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Découverte du Maroc en famille, avril 2015
Nous voici revenus de nos 2 semaines de voyage au Maroc. Nous sommes partis à 4, 2 adultes et 2 monstres de 11 et 14 ans à la découverte d'une petite partie du Maroc.

Notre itinéraire

Les liens pour aller directement au récit au jour le jour

- J1, en route pour le Tizi-n'Tichka : http://voyageforum.com/...ost=7019494;#7019494

- J2 - 1ere partie, Telouet & la vallée de l'Ounila : http://voyageforum.com/...ost=7020036;#7020036

- J2 - 2eme partie, le ksar d'Ait-Benhaddou : http://voyageforum.com/...ost=7020252;#7020252

- J3, La source sacrée de Ait-Benhaddou & l'Oasis de Fint : http://voyageforum.com/...ost=7022775;#7022775

- J4, Ouarzazate - Le jour du cinéma : http://voyageforum.com/...ost=7026402;#7026402

- J5, Randonnée dans la Vallée des Roses, les gorges d'Agouti : http://voyageforum.com/...ost=7026518;#7026518

- J6, Le Tizi n'Tazzazert : http://voyageforum.com/...ost=7027764;#7027764

- J7, L'Erg Chebbi : http://voyageforum.com/...ost=7028093;#7028093

- J8, un peu de repos : http://voyageforum.com/...ost=7028920;#7028920

- J9, Tinghir : http://voyageforum.com/...ost=7029062;#7029062

- J10, Randonnée dans les Gorges du Todgha : http://voyageforum.com/...ost=7029255;#7029255

- J11 - 1ere partie, La R703 de Tinghir à Agoudal : http://voyageforum.com/...ost=7035790;#7035790

- J11 - 2eme partie, La R704 de Agoudal à Msemrir : http://voyageforum.com/...ost=7035892;#7035892

- J12, Les Gorges du Dades http://voyageforum.com/...ost=7040142;#7040142

- J13, Skoura http://voyageforum.com/...ost=7040245;#7040245

- J14, la R307 de Skoura à Demnate http://voyageforum.com/v.f?post=7040326;#7040326

- J15, Casablanca http://voyageforum.com/v.f?post=7040370;#7040370

La préparation Au départ, je pensais le faire avec une agence locale. Mais pour une question de budget, nous avons finalement tout organisé nous-mêmes. Nous avons opté pour un 4x4 comme voiture de location, afin de pouvoir faire certaines pistes. Malgré le prix assez élevé, nous n'avons regretté à aucun moment notre choix. Le 4x4 nous a été bien utile pour certaines pistes et son confort est indéniable lorsqu'on voyage à 4.

Tous les logements ont été réservés à l'avance. Question de choix, je n'aime pas de voir commencer à chercher mon hébergement le jour même. Une seule fois nous avons dû modifier notre itinéraire à cause des pluies, et j'ai pu annuler l'hébergement sans aucun frais.

L'itinéraire a été défini avec l'aide du forum. Encore un grand merci à tous ceux qui ont pris le temps de répondre à mes nombreuses questions. A la lecture de nombreux carnets, ce que nous avons fait en 15 jours, on le fait habituellement en 10 jours max. Mais cela nous a permis de faire quelques randonnées sympas, dans la vallée de Roses notamment et de prendre le temps de profiter des endroits où nous étions.

Je vous emmène donc dans le récit de ces 15 jours .... entre soleil, pluie et grêle ... de la montagne aux dunes .....

Enjoy 🙂
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Je vous invite à découvrir le Maroc
INTRODUCTION

Des vidéos sont insérées tout au long du résumé. Veuillez cliquer sur l'image pour démarrer la vidéo.

Nous avons séjourné 15 jours au Maroc en septembre 2018 et avons parcouru plus de 5000 km pour découvrir ce pays sous ses différentes facettes.

Plusieurs semaines ont été consacrées à la création de notre itinéraire afin de pouvoir être en mesure d'atteindre parfaitement nos objectifs.

Nous avons fait l'achat d'une carte routière Michelin (742) et nous avions également téléchargé une carte du Maroc dans notre GPS.

Finalement, lors de notre séjour, nous n'avons utilisé que l'application Maps.me qui s'est avérée une application très précieuse lors de nos déplacements en voiture, en randonnée et même dans la recherche de nos hôtels dans les médinas ou lors de nos circuits à pied dans les grandes villes.

J'avais préalablement téléchargé les coordonnées GPS de toutes les attractions prévues à notre itinéraire dans l'application Maps.me, ce qui a facilité grandement nos déplacements.

La réservation de tous les hôtels ainsi que la location d'une voiture ont été effectuées sur internet avant notre départ.

Les attraits touristiques que nous avons visité sont les suivants:

Belyounech Tétouan Cascades d'Akchour et Pont de Dieu Chefchaouen Plage de Maresdar à El Jebha Al-Hoceima Source chaude Hammat Chaabi Plage Cara Blanca Plage de Tmadet Sidi El Bachir Gorges de Zegzel (grotte du chameau) Cascades de l'Aggai à Sefrou Fes Meknes Volubilis Sources de l'Oum Er-Rbia Route des Cèdres à Azrou Vallée du Ziz Moyenne Vallée du Ziz Erg Chebbi à Merzouga Gorges du Todgha Gorges du Dades Vallée des Roses Kasbah Aït-Ben-Haddou Tizi-N-Tichka Casdades d'Ouzoud Pont d'Imi-n-Ifri Cascades de l'Ourika Cascade d'Imlil Route vers Tacheddirt Tizi N' Test Mosquée de Tinmel Kasbah de Tizourgane Agard-Oudad - Les rochers bleus (les roches peintes) Gorges d'Aït Mansour Mosquée Tamsaout Grotte et Bassin Win-Timdouine Paradise Valley Agadir Essaouira Mosquée Hassan-II à Casablanca

Conduire une automobile au Maroc est tout un défi lorsque l'on sait qu'il est un des pays qui possède les routes les plus meurtrières au monde. Il n'y a aucune discipline sur les routes du Maroc. La vitesse, les dépassements illégaux, le passage aux feux rouges, les voitures délabrées, l'étroitesse de certaines routes, les piétons et les cyclistes qui traversent la route sans avertissement, les motocyclistes qui se faufilent entre les voitures, sans oublier les nombreux animaux qui se dressent en bordure de la route. Et je n'exagère surtout pas...

Il n'existe pratiquement aucun civisme sur la route. C'est chacun pour soi. Nous avons dû céder le passage la majorité du temps afin d'éviter que notre voiture de location soit amochée.

Toute une expérience pour mon conjoint Alain qui a réussi à parcourir ces milliers de kilomètres sans aucun accrochage. Après coup, nous comprenons pourquoi la voiture que nous avions louée avait autant de bosses et d'éraflures ....

Il y a énormément de postes de contrôle (gendarmes) au Maroc. Nous avons vécu quelques expériences, de bonnes et de moins bonnes. Je vous en ferai part au moment opportun.

Il est très important de respecter les limites de vitesse et de connaître le fonctionnement des postes de contrôle.

Ceux-ci se trouvent généralement à proximité d'un embranchement ou d'un carrefour giratoire. Des panneaux sont installées temporairement en bordure de la route pour indiquer le poste de contrôle ainsi que les limitations de vitesse.

C'est assez spécial car nous roulons à une vitesse d'environ 80 km/h et tout à coup on aperçoit le panneau indiquant le poste de contrôle et trois panneaux consécutifs invitant à réduire rapidement notre vitesse à 60, 40 et 20 km/h dans un espace vraiment restreint.

C'est toujours un stress de passer ces contrôles , même si nous n'avions rien à nous reprocher... Je passais mon temps à vérifier l'odomètre pour m'assurer que nous respections bien les limites de vitesse. 60, 40, 20.. 60, 40, 20 ... Combien de fois Alain m'a entendu répéter ces chiffres afin de passer les contrôles sans problème.

Lorsque nous avons effectué la réservation des hôtels, il était indiqué que le stationnement était gratuit. Cependant, la majorité du temps, il a fallu payer des frais de 10 MAD (environ 1,40 $ CAD ) pour qu'un gardien surveille la voiture.

Que la voiture soit en bordure de la route ou dans un stationnement, il y avait toujours quelqu'un portant un dossard qui se présentait pour réclamer son dû.

A Essaouira, nous avons battu un record: 50 MAD (7 $ CAD), soit 40 MAD pour le stationnement et 10 MAD pour le gardien.

Une arnaque pour les touristes lorsque l'on sait que le prix est fixé à 5 MAD à Essaouira pour toute une nuit. Mais que peut-on faire lorsque nous avons besoin d'un espace de stationnement pour la nuit et que le préposé au stationnement te réclame 40 MAD et te harcèle de rajouter un 10 MAD pour le gardien?

Par ailleurs, nous avons été très bien accueillis au Maroc. Les gens étaient contents de nous voir et aimaient discuter avec nous. Particulièrement les jeunes hommes qui se sont montrés très avenants et ont été d'une gentillesse extraordinaire.

Nous avons été choyés côté température. Le ciel était toujours d'un bleu éclatant, sauf dans le désert où le ciel était couvert. Mais heureusement, nous avons eu droit à une éclaircie au moment du coucher du soleil.

Sans plus attendre, je vous invite à venir découvrir par le biais de nos vidéos les différents attraits que nous avons visités ainsi que nos escapades sur les routes du Maroc.

POUR LA SUITE, C'EST ICI

POUR VOUS RENDRE À UNE JOURNÉE SPÉCIFIQUE, VOICI LES LIENS APPROPRIÉS:

Jour 1: De Casablanca à Tétouan Jour 2: De Tétouan à Chefchaouen Jour 3: De Chefchaouen à Al Hoceima Jour 4: De Al Hoceima à Oujda Jour 5: De Oujda à Meknès Jour 6: De Meknès à Azrou Jour 7: De Azrou à Merzouga Jour 8: De Merzouga à la Vallée des Roses Jour 9: De la Vallée des Roses à Ouzoud Jour 10: D'Ouzoud à la Vallée de l'Ourika Jour 11: De la Vallée de l'Ourika à Ouirgane (détour à Imlil) Jour 12: De Ouirgane (route du Tizi-n-Test) à Tafraoute Jour 13: De Tafraoute à Tizgui N'Chorfa Jour 14: De la Vallée du Paradis à Essaouira Jour 15: De Essaouira à Casablanca
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Les animaux du Maroc (et aussi au Maroc)
Bonjour,

L'idée d'un sujet sur les animaux du et au Maroc ayant été lancée, je me décide en espérant que ce carnet vivent longtemps, avec les contributions de toutes et tous . Les animaux du Maroc réservent au voyageur curieux un nombre infini d'émotions, qu'ils soient sauvages ou domestiques . Qui n'a pas photographié lors d'un séjour un chat particulièrement beau, ou un caméléon, une cigogne, un chameau….. Les animaux sont partout au Maroc, et me semble-t-il bien plus présent qu'en France, par exemple . Alors commençons….

Commençons dans le merveilleux jardin exotique de Marcel François , à Bouknadel, à une dizaine de kms au Nord de Salé . On y accède soit par l'autoroute, soit par la nationale 1 . J'y étais donc il y a 3 jours et j'ai rencontré ce couple . Comme on dit : plus beau que çà, tu meurs ! . On m'a dit qu'il s'agissait de canards flamboyants ( ? ) , mais peut-être que quelqu'un pourra confirmer ?



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Magasin de vente de musique à Casablanca?
Bonjour s'il vous plait je cherche un magasin (si c'est possible grand magasin genre mini marché d'instrument de musique genre woodbrass) mais à casablanca précisément je cherche des instruments à vent pour debutant .merci à vous.sinon si vous en connaissez à rabat aussi je prend.
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Where to listen to Gnawa music in Marrakech, Ouarzazate, or the Dadès Valley?
As-salamu alaykum!

We’re heading to Morocco as a family from April 22 to May 8. It’s a bit short to explore such a beautiful and vast country, but school and work commitments, you know how it is... My partner is a musician and absolutely loves Gnawa music. Unfortunately, we won’t have time to visit Essaouira, as we’re heading south toward the Valley of the Roses...

Do you know of any places around Marrakech, Ouarzazate, or Kelaat M’Gouna where we might have the chance to meet Gnawa musicians? We’ll also be staying a few days in Aït Benhaddou and Skoura during our trip toward the Dadès Valley. If you have any good spots to buy a guembri along the way, I’d love to hear about them too! :)

Thanks in advance for your tips!

Mathieu
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Le Maroc et les marocains
j'envisage de passer 15 jours au Maroc. Seulment, les échos sont souvent les mêmes : superbe pays, mais des locaux agressifs commercialement parlant.

Comme je ne suis pas du genre " Hôtel retranché ", que faire et où aller pour profiter tranquillement de ce pays ?
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Quand tu t'éclates à Ouarzazate!
Coucou les voyageurs, ça gaze 😉 ???

Moi je me remets de mes émotions Marocaines où nous avons fait une petite virée de 7 nuits le mois dernier .

J'ose le dire, après 20 ans de voyage, le Maroc était une 1ere.

Rhooo la la le coup de foudre ! J'avoue qu'on ne s'y attendait pas.

Quasiment pas vu le tourisme de masse que nous imaginions ( bon, merci le Ramadan sans doute 😉) et les sollicitations ont été largement supportables : un sourire, 2 traits d'humour et ils vous lâchent en vous souhaitant la bienvenue (qu'on a entendu 250 fois à peu près).

Bref, globalement on les a trouvé tchatcheurs et sympathiques et les paysages ont juste été époustouflants.

Alors j'avoue que j'ai hésité à venir faire un retour sur VF tellement les carnets de voyages sur le Maroc sont nombreux. Et puis les grands connaisseurs de ce pays, très présents ici, n'ont plus grand chose à découvrir 😉. En même temps j'ai eu un tel coup de foudre que je trouvais bien dommage de ne pas le partager.

Evidemment, en si peu de temps, impossible de tout voir. Nous avons fait le choix de la ruralité et de l'océan 😎.

Je vous emmène donc en image vers Ouarzazate, Taroudant, Tafraoute puis le bord de mer d'Agadir à Essaouira.

Pour le texte ce sera juste quelques anecdotes, surprenantes ou rigolotes, liées aux rencontres faites sur notre route.

Si ça vous dit, à bientôt pour la suite 🙂
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Festival gnaoua à Essaouira au Maroc
bonjour à tous!en fait j'aurais aimé avoir des renseignement sur le festival gnaoua à essaouira, si quelqu'un y a déjà été et sais quelles sont les dates cette année et le budget qu'il faut prévoir, merci!
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Morocco, an encounter...
Hello everyone,

I’ve been to Morocco about fifteen times, but I’ve never posted a travel journal here on Voyage Forum. Why? I have no idea… Maybe because this section was so active, with lots of stories and photos. I thought sharing my adventures in *al Maghrib* wouldn’t be very original. Today, this space feels quieter, so what if I tried to give it a little life back, modestly? With some help…

This trip will be different. From the start of my relationship with Richard, I was determined to introduce him to *my* Morocco. But he was a bit reluctant… He’ll tell you about our 2022 meeting, and I’ll illustrate it with my photos, just like we did with our India travel journal.

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La vallée du M'Goun dite vallée des roses
Bonjour,

Je continue la préparation de mon itinéraire pour le mois de Mai , et j'envisage une belle balade dans ce coin . J'ai parcourue , un peu , cette vallée lorsqu'il n'y avait que des pistes et de plus nous nous étions perdus , donc je considère que c'est encore un terrain vierge pour moi .nous avions passe plus de temps à nous repérer qui n'a véritablement visiter la région . Mon objectif : donner un coup d'œil aux gorges du M'Goun , longer la rivière , faire une ou deux randos sympas , mais pas de sport de "haut niveau" . Je voyage seule , courageuse mais pas téméraire 😉 En terme d'hébergement je pense qu'il ne devrait pas y avoir de problème , j'ai repéré l'auberge Chems , quelqu'un peut il m'en parler . De toute façon je ne réserve rien d'avance , si vous avez des bons plans dans des prix corrects je suis preneuse . Précision : j'aime la nature , la tranquillité, les rencontres , mais hors de question d'aller à la fête des roses voir un moussem'quelque peu ou beaucoup dénature . Merci d'avance pour vos retours . Hannah
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La communauté Gnawa à Marrakech
Bonjour,

Je vais me rendre à Marrakech dans une semaine et comme je suis intéressée par la communauté Gnaoua au Maroc, je me demandais si c'est possible de leur rendre visite/être en contact avec eux à Marrakech. Malheureusement, je n'ai pas trouvé bcp d'informations en ligne, donc si vous en avez des expériences, n'hésitez pas à me donner des conseils..

Merci ! :)
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Recherche contacts pour projet au Maroc
je pars bientot pour le maroc avec un ami. notre vehicule est de type van. j ai deja de nombreuses experience de voyages associatifs et artistiques. j aimerai avoir des contact d asso, de corporation, de lieu ou encore de personnes, realisant des projet artistiques ou associatifs au maroc ayant des rapport avec l eau, l art ou encore l education mais aussi la sauvegarde des cultures, des milieux naturels.

je souhaiterai rencontrer des gens sur place afin de voyager en adequation avec mes idees. c est a dire le plus loin possible des chemins touristiques et le plus proche des evenements culturels ou associatifs. mais si vous connaissez des coins aussi. merci de me repondre et bonne route
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Le Maroc et le bonheur d'être accueillie!
Bonjour à tous,

Voici un planning des posts avec les liens pour ceux qui ne veulent pas lire tous les posts; j'en ai profité pour corriger les chiffres des étapes dans lesquels s'étaient glissées des erreurs

Jour 1, Premiers pas dans un pays berbère musulman: le Maroc!

