Nous retraversons la ville de Dakha cette fois-ci de jour, le trajet est insupportable et Sophie jure de ne plus jamais y remettre les pieds. C'est la première fois que nous prenons un avion ou le placement est libre et les hôtesses sont aimables comme des portes de prison. Le clou du voyage : des images de la Mecque diffusées sur les écrans avec la prière en fond musical " Allah est grand, Allah vous accompagne, Allah protége votre famille, etc... ", cela peut être une source de réconfort pour les musulmans qui prennent l'avion mais dans notre cas, cela nous rappelle le 11 septembre... Un petit Inch Allah avant le collage et un rassurant " we are about to land in Kathmandou, Inch Allah " finissent de nous mettre dans l'ambiance. Nous voici au Népal, une destination que Christophe attendait avec impatience berce par tous les échos des voyageurs précédents et les récits lies aux expéditions sur ses 11 sommets culminant au dessus de 8000m (sur 17 dans le monde) et bien sur le Toit du monde, l'Everest a 8848m. Sophie est un peu plus anxieuse, l'école qui devait l'accueillir a ferme, elle va être livrée a elle même pendant les 3 semaines du trek, nouvelle expérience… Nous découvrons Katmandou de notre taxi et traversons le quartier touristique de Thamel. Les rues étroites sont bondées de resto et de boutiques. Difficile de se frayer un chemin au milieu des piétons, des vélos, des motos, des rickshaws et des voitures. Ici aussi ça joue du klaxonne, impossible de dire qui est le plus a plaindre dans cette circulation. Nous nous installons à la Tibet peace guesthouse, très agréable avec son jardin au calme. Puis c'est parti pour la découverte du quartier cette fois a pieds. Il faut faire attention aux vélos et motos qui n'hésitent pas à nous frôler de près et à nous klaxonner dans les oreilles. Les boutiques regorgent de fringues colorées dont les modèles n'ont pas du changer depuis les années 70, et de matériel pour trekkeurs, essentiellement des imitations North face. Les resto aussi sont nombreux et c'est pas évident de trouver une adresse indiquée dans le routard tant il y a de pancartes et d'enseignes. En tous cas y'a du choix: népalais, indien, chinois et européen. On va s'en mettre plein la panse! A condition de ne pas trop regarder autour; nous avons croise des rats a plusieurs reprises; l'un se promenait tranquillement sur une poutre au-dessus de nos assiettes...
Mercredi 25 Octobre: Viens boire un p'tit coup a la maison L'après-midi se passera à l'Internet café, "les pieds sur Terre" oblige. C'est en rentrant a notre guest que nous avons la surprise (attendue) de retrouver les deux Alex et Aurélie. Ils ont déjà attaque l'aperto "Ricard" bien de chez nous (mais au fait, c'est ou chez nous?). Nous poursuivrons au Pilgrim's, endroit très hétéroclite, a la fois librairie, bibliothèque, resto et cours de méditation ou yoga. Les "momos" cheese et vegetables (sorte de raviolis vapeur) y sont particulièrement savoureux.
Jeudi 26 Octobre: Tout le monde est la? Cette fois ce sont Marc et Priscillia alias Poupette qui nous ont rejoint pour le petit dej' avec le pot de Nutella commande par Sophie. Ils ont aussi pense aux guides et livres ainsi qu'au sauciflard et pinard. On attend ces ravitaillements un peu comme les caravanes africaines attendent l'oasis en traversant le dessert!!! Bienvenus les poulets. L'après-midi sera consacrée a la préparation du trek avec le guide: permis de trek, itinéraire et logistique. Y'a juste un petit hic: l'hiver semble être arrive plus tôt que d'habitude. La semaine dernière 7 alpinistes français ont été ensevelis par une avalanche, cette semaine des yacks sont morts de froid et la route des Annapurnas est bloquée a mi-chemin par la neige. Le programme reste inchangé, si la route n'est toujours pas accessible d'ici la, ils emprunteront un autre parcours. En tous cas, ça va peler, Sophie ne regrette pas sa décision de rester dans la vallée.
en rouge itinéraire du trek plus ou moins éffectué
Vendredi 27 Octobre: la séparation
Le moment est venu d'analyser un peu notre couple dans le cadre d'un voyage comme celui-ci.
Question intimité, c'est pas l'idéal : pas facile de se séduire quand on est fagotés comme un as de pique tous les jours et privée de sèche-cheveux en ce qui concerne Sophie car il faut reconnaître qu'a ce niveau-la c'est plus dur pour elle. Rajoute a cela la fatigue, parfois le manque d'intimité ou d'intimité dans les " dormitory ", on est loin du Kama Sutra.
Question entente c'est un peu comme " le loft ", l'émission de télé-réalité, une sorte de condense de vie ou les situations s'enchaînent et nous mettent face a l'autre. Comme dans le quotidien, c'est une question de compromis et de tolérance a la différence âpres qu'on ne peut pas fuir, il faut résoudre le problème coûte que coûte car y'a pas de copains ni de boulot pour se réfugier ou encore une salle de sport a proximité. Ce n'est donc pas facile tout le temps malgré la cote idyllique que peut revêtir ce voyage. Le cote positif, c'est qu'en revenant d'un tel " test ", on sait a quoi s'en tenir. On en ressort plus fort et on devrait pouvoir affronter les épreuves suivantes riches d'une belle expérience conjugale.Pour la suite du carnet nous avons acide de mettre en parallèle nos journées plutôt que de les enchaîner
Sniff
Le moment tant redouté est arrivé, il faut se séparer. Ca y est, c'est fait. Prends soin de toi, je serai à Pokkhara dans 18 jours pour vous accueillir… avec pinard et sauciflard! Bon c'n'est pas tout mais maintenant va falloir que j'organise mon temps libre. J'avais pris contact avec un certain Pramod qui répond à tous les mails de voyageurs sur "Voyage forum", il habite à Katmandou et je dois le rencontrer. Une heure plus tard me voila dans son bureau à boire un café. Ce népalais de 37 ans a vécu 15 ans à Paris et vient de s'installer définitivement au Népal ou il envisage de travailler dans le commerce équitable. Il me presente Rabina qui parle aussi français puisqu'elle travaille dans une agence francophone. Habitant à Bakhtapur, elle me propose de la voir sur place quand j'irai. Le hasard veut qu'elle soit de la famille d'Indra, cet étudiant népalais que j'ai contacte par Internet qui s'occupe d'une association scolaire pour enfants défavorises et que je dois aussi rencontrer. Pramod m'apprend que du 1er au 3 novembre, c'est Tihar (ou Deepavali), la fête des lumières et me propose de passer quelques jours dans une famille ou je serai au plus âpres de la fête. Mais c'est une très bonne idée ça, ça marche pour moi. Un coup de téléphone plus tard, Niranjan, son ami débarque pour me rencontrer. Rendez-vous est pris, il m'amante dans sa famille le 2 novembre. Pour l'instant ça s'annonce plutôt bien.
Ce n'est qu'un au revoir... Khandi (840m) Bhubhule (900m), 1h de marche Dernière nuit avec Sophie, ce sera notre première séparation aussi longue. Nicolas Bouvier habitue des longues absences avec sa femme écrivait : " Je crois à la vertu des absences... Dans une vie de couple qui passe toujours par des crises shakespeariennes, il faut d'immenses lucarnes, des bouffées d'air salubre. ". En attendant beaucoup d'inquiétude dans mon baiser d'adieu au petit matin, la voila seule pour 3 semaines, première expérience en solo dans un pays étranger et sans possibilité de se joindre. On a rencontre nombre de voyageuses solitaires depuis le début de ce voyage, et au fond de moi je me dis qu'il n'y a pas de raison que ça se passe mal. En tout cas, ce n'est pas les occupations qui vont lui manquer: visa pour l'Inde, nettoyage des objets birmans, mises a jour du site, achat du billet Maldives-Mexique... Notre bus perso nous attend. Panta, notre guide, nous a conseille de louer un minibus plutôt que prendre la bétaillère locale, la différence n'est que de quelques euros. Par contre on gagne entre 2 et 4h sur le trajet en évitant les check points, pas de risques de vol (en recrudescence en ce moment) et nous sommes sur d'avoir des places pour nous 6, les 3 porteurs et le guide. Nous couvrons en 5h les 200kms qui nous séparent de Pokhara et entre 2 nids de poule nous admirons avec quel soin les népalais décorent leur camion, enchevêtrement de couleurs, guirlandes et effigies religieuses kitchissimes... L'Inde n'est plus très loin et son influence se fait sentir. Are Krishna! Nous marchons ensuite une petite heure entre Khandi et Bhubhule, " qui va piano va sano va lontano ", il ne s'agirait pas de casser la machine des le premier jour. Apero Ricard et petits gâteaux aux poireaux achètes par Alexandra, ne négligeons pas les bonnes manières même en altitude, et pour le dîner ce sera Dal Bath pour tout le monde. Il s'agit du plat national (et probablement le notre pendant 15 jours), légumes au curry, soupe de lentilles et riz. Ca remplit son homme et c'est a volonté. C'est rigolo de voir passer une petite troupe maoïste alors que nous avons traverse un check point militaire il y a une heure. Tiens tiens, il semble que nous ayons change de territoire. Notre guide nous explique que les maoïstes contrôlent la région et de nombreux districts au Népal. En fait, la situation du pays est assez préoccupante, une économie au plus bas, un peuple mécontent et un roi adepte de la monarchie absolue, le très impopulaire Gyanendra. On comprend d'ailleurs pourquoi quand on sait qu'il a fait assassine tous les membres de sa famille ainsi que le souverain en place, le tout sur le dos de l'héritier qui s'est empresse des se suicider. Gyanendra, unique abonne absent du bain de sang, se retrouve " naturellement " au pouvoir. Des méthodes dignes de notre bon vieux Moyen-Âge mais encore d'actualité ici. Et pour " couronner " le tout, il étouffe la liberté de la presse, dissout le parlement et s'octroyer les pleins pouvoir. C'est un terrain fertile pour les maoïstes qui en profitent pour rassembler derrière eux les différents courants politiques et recueillir le soutien du peuple. Après notre repas du soir la même troupe maoïste refait son apparition, ils font le tour des guesthouse et viennent réclamer leurs "dons", qu'ils estiment à 100 roupies/jour/personne. Inutile de vous dire que c'est du racket pur et dur, par contre ils y mettent les formes : ils se pressentent sans arme, expliquent la situation du pays et leur combat, et restent ouverts aux questions, opportunité que nous saisissons avec délectation. Bilan du débat, la liberté qu'ils veulent mettre en place OK mais au sein d'un parti unique, et avec une seule voie possible : le Communisme. " Pas a la chinoise " nous précisent-t-ils, c'est vrai, dans maoïste y'a pas " Mao "… Quant a l'avenir, et bien on exporte la révolution en Inde puis au monde entier et on met fin à l'impérialisme yankee. Et la marmotte... Pauvres népalais, c'est ce qui s'appelle avoir le choix entre la peste et le cholera. Nous payons néanmoins, en trichant sur le nombre de jours, on verra bien. Avant de nous coucher, petit clin d'oeil au Manaslu un des géants du coin dont les neiges éternelles culminent a 8166m, que de beaux rêves en perspective.
