Espagne: Dans les désertiques Bardenas Reales
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Un désert en Espagne ? Surprenant n'est-ce pas ? Et pourtant, une étendue désertique existe bien en Navarre, c'est dans le nord du pays. Sillonner Las Bardenas Reales vous fait parcourir un paysage érodé entre collines, plateaux, gorges et montagnes aux silhouettes étranges et séduisantes. Des paysages certes de terre ocre et de cailloux mais pas totalement désertique pour autant. Là-bas on y observe, outre d'étranges formes façonnées par l'érosion, quelques parcelles cultivées et par endroits de rares bergers accompagnés de troupeaux de moutons … Là-bas, on y assiste même à de surprenants ballets aériens ! En route donc sur les pistes chaotiques, caillouteuses et poussiéreuses des Bardenas Reales, un désert unique perdu sur le continent européen.

Longées, les plaines agricoles et les vignobles de Navarre au sud de Pampelune. Traversée, la bourgade rurale d'Arguedas. Empruntée, la petite route sinueuse qui en léger faux-plat vous fait passer entre prairies et autres enclos d'élevages de bovins … Et maintenant ? Nous voilà arrêtés sur un point élevé. La première vision d'un tel paysage vous contraint à y faire une pause, le regard admiratif. En effet, devant nous et à perte de vue s'étend un panorama au relief particulièrement original. Une vaste étendue cernée de contreforts de montagnes tabulaires et de versants striés de sillons verticaux … et puis, il y a ce rocher à la silhouette pyramidale qui immanquablement aimante l'attention. Passé un moment de contemplation (et une prise photo), vous n'avez plus qu'une envie : reprendre la route pour vous diriger vers cette étonnante formation rocheuse, le cabezo de Castildetierra. Une cheminée de fée emblématique du désert des Bardenas. Comme un phare guide les bateaux en mer, cette pyramide haute d'environ cinquante mètres semble donner un but à la route. Enfin, parler de route n'est probablement pas le terme le plus approprié pour cette voie. Il s'agit là d'une piste parsemée d'ornières, de cailloux et recouverte de poussières …



Après quelques minutes de parcours chaotique, nous sommes parvenus au pied de l'icône des Bardenas. L'éclairage du soleil, légèrement latéral, accentue le jeu d'ombre et de lumière. Ainsi les ravines verticales apparaissent avec encore plus de contraste de même les teintes chaudes de ces parois argileuses, tantôt ocre, tantôt rouge sont du plus bel effet. Vraiment, on ne peut qu'être séduit par ce fameux Castildetierra. Merci à Dame Nature de nous gratifier ici d'une véritable sculpture. Une vue si photogénique titille l’œil de l'amateur de photos de voyage que je suis. Aussi, je vais tourner autour de cette « Demoiselle coiffée » avec respect et à la recherche de son meilleur profil.



C'est sans doute sous cet angle que le terme de « Demoiselle coiffée » convient le mieux à cette silhouette … enfin, bien mieux que de la qualifier de cheminée … même si c'est de fée ! Est-ce le fruit de mon imagination ? Mais avec ce cadrage, ne voyez vous pas comme moi une tête et un corps habillé d'une longue et ample robe longue ? Certes, la coiffe pourrait paraître peu élégante avec ce lourd bloc de grès mais l'aspect général reste évocateur. J'y vois même un ourlet rouge au bas de la robe. Toujours avec beaucoup d'imagination, on semble percevoir un effet de mouvement avec presque des plis au niveau de la tunique … Bon, c'est moins volant que la célèbre robe de Marilyn Monroe ou encore bien moins emprunt de spiritualité que les mouvements tourbillonnants des Derviches tourneurs ! Mais quelles comparaisons hasardeuses ! fais-je là. Il me semble entendre certains d'entre vous s'exclamer ainsi en lisant ces idées de ressemblances …



Poursuivons le tour de ce Castildetierra en dévalant une petite pente. Là, dans cette drôle de rigole se sont éboulés quelques blocs de grès qui autrefois faisaient peut-être office de coiffes à quelques élégantes demoiselles pétrifiées. Autrefois ! c'est sans doute il y a de cela quelques centaines voire quelques milliers d'années … L'imposante pierre sur la droite semble en équilibre, plutôt précaire, va-t-elle finir par basculer prochainement ? Seul l'avenir le dira. Car on s'en doute, l'érosion, lentement mais sûrement, fera disparaître un jour cette élégante sculpture naturelle … après l'avoir créer. Au pied de la demoiselle de grès et d'argile, des panneaux explicatifs renseignent de manière précise sur l'évolution de ce paysage en se projetant aussi dans l'avenir.