Jour 2, de Marrakech à Imlil, puis Tamatert. jour 3, De Tamatert à Taliouine, en passant par le tizi'n test jour 4, Visite des gorges de tislit et route de Taliouine à Foum zguid jour 4, suite, photos supplémentaires des gorges et route de Tislit à Foum zguid Jour 5, de foum zguid au bivouac de chez Nagui Suite de la journée 5, séjour au bivouac de l'erg Chegaga, Jour 6, du bivouac à Zagora, en passant par M'hamid jour 7, de Zagora à Amellagou, Jour 7 suite de Goulmina à Amellagou Jour 8 départ d'Amellagou en direction de Boumalne Jour 8 (suite) de Assoul en direction des gorges du todra jour 8 suite et fin en direction des gorges du Todra puis de Boumalne dadès Jour 9 circuit autour de Boumalne dadès! Jour 9 circuit autour de Boumalne dadès (suite)! Jour 10: départ de Boumalne Dadès et direction Ait Ben Haddou Jour 11 quelques compléments puis alentours d'Ait ben haddou.

Jour 11 suite: de Ait Ben Haddou à Télouet et la kasbah du Glaoui. (ça y est j'en ai eu le courage!!!) J11 suite et fin, J12 départ pour Paris.

Notre voyage s'est déroulé de fin février à début mars grâce à: - l'aide ultra précieuse de Attila, qui m'a donné envie d'aller visiter cette partie du monde, et qui a été un amour pour me proposer un itinéraire qui me convenait. Mille merci (dans ce cas, on met un "s" à merci?)😏 - l'aide non moins précieuse de Perju, pour les pistes à emprunter, qui pendant tout notre séjour, a surveillé les infos internationales en espérant qu'on n'y parle pas de 2 martiniquais disparus dans le désert..... Perju, tu es une vraie mère poule pour moi!!! Merciiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii.😄 - l'aide logistique et chaleureuse de Lacalo, qui nous a accueilli dans son riad. Il est génial ton riad et c'était super génial de te rencontrer et d'échanger avec toi. Gros gros Gros bisous!!! 😏 - l'aide de tous les membres du forum Maroc qui publie des carnets et donne une mine d'infos, et que je remercie énormément.

Jour 1, Premiers pas dans un pays berbère musulman: le Maroc!

A 12h15, nous avons quitté Paris sous la pluie, et sommes arrivés à Marrakech sous la pluie!!! La compagnie Royal Air Maroc est très bien, un déjeuner nous a été servi, du thé proposé, et le vol s'est bien déroulé, car j'étais assise à côté d'un charmant monsieur qui a bien voulu répondre à mes nombreuses questions et me donner plein de conseils sur mon voyage dans le sud marocain.

Après 3h de vol, nous découvrons le nouvel aéroport de Marrakech, qui a été inauguré pour la COP 22. Il est vraiment très beau, avec ses grands piliers blancs et son toit fait de lattes de différents coloris de bois. L'attente à la police des frontières est correcte comparée à la queue que nous avons eue à Orly.

A notre sortie, après avoir récupéré les bagages, je suis étonnée de ne pas voir Mohamed, le chauffeur qui est censé être venu nous chercher avec un panneau marqué "maison Do", nom du riad dans lequel nous dormons ce soir. Je téléphone donc à Lacalo, la propriétaire du riad, qui parait surprise aussi, appelle son chauffeur et me rappelle. Il est à l'extérieur de l'aéroport: les visiteurs n'ont pas le droit d'entrer dans le hall d'arrivée depuis les attentats!! Gloups!!! Les mesures de sécurité sont drastiques. Je me disais aussi que le hall immense avait l'air bien vide. Personne à l'intérieur à part les quelques voyageurs qui défilent au gré de la récupération de leurs bagages.

Nous sortons donc et faisons la connaissance du souriant et charmant Mohamed. La décision est prise de faire du change au centre ville de Marrakech. Nous découvrons donc la ville rose, où toutes les constructions sont faites de terre ocre, ce qui donne à l'ensemble un charme indiscutable. Nous longeons les remparts aérés de la vieille ville, et les nombreux trous d'aération ingénieusement disséminés dans les murs, font aujourd'hui le bonheur des pigeons qui y trouvent des lieux de nidification parfaits.



De nombreux arbres avec toutes leurs feuilles sont visibles le long de la route, des oliviers, des orangers avec des oranges, mais qui ne sont pas comestibles car elles sont amères!!!!! Dire qu'en Martinique, nous avons des oranges amères que nous consommons sans problème!!! De nombreux arbustes fleuris aussi attirent mon attention, car, il ne faut pas oublier que nous sommes en hiver, qu'il fait 15°C, l'après-midi. Devant mon étonnement, Mohamed m'explique que malgré la période hivernale, il pleut très peu à Marrakech, (et oui, nous arrivons l'un des rares jours où il pleut!!!!) l'ensoleillement est très important d'où les fleurs. Ma foi, quel contraste avec la région parisienne aux arbres complètement dénudés, que nous venons de quitter!!!

C'est marrant finalement, nous sommes partis de Martinique avec le soleil, et l'avons amené avec nous à Paris, ce que tous les habitants espéraient, et nous sommes partis de Paris avec la pluie et l'avons emmené avec nous, à Marrakech, ce qui fait le bonheur des Marrackchis!!!! Trop fort ces martiniquais!!!!!

A la recherche d'un bureau de change, Mohamed s'arrête tout d'abord près d'une banque, mais elle est fermée. Nous passons à travers des portes en arche, qui jalonnent les remparts, mais elles ne laissent passer qu'une voiture à la fois.



Nous sommes dans l'enceinte de la vieille ville. Je découvre avec plaisir ma première ville arabe, avec ses mosquées et leur minaret si emblématique, son palais royal et ses remparts.

Le dépaysement est total et tous mes sens sont en éveil. Les véhicules qui circulent sont très insolites: des motos qui tirent des bennes, des ânes qui tirent des charrettes, des calèches pour touristes tirées par des chevaux.... Je me sens comme une enfant de 5 ans qui découvre le monde. Tout est nouveau.



Nous nous dirigeons vers la medina, et passons par des ruelles ultra encombrées, de gens à pied, à bicyclette, à moto, conduisant des charrettes tirées par des ânes. Mohamed klaxonne maintenant de façon continue et avance régulièrement malgré la densité de la circulation, entre les échoppes régulièrement disposées le long des ruelles. Heureusement que ces rues sont à sens unique, malgré les motos qui circulent à contresens, nous sommes heureux de ne pas avoir à conduire dans ce dédale labyrinthique pour nous étrangers.

Mohamed s'arrête finalement devant une boutique et nous demande de suivre l'un des vigiles placés à l'entrée. Nous traversons un magasin remplis de babioles en tout genre, style brocante, mais brocante marocaine, porcelaine, instruments de musique, tapis, parfums, plats en bronze, horloges, .... Et les senteurs orientales sont un pur bonheur pour mes narines. Ah, nous voilà arrivés, ....... devant la caissière!!!! Et c'est elle qui va nous faire le change!!! On ne nous l'avait pas encore faite, celle là. Nous attendons donc un bon moment, que les clients de marchandises aient fini de régler leurs achats, pour que nous, les clients de devises, nous puissions échanger nos devises.

Lorsque nous retournons à la voiture, nous rencontrons Mohamed qui s'inquiétait de nous voir prendre tant de temps. Embarquement, puis direction maison Do. En cours de route, nous appelons Madame Yolande, pour qu'elle vienne à notre rencontre, au point de rendez- vous. Je découvre enfin avec plaisir, en vrai, le membre Lacalo du forum. Nous débarquons les bagages, et la suivons dans les ruelles pavées inégalement, sur 200m jusqu'à notre hébergement.

Nous entrons par une porte basse, typique des constructions locales, Jf, qui fait plus d'1,85m, doit se baisser et faire attention à sa tête. De surcroit, il faut lever les jambes pour franchir le pas de la porte, tout en se baissant, ce qui demande des qualités d'équilibriste. Moi, qui ne suis pas si grande, je suis comme un poisson dans l'eau. Même pas besoin de baisser la tête. Ce pays est fait pour moi. Quelques escaliers nous conduisent à un patio surmonté d'une verrière, sur lequel donnent les chambres.

D'un coté, un petit salon lecture. De l'autre, le salon petit déjeuner. C'est splendide. Nous découvrons note chambre duo, élégante, raffinée, orientale à souhait. La salle de bain attenante me fait me sentir dans une maison de poupée.



Une fois les bagages déposés, nous retournons au salon déguster un délicieux thé à la menthe, que nous triplons, tout en discutant avec Yolande qui nous donne plein de conseils pour visiter le souk, et la place Jemma el Fna. Elle nous donne aussi une carte de la médina, qui nous permettra de nous diriger. Nous faisons la connaissance d'Alli, charmant et souriant, qui est le gardien et s'occupe du petit déjeuner.

Puis, nous partons pour la place Jemma el fna, à travers le souk el kessabine. Les bicyclettes, les motos ne cessent de passer à côté de nous. Des gens nous proposent des objets à acheter, ou de nous conduire à une foire berbère. Heureusement, Yolande nous a prévenu d'ignorer les sollicitations. Les échoppes de vêtements succèdent aux boutiques de babouches, et aux boutiques de plats en étain ou en bronze. Nous arrivons à la place et tombons sur les animaux de foire: singes tenus en laisse, serpents dans des paniers que les hommes veulent absolument nous mettre sur les épaules ou autour du cou.

Pendant que nous avançons, nous entendons un cri qui semble venir de partout et de nulle part en même temps. C'est un cri rauque, long, qui s'amplifie. Puis nous comprenons que c'est l'appel à la prière. Nous traversons la place en direction d'une librairie pour y acheter une carte du Maroc, puis retournons dans un restaurant pour y dîner un couscous somme toute moyen, avec un délicieux jus d'orange, mais nous profitons d'une vue panoramique pour observer le soleil qui décline, la nuit qui s'installe, les lumières qui illuminent les roulottes qui se sont installées, et la place qui grouille de monde.



Une fois terminé le dîner, nous prenons le chemin du retour. Grâce à JF nous retrouvons sans encombre, notre trajet à travers le dédale des rues. A un moment, quand nous hésitons pour le choix de la porte d'entrée de Maison Do, des enfants nous montrent la bonne porte. Nous les remercions chaleureusement, et rentrons, dans nos appartements respectifs. Peu de temps, après, nous entendons de nouveau l'appel à la prière. C'est vraiment un bruit bizarre, et nous l'entendons de nos chambre, comme un bruit de fond. Il se produit 5 fois par jour, du coup, nous demandons à Ali à quelle heure est le premier appel. Etonné, il me demande si je veux prier.... 😇 Heu, non, c'est juste pour savoir à quelle heure je vais être réveillée!!! A 5h25 me répond Ali !!! Ah oui, si tôt??? Bon, bah, on va faire avec. Petit déj à 9h: Ok.

A 21h, dodo.
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Déménager de Paris à Rabat
Bonjour, je compte m'installer A Rabat tres prochainement ou je vais rejoindre mon epoux. Je souhaite pouvoir envoyer mon refrigirateur, ma machine a laver, ma cuisiniere, qui sont encore neufs (je l'ai ai acheté recemment suite a un demenagement en ile de france), ainsi que deux meubles de cuisine et quelques affaires Je suis en pleine reflexion j'aimerai avoir une idée de ce que ca va me couter pour savoir si ca vaut le coup ou pas. Je recherche donc des coordonnées de demenageurs franco marocain, les autres demenageurs pro qu'on trouve sur le net sont hors de prix Donc s'il vous plait, pour ceux qui sont passer par la si vous pouviez me faire partager vos experiences et vos tuyaux je precise qu'il s'agit d'un demenagement de paris a Rabat pour septembre. Merci d'avance!
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Avis sur circuit de quatorze jours au Maroc
Bonjour, Je dois me rendre au Maroc fin mars, je connais assez bien ce pays et je souhaite le faire découvrir à des amis, nous serons cinq. Voila le programme sur 14 jours: marrakech.. casa... rabat.. tanger.. fes.. meknes... ifrane... beni mellal... ouarzazate...marrakech Qu en pensez vous? Ou dormir pour pas trop cher avace quand meme le confort(douche chaude etc)? Est ce utile de rester sur casa? car pour moi mis à part la mosuqée, il n'y a pas grand chose à visiter... Merci à tous
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Balade de trois semaines dans le Sud marocain en compagnie de la pluie du vent, et...ouf... le soleil
bonjour à tous ,

Jour1, jour2, jour3 ...auberge retenue, trajet fixé , ce n'est pas pour moi en général .

J'avais bien essayé de me fixer des objectifs , en premier la vallée du Zat , une balade autour de Telouet, et la vallée du M'Goun pour essayer de voir les gorges ; Dès le premier jour , maraboutage du programme , j'arrive à Aït Ourir , le Tichka est fermé , le Zat est dans tous ses états . Impressionnant .



Le lendemain , toujours fermé , qu'importe je décide de repartir sur MK pour passer par le Tizi n'Test , que nenni , des clients de l'hôtel me montrent des photos de la route , elle est aussi fermée . J'attendrais donc, en soirée le Tichka rouvre , mais il est tros tard, j'essaie tout de même la vallée du Zat , ça passe mais pas question d'aller aux sources .... Je me contenterais de cet aller retour . Le soleil fait une timide apparition .



En revenant un beau paysage , un soleil timide , mais un vent costaud .







Le soir, en consultant VF un cycliste m'apprendra que le maraboutage continue , adieu Telouet la route n'est pas praticable pour le moment . Merci pour ses conseils qui m'ont été bien utiles et à Cambrousse qui a suivi mes premiers pas du fond de son lit de rééducation, en m'encourageant 😉 A plus tard pour la suite .
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Douze jours de randonnée dans le Haut Atlas
Maroc 12 jours à pied dans le haut Atlas autour du M'Goun en juillet 2007

Partir en voyage accompagné ce n'est pas mon fort, mais du fait d'une bande de Basques enthousiastes je me suis laissé convaincre et je ne le regrette pas. Le but de la balade consiste en douze jours de randonnée dans la région du M'Goun, gravir ce sommet de 4046 mètres puis descendre jusqu'à la vallée des Roses.

Je vais donc décrire cette promenade dans le Haut Atlas, le long d'un itinéraire très connu sur lequel les trekkeurs occidentaux sont nombreux. Cependant, bien qu'ayant eu quelques craintes de parcourir ce circuit, de peur d'être confronté à la foule de mes semblables, le voyage a été très agréable. Le cadre magnifique, à lui seul, justifie tous les bains de foule, qui cependant n'ont pas eu lieu. Les groupes rencontrés parfois à certaines étapes ou croisés, n'ont pas représenté de gêne. Je ne peux que conseiller ce genre d'expérience, même aux amateurs de solitude et de randonnées en solitaire.

Après un départ de Bordeaux quelque peu mouvementé prévu à 22 h qui a finalement eu lieu à 4h du matin, un vol court nous amène à Marrakech au lever du jour. Nous sommes au mois de juillet, la chaleur est intense. Notre guide Ali, nous attend et nous conduit à l'hôtel où la nuit était prévue. Après un somme de quelques heures sur la terrasse, ou pour les moins avisés dans des chambres surchauffées, nous nous retrouvons tous sur le toit de l'hôtel. Dans cette fournaise, un petit courant d'air intermittent amène sur la peau un soupçon de rafraîchissement. Heureusement nous n'allons rester que quelques heures dans cette ville. Je n'imagine pas à cette période de l'année y séjourner longuement. Un petit déjeuner agréable nous est servi. Le minibus qui nous emmènera à destination de Tabant, point de départ de notre randonnée, part vers les onze heures. Nous mettons à profit les deux heures d'attente pour découvrir cette ville tant à la mode chez les Occidentaux. Le matin manifestement la localité semble encore ensommeillée.

L'heure du départ ayant sonné, armes et bagages entassés, le véhicule part en direction du Haut Atlas. Le pays est très sec et rocailleux. Vers les midi arrêt dans une petite ville, nous déjeunons dans un restaurant à l'atmosphère étouffante. De nouveau sur la route, les montagnes commencent à se dresser devant nous. Un col en altitude barre l'horizon. Après l'avoir pratiquement atteint, Ali fait arrêter le véhicule devant un groupe de paysans occupé à battre le blé à l'aide de chevaux qui le foulent sous les sabots. Ils tournent en ligne de front sur une aire circulaire et les paysans jettent au vent à la fourche la paille qui s'envole au gré des courants d'air. Le but étant qu'à la fin de l'opération il ne reste que le grain au sol. Certains d'entre nous vont s'initier à la conduite des trains de chevaux, tels des Ben Hur, et au coup de fourche dans le ciel, ce qui déclenchera un fou rire généralisé aussi bien de la part des paysans marocains que de la nôtre.

Du col nous plongeons dans une vallée profonde. Le terme de notre voyage en véhicule est le petit village de Tabant, blotti à 1850 mètres d'altitude. Le cadre est magnifique. Nous sommes entourés de montagnes imposantes, à l'allure aride. Le gîte est une bâtisse sur un niveau avec une cour intérieur de laquelle nous pouvons voir les sommets environnants. Si l'air est plus frais qu'à Marrakech, les mouches manifestement le savent et apprécient aussi le coin. Nos affaires déposées, nous partons à la découverte des environs. Un imposant tertre d'une centaine de mètres de haut nous invite à l'escalade. Par une sente escarpée nous en atteignons le faîte. Le panorama est magnifique. Une multitude de groupes de maisons couleur terre sont accrochés un peu partout le long des plissements de cette chaîne montagneuse puissante. De nombreuses terrasses à la teinte dorée, servant au battage des céréales, s'échelonnent au dessus de Tabant. A cette heure chevaux et paysans ont regagné leur demeure. Le vert des cultures tranche très nettement sur la couleur terne, un peu poussière qui domine dans ce paysage. Le ciel, lui-même, affiche une couleur presque neutre. La quantité de particules en suspension, faisant en quelque sorte le lien entre le sol et l'atmosphère, donne cette apparence du brouillard ténu. Cette visibilité réduite, relativement car portant à quelques kilomètres, bien spécifique de l'Afrique je l'ai aussi expérimentée le long des plages girondines. En effet, en remontant du cap Ferret à la pointe de Graves sur une centaine de kilomètres, les pieds dans l'eau, on a la sensation d'avancer vers le néant du fait de cette poussière de sable en suspension, qui limite la visibilité aussi à quelques kilomètres. Il en découle que l'œil n'a aucun point de repère sur lequel s'accrocher afin d'évaluer la distance à parcourir. Le seul repère de distance est donné par le podomètre ou le GPS. Mais dans le fond, il est préférable dans ces cas-là de ne posséder aucun de ces deux engins, destinés à tout rationaliser, alors que l'on est à la recherche du plaisir, qui ne quantifie pas avec des engins, et d'une apparence de liberté par rapport à notre mode de vie trop structuré. Toujours, lorsque je me promène à l'étranger me viennent tout naturellement des éléments de comparaison avec ce que j'ai vécu en France.