Vendredi 28 Octobre:
Spécimens en voie d'extinction
Le matin fut réserve à l'ambassade de l'Inde ou il m'a fallut la matinée pour déposer la demande de visa. Des jeunes sans-gêne ont voulu doubler ce qui a crée une véritable émeute. Je profite de l'après-midi pour bricoler un peu et nettoyer les ornements de portes en bois achète au Myanmar. C'est aussi l'occasion de découvrir l'ambiance qui règne dans la guest. Des clients y ayant élu domicile viennent me voir et observer ce "very nice" objet. On retrouve dans cet endroit un peu de la Katmandou d'il y a 30 ans et … ses représentants. Mais oui, je n'y croyais pas, mais il existe encore des "dinosaures" de cette époque, des rescapes du "peace and love ". En pantalon pat d'eph et velours violet ou jean destroy avec un gilet de mouton retourné psyché sur une chemise bariolée, les cheveux longs ou dread locks, ces deux spécimens de 55/60 ans squattent la guest depuis des mois, on se croirait revenue au temps des hippies. Il faut d'ailleurs préciser que Katmandou a garde un certain style de vie de ces temps recules, on croise pas mal de djeun's style bohême, on nous propose aussi de la drogue a tous les coins de rue et il n'est pas rare de sentir certaines effluves " relaxantes ". C'est en me rendant à une soirée house que je rencontre Sarah dans la rue. Nous l'avions rencontre dans l'avion qui venait de Yangon et nous l'avions perdu de vue a l'arrive, trop occupée qu'elle était a chercher son sac disparu a l'arrive. Elle l'a finalement récupère 3 jours plus tard et partage en ce moment sa chambre avec Sylvain qui fait le tour du monde a velot (encore un). Changement de plan, on part boire un verre tous les trois puis on finit la soirée au "Fullmoon". Soirée vraiment géniale, on trouve une ambiance décontracte, on s'assoit sur des coussins a cote d'autres clients, des japonais en l'occurrence puis les gens dansent et fument des pétards. Ferme vers les 2/3 heures du mat, c'est sans conteste l'endroit le plus noctambule du coin puisqu'il y a une sorte de couvre-feu ici, les népalais n'ont pas le droit de traîner dans les rues après 22 heures, les touristes eux, sont rois.
Cette fois c'est parti Bhulbule (900m) Syange (1135m) 5h de marche Avant de partir, bref descriptif de "la communauté de l'Annapurna":
Aurélie: l'artiste, toujours armée de ses pinceaux elle donnera une touche de couleur a nos soirées en peignant portraits et paysages. Elle aura également l'immense privilège d'être en charge de toute la partie administrative, à savoir pressente les autorisations à chaque check point.
Alexandre: le monsieur muscle du groupe, 1.80m et 95kgs a la pesée, il sera notre seul rempart si le fameux Yeti pointait le bout de son nez. L'abominable hommes neiges aurait été signale âpres du col du Thorong La en train de siroter un glaçon. Pour cela notre Alex s'impose une discipline de fer, pompes 2x par jour et Dal Bath midi et soir! Aurélie en est folle depuis maintenant quelques années.
Priscilla: ou " Poupette " pour les intimes, c'est notre grande blonde a forte poitrine. Les quotas sont respectes... Elle officiera en tant que photographe du groupe, ne négligeant aucune poule ni aucun radis, toute la vallée ne passera sous son objectif. Sa bonne humeur légendaire nous accompagnera tout au long de périple. Récemment acoquinée avec " l'ours béarnais ", les treks a répétition semblent sceller leur union.
Alexandra: dit " le pitbull " ou " la Polak " en raison de son obstination a ne pas lâcher le morceau et son gout immodéré pour les habitants du pays de notre feu pape JP II. Elle marquera ce trek par sa volonté à relever tous les défis et a accroché la première place à la jungle speed où a la marche. Ses facultés se sont néanmoins amenuisées avec l'altitude et le degré de la pente... Nous ferons chambre commune (et lits sépares!) pendant ces 2 semaines.Levés 06h30, ce sera plus ou moins une constante tout au long de ce trek, ce qui nous permet de marcher à la fraîche et de ne pas arriver trop tard pour degoter une guesthouse sympa.
Après un roboratif petit déjeuner, nous attaquons de plein pieds cette ballade prometteuse. Peu de dénivelle aujourd'hui, nous longeons de verdoyants paysages de rizières étages, alternant avec des cultures de millet. De nombreux ponts suspendus nous permettent de naviguer entre les 2 cotes de la rivière Marsyangi ou nous croisons de multiples convois de mules, colorées comme des camions népalais et servant à ravitailler les villages en altitude. Premier conseil de Panta notre guide: ne pas jouer au plus con avec lesmules (malgré le fort potentiel qu'il a décelé dans le groupe) et toujours se mettre cote montagne pour les laisser passer, sinon c'est direct dans le précipice. Il nous parlera également de la condition de porteur pas toujours facile. Sur certains treks réputes durs, il arrive d'en retrouver morts d'épuisement sur le chemin et victime du mal d'altitude, certains touristes charges a vide imposant leur rythme effréné aux porteurs… Euh message reçu, nous prendrons soins des nôtres et je me risque même a porter mon sac a dos, tout du moins sur les premiers jours, la dysenterie et les 3 mois de voyage ayant laissé des traces.
Nos porteurs:
Samedi 29 Octobre:
On s'est connu, on s'est reconnu …
Levée a midi, il ne me reste plus que 5 heures de soleil avant la nuit. Je change d'hôtel pour rejoindre Sylvain et Sarah. Quelle erreur ai-je faite: l'eau sent la rouille et ça n'a pas l'air très clean (a 1 euro la chambre fallait s'en douter). C'est en me baladant dans le quartier que je suis interpellée par un "Sophie?". Cette tête me dit quelque chose, comment oublier Thomas et ces effigies de lui-même. Nous l'avions rencontre a Chengdu et le voici de retour du Tibet. Ce soir c'est la fête à Thamel, des DJ étrangers ont envahis la place. Y'a un monde pas possible et pour une fois les touristes sont largement minoritaires par rapport aux népalais dans cette " transe party " en plein air. Ca piccole sec, ça bouscule et ça profite des bains de foule pour jouer des mains baladeuses. Fallait réfléchir avant de me mettre la main ou je pense, tu vois pas que ça n'avance pas…et paf le chien, dans ta tête! Tous les quatre nous assistons a la sortie des locaux qui une fois l'an ont eux aussi le droit d'investir le quartier et de danser …jusqu'a 20 heures! En effet, a peine commencions nous a nous déhancher sur de la Transe que le couvre-feu était sonne, putain de maoïstes! Bon, direction le Funky Buddha ou la soirée continue…pour les touristes. De retour dans ma nouvelle chambre, je m'aperçois que je ne suis pas seule. Des compagnons indésirables l'ont squatte sans me demander la permission. Le premier a l'entrée, le deuxième, dans les rideaux, le troisième dans la baignoire et le plus culotte dans mon lit. C'est absolument hors de question que je dorme en compagnie de …cafards! Seule solution: Sylvain. J'ai finalement atterrie dans son lit et lui dans le mien, c'est Sarah qui va être surprise lorsqu'elle va rentrer... Maoïste en goguette Syange (1135m) Tal (1600m) 6h de marche Les paysages de rizière laissent place à une gorge aux parois abruptes. L'environnement devient de plus en plus rocailleux. Ce trek nous fait évoluer progressivement entre 800m et 5416m et nous permet d'apprécier toute la richesse et la varies des différents étages de végétation. Nous sommes d'ailleurs actuellement a l'altitude "Pass pass ton oinje..." puisque nous croisons de nombreux plants de Marijuana sur le bas cote. Panta nous promet une omelette maison aromatisée de ces herbes aux vertus reconnues, seulement après le col du Thorong La, pas folle la guêpe... A ce propos, les nouvelles ne sont pas très bonnes. Le col est bouche suite aux récentes chutes de neige (qui ont d'ailleurs coûte la vie la semaine dernière a 7 alpinistes français et leurs porteurs). De nombreux groupes font demi tour. Il nous reste encore quelques jours avant de l'atteindre, inch allah!
