Guinée voisine, le premier Président du Mali indépendant, Modibo Keïta, souhaite, lui aussi, un orchestre national ayant ses racines dans les traditions musicales maliennes pour animer les soirées et autres réceptions officielles avec de la musique malienne et lance donc un appel à Kèlètigi pour constituer et présider un tel. La mission prioritaire est la recherche de la musique authentique de ce jeune État ouest-africain ainsi que la création d’une nouvelle identité et amour-propre postcolonial par la révalorisation resp. réanimation des formes culturelles traditionnelles et raccordement à l’histoire précoloniale. Kèlètigi se rappelle :
"I was put in charge of the Premier Formation du Mali (Orchestre national, Number One) ; it was me who introduced Manding and Bambara songs played on modern instruments. The idea was to make traditional music, but in a modern way. At the time (the early ‘60s), we received delegations from Europe, or other African countries, and at such occasions we’d perform our traditional ceremonies. Each time we received a European delegation, an official reception would be arranged, and those delegates, they couldn’t dance our traditional dances. So we had to find international rhythms and put our traditional sound within that, using a (kit) drum and so on." (dans : Charry 2000: 270**)
Multi-instrumentiste (balafon, guitare, trompette, violon, orgue, flûte, saxophone, ngoni, dunun, jenbe et même un peu de batterie) à l’origine, cet homme-orchestre fait plus tard du balafon (xylophone à grosses calebasses originaire d’Afrique de l’Ouest et, à côté du kora et du ngoni, troisième instrument mélodique des griots) son instrument de prédilection, quoiqu’il soit déjà un virtuose de cet instrument à l’âge de 7. Le rôle de Kèlètigi ressemble à celui de Papa Diabaté en Guinée ayant initié une toute génération de guitaristes électriques : Kélètigi agrandit énormément les techniques du jeu de balafon et est le premier à avoir accordé le balafon aux sonorités occidentales. La création de son balafon double lui permet de jouer des musiques chromatiques comme sur un piano. Si c’est justifié de qualifier le balafon de "piano africain", c’est dû avant toute chose au personnage et à l’art de Kèlètigi Diabaté, le "grand old man of Manding balafon"*** ...
Au milieu des années 1970, Kèlètigi rejoint Les Ambassadeurs, groupe dans lequel jouent aussi Kanté Manfila et Salif Keïta, et se produit avec eux aux Etats-Unis pour une tournée sponsorisée par la Fondation Rockefeller en 1978. C’est à cette occasion qu’il peut croiser la route de sa grande idole, le légendaire vibraphoniste de jazz Lionel Hampton. Cette rencontre lui inspire à adapter une fois pour toutes le langage du jazz, notamment son phrasé et improvisation, dans son jeu instrumental ...
Dans les années 1980 et 1990, il accompagne au balafon d'illustres chanteurs, griots et griottes du monde mandingue dont Salif Keïta, Kandia Kouyaté, Ami Koïta, Tata Bambo Kouyaté, Toumani Diabaté et bien d’autres encore … Et à ne pas oublier ses collaborations avec Djelimady Tounkara, l’Ensemble National du Mali et les diverses formations du Rail Band à Bamako (Super Rail Band, Rail Band de Bamako, Rail Band du Buffet Hôtel de la Gare de Bamako etc.). Puis, à partir de 1993, il se produit au Mali avec le Symmetric Orchestra (avec Toumani Diabaté à la kora et Bassékou Kouyaté au ngoni).
Depuis 1998, il est une des pièces maîtresses du groupe Bamada (au balafon et au violon) du guitariste Habib Koïté qu’il accompagne pendant plusieurs années dans ses tournées, et avec qui il prend part aux enregistrements de plusieurs albums (voir la discographie en bas). En 2000, toujours avec Habib Koïté, il participe au projet "Art Ensemble of Africa", avec le grand Art Ensemble of Chicago.
Bien que très présent dans l’univers musical mandingue, il faut attendre ardemment 2004 pour accueillir son premier et seul opus solo, Sandiya*: la somme de sa vie musicale, une magnifique réalisation à base de pure musique mandingue, pleine d’élégance et de vitalité, teintée de jazz, de blues, de hiphop et de folk. Une collection superbe pour musique jouée surtout en duets mais aussi en trio, en groupe ou en grand ensemble traditionnel : avec Fasséry Diabaté, fils de Kèlètigi qui suit avec tant de respect la voie de son père ("Djandjo", "Fosson", "Mankaira", "Souma" et "Sandiya", tous des duets balafon avec le père, sauf "Fosson" avec Kèlètigi au violon), les filles de Kèlètigi, Ata et Bintou Diabaté (voix ; "Yafa"), le Khassonké Habib Koïté (guitare "Koulandian" ; magnifique duet avec Kèlètigi), l’Ensemble Traditionnel du Mali sous la direction de Massambou Diallo ("Djarabi" et "Soundiata", le grand Prince Mandingue, dont l’épopée est très souvent chantée), Diawore Diarra, le flûtiste ("Sènè), Toumani Diabaté et Djelimady Tounkara, les virtuoses de la kora et de la guitare ("Nanga Mady" et "Kamadia", duets avec Toumani ; "Sontaoula", duet avec Djelimady), la chanteuse Many Diabaté ("Samba Koro", accompagné par Kèlètigi et Fasséry), et, le grand moment de l’album, le groupe de Habib, Bamada, qui accompagne Kèlètigi sur une libre adaptation du standard de jazz, "Summertime", interprété magnifiquement par une touche complète-mandingue ("Summertime à Bamako") ... MUSIC AT ITS VERY VERY BEST !
Le 30 novembre 2012, Kèlètigi Diabaté décède à Bamako. Même au dernier jour, il reste fidèle à ses convictions d’un musicien à fond : le matin, il répète à l’Institut Français, le soir, il ferme ses yeux à jamais. Il venait d’avoir 81 ans ...
Ala ka hinè i la, k’i dayòrò sumaya !
Discographie :
… sous son nom :
– Kèlètigi Diabaté (1996) : Kèlètigui Diabaté. Mission de Coopération Française au Mali. (cass.) – Kèlètigi Diabaté (2004) : Sandiya. Contre Jour.
… en participation dans :
– Les Ambassadeurs (1975) : Kanté Manfila et les Ambassadeurs – Ambassadeur, Mana Mana. Sonafric. (si) – Les Ambassadeurs (1975) : Les Ambassadeurs du Môtel – Super pitié, Bolola sanou. Sonafric. (si) – Les Ambassadeurs (1976) : Les Ambassadeurs du Môtel – Saranfing, Sabar. Sonafric. (si) – Les Ambassadeurs (1976) : Les Ambassadeurs du Môtel – Diandjon, Wara, Kibaru. Sonafric. (lp) – Les Ambassadeurs (1977) : Les Ambassadeurs du Môtel de Bamako. Vol. 1. Sonafric. (lp) – Les Ambassadeurs (1977) : Les Ambassadeurs du Môtel de Bamako. Vol. 2. Sonafric. (lp) – Div. Artistes (1988) : Legendary Bands of Mali. Stern’s Mali Music. – Div. Artistes (2006) : African Pearls 3 – Mali: One Day on Radio Mali. Discograph. – Div. Artistes (2008) : The Rough Guide to the Music of Mali. World Music Network. – Div. Artistes (2009) : Jazz around the World. Putumayo. – Adama Diabaté (1995) : Jako Baye. Stern’s Africa. – Toumani Diabaté & Ketama (1994) : Songhai 2. Hannibal. – Toumani Diabaté (1995) : Djelika. Hannibal. – Jonas (2006) : Bagages. RecRec. – Aly Keïta (2010) : Farafinko. Contre Jour. – Salif Keïta (1991) : Amen. Mango Rec. – Salif Keïta (2010) : La Différence. Emarcy Rec. – Amy Koïta (1986?) : Debe. Disque Espérance. – Amy Koïta (1988) : Tata Sira. Bolibana Rec. – Habib Koïté & Bamada (2001) : Baro. Putumayo. – Habib Koïté & Bamada (2003) : Fôly! Live around the World. Contre Jour. – Habib Koïté & Bamada (2007) : Afriki. Cumbancha/Exil. – Tata Bambo Kouyaté (1985) : Jatigui. Globestyle. – Bonnie Raitt (2002) : Silver Lining. Toshiba. – Boubacar Traoré (1999) : Maciré. Indigo. – Boubacar Traoré (2002) : Je chanterais pour toi. Marabi Prod. – Zap Mama (2007) : Supermoon. Concord.
(cass. = cassette ; lp = longplay/33 tours ; si = single/45 tours)
VIVE LE MALI !!!
Herbert
*en bambara, kèlètigi veut dire "chef de guerre, maître de guerre, celui qui commande à l’armée", sandiya ou sadiya veut dire "plaisanterie". **Charry, Eric (2000): Mande Music. Traditional and Modern Music of the Maninka and Mandinka of Western Africa. Chicago, London : The University of Chicago Press. ***Eyre, Banning (2000): In Griot Time. An American Guitarist in Mali. Philadelphia : Temple University Press, p.125.


