Arrivée à Marrakech sous le soleil!Dépaysement total dès la sortie de l'aéroport.
La place Djemma El F Na dès le 1er soir:étourdis par les bruits, les odeurs, le monde entier qui va et qui vient parmi les Marocains.Quelle ambiance!
Nuit à l'hôtel Toulousain, accueil et services très gentils, chambres propres et petit déjeuner copieux servi sous l'oranger du patio.
Le lendemain, visite des souks, promenade dans la médina, visite de la médersa(magnifique), la place des ferblantiers avec ses cigognes et retour à l'hôtel, épuisés mais tellement contents!
Une bonne nuit et on réceptionne la voiture(logan de chez Medloc)et direction les cascades d'Ouzoud.Impressionnantes cascades vues d'en haut et vues d'en bas.Traversée en empruntant le petit bac pittoresque, décoré à la marocaine.Très sympa!
Puis en route pour Imi N Ifri, étonnante arche naturelle au-dessus de l'oued.Nuit au gite d'étape Thami.Bien accueillis, bien nourris et bien reposés, on repart le lendemain matin pour la vallée de la Tessaout en direction de Skoura.Sublimes paysages de montagnes.Aucune circulation.Mais des petits écureuils qui traversent la route de temps en temps.Arrivés à Skoura en fin d'après-midi et installation au gite-kasbah LA PALMERAIE.Accueil chaleureux de toute la famille dans cette grande maison en bordure de la palmeraie.Dès le lendemain, après un super petit déjeuner pris sur la terrasse où on a mangé nos premiers baghirs(crêpes 1000 trous), on s'en va avec Mohamed, notre hôte, pour une promenade-découverte de la palmeraie, des différentes kasbahs(berbères, juives, arabes), Mohamed nous explique le partage de l'eau si précieuse ici, les cultures, la vie dans une palmeraie.On visite même une vieille kasbah encore occupée par une famille, on y découvre le caravansérail, les logements, la partie réservée aux animaux, les outils...Une vraie découverte pour nous!A midi, repas au jardin;tajine aux amandes et aux pruneaux, délicieux!L'après-midi, on va voir le village d'Afra et ses jardins(très intéressants) et au retour on s'arrête chez Mohamed le potier de la palmeraie, tout en sourire et en gentillesse lui aussi.Il fait des merveilles(cheminées par exemple)avec trois fois rien.Dîner sur la terrase de la kasbah, Ghislane a préparé des pizzas berbères.Le lendemain, direction la vallée des amandiers après le petit déjeuner(crêpes messemens).En chemin, on visite la mine de sel, des conditions de travail qu'on n' imagine pas...Arrêts-photos nombreux:villages de terre, oueds géants, ruchers collectifs, scènes de vie...Pique-nique au bord de l'eau, sandwich au fromage de Skoura...
Randonnée à pied à travers les jardins et les ruisseaux.Super!Au retour, on se régale d'un délicieux couscous, et on découvre la technique des boulettes de semoule de couscous!Mais trop compliqué pour nous!ça demande un peu d'entraînement!Le lendemain, Mohamed propose de nous emmener dans la vallée des roses et d'aller rendre une visite aux bergers-nomades.On y sera très gentiment accueillis.C'est un peu délicat, on ne veut pas imposer notre présence et déranger mais on nous offre le thé, le pain et l'huile et les enfants sont heureux de nous montrer leurs animaux.On leur laisse un peu d'argent pour les remercier.A notre départ, ils s'en vont avec les ânes pour la corvée d'eau.Leur vie n'est pas facile et c'est peu de le dire!L'hiver doit être compliqué!Le soir, on ne couche à l'Hôtel Awayou, bien au calme, on est les seuls ce soir-là.
A Bientôt pour la suite...Je suis trop bavarde...
Bonsoir,
Nous avons l'intention cet été d'aller au Maroc avec ma fille qui aura 22 ans. Elle veut Voir - des paysages - de l'eau - rivières ou cascades- la mer sans forcement jouer à l'escalope - des montagnes + ifrane - le desert!!!!!!!! - les villes Marakeck, Ouarzazate, Casa, Rabat/Salé, Meknes, Fes, .. - manger dans des boui-bouis en médina ... ma fille est végétarienne mais on devrait trouver - Aller chez le coiffeur en médina..... se faire des trucs de filles ....mais en fin de voyage
Arrivée casa ou rabat- mais je sais que casa est plus pratique - je pensais un retour le 11 aout
Marrakech direct en train de jour pour profiter du paysage sinon on dors sur place et on profite de la soirée 1 jour et demi voir 2 jours - jardin majorelle et visite de la ville - pas de courses ouarzazate 1 journée et retour sur marrakech on aimerait repartir de nuit en direction de Fes(en train)
FES - Volubilis, Moulay Yacoub ou sidi Harazem, Ifrane + amis+medina Meknes : visite + famille+médina Casablanca : visite +medina - mosquée car non musulmanes c'est la seule que l'on peut visiter Rabat - visite + famille+médina.. mais j'aimerais passer le 10 Aout à salé afin d' y fêter mon demi siècle
Voila mais là je ne sais plus faire pour m'organiser afin de ne pas décevoir ma fille pour son premier voyage au Maroc ..... Ma fille est organisée, elle bouge et en un jour dans une ville d'Europe elle profite au max
A préciser j'ai oublié la langue et je pense que nous bougerons sac au dos ..plus pratique.
merci de votre lecture et conseils ps : pour la location de voiture elle aura 2 ans et demi de permis .. peut-elle conduire car elle est vraiment chiante quand je suis au volant !
Bien à vous
A
Nous avons l'intention cet été d'aller au Maroc avec ma fille qui aura 22 ans. Elle veut Voir - des paysages - de l'eau - rivières ou cascades- la mer sans forcement jouer à l'escalope - des montagnes + ifrane - le desert!!!!!!!! - les villes Marakeck, Ouarzazate, Casa, Rabat/Salé, Meknes, Fes, .. - manger dans des boui-bouis en médina ... ma fille est végétarienne mais on devrait trouver - Aller chez le coiffeur en médina..... se faire des trucs de filles ....mais en fin de voyage
Arrivée casa ou rabat- mais je sais que casa est plus pratique - je pensais un retour le 11 aout
Marrakech direct en train de jour pour profiter du paysage sinon on dors sur place et on profite de la soirée 1 jour et demi voir 2 jours - jardin majorelle et visite de la ville - pas de courses ouarzazate 1 journée et retour sur marrakech on aimerait repartir de nuit en direction de Fes(en train)
FES - Volubilis, Moulay Yacoub ou sidi Harazem, Ifrane + amis+medina Meknes : visite + famille+médina Casablanca : visite +medina - mosquée car non musulmanes c'est la seule que l'on peut visiter Rabat - visite + famille+médina.. mais j'aimerais passer le 10 Aout à salé afin d' y fêter mon demi siècle
Voila mais là je ne sais plus faire pour m'organiser afin de ne pas décevoir ma fille pour son premier voyage au Maroc ..... Ma fille est organisée, elle bouge et en un jour dans une ville d'Europe elle profite au max
A préciser j'ai oublié la langue et je pense que nous bougerons sac au dos ..plus pratique.
merci de votre lecture et conseils ps : pour la location de voiture elle aura 2 ans et demi de permis .. peut-elle conduire car elle est vraiment chiante quand je suis au volant !
Bien à vous
A
salut tout le monde je veux cet été ne faire que les plages de l'atlantique et j'aimerais bien que vous me conseillez un peu selon vos expériences il préférable au sud casablanca et merci
NB: transport en commun
Bonjour à tous,
Pour avoir préparé notre petit périple dans la sud à la mi-octobre avec l'aide de plusieurs d'entre vous, vos commentaires, conseils + la lecture de carnets de route à mon tour de vous donner quelques détails qui pourront aider, je l'espère quelques voyageurs en quête d'idées pour une première visite dans le sud...
Sommes partis à deux- mon mari et moi - au départ d 'Agadir avec une voiture de location (une Logan dont nous avons été bien satisfaits).
Nous avions choisi la plupart du temps des petites auberges, assez simples mais situées au calme et dans un très bel environnement .
Partout l'accueil y a été des plus chaleureux et aucune ne nous a déçus (excepté celui d'Essaouira quant à la partie "sanitaires".)
En voici un condensé et mon appréciation:
Agadir : - arrivée le soir , accueil à l'aéroport par notre loueur Hicham - efficace et très sympa. - Hôtel El Bahia accueil et chb TB (et calme)et la résa sans faille... Très bonne situation pour une seule nuit, avec de nombreux petits restos sur la place en face.Agadir s'est bien agrandi depuis notre passage en 95 !
Agadir s'est bien agrandi depuis notre passage en 95 !
Ensuite nous prenons la merveilleuse route en grande partie longeant la mer jusqu'à Essaouira : Hôtel Dar Naciria (le long de la plage) très belle situation, en bord de mer mais accueil moyen et problèmes d'eau dans la s de b.(travaux en cours) Ambiance merveilleuse d'Essaouira qui prête à la flanerie... Marrakech : H. Mont Gueliz - bon accueil , chb TB, calme, air co - situation très pratique juste en face station bus. Nous n'avons visité que la médina cette fois et son ambiance si particulière... Le lendemain route en passant par le Tichi N 'tichka , arrivée en fin d'après-midi à Aït Benhaddou : Maison d'Hôtes Panoramic - situation exceptionnelle en 1ère ligne juste en face du ksar-au grand calme- excellent accueil par ce jeune couple Ebrahim Bolkaid et Khadija - pt déj. et souper sur la terrasse délicieux - Chb et s de d minuscules mais vu la situation on s'en est accomodé aisément... Quel spectacle au moment du coucher de soleil, quand il n'y a plus que quelques habitants du coin ! Pour l'étape suivante nous aurions aimé revisiter les environs de Kelaa, la vallée des roses, les gorges et loger sur la route de Tourbist à la Kasbah Itrane mais tout était complet 2 mois plus tôt déjà ... Nous avons donc continué jusque Tineghir :là il ne s'agit pas d'une petite auberge : Hôtel Kenzi Shagro : accueil plus froid ( comme dans les hôtels d'Etat 🙁 ) mais cet hôtel situé sur un promontoire jouit d' une vueexceptionnelle sur la palmeraie, les montagnes et la ville . Nous y avions déjà logé et avons retrouvé la même chb( ! )en bord de terrasse et là je dois dire que ma demande quant au choix de la chb a été respecté à 100%. Le paysage depuis l'hôtel est un de ceux que je préfère avec ceux de la route vers les gorges de Todra... Ensuite nous sommes allés vers N'kob en coupant au court par Alnif (et ses fossiles...) une petite partie(env. 10km) était en piste -très praticable - pour cause d'aménagement de la route. N'kob : Auberge Kasbah Ennakile : accueil TB, chb mignonne - au calme , très belle vue palmeraie et djebel - déco fort originale ( style berbère), jolie comme tout - air co tout neuf. N'kob est un village où l'on peut se promener à l'aise sans être accosté aucunement. Et enfin, nous faisons route vers le désert M'Hamid : Le Relais Hamada du Drâa chez Hassan très sympa, très actif - logement dans une tente/case avec s d d + air co svp ! Les 2 jours suivants circuit organisé par Hassan en 4x4 : Chiggaga et bivouac/nuitsdésert fort agréable grâce au chauffeur Abou expérimenté et sympa. Nousétions seuls au campement ( ! ), situé en retrait de Chigaga - ambiance chaleureuse avec chants +musique autour d'un feu - balade dans des champs de fossiles - beau circuit avec à un certain moment vue au loin sur l'Algérie -si proche et si inaccessible :- ( , superbes paysages , assez variés - n'avons croisé que qlq randonneurs et dromadaires et 2ou 3 véhicules 4x4 . Mais la vue sur l'Erg Chigaga est malheureusement bien abîmée par les nombreux campements . Nous avions songé loger à l'auberge "Sahara sky " - heureusement que nous ne l'avons pas fait car nous nous serions retrouvé dans un environnement sans charme , près du "bac à sable" de Tinfou (nous sommes passés devant ! ). Je n'en reviens pas que des voyagistes et des guides puissent proposer un arrêt devant les dunes de Tinfou, ridicules de tailles... enfin...
Au retour de M'Hamid arrêt improvisé pour casser la croûte à Tamegroute à l'auberge Jnane Dar Diafa : repas délicieux sous la tente du jardin et accueiltrès gentil de la propriétaire et du personnel et ce malgré un groupe (se restaurant à l'écart, dans une salle ). Agdz : une des 2 seules haltes - avec la suivante -où nous n'avions pas -malheureusement - pas réservé . H.Kissane choisi car les 2 autres '1er choix" étaient complets (il était tard )- n'avions plus envie de chercher ni d'aller dans endroit trop chic et cher ! Hôtel défraîchi et assez impersonnel dommage car son patio arboré et fleuri tout autour de la piscine pourrait être bien plus agréable après qlq travaux de rajeunissement ! Route Tazenakht et ses rues décorées d'une foule de tapis aux couleurs multicolores -Taliouine - Igherm route sauvage et merveilleuse - merci larazou et larab2Cervis pour dormir à Tata : Le Relais des sables - chb petite (mais grande douche et w.c séparés) , au calme et air co super silencieux( tout neuf comme à N'Kob et M'Hamid, à croire que "Electro Maroc" avait fait des promos...) Air co des plus appréciés après une route sous une chaleur étouffante ( 32° à 18h30 ...) Remontée vers Tafraout via Igherm par une route à peu près parallèle à celle de la veille , très belle aussi .
Arrivée peu avant la tombée de la nuit à Tafraout -Tandilt : Maison d'hôtes Yamina : splendide situation, très belle vue sur la vallée des Amelns, au calme, chbre à la déco ravissante (la plus jolie du voyage- style en partie berbère + la touche personnelle de notre hôtesse) et souper marocain "des grands jours" délicieux (merci Tafakara).
Et puis...après les paysages désertiques et une visite -approfondie ;- ) - à Tiznit et son célèbre souk des bijoutiers , nous découvrons La Mer ... à Legzira entre Mirleft et Sidi- Ifni : Hôtel Beach Club - situation superbe en bord de plage -tenu par le dynamique et souriant Hicham, tout seul aux commandes et qui se plie en 4 pour satisfaire ses clients , chb simple mais avec douche et toilettes+ lit extra + vue imprenable sur la mer et ses rochers ocre-rouge, repas délicieux de poisson tout frais !
Balade vivifiante le long de la plage , découverte des immenses arches et des galets aux mille couleurs. Un petit tour jusque Sid Ifni qui nous avait laissé en 95 le souvenir d'une ville fantôme mais qui a beaucoup changé depuis :beaux aménagements des abords de la ville , de nombreux bâtiments ont été restaurés, repeints ou sont en train de l'être: nous avons été agréablement surpris ! Et enfin , faisant une boucle en arrière, nous nous dirigeons vers un lieu où nous aurions dû passer 2 J plus tôt s'il y avait eu de la place à ces dates : Amtoudi - Id Aïssa : Auberge "On dirait le sud"/chez le charmant monsieur Georges(merci Raoulx) secondé par son aide précieux , cuisinier/homme de confiance Abdou : accueil- ambiance- cadre chaleureux. Amtoudi et sa palmeraie est un endroit toujours aussi magique que lorsque nous l'avions découverten 1995. Et pour finir retour à Agadir pour reprendre l'avion en début de soirée(après les dernières courses-huile d'argan etc)au méga supermarché Marjane.
Conclusion au bout de ce périple : merveilleux voyage mais fatigant (et on n'a plus 20 ans !). Nous avons regretté de n'être pas restés plus souvent 2 nuits au même endroits...La prochaine fois on raccourcira le circuit et on savourera avec encore plus de plaisir la beauté, les richesses des lieux ainsi que l'accueil et la gentillesse des Marocains. Si l'un d'entre vous souhaite un complément d'info ce sera avec plaisir. Ci-dessous qlq photos + celles des environs de Legzira et du futur complexe balnéaire qui est en construction mais je peux rassurer Claude 😉, heureusement un peu en retrait de la falaise et sans gigantisme( 1 étage ou 2 maximum) .
Agadir : - arrivée le soir , accueil à l'aéroport par notre loueur Hicham - efficace et très sympa. - Hôtel El Bahia accueil et chb TB (et calme)et la résa sans faille... Très bonne situation pour une seule nuit, avec de nombreux petits restos sur la place en face.Agadir s'est bien agrandi depuis notre passage en 95 !
Agadir s'est bien agrandi depuis notre passage en 95 !
Ensuite nous prenons la merveilleuse route en grande partie longeant la mer jusqu'à Essaouira : Hôtel Dar Naciria (le long de la plage) très belle situation, en bord de mer mais accueil moyen et problèmes d'eau dans la s de b.(travaux en cours) Ambiance merveilleuse d'Essaouira qui prête à la flanerie... Marrakech : H. Mont Gueliz - bon accueil , chb TB, calme, air co - situation très pratique juste en face station bus. Nous n'avons visité que la médina cette fois et son ambiance si particulière... Le lendemain route en passant par le Tichi N 'tichka , arrivée en fin d'après-midi à Aït Benhaddou : Maison d'Hôtes Panoramic - situation exceptionnelle en 1ère ligne juste en face du ksar-au grand calme- excellent accueil par ce jeune couple Ebrahim Bolkaid et Khadija - pt déj. et souper sur la terrasse délicieux - Chb et s de d minuscules mais vu la situation on s'en est accomodé aisément... Quel spectacle au moment du coucher de soleil, quand il n'y a plus que quelques habitants du coin ! Pour l'étape suivante nous aurions aimé revisiter les environs de Kelaa, la vallée des roses, les gorges et loger sur la route de Tourbist à la Kasbah Itrane mais tout était complet 2 mois plus tôt déjà ... Nous avons donc continué jusque Tineghir :là il ne s'agit pas d'une petite auberge : Hôtel Kenzi Shagro : accueil plus froid ( comme dans les hôtels d'Etat 🙁 ) mais cet hôtel situé sur un promontoire jouit d' une vueexceptionnelle sur la palmeraie, les montagnes et la ville . Nous y avions déjà logé et avons retrouvé la même chb( ! )en bord de terrasse et là je dois dire que ma demande quant au choix de la chb a été respecté à 100%. Le paysage depuis l'hôtel est un de ceux que je préfère avec ceux de la route vers les gorges de Todra... Ensuite nous sommes allés vers N'kob en coupant au court par Alnif (et ses fossiles...) une petite partie(env. 10km) était en piste -très praticable - pour cause d'aménagement de la route. N'kob : Auberge Kasbah Ennakile : accueil TB, chb mignonne - au calme , très belle vue palmeraie et djebel - déco fort originale ( style berbère), jolie comme tout - air co tout neuf. N'kob est un village où l'on peut se promener à l'aise sans être accosté aucunement. Et enfin, nous faisons route vers le désert M'Hamid : Le Relais Hamada du Drâa chez Hassan très sympa, très actif - logement dans une tente/case avec s d d + air co svp ! Les 2 jours suivants circuit organisé par Hassan en 4x4 : Chiggaga et bivouac/nuitsdésert fort agréable grâce au chauffeur Abou expérimenté et sympa. Nousétions seuls au campement ( ! ), situé en retrait de Chigaga - ambiance chaleureuse avec chants +musique autour d'un feu - balade dans des champs de fossiles - beau circuit avec à un certain moment vue au loin sur l'Algérie -si proche et si inaccessible :- ( , superbes paysages , assez variés - n'avons croisé que qlq randonneurs et dromadaires et 2ou 3 véhicules 4x4 . Mais la vue sur l'Erg Chigaga est malheureusement bien abîmée par les nombreux campements . Nous avions songé loger à l'auberge "Sahara sky " - heureusement que nous ne l'avons pas fait car nous nous serions retrouvé dans un environnement sans charme , près du "bac à sable" de Tinfou (nous sommes passés devant ! ). Je n'en reviens pas que des voyagistes et des guides puissent proposer un arrêt devant les dunes de Tinfou, ridicules de tailles... enfin...
Au retour de M'Hamid arrêt improvisé pour casser la croûte à Tamegroute à l'auberge Jnane Dar Diafa : repas délicieux sous la tente du jardin et accueiltrès gentil de la propriétaire et du personnel et ce malgré un groupe (se restaurant à l'écart, dans une salle ). Agdz : une des 2 seules haltes - avec la suivante -où nous n'avions pas -malheureusement - pas réservé . H.Kissane choisi car les 2 autres '1er choix" étaient complets (il était tard )- n'avions plus envie de chercher ni d'aller dans endroit trop chic et cher ! Hôtel défraîchi et assez impersonnel dommage car son patio arboré et fleuri tout autour de la piscine pourrait être bien plus agréable après qlq travaux de rajeunissement ! Route Tazenakht et ses rues décorées d'une foule de tapis aux couleurs multicolores -Taliouine - Igherm route sauvage et merveilleuse - merci larazou et larab2Cervis pour dormir à Tata : Le Relais des sables - chb petite (mais grande douche et w.c séparés) , au calme et air co super silencieux( tout neuf comme à N'Kob et M'Hamid, à croire que "Electro Maroc" avait fait des promos...) Air co des plus appréciés après une route sous une chaleur étouffante ( 32° à 18h30 ...) Remontée vers Tafraout via Igherm par une route à peu près parallèle à celle de la veille , très belle aussi .
Arrivée peu avant la tombée de la nuit à Tafraout -Tandilt : Maison d'hôtes Yamina : splendide situation, très belle vue sur la vallée des Amelns, au calme, chbre à la déco ravissante (la plus jolie du voyage- style en partie berbère + la touche personnelle de notre hôtesse) et souper marocain "des grands jours" délicieux (merci Tafakara).
Et puis...après les paysages désertiques et une visite -approfondie ;- ) - à Tiznit et son célèbre souk des bijoutiers , nous découvrons La Mer ... à Legzira entre Mirleft et Sidi- Ifni : Hôtel Beach Club - situation superbe en bord de plage -tenu par le dynamique et souriant Hicham, tout seul aux commandes et qui se plie en 4 pour satisfaire ses clients , chb simple mais avec douche et toilettes+ lit extra + vue imprenable sur la mer et ses rochers ocre-rouge, repas délicieux de poisson tout frais !
Balade vivifiante le long de la plage , découverte des immenses arches et des galets aux mille couleurs. Un petit tour jusque Sid Ifni qui nous avait laissé en 95 le souvenir d'une ville fantôme mais qui a beaucoup changé depuis :beaux aménagements des abords de la ville , de nombreux bâtiments ont été restaurés, repeints ou sont en train de l'être: nous avons été agréablement surpris ! Et enfin , faisant une boucle en arrière, nous nous dirigeons vers un lieu où nous aurions dû passer 2 J plus tôt s'il y avait eu de la place à ces dates : Amtoudi - Id Aïssa : Auberge "On dirait le sud"/chez le charmant monsieur Georges(merci Raoulx) secondé par son aide précieux , cuisinier/homme de confiance Abdou : accueil- ambiance- cadre chaleureux. Amtoudi et sa palmeraie est un endroit toujours aussi magique que lorsque nous l'avions découverten 1995. Et pour finir retour à Agadir pour reprendre l'avion en début de soirée(après les dernières courses-huile d'argan etc)au méga supermarché Marjane.
Conclusion au bout de ce périple : merveilleux voyage mais fatigant (et on n'a plus 20 ans !). Nous avons regretté de n'être pas restés plus souvent 2 nuits au même endroits...La prochaine fois on raccourcira le circuit et on savourera avec encore plus de plaisir la beauté, les richesses des lieux ainsi que l'accueil et la gentillesse des Marocains. Si l'un d'entre vous souhaite un complément d'info ce sera avec plaisir. Ci-dessous qlq photos + celles des environs de Legzira et du futur complexe balnéaire qui est en construction mais je peux rassurer Claude 😉, heureusement un peu en retrait de la falaise et sans gigantisme( 1 étage ou 2 maximum) .
Bonjour,
jamais eu l'occasion de visiter Maroc.
Nous avons decide d y aller le samedi prochain.
Merci de me donner votre avis si ce circuit prevu /base sur les infos du LonelyPlanet, internet.../ est faisable.
A savoir que nous partons a 4 mecs, donc on peut se permettre de rouler meme pendant la nuit /les etapes de nuit par exemple/.
Nous avons malheureusement que 7 jours, donc, pas question de rester logtemps sur la place... Bon, mieux c'est de voir meme rapidement que pas du tout. Donc merci d' eviter les discussions du type "voyage superficiel". On en est conscient.
1er jour: Vienne - Paris - Casablanca, arrivee a Casa vers 18h, location de vehicule /Berlingo ou Partner/, vers Assilah 2e jour: Asilah, Tangier, Tetouan, Chefchaeouen, Fes /dormir a fes/, visite de Fes by Night 3e jour: Fes, Moulay Idriss, Meknes, transfer via Knenifra pour arriver dans la nuit aux alentours de Cascades d' ouzoud 4e jour: Marrakech, dormir a Marrakech, 5e jour: transfer vers Ouarzazate, Zagora. Discovering les alentours 6e jour: Zagora - Erfoud, alentours / 7e jour: retour a Casablanca, avion vers CDG a 18h.
J'ai compte les kilometres, approx 3200. Ca va pas etre facile, mais on veut voir le maximum possible.
Merci pour vos avis si on peut le faire et si non, que peut-on zapper par exemple.
Juraj /Slovaquie/
1er jour: Vienne - Paris - Casablanca, arrivee a Casa vers 18h, location de vehicule /Berlingo ou Partner/, vers Assilah 2e jour: Asilah, Tangier, Tetouan, Chefchaeouen, Fes /dormir a fes/, visite de Fes by Night 3e jour: Fes, Moulay Idriss, Meknes, transfer via Knenifra pour arriver dans la nuit aux alentours de Cascades d' ouzoud 4e jour: Marrakech, dormir a Marrakech, 5e jour: transfer vers Ouarzazate, Zagora. Discovering les alentours 6e jour: Zagora - Erfoud, alentours / 7e jour: retour a Casablanca, avion vers CDG a 18h.
J'ai compte les kilometres, approx 3200. Ca va pas etre facile, mais on veut voir le maximum possible.
Merci pour vos avis si on peut le faire et si non, que peut-on zapper par exemple.
Juraj /Slovaquie/
Bonjour à tous, j'envisage en avril prochain de partir pour une quinzaine de jours au Maroc en moto 125 ( Yamaha TDR). J'ai changé la selle et je l'ai équipée de bagages.
Mon projet consiste à prendre le bateau à Sète pour Tanger et ensuite par étape de 200 Km parcourir ce pays. Je commencerais par Tanger bien sûr, ensuite Salé Rabat, Casablanca, Marrakech etc environ deux journées par étape. Quelqu'un a-t-il déjà tenté ce voyage.
J'aimerais connaitre les tarifs de la traversée, (moi même plus moto) les risques encourus, la sécurité en général, la moto, les risques de vols etc.., les hôtels à privilégier, ceux à éviter.
je suis preneur de tout renseignement sur les sites à visiter.
Merci pour vos réponses, bonne journée à toutes et à tous.
je pars seule au maroc en septembre
pour me ballader
j'aurais aimé quelques conseils de filles ...
bonjour
nous allons faire un voyage au maroc avec 3 enfants pendant 15 j
nous pensons louer une voiture vaut il mieux sur place ou la prevoir avant?
nous pensons organiser les nuits d'hotel seulement quel precautions doit on prendre ou quelle agence la mieux sachant àque nous voulons deux chambres qui communiquent .
enfin les sites incontournables sachant que l'on ferait marrakech ouarzazate, tallouine tiznit agadir essaouira d'autres suggestions
merci d'avance pour tous les renseignements pratiques que l'on pourrait nous donner
Bonsoir à tous,
J ai lu dans les journaux récemment :
-Deux jeunes femmes arrêtées pour tenue indécente a Agadir.
-Deux jeunes hommes accusés d homosexualite condamnés à 4 mois de prison à Rabat .
-Concert d un rappeur (Mourad belghouat dit "El 7a9ed") annule à Casablanca pour ....
-des surfeurs ne veulent pas de bikini sur les plages le mois de Ramadan a Agadir.
Je ne suis pas homo, je ne me baigne pas en bikini, j aime pas trop le rap ...mais j ai peur pour mes prochains
Vacances au Maroc.
Rassurez moi svp!
Bonsoir
Ma fille qui vit encore chez nous, souhaite se marier avec un marocain. Elle souhaite que son mari vienne ensuite vivre ici en France. Quelles sont les démarches à effectuer, les délais? J'ai lu quelques infos sur ce forum, est-ce un problème pour les démarches, le fait qu'elle vive encore à notre domicile?