Dimanche 30 Octobre:
L'air " pur " de Kirtipur
Je me réveille au son des indien wabes, ce qui aurait été préférable au coucher. Non seulement l'eau de la douche est froide mais en plus elle est orange! Petit dej' en terrasse avec Sylvain puis départ pour une petite ballade a pieds direction Kirtipur à 6 km d'ici. En chemin, on s'arrête pour goûter les spécialités locales de marchands ambulants et de la noix de coco. Les népalais ont une étrange façon de dire oui ou d'accord: ils hochent la tête sur le cote, cela nous a d'abord laisse interloques quand on lui a demande de nous préparer la noix de coco, on ne savait pas si c'était du lard ou du cochon. Des que l'on s'éloigne du quartier touristique de Thamel, on découvre la vraie vie népalaise et malheureusement sa pauvreté. Des gens vivent aux abords de la rivière qui charrie des détritus et de décharges absolument infectes; c'est irrespirable pour mon nez délicat d'européenne. Cela n'empêchent pas les enfants de s'amuser en naviguant sur un morceaux de polystyrène.
1 km a pieds, ça use, ça use... Tal (1600m) Chame (2600m) 8h de marche Départ à l'aube pour une longue journée. Nous traversons des forets de conifères et au détour d'une belle montée nous apercevons une famille de langurs hauts perches sur les arbres. Ce sont de grands singes au poil gris et à la tête blanche. Notre approche "discrète" avec le béarnais les fera fuir. Voila bien une attitude de gougnaffier, notre égoïsme privera les derniers de ce petit plaisir. Heureusement nous en reverrons dans quelques jours. Un peu plus loin, d'assourdissant boom viennent nous chatouiller les oreilles. Le roi a lance la construction d'une route a flanc de montagne a grands coups de dynamite, officiellement pour le développement de la région (ce que les locaux désapprouvent fortement puisque ça signerait la fin du tourisme lie a la marche) et officieusement pour ravitailler l'armée et combattre les maoïstes. La marche se fait chacun suivant son rythme. Au détour d'une courbe,
Lundi 31 Octobre: Première sortie " seule "
Aujourd'hui c'est Tihar, on honore les animaux puis les frères et soeurs. Il semble que ce soit le jour des chiens aujourd'hui, plusieurs de leurs représentants sont affubles de colliers de fleurs et ont droit a leur poudre rouge sur le front. C'est très drôle. Je pars pour Sankhu en transports locaux, d'abord le tuk-tuk, une camionnette a 3 roues, sorte de taxi collectif puis le car. Le trajet s'avère plus long que prévu. Un loto géant est organise dans une des villes traversée ce qui cause un énorme embouteillage. De plus, nous aurons droit à deux vérifications militaires. Un monsieur arme en treillis monte a bord puis regarde derrière et sous les sièges. A chaque entrée des villes il y a un camp militaire avec fils barbelés et trouffions la mitraillette sous le bras.
L'autoroute du soleil Chame (2600m) Pisang (3200m) 6h de marche Journée tranquille aujourd'hui. Toujours pas de tourista ni d'ampoules, tout semble trop parfait. Ce sera l'occasion d'une franche rigolade avec les porteurs. Et oui, même avec notre népalais de cuisine, a peine parles-tu de fesses et te voila aussitôt promulgue " meilleur ami du monde ". Sujet universel s'il en est un, nul besoin de grandes idées pour rapprocher les peuples… " Le cul est la chose au monde la mieux partagée. " disait Antoine Blondin, je confirme... La discutions sera plus sérieuse avec Panta qui nous explique que 13 arbres suffisent a fournir de l'oxygène a un homme. Même si nous passons les 3000m, notre sentier étant noyé dans la foret nous ne commencerons a nous acclimater a l'altitude qu'en atteignant des paysages plus désertiques. De fil en aiguille, et d'odeurs en odeurs, il nous racontera cette comptine népalaise: un jeune homme habitait juste au-dessus d'une jeune femme qui cuisinait divinement bien les plats au curry. Trop pauvre pour pouvoir s'offrir autre chose que du riz blanc, il ne mangeait qu'aux heures ou la dame du bas cuisinait ses plats, et parfumait ainsi son riz des délicieuses odeurs de curry. La jeune femme s'apercevant du manège porta l'affaire devant le juge, qui condamna le pauvre homme a réparation. Celui-ci profondément attriste de l'injustice dont il était victime, promit de payer au regard de la faute commise. Il se présenta donc chez la jeune femme et déversa par terre ses maigres pièces, sonnantes et trébuchantes, "écoute bien, car te voila paye…". Un parfum de Patrick Suskind en plein Népal.
Mardi 1er Novembre:
Un Tihar a Bhaktapur
Les mirettes a 180 degrés Pisang (3200m) Manang (3600m) 5h de marche La neige se fait de plus en plus présente. Le massif des Annapurnas dévoile progressivement ses magnifiques pics enneiges aux noms tous plus originaux les uns que les autres: Annapurna I, Annapurna II, Annapurna III, Annapurna IV… Quelle imagination! Nous avons donc devant nous le II a 7937m, le IV a 7535m et le III a 7575m. L'Annapurna I, le seul à franchir la barrière mythique des 8000m (8091 pour être précis) se laisse encore désirer avant de nous livrer ses charmes… Je vous passe le couplet sur la fragilité de notre existence face a ces monstres, mais quelle majesté tout de même. On les sent à la fois proches et totalement inaccessibles. Et ce ciel bleu qui n'en finit plus depuis notre départ, que demander de plus??? Un bon Yak burger… Chose faite le soir pour Marc et moi-même. Nous outrepassons les consignes
Mercredi 2 Novembre: Bonne année !
Nous sommes aujourd'hui en 1126 dans le calendrier newar. Les Newars 2, 5% de la population sont les plus anciens habitants de la vallée de Kathmandu et sont divises en 84 sous castes. Ce sont surtout des artisans et des artistes tres attaches à leurs traditions et à leurs coutumes religieuses voire meme tres supersticieux. C'est au son des timbales et des damarus (petits tambours) que je suis réveillée. Un immense cortège traverse la ville. Les gens défilent a pieds avec des banderoles en travers du torse, s'ensuivent des camions avec des enfants et des ados dessus, puis un défile de motos. La ville est en pleine effervescence. Cela durera toute la journée.
Ca monte, ça monte Manang (3500m) Upper Yak Karka (4120m) 5h de marche Pas de journée d'acclimatation comme prévue à Manang, le col semble recouvert et il nous faut passer au plus vite avant une nouvelle chute de neige. En quittant le village à 07h30, nous croisons adultes et enfants en tongs. Leurs pieds sont cornes, la peau épaisse et ils ne semblent absolument pas souffrir du froid. Nos orteils d'occidentaux, par contre, font la grimace emmitouflés dans de grosses chaussettes au fond de nos confortables chaussures de marche. On est vraiment des petites natures… Le chemin s'enfonce dans la neige qui se transforme bientôt en boue, Priscilla finira 3 fois sur les fesses et en rira toute la journée l'ivresse de l'altitude aidant. Alexandra, piquée a vif qu'on m'ait attribue le surnom de "tulle" relèvera le défi de porter le sac a dos jusqu'a la fin de la journée. Excepté quelques difficultés sur les fins de montée, elle caracolera avec le groupe de tête malgré ses 12 kilos supplémentaires. Très
Jeudi 3 Novembre: Aujourd'hui c'est cadeau Je déambule une fois de plus dans les rues, je dois revoir les petites de la veille au même endroit ou leur mère vend des bricoles style bazar droguerie. Elles sont très contentes de me revoir. Je leur offre un livre pour apprendre à dessiner avec 2 crayons et une gomme. Difficile de savoir si elle sont dans le besoin et peut-être que d'autres enfants en auraient plus besoin mais un présent doit rester un geste spontané. Leur mère m'offre en échange une petite boite de baume du tigre et un café au lait. Elle aimerait que je parraine ses filles pour aller dans une école privée, cela se fait beaucoup ici. Je leur laisse l'adresse d'Indra. Au Népal, il y a une grande inégalité devant le droit à l'éducation et c'est l'argent qui fait la différence. Les écoles publiques sont très rudimentaires et ont peu de moyens, les instituteurs sont très mal payes. Il y a d'autre part les écoles privées ou la qualité
Gla Gla Gla... Upper Yak Karka (4120m) Thorong La high Camp (4880m) 5h de marche Ce fut notre nuit la plus froide, -5 degrés dans la chambre au réveil. On a tous dormi habilles dans nos duvets -5 confort -15 extrême. Et bien ce n'était pas confort du tout, surtout quand on a bu ses 3 litres d'eau et sa camomille du soir (sur recommandation du guide). Le bilan est sans appel: 4 expéditions toilettes dans la nuit. On attaque a l'aube, talon-plante-pointe, on déroule on déroule. Arrêt Grany dans une bergerie/bistrot/bazard. Un troupeau de bouquetins sur les flancs attire mon attention, c'est moins de temps qu'il n'en faut au bouc de la proprio pour se saisir de ma barre de chocolat encore sous cellophane. Optimiste la bergère m'a dit de repasser le lendemain récupérer ce qu'il restait! Sans façon. A midi nous retrouvons Emmanuelle et Yohan, 2 grenoblois en vadrouille pour 3 semaines, leur fille de 2 ans patientant bien sagement chez les grands-parents. En fait, nous avons plus ou moins tous le même rythme et c'est amusant de recroiser souvent les mêmes têtes aux étapes. On commence a comprendre la signification d'Himalaya en sanscrit : "demeure des neiges". En effet, la suite de l'ascension se fait complètement dans la neige, ce qui nous vaudra quelques descentes sur fesses de la part de notre porteur Harry ou comment améliorer sa technique de bobsleigh. A l'arrivée, nous avons dépasse la hauteur du Mont Blanc et après une classique montée d'acclimatation, nous nous endormons la tête dans les étoiles... et les pieds gelés!