Bonjour à tous!
Je recherche désespérément les paroles Wanita, chanson d'une magnifique chanteuse malienne Rokia Traoré! Je m'adresse aux fans qui ont peutetre son album avec les paroles! Je suis preneuse car impossible de les trouver sur le net!
Merci beaucoup
« Sunjata » en musique
The art of eloquence has no secrets for us ; without us the names of kings would vanish into oblivion ; we are the memory of mankind (Mamadou Kouyaté, griot renommé de la Guinée)
Pour Choucarde
I ni sògòma, Anne, voici une liste (incomplète) des versions traditionnelles et modernes de « Sunjata » qui parlent de et rappellent toutes à l’histoire de Sunjata Keita, grand roi et grand guerrier à l’époque qui fonda le puissant empire Mandé. Il est donc l’incarnation d’une identité de ces peuples. Aujourd’hui, chaque famille malienne ou guinéenne sait encore quel rôle ont joué ses ancêtres dans l’unification de l’empire, quelle place lui a été attribuée par la constitution. Salif Keita, le plus fameux musicien de l’actuel Mali, descend de Sunjata Keita. « Sunjata » est la chanson la plus célèbre des griots en Afrique de l’Ouest ...
Anne, dans notre correspondance privée qui m’inspirait à démarrer cette discussion, je t’ai racontée avec enthousiasme de versions gigantesques du Rail Band (avec Salif Keita) qui me plaisent tant (voir 5a et 5b). Voici la liste ...
1. Boubacar Traoré : « Soundiata » (6 :10)
Source : "Sa golo (Kar Kar)", de Boubacar Traoré (Indigo, 2008)
http://www.amazon.com/Sa-Golo-Baboucar-Traore/dp/B000024LV8/ref=sr_1_9?ie=UTF8&s=music&qid=1255727432&sr=1-9
2. Foday Musa Suso : « Sunjata » (6:36)
Source : "Kora Music from the Gambia", de Foda Musa Suso (Smithsonian Folkways Rec, 1978)
http://www.starzik.com/mp3/produits/Kora_Music_from_the_Gambia-106843.html
3. Famille de Diabaté (Kela) dont Lansine Diabaté : « Sunjata fasa* » (9 :45)
Source : "An Bè Kelen / We are One - Griot music from Mali #1", de la Famille de Diabaté de Kela (Pan Rec, 1994)
Enregistré par Jan Jansen (Leyde, Pays-Bas) avec a SONY professional walkman WM D-6 à Kela (Mali, 1993), dans un setting traditionnel et environnement naturel. Voix masculin et féminin par Lansine Diabaté et Bintan Kouyaté, accompagnés par Mamadou Diabaté (ngoni).
http://www.amazon.com/We-Are-One-Be-Kelen/dp/B0000036ZZ
4. Siramori Diabaté : « Sunjata fasa » (13:15)
Source : "Siramori Diabaté – Griot music from Mali #3", de Siramori Diabaté (PAN Rec, 2002)
Enregistré par Jan Jansen (Leyde, Pays-Bas) avec un SONY TCS-350 stereo cassette recorder dans la maison de la fameuse griotte Siramori Diabaté à Kangaba (Mali, 1989). Voix solo par Siramori Diabaté, accompagnée par Sidiki Kouyaté (guitare acoustique).
http://www.abeillemusique.com/CD/Musiques-du-monde/Afrique-de-l-Ouest/Mali/PAN2104/0713958210420/Pan-Records/Siramoni-diabate/Griot-music-from-Mali-3/cleart-7870.html
https://openaccess.leidenuniv.nl/bitstream/1887/2777/1/1241586_031.pdf (hommage à la Grande Dame du jeliya, Siramori Diabaté, écrit par Jan Jansen)
5a. Rail Band : « Soundiata (l’exil) » (chanté par Mory Kanté ; 27:49)
5b. Rail Band : « Soundiata » (chanté par Salif Keita ; 14:45)
5c. Rail Band : « Soundiata (nouvelle version) » (10:29)
Sources : "Belle Epoque, vol.1 : Soundiata", du Rail Band (Sterns, 2007). De plus, les pièces A et B sur "Salif Keita & Mory Kanté : Mali Stars Vol.1" (Syllart, 1988 ; voir aussi la photo ci-jointe), la pièce C sur "Rail Band. Mory Kanté et Salif Keita" (Sonodisc, 1998)
Quant à ces versions rock, à des rythmes dansants, celle de Salif Keita, noble (5b), met l’accent sur la victoire de Sunjata. En revanche, Mory Kanté est un descendant du plus grand adversaire de Sunjata, Sumanworo Kanté, un nyamakala, griot-forgeron, la musique est son vrai métier. Dans sa version (5a), Mory Kanté choisit l’exil de Sunjata et décrit la puissance du roi-sorcier Sumanworo, la ruse de Jakoma Doka, l’ancêtre des griots.
Sept cent ans plus tard, l’histoire se reproduit. Quelle rencontre : dos à dos, Mory « Sumanworo » Kanté contre Salif « Sunjata » Keita, ... et que le meilleur gagne (dans nos cœurs) !!!
http://www.emusic.com/album/Rail-Band-Belle-Epoque-Vol-1-Soundiata-MP3-Download/11094132.html
http://www.musicline.de/de/product/3307513875024/387768
6. Djelimady Tounkara : « Sunjata » (0:38)
Source : "In Griot Time : String Music from Mali", div. Artistes (Stern's Africa)
Version acoustique. Guitare solo de Djelimady Tounkara, premier guitariste et chef d’orchestre de l'actuel Super Rail Band, lui aussi ayant participé aux enregistrements des pièces 5a et 5b.
http://www.amazon.com/Griot-Time-String-Music-Mali/dp/B00004UB2Q
7. Tiken Jah Fakoly : « Sundjata » (5:05)
Source : "Cours d’Histoire", de Tiken Jah Fakoly (Barclay, 1999)
Version reggae.
http://www.amazon.com/Cours-dHistoire-Tiken-Jah-Fakoly/dp/B000E9X2XO/ref=sr_1_5?ie=UTF8&s=music&qid=1255727366&sr=1-5
8. Kélétigui et ses Tambourinis: « Soundiata » (5:51)
Source : "Authenticité - The Syliphone Years", div. Artistes (Sterns, 2007)
http://www.amazon.fr/gp/product/B0023E9DTA/ref=dm_sp_alb?ie=UTF8&qid=1255731406&sr=8-1-fkmr0
9. Sidiki Diabate/Batourou Sékou Kouyaté : « Sunjata »
Source : "Cordes Anciennes", de Sidiki Diabaté/Batourou Sékou Kouyaté/Djelimady Sissoko/N'Fa Diabaté (Buda, 2000)
http://www.amazon.fr/Mali-Cordes-Anciennes-Artistes-Divers/dp/B00004XQFY/ref=sr_1_1?ie=UTF8&s=music&qid=1255730639&sr=8-1
10. Djeli Sékou Kouyaté : « Sundjata Fasa » (8:07)
Source : "Tafory", de Djeli Sékou Kouyaté (cdtrrracks, 2001)
http://cdtrrracks.com/bid1220984.html
11. Manjul: "Tribute to Soundiata" (3:57)
Source : "Faso Kanou/Dub to Mali", de Manjul (Rough Trade, 2005)
Version dub.
http://www.amazon.fr/Faso-Kanou-Manjul/dp/B000BOIUBG/ref=sr_1_4?ie=UTF8&s=music&qid=1255768689&sr=8-4
12. Cora Connection : « Sunjata » (1:01)
Source : "Private Demo Tape", de Cora Connection (1995)
http://www.coraconnection.com/
13. Tidiani Koné : « Soundiata (by Lassine Koné) » (4:24)
Source : "Demeli", de Tidiani Koné (Espace Africa, 2001)
Version jazzy. Tidiani Koné (saxo/trompette) est ancien membre du Rail Band des années 70 (voir 5a et 5b).
http://www.amazon.fr/gp/product/B0025BM3OI/ref=dm_sp_alb?ie=UTF8&qid=1255732094&sr=8-16
14. Mamadou Diabaté : « Soundiata Keita » (4:41)
Source : "Douga Mansa", de Mamadou Diabaté (World Village, 2008)
http://www.amazon.fr/gp/product/B0024N8LWA/ref=dm_sp_alb?ie=UTF8&qid=1255732514&sr=8-19
15. Fodé Seydou Bangoura : « Soundiata » (6:19)
Source : "Fakoly 1", de Fodé Seydou Bangoura (Fodé Seydou Bangoura Rec, 2006)
http://www.amazon.fr/Fakoly-1/dp/B002FGCTQK/ref=pd_rhf_p_t_4
16. Ensemble Fula Flute : « Soundiata » (6:57)
Source : "Fula Flute", de l'Ensemble Fula Flute (Blue Monster Rec, 2002)
Chanson traditionnelle. L'Ensemble Fula Flute intègre le tambin, flûte peule traditionnelle du Fouta Jalon (Guinée). Première flûtiste de cet ensemble et maître reconnu du tambin est Bailo Bah.
http://www.amazon.fr/gp/product/B002FNBRCA/ref=dm_sp_alb?ie=UTF8&qid=1255733410&sr=8-25
17. Ensemble Instumental National du Mali : « Soundiata ou l’épopée Mandingue, 1ère partie/2ème partie »
Source : "Soundiata ou l’épopée Mandingue", de l’Ensemble Instrumental National du Mali (Mali Konkan, 1977)
http://www.radioafrica.com.au/Discographies/Kunkan.html
18a. Omar Jobarteh, Yaya Jobarteh e.a. « Sunjata » (5:40)
18b. Jewuru Suso, Bobo Kuyateh e.a. « Sunjata » (3:03)
Source : "Jali Kunda. Griots of West Africa and Beyond", de Foday Musa Suso/Philip Glass (Ellipsis Arts, 1997)
Version A était enregistrée à Tabato/Guinée-Bissau (à des balaphones, tambours, chant), version B à Kolda/Sénégal (à des voix féminines exclusivement).
http://www.amazon.com/Jali-Kunda-Griots-Africa-Beyond/dp/B0000059TM
Autres enregistrements traditionnels et modernes du répertoire Mande (Sunjata) :
Ensemble Instrumental de la Radiodiffusion Nationale (Guinée an X : Ensemble Instrumental de la Radiodiffusion Nationale, Syliphone 1970) ; Yamourou Diabaté (Première anthologie de la musique malienne/vol.1, Ministère de l’Information du Mali/BM 1971) ; Bazoumana Sissoko (1971) ; Siramori Diabaté (Tirimagan ) Ministère de l’Information du Mali/BM 1971; Kele Monson Diabaté (Proclamation de l’épopée de Sunjata accompagnée par guitare et koni, 19??) ; National Badema (Tiramakan, Syllart 1983) ; Cheikh M. Smith (Toubabou Balafola, PAM 1993) ; Kouyaté Family of Niagassola (Toureille 1992) ; Kélétigui Diabaté (Kélétigui Diabaté, Mission de Coopération Française 1996) ; Kandia Kouyaté (Mandenkalou , Sterns 1999) ; Les Merveilles du Mali (Maravillas de Mali/Les Merveilles du Mali, Mélodie 1998) ; Kouyaté Sory Kandia (L’épopée du Mandingue : Kouyate Sory Kandia et son trio de musique traditionnelle/2 vols., Syliphone 1990) ...
Je te/vous souhaite bien du plaisir à écouter ces merveilleuses musiques !
VIVE LE MALI !!! VIVE AUSSI LA GUINÉE (qui souffre tant présentement) !!!
hgb
* en bamana, fasa veut dire "louange".
The art of eloquence has no secrets for us ; without us the names of kings would vanish into oblivion ; we are the memory of mankind (Mamadou Kouyaté, griot renommé de la Guinée)
Pour Choucarde
I ni sògòma, Anne, voici une liste (incomplète) des versions traditionnelles et modernes de « Sunjata » qui parlent de et rappellent toutes à l’histoire de Sunjata Keita, grand roi et grand guerrier à l’époque qui fonda le puissant empire Mandé. Il est donc l’incarnation d’une identité de ces peuples. Aujourd’hui, chaque famille malienne ou guinéenne sait encore quel rôle ont joué ses ancêtres dans l’unification de l’empire, quelle place lui a été attribuée par la constitution. Salif Keita, le plus fameux musicien de l’actuel Mali, descend de Sunjata Keita. « Sunjata » est la chanson la plus célèbre des griots en Afrique de l’Ouest ...
Anne, dans notre correspondance privée qui m’inspirait à démarrer cette discussion, je t’ai racontée avec enthousiasme de versions gigantesques du Rail Band (avec Salif Keita) qui me plaisent tant (voir 5a et 5b). Voici la liste ...
1. Boubacar Traoré : « Soundiata » (6 :10)
Source : "Sa golo (Kar Kar)", de Boubacar Traoré (Indigo, 2008)
http://www.amazon.com/Sa-Golo-Baboucar-Traore/dp/B000024LV8/ref=sr_1_9?ie=UTF8&s=music&qid=1255727432&sr=1-9
2. Foday Musa Suso : « Sunjata » (6:36)
Source : "Kora Music from the Gambia", de Foda Musa Suso (Smithsonian Folkways Rec, 1978)
http://www.starzik.com/mp3/produits/Kora_Music_from_the_Gambia-106843.html
3. Famille de Diabaté (Kela) dont Lansine Diabaté : « Sunjata fasa* » (9 :45)
Source : "An Bè Kelen / We are One - Griot music from Mali #1", de la Famille de Diabaté de Kela (Pan Rec, 1994)
Enregistré par Jan Jansen (Leyde, Pays-Bas) avec a SONY professional walkman WM D-6 à Kela (Mali, 1993), dans un setting traditionnel et environnement naturel. Voix masculin et féminin par Lansine Diabaté et Bintan Kouyaté, accompagnés par Mamadou Diabaté (ngoni).
http://www.amazon.com/We-Are-One-Be-Kelen/dp/B0000036ZZ
4. Siramori Diabaté : « Sunjata fasa » (13:15)
Source : "Siramori Diabaté – Griot music from Mali #3", de Siramori Diabaté (PAN Rec, 2002)
Enregistré par Jan Jansen (Leyde, Pays-Bas) avec un SONY TCS-350 stereo cassette recorder dans la maison de la fameuse griotte Siramori Diabaté à Kangaba (Mali, 1989). Voix solo par Siramori Diabaté, accompagnée par Sidiki Kouyaté (guitare acoustique).
http://www.abeillemusique.com/CD/Musiques-du-monde/Afrique-de-l-Ouest/Mali/PAN2104/0713958210420/Pan-Records/Siramoni-diabate/Griot-music-from-Mali-3/cleart-7870.html
https://openaccess.leidenuniv.nl/bitstream/1887/2777/1/1241586_031.pdf (hommage à la Grande Dame du jeliya, Siramori Diabaté, écrit par Jan Jansen)
5a. Rail Band : « Soundiata (l’exil) » (chanté par Mory Kanté ; 27:49)
5b. Rail Band : « Soundiata » (chanté par Salif Keita ; 14:45)
5c. Rail Band : « Soundiata (nouvelle version) » (10:29)
Sources : "Belle Epoque, vol.1 : Soundiata", du Rail Band (Sterns, 2007). De plus, les pièces A et B sur "Salif Keita & Mory Kanté : Mali Stars Vol.1" (Syllart, 1988 ; voir aussi la photo ci-jointe), la pièce C sur "Rail Band. Mory Kanté et Salif Keita" (Sonodisc, 1998)
Quant à ces versions rock, à des rythmes dansants, celle de Salif Keita, noble (5b), met l’accent sur la victoire de Sunjata. En revanche, Mory Kanté est un descendant du plus grand adversaire de Sunjata, Sumanworo Kanté, un nyamakala, griot-forgeron, la musique est son vrai métier. Dans sa version (5a), Mory Kanté choisit l’exil de Sunjata et décrit la puissance du roi-sorcier Sumanworo, la ruse de Jakoma Doka, l’ancêtre des griots.
Sept cent ans plus tard, l’histoire se reproduit. Quelle rencontre : dos à dos, Mory « Sumanworo » Kanté contre Salif « Sunjata » Keita, ... et que le meilleur gagne (dans nos cœurs) !!!
http://www.emusic.com/album/Rail-Band-Belle-Epoque-Vol-1-Soundiata-MP3-Download/11094132.html
http://www.musicline.de/de/product/3307513875024/387768
6. Djelimady Tounkara : « Sunjata » (0:38)
Source : "In Griot Time : String Music from Mali", div. Artistes (Stern's Africa)
Version acoustique. Guitare solo de Djelimady Tounkara, premier guitariste et chef d’orchestre de l'actuel Super Rail Band, lui aussi ayant participé aux enregistrements des pièces 5a et 5b.
http://www.amazon.com/Griot-Time-String-Music-Mali/dp/B00004UB2Q
7. Tiken Jah Fakoly : « Sundjata » (5:05)
Source : "Cours d’Histoire", de Tiken Jah Fakoly (Barclay, 1999)
Version reggae.
http://www.amazon.com/Cours-dHistoire-Tiken-Jah-Fakoly/dp/B000E9X2XO/ref=sr_1_5?ie=UTF8&s=music&qid=1255727366&sr=1-5
8. Kélétigui et ses Tambourinis: « Soundiata » (5:51)
Source : "Authenticité - The Syliphone Years", div. Artistes (Sterns, 2007)
http://www.amazon.fr/gp/product/B0023E9DTA/ref=dm_sp_alb?ie=UTF8&qid=1255731406&sr=8-1-fkmr0
9. Sidiki Diabate/Batourou Sékou Kouyaté : « Sunjata »
Source : "Cordes Anciennes", de Sidiki Diabaté/Batourou Sékou Kouyaté/Djelimady Sissoko/N'Fa Diabaté (Buda, 2000)
http://www.amazon.fr/Mali-Cordes-Anciennes-Artistes-Divers/dp/B00004XQFY/ref=sr_1_1?ie=UTF8&s=music&qid=1255730639&sr=8-1
10. Djeli Sékou Kouyaté : « Sundjata Fasa » (8:07)
Source : "Tafory", de Djeli Sékou Kouyaté (cdtrrracks, 2001)
http://cdtrrracks.com/bid1220984.html
11. Manjul: "Tribute to Soundiata" (3:57)
Source : "Faso Kanou/Dub to Mali", de Manjul (Rough Trade, 2005)
Version dub.
http://www.amazon.fr/Faso-Kanou-Manjul/dp/B000BOIUBG/ref=sr_1_4?ie=UTF8&s=music&qid=1255768689&sr=8-4
12. Cora Connection : « Sunjata » (1:01)
Source : "Private Demo Tape", de Cora Connection (1995)
http://www.coraconnection.com/
13. Tidiani Koné : « Soundiata (by Lassine Koné) » (4:24)
Source : "Demeli", de Tidiani Koné (Espace Africa, 2001)
Version jazzy. Tidiani Koné (saxo/trompette) est ancien membre du Rail Band des années 70 (voir 5a et 5b).
http://www.amazon.fr/gp/product/B0025BM3OI/ref=dm_sp_alb?ie=UTF8&qid=1255732094&sr=8-16
14. Mamadou Diabaté : « Soundiata Keita » (4:41)
Source : "Douga Mansa", de Mamadou Diabaté (World Village, 2008)
http://www.amazon.fr/gp/product/B0024N8LWA/ref=dm_sp_alb?ie=UTF8&qid=1255732514&sr=8-19
15. Fodé Seydou Bangoura : « Soundiata » (6:19)
Source : "Fakoly 1", de Fodé Seydou Bangoura (Fodé Seydou Bangoura Rec, 2006)
http://www.amazon.fr/Fakoly-1/dp/B002FGCTQK/ref=pd_rhf_p_t_4
16. Ensemble Fula Flute : « Soundiata » (6:57)
Source : "Fula Flute", de l'Ensemble Fula Flute (Blue Monster Rec, 2002)
Chanson traditionnelle. L'Ensemble Fula Flute intègre le tambin, flûte peule traditionnelle du Fouta Jalon (Guinée). Première flûtiste de cet ensemble et maître reconnu du tambin est Bailo Bah.
http://www.amazon.fr/gp/product/B002FNBRCA/ref=dm_sp_alb?ie=UTF8&qid=1255733410&sr=8-25
17. Ensemble Instumental National du Mali : « Soundiata ou l’épopée Mandingue, 1ère partie/2ème partie »
Source : "Soundiata ou l’épopée Mandingue", de l’Ensemble Instrumental National du Mali (Mali Konkan, 1977)
http://www.radioafrica.com.au/Discographies/Kunkan.html
18a. Omar Jobarteh, Yaya Jobarteh e.a. « Sunjata » (5:40)
18b. Jewuru Suso, Bobo Kuyateh e.a. « Sunjata » (3:03)
Source : "Jali Kunda. Griots of West Africa and Beyond", de Foday Musa Suso/Philip Glass (Ellipsis Arts, 1997)
Version A était enregistrée à Tabato/Guinée-Bissau (à des balaphones, tambours, chant), version B à Kolda/Sénégal (à des voix féminines exclusivement).
http://www.amazon.com/Jali-Kunda-Griots-Africa-Beyond/dp/B0000059TM
Autres enregistrements traditionnels et modernes du répertoire Mande (Sunjata) :
Ensemble Instrumental de la Radiodiffusion Nationale (Guinée an X : Ensemble Instrumental de la Radiodiffusion Nationale, Syliphone 1970) ; Yamourou Diabaté (Première anthologie de la musique malienne/vol.1, Ministère de l’Information du Mali/BM 1971) ; Bazoumana Sissoko (1971) ; Siramori Diabaté (Tirimagan ) Ministère de l’Information du Mali/BM 1971; Kele Monson Diabaté (Proclamation de l’épopée de Sunjata accompagnée par guitare et koni, 19??) ; National Badema (Tiramakan, Syllart 1983) ; Cheikh M. Smith (Toubabou Balafola, PAM 1993) ; Kouyaté Family of Niagassola (Toureille 1992) ; Kélétigui Diabaté (Kélétigui Diabaté, Mission de Coopération Française 1996) ; Kandia Kouyaté (Mandenkalou , Sterns 1999) ; Les Merveilles du Mali (Maravillas de Mali/Les Merveilles du Mali, Mélodie 1998) ; Kouyaté Sory Kandia (L’épopée du Mandingue : Kouyate Sory Kandia et son trio de musique traditionnelle/2 vols., Syliphone 1990) ...
Je te/vous souhaite bien du plaisir à écouter ces merveilleuses musiques !
VIVE LE MALI !!! VIVE AUSSI LA GUINÉE (qui souffre tant présentement) !!!
hgb
* en bamana, fasa veut dire "louange".
"It's hard to imagine a more impressive and passionate rendering of Malian music on classical guitar." (Banning Eyre, Afropop Worldwide)
Répertoire mandingue retranscrit en guitare classique
Quelle prouesse ! Le guitariste sud-africain Derek Gripper réussit à transcrire avec brio le répertoire de kora pour la guitare classique à six cordes et fait ainsi entrer la guitare africaine dans le courant classique...
On se raconte : après avoir écouté les premiers enregistrements de guitare, le virtuose de kora, Toumani Diabaté, demande la productrice Lucy Durán d'attester qu’elle avait effectivement vu une seule personne jouer cette musique sur une seule guitare. Par la suite, Toumani Diabaté invite Gripper à collaborer avec lui au Mali et à se produire dans la foulée au Festival Acoustik de Bamako au début 2016. Gripper joue également à différentes reprises à Londres avec la légende de la guitare classique, John Williams, et avec l'incroyable Debashish Bhattacharya en tant que joueur de slide guitare indien, avec lequel il continue à collaborer cette année.
Gripper commence sa formation musicale à l'âge de 6 ans sur le violon d'abord. Après avoir étudié la musique classique au Cap pendant 13 ans, il recherche de nouveaux défis musicaux. Cette recherche le mène au sous-continent indien, où il étudie la musique carnatique de l'Inde du Sud. Après son retour, il se concentre sur la guitare en essayant de trouver une nouvelle direction pour son instrument. Il s'absorbe dans la musique à plusieurs couches d'Olivier Messiaen et dans les structures polyrythmiques de la musique répétitive de Steve Reich, ainsi que dans la musique de J.S. Bach. Gripper s'inspire également du compositeur et guitariste brésilien Egberto Gismonti.
Ses projets musicaux les plus récents incorporent des transcriptions et des improvisations centrées autour les œuvres des compositeurs-interprètes africains, tels que Madosini (Afrique du Sud), Ali Farka Touré, Ballaké Sissoko, Salif Keïta et Fanta Sacko (tous Mali) et Amadu Bansang Jobarteh (Gambie), ainsi que ses propres compositions basées sur la musique du Cap occidental de l'Afrique du Sud et au-delà. Dans son neuvième album, "One Night on Earth : Music from the Strings of Mali" (2012), enregistré lors d'une séance nocturne, Gripper explore l'incroyable richesse du patrimoine séculaire musical africain/malien, en retranscrivant magistralement pour la guitare classique des compositions de kora. Un véritable régal pour les oreilles, un exploit prodigieux que John Williams pensait "totalement impossible jusqu’au moment où j’ai entendu Derek Gripper le faire."
Gripper continue à explorer la ligne entre improvisation et interprétation classique, en appliquant des leçons qu'il a apprises des grands maîtres d'Afrique, et telles comprises tout de la composition à l'interprétation de la musique de J.S. Bach.
Enjoy it, Hery
Vidéo 1 (Derek Gripper : NPR Music Tiny Desk Concert) :
https://www.youtube.com/watch?v=55QnOlXckOk
Vidéo 2 (Derek Gripper Live at the Slave Church, Cape Town) :
https://www.youtube.com/watch?v=TRhPRKz2EIQ
Répertoire mandingue retranscrit en guitare classique
Quelle prouesse ! Le guitariste sud-africain Derek Gripper réussit à transcrire avec brio le répertoire de kora pour la guitare classique à six cordes et fait ainsi entrer la guitare africaine dans le courant classique...
On se raconte : après avoir écouté les premiers enregistrements de guitare, le virtuose de kora, Toumani Diabaté, demande la productrice Lucy Durán d'attester qu’elle avait effectivement vu une seule personne jouer cette musique sur une seule guitare. Par la suite, Toumani Diabaté invite Gripper à collaborer avec lui au Mali et à se produire dans la foulée au Festival Acoustik de Bamako au début 2016. Gripper joue également à différentes reprises à Londres avec la légende de la guitare classique, John Williams, et avec l'incroyable Debashish Bhattacharya en tant que joueur de slide guitare indien, avec lequel il continue à collaborer cette année.
Gripper commence sa formation musicale à l'âge de 6 ans sur le violon d'abord. Après avoir étudié la musique classique au Cap pendant 13 ans, il recherche de nouveaux défis musicaux. Cette recherche le mène au sous-continent indien, où il étudie la musique carnatique de l'Inde du Sud. Après son retour, il se concentre sur la guitare en essayant de trouver une nouvelle direction pour son instrument. Il s'absorbe dans la musique à plusieurs couches d'Olivier Messiaen et dans les structures polyrythmiques de la musique répétitive de Steve Reich, ainsi que dans la musique de J.S. Bach. Gripper s'inspire également du compositeur et guitariste brésilien Egberto Gismonti.
Ses projets musicaux les plus récents incorporent des transcriptions et des improvisations centrées autour les œuvres des compositeurs-interprètes africains, tels que Madosini (Afrique du Sud), Ali Farka Touré, Ballaké Sissoko, Salif Keïta et Fanta Sacko (tous Mali) et Amadu Bansang Jobarteh (Gambie), ainsi que ses propres compositions basées sur la musique du Cap occidental de l'Afrique du Sud et au-delà. Dans son neuvième album, "One Night on Earth : Music from the Strings of Mali" (2012), enregistré lors d'une séance nocturne, Gripper explore l'incroyable richesse du patrimoine séculaire musical africain/malien, en retranscrivant magistralement pour la guitare classique des compositions de kora. Un véritable régal pour les oreilles, un exploit prodigieux que John Williams pensait "totalement impossible jusqu’au moment où j’ai entendu Derek Gripper le faire."
Gripper continue à explorer la ligne entre improvisation et interprétation classique, en appliquant des leçons qu'il a apprises des grands maîtres d'Afrique, et telles comprises tout de la composition à l'interprétation de la musique de J.S. Bach.
Enjoy it, Hery
Vidéo 1 (Derek Gripper : NPR Music Tiny Desk Concert) :
https://www.youtube.com/watch?v=55QnOlXckOk
Vidéo 2 (Derek Gripper Live at the Slave Church, Cape Town) :
https://www.youtube.com/watch?v=TRhPRKz2EIQ
Depuis 2004, j'use mes cassettes de Bil Aka Kora que j'avais acheté au Burkina Faso. Elle ne sont plus écoutables. J'ai essayé d'en acheter au printemps à Ouaga, mais sans succès. Y'a-t-il moyen de trouver ça à Montréal en cd, cassette ou en téléchargement ?
Je pars en Afrique de l'Ouest en janvier prochain pour six mois. J'arrive à Dakar et, à partir de là, tout est ouvert, parce que mes frontières sont celles de l'ancien Empire Mandingue et non pas celles de la colonisation européenne. Cela veut dire : un univers de rites et traditions qui se superpose aus territoires du Sénégal, Mali, Guinée Conakry, Guinée-Bissau, Gambie, Burkina Faso, en laissant quelques-uns de côté, y compris, pour des raisons malheureusement évidentes, la Côte d'Ivoire. Ma question aux ami(e)s virtuel(le)s : y a-t-il des fanas de la musique traditionnelle mandingue parmi vous? Si oui, pouvez-vous me renseigner sur (1) les régions et villages à ne pas rater; (2) les maîtres villageois (surtout pour le djembé et le balafon) que vous connaissez qui prendraient disciple sans lui prendre la peau; (3) n'importe quoi d'autre d'utile, qu'un fou incurable de cette musique, comme moi, devrait savoir pour bien orienter son chemin. Merci à l'avance de vos précieux conseils.
P.S. Tout le monde a bien compris que je ne parle pas de machins bidons comme "confection et cours de djembé", barbecue compris, dans le désert de Lompoul, au Sénégal...
P.S. Tout le monde a bien compris que je ne parle pas de machins bidons comme "confection et cours de djembé", barbecue compris, dans le désert de Lompoul, au Sénégal...
Bonsoir,
J'ai découvert à Saly au restaurant "La Pirogue" le groupe Kambain (Kora, guitare, bongo, voix) et j'ai acheté le CD. La musique est absolument magnifique. Cependant est-ce que quelqu'un les connaît réellement? J'aimerais connaître le sens des paroles des chansons.
Voici les titres de l'album : 1- Casamance 2- Hati mama 3 - Pouvoir 4 - Gagnako 5- Sida 6- Debo
Voici les titres de l'album : 1- Casamance 2- Hati mama 3 - Pouvoir 4 - Gagnako 5- Sida 6- Debo
"I asked him if there was a ghost in his kamalengoni, because I knew other guitar, kora and ngoni players, but I had never met anyone like Vieux" (Kabadjan Diakité)
Une révélation musicale
Le Mali a produit des instrumentistes remarquables, du guitariste Ali Farka Touré au joueur de kora Toumani Diabaté, du balafoniste Kélétigi Diabaté à la star de ngoni Bassékou Kouyaté. Le musicien aveugle Vieux Kanté mérite d’être ajouté à cette liste. Considéré comme l’un des musiciens les plus dynamiques, accomplis et novateurs de son pays, il enregistre, juste avant son décès en 2005, une K7 qui n’est jamais sortie…
Vieux Kanté, de son vrai nom Noumoussa Soumaoro, dit Moussa Kanté, est né en 1974 à Niesmala, dans la région de Sikasso. Aveugle de naissance, le jeune Noumoussa s’imprègne des sons qu’il entend au Mali à la radio et dans les fêtes locales. Très vite, il se distingue toutefois des autres par son talent indéniable, et se met à emprunter le luth à six cordes de ses frères, le kamalengoni*.
Inventé seulement dans les années 1960, cet instrument échappe aux secrets et tabous souvent au cœur de la culture de la confrérie des chasseurs (donsoya). Mais en quelques années seulement, le kamalengoni a suscité un réel engouement et a pris une place centrale dans la vie des villages à travers le Wassoulou (Wasulu), région située dans la partie sud du Mali à la frontière de la Guinée et de la Côte d’Ivoire. C’est donc dans ce cadre d’enthousiasme populaire intense que Vieux est érigé comme l’un des espoirs les plus prometteurs.
Vers la fin des années 1990, il se rend en Europe et enregistre avec le saxophoniste néerlandais Hans Dulfer. De plus, il tourne avec le bigband Fra Fra Sound (style cross-over) et fais alors une brève apparition sur leur album "Mali Jazz" (1999).
De retour à Bamako, il se lance dans des expérimentations musicales avec son instrument qui, depuis 2000, se compose de douze cordes : il explore la musique hors des gammes classiques, utilise son instrument comme une guitare, une basse ou une percussion, et incorpore magistralement une variété d’effets et de styles non-locaux dans son jeu. ΄Les Inrocks΄ résume : "Vieux Kanté a tellement révolutionné cet instrument et sa pratique que son aura est devenue légendaire. Génie aveugle, il ne cessait d’ajouter de nouvelles cordes à son luth-harpe afin d’étendre sa musicalité à tous les domaines et de réaliser de stupéfiantes déferlantes d’harmoniques et glissandi".
À cette époque, le bruit court sur l’enregistrement d’une cassette de Vieux Kanté avec son groupe (avec deux kamalengonis, une guitare basse, une batterie, un djembé et deux chanteurs), mais elle reste inconnue du grand public. Réédité plus de dix ans plus tard, ce trésor inestimable parvient enfin sous le titre "The Young Man’s Harp" (le titre est une traduction anglaise de "kamalengoni"). Tout l’album est impressionnant (faut écouter surtout les titres "Sans Commentaire" et "Nafolo", grandiose !!!) et a sa place parmi les plus beaux enregistrements de musique malienne.
Peu de temps après, en 2005, Vieux meurt à la suite d’une maladie soudaine (crise de paludisme). La perte précoce d’un tel talent est une double tragédie : on ne peut qu’imaginer où il aurait pu emmener sa musique aujourd’hui. Nous, les mélomanes de musique malienne, pouvons être reconnaissants que cet enregistrement vibrant ait vu le jour pour nous donner un aperçu...
*en bambara : kámalennkɔnin, n.compl., /jeune homme-luth/, luth à six cordes, surtout joué dans le Wassoulou.
Le disque :
Vieux Kanté (2016) The Young Man’s Harp. Sterns Music. (44 mn)
Hery