Merci pour vos réponses.
tjean78
Ma fille qui vit encore chez nous, souhaite se marier avec un marocain. Elle souhaite que son mari vienne ensuite vivre ici en France. Quelles sont les démarches à effectuer, les délais? J'ai lu quelques infos sur ce forum, est-ce un problème pour les démarches, le fait qu'elle vive encore à notre domicile?
Merci pour vos réponses.
tjean78
bonjour à tous,
Je me permets de poster ici les "1001 questions" que je me pose pour faire avancer mon projet de quitter la france pour aller vivre au maroc.
AUSSI PAR AVANCE UN GRAND MERCI A TOUS CEUX QUI VOUDRONT BIEN M'APPORTER DES REPONSES, NOS AMIS LES MAROCAINS SONT LES PREMIERS SOLLICITES.
Je me permets de numéroter les questions, ainsi vous n'avez qu'à choisir dans le lot pour ce que vous pouvez.
1°) Pour devenir résident français au maroc : quelles démarches, quelles obligations, quels délais surtout ?
2°) J'ai lu à plusieurs reprises qu'il fallait des revenus, les revenus locatifs sont ils considérés comme tels ? Et vaut il mieux les déclarer en société ou en tant que particulier ?
3°) Si on ne travaille pas mais qu'on a ces revenus locatifs est ce que cela suffit ou pas pour avoir le droit de vivre au maroc ?
4°) Pour les résidents étrangers y a t'il un nombre limité d'achats immobiliers ?
5°) Quel est le temps d'attente pour l'achat d'un bien (délais administratifs entre la signature et la remise des clefs)
6°) Quelle est l'imposition sur les propriétés (appartements) ? Et sur les revenus de ces propriétés ?
7°) En cas d'achat d'un bien immobilier en résidence principale puis de revente dans l'année y a t'il taxation, imposition sur l'éventuelle plus-value ?
8°) Et même question pour résidence secondaire ?
9°) Si on fait un commerce, cela remplace t'il le revenu obligatoire ?
10°) Un virement permanent de la France vers le maroc (environ 300 euros/mois) peut il être considéré comme revenu ?
11°) Quel revenu minimum est à prévoir pour un couple + 3 enfants (hors frais de scolarité) pour vivre "bien" ?
12°) Y a t'il des formalités de douane et/ou administratives, des restrictions pour ramener nos affaires (meubles, vêtements...)?
13°) Combien de temps faut il compter pour faire venir un container et par quel organisme ?
14°) Quelle est selon vous le meilleur endroit pour vivre au maroc parmi les grandes villes (sauf casablanca, je n'ai pas accroché) ?
15°) Enfin, comment se porte le marché immobilier (locatif) ?
16°) Quelles villes sont les + demandées (rabat, casablanca, marrakech, tanger, agadir) en location longue durée ?
17°) Quel type d'appartement est le + recherché : Studio, f1, f2 ou f3 ?
18°) Enfin, quel est le prix moyen de location pour : un studio, un f1unf2un f3 dans les 5 villes : rabat, casablanca, agadir, marrakech, tanger ?
Merci beaucoup pour toutes vos réponses et votre aide, je ne manquerai pas de répondre à chacun d'entre vous.
Cacahuete95
Je me permets de poster ici les "1001 questions" que je me pose pour faire avancer mon projet de quitter la france pour aller vivre au maroc.
AUSSI PAR AVANCE UN GRAND MERCI A TOUS CEUX QUI VOUDRONT BIEN M'APPORTER DES REPONSES, NOS AMIS LES MAROCAINS SONT LES PREMIERS SOLLICITES.
Je me permets de numéroter les questions, ainsi vous n'avez qu'à choisir dans le lot pour ce que vous pouvez.
1°) Pour devenir résident français au maroc : quelles démarches, quelles obligations, quels délais surtout ?
2°) J'ai lu à plusieurs reprises qu'il fallait des revenus, les revenus locatifs sont ils considérés comme tels ? Et vaut il mieux les déclarer en société ou en tant que particulier ?
3°) Si on ne travaille pas mais qu'on a ces revenus locatifs est ce que cela suffit ou pas pour avoir le droit de vivre au maroc ?
4°) Pour les résidents étrangers y a t'il un nombre limité d'achats immobiliers ?
5°) Quel est le temps d'attente pour l'achat d'un bien (délais administratifs entre la signature et la remise des clefs)
6°) Quelle est l'imposition sur les propriétés (appartements) ? Et sur les revenus de ces propriétés ?
7°) En cas d'achat d'un bien immobilier en résidence principale puis de revente dans l'année y a t'il taxation, imposition sur l'éventuelle plus-value ?
8°) Et même question pour résidence secondaire ?
9°) Si on fait un commerce, cela remplace t'il le revenu obligatoire ?
10°) Un virement permanent de la France vers le maroc (environ 300 euros/mois) peut il être considéré comme revenu ?
11°) Quel revenu minimum est à prévoir pour un couple + 3 enfants (hors frais de scolarité) pour vivre "bien" ?
12°) Y a t'il des formalités de douane et/ou administratives, des restrictions pour ramener nos affaires (meubles, vêtements...)?
13°) Combien de temps faut il compter pour faire venir un container et par quel organisme ?
14°) Quelle est selon vous le meilleur endroit pour vivre au maroc parmi les grandes villes (sauf casablanca, je n'ai pas accroché) ?
15°) Enfin, comment se porte le marché immobilier (locatif) ?
16°) Quelles villes sont les + demandées (rabat, casablanca, marrakech, tanger, agadir) en location longue durée ?
17°) Quel type d'appartement est le + recherché : Studio, f1, f2 ou f3 ?
18°) Enfin, quel est le prix moyen de location pour : un studio, un f1unf2un f3 dans les 5 villes : rabat, casablanca, agadir, marrakech, tanger ?
Merci beaucoup pour toutes vos réponses et votre aide, je ne manquerai pas de répondre à chacun d'entre vous.
Cacahuete95
Bonsoir ..
Ma discussion étant fermée... et je remercie VF qui a bien fait ...car je m'y perdais !
je relance avec le dernier jet ...Fait avec tous les Vfist depuis le lancement de la discussion
budget transport +/- 200 € pour deux sans taxi ou bus urbains logement..à voir !!!!
26/7 arrivée à rabat vers 18 h coucher sur place
27/07 départ tôt en train pour marrakech arrivée vers 12h et prise en charge de la chambre.. ballade et visite jusqu'au soir retour à l'hotel (train 195dh *2 en train 1ère classe)
28/07 départ le matin pour ouarzzate après midi et couché vers Fint coucher aux allentours de ouarzazate 29/07 départ le midi pour merzouga (en car supratours) arrivée vers 21 h prise en charge de la chambre ???? repos pour moi 30/07 visite et repos journée à merouga couché sur place à marzouga 31/7 depart pour fes s (19h00-5h30).. dur sauf si car sympa!!!
1/08 FES..... on galère jusqu'à 12 h pour poser les affaires et on pends une douche après on bouge et on visite la ville.. couché sur fés - si le truc pas trop cher... je prendrais à partir de la veille.
02/08 fes et alentours couché sur fés.. azrou, ifane, volubilis en voiture !!
03/8 fes puis départ sur meknes on y dors
04/8 meknes sur place et on y dors
05/8 meknes la journée puis train ou car pour Rabat on y couchera
06/08 journée à rabat et alentours puis le coucher 07/08 départ tôt le matin pour casablanca journée sur place puis on y couchera 08/8 journée à casablanca puis retour en fin de journée à Rabat on y couchera 09/8 journée à rabat et alentours dodo à rabat - Plage de Moulay Bousselham 10/08 ma journée à salé/ rabat.. dodo à rabat 11/8 préparation retour sur paris
j'avance pour le car/train j'ai calculé 2200 DH pour deux hors taxi et bus urbains.
il reste maintenant le toit !!! la bouffe on fera
J'ai encore besoin de conseils.... selon mes choix aussi...
MERCI A. Our : stp ... ne pourris pas mon post... aucune envie de me faire voir ... juste besoins de conseils en fonction de mes choix aussi !!!
budget transport +/- 200 € pour deux sans taxi ou bus urbains logement..à voir !!!!
26/7 arrivée à rabat vers 18 h coucher sur place
27/07 départ tôt en train pour marrakech arrivée vers 12h et prise en charge de la chambre.. ballade et visite jusqu'au soir retour à l'hotel (train 195dh *2 en train 1ère classe)
28/07 départ le matin pour ouarzzate après midi et couché vers Fint coucher aux allentours de ouarzazate 29/07 départ le midi pour merzouga (en car supratours) arrivée vers 21 h prise en charge de la chambre ???? repos pour moi 30/07 visite et repos journée à merouga couché sur place à marzouga 31/7 depart pour fes s (19h00-5h30).. dur sauf si car sympa!!!
1/08 FES..... on galère jusqu'à 12 h pour poser les affaires et on pends une douche après on bouge et on visite la ville.. couché sur fés - si le truc pas trop cher... je prendrais à partir de la veille.
02/08 fes et alentours couché sur fés.. azrou, ifane, volubilis en voiture !!
03/8 fes puis départ sur meknes on y dors
04/8 meknes sur place et on y dors
05/8 meknes la journée puis train ou car pour Rabat on y couchera
06/08 journée à rabat et alentours puis le coucher 07/08 départ tôt le matin pour casablanca journée sur place puis on y couchera 08/8 journée à casablanca puis retour en fin de journée à Rabat on y couchera 09/8 journée à rabat et alentours dodo à rabat - Plage de Moulay Bousselham 10/08 ma journée à salé/ rabat.. dodo à rabat 11/8 préparation retour sur paris
j'avance pour le car/train j'ai calculé 2200 DH pour deux hors taxi et bus urbains.
il reste maintenant le toit !!! la bouffe on fera
J'ai encore besoin de conseils.... selon mes choix aussi...
MERCI A. Our : stp ... ne pourris pas mon post... aucune envie de me faire voir ... juste besoins de conseils en fonction de mes choix aussi !!!
Bonjour à tous,
Nous partons 15 jours en août à Essaouira avec nos enfants de 2 et 5 ans. Nous avons loué un appartement et je cherche à savoir quelles sont les endroits à voir, quelles activités sont possibles avec les enfants, etc.. Nous ne connaissons pas du tout le pays, je ne me rend pas vraiment compte des distances entre les différentes villes.
Merci de votre aide.
Nous partons 15 jours en août à Essaouira avec nos enfants de 2 et 5 ans. Nous avons loué un appartement et je cherche à savoir quelles sont les endroits à voir, quelles activités sont possibles avec les enfants, etc.. Nous ne connaissons pas du tout le pays, je ne me rend pas vraiment compte des distances entre les différentes villes.
Merci de votre aide.
Bonjour,
voilà, cette année avec ma femme, nous feterons nos deux ans de mariage et nos dix ans de relation. Nous avons vraiment envie de marquer le coup, et de nous offrir un joli voyage. Si je rêve de parcourir le Ladakh, de traverser Cuba, ma femme est plutôt farniente, et j'avoue nous sommes épuisées par le rythme infernal de nos vies. Puis nous sommes en pleine rénovation de notre maison, donc ce voyage c'est un peu de la folie dans nos projets, mais on le mérite et on en a vraiment besoin. Bref, je vous ai planté le décors.
Nous avons trouvé des offres intéressantes pour le Maroc ; entre 18 et 21 jours entre 400 et 500 euros pour nous deux, aller-retour France Fès, et 9 à 14 nuits d'hôtel à Marrakech inclus.
Cette configuration où toutes les nuits ne sont pas prévues nous permettrait de faire un peu d'itinérance envisagé comme tel : arrivée à Fès + 1 à 2 nuits - Rabat (1 à 2 nuits) - Casablanca (1 à 2 nuits) - Essaouira (1 à 2 nuits) - Ouarzazate (1 à 2 nuits) - Marrakech 9 à 14 nuits -Fès et retour en France.
Voilà l'idée.
Maintenant les questions ;
- Nous sommes donc un couple mixte (franc-malien) de femmes mariées. Cela apparaitra sur nos passeports que nous ferons exprès pour le voyage. Nous envisageons évidement ne pas être expensives en public, mais à l'aéroport, à l'hôtel et à tous moments où l'on pourrait nous demander nos papiers, est-ce que cela pourrait nous poser problème ?
- Le voyage comme décrit est-il envisageable ? Les transports entre ces différentes villes est-il facile, et à quel coût ? Les villes citées sont celles que j'ai retenues, mais ces étapes valent-elles le coup ? Ai-je loupé des sites incontournables ?
- En plus du vol et dew nuits déjà réservées, quel budgets faut-il envisager pour 6 à 9 nuits supplémentaires, les repas, et quelques activités ?
- Concernant les activités, lesquelles nous conseiller ?
- On souhaiterai partir en juin, si l'on entamme les démarches pour le passeport dans la semaine à venir, cela vous semble-t'il ok ?
J'aurai sans doutes des tas d'autres questions à poser, mais il y en a déjà pas mal d'écrites... Ca sera personnellement mon premier "grand" voyage et je n'ai pas envie d'engager un énorme budget tout en ayant la craint d'être déçue. Je ne souhaite pas non plus paraitre trop odacieuse quant à la destination, mais il me semble qu'au vu des tarifs vol+hôtel que j'ai trouvé, cela soit une opportunité, et que le Maroc puisse répondre à notre envie et notre besoin d'authenticité, de dépaysement, de découverte et de culture, mais justement, je ne voudrais pas poser de problème dans ce pays où je sais pertinement les soucis que posent notre homosexualité.
Pour profiter de ces tarifs, nous avons peu de délais. Si jamais ce projet ne peut être le notre pour cette année, alors nous viserons peut-être le sud de l'Europe pour un séjour plus court, et "plus simple".
Merci beaucoup à vous qui aurez eu le courage de me lire !
voilà, cette année avec ma femme, nous feterons nos deux ans de mariage et nos dix ans de relation. Nous avons vraiment envie de marquer le coup, et de nous offrir un joli voyage. Si je rêve de parcourir le Ladakh, de traverser Cuba, ma femme est plutôt farniente, et j'avoue nous sommes épuisées par le rythme infernal de nos vies. Puis nous sommes en pleine rénovation de notre maison, donc ce voyage c'est un peu de la folie dans nos projets, mais on le mérite et on en a vraiment besoin. Bref, je vous ai planté le décors.
Nous avons trouvé des offres intéressantes pour le Maroc ; entre 18 et 21 jours entre 400 et 500 euros pour nous deux, aller-retour France Fès, et 9 à 14 nuits d'hôtel à Marrakech inclus.
Cette configuration où toutes les nuits ne sont pas prévues nous permettrait de faire un peu d'itinérance envisagé comme tel : arrivée à Fès + 1 à 2 nuits - Rabat (1 à 2 nuits) - Casablanca (1 à 2 nuits) - Essaouira (1 à 2 nuits) - Ouarzazate (1 à 2 nuits) - Marrakech 9 à 14 nuits -Fès et retour en France.
Voilà l'idée.
Maintenant les questions ;
- Nous sommes donc un couple mixte (franc-malien) de femmes mariées. Cela apparaitra sur nos passeports que nous ferons exprès pour le voyage. Nous envisageons évidement ne pas être expensives en public, mais à l'aéroport, à l'hôtel et à tous moments où l'on pourrait nous demander nos papiers, est-ce que cela pourrait nous poser problème ?
- Le voyage comme décrit est-il envisageable ? Les transports entre ces différentes villes est-il facile, et à quel coût ? Les villes citées sont celles que j'ai retenues, mais ces étapes valent-elles le coup ? Ai-je loupé des sites incontournables ?
- En plus du vol et dew nuits déjà réservées, quel budgets faut-il envisager pour 6 à 9 nuits supplémentaires, les repas, et quelques activités ?
- Concernant les activités, lesquelles nous conseiller ?
- On souhaiterai partir en juin, si l'on entamme les démarches pour le passeport dans la semaine à venir, cela vous semble-t'il ok ?
J'aurai sans doutes des tas d'autres questions à poser, mais il y en a déjà pas mal d'écrites... Ca sera personnellement mon premier "grand" voyage et je n'ai pas envie d'engager un énorme budget tout en ayant la craint d'être déçue. Je ne souhaite pas non plus paraitre trop odacieuse quant à la destination, mais il me semble qu'au vu des tarifs vol+hôtel que j'ai trouvé, cela soit une opportunité, et que le Maroc puisse répondre à notre envie et notre besoin d'authenticité, de dépaysement, de découverte et de culture, mais justement, je ne voudrais pas poser de problème dans ce pays où je sais pertinement les soucis que posent notre homosexualité.
Pour profiter de ces tarifs, nous avons peu de délais. Si jamais ce projet ne peut être le notre pour cette année, alors nous viserons peut-être le sud de l'Europe pour un séjour plus court, et "plus simple".
Merci beaucoup à vous qui aurez eu le courage de me lire !
Bonjour à tous,
mon amie et moi partons au Maroc en avril 2012 pour 2 semaines (arrivée le 14/04 vers 12hà Marrakech, départ de Marrakech le 29/04 à 13h). Que pensez-vous ce cet itinéraire : Marrakech - Ouarzazate - Boulmane (haute vallée du Dadès)- Tineghir(gorges et palmeriae du Todgha)- Rissani (dunes de Merzouga)-Zagora- Essaouira - Marrakech. Vos modifications et conseils sont les bienvenus. Nos souhaits pour ce voyage étant : 4 jours à Marrakech (et environs)- les dunes et bivouac de merzouga- 2/3 jours à Essaouira.
Je pensais louer une voiture à Marrakech pour ce périple (classique ou 4x4 ?). Est-ce faisable et combien cela coute-t-il ? EN sachant que nous ne louerons pas la voiture pour les 4 jours à Marrakech.
Merci pour votre aide future.
So
Bonjour,
J'ai parcours le topic Maroc en long et en large, merci à ceux qui le font vivre, c'est tres enrichissant.
Je pars avec mon amie du 4 au 18 aout.
Je sais à peu prêt à quoi m'attendre pendant le Ramadan, et je sais à peu pret à quoi m'attendre concernant les sollicitation à Marrakech. Merci de me donner votre avis sur le circuit.
- 2 nuits à Marrakech, location de voiture - 1 nuit El Jadida - 1 nuit Oualidia - 2 nuits Essaouira - 2 nuits Agadir - 3 nuits Mirleft (pas mal de chose autour que l'on veux voir, Aglou plage et Sidi ifni) - a ce niveau je ne sais pas trop, on doit remonter vers Agidir, pour ensuite rejoindre Marrakech. Alors soit Aouir (m'enfin ca a pas l'air d'avoir emballer beaucoup de monde), soit re Agadir, pas trés original mais bon. Si vous avez des suggestions. - 2 nuits à Marrakech
Mirleft me tente beaucoup, est ce que c'est pas trop difficile pendant le Ramadan? Autre chose, les sollicitations dans les villes touristique sont elles plus softs pendant le Ramadan? Enfin, savez vous si Taxi Marrakci fait des prix intéressant pour le transfert aeroport/hotel. Sinon on prendra le bus j'imagine.
Merci à vous
Je pars avec mon amie du 4 au 18 aout.
Je sais à peu prêt à quoi m'attendre pendant le Ramadan, et je sais à peu pret à quoi m'attendre concernant les sollicitation à Marrakech. Merci de me donner votre avis sur le circuit.
- 2 nuits à Marrakech, location de voiture - 1 nuit El Jadida - 1 nuit Oualidia - 2 nuits Essaouira - 2 nuits Agadir - 3 nuits Mirleft (pas mal de chose autour que l'on veux voir, Aglou plage et Sidi ifni) - a ce niveau je ne sais pas trop, on doit remonter vers Agidir, pour ensuite rejoindre Marrakech. Alors soit Aouir (m'enfin ca a pas l'air d'avoir emballer beaucoup de monde), soit re Agadir, pas trés original mais bon. Si vous avez des suggestions. - 2 nuits à Marrakech
Mirleft me tente beaucoup, est ce que c'est pas trop difficile pendant le Ramadan? Autre chose, les sollicitations dans les villes touristique sont elles plus softs pendant le Ramadan? Enfin, savez vous si Taxi Marrakci fait des prix intéressant pour le transfert aeroport/hotel. Sinon on prendra le bus j'imagine.
Merci à vous
salut
je suis un mec du québec et je rêve du maroc...
ce serait une première visite ..oui je sais bien qu'il faut plusieurs voyages pour bien connaitre un pays, mais puisque il faut bien commencer quelquepart je me demandais si un sejour de 2 semaines à marrakech vaudrait mieux qu'un de ces tours des villes impériales +sejour à agadir....
merci d'éclairer ma lanterne
je suis marocaine de part mon pere mais la vie et bizzarre j ai decouvert mon pays a 30 ans avec mon mari et 4 enfants j ai etait a tni bni-khirane a celui qui connait ses vraiments le maroc rien avoir avec les villes touristiques mais mon mari a etait surpris car lui francais le seul qui rentre dans le village a etait recu comme une personne du village avec une gentilaisse inconparable c etait en juillet 2006 et mon mari et retourner la bas en mars 2007 tout le monde la ressus comme si ils faisait parti de leur familles mon reve maintenants et de partir vivre la bas ses le reve de ma petites tribus .je ne peut pas tout vous expliquer mais mon corps et en france mes ma tete et mon coeur et la bas . quand je suis parti ses en autocar de bruxelle ses tres bien cotes petit budget.
coucou je pars le 2 septembre au maroc au tikida dunas et je voulais savoir plusieurs choses le tps debut septembre??y'a t'il des cours de danse?est ce que les chambres sont bien?et peut on faire du jet ski au maroc?
je pars en couple y'a t'il d'autre couple qui partent du 2 au 9 septembre au riu tikida dunas a agadir?
merci pour vos réponses et donnez moi tt les info que vous pouvez sur le lieu et les conditions....merci bcp!!!!!
Dolma avait dit ici un jour que mes textes étaient intemporels... C'est certainement vrai.
Comme je ne suis pas de ceux qui tiennent quotidiennement un journal - c’est une contrainte que je ne n’arrive pas à m’imposer - mon écriture n’est dictée que par une anecdote, la modeste inspiration d’un instant face à un événement, une scène, un paysage, ou tout simplement pour occuper le temps, qui parfois s’écoule lentement. J'entasse les feuilles volantes, des carnets usé ou déchirés où s'entremêlent adresses, descriptions de balades, fulgurances, n° de téléphone, incidents, événements, maximes locales ... J'ai décidé il y a quelques années de ne plus rien dater pour ne pas regretter le temps qui passe, et parfois m'y perdre à l'image de ce qui peut parfois m'arriver sur les sentiers, mais toujours sans conséquence.
Voici un autre récit suggéré par Marsu il y a fort longtemps.
TALLOUSSI. UNE JOURNEE PARTICULIERE DANS LES FALAISES D’AKHACHANE. L’aube pointait sur Tizi n’Chfart. Deux petits coups discrets à la porte de ma chambre annonçaient Mohamed, le nouveau gardien du gîte et récent compagnon de route. Je devais quitter la douceur de mon duvet. Aghrom n’tafant, ce pain sans levain cuit au poêlon que j’affectionne particulièrement, une omelette baignant dans l’huile d’olive, du thé, trois verres de café au lait cannelé et poivré en guise de petit déjeuner, et nous étions déjà dans la pente.
La digestion se fait au pas du mulet. Il prend de l’âge Rantanplan, comme moi, et ça tombe bien. Le rythme qu’il dicte est respectueux de nos vieux os. Il le faut, car nous n’avons pas le temps de nous mettre en jambes. D'entrée nous effectuons une demi-heure de rude montée derrière le gîte pour atteindre les bergeries de Wihalane. A six heures du matin on ne souffre pas de la chaleur, mais les muscles ne répondent pas comme en milieu de journée… Le chant d’un coq nous accueille au passage des premiers enclos. C’est plus sympa que les deux chiens hargneux qui rêvent de nous croquer les mollets plus haut, à l’approche des maisons d’Aguerd. Bon, c’est vrai ils font leur boulot, mais je ne fais plus confiance à ces toutous de bergers depuis qu’un perfide, après m’avoir laissé passer sans montrer les crocs, comme si on était potes depuis toujours, m’a pris en traître et en silence, déchiré le bas du pantalon et laissé pour quinze jours deux petites traces de chicots à l’arrière d’un mollet.
Il faut poursuivre l’effort pendant plus d’une heure encore, jusqu’au débouché sur le chemin en corniche dans les falaises, pour mériter la redécouverte de la perspective des gorges avec cette lumière pure des premiers rayons de soleil qui franchissent la barrière de Mourik. C’est la deuxième fois que j’emprunte cet itinéraire pour me rendre à Askemod. Il est certes un peu plus « sportif » au départ, mais je le préfère à celui du fond des gorges, même si dans la montée au village, après le franchissement de la rivière, ce dernier offre de bien belles vues sur le cirque de Mourik.
A la sortie du chemin des vires, Mohamed me fait tirer tout droit sur le petit plateau caillouteux. Je sollicite une petite pause, le temps de partager quelques fruits secs, et lui fais remarquer que ce n’est pas le chemin emprunté l’année dernière avec Ali. Il sourit, fait non de la tête et tend la main dans l’axe des falaises pour bien me montrer que nous continuons dans cette direction. Je ne m’en prends qu’à moi et évite de montrer ma contrariété. En effet, persuadé que nous emprunterions l’autre chemin où, à mi-pente vers l’ouest, à environ une demi-heure, nous trouverions la petite résurgence sur laquelle je comptais, je n’ai pas jugé indispensable le portage d’un bidon d’eau. Erreur, d’autant plus stupide que Rantanplan le mulet, est de la partie. Non pas que je sois terriblement assoiffé à l’instant, mais si le trajet présente la même physionomie que celui que je connais, je n’ai pas fini de sucer mon petit caillou. C’est qu’en toute modestie, je ne situe pas ma sobriété au même niveau que celle de mon jeune et vaillant compère.
Je me renseigne sur la prochaine source. En guise de réponse, alors que je me serais contenté d’une réponse laconique, du genre : «... dans moins d’une heure… », Mohamed part dans un obscur laïusse et lance le mulet sur l’imperceptible trace en direction du Nord. Le problème avec lui, c’est qu’il ne parle pas un mot de Français, qu’il semble persuadé que sa langue natale n’a aucun secret pour moi et, pour corser le tout, son problème d’élocution, un zénorme zeveu zur la langue, me prive souvent de la compréhension du peu de syntaxe Tamazight que mes oreilles avaient fini par assimiler.
J’ai envie de lui dire que je ferais bien la montée jusqu’à cette taghbalout à l’eau un peu terreuse, mais à la fraîcheur toujours appréciable dans ce pays, mais il a déjà pris cent mètres d’avance ! Je ne sais pas encore que son empressement à repartir est dû à un autre objectif que celui que j’ai interprété hier soir quand il a proposé d’aller rendre visite à un de ses amis à Askemod.
Après quelques autres traversées de ravin, deux ou trois franchissements de bosses caillouteuses et la perte d’un litre de sueur, nous arrivons en vue d’une bergerie. Je devrais plutôt dire d’un misérable abri sous roche, fermé sur le devant par un bel et large empilage de pierres sèches en arc de cercle destiné à donner plus d’espace à la sommaire habitation. Mohamed s’en approche malgré la présence agressive du chien gardien des lieux, mais fait rapidement demi-tour dès qu’il constate la présence du cadenas sur la porte qui ferme symboliquement l’accès. Nous n’aurons donc pas droit au thé brûlant, ni au pain et huile d’olive que tout hôte se doit d’offrir au voyageur qui s’approche de sa demeure.
Mais qui dit bergerie dit assurément source… à proximité. En espérant que celle-ci ne nous détourne pas trop du chemin, je fais part à mon sobre compagnon de mon besoin d’H2O. Aussitôt Mohamed ramasse deux beaux cailloux qu’il destine à maintenir la bête à distance respectable si toutefois il lui prenait l’envie de venir humer nos semelles de trop près, et retourne vers l’abri. Il inspecte le muret en pierres, glisse sa main entre deux d’entre-elles et, comme s’il était chez lui, sort une clé, ouvre le cadenas et m’invite à rentrer.
C’est finalement bien autour d’une théière fumante et d’une tasse d’huile d’olive au fond de laquelle il faut savoir plonger le pain pour y trouver un peu de cet excellent miel de montagne dérobé aux abeilles dans des ruches sauvages, que Mohamed dissipe ma surprise. Son histoire zézayante, soutenue à grands gestes, mimes et petits dessins sur le sol en terre battue, m’apprend qu’il a passé toute son enfance et adolescence dans les falaises d’Akhachane comme berger pour son père et son grand frère Ba ; que c’est dans ces environs qu’il a connu ses premiers émois amoureux avec Zimba, devenue aujourd’hui sa femme et qui, « Grâce à Dieu », lui a donné un fils dès les premiers mois de leur mariage ; qu’il connaît très bien les propriétaires de cette bergerie avec qui il semble avoir des liens de parenté, mais j’ai pas trop capté lesquels. Peu importe, de toute façon il est temps d’y aller.