Parvenu dans le lit du canyon qui lui aussi fait le tour de ce fameux Castildetierra, il faut cesser d'observer et d'admirer la demoiselle en gardant toujours le nez en l'air. Mieux vaut faire attention où l'on met les pieds ! Certes le canyon est pratiquement asséché mais finalement pas complètement. A côté d'une terre morte de soif et toute craquelée, il reste un peu de boue. Certains visiteurs en ont fait l'expérience et y ont laissé quelques empreintes. Pointure 40 ou 42 ?



Allez, je remets en lumière la demoiselle avec une dernière photo… elle le vaut bien ! Avec cette visée, je joue à cache-cache avec le soleil et l'originale « coiffe ».





Comme faisant une infidélité à belle fée, je détourne à présent le regard et mon viseur. Cette vue a séduit mon œil et mon appareil photo. Pas mal en effet ce contraste ou bien cette continuité (c'est selon) entre les sillons de cette terre cultivée et ceux du versant en fond d'image. Un joli graphisme complété par la diagonale formée par la piste et la présence de ce cycliste solitaire, c'est parfait pour une composition photo très équilibrée. Le vélo ou plutôt le VTT, voilà un intéressant moyen de parcourir les chemins de traverse des Bardenas. Certains itinéraires ne sont accessibles qu'aux seuls cyclistes et pas aux véhicules à moteurs. En revanche, la « balade » nécessite une bonne condition physique : le désert s'étend sur près de 42 000 hectares, rien que ça ! Et puis, il y fait chaud pour ne pas dire étouffant en été. Reprendre son souffle sur ces chemins signifie souvent de respirer la poussière soulevée par le passage des autos ! Les amateurs seront prévenus.

Après ces considérations, cela ne vous étonnera pas , c'est en voiture que nous continuons notre trajet … avec déjà, au bout de seulement quelques centaines de mètres, un nouvel arrêt.



Je ne résiste pas à l'attrait de ces collines ravinées avec un souhait : les observer de plus près. Un alignement de formes coniques et triangulaires chapeautées par des strates de grès. Face à ces parois, je me sent minuscule … comme en témoigne cette photo.



Un making of de mon reportage photo (merci Steph. pour cette prise). Mais que suis-je entrain d'observer ? La texture de ces parois entre roches et terre en passant par la pierraille des éboulis. Et voici prise la photo : un plan rapproché … clic, clac !





Capturée un peu plus loin, cette autre vue des détails de la surface de ces versants. Là, des strates de quartz étincelants sous les rayons du soleil dessinent des lignes fuyantes. Elles contrastent avec l'ocre terne de l'argile et prennent ainsi l'aspect de guirlandes lumineuses. L'aspect fendillé presque parcheminé de la couche superficielle de ces imposantes colonnes me font imaginer être au pied de créatures éléphantesques …



Un tel décor vaut la peine que l'on prenne de la hauteur en gravissant ces pentes. Ici, c'est un monstrueux champignon que l'on découvre. D'accord, il n'en a que la forme avec pied et tête totalement statufiés. On est loin du parfum des savoureux cèpes des sous-bois de mon cher Sud Ouest. Un site on ne peut pus photogénique et quelques visiteurs de s'en donner à cœur joie. Quel parfait podium à selfies !





Juché sur ce promontoire, on peut contempler sans retenue le panorama alentour avec toutes ces collines sillonnées de crevasses verticales et ceinturées de bandes horizontales rouge.



C'est fou comme ces paysages arides et semi désertiques stimulent l'imagination et vous évoquent des ambiances … Dans ce décor digne de l'ouest américain on verrait bien surgir quelques cow-boys galopant sur leur monture. Et puis, pour accompagner la scène que diriez-vous d'une des célèbres musiques d'Ennio Morricone ? Il me semble déjà entendre un sifflement puis « L'homme à l'harmonica » suivi à ses trousses par «Le bon, la brute et le truand ! ». Une parfaite atmosphère d' « Il était une fois dans l'Ouest ». Mais ce ne sont pas ici qu'ont été tournés ces anciens « Westerns spaghettis » … en revanche, et sans doute « Pour quelques dollars de plus », ce sont des scènes de la grosse production « Games of Thrones » qui on été filmées précisément dans ce lieu.

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JE Jemaflor Veteran ·
2 ème partie : Las Bardenas Reales



Sur la route ou plutôt sur la piste blanche … en pleine Blanca Baja, la grande dépression centrale des Bardenas Reales. Nous cheminons maintenant dans la partie la plus désertique du secteur. D'après la carte, il y a dans les parages le petit barrage de Zapata et son point d'eau, mais point d'eau à l'horizon … nous ne voyons au loin que des mirages scintillants ! Ou nous avons raté l'étendue d'eau ou alors elle à sec après la longue sécheresse estivale.



