Ciné-Cinémas indiens

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L'Inde est le plus important producteur cinématographique au monde... Et les Indiens sont très friands de films made in Bollywood (Bombay et Hollywood). Au cours d'un séjour au Rajasthan en février 2000, nous étions accompagnés de notre jeune ami indien Sudhir, 25 ans (guide-ange gardien-conducteur de la petite Fiat qui nous a trimbalés durant quatre semaines). Son plus grand plaisir, c'était d'aller au ciné durant ses heures de repos... Cela faisait longtemps qu'on avait envie d'entrer dans une salle de cinéma indienne, et à Jaïpur, de grandes affiches en technicolor annonçaient un James Bond... "with a french girl" (Sophie Marceau) : tout pour plaire à notre Sudhir, pas vraiment notre tasse de thé, mais... pour lui faire plaisir... et pour goûter à l'ambiance locale : OK... !

Nous voici donc devant les grilles du Raj Mandhir ("le plus beau cinéma de l'Inde" selon le guide du Routard). Une foule énorme se presse à l'entrée : il y a une astuce pour éviter une trop longue attente aux guichets. Deux files : "Men" et "Women"... Et la file des ladies est nettement moins dense que celle des mecs... Je suis donc chargée d'acheter nos trois billets. Tout se déroule en douceur au milieu de mes voisines, alors que les gars sont agglutinés en paquets compacts devant leur guichet.

On pénètre enfin dans la salle : la plus belle de l'Inde, elle le fut certainement, il y a 40 ans de cela, lorsqu'elle a été construite par deux frères, fils de joailliers... Hélas, elle a maintenant triste allure, le plâtre se détache des murs, plaqués d'échafaudages en bambous et des lambeaux de toiles pendent du plafond. Les fauteuils sont à la limite de l'effondrement. Une foule bruyante et joyeuse a rapidement pris place. La majorité des spectateurs est composée d'hommes seuls, mais il y a aussi quelques familles avec de très jeunes enfants. Une maman assise devant moi allaite son bébé... On s'interpelle à grands cris et rires.

Le générique "The world is not enough" déclenche un délire de joie bruyante... La version est en hindi, sous-titrée en hindi (coucou Douya !) : "Comprenez-vous ?" s'inquiète Sudhir... Je le rassure, ça ne devrait pas être trop compliqué à suivre...

Entr'acte, évidemment, pour se délasser les jambes et échanger les premières impressions : "Avez-vous des salles de cinéma comme celle-ci en France" ?... demande mon voisin. Réponse positive : "La France est un pays moderne"... Ah...

Le public trépigne et glousse de satisfaction à chaque exploit de 007, se tortille à la vue de Sophie Marceau nonchalamment étendue sur un sofa, son corps dénudé et somptueux à peine voilé d'un paréo de soie... Les méchants ne sont pas ceux que l'on croyait, la belle Sophie est une traîtresse, super Pierce Brosnan punit et récompense ses comparses.

A peine le film terminé, les spectateurs se ruent vers les sorties étroites, comme s'il y avait le feu dans la salle. Ils s'écrasent et se bousculent dans une bonne humeur communicative. Etonnantes foules indiennes habituées aux magmats humains. Sudhir est enchanté... Son bonheur nous fait plaisir. Un beau dimanche se termine.
Fabricia - Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
OD Odonate Veteran ·
En cinéma indien, je trouve admirable les films de Satyajit Ray, tels que "les joueurs d'échec", "tonnerres lointains", "la trilogie d'apu"...connaissez vous et qu'en pensez vous?
ULTREIA
FA Fabricia Globetrotter ·
Satyajit RAY : metteur en scène exceptionnel dans l'univers cinématographique indien, qui appartient à un monde raffiné, celui des Bengalis de Calcutta. "Le Salon de musique" (1958) m'a fait penser à un film de Jean Renoir, "Le Fleuve", tourné en 195O sur les rives du Gange. Même poésie des décors, finesse d'analyse des personnages, évocation d'un univers privilégié, on rêve à ce qui fut... et qui n'est plus. Je crois que les cinéphiles occidentaux le connaissent mieux que ses compatriotes...

Rien de comparable au cinéma dont raffolent les foules indiennes : films interminables (4 heures...) hauts en couleurs (ceux de RAY sont en noir et blanc), cocktails agités où les héros, bons et méchants, se ressemblent, tout ceci sur des rythmes frénétiques et pimentés de danses échevelées... Le spectacle est bien souvent dans la salle. C'est très sympa aussi !

Et j'aime bien Mira Naïr, une indienne qui n'a pas eu peur de braver l'opinion de son pays avec son "Kamasutra" (pourtant très soft à mon avis), n'a-t-il pas été interdit de projection en Inde ? Son film suivant, "Le Mariage des Moussons", mille et une nuits magiques, un régal pour les yeux... et les oreilles !
Fabricia - Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs... ("L'Usage du Monde" - Nicolas Bouvier)
DA Dalale ·
bonjour,

Si les films bollywoodiens sont d'une durée minimum de 3 heures c'est pour permettre aux indiens d'echapper à leur triste quotidien. En effet ils se privent parfois de nourriture pour assister à une projection et donc le plaisir doit durée le plus longtemps possible.

Mais je ne pense pas vous apprendre grand chose.

Moi personnellement je raffole de ces films qui me font rêver et qui nous donne du vrai spectacle. Je suis droguée aux masalas et je pense ne pas me desintoxiquer de sitôt . Mais en ai-je vraiment envie...et est-ce vraiment toxique... Et puis non pas plus que ces films américains qui nous bombardent d'image violente et de vulgarité inutile.

Non trois ou quatre de films ce n'est pas interminable lorsque c'est du bon spectable, tout depend de l'etat d'esprit dans lequel on va voir ce spectacle.

à bientôt

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