Revenons au sommet de notre tertre. Une imposante construction circulaire trône et impose sa silhouette. Il s'agit d'une ancienne ferme. L'occupant des lieux nous offre le café aimablement, cependant il nous fait remarquer que nous ne le payons pas assez. Aïe! Aurions-nous fait une erreur, voire une impolitesse? Les choses s'arrangent, mais le tenant du lieu semble nous garder quelque grief.

Nous rejoignons notre gîte dans la cour duquel le regard plongeait de notre hauteur. Comble du luxe, il y a même une douche. Le repas sera sympathique et l'ambiance au rire et à la joie à l'idée de la magnifique balade qui commence le lendemain. Aucun d'entre nous ne connaît cette région, ce qui fait que la curiosité et l'empressement nous rendent tous impatients de nous retrouver quelques heures plus tard.

Après une nuit très correcte, répartis dans deux pièces exiguës, où nous avons dormi sur des paillasses à même le sol, nous sommes accueillis par un spectacle grandiose. Le soleil se lève et illumine les grandes pentes de caillasses escarpées et arides qui nous dominent. La lumière du jour dessine toutes les arêtes et laisse les gorges à leur mystère. Une telle vision réveille instantanément mon instinct de grimpeur et je m'imagine le long de ces rochers, assister à la naissance du jour. Le bivouac en montagne, accroché à une paroi, est l'une des plus belles expériences que j'ai fait dans ma vie, et toujours aussi intense malgré les répétitions. Cela m'a peut-être permis de garder mon regard d'enfant qui s'émerveille facilement. Je me souviens d'une nuit passée au milieu de la face nord-ouest de l'Olan. Étant arrivés tôt au refuge, nous avons décidé d'attaquer tout de suite. Ce qui nous a conduits au pied de la paroi vers les seize heures. Au début septembre les jours étant longs, la nuit nous a surpris alors que nous avions déjà gravi la moitié de la paroi, c'est à dire cinq ou six cents mètres. Nous nous sommes installés au moins mal sur une dalle en pente, bien arrimés à quelques pitons pour éviter le grand plongeon dans le sommeil, et nous avons gouté à un spectacle fabuleux. Une mer de nuages, quelques centaines de mètres plus bas, butait contre notre paroi et s'allongeait jusqu'à l'infini. Le soleil s'est englouti au loin en une multitude de couleurs et de dégradés et nous a abandonnés à la nuit et à l'austérité froide de cette immensité minérale verticale, se parant de menaces dans l'obscurité. Les émotions que l'on ressent dans ces moments, loin de tout au beau milieu d'une paroi de plus de mille mètres, montée et descente présentant les mêmes difficultés, voire les mêmes impossibilités en cas de mauvais temps, restent gravées en vous une vie entière. Voilà pourquoi un soleil levant ou couchant sur une paroi éveille toujours chez moi de très fortes émotions.

Avant le petit déjeuner, je profite d'un moment de solitude pour me plonger dans la contemplation de ce monde minéral. Avec quelque indiscrétion je pars à l'aventure au milieu de grands bâtiments en torchis qui jouxtent notre refuge. Les murs sont mangés par de grands trous béants, probablement résultat de la pluie ruisselant sur ces constructions en boue séchée. Cette terre, de laquelle les habitations sont construites, est la même qui constitue les immenses flancs de la montagne. On passe des unes aux autres sans aucune rupture dans les tons et les couleurs. De cette uniformité se dégage une impression particulière, comme si l'homme dans ces contrées faisait réellement partie intégrante du décor en s'y fondant complètement, bien loin de l'impression que dégagent nos villes et de notre civilisation mangeuses de nature.

Nous débutons la première étape. Nous longeons la vallée principale. De grands arbres aux épaisses feuilles nous accompagnent le long d'un ruisseau. Au débouché dans un champ, deux cigognes nous regardent passer. Elles ne montrent pas le moindre signe d'inquiétude. De toute évidence elles ont l'habitude de voir ces visages pâles étonnés, marquer l'arrêt et sortir leur troisième œil pour les immortaliser dans le but de les classer et les ranger dans un énième dossier de voyage. Première halte à l'ombre d'un immense noyer, nous sommes assis en rond à même les gros galets du fond de la vallée. Ali fait circuler parmi nous son sac de fruits secs. Outre les arachides et autres noix de cajou, quelques magnifiques dattes font la joie de tous. Il s'agit de la toute première halte, prélude à un rite qui s'accomplira deux fois par jours durant deux semaines. Nous découvrons ce guide attentif, cultivé qui connait magnifiquement son pays.

Après cette courte pose la marche reprend. Le long du chemin, encore des aires de battage des céréales. La technique utilisée, jeter à la fourche la paille en l'air afin que le vent en emporte les particules légères dont on veut se défaire, doit être millénaire. Bien qu'en terre musulmane on ne peut s'empêcher de penser aux débuts de l'ère chrétienne. Les animaux et les hommes que nous regardons feraient des personnes idéaux dans une crèche le jour de la naissance du Christ.

Sur notre droite une vallée secondaire apparaît. Nous allons la remonter jusqu'à un col Tarkeddit dont l'altitude est de 3300 mètres. Nous ne le franchirons que le lendemain, car le bivouaque est prévu quelque part sur un replat à son pied. Avant de quitter la vallée principale, je ne peux m'empêcher de la contempler une dernière fois et de me demander par quel phénomène géologique, ces grosses pyramides de terre et de pierres, parcourues d'immenses strates aux courbes torturées, ont pu prendre naissance et se dresser au beau milieu de cette large dépression.

Le fond du vallon est parcouru par un torrent alerte, dont les multiples cascades soulèvent une écume qui contraste dans ce relief semi-désertique. Après avoir erré quelque peu au milieu de broussailles au confluent des deux vallées, un chemin bien dessiné montre la direction. La montée commence. Il va nous falloir franchir le torrent. Nous regardons nos mules lourdement chargées s'affranchir de cette opération. À notre tour de traverser et bien évidemment pour les premiers qui ne s'y attendent pas de gros cailloux lancés avec précision, leur donnent l'occasion de prendre un petit rafraîchissement, ma foi très agréable. Un village se trouve sur notre route, nous y achetons quelques bouteilles d'eau. D'ailleurs tout au long de notre voyage, se présenteront de petits commerces et lorsque les villages seront trop éloignés, des enfants nous proposeront de l'eau en bouteille sans laquelle nous considérons qu'il n'y pas point de salut.

L'heure du repas approche. Nous débouchons sur une petite plaine légèrement verdoyante, dominée d'un monticule caillouteux sur lequel un troupeau de moutons se presse. On les confond presque avec les pierres, dont la corpulence et la couleur sont les mêmes. Nous approchons de quelques bergeries aux murs de pierre et au toit plat couvert de chaume. Oh surprise! Une belle table avec un plat rond en son centre entouré de onze assiettes joliment remplies d'une magnifique salade de crudités aux couleurs vives nous attend. Nos muletiers sont en plus des artistes de la cuisine et de la décoration.

Après cette halte bien agréable, nous reprenons notre marche vers le fond de la vallée. A l'arrière plan le M'Goun ou Amsod (vent) se dessine. Nous quittons l'axe principal pour un embranchement sur la droite. Arrivés à un replat nos muletiers nous attendent et ont préparé le campement pour la nuit. Chaque soir la même opération se renouvellera. Une fois bien installé, chacun vaque à ces petites occupations. Le ruisseau permet un décrassage sommaire. A la tombée de la nuit nos accompagnateurs marocains entonnent des chansons traditionnelles accompagnées d'instruments de musique rudimentaires, grelots, gros bidon vide, bassine en plastique et même une boîte de conserve, qu'ils utilisent comme instruments à percutions. Les Basques donnent la réplique en entonnant leurs chants que tous reprennent en cœur, je me sens vraiment bercé par des traditions qui ne sont pas les miennes. Marocains et Basques sont sur la même longueur d'onde lorsqu'il s'agit d'entonner leurs chansons à tue-tête. Cette ambiance est extraordinaire. Juchés sur notre terrasse, perdue au milieu d'un immense pan de montagne nous assistons à l'arrivée de la nuit et du mystère qui descend sur cette terre d'altitude. Les formes et les dimensions deviennent imprécises et permettent à l'esprit toutes les extravagances. Avec un peu d'imagination, dans ces boursouflements verticaux qui se drapent de secret avec les ténèbres, je m'imagine toute une faune préhistorique qui a pu peupler ces escarpements, que le pied de l'homme n'a certainement pas encore foulés en bien des endroits. Peut-être que pas très loin, dans le creux d'une couche géologique protectrice, un spécimen vieux de plusieurs millions d'années, attend patiemment de nous révéler ses secrets, afin de nous faire progresser sur le mystère du ou des chaînons manquants. Bivouaquer seul dans ces montagnes doit encore augmenter l'émotion produite par la divagation de l'esprit. Cependant, je dois reconnaître que le voyage en groupe apporte d'autres joies, peut-être aussi une certaine tranquillité, qu'une recherche d'absolu à travers le voyage en solitaire généralement exclue. Il est très intéressant de pouvoir expérimenter les deux, qui représentent des approches distinctes d'une même quête, la découverte de soi au filtre de la nature et des autres.

Dans la spacieuse tente salle à manger nous allons poursuivre la découverte des dons culinaires de notre cuisinier. Malheureusement cela fait maintenant plus de deux ans et le détail des mets ne me revient pas. Cependant, me reste en mémoire une impression de satisfaction de manger des plats bien présentés à la saveur prononcée. Chaque soir cette réunion nous permettra de comparer nos impressions de la journée sur ces régions que nous découvrons.

Après une nuit tiède sans plus à 2250 mètres d'altitude, qui a favorisé un sommeil réparateur, le décor fabuleux de la montagne marocaine nous accueille. Devant nous un raidillon de mille mètres doit nous conduire au col de Tarkeddit donnant accès au plateau du même nom au pied du M'Goun. La végétation change. Seuls subsistent de gros buissons en boule aux piquants acérés, dont la couleur verte contraste étonnamment avec la couleur ocre du sol complètement desséché. La nature s'adapte à toutes les conditions. Dans certaines parties du désert il existe même des poissons qui lorsque l'eau se retire, s'enfoncent dans la boue avant qu'elle ne sèche. Une fois à l'intérieur, la sécheresse arrivant, ils se transforment en produit déshydraté, et peuvent attendre plusieurs années la pluie qui les regonflera et leur rendra en quelque sorte la vie pour un temps! Comment imaginer qu'une telle évolution conduisant à l'adaptation aux conditions locales soit simplement le fruit du hasard?

Le chemin raide s'étire en de nombreux lacets le long d'un flanc de montagne constellé de myriades de ces gros buissons piquants. Les différents groupes de trekkeurs s'échelonnent sur ces mille mètres de dénivelé. Les mules au chargement multicolore et parfois hétéroclite donnent une touche étonnante à la scène. On distingue d'une part les trains d'animaux qui accompagnent les touristes et d'autre part les équipages qui se livrent au commerce de vallée en vallée et ravitaillent les villages. On les reconnaît facilement par leur chargement. En effet dans le premier cas les ustensiles de camping avec matelas et tentes prédominent sur le dos des animaux, tandis que pour les seconds il s'agit de sacs contenant du ravitaillement et en particulier des céréales.

Une fois le col atteint, l'Amsod, du haut de ses quatre mille mètres, nous saute à la figure et obstrue tout l'arrière-plan. Sa couleur sombre, grise presque noire par endroits est mise en exergue par deux grosses taches de neige qui soulignent son arête terminale. L'endroit est venté et nous nous abritons en nous collant à de gros rochers pour faire une pause. Le froid est tout relatif, cependant nous réagissons à l'amplitude thermique. La vue de ce point de passage est magnifique, la terre prend toutes sortes de couleurs, en particulier par endroit une teinte indéfinissable, peut-être lie de vin claire. À nos pieds se dessine le large plateau de Tarkeddit dont l'altitude est de 2900 mètres. En quelques centaines de mètres de dénivelé nous le rejoignons. Ce sera notre lieu de campement pour ce soir. Ce site est à la croisée de nombreux itinéraires de treks, ce qui explique le nombre important de groupes qui y stationnent. Mais il y a de l'espace et nous ne nous gênons pas les uns les autres. Cependant, ceux qui veulent aller prendre une douche au refuge ressentent un peu plus la foule, car il faut faire la queue dans l'attente d'un peu d'eau. Je ne sens pas le besoin de me laver, ce qui m'évite de me retrouver dans ce refuge, qui a toutes les caractéristiques d'un refuge chamoniard un quatorze juillet ou un quinze août. Mais note lieu de campement est suffisamment éloigné pour nous permettre d'être bien tranquilles. De nombreux animaux paissent sur ce grand terrain plat. On y croise des chevaux, des mulets, des chèvres et quelques chameaux. En particulier un spectacle attire l'œil. Une jeune femme au port altier et à l'allure sauvage passe à grandes enjambées, suivie de près par de magnifiques chameaux blancs. Elle se refuse à toute photo, dommage car elle a vraiment fière allure avec son troupeau.

Lever très matinal, de nuit, car Ali veut éviter tout risque d'orage sur le sommet que nous comptons grimper aujourd'hui. Nous démarrons avec l'arrivée de l'aube. Un long vallon caillouteux remonte jusqu'à une arête, qu'il nous faudra suivre pour atteindre le but. Tout n'est que minéral, plus une seule plante, seulement cette pierre sombre à perte de vue. Il fait frais, le vent souffle avec force. Nous sommes tous emmitouflés. Les groupes nombreux et compactes comme repliés sur eux s'égrainent sur cette sente austère. On sent une certaine compétition montée, sans doute générée par les différents guides et le rythme s'accélère. Les groupes parfois explosent semant au gré du chemin les malheureux qui perdent le souffle. Mais les guides veillant, des haltes sont imposées pour rassembler les troupeaux. Au cours de ces arrêts le corps se refroidit et la reprise de la marche est une délivrance.

L'arête est atteinte, son altitude se situe aux environs des trois mille neuf cents mètres. Le vue s'étend à un espace immense, essentiellement minéral. Il nous faut maintenant suivre cette crête, en ondulations amples, qui conduit tout là-bas au point culminant. Elle s'incurve au-dessus d'un vaste versant couvert d'un gigantesque pierrier sombre, par lequel nous rejoindrons le profond vallon qui nous conduira à la vallée d'Oulilimt. De par l'effet de perspective, la trace qui fend ce vaste versant nous apparaît d'une raideur extrême. Cette illusion trompeuse est due à la vue presque de face de ce pan de montagne qui se situe à l'opposé de la crête en demi-cercle que nous avons à parcourir. Enfin le sommet est atteint. Cette longue marche aérienne entre deux versants est un enchantement. J'aimerais que cela ne finisse pas. Cette cime est le point le plus important, donc le plus convoité de notre randonnée. Cela fait trois jours que nous la voyons se rapprocher lentement, quand elle veut bien ne pas se cacher. Tout naturellement la joie explose sur tous les visages. Une longue station est nécessaire pour assouvir tout ce plaisir, qui concrétise un rêve de plusieurs mois pour certains, voire de plusieurs années pour d'autres.

Le moment de quitter ce lieu haut perché arrive. Un dernier regard circulaire sur ce panorama presque désertique et nous plongeons dans un raide pierrier. Le calibre des pierres est idéal pour se lancer dans une course effrénée à grands bonds dans cette pente abrupte. La descente des pierriers en courant le plus vite possible m'a toujours procuré une immense jouissance. Je me souviens de certains endroits des Dolomites où après de splendides escalades des pierriers sur des centaines de mètres offraient des sensations extraordinaires. En effet les bonds dans des fortes pentes donnent vraiment l'impression de décoller, et l'atterrissage restant relativement doux du fait de l'amorti qu'offrent les pierres qui roulent sous la semelle. Dans le Dévoluy au pied de la crête des Bergers, montagne où s'est tué Jean Couzy l'un des plus doué alpinistes de sa génération, se trouvent des pierriers à couper le souffle. Mais aujourd'hui je vais réfréner mon ardeur et garder une vitesse de descente modérée, car une blessure serait une gêne pour tout le groupe, et ce serait de l'inconséquence de leur imposer une telle situation. Cependant, sans tout donner la sensation est malgré tout très agréable.