Par endroits, la terre brûlée par l'ardent soleil se met même à peler. De minces pellicules d'argile se recroquevillent sur un sol entaillé de fissures, dessinant ainsi de multiples formes géométriques. Le plus étonnant est de constater que la vie persiste sur cette terre assoiffée : quelques brins de végétation arrivent à se jouer de l'aridité et poussent entre ces copeaux de terre !



Reprenons le volant et la piste blanche de la Blanca Baja. Dans ce secteur elle ondule de vallons en vallons, de vraies petites montagnes russes … mais non, espagnoles, voyons ! Au loin les contreforts rocheux se font parfois pyramides ou plus souvent montagnes tabulaires. Au petit jeu des comparaisons, on hésite entre l'évocation d'une pyramide d'Egypte ou plutôt des grands espaces de Monument Valley aux USA ...





Voilà qu'au milieu de nulle part surgit un panneau d'interdiction ? Un passage non autorisé qui mène sans doute vers nulle part ! On comprend que ces espaces naturels se doivent d'être protégés surtout depuis que le site a été non seulement classé Parc Naturel espagnol mais bien plus encore : Réserve de la biosphère (Unesco en 2000). Mais tout de même, cela est un peu contrariant car l'esprit d'un désert s'associe à celui d'un espace de liberté où l'on peut choisir, à son gré, son chemin. Bon, obliquons vers la gauche et partons randonner vers ce belvédère (photo à droite).

Une vue imprenable mais ces plaques de roches dures qui s'avancent en surplomb me donnent un peu le vertige. Rien que de voir ces promeneurs au loin j'ai quelques frissons qui me parcourent les jambes !

Soudain un bruit strident déchire l'atmosphère ! Cela contraste avec le silence des lieux seulement troublé depuis le départ de notre visite par quelques cris d'oiseaux. Non, ce n'est pas un mirage … enfin si peut-être ! Mais alors un mirage du style volant à très vive allure … Un avion militaire vient de traverser le ciel et à basse altitude. Rien de tel pour détourner l'attention des quelques visiteurs qui à cet instant dirigent tous leur regard vers le ciel. L'exercice militaire vole ainsi la vedette à l'observation de l'exceptionnel relief érodé.



Une des zones des Bardenas est en effet réservée à l'armée espagnole avec un polygone de tirs, inaccessible aux visiteurs, bien entendu ! Les manœuvres vont durer plusieurs minutes émaillées de tirs … de roquettes, de missiles ou de bombes ? (je n'y connais pas grand-chose …).



Des tirs depuis le sol, on aperçoit des panaches de fumée après chaque détonation, mais aussi par moments des tirs depuis les avions de chasse … Très impressionnant ce ballet aérien qui nous plonge dans l'atmosphère des images vues à la télé d'un des conflits du Proche ou Moyen Orient ! Et l'on se prend de compassion pour ces populations locales qui vivent réellement ce genre de situation en se demandant à chaque instant si le prochain tir ne les prendra pas pour cible … alors que pour nous, ici, ce n'est qu'un spectacle, je l'avoue, un peu particulier.



Sans transition, une image plus apaisante avec ces remarquables collines striées d'une succession de crevasses verticales. Nous sommes là parmi un des sites les plus spectaculaires de la région, plus précisément du côté de Pisquerra où les versants semblent disposés en forme d'amphithéâtre. A l'image de ruines archéologiques d'un autre temps mais qui ne seraient pas le résultat d'une construction humaine mais de celui de la lente érosion : vent, eau et contraste thermique entre des étés suffocants et de rudes hivers.



Là, on retrouve le même graphisme avec ces profonds sillons mais on est étonnés de voir cet avant-plan si verdoyant. Le contraste de teinte entre ce vert végétal et cet ocre minéral me plaît bien. Mais alors ce désert ne serait-il pas vraiment désertique et déserté ? Pas tout à fait. Autour que quelques rares points d'eau, certaines parcelles ont été irriguées judicieusement et la terre alluviale permet donc quelques cultures.

Ce territoire des Bardenas Reales faisait partie des « terres » des Rois de Navarre qui dès le IXe siècle attribuèrent des droits d'usage aux habitants de certaines localités alentours. Et de nos jours se sont encore les communes environnantes, une bonne vingtaine, qui jouissent et gèrent ce territoire en formant la Communauté des Bardenas Reales.