Bien requinqué après cette petite collation inattendue, les dénivelés suivants ne sont qu’une formalité. Nous enchaînons plusieurs montées et descentes dans un alignement de bosses, pour déboucher à nouveau sur un chemin en corniche encore plus long et spectaculaire que le précédent. Le soleil est presque au zénith quand nous en sortons pour continuer encore quelque temps hors piste et finir dans un ravin d’éboulis plus qu’instables. Plusieurs dizaines de mètres en contrebas Akhachane, le nom local de l’assif Melloul, charrie ses flots ocre de printemps.
Je comprends que nous sommes arrivés au terme du voyage. C’est l’ouïe qui réagit la première. Chants, cris d’enfants, bêlements, cliquetis métalliques, frottements de lames sur la pierre, voix claires et entraînées à faire porter le timbre d’une falaise à l’autre, au plus haut d’une arête, au fond d’une combe, partout où l’attend une oreille également aiguisée à ce type d’exercice.
J’entends. J’écoute. J’avance. Je vois. Je crois rêver.
Une ravine en forme de fer à cheval, ouverte et rétrécie sur le bas se jette dans la rivière trois cents mètres en contre bas. La partie fermée est bordée par des falaises de quinze à vingt mètres dominées par des grandes pentes rocailleuses, terre de pacage des éleveurs d’Askemod, un hameau perché dans un replat au pied du djebel Kroun entre Anergui et Adènedoune. Les yeux ne fixent pas de suite les scènes de détail. Je compterai plus tard une quarantaine d’adultes et presque la moitié de gamins en âge de marcher, une douzaine de mulets, quatre ânes et… des centaines de têtes de bétail jouant les acrobates dans les rochers pour dénicher le plat du jour. Tous sont réunis sur ce site entre ciel et terre pour la tonte de l’année.
Là, au milieu de nulle part, entre pente et paroi, sur toute la longueur de la bande étroite et accessible qui sert de base aux falaises, s’offrent des scènes d’un autre temps. Ou plutôt du temps de ces hommes devant moi ! Le même, si l’on fait abstraction des quelques bidons en plastique, cordes et cordelettes en nylon, que celui des pères de leurs pères. A l’extrémité la plus resserrée, quelques rochers entassés et un assemblage de grosses poutres grossièrement taillées dans des branches de genévriers, des couvertures et une bâche de nylon, ferment un renfoncement dans la falaise. Il abrite la cuisine des femmes et une activité fébrile.
A l’autre extrémité, deux foyers entretenus par un groupe d’adolescents présagent ripaille. A proximité, sur une petite terrasse, la plus confortable recouverte de nattes en plastique, d’épais tapis et coussins, je reconnais les deux fquihs des Ayt Boulmane et des Ayt Khoya. Ils se prélassent et sirotent du thé en compagnie de deux autres hommes dont l’attitude et regard témoignent d’une condition disons… supérieure. Non loin, un autre homme officie, « le maître du thé ». C’est que dans ces montagnes, préparer le thé les jours de fête est une affaire d’homme. Je le connais aussi : c’est le voisin d’Ali sur les pentes d’Ouriz. J’ai assisté chez lui, trois ans en arrière, au mariage d’un de ses fils avec une belle-sœur d’Ali.
Nous passons d’un endroit à l’autre, saluons tous les hommes. Dans la réponse que Mohamed adresse à un berger qui l’interpelle, je discerne quelques mots comme tassarout, zit, atey, amane, me laissant deviner qu’il est en train d’expliquer notre arrêt à la bergerie de son interlocuteur, et peut-être justifier et s’excuser de notre léger retard alors que nous étions attendus.
- Salam! Koulchi Labess? Chibes makein ? La tournée continue, mais les salutations ne s’adressent qu’aux hommes; nous ne nous approchons pas de la cuisine, seules deux jeunes filles venues porter un bidon d’eau vers le foyer ont droit à un salut discret sous la forme d’un effleurement délicat et furtif du plat des mains. J’ai toujours trouvé de la sensualité dans cette forme de salut entre hommes et femmes, et m’en étonne dans ce pays si pudique. Une autre terrasse accueille un groupe de femmes de tous âges et diverse progéniture. Les bébés sont portés sur le dos des mères, des grandes sœurs, ou encore gisent empaquetés, à même le sol à l’ombre de la paroi. Ça discute, allaite, plaisante, et sûrement se moque-t-on de ce roumi maladroit dans les éboulis, et de sa surprise affichée.
A peine en contrebas des deux groupes les tondeurs s’activent, chantent, aiguisent leurs ciseaux, dépouillent les moutons de la lourde laine qui les a protégés tout l’hiver. Les gestes sont restés tels qu’ils devaient être au temps de leurs aïeux. Les jeunes bergers amènent les bêtes à portée de ciseaux, entravent, maintiennent les plus récalcitrantes, les libèrent et les renvoient vers leurs congénères une fois le travail accompli. Toutes semblent guillerettes de se sentir si légères pour l’été.
Un des deux hommes de belle allure nous invite à ses cotés. Mohamed me fait comprendre que ce sont les propriétaires des troupeaux rassemblés pour la circonstance. J’ai droit à une couverture supplémentaire sous mes fesses qu’ils doivent estimer, si non plus dignes, au moins plus délicates que les leurs. J’essaye de refuser avec le sourire pour finir, non seulement avec cette isolation supplémentaire contre la rudesse de l’endroit, mais avec un coussin venu tout droit, et par les airs, de la terrasse des femmes aussitôt qu’un fquih en émit l’exigence. J’éprouve toujours une grande gêne face à toutes ces délicates attentions dont je suis, dont tout roumi est l’objet constant quelle que soit la personne rencontrée dans ces montagnes. Il n’y a qu’une chose à faire, car je sais qu’il en sera toujours ainsi: sourire, remercier, avaler sa gêne et attendre l’occasion de rendre la pareille.
Pour nos hôtes c’est l’heure du digestif, pour nous, celle de l’apéritif. Tiens, fquih des Ayt Boulmane, j’ignore son nom, souffre de diabète. Il a droit à sa petite théière en tôle émaillée personnelle, sans sucre. Nous partagerons celle, sucrée à outrance, des autres convives. Le thé est aromatisé au thym citronné sauvage, les œufs sont brouillés dans leur pesant d’huile et d’épices, le pain d’orge est encore tiède, sa croûte dorée et craquante à en séquestrer la boulangère, et l’huile d’olive est délicieuse. L’après midi s’annonce sous de bons auspices ! Merci Mohamed.
La fin de la tonte est marquée par un instant de recueillement, prières et louanges au Tout Puissant pour cette année de pluies exceptionnelles. Ensuite la laine est partagée puis empaquetée ; la constitution de tas inégaux est emprunte de gravité et de sérieux. Comment font-ils pour savoir ce qui revient à chacun puisque la laine des deux troupeaux a été mélangée ? C’est leur affaire, et celle-ci ne semble poser aucun problème apparent. Propriétaires, tondeurs, bergers, chacun a l’air satisfait de la part qui lui revient. Allah ighlif… Que l’événement se reproduise !
Puis les deux troupeaux sont lâchés. Le premier est conduit à grands cris par un jeune couple et leur bambin d’une demi-douzaine d’années vers les pentes qui dominent le site. Le deuxième, moins important, est dirigé à la fronde par un homme seul en direction du passage par lequel nous avons débouché tout à l’heure avec Mohamed. Quelques femmes, dont les plus âgées, aspergent les bêtes au passage avec des rameaux de je ne sais quel arbuste trempés dans un liquide blanchâtre. La pauvreté de ma Tamazight ne me permet pas de connaître aujourd’hui la signification de ce rite.
L’après midi se poursuit par le sacrifice d’un jeune bouc et d’un mouton, au rythme lent et sain du dépeçage des bêtes, du thé, du découpage de la viande, du thé, des bavardages et plaisanteries, des jeux des enfants et des bergers, du thé, des brochettes d’abats qu’un jeune garçon fait tourner pour une équité parfaite entre les convives, du thé, des galettes d’orge encore chaudes trempées dans le beurre fondu aux épices, du thé…
Un agneau, déjà presque à taille adulte, gravement blessé dans une chute, viendra même enrichir la potée. Avec la fin du jour vient le siksou trempé de petit lait, suivi d’un petit verre de thé, avant les quartiers de viande grillée, découpés et distribués dans une justice édifiante… sauf pour le roumi à qui revient, bien sûr, le morceau choisi. Vous reprendrez bien un peu de thé ?
La lumière décroît sur Amanezzéranne. Ainsi est appelé ce site. Cela signifierait « là où coule l’eau », quelque chose comme ça, l’orthographe n’étant que la retranscription de ce que mes oreilles ont entendu. Il est bientôt dix-neuf heures. Une jeune fille, un bambin d’à peine six ans et deux femmes portant bébé sur le dos et ballot de laine à la main nous quittent pour rejoindre leur grotte ou bergerie avant la nuit noire. Un chien les rattrape. Tous grimpent dans les éboulis, font corps avec la pente. Le pas est sûr, pas un caillou ne roule, elles adhèrent au sol instable comme les chèvres aux rochers. Tous disparaissent derrière l’arrête par laquelle nous sommes arrivés. Je demande à Mohamed où se trouve leur abri. Il marque la surprise devant la question qu’il considère peut-être dérisoire, répond « Pas loin… » sur le ton de « Quelle importance ? » et finit son énième verre de thé. Je demande un peu plus de précisions. Un trait et trois croix dans la terre : leur bergerie serait à mi-chemin entre celle où nous nous sommes arrêtés et ici, à l’écart du chemin suivi. Pas loin en effet… Mais quand même une bonne heure de marche commencée dans la pénombre et qui finira de nuit sous la clarté lunaire. En réalité, même dans la nuit la plus noire, il n’y a pas trop de soucis à se faire pour elles.
Elles connaissent depuis leur enfance ces falaises, ces pentes, ces entailles dans la montagne ; chaque cime, combe, arête ou ravine leur est familière. Elles les ont parcourues, explorées, enjambées, franchies, sillonnées en tous sens par tous les temps et à toute heure, presque pieds nus, tant me semblent une dérisoire protection sur ce terrain, les lambeaux de caoutchouc recousus ou ressoudés au tison, qui autrefois ont du ressentir la fierté d’être appelés chaussures. La mère à peine remise des couches reprend ses corvées d’eau, la garde du troupeau, la recherche du bois. L’enfant est sur son dos. Il sera à ses cotés, dans des endroits si escarpés que bien des adultes de notre société ne sauraient s’y tenir même à « quatre pattes», dès qu’il saura mettre un pied devant l’autre. Il en sera ainsi jusqu’à ce que les os n’en puissent plus. Vieille femme, elle retournera dans la vallée pour finir ses jours doucement dans la maison familiale en compagnie d’un fils et des petits-enfants.
Les marmites sont sur les braises. D’autres quartiers de viande grillent sur le deuxième foyer. Cet après-midi le couscous et le pain étaient l’affaire des femmes. Aux hommes le thé, le dépeçage et les brochettes. Ce soir ils se collent aussi aux gamelles. Les plus jeunes ont lavé et épluché les légumes, coupé les restes de viande, sous les quolibets gentiment moqueurs des plus âgés. D’autres terminent le travail, activent les foyers, surveillent la cuisson, les fquihs, les deux propriétaires et les tondeurs parlent fort et sirotent -encore- du thé à la lueur des lanternes.
Quelques cailloux tombent du haut de la falaise. C’est l’annonce d’un troupeau qui rentre dans la pénombre. Cris, appels, aboiements, tout le monde se colle aux parois et laisse passer l’averse. Quelques beaux spécimens de la taille d’un ballon roulent dans le ravin et auraient pu laisser sans vie le corps trouvé à sa verticale. Dans une esquive polie au vingt septième verre de thé (à vrai dire je ne les ai pas comptés, mais il y en a eu beaucoup... trop pour moi !), je rejoins la terrasse personnelle que l’on m’avait désignée en fin d’après midi. Deux jeunes s’étaient empressés de la tailler dès notre arrivée. Quelques coups de pioche experts et ma chambre était nivelée, nettoyée des quelques cailloux qui auraient pu rendre ma nuit sous les étoiles inconfortable. Le sac de bât du mulet me servira de matelas, et un paquet de laine fraîchement coupée sera l’oreiller. Ils m’ont même indiqué l’endroit ou je devais mettre la tête : là, derrière le petit muret dressé en refuge contre la brise fraîche de la nuit.
A mesure que les bêtes débouchent dans la combe et s’y installent pour la nuit je compte une centaine de caprins et un peu moins de moutons pour ce seul troupeau. L’autre ne reviendra pas ; sans doute par manque de place aux alentours le berger aura reçu la consigne de le diriger vers sa bergerie pour la nuit. Ça fait du bruit quand les mères appellent leurs petits. Ça fait du bruit quand ceux-ci, trop vulnérables encore pour être lâchés avec le troupeau dans la journée, cherchent la mamelle maternelle attendue tout l’après-midi. Ça fait du bruit quand le propriétaire engueule le berger et sa femme pour n’avoir su maintenir les bêtes loin de la falaise. Ça fait du bruit quand les roulements des bendirs, rythmés, stridents, profonds, enivrants et enivrés saluent l’arrivée d’Ayur - la lune ronde - sur Amanezzéranne.
Les voix sauvages des femmes résonnent dans la combe, ardente réponse aux tambours. Cela ne dure que deux ou trois minutes, et tous s’arrêtent, synchronisés, net, au coup de fusil qui ponctue le dernier et fulgurant roulement. La magie et la force de l’instant résident dans cette brièveté.
Chèvres et brebis se sont tues, quelques cabris affamés sont encore branchés et dans l’air dansent les escarbilles, crépitent les dernières braises, flotte l’odeur de bois brûlé et des épices dans les gamelles. Suit un long moment de magique plénitude. Une voix chaude comme le feu, douce comme le miel de ces montagnes, récite et répète jusqu’au sommeil de son enfant une litanie apaisante. Des silhouettes se remettent en mouvement. L’une d’elle lance une dernière prière. Elle n’attire que l’autre fquih, le «maître de thé», un des propriétaires, deux tondeurs et trois anciens. Une autre devient Mohamed s’approchant de «mes appartements». Le campement de nouveau s’anime, les psalmodies sont couvertes par les voix des autres hommes et femmes indifférentes à ces ombres dessinées sur la falaise qui se prosternent et se relèvent.
Iminechi est prêt, le thé apéritif servi. Mohamed vient me l’annoncer.
Il est bientôt vingt-et-une heures. La lune rend hommage à Amanezzéranne.
TALLOUSSI. UNE JOURNEE PARTICULIERE DANS LES FALAISES D’AKHACHANE. L’aube pointait sur Tizi n’Chfart. Deux petits coups discrets à la porte de ma chambre annonçaient Mohamed, le nouveau gardien du gîte et récent compagnon de route. Je devais quitter la douceur de mon duvet. Aghrom n’tafant, ce pain sans levain cuit au poêlon que j’affectionne particulièrement, une omelette baignant dans l’huile d’olive, du thé, trois verres de café au lait cannelé et poivré en guise de petit déjeuner, et nous étions déjà dans la pente.
La digestion se fait au pas du mulet. Il prend de l’âge Rantanplan, comme moi, et ça tombe bien. Le rythme qu’il dicte est respectueux de nos vieux os. Il le faut, car nous n’avons pas le temps de nous mettre en jambes. D'entrée nous effectuons une demi-heure de rude montée derrière le gîte pour atteindre les bergeries de Wihalane. A six heures du matin on ne souffre pas de la chaleur, mais les muscles ne répondent pas comme en milieu de journée… Le chant d’un coq nous accueille au passage des premiers enclos. C’est plus sympa que les deux chiens hargneux qui rêvent de nous croquer les mollets plus haut, à l’approche des maisons d’Aguerd. Bon, c’est vrai ils font leur boulot, mais je ne fais plus confiance à ces toutous de bergers depuis qu’un perfide, après m’avoir laissé passer sans montrer les crocs, comme si on était potes depuis toujours, m’a pris en traître et en silence, déchiré le bas du pantalon et laissé pour quinze jours deux petites traces de chicots à l’arrière d’un mollet.
Il faut poursuivre l’effort pendant plus d’une heure encore, jusqu’au débouché sur le chemin en corniche dans les falaises, pour mériter la redécouverte de la perspective des gorges avec cette lumière pure des premiers rayons de soleil qui franchissent la barrière de Mourik. C’est la deuxième fois que j’emprunte cet itinéraire pour me rendre à Askemod. Il est certes un peu plus « sportif » au départ, mais je le préfère à celui du fond des gorges, même si dans la montée au village, après le franchissement de la rivière, ce dernier offre de bien belles vues sur le cirque de Mourik.
A la sortie du chemin des vires, Mohamed me fait tirer tout droit sur le petit plateau caillouteux. Je sollicite une petite pause, le temps de partager quelques fruits secs, et lui fais remarquer que ce n’est pas le chemin emprunté l’année dernière avec Ali. Il sourit, fait non de la tête et tend la main dans l’axe des falaises pour bien me montrer que nous continuons dans cette direction. Je ne m’en prends qu’à moi et évite de montrer ma contrariété. En effet, persuadé que nous emprunterions l’autre chemin où, à mi-pente vers l’ouest, à environ une demi-heure, nous trouverions la petite résurgence sur laquelle je comptais, je n’ai pas jugé indispensable le portage d’un bidon d’eau. Erreur, d’autant plus stupide que Rantanplan le mulet, est de la partie. Non pas que je sois terriblement assoiffé à l’instant, mais si le trajet présente la même physionomie que celui que je connais, je n’ai pas fini de sucer mon petit caillou. C’est qu’en toute modestie, je ne situe pas ma sobriété au même niveau que celle de mon jeune et vaillant compère.
Je me renseigne sur la prochaine source. En guise de réponse, alors que je me serais contenté d’une réponse laconique, du genre : «... dans moins d’une heure… », Mohamed part dans un obscur laïusse et lance le mulet sur l’imperceptible trace en direction du Nord. Le problème avec lui, c’est qu’il ne parle pas un mot de Français, qu’il semble persuadé que sa langue natale n’a aucun secret pour moi et, pour corser le tout, son problème d’élocution, un zénorme zeveu zur la langue, me prive souvent de la compréhension du peu de syntaxe Tamazight que mes oreilles avaient fini par assimiler.
J’ai envie de lui dire que je ferais bien la montée jusqu’à cette taghbalout à l’eau un peu terreuse, mais à la fraîcheur toujours appréciable dans ce pays, mais il a déjà pris cent mètres d’avance ! Je ne sais pas encore que son empressement à repartir est dû à un autre objectif que celui que j’ai interprété hier soir quand il a proposé d’aller rendre visite à un de ses amis à Askemod.
Après quelques autres traversées de ravin, deux ou trois franchissements de bosses caillouteuses et la perte d’un litre de sueur, nous arrivons en vue d’une bergerie. Je devrais plutôt dire d’un misérable abri sous roche, fermé sur le devant par un bel et large empilage de pierres sèches en arc de cercle destiné à donner plus d’espace à la sommaire habitation. Mohamed s’en approche malgré la présence agressive du chien gardien des lieux, mais fait rapidement demi-tour dès qu’il constate la présence du cadenas sur la porte qui ferme symboliquement l’accès. Nous n’aurons donc pas droit au thé brûlant, ni au pain et huile d’olive que tout hôte se doit d’offrir au voyageur qui s’approche de sa demeure.
Mais qui dit bergerie dit assurément source… à proximité. En espérant que celle-ci ne nous détourne pas trop du chemin, je fais part à mon sobre compagnon de mon besoin d’H2O. Aussitôt Mohamed ramasse deux beaux cailloux qu’il destine à maintenir la bête à distance respectable si toutefois il lui prenait l’envie de venir humer nos semelles de trop près, et retourne vers l’abri. Il inspecte le muret en pierres, glisse sa main entre deux d’entre-elles et, comme s’il était chez lui, sort une clé, ouvre le cadenas et m’invite à rentrer.
C’est finalement bien autour d’une théière fumante et d’une tasse d’huile d’olive au fond de laquelle il faut savoir plonger le pain pour y trouver un peu de cet excellent miel de montagne dérobé aux abeilles dans des ruches sauvages, que Mohamed dissipe ma surprise. Son histoire zézayante, soutenue à grands gestes, mimes et petits dessins sur le sol en terre battue, m’apprend qu’il a passé toute son enfance et adolescence dans les falaises d’Akhachane comme berger pour son père et son grand frère Ba ; que c’est dans ces environs qu’il a connu ses premiers émois amoureux avec Zimba, devenue aujourd’hui sa femme et qui, « Grâce à Dieu », lui a donné un fils dès les premiers mois de leur mariage ; qu’il connaît très bien les propriétaires de cette bergerie avec qui il semble avoir des liens de parenté, mais j’ai pas trop capté lesquels. Peu importe, de toute façon il est temps d’y aller.
Bien requinqué après cette petite collation inattendue, les dénivelés suivants ne sont qu’une formalité. Nous enchaînons plusieurs montées et descentes dans un alignement de bosses, pour déboucher à nouveau sur un chemin en corniche encore plus long et spectaculaire que le précédent. Le soleil est presque au zénith quand nous en sortons pour continuer encore quelque temps hors piste et finir dans un ravin d’éboulis plus qu’instables. Plusieurs dizaines de mètres en contrebas Akhachane, le nom local de l’assif Melloul, charrie ses flots ocre de printemps.
Je comprends que nous sommes arrivés au terme du voyage. C’est l’ouïe qui réagit la première. Chants, cris d’enfants, bêlements, cliquetis métalliques, frottements de lames sur la pierre, voix claires et entraînées à faire porter le timbre d’une falaise à l’autre, au plus haut d’une arête, au fond d’une combe, partout où l’attend une oreille également aiguisée à ce type d’exercice.
J’entends. J’écoute. J’avance. Je vois. Je crois rêver.
Une ravine en forme de fer à cheval, ouverte et rétrécie sur le bas se jette dans la rivière trois cents mètres en contre bas. La partie fermée est bordée par des falaises de quinze à vingt mètres dominées par des grandes pentes rocailleuses, terre de pacage des éleveurs d’Askemod, un hameau perché dans un replat au pied du djebel Kroun entre Anergui et Adènedoune. Les yeux ne fixent pas de suite les scènes de détail. Je compterai plus tard une quarantaine d’adultes et presque la moitié de gamins en âge de marcher, une douzaine de mulets, quatre ânes et… des centaines de têtes de bétail jouant les acrobates dans les rochers pour dénicher le plat du jour. Tous sont réunis sur ce site entre ciel et terre pour la tonte de l’année.
Là, au milieu de nulle part, entre pente et paroi, sur toute la longueur de la bande étroite et accessible qui sert de base aux falaises, s’offrent des scènes d’un autre temps. Ou plutôt du temps de ces hommes devant moi ! Le même, si l’on fait abstraction des quelques bidons en plastique, cordes et cordelettes en nylon, que celui des pères de leurs pères. A l’extrémité la plus resserrée, quelques rochers entassés et un assemblage de grosses poutres grossièrement taillées dans des branches de genévriers, des couvertures et une bâche de nylon, ferment un renfoncement dans la falaise. Il abrite la cuisine des femmes et une activité fébrile.
A l’autre extrémité, deux foyers entretenus par un groupe d’adolescents présagent ripaille. A proximité, sur une petite terrasse, la plus confortable recouverte de nattes en plastique, d’épais tapis et coussins, je reconnais les deux fquihs des Ayt Boulmane et des Ayt Khoya. Ils se prélassent et sirotent du thé en compagnie de deux autres hommes dont l’attitude et regard témoignent d’une condition disons… supérieure. Non loin, un autre homme officie, « le maître du thé ». C’est que dans ces montagnes, préparer le thé les jours de fête est une affaire d’homme. Je le connais aussi : c’est le voisin d’Ali sur les pentes d’Ouriz. J’ai assisté chez lui, trois ans en arrière, au mariage d’un de ses fils avec une belle-sœur d’Ali.
Nous passons d’un endroit à l’autre, saluons tous les hommes. Dans la réponse que Mohamed adresse à un berger qui l’interpelle, je discerne quelques mots comme tassarout, zit, atey, amane, me laissant deviner qu’il est en train d’expliquer notre arrêt à la bergerie de son interlocuteur, et peut-être justifier et s’excuser de notre léger retard alors que nous étions attendus.
- Salam! Koulchi Labess? Chibes makein ? La tournée continue, mais les salutations ne s’adressent qu’aux hommes; nous ne nous approchons pas de la cuisine, seules deux jeunes filles venues porter un bidon d’eau vers le foyer ont droit à un salut discret sous la forme d’un effleurement délicat et furtif du plat des mains. J’ai toujours trouvé de la sensualité dans cette forme de salut entre hommes et femmes, et m’en étonne dans ce pays si pudique. Une autre terrasse accueille un groupe de femmes de tous âges et diverse progéniture. Les bébés sont portés sur le dos des mères, des grandes sœurs, ou encore gisent empaquetés, à même le sol à l’ombre de la paroi. Ça discute, allaite, plaisante, et sûrement se moque-t-on de ce roumi maladroit dans les éboulis, et de sa surprise affichée.
A peine en contrebas des deux groupes les tondeurs s’activent, chantent, aiguisent leurs ciseaux, dépouillent les moutons de la lourde laine qui les a protégés tout l’hiver. Les gestes sont restés tels qu’ils devaient être au temps de leurs aïeux. Les jeunes bergers amènent les bêtes à portée de ciseaux, entravent, maintiennent les plus récalcitrantes, les libèrent et les renvoient vers leurs congénères une fois le travail accompli. Toutes semblent guillerettes de se sentir si légères pour l’été.
Un des deux hommes de belle allure nous invite à ses cotés. Mohamed me fait comprendre que ce sont les propriétaires des troupeaux rassemblés pour la circonstance. J’ai droit à une couverture supplémentaire sous mes fesses qu’ils doivent estimer, si non plus dignes, au moins plus délicates que les leurs. J’essaye de refuser avec le sourire pour finir, non seulement avec cette isolation supplémentaire contre la rudesse de l’endroit, mais avec un coussin venu tout droit, et par les airs, de la terrasse des femmes aussitôt qu’un fquih en émit l’exigence. J’éprouve toujours une grande gêne face à toutes ces délicates attentions dont je suis, dont tout roumi est l’objet constant quelle que soit la personne rencontrée dans ces montagnes. Il n’y a qu’une chose à faire, car je sais qu’il en sera toujours ainsi: sourire, remercier, avaler sa gêne et attendre l’occasion de rendre la pareille.
Pour nos hôtes c’est l’heure du digestif, pour nous, celle de l’apéritif. Tiens, fquih des Ayt Boulmane, j’ignore son nom, souffre de diabète. Il a droit à sa petite théière en tôle émaillée personnelle, sans sucre. Nous partagerons celle, sucrée à outrance, des autres convives. Le thé est aromatisé au thym citronné sauvage, les œufs sont brouillés dans leur pesant d’huile et d’épices, le pain d’orge est encore tiède, sa croûte dorée et craquante à en séquestrer la boulangère, et l’huile d’olive est délicieuse. L’après midi s’annonce sous de bons auspices ! Merci Mohamed.
La fin de la tonte est marquée par un instant de recueillement, prières et louanges au Tout Puissant pour cette année de pluies exceptionnelles. Ensuite la laine est partagée puis empaquetée ; la constitution de tas inégaux est emprunte de gravité et de sérieux. Comment font-ils pour savoir ce qui revient à chacun puisque la laine des deux troupeaux a été mélangée ? C’est leur affaire, et celle-ci ne semble poser aucun problème apparent. Propriétaires, tondeurs, bergers, chacun a l’air satisfait de la part qui lui revient. Allah ighlif… Que l’événement se reproduise !
Puis les deux troupeaux sont lâchés. Le premier est conduit à grands cris par un jeune couple et leur bambin d’une demi-douzaine d’années vers les pentes qui dominent le site. Le deuxième, moins important, est dirigé à la fronde par un homme seul en direction du passage par lequel nous avons débouché tout à l’heure avec Mohamed. Quelques femmes, dont les plus âgées, aspergent les bêtes au passage avec des rameaux de je ne sais quel arbuste trempés dans un liquide blanchâtre. La pauvreté de ma Tamazight ne me permet pas de connaître aujourd’hui la signification de ce rite.