Après ce grand cirque rapidement dépassé, un long vallon aux couleurs sombres s'enfonce entre des parois rocheuses. De façon imperceptible la végétation réapparait. Au fond d'une gorge profonde subsistent quelques restes de neige, résultant sans doute de grosses avalanches qui sont venues s'accumuler dans cette dépression. Il y a quelques années à cet endroit s'est déroulé un drame. Deux randonneuses lyonnaises sont mortes, surprises par le mauvais temps de nuit. Par touches successives la couleur ocre se substitue au gris. La chaleur se fait plus insistante. Les gros buissons verts sont à nouveau présents. Le long d'une petite crête une chamelle et son petit s'en nourrissent. Mais comment font-ils pour mâcher ces épines dures comme du fer et effilées comme des rasoirs? Enfin se dévoile le fond de la vallée et le campement que nos muletiers ont monté. Un dernier raidillon et nous voilà arrivés. Il est treize heures, la chaleur dans ce recoin rocheux est terrible. On se croirait dans un four. Un repas savoureux nous fait le plus grand bien. Un ruisseau à l'eau froide permet de se laver. Afin de ne pas le polluer certains utilisent de petites bassines et déversent l'eau utilisée à distance du lit du cours d'eau.

Je profite de cet après-midi pour observer les environs et tout particulièrement les chameaux qui broutent autour du camp. Ils s'aventurent sur des pentes en éboulis instables sans la moindre hésitation et jamais ils ne dérapent. Leurs sabots sont de véritables crampons.

Des enfants viennent nous proposer de l'eau en bouteilles et des fossiles. De toute évidence, ce genre de trek que l'on fait accompagné par un guide et son équipe de muletiers peut s'entreprendre seul avec un minimum de poids. En effet de l'eau on en trouve partout, car la rivière n'est jamais loin et avec des pastilles d'épuration elle devient buvable. D'autre part à plusieurs reprises j'ai vu des sources , où à mon avis l'eau est potable telle quelle. Et dernier recours, et là tout au long des deux semaines la même scène s'est répétée, des enfants viennent vous vendre des bouteilles d'eau minérale. En outre, dans les villages traversés, au moins un par jour et souvent plus, se trouve toujours une petite épicerie qui fournit l'alimentation de base voire un peu plus. De plus dans ces hameaux, le logement ne pose généralement pas de problème car on y trouve des gîtes. Le plus difficile à résoudre pour se lancer seul dans ce type d'aventure, provient de la complexité de trouver la carte qui décrit l'itinéraire.

Avec le déclin du soleil l'ombre arrive assez tôt, du fait de la hauteur des sommets qui nous entourent. D'autres groupes campent dans les parages, mais les distances sont suffisamment grandes pour que nous ne nous entendions pratiquement pas. Sous la tente salle à manger la soirée sera encore très conviviale. De toute évidence voyager de cette manière est très différent du voyage seul avec un sac réduit. Dans ce dernier cas souvent les nuits sont beaucoup plus spartiates et la nourriture moins diversifiée. Dans le fond ça fait du bien de se laisser dorloter.

Une fois la nuit bien installée je pars n'installer pour contempler les étoiles. Les conditions sont idéales, l'altitude, l'absence de lumière résiduelle et un ciel sans nuage sont les éléments prélude à un spectacle de grande beauté. Malgré la densité et la luminosité des étoiles, le voûte céleste affiche une couleur noire. Certains calculs montrent que du fait de la multitude de corps cosmiques qui nous éclairent la nuit, la lumière qui en découle devrait être des milliers de fois plus intense que celle que nous percevons. Cette con station milite pour la théorie de l'expansion de l'univers. En effet, ce paradoxe de lumière manquante provient du fait que le calcul est fait en statique ce qui démontre que l'hypothèse est fausse, et par conséquent semble prouver que les galaxies s'éloignent les unes des autres. Une belle voûte étoilée permet tous les rêves les plus fous et souvent on reste bien en-deçà de la réalité scientifique, qui tous les jours fait des découvertes toujours plus époustouflantes. Le dictionnaire amoureux du Ciel et des Etoiles de Trinh Xuan Thuan est un livre très accessible faisant un point clair et compréhensible par tous sur les avancées actuelles dans ce domaine. Ce pavé de plus de mille pages se lit comme un incroyable roman de science fiction pour certaines parties et comme un beau livre d'histoire au cours des âges pour d'autres. Mais on est transporté tout du long, et lorsqu'on en est bien imprégné, se coucher sous les étoiles entraîne un bouillonnement de pensées et d'images dans le cerveau. J'imagine un peu ce que pouvait éprouver Saint-Exupéry perdu dans le désert suite à une panne de moteur de son avion.

Le matin, comme nous le faisons depuis trois jours, le rite du branle-bas commence à se rôder. Un bon petit déjeuner nous est servi, puis nous fermons chacun notre sac que nous entassons, puis nous nous mettons en route. Les muletiers se chargeront de tout récupérer et de constituer les chargements des mules. L'étape de ce jour se déroule pour sa première partie le long d'une petite sente qui domine le cours d'eau. La végétation est extraordinaire. Toujours ces grosses boules de piquants, certaines d'entre elles fleurissent et se couvrent d'une multitude de petites fleurs jaunes. Par endroit, le sol couleur ocre est semé de gros cailloux de la même teinte. Les thuyas ces arbres incroyables font leur apparition. L'harmonie entre ces différents éléments végétaux et minéraux est totale dans l'association des formes des dimensions et des couleurs.

Le thuya est vraiment une curiosité à plus d'un titre. Tout d'abord en contemplant les pans des grandes montagnes qui nous entourent, on réalise qu'il a colonisé bien des escarpements. Il ne s'agit pas d'un arbuste, car certains échantillons approchent les dix mètres de haut. Comparativement à la masse de bois le feuillage est de petite dimension, un peu à la manière de touffes éparses accrochées à des branches massives. Chaque individu a des mutilations à la scie. Des sections coupées se dégage une senteur puissante et très agréable. Ali nous explique que chaque arbre a un propriétaire et qu'il ne s'agit pas d'aller couper une branche d'un individu qui appartient au voisin. Certains sont très loin du chemin à des centaines de mètres de dénivelé, ils ont cependant un propriétaire. De toute évidence ils sont multi-centenaires, probablement millénaires pour nombre d'entre eux. Ils doivent se transmettre par héritage.

Alors que nous profitons d'un point de vue magnifique sur la vallée que nous dominons, nos muletiers nous dépassent. Ils ont fière allure, le chef muletier dans sa djellaba marron et le cuisinier, grand noir au port altier et au regard pétillant, vêtu de clair hormis son couvre-chef noir. Les animaux malgré leur chargement volumineux se déplacent sans difficulté sur ce sentier étroit et aérien par endroit.

Nous passons quelques lieux d'habitation estivale d'éleveurs. La famille complète y séjourne, les conditions de vie sont de toute évidence spartiates. Les maisons sont de simples tas de cailloux à hauteur d'homme couverts d'un peu de terre. En contrebas du chemin on les distingue à peine des amoncellements de pierres dus à la nature. Des petits enfants s'égaillent autour de ce lieu de stationnement. Des femmes à l'air farouche, à moins qu'elles ne soient excédées montrent des signes de mécontentement si l'on essaie de les photographier, bien que le sentier passe à une distance de quelques centaines de mètres.

Une descente raide nous ramène en fonde la vallée en un point étonnant. Il s'agit d'une grande zone d'érosion à la confluence de deux gorges. Une multitude d'édifices de terre, telles des citadelles en ruine se dressent en troupe serrée en bordure de rivière. Le lieu est idéal pour la pause de midi. La fraîcheur, conjugaison de l'eau qui court de l'ombre que prodiguent ces grandes cheminées de fées et du courant d'air créé, donne à cette halte une petite touche de paradis. Tous en profitent pour se baigner. Pour ma part, je pars me perdre dans les couloirs profonds, raides et glissants qui s'enfoncent dans ces roches érodées. Je gagne quelques dizaines de mètres et je décide de m'arrêter pour des raisons de sécurité. Le point de vue est enchanteur. L’un des énorme rochers posé à même les galets sur la partie sèche du lit de la rivière ressemble à une espèce de grosse bête préhistorique qui semble le gardien du lieu, à moins qu'il ne s'agisse d'une mariée avec une traîne imposante. Ces montagnes donnent loisir à toutes les divagations lorsqu'on observe le travail de l'érosion sur la roche.

Nous reprenons notre route assez tôt. Le chemin est à même les galets. La chaleur est importante, du fait de l'altitude qui diminue et aussi du fait de la réverbération sur la roche claire. Le lieu d'arrêt prévu est déjà occupé, il nous faut donc aller un peu plus loin. Nous nous installons en bordure de rivière. La vallée est large un peu en U. L'eau est tentante, peu profonde, elle court sur des galets. L'endroit est idéal pour un petit rafraîchissement. Quelques constructions, avivent notre curiosité. Nous partons les visiter. Il s'agit d'un grenier à grains de belle dimension. Ces constructions en torchis donnent toujours l'impression d'être en déliquescence. Un jeune couple de Français, croulant sous des sacs énormes remontent la vallée. Ils s'arrêtent à notre campement et Ali leur offre le thé.

De retour vers le campement, accompagné de Jean-Paul je remonte la rive opposée de la rivière. Une petite cascade jaillit d'un muret. Jean-Paul pense qu'il s'agit d'une source et s'abreuve abondamment. Cela me paraît bizarre. J'escalade le mur d'où l'eau gicle et je constate qu'il s'agit d'un défaut d'étanchéité du muret d'un canal d'irrigation. Mais toutes les bêtes y viennent et la boire comme l'a fait mon camarde peut entraîner quelques désagréments. Il ne s'émeut pas pour autant. Il me demande de lui passer quelques pastilles d'épuration qu'il croque sur le champ. En effet le remède sera efficace, il n'aura aucun trouble digestif.

Ce lieu où nous campons s'appelle Tighremt n'Aït Ahmed et se situe à 2200 mètres d'altitude. Comme tous les soirs précédents l'ambiance sera à la fête, les rires et les chansons fuseront de toutes parts. Je m'étonne parfois de trouver un tel plaisir à une randonnée en groupe, moi qui suis habitué à partir seul en montagne. Le sommeil sera calme et profond. Dans ces contrées il n'y a pratiquement pas d'humidité d'où absence totale de condensation dans les tentes, ce qui explique peut-être en partie la quiétude des nuits?

Nous entamons notre cinquième jour de marche. La végétation commence à changer avec l'altitude qui diminue. Dans les méandres de la rivière commencent à apparaître de grandes zones verdoyantes, arbres à feuilles caduques et champs cultivés. Le contraste, entre le brun clair des pentes de rocher et le vert profond qui colonise par endroits le fond de la vallée, donne une touche nouvelle au panorama. Le chemin conduit au travers de villages en corniche, dont les maisons se confondent avec la montagne environnante et s'y intègrent parfaitement par leur forme simple et leur teinte. Les villageois sont habitués à ces trains de touristes. J'évalue à une dizaine, au moins, le nombre de groupes par jour qui empreinte ce sentier à cette époque de l'année. Dans l'un des villages, deux tous petits gamins, huit ans maximum, sont juchés au sommet d'un mulet et essaient de le faire manœuvrer dans une rue étroite. Un peu avant ce même village un autre gamin à l'air abattu, monté lui aussi sur un âne, s'est approché de nous et nous a demandé des médicaments car il avait une rage de dents ou mal à la tête. Nous lui avons donné quelques aspirines et il a repris son chemin en remontant la rivière.

La halte de midi a lieu au gîte chez Jarnel, magnifique construction à un étage au pied d'une falaise escarpée. L'intérieur est de toute beauté, tout particulièrement la charpente en thuya qui dégage un parfum puissant dans chacune des pièces. Des enfants viennent se faire photographier dans l'espoir de récupérer quelques pièces. Nous profitons de cet arrêt aux heures chaudes pour aller nous rafraîchir en bordure de rivière. De nombreux enfants s'y amusent. Un petit bout de chou de trois quatre ans, seul sur la rive, descend d'un pas pas très assuré. S'il tombe à l'eau, étant donné le courant, je crains que sa vie ne soit mise en réel danger. Mais cela ne semble déranger personne. C'est peut-être cela le fatalisme musulman? Inch Allah!

Encore quelques heures de marche et nous arrivons à Igherm Izdarn. Nous logeons chez le père de notre guide. Ce dernier récupérera son jeune fils qui nous accompagnera sur la fin de notre voyage. Pour le repas du soir nous avons droit au mouton à la façon locale. Dans un four en terre un feu est allumé, une fois que la quantité de braises est suffisante, le mouton embroché est piqué dans les braises. L'orifice supérieur du four est alors hermétiquement obstrué à l'aide de terre mouillée, constituant un enduit qui colmate bien et empêche tout échange, en particulier d'oxygène. Après un temps de cuisson long, la croûte de terre qui a séché est brisée et apparaît le mouton magnifiquement doré. Cette viande est succulente, cuite uniformément en profondeur. La nuit à l'intérieur de la maison sera moins confortable que sous la tente, en effet la chaleur et le manque de courant d'air seront une gêne pour le sommeil.

Au matin, je suis bien content de sortir à la recherche d'un peu de fraîcheur. Aujourd'hui nous allons nous engager dans une variante qui durant trente six heures va nous conduire sur une variante de cette grande classique. Nous allons quitter la vallée que nous suivons depuis plusieurs jours et nous diriger vers un col donnant accès à la vallée d'à côté. Au court de cette journée et demie nous ne croiserons aucun groupe de trekkeurs. Au sortir du village, une petite épicerie accueillante, nous nous y engouffrons tous à la recherche de quelques friandises et autres bouteilles de jus de fruit chimique.

La halte de dix heures a lieu dans le village du frère d’Ali. Nous sommes reçus avec beaucoup de gentille pour le thé. De succulents petits gâteaux accompagnent la boisson. Le moment passé dans ce village nous laissera un très agréable souvenir. Une fois de retour dans le lit de la rivière et reprenons notre marche vers le col. Le paysage est imposant, des falaises nous encerclent, des thuyas de grandes taille au bois torturé ponctuent le sentier. Ces arbres sont vraiment étonnants, ils sortent d'une terre complètement aride et exhibent des troncs et des branches de taille imposante. Je ne me lasse pas de las admirer, ils sont tous différents et présentent des courbes et des volumes très esthétiques, et puis ils sentent si bon! A proximité du col, une vaste bergerie, à peine surélevée du sol, non occupée nous offre un lieu de déjeuner agréable et original. De cet emplacement, la vue sur la vallée en conter-bas et sur les montagnes qui nous entourent, est absolument magnifique. A par nous absolument personne. Je me fais la réflexion que dès que l'on quitte les itinéraires à la mode la montagne est presque déserte. J'ai déjà fait ce type d'expérience dans les Alpes et les Pyrénées. Après une longue pose, le col est rapidement atteint. La zone est presque désertique. Seul, de loin en loin, un thuya apporte sa pointe de verdure. Ce type d'endroit j'aimerais m'y arrêter et y passer la nuit seul face aux étoiles. Mais il n'en est pas question. Nous basculons dans une autre vallée et rapidement nous atteignons le village d’Arg. Une petite terrasse un peu au-dessus de la rivière nous offre un superbe emplacement de bivouac. Rapidement des enfants nous abordent. L'un d'entre eux tient dans ses bras une mignonne petite chèvre. Nos tentes sont installées en cercle. Ce soir la douche est prise directement dans le courant du cours d'eau, ce qui nous fait dire que la montagne a des yeux, car manifestement cela éveille de la curiosité, que nous trouvons un peu trop insistante.

La soirée une fois de plus sera un moment très agréable. La vue de notre promontoire sur cette vallée déserte fermée par un grand cirque de montagnes, une fois de plus nous met en présence de la beauté du Haut Atlas. Le regard ne se lasse pas de se déplacer le long des à pics de ce monde minéral. Lorsque le soleil plonge derrière ces sommets en fond de vallée, la roche de toutes parts s'illumine de couleurs qui donnent l'illusion d'un monde en fusion.

Nous quittons à regret notre nid d'aigle. Encore une demi-journée avant de retrouver la vallée principale et ses trains de trekkeurs. En y arrivant nous faisons halte sous un auvent rocheux. Notre cuisinier bien assis collé contre le rocher met en œuvre des marmites avec entrain. A vrai dire, nous sommes installés le long d’une large strate dont la lèvre supérieure est en surplomb et offre de ce fait une protection. La rivière nous invite à la baignade. J'en profite pour la remonter jusqu'à une cascade d'environ un mètre cinquante. J'assiste à un spectacle assez époustouflant. Au beau milieu de l'écume une petite truite de quatre centimètres essaie de remonter et se fait rejeter vers l'aval. Si l'on tient compte des dimensions, on pourrait imaginer un saumon de quarante centimètres essayant de passer une cascade de quinze mètres !

La gorge se resserre et des parois de grande hauteur donne un caractère austère au lieu. Haut perchées des restes de constructions en plein milieu d'une paroi nous intriguent. Ali nous dit qu'il s'agit des ruines d'une garnison portugaise qui s'était installée dans cet endroit reculé il y a plus de deux siècles. J'imagine l'impression d'éloignement que devaient éprouver les militaires envoyés en mission au fond de cette vallée. Un chemin en encorbellement après avoir passé un verrou, donne accès à un élargissement de la vallée.

Nous installons notre campement à Tarzount, au pied d'une falaise immense. Le panorama est impressionnant, on se sent écrasé. Bien évidemment mon esprit ne peut s'empêcher d'imaginer de belles lignes d'escalade le long de piliers aériens et de dièdres qui jaillissent presque jusqu'au ciel. Chaque soir, le lieu de campement est différent. Aucune lassitude ne s'installe. Bien au contraire l'envie que l'aventure continue est un souhait. Mais nous sentons que nous avons basculé dans la dernière partie de notre randonnée et que la fin se rapproche. Mais n'y pensons pas trop et profitons de ce spectacle en permanence renouvelé. Un énorme arbre abattu est étendu pratiquement dans notre bivouac. A-t-il été amené à cet endroit par la rivière en crue?