Plus au nord, dans la Blanca Alta. Au détour d'un virage où semble s'achever le paysage sans fin de cailloux et de rocs, tout d'un coup, le plateau s'est un peu animé. Il y avait là, un troupeau de moutons en train de brouter. Il était accompagné (et gardé) par son berger et un incontournable chien.



Le pastoralisme ancestral des abords des Bardenas tend peu à peu à disparaître, les visiteurs devenant sans doute plus nombreux que les moutons … enfin, je n'ai pas compté tous les ovins du secteur ! Une statue de berger met à l'honneur l'activité de ces générations de bergers des Bardenas et « Pastor Bardenero » de trôner ainsi sur un piédestal toisant l'immensité des lieux.



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JE Jemaflor Veteran ·
3ème partie : Las Bardenas Reales



Une des sorties (et entrée principale du Parc naturel) est située tout à l'est, près du gros bourg agricole d'Arguedas (2 277 hab.). La bourgade est blottie autour de son clocher et jouxte de hautes falaises. Il ne faut pas hésiter à aller faire un tour parmi les sentiers qui longent ces parois abruptes. Là, persiste le témoignage des premiers habitants des lieux. En effet, ces rochers sont truffés de cavités où étaient aménagées autrefois des habitations troglodytes.





Même si elles ne sont plus utilisées à des fins de logements, certaines d'entre elles on été entretenues : parois blanchies et aménagement spartiate mais d'époque. On peut donc y jeter un coup d’œil et avoir ainsi un petit aperçu de cet habitat d'antan.

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C'est maintenant du côté du nord des Bardenas que notre périple nous mène. Dans El Plano, les paysages y sont sans doute moins désertiques que dans la vaste dépression de la Blanca Baja mais restent particulièrement intéressants à parcourir. On est ici au milieu d'un secteur agricole avec des terres alluviales, celles du bassin de la rivière Aragon. J'apprécie la vue de ces vallons qui se succèdent avec ces quelques collines au relief émoussé, un paysage tout en rondeur et en courbes.



Le graphisme de ce paysage est vraiment photogénique : des lignes incurvées qui épousent le relief mais aussi des lignes parfaitement droites. Là des parcelles labourées et ici des oliveraies. Les traces du travail des cultivateurs plutôt verticales contrastent avec les strates horizontales que l'on voit en arrière-plan (versants) ou en avant-plan (chemin). Très chouettes ces panoramas, je me régale en les photographiant.



Et encore des contrastes ... entre zones vertes cultivées et irriguées et lieux à sec où l'on retrouve ce sol craquelé.





La piste toujours chaotique et sinueuse se fraie ensuite un passage entre terres travaillées et versants arides jusqu'à longer des cultures maraîchères … qui s'avèrent être des champs de choux. Ce n'est pas évident à reconnaître de loin, à moins d'être spécialiste aussi je me suis arrêté pour identifier le légume (et prendre la photo).



En voyant toutes ces cultures bien vertes en bord de désert, un esprit attentif et curieux ne manque de se poser une question : les pluies sont rares dans la région, alors d'où vient l'eau d'arrosage de ces cultures gourmandes en eau ? La réponse ? On la voit quelques centaines de mètres plus loin … une étendue d'eau conséquente, résultat d'une retenue par un barrage : El Ferial. De quoi étancher la soif de tous les habitants de cette contrée aride, des hommes aux animaux d'élevage en passant par les cultures … dont celles des choux !



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On ne va pas quitter les Bradenas Reales sans faire un tour dans le quatrième secteur de cet étonnant « désert ». Nous avons parcouru la plaine centrale de la Blanca Baja puis la Blanca Atla et ensuite El Plano au nord ...ne reste plus qu'un dernier point cardinal, le sud.

En route sur la Nationale 25 vers La Plana Negra. Atteindre cette plaine en forme de plateau nécessite de vite quitter cette belle route bitumée en empruntant une piste poussiéreuse sur la droite … c'est toujours ainsi dans les Bardenas. Lacets après lacets, la route sinue, tourne, vire … tout en s'élevant progressivement . En conduisant sur cette piste étroite, mieux vaut ne pas trop regarder sur la gauche et ses vertigineux à-pics. Parvenu sur le plateau, on traverse des champs et puis des ... champs. Au fait, une précision, le nom de Negra viendrait de la teinte des terres, plus foncées que celles de la Blanca. A vrai dire, les terres ont été moissonnées et apparaissent en cette fin d'été avec une teinte chaude, couleur paille.