Vidéo 1 (The Young Man’s Harp) :
https://www.youtube.com/watch?v=6NWjgcW1P-w
Vidéo 2 (Mariage à Bamako) :
https://www.youtube.com/watch?v=zsVkRMJjFa8
Une révélation musicale
Le Mali a produit des instrumentistes remarquables, du guitariste Ali Farka Touré au joueur de kora Toumani Diabaté, du balafoniste Kélétigi Diabaté à la star de ngoni Bassékou Kouyaté. Le musicien aveugle Vieux Kanté mérite d’être ajouté à cette liste. Considéré comme l’un des musiciens les plus dynamiques, accomplis et novateurs de son pays, il enregistre, juste avant son décès en 2005, une K7 qui n’est jamais sortie…
Vieux Kanté, de son vrai nom Noumoussa Soumaoro, dit Moussa Kanté, est né en 1974 à Niesmala, dans la région de Sikasso. Aveugle de naissance, le jeune Noumoussa s’imprègne des sons qu’il entend au Mali à la radio et dans les fêtes locales. Très vite, il se distingue toutefois des autres par son talent indéniable, et se met à emprunter le luth à six cordes de ses frères, le kamalengoni*.
Inventé seulement dans les années 1960, cet instrument échappe aux secrets et tabous souvent au cœur de la culture de la confrérie des chasseurs (donsoya). Mais en quelques années seulement, le kamalengoni a suscité un réel engouement et a pris une place centrale dans la vie des villages à travers le Wassoulou (Wasulu), région située dans la partie sud du Mali à la frontière de la Guinée et de la Côte d’Ivoire. C’est donc dans ce cadre d’enthousiasme populaire intense que Vieux est érigé comme l’un des espoirs les plus prometteurs.
Vers la fin des années 1990, il se rend en Europe et enregistre avec le saxophoniste néerlandais Hans Dulfer. De plus, il tourne avec le bigband Fra Fra Sound (style cross-over) et fais alors une brève apparition sur leur album "Mali Jazz" (1999).
De retour à Bamako, il se lance dans des expérimentations musicales avec son instrument qui, depuis 2000, se compose de douze cordes : il explore la musique hors des gammes classiques, utilise son instrument comme une guitare, une basse ou une percussion, et incorpore magistralement une variété d’effets et de styles non-locaux dans son jeu. ΄Les Inrocks΄ résume : "Vieux Kanté a tellement révolutionné cet instrument et sa pratique que son aura est devenue légendaire. Génie aveugle, il ne cessait d’ajouter de nouvelles cordes à son luth-harpe afin d’étendre sa musicalité à tous les domaines et de réaliser de stupéfiantes déferlantes d’harmoniques et glissandi".
À cette époque, le bruit court sur l’enregistrement d’une cassette de Vieux Kanté avec son groupe (avec deux kamalengonis, une guitare basse, une batterie, un djembé et deux chanteurs), mais elle reste inconnue du grand public. Réédité plus de dix ans plus tard, ce trésor inestimable parvient enfin sous le titre "The Young Man’s Harp" (le titre est une traduction anglaise de "kamalengoni"). Tout l’album est impressionnant (faut écouter surtout les titres "Sans Commentaire" et "Nafolo", grandiose !!!) et a sa place parmi les plus beaux enregistrements de musique malienne.
Peu de temps après, en 2005, Vieux meurt à la suite d’une maladie soudaine (crise de paludisme). La perte précoce d’un tel talent est une double tragédie : on ne peut qu’imaginer où il aurait pu emmener sa musique aujourd’hui. Nous, les mélomanes de musique malienne, pouvons être reconnaissants que cet enregistrement vibrant ait vu le jour pour nous donner un aperçu...
*en bambara : kámalennkɔnin, n.compl., /jeune homme-luth/, luth à six cordes, surtout joué dans le Wassoulou.
Le disque :
Vieux Kanté (2016) The Young Man’s Harp. Sterns Music. (44 mn)
Hery