Au matin au sortir de la tente la vision sur cette falaise que j'ai pourtant regardée sous toutes ses coutures la veille, ne laisse pas de m'impressionner. Aujourd'hui nous allons progresser dans l'eau dans une gorge étroite de toute beauté. Nous quittons nos chaussures de randonnée, pour chausser soit des baskets ou des sandales. Ce qui est mon cas, mes chaussures spéciales canyon font merveille et permettent une marche aisée. Cette marche dans vingt à trente centimètres d'une eau courant à vive allure est un enchantement. Par endroits les parois sont si rapprochées que la pénombre n’est pas loin. De gros bombements nous surplombant nous cachent le ciel et nous donnent l’impression d’être dans une grotte. Je n’ose imaginer une crue dans ces coins, la hauteur des flots doit être gigantesque dans ces étroitures. Au milieu de la gorge, un chemin incroyablement escarpé escalade le fond d’un couloir presque vertical. Il s’agit d’un itinéraire emprunté lorsque le débit de l’eau ne permet pas l’utilisation du lit de la rivière.

D’un coup les parois s’écartent et permettent à la rivière de s’étaler le long d’une petite plage, sur laquelle une échoppe propose café et autres boissons ainsi qu’un assortiment de bijoux rudimentaires. Immédiatement nous sentons à une foule de détail que nous allons quitter le domaine de la haute montagne. A la halte de midi une nuée de gamins viennent nous voir. Ils sont habillés de vêtements éculés. Une petite fille de six ans porte sur son dos sa sœur de un ou deux ans et à aucun moment ne la posera au sol, malgré l’effort qu’elle produit.

Ce soir nous campons à Aguerzaka, village à 1750 mètres d’altitude. Les tentes sont installées dans l’enceinte d’un ancien édifice pratiquement disparu. Seuls en subsistent des restes de murs effondrés qui délimitent le périmètre de notre bivouac. Les environs immédiats, de toute évidence, servent de lieu d’aisance aux habitants du hameau. Il faudra faire attention si nous sommes amenés à circuler de nuit. Ali nous emmène chez le sage du village qui nous offre le café. Les montagnes autour de nous se sont affaissées et laissent la place à d’immenses moutonnements aux allures moins verticales. Ce lieu respire la sérénité, l’espace semble s’élargir, sans doute impression due au fait que les montagnes nous surplombent moins. Comble du luxe, il est possible de prendre une douche, et les filles vont se faire maquiller à la mode berbère. Ce soir encore au cours du repas ce sont chants et danse endiablées en tapant sur les habituels bidons et gamelles.

L’étape suivante se déroule dans une vallée qui s’élargit et des montagnes de moins en moins hautes. De grands bouquets de verdure et des villages qui deviennent d véritables petites villes sont les signes les plus évidents que nous n’allons pas tarder à quitter ces terres hautes de l’Atlas. Encore deux nuits sous tente et l’aventure prendra fin. Je pense que nous aurions aimé que cette aventure continue un peu plus. L’avant dernier soir un habitant du lieu nous propose sous le manteau un horrible alcool de noix, imbuvable. Un signe de plus nous annonçant la fin imminente du voyage, les téléphones portables passent. Les premiers appels vers les familles ont lieu, le charme va être rompu.

La fin de la dernière étape se passe sur une route goudronnée. Le bivouac est installé dans un coude de la route. Une belle fête va clôturer ces douze jours à travers le Haut Atlas. Une envie me prend de revenir parcourir les sentiers secrets de ces montagnes. Un projet fabuleux consiste en la traversée totale de la chaîne du Haut Atlas, cela nécessitant à mon avis un mois voire plus. Tout entreprise qui touche à sa fin doit déclencher l’envie de nouvelles aventures, pour éviter le petit coup de blues du au vide créé par l’accomplissement d’un rêve.
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Mon premier voyage au Maroc
Départ programmé pour le 2 décembre... 2005. Hé oui, cela fait un bout de temps que tout cela est arrivé, mais dans mon coeur, c'est encore hier ! Destination... MAROC, d'abord MARRAKECH, puis ESSAOUIRA.

Il fait gris et froid lorsque nous arrivons à Toulouse, mais nous sommes tellement contents que cela nous est indifférent ! Le hall de l'aéroport est déjà décoré pour les fêtes de la Noël et, comme des enfants, nous posons devant les guirlandes argentées.

Nous sommes accueillis chaleureusement par l'équipage marocain de la compagnie Atlas Blue. Nous avons choisi le côté hublot, nos amis sont assis derrière nous. Un peu de crispation et d'excitation au moment du décollage et puis la magie opère. Voir la terre d'aussi haut est un spectacle dont je ne me lasse pas. Quelques photos, avec juste un petit bout d'aile d'avion, pour éviter toute allusion à un quelconque trucage, de la ville de Toulouse qui s'éloigne à toute allure. Nous passons au dessus des nuages bas qui donnaient à la campagne un air si triste et montons à la rencontre d'un ciel tout bleu. Petit virage vers l'ouest ( je suis très attentive 😏) nous ne passerons pas au dessus des Pyrénées et nous dirigeons vers l'océan. En face de nous, il y a plein de choses appétissantes, une immense île flottante, des nuages pareils à de la crème fraîche en pleine émulsion... ou alors celle sublime d'un cappuccino géant ! Ah, on voit bien que j'ai été à bonne école avec mon mari pâtissier ! Puisqu'on parle de gâterie, voici que s'avancent dans l'allée, le steward et l'hôtesse. Ils poussent devant eux un chariot et nous dégusterons (Jean et moi), notre "première" corne de gazelle accompagnée du "premier" thé à la menthe : PREMIER, est le mot que je vais employer une multitude de fois ! Nous sommes un peu le "ravi" de la crèche : L'innocent, quoi ! Le voyage se poursuit sans incident et l'heure approche où notre avion prendra contact avec le sol marocain. Nous faisons le retour avec en pointe de mire, le minaret de la Koutoubia. Finie la quiétude ! Le brouhaha augmente au fur et à mesure que nous nous rapprochons de la ville. Infernal ! Des voitures de tous les côtés, des mobylettes, vélos, piétons, taxis, bus, à croire que tout Marrakech était de sortie. Jean filme cette cohue et c'est en "formation très serrée" que nous tenterons la traversée du boulevard. Ce soir, nous mangerons sur la place, mais dans un boui-boui de première classe ! Notre "table" a vue sur la "cuisine" et la "plonge" ! Le cœur est au bord des lèvres et le fou rire, au rendez-vous. Cela nous a donné l'occasion de faire du régime, difficile de finir l'assiette quand le cœur n'y est plus ! Il faut aller se coucher, demain départ pour Essaouira.-- LUNDI MATIN. Fouzia s'est chargée de la location de la voiture et nous avons rendez-vous avec elle sur la place. Ell nous conduit hors les murs à grands coups de klaxon énergiques. Il ne faut pas hésiter à s'en servir si on veut avancer ! Il n'y a que 178 kms jusqu'à Essaouira et nous décidons de faire une petite balade en montagne. Pourquoi pas les gorges de l'OURIKA ? Nous longeons les remparts de Marrakech et descendons vers le sud. La vallée de l'Ourika se trouve à environ une cinquantaine de kms de la ville. Nous traversons la plaine du HAOUZ, la route monte tranquillement, le plein d'essence a été fait. La voiture, dont le kilométrage est élevé, semble bien marcher. Cette promenade va servir de test. Pierre est au volant, Jean joue le co-pilote, les gazelles sont assises sagement à l'arrière. L'appareil à photo prêt à saisir une image insolite, nous sommes toutes les deux très attentives. Nadine a quelques difficultés à discipliner son mari, "moustache dorée" a décidé de conduire comme dans le Dakar. La route d'abord, les paysages ensuite. Pourtant il y a de jolis photos à faire : les couleurs ocre et rouge de la terre, les tapis mis en exposition ou à sécher au bord de la route, le torrent qui descend le long de la vallée, les montagnes de l'Atlas qu'on aperçoit de temps en temps. Sur la rivière, de fragiles passerelles relient quelques masures à la route. Comme il se fait gronder, Pierre finit par arrêter la voiture. Nous sommes à peine descendus du véhicule, que deux très jeunes enfants et un homme relativement âgé, se précipitent sur nous, quémandant une pièce. Nous fouillons nos poches et donnons dirhams et carrés de chocolat. Du coup, retour dans la voiture. Nos hommes rigolent en douce ! Route large et virage prononcé, mais les montagnes qui se détachent au loin sont tellement belles, que nous nous arrêtons un fois de plus. Nous étions pourtant avertis, c'est comme un mirage, on se croit tout seul et tout à coup surgissent d'on ne sait où, un gars en mobylette qui nous présente un plein panier de bijoux de pacotille, et deux enfants à pied, qui courent de toutes leurs jambes pour ne pas louper les touristes ! Eux, veulent nous vendre des fruits. Repli précipité dans la voiture. Nous décidons de ne plus nous arrêter jusqu'au village de SETTI-FATMA. Nous sommes attendus, là aussi. Il y a pléthore de guides sur le petit parking où nous sommes obligés de nous garer. Nous choisissons le plus proche de nous, il s'appelle RACHID. Il parle bien le français avec un petit accent rigolo. Il va nous conduire jusqu'à la troisième cascade (il y en a sept). C'est une promenade sympathique que nous ferons en sa compagnie. Nous traversons le cours d'eau sur un passerelle de troncs d'arbres et prenons le sentier qui nous fera grimper gentiment, mais sûrement jusqu'au but final de l'expédition. C'est un parcours ombragé où la présence de saules pleureurs et noyers, nous intrigue. Effectivement, ce sont les Français qui ont amené les plants de ces arbres, il y a de nombreuses années. Les hommes montent gaillardement et Rachid est plein d'attention pour les fragiles gazelles. Une marche trop haute, une pierre glissante, il est là qui nous tend la main, nous"calme le cœur" (nous rassure, et nous indique les bons passages. Chaque détour du sentier nous réserve une surprise. D'abord, les restaurants qui jalonnent le parcours, leur terrasse sous les arbres avec le sol jonché de tapis, poufs et tables basses, tajines qui mijotent sur de petits murs, réfrigérateur "berbère", de simples étagères où, avec un système ingénieux, les bouteilles de soda sont rafraîchies naturellement par de l'eau "de source", qui n'est autre que celle du ruisseau ! Plus loin, un marchand de bijoux et autres objets, eux aussi installés sur des tapis à même le sol, nous fait des offres alléchantes. De temps en temps, nous faisons une petite halte pour "casser la fatigue" comme dit si joliment Rachid. Nous en profitons pour lui poser des questions sur sa famille, son métier, son village. A la question curieuse, mais combien féminine de Nadine : "combien as-tu de femme, Rachid ?"... il répond en éclatant de rire : "Oh, une seule, ça suffit, autrement il y a trop de soucis !" Les cascades ne sont plus très loin, nous les entendons, les pierres sont plus glissantes par endroit et Nadine profite de la sollicitude de notre guide, pour accaparer sa main ! Photos, bien entendu, et descente vers le village.

Fin de ce récit et suite sur une autre page intitulée "ESSAOUIRA la blanche". Merci des gentils messages reçus, je vais essayer de m'appliquer pour la suite. essaouira, la blanche. -- Ceci est la suite de mon premier récit : "PREMIER VOYAGE AU MAROC". -- Nous sommes toujours en décembre 2005, nous venons de quitter Rachid, notre gentil guide dans les gorges de l'Ourika. Cette fois-ci, nous ne nous arrêterons plus et reprenons la direction de Marrakech. Il faut arriver avant la nuit à ESSAOUIRA. De Marrakech à Essaouira, la longue route se déroule devant nous, la circulation assez dense de camions et autres engins n'autorise pas les fantaisies. Pierre se consacre à la conduite de notre Palio blanche, et pour une fois, les gazelles ne parlent pas trop fort ! De grandes étendues inhabitées et puis, au bord de la route, une grande bâtisse pratiquement recouverte de tapis. Nous approchons de CHICHAOUA. La traversée de SIDI MOKTAR nous surprend. Que s'est-il passé ? La rue principale est défoncée, des tracteurs, camions et autres engins de travaux sont sur le bord de la route. Les gens ont des pelles et des pioches entre les mains . Un peu plus loin, dans le lit de l'oued, creusé profondément, des carcasses de voitures, les unes sur les autres, nous donnent à penser qu'il y a dû y avoir de terribles inondations. Nous en aurons la confirmation en parlant de cela avec les gens de Essaouira. Nous nous sommes attardés, et préférons donner un coup de fil à Brahim, notre prochain hôte. La nuit est tombée depuis un petit moment, la destination est proche, les remparts de la ville sont éclairés et nous trouvons une place de parking sur une grande place. Un dernier coup de fil et Brahim est là, tout engoncé dans un vieux manteau taché, un grand sourire sur les lèvres. Il va nous conduire jusqu'au riad. Un jeune garçon met nos bagages dans une charrette à bras, nous passons une des portes de la ville, Bab Marrakech, voilà qui est facile à retenir ! Un enchevêtrement de ruelles mal éclairées, un sol aux pavés inégaux, nous cheminons tant bien que mal derrière eux. Ils s'arrêtent devant une porte peinte en jaune, un tour de clé et nous pénétrons dans une minuscule entrée d'où part un escalier raide aux marches usées et de hauteur inégale. Après notre escapade en montagne, cette ascension est rude à nos jambes. Nous contenons un petit rire en passant devant une porte bleue sur laquelle est écrit en lettres noires "twalit turk". Nous espérons quand même que ce ne sont pas les toilettes communes de l'hôtel ! Comme tous les riads, la maison est construite autour d'un patio. Celui-ci est tout étroit, garni de plantes vertes qui grimpent, cherchant la lumière. Nous sommes au second étage, les murs sont blancs, les portes, volets et fenêtres bleus. Des ouvriers font des travaux de ravalement et de peintures. Brahim nous explique qu'il profite de la saison creuse pour arranger de riad acheté il y a quatre ans. Le décor est tout à fait différent de celui que nous avons connu à Marrakech. Les chambres sont meublés à la spartiate, tout est parfaitement propre, mais il fait froid, un peu humide et j'ai un petit coup de blues. Pas de tapis sur le sol, mais une grosse couverture sur le lit me rassure, je ne vais pas avoir froid et contrairement à Marrakech, nous pourrons dormir dans le même lit . (Jean et moi, of course ! 😉) Nous remplisssons la fiche d'entrée et partons à la découverte de la ville. ESSAOUIRA, "ES AOUIRA", la "bien dessinée". Ses rues larges et rectilignes ont été dessinées par un ingénieur français, prisonnier du sultan Sidi Mohamed ben Abdallah. ( c'est fou ce qu'on paraît savant dès qu'on consulte le guide 😏) C'est par la Porte de la Marine que l'ingénieur commença. Puis il ceignit la ville de remparts et dessina les rues rectilignes. Nous trouvons sans peine l'une des grandes rues principales. Les magasins sont ouverts, les gens que l'on croise, d'un calme qui nous surprend après la folle ambiance de Marrakech ! Nous sommes fascinés par la tenue vestimentaire de la plupart des femmes. Elles portent le lourd "haïk" blanc qui, de dos, les fait ressembler à notre vierge Marie. Beaucoup d'hommes, eux, portent la longue robe brune à capuchon. On se croirait dans un péplum !

Miracle, nous passons devant les devantures et personne pour nous forcer la main ! Les prix sont affichés dans la plupart des boutiques, il sera sûrement plus facile d'acheter ici, sans tomber dans les marchandages dont ils sont si friands et qui me gênent terriblement. Nos pas nous conduisent petit à petit vers le port. Une multitude de mouettes s'envolent bruyamment à notre approche pour se poser quelques pas plus loin. le soleil ne diffuse plus qu'une faible lumière et il est difficile de faire des photos. Les barques bleues sont là, dans la pénombre, elles se balancent doucement et semblent nous dire, "à demain". Juste à côté de la Porte de Mogador (ancien nom d'Essaouira), se trouve un petit restaurant. Les portes sont grandes ouvertes et le menu alléchant. Nous nous retrouvons tout naturellement assis devant des tables basses, sur les banquettes qui courent le long des murs. Le maître des lieux nous accueillent avec effusion, nous donnant l'impression d'être déjà de vieilles connaissances, attendues avec grande amitié ! J'arrive à trouver le sommeil malgré le froid qui règne dans la chambre. Nouvelle surprise au réveil, pas d'eau chaude pour la douche. On saura, trop tard, qu'il aurait fallu demander la veille ! La toilette est vite expédiée au lavabo, le petit déjeuner pris sur la terrasse, un étage plus haut, nous réconciliera avec la famille de Brahim. Le bon pain rond et croustillant nous attend avec de la confiture et du beurre qui, cette fois, sied à notre palais. Qu'est-ce qu'on peut être "bourge" quelquefois ! 😏 porte Bab Marrakech Appareil photo en main, nous sortons de la médina par la porte Bab Marrakech et nous filons tout droit vers la plage. Pas pour nous baigner, non ! Il ne faut pas exagérer, il fait beau, le soleil brille mais la petite laine est de rigueur. C'est une immense plage de sable fin. La lumière est superbe. La mer vient de se retirer, laissant derrière elle suffisamment d'eau pour que les nuages et les oiseaux s'y reflètent. Magnifique ! Quel beau miroir !