A nouveau le tracé vous fait prendre un peu de hauteur en cheminant à travers une plaisante pinède. En levant le regard on devine le sommet local, le Loma Negra qui vous toise de ces 646 mètres d'altitude. Ce n'est qu'arrivé sur un second plateau que la dense pinède vous laisse quelques trouées pour admirer le paysage.





A perte de vue s'étire la Plana Negra où les prairies et cultures semblent se disputer le territoire avec la forêt. Cette dernière paraît s'avancer sur les terres en de tentaculaires coulées vertes … Le regard se perd à l'horizon parmi les brumes de chaleur. En balayant des yeux le panorama on passe sans s'en apercevoir de la région de Navarre à celle d'Aragon située juste sur la droite. D'ici, on tutoie de haut les Bardenas …mais les Bardenas aragonaises, toute verte de pinèdes.

Jean SM – Bardenas Reales/ Espagne – Septembre 2017

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Quelques précisions sur la visite du Parc Naturel Las Bardenas Reales de Navarre et sa Réserve de la Biosphère : - Le site peut se visiter de 8 h le matin jusqu'à une heure avant la tombée de la nuit. - la circulation des véhicules à moteur et des vélos est autorisée seulement sur les chemins signalés à cet effet, la vitesse maximale autorisée est de 40 km/h … compte tenu de l'état de certains tronçons, on ne risque pas de dépasser cette vitesse ! - camping ou caravaning interdits sur le site. - Plusieurs itinéraires sont balisés et destinés à la découverte en VTT (9 itinéraires) et /ou à la balade à pied (3 itinéraires). Pour en savoir plus sur ce territoire, sur les différents sites naturels et surtout avoir une carte précise des lieux et des itinéraires … On peut faire étape au Centre d'Informations (situé à l'entrée du parc en venant du village d'Arguedas, accès ouest des Bardenas).



Découvrir l'étendue désertique des Bardenas Reales nécessite une longue journée (bref aperçu et à condition d'être en voiture …) ou mieux deux jours voire plus si l'on est en VTT ou si l'on veut randonner …

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Suite récit : En Navarre, dans les alentours des Bardenas Reales --> Message suivant
Jean http://perso.wanadoo.fr/groenland-disko/yukon-dempster/
JE Jemaflor Veteran ·
Découvrir les Bardenas est aussi l'occasion de visiter, chemin faisant, quelques autres lieux de la région de Navarre. Après (ou avant) l'univers naturel et minéral du désert, on peut ainsi s'intéresser au patrimoine et à quelques traditions régionales.

Un bref aperçu avec nos quelques visites dans les environs :

L'Ermitage de Nuestra Señora del Yugo



Ce sanctuaire dédié à la Vierge est un important lieu de pèlerinage de la région, le principal qui attire une foule de fidèles à lieu chaque année le 1er dimanche d'octobre. Il y aurait eu en ces lieux une apparition de la Vierge … une dalle placée devant l'édifice y fait référence. L'église est le résultat d'une construction ayant débuté au XVIIe siècle pour s'achever au XVIIIe.



Cet ermitage est situé à seulement 4 kms au nord d'Arguedas comme il est perché sur un point élevé à 477 mètres, il constitue un superbe belvédère sur la Bardena Blanca. Un bon complément de visite avant de quitter le secteur, idéal pour une dernière vision du site. D'ailleurs un mirador a été installé en surplomb de la falaise afin de bénéficier du point de vue.



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Tudela



Cette ville de 35 000 habitants est la principale agglomération à proximité des Bardenas, à environ une vingtaine de kilomètre au sud est. C'est aussi la seconde cité de Navarre après Pampelune. On peut y faire étape lors d'une visite dans cette région, vous l'aurez compris, c'est ce que nous avons fait. La vieille ville peut faire l'objet d'une balade parmi les ruelles étroites autour de la Cathédrale Santa Maria : architecture romane XIIe siècle, porche remarquable comme certains encadrements de fenêtres des ruelles attenantes.



Cette cathédrale a été construite avec les pierres de l'ancienne mosquée de la ville … En effet, la cité était auparavant sous domination musulmane, elle a été fondée en 802, à l'époque Amrus Ben Yusuf en était le gouverneur.



Retour, en nocturne, sur la Plaza Fueros au centre de la ville. On connaît l'animation traditionnelle des soirées dans les villes d'Espagne. Là, en ce soir de septembre la place était quasiment déserte … comme dans le désert des Bardenas ! Autrefois se déroulaient ici des corridas comme en témoigne les décorations murales des façades avec ces scènes de tauromachie.