L’après midi se poursuit par le sacrifice d’un jeune bouc et d’un mouton, au rythme lent et sain du dépeçage des bêtes, du thé, du découpage de la viande, du thé, des bavardages et plaisanteries, des jeux des enfants et des bergers, du thé, des brochettes d’abats qu’un jeune garçon fait tourner pour une équité parfaite entre les convives, du thé, des galettes d’orge encore chaudes trempées dans le beurre fondu aux épices, du thé…
Un agneau, déjà presque à taille adulte, gravement blessé dans une chute, viendra même enrichir la potée. Avec la fin du jour vient le siksou trempé de petit lait, suivi d’un petit verre de thé, avant les quartiers de viande grillée, découpés et distribués dans une justice édifiante… sauf pour le roumi à qui revient, bien sûr, le morceau choisi. Vous reprendrez bien un peu de thé ?
La lumière décroît sur Amanezzéranne. Ainsi est appelé ce site. Cela signifierait « là où coule l’eau », quelque chose comme ça, l’orthographe n’étant que la retranscription de ce que mes oreilles ont entendu. Il est bientôt dix-neuf heures. Une jeune fille, un bambin d’à peine six ans et deux femmes portant bébé sur le dos et ballot de laine à la main nous quittent pour rejoindre leur grotte ou bergerie avant la nuit noire. Un chien les rattrape. Tous grimpent dans les éboulis, font corps avec la pente. Le pas est sûr, pas un caillou ne roule, elles adhèrent au sol instable comme les chèvres aux rochers. Tous disparaissent derrière l’arrête par laquelle nous sommes arrivés. Je demande à Mohamed où se trouve leur abri. Il marque la surprise devant la question qu’il considère peut-être dérisoire, répond « Pas loin… » sur le ton de « Quelle importance ? » et finit son énième verre de thé. Je demande un peu plus de précisions. Un trait et trois croix dans la terre : leur bergerie serait à mi-chemin entre celle où nous nous sommes arrêtés et ici, à l’écart du chemin suivi. Pas loin en effet… Mais quand même une bonne heure de marche commencée dans la pénombre et qui finira de nuit sous la clarté lunaire. En réalité, même dans la nuit la plus noire, il n’y a pas trop de soucis à se faire pour elles.
Elles connaissent depuis leur enfance ces falaises, ces pentes, ces entailles dans la montagne ; chaque cime, combe, arête ou ravine leur est familière. Elles les ont parcourues, explorées, enjambées, franchies, sillonnées en tous sens par tous les temps et à toute heure, presque pieds nus, tant me semblent une dérisoire protection sur ce terrain, les lambeaux de caoutchouc recousus ou ressoudés au tison, qui autrefois ont du ressentir la fierté d’être appelés chaussures. La mère à peine remise des couches reprend ses corvées d’eau, la garde du troupeau, la recherche du bois. L’enfant est sur son dos. Il sera à ses cotés, dans des endroits si escarpés que bien des adultes de notre société ne sauraient s’y tenir même à « quatre pattes», dès qu’il saura mettre un pied devant l’autre. Il en sera ainsi jusqu’à ce que les os n’en puissent plus. Vieille femme, elle retournera dans la vallée pour finir ses jours doucement dans la maison familiale en compagnie d’un fils et des petits-enfants.
Les marmites sont sur les braises. D’autres quartiers de viande grillent sur le deuxième foyer. Cet après-midi le couscous et le pain étaient l’affaire des femmes. Aux hommes le thé, le dépeçage et les brochettes. Ce soir ils se collent aussi aux gamelles. Les plus jeunes ont lavé et épluché les légumes, coupé les restes de viande, sous les quolibets gentiment moqueurs des plus âgés. D’autres terminent le travail, activent les foyers, surveillent la cuisson, les fquihs, les deux propriétaires et les tondeurs parlent fort et sirotent -encore- du thé à la lueur des lanternes.
Quelques cailloux tombent du haut de la falaise. C’est l’annonce d’un troupeau qui rentre dans la pénombre. Cris, appels, aboiements, tout le monde se colle aux parois et laisse passer l’averse. Quelques beaux spécimens de la taille d’un ballon roulent dans le ravin et auraient pu laisser sans vie le corps trouvé à sa verticale. Dans une esquive polie au vingt septième verre de thé (à vrai dire je ne les ai pas comptés, mais il y en a eu beaucoup... trop pour moi !), je rejoins la terrasse personnelle que l’on m’avait désignée en fin d’après midi. Deux jeunes s’étaient empressés de la tailler dès notre arrivée. Quelques coups de pioche experts et ma chambre était nivelée, nettoyée des quelques cailloux qui auraient pu rendre ma nuit sous les étoiles inconfortable. Le sac de bât du mulet me servira de matelas, et un paquet de laine fraîchement coupée sera l’oreiller. Ils m’ont même indiqué l’endroit ou je devais mettre la tête : là, derrière le petit muret dressé en refuge contre la brise fraîche de la nuit.
A mesure que les bêtes débouchent dans la combe et s’y installent pour la nuit je compte une centaine de caprins et un peu moins de moutons pour ce seul troupeau. L’autre ne reviendra pas ; sans doute par manque de place aux alentours le berger aura reçu la consigne de le diriger vers sa bergerie pour la nuit. Ça fait du bruit quand les mères appellent leurs petits. Ça fait du bruit quand ceux-ci, trop vulnérables encore pour être lâchés avec le troupeau dans la journée, cherchent la mamelle maternelle attendue tout l’après-midi. Ça fait du bruit quand le propriétaire engueule le berger et sa femme pour n’avoir su maintenir les bêtes loin de la falaise. Ça fait du bruit quand les roulements des bendirs, rythmés, stridents, profonds, enivrants et enivrés saluent l’arrivée d’Ayur - la lune ronde - sur Amanezzéranne.
Les voix sauvages des femmes résonnent dans la combe, ardente réponse aux tambours. Cela ne dure que deux ou trois minutes, et tous s’arrêtent, synchronisés, net, au coup de fusil qui ponctue le dernier et fulgurant roulement. La magie et la force de l’instant résident dans cette brièveté.
Chèvres et brebis se sont tues, quelques cabris affamés sont encore branchés et dans l’air dansent les escarbilles, crépitent les dernières braises, flotte l’odeur de bois brûlé et des épices dans les gamelles. Suit un long moment de magique plénitude. Une voix chaude comme le feu, douce comme le miel de ces montagnes, récite et répète jusqu’au sommeil de son enfant une litanie apaisante. Des silhouettes se remettent en mouvement. L’une d’elle lance une dernière prière. Elle n’attire que l’autre fquih, le «maître de thé», un des propriétaires, deux tondeurs et trois anciens. Une autre devient Mohamed s’approchant de «mes appartements». Le campement de nouveau s’anime, les psalmodies sont couvertes par les voix des autres hommes et femmes indifférentes à ces ombres dessinées sur la falaise qui se prosternent et se relèvent.
Iminechi est prêt, le thé apéritif servi. Mohamed vient me l’annoncer.
Il est bientôt vingt-et-une heures. La lune rend hommage à Amanezzéranne.
Bonjour à tous,
Après avoir parcouru l'Asie sacs au dos, nous voilà avec deux enfants en bas âge (22 mois et 4 mois) et pas vraiment l'envie de faire des heures d'avion avec chacun un bébé sur les genoux... Nous pensions changer radicalement de façon de voyager et prendre un séjour en club hôtel en Europe, mais les prix prohibitifs et la perspective des jeux apéro nous calment un peu... N'y voyez aucun jugement, c'est juste que ce n'est pas notre type de vacances. On a regardé du côté du Maroc, et du coup, on se demandait si on ne pourrait pas faire quelque chose qui nous ressemble plus sur la côte Atlantique. J'ai donc plusieurs questions: - Pensez-vous qu'un voyage dans la zone Agadir-Essaouira soit bien adapté à des enfants en bas âge en Aout? - Faut-il réserver à l'avance tous les hébergements? - Nous pensons quand même que notre fille de 22 mois qui est très sociable apprécierait la compagnie d'autres enfants. Y aurait-il des hôtels, soit à Agadir, soit à Essaouira, avec une clientèle très familiale, type club all inclusive du coup, afin de couper la poire en deux? Merci d'avance à tous ceux qui pourront nous aider à trouver une solution pour que toute la famille y trouve son compte!
Après avoir parcouru l'Asie sacs au dos, nous voilà avec deux enfants en bas âge (22 mois et 4 mois) et pas vraiment l'envie de faire des heures d'avion avec chacun un bébé sur les genoux... Nous pensions changer radicalement de façon de voyager et prendre un séjour en club hôtel en Europe, mais les prix prohibitifs et la perspective des jeux apéro nous calment un peu... N'y voyez aucun jugement, c'est juste que ce n'est pas notre type de vacances. On a regardé du côté du Maroc, et du coup, on se demandait si on ne pourrait pas faire quelque chose qui nous ressemble plus sur la côte Atlantique. J'ai donc plusieurs questions: - Pensez-vous qu'un voyage dans la zone Agadir-Essaouira soit bien adapté à des enfants en bas âge en Aout? - Faut-il réserver à l'avance tous les hébergements? - Nous pensons quand même que notre fille de 22 mois qui est très sociable apprécierait la compagnie d'autres enfants. Y aurait-il des hôtels, soit à Agadir, soit à Essaouira, avec une clientèle très familiale, type club all inclusive du coup, afin de couper la poire en deux? Merci d'avance à tous ceux qui pourront nous aider à trouver une solution pour que toute la famille y trouve son compte!
Bonjour,
Nous allons passé 15 jours au Maroc fin mars : avion pour Marrakech puis direction sud de l'Atlas pour 10 jours puis retour à Marrakech pour 3-4 jours avant le retour en avion.
Pour l'instant, on a que les billets d'avion
Notre première question, c'est la location de voiture, doit on s'y prendre à l'avance ou voir ça sur place en arrivant ?
On a trouvé samicar sur le web pour 330 € pour les 15 jours, connaissez vous cette agence ?
Et est ce que ça vaut le coup de garder la voiture pour nos 3-4 derniers jours à Marrakech où vaut il mieux qu'on la rende directement en arrivant à Marrakech ?
deuxième question, doit on réserver une chambre tout de suite pour le premier soir avant de traverser l'Atlas ou vaut il mieux se rendre compte sur place ?
On est complètement novice pour ce type de voyage, tous les conseils sont les bienvenus !!!
Merci
deuxième question, doit on réserver une chambre tout de suite pour le premier soir avant de traverser l'Atlas ou vaut il mieux se rendre compte sur place ?
On est complètement novice pour ce type de voyage, tous les conseils sont les bienvenus !!!
Merci
Bonjour ,
Je suis québecoise et maman d'une adolescente de 16 ans qui partira bientôt quinze jours au Maroc avec son collège. Les organisateurs du voyage m'ont mentionné que les marocains cuisinaient régulièrement avec de l'huile d'arachide et ils veulent que ma fille apporte sa prope nourriture ( repas lyophilisés ) du Canada. A ce titre , je me pose quelques questions :
1) Les douanes marocaines permettent-elles l'entrée de denrées non-périssables. ( les repas lyophilisés sont réduits en poudre mais contiennent souvent du poulet ou boeuf déshydratés)?
2) Y a-t-il plusieurs marchés d'alimentation grande surface pour acheter sur place ? A noter qu'ils iront entre autre à Ouarzazate, Ouled Driss et Essaouira
3) Peut-on se fier à l'étiquetage des aliments au Maroc ?
4) Est-il vrai que les marocains utilisent l'huile d'arachide pour la cuisson ?
Je remercie tous ceux et celles qui pourront me répondre car j'aimerais que ma fille puisse participer à ce magnifique voyage mais qu'elle puisse aussi le vivre de façon sécuritaire.
Nathalie
Je suis québecoise et maman d'une adolescente de 16 ans qui partira bientôt quinze jours au Maroc avec son collège. Les organisateurs du voyage m'ont mentionné que les marocains cuisinaient régulièrement avec de l'huile d'arachide et ils veulent que ma fille apporte sa prope nourriture ( repas lyophilisés ) du Canada. A ce titre , je me pose quelques questions :
1) Les douanes marocaines permettent-elles l'entrée de denrées non-périssables. ( les repas lyophilisés sont réduits en poudre mais contiennent souvent du poulet ou boeuf déshydratés)?
2) Y a-t-il plusieurs marchés d'alimentation grande surface pour acheter sur place ? A noter qu'ils iront entre autre à Ouarzazate, Ouled Driss et Essaouira
3) Peut-on se fier à l'étiquetage des aliments au Maroc ?
4) Est-il vrai que les marocains utilisent l'huile d'arachide pour la cuisson ?
Je remercie tous ceux et celles qui pourront me répondre car j'aimerais que ma fille puisse participer à ce magnifique voyage mais qu'elle puisse aussi le vivre de façon sécuritaire.
Nathalie
MARRAKECH, délices et délires de la Ville Rouge(1)
Toussaint à Paris, Bleu à Marrakech…La recette est à trois heures de Lyon( décalage horaire compris)… Vous quittez Lyon sous les brumes d’Automne avec un petit 10° et, trois heures après, vous débarquez au pays des mille et une nuits avec un 21° à 11 heures du soir…
Dommage que des milliers d’européens aient eu la même idée qu’Ulysse…du type de ces petits vieux distingués, pull bleu pâle pour lui, cachemire rose fushia pour elle, qui pestent contre la bureaucratie policière tatillonne et exemplaire, tout en grignotant insensiblement ma place dans la file d’attente…
Cà y est : il va pouvoir récupérer ses valises avant qu’on ne lui les vole…il marcherait presque sur Berthe, qu’il oublie au contrôle de police et qui crie : « Jean, Jean !! » attends moi »
Ulysse mentalement fait le calcul : la queue policière d’une demi-heure est l’équivalent de quatre cents kilomètres du Boeing 737-80 dont il vient de débarquer : péril de cette très belle et très fragile société de consommation où Berthe et Jean, pétris de certitudes et d’argent, viennent partager le soleil des marrakchi…
Heureusement, Ulysse a hâte de replonger dans cette ville où jusqu’à lors, il n’a fait que transiter : il choisira le plus pauvre des taxis, la voiture la plus brinquebalante dont les vitres n’ont plus d’usage, il ne négociera même pas le prix de nuit : touriste de base, il est, émerveillé de quitter ses petites misères européennes et de respirer si vite cette odeur d’Afrique qu’il n’a jamais quittée.
Rentrer dans Marrakech de nuit est un plaisir à nul autre pareil : Ulysse ouvre grand les yeux et respire une odeur d’Atlas, de désert et de fuel mélangés…
Toussaint à Paris, Bleu à Marrakech…La recette est à trois heures de Lyon( décalage horaire compris)… Vous quittez Lyon sous les brumes d’Automne avec un petit 10° et, trois heures après, vous débarquez au pays des mille et une nuits avec un 21° à 11 heures du soir…
Dommage que des milliers d’européens aient eu la même idée qu’Ulysse…du type de ces petits vieux distingués, pull bleu pâle pour lui, cachemire rose fushia pour elle, qui pestent contre la bureaucratie policière tatillonne et exemplaire, tout en grignotant insensiblement ma place dans la file d’attente…
Cà y est : il va pouvoir récupérer ses valises avant qu’on ne lui les vole…il marcherait presque sur Berthe, qu’il oublie au contrôle de police et qui crie : « Jean, Jean !! » attends moi »
Ulysse mentalement fait le calcul : la queue policière d’une demi-heure est l’équivalent de quatre cents kilomètres du Boeing 737-80 dont il vient de débarquer : péril de cette très belle et très fragile société de consommation où Berthe et Jean, pétris de certitudes et d’argent, viennent partager le soleil des marrakchi…
Heureusement, Ulysse a hâte de replonger dans cette ville où jusqu’à lors, il n’a fait que transiter : il choisira le plus pauvre des taxis, la voiture la plus brinquebalante dont les vitres n’ont plus d’usage, il ne négociera même pas le prix de nuit : touriste de base, il est, émerveillé de quitter ses petites misères européennes et de respirer si vite cette odeur d’Afrique qu’il n’a jamais quittée.
Rentrer dans Marrakech de nuit est un plaisir à nul autre pareil : Ulysse ouvre grand les yeux et respire une odeur d’Atlas, de désert et de fuel mélangés…
Maroc 12 jours à pied dans le haut Atlas autour du M'Goun en juillet 2007
Partir en voyage accompagné ce n'est pas mon fort, mais du fait d'une bande de Basques enthousiastes je me suis laissé convaincre et je ne le regrette pas. Le but de la balade consiste en douze jours de randonnée dans la région du M'Goun, gravir ce sommet de 4046 mètres puis descendre jusqu'à la vallée des Roses.
Je vais donc décrire cette promenade dans le Haut Atlas, le long d'un itinéraire très connu sur lequel les trekkeurs occidentaux sont nombreux. Cependant, bien qu'ayant eu quelques craintes de parcourir ce circuit, de peur d'être confronté à la foule de mes semblables, le voyage a été très agréable. Le cadre magnifique, à lui seul, justifie tous les bains de foule, qui cependant n'ont pas eu lieu. Les groupes rencontrés parfois à certaines étapes ou croisés, n'ont pas représenté de gêne. Je ne peux que conseiller ce genre d'expérience, même aux amateurs de solitude et de randonnées en solitaire.
Après un départ de Bordeaux quelque peu mouvementé prévu à 22 h qui a finalement eu lieu à 4h du matin, un vol court nous amène à Marrakech au lever du jour. Nous sommes au mois de juillet, la chaleur est intense. Notre guide Ali, nous attend et nous conduit à l'hôtel où la nuit était prévue. Après un somme de quelques heures sur la terrasse, ou pour les moins avisés dans des chambres surchauffées, nous nous retrouvons tous sur le toit de l'hôtel. Dans cette fournaise, un petit courant d'air intermittent amène sur la peau un soupçon de rafraîchissement. Heureusement nous n'allons rester que quelques heures dans cette ville. Je n'imagine pas à cette période de l'année y séjourner longuement. Un petit déjeuner agréable nous est servi. Le minibus qui nous emmènera à destination de Tabant, point de départ de notre randonnée, part vers les onze heures. Nous mettons à profit les deux heures d'attente pour découvrir cette ville tant à la mode chez les Occidentaux. Le matin manifestement la localité semble encore ensommeillée.
L'heure du départ ayant sonné, armes et bagages entassés, le véhicule part en direction du Haut Atlas. Le pays est très sec et rocailleux. Vers les midi arrêt dans une petite ville, nous déjeunons dans un restaurant à l'atmosphère étouffante. De nouveau sur la route, les montagnes commencent à se dresser devant nous. Un col en altitude barre l'horizon. Après l'avoir pratiquement atteint, Ali fait arrêter le véhicule devant un groupe de paysans occupé à battre le blé à l'aide de chevaux qui le foulent sous les sabots. Ils tournent en ligne de front sur une aire circulaire et les paysans jettent au vent à la fourche la paille qui s'envole au gré des courants d'air. Le but étant qu'à la fin de l'opération il ne reste que le grain au sol. Certains d'entre nous vont s'initier à la conduite des trains de chevaux, tels des Ben Hur, et au coup de fourche dans le ciel, ce qui déclenchera un fou rire généralisé aussi bien de la part des paysans marocains que de la nôtre.
Du col nous plongeons dans une vallée profonde. Le terme de notre voyage en véhicule est le petit village de Tabant, blotti à 1850 mètres d'altitude. Le cadre est magnifique. Nous sommes entourés de montagnes imposantes, à l'allure aride. Le gîte est une bâtisse sur un niveau avec une cour intérieur de laquelle nous pouvons voir les sommets environnants. Si l'air est plus frais qu'à Marrakech, les mouches manifestement le savent et apprécient aussi le coin. Nos affaires déposées, nous partons à la découverte des environs. Un imposant tertre d'une centaine de mètres de haut nous invite à l'escalade. Par une sente escarpée nous en atteignons le faîte. Le panorama est magnifique. Une multitude de groupes de maisons couleur terre sont accrochés un peu partout le long des plissements de cette chaîne montagneuse puissante. De nombreuses terrasses à la teinte dorée, servant au battage des céréales, s'échelonnent au dessus de Tabant. A cette heure chevaux et paysans ont regagné leur demeure. Le vert des cultures tranche très nettement sur la couleur terne, un peu poussière qui domine dans ce paysage. Le ciel, lui-même, affiche une couleur presque neutre. La quantité de particules en suspension, faisant en quelque sorte le lien entre le sol et l'atmosphère, donne cette apparence du brouillard ténu. Cette visibilité réduite, relativement car portant à quelques kilomètres, bien spécifique de l'Afrique je l'ai aussi expérimentée le long des plages girondines. En effet, en remontant du cap Ferret à la pointe de Graves sur une centaine de kilomètres, les pieds dans l'eau, on a la sensation d'avancer vers le néant du fait de cette poussière de sable en suspension, qui limite la visibilité aussi à quelques kilomètres. Il en découle que l'œil n'a aucun point de repère sur lequel s'accrocher afin d'évaluer la distance à parcourir. Le seul repère de distance est donné par le podomètre ou le GPS. Mais dans le fond, il est préférable dans ces cas-là de ne posséder aucun de ces deux engins, destinés à tout rationaliser, alors que l'on est à la recherche du plaisir, qui ne quantifie pas avec des engins, et d'une apparence de liberté par rapport à notre mode de vie trop structuré. Toujours, lorsque je me promène à l'étranger me viennent tout naturellement des éléments de comparaison avec ce que j'ai vécu en France.
Revenons au sommet de notre tertre. Une imposante construction circulaire trône et impose sa silhouette. Il s'agit d'une ancienne ferme. L'occupant des lieux nous offre le café aimablement, cependant il nous fait remarquer que nous ne le payons pas assez. Aïe! Aurions-nous fait une erreur, voire une impolitesse? Les choses s'arrangent, mais le tenant du lieu semble nous garder quelque grief.
Nous rejoignons notre gîte dans la cour duquel le regard plongeait de notre hauteur. Comble du luxe, il y a même une douche. Le repas sera sympathique et l'ambiance au rire et à la joie à l'idée de la magnifique balade qui commence le lendemain. Aucun d'entre nous ne connaît cette région, ce qui fait que la curiosité et l'empressement nous rendent tous impatients de nous retrouver quelques heures plus tard.
Après une nuit très correcte, répartis dans deux pièces exiguës, où nous avons dormi sur des paillasses à même le sol, nous sommes accueillis par un spectacle grandiose. Le soleil se lève et illumine les grandes pentes de caillasses escarpées et arides qui nous dominent. La lumière du jour dessine toutes les arêtes et laisse les gorges à leur mystère. Une telle vision réveille instantanément mon instinct de grimpeur et je m'imagine le long de ces rochers, assister à la naissance du jour. Le bivouac en montagne, accroché à une paroi, est l'une des plus belles expériences que j'ai fait dans ma vie, et toujours aussi intense malgré les répétitions. Cela m'a peut-être permis de garder mon regard d'enfant qui s'émerveille facilement. Je me souviens d'une nuit passée au milieu de la face nord-ouest de l'Olan. Étant arrivés tôt au refuge, nous avons décidé d'attaquer tout de suite. Ce qui nous a conduits au pied de la paroi vers les seize heures. Au début septembre les jours étant longs, la nuit nous a surpris alors que nous avions déjà gravi la moitié de la paroi, c'est à dire cinq ou six cents mètres. Nous nous sommes installés au moins mal sur une dalle en pente, bien arrimés à quelques pitons pour éviter le grand plongeon dans le sommeil, et nous avons gouté à un spectacle fabuleux. Une mer de nuages, quelques centaines de mètres plus bas, butait contre notre paroi et s'allongeait jusqu'à l'infini. Le soleil s'est englouti au loin en une multitude de couleurs et de dégradés et nous a abandonnés à la nuit et à l'austérité froide de cette immensité minérale verticale, se parant de menaces dans l'obscurité. Les émotions que l'on ressent dans ces moments, loin de tout au beau milieu d'une paroi de plus de mille mètres, montée et descente présentant les mêmes difficultés, voire les mêmes impossibilités en cas de mauvais temps, restent gravées en vous une vie entière. Voilà pourquoi un soleil levant ou couchant sur une paroi éveille toujours chez moi de très fortes émotions.
Avant le petit déjeuner, je profite d'un moment de solitude pour me plonger dans la contemplation de ce monde minéral. Avec quelque indiscrétion je pars à l'aventure au milieu de grands bâtiments en torchis qui jouxtent notre refuge. Les murs sont mangés par de grands trous béants, probablement résultat de la pluie ruisselant sur ces constructions en boue séchée. Cette terre, de laquelle les habitations sont construites, est la même qui constitue les immenses flancs de la montagne. On passe des unes aux autres sans aucune rupture dans les tons et les couleurs. De cette uniformité se dégage une impression particulière, comme si l'homme dans ces contrées faisait réellement partie intégrante du décor en s'y fondant complètement, bien loin de l'impression que dégagent nos villes et de notre civilisation mangeuses de nature.
Nous débutons la première étape. Nous longeons la vallée principale. De grands arbres aux épaisses feuilles nous accompagnent le long d'un ruisseau. Au débouché dans un champ, deux cigognes nous regardent passer. Elles ne montrent pas le moindre signe d'inquiétude. De toute évidence elles ont l'habitude de voir ces visages pâles étonnés, marquer l'arrêt et sortir leur troisième œil pour les immortaliser dans le but de les classer et les ranger dans un énième dossier de voyage. Première halte à l'ombre d'un immense noyer, nous sommes assis en rond à même les gros galets du fond de la vallée. Ali fait circuler parmi nous son sac de fruits secs. Outre les arachides et autres noix de cajou, quelques magnifiques dattes font la joie de tous. Il s'agit de la toute première halte, prélude à un rite qui s'accomplira deux fois par jours durant deux semaines. Nous découvrons ce guide attentif, cultivé qui connait magnifiquement son pays.
Après cette courte pose la marche reprend. Le long du chemin, encore des aires de battage des céréales. La technique utilisée, jeter à la fourche la paille en l'air afin que le vent en emporte les particules légères dont on veut se défaire, doit être millénaire. Bien qu'en terre musulmane on ne peut s'empêcher de penser aux débuts de l'ère chrétienne. Les animaux et les hommes que nous regardons feraient des personnes idéaux dans une crèche le jour de la naissance du Christ.
Sur notre droite une vallée secondaire apparaît. Nous allons la remonter jusqu'à un col Tarkeddit dont l'altitude est de 3300 mètres. Nous ne le franchirons que le lendemain, car le bivouaque est prévu quelque part sur un replat à son pied. Avant de quitter la vallée principale, je ne peux m'empêcher de la contempler une dernière fois et de me demander par quel phénomène géologique, ces grosses pyramides de terre et de pierres, parcourues d'immenses strates aux courbes torturées, ont pu prendre naissance et se dresser au beau milieu de cette large dépression.
Le fond du vallon est parcouru par un torrent alerte, dont les multiples cascades soulèvent une écume qui contraste dans ce relief semi-désertique. Après avoir erré quelque peu au milieu de broussailles au confluent des deux vallées, un chemin bien dessiné montre la direction. La montée commence. Il va nous falloir franchir le torrent. Nous regardons nos mules lourdement chargées s'affranchir de cette opération. À notre tour de traverser et bien évidemment pour les premiers qui ne s'y attendent pas de gros cailloux lancés avec précision, leur donnent l'occasion de prendre un petit rafraîchissement, ma foi très agréable. Un village se trouve sur notre route, nous y achetons quelques bouteilles d'eau. D'ailleurs tout au long de notre voyage, se présenteront de petits commerces et lorsque les villages seront trop éloignés, des enfants nous proposeront de l'eau en bouteille sans laquelle nous considérons qu'il n'y pas point de salut.
L'heure du repas approche. Nous débouchons sur une petite plaine légèrement verdoyante, dominée d'un monticule caillouteux sur lequel un troupeau de moutons se presse. On les confond presque avec les pierres, dont la corpulence et la couleur sont les mêmes. Nous approchons de quelques bergeries aux murs de pierre et au toit plat couvert de chaume. Oh surprise! Une belle table avec un plat rond en son centre entouré de onze assiettes joliment remplies d'une magnifique salade de crudités aux couleurs vives nous attend. Nos muletiers sont en plus des artistes de la cuisine et de la décoration.