Vendredi 4 Novembre:
La longue marche
Levée 7h, aujourd'hui je pars en randonnée. Le bus me dépose à Panauti. Apres une rapide visite dans un cadre vraiment bucolique, je prends la route direction le Namo Bouddha a deux heures de marche. C'est pas évident de se retrouver et heureusement que les paysans sont la pour confirmer la direction. Sur le sentier, je suis soudain alertée par un bruit dans les fourrés... a un mètre de moi ondule élégamment un serpent marron de bonne taille dans les 1m30 pour une circonférence de 10 cm, impressionnant ! Je déjeune dans le seul resto du coin un délicieux dal bath, plat typique du Népal, compose de riz et de lentilles servi avec un curry de légume, d'un mélange d'ingrédients épices et de la viande. Un couple de hollandais avec leur bébé m'indique une guest à Dhulikhel
Attention petit scarabée, le chemin est long et la pente est glissante High Camp (4880m) Thorong La (5416m) Muktinath (3800m) 8h de marche Levés 04h45 départ 06h30, oui y a un peu d'inertie dans le groupe. Bon tout le monde n'a pas ses heures de sommeil, tant pis, c'est parti pour une montée assez pentue mais pas si difficile que ça, excepte le froid. Aurélie est passée du rouge coups de soleil, au bleu tendance pieds gelés, pas étonnant qu'elle se soit lancée dans la peinture!!! A 10h00 tout le monde est au col, congratulations, photos souvenirs, longs regards admiratifs sur la splendide chaîne des Annapurnas, concours de pompes, bref du classique pour ce genre d'événement. La descente le sera beaucoup moins, 1600m sur des pseudos sentiers complètement verglacés. Un anglais s'est déboîte l'épaule en plein milieu (ça, c'est pour les JO!!!!), et la veille, c'est une française qui s'est casse les poignes et un népalais la jambe.
Voici les différentes techniques de descente testées : La classique : le marche sur glace, avantage : impossible de se perdre, inconvénient : nécessite un très bon sens de l'équilibre. Type d'utilisateur : l'anglais, la française et le népalais... La sportive : dite " a la Harry " : se mettre sur les fesses et se servir des sentiers comme pistes de bobsleigh, avantage : descente rapide sans risque majeure, inconvénient : tape cul, bleus et mal de tête garantis. type d'utilisateur : Alexandra, Aurélie, Alexandre, Marco, Priscilla et.... Harry. La bourrine : se mettre dans la pente et descente en pleine poudreuse, avantage : très rapide et safe, inconvénient : de la neige jusqu'au cuisse et fatigue les quadri. type d'utilisateur : les grenoblois et moi-même Malgré quelques troupeaux de daims sauvages croisés sur la descente, on en a plein les godillots quand on arrive en bas. Coup de chapeau a Marc qui s'est decouvert une âme d'écolo dévoue qu'il fut au ramassage de bouteilles en plastique même au delà de 5000m. Le trek est finalement très bien fait, l'acclimatation à l'altitude est lente et progressive, du coup personne n'est malade. L'hôtel sera à la hauteur de cette journée, douches chaudes et couvertures a gogo, et, ultime délicatesse, sauts a charbon sous les tables pendant le repas. Une vraie croisière de luxe mais la je me répète.
Samedi 5 Novembre: Kitch J'ai du chopper la crève hier sur le toit du bus, j'ai mal dormi réveillée de plus par les courbatures. En quittant l'hôtel, je tombe sur un frère et une soeur en train de faire le rituel quotidien religieux au temple de Shiva. En moins de temps qu'il en faut pour le dire, me voici avec la tikka rouge sur le front et le collier de fleurs autour du cou. Ils m'accompagnent dans un restaurant qui tient aussi lieu d'expo artistique. Le pancake est fameux mais le café imbuvable. Le bus me dépose à Banepa ou il y a d'après "le routard" un temple à ne pas manquer. Je suis nase de la veille mais je ferai tout de après les 40mn de marche aller-retour. Résultat, le temple est en rénovation, circuler y'a rien a voir, contente! Dans le bus qui me ramène à Katmandou, il y a de nouveaux des contrôles de l'armée. En voyant les passagers du précèdent bus en train de faire la queue leu- leu pour vérification des sacs, je me dit que je suis montée dans le bon. De retour à Thamel, je retrouve Sylvain et Thomas. Ce soir on va dîner dans un resto fréquente par les népalais argentes. Ca valait le déplacement: nous assistons a un spectacle sur la scène qui nous fait face. Des hommes et femmes se succèdent en dansant et faisant du play-back, nous aurons même droit a la démonstration d'un couple de nains exhibes comme des bêtes de foire. C'est ringard à souhait et super kitch. Ouahhh que c'est beau... Muktinath (3800m) Marpha (2800m) 8h de marche On pensait qu'on avait fait le plus dur, mal nous en a pris, ce sera 25 bornes aujourd'hui et rebelote demain. Heureusement ce fut notre meilleure nuit et les paysages sont a tomber par terre. On croise d'abord le très photogénique village de Jharkot, puis les massifs enneiges laissent place a une montagne beaucoup plus désertique. La mousson ne parvient pas jusque-la, bloquée par l'immense chaîne montagneuse. La terre est aride et les couleurs marron, vert, rouge et ocre contrastent avec le vert des rizières de nos débuts et la blancheur des paysages enneigés de ces derniers jours. Bienvenue au Mustang semblent nous dire tous ces pics. Marc et Poupette, de retour d'Inde, retrouvent dans ces paysages comme un air de famille avec la région du Ladakh. En bas de cette gorge, des grottes creusées dans la terre sèche abritent encore aujourd'hui des népalais. Au loin, le village de
Dimanche 6 Novembre: On connait la chanson Journée glandouille à l'Alliance française avec Sylvain. Un film français est diffuse tous les dimanches a 14 h, il s'agit aujourd'hui de "on connait la chanson". Des népalais apprenant le français sont venus assister aussi a la projection. Certains abandonneront en cours de route. En tous cas, ça fait plaisir de voir des images de Paris mais cela nous a malheureusement réveille des souvenirs douloureux, nous rappelant au travers des images le vin et les fromages made in France. C'est décide, ce soir on s'achète une bouteille de vin pour l'apero et, a défaut de camembert, des chips au fromage! On a marchandé un petit Merlot 2001, pas de quoi casser trois pattes a un canard mais suffisamment pour faire tourner la tête. Thomas nous rejoint puis nous passons la soirée au New Orleans, un resto très cosy avec des feux de bois a l'extérieur. Ca souffle Marpha (2800m) Ghasa (2100m) 7h de marche Nous nous glissons a nouveau dans le lit de la rivière, le Dhaulagiri (8167m) en ligne de mire. Panta en profite pour chanter quelques chansons patrio-coco-traditionnelles. Elles encensent la majesté des monts environnants, la lutte des classes et fustigent l'aide américaine à l'armée gouvernementale. Avec les 2 Alex, nous tentons un raccourci en traversant le lit de la rivière. Bilan, une bonne heure de perdu et nous voila mouilles jusqu'au genou par plusieurs traverses de cours d'eau. Les 3 autres nous font les grands yeux mais la vue de l'Annapurna I (8091m) remet tout le monde d'accord, même à des kilomètres, quelle majesté! Nous sommes au pieds de la montagne et plus de 5000m de dénivelé nous séparent des sommets qui s'offrent a nous. Une petite pensée patriotique pour Maurice Herzog et son équipe qui en 1950 ont conquis pour la première fois un sommet de plus de 8000. Chapeau bas messieurs, on mesure l'exploit une fois au pieds du monstre de pierre et de ses pentes abruptes. Voici comment il décrit cette vallée dans son livre Annapurna, premier 8000: "Nous débouchons dans une longue plaine caillouteuse travaillée depuis des siècles par le cours impétueux et irréguliers de la Gandaki. La rivière a réussi à tailler à travers la grande chaîne himalayenne un corridor colossal. Des cyclones puissants et désordonnés s'y engouffrent et nous clouent au sol. Ces rafales se déchaînent à longueur d'année et interdisent toute végétation... Des tourbillons de
Lundi 7 Novembre:
Et-Patan!
Joyeux Anniversaire Ghasa (2100m) Tatopani (1200m) 5h de marche Premier cadeaux pour mes 31 ans, une belle tourista et 2 immoniums avant de partir. Ca faisait longtemps... A peine arrives a Tatopani nous nous jetons dans les sources d'eau chaude avec une eau a 50degres, température idéale pour nos pieds meurtris. C'est divin. Panta fera les grands yeux à Priscilla qui affichera ses formes généreuses en bikini, sans aucune pudeur pour les nombreux népalais à la sensibilité aigue... Puis lessive et magnifique présent de Panta qui m'offrira 1 bonne heure de réflexologie, mes pieds lui en rendent grâce... Le soir l'ambiance est festive, musique grâce au lecteur mp3, le brandy fièrement gagne est sur la table et un gâteau surprise viendra couronner le tout. Je tiens à préciser que j'ai été profondément touche par les nombreux cadeaux, notamment par ceux des porteurs, et par le fabuleux paquet de rouleaux de papier toilettes des 6 autres rejetons. Merci les poulets. Couche 21h30, c'était jour de fête!