Après la nuit noire … retour de la lumière, un autre jour débute avec un lever de soleil entre collines et éoliennes des environs de Tudela … que nous quittons en direction d'Olite.



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Olite



Presque à mi parcours entre Tudela et Pampelune, la petite ville d'Olite (3 500 habitants) vaut la peine d'y faire une halte. La place centrale Plaza Carlos III El Noble est pittoresque avec ses élégantes façades et son joli point de vue sur Le monument de la cité : le Palais Royal. C'était autrefois un des sièges du royaume de Navarre à l'époque de Charles III … de Navarre. L'architecture de ce palais ou/et château est pour le moins hétéroclite avec toutes ces tours de différents styles où le gothique domine mais en partie seulement.



La construction du palais a débuté au XVe siècle pour se voir compéter ensuite ... jusqu'à une profonde rénovation effectuée au siècle dernier. Un édifice d'abord défensif qui au fil du temps s'est transformé en un plus confortable lieu résidentiel.

La Calle Rua Mayorest la principale rue de la vieille ville, étroite et bordée de constructions toute en hauteur.



Tiens, amusant et original ce vélo et cette petite remorque rencontrés lors de notre flânerie. Là, ce n'est pas le chien qui tire l'attelage comme un traîneau mais le chien qui se fait se fait balader … et il a l'air d'apprécier ! C'est la mi-journée et les cartes des petits restaurants sont invitantes. L'occasion de goûter aux spécialités locales avec pour débuter une assiette de jambon de pays et d'asperges … les cultures maraîchères sont une des principales productions de la région et l'asperge en particulier. Le tout arrosé comme de bien entendu par un vin rouge local, la vigne étant elle aussi très présente dans cette région rurale. On le constate, les rues d'Olite sont pavoisées en ce mois de septembre, les Fêtes médiévales son en cours de préparation.



Par endroits des hommes fixent des panneaux de bois devant les portes d'entrée et au bout de la rue des barrières ont été dressées … c'est sur ce parcours que va se dérouler un fameux « encierro ». Ce sont ces drôles de courses où les taureaux déboulent en furie dans le centre ville précédés par de téméraires coureurs … mais attention aux chutes et aux coups de cornes !

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Pampelune



Si il est bien une ville où les « encierros » sont renommés, c'est bien Pampelune. Chaque année, début juillet la liesse populaire est au rendez-vous durant les fêtes de la San Fermin, saint patron de Navarre. Des festivités qui attirent une foule nombreuse et enthousiaste, on parle de la participation de près de trois millions de joyeux fêtards ! Ce serait même le troisième rassemblement festif au monde par le nombre de ses visiteurs après le Carnaval de Rio et la fête munichoise de la bière, c'est tout dire !

La San Fermin, une fête religieuse à l'origine dès le XIe siècle, populaire et commerciale maintenant et surtout célèbre pour ses corridas et ses encierro. En plein centre ville, une œuvre de bronzes sculptés honore ces fameux encierro. Bien que figés, ces taureaux et ces hommes dégagent une impression de dynamisme. On admire la belle réalisation du sculpteur basque Rafael Huerta … et là, aucun risque d'être bousculé ou chargé par un de ces imposants taureaux.



Nous allons maintenant parcourir le trajet de l'encierro (enfin une partie), c'est à dire celui qu'empruntent les taureaux à travers la ville les jours de corridas. Ce parcours parmi les rues de la vieille ville mène des enclos où sont parqués les taureaux jusqu'à l'entrée des arènes. Mais aujourd'hui, qu'on se rassure, aucun taureau déchaîné n'est lâché dans les rues. Non, la longue et rectiligne Calle Estafeta est parfaitement calme.



Les jours de corridas, pendant les festivités de la San Fermin, déboulent ici des taureaux particulièrement excités … à l'image de tous les coureurs de ces encierro de folie. Ce sont des centaines de personnes qui tentent un challenge de dingue … courir au devant des taureaux ! Emportés par leur enthousiasme, certains (malchanceux ou inconscients ?) terminent la course piétinés ou même pire, encornés par un bovidé ! En effet, chaque année il y a des accidents, c'est ainsi !

Sans être un aficionado des corridas, poursuivons notre découverte de l'univers taurin si cher aux habitants de Pampelune. Le tracé de l'encierro nous a donc mené Plaza de toros à l'entrée donc des célèbres arènes de la ville. Nous allons donc suivre la visite chronologique des lieux avec des audioguides, comme des moutons … ou plutôt comme des taureaux puisque nous pénétrons dans l'enceinte par la grande entrée : celles ou passent les taureaux à l'issu de leur cavalcade en ville !