Vidéo 1 (The Young Man’s Harp) :
https://www.youtube.com/watch?v=6NWjgcW1P-w
Vidéo 2 (Mariage à Bamako) :
https://www.youtube.com/watch?v=zsVkRMJjFa8
Hi !
Cet instrument est originaire du vieil empire mandingue. Instrument a 8 cordes joue tel que sa soeur la kora (sauf que celle ci a beaucoup plus de cordes).
Bref, l annee derniere, lors de mon passage a Bamako, Mali, j ai pu pratiquer un peu cet instru et en acheter un.
Petit probleme : A mon retour, cet instru s est totalement desaccorde. Impossible pour moi de trouver les bonnes notes. Difficile pour moi aussi de trouver des infos sur Internet.
Quelqu un peut il me filer une aide a ce niveau ?
J aurai pu demander conseils a des maliens/ivoiriens/burkinabes exiles mais habitant en England, pas facile non plus de trouver ce type de personnes (il y a plus de nigeriens, ghaneens, que de mandingues...)
Un grand merci a vous pour votre aide !
Cet instrument est originaire du vieil empire mandingue. Instrument a 8 cordes joue tel que sa soeur la kora (sauf que celle ci a beaucoup plus de cordes).
Bref, l annee derniere, lors de mon passage a Bamako, Mali, j ai pu pratiquer un peu cet instru et en acheter un.
Petit probleme : A mon retour, cet instru s est totalement desaccorde. Impossible pour moi de trouver les bonnes notes. Difficile pour moi aussi de trouver des infos sur Internet.
Quelqu un peut il me filer une aide a ce niveau ?
J aurai pu demander conseils a des maliens/ivoiriens/burkinabes exiles mais habitant en England, pas facile non plus de trouver ce type de personnes (il y a plus de nigeriens, ghaneens, que de mandingues...)
Un grand merci a vous pour votre aide !
Deux Kéïtas en interview
Cheick M. Chérif Kéïta, originaire du Mali et aujourd'hui professeur d’université à Carleton College dans le Minnesota/US, interviewe son ami d’enfance, le grand Salif Kéïta. Mais pas d’interview sans de la musique : accompagné par Souleymane "Solo" Doumbia (djembé) et Toumani Diabaté (kora), Salif Kéïta (guitare acoustique) présente le top 3 de ses plus belles chansons : Abédé (de l'album "Papa"), Tekere (de l'album "Folon") et Folon. Enjoy it...
https://vimeo.com/channels/ntv26
Hery
Cheick M. Chérif Kéïta, originaire du Mali et aujourd'hui professeur d’université à Carleton College dans le Minnesota/US, interviewe son ami d’enfance, le grand Salif Kéïta. Mais pas d’interview sans de la musique : accompagné par Souleymane "Solo" Doumbia (djembé) et Toumani Diabaté (kora), Salif Kéïta (guitare acoustique) présente le top 3 de ses plus belles chansons : Abédé (de l'album "Papa"), Tekere (de l'album "Folon") et Folon. Enjoy it...
https://vimeo.com/channels/ntv26
Hery
J'ai déjà laissé un petit message... et réitère encore.
Je reviens du Mali où j'ai passé du temps. J'ai croisé un musicien-chanteur, un très bon N'Goni Fola (joueur de N'Goni, instrument traditionnel qui se rapproche de la Kora) qui mérite d'être écouté, diffusé, soutenu... Alors je fais un peu de pub. Mais c'est vraiment quelqu'un de bien et sa musique métisse la musique et rythmes traditionnels avec du blues, rock ou jazz. C'est une bonne découverte des coutumes et jeux musicaux du Mali (des griots aux chasseurs, des mariages aux fêtes rituelles...).
N'hésitez pas à écouter, à donner vos avis et commentaires et à faire circuler.
www.aboungoni.com
Si vous avez des questions concernant la musique malienne et Wassoulou, n'hésitez pas à envoyer un petit mot.
Je reviens du Mali où j'ai passé du temps. J'ai croisé un musicien-chanteur, un très bon N'Goni Fola (joueur de N'Goni, instrument traditionnel qui se rapproche de la Kora) qui mérite d'être écouté, diffusé, soutenu... Alors je fais un peu de pub. Mais c'est vraiment quelqu'un de bien et sa musique métisse la musique et rythmes traditionnels avec du blues, rock ou jazz. C'est une bonne découverte des coutumes et jeux musicaux du Mali (des griots aux chasseurs, des mariages aux fêtes rituelles...).
N'hésitez pas à écouter, à donner vos avis et commentaires et à faire circuler.
www.aboungoni.com
Si vous avez des questions concernant la musique malienne et Wassoulou, n'hésitez pas à envoyer un petit mot.
Nouvel album de Toumani DIABATÉ : "The Mandé Variations" (World Circuit - Harmonia Mundi)
Vingt-et-un ans après son premier album solo, "Kaïra", Toumani Diabaté nous présente un nouvel album solo. Avec ses reprises visionnaires de thèmes classiques et ses morceaux novateurs et improvisés. "The Mandé Variations" est composé uniquement de mélodies interprétées à la kora. Toumani Diabaté en est un virtuose en même temps que le gardien d’une vieille tradition classique. Aussi connu pour ses interprétations uniques du répertoire traditionnel ("Djelika") que pour ses collaborations électriques et orchestrales ("Mali Music", "Boulevard de l'Indépendance").
Un album enregistré sans aucun autre musicien qui empli l’espace d’harmonie et de sérénité musicale. L’homme reste fidèle à la tradition griotte mandingue du joueur de kora.
Un très bel enregistrement où, heureusement, on a le plaisir d’entendre chaque pulsation et craquement des bois de l’instrument, chaque pincement de cordes.
The Mandé Variations nous emmène non seulement au plus profond de l’âme mandingue, mais aussi au coeur de la kora. Bon voyage ...
Sortie de l'album le 21 février 2008 en France, le 29 en Allemagne ...
hgb
Vingt-et-un ans après son premier album solo, "Kaïra", Toumani Diabaté nous présente un nouvel album solo. Avec ses reprises visionnaires de thèmes classiques et ses morceaux novateurs et improvisés. "The Mandé Variations" est composé uniquement de mélodies interprétées à la kora. Toumani Diabaté en est un virtuose en même temps que le gardien d’une vieille tradition classique. Aussi connu pour ses interprétations uniques du répertoire traditionnel ("Djelika") que pour ses collaborations électriques et orchestrales ("Mali Music", "Boulevard de l'Indépendance").
Un album enregistré sans aucun autre musicien qui empli l’espace d’harmonie et de sérénité musicale. L’homme reste fidèle à la tradition griotte mandingue du joueur de kora.
Un très bel enregistrement où, heureusement, on a le plaisir d’entendre chaque pulsation et craquement des bois de l’instrument, chaque pincement de cordes.
The Mandé Variations nous emmène non seulement au plus profond de l’âme mandingue, mais aussi au coeur de la kora. Bon voyage ...
Sortie de l'album le 21 février 2008 en France, le 29 en Allemagne ...
hgb
Petit portrait : Pédro Kouyaté
Compositeur, multi-instrumentiste (kamalengoni, ngoni, guitare, calebasse), interprète et musicien dans le métro, Pédro Kouyaté, ancien accompagnateur (à la calebasse) de Boubacar "Kar Kar" Traoré, diffuse avec son groupe, le "Mandinka Transe Acoustique", un répertoire inspiré par la culture ancestrale de son pays d'origine, le Mali, et notamment par l'univers profond et mystique de la confrérie des chasseurs mandingues – héros civilisateurs, fondateurs des premiers empires et royaumes en Afrique de l'Ouest, devins et guérisseurs qui détiennent de nombreuses connaissances secrètes –, que ce musicien puise ce qui constitue la base de ses créations, enrichie des tonalités venues d'horizons fort divers. Son charisme énigmatique, son énergie créative et sa musique saisissante embarquent le public et l'invitent à un voyage musical intemporel ...
Le Malien Pédro Kouyaté fait son apprentissage aux percussions dans le fameux "Symmetric Orchestra", formation orchestrale du maestro de la kora, Toumani Diabaté, lors des soirées/concerts dans le club Le Hogon à Bamako, au quartier de Ntomikorobougou. Il est à bonne école : Toumani lui-même le forme. Il passe son bac et suit des études de socio-anthropologie. En parallèle, il ne cesse de bidouiller des instruments – à cordes ou percussions –, joue dans les mariages, les restauraunts et maquis, donne des cours de calebasse et de kamalengoni aux expats. Durant des années, Pédro accompagne à la calebasse le doyen de la musique malienne, Boubacar Traoré, sur les routes d'Afrique, d'Europe et des Etats-Unis. En 2005, il se sépare d'avec Boubacar pour s'installer ensuite à Paris. "J’adore Boubacar, j’ai vécu cinq ans avec lui et j’ai énormément appris, mais je ne voulais pas être le nouveau petit Africain qui se vend sur le marché de la world music", résume-t-il, un homme qui veut désormais faire les choses à sa manière, avec toutes les difficultés et embûches qu'une telle démarche implique.
En France, Pédro fonde son propre groupe qui allie des musiciens de jazz et de blues, dans lequel il interprète ses propres compositions inspirées de ses origines maliennes, mais aussi, de ses découvertes et rencontres en Occident. Parallèlement à ses concerts et tournées, il intervient à la Cité de la Musique à Paris, y exprime l’art du griot et présente les instruments spécifiques à l’Afrique de l’Ouest, sans cesser d'accompagner de grands musiciens de jazz (entre autres le free-jazzeur Archie Shepp) ou de musique africaine aux percussions ou à la batterie durant leurs tournées internationales.
Pédro Kouyaté est également le personnage principal du film Foly (voir en bas) de sa femme, la réalisatrice Sophie Comtet Kouyaté. Dans ce documentaire consacré à la musique et aux sons produits par la vie quotidienne à Bamako, Pédro Kouyaté joue avec ou nous entraîne chez de grands artistes maliens tels que Toumani Diabaté, Kèlètigi Diabaté, Bassékou Kouyaté ... Ce film est régulièrement présenté en 1ère partie des nombreux concerts du groupe "Mandinka Transe Acoustique". En août 2009, Pédro Kouyaté et le film Foly entament une tournée dans les médiathèques de France pour des projections, concerts et master class.
En 2009, Pédro Kouyaté sort enfin son premier album, One, où il excelle aussi bien dans le kamalengoni qu’à la guitare acoustique. Cet album début est réalisé avec Vincent Bucher (harmonica), Simon Léger resp. Nelson Hamilcaro (basse) et saxophoniste-flûtiste Florent Dupuit. Pour son deuxième album acoustique, Two you (2011), Pédro Kouyaté veut faire entendre sa voix si particulière et les sons de sa guitare et de ses kamalengoni et (jeli)ngoni. Il n'est accompagné que par le batteur de jazz Renaud Ollivier, à qui il transmet la pratique d’un instrument essentiel dans sa musique : la calebasse. Le troisième album, Live (2012), est né de son désir de rassembler ses musiciens pour un enregistrement de nouveaux titres et des reprises dans les conditions live. Ce concert enregistré est joué par Kouyaté, Florent Dupuit au saxophone ténor & flûte, Nelson Hamilcaro à la basse et Renaud Ollivier à la batterie/calebasse. Son quatrième et dernier album, Tramontane (2014) est un album solo, produit grâce aux dons.
A partir de 2010, Pédro Kouyaté tourne pour les Jeunesses Musicales de France (JMF) avec son spectacle Conversation, un éveil musical sur l’art du griot pour jeune public, en duo avec le percussionniste Renaud Ollivier. Entre 2011 et 2014, Kouyaté et son groupe donnent des concerts en France, en Suisse, en Italie, au Japon et se produisent dans plusieurs festivals en France (Musiques métisses d'Angoulême, Jazz in Marciac etc.).
Artiste libre, soit artiste à l'écart du showbiz et libéré des contraintes de l'industrie musicale, Pédro Kouyaté est un vrai selfmademan : promo, communication, production et vente des disques, points de presse etc., tout est fait de lui-même. Et entre un concert dans un club prestigieux à Paris et une tournée en Europe ou au Japon, il ne cesse de se produire sur la scène en vivant à fond toute sa liberté : dans les couloirs du tube parisien, "son bureau", où il installe sa guitare et son ampli tôt le matin, jour par jour, pour envoûter les Parisiens pressés d'aller au boulot, les touristes et les sans-domiciles qui peuplent le sous-sol de la capitale française ... "Dans le métro, tu n’es rien, tu es un anonyme, tu n’es pas quelqu’un que l’on voie facilement. Mais par contre dans le métro, tu peux faire quelque chose pour que l’on te prenne pour quelqu’un ". Fort ...
Site officiel :
http://www.pedrokouyate.com/ (site très bien fait !)
a. Albums : http://www.pedrokouyate.com/albums-ecoute/
b. Clips : http://www.pedrokouyate.com/epk-clips/
c. Concert à venir (Paris) : http://philharmoniedeparis.fr/fr/activite/musicien-au-musee/10299-pedro-kouyate
d. Photos dans un blog : http://melissa-on-the-road.blogspot.de/2014/11/pedro-kouyate-cafe-de-la-danse-le.html?spref=tw
Hery
Vidéos :
1) Pédro Kouyaté et le "Mandinka Transe Acoustique" :
https://www.youtube.com/watch?v=nWk_JDU6uIw
2) Afronight avec Pédro Kouyaté :
http://www.dailymotion.com/video/x2an8n7_afronight-du-181114-avec-pedro-kouyate_music
3) Extrait du film Foly, avec Pédro Kouyaté :
https://www.youtube.com/watch?v=ryubKBddYNM
Compositeur, multi-instrumentiste (kamalengoni, ngoni, guitare, calebasse), interprète et musicien dans le métro, Pédro Kouyaté, ancien accompagnateur (à la calebasse) de Boubacar "Kar Kar" Traoré, diffuse avec son groupe, le "Mandinka Transe Acoustique", un répertoire inspiré par la culture ancestrale de son pays d'origine, le Mali, et notamment par l'univers profond et mystique de la confrérie des chasseurs mandingues – héros civilisateurs, fondateurs des premiers empires et royaumes en Afrique de l'Ouest, devins et guérisseurs qui détiennent de nombreuses connaissances secrètes –, que ce musicien puise ce qui constitue la base de ses créations, enrichie des tonalités venues d'horizons fort divers. Son charisme énigmatique, son énergie créative et sa musique saisissante embarquent le public et l'invitent à un voyage musical intemporel ...
Le Malien Pédro Kouyaté fait son apprentissage aux percussions dans le fameux "Symmetric Orchestra", formation orchestrale du maestro de la kora, Toumani Diabaté, lors des soirées/concerts dans le club Le Hogon à Bamako, au quartier de Ntomikorobougou. Il est à bonne école : Toumani lui-même le forme. Il passe son bac et suit des études de socio-anthropologie. En parallèle, il ne cesse de bidouiller des instruments – à cordes ou percussions –, joue dans les mariages, les restauraunts et maquis, donne des cours de calebasse et de kamalengoni aux expats. Durant des années, Pédro accompagne à la calebasse le doyen de la musique malienne, Boubacar Traoré, sur les routes d'Afrique, d'Europe et des Etats-Unis. En 2005, il se sépare d'avec Boubacar pour s'installer ensuite à Paris. "J’adore Boubacar, j’ai vécu cinq ans avec lui et j’ai énormément appris, mais je ne voulais pas être le nouveau petit Africain qui se vend sur le marché de la world music", résume-t-il, un homme qui veut désormais faire les choses à sa manière, avec toutes les difficultés et embûches qu'une telle démarche implique.
En France, Pédro fonde son propre groupe qui allie des musiciens de jazz et de blues, dans lequel il interprète ses propres compositions inspirées de ses origines maliennes, mais aussi, de ses découvertes et rencontres en Occident. Parallèlement à ses concerts et tournées, il intervient à la Cité de la Musique à Paris, y exprime l’art du griot et présente les instruments spécifiques à l’Afrique de l’Ouest, sans cesser d'accompagner de grands musiciens de jazz (entre autres le free-jazzeur Archie Shepp) ou de musique africaine aux percussions ou à la batterie durant leurs tournées internationales.
Pédro Kouyaté est également le personnage principal du film Foly (voir en bas) de sa femme, la réalisatrice Sophie Comtet Kouyaté. Dans ce documentaire consacré à la musique et aux sons produits par la vie quotidienne à Bamako, Pédro Kouyaté joue avec ou nous entraîne chez de grands artistes maliens tels que Toumani Diabaté, Kèlètigi Diabaté, Bassékou Kouyaté ... Ce film est régulièrement présenté en 1ère partie des nombreux concerts du groupe "Mandinka Transe Acoustique". En août 2009, Pédro Kouyaté et le film Foly entament une tournée dans les médiathèques de France pour des projections, concerts et master class.
En 2009, Pédro Kouyaté sort enfin son premier album, One, où il excelle aussi bien dans le kamalengoni qu’à la guitare acoustique. Cet album début est réalisé avec Vincent Bucher (harmonica), Simon Léger resp. Nelson Hamilcaro (basse) et saxophoniste-flûtiste Florent Dupuit. Pour son deuxième album acoustique, Two you (2011), Pédro Kouyaté veut faire entendre sa voix si particulière et les sons de sa guitare et de ses kamalengoni et (jeli)ngoni. Il n'est accompagné que par le batteur de jazz Renaud Ollivier, à qui il transmet la pratique d’un instrument essentiel dans sa musique : la calebasse. Le troisième album, Live (2012), est né de son désir de rassembler ses musiciens pour un enregistrement de nouveaux titres et des reprises dans les conditions live. Ce concert enregistré est joué par Kouyaté, Florent Dupuit au saxophone ténor & flûte, Nelson Hamilcaro à la basse et Renaud Ollivier à la batterie/calebasse. Son quatrième et dernier album, Tramontane (2014) est un album solo, produit grâce aux dons.
A partir de 2010, Pédro Kouyaté tourne pour les Jeunesses Musicales de France (JMF) avec son spectacle Conversation, un éveil musical sur l’art du griot pour jeune public, en duo avec le percussionniste Renaud Ollivier. Entre 2011 et 2014, Kouyaté et son groupe donnent des concerts en France, en Suisse, en Italie, au Japon et se produisent dans plusieurs festivals en France (Musiques métisses d'Angoulême, Jazz in Marciac etc.).
Artiste libre, soit artiste à l'écart du showbiz et libéré des contraintes de l'industrie musicale, Pédro Kouyaté est un vrai selfmademan : promo, communication, production et vente des disques, points de presse etc., tout est fait de lui-même. Et entre un concert dans un club prestigieux à Paris et une tournée en Europe ou au Japon, il ne cesse de se produire sur la scène en vivant à fond toute sa liberté : dans les couloirs du tube parisien, "son bureau", où il installe sa guitare et son ampli tôt le matin, jour par jour, pour envoûter les Parisiens pressés d'aller au boulot, les touristes et les sans-domiciles qui peuplent le sous-sol de la capitale française ... "Dans le métro, tu n’es rien, tu es un anonyme, tu n’es pas quelqu’un que l’on voie facilement. Mais par contre dans le métro, tu peux faire quelque chose pour que l’on te prenne pour quelqu’un ". Fort ...
Site officiel :
http://www.pedrokouyate.com/ (site très bien fait !)
a. Albums : http://www.pedrokouyate.com/albums-ecoute/
b. Clips : http://www.pedrokouyate.com/epk-clips/
c. Concert à venir (Paris) : http://philharmoniedeparis.fr/fr/activite/musicien-au-musee/10299-pedro-kouyate
d. Photos dans un blog : http://melissa-on-the-road.blogspot.de/2014/11/pedro-kouyate-cafe-de-la-danse-le.html?spref=tw
Hery
Vidéos :
1) Pédro Kouyaté et le "Mandinka Transe Acoustique" :
https://www.youtube.com/watch?v=nWk_JDU6uIw
2) Afronight avec Pédro Kouyaté :
http://www.dailymotion.com/video/x2an8n7_afronight-du-181114-avec-pedro-kouyate_music
3) Extrait du film Foly, avec Pédro Kouyaté :
https://www.youtube.com/watch?v=ryubKBddYNM
Une grande voix de la musique malienne s'est éteinte
La chanteuse malienne Fantani Touré est décédée, à l'âge de 50 ans, mardi à Paris. Elle était l'une des voix les plus respectée du Mali mais aussi une artiste engagée, impliquée dans de nombreux projets pour la promotion de la culture malienne et pour la défense des droits des femmes au Mali.
"Le ministre de la Culture annonce, avec une profonde affliction, la disparition tragique de l'artiste Mme Dembélé Fantani Touré, qui s'est éteinte le mercredi 3 décembre 2014 à Paris où elle résidait depuis plusieurs années", selon un communiqué officiel. Le gouvernement rend hommage à Fantani Touré, "éminente figure artistique" connue pour son "engagement pour la promotion de la culture malienne", et couronnée par plusieurs distinctions dont la médaille de Chevalier de l'Ordre national du Mali (2010) et le Prix Unesco de la paix (2011).
Épouse du célèbre comédien Habib Dembélé, elle consacre sa vie quasiment exclusivement aux arts. Déjà à l'âge de sept ans, Fantani commence à se produire sur scène comme danseuse, chanteuse et comédienne de théâtre. A dix ans, elle reçoit le titre de "Meilleure soliste et danseuse" lors des Biennales Artistiques et Culturelles du Mali. En 1995, lors du Marché des Arts du Spectacle Africain, Fantani chante en solo accompagnée par le virtuose de la kora, Toumani Diabaté. Là elle se fait remarquer au grand public. Deux ans plus tard, elle sort son premier album international, N'tin Naari, la toute première production au studio "Wanda" de Salif Keïta, dans la série "Salif Keïta presents ...". Il est élu "Meilleur album" et "Meilleure vente", et Fantani "Meilleure artiste au Mali". Après sa parution, on fête une nouvelle et imposante voix de la musique wassoulou : "...It is said: 'Powerful men quake' when she sings! ... Strong musicianship, diamond fingered balafon, rolling percussion, loping basslines and the trademark Wassoulou chorus vocals." (FRoots)
Depuis, cette forte personnalité originaire du quartier bamakois de Bozola produit une demi-douzaine de disques et collabore avec d'autres grands noms de la musique dont ses compatriotes Toumani Diabaté, Ali Farka Touré, Lansine Diabaté et Makan Tounkara. Elle participe à de nombreux festivals à travers le monde : au Festival d'Angoulême, au Festival des Francophonies de Limoges, au Festival de l'Hippodrôme de Douai, à la Cité de la Musique (avec Salif Keïta), au Festival Paroles d'Hiver en Bretagne, au Festival Le Mali en Scène à Paris, au Festival au Désert et au Festival Yelen au Mali.
En parallèle, elle s'associe à divers projets de création théâtrale et s'engage au cinéma, notamment dans "Sya, le rêve du python" de Dani Kouyaté (Burkina Faso) et dans "La Genèse" du Cheick Oumar Sissoko (Mali). Pour le premier, elle compose aussi la musique.
En 2001, elle prépare le spectacle d'ouverture de la Coupe d'Afrique des Nations au Mali, en 2008, elle initie, pour la cause des femmes, un festival baptisé Les Voix de Bamako (aujourd'hui orphelin).
Avec son décès, le Mali perd une grande chanteuse mais aussi une engagée pour améliorer la vie de son pays, rehausser sa culture et ses traditions et lutter en faveur des femmes maliennes, à travers notamment l'association "Kolonba" (kòlònba, mot bambara, veut dire "grand puits"). "Kolonba est dirigée par des artistes, des artisans de Bamako et moi-même. Nous travaillons à valoriser le patrimoine culturel du Mali, nous permettons à des jeunes, et surtout à des femmes en difficulté, d’accéder à une formation et à un métier d’art ou d’artisanat. Nous luttons aussi contre l’excision. Aujourd’hui, 65 personnes travaillent grâce à Kolonba." (Le Magazine.Info)
Sa voix et ses engagements sont une vraie perte pour le Mali : K'a dayòrò sumaya ...
Discographie :
Fantani Touré (1997). N'tin Naari. Stern's STCD 1080 Fantani Touré (2000). Bozola. (cassette ?) Fantani Touré (2002). Benkan. Seydoni Mali SMP 001 Fantani Touré (2003). Soukabé Mali. Fantani Touré (2007). Awô.
Hery