Mardi 8 Novembre: A l'ambassade Je me réveille sur le coup des 6h00 du mat le cul trempe. Ma " bouillotte " a fui et je baigne dans des draps froids mouilles, fais chier ! Il faut s'occuper des visas. Je fais équipe avec Sylvain qui lui-même fait équipe avec une fille: elle arrive a 6h00 du mat pour avoir la chance de passer car au delà du cinquantième arrive, on peut rebrousser chemin. Ce qu'on avait oublie c'est que l'ambassade était fermée pour les fêtes de Tihar, imaginez le retard! Des gens se sont levés à 3h00 pour inscrire leur nom sur la liste. Résultat, en arrivant a 6h00 elle était déjà numéro 50! Elle s'est incrustée avec un français qui se trouvait plus haut dans la file. Sylvain arrive à 9h00 et s'incruste avec eux à son tour avec son passeport et les nôtres. Evidemment tout le monde s'est énervé et ça s'est mal fini pour nombre d'entre eux sauf nous, Sylvain s'est débrouille comme un chef, il est passé envers et contre tous, on a réussi! C'est moi qui ai pris la relève l'après-midi pour les rechercher, je m'en suis bien sortie! Cela doit être assez pénible à lire et c'est le but, tout ça pour que vous vous rendiez compte que voyager ce n'est pas faciles tous les jours! Ce soir, nous fêtons les départs de Thomas qui part en Thaïlande et de Sylvain qui reprend son vélo en direction de l'Inde. On négocie deux bouteilles de pinard que l'on dégustera dans le jardin en dînant aux chandelles. Un p'tit tour au Tom and Jerry's bar et nous nous séparons chacun de notre cote. Salut les gars! Bonne route. " Je suis athée, Dieu merci. " (Sartre ou Vian, je ne sais plus) Tatopani (1200m) Chitre (2350m) 6h de marche Les journées se suivent…mais ne se ressemblent pas. On marche, on marche on marche... Heureusement quand je veux me changer les idées, je me plonge dans de captivantes lectures, " la longue marche " de Bernard Olivier, récit d'un journaliste a la retraite qui décide de faire la route de la soie.. a pieds. Apres 12 jours, je suis assez surpris par la faible présence d'édifices religieux, étrange pour ce pays qui vit la naissance de Bouddha et ou réside la seule déesse vivante au monde. Claude B. Levensen a écrit "par son histoire et sa position géographique au flanc de l'Himalaya, le Népal s'insère naturellement entre Brahmâ et Bouddha". Légèrement alors, parce qu'a part quelques stupas, moulins a prières et monastères, peu de signes religieux. Contrairement à la Birmanie, la religion ne semble pas être le fil conducteur de la vie des népalais en montagne.
Mercredi 9 Novembre:
Attention ça brûle! Je termine la visite de la vallée de Katmandou par Pashupatinath et Bodhnath. La première est l'un des centres les plus sacres du Népal, une ville de pèlerinage baignée par la rivière Bagmati, le Bénarès et le Gange du pays en quelque sorte. L'accès au Golden temple est interdit aux non hindouistes mais l'ensemble mérite d'être vu. Une atmosphère mystique s'en dégage du notamment aux bûchers de crémation ou l'une a lieu. Il s'agit d'une personne de haut rang car elle se déroule sur une plate-forme qui leur est réservée. On voit juste les pieds qui dépassent et c'est le fils qui s'en occupe. D'autres personnes font des ablutions dans la rivière, il y a même des saddhus couverts de cendres qui vivent ici. Une quarantaine de singes sont venus troubler cette ambiance méditative en déboulant sur le pont au milieu des gens. Cela est très impressionnant, ils ont envahi les lieux puis ont bondit en direction du temple en hauteur. D'autres ont préfère rester au niveau du pont. Les promeneurs les ont observe un bon moment, ils étaient vraiment comiques. Ils sont d'une
Jeudi 10 Novembre : Une école népalaise
Depuis que je suis seule, je me couche assez tôt et forcement je me lève aux aurores. J'ai eu beau essayer de traîner sous la douche, lorsque je sors il n'y a pas grand monde dans la rue. Les boutiques n'ont pas encore ouvertes et les touristes sont couches. Les taxis et rickshaws, bien que moins nombreux qu'en soirée sont déjà la a interpeller les passants : " Hep, taxis ? ", " rickshaw, Madam' ? ", comme si cela allait réveiller en moi une envie subite de monter dedans " tiens, pourquoi pas me faire conduire, j'y pensais justement, le problème c'est que j'en ai pas besoin! ". Je commence a devenir excédée, l'autre soir le même nous l'a propose a deux reprises a 5 mn d'intervalle quand on est repasse devant lui. Bref, me voici donc en terrasse bien emmitouflée dans ma polaire à attendre que les croissants finissent de cuire. Ca valait le
Lodge fleurie avec vue sur les Annapurnas. Bataille d'eau, massages, lectures, glandouille sont au programme de l'après midi. Enfin des vacances.Vendredi 11 Novembre:
C'est la panne
Départ bus a 7h00, il n'est bien évidemment pas aussi classe que celui présenté sur la photo de l'agence Baba travel. Il y a pas mal de trafic et de la fenêtre j'ai tout le temps de regarder la ville s'éveiller. La scène la plus frappante fut lorsque le car s'est arrête en face d'une bicoque devant laquelle deux chèvres étaient attachées. L'homme en a détaché une puis l'a guidée a l'intérieur. Je n'ai d'abord entendu que le bellement puis j'ai vu les pattes bouger un certain temps, la pauvre a eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait. J'en arrive à m'interroger sur ma condition d'Etre carnivore et sur la souffrance qu'il y a derrière; on en arrive facilement à l'oublier dans notre Europe aseptisée ou la mort est cachée. La route de lacets n'est qu'un défile de camions décorés comme pour Noël : guirlandes, décorations en alu et effigies de Shiva sans oublier les fleurs en plastiques qui ornent le pare-brise. Je rencontre une danoise bouddhiste la cinquantaine qui me donne quelques tuyaux sur l'Inde puis je marche dans la merde avant de remonter dans le car. Je ne m'en suis pas aperçu tout de suite seulement quand les gens ont regarde dans
Elephant rose Ghandruk (2000m) Pothana (1600m) 6h de marche Nous retrouvons les rizières de nos débuts mais l'événement marquant de la journée reste la fameuse omelette népalaise transformée en pancake par le patron de la guest. Il y ajoutera quelques " herbes " de sa réserve. Quelques cigarettes de forme étrangement coniques feront également leur apparition, le patron (encore lui) ayant toujours un peu de " Hakik " pour ses amis de passage! Résultat des courses : rires idiots et communicatifs, la Pologne a du mal a garde son équilibre et le Béarn se propose d'offrir une lampe frontale pourvu d'un gaillard serre tête au Prince Charles pour lui rectifier ses protubérances auditives. Je vous passe les détails…
Samedi 12 Novembre :
Retrouvailles
Levée 6h00, gymnastique, douche, petit dej' sur une terrasse ensoleillée. Je fais la rencontre d'Alejandro, 35 ans, mexicain parlant très bien le français et d'Itama un Israélien de 23 ans, sosie de Jésus Christ. Nous décidons de louer des vélos pour aller au lac de Begnas à 15km. A fortiori, je pense que le pire sur la route c'est pour les cyclistes. Les conducteurs sont de vrais chauffards, ils frôlent de très très près… Arrives au lac, c'est le rassemblement de familles et de bandes de jeunes. Les sonos grésillent, les grosses marmites fument et les ados dansent : c'est le dernier jour de vacances. C'est parti pour un tour en barque. Les garçons roulent un pétard puis Alejandro se met à jouer de la flûte indienne, c'est rigolo. Apres un Dal bath, ils font un petit plongeon pendant que je me prélasse au soleil. Le retour fut un peu dur pour les fesses. De retour a Pokhara, je consulte mes mails et oh, surprise, Christophe m'a écrit: il est arrive de trek ce matin, deux jours plus tôt que prévu. Je lui réponds et lui donne rendez-vous dans un bar ou je dois d'ailleurs retrouver Alejandro et Itama. C'est en m'y rendant que je croise Christophe venant en sens inverse. Il m'est passe a cote, presque en me frôlant sans même me voir! Je crois qu'après coup il a été un peu intimide par nos retrouvailles.
La boucle est bouclée Pothana (1600m) Phedi Pokhara Coiffes comme des dessous de bras pour plagier l'Marco, nous attaquons notre ultime descente avec un dernier clin d'œil à l'Annapurna south et au Macchpuchhre/fish tail (6940m). Presque 300kms de marche et plus de 8000m de dénivelé positif cumulés, nos 16 journées de marche ont été bien remplies. Apres 15mns de navette, nous voila dans la 2eme ville du pays, Pokhara. Un petit message de Sophie sur Internet me dit qu'elle a rendez-vous ce soir à 20h00 dans un rade avec 2 potes de fortune, un mexicain et un israélien. Son agenda ne semble pas avoir pris en compte mon retour prématuré!!! En début de soirée en me rendant au resto, 2 mains viennent se poser sur mes yeux, "qui c'est??". Surpris je me retourne et découvre ma Sophie rayonnante, affublée des dernières fringues tendance Kathmandou 70's. On ne m'y reprendra pas, vous laissez votre copine seule pendant 2 semaines avec 3 slips, 2 tshirts et 2 pantalons et elle vous revient avec 4 petits hauts mignons, 2 pantalons tendance et une foule d'affaires dans un grand sac... La prochaine fois, tu m'accompagnes! Nous rejoignons les autres au resto qui, pour la dernière soirée, ont invite les porteurs a manger l'Everest Steak House. Apres presque 3 semaines sans viande rouge, tout le monde s'en met plein la panse et le demi chateaubriand remporte un vif succès (800g de viande tendre, il n'y a pas a hésiter). Nous décidons de partir le 14 au Royal parc de Chitwan faire un safari, Marc et Poupette préfère passer la semaine a Katmandou pour quelques nuits de sensualité torride...
Dimanche 13 Novembre: comme au Bois de Vincennes Déménagement dans l'hôtel Noble Inn de Sophie bien mieux que celui propose par Panta. Apres un petit dej' prolonge, on loue des barques. Marc, Poupette et Alexandra d'un cote, puis Alex et Aurélie ainsi que nous deux de l'autre. Les bras muscles des deux " males " nous ferons faire le tour du lac. Journée tranquille. Alexandre n'ayant pas dormi de la nuit faute d'avoir fait le mauvais choix la veille au restaurant, nous retournons à l'Everest Steak House pour la revanche du Chateaubriand, énorme!!!