Nous redécouvrons le port, cette fois, au grand jour. Les bateaux de pêche sont à quai, les pêcheurs déchargent le poisson, principalement des sardines. Là aussi, on voit les difficultés qu'ils doivent rencontrer. Les bateaux tiennent la mer, mais ils montrent des signes évidents de vétusté, la rouille est omniprésente et même si les couleurs sont belles, elles ne cachent pas la misère sous-jacente. Sur le port, les charpentiers construisent de lourdes embarcations selon les traditions ancestrales. Ils utilisent des bois d'acajou et d'eucalyptus. Plus loin, des pêcheurs retapent leurs filets aux couleurs surprenantes : bleu, beige, violine, vert, ocre, orange. Les jolies barques bleues se balancent au gré de la houle, bien à l'abri de la petite rade. Des femmes vendent en très petite quantité, des poissons simplement posés sur des bouts de cartons, à même le sol. Les mouettes se disputent les morceaux de viscères laissés par terre et s'envolent en protestant vigoureusement lorsqu'on les dérange. L'animation est grande et bon enfant. Nous profitons du spectacle avec beaucoup de plaisir et sommes conscients de la chance d'avoir, au moins financièrement, une vie plus facile. Je surprend Jean à maintes reprises, à sacrifier à la "sadaka", l'aumône que tout bon musulman doit à son prochain. Il a souvent le cœur gros en voyant toutes ces personnes âgées, qui, sans un mot, le regard un peu fixe, tendent la main aux passants. Nous serons les témoins de la charité de certains commerçants. Celle en particulier, d'un marchand de poissons frits, qui le soir, puisait largement dans ses réserves. La vie à Essaouira est largement plus reposante que celle des grandes villes. Nous avons sympathisé avec le jeune marchand de babouches dont nous avons fait baisser fortement le stock. Nos deux garçons, les enfants et petits-enfants de Nadine, seront chaussés pour un moment ! Lorsque nous passons devant sa boutique, il nous salue chaque fois avec enthousiasme. Les sollicitations des boutiquiers sont nettement moins pressantes, il y a bien encore celles des "apothicaires" qui veulent vendre à nos maris à tout prix (et à tous prix), une poudre aphrodisiaque ! Nos "gazous" déclinent l'offre vigoureusement, ce qui fait rire les marchands. La bonne humeur est de mise dans ce pays, je crois que c'est une des choses qui nous marquera le plus . Il fait bon se promener au soleil, nous repartons en direction de la Porte de la Marine. Plus loin, une rampe d'accès mène à la Sqala de la Casbah dont la tour crénelée surplombe l'océan. Il y a une rangée impressionnante de canons dirigés vers le large. Heureusement, j'apprends qu'ils n'ont jamais servi. Une jeune femme, un bébé dans les bras, expose de minuscules aquarelles. Je ne résiste pas à la tentation et j'ai souvent une pensée pour elle, chaque fois que je les regarde à la maison. Nous prenons le temps de flâner, d'un côté l'océan, de l'autre les petites rues qui, en contre bas, bordent les remparts. plus loin, dans la ville, la vue d'une petite place au fond d'une ruelle attire le regard de Jean. Elle est entourée d'arcades sous lesquelles, plein de petites boutiques sont ouvertes. Poussant ses investigations plus loin, Il découvre le marché aux poissons. Plusieurs étals offrent à la convoitise des gourmands, de superbes sardines, congres, crevettes et autres produits de la mer. Un homme enseigne à Jean, la façon de procéder : On choisit le poisson sur n'importe quel étal, on le paye à qui de droit et, muni d'un poche en plastique dans laquelle sont placés nos achats, on se dirige au fond du souk où un jeune homme fera cuire tout ça dans un four archaïque mais qu'il a l'air de maîtriser parfaitement. Extra...le poisson cuit à merveille, l'accueil, l'ambiance et l'authenticité du moment que nous vivons ! Tout de blanc vêtus, de drôles d'instruments dans les mains, des musiciens font leur numéro. Je leur donne quelques dirhams et les voilà tout près. Comme Jean les filme, ils attaquent plus vigoureusement leur morceau, c'est rigolo. C'est l'heure de l'addition, nous sommes sidérés par la modestie de la somme qu'ils demandent : 2€40 pour la cuisson, le poisson que nous avons acheté, était déjà d'un prix dérisoire, nous sommes surpris. Pour ne pas nous sentir trop coupables, nous nous fendrons d'un bon pourboire. Dans une petite rue, le long des remparts, des ébénistes travaillent le bois de thuya. Des artisans en marqueterie font des incrustations de citronnier, de nacre et d'argent. Leurs ateliers sont minuscules et leurs outils rudimentaires. Tout cela sent bon et Nadine "sniffe" dans tous les pots. Préférant acheter chez l'artisan, nous repartirons avec notre cargaison de petites boîtes, de petits pots. J'ai la chance de dénicher sur une étagère, une mignonne fatma dont le bois brun et luisant, est doux au toucher. Le menuisier se prête gentiment à la séance photo et poursuit son labeur. Nous l'observons un moment, plein d'admiration. Il travaille tantôt sur les racines de thuya, tantôt sur sur le tronc. Les objets présenteront soit une surface d'un brun uni, soit plus ou moins veinée. Ses confrères montrent la même intensité au travail, il faut dire qu'ils doivent fournir les nombreuses boutiques, plus loin. Nous retrouverons dans celles-ci, les pieds de lampes, les encadrements, les plumiers et jouets de bois, les boîtes rondes ou carrées, bombées ou plates, petites ou grosses, toutes aussi tentantes les unes que les autres. Il est 18h lorsque nous repassons par la bab Marrakech. Nous sommes hors la médina et un petit crochet nous amènera par hasard, devant une église. Surpris, nous poussons la lourde porte. Cette église, dédiée à la Vierge Marie et à son Assomption, est le témoignage de la présence pendant plusieurs siècles, de la chrétienté en cette ville. Nous sommes accueillis par "FLANE" (Mr X ou un tel, en marocain), une sculpture marocaine, représentant un mendiant aveugle, un pauvre, un anonyme, celui que l'on peut voir devant la porte des mosquées et qui tend la main. C'est avec beaucoup d'émotion que nous admirons cette humble silhouette filiforme et la représentation de la Vierge et de son Enfant. Nous sommes saisis par l'atmosphère si particulière de cette église dans laquelle se mêlent si intimement, foi chrétienne et culture marocaine. Les statues, les tapis sur le sol, la senteur du thuya, l'autel et la croix ornés de marqueteries, tout cela nous surprend. Essaouira est la seule ville à posséder une église dont les cloches sonnent tous les dimanches à 10h ! L'autel la Vierge et l'Enfant Flane Revenons à des préoccupations plus épicuriennes ! Ne serait-ce pas l'heure de manger ? Non, on ne pense pas qu'à ça !... d'ailleurs on va faire du sport dans très peu de temps, puisque notre montre n'affiche pas la même heure que celle qui carillonne dans notre estomac ! Ce sera plutôt main dans la main que nous déambulerons lentement sur le sable. De grandes quantités de branches jonchent la plage. Charriées par une rivière jusqu'à l'océan, le courant les a rejetées sur la berge. Les gens les ramassent et s'en servent de combustible. Rien ne se perd ! Le soleil et assez bas et l'horizon a de magnifiques couleurs. Les mouettes jouent les stars devant notre objectif et piaillent de toutes leurs forces. Spectacle garanti et magique sur le port : Le soleil et assez bas et l'horizon a de magnifiques couleurs. Les mouettes jouent les stars devant notre objectif et piaillent de toutes leurs forces. Le battement effréné de leurs ailes fait un bruit d'enfer... les oiseaux de Hitchcock sont là ! En premier plan, un homme vêtu de son burnous, le capuchon sur la tête. Une femme de dos, le haïk blanc joliment drapé nous font plonger deux millénaires en arrière. Plus loin, le spectacle dantesque de la tour crénelée en contre jour, du soleil en train de plonger dans l'océan illuminant de ses derniers feux la petite île de Mogador, nous laisse pantois. Nous cherchons à voir le "rayon vert", que ne peuvent percevoir que quelques veinards, et mitraillons avec passion cette superbe scène. Derrière nous, les remparts sont comme éclairés de mille projecteurs. Mais quel bonheur d'être là ! Bien entendu, la poésie ne remplissant pas les ventres, nous partons à la quête de l'endroit où nous pourrons assouvir une petite fringale. Et bien ce sera la seule fausse note dans notre séjour : décor à vous faire cauchemarder et repas pas à la hauteur de nos attentes. Pas grave ! Déjà mercredi, comme le temps passe vite ! Une petite escapade est prévue, emplettes au centre ville-- pain, sardines en boîte, clémentines, tomates, eau minérale-- Il y aura pique nique sur une des plages entre Essaouira et Agadir.

P8, la route côtière qui descend sur Agadir. Au bout de quelques kilomètres, nous bifurquons en direction de la plage fort prisée par les surfeurs, SIDI KAOUKI. Deux hommes attendent les touristes, le premier, un magnifique chamelier et son dromadaire, le second, un magnifique "casse-pieds", les bras remplis de colliers, bracelets et bagues en métal! Contre quelques dirhams, nous pouvons poser devant le dromadaire. Quant au second bonhomme, il arriva à nous gâcher la promenade sur la plage, tant sa présence auprès de nous est envahissante ! Nous avons beau refuser ses avances, ne plus le regarder, ne plus lui parler, rien à faire ! Il nous suit tout le temps et, énervés par son insistance, nous finissons par fuir cette plage. Il y a là une "koubba", chapelle élevée sur la tombe d'un marabout. Le tombeau à coupole blanche est accolé à une tour ancienne, en partie ruinée.

Tant pis, nous nous en allons, pestant contre ce pauvre homme qui n'a pas réussi à nous soutirer une seul dirham ! Non, mais ! Le paysage défile et nous sommes à l'affût. La route est bordée d'arganiers, cet arbre miracle, dont le bois sert à fabriquer du charbon, les feuilles à nourrir les chèvres. Les noyaux rejetés par ces dernières, sont recueillis par les bergers. Ils en extraient l'huile d'argan qu'on utilise en cuisine. Lorsqu'elle est dénaturée, on s'en sert pour l'éclairage. Cette huile est raffinée d'une autre façon lorsqu'elle devient un produit de beauté.( Ben dis donc, j'espère que tout ce que j'écris est vrai, autrement, il y en a qui vont se moquer de ma naïveté. Je crois tout ce qu'on me dit ! 🤪) Nous avons entendu parler de la façon dont les chèvres peuvent aller chercher leur pitance, haut dans les arbres. Nous sommes déçus et pensons à une galéjade. Il y a des chèvres, il y a des arbres, mais pas de chèvres en haut des arbres. Tiens, il y en a une sur la première branche d'un arganier. Vite, photo. Et puis au détour du chemin, un "arbre à chèvres", deux "arbres à chèvres" ! Fantastique ! Elles broutent les feuilles les plus hautes, leurs petits sabots solidement accrochés aux branches, c'est rigolo ! Le petit chevrier qui les garde, n'a guère plus de huit ans. Il est beau avec ses boucles brunes et ses grands yeux noirs. Il n'a pas la chance d'aller à l'école et fait un travail d'adulte. Nos poches sont pleines de bonbons achetés à Essaouira, quelle chance. Nous traversons des zones de culture où les hommes poussent des charrues aux étranges attelages. Un dromadaire avec un âne, un âne avec un cheval, de temps en temps, deux dromadaires ensemble. Un panneau indique la plage "TAFADNA". C'est par là que nous allons pique niquer. La route descend rapidement en direction de la plage. Elle est immense et fait penser à celles des Landes. Le village de pêcheurs, bleu et blanc, est bâti à même le rocher, des arcades laissent voir l'intérieur des habitations et de petits restaurants où Jean voudrait bien nous entraîner. Pas question, ils sont en train de cuisiner des "noubias".. des "loubias"... bref, des tripes ! De petites barques vont et viennent, leur chargement est transporté ensuite par des carrioles tirées par de petits ânes. Ils pêchent surtout la dorade, le merlan et le calamar. Il fait beau, il fait chaud, nous recherchons un coin d'ombre dans les rochers et entamons avec appétit, nos provisions. Enfin un endroit sans importun ! Un vrai miracle !



Ce soir, nous mangerons, dans un petit restaurant, une succulente "harira", accompagnée d'un tajine au poulet, pruneaux et amandes. Nous finirons bien sûr par une tasse de thé à la menthe, servie par un jeune homme si grand, que j'ai dû mettre mon appareil de photo de travers pour pouvoir l'avoir sur la pellicule. Et ça le faisait rire, à ce grand gaillard ! La fatigue se fait sentir, il faut se coucher tôt, demain nous repartons à Marrakech. Jeudi matin : Nous sommes le 8 décembre et c'est la dernière promenade dans les rues de la ville. Jean juge préférable d'acheter un sac de sport, car nos achats de dernière minute, risquent de ne pas contenir dans nos valises. Sacrées gazelles ! Nous traînons un peu les pieds et regrettons de partir. Nous admirons l'ingéniosité et l'habileté de ces artisans. Un jeune homme fabrique en un tour de main, des objets insolites, à partir de pédaliers, de chaîne, de roues, de morceaux de fil de fer, de câble. Il visse, il perce, il cloue et trouve une fonction à tout ce qui lui passe entre les mains. Il expose sur le trottoir, dans un assortiment hétéroclite, le produit de son inventivité. Cet immense jeu de mécano nous laisse perplexes et, en même temps, admiratifs. Les épiciers ambulants ont étalés leurs marchandises : les légumes, les fruits sont bien tentants. Nous prenons plaisir à observer le comportement de leurs clients, puis décidons d'acheter des mandarines. Inutile de chipoter, il faut prendre, soit un demi-kilo, soit un kilo de fruits, car ils ne disposent pas d'autre unité de poids que ceux-là !Nous sommes gourmands, pas de problème. Une bouteille d'eau, du pain et à nouveau, des sardines. Nous voilà fin prêt pour un autre pique nique. Petit coup de chiffon sur le pare brise plein de poussière, c'est Jean qui prend le volant. Nous sommes un peu mélancoliques de quitter Essaouira. Cette ville de marins et d'artistes, cernées de remparts, ouverte sur la mer, aux maisons blanches et bleues, nous a véritablement enchantés. Nous nous arrêtons dans un virage et prenons une dernière photo d’elle, toute blanche dans la lumière du matin. petit repas pris sur le pouce, sur une place de village, les tomates et le pain que nous n'avons pas mangés, seront donnés à un pauvre homme qui mendie sur un banc. Ce sera notre "flane" à nous. Nous pratiquons la "sadaka" avec application, il est vraiment impossible de rester indifférent à ce qui se passe autour de nous. Un verre de thé à la menthe dans un café "chic", un arrêt pipi dans des toilettes "dernier cri", en voiture et direction Marrakech. L’entrée dans la ville est laborieuse, heureusement, Jean au volant, ne s'en laisse pas compter et conduit dans la cohue comme un chef. Nous avons rendez-vous avec Fouzia qui doit récupérer la voiture. Nous retrouvons avec plaisir le riad et la petite Raja, aussi mignonne qu'il y a trois jours. Les rues de Marrakech sont aussi bruyantes et animées, mais nous y replongeons allègrement. Le restaurant "El Badi" nous accueille pour la dernière fois et le tajine que nous dégustons est à la hauteur de notre appétit. Promenade digestive sur la place des ferblantiers où nos gazous se font prendre en photo, le bras levé bien haut, la théière bien en main, en train de se servir une tasse de thé fumant. Vendredi matin, déjà ! Il faut remplir nos sacs, libérer nos chambres. L'avion ne part qu'à 16h, nous laissons nos bagages à Raja, et les récupérerons plus tard. Une dernière visite dans les souks s'impose. Nous n'avons pas fini nos achats ! 😏 Les hommes sont patients et nous accordent la possibilité de dépenser nos derniers dirhams. Nous faisons les gourmandes, nous hésitons, nous regardons de tous les côtés cherchant l'inspiration. Une vraie caverne d'Ali Baba devant nous ! Le mur, au fond de la pièce, est tapissé d'une quantité incroyable de petites théières de fer blanc. A droite, des pots de toutes tailles, de toutes couleurs, sont disposés sur le sol et sur plusieurs étagères. A gauche, des tajines aux couleurs chaudes, des assiettes, des pots de faïence bleue, des poignards dans de jolis étuis brillants. Au plafond, des lanternes aux vitres multicolores. Le marchand nous surveille du coin de l’œil et nous invite à entrer : "pour le plaisir des yeux". Il nous recommande de "garder le sourire", même si nous ne faisons pas affaire avec lui. A mon avis, il a compris que nous allons nous laisser tenter et doit déjà calculer ! Nous furetons avec des airs de conspiratrices, en essayant de ne pas prendre un air trop intéressé, tout en aiguisant notre regard pour trouver dans ce capharnaüm, le petit truc qui nous fera flancher ! Il doit se marrer, le marchand !... Ce n'est pas "un truc", mais beaucoup de petits objets qui seront emballés à la vitesse d'un prestidigitateur, dans un modeste papier brun. Voilà qui va bien remplir le sac que Jean a acheté. Les gazous, généreux, passent à la caisse, le marchandage n'a pas été long, Jean ayant dévoilé un peu trop vite le montant de la cagnotte ! Tant pis, nous avons l'impression d'avoir les plus belles choses de Marrakech dans nos mains. Fouzia nous attend, un taxi va nous amener à l'aéroport. Un pincement au cœur en quittant notre gentil guide, mais les formalités d'embarquement chassent vite notre spleen. Nous voici dans l'avion, un dernier regard sur la Menara et son oliveraie que nous survolons, une dernière photo aérienne de Marrakech, et nous prenons très vite de l'altitude. Le ciel est dégagé, la nuit tombe vite et le survol du détroit de Gibraltar et de l'Andalousie est un spectacle de toute beauté. Ce n'est qu'un scintillement de lumières multicolores, semblables à des millions de guirlandes de Noël. Les Pyrénées sont cette fois visibles et nous les découvrons avec émotion, comme si nous étions partis depuis des siècles! Toulouse est bientôt en vue et c'est le froid qui nous accueille sur l'aéroport. -- J'ai écrit ces "quelques" lignes, un mois après être revenue du Maroc. Il m'a fallu un certain temps pour me défaire de l'envoûtement dans lequel ce pays m'a plongé. Je crois que je vais garder longtemps au fond du cœur, le sentiment d'avoir vécu quelque chose d'exceptionnel. Je n'oublierai pas de sitôt, Marrakech et sa frénésie de vivre, Essaouira la calme ville bleue et blanche, les beaux costumes traditionnels, tout droit sortis de l'ancien Testament, les contacts amicaux et chaleureux avec les gens du pays, les apothicaires et leurs produits miraculeux, les petits ânes tirant vaillamment des carrioles trop lourdes, les palais visités aux légendes dignes des "mille et une nuits", l'appel du muezzin qui nous a fait sursauter plus d'une fois, les jardins remplis de roses, le paradis qu'est le jardin Majorelle, les épices colorés aux senteurs envahissantes, les délices de leurs pâtisseries au miel, toutes ces couleurs merveilleuses, le brouhaha continue dans les souks et surtout, surtout.... les appels aux "gazelles", dont je ne me suis pas lassée ! --La preuve, nous y sommes repartis en décembre 2006. Cela fera l'objet, d'un autre récit.... Faut bien occuper les temps libres que laisse la retraite ! 😕😉😄
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Partir visiter Essaouira au Maroc
j'aimerai visiter le maroc; durant l'année 2008, avez des conseils à me donner, quelle est la meilleur période, en fait j'aimerai faire marrakeche et essaouira, je n'aime pas les hotels, j'aime les voyages improvosés, et dormir chez l'habitant, si je trouve un bon plan à partir de janvier février çà serai bien, car j'aurai aimé en décembre mais je part à tamenrasset en algérie...... si vous avez des propositions faites moi signe ps: je joue de la musique gnawi, j'aimerai visiter les souk de essouira pour acheter un nouveau gumbri, le mien je l'ai acheté en algérie donc, j'aimerai comme même découvrire le marroc, non il faut que je découvre le maroc
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Marrakech, nous revoilà!
Vol sans histoires, survol de l’Espagne plus agréable que l’an passé puisque nous avons la chance de voyager par temps clair. Quelques photos surexposées ou lointaines de la terre qui défile sous nos pieds et nous voilà arrivés. Aéroport de la Menara, Marrakech. Tout le monde descend ! Lilou poursuit la BA qu’il a commencée à pratiquer dans l’avion, auprès d’une vieille dame. Il l’aide à transporter ses bagages et à monter dans la navette qui nous amène vers le poste de douane marocain. Nous n’avons pas longtemps à attendre, notre gentille Fouzia est là, deux bouquets de roses dans les mains. Nous tombons dans ses bras, quel plaisir de la revoir et quel soulagement ! Un minibus nous transporte tous les cinq jusqu’à la ville et l’entrée de la médina, il nous dépose devant un collège où une multitude d’adolescents joue, rie et se bouscule. La rue est poussiéreuse, bruyante, remplie de gens qui nous regardent curieusement. Nous sommes un peu crispés et le regard d’Huguette et de Michel, nous rappelle l’effroi que nous avions éprouvé lors de notre première visite à Marrakech. Très vite nous comprenons qu’il n’y a aucun danger à se trouver là, mais la rue que nous empruntons pour accéder au riad Massaoud n’est pas très engageante, elle non plus !