La chanteuse malienne Fantani Touré est décédée, à l'âge de 50 ans, mardi à Paris. Elle était l'une des voix les plus respectée du Mali mais aussi une artiste engagée, impliquée dans de nombreux projets pour la promotion de la culture malienne et pour la défense des droits des femmes au Mali.
"Le ministre de la Culture annonce, avec une profonde affliction, la disparition tragique de l'artiste Mme Dembélé Fantani Touré, qui s'est éteinte le mercredi 3 décembre 2014 à Paris où elle résidait depuis plusieurs années", selon un communiqué officiel. Le gouvernement rend hommage à Fantani Touré, "éminente figure artistique" connue pour son "engagement pour la promotion de la culture malienne", et couronnée par plusieurs distinctions dont la médaille de Chevalier de l'Ordre national du Mali (2010) et le Prix Unesco de la paix (2011).
Épouse du célèbre comédien Habib Dembélé, elle consacre sa vie quasiment exclusivement aux arts. Déjà à l'âge de sept ans, Fantani commence à se produire sur scène comme danseuse, chanteuse et comédienne de théâtre. A dix ans, elle reçoit le titre de "Meilleure soliste et danseuse" lors des Biennales Artistiques et Culturelles du Mali. En 1995, lors du Marché des Arts du Spectacle Africain, Fantani chante en solo accompagnée par le virtuose de la kora, Toumani Diabaté. Là elle se fait remarquer au grand public. Deux ans plus tard, elle sort son premier album international, N'tin Naari, la toute première production au studio "Wanda" de Salif Keïta, dans la série "Salif Keïta presents ...". Il est élu "Meilleur album" et "Meilleure vente", et Fantani "Meilleure artiste au Mali". Après sa parution, on fête une nouvelle et imposante voix de la musique wassoulou : "...It is said: 'Powerful men quake' when she sings! ... Strong musicianship, diamond fingered balafon, rolling percussion, loping basslines and the trademark Wassoulou chorus vocals." (FRoots)
Depuis, cette forte personnalité originaire du quartier bamakois de Bozola produit une demi-douzaine de disques et collabore avec d'autres grands noms de la musique dont ses compatriotes Toumani Diabaté, Ali Farka Touré, Lansine Diabaté et Makan Tounkara. Elle participe à de nombreux festivals à travers le monde : au Festival d'Angoulême, au Festival des Francophonies de Limoges, au Festival de l'Hippodrôme de Douai, à la Cité de la Musique (avec Salif Keïta), au Festival Paroles d'Hiver en Bretagne, au Festival Le Mali en Scène à Paris, au Festival au Désert et au Festival Yelen au Mali.
En parallèle, elle s'associe à divers projets de création théâtrale et s'engage au cinéma, notamment dans "Sya, le rêve du python" de Dani Kouyaté (Burkina Faso) et dans "La Genèse" du Cheick Oumar Sissoko (Mali). Pour le premier, elle compose aussi la musique.
En 2001, elle prépare le spectacle d'ouverture de la Coupe d'Afrique des Nations au Mali, en 2008, elle initie, pour la cause des femmes, un festival baptisé Les Voix de Bamako (aujourd'hui orphelin).
Avec son décès, le Mali perd une grande chanteuse mais aussi une engagée pour améliorer la vie de son pays, rehausser sa culture et ses traditions et lutter en faveur des femmes maliennes, à travers notamment l'association "Kolonba" (kòlònba, mot bambara, veut dire "grand puits"). "Kolonba est dirigée par des artistes, des artisans de Bamako et moi-même. Nous travaillons à valoriser le patrimoine culturel du Mali, nous permettons à des jeunes, et surtout à des femmes en difficulté, d’accéder à une formation et à un métier d’art ou d’artisanat. Nous luttons aussi contre l’excision. Aujourd’hui, 65 personnes travaillent grâce à Kolonba." (Le Magazine.Info)
Sa voix et ses engagements sont une vraie perte pour le Mali : K'a dayòrò sumaya ...
Discographie :
Fantani Touré (1997). N'tin Naari. Stern's STCD 1080 Fantani Touré (2000). Bozola. (cassette ?) Fantani Touré (2002). Benkan. Seydoni Mali SMP 001 Fantani Touré (2003). Soukabé Mali. Fantani Touré (2007). Awô.
Hery

"Naître dans une grande famille de griots, c’est grandir dans une école où l’on n’a besoin ni de bic ni de cahier" (Toumani Diabaté)
"Trio Da Kali", un pourvu des talents de papa et de maman
Les mélomanes de la musique africaine ont bien conscience de la place suréminente de l'art musical des griots et griottes (jeli et jelimuso en bambara) du Mali dans le panthéon musical du continent africain ; même en laissant de côté tous les divers styles du "blues de désert" maliens et les riches traditions pentatoniques (p.ex. les styles wassoulou et sonraï, etc. etc.) de ce pays, la liste des vedettes (griotiques) maliennes reste pourtant formidable : Toumani Diabaté (kora) et son fils aîné et future star Sidiki Diabaté jr. (kora), Bassékou Kouyaté (ngoni), Baba Sissoko (ngoni, tamani), Séga Sidibé (djembé), Moriba Koïta (ngoni), Yacouba Sissoko (kora), Djelimady Tounkara (guitare) & son Super Rail Band, Andra Kouyaté (ngoni), Kassé Mady Diabaté (chant), Mama Sissoko (guitare) & le Super Biton de Ségou, Ballaké Sissoko (kora), Cheick Hamala Diabaté (ngoni), Pédro Kouyaté (guitare, kamalengoni), Zani Diabaté (guitare) & son Super Djata Band, Aïssata Doumbia aka Kokanko Sata (kamalengoni), Abdoulaye Diabaté (chant), Habib Koité (guitare, donsongoni), en outre les inoubliés qui ont tous laissé leurs empreintes dans la musique malienne dont le père de Toumani, Sidiki Diabaté sen. (kora), Bazoumana Sissoko (ngoni), Batourou Sekou Kouyaté (kora), Kèlètigi Diabaté (balafon, violon) et Djéli Fodé Kouyaté (kora), sans sauter une foule de divas griottes (Tata Bambo Kouyaté, Mouhountafé Sacko, Ami Koïta, Mah Damba, Siramori Diabaté, Bako Dagnon, Kandia Kouyaté, Babani Koné, Naïni Diabaté, Mah Kouyaté no.1, Mah Kouyaté no.2, Fanta Damba, Fanta Sacko, Diaou Kouyaté, Aminata Sacko, épouse de Bassékou ...) ; même Salif Keïta, pas du tout un griot lui-même, puise son inspiration surtout des traditions musicales mandingues ... Et depuis peu, on peut ajouter un nouveau nom à cette liste: le Trio Da Kali (en bambara, da kali veut dire "prêter serment", donc ici, c'est vraiment un engagement, à savoir un serment à rester fidèle à l'art du griot). Produit par la connaisseuse par excellence de la musique mandingue, Lucy Durán (SOAS, Londres), et soutenu par l'Initiative Musicale Aga Khan (IMAK), ce trio vaut des critiques élogieuses pour ses concerts en Europe et, plus récemment, aux Etats-Unis, où ces trois musiciens ont aussi collaboré avec le Kronos Quartet ainsi qu'avec Jay Hoggard, maestro de la vibraphone de jazz moderne ...
La maîtrise de l'art oratoire est pour tout griot, musicien ou non, aussi importante (sinon plus) que le chant ou la pratique d'un instrument (cela explique le nombre croissant de griots diplomates, politiciens ou universitaires. Ils jouent aussi un rôle appréciable dans le théâtre et le cinéma. Tous empruntent beaucoup aux traditions orales et musicales griotiques). Au fond, chaque nom de famille (jamu en bambara) renvoie à une histoire et à une légende singulières : les Kouyaté se tiennent eux-mêmes pour les seuls jeli authentiques, puisque descendants du légendaire Bala Fasaké Kouyaté, griot de son état de l'empereur Soundiata Keïta. Pour eux, tous les autres ne sont pas de vrais jeli mais "font les griots", comme on adopte un métier plutôt qu'un autre ... Les Diabaté et les Kouyatés sont considérés comme les meilleurs chanteurs ; les Kouyaté (ou Koïté ou Koïta) sont aussi réputés comme de grands balafonistes, mais on en connaît qui sont d'excellents luthistes, alors que les Diabaté sont plutôt des virtuoses de la kora, de même que les Sissoko, Diawara et Kamissoko. Quant aux Dramé et aux Konaté, ils sont célèbres comme de redoutables prercussionnistes : les maîtres du djembé, tambour en gobelet des griots (qui ne leur appartient d'ailleurs plus vraiment, car depuis longtemps devenu l'instrument africain le plus joué dans le monde entier). D'ailleurs, ce ne sont pas que les griots qui sont à l'origine de ce rangement, il faut plutôt – tout un peu – relativiser la suprematie des griots en tant qu'instrumentistes, et musiciens en général. La société mandingue est divisée en deux groupes principaux : d'un côté les horon (hommes libres), de l'autre côté les nyamakala (artisans) dont les jeli font partie au même titre que d'autres "groupes sociales", entre autres les numu (forgerons). Juste à ces derniers appartiennent aussi de fameux instrumentistes, notamment ceux qui portent les jamu de Camara, Doumbia, Kanté ou aussi Konté. Cela s'explique probablement par le fait que l'habileté du forgeron est indispensable pour la fabrication des instruments.
Est-ce à dire que la tradition griotique se dilue dans la modernité musicale, aussi au regard de la mer des griots, demi- et non-griots par les temps qui courent ?! Bien au contraire : parmi les chanteurs et instrumentistes au pays mandingue (hormis Salif Keïta), aujourd'hui encore aucun non-griot ne peut vraiment s'approprier les techniques et le potentiel émotionnel qui sont la marque du griotisme (jeliya en bambara). Pour en être convaincu, il suffit d'écouter le chant de Kassé Mady Diabaté, de Tata Bambo Kouyaté ou de Ami Koïta, le ngoni de Bassékou Kouyaté ou de Moriba Koïta, la kora de Toumani Diabaté ou de Ballaké Sissoko, la guitare de Djelimady Tounkara ...
Dans sa passionnante autobiographie Jeliya : Etre griot et musicien aujourd'hui*, le joueur de djembé (jenbefòla ou jenbefòlila en bambara) Adama Dramé se déclare : "Jamais le serpent ne s'enroule sans commencer par la tête.(p.31) Mon père était Jéli. Je me rappelle, dans les premières cartes d'identité que j'ai eues, c'était marqué "griot".(p.35) On n'a jamais vu un Jéli chanter parce qu'il a une belle voix. Il chante pour des occasions, il ne chante pas dans le vide. Un jembéfola, c'est pareil, personne n'en a jamais vu jouer dans la rue comme ça. On a une fonction précise."(p.202) Une telle "fonction précise" s'exprime par une forme d'improvisation très particulière, bien à comparer avec le jazz ou le rap. Encore une fois Adama Dramé : "Quand le Jéli parle, chante ou joue, même quand il s'agit de l'épopée mandingue, il faut que ça soit vraiment son histoire à lui. Chaque Jéli racontera la même histoire mais ça ne sera jamais pareil."(p.203) Les mots du freejazzeur américain à l'époque, Archie Shepp, s'y apparentent absolument : "Je m'en fous totalement de jouer bien ou mal, mon seul problème est de raconter mon histoire, notre histoire et une autre histoire." Même un griot ne saurait mieux résumer l'art musical du jeliya ...
Toutefois, il reste bien des débats sur la tradition parmi les (jeunes) musiciens au Mali : suffit-il de préserver tout bonnement la tradition, ou les musiciens sont-ils censés chercher à avancer ? Et si oui, cet avancement doit-il paraître comment ? Y a-t-il eu trop d'emphase sur le même répertoire de base, délaissant trop de bonnes chansons ? Et les musiciens pourraient-ils tomber sous l'emprise d'une virtuosité creuse et suffisante mais en défaveur de la mélodie et de la musicalité en général ?
Le Trio Da Kali y répond à sa propre façon : le leader du trio ne joue ni de la kora ni du ngoni ou de la guitare mais est plutôt maître du balafon : Fodé Lassana Diabaté est né en Guinée dans une grande famille de griots mais suit sa carrière surtout au Mali. Il accompagne Ami Koïta, Toumani Diabaté, Salif Keïta, Babani Koné, Tiken Jah Fakoly et Bassékou Kouyaté. De plus, ce balafoniste très demandé collabore avec Taj Mahal et participe au projet AfroCubism. Un maître hors pair, qui sait mettre en évidence la beauté et les subtilités des mélodies, un artiste engagé et spontané, à un langage expressif et une technique impeccable, en résumé tout simplement un plaisir au suprême degré à le voir jouer de son instrument (je l'ai vécu en concert de Toumani Diabaté & son Symmetric Orchestra à Francfort-sur-le-Main). Le deuxième, Mamadou Kouyaté n’est nul autre que le fils aîné de Bassékou Kouyaté, roi du ngoni, cet unique instrument à cordes pincées d'Afrique de l'Ouest, qui, à l’instar de la kora de Toumani Diabaté, se fait entendre aujourd’hui sur les scènes du monde entier. Aussi membre du groupe NgoniBa de son père, Mamadou Kouyaté, en brillant héritier, sait les faire sonner comme il se doit. Les lignes de son ngoni basse, seul instrument à accompagner le balafon de Fodé Lassana, sont fortes, claires et toujours dans la tradition de son père, appuyant la musique et offrant l'espace pour le balafoniste à exceller dans son jeu dont le lyrisme et la virtuosité ne sont guère à égaler. Le troisième de la bande, c'est une jeune femme : Hawa Kassé Mady Diabaté dont la voix intense ne vient pas de nulle part ; elle est la fille de Kassé Mady Diabaté, légendaire chanteur griot, bouleversant d’émotion, qui n’a pas son pareil pour transmettre la grande épopée mandingue depuis des décennies. Lucy Durán l'adoube pour "undoubtedly Mali's finest female voice today, revered at home for her knowledge of repertoire and for her powerful, clear and expressive voice." Le répertoire du trio comprend des morceaux éblouissants qui les ont accompagnés dès leur enfance : hormis Sunjata, la! chanson de louanges au premier roi de l'Empire du Mali au 13e siècle, le trio vise à présenter des morceaux originaux et moins connus pour, à terme, célébrer la musique la plus belle, la plus subtile et la plus sublime du continent africain. Ce faisant, les trois musiciens donnent un nouveau souffle - frais, contemporain et créatif - à leur art musical, à cette musique ancienne ... Après un concert du trio aux Etats-Unis, un auditeur le dit en ces termes : "I feel like my heart is three times bigger than it was when I walked in."
La chanteuse Hawa Kassé Mady Diabaté et ses deux alliés, le balafoniste Fodé Lassana Diabaté et le luthiste Mamadou Kouyaté appartiennent à une nouvelle génération, largement autodidacte, très instruite et ouverte aux musiques du monde entier, disposée à prendre la relève, par conviction et par passion : cela laisse deviner encore des jours pleins de promesses à l'héritage du jeliya ...
VIVE LE MALI !!!
Hery
*Adama Dramé/Arlette Senn-Borloz (1992). Jeliya : Être griot et musicien aujourd'hui. Paris : Ed. L'Harmattan, 366 pages. (très recommandable !!!)