Lundi 14 Novembre: The Unique Wild Resort Départ tôt le matin pour le Royal Chitwan Parc réputé pour sa faune sauvage. Il se situe dans la région du Teraï, à 200m d'altitude dans la vallée du gange. C'est loin des 8848m de l'Everest. Ici, Tigres, crocos, rhino, daims, léopards et éléphants se partagent la jungle avec de nombreux oiseaux. Sa population prospère tout comme celle des "humains" vivant a proximité, avides de terres cultivables alors qu'il faudrait au contraire agrandir le territoire de la faune. La cohabitation est parfois tendue, des watch towers pour la nuit sont disséminés sur les cultures environnantes, les rhinos notamment étant très aficionados de piments et légumes en tout genre. Notre guide du "Unique wild resort" où nous résidons nous fait découvrir le mode de vie des habitants du Teraï. Leurs maisons faites de paille et d'argile ont des minuscules ouvertures pour permettre a la fumée du feu de s'échapper en empêchant ainsi les moustiques de rentrer a l'intérieur. Cela n'a plus lieu d'être aujourd'hui car la malaria est quasiment éradiquée et les moustiquaires aux fenêtres ont changé la physionomie des habitations. La ballade se termine aux bords du fleuve sur une sorte de
Mardi 15 Novembre: à dos d'éléphant
Mercredi 16 Novembre: sous le signe du rhino Ce matin, notre " chauffeur " n'a pas respecte le " code de la jungle ", l'inconscient sent l'alcool a plein nez, aurait-il oublier tous ces animaux qui meurent chaque année sur les routes de la jungle et toutes ces carcasses d'éléphants qui finissent a la casse? Nous partons donc dans la jungle embrumée, l'ambiance est magique. Nous apercevons de nombreux oiseaux : des martin-pecheurs, des aigrettes, des hérons et des adjudants, d'énormes échassiers. Tout a coup, deux cuirasses grises s'offrent à nos yeux, ce sont des rhino. Ils prennent la fuite ameutés par notre guide qui avertit les deux autres éléphants en sifflant. Une course-poursuite s'ensuit à travers des herbes hautes de 7 mètres, nous réussissons à les retrouver dans une petite clairière. Il s'agit d'une mère et de son petit. C'est a ce moment-la que notre éléphant tape une crise, s'énerve, refuse d'avancer sous les coups de son maître et s'agite un peu trop, si bien que la sangle de la nacelle craque… Il ne faut surtout pas tomber avec le rhino a 10 mètres qui
Jeudi 17 Novembre: Dumbo Ce matin, Christophe fait la grasse mat' pendant que les autres vont a " l'éléphant breeding ". Un éléphanteau d'un mois et demi se dirige spontanément vers nous; il veut jouer. Il passe de l'un à l'autre et cherche à nous bousculer en nous donnant des coups de cul. Il nous attrape la main avec sa trompe puis l'amène a sa bouche, veut-il nous faire le baise-main? Sophie retrouve son âme d'enfant en jouant au jeu de la corde (ou plutôt de la trompe) a celui qui tire le plus fort. Apres s'être bien amusé, il est reparti en courant rejoindre sa mère comme s'il venait de faire une bêtise. Cette expérience avec les pachydermes nous a convaincu que ces animaux sont très intelligents et peuvent être aussi dociles que des chiens malgré leur dangerosité potentielle. Nous avons aussi beaucoup aime ce village ou l'on croise des buffles, des canards, des éléphants et des poules dans les rues; on s'est cru l'espace d'un instant dans un épisode de "Daktari". Le trajet en bus fut ponctue de check point. Les locaux doivent descendre et sont fouilles dans une guérite pendant que les touristes attendent dans le bus.
La Peace GH est full, nous nous installons donc à la Garden GH voisine. Nous retrouvons Marc et Poupette a la Pilgim's pour le dîner.
Vendredi 18 et samedi 19 Novembre: RAS Achat des billets pour Varanasi, Internet, shopping.
Dimanche 21 Novembre : la pesée Apres avoir passé la moitié de la journée sur l'ordi sans avoir pris le temps de manger, nous rejoignons la bande prête à s'envoler pour Paris. C'est l'heure de vérité : vont-ils être en surpoids? Nous avions prévu de leur laisser " quelques petites affaires " du genre livres, cd et… statue et ornements de bois soit environs 18 kilos! Ce qui n'était pas prévu, c'est que Poupette, Marco et Alexandra auraient eux aussi la fièvre acheteuse. Bref, on n'est pas dans la m….! Grâce aux bagages cabines, on réussi a ne pas dépasser les 100kgs autorisés. Ca a été l'occasion pour certains d'utiliser un pèse personne et s'apercevoir de quelques kilos en moins... ou en plus!
Lundi 22 Novembre: Et de 4 mois... Départ dans le rush comme d'habitude mais nous arriverons a temps pour attraper notre vol Cosmic air. En tout cas, loin d'être comiques, nous avons du subir plusieurs fouilles successives, dont une juste avant d'embarquer. On ne badine pas avec la sécurité chez Cosmic Air, par contre même pas une boisson a bord... Ces nombreuses files d'attente à la douane nous auront permis de faire la connaissance d'un sympathique indien. Il nous invite gentiment dans sa ville près d'Orccha ou se déroule un festival qu'il préside. Il nous promet le 5 étoiles du coin, affaire à suivre...

Accés :
Turkish Airlines, meilleure compagnie européenne, ne démentira pas non plus sa récente réputation. Pour 584€, c’est l’accés le plus direct à KTM. Les billets KTM Tumlingtar ont été achetés par internet, c’est une nouveauté appréciable. De Tumlingtar à Num, les jeeps partent lorsqu’elles sont pleines (14 passagers : 150Rs jusque Khandbari (une petite heure) puis 600Rs jusque Num (4-5 heures)
Une route est en construction pour continuer, dit-on jusque Tashigaon (pas trop vite !)
Le trek au jour le jour
Mercredi 07-mai de Num à Seduwa 
C’est une occasion idéale pour entrer dans les maisons Sherpa et partager leur vie quotidienne. Mes amis traduisent mais pas besoin de mots pour apprécier le tchang prépa ré par la maîtresse de maison devant nous. Le principe est de ne pas laisser les verres se vider. Il faut qu’ils soient toujours pleins. Nous assistons aussi à la distillation de ce breuvage qui donnera de Rocksi au Arack ou encore Local. La source froide se situe dans la marmite supérieure et doit être changée régulièrement pour permettre la condensation du distillat.
A la ferme de Friends of Nature, nous tuerons aussi le poulet qui améliorera considérablement le dalbath. Sur ces terres, l’expérimentation de la culture du kiwi a débuté au printemps. Ce sera bientôt une source de vitamines pour toutes les populations de la vallée (envrion 4000 personnes)


Dénivelé : 1429m en 6.45km, altitude à l’arrivée : 3629m
Lever à 5 :20, départ à 6 :20. Arrivée à 13 :45
Lever à 5 :30, 4°C dans la chambre. Départ à 6 :40 Arrivée à 14 :00. WP405
290m de dénivelé en 7.53km altitude à l’arrivée :3900m
De vrais murs de aux parois glacées doivent être franchis avec l’aide des mains pour atteindre le troisième col. Le chemin a disparu sous la neige et le trek s’apparente à de l’escalade. Je comprends mieux les paroles peu engageantes du directeur du parc à Tashigaon.
Le lac précédant la Keke la est partiellement recouvert de neige et de glace. Je dois le froler de trop prés et j’y enfonce mon pied. La chaussure se remplit d’eau. Je me dépêche de la défaire pour la vider mais le mal est fait.
La descente vers Dobate où m’attend le mari de la propriétaire du lodge de Kongma, Pemba Sherpa, est plus sereine : la neige a presque disparu et les rhododendrons rouges et jaunes alternent.
J’y passerai une bonne soirée. Son anglais nous permet d’échanger sur sa vie et sur mon projet. J’ai du mal à comprendre qu’il puisse vivre aussi isolé et loin de sa famille. Visiblement, sa situation lui convient très bien. Beaucoup de familles sont ainsi séparées pendant les saisons de printemps et d’automne entre Tashigaon et la vallée de hauts alpages conduisant à MBC.
Je sèche mes chaussures et mon pantalon au plus prés du feu en buvant du thé sans compter.
dénivelé -256m en 9.6km Altitude à l’arrivée 3644m
Lever à 6 :05 0°C dans la chambre départ à 7:20 arrivée 14 :15 sous la pluie.
Yangle Kharka me paraît bien rustre pour un hameau à basse altitude. Je suis tellement loin des Annapurna !
Triste et long après midi à tenter de me réchauffer prés du feu où sera préparé mon dalbath du soir. Cette simple pensée me coupe l’appétit. Tout est sale et sympathique ici et la pluie empêche toute vision sereine de l’avenir immédiat.
dénivelé : 1071m en 12.91km Altitude à l’arrivée :4715m
Lever 5 :08 3°C Départ 6 :10 arrivée 14 :46
Départ après un petit déjeuner de pancakes et thé. Je m’abonne aux pancakes car c’est une spécialité de la région apparemment. J’en commande pour mon repas de midi pour économiser mes provisions. Et c’est tellement fameux après les sempiternels dalbaths…
Le prochain hébergement se situe à MBC et nécessite un dénivelé de 1200m. Tous les autres lodges sont fermés entre deux. Il y a un risque réel de mal des montagnes. On sait comment ça commence avec une bonne migraine et des nausées. On ne sait jamais comment ça finit. A ma descente, mes amis me diront qu’ils étaient très inquiet car ils avaient entendu, de source sûre, qu’un français était décédé à MBC pendant son sommeil. Ils pensaient que c’était moi…
Grâce à mon équipement, je prévois de m’arrêter à Shershong (aucun abris couvert). Je n’y ferai pas ma seconde journée d’acclimatation comme prévu car elle sera faite à MBC à deux heures et 200m de dénivelé de là.
La vallée doit être superbe quand le temps est dégagé. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Le soleil reste caché très souvent et d’épaisses couches de brouillard s’accrochent aux arbres de la vallée et des versants abrupts des montagnes. Dommage. Normalement, le temps devrait s’améliorer avec l’altitude.