Aussi, lorsque la mignonne Fatima apparaît sur le seuil en nous ouvrant la porte, nous éprouvons une grande joie. Son sourire éblouissant et sa façon de nous accueillir nous font chaud au cœur. Nous découvrons le petit paradis dans lequel nous allons passer trois nuits. Encore quelques formalités et Fouzia, après m’avoir donné les vouchers qui nous permettront de voyager d’une ville à l’autre sans problème, nous propose un extra que l’on ajoute avec enthousiasme au programme. Demain soir, dîner spectacle chez Ali où nous pourrons assister à la fameuse Fantasia. Elle sera notre chauffeur et notre mentor. Super ! Visite guidée du riad. Il se compose de cinq chambres et d’une suite. Nos moyens ne nous permettant pas de fantaisie, ce seront bien sûr les chambres qui auront notre préférence ! Elles sont toutes mignonnes, bien décorées dans l’esprit marocain. Les salles de bain sont minuscules et astucieusement agencées. Le lavabo et robinetterie en cuivre, les miroirs et les belles portes de bois, les petits meubles en fer forgé et la couleur des tissus, tout cela concourt à notre ravissement. La nuit est déjà tombée, le patio que l’on surplombe est légèrement éclairé. On devine la fontaine au centre, sous le palmier. Vite, un brin de toilette, Michel et Huguette ont hâte de découvrir la fameuse place Djemaà el-Fna. Le riad est situé dans le quartier Laârouss au nord des souks et pour atteindre la place, nous apprenons qu’il faut les traverser, mais que leurs portes ferment à 21h. Devant la perplexité du parcours et effrayés à la pensée de ne pas retrouver notre route dans la soirée, nous optons pour un chemin plus long mais plus sûr. Ce sera donc la Koutoubia, la belle, la magnifique mosquée que nos amis ont très vite le plaisir d’admirer. Elle est là, majestueuse, impressionnante, se détachant sur le ciel étoilé et tellement auréolée de lumière, qu’elle fait pâlir d’envie ce minuscule croissant de lune qui s’obstine à rester à ses côtés. Les flashs des appareils photo crépitent et nous essayons nous aussi de garder en mémoire cette belle image. La circulation est dense, le concert de klaxons omniprésent. Les gens se pressent et semblent aller dans la même direction et nous, nous essayons de suivre tant bien que mal le rythme. Les calèches sont alignées le long de la place De Foucault attendant d’éventuels clients. De l’autre côté de la route, le superbe complexe hôtelier du Club Med attire tous les regards. Les vigiles, à l’entrée, surveillent la « multitude », et semblent considérer d’un œil goguenard les « fauchés » qui ne peuvent accéder à ce luxe. Des affiches placardées un peu partout, des oriflammes voletant au vent, un écran géant plus loin, nous rappellent que le festival international du cinéma a élu domicile à Marrakech. Nous comprenons mieux l’affluence de tous ces gens et leur empressement à se diriger vers cet endroit. Les serveurs s’empressent autour de nous, ils ne veulent pas perdre leurs clients et essaient de nous vendre un maximum de plats. Légumes frits, brochettes de viandes assorties, pain rond et eau minérale composent notre repas. Un petit thé à la menthe clôture la prestation. Les marchands de fruits secs et de jus d’oranges postés tout autour de la place essaient à leur tour de nous attirer dans leurs filets. Difficile de se promener sans être agrippé par les uns ou les autres. Difficile aussi de se sentir l’âme tranquille devant les jeunes femmes habillées misérablement, et qui s’accrochent à nos pas en mendiant une piécette d’un regard implorant. Difficile de ne pas être ému par ces jeunes garçons qui viennent chercher leur pitance dans les restes que les clients ont laissés dans leurs assiettes. Difficile de détourner les yeux de toute cette détresse. Mais en même temps, on a l’impression que tous ces mondes se côtoient dans une entente très fraternelle. Les uns tendent la main, les autres donnent sans retenue. Et la musique qui est toujours là, à donner un rythme échevelé et irréel à ce que l’on voit autour de nous. Nous sommes comme saoulés par le bruit, les odeurs, les mouvements de la foule qui va et vient, nous changeons de direction sans savoir trop où diriger nos pas et la tête nous tourne de toute cette frénésie ! Les yeux de Michel et Huguette sont grands ouverts sur cet environnement hétéroclite. Les charmeurs de serpents nous font reculer, les porteurs d’eau d’opérette attendent le client pour la belle photo.

Nous commençons à saturer et n’aspirons qu’à une chose, retrouver la quiétude de notre logement. Une pression sur la sonnette de la porte d’entrée alerte Fatima. Aussi guillerette que dans l’après-midi, nous l’entendons dévaler l’escalier et crier-« Je suis là ! ». Effectivement, elle nous apprendra qu’elle ne sort pratiquement jamais du riad et qu’elle est toujours à portée de voix de ses patrons et des clients ! Drôle de vie que mène cette jeune fille ! Originaire de Fès, elle vit loin de sa famille et n’a pas beaucoup de contact avec l’extérieur. Son salaire est des plus minces et c’est une famille marocaine qui s’occupe de gérer cet endroit au bénéfice de la propriétaire qui elle, est Belge. Elle parle difficilement le Français mais s’exprime suffisamment bien pour que nous nous comprenions. Nous restons perplexes devant certains mots et les quiproquos qui en découlent nous font rire aux éclats. Ce qui ravit notre mignonne hôtesse ! Le voyage en avion, le dépaysement, le bruit sur la place Djemaà el-Fna nous ont littéralement vidés. Nous n’avons pas la légèreté de Fatima lorsque nous nous lançons à l’assaut de l’escalier qui mène au premier étage. La porte de nos chambres est munie d’un verrou impressionnant. La clé qui va avec, l’est tout autant ! Quelle discrétion pour entrer dans notre appartement ! On retrouve le même verrou sur la porte de la salle de bain. Décidément, on ne serait pas étonné de trouver une ceinture de chasteté dans les tiroirs de la commode ! Pourtant le lit a l’air bien accueillant ! Demain, il y a tellement de choses à faire qu’une bonne nuit de sommeil sera la bienvenue ! Le muezzin est fidèle à son poste. Ses appels à la prière nous réveillent à 6h30. Nous sommes assez loin de la Koutoubia, il doit y avoir une autre mosquée dans le quartier. Nous paressons encore une heure, au chaud sous les couvertures, le petit déjeuner n’étant servi qu’à 8h.Nous le prenons dans le petit salon marocain, sous la terrasse qui donne sur le patio. De grands rideaux servent de séparation avec la cour et suffisent à peine à atténuer le petit air frais qui s’y engouffre. Nous sommes bientôt en décembre, les matinées et les soirées sont froides, même au Maroc ! Nous découvrons avec la lumière du jour, le charme du riad. La fontaine au centre et celle qui est contre le mur. Fatima nous a gâtés. Ses crêpes sont excellentes ! Nous consultons le plan de la ville et optons pour une immersion dans les souks qui sont tout proche Et voilà ! Gazelle, Gazou, Moustache…fusent à nouveau ! Il me semble que c’était hier ! On se balade le nez au vent, on rit et essaie de ne pas se laisser tenter…déjà ! Bien entendu, nous craquons, enfin, Huguette et moi ! Pour une jolie pièce de métal, ah voilà, je me souviens, un diffuseur de parfum ! Le commerçant a l’air honnête et s’il ne l’est pas, en tous les cas, il est fort sympathique ! Ce qui nous suffit amplement pour justifier cet achat ! Les garçons rigolent, surtout Lilou qui connaît bien sa « Guichou » ! A mon avis, il a intérêt à avoir les poches pleines de dirhams ! Cela ne fait qu’un quart d’heure que nous avons commencé « les courses » ! Nous nous dirigeons vers le palais de la Bahia. Nous l’avons visité l’an dernier, mais c’est avec plaisir que nous retrouvons la magnificence de cette demeure du XIX ème siècle. L’an dernier, ayant laissé libre court à mon imagination et dévoilé quelques uns de mes fantasmes, je me contente donc cette année de photographier nos deux tourtereaux. Bahia (la belle) était le nom de la première épouse du vizir Ba Amhed. Il en avait 3 autres et 24 concubines. On comprend mieux la taille gigantesque de la « maisonnette » ! Il est bientôt midi, le restaurant « El-Badi » pas bien loin ! Un petit tour place des ferblantiers où nous admirons plus particulièrement la technique des vitriers. Nous retrouvons avec plaisir les membres du personnel du restaurant. Ils font sûrement semblant de nous reconnaître et nous faisons semblant de les croire. Tout le monde est content ! Les cigognes occupent la même place sur les remparts et s’affairent à construire ou à réparer leur nid. Nous avons le même plaisir à les contempler que l’an passé. Je comprends que l’on puisse revenir à Marrakech et ne pas s’en lasser. Bien installés sur la terrasse, nous plaisantons avec le serveur que j’avais pris en photo lors de notre premier séjour. Le tajine poulet-citron, le kefta aux œufs sont toujours aussi savoureux, les clémentines aussi parfumées ! Les remerciements que nous échangeons avec nos hôtes ressemblent bien à des « salamalecs », parfait ! Il est temps de dégourdir nos jambes et pour se faire, nous décidons d’aller jusqu’à la Ménara, à pied.

Quelques décamètres sous le soleil, le long de l’avenue Houmman El Fetouaki, nous fait prendre conscience de la difficulté ! Jean va prendre encore une fois la bonne décision. Direction place De Foucault. Il n’y a pas que des calèches, il y a aussi la gare routière. Plus bruyant, moins aéré, mais plus rapide, le bus n°11 sera notre calèche à nous. Les autochtones nous regardent curieusement. Un grand détour, travaux sur la chaussée obligent, nous fera découvrir la Place de la Liberté, l’avenue Mohammed V et le quartier du Guéliz, avant de repiquer sur l’avenue de la Ménara. Nous avons franchi les remparts de la ville depuis un bon moment et l’avenue que nous empruntons, file droit devant nous, laissant sur le côté les hôtels luxueux qui ont pris possession d’une grande partie de la palmeraie, autrefois beaucoup plus étendue. Le grand portail du jardin de la Ménara est grand ouvert, les gardiens ont moins de travail aujourd’hui. Nous sommes mardi et il n’y a pas la foule des week-ends. La quiétude règne, les gens se promènent avec nonchalance, pas de verbiage haut placé, pas de pique-nique sous les oliviers, quatre dromadaires paissent tranquillement devant les remparts de pisé qui entourent le domaine. Photo obligée devant le pavillon des sultans et de leurs élues, avec la chaîne de l’Atlas en arrière fond, une collation rafraîchissante sous les arbres du jardin et le traditionnel « nosnos » pour Jean. Le retour de ce lieu idyllique se fera à pied, nous en profiterons pour admirer les rosiers plantés tout le long de la route et pour rigoler en voyant avec quelle maestria, les Marocains se déplacent sur ce parcours. Parfois à plusieurs sur les mobylettes, les voitures qui doublent à droite dans un concert de klaxons rageurs, les calèches avec leurs chevaux efflanqués qui essaient de tracer la route au milieu des chevaux vapeurs, les petits ânes qui tirent des carrioles en rasant les trottoirs, les passages pour piétons qu’il faut franchir avec prudence …et…vélocité à la fois ! La vue des policiers dans les carrefours importants, fait fondre toute cette agressivité comme par magie. Houps, on ne rigole plus ! Et plus on se rapproche de la médina, plus le spectacle est assourdissant. Nous avions oublié, l’espace d’un instant, combien Marrakech était animée. En fond de décor, le minaret de la Koutoubia paraît nous faire un signe. Le magnifique jardin rempli de plusieurs essences d’arbres, de superbes rosiers aux belles couleurs et de palmiers élancés, nous procure à nouveau un sentiment de paix profonde. Il est bientôt 19h. Huguette veut nous faire peur et mime un suicide dans les eaux du bassin situé au centre de l’allée. Personne ne bronche, il doit y avoir une profondeur de…30 cm ! C’est l’heure de l’appel à la prière, les hauts parleurs dans le minaret amplifient la voix du muezzin.

Vite, il faut rentrer au riad, se faire belle et aller au rendez-vous que nous a posé Fouzia. C’est la fiesta ce soir, plutôt, la Fantasia.

Je cherche dans le guide touristique ce qu’est exactement la Fantasia, ça y est. « C’est la représentation symbolique de la grandeur des guerriers arabes et berbères du siècle dernier. » Voilà une explication qui nous laisse sur notre faim ! On a beau connaître la toile de Delacroix, représentant de superbes et fougueux guerriers armés de longs fusils, le mystère demeure. Fouzia est à l’heure et nous apprend qu’elle va rester avec nous toute la soirée, chic ! Elle pilote sa voiture comme un champion, nous prenons la direction de Casablanca. La route est sombre, mal éclairée et nous croisons de nombreuses voitures aux phares mal réglés. Situé au cœur de la Palmeraie de Marrakech, le palais d’Ali Mahal se présente à nos yeux dans une lumière si forte que nous en restons bouche bée ! C’est entre deux rangées d’impressionnants cavaliers, armés jusqu’aux dents et à l’allure fière que nous devons passer pour accéder à la première cour intérieure. C’est la parade avant le spectacle et je ne comprends pas que j’aurais dû donner un pourboire au cavalier que j’ai pris en photo. Il m’a bien semblé qu’il faisait la tête, mais bon !



Vêtu et enturbanné d’étoffes blanches, il porte un sac contenant des versets du Coran, ainsi qu’un grand poignard recourbé et protégé par un étui de velours. (Xavier aura presque le même !) Le harnachement de sa monture est très coloré. Son fusil (moukkala) est incrusté de nacre et d’ivoire. Heureusement que Fouzia est là pour tout nous expliquer ! De grands remparts entourent la superbe demeure. Sur le seuil de la deuxième cour, nous nous plions à la tradition, en nous faisant photographier avec deux belles jeunes filles arborant le costume des mariées. Tous les acteurs du spectacle à venir nous donnent l’aubade, cela sent un peu le folklore pour touristes, mais tant pis ! C’est sous une magnifique tente berbère que nous prenons place. Fouzia a choisi notre table et s’occupe de nous avec un professionnalisme épatant ! Sous son égide, nous avons l’air averti des habitués ! Nous ne pouvons contenir des exclamations réjouies devant les bons plats qui nous sont proposés ! La « Dakka Marrakchia » (les musiciens), accompagnent les danseuses des différentes provinces qui viennent chanter et danser devant les convives. Devant l’insistance de certaines danseuses, Jean et moi nous laissons prendre par la main et essayons d’esquisser quelques pas de danse ! Il faut bien amuser la galerie ! Le repas est somptueux, voyez plutôt : soupe marocaine (harira), méchoui, couscous et fruits. Un bouteille de vin rosé de la région de Meknès agrémente ces succulents mets. Puis la frénésie s’empare de l’assemblée, vite, il faut sortir pour ne pas rater le début du spectacle. Caméra aux poings, je m’installe sur les gradins à côté de Fouzia qui m’explique au fur et à mesure de leur entrée en scène, le rôle que joue chaque participant. Magique, grandiose et magnifique, le spectacle de Chez Ali est tout cela à la fois. J’ajouterais un peu tape à l’œil mais ne faisons pas la fine bouche, après tout nous sommes là pour passer un bon moment. Danseurs, musiciens, acrobates, cavaliers y vivent leur passion avec enthousiasme (sauf peut-être le chamelier qui a l’air de s’ennuyer passablement !). C’est aussi leur gagne-pain et ils ont le mérite de nous faire croire que ce n’est que par plaisir qu’ils caracolent devant nous ! J’ai encore dans l’oreille le rire de Fouzia lorsque j’ai crié en manquant lâcher la caméra, surprise par la rafale de fusil déclenchée par les cavaliers qui se dirigeaient droit sur nous. Je n’oublie pas non plus l’allégresse coquine avec laquelle elle a annoncé à nos hommes, la venue d’une superbe jeune femme qui a effectué une danse du ventre lascive et suggestive ! Bon, nous sommes en vacances et la danseuse est hors de portée de mains ! Le danger est somme toute assez limité ! Et puis, magie… magie, Fouzia me signale un ovni dans le ciel. Bah ! Ce n’est qu’un tapis volant où sont installés le sultan et sa favorite ! Vous voyez, au bout de deux jours, plus rien ne m’étonne !!! D’ailleurs le spectacle que nous venons de voir s’appelle « les Mille et une nuit »…alors !!! Plein d’étoiles dans les yeux, les petits touristes !