YouTubes :
1) Le Trio Da Kali et le Kronos Quartet interprètent Jarabi ("Passion") :
http://www.youtube.com/watch?v=qeD7GGLFXoM
2) Toumani Diabaté et le Trio Da Kali live au Théâtre de la Ville, Paris :
http://www.youtube.com/watch?v=EP8dwZMa5fU
"Trio Da Kali", un pourvu des talents de papa et de maman
Les mélomanes de la musique africaine ont bien conscience de la place suréminente de l'art musical des griots et griottes (jeli et jelimuso en bambara) du Mali dans le panthéon musical du continent africain ; même en laissant de côté tous les divers styles du "blues de désert" maliens et les riches traditions pentatoniques (p.ex. les styles wassoulou et sonraï, etc. etc.) de ce pays, la liste des vedettes (griotiques) maliennes reste pourtant formidable : Toumani Diabaté (kora) et son fils aîné et future star Sidiki Diabaté jr. (kora), Bassékou Kouyaté (ngoni), Baba Sissoko (ngoni, tamani), Séga Sidibé (djembé), Moriba Koïta (ngoni), Yacouba Sissoko (kora), Djelimady Tounkara (guitare) & son Super Rail Band, Andra Kouyaté (ngoni), Kassé Mady Diabaté (chant), Mama Sissoko (guitare) & le Super Biton de Ségou, Ballaké Sissoko (kora), Cheick Hamala Diabaté (ngoni), Pédro Kouyaté (guitare, kamalengoni), Zani Diabaté (guitare) & son Super Djata Band, Aïssata Doumbia aka Kokanko Sata (kamalengoni), Abdoulaye Diabaté (chant), Habib Koité (guitare, donsongoni), en outre les inoubliés qui ont tous laissé leurs empreintes dans la musique malienne dont le père de Toumani, Sidiki Diabaté sen. (kora), Bazoumana Sissoko (ngoni), Batourou Sekou Kouyaté (kora), Kèlètigi Diabaté (balafon, violon) et Djéli Fodé Kouyaté (kora), sans sauter une foule de divas griottes (Tata Bambo Kouyaté, Mouhountafé Sacko, Ami Koïta, Mah Damba, Siramori Diabaté, Bako Dagnon, Kandia Kouyaté, Babani Koné, Naïni Diabaté, Mah Kouyaté no.1, Mah Kouyaté no.2, Fanta Damba, Fanta Sacko, Diaou Kouyaté, Aminata Sacko, épouse de Bassékou ...) ; même Salif Keïta, pas du tout un griot lui-même, puise son inspiration surtout des traditions musicales mandingues ... Et depuis peu, on peut ajouter un nouveau nom à cette liste: le Trio Da Kali (en bambara, da kali veut dire "prêter serment", donc ici, c'est vraiment un engagement, à savoir un serment à rester fidèle à l'art du griot). Produit par la connaisseuse par excellence de la musique mandingue, Lucy Durán (SOAS, Londres), et soutenu par l'Initiative Musicale Aga Khan (IMAK), ce trio vaut des critiques élogieuses pour ses concerts en Europe et, plus récemment, aux Etats-Unis, où ces trois musiciens ont aussi collaboré avec le Kronos Quartet ainsi qu'avec Jay Hoggard, maestro de la vibraphone de jazz moderne ...
La maîtrise de l'art oratoire est pour tout griot, musicien ou non, aussi importante (sinon plus) que le chant ou la pratique d'un instrument (cela explique le nombre croissant de griots diplomates, politiciens ou universitaires. Ils jouent aussi un rôle appréciable dans le théâtre et le cinéma. Tous empruntent beaucoup aux traditions orales et musicales griotiques). Au fond, chaque nom de famille (jamu en bambara) renvoie à une histoire et à une légende singulières : les Kouyaté se tiennent eux-mêmes pour les seuls jeli authentiques, puisque descendants du légendaire Bala Fasaké Kouyaté, griot de son état de l'empereur Soundiata Keïta. Pour eux, tous les autres ne sont pas de vrais jeli mais "font les griots", comme on adopte un métier plutôt qu'un autre ... Les Diabaté et les Kouyatés sont considérés comme les meilleurs chanteurs ; les Kouyaté (ou Koïté ou Koïta) sont aussi réputés comme de grands balafonistes, mais on en connaît qui sont d'excellents luthistes, alors que les Diabaté sont plutôt des virtuoses de la kora, de même que les Sissoko, Diawara et Kamissoko. Quant aux Dramé et aux Konaté, ils sont célèbres comme de redoutables prercussionnistes : les maîtres du djembé, tambour en gobelet des griots (qui ne leur appartient d'ailleurs plus vraiment, car depuis longtemps devenu l'instrument africain le plus joué dans le monde entier). D'ailleurs, ce ne sont pas que les griots qui sont à l'origine de ce rangement, il faut plutôt – tout un peu – relativiser la suprematie des griots en tant qu'instrumentistes, et musiciens en général. La société mandingue est divisée en deux groupes principaux : d'un côté les horon (hommes libres), de l'autre côté les nyamakala (artisans) dont les jeli font partie au même titre que d'autres "groupes sociales", entre autres les numu (forgerons). Juste à ces derniers appartiennent aussi de fameux instrumentistes, notamment ceux qui portent les jamu de Camara, Doumbia, Kanté ou aussi Konté. Cela s'explique probablement par le fait que l'habileté du forgeron est indispensable pour la fabrication des instruments.
Est-ce à dire que la tradition griotique se dilue dans la modernité musicale, aussi au regard de la mer des griots, demi- et non-griots par les temps qui courent ?! Bien au contraire : parmi les chanteurs et instrumentistes au pays mandingue (hormis Salif Keïta), aujourd'hui encore aucun non-griot ne peut vraiment s'approprier les techniques et le potentiel émotionnel qui sont la marque du griotisme (jeliya en bambara). Pour en être convaincu, il suffit d'écouter le chant de Kassé Mady Diabaté, de Tata Bambo Kouyaté ou de Ami Koïta, le ngoni de Bassékou Kouyaté ou de Moriba Koïta, la kora de Toumani Diabaté ou de Ballaké Sissoko, la guitare de Djelimady Tounkara ...
Dans sa passionnante autobiographie Jeliya : Etre griot et musicien aujourd'hui*, le joueur de djembé (jenbefòla ou jenbefòlila en bambara) Adama Dramé se déclare : "Jamais le serpent ne s'enroule sans commencer par la tête.(p.31) Mon père était Jéli. Je me rappelle, dans les premières cartes d'identité que j'ai eues, c'était marqué "griot".(p.35) On n'a jamais vu un Jéli chanter parce qu'il a une belle voix. Il chante pour des occasions, il ne chante pas dans le vide. Un jembéfola, c'est pareil, personne n'en a jamais vu jouer dans la rue comme ça. On a une fonction précise."(p.202) Une telle "fonction précise" s'exprime par une forme d'improvisation très particulière, bien à comparer avec le jazz ou le rap. Encore une fois Adama Dramé : "Quand le Jéli parle, chante ou joue, même quand il s'agit de l'épopée mandingue, il faut que ça soit vraiment son histoire à lui. Chaque Jéli racontera la même histoire mais ça ne sera jamais pareil."(p.203) Les mots du freejazzeur américain à l'époque, Archie Shepp, s'y apparentent absolument : "Je m'en fous totalement de jouer bien ou mal, mon seul problème est de raconter mon histoire, notre histoire et une autre histoire." Même un griot ne saurait mieux résumer l'art musical du jeliya ...
Toutefois, il reste bien des débats sur la tradition parmi les (jeunes) musiciens au Mali : suffit-il de préserver tout bonnement la tradition, ou les musiciens sont-ils censés chercher à avancer ? Et si oui, cet avancement doit-il paraître comment ? Y a-t-il eu trop d'emphase sur le même répertoire de base, délaissant trop de bonnes chansons ? Et les musiciens pourraient-ils tomber sous l'emprise d'une virtuosité creuse et suffisante mais en défaveur de la mélodie et de la musicalité en général ?
Le Trio Da Kali y répond à sa propre façon : le leader du trio ne joue ni de la kora ni du ngoni ou de la guitare mais est plutôt maître du balafon : Fodé Lassana Diabaté est né en Guinée dans une grande famille de griots mais suit sa carrière surtout au Mali. Il accompagne Ami Koïta, Toumani Diabaté, Salif Keïta, Babani Koné, Tiken Jah Fakoly et Bassékou Kouyaté. De plus, ce balafoniste très demandé collabore avec Taj Mahal et participe au projet AfroCubism. Un maître hors pair, qui sait mettre en évidence la beauté et les subtilités des mélodies, un artiste engagé et spontané, à un langage expressif et une technique impeccable, en résumé tout simplement un plaisir au suprême degré à le voir jouer de son instrument (je l'ai vécu en concert de Toumani Diabaté & son Symmetric Orchestra à Francfort-sur-le-Main). Le deuxième, Mamadou Kouyaté n’est nul autre que le fils aîné de Bassékou Kouyaté, roi du ngoni, cet unique instrument à cordes pincées d'Afrique de l'Ouest, qui, à l’instar de la kora de Toumani Diabaté, se fait entendre aujourd’hui sur les scènes du monde entier. Aussi membre du groupe NgoniBa de son père, Mamadou Kouyaté, en brillant héritier, sait les faire sonner comme il se doit. Les lignes de son ngoni basse, seul instrument à accompagner le balafon de Fodé Lassana, sont fortes, claires et toujours dans la tradition de son père, appuyant la musique et offrant l'espace pour le balafoniste à exceller dans son jeu dont le lyrisme et la virtuosité ne sont guère à égaler. Le troisième de la bande, c'est une jeune femme : Hawa Kassé Mady Diabaté dont la voix intense ne vient pas de nulle part ; elle est la fille de Kassé Mady Diabaté, légendaire chanteur griot, bouleversant d’émotion, qui n’a pas son pareil pour transmettre la grande épopée mandingue depuis des décennies. Lucy Durán l'adoube pour "undoubtedly Mali's finest female voice today, revered at home for her knowledge of repertoire and for her powerful, clear and expressive voice." Le répertoire du trio comprend des morceaux éblouissants qui les ont accompagnés dès leur enfance : hormis Sunjata, la! chanson de louanges au premier roi de l'Empire du Mali au 13e siècle, le trio vise à présenter des morceaux originaux et moins connus pour, à terme, célébrer la musique la plus belle, la plus subtile et la plus sublime du continent africain. Ce faisant, les trois musiciens donnent un nouveau souffle - frais, contemporain et créatif - à leur art musical, à cette musique ancienne ... Après un concert du trio aux Etats-Unis, un auditeur le dit en ces termes : "I feel like my heart is three times bigger than it was when I walked in."
La chanteuse Hawa Kassé Mady Diabaté et ses deux alliés, le balafoniste Fodé Lassana Diabaté et le luthiste Mamadou Kouyaté appartiennent à une nouvelle génération, largement autodidacte, très instruite et ouverte aux musiques du monde entier, disposée à prendre la relève, par conviction et par passion : cela laisse deviner encore des jours pleins de promesses à l'héritage du jeliya ...
VIVE LE MALI !!!
Hery
*Adama Dramé/Arlette Senn-Borloz (1992). Jeliya : Être griot et musicien aujourd'hui. Paris : Ed. L'Harmattan, 366 pages. (très recommandable !!!)


YouTubes :
1) Le Trio Da Kali et le Kronos Quartet interprètent Jarabi ("Passion") :
http://www.youtube.com/watch?v=qeD7GGLFXoM
2) Toumani Diabaté et le Trio Da Kali live au Théâtre de la Ville, Paris :
http://www.youtube.com/watch?v=EP8dwZMa5fU
Toujours pas tres doue pour les descriptions d'albums, je me permets de citer la personne qui m'a fait decouvrir ce disque.
"En 1996, le label World Circuit a voulu enregistrer la rencontre de musiciens maliens et cubains. Mais les Maliens n'ont jamais eu leurs visas pour se rendre à la Havane. Alors, pour utiliser les heures de studio, le producteur Nick Gold a enregistré de vieux musiciens cubains, ce qui a donné... Buena Vista Social Club. En 2009, les deux côtés de l'Atlantique ont enfin pu être réunis, et le résultat est là. Vraiment très très bon, surtout si vous vous êtes toujours demandé ce que pouvaient donner des rythmes cubains joués avec des instruments comme la kora et le balafon."
Un peu de chaleur pour celles et ceux qui attendent que les beaux jours reviennent! Bonne ecoute!
PS: pour les anglophones, une description plus approfondie ici
"En 1996, le label World Circuit a voulu enregistrer la rencontre de musiciens maliens et cubains. Mais les Maliens n'ont jamais eu leurs visas pour se rendre à la Havane. Alors, pour utiliser les heures de studio, le producteur Nick Gold a enregistré de vieux musiciens cubains, ce qui a donné... Buena Vista Social Club. En 2009, les deux côtés de l'Atlantique ont enfin pu être réunis, et le résultat est là. Vraiment très très bon, surtout si vous vous êtes toujours demandé ce que pouvaient donner des rythmes cubains joués avec des instruments comme la kora et le balafon."
Un peu de chaleur pour celles et ceux qui attendent que les beaux jours reviennent! Bonne ecoute!
PS: pour les anglophones, une description plus approfondie ici
«... a level of communication that close to magical. The music is soothing and quiet but brimming with life. It is calm but intense, passionate but peaceful.» (allaboutjazz)
DEUX MAGICIENS DES CORDES EN DIALOGUE
Cinq ans après l'enchanté In the Heart of the Moon, qui leur avait valu un Grammy Award, le légendaire guitariste Ali Farka Touré et la star mondiale de la kora Toumani Diabaté dialoguent une nouvelle fois par l’intermédiaire de leurs instruments. Ils remettent ça avec un album tout simplement nommé Ali & Toumani, aussi le dernier témoignage phonographique de l'homme de Niafounké, décédé en 2006 ...
Ces trois après-midis à Londres en juillet 2005, avec la participation de l'illustre contrebassiste du Buena Vista Social Club, Orlando 'Cachaíto' López, décédé lui aussi, en 2009, et du fils d'Ali, Vieux Farka Touré, les sessions d'enregistrement pour cet album étaient de mauvais augure : Ali Farka est déjà très marqué par le cancer des os qui, en raison de la douleur, le contraint à faire des pauses de plus en plus longues au studio. «He was having bad attacks of pain. There were moments, when playing a song, that we were forced to stop, because Ali was in so much pain. It was hard for him to make this album. But he wanted to continue. At one moment during the sessions I asked myself, "Why am I doing this?" I didn't want him to suffer. We'd start a song and he'd play and play and play and then, at a certain moment, he would just stop and grimace, or bow his head. So we'd stop. But then he would say, "No! Let's carry on." In the end I said: "Thank God, we've done it, we've done it!"», se souvient Toumani Diabaté avec émotion et joie*. On comprend maintenant pourquoi Ali est joint le surnom Farka qui veut dire «âne» – synonyme de robustesse – en sonraï, sa langue maternelle ...
Comme sur le prédécesseur de Ali & Toumani, et à la demande d'Ali Farka, il n'y avait aucune répétition avant l'enregistrement. Ces deux géants de la musique malienne se connaissaient tellement bien qu'il n'y en avait nul besoin. Donc, cet album aussi, en grande partie instrumental, est le fruit de la spontanéité ; immédiatement entre la guitare et la kora, un dialogue se renoue comme s’il n'y a rien de plus naturel au monde. Grattées, pincées, frottées, avec vivacité ou lenteur, les cordes s’interrogent et se répondent avec finesse et élégance. Parfois, guitare et kora vibrent à l'unisson. Sans difficulté on s'introduit dans l'intimité et la complicité. Sur les onze morceaux de l'album, c'est toujours Ali Farka Touré qui joue le thème mélodique, et la kora de Toumani vient s'enrouler autour avec le sens et l'intuition du grand koriste, qui une fois de plus fait de véritables merveilles avec ses vingt-et-une cordes ; son jeu semble faire jaillir plusieurs sources musicales différentes à la fois, plusieurs voix qui s'entrecroisent et dialoguent entre elles, produisant un effet de scintillement infini à la beauté saisissante. A une technique à la fois surabondante et lyrique, Toumani ajoute en outre une manière de marquer le rythme par son utilisation des cordes basses, parfois même de la caisse de résonance de son instrument. Ecouter la totalité de son spectre sonore, on est tenté de croire qu'il ne s'agit plus d'un instrument de vingt-et-une cordes mais d'un orchestre de vingt-et-une koras animé par les doigts d'un seul homme. Les titres s'écoutent presque comme une suite ininterrompue, chansons et mélodies traditionnelles des régions respectives des deux compères – le Nord du Mali pour Ali Farka, le Sud mandingue pour Toumani –, improvisations à la fois libres et arc-boutées sur la tradition, avec parfois des accents congolais (sur Sina Mory), cubains (sur Sabu Yerkoy), sénégalais ou bluesy. Cette musique est toujours aussi envoûtante, comme hors du temps et de l'espace.
Pour écouter Ali & Toumani, c’est comme «lire un livre sur Ali Farka Touré. C’est un album synthèse de tous ceux qu'il avait fait auparavant», récapitule Toumani Diabaté. En fait, les morceaux ramènent à des moments précis de sa vie : d'abord la rumba Sina Mory, avec qui a commencé tout pour Ali Farka. En 1956, il a vu interpréter cette chanson par Keita Fodeba, son idol, en Guinée. C'était le moment qui l'a incité à apprendre et jouer la guitare. Machengoidi, un hymne au labeur pour le bien de son pays, enregistré pour la première fois sur Radio Mali, en 1996, puis sur son album posthume, Savane, en 2006. La salsa cubaine Sabu Yerkoy («Merci à Dieu !») célèbre l'Indépendance de son pays en chantant l'insouciance de la vie quotidienne lors de la première décennie post-indépendance. Cette chanson appartient au répertoire standard du guitariste. Ruby est une chanson bobo, qu'il a écoutée pour la première fois à San, petite ville entre Ségou et Mopti, à une population majoritairement bobo. Puis, Warbe («Les hommes»), une chanson peul, dédiée à ceux qui se battent pour protéger leur peuple. Un autre morceau peul de l'album est Samba Gelado, en souvenir d'un prince peul du Fouta Djallon en Guinée. Une très vieille chanson mandé est Be Mankan, à qui Ali et Toumani ont donné la forme d'une valse. Aussi une chanson traditionnelle mandé est Doudou, morceau magnifique qui a des liens à l'époque où le Mali et ses pays voisins, la Guinée et le Sénégal, sont devenus indépendants. Ici, le jeu de Toumani indique des influences du rythme mbalanx sénégalais. L'album s'achève sur le très émouvant Kala Djula («Les commerçants de Kala»), hymne mandingue des griots qui glorifie les Diabatés, dynastie de griots mandingues vieille de plusieurs siècles. Le griot Toumani Diabaté accompagne Ali vers la postérité. Au Mali, la rencontre du Nord et du Sud, plus précisément, celle du terroir de Niafunké d'Ali Farka et du répertoire mandingue joué par les Diabatés depuis un grand nombre de générations n'avait pourtant rien d'évident, même si dans les années soixantes, Ali Farka Touré jouait déjà avec Sidiki Diabaté, père de Toumani et lui aussi virtuose de ce formidable instrument ayant révolutionné son art à elle en la sortant de son contexte orchestral pour l'établir en tant qu'instrument soliste ...
Cet album acoustique en forme à la fois de livre d'histoire et de testament est bien plus qu'un disque posthume supplémentaire. Un vrai et unique chef-d'œuvre de deux sorciers des cordes, sans doute, ou en un seul mot : MAGIQUE ...
CD : Ali Farka Touré/Toumani Diabaté. 2010. Ali & Toumani. World Circuit.
hgb
* voir le livret de l'album.
DEUX MAGICIENS DES CORDES EN DIALOGUE
Cinq ans après l'enchanté In the Heart of the Moon, qui leur avait valu un Grammy Award, le légendaire guitariste Ali Farka Touré et la star mondiale de la kora Toumani Diabaté dialoguent une nouvelle fois par l’intermédiaire de leurs instruments. Ils remettent ça avec un album tout simplement nommé Ali & Toumani, aussi le dernier témoignage phonographique de l'homme de Niafounké, décédé en 2006 ...
Ces trois après-midis à Londres en juillet 2005, avec la participation de l'illustre contrebassiste du Buena Vista Social Club, Orlando 'Cachaíto' López, décédé lui aussi, en 2009, et du fils d'Ali, Vieux Farka Touré, les sessions d'enregistrement pour cet album étaient de mauvais augure : Ali Farka est déjà très marqué par le cancer des os qui, en raison de la douleur, le contraint à faire des pauses de plus en plus longues au studio. «He was having bad attacks of pain. There were moments, when playing a song, that we were forced to stop, because Ali was in so much pain. It was hard for him to make this album. But he wanted to continue. At one moment during the sessions I asked myself, "Why am I doing this?" I didn't want him to suffer. We'd start a song and he'd play and play and play and then, at a certain moment, he would just stop and grimace, or bow his head. So we'd stop. But then he would say, "No! Let's carry on." In the end I said: "Thank God, we've done it, we've done it!"», se souvient Toumani Diabaté avec émotion et joie*. On comprend maintenant pourquoi Ali est joint le surnom Farka qui veut dire «âne» – synonyme de robustesse – en sonraï, sa langue maternelle ...
Comme sur le prédécesseur de Ali & Toumani, et à la demande d'Ali Farka, il n'y avait aucune répétition avant l'enregistrement. Ces deux géants de la musique malienne se connaissaient tellement bien qu'il n'y en avait nul besoin. Donc, cet album aussi, en grande partie instrumental, est le fruit de la spontanéité ; immédiatement entre la guitare et la kora, un dialogue se renoue comme s’il n'y a rien de plus naturel au monde. Grattées, pincées, frottées, avec vivacité ou lenteur, les cordes s’interrogent et se répondent avec finesse et élégance. Parfois, guitare et kora vibrent à l'unisson. Sans difficulté on s'introduit dans l'intimité et la complicité. Sur les onze morceaux de l'album, c'est toujours Ali Farka Touré qui joue le thème mélodique, et la kora de Toumani vient s'enrouler autour avec le sens et l'intuition du grand koriste, qui une fois de plus fait de véritables merveilles avec ses vingt-et-une cordes ; son jeu semble faire jaillir plusieurs sources musicales différentes à la fois, plusieurs voix qui s'entrecroisent et dialoguent entre elles, produisant un effet de scintillement infini à la beauté saisissante. A une technique à la fois surabondante et lyrique, Toumani ajoute en outre une manière de marquer le rythme par son utilisation des cordes basses, parfois même de la caisse de résonance de son instrument. Ecouter la totalité de son spectre sonore, on est tenté de croire qu'il ne s'agit plus d'un instrument de vingt-et-une cordes mais d'un orchestre de vingt-et-une koras animé par les doigts d'un seul homme. Les titres s'écoutent presque comme une suite ininterrompue, chansons et mélodies traditionnelles des régions respectives des deux compères – le Nord du Mali pour Ali Farka, le Sud mandingue pour Toumani –, improvisations à la fois libres et arc-boutées sur la tradition, avec parfois des accents congolais (sur Sina Mory), cubains (sur Sabu Yerkoy), sénégalais ou bluesy. Cette musique est toujours aussi envoûtante, comme hors du temps et de l'espace.
Pour écouter Ali & Toumani, c’est comme «lire un livre sur Ali Farka Touré. C’est un album synthèse de tous ceux qu'il avait fait auparavant», récapitule Toumani Diabaté. En fait, les morceaux ramènent à des moments précis de sa vie : d'abord la rumba Sina Mory, avec qui a commencé tout pour Ali Farka. En 1956, il a vu interpréter cette chanson par Keita Fodeba, son idol, en Guinée. C'était le moment qui l'a incité à apprendre et jouer la guitare. Machengoidi, un hymne au labeur pour le bien de son pays, enregistré pour la première fois sur Radio Mali, en 1996, puis sur son album posthume, Savane, en 2006. La salsa cubaine Sabu Yerkoy («Merci à Dieu !») célèbre l'Indépendance de son pays en chantant l'insouciance de la vie quotidienne lors de la première décennie post-indépendance. Cette chanson appartient au répertoire standard du guitariste. Ruby est une chanson bobo, qu'il a écoutée pour la première fois à San, petite ville entre Ségou et Mopti, à une population majoritairement bobo. Puis, Warbe («Les hommes»), une chanson peul, dédiée à ceux qui se battent pour protéger leur peuple. Un autre morceau peul de l'album est Samba Gelado, en souvenir d'un prince peul du Fouta Djallon en Guinée. Une très vieille chanson mandé est Be Mankan, à qui Ali et Toumani ont donné la forme d'une valse. Aussi une chanson traditionnelle mandé est Doudou, morceau magnifique qui a des liens à l'époque où le Mali et ses pays voisins, la Guinée et le Sénégal, sont devenus indépendants. Ici, le jeu de Toumani indique des influences du rythme mbalanx sénégalais. L'album s'achève sur le très émouvant Kala Djula («Les commerçants de Kala»), hymne mandingue des griots qui glorifie les Diabatés, dynastie de griots mandingues vieille de plusieurs siècles. Le griot Toumani Diabaté accompagne Ali vers la postérité. Au Mali, la rencontre du Nord et du Sud, plus précisément, celle du terroir de Niafunké d'Ali Farka et du répertoire mandingue joué par les Diabatés depuis un grand nombre de générations n'avait pourtant rien d'évident, même si dans les années soixantes, Ali Farka Touré jouait déjà avec Sidiki Diabaté, père de Toumani et lui aussi virtuose de ce formidable instrument ayant révolutionné son art à elle en la sortant de son contexte orchestral pour l'établir en tant qu'instrument soliste ...
Cet album acoustique en forme à la fois de livre d'histoire et de testament est bien plus qu'un disque posthume supplémentaire. Un vrai et unique chef-d'œuvre de deux sorciers des cordes, sans doute, ou en un seul mot : MAGIQUE ...
CD : Ali Farka Touré/Toumani Diabaté. 2010. Ali & Toumani. World Circuit.
hgb
* voir le livret de l'album.
Enfin devrais je dire car je l'attendais l'album de ce formidable chanteur/poète, une voix puissante sur des textes engagés. Les deux précédents albums "Thiaroye" et Xel" sont des merveilles.
Eric