J'ai atteint le nombre limite de photos : rdv sur mon blog
Du 8 au 27 octobre 2015


















Les détails concernant ce trek, notamment waypoints, traces, autres photos, figurent dans
Agenda
Journal de Bord
Ce n'est pas si simple de sortir d'une ville à pied, même avec le GPS. Nos amis de Khandbari nous ont bien proposé de nous mettre sur le bon chemin. Mais c'est une question de fierté... Nous voulons surtout nous évader au petit matin pour marcher le plus possible sans pluie. Après quelques hésitations, nous entamons la grande descente vers l'Arun. Nous rejoignons une piste qui doit lier Tumlingtar à l'amont de l'Arun, sur la berge opposée à Kattike, juste avant le pont de singe qui relie à ce village).
Nous traversons de très beaux villages et il n'est pas rare de trouver de petits restaurants. Il commence à tomber une pluie fine vers 9h30 qui s'arrête assez rapidement. Le chemin est agréable et nous déjeunons à Kattike, de l'autre côté de l'Arun. Nous y apprenons qu'il y aurait 3 jeeps par jour jusqu'à Ghote bazar (aller simple à 500 Rs?). Les seules jeeps que nous voyons ont le capot grand ouvert et semblent avoir rendu l'âme. On ne sait d'ailleurs pas d'où elles viennent. Nous continuons à pied et, comme toujours lorsqu'une route vient d'être ouverte, la piste est difficile à trouver. Suivre la route reviendrait à faire des détours considérables.
Nous franchissons un col imprévu à 928m. Nous n'avons pas trouvé d'alternative, celle notamment qui était réputée suivre les cours de l'Arun puis de l'Irkuwa khola. Nous nous arrêtons à Chalise. La première maison, à l'entrée du petit village, nous offre l'hospitalité. Il n'y a pas de guesthouse par ici. Nous faisons une toilette sommaire avec le petit tuyau d'eau souffreteux, dans le jardin, au diable notre stupide pudeur! Et ce soir, ce sera bien sûr dalbath. (800Rs avec la nuitée et thé tibétain)
Il a plu une bonne partie de la nuit et ce n'est qu'au lever du jour que le tambourinement des gouttes sur les tôles du toit s'est tu. Il fait beau au lever. Nous avons droit au thé tibétain pour le petit déjeuner et nous finissons les restes de la veille: bananes et rootis. Le chemin monte d'abord régulièrement. Il faut prendre garde à couper la nouvelle route aux bons moments pour éviter les rallonges interminables. Nous arrivons assez vite au village qui précède Gothe bazar, Tabutar. C'est en fait le terminus actuel des véhicules à 4 roues. Nous sommes heureux de quitter cette sorte de civilisation. Il y a une guesthouse sympathique à Gothe bazar, c'est la première depuis Kattike. Après Gothe bazar, la voie se rétrécie pour devenir un étroit chemin. Nous nous arrêtons plusieurs fois pour prendre un thé ou un jus de mangue dans des petits estaminets.
Nous arrivons à Tendo sous un déluge de pluie. Heureusement, nous trouvons une bonne âme pour nous accueillir car il n'y a pas de guesthouse dans ce village.
Il a plu toute la nuit et il pleut toujours au réveil. Nous ne nous hâtons pas. De plus, nous sommes lessivés par les deux jours de marche précédents. La pluie s'arrête pendant le petit déjeuner (thé et biscuits). Nous mettons moins d'une heure et demi pour rejoindre Phedi où il y a deux lodges à l'entrée du village. Nous ne prenons pas la précaution de remplir nos gourdes d'eau avant la grande montée et nous devrons quémander un litre d'eau dans une maison isolée. Nous arrivons à Djobari fort tôt mais nous décidons de prendre du repos dans un petit lodge dont il faut retrouver le propriétaire avant de pouvoir s'installer. Nous nous récompensons des efforts de la matinée avec une bière et des biscuits en guise de déjeuner.
L'école est en reconstruction juste à côté du lodge. Les dégâts sont probablement une conséquence du tremblement de terre d'Avril 2015. Beaucoup de maisons sont endommagées, cadenassées ou en reconstruction sur la route. Les villageois remontent la charpente pendant que les enfants suivent leurs cours dans un bâtiment provisoire. La classe est perturbée par notre arrivée et nous nous transformons en distraction locale et improvisée.
Il fait plutôt beau ce matin et nous prenons notre temps pour le petit déjeuner de thé et biscuits achetés au magasin du lodge. Je paie 1800Rs pour l'ensemble nuit, bière, dalbath avec esprit de pomme, biscuits, jus de mangue et thés.
Le village s'étend en hauteur et nous découvrons un autre lodge, plus centré, avec un vrai restaurant. Nous ne trouverons plus de point d'eau courante jusque Salpa. En effet, nous passons par des crêtes et la terre devient sablonneuse.
A mi chemin (lieu dit Kharka sur la carte), nous dévions sur la droite, selon les conseils de plusieurs passants et contre l'indication du GPS. Cette déviation nous fait passer par le lac alors que la carte prévoit qu'il est en retrait de la voie principale. Celle-ci a peut-être disparue dans un éboulement? Un orage nous surprend au début de la déviation et nous avons juste le temps de nous protéger dans une cabane-étable. Nous hésitons entre revenir vers le village abandonné qui précède ou tenter notre chance vers le lac pour camper, à moins d'un kilomètre théoriquement. Nous traversons une impressionnante forêt de rhododendrons. Certains sont encore en fleurs. Le spectacle doit être magique au printemps.
Nous n'avons plus qu'un litre d'eau et nous découvrons, à la place du lac, une cuvette totalement sèche sur un lit sablonneux avec quelques cabanes. Il est presque 15h. Impossible de rester. Un passant nous indique que Salpa est juste de l'autre côté d'un col presque vertical. Nous voilà repartis. Contre les indications du GPS, le lac se trouve de l'autre côté du col, atteint en une demi heure. Il est encaissé et n'offre aucun panorama. Des ouvriers travaillent à l'aménagement de ses berges sacrées. Il est envahi par les brumes et ne donne pas envie d'y établir un campement.
Nous découvrons Salpa, assis sur une crête. Le village semble abandonné et il n'y a pas davantage d'eau courante. Salpa semble avoir pour vocation unique d'accueillir les pèlerins. Il y a heureusement une bâtisse ouverte. La propriétaire nous offre le gite dans une remise très sommaire où s'entasseront des porteurs et sa famille au cours de la nuit.
La nuit a été entrecoupée d'arrivées bruyantes de porteurs. Nous avons renoncé aux blanquettes, franchement poisseuses. La propriétaire qui reste une femme d'affaire malgré la crasse ambiante nous réclame 1800Rs dont 1200Rs pour le dalbath!
Alertés par des sons plus ou moins concordants, nous assistons au petit matin à une procession partant du grand gompa face au lodge, conduite par un jeune homme coiffé de plumes et soi-disant en transe. Peu importe! Je suis surpris de voir les pèlerins le prendre en vidéo et en photos. Je ne fais rien d'autre. Vive la religiosité lorsqu'elle n'incite ni à la haine ni à la violence!
Il n'a pas été question de la moindre toilette à Salpa et nous nous arrêtons près d'un torrent pour nous laver et faire une petite lessive. wp68. Le soleil est de la partie pour notre bonheur. Ce versant est aussi très bucolique, tapissé de rhododendrons.
Un panneau rouillé indique Sanam et une habitante nous recommande de poursuivre la route dans cette direction. Nous préférons continuer par la vallée pour éviter un nouveau col, inutile. Le chemin de la vallée est moins emprunté et plus difficile à suivre. Le temps reste beau jusque 14h30, au moment où un chilien nous double comme un bolide. C'est notre premier trekkeur en 4 jours et même le premier depuis que nous sommes dans le Makalu.
L'orage arrive pendant que nous devisons. Les ponchos, fréquemment utilisés jusque là, sont inutiles du fait des bourrasques de vent. Il est bien temps d'arriver à Gudel avant d'être trempés. Le lodge qui s'offre à nous, Kopila Guesthouse, est d'une propreté remarquable. Du jamais vu!
Tout a bien commencé avec un petit déjeuner digne du Khumbu. Sylvie est frappée brutalement par une tourista alors que nous avons à peine entamé la descente. Nous nous arrêtons en urgence. Le rythme de la marche s'en ressentira dans la journée. Nous attaquons le versant opposé en abandonnant le chemin principal pour éviter le centre de Gudel en déviant franchement sur la gauche. La traversée des petits hameaux est fort sympathique mais le chemin se perd souvent dans les terrasses des champs. Nous demandons plusieurs fois notre direction aux habitants, un peu surpris de nous voir passer là...
Nous nous arrêtons dans un lodge superbe, aux bois cirés pour le déjeuner Panch Pokhari Lodge wp71 . Nous prenons notre temps (1h30) pour bien apprécier ces lieux luxueux. Nous sommes loin des haltes sommaires du Makalu. Nous reprenons notre interminable montée vers Khiraule. lentement et en goûtant la tranquillité et le charme bucolique de la région. Un petit paradis s'ouvre à nous et nous nous arrêtons plus souvent que pour récupérer notre souffle, pour profiter de ce que nous offre le chemin.
C'est fort tard que nous arrivons au lodge indiqué à plusieurs reprises par les habitants. Il jouxte un temple au temenos circulaire, composé de manis et bordé de grands pins. Magnifique!
La nuit est tombée lorsque nous sortons de la salle à manger, repu de dalbath et de raksi. Le panorama, aussi loin que se portent nos regards, est tapissé de petites lumières, autant de maisons, comme les étoiles, innombrables. Les lieux sont silencieux et respirent la sérénité. Nous ne sommes pas montés pour rien.
La nuit est un peu chère, 500Rs, mais quand on est aux portes du Paradis, on ne compte pas.