Retour à Marrakech, à fond les manettes ! Demain est un autre jour et nous avons beaucoup de choses à faire ! Des choses programmées, comme la visite du jardin Majorelle, et des choses imprévues, comme l’achat d’un jean par Huguette ! Il faut dire que nous nous sommes un peu perdus au sortir de la médina et les boutiques modernes le long du boulevard Allal El Fassi sont bien attrayantes. Nous avions presque oublié qu’il y avait une autre vie en dehors de celle de la médina ! A nouveau le choc des couleurs de ce magnifique jardin ! Une variété étonnante de plantes exotiques, de fleurs et d’essences, le tout rehaussé de couleurs vives, bleu, rouge, safran et vert, le bruit de l’eau qui sourd de tous les côtés, le chant des oiseaux, invisibles au milieu d’une telle profusion d’arbres, ravissent nos yeux et nos sens. Nos amis sont ravis d’être là et Huguette mitraille tant qu’elle peut. Elle n’en revient pas du nombre de cactées qu’elle a sous les yeux ! Un petit tour dans la boutique et une pause alanguie sous la tonnelle, le temps passe lentement, on est bien ! Oubliés pour un moment, la cohue de la ville, la poussière de ses rues, le bruit assourdissant des moteurs ! Et puis il faut bien se décider à bouger, notre estomac réclame son dû. Nous allons leur faire découvrir le petit restaurant où nous avions mangé avec Nadine et Pierre.

Là, pas de touristes, les gens sont installés sommairement et mangent en silence. Nous sommes suivis par des yeux curieux et la jeune fille qui nous prend en charge est toute intimidée. Elle ne s’exprime pas facilement en français mais nous sert avec célérité les appétissants tajines qui fumaient à l’entrée. C’est chaud, bon et parfumé ! J’aurais bien fait un petit extra dans la pâtisserie qui est juste à côté, mais je suis obligée de rester sage, puisque je suis la seule gourmande ! --« Nadine, où es-tu ? » On traîne un peu la savate, ne sachant plus trop de quel côté diriger nos pas. La rue Bab Agnaou nous mène tout droit vers la place Djemaà el-Fna. Pourquoi ne pas faire un tour dans les souks ? Nous avons repéré un quartier où les marchands sont moins accrocheurs, où nous pourrons regarder sans avoir l’impression d’être constamment agressés. Achat d’un pantalon et chemise rose fuchsia pour Florence, de babouches pour Michel et Huguette. Je me laisse tenter par une tenue d’intérieur turquoise. Nous avions pourtant prévu de faire nos achats à Essaouira, mais la tentation est trop forte. Quant à Michel, il ne rêve que d’une chose, apprendre à jouer du rock and roll sur ces drôles d’instruments. Est-ce un « guembri », qu’il a dans les mains ? C’est un luth à 2 ou 3 cordes, qu’utilisent les Gnaoua de Marrakech. Les Gnaoua sont les descendants des esclaves d’origine africaine (Sénégal, Ghana et Soudan). Ils ont formé une confrérie de maîtres musiciens (les Màalem), de médiums, de charmeurs de serpents et d’adeptes. Ils organisent des festivals dans les différentes villes du Maroc. Autrefois exclusivement tournés vers la musique spirituelle, les festivals sont ouverts aujourd’hui à tous les genres. Essaouira accueillait en juin 2006 le Festival Gnaoua avec du Jazz & Blues. (Pour plus d’infos, tapez « gnaoua » sur Internet et vous aurez une foule d’informations plus intéressantes les unes que les autres.) J’y ai passé tellement de temps que j’oubliais de raconter la suite de nos vacances ! Quelques cartes postales écrites sur le coin d’une table du café de France nous rappellent que nous ne sommes pas seuls au monde ! Je ne suis qu’une écervelée, je poste certaines cartes sans avoir complété les adresses ! Zut, à recommencer ! Tiens, près de la poste, un restaurant nommé « chez Ali » ! Jean se souvient qu’on lui en a parlé à Pau. On a bien fait de s’arrêter là, c’est impeccable ! Bon petit repas aux produits locaux tout à fait délicieux ! Fouzia est venue nous retrouver au riad, dans la soirée. Un monsieur l’accompagne, c’est le responsable de l’organisation des circuits. Munie des vouchers que l’on m’a confiés, j’écoute attentivement ses conseils. Jean et Michel conduiront la voiture (un 4X4 Toyota Prado). Il y a eu des accidents sur la route que nous allons emprunter demain matin et on nous conseille de ne pas partir de bonne heure. Bien ! Il faut refaire nos bagages, l’excitation est à nouveau là, les vallées du Dadès et du Draa nous attendent. J’en rêve depuis longtemps et la perspective de passer une nuit dans le désert me transporte ! JEUDI 30 NOVEMBRE : Il faut dire adieu à notre mignonne Fatima. Cela nous fend le cœur. La veille, elle nous a montré le livre d’or du riad et cherché avec inquiétude le passage dans lequel un touriste anglais avait écrit son nom. Elle pointe son doigt et nous dit fièrement-« Là, c’est écrit, Fatima ! ». Alors ce matin, nous prenons notre plume et lui écrivons un petit mot chacune en n’oubliant pas d’écrire le nom de « Fatima ».

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Tourisme au Maroc pendant le Ramadan pour des non-musulmans
Bonjour à tous,

Nous allons partir en pleine période du Ramadan (ce mois d'août) en couple avec notre fille de 5 ans.

Nous allons nous balader sur Meknès, El Jadida, Essaouira puis Marrakech et atterrissons dans des riads.

Or on peut lire sur ce forum et ailleurs des choses complètement différentes sur le fait de voyager pendant ce mois pour des non-musulmans.

Merci de me donner votre avis sincère sur la question :

Y a-t-il réellement une "tension" plus forte pendant cette période ?

Devrons-nous nous "cacher" pour manger, boire entre le lever et le coucher du soleil ?

Merci pour vos éclaircissements.
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Merzouga et voiture de tourisme
Hello,

Je vais me rendre à Merzouga à mi septembre. Je vais louer une voiture de tourisme, certainement une Logan.

J'aurai besoin de quelques petites conseils sur 2 points précis:Comment puis-je trouver les routes goudronnées que je peux emprunter avec une voiture de tourisme pour me rendre aux dunes (avez-vous les éventuels numéros de route?)Connaissez-vous une adresse d'hôtel et/ou bivouac où je peux me rendre assez facilement via des routes goudronnées?J'ai un peu de mal à trouver des infos précises sur les routes goudronnées ou non autour de merzouga.

Merci
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De retour du Maroc!
Bonjour à tous !

Je tenais juste à partager notre (mon amie et moi) expérience sur le Maroc ici avec vous car c'est ce principalement ce forum qui nous a permis d'avoir une idée du parcours à effectuer dans ce beau pays.

Première étape Marrakech, où nous nous sommes posés dans un Riad en pleine Médina. Visite des monuments habituels : la place Jemaa El Fna, le jardin Majorelle (certes joli mais en faire le tour est rapide, un peu surfait je trouve), la Merdessa Ben Youssef, le palais El Bahia, sans oublier les souks bien sûr où nous avons effectué quelques achats durement (ou pas) négociés. Bon, tout ça fait en deux jours, tranquillement, je déconseillerais de rester plus longtemps dans cette ville où le bruit et la pollution sont omniprésents. Trop de médina tue la médina !

Après récupération de la voiture de location chez Budget (tarifs avec réduc Routard avantageux) nous sommes partis en direction de Skoura, où nous avions réservé au 'Gite Kasbah La Palmeraie'. Sur le chemin, nous en avons profité pour bifurquer sur l'Aït Ben Hadou qui vaut franchement le détour, même s'il faut se battre pour que les guides locaux vous lâchent avec leur traversée de l'Oued à dos de dromadaire, très insistants les bougres !

Arrivée à Skoura : Chaleureusement accueillis par Mohamed et Ghizlane avec un petit thé, nous avons posé nos affaires dans cette Kasbah typique pour 3 nuits. Premier repas partagé avec la famille (y compris le petit Abdesamad de 18 mois, craquant et toujours souriant) qui a consisté en un énorme couscous, délicieux ! Le lendemain, visite de la vallée des Amandiers avec Mohamed, petit paradis au milieu du désert. Retour à la Kasbah pour une sieste puis le soir direction la Palmeraie pour admirer le coucher de soleil et aller découvrir un artisan local qui travaille la poterie avec les moyens du bord, très intéressant et très sympathique ! Un bon Tajine concocté de main de maître par Ghizlane et au lit. Après avoir encore une fois profité du petit déjeuner (crêpes aux milles trous miam), Mohamed nous a accompagné pour une longue journée où nous avons fait une boucle partant de la vallée des Roses, puis passage par une piste (une heure de rallye, pauvre voiture de location :p) pour rejoindre les Gorges du Dadés (magnifique, luxuriant, des clichés à n'en plus finir) et découvrir les 'doigts de Singe', déformations rocheuses accrochées aux montagnes, très étrange. Summum de la journée, le dîner et son tajine toujours aussi délicieux.

Jour suivant : départ pour Merzouga, où Mohamed nous avait réservé une petite expédition dans le désert via l'Auberge du Sud, située aux pieds des dunes et à laquelle on accède via une piste au km 13 avant la ville. Petit plongeon dans la piscine puis décollage à dos de dromadaire pour une heure de tangage et d'écartèlement des cuisses (confort zéro sur cette bestiole :p) pour admirer le coucher de soleil du haut des Dunes, splendide et une réelle impression d'être au milieu de nulle part. Re-dromadaire pour rejoindre le bivouac, où après un petit thé on nous sert un tajine au poulet qui comble parfaitement notre appétit. La fin de soirée est agrémentée de djembé + chant, merci aux guides touaregs multi-tâches et tri voir quadrilingues. Après une courte nuit (réveil à 6h), la montée sur la dune adjacente est plus que sportive pour apprécier le lever de soleil mais on en prend plein les mirettes. Petit déjeuner puis c'est reparti pour 2 heures de dromadaire afin de rejoindre notre point de départ, l'Auberge du Sud.

Retour à Skoura pour une nuit, où en arrivant nous nous écroulons de fatigue, les vacances n'ayant pour le moment pas été de tout repos. Après la sieste bien méritée, nous passons du temps avec la petite famille, toujours aussi chaleureuse et très ouverte à la discussion quelle qu'elle soit. Dernier repas en leur compagnie : un Tajine, mais pas n'importe lequel : amandes et pruneaux, sans aucun doute le meilleur mangé au cours de ces vacances, j'en ai encore l'eau à la bouche ! Après un petit déjeuner où les crêpes ont été préparées par Ghizlane et mon amie (en mode apprentie), c'est un crève-coeur que de quitter la Kasbah...

Dernière étape de ce voyage, direction Essaouira. Après une nuit passée à Agadir (rien à dire), nous arrivons dans cette ville au calme reposant. 3 jours à profiter de l'air de la mer, du poisson grillé sur le port, d'un Hammam traditionnel (rude mais très relaxant), de la tranquillité des rues, de la vue depuis les remparts et de l'accueil général des commerçants ; bref un havre de paix au Maroc, parfait pour clore le voyage.

Le retour sur Marrakech étant dénué d'intérêt (il pleuvait en plus), je vous passerai les détails ! Pour finir, très beau séjour, de belles rencontres et un régal pour les yeux (et pour l'appareil photo), nous y reviendrons sûrement. Petit bémol, il n'est pas toujours évident pour une femme de s'y promener, les regards sont parfois très insistants et rendent parfois mal à l'aise, mais il faut faire avec !

En espérant ne pas avoir été trop long, bon week-end à tous !

Alexis et Lydia.

PS : Encore merci à toute la famille El Gharbi pour leur accueil, leur gentillesse et leur simplicité.
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Formalités particulières pour entrer au Maroc avec un fourgon, quelques pneus et des appareils électroménagers?
bonsoir a tous, je doit descendre de france en mauritanie en passant par le maroc d ici quelque semaine. je descend en fourgon voir un amis qui aimerais que je lui amene quelque pneus et de l electromenagé je voudrais savoir si je devrais payer de droit de douane au maroc? et pour le vehicule y a t il des formalitées particuliere? sachant que je vais voyager seul et queje n ais jamais quiter la france y a t il des pieges a evité? merci 😉
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Vol Marseille-Agadir avec Ryanair?
Bonjour, Je voulais réserver mes vols aour les fêtes de fin d'année au départ de marseille vers agadir et retour de marrakech.Je voulais le faire sur Ryanair, car j'ai l'impression qu'ils soient les seuls à avoir des vols directs.Qui peut me dire si je ne vais pas avoir des surprises sur les tarifs avec eux, car je me souviens avoir pris des billets avec cette compagnie il y qqs années, et les paiements en ligne sont facturés, les bagages aussi.Merci pour les infos.
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Bivouac sous les étoiles dans le sud du Maroc en mai 2011
Bonjour à tous,

Nous sommes allés au Maroc en Mai 2011 pour 15 jours ; après être passés par Marrackech, Essaouira, nous sommes partis pour le sud du Maroc...

Nous avons donc pris 3 nuits dans une Maison d'Hôtes "IROCHA" chez Ahmed et Catherine. L'accueil a été très chaleureux, l'hébergement est sublime (charme et authenticité), les repas divins....

Après 2 jours de visites dans cette région absolument magnifique, nous avons pris la direction de M'Hamid (dunes de chigaga). Nous avions rendez-vous avec BIVOUAC SOUS LES ETOILES. Sommes accueillis par Danielle (Hassan étant absent ce jour-là) et par Aziz qui fut notre guide, chauffeur, fidèle compagnon. Après une visite du vieux village de M'Hamid, et après avoir été invité à boire le thé dans une famille qui habite ce village, nous avons pris le 4X4, direction le premier bivouac. Whaouuuu!!!! quel dépaysement !!!!

Nous savourons un merveilleux dîner préparé sur place, que nous avons pris à la belle étoile. Nos compagnons sortent les instruments de musique et chantent pour nous ; inutile de vous dire que nous avons tout fait pour essayer de les accompagner !!! Après une bonne nuit de sommeil, prenons la route le petit matin, direction le deuxième bivouac. Sur le chemin, nous nous arrêtons dans un petit oasis pour déguster un succulent déjeuner également préparé sur place. Après une bonne petite sieste, nous repartons direction le deuxième bivouac.

Quel bonheur, quelle beauté ; c'est majestueux, c'est magique. Par bonheur, ce jour là, nous sommes seuls avec nos 4 compagnons du désert!!! Nous sommes allés rendre visite à une famille de nomade et prenons le thé avec eux !!!! moments magiques. Peu de paroles, rien que des regards, c'est fabuleux.

Puis nous repartons, marchons, escaladons une très grande dune. Arrivés là-haut, nous en avons le souffle coupé !!! on a l'impression d'être seuls au monde !!!! Une mini tempête de sable nous fait redescendre très vite et je dois vous dire que mon appareil photo n'a pas trop apprécié !!!! mais il est reparti et fonctionne correctement. Plus de peur que de mal...

Un bon dîner nous attend ; dîner que nous prenons à l'intérieur vu l'intensité du vent qui gronde dehors.... les instruments de musique refont leur apparition et on chante, danse, échange.... que de fou-rires!!!!!

La nuit se passe assez bien mais le vent rugit dehors et de temps en temps je me demande si la toile va tenir. Mais oui !!!! il n'y a aucun danger !!!! tout est prévu.

Si vous recherchez une Agence, n'hésitez pas à contacter BIVOUAC SOUS LES ETOILES, je vous la recommande. Je tiens à remercier DANIELLE qui est une personne dévouée et d'une grande gentillese. Elle est à notre écoute et se pliera en quatre pour vous satisfaire. MERCI à AZIZ que nous avons adoré, tant par sa gentillesse, son dévouement, sa musique et j'espère qu'un jour on le reverra.

Voilà quelques lignes qui me touchent beaucoup et j'espère bien entendu y retourner.

MAVN.

P.S. 1 point important à signaler : La dernière portion de la route de M'Hamid est très étroite. Je tiens à signaler à ces Messieurs qui ont des 4X4 qu'ils peuvent, eux, rouler sur le bas-côté de la route alors qu'une petite voiture a plus de mal à le faire et doit pour ainsi dire s'arrêter pour laisser passer ces gros 4X4 qui n'ont aucun scrupule.... je trouve ça déplorable !!!! si je le signale, c'est que je ne suis pas la seule à le déplorer ; c'est dommage...
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