Après cette halte bien agréable, nous reprenons notre marche vers le fond de la vallée. A l'arrière plan le M'Goun ou Amsod (vent) se dessine. Nous quittons l'axe principal pour un embranchement sur la droite. Arrivés à un replat nos muletiers nous attendent et ont préparé le campement pour la nuit. Chaque soir la même opération se renouvellera. Une fois bien installé, chacun vaque à ces petites occupations. Le ruisseau permet un décrassage sommaire. A la tombée de la nuit nos accompagnateurs marocains entonnent des chansons traditionnelles accompagnées d'instruments de musique rudimentaires, grelots, gros bidon vide, bassine en plastique et même une boîte de conserve, qu'ils utilisent comme instruments à percutions. Les Basques donnent la réplique en entonnant leurs chants que tous reprennent en cœur, je me sens vraiment bercé par des traditions qui ne sont pas les miennes. Marocains et Basques sont sur la même longueur d'onde lorsqu'il s'agit d'entonner leurs chansons à tue-tête. Cette ambiance est extraordinaire. Juchés sur notre terrasse, perdue au milieu d'un immense pan de montagne nous assistons à l'arrivée de la nuit et du mystère qui descend sur cette terre d'altitude. Les formes et les dimensions deviennent imprécises et permettent à l'esprit toutes les extravagances. Avec un peu d'imagination, dans ces boursouflements verticaux qui se drapent de secret avec les ténèbres, je m'imagine toute une faune préhistorique qui a pu peupler ces escarpements, que le pied de l'homme n'a certainement pas encore foulés en bien des endroits. Peut-être que pas très loin, dans le creux d'une couche géologique protectrice, un spécimen vieux de plusieurs millions d'années, attend patiemment de nous révéler ses secrets, afin de nous faire progresser sur le mystère du ou des chaînons manquants. Bivouaquer seul dans ces montagnes doit encore augmenter l'émotion produite par la divagation de l'esprit. Cependant, je dois reconnaître que le voyage en groupe apporte d'autres joies, peut-être aussi une certaine tranquillité, qu'une recherche d'absolu à travers le voyage en solitaire généralement exclue. Il est très intéressant de pouvoir expérimenter les deux, qui représentent des approches distinctes d'une même quête, la découverte de soi au filtre de la nature et des autres.
Dans la spacieuse tente salle à manger nous allons poursuivre la découverte des dons culinaires de notre cuisinier. Malheureusement cela fait maintenant plus de deux ans et le détail des mets ne me revient pas. Cependant, me reste en mémoire une impression de satisfaction de manger des plats bien présentés à la saveur prononcée. Chaque soir cette réunion nous permettra de comparer nos impressions de la journée sur ces régions que nous découvrons.
Après une nuit tiède sans plus à 2250 mètres d'altitude, qui a favorisé un sommeil réparateur, le décor fabuleux de la montagne marocaine nous accueille. Devant nous un raidillon de mille mètres doit nous conduire au col de Tarkeddit donnant accès au plateau du même nom au pied du M'Goun. La végétation change. Seuls subsistent de gros buissons en boule aux piquants acérés, dont la couleur verte contraste étonnamment avec la couleur ocre du sol complètement desséché. La nature s'adapte à toutes les conditions. Dans certaines parties du désert il existe même des poissons qui lorsque l'eau se retire, s'enfoncent dans la boue avant qu'elle ne sèche. Une fois à l'intérieur, la sécheresse arrivant, ils se transforment en produit déshydraté, et peuvent attendre plusieurs années la pluie qui les regonflera et leur rendra en quelque sorte la vie pour un temps! Comment imaginer qu'une telle évolution conduisant à l'adaptation aux conditions locales soit simplement le fruit du hasard?
Le chemin raide s'étire en de nombreux lacets le long d'un flanc de montagne constellé de myriades de ces gros buissons piquants. Les différents groupes de trekkeurs s'échelonnent sur ces mille mètres de dénivelé. Les mules au chargement multicolore et parfois hétéroclite donnent une touche étonnante à la scène. On distingue d'une part les trains d'animaux qui accompagnent les touristes et d'autre part les équipages qui se livrent au commerce de vallée en vallée et ravitaillent les villages. On les reconnaît facilement par leur chargement. En effet dans le premier cas les ustensiles de camping avec matelas et tentes prédominent sur le dos des animaux, tandis que pour les seconds il s'agit de sacs contenant du ravitaillement et en particulier des céréales.
Une fois le col atteint, l'Amsod, du haut de ses quatre mille mètres, nous saute à la figure et obstrue tout l'arrière-plan. Sa couleur sombre, grise presque noire par endroits est mise en exergue par deux grosses taches de neige qui soulignent son arête terminale. L'endroit est venté et nous nous abritons en nous collant à de gros rochers pour faire une pause. Le froid est tout relatif, cependant nous réagissons à l'amplitude thermique. La vue de ce point de passage est magnifique, la terre prend toutes sortes de couleurs, en particulier par endroit une teinte indéfinissable, peut-être lie de vin claire. À nos pieds se dessine le large plateau de Tarkeddit dont l'altitude est de 2900 mètres. En quelques centaines de mètres de dénivelé nous le rejoignons. Ce sera notre lieu de campement pour ce soir. Ce site est à la croisée de nombreux itinéraires de treks, ce qui explique le nombre important de groupes qui y stationnent. Mais il y a de l'espace et nous ne nous gênons pas les uns les autres. Cependant, ceux qui veulent aller prendre une douche au refuge ressentent un peu plus la foule, car il faut faire la queue dans l'attente d'un peu d'eau. Je ne sens pas le besoin de me laver, ce qui m'évite de me retrouver dans ce refuge, qui a toutes les caractéristiques d'un refuge chamoniard un quatorze juillet ou un quinze août. Mais note lieu de campement est suffisamment éloigné pour nous permettre d'être bien tranquilles. De nombreux animaux paissent sur ce grand terrain plat. On y croise des chevaux, des mulets, des chèvres et quelques chameaux. En particulier un spectacle attire l'œil. Une jeune femme au port altier et à l'allure sauvage passe à grandes enjambées, suivie de près par de magnifiques chameaux blancs. Elle se refuse à toute photo, dommage car elle a vraiment fière allure avec son troupeau.
Lever très matinal, de nuit, car Ali veut éviter tout risque d'orage sur le sommet que nous comptons grimper aujourd'hui. Nous démarrons avec l'arrivée de l'aube. Un long vallon caillouteux remonte jusqu'à une arête, qu'il nous faudra suivre pour atteindre le but. Tout n'est que minéral, plus une seule plante, seulement cette pierre sombre à perte de vue. Il fait frais, le vent souffle avec force. Nous sommes tous emmitouflés. Les groupes nombreux et compactes comme repliés sur eux s'égrainent sur cette sente austère. On sent une certaine compétition montée, sans doute générée par les différents guides et le rythme s'accélère. Les groupes parfois explosent semant au gré du chemin les malheureux qui perdent le souffle. Mais les guides veillant, des haltes sont imposées pour rassembler les troupeaux. Au cours de ces arrêts le corps se refroidit et la reprise de la marche est une délivrance.
L'arête est atteinte, son altitude se situe aux environs des trois mille neuf cents mètres. Le vue s'étend à un espace immense, essentiellement minéral. Il nous faut maintenant suivre cette crête, en ondulations amples, qui conduit tout là-bas au point culminant. Elle s'incurve au-dessus d'un vaste versant couvert d'un gigantesque pierrier sombre, par lequel nous rejoindrons le profond vallon qui nous conduira à la vallée d'Oulilimt. De par l'effet de perspective, la trace qui fend ce vaste versant nous apparaît d'une raideur extrême. Cette illusion trompeuse est due à la vue presque de face de ce pan de montagne qui se situe à l'opposé de la crête en demi-cercle que nous avons à parcourir. Enfin le sommet est atteint. Cette longue marche aérienne entre deux versants est un enchantement. J'aimerais que cela ne finisse pas. Cette cime est le point le plus important, donc le plus convoité de notre randonnée. Cela fait trois jours que nous la voyons se rapprocher lentement, quand elle veut bien ne pas se cacher. Tout naturellement la joie explose sur tous les visages. Une longue station est nécessaire pour assouvir tout ce plaisir, qui concrétise un rêve de plusieurs mois pour certains, voire de plusieurs années pour d'autres.
Le moment de quitter ce lieu haut perché arrive. Un dernier regard circulaire sur ce panorama presque désertique et nous plongeons dans un raide pierrier. Le calibre des pierres est idéal pour se lancer dans une course effrénée à grands bonds dans cette pente abrupte. La descente des pierriers en courant le plus vite possible m'a toujours procuré une immense jouissance. Je me souviens de certains endroits des Dolomites où après de splendides escalades des pierriers sur des centaines de mètres offraient des sensations extraordinaires. En effet les bonds dans des fortes pentes donnent vraiment l'impression de décoller, et l'atterrissage restant relativement doux du fait de l'amorti qu'offrent les pierres qui roulent sous la semelle. Dans le Dévoluy au pied de la crête des Bergers, montagne où s'est tué Jean Couzy l'un des plus doué alpinistes de sa génération, se trouvent des pierriers à couper le souffle. Mais aujourd'hui je vais réfréner mon ardeur et garder une vitesse de descente modérée, car une blessure serait une gêne pour tout le groupe, et ce serait de l'inconséquence de leur imposer une telle situation. Cependant, sans tout donner la sensation est malgré tout très agréable.
Après ce grand cirque rapidement dépassé, un long vallon aux couleurs sombres s'enfonce entre des parois rocheuses. De façon imperceptible la végétation réapparait. Au fond d'une gorge profonde subsistent quelques restes de neige, résultant sans doute de grosses avalanches qui sont venues s'accumuler dans cette dépression. Il y a quelques années à cet endroit s'est déroulé un drame. Deux randonneuses lyonnaises sont mortes, surprises par le mauvais temps de nuit. Par touches successives la couleur ocre se substitue au gris. La chaleur se fait plus insistante. Les gros buissons verts sont à nouveau présents. Le long d'une petite crête une chamelle et son petit s'en nourrissent. Mais comment font-ils pour mâcher ces épines dures comme du fer et effilées comme des rasoirs? Enfin se dévoile le fond de la vallée et le campement que nos muletiers ont monté. Un dernier raidillon et nous voilà arrivés. Il est treize heures, la chaleur dans ce recoin rocheux est terrible. On se croirait dans un four. Un repas savoureux nous fait le plus grand bien. Un ruisseau à l'eau froide permet de se laver. Afin de ne pas le polluer certains utilisent de petites bassines et déversent l'eau utilisée à distance du lit du cours d'eau.
Je profite de cet après-midi pour observer les environs et tout particulièrement les chameaux qui broutent autour du camp. Ils s'aventurent sur des pentes en éboulis instables sans la moindre hésitation et jamais ils ne dérapent. Leurs sabots sont de véritables crampons.
Des enfants viennent nous proposer de l'eau en bouteilles et des fossiles. De toute évidence, ce genre de trek que l'on fait accompagné par un guide et son équipe de muletiers peut s'entreprendre seul avec un minimum de poids. En effet de l'eau on en trouve partout, car la rivière n'est jamais loin et avec des pastilles d'épuration elle devient buvable. D'autre part à plusieurs reprises j'ai vu des sources , où à mon avis l'eau est potable telle quelle. Et dernier recours, et là tout au long des deux semaines la même scène s'est répétée, des enfants viennent vous vendre des bouteilles d'eau minérale. En outre, dans les villages traversés, au moins un par jour et souvent plus, se trouve toujours une petite épicerie qui fournit l'alimentation de base voire un peu plus. De plus dans ces hameaux, le logement ne pose généralement pas de problème car on y trouve des gîtes. Le plus difficile à résoudre pour se lancer seul dans ce type d'aventure, provient de la complexité de trouver la carte qui décrit l'itinéraire.
Avec le déclin du soleil l'ombre arrive assez tôt, du fait de la hauteur des sommets qui nous entourent. D'autres groupes campent dans les parages, mais les distances sont suffisamment grandes pour que nous ne nous entendions pratiquement pas. Sous la tente salle à manger la soirée sera encore très conviviale. De toute évidence voyager de cette manière est très différent du voyage seul avec un sac réduit. Dans ce dernier cas souvent les nuits sont beaucoup plus spartiates et la nourriture moins diversifiée. Dans le fond ça fait du bien de se laisser dorloter.
Une fois la nuit bien installée je pars n'installer pour contempler les étoiles. Les conditions sont idéales, l'altitude, l'absence de lumière résiduelle et un ciel sans nuage sont les éléments prélude à un spectacle de grande beauté. Malgré la densité et la luminosité des étoiles, le voûte céleste affiche une couleur noire. Certains calculs montrent que du fait de la multitude de corps cosmiques qui nous éclairent la nuit, la lumière qui en découle devrait être des milliers de fois plus intense que celle que nous percevons. Cette con station milite pour la théorie de l'expansion de l'univers. En effet, ce paradoxe de lumière manquante provient du fait que le calcul est fait en statique ce qui démontre que l'hypothèse est fausse, et par conséquent semble prouver que les galaxies s'éloignent les unes des autres. Une belle voûte étoilée permet tous les rêves les plus fous et souvent on reste bien en-deçà de la réalité scientifique, qui tous les jours fait des découvertes toujours plus époustouflantes. Le dictionnaire amoureux du Ciel et des Etoiles de Trinh Xuan Thuan est un livre très accessible faisant un point clair et compréhensible par tous sur les avancées actuelles dans ce domaine. Ce pavé de plus de mille pages se lit comme un incroyable roman de science fiction pour certaines parties et comme un beau livre d'histoire au cours des âges pour d'autres. Mais on est transporté tout du long, et lorsqu'on en est bien imprégné, se coucher sous les étoiles entraîne un bouillonnement de pensées et d'images dans le cerveau. J'imagine un peu ce que pouvait éprouver Saint-Exupéry perdu dans le désert suite à une panne de moteur de son avion.
Le matin, comme nous le faisons depuis trois jours, le rite du branle-bas commence à se rôder. Un bon petit déjeuner nous est servi, puis nous fermons chacun notre sac que nous entassons, puis nous nous mettons en route. Les muletiers se chargeront de tout récupérer et de constituer les chargements des mules. L'étape de ce jour se déroule pour sa première partie le long d'une petite sente qui domine le cours d'eau. La végétation est extraordinaire. Toujours ces grosses boules de piquants, certaines d'entre elles fleurissent et se couvrent d'une multitude de petites fleurs jaunes. Par endroit, le sol couleur ocre est semé de gros cailloux de la même teinte. Les thuyas ces arbres incroyables font leur apparition. L'harmonie entre ces différents éléments végétaux et minéraux est totale dans l'association des formes des dimensions et des couleurs.
Le thuya est vraiment une curiosité à plus d'un titre. Tout d'abord en contemplant les pans des grandes montagnes qui nous entourent, on réalise qu'il a colonisé bien des escarpements. Il ne s'agit pas d'un arbuste, car certains échantillons approchent les dix mètres de haut. Comparativement à la masse de bois le feuillage est de petite dimension, un peu à la manière de touffes éparses accrochées à des branches massives. Chaque individu a des mutilations à la scie. Des sections coupées se dégage une senteur puissante et très agréable. Ali nous explique que chaque arbre a un propriétaire et qu'il ne s'agit pas d'aller couper une branche d'un individu qui appartient au voisin. Certains sont très loin du chemin à des centaines de mètres de dénivelé, ils ont cependant un propriétaire. De toute évidence ils sont multi-centenaires, probablement millénaires pour nombre d'entre eux. Ils doivent se transmettre par héritage.
Alors que nous profitons d'un point de vue magnifique sur la vallée que nous dominons, nos muletiers nous dépassent. Ils ont fière allure, le chef muletier dans sa djellaba marron et le cuisinier, grand noir au port altier et au regard pétillant, vêtu de clair hormis son couvre-chef noir. Les animaux malgré leur chargement volumineux se déplacent sans difficulté sur ce sentier étroit et aérien par endroit.
Nous passons quelques lieux d'habitation estivale d'éleveurs. La famille complète y séjourne, les conditions de vie sont de toute évidence spartiates. Les maisons sont de simples tas de cailloux à hauteur d'homme couverts d'un peu de terre. En contrebas du chemin on les distingue à peine des amoncellements de pierres dus à la nature. Des petits enfants s'égaillent autour de ce lieu de stationnement. Des femmes à l'air farouche, à moins qu'elles ne soient excédées montrent des signes de mécontentement si l'on essaie de les photographier, bien que le sentier passe à une distance de quelques centaines de mètres.
Une descente raide nous ramène en fonde la vallée en un point étonnant. Il s'agit d'une grande zone d'érosion à la confluence de deux gorges. Une multitude d'édifices de terre, telles des citadelles en ruine se dressent en troupe serrée en bordure de rivière. Le lieu est idéal pour la pause de midi. La fraîcheur, conjugaison de l'eau qui court de l'ombre que prodiguent ces grandes cheminées de fées et du courant d'air créé, donne à cette halte une petite touche de paradis. Tous en profitent pour se baigner. Pour ma part, je pars me perdre dans les couloirs profonds, raides et glissants qui s'enfoncent dans ces roches érodées. Je gagne quelques dizaines de mètres et je décide de m'arrêter pour des raisons de sécurité. Le point de vue est enchanteur. L’un des énorme rochers posé à même les galets sur la partie sèche du lit de la rivière ressemble à une espèce de grosse bête préhistorique qui semble le gardien du lieu, à moins qu'il ne s'agisse d'une mariée avec une traîne imposante. Ces montagnes donnent loisir à toutes les divagations lorsqu'on observe le travail de l'érosion sur la roche.
Nous reprenons notre route assez tôt. Le chemin est à même les galets. La chaleur est importante, du fait de l'altitude qui diminue et aussi du fait de la réverbération sur la roche claire. Le lieu d'arrêt prévu est déjà occupé, il nous faut donc aller un peu plus loin. Nous nous installons en bordure de rivière. La vallée est large un peu en U. L'eau est tentante, peu profonde, elle court sur des galets. L'endroit est idéal pour un petit rafraîchissement. Quelques constructions, avivent notre curiosité. Nous partons les visiter. Il s'agit d'un grenier à grains de belle dimension. Ces constructions en torchis donnent toujours l'impression d'être en déliquescence. Un jeune couple de Français, croulant sous des sacs énormes remontent la vallée. Ils s'arrêtent à notre campement et Ali leur offre le thé.
De retour vers le campement, accompagné de Jean-Paul je remonte la rive opposée de la rivière. Une petite cascade jaillit d'un muret. Jean-Paul pense qu'il s'agit d'une source et s'abreuve abondamment. Cela me paraît bizarre. J'escalade le mur d'où l'eau gicle et je constate qu'il s'agit d'un défaut d'étanchéité du muret d'un canal d'irrigation. Mais toutes les bêtes y viennent et la boire comme l'a fait mon camarde peut entraîner quelques désagréments. Il ne s'émeut pas pour autant. Il me demande de lui passer quelques pastilles d'épuration qu'il croque sur le champ. En effet le remède sera efficace, il n'aura aucun trouble digestif.
Ce lieu où nous campons s'appelle Tighremt n'Aït Ahmed et se situe à 2200 mètres d'altitude. Comme tous les soirs précédents l'ambiance sera à la fête, les rires et les chansons fuseront de toutes parts. Je m'étonne parfois de trouver un tel plaisir à une randonnée en groupe, moi qui suis habitué à partir seul en montagne. Le sommeil sera calme et profond. Dans ces contrées il n'y a pratiquement pas d'humidité d'où absence totale de condensation dans les tentes, ce qui explique peut-être en partie la quiétude des nuits?
Nous entamons notre cinquième jour de marche. La végétation commence à changer avec l'altitude qui diminue. Dans les méandres de la rivière commencent à apparaître de grandes zones verdoyantes, arbres à feuilles caduques et champs cultivés. Le contraste, entre le brun clair des pentes de rocher et le vert profond qui colonise par endroits le fond de la vallée, donne une touche nouvelle au panorama. Le chemin conduit au travers de villages en corniche, dont les maisons se confondent avec la montagne environnante et s'y intègrent parfaitement par leur forme simple et leur teinte. Les villageois sont habitués à ces trains de touristes. J'évalue à une dizaine, au moins, le nombre de groupes par jour qui empreinte ce sentier à cette époque de l'année. Dans l'un des villages, deux tous petits gamins, huit ans maximum, sont juchés au sommet d'un mulet et essaient de le faire manœuvrer dans une rue étroite. Un peu avant ce même village un autre gamin à l'air abattu, monté lui aussi sur un âne, s'est approché de nous et nous a demandé des médicaments car il avait une rage de dents ou mal à la tête. Nous lui avons donné quelques aspirines et il a repris son chemin en remontant la rivière.
La halte de midi a lieu au gîte chez Jarnel, magnifique construction à un étage au pied d'une falaise escarpée. L'intérieur est de toute beauté, tout particulièrement la charpente en thuya qui dégage un parfum puissant dans chacune des pièces. Des enfants viennent se faire photographier dans l'espoir de récupérer quelques pièces. Nous profitons de cet arrêt aux heures chaudes pour aller nous rafraîchir en bordure de rivière. De nombreux enfants s'y amusent. Un petit bout de chou de trois quatre ans, seul sur la rive, descend d'un pas pas très assuré. S'il tombe à l'eau, étant donné le courant, je crains que sa vie ne soit mise en réel danger. Mais cela ne semble déranger personne. C'est peut-être cela le fatalisme musulman? Inch Allah!
Encore quelques heures de marche et nous arrivons à Igherm Izdarn. Nous logeons chez le père de notre guide. Ce dernier récupérera son jeune fils qui nous accompagnera sur la fin de notre voyage. Pour le repas du soir nous avons droit au mouton à la façon locale. Dans un four en terre un feu est allumé, une fois que la quantité de braises est suffisante, le mouton embroché est piqué dans les braises. L'orifice supérieur du four est alors hermétiquement obstrué à l'aide de terre mouillée, constituant un enduit qui colmate bien et empêche tout échange, en particulier d'oxygène. Après un temps de cuisson long, la croûte de terre qui a séché est brisée et apparaît le mouton magnifiquement doré. Cette viande est succulente, cuite uniformément en profondeur. La nuit à l'intérieur de la maison sera moins confortable que sous la tente, en effet la chaleur et le manque de courant d'air seront une gêne pour le sommeil.
Au matin, je suis bien content de sortir à la recherche d'un peu de fraîcheur. Aujourd'hui nous allons nous engager dans une variante qui durant trente six heures va nous conduire sur une variante de cette grande classique. Nous allons quitter la vallée que nous suivons depuis plusieurs jours et nous diriger vers un col donnant accès à la vallée d'à côté. Au court de cette journée et demie nous ne croiserons aucun groupe de trekkeurs. Au sortir du village, une petite épicerie accueillante, nous nous y engouffrons tous à la recherche de quelques friandises et autres bouteilles de jus de fruit chimique.
La halte de dix heures a lieu dans le village du frère d’Ali. Nous sommes reçus avec beaucoup de gentille pour le thé. De succulents petits gâteaux accompagnent la boisson. Le moment passé dans ce village nous laissera un très agréable souvenir. Une fois de retour dans le lit de la rivière et reprenons notre marche vers le col. Le paysage est imposant, des falaises nous encerclent, des thuyas de grandes taille au bois torturé ponctuent le sentier. Ces arbres sont vraiment étonnants, ils sortent d'une terre complètement aride et exhibent des troncs et des branches de taille imposante. Je ne me lasse pas de las admirer, ils sont tous différents et présentent des courbes et des volumes très esthétiques, et puis ils sentent si bon! A proximité du col, une vaste bergerie, à peine surélevée du sol, non occupée nous offre un lieu de déjeuner agréable et original. De cet emplacement, la vue sur la vallée en conter-bas et sur les montagnes qui nous entourent, est absolument magnifique. A par nous absolument personne. Je me fais la réflexion que dès que l'on quitte les itinéraires à la mode la montagne est presque déserte. J'ai déjà fait ce type d'expérience dans les Alpes et les Pyrénées. Après une longue pose, le col est rapidement atteint. La zone est presque désertique. Seul, de loin en loin, un thuya apporte sa pointe de verdure. Ce type d'endroit j'aimerais m'y arrêter et y passer la nuit seul face aux étoiles. Mais il n'en est pas question. Nous basculons dans une autre vallée et rapidement nous atteignons le village d’Arg. Une petite terrasse un peu au-dessus de la rivière nous offre un superbe emplacement de bivouac. Rapidement des enfants nous abordent. L'un d'entre eux tient dans ses bras une mignonne petite chèvre. Nos tentes sont installées en cercle. Ce soir la douche est prise directement dans le courant du cours d'eau, ce qui nous fait dire que la montagne a des yeux, car manifestement cela éveille de la curiosité, que nous trouvons un peu trop insistante.
La soirée une fois de plus sera un moment très agréable. La vue de notre promontoire sur cette vallée déserte fermée par un grand cirque de montagnes, une fois de plus nous met en présence de la beauté du Haut Atlas. Le regard ne se lasse pas de se déplacer le long des à pics de ce monde minéral. Lorsque le soleil plonge derrière ces sommets en fond de vallée, la roche de toutes parts s'illumine de couleurs qui donnent l'illusion d'un monde en fusion.
Nous quittons à regret notre nid d'aigle. Encore une demi-journée avant de retrouver la vallée principale et ses trains de trekkeurs. En y arrivant nous faisons halte sous un auvent rocheux. Notre cuisinier bien assis collé contre le rocher met en œuvre des marmites avec entrain. A vrai dire, nous sommes installés le long d’une large strate dont la lèvre supérieure est en surplomb et offre de ce fait une protection. La rivière nous invite à la baignade. J'en profite pour la remonter jusqu'à une cascade d'environ un mètre cinquante. J'assiste à un spectacle assez époustouflant. Au beau milieu de l'écume une petite truite de quatre centimètres essaie de remonter et se fait rejeter vers l'aval. Si l'on tient compte des dimensions, on pourrait imaginer un saumon de quarante centimètres essayant de passer une cascade de quinze mètres !
La gorge se resserre et des parois de grande hauteur donne un caractère austère au lieu. Haut perchées des restes de constructions en plein milieu d'une paroi nous intriguent. Ali nous dit qu'il s'agit des ruines d'une garnison portugaise qui s'était installée dans cet endroit reculé il y a plus de deux siècles. J'imagine l'impression d'éloignement que devaient éprouver les militaires envoyés en mission au fond de cette vallée. Un chemin en encorbellement après avoir passé un verrou, donne accès à un élargissement de la vallée.
Nous installons notre campement à Tarzount, au pied d'une falaise immense. Le panorama est impressionnant, on se sent écrasé. Bien évidemment mon esprit ne peut s'empêcher d'imaginer de belles lignes d'escalade le long de piliers aériens et de dièdres qui jaillissent presque jusqu'au ciel. Chaque soir, le lieu de campement est différent. Aucune lassitude ne s'installe. Bien au contraire l'envie que l'aventure continue est un souhait. Mais nous sentons que nous avons basculé dans la dernière partie de notre randonnée et que la fin se rapproche. Mais n'y pensons pas trop et profitons de ce spectacle en permanence renouvelé. Un énorme arbre abattu est étendu pratiquement dans notre bivouac. A-t-il été amené à cet endroit par la rivière en crue?
Au matin au sortir de la tente la vision sur cette falaise que j'ai pourtant regardée sous toutes ses coutures la veille, ne laisse pas de m'impressionner. Aujourd'hui nous allons progresser dans l'eau dans une gorge étroite de toute beauté. Nous quittons nos chaussures de randonnée, pour chausser soit des baskets ou des sandales. Ce qui est mon cas, mes chaussures spéciales canyon font merveille et permettent une marche aisée. Cette marche dans vingt à trente centimètres d'une eau courant à vive allure est un enchantement. Par endroits les parois sont si rapprochées que la pénombre n’est pas loin. De gros bombements nous surplombant nous cachent le ciel et nous donnent l’impression d’être dans une grotte. Je n’ose imaginer une crue dans ces coins, la hauteur des flots doit être gigantesque dans ces étroitures. Au milieu de la gorge, un chemin incroyablement escarpé escalade le fond d’un couloir presque vertical. Il s’agit d’un itinéraire emprunté lorsque le débit de l’eau ne permet pas l’utilisation du lit de la rivière.
D’un coup les parois s’écartent et permettent à la rivière de s’étaler le long d’une petite plage, sur laquelle une échoppe propose café et autres boissons ainsi qu’un assortiment de bijoux rudimentaires. Immédiatement nous sentons à une foule de détail que nous allons quitter le domaine de la haute montagne. A la halte de midi une nuée de gamins viennent nous voir. Ils sont habillés de vêtements éculés. Une petite fille de six ans porte sur son dos sa sœur de un ou deux ans et à aucun moment ne la posera au sol, malgré l’effort qu’elle produit.