Il a plu une bonne partie de la nuit après la journée ensoleillée d'hier. Il fait gris ce matin et il nous faut rejoindre les deux stupas impressionnants qui gardent le col. Nous traversons des nappes de brouillard. La descente vers Inkhu khola est difficile. Nous traversons Nadjingsur un plateau qui possède trois lodges corrects. Nous arrivons au pont vers 15 heures et nous n'avons pas le courage de remonter 700m pour atteindre Sibuje. Nous trouvons un lodge rustique juste après le pont mais qui possède une douche! (1800Rs diner, nuité, petit déjeuner)
Les gorges de l'Inkhu khola sont spectaculaires. Le temps est malheureusement fort nuageux et les averses commencent à tomber à partir de 16 heures.
Il a plu toute la nuit et ça continue ce matin. Les ponchos n'ont jamais autant servi! Nous nous arrêtons à Sibuje dans le brouillard pour le déjeuner à 10h50. La montée nous a épuisés alors que nous ne sommes qu'à mi hauteur. Nous nous restaurons d'une soupe au nouilles, d'une omelette et de thé (800Rs). Ces arrêts sont autant d'occasions de partager la vie quotidienne des familles népalaises. Une averse nous coince une bonne heure. Nous repartons dans le brouillard. Il y a des lodges de bon standing.
Une averse nous surprend de nouveau et c'est sous les ponchos que nous continuons...
Un chemin indique "Pangome Gompa" et nous tentons d'y aller, contre les indications du GPS. Nous rebroussons chemin car nous n'avons pas idée où il peut nous mener. On découvrira ce Gompa sur une hauteur en arrivant à Panggom. Un chemin y conduit. Il était donc possible d'emprunter la bifurcation pour passer par le gompa tout en rejoignant Panggom.
Le lodge (Himalaya Trekkers) qui nous accueille est neuf et bien entretenu. Il possède même une douche chaude! Bon dalbath et excellent raksi à base de millet, "barli" et coing? diurétique en tous cas! 2000Rs pour le dîner la nuitée et le petit déjeuner.
Une soirée dansante se prépare avec des filles assez délurées. Nous sommes prévenus mais nous ne sommes pas invités! Dans un si petit village, cela paraît étonnant. Ces filles sont probablement accueillies dans un hostel attenant au lodge. Il est aussi probable qu'elles aillent dans une école Hillary. Sa fondation en a créées beaucoup dans la région. Dans ce cas, on peut affirmer que c'est une grande réussite.
Nous puisons dans nos réserves pour le petit déjeuner car la gérante a des messages à envoyer et n'a pas trop le temps de s'occuper de nous... Alors que nous étions déjà parti vers Bupsa, elle nous indique, d'une fenêtre de son lodge, un autre chemin pour aller vers Taksindu. Nous n'en tenons pas compte. La descente se transforme bientôt en montée assez raide, illogique puisque nous devons rejoindre la vallée. Sylvie se prend un pied dans une racine alors qu'elle glisse. Toute sa jambe retient son poids et celui de son sac en torsion. La première douleur passée, toute la jambe reste endolorie. Elle décide de repartir lentement et en boitant. Je prends son sac. Nous sommes heureusement proches de Bupsa.
La route vers Bupsa conduit à Lukla et Namche. C'est un grand détour pour aller vers Taksindu car il faut inutilement plonger dans la vallée de Kharikhola. Nous nous arrêtons dans le premier lodge, très propre. Le propriétaire nous donne une pommade anti inflammatoire et nous recommande de ne plus faire d'effort aujourd'hui. Repas 850Rs. Le genoux allant mieux, nous repartons vers Taksindu sur la piste importante qui conduit de Jiri et Phaplu à Namche. Les convois de mulets sont presque discontinus. Le chemin est tapissé de crottin pestilentiel et glissant. Il faut parfois repousser les bêtes avec le bâton pour ne pas se faire bousculer. Pour ne rien gâcher, c'est une fête nationale bouddhiste aujourd'hui. Des discours répétitifs, diffusés par haut-parleurs, nous accompagnent une grande partie de l'après-midi. Nous nous arrêtons à Jubhing. Les lodges, ici, n'ont plus la qualité de ceux rencontrés depuis quelques jours.
La journée précédente nous a coûté 1250 Rs déjeuner et 1650 Rs nuit et dîner. la moyenne des dépenses s'établit 25-26€/jour
Le ciel est bien dégagé ce matin et nous pouvons apercevoir quelques hauts sommets du Khumbu. La marche commence pour une descente peu commode dans le crottin de mulets vers la Dudh khola. Puis commence la montée sous le soleil qui nous scie les jambes. Le genoux de Sylvie va mieux.
Nous arrivons à Nunthala pour déjeuner (superbe Himalayan Trekker Lodge). Le village est particulièrement beau et propre. Pour un peu, on se croirait en Suisse. Les gens sont souriants et cela nous donne envie de rester. La décision est prise après le déjeuner: après midi de repos avant les 4 prochains jours de montée. Nous vaquons dans la rue principale et reprenons nos forces.
Est-ce que Nunthala est dotée d'une Hillary School? De grands bâtiments surplombent le village, comme nous en avions vus à Panggom. Nous montons sans difficulté en comparaison d'hier. Le soleil est tamisé d'une légère brume. Le panorama est malheureusement bouché partiellement par les nuages. La vue reste magnifique. Après enquête à Taksindu, nous décidons de poursuivre jusqu'à Taksindu la où se trouve un lodge récent et point de départ pour Dudh Kund, le lac de lait.
Nous sommes dans la brume maintenant et Sylvie mangerait un poulet même avec ses plumes (dit-elle). Nouvelle après midi de repos dans un lodge bien confortable.
Le départ se fait dans le brouillard. Sylvie bougonne car elle ne voulait pas partir par ce mauvais temps. J'espère qu'il se lève avec l'ascension. Le chemin est très bucolique et bien marqué. Il traverse une belle forêt de rhododendrons dans la première partie qui devient mixte ensuite. Nous déjeunons lorsque deux népalais nous doublent: ils rejoignent un campement de hauts pâturages. Ce sont les seuls humains que nous croiserons au cours de ces trois jours. Il se met à pleuvoir par intermittence vers 14 heures.
Nous découvrons de beaux massifs de rhododendrons jaunes, encore bien fleuris à ces altitudes.
Nous avons fait à peu près la moitié du chemin jusque Dudh Kund quand nous trouvons un lieu correct pour un campement. Il pleut toujours et nous montons la tente dans des conditions difficiles. Il nous faudra nous contenter de l'eau qu'il nous reste car nous n'avons pas encore trouvé de source sur le chemin.
La pluie s'était arrêtée dans la nuit pour reprendre de plus belle. Elle est accompagnée de rafales de vent et de neige. C'est une vraie tempête. La température chute brutalement. Nous craignons que la tente ne s'envole et que les sacs, protégés par les ponchos, ne tombent dans le ravin. Je me lève avant le lever du jour pour vérifier l'installation. Le spectacle est dantesque avec un quartier de lune et quelques étoiles apparentes dans des pans de ciel dégagé, et, au loin, les grands massifs maintenant découverts, surplombés d'une couche noire, inquiétante. J'enlève la neige qui s'accumule sur le double toit, faisant se toucher les deux parois. Je me recouche en espérant que la tempête cesse rapidement.
Lorsque le temps se calme, le ciel est totalement nettoyé. Un tapis de neige recouvre les alentours. Après le petit déjeuner, Sylvie n'est pas convaincue de continuer. J'ai décidé de continuer coûte que coûte, maintenant si près du but. Elle devrait alors descendre seule jusqu'à Taksindu la. La perspective de la traversée de la forêt lui fait changer d'avis.
Sylvie est particulièrement lente et je commence à douter de nos capacités à parvenir au lac aujourd'hui. Je décide de porter son sac. Je monte sur un dénivelé de 500m environ avec 28 kg et quelques crampes me feront souffrir à l'étape!
Le temps se bouche rapidement avec la montée des brumes provoquées par la chaleur des premiers rayons du soleil. Il se met à neiger mais il n'y a pas d'orage. La brume se retire de temps en temps pour nous faire apercevoir des sommets majestueux et des falaises gigantesques, si proches maintenant. Nous arrivons à Dudh Kund exténués.
Surprise! il n'y a pas de lac mais un alignement de murs bas. J'avais oublié que le lac est plus au Nord. Il faut continuer...
Le lac lui-même est plus petit que je ne pensais. Son niveau a beaucoup baissé à voir les différentes strates laissées sur ses berges. Les massifs se découvrent par intermittence. Nous installons la tente sur une étendue de sable fin.
Les montagnes ne sont pas apparues le soir et il a neigé cette nuit. La température reste cependant trop élevée pour avoir un temps clair et sec. Nous faisons sécher les sacs et les affaires aux timides rayons du soleil matinal. Je me promène pour capter les rares moments où les paysages se découvrent. L'endroit est splendide. Je ramasse quelques vieilles pièces de monnaie
J'en profite pour repérer les passages possibles pour monter sur une crête ou sur un sommet. Ce sera peine perdue pour cette fois-ci: le temps est beaucoup trop instable pour pouvoir continuer. Le temps se gâte rapidement. Nous nous décidons à redescendre dans le brouillard et sous la pluie intermittente. Nous sommes heureux de retrouver le lodge de Taksindu la.

Nous prenons notre temps ce matin. Il y a du soleil même si les massifs sont déjà dans les nuages. Nous n'avons pas de regret d'avoir abrégé notre séjour là haut. La route est carrossable à partir de Taksindu la, au moins par les tracteurs et les motos. Il faut faire attention de ne pas quitter la piste qu'elle coupe fréquemment pour éviter de monstrueux détours. Le chemin traverse de très jolies forêts de pins centenaires.
Le trek s'achève à Phaplu, ville un peu glauque, comme toutes les villes frontière.
Nous réservons la jeep du retour dans le lodge. Rendez-vous à 5h pour un départ ponctuel à 5h30.
ATS, le 26 février 2005 à 14:31
L'EXPRESS.fr avec AFP