Des arènes aux dimensions impressionnantes construites en 1921 puis agrandies en 1966. Les gradins peuvent recevoir jusqu'à 20 000 personnes ! Des tribunes aujourd'hui vides mais qu' on imagine pleines à craquer d'aficionados chantant, criant et applaudissant le « spectacle » (façon de parler) du combat entre le toréador et son taureau …

Lors de la visite, Il faut se rendre au centre de cette arène totalement silencieuse ce jour. Cela permet d'apprécier son étonnante acoustique : il suffit de chuchoter ou d'un simple claquement de doigts pour entendre le son s'amplifier et résonner dans l'enceinte. Après le devant de la scène, le parcours de la visite vous mène dans les coulisses : enclos des taureaux et pièces réservées aux toréadors, là sont exposés les fameux habits de lumière, tout en paillettes. Il y a même une chapelle pour des prières avant l'affrontement.



Une autre salle rassemble des affiches de corridas puis un célèbre taureau mais naturalisé et permet également d'assister à une projection de films : encierro et corridas … mais que des scènes « light », plus pour mettre à l'honneur la tradition taurine régionale que pour montrer les mises à mort des taureaux ou même les accidents . Montrer et partager, oui, mais sans choquer le visiteur !



Juste à côté des arènes, trône un buste, celui d'un homme très célèbre. Il n'était pourtant ni toréador ni espagnol mais écrivain et même Prix Nobel de littérature en 1954. Il s'agit de l'effigie d'Ernest Hemingway. Venu à Pampelune pour le compte d'un journal canadien en juillet 1923, l'écrivain s'est pris de passion pour la ferveur de ces fêtes de la San Fermin. Ainsi, par ses écrits, il aura été un des auteurs qui a fait la renommée des encierro et autres corridas de Pampelune. L'histoire dit qu'il aimait particulièrement retrouver ses amis passionnés de corridas et autre toréadors dans le Café Iruña qui se trouve en ville, là, la fiesta battait son plein ! Hemingway est connu comme auteur mais aussi comme un globe-trotter infatigable … Quand on voyage de part le monde, on rencontre parfois (souvent) son souvenir. Ainsi je me rappelle de la « Bodeguita del medio » de La Havane à Cuba, ce bar où Hemingway appréciait paraît-il ses petits Daïquiri ou encore je me souviens avoir vu la belle demeure coloniale où il a séjourné en Floride à Key West …

Pampelune, n'est pas seulement une localité taurine …. Il fait bon continuer la balade dans le centre ville parmi les ruelles étroites du côté de la cathédrale ou encore vers la grande Plaza del Castillo bordées de terrasses de cafés très animés …





Notre périple espagnol est sur le point de s'achever … mais il nous faudra encore une bonne heure et demi de route à travers les vallées verdoyantes de Navarre pour atteindre la frontière et nous retrouver de l'autre côté, en France à Hendaye.
Jean http://perso.wanadoo.fr/groenland-disko/yukon-dempster/
FA Fabriz Veteran ·
Hola Jean 😉

Voilà un beau carnet de voyage!
fabrice
RO Rouquine38 Globetrotter ·
Bonjour Jean, Eh! bien que dire... toujours un régal pour les yeux tes photos 🙂. J'avais réservé (vol + hôtel) pour aller dans les Bardenas Reales pour le loooong pont du 1er Novembre et nous avons dû annulé 🤪. Mais suite à ton carnet, je vais reprogrammer ce petit séjour pour l'année prochaine car j'ai encooore plus envie d'y aller 😛.
"Voyager est un triple plaisir : l'attente, l'éblouissement et le souvenir." Ilka Chase
CL Clae65 Veteran ·
Bonjour Jean, Comme toujours, fine plume qui nous donne envie de lire et ressentir chaque mot, magnifiques photos accompagnement tes récits. Vraiment, tu es un artiste.😉 Tu vois, je serai dans cette région en juin prochain et par exemple, je ne pensais pas arrêter à Pamplelune, mais l'idée de juste faire la ballade des taureaux et ensuite visiter L'arène en est une excellente. Je vais donc tenter de trouver 1 heure ou 2 supplémentaires.

Merci encore pour tes magnifiques récits. Claude
VA VallM17 Veteran ·
Bonjour Jean,

Sympa ce carnet de voyage avec de belles photos et un beau ciel bleu !

Nous avons fait à peu près le même circuit il y a deux ans pour explorer ce désert surprenant et peu connu, idéal pour un court séjour hors saison. Une belle découverte.