Ce soir nous campons à Aguerzaka, village à 1750 mètres d’altitude. Les tentes sont installées dans l’enceinte d’un ancien édifice pratiquement disparu. Seuls en subsistent des restes de murs effondrés qui délimitent le périmètre de notre bivouac. Les environs immédiats, de toute évidence, servent de lieu d’aisance aux habitants du hameau. Il faudra faire attention si nous sommes amenés à circuler de nuit. Ali nous emmène chez le sage du village qui nous offre le café. Les montagnes autour de nous se sont affaissées et laissent la place à d’immenses moutonnements aux allures moins verticales. Ce lieu respire la sérénité, l’espace semble s’élargir, sans doute impression due au fait que les montagnes nous surplombent moins. Comble du luxe, il est possible de prendre une douche, et les filles vont se faire maquiller à la mode berbère. Ce soir encore au cours du repas ce sont chants et danse endiablées en tapant sur les habituels bidons et gamelles.
L’étape suivante se déroule dans une vallée qui s’élargit et des montagnes de moins en moins hautes. De grands bouquets de verdure et des villages qui deviennent d véritables petites villes sont les signes les plus évidents que nous n’allons pas tarder à quitter ces terres hautes de l’Atlas. Encore deux nuits sous tente et l’aventure prendra fin. Je pense que nous aurions aimé que cette aventure continue un peu plus. L’avant dernier soir un habitant du lieu nous propose sous le manteau un horrible alcool de noix, imbuvable. Un signe de plus nous annonçant la fin imminente du voyage, les téléphones portables passent. Les premiers appels vers les familles ont lieu, le charme va être rompu.
La fin de la dernière étape se passe sur une route goudronnée. Le bivouac est installé dans un coude de la route. Une belle fête va clôturer ces douze jours à travers le Haut Atlas. Une envie me prend de revenir parcourir les sentiers secrets de ces montagnes. Un projet fabuleux consiste en la traversée totale de la chaîne du Haut Atlas, cela nécessitant à mon avis un mois voire plus. Tout entreprise qui touche à sa fin doit déclencher l’envie de nouvelles aventures, pour éviter le petit coup de blues du au vide créé par l’accomplissement d’un rêve.
Partir en voyage accompagné ce n'est pas mon fort, mais du fait d'une bande de Basques enthousiastes je me suis laissé convaincre et je ne le regrette pas. Le but de la balade consiste en douze jours de randonnée dans la région du M'Goun, gravir ce sommet de 4046 mètres puis descendre jusqu'à la vallée des Roses.
Je vais donc décrire cette promenade dans le Haut Atlas, le long d'un itinéraire très connu sur lequel les trekkeurs occidentaux sont nombreux. Cependant, bien qu'ayant eu quelques craintes de parcourir ce circuit, de peur d'être confronté à la foule de mes semblables, le voyage a été très agréable. Le cadre magnifique, à lui seul, justifie tous les bains de foule, qui cependant n'ont pas eu lieu. Les groupes rencontrés parfois à certaines étapes ou croisés, n'ont pas représenté de gêne. Je ne peux que conseiller ce genre d'expérience, même aux amateurs de solitude et de randonnées en solitaire.
Après un départ de Bordeaux quelque peu mouvementé prévu à 22 h qui a finalement eu lieu à 4h du matin, un vol court nous amène à Marrakech au lever du jour. Nous sommes au mois de juillet, la chaleur est intense. Notre guide Ali, nous attend et nous conduit à l'hôtel où la nuit était prévue. Après un somme de quelques heures sur la terrasse, ou pour les moins avisés dans des chambres surchauffées, nous nous retrouvons tous sur le toit de l'hôtel. Dans cette fournaise, un petit courant d'air intermittent amène sur la peau un soupçon de rafraîchissement. Heureusement nous n'allons rester que quelques heures dans cette ville. Je n'imagine pas à cette période de l'année y séjourner longuement. Un petit déjeuner agréable nous est servi. Le minibus qui nous emmènera à destination de Tabant, point de départ de notre randonnée, part vers les onze heures. Nous mettons à profit les deux heures d'attente pour découvrir cette ville tant à la mode chez les Occidentaux. Le matin manifestement la localité semble encore ensommeillée.
L'heure du départ ayant sonné, armes et bagages entassés, le véhicule part en direction du Haut Atlas. Le pays est très sec et rocailleux. Vers les midi arrêt dans une petite ville, nous déjeunons dans un restaurant à l'atmosphère étouffante. De nouveau sur la route, les montagnes commencent à se dresser devant nous. Un col en altitude barre l'horizon. Après l'avoir pratiquement atteint, Ali fait arrêter le véhicule devant un groupe de paysans occupé à battre le blé à l'aide de chevaux qui le foulent sous les sabots. Ils tournent en ligne de front sur une aire circulaire et les paysans jettent au vent à la fourche la paille qui s'envole au gré des courants d'air. Le but étant qu'à la fin de l'opération il ne reste que le grain au sol. Certains d'entre nous vont s'initier à la conduite des trains de chevaux, tels des Ben Hur, et au coup de fourche dans le ciel, ce qui déclenchera un fou rire généralisé aussi bien de la part des paysans marocains que de la nôtre.
Du col nous plongeons dans une vallée profonde. Le terme de notre voyage en véhicule est le petit village de Tabant, blotti à 1850 mètres d'altitude. Le cadre est magnifique. Nous sommes entourés de montagnes imposantes, à l'allure aride. Le gîte est une bâtisse sur un niveau avec une cour intérieur de laquelle nous pouvons voir les sommets environnants. Si l'air est plus frais qu'à Marrakech, les mouches manifestement le savent et apprécient aussi le coin. Nos affaires déposées, nous partons à la découverte des environs. Un imposant tertre d'une centaine de mètres de haut nous invite à l'escalade. Par une sente escarpée nous en atteignons le faîte. Le panorama est magnifique. Une multitude de groupes de maisons couleur terre sont accrochés un peu partout le long des plissements de cette chaîne montagneuse puissante. De nombreuses terrasses à la teinte dorée, servant au battage des céréales, s'échelonnent au dessus de Tabant. A cette heure chevaux et paysans ont regagné leur demeure. Le vert des cultures tranche très nettement sur la couleur terne, un peu poussière qui domine dans ce paysage. Le ciel, lui-même, affiche une couleur presque neutre. La quantité de particules en suspension, faisant en quelque sorte le lien entre le sol et l'atmosphère, donne cette apparence du brouillard ténu. Cette visibilité réduite, relativement car portant à quelques kilomètres, bien spécifique de l'Afrique je l'ai aussi expérimentée le long des plages girondines. En effet, en remontant du cap Ferret à la pointe de Graves sur une centaine de kilomètres, les pieds dans l'eau, on a la sensation d'avancer vers le néant du fait de cette poussière de sable en suspension, qui limite la visibilité aussi à quelques kilomètres. Il en découle que l'œil n'a aucun point de repère sur lequel s'accrocher afin d'évaluer la distance à parcourir. Le seul repère de distance est donné par le podomètre ou le GPS. Mais dans le fond, il est préférable dans ces cas-là de ne posséder aucun de ces deux engins, destinés à tout rationaliser, alors que l'on est à la recherche du plaisir, qui ne quantifie pas avec des engins, et d'une apparence de liberté par rapport à notre mode de vie trop structuré. Toujours, lorsque je me promène à l'étranger me viennent tout naturellement des éléments de comparaison avec ce que j'ai vécu en France.
Revenons au sommet de notre tertre. Une imposante construction circulaire trône et impose sa silhouette. Il s'agit d'une ancienne ferme. L'occupant des lieux nous offre le café aimablement, cependant il nous fait remarquer que nous ne le payons pas assez. Aïe! Aurions-nous fait une erreur, voire une impolitesse? Les choses s'arrangent, mais le tenant du lieu semble nous garder quelque grief.
Nous rejoignons notre gîte dans la cour duquel le regard plongeait de notre hauteur. Comble du luxe, il y a même une douche. Le repas sera sympathique et l'ambiance au rire et à la joie à l'idée de la magnifique balade qui commence le lendemain. Aucun d'entre nous ne connaît cette région, ce qui fait que la curiosité et l'empressement nous rendent tous impatients de nous retrouver quelques heures plus tard.
Après une nuit très correcte, répartis dans deux pièces exiguës, où nous avons dormi sur des paillasses à même le sol, nous sommes accueillis par un spectacle grandiose. Le soleil se lève et illumine les grandes pentes de caillasses escarpées et arides qui nous dominent. La lumière du jour dessine toutes les arêtes et laisse les gorges à leur mystère. Une telle vision réveille instantanément mon instinct de grimpeur et je m'imagine le long de ces rochers, assister à la naissance du jour. Le bivouac en montagne, accroché à une paroi, est l'une des plus belles expériences que j'ai fait dans ma vie, et toujours aussi intense malgré les répétitions. Cela m'a peut-être permis de garder mon regard d'enfant qui s'émerveille facilement. Je me souviens d'une nuit passée au milieu de la face nord-ouest de l'Olan. Étant arrivés tôt au refuge, nous avons décidé d'attaquer tout de suite. Ce qui nous a conduits au pied de la paroi vers les seize heures. Au début septembre les jours étant longs, la nuit nous a surpris alors que nous avions déjà gravi la moitié de la paroi, c'est à dire cinq ou six cents mètres. Nous nous sommes installés au moins mal sur une dalle en pente, bien arrimés à quelques pitons pour éviter le grand plongeon dans le sommeil, et nous avons gouté à un spectacle fabuleux. Une mer de nuages, quelques centaines de mètres plus bas, butait contre notre paroi et s'allongeait jusqu'à l'infini. Le soleil s'est englouti au loin en une multitude de couleurs et de dégradés et nous a abandonnés à la nuit et à l'austérité froide de cette immensité minérale verticale, se parant de menaces dans l'obscurité. Les émotions que l'on ressent dans ces moments, loin de tout au beau milieu d'une paroi de plus de mille mètres, montée et descente présentant les mêmes difficultés, voire les mêmes impossibilités en cas de mauvais temps, restent gravées en vous une vie entière. Voilà pourquoi un soleil levant ou couchant sur une paroi éveille toujours chez moi de très fortes émotions.
Avant le petit déjeuner, je profite d'un moment de solitude pour me plonger dans la contemplation de ce monde minéral. Avec quelque indiscrétion je pars à l'aventure au milieu de grands bâtiments en torchis qui jouxtent notre refuge. Les murs sont mangés par de grands trous béants, probablement résultat de la pluie ruisselant sur ces constructions en boue séchée. Cette terre, de laquelle les habitations sont construites, est la même qui constitue les immenses flancs de la montagne. On passe des unes aux autres sans aucune rupture dans les tons et les couleurs. De cette uniformité se dégage une impression particulière, comme si l'homme dans ces contrées faisait réellement partie intégrante du décor en s'y fondant complètement, bien loin de l'impression que dégagent nos villes et de notre civilisation mangeuses de nature.
Nous débutons la première étape. Nous longeons la vallée principale. De grands arbres aux épaisses feuilles nous accompagnent le long d'un ruisseau. Au débouché dans un champ, deux cigognes nous regardent passer. Elles ne montrent pas le moindre signe d'inquiétude. De toute évidence elles ont l'habitude de voir ces visages pâles étonnés, marquer l'arrêt et sortir leur troisième œil pour les immortaliser dans le but de les classer et les ranger dans un énième dossier de voyage. Première halte à l'ombre d'un immense noyer, nous sommes assis en rond à même les gros galets du fond de la vallée. Ali fait circuler parmi nous son sac de fruits secs. Outre les arachides et autres noix de cajou, quelques magnifiques dattes font la joie de tous. Il s'agit de la toute première halte, prélude à un rite qui s'accomplira deux fois par jours durant deux semaines. Nous découvrons ce guide attentif, cultivé qui connait magnifiquement son pays.
Après cette courte pose la marche reprend. Le long du chemin, encore des aires de battage des céréales. La technique utilisée, jeter à la fourche la paille en l'air afin que le vent en emporte les particules légères dont on veut se défaire, doit être millénaire. Bien qu'en terre musulmane on ne peut s'empêcher de penser aux débuts de l'ère chrétienne. Les animaux et les hommes que nous regardons feraient des personnes idéaux dans une crèche le jour de la naissance du Christ.
Sur notre droite une vallée secondaire apparaît. Nous allons la remonter jusqu'à un col Tarkeddit dont l'altitude est de 3300 mètres. Nous ne le franchirons que le lendemain, car le bivouaque est prévu quelque part sur un replat à son pied. Avant de quitter la vallée principale, je ne peux m'empêcher de la contempler une dernière fois et de me demander par quel phénomène géologique, ces grosses pyramides de terre et de pierres, parcourues d'immenses strates aux courbes torturées, ont pu prendre naissance et se dresser au beau milieu de cette large dépression.
Le fond du vallon est parcouru par un torrent alerte, dont les multiples cascades soulèvent une écume qui contraste dans ce relief semi-désertique. Après avoir erré quelque peu au milieu de broussailles au confluent des deux vallées, un chemin bien dessiné montre la direction. La montée commence. Il va nous falloir franchir le torrent. Nous regardons nos mules lourdement chargées s'affranchir de cette opération. À notre tour de traverser et bien évidemment pour les premiers qui ne s'y attendent pas de gros cailloux lancés avec précision, leur donnent l'occasion de prendre un petit rafraîchissement, ma foi très agréable. Un village se trouve sur notre route, nous y achetons quelques bouteilles d'eau. D'ailleurs tout au long de notre voyage, se présenteront de petits commerces et lorsque les villages seront trop éloignés, des enfants nous proposeront de l'eau en bouteille sans laquelle nous considérons qu'il n'y pas point de salut.
L'heure du repas approche. Nous débouchons sur une petite plaine légèrement verdoyante, dominée d'un monticule caillouteux sur lequel un troupeau de moutons se presse. On les confond presque avec les pierres, dont la corpulence et la couleur sont les mêmes. Nous approchons de quelques bergeries aux murs de pierre et au toit plat couvert de chaume. Oh surprise! Une belle table avec un plat rond en son centre entouré de onze assiettes joliment remplies d'une magnifique salade de crudités aux couleurs vives nous attend. Nos muletiers sont en plus des artistes de la cuisine et de la décoration.
Après cette halte bien agréable, nous reprenons notre marche vers le fond de la vallée. A l'arrière plan le M'Goun ou Amsod (vent) se dessine. Nous quittons l'axe principal pour un embranchement sur la droite. Arrivés à un replat nos muletiers nous attendent et ont préparé le campement pour la nuit. Chaque soir la même opération se renouvellera. Une fois bien installé, chacun vaque à ces petites occupations. Le ruisseau permet un décrassage sommaire. A la tombée de la nuit nos accompagnateurs marocains entonnent des chansons traditionnelles accompagnées d'instruments de musique rudimentaires, grelots, gros bidon vide, bassine en plastique et même une boîte de conserve, qu'ils utilisent comme instruments à percutions. Les Basques donnent la réplique en entonnant leurs chants que tous reprennent en cœur, je me sens vraiment bercé par des traditions qui ne sont pas les miennes. Marocains et Basques sont sur la même longueur d'onde lorsqu'il s'agit d'entonner leurs chansons à tue-tête. Cette ambiance est extraordinaire. Juchés sur notre terrasse, perdue au milieu d'un immense pan de montagne nous assistons à l'arrivée de la nuit et du mystère qui descend sur cette terre d'altitude. Les formes et les dimensions deviennent imprécises et permettent à l'esprit toutes les extravagances. Avec un peu d'imagination, dans ces boursouflements verticaux qui se drapent de secret avec les ténèbres, je m'imagine toute une faune préhistorique qui a pu peupler ces escarpements, que le pied de l'homme n'a certainement pas encore foulés en bien des endroits. Peut-être que pas très loin, dans le creux d'une couche géologique protectrice, un spécimen vieux de plusieurs millions d'années, attend patiemment de nous révéler ses secrets, afin de nous faire progresser sur le mystère du ou des chaînons manquants. Bivouaquer seul dans ces montagnes doit encore augmenter l'émotion produite par la divagation de l'esprit. Cependant, je dois reconnaître que le voyage en groupe apporte d'autres joies, peut-être aussi une certaine tranquillité, qu'une recherche d'absolu à travers le voyage en solitaire généralement exclue. Il est très intéressant de pouvoir expérimenter les deux, qui représentent des approches distinctes d'une même quête, la découverte de soi au filtre de la nature et des autres.
Dans la spacieuse tente salle à manger nous allons poursuivre la découverte des dons culinaires de notre cuisinier. Malheureusement cela fait maintenant plus de deux ans et le détail des mets ne me revient pas. Cependant, me reste en mémoire une impression de satisfaction de manger des plats bien présentés à la saveur prononcée. Chaque soir cette réunion nous permettra de comparer nos impressions de la journée sur ces régions que nous découvrons.
Après une nuit tiède sans plus à 2250 mètres d'altitude, qui a favorisé un sommeil réparateur, le décor fabuleux de la montagne marocaine nous accueille. Devant nous un raidillon de mille mètres doit nous conduire au col de Tarkeddit donnant accès au plateau du même nom au pied du M'Goun. La végétation change. Seuls subsistent de gros buissons en boule aux piquants acérés, dont la couleur verte contraste étonnamment avec la couleur ocre du sol complètement desséché. La nature s'adapte à toutes les conditions. Dans certaines parties du désert il existe même des poissons qui lorsque l'eau se retire, s'enfoncent dans la boue avant qu'elle ne sèche. Une fois à l'intérieur, la sécheresse arrivant, ils se transforment en produit déshydraté, et peuvent attendre plusieurs années la pluie qui les regonflera et leur rendra en quelque sorte la vie pour un temps! Comment imaginer qu'une telle évolution conduisant à l'adaptation aux conditions locales soit simplement le fruit du hasard?
Le chemin raide s'étire en de nombreux lacets le long d'un flanc de montagne constellé de myriades de ces gros buissons piquants. Les différents groupes de trekkeurs s'échelonnent sur ces mille mètres de dénivelé. Les mules au chargement multicolore et parfois hétéroclite donnent une touche étonnante à la scène. On distingue d'une part les trains d'animaux qui accompagnent les touristes et d'autre part les équipages qui se livrent au commerce de vallée en vallée et ravitaillent les villages. On les reconnaît facilement par leur chargement. En effet dans le premier cas les ustensiles de camping avec matelas et tentes prédominent sur le dos des animaux, tandis que pour les seconds il s'agit de sacs contenant du ravitaillement et en particulier des céréales.
Une fois le col atteint, l'Amsod, du haut de ses quatre mille mètres, nous saute à la figure et obstrue tout l'arrière-plan. Sa couleur sombre, grise presque noire par endroits est mise en exergue par deux grosses taches de neige qui soulignent son arête terminale. L'endroit est venté et nous nous abritons en nous collant à de gros rochers pour faire une pause. Le froid est tout relatif, cependant nous réagissons à l'amplitude thermique. La vue de ce point de passage est magnifique, la terre prend toutes sortes de couleurs, en particulier par endroit une teinte indéfinissable, peut-être lie de vin claire. À nos pieds se dessine le large plateau de Tarkeddit dont l'altitude est de 2900 mètres. En quelques centaines de mètres de dénivelé nous le rejoignons. Ce sera notre lieu de campement pour ce soir. Ce site est à la croisée de nombreux itinéraires de treks, ce qui explique le nombre important de groupes qui y stationnent. Mais il y a de l'espace et nous ne nous gênons pas les uns les autres. Cependant, ceux qui veulent aller prendre une douche au refuge ressentent un peu plus la foule, car il faut faire la queue dans l'attente d'un peu d'eau. Je ne sens pas le besoin de me laver, ce qui m'évite de me retrouver dans ce refuge, qui a toutes les caractéristiques d'un refuge chamoniard un quatorze juillet ou un quinze août. Mais note lieu de campement est suffisamment éloigné pour nous permettre d'être bien tranquilles. De nombreux animaux paissent sur ce grand terrain plat. On y croise des chevaux, des mulets, des chèvres et quelques chameaux. En particulier un spectacle attire l'œil. Une jeune femme au port altier et à l'allure sauvage passe à grandes enjambées, suivie de près par de magnifiques chameaux blancs. Elle se refuse à toute photo, dommage car elle a vraiment fière allure avec son troupeau.
Lever très matinal, de nuit, car Ali veut éviter tout risque d'orage sur le sommet que nous comptons grimper aujourd'hui. Nous démarrons avec l'arrivée de l'aube. Un long vallon caillouteux remonte jusqu'à une arête, qu'il nous faudra suivre pour atteindre le but. Tout n'est que minéral, plus une seule plante, seulement cette pierre sombre à perte de vue. Il fait frais, le vent souffle avec force. Nous sommes tous emmitouflés. Les groupes nombreux et compactes comme repliés sur eux s'égrainent sur cette sente austère. On sent une certaine compétition montée, sans doute générée par les différents guides et le rythme s'accélère. Les groupes parfois explosent semant au gré du chemin les malheureux qui perdent le souffle. Mais les guides veillant, des haltes sont imposées pour rassembler les troupeaux. Au cours de ces arrêts le corps se refroidit et la reprise de la marche est une délivrance.
L'arête est atteinte, son altitude se situe aux environs des trois mille neuf cents mètres. Le vue s'étend à un espace immense, essentiellement minéral. Il nous faut maintenant suivre cette crête, en ondulations amples, qui conduit tout là-bas au point culminant. Elle s'incurve au-dessus d'un vaste versant couvert d'un gigantesque pierrier sombre, par lequel nous rejoindrons le profond vallon qui nous conduira à la vallée d'Oulilimt. De par l'effet de perspective, la trace qui fend ce vaste versant nous apparaît d'une raideur extrême. Cette illusion trompeuse est due à la vue presque de face de ce pan de montagne qui se situe à l'opposé de la crête en demi-cercle que nous avons à parcourir. Enfin le sommet est atteint. Cette longue marche aérienne entre deux versants est un enchantement. J'aimerais que cela ne finisse pas. Cette cime est le point le plus important, donc le plus convoité de notre randonnée. Cela fait trois jours que nous la voyons se rapprocher lentement, quand elle veut bien ne pas se cacher. Tout naturellement la joie explose sur tous les visages. Une longue station est nécessaire pour assouvir tout ce plaisir, qui concrétise un rêve de plusieurs mois pour certains, voire de plusieurs années pour d'autres.
Le moment de quitter ce lieu haut perché arrive. Un dernier regard circulaire sur ce panorama presque désertique et nous plongeons dans un raide pierrier. Le calibre des pierres est idéal pour se lancer dans une course effrénée à grands bonds dans cette pente abrupte. La descente des pierriers en courant le plus vite possible m'a toujours procuré une immense jouissance. Je me souviens de certains endroits des Dolomites où après de splendides escalades des pierriers sur des centaines de mètres offraient des sensations extraordinaires. En effet les bonds dans des fortes pentes donnent vraiment l'impression de décoller, et l'atterrissage restant relativement doux du fait de l'amorti qu'offrent les pierres qui roulent sous la semelle. Dans le Dévoluy au pied de la crête des Bergers, montagne où s'est tué Jean Couzy l'un des plus doué alpinistes de sa génération, se trouvent des pierriers à couper le souffle. Mais aujourd'hui je vais réfréner mon ardeur et garder une vitesse de descente modérée, car une blessure serait une gêne pour tout le groupe, et ce serait de l'inconséquence de leur imposer une telle situation. Cependant, sans tout donner la sensation est malgré tout très agréable.
Après ce grand cirque rapidement dépassé, un long vallon aux couleurs sombres s'enfonce entre des parois rocheuses. De façon imperceptible la végétation réapparait. Au fond d'une gorge profonde subsistent quelques restes de neige, résultant sans doute de grosses avalanches qui sont venues s'accumuler dans cette dépression. Il y a quelques années à cet endroit s'est déroulé un drame. Deux randonneuses lyonnaises sont mortes, surprises par le mauvais temps de nuit. Par touches successives la couleur ocre se substitue au gris. La chaleur se fait plus insistante. Les gros buissons verts sont à nouveau présents. Le long d'une petite crête une chamelle et son petit s'en nourrissent. Mais comment font-ils pour mâcher ces épines dures comme du fer et effilées comme des rasoirs? Enfin se dévoile le fond de la vallée et le campement que nos muletiers ont monté. Un dernier raidillon et nous voilà arrivés. Il est treize heures, la chaleur dans ce recoin rocheux est terrible. On se croirait dans un four. Un repas savoureux nous fait le plus grand bien. Un ruisseau à l'eau froide permet de se laver. Afin de ne pas le polluer certains utilisent de petites bassines et déversent l'eau utilisée à distance du lit du cours d'eau.
Je profite de cet après-midi pour observer les environs et tout particulièrement les chameaux qui broutent autour du camp. Ils s'aventurent sur des pentes en éboulis instables sans la moindre hésitation et jamais ils ne dérapent. Leurs sabots sont de véritables crampons.
Des enfants viennent nous proposer de l'eau en bouteilles et des fossiles. De toute évidence, ce genre de trek que l'on fait accompagné par un guide et son équipe de muletiers peut s'entreprendre seul avec un minimum de poids. En effet de l'eau on en trouve partout, car la rivière n'est jamais loin et avec des pastilles d'épuration elle devient buvable. D'autre part à plusieurs reprises j'ai vu des sources , où à mon avis l'eau est potable telle quelle. Et dernier recours, et là tout au long des deux semaines la même scène s'est répétée, des enfants viennent vous vendre des bouteilles d'eau minérale. En outre, dans les villages traversés, au moins un par jour et souvent plus, se trouve toujours une petite épicerie qui fournit l'alimentation de base voire un peu plus. De plus dans ces hameaux, le logement ne pose généralement pas de problème car on y trouve des gîtes. Le plus difficile à résoudre pour se lancer seul dans ce type d'aventure, provient de la complexité de trouver la carte qui décrit l'itinéraire.
Avec le déclin du soleil l'ombre arrive assez tôt, du fait de la hauteur des sommets qui nous entourent. D'autres groupes campent dans les parages, mais les distances sont suffisamment grandes pour que nous ne nous entendions pratiquement pas. Sous la tente salle à manger la soirée sera encore très conviviale. De toute évidence voyager de cette manière est très différent du voyage seul avec un sac réduit. Dans ce dernier cas souvent les nuits sont beaucoup plus spartiates et la nourriture moins diversifiée. Dans le fond ça fait du bien de se laisser dorloter.
Une fois la nuit bien installée je pars n'installer pour contempler les étoiles. Les conditions sont idéales, l'altitude, l'absence de lumière résiduelle et un ciel sans nuage sont les éléments prélude à un spectacle de grande beauté. Malgré la densité et la luminosité des étoiles, le voûte céleste affiche une couleur noire. Certains calculs montrent que du fait de la multitude de corps cosmiques qui nous éclairent la nuit, la lumière qui en découle devrait être des milliers de fois plus intense que celle que nous percevons. Cette con station milite pour la théorie de l'expansion de l'univers. En effet, ce paradoxe de lumière manquante provient du fait que le calcul est fait en statique ce qui démontre que l'hypothèse est fausse, et par conséquent semble prouver que les galaxies s'éloignent les unes des autres. Une belle voûte étoilée permet tous les rêves les plus fous et souvent on reste bien en-deçà de la réalité scientifique, qui tous les jours fait des découvertes toujours plus époustouflantes. Le dictionnaire amoureux du Ciel et des Etoiles de Trinh Xuan Thuan est un livre très accessible faisant un point clair et compréhensible par tous sur les avancées actuelles dans ce domaine. Ce pavé de plus de mille pages se lit comme un incroyable roman de science fiction pour certaines parties et comme un beau livre d'histoire au cours des âges pour d'autres. Mais on est transporté tout du long, et lorsqu'on en est bien imprégné, se coucher sous les étoiles entraîne un bouillonnement de pensées et d'images dans le cerveau. J'imagine un peu ce que pouvait éprouver Saint-Exupéry perdu dans le désert suite à une panne de moteur de son avion.
Le matin, comme nous le faisons depuis trois jours, le rite du branle-bas commence à se rôder. Un bon petit déjeuner nous est servi, puis nous fermons chacun notre sac que nous entassons, puis nous nous mettons en route. Les muletiers se chargeront de tout récupérer et de constituer les chargements des mules. L'étape de ce jour se déroule pour sa première partie le long d'une petite sente qui domine le cours d'eau. La végétation est extraordinaire. Toujours ces grosses boules de piquants, certaines d'entre elles fleurissent et se couvrent d'une multitude de petites fleurs jaunes. Par endroit, le sol couleur ocre est semé de gros cailloux de la même teinte. Les thuyas ces arbres incroyables font leur apparition. L'harmonie entre ces différents éléments végétaux et minéraux est totale dans l'association des formes des dimensions et des couleurs.