Sortie du 3e album tant attendu - GÉEJ, la mer en wolof, - disponible dans les bacs le 13 mars 2008, toujours produit par SIGGIMUSIQUE, signé sous licence avec le label de Christian Mousset MARABI PRODUCTIONS, et distribué parHARMONIA MUNDI Musiciens Soriba KOUYATE, kora Moriba KOÏTA, n’goni Prabhu EDOUARD, Tablas Pierre-François DUFOUR, violoncelle Benilde FODJO FOKO, Félipé Cabréra, basses Philippe GAILLOT, Alain RENAUD, guitares Sega SECK, batterie Frédéric Piot, percussions Gérard COUDERC, sax soprane, et flûte
http://www.elhadjndiaye.com/home.htm
Eric

Sortie du 3e album tant attendu - GÉEJ, la mer en wolof, - disponible dans les bacs le 13 mars 2008, toujours produit par SIGGIMUSIQUE, signé sous licence avec le label de Christian Mousset MARABI PRODUCTIONS, et distribué parHARMONIA MUNDI Musiciens Soriba KOUYATE, kora Moriba KOÏTA, n’goni Prabhu EDOUARD, Tablas Pierre-François DUFOUR, violoncelle Benilde FODJO FOKO, Félipé Cabréra, basses Philippe GAILLOT, Alain RENAUD, guitares Sega SECK, batterie Frédéric Piot, percussions Gérard COUDERC, sax soprane, et flûte
http://www.elhadjndiaye.com/home.htm
Annonce !
Selon le Newsletter (8.11.06) de la MANSA*, la programmation musicale du Festival sur le Niger 2007 à Ségou (Mali) est presque complète. Entre-temps, Oumou Sangaré et le groupe touareg, Tinariwen, ont confirmé leur venue. A l'honneur du défunt Ali Farka Touré, son fils Vieux Farka Touré & son groupe donnent un concert. Les artistes qui seront présentés sur le festival :
Habib Koité Toumani Diabaté (non confirmé) Oumou Sangaré Les Go de Koteba Tinariwen Doussou Bagayogo Bassékou Kouyaté Heather Maxwell Mah Kouyaté N°2 Papa Gaoussou Diarra Lobi Traoré et Joep Pelt Néba Solo Vieux Farka Touré et son groupe
Pour plus d'informations et pour la programmation totale (forum de discussion, expositions, foire artisanale et agricoles, film, manifestations traditionnelles ségoviennes etc.), visitez le site de festival : www.festivalsegou.org
* Mande Society Association, Chicago (Etats-Unis)
Selon le Newsletter (8.11.06) de la MANSA*, la programmation musicale du Festival sur le Niger 2007 à Ségou (Mali) est presque complète. Entre-temps, Oumou Sangaré et le groupe touareg, Tinariwen, ont confirmé leur venue. A l'honneur du défunt Ali Farka Touré, son fils Vieux Farka Touré & son groupe donnent un concert. Les artistes qui seront présentés sur le festival :
Habib Koité Toumani Diabaté (non confirmé) Oumou Sangaré Les Go de Koteba Tinariwen Doussou Bagayogo Bassékou Kouyaté Heather Maxwell Mah Kouyaté N°2 Papa Gaoussou Diarra Lobi Traoré et Joep Pelt Néba Solo Vieux Farka Touré et son groupe
Pour plus d'informations et pour la programmation totale (forum de discussion, expositions, foire artisanale et agricoles, film, manifestations traditionnelles ségoviennes etc.), visitez le site de festival : www.festivalsegou.org
* Mande Society Association, Chicago (Etats-Unis)
Gros coup de Blues...
Je viens à l'instant d’apprendre le décès d’Ali Farka Toure à la radio !
L’univers des musiques du monde perd là un de ses grands représentants et le Mali un de ses héros… Il me tarde de rentrer à la maison et mettre l'ampli à fond avec un bon blues de ce cher Ali… "Talkin Timbuktu" par exemple...
Voilà ce que je viens de trouver sur le net :
Le musicien malien Ali Farka Touré est mort des conséquences d'une longue maladie mardi à son domicile de Bamako. Il avait 67 ans.
Ali Farka Touré, né en 1939 à Tombouctou, a découvert la musique à dix ans en apprenant à jouer de la gurkel, une sorte de guitare à une seule corde. C'est cependant en 1956, lors d'un concert du guitariste guinéen Ketita Fodeba, que le jeune homme comprend que la musique sera au coeur de son existence. Il deviendra un grand guitariste.
Très vite, il s'ouvre au monde extérieur, découvre Ray Charles, Otis Redding et surtout John Lee Hooker, celui qui l'influencera le plus. Il gagnera un Grammy Award, la récompense musicale suprême aux États-Unis (la première pour un Africain), pour sa collaboration avec Rye Cooder sur l'album Talking Timbuktu, en 1995. Il récidive en 2005 et décroche un autre Grammy pour son album In the Heart of the Moon, réalisé en duo avec le joueur de kora Toumani Diabaté. L'artiste souffrait d'un cancer depuis plusieurs années et était paralysé depuis quelques mois, selon Ali Guindo, coordinateur de la fondation Ali Farka Touré. À Bamako, le monde de la musique est en deuil. Presque toutes les radios de la capitale ont suspendu leurs émissions habituelles.
(source : http://radio-canada.ca/)
L’univers des musiques du monde perd là un de ses grands représentants et le Mali un de ses héros… Il me tarde de rentrer à la maison et mettre l'ampli à fond avec un bon blues de ce cher Ali… "Talkin Timbuktu" par exemple...
Voilà ce que je viens de trouver sur le net :
Le musicien malien Ali Farka Touré est mort des conséquences d'une longue maladie mardi à son domicile de Bamako. Il avait 67 ans.
Ali Farka Touré, né en 1939 à Tombouctou, a découvert la musique à dix ans en apprenant à jouer de la gurkel, une sorte de guitare à une seule corde. C'est cependant en 1956, lors d'un concert du guitariste guinéen Ketita Fodeba, que le jeune homme comprend que la musique sera au coeur de son existence. Il deviendra un grand guitariste.
Très vite, il s'ouvre au monde extérieur, découvre Ray Charles, Otis Redding et surtout John Lee Hooker, celui qui l'influencera le plus. Il gagnera un Grammy Award, la récompense musicale suprême aux États-Unis (la première pour un Africain), pour sa collaboration avec Rye Cooder sur l'album Talking Timbuktu, en 1995. Il récidive en 2005 et décroche un autre Grammy pour son album In the Heart of the Moon, réalisé en duo avec le joueur de kora Toumani Diabaté. L'artiste souffrait d'un cancer depuis plusieurs années et était paralysé depuis quelques mois, selon Ali Guindo, coordinateur de la fondation Ali Farka Touré. À Bamako, le monde de la musique est en deuil. Presque toutes les radios de la capitale ont suspendu leurs émissions habituelles.
(source : http://radio-canada.ca/)
Salut!!
J'ai besoin d'un conseil. En effet, je recherche (sans succès) un CD de musique "pipes and drums", mais sans le côté marches guerrières... J'aimerais que les percus soient africaines et accompagnent les corne-muses... J'ai déjà entendu çà, mais dans la rue...
J'ai besoin d'un conseil. En effet, je recherche (sans succès) un CD de musique "pipes and drums", mais sans le côté marches guerrières... J'aimerais que les percus soient africaines et accompagnent les corne-muses... J'ai déjà entendu çà, mais dans la rue...
« Plus personne ne chante avec cette émotion. Et une fois qu’il aura disparu, il n’y aura plus personne pour le faire. » (Ry Cooder, 2014)
« La voix d’or du Mali » s’est éteinte
Affectueusement surnommé « la voix d’or du Mali », le chanteur Kassé Mady Diabaté, icône de la musique malienne et descendant d'une longue lignée de griots mandingues, est décédé, le 24 mai, à la clinique Pasteur de Bamako des suites d’une grave maladie. Il avait 69 ans.
Kassé Mady Diabaté est issu de la famille de griots la plus réputée du pays mandingue, les Diabaté de Kela, village proche de la ville de Kangaba, près de la frontière guinéenne, au cœur du Manden*. Sa tante était la griotte légendaire Siramori Diabaté. A l’âge de 7 ans, les vieux de la famille reconnaissent son talent, l'entrainent et encouragent avant qu'il ne lance par la Biennale de Bamako, où il gagne tous les prix. Dès les années 60, Kassé Mady, appartenant à la même génération que Salif Kéïta (tous les deux sont nés en 1949), est sollicité par toutes les formations réputées et d’avant-garde qu’engendre le Mali des années de son indépendance : d'abord, il fait partie de l’orchestre régional Super Mandé de Kangaba, puis de Las Maravillas de Mali, devenu ensuite Badema National du Mali, et enfin de l’Orchestre Instrumental du Mali. C’était l’époque des orchestres d’Etat, des chanteurs fonctionnaires et de la coopération avec Cuba.
A partir de la fin des années 80, le nom de Kassé Mady Diabaté est associé à de nombreux projets transversaux et les plus novateurs, notamment Songhaï 2, avec le groupe espagnol de flamenco Ketama, ou bien de Kulanjan, avec le bluesman Taj Mahal et Toumani Diabaté (kora). Sa voix douce et lyrique, nuancée dans les graves, se distinguant de celle de la plupart des griots, est très demandée, et on aime louer sa profonde connaissance des traditions musicales les plus anciennes. « Au Mali, la voix de Kassé Mady Diabaté est une telle évidence qu’on pourrait la classer comme patrimoine national », atteste Oumar Diallo, complice musical d‘Ali Farka Touré, autre grand nom de la musique malienne. Pour Salif Kéïta, il est tout bonnement « le plus grand chanteur du Mali ». Pourtant, hors de son pays, son nom apparaît à peine. Néanmoins, il est considéré au Mali comme un géant. Ce n’est qu’en 1989 – il a déjà 40 – qu’il sort son premier album solo, Fodé.
En 2005, quand Toumani Diabaté monte son grand Symmetric Orchestra, il fait appel à Kassé Mady Diabaté, que l’on revoit également à ses côtes, en 2010, dans le collectif cubano-malien Afrocubism. Quatre ans plus tard, Kassé Mady Diabaté publie son cinquième et dernier album sous son nom, intitulé Kiriké (΄selle΄), sur le label français No Format, et enregistré comme dans les conditions d’un concert dans une cour n'importe où au Mali, avec ses trois compatriotes, le joueur de kora Ballaké Sissoko, le joueur de ngoni Makan Tounkara et le balafoniste Lansine Kouyaté (le violoncelliste français Vincent Ségal est producteur de l'album et ne donne son violoncelle que pour quelques morceaux). Un album délicat et juste, tout en harmonie livré par un ensemble d'exception...
Enfant de l’indépendance, Kassé Mady Diabaté a débuté sa carrière au centre de la reconquête culturelle du Mali indépendant à l’initiative du père de l’indépendance, le socialiste et panafricaniste Modibo Keita. Et à sa fin, déjà éprouvé par son manque de reconnaissance à l’étranger, il souffre et appauvrit au cours de la crise au Mali actuel. L’interdit de toutes les manifestations (mariages, baptêmes, circoncisions etc.) sont une catastrophe pour les griots qui gagnent leur vie en faisant l’éloge des personnes qui les en chargent. Et non des moindres, une vicieuse maladie… !
Paix à ton âme, Kassé Mady Diabaté !
Hery
*le terme désigne le noyau régional dont est partie la conquête d’une grande partie de l’Afrique de l’Ouest sahélienne par les troupes de Sunjata. Le Manden couvre la zone comprise entre Bamako (Mali) et Kouroussa (Guinée) et qui se situe de part et d’autre du fleuve Niger localement appelé Joliba.

(photo prise au Palmengarten, à Francfort-sur-le-Main, en été 2006 : Kassé Mady Diabaté, chanteur principal du big band de Toumani Diabaté, le Symmetric Orchestra)
« La voix d’or du Mali » s’est éteinte
Affectueusement surnommé « la voix d’or du Mali », le chanteur Kassé Mady Diabaté, icône de la musique malienne et descendant d'une longue lignée de griots mandingues, est décédé, le 24 mai, à la clinique Pasteur de Bamako des suites d’une grave maladie. Il avait 69 ans.
Kassé Mady Diabaté est issu de la famille de griots la plus réputée du pays mandingue, les Diabaté de Kela, village proche de la ville de Kangaba, près de la frontière guinéenne, au cœur du Manden*. Sa tante était la griotte légendaire Siramori Diabaté. A l’âge de 7 ans, les vieux de la famille reconnaissent son talent, l'entrainent et encouragent avant qu'il ne lance par la Biennale de Bamako, où il gagne tous les prix. Dès les années 60, Kassé Mady, appartenant à la même génération que Salif Kéïta (tous les deux sont nés en 1949), est sollicité par toutes les formations réputées et d’avant-garde qu’engendre le Mali des années de son indépendance : d'abord, il fait partie de l’orchestre régional Super Mandé de Kangaba, puis de Las Maravillas de Mali, devenu ensuite Badema National du Mali, et enfin de l’Orchestre Instrumental du Mali. C’était l’époque des orchestres d’Etat, des chanteurs fonctionnaires et de la coopération avec Cuba.
A partir de la fin des années 80, le nom de Kassé Mady Diabaté est associé à de nombreux projets transversaux et les plus novateurs, notamment Songhaï 2, avec le groupe espagnol de flamenco Ketama, ou bien de Kulanjan, avec le bluesman Taj Mahal et Toumani Diabaté (kora). Sa voix douce et lyrique, nuancée dans les graves, se distinguant de celle de la plupart des griots, est très demandée, et on aime louer sa profonde connaissance des traditions musicales les plus anciennes. « Au Mali, la voix de Kassé Mady Diabaté est une telle évidence qu’on pourrait la classer comme patrimoine national », atteste Oumar Diallo, complice musical d‘Ali Farka Touré, autre grand nom de la musique malienne. Pour Salif Kéïta, il est tout bonnement « le plus grand chanteur du Mali ». Pourtant, hors de son pays, son nom apparaît à peine. Néanmoins, il est considéré au Mali comme un géant. Ce n’est qu’en 1989 – il a déjà 40 – qu’il sort son premier album solo, Fodé.
En 2005, quand Toumani Diabaté monte son grand Symmetric Orchestra, il fait appel à Kassé Mady Diabaté, que l’on revoit également à ses côtes, en 2010, dans le collectif cubano-malien Afrocubism. Quatre ans plus tard, Kassé Mady Diabaté publie son cinquième et dernier album sous son nom, intitulé Kiriké (΄selle΄), sur le label français No Format, et enregistré comme dans les conditions d’un concert dans une cour n'importe où au Mali, avec ses trois compatriotes, le joueur de kora Ballaké Sissoko, le joueur de ngoni Makan Tounkara et le balafoniste Lansine Kouyaté (le violoncelliste français Vincent Ségal est producteur de l'album et ne donne son violoncelle que pour quelques morceaux). Un album délicat et juste, tout en harmonie livré par un ensemble d'exception...
Enfant de l’indépendance, Kassé Mady Diabaté a débuté sa carrière au centre de la reconquête culturelle du Mali indépendant à l’initiative du père de l’indépendance, le socialiste et panafricaniste Modibo Keita. Et à sa fin, déjà éprouvé par son manque de reconnaissance à l’étranger, il souffre et appauvrit au cours de la crise au Mali actuel. L’interdit de toutes les manifestations (mariages, baptêmes, circoncisions etc.) sont une catastrophe pour les griots qui gagnent leur vie en faisant l’éloge des personnes qui les en chargent. Et non des moindres, une vicieuse maladie… !
Paix à ton âme, Kassé Mady Diabaté !
Hery
*le terme désigne le noyau régional dont est partie la conquête d’une grande partie de l’Afrique de l’Ouest sahélienne par les troupes de Sunjata. Le Manden couvre la zone comprise entre Bamako (Mali) et Kouroussa (Guinée) et qui se situe de part et d’autre du fleuve Niger localement appelé Joliba.