Il avait l'air d'y faire plus chaud en septembre que lors de notre passage fin octobre. Nous avons eu beaucoup de vent froid, venu du nord. Pas étonnant qu'il y ait tant d'éoliennes sur les collines de Navarre !
Tous nos voyages sur http://www.famille-morin.fr
SA Sandrine2626 ·
Bonjour Voila longtemps que je veux y aller J'ai une question je voudrais savoir si c'est accessible avec un fauteuil roulant équipe d'une troisième roue a l'avant, ? Est-ce praticable ou totalement inaccessible ? Voila en vous remerciant

SANDRINE😉😉😉
ES Espaces Regular ·
ça fait longtemps que je souhaite aller voir ce joli coin d'Espagne - pas besoin d'aller très loin pour être dépaysé ! Les photos sont superbes, et la plume joliment taillée Merci ! Bonne journée
JE Jemaflor Veteran ·
Merci pour ce sympathique message ... c'est une très dépaysante destination à quelques pas (enfin kilomètres !) de la frontière entre France et Espagne.
Jean http://perso.wanadoo.fr/groenland-disko/yukon-dempster/
JE Jemaflor Veteran ·
Salut Isabelle,

alors si je lis bien, ce n'est que partie remise ... je suis sûr que tu apprécieras le dépaysament avec ce décor pour le moins original et si surprenant.
Jean http://perso.wanadoo.fr/groenland-disko/yukon-dempster/
JE Jemaflor Veteran ·
Bonjour Claude,

Merci pour les compliments à propos de mon récit ... c'est vrai que la visite de Pampelune vaut la peine lorsqu'on est dans la région. Intéressant d'avoir un aperçu de cette tradition taurine même si l'on est pas un vrai fan de corrida !
Jean http://perso.wanadoo.fr/groenland-disko/yukon-dempster/
JE Jemaflor Veteran ·
Merci pour la visite, on est bien d'accord, voilà un lieu qui surprend et enchante les visiteurs amateurs de paysages grandioses. C'est certain qu'il doit y faire plus chaud en septembre que fin octobre ... et je n'ose pas imaginer la fournaise que les lieux doivent connaître en pleine canicule estivale !
Jean http://perso.wanadoo.fr/groenland-disko/yukon-dempster/
JE Jemaflor Veteran ·
Merci Sandrine pour la visite. Concernant la question de l'accessibilité ... ce que je peux dire est que les chemins, pistes et routes ne sont pas vraiment lisses ... On peut donc se déplacer en voiture et profiter un peu plus de quelques sites si l'on est en fauteuil roulant mais cela me parraît quand même un peu difficile sauf sans doute autour de l'emblématique Castildetierra, le lieu le plus fréquenté et le plus accessible. Bonne visite si vous envisager de vous y rendre.
Jean http://perso.wanadoo.fr/groenland-disko/yukon-dempster/
JE Jemaflor Veteran ·
Salut Sylvie, Merci pour ce gentil commentaire, en effet la destination n'est pas trop éloignée et pourtant très dépaysante.
Jean http://perso.wanadoo.fr/groenland-disko/yukon-dempster/
RO Rouquine38 Globetrotter ·
Salut Isabelle,

alors si je lis bien, ce n'est que partie remise ... je suis sûr que tu apprécieras le dépaysament avec ce décor pour le moins original et si surprenant.

Oui, après avoir vu tes magnifiques images, j'ai encore plus envie d'y aller. J'avais l'intention de les reprogrammer pour l'année prochaine à la Toussaint mais le retour de Virginie (VallM17) me fait hésiter un peu pour la période 🙁. Donc à suivre...
"Voyager est un triple plaisir : l'attente, l'éblouissement et le souvenir." Ilka Chase
VA VallM17 Veteran ·
Salut Isabelle,

Nous avons eu plutôt beau temps mais c'est ce vent fort et froid qui était désagréable. Ca ne nous a pas empêché de faire toutes les balades prévues et ça nous a donné un prétexte pour nous réchauffer avec une bouteille de vin le soir au resto 😉

Vu le nombre d'éoliennes qui hérissent les collines de Navarre, je me dis que ce vent ne doit pas être rare. Autant il doit être bienvenu en été quand il fait chaud, autant fin octobre on s'en serait bien passé ! Au printemps c'est peut-être mieux... ou pas ! Impossible d'en être sûr.
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RO Rouquine38 Globetrotter ·
Bonjour Virginie, Merci bien pour ta réponse, en effet, mieux vaut peut être un peu de vent au printemps ou à l'automne qu'y aller en été car je pense qu'il peut y faire très très chaud 😉
"Voyager est un triple plaisir : l'attente, l'éblouissement et le souvenir." Ilka Chase

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