Le thuya est vraiment une curiosité à plus d'un titre. Tout d'abord en contemplant les pans des grandes montagnes qui nous entourent, on réalise qu'il a colonisé bien des escarpements. Il ne s'agit pas d'un arbuste, car certains échantillons approchent les dix mètres de haut. Comparativement à la masse de bois le feuillage est de petite dimension, un peu à la manière de touffes éparses accrochées à des branches massives. Chaque individu a des mutilations à la scie. Des sections coupées se dégage une senteur puissante et très agréable. Ali nous explique que chaque arbre a un propriétaire et qu'il ne s'agit pas d'aller couper une branche d'un individu qui appartient au voisin. Certains sont très loin du chemin à des centaines de mètres de dénivelé, ils ont cependant un propriétaire. De toute évidence ils sont multi-centenaires, probablement millénaires pour nombre d'entre eux. Ils doivent se transmettre par héritage.
Alors que nous profitons d'un point de vue magnifique sur la vallée que nous dominons, nos muletiers nous dépassent. Ils ont fière allure, le chef muletier dans sa djellaba marron et le cuisinier, grand noir au port altier et au regard pétillant, vêtu de clair hormis son couvre-chef noir. Les animaux malgré leur chargement volumineux se déplacent sans difficulté sur ce sentier étroit et aérien par endroit.
Nous passons quelques lieux d'habitation estivale d'éleveurs. La famille complète y séjourne, les conditions de vie sont de toute évidence spartiates. Les maisons sont de simples tas de cailloux à hauteur d'homme couverts d'un peu de terre. En contrebas du chemin on les distingue à peine des amoncellements de pierres dus à la nature. Des petits enfants s'égaillent autour de ce lieu de stationnement. Des femmes à l'air farouche, à moins qu'elles ne soient excédées montrent des signes de mécontentement si l'on essaie de les photographier, bien que le sentier passe à une distance de quelques centaines de mètres.
Une descente raide nous ramène en fonde la vallée en un point étonnant. Il s'agit d'une grande zone d'érosion à la confluence de deux gorges. Une multitude d'édifices de terre, telles des citadelles en ruine se dressent en troupe serrée en bordure de rivière. Le lieu est idéal pour la pause de midi. La fraîcheur, conjugaison de l'eau qui court de l'ombre que prodiguent ces grandes cheminées de fées et du courant d'air créé, donne à cette halte une petite touche de paradis. Tous en profitent pour se baigner. Pour ma part, je pars me perdre dans les couloirs profonds, raides et glissants qui s'enfoncent dans ces roches érodées. Je gagne quelques dizaines de mètres et je décide de m'arrêter pour des raisons de sécurité. Le point de vue est enchanteur. L’un des énorme rochers posé à même les galets sur la partie sèche du lit de la rivière ressemble à une espèce de grosse bête préhistorique qui semble le gardien du lieu, à moins qu'il ne s'agisse d'une mariée avec une traîne imposante. Ces montagnes donnent loisir à toutes les divagations lorsqu'on observe le travail de l'érosion sur la roche.
Nous reprenons notre route assez tôt. Le chemin est à même les galets. La chaleur est importante, du fait de l'altitude qui diminue et aussi du fait de la réverbération sur la roche claire. Le lieu d'arrêt prévu est déjà occupé, il nous faut donc aller un peu plus loin. Nous nous installons en bordure de rivière. La vallée est large un peu en U. L'eau est tentante, peu profonde, elle court sur des galets. L'endroit est idéal pour un petit rafraîchissement. Quelques constructions, avivent notre curiosité. Nous partons les visiter. Il s'agit d'un grenier à grains de belle dimension. Ces constructions en torchis donnent toujours l'impression d'être en déliquescence. Un jeune couple de Français, croulant sous des sacs énormes remontent la vallée. Ils s'arrêtent à notre campement et Ali leur offre le thé.
De retour vers le campement, accompagné de Jean-Paul je remonte la rive opposée de la rivière. Une petite cascade jaillit d'un muret. Jean-Paul pense qu'il s'agit d'une source et s'abreuve abondamment. Cela me paraît bizarre. J'escalade le mur d'où l'eau gicle et je constate qu'il s'agit d'un défaut d'étanchéité du muret d'un canal d'irrigation. Mais toutes les bêtes y viennent et la boire comme l'a fait mon camarde peut entraîner quelques désagréments. Il ne s'émeut pas pour autant. Il me demande de lui passer quelques pastilles d'épuration qu'il croque sur le champ. En effet le remède sera efficace, il n'aura aucun trouble digestif.
Ce lieu où nous campons s'appelle Tighremt n'Aït Ahmed et se situe à 2200 mètres d'altitude. Comme tous les soirs précédents l'ambiance sera à la fête, les rires et les chansons fuseront de toutes parts. Je m'étonne parfois de trouver un tel plaisir à une randonnée en groupe, moi qui suis habitué à partir seul en montagne. Le sommeil sera calme et profond. Dans ces contrées il n'y a pratiquement pas d'humidité d'où absence totale de condensation dans les tentes, ce qui explique peut-être en partie la quiétude des nuits?
Nous entamons notre cinquième jour de marche. La végétation commence à changer avec l'altitude qui diminue. Dans les méandres de la rivière commencent à apparaître de grandes zones verdoyantes, arbres à feuilles caduques et champs cultivés. Le contraste, entre le brun clair des pentes de rocher et le vert profond qui colonise par endroits le fond de la vallée, donne une touche nouvelle au panorama. Le chemin conduit au travers de villages en corniche, dont les maisons se confondent avec la montagne environnante et s'y intègrent parfaitement par leur forme simple et leur teinte. Les villageois sont habitués à ces trains de touristes. J'évalue à une dizaine, au moins, le nombre de groupes par jour qui empreinte ce sentier à cette époque de l'année. Dans l'un des villages, deux tous petits gamins, huit ans maximum, sont juchés au sommet d'un mulet et essaient de le faire manœuvrer dans une rue étroite. Un peu avant ce même village un autre gamin à l'air abattu, monté lui aussi sur un âne, s'est approché de nous et nous a demandé des médicaments car il avait une rage de dents ou mal à la tête. Nous lui avons donné quelques aspirines et il a repris son chemin en remontant la rivière.
La halte de midi a lieu au gîte chez Jarnel, magnifique construction à un étage au pied d'une falaise escarpée. L'intérieur est de toute beauté, tout particulièrement la charpente en thuya qui dégage un parfum puissant dans chacune des pièces. Des enfants viennent se faire photographier dans l'espoir de récupérer quelques pièces. Nous profitons de cet arrêt aux heures chaudes pour aller nous rafraîchir en bordure de rivière. De nombreux enfants s'y amusent. Un petit bout de chou de trois quatre ans, seul sur la rive, descend d'un pas pas très assuré. S'il tombe à l'eau, étant donné le courant, je crains que sa vie ne soit mise en réel danger. Mais cela ne semble déranger personne. C'est peut-être cela le fatalisme musulman? Inch Allah!
Encore quelques heures de marche et nous arrivons à Igherm Izdarn. Nous logeons chez le père de notre guide. Ce dernier récupérera son jeune fils qui nous accompagnera sur la fin de notre voyage. Pour le repas du soir nous avons droit au mouton à la façon locale. Dans un four en terre un feu est allumé, une fois que la quantité de braises est suffisante, le mouton embroché est piqué dans les braises. L'orifice supérieur du four est alors hermétiquement obstrué à l'aide de terre mouillée, constituant un enduit qui colmate bien et empêche tout échange, en particulier d'oxygène. Après un temps de cuisson long, la croûte de terre qui a séché est brisée et apparaît le mouton magnifiquement doré. Cette viande est succulente, cuite uniformément en profondeur. La nuit à l'intérieur de la maison sera moins confortable que sous la tente, en effet la chaleur et le manque de courant d'air seront une gêne pour le sommeil.
Au matin, je suis bien content de sortir à la recherche d'un peu de fraîcheur. Aujourd'hui nous allons nous engager dans une variante qui durant trente six heures va nous conduire sur une variante de cette grande classique. Nous allons quitter la vallée que nous suivons depuis plusieurs jours et nous diriger vers un col donnant accès à la vallée d'à côté. Au court de cette journée et demie nous ne croiserons aucun groupe de trekkeurs. Au sortir du village, une petite épicerie accueillante, nous nous y engouffrons tous à la recherche de quelques friandises et autres bouteilles de jus de fruit chimique.
La halte de dix heures a lieu dans le village du frère d’Ali. Nous sommes reçus avec beaucoup de gentille pour le thé. De succulents petits gâteaux accompagnent la boisson. Le moment passé dans ce village nous laissera un très agréable souvenir. Une fois de retour dans le lit de la rivière et reprenons notre marche vers le col. Le paysage est imposant, des falaises nous encerclent, des thuyas de grandes taille au bois torturé ponctuent le sentier. Ces arbres sont vraiment étonnants, ils sortent d'une terre complètement aride et exhibent des troncs et des branches de taille imposante. Je ne me lasse pas de las admirer, ils sont tous différents et présentent des courbes et des volumes très esthétiques, et puis ils sentent si bon! A proximité du col, une vaste bergerie, à peine surélevée du sol, non occupée nous offre un lieu de déjeuner agréable et original. De cet emplacement, la vue sur la vallée en conter-bas et sur les montagnes qui nous entourent, est absolument magnifique. A par nous absolument personne. Je me fais la réflexion que dès que l'on quitte les itinéraires à la mode la montagne est presque déserte. J'ai déjà fait ce type d'expérience dans les Alpes et les Pyrénées. Après une longue pose, le col est rapidement atteint. La zone est presque désertique. Seul, de loin en loin, un thuya apporte sa pointe de verdure. Ce type d'endroit j'aimerais m'y arrêter et y passer la nuit seul face aux étoiles. Mais il n'en est pas question. Nous basculons dans une autre vallée et rapidement nous atteignons le village d’Arg. Une petite terrasse un peu au-dessus de la rivière nous offre un superbe emplacement de bivouac. Rapidement des enfants nous abordent. L'un d'entre eux tient dans ses bras une mignonne petite chèvre. Nos tentes sont installées en cercle. Ce soir la douche est prise directement dans le courant du cours d'eau, ce qui nous fait dire que la montagne a des yeux, car manifestement cela éveille de la curiosité, que nous trouvons un peu trop insistante.
La soirée une fois de plus sera un moment très agréable. La vue de notre promontoire sur cette vallée déserte fermée par un grand cirque de montagnes, une fois de plus nous met en présence de la beauté du Haut Atlas. Le regard ne se lasse pas de se déplacer le long des à pics de ce monde minéral. Lorsque le soleil plonge derrière ces sommets en fond de vallée, la roche de toutes parts s'illumine de couleurs qui donnent l'illusion d'un monde en fusion.
Nous quittons à regret notre nid d'aigle. Encore une demi-journée avant de retrouver la vallée principale et ses trains de trekkeurs. En y arrivant nous faisons halte sous un auvent rocheux. Notre cuisinier bien assis collé contre le rocher met en œuvre des marmites avec entrain. A vrai dire, nous sommes installés le long d’une large strate dont la lèvre supérieure est en surplomb et offre de ce fait une protection. La rivière nous invite à la baignade. J'en profite pour la remonter jusqu'à une cascade d'environ un mètre cinquante. J'assiste à un spectacle assez époustouflant. Au beau milieu de l'écume une petite truite de quatre centimètres essaie de remonter et se fait rejeter vers l'aval. Si l'on tient compte des dimensions, on pourrait imaginer un saumon de quarante centimètres essayant de passer une cascade de quinze mètres !
La gorge se resserre et des parois de grande hauteur donne un caractère austère au lieu. Haut perchées des restes de constructions en plein milieu d'une paroi nous intriguent. Ali nous dit qu'il s'agit des ruines d'une garnison portugaise qui s'était installée dans cet endroit reculé il y a plus de deux siècles. J'imagine l'impression d'éloignement que devaient éprouver les militaires envoyés en mission au fond de cette vallée. Un chemin en encorbellement après avoir passé un verrou, donne accès à un élargissement de la vallée.
Nous installons notre campement à Tarzount, au pied d'une falaise immense. Le panorama est impressionnant, on se sent écrasé. Bien évidemment mon esprit ne peut s'empêcher d'imaginer de belles lignes d'escalade le long de piliers aériens et de dièdres qui jaillissent presque jusqu'au ciel. Chaque soir, le lieu de campement est différent. Aucune lassitude ne s'installe. Bien au contraire l'envie que l'aventure continue est un souhait. Mais nous sentons que nous avons basculé dans la dernière partie de notre randonnée et que la fin se rapproche. Mais n'y pensons pas trop et profitons de ce spectacle en permanence renouvelé. Un énorme arbre abattu est étendu pratiquement dans notre bivouac. A-t-il été amené à cet endroit par la rivière en crue?
Au matin au sortir de la tente la vision sur cette falaise que j'ai pourtant regardée sous toutes ses coutures la veille, ne laisse pas de m'impressionner. Aujourd'hui nous allons progresser dans l'eau dans une gorge étroite de toute beauté. Nous quittons nos chaussures de randonnée, pour chausser soit des baskets ou des sandales. Ce qui est mon cas, mes chaussures spéciales canyon font merveille et permettent une marche aisée. Cette marche dans vingt à trente centimètres d'une eau courant à vive allure est un enchantement. Par endroits les parois sont si rapprochées que la pénombre n’est pas loin. De gros bombements nous surplombant nous cachent le ciel et nous donnent l’impression d’être dans une grotte. Je n’ose imaginer une crue dans ces coins, la hauteur des flots doit être gigantesque dans ces étroitures. Au milieu de la gorge, un chemin incroyablement escarpé escalade le fond d’un couloir presque vertical. Il s’agit d’un itinéraire emprunté lorsque le débit de l’eau ne permet pas l’utilisation du lit de la rivière.
D’un coup les parois s’écartent et permettent à la rivière de s’étaler le long d’une petite plage, sur laquelle une échoppe propose café et autres boissons ainsi qu’un assortiment de bijoux rudimentaires. Immédiatement nous sentons à une foule de détail que nous allons quitter le domaine de la haute montagne. A la halte de midi une nuée de gamins viennent nous voir. Ils sont habillés de vêtements éculés. Une petite fille de six ans porte sur son dos sa sœur de un ou deux ans et à aucun moment ne la posera au sol, malgré l’effort qu’elle produit.
Ce soir nous campons à Aguerzaka, village à 1750 mètres d’altitude. Les tentes sont installées dans l’enceinte d’un ancien édifice pratiquement disparu. Seuls en subsistent des restes de murs effondrés qui délimitent le périmètre de notre bivouac. Les environs immédiats, de toute évidence, servent de lieu d’aisance aux habitants du hameau. Il faudra faire attention si nous sommes amenés à circuler de nuit. Ali nous emmène chez le sage du village qui nous offre le café. Les montagnes autour de nous se sont affaissées et laissent la place à d’immenses moutonnements aux allures moins verticales. Ce lieu respire la sérénité, l’espace semble s’élargir, sans doute impression due au fait que les montagnes nous surplombent moins. Comble du luxe, il est possible de prendre une douche, et les filles vont se faire maquiller à la mode berbère. Ce soir encore au cours du repas ce sont chants et danse endiablées en tapant sur les habituels bidons et gamelles.
L’étape suivante se déroule dans une vallée qui s’élargit et des montagnes de moins en moins hautes. De grands bouquets de verdure et des villages qui deviennent d véritables petites villes sont les signes les plus évidents que nous n’allons pas tarder à quitter ces terres hautes de l’Atlas. Encore deux nuits sous tente et l’aventure prendra fin. Je pense que nous aurions aimé que cette aventure continue un peu plus. L’avant dernier soir un habitant du lieu nous propose sous le manteau un horrible alcool de noix, imbuvable. Un signe de plus nous annonçant la fin imminente du voyage, les téléphones portables passent. Les premiers appels vers les familles ont lieu, le charme va être rompu.
La fin de la dernière étape se passe sur une route goudronnée. Le bivouac est installé dans un coude de la route. Une belle fête va clôturer ces douze jours à travers le Haut Atlas. Une envie me prend de revenir parcourir les sentiers secrets de ces montagnes. Un projet fabuleux consiste en la traversée totale de la chaîne du Haut Atlas, cela nécessitant à mon avis un mois voire plus. Tout entreprise qui touche à sa fin doit déclencher l’envie de nouvelles aventures, pour éviter le petit coup de blues du au vide créé par l’accomplissement d’un rêve.
Me revoilà à Anergui, sur la terrasse du gîte, dans le délice de mes printemps berbères et ses plaisants laisser-aller à la contemplation.
Face à moi, les pentes du cirque de Mourik, Cheffart et Tagoujimt n’Ouzdoud -la queue du pigeon- sont encore à contre jour. Le soleil vient de franchir leurs crêtes, et l’ombre matinale qui maintient ce versant dans une gamme délicate de gris vaporeux, sait que son règne sera de courte durée et qu’elle a déjà cause perdue… A mesure que l’astre avance dans sa course, la douce et chatoyante lumière gagne son engagement quotidien.
Peu à peu se déchire la subtile opacité du filigrane, se dévoile le relief de la pente. Ravins, corniches, pierriers et vires, silhouettes de thuyas centenaires, genévriers noueux, chênes verts rachitiques suspendus dans le vide, accrochés désespérément à la moindre faille, traces de troupeaux et d’éboulis, se précisent graduellement, renaissent à mes yeux toujours émerveillés.
J’aime ces minutes d’abandon, l’apaisement et le bonheur immédiat qu’elles procurent. Elles sont parfois propices au retour à l’orée de la mémoire d’autres moments privilégiés, tel celui de la rencontre, voici deux jours, avec un rassemblement de troupeaux pour la cérémonie de la tonte dans les falaises d’Arachanne.
Nous sommes partis à l’aube.
Une omelette baignant dans l’huile d’olive et trois verres de café au lait cannelé et poivré en guise de petit déjeuner, la digestion se fera au pas du mulet. Il prend de l’âge, comme moi, et ça tombe bien. Le rythme qu’il dicte est respectueux de nos vieux os. Et il le faut, car nous n’avons pas le temps de nous mettre en jambes. D’entrée une demi-heure de montée derrière le gîte pour atteindre les bergeries de Wihalanne. A cinq heures du matin on ne souffre pas de la chaleur mais les muscles ne répondent pas comme en milieu de journée… Le chant d’un coq nous accueille au passage des premiers enclos. C’est plus sympa que les deux chiens hargneux qui rêvent de nous croquer les mollets à l’approche de celles d’Aguerd. Bon, c’est vrai ils font leur boulot ; mais j’apprécie moins ces toutous de bergers depuis je me suis fait déchirer le bas du pantalon par un perfide qui m’a laissé passer, sans même trop montrer les crocs, avant me prendre en traître sans que je l’entende venir.
Il faut poursuivre l’effort pendant une heure encore, jusqu’au débouché sur le chemin en corniche dans les falaises, pour mériter la redécouverte de la perspective des gorges avec cette lumière pure des premiers rayons de soleil qui franchissent la barrière de Mourik. C’est la deuxième fois que j’emprunte cet itinéraire pour me rendre à Askemod. Il est certes un peu plus « sportif » au départ, mais je le préfère à celui du fond des gorges, même si dans la montée après le franchissement de la rivière, ce dernier offre de belles vues sur le cirque de Mourik.
A la sortie du chemin des vires, Mohammed, le récent gardien du gîte et nouveau compagnon de route, me fait tirer tout droit sur le petit plateau caillouteux. Je lui fais remarquer que ce n’est pas le chemin emprunté l’année dernière avec Ali. Il sourit, fait non de la tête et tend la main dans l’axe des falaises pour bien me montrer que nous continuons dans cette direction. Je ne m’en prends qu’à moi et évite de montrer ma contrariété. En effet, persuadé que nous emprunterions l’autre chemin, je n’ai pas jugé indispensable le portage d’un bidon d’eau. Erreur, d’autant plus stupide puisque Rantanplan était de la partie. C’est à une demi-heure d’ici à mi pente vers l’ouest que se trouve la petite résurgence sur laquelle je comptais. Non pas que je sois terriblement assoiffé à l’instant, mais ne sachant pas trop ou Mohammed m’embarquait, je n’aurais pas hésité à remplir la gourde. C’est que, en toute modestie, je ne situe pas ma sobriété au même niveau que celle de mon jeune compère.
Je me renseigne sur la prochaine source. En guise de réponse, alors que je me serais contenté d’une réponse laconique du genre « dans moins d’une heure », Mohammed part à la fois direction de l’ouest et dans une longue et incompréhensible tirade. Le problème avec lui, c’est qu’il ne parle pas un mot de Français, qu’il semble persuadé que sa langue natale n’a aucun secret pour moi et que, pour finir, son problème d’élocution, un zénorme zeveu zur la langue, me prive souvent de la compréhension du peu de syntaxe tamazight que mes oreilles avaient fini par assimiler. J’ai envie de lui dire que je ferais bien la montée jusqu’à cette taghbalout à l’eau un peu terreuse, mais à la fraîcheur toujours appréciable dans ce pays, mais il a déjà pris dix mètres d’avance !
Je ne sais pas encore que son empressement à repartir est dû à un autre objectif que celui que j’ai interprété hier soir quand il a proposé d’aller rendre visite à un de ses amis à Askemod.
Après quelques autres traversées de ravin, deux ou trois franchissements de bosses caillouteuses et un litre de sueur déversé dans le dos du tee-short, nous arrivons en vue de deux bergeries. Je devrais plutôt dire deux misérables abris sous roche, fermés sur le devant par un bel et large empilage de pierres sèches en arc de cercle destiné à donner plus d’espace à la sommaire habitation. Mohammed s’en approche malgré la présence agressive du chien-gardien de l’endroit, mais fait rapidement demi-tour dès qu’il constate la vacuité de l’endroit. Je pense que nous n’aurons pas droit au thé brûlant ni au pain et huile d’olive que tout hôte se doit d’offrir au voyageur. Mais qui dit bergerie dit assurément…source dans les environs. Je fais donc part à mon sobre compagnon de mon besoin d’H2O, en espérant que celle-ci ne nous détourne pas trop du chemin ; le voilà qui retourne vers l’abri et, comme s’il était chez lui, sort une clé d’entre les pierres sèches, ouvre le cadenas et m’invite à rentrer.
C’est autour d’une théière fumante et d’une tasse d’huile d’olive au fond de laquelle il faut savoir plonger le pain pour y trouver un peu de cet excellent miel de montagne dérobé aux abeilles dans des ruches sauvages, que Mohammed dissipe ma surprise. Son histoire zézayante, soutenue à grands gestes, mimes et petits dessins sur le sol en terre battue, m’apprend qu’il a passé toute son enfance et adolescence dans les falaises d’Arachanne comme berger pour son grand frère ; que c’est dans ces environs qu’il a connu ses premiers émois amoureux avec Zimba, devenue aujourd’hui sa femme et qui, Grâce à Dieu, lui a donné un fils dès les premiers mois de leur mariage; qu’il connaît très bien les propriétaires de cette bergerie avec qui Zimba semble avoir des liens de parenté, mais j’ai pas trop capté ; qu’après que Ali ai souhaité quitter le gîte pour aller travailler en ville c’est lui qui a pris le relais. Mais là non plus je n’ai pas compris dans quelles circonstances. Peu importe, de toutes façons il est temps d’y aller.
Bien requinqué après cette petite collation inattendue, les dénivelés suivants ne sont qu’une formalité. Nous enchaînons plusieurs montées et descentes dans un alignement de bosses pour déboucher à nouveau sur un chemin en corniche encore plus long et spectaculaire que le précédent. Le soleil est presque au zénith quand nous en sortons pour continuer encore quelque temps hors piste et finir dans un ravin d’éboulis plus qu’instables. Plusieurs dizaines de mètres en contre bas l’assif melloul, la rivière blanche charrie ses flots ocres de printemps.
Je comprends que nous sommes arrivés au terme du voyage.
C’est l’ouie qui réagit la première. Chants, cris d’enfants, bêlements, cliquetis métalliques, frottements de lames sur la pierre, voix claires et entraînées à faire porter le timbre d’une falaise à l’autre, au plus haut d’une arête, au fond d’une combe, partout où l’attend une oreille également aiguisée à ce type d’exercice.
J’entends. J’écoute. J’avance. Je vois.
Je crois rêver. Une ravine en forme de fer à cheval, ouverte et rétrécie sur le bas se jette dans la rivière trois cents mètres en contre bas. La partie fermée est bordée par les falaises de quinze à vingt mètres dominées par les immenses pentes rocailleuses, terre de pacage des Ayt Khoya et Ayt Boulmane de la vallée d’Anergui. Les yeux ne fixent pas de suite les scènes de détail. Je compterai plus tard une quarantaine d’adultes et presque la moitié de gamins en âge de marcher, une douzaine de mulets, quatre ânes et … des centaines de têtes de bétail jouant les acrobates dans les rochers pour dénicher le plat du jour. Tous sont réunis sur ce site entre ciel et terre pour la tonte de l’année.
Entre pente et paroi, sur toute la longueur de la bande étroite et accessible qui sert de base aux falaises, s’offrent des scènes d’un autre temps. Ou plutôt du temps de ces hommes devant moi ! Le même, si l’on fait abstraction des quelques bidons en plastique, cordes et cordelettes en nylon, que celui des pères de leurs pères.
A l’extrémité la plus resserrée, quelques rochers entassés et un assemblage de poutres grossièrement taillées dans des grosses branches de genévriers, couvertures et bâches de nylon, ferment un renfoncement dans la falaise. Il abrite la cuisine des femmes et une activité fébrile. A l’autre extrémité, deux foyers entretenus par un groupe d’adolescents présagent ripaille. A proximité, sur une petite terrasse, la plus confortable recouverte de nattes en palmiers nains, tapis et coussins, je reconnais les deux fquihs des Ayt Boulmane et des Ayt Khoya. Ils se prélassent et sirotent du thé en compagnie de deux autres hommes à l’attitude et regard témoignant d’une condition… supérieure. Non loin, un autre homme officie - « Le maître de thé »- . C’est que dans ces montagnes, préparer le thé est une affaire d’homme. Je le connais aussi ; c’est le voisin d’Ali sur les pentes d’Ouriz. J’ai assisté chez lui, trois ans en arrière, au mariage d’un de ses fils avec une belle-sœur d’Ali.
Nous passons d’un endroit à l’autre, saluons tous les hommes. Il me semble percevoir que nous étions attendus car dans la réponse que Mohammed adresse au berger qui l’interpelle, je discerne quelques mots tels que tassarout, zit, atey, aman, me faisant penser qu’il est en train d’expliquer notre arrêt à la bergerie de son interlocuteur, et peut-être justifier notre léger retard.
« Salam! Koulchi Labess ? Shibes makein ? » La tournée continue, mais les salutations ne s’adressent qu’aux hommes ; seules les femmes croisées ont droit à un salut discret sous la forme d’un effleurement délicat et furtif des deux plats de la main. J’ai toujours trouvé de la sensualité dans cette forme de salut entre hommes et femmes, et m’en étonne dans ce pays si pudique. Une autre terrasse accueille un groupe de femmes de tous âges et diverse progéniture. Les bébés sont portés sur le dos des mères, des grandes sœurs, où encore gisent empaquetés, à même le sol à l’ombre de la paroi. Ca discute, allaite, plaisante et sûrement se moque-t-on de ce roumi maladroit dans les éboulis, et de sa surprise affichée.
A peine en contrebas des deux groupes, les tondeurs s’activent, chantent, aiguisent leurs ciseaux, dépouillent les moutons de la lourde laine qui les a protégé tout l’hiver. Les gestes et les outils sont restés tels qu’ils devaient être au temps de leurs aïeux. Les jeunes bergers amènent les bêtes à portée de ciseaux, entravent, maintiennent les plus récalcitrantes, les libèrent et les renvoient vers leurs congénères une fois le travail accompli. Toutes semblent guillerettes de se sentir si légères pour l’été.
Un des deux hommes de belle allure nous invite à leurs cotés. Mohammed me fait comprendre que ce sont les propriétaires des troupeaux rassemblés pour la circonstance. J’ai droit à une couverture supplémentaire sous mes fesses qu’ils doivent estimer, si non plus dignes, au moins plus délicates que les leurs. J’essaye de refuser avec le sourire pour finir, non seulement avec cette isolation supplémentaire contre la rudesse de l’endroit, mais avec un coussin venu tout droit, et par les airs, de la terrasse des femmes, aussitôt qu’un fquih en a émise l’exigence. J’éprouve toujours une grande gêne face à toutes ces délicates attentions dont je suis, dont tout roumi est l’objet constant quelle que soit la personne rencontrée dans ces montagnes. Il n’y a qu’une chose à faire, car je sais qu’il en sera toujours ainsi, sourire, avaler sa gêne et attendre l’occasion de rendre la pareille.