(photo prise au Palmengarten, à Francfort-sur-le-Main, en été 2006 : Kassé Mady Diabaté, chanteur principal du big band de Toumani Diabaté, le Symmetric Orchestra)
"Toumani & Sidiki", une fusion générationnelle et musicale
Deux koras dialoguent, l'une avec l'autre, et les duettistes sont père et fils : le Malien Toumani Diabaté, maestro incontesté et émancipateur magistral de cet instrument depuis deux décennies, et son fils Sidiki, 23 ans. A quatre mains et quarante-deux cordes, les deux musiciens-griots révisent et interprètent un repertoire largement ancestral transcendé par une musicalité immaculée. En fin de compte, ils illustrent à la fois l'extraordinaire richesse culturelle mandingue et la continuité du griotisme (jeliya) en Afrique de l'Ouest, et tout particulièrement au Mali. Un album à considérer comme le plus abouti de Toumani depuis les deux qu'il a enregistrés en studio avec son ami, le grand Ali Farka Touré (aussi bien In the Heart of the Moon qu'Ali and Toumani) ...
Un artiste est le reflet de son époque, de son pays et même de sa famille. Pour les griots, cette influence héréditaire sur la musique se transmet de génération en génération depuis des siècles. Sur le nouvel album de Toumani Diabaté, Toumani & Sidiki, deux griots de la même famille, père et fils, font une déclaration importante à propos du "naturel" et de l'élasticité de la culture.
Les griots sont les archivistes des grands royaumes mandé ayant dominé l'Afrique de l'Ouest avant la colonisation. A une fonction similaire à celle des bardes médiévaux, les griots ont servi dans les courts royales pour composer des chansons qui commémorent les grandes actions du roi et de ses ancêtres. Ils étaient indispensables à la société mandé. Toumani Diabaté, joueur de kora le plus célèbre de la planète, est un héritier de cette longue lignée de griots : il a contribué essentiellement à faire de la kora un instrument soliste à part entière et a augmenté énormément la popularité de son instrument par une série d'albums instrumentaux extraordinaires. Son propre père, Sidiki (1922–1996), pionnier du genre, a été le premier griot à avoir enregistré un album de kora. Et ici, Toumani perpétue ce savoir-faire instrumental avec son fils, le "petit" Sidiki, jeune prodige de 23 ans, en passant producteur de hip-hop et star des scènes rap au Mali. Vraiment un symbole émouvant. Par cet album, les deux koristes témoignent avant tout de l'intemporalité de cette tradition..
Cet album familial est une conversation intime entre père et fils, conduite à travers l'antique kora, pour ainsi dire, à travers la langue de leurs ancêtres. Un album d'une beauté hors pair ! Le duo virtuose de griots est conscient de sa vocation de transmettre les traditions ancestrales du peuple mandingue en nous proposant une réinterprétation instrumentale et acoustique à quatre mains de vieux standards dont certains étaient en train de disparaître du répertoire moderne qui nous accompagnent à travers l'imaginaire mandingue.. Chacun des dix morceaux est rebaptisé en honorant un personnage, un lieu, un événement, etc. pour montrer le côté positif du Mali. Les femmes, les légendes, les bienfaiteurs, les parents, les migrants africains perdus en mer, même une entreprise agricole malienne, tous sont honorés de cette façon et rassemblés dans un album où "le passé rencontre le présent pour construire l'avenir" (Toumani Diabaté) : le morceau "Tijaniya" est dédié à l'ordre soufi, pluriséculaire et très populaire en Afrique de l'Ouest. Cet ordre mystique enseigne que la musique n'est pas une diversion dangereuse (comme le prétendent les islamistes) mais plutôt un moyen de l'exploration spirituelle. Même si l'album a de profondes racines dans le passé du Mali, il y a pourtant beaucoup de références à l'histoire récente du pays : "ACI 2000 Diaby" se réfère à un secteur moderne dans la capitale malienne, "Dr Cheickh Modibo Diarra" honore l'astrophysicien malien qui était premier ministre par intérim après le coup d'Etat militaire en 2012. Et le seul non-classique mandingue de l'album, une nouvelle composition dite "Lampedusa" est un autre favori (et le mien de toutes façons), son titre une référence à l'île italienne où un naufrage a tué plus de 350 migrants africains à la recherche d'une meilleure vie l'année dernière. Une musique émouvante dont la mélodie érige le morceau en un requiem en larmes. "Le titre 'Lampedusa' évoque l’injustice des relations Nord-Sud, et au-delà de cette île où échouent des clandestins venus d’Afrique, je pense à ceux qui meurent en mer et à tous les artistes dont les tournées sont annulées à cause des visas. Aujourd’hui en Occident, un papier est plus important que la vie humaine" se déclare Toumani (rfimusique, 07/05/2014).
L'album Toumani & Sidiki n'est ni une réinvention ni un isolement de la tradition griotique mais plutôt un statement pour l'importance et la durabilité de la tradition. Une tradition qui a été menacée récemment (et qui l'est encore), par des islamistes, des soldats-pistoleros loufoques mais aussi par un Etat affaibli de plus en plus y compris une "élite" politique cupide, de mauvaise gouvernance, de désintégration des forces de sécurité, tout ce qui a, avec un effet durable, basculé le Mali depuis janvier 2012 dans une crise multidimensionnelle à la fois sociopolitique, sécuritaire et humanitaire sans précédent. Cet album illustre les racines profondes de la culture mandé, et continue des traditions et pratiques qui contrastent avec un dur intégrisme que veulent imposer certains au Mali. La lutte persistante pour le futur "visage" du Mali souligne une autre "paradoxie" (apparente) mais qui définit le conflit essentiel dans de nombreuses sociétés où l'islam a été incorporé dans la tradition locale pendant des siècles : le split entre traditionnalistes et intégristes. Et c'est dans le contexte de ce conflit que cet enregistrement-ci peut servir à inspirer ...
A LIRE : http://www.rfimusique.com/actu-musique/musique-africaine/album/20140507-toumani-sidiki-diabate
ALBUM : Toumani & Sidiki Diabaté (2014). Toumani & Sidiki. World Circuit.
Hery
++++++++++++++++++++++++++++++++++
PHOTOS :
1) le nouvel album "Toumani & Sidiki" (2014) :

2) Toumani (à gauche) & Sidiki Diabaté (à droite), virtuoses de kora. (photo prise du web) :

3) les Diabaté, dynastie griots au Mali et en Afrique de l'Ouest : en arrière à droite, en boubou blanc, c'est Toumani ; à l'avant au centre, le vieil homme, c'est Sidiki sen., le père de Toumani ; à l'avant entre son grand-père et la dame en robe bleue, déjà une petite kora (avec le sigle SD) en mains, c'est Sidiki jun., le fils de Toumani ...

VIDEOS :
1) Toumani & Sidiki Diabaté live au Festival de Glastonbury, en 2014 :
http://www.youtube.com/watch?v=K8nyjsDj-Is
2) Toumani & Sidiki Diabaté live au Royal Festival Hall/Londres :
http://www.theguardian.com/music/video/2014/mar/17/toumani-diabate-sidiki-master-apprentice-video
3) Toumani & Sidiki Diabaté présentent Rachid Ouiguini, un des morceaux les plus connus au répertoire des griots mandé, morceau remontant jusqu'à l'Empire du Wagadu (Ghana) et basé sur l'histoire du Mininyanba ("grand python") :
http://www.youtube.com/watch?v=Jt2u7C-CnCM
Deux koras dialoguent, l'une avec l'autre, et les duettistes sont père et fils : le Malien Toumani Diabaté, maestro incontesté et émancipateur magistral de cet instrument depuis deux décennies, et son fils Sidiki, 23 ans. A quatre mains et quarante-deux cordes, les deux musiciens-griots révisent et interprètent un repertoire largement ancestral transcendé par une musicalité immaculée. En fin de compte, ils illustrent à la fois l'extraordinaire richesse culturelle mandingue et la continuité du griotisme (jeliya) en Afrique de l'Ouest, et tout particulièrement au Mali. Un album à considérer comme le plus abouti de Toumani depuis les deux qu'il a enregistrés en studio avec son ami, le grand Ali Farka Touré (aussi bien In the Heart of the Moon qu'Ali and Toumani) ...
Un artiste est le reflet de son époque, de son pays et même de sa famille. Pour les griots, cette influence héréditaire sur la musique se transmet de génération en génération depuis des siècles. Sur le nouvel album de Toumani Diabaté, Toumani & Sidiki, deux griots de la même famille, père et fils, font une déclaration importante à propos du "naturel" et de l'élasticité de la culture.
Les griots sont les archivistes des grands royaumes mandé ayant dominé l'Afrique de l'Ouest avant la colonisation. A une fonction similaire à celle des bardes médiévaux, les griots ont servi dans les courts royales pour composer des chansons qui commémorent les grandes actions du roi et de ses ancêtres. Ils étaient indispensables à la société mandé. Toumani Diabaté, joueur de kora le plus célèbre de la planète, est un héritier de cette longue lignée de griots : il a contribué essentiellement à faire de la kora un instrument soliste à part entière et a augmenté énormément la popularité de son instrument par une série d'albums instrumentaux extraordinaires. Son propre père, Sidiki (1922–1996), pionnier du genre, a été le premier griot à avoir enregistré un album de kora. Et ici, Toumani perpétue ce savoir-faire instrumental avec son fils, le "petit" Sidiki, jeune prodige de 23 ans, en passant producteur de hip-hop et star des scènes rap au Mali. Vraiment un symbole émouvant. Par cet album, les deux koristes témoignent avant tout de l'intemporalité de cette tradition..
Cet album familial est une conversation intime entre père et fils, conduite à travers l'antique kora, pour ainsi dire, à travers la langue de leurs ancêtres. Un album d'une beauté hors pair ! Le duo virtuose de griots est conscient de sa vocation de transmettre les traditions ancestrales du peuple mandingue en nous proposant une réinterprétation instrumentale et acoustique à quatre mains de vieux standards dont certains étaient en train de disparaître du répertoire moderne qui nous accompagnent à travers l'imaginaire mandingue.. Chacun des dix morceaux est rebaptisé en honorant un personnage, un lieu, un événement, etc. pour montrer le côté positif du Mali. Les femmes, les légendes, les bienfaiteurs, les parents, les migrants africains perdus en mer, même une entreprise agricole malienne, tous sont honorés de cette façon et rassemblés dans un album où "le passé rencontre le présent pour construire l'avenir" (Toumani Diabaté) : le morceau "Tijaniya" est dédié à l'ordre soufi, pluriséculaire et très populaire en Afrique de l'Ouest. Cet ordre mystique enseigne que la musique n'est pas une diversion dangereuse (comme le prétendent les islamistes) mais plutôt un moyen de l'exploration spirituelle. Même si l'album a de profondes racines dans le passé du Mali, il y a pourtant beaucoup de références à l'histoire récente du pays : "ACI 2000 Diaby" se réfère à un secteur moderne dans la capitale malienne, "Dr Cheickh Modibo Diarra" honore l'astrophysicien malien qui était premier ministre par intérim après le coup d'Etat militaire en 2012. Et le seul non-classique mandingue de l'album, une nouvelle composition dite "Lampedusa" est un autre favori (et le mien de toutes façons), son titre une référence à l'île italienne où un naufrage a tué plus de 350 migrants africains à la recherche d'une meilleure vie l'année dernière. Une musique émouvante dont la mélodie érige le morceau en un requiem en larmes. "Le titre 'Lampedusa' évoque l’injustice des relations Nord-Sud, et au-delà de cette île où échouent des clandestins venus d’Afrique, je pense à ceux qui meurent en mer et à tous les artistes dont les tournées sont annulées à cause des visas. Aujourd’hui en Occident, un papier est plus important que la vie humaine" se déclare Toumani (rfimusique, 07/05/2014).
L'album Toumani & Sidiki n'est ni une réinvention ni un isolement de la tradition griotique mais plutôt un statement pour l'importance et la durabilité de la tradition. Une tradition qui a été menacée récemment (et qui l'est encore), par des islamistes, des soldats-pistoleros loufoques mais aussi par un Etat affaibli de plus en plus y compris une "élite" politique cupide, de mauvaise gouvernance, de désintégration des forces de sécurité, tout ce qui a, avec un effet durable, basculé le Mali depuis janvier 2012 dans une crise multidimensionnelle à la fois sociopolitique, sécuritaire et humanitaire sans précédent. Cet album illustre les racines profondes de la culture mandé, et continue des traditions et pratiques qui contrastent avec un dur intégrisme que veulent imposer certains au Mali. La lutte persistante pour le futur "visage" du Mali souligne une autre "paradoxie" (apparente) mais qui définit le conflit essentiel dans de nombreuses sociétés où l'islam a été incorporé dans la tradition locale pendant des siècles : le split entre traditionnalistes et intégristes. Et c'est dans le contexte de ce conflit que cet enregistrement-ci peut servir à inspirer ...
A LIRE : http://www.rfimusique.com/actu-musique/musique-africaine/album/20140507-toumani-sidiki-diabate
ALBUM : Toumani & Sidiki Diabaté (2014). Toumani & Sidiki. World Circuit.
Hery
++++++++++++++++++++++++++++++++++
PHOTOS :
1) le nouvel album "Toumani & Sidiki" (2014) :

2) Toumani (à gauche) & Sidiki Diabaté (à droite), virtuoses de kora. (photo prise du web) :

3) les Diabaté, dynastie griots au Mali et en Afrique de l'Ouest : en arrière à droite, en boubou blanc, c'est Toumani ; à l'avant au centre, le vieil homme, c'est Sidiki sen., le père de Toumani ; à l'avant entre son grand-père et la dame en robe bleue, déjà une petite kora (avec le sigle SD) en mains, c'est Sidiki jun., le fils de Toumani ...

VIDEOS :
1) Toumani & Sidiki Diabaté live au Festival de Glastonbury, en 2014 :
http://www.youtube.com/watch?v=K8nyjsDj-Is
2) Toumani & Sidiki Diabaté live au Royal Festival Hall/Londres :
http://www.theguardian.com/music/video/2014/mar/17/toumani-diabate-sidiki-master-apprentice-video
3) Toumani & Sidiki Diabaté présentent Rachid Ouiguini, un des morceaux les plus connus au répertoire des griots mandé, morceau remontant jusqu'à l'Empire du Wagadu (Ghana) et basé sur l'histoire du Mininyanba ("grand python") :
http://www.youtube.com/watch?v=Jt2u7C-CnCM
Bonjour,
Je suis à la recherche des paroles d'une chanson, qui je crois est d'origine Malienne, langue mandingue et qui parle d'un gros serpent. Son titre "Miniyamba", aussi vue sous le titre "Minyamba" selon les sources. Il y a beaucoup de versions de cette chanson traditionnelle mais ce sont les paroles qui me manquent et leur traduction en français. Si quelqu'un pouvait m'aider ce serait génial. En fait, je prépare, avec une amie musicienne, un travail de spectacle autour d'un texte de fiction pour le jeune public écrit récemment et qui raconte une histoire fantastique: dans des temps anciens, un esprit malicieux, se présentant souvent sous la forme d'un serpent mamba, a capturé pour en faire sa fiancée une jeune fille mais elle lui échappe. Depuis, il poursuit la descendance de cette jeune fille jusqu'à notre époque. C'est une histoire totalement imaginaire et lorsque nous avons fait des recherches de chansons pour ponctuer notre spectacle, j'ai trouvé "Miniyamba", qui serait idéale. J'espère que quelqu'un pourra voler à mon secours. Amitiés
Zoe
Je suis à la recherche des paroles d'une chanson, qui je crois est d'origine Malienne, langue mandingue et qui parle d'un gros serpent. Son titre "Miniyamba", aussi vue sous le titre "Minyamba" selon les sources. Il y a beaucoup de versions de cette chanson traditionnelle mais ce sont les paroles qui me manquent et leur traduction en français. Si quelqu'un pouvait m'aider ce serait génial. En fait, je prépare, avec une amie musicienne, un travail de spectacle autour d'un texte de fiction pour le jeune public écrit récemment et qui raconte une histoire fantastique: dans des temps anciens, un esprit malicieux, se présentant souvent sous la forme d'un serpent mamba, a capturé pour en faire sa fiancée une jeune fille mais elle lui échappe. Depuis, il poursuit la descendance de cette jeune fille jusqu'à notre époque. C'est une histoire totalement imaginaire et lorsque nous avons fait des recherches de chansons pour ponctuer notre spectacle, j'ai trouvé "Miniyamba", qui serait idéale. J'espère que quelqu'un pourra voler à mon secours. Amitiés
Zoe