C’est l’heure de l’apéritif. Tiens, fquih des Ayt Boulmane, j’ignore son nom, souffre de diabète. Il a droit à une petite théière personnelle en fer blanc et nous à quelques œufs brouillées dans leur pesant d’huile d’olive et d’épices. Le pain d’orge est encore tiède, sa croûte dorée craquante à en séquestrer la boulangère, le thé est aromatisé au thym citronné sauvage et l’huile d’olive est délicieuse. L’après midi s’annonce sous de bons hospices !
Merci Mohammed.
La fin de la tonte est marquée par un instant de recueillement, de louanges au Tout Puissant pour cette année exceptionnelle, et le sacrifice d’un bouc et d’un mouton. Un deuxième, mortellement blessé dans une chute, viendra peu après enrichir la potée. Ensuite la laine est partagée, empaquetée. Comment font-ils pour savoir ce qui revient à chacun puisque tout est mélangé ? C’est leur affaire, et celle-ci ne pose aucun problème apparent : la constitution de ces tas inégaux semble emprunte de justice et de sérieux. Tout le monde semble satisfait. Que l’événement se reproduise … Inch Allah !
Et l’après midi s’est poursuivi au rythme lent et sain du dépeçage des bêtes, du thé, du découpage de la viande, du thé, des bavardages et plaisanteries, des jeux des enfants et des bergers, du thé, des brochettes d’abats qu’un jeune garçon fait tourner pour une équité parfaite entre les convives, du thé, des galettes d’orge encore chaudes trempées dans le beurre fondu aux épices. A l’heure du goûter est venu le siksou trempé de petit lait, suivi des quartiers de viande grillée, découpés et distribués dans une justice édifiante -bon, sauf pour le roumi à qui revient bien sûr le morceau choisi-. Vous reprendrez bien un peu de thé ?
La lumière décroît sur Mezzéranne -ainsi est appelé ce site. Cela signifierait « Celle des rochers » ou « La mère des rochers » des pierres ou des cailloux, enfin quelque chose comme ça, l’orthographe n’étant que la retranscription de ce que mes oreilles ont entendu -. Il est dix-neuf heures. Une jeune fille, un bambin d’à peine six ans et deux femmes portant bébé sur le dos et ballot de laine à la main nous quittent pour rejoindre leur grottes ou bergeries avant la nuit noire. Un chien les rattrape. Tous grimpent dans les éboulis, font corps avec la pente. Le pas est sûr, pas un caillou ne roule, elles adhèrent au sol instable comme les chèvres aux rochers. Tous disparaissent derrière l’arrête par laquelle nous sommes arrivés. Je demande à Mohammed où se trouve leur abri. « Pas loin… » me répond-il laconiquement en sirotant son énième verre de thé. Je demande un peu plus de précisions. Un trait et trois croix dans la terre : Leur bergerie serait à mi-chemin entre celle où nous nous sommes arrêtés et ici, à l’écart du chemin suivi. Pas loin en effet… Mais quand même une bonne heure de marche dans la pénombre. .En réalité, même dans la nuit la plus noire, il n’y a pas trop de soucis à se faire pour elles. Ces pentes, ces falaises, ces entailles dans la montagne, chaque cime, combe, arête ou ravin leur est connu. Elles les ont courus, explorés, franchis, parcourus en tous sens, sillonnés, par tous les temps et à toute heure, presque pieds nus, tant me semblent une dérisoire protection sur ce terrain, les lambeaux de caoutchouc recousus ou ressoudés au tison qui autrefois ont du ressentir la fierté d’être appelés « chaussures ». Il en sera ainsi jusqu’à ce que les os n’en puissent plus. La mère à peine remise des couches reprendra ses corvées d’eau, la garde du troupeau, la recherche du bois. L’enfant est sur son dos, il sera ses cotés dès qu’il saura mettre un pied devant l’autre dans des endroits si escarpés que bien des adultes de notre société ne sauraient s’y tenir même à "quatre pattes". Les vieillards ne rejoignent la vallée ou le hameau que pour finir leurs jours doucement dans la maison familiale en compagnie d’un fils et des petits-enfants.
Les marmites sont sur les braises. D’autres quartiers de viande grillent sur le deuxième foyer. Cet après-midi le couscous et le pain étaient l’affaire des femmes. Aux hommes le thé, le dépeçage et les brochettes. Ce soir ils se collent aussi aux gamelles. Les plus jeunes ont lavé et épluché les légumes, coupé les restes de viande, sous les quolibets gentiment moqueurs des plus âgés. D’autres terminent le travail, activent les foyers, surveillent la cuisson, les fquihs, les deux propriétaires et les tondeurs parlent fort et sirotent –encore- du thé. Quelques cailloux tombent du haut des falaises. C’est l’annonce d’un troupeau qui rentre dans la nuit noire. Cris, appels, aboiements, tout le monde se colle aux parois et laisse passer l’averse. Quelques beaux spécimens de la taille d’un ballon roulent dans le ravin et auraient pu laisser sans vie le corps trouvé à sa verticale. J’ai compté le lendemain plus de deux cent cinquante têtes pour ce seul troupeau installé pour la nuit à quelques mètres de la petite terrasse perso que deux jeunes se sont empressés de tailler à notre arrivée. Ils l’ont nivelé, nettoyé de ses quelques cailloux qui auraient pu rendre ma nuit inconfortable et m’ont même indiqué l’endroit ou je devais mettre la tête ; là, derrière le petit muret qu’ils ont dressé en refuge à la brise fraîche de la nuit. La terre me servira de lit et mon sac d’oreiller.
Ca fait du bruit quand chèvres et brebis appellent leurs petits. Ca fait du bruit quand ceux-ci, trop vulnérables encore pour être lâchés avec le troupeau dans la journée, cherchent la mamelle maternelle attendue tout l’après-midi. Ca fait du bruit quand le propriétaire engueule le berger et sa femme pour n’avoir su maintenir les bêtes loin de la falaise. Ca fait du bruit quand les roulements de tambourins deviennent profond appel aux voix sauvages des femmes .
Rythmés, stridents, profonds, enivrants et enivrés, les bendirs bondissent, roulent, dansent, saluent l’arrivée d’Ayur -la lune ronde- sur Mezzéranne. Les youyous sauvages des femmes passent dans le sang tels une ardente réponse (ou défi ?) aux tambours. Cela ne dure que deux ou trois minutes et tous s’arrêtent, synchronisés, net, au coup de fusil qui ponctue le dernier et violent roulement. La magie et la force de l’instant résident dans cette brièveté.
Chèvres et brebis se sont tues, les cabris sont branchés et dans l’air dansent les escarbilles, crépitent les dernières braises, flotte l’odeur de bois brûlé et des épices dans les gamelles. Suit un long moment de magique plénitude, bercé par une voix chaude comme le feu, douce comme le miel de ces montagnes qui répète, répète jusqu’aux portes du sommeil de son enfant, la litanie apaisante. Des silhouettes se remettent en mouvement. L’une d’elle lance une dernière prière. Elle n’attire que le « maître de thé », un des propriétaires, deux tondeurs et trois anciens. La deuxième devient Mohammed s’approchant de mes « appartements » que j’avais gagnés en fin d’après midi dans une esquive polie au vingt septième verre de thé. Le campement de nouveau s’anime, les psalmodies sont couvertes par les voix des autres hommes et femmes indifférentes à ces ombres dessinées sur la falaise qui se prosternent et se relèvent. Iminchli -le souper- est prêt, le thé apéritif servi. Mohammed vient me l’annoncer. Il est bientôt vingt-deux heures.
En ce samedi 22 mai 2002 la lune rend hommage à Mezzéranne.
Face à moi, les pentes du cirque de Mourik, Cheffart et Tagoujimt n’Ouzdoud -la queue du pigeon- sont encore à contre jour. Le soleil vient de franchir leurs crêtes, et l’ombre matinale qui maintient ce versant dans une gamme délicate de gris vaporeux, sait que son règne sera de courte durée et qu’elle a déjà cause perdue… A mesure que l’astre avance dans sa course, la douce et chatoyante lumière gagne son engagement quotidien.
Peu à peu se déchire la subtile opacité du filigrane, se dévoile le relief de la pente. Ravins, corniches, pierriers et vires, silhouettes de thuyas centenaires, genévriers noueux, chênes verts rachitiques suspendus dans le vide, accrochés désespérément à la moindre faille, traces de troupeaux et d’éboulis, se précisent graduellement, renaissent à mes yeux toujours émerveillés.
J’aime ces minutes d’abandon, l’apaisement et le bonheur immédiat qu’elles procurent. Elles sont parfois propices au retour à l’orée de la mémoire d’autres moments privilégiés, tel celui de la rencontre, voici deux jours, avec un rassemblement de troupeaux pour la cérémonie de la tonte dans les falaises d’Arachanne.
Nous sommes partis à l’aube.
Une omelette baignant dans l’huile d’olive et trois verres de café au lait cannelé et poivré en guise de petit déjeuner, la digestion se fera au pas du mulet. Il prend de l’âge, comme moi, et ça tombe bien. Le rythme qu’il dicte est respectueux de nos vieux os. Et il le faut, car nous n’avons pas le temps de nous mettre en jambes. D’entrée une demi-heure de montée derrière le gîte pour atteindre les bergeries de Wihalanne. A cinq heures du matin on ne souffre pas de la chaleur mais les muscles ne répondent pas comme en milieu de journée… Le chant d’un coq nous accueille au passage des premiers enclos. C’est plus sympa que les deux chiens hargneux qui rêvent de nous croquer les mollets à l’approche de celles d’Aguerd. Bon, c’est vrai ils font leur boulot ; mais j’apprécie moins ces toutous de bergers depuis je me suis fait déchirer le bas du pantalon par un perfide qui m’a laissé passer, sans même trop montrer les crocs, avant me prendre en traître sans que je l’entende venir.
Il faut poursuivre l’effort pendant une heure encore, jusqu’au débouché sur le chemin en corniche dans les falaises, pour mériter la redécouverte de la perspective des gorges avec cette lumière pure des premiers rayons de soleil qui franchissent la barrière de Mourik. C’est la deuxième fois que j’emprunte cet itinéraire pour me rendre à Askemod. Il est certes un peu plus « sportif » au départ, mais je le préfère à celui du fond des gorges, même si dans la montée après le franchissement de la rivière, ce dernier offre de belles vues sur le cirque de Mourik.
A la sortie du chemin des vires, Mohammed, le récent gardien du gîte et nouveau compagnon de route, me fait tirer tout droit sur le petit plateau caillouteux. Je lui fais remarquer que ce n’est pas le chemin emprunté l’année dernière avec Ali. Il sourit, fait non de la tête et tend la main dans l’axe des falaises pour bien me montrer que nous continuons dans cette direction. Je ne m’en prends qu’à moi et évite de montrer ma contrariété. En effet, persuadé que nous emprunterions l’autre chemin, je n’ai pas jugé indispensable le portage d’un bidon d’eau. Erreur, d’autant plus stupide puisque Rantanplan était de la partie. C’est à une demi-heure d’ici à mi pente vers l’ouest que se trouve la petite résurgence sur laquelle je comptais. Non pas que je sois terriblement assoiffé à l’instant, mais ne sachant pas trop ou Mohammed m’embarquait, je n’aurais pas hésité à remplir la gourde. C’est que, en toute modestie, je ne situe pas ma sobriété au même niveau que celle de mon jeune compère.
Je me renseigne sur la prochaine source. En guise de réponse, alors que je me serais contenté d’une réponse laconique du genre « dans moins d’une heure », Mohammed part à la fois direction de l’ouest et dans une longue et incompréhensible tirade. Le problème avec lui, c’est qu’il ne parle pas un mot de Français, qu’il semble persuadé que sa langue natale n’a aucun secret pour moi et que, pour finir, son problème d’élocution, un zénorme zeveu zur la langue, me prive souvent de la compréhension du peu de syntaxe tamazight que mes oreilles avaient fini par assimiler. J’ai envie de lui dire que je ferais bien la montée jusqu’à cette taghbalout à l’eau un peu terreuse, mais à la fraîcheur toujours appréciable dans ce pays, mais il a déjà pris dix mètres d’avance !
Je ne sais pas encore que son empressement à repartir est dû à un autre objectif que celui que j’ai interprété hier soir quand il a proposé d’aller rendre visite à un de ses amis à Askemod.
Après quelques autres traversées de ravin, deux ou trois franchissements de bosses caillouteuses et un litre de sueur déversé dans le dos du tee-short, nous arrivons en vue de deux bergeries. Je devrais plutôt dire deux misérables abris sous roche, fermés sur le devant par un bel et large empilage de pierres sèches en arc de cercle destiné à donner plus d’espace à la sommaire habitation. Mohammed s’en approche malgré la présence agressive du chien-gardien de l’endroit, mais fait rapidement demi-tour dès qu’il constate la vacuité de l’endroit. Je pense que nous n’aurons pas droit au thé brûlant ni au pain et huile d’olive que tout hôte se doit d’offrir au voyageur. Mais qui dit bergerie dit assurément…source dans les environs. Je fais donc part à mon sobre compagnon de mon besoin d’H2O, en espérant que celle-ci ne nous détourne pas trop du chemin ; le voilà qui retourne vers l’abri et, comme s’il était chez lui, sort une clé d’entre les pierres sèches, ouvre le cadenas et m’invite à rentrer.
C’est autour d’une théière fumante et d’une tasse d’huile d’olive au fond de laquelle il faut savoir plonger le pain pour y trouver un peu de cet excellent miel de montagne dérobé aux abeilles dans des ruches sauvages, que Mohammed dissipe ma surprise. Son histoire zézayante, soutenue à grands gestes, mimes et petits dessins sur le sol en terre battue, m’apprend qu’il a passé toute son enfance et adolescence dans les falaises d’Arachanne comme berger pour son grand frère ; que c’est dans ces environs qu’il a connu ses premiers émois amoureux avec Zimba, devenue aujourd’hui sa femme et qui, Grâce à Dieu, lui a donné un fils dès les premiers mois de leur mariage; qu’il connaît très bien les propriétaires de cette bergerie avec qui Zimba semble avoir des liens de parenté, mais j’ai pas trop capté ; qu’après que Ali ai souhaité quitter le gîte pour aller travailler en ville c’est lui qui a pris le relais. Mais là non plus je n’ai pas compris dans quelles circonstances. Peu importe, de toutes façons il est temps d’y aller.
Bien requinqué après cette petite collation inattendue, les dénivelés suivants ne sont qu’une formalité. Nous enchaînons plusieurs montées et descentes dans un alignement de bosses pour déboucher à nouveau sur un chemin en corniche encore plus long et spectaculaire que le précédent. Le soleil est presque au zénith quand nous en sortons pour continuer encore quelque temps hors piste et finir dans un ravin d’éboulis plus qu’instables. Plusieurs dizaines de mètres en contre bas l’assif melloul, la rivière blanche charrie ses flots ocres de printemps.
Je comprends que nous sommes arrivés au terme du voyage.
C’est l’ouie qui réagit la première. Chants, cris d’enfants, bêlements, cliquetis métalliques, frottements de lames sur la pierre, voix claires et entraînées à faire porter le timbre d’une falaise à l’autre, au plus haut d’une arête, au fond d’une combe, partout où l’attend une oreille également aiguisée à ce type d’exercice.
J’entends. J’écoute. J’avance. Je vois.
Je crois rêver. Une ravine en forme de fer à cheval, ouverte et rétrécie sur le bas se jette dans la rivière trois cents mètres en contre bas. La partie fermée est bordée par les falaises de quinze à vingt mètres dominées par les immenses pentes rocailleuses, terre de pacage des Ayt Khoya et Ayt Boulmane de la vallée d’Anergui. Les yeux ne fixent pas de suite les scènes de détail. Je compterai plus tard une quarantaine d’adultes et presque la moitié de gamins en âge de marcher, une douzaine de mulets, quatre ânes et … des centaines de têtes de bétail jouant les acrobates dans les rochers pour dénicher le plat du jour. Tous sont réunis sur ce site entre ciel et terre pour la tonte de l’année.
Entre pente et paroi, sur toute la longueur de la bande étroite et accessible qui sert de base aux falaises, s’offrent des scènes d’un autre temps. Ou plutôt du temps de ces hommes devant moi ! Le même, si l’on fait abstraction des quelques bidons en plastique, cordes et cordelettes en nylon, que celui des pères de leurs pères.
A l’extrémité la plus resserrée, quelques rochers entassés et un assemblage de poutres grossièrement taillées dans des grosses branches de genévriers, couvertures et bâches de nylon, ferment un renfoncement dans la falaise. Il abrite la cuisine des femmes et une activité fébrile. A l’autre extrémité, deux foyers entretenus par un groupe d’adolescents présagent ripaille. A proximité, sur une petite terrasse, la plus confortable recouverte de nattes en palmiers nains, tapis et coussins, je reconnais les deux fquihs des Ayt Boulmane et des Ayt Khoya. Ils se prélassent et sirotent du thé en compagnie de deux autres hommes à l’attitude et regard témoignant d’une condition… supérieure. Non loin, un autre homme officie - « Le maître de thé »- . C’est que dans ces montagnes, préparer le thé est une affaire d’homme. Je le connais aussi ; c’est le voisin d’Ali sur les pentes d’Ouriz. J’ai assisté chez lui, trois ans en arrière, au mariage d’un de ses fils avec une belle-sœur d’Ali.
Nous passons d’un endroit à l’autre, saluons tous les hommes. Il me semble percevoir que nous étions attendus car dans la réponse que Mohammed adresse au berger qui l’interpelle, je discerne quelques mots tels que tassarout, zit, atey, aman, me faisant penser qu’il est en train d’expliquer notre arrêt à la bergerie de son interlocuteur, et peut-être justifier notre léger retard.
« Salam! Koulchi Labess ? Shibes makein ? » La tournée continue, mais les salutations ne s’adressent qu’aux hommes ; seules les femmes croisées ont droit à un salut discret sous la forme d’un effleurement délicat et furtif des deux plats de la main. J’ai toujours trouvé de la sensualité dans cette forme de salut entre hommes et femmes, et m’en étonne dans ce pays si pudique. Une autre terrasse accueille un groupe de femmes de tous âges et diverse progéniture. Les bébés sont portés sur le dos des mères, des grandes sœurs, où encore gisent empaquetés, à même le sol à l’ombre de la paroi. Ca discute, allaite, plaisante et sûrement se moque-t-on de ce roumi maladroit dans les éboulis, et de sa surprise affichée.
A peine en contrebas des deux groupes, les tondeurs s’activent, chantent, aiguisent leurs ciseaux, dépouillent les moutons de la lourde laine qui les a protégé tout l’hiver. Les gestes et les outils sont restés tels qu’ils devaient être au temps de leurs aïeux. Les jeunes bergers amènent les bêtes à portée de ciseaux, entravent, maintiennent les plus récalcitrantes, les libèrent et les renvoient vers leurs congénères une fois le travail accompli. Toutes semblent guillerettes de se sentir si légères pour l’été.
Un des deux hommes de belle allure nous invite à leurs cotés. Mohammed me fait comprendre que ce sont les propriétaires des troupeaux rassemblés pour la circonstance. J’ai droit à une couverture supplémentaire sous mes fesses qu’ils doivent estimer, si non plus dignes, au moins plus délicates que les leurs. J’essaye de refuser avec le sourire pour finir, non seulement avec cette isolation supplémentaire contre la rudesse de l’endroit, mais avec un coussin venu tout droit, et par les airs, de la terrasse des femmes, aussitôt qu’un fquih en a émise l’exigence. J’éprouve toujours une grande gêne face à toutes ces délicates attentions dont je suis, dont tout roumi est l’objet constant quelle que soit la personne rencontrée dans ces montagnes. Il n’y a qu’une chose à faire, car je sais qu’il en sera toujours ainsi, sourire, avaler sa gêne et attendre l’occasion de rendre la pareille.
C’est l’heure de l’apéritif. Tiens, fquih des Ayt Boulmane, j’ignore son nom, souffre de diabète. Il a droit à une petite théière personnelle en fer blanc et nous à quelques œufs brouillées dans leur pesant d’huile d’olive et d’épices. Le pain d’orge est encore tiède, sa croûte dorée craquante à en séquestrer la boulangère, le thé est aromatisé au thym citronné sauvage et l’huile d’olive est délicieuse. L’après midi s’annonce sous de bons hospices !
Merci Mohammed.
La fin de la tonte est marquée par un instant de recueillement, de louanges au Tout Puissant pour cette année exceptionnelle, et le sacrifice d’un bouc et d’un mouton. Un deuxième, mortellement blessé dans une chute, viendra peu après enrichir la potée. Ensuite la laine est partagée, empaquetée. Comment font-ils pour savoir ce qui revient à chacun puisque tout est mélangé ? C’est leur affaire, et celle-ci ne pose aucun problème apparent : la constitution de ces tas inégaux semble emprunte de justice et de sérieux. Tout le monde semble satisfait. Que l’événement se reproduise … Inch Allah !
Et l’après midi s’est poursuivi au rythme lent et sain du dépeçage des bêtes, du thé, du découpage de la viande, du thé, des bavardages et plaisanteries, des jeux des enfants et des bergers, du thé, des brochettes d’abats qu’un jeune garçon fait tourner pour une équité parfaite entre les convives, du thé, des galettes d’orge encore chaudes trempées dans le beurre fondu aux épices. A l’heure du goûter est venu le siksou trempé de petit lait, suivi des quartiers de viande grillée, découpés et distribués dans une justice édifiante -bon, sauf pour le roumi à qui revient bien sûr le morceau choisi-. Vous reprendrez bien un peu de thé ?
La lumière décroît sur Mezzéranne -ainsi est appelé ce site. Cela signifierait « Celle des rochers » ou « La mère des rochers » des pierres ou des cailloux, enfin quelque chose comme ça, l’orthographe n’étant que la retranscription de ce que mes oreilles ont entendu -. Il est dix-neuf heures. Une jeune fille, un bambin d’à peine six ans et deux femmes portant bébé sur le dos et ballot de laine à la main nous quittent pour rejoindre leur grottes ou bergeries avant la nuit noire. Un chien les rattrape. Tous grimpent dans les éboulis, font corps avec la pente. Le pas est sûr, pas un caillou ne roule, elles adhèrent au sol instable comme les chèvres aux rochers. Tous disparaissent derrière l’arrête par laquelle nous sommes arrivés. Je demande à Mohammed où se trouve leur abri. « Pas loin… » me répond-il laconiquement en sirotant son énième verre de thé. Je demande un peu plus de précisions. Un trait et trois croix dans la terre : Leur bergerie serait à mi-chemin entre celle où nous nous sommes arrêtés et ici, à l’écart du chemin suivi. Pas loin en effet… Mais quand même une bonne heure de marche dans la pénombre. .En réalité, même dans la nuit la plus noire, il n’y a pas trop de soucis à se faire pour elles. Ces pentes, ces falaises, ces entailles dans la montagne, chaque cime, combe, arête ou ravin leur est connu. Elles les ont courus, explorés, franchis, parcourus en tous sens, sillonnés, par tous les temps et à toute heure, presque pieds nus, tant me semblent une dérisoire protection sur ce terrain, les lambeaux de caoutchouc recousus ou ressoudés au tison qui autrefois ont du ressentir la fierté d’être appelés « chaussures ». Il en sera ainsi jusqu’à ce que les os n’en puissent plus. La mère à peine remise des couches reprendra ses corvées d’eau, la garde du troupeau, la recherche du bois. L’enfant est sur son dos, il sera ses cotés dès qu’il saura mettre un pied devant l’autre dans des endroits si escarpés que bien des adultes de notre société ne sauraient s’y tenir même à "quatre pattes". Les vieillards ne rejoignent la vallée ou le hameau que pour finir leurs jours doucement dans la maison familiale en compagnie d’un fils et des petits-enfants.
Les marmites sont sur les braises. D’autres quartiers de viande grillent sur le deuxième foyer. Cet après-midi le couscous et le pain étaient l’affaire des femmes. Aux hommes le thé, le dépeçage et les brochettes. Ce soir ils se collent aussi aux gamelles. Les plus jeunes ont lavé et épluché les légumes, coupé les restes de viande, sous les quolibets gentiment moqueurs des plus âgés. D’autres terminent le travail, activent les foyers, surveillent la cuisson, les fquihs, les deux propriétaires et les tondeurs parlent fort et sirotent –encore- du thé. Quelques cailloux tombent du haut des falaises. C’est l’annonce d’un troupeau qui rentre dans la nuit noire. Cris, appels, aboiements, tout le monde se colle aux parois et laisse passer l’averse. Quelques beaux spécimens de la taille d’un ballon roulent dans le ravin et auraient pu laisser sans vie le corps trouvé à sa verticale. J’ai compté le lendemain plus de deux cent cinquante têtes pour ce seul troupeau installé pour la nuit à quelques mètres de la petite terrasse perso que deux jeunes se sont empressés de tailler à notre arrivée. Ils l’ont nivelé, nettoyé de ses quelques cailloux qui auraient pu rendre ma nuit inconfortable et m’ont même indiqué l’endroit ou je devais mettre la tête ; là, derrière le petit muret qu’ils ont dressé en refuge à la brise fraîche de la nuit. La terre me servira de lit et mon sac d’oreiller.
Ca fait du bruit quand chèvres et brebis appellent leurs petits. Ca fait du bruit quand ceux-ci, trop vulnérables encore pour être lâchés avec le troupeau dans la journée, cherchent la mamelle maternelle attendue tout l’après-midi. Ca fait du bruit quand le propriétaire engueule le berger et sa femme pour n’avoir su maintenir les bêtes loin de la falaise. Ca fait du bruit quand les roulements de tambourins deviennent profond appel aux voix sauvages des femmes .
Rythmés, stridents, profonds, enivrants et enivrés, les bendirs bondissent, roulent, dansent, saluent l’arrivée d’Ayur -la lune ronde- sur Mezzéranne. Les youyous sauvages des femmes passent dans le sang tels une ardente réponse (ou défi ?) aux tambours. Cela ne dure que deux ou trois minutes et tous s’arrêtent, synchronisés, net, au coup de fusil qui ponctue le dernier et violent roulement. La magie et la force de l’instant résident dans cette brièveté.
Chèvres et brebis se sont tues, les cabris sont branchés et dans l’air dansent les escarbilles, crépitent les dernières braises, flotte l’odeur de bois brûlé et des épices dans les gamelles. Suit un long moment de magique plénitude, bercé par une voix chaude comme le feu, douce comme le miel de ces montagnes qui répète, répète jusqu’aux portes du sommeil de son enfant, la litanie apaisante. Des silhouettes se remettent en mouvement. L’une d’elle lance une dernière prière. Elle n’attire que le « maître de thé », un des propriétaires, deux tondeurs et trois anciens. La deuxième devient Mohammed s’approchant de mes « appartements » que j’avais gagnés en fin d’après midi dans une esquive polie au vingt septième verre de thé. Le campement de nouveau s’anime, les psalmodies sont couvertes par les voix des autres hommes et femmes indifférentes à ces ombres dessinées sur la falaise qui se prosternent et se relèvent. Iminchli -le souper- est prêt, le thé apéritif servi. Mohammed vient me l’annoncer. Il est bientôt vingt-deux heures.
En ce samedi 22 mai 2002 la lune rend hommage à Mezzéranne.
salut, , , , es ce que possible canadien marier une fille marocaine mais a lambassade du canada au maroc, , , , , parce que tres compliquer le mariage au maroc pour l etrenger, , , , merci
Bonjour
Je relance une discussion car la demande de Papy (HJ61) est restée sans réponse.
Depuis février 2014, le visa pour la Mauritanie est biométrique et est passé à 120€, pour 1 mois et une entrée, lorsqu'il est pris à la frontière PK55.
Quelqu'un a-t-il des infos récentes sur son prix à Rabat et le délai d'obtention? Dans le passé, c'était dans cette ville qu'il était le moins cher. Je suis surpris que personne ne puisse apporter de réponse à cette question.
Je pars début novembre pour un mois de voyage en Mauritanie, si d'ici là aucun voyant ne passe au rouge, et serais heureux d'avoir une réponse.
Cordialement
Jean
Hello. Avis à tous ceux qui ont séjournés au El Pueblo Tamlet à Agadir : quelles sont vos impressions positives et négatives ? Repas, propreté, plages, ambiance ... Je pars le 09 août ...











