Original post
(vu la discussion sur l'Inde je n'ai pas choisi le bon titre .... [:/])
Dans quelques jours. Je vais quitter le Perou pour descendre les marches du continent et me retrouver en Bolivie. Deux mois, si courte periode pour ce pays. Et je traine, je n'ai pas envie de partir, petite boulle la, qui ne descend ni ne monte.
J'etais venue ici surtout pour la nature : paysages et animaux. En fait de nature, j'ai trouve des Hommes.
La vue sublimes des sites archeologiques s'estompera dans ma memoire, le gout sur ma langue des mets delicieux se perdra, s'etioleront les sensations eprouvees lors d'un trek, le corps en sueur bien vivant. Mais le coeur a vif, "sans poitrine", le portant dans ce pays superbe, je n'oublierai pas.
Je n'oublierai pas ces noirs yeux d'enfants, ourles de cils tendres, qui brillent comme des etoiles. Je n'oublierai pas ces femmes a la peau tannee sur des joues rubicondes, quelques ephelides perdues sur un nez aquilin aux ailes bien dessinnees, ni le temps n'effacera leur expression timide lorsque farouchement elles detournent le regard, et leurs robes laborieusement brodees... Je n'oublierai pas cette bouche edentee de petit vieux ratatine, l'echine courbee qui grimpe le long du cañon et qui refuse une, deux fois l'eau que je lui propose avant d'accepter a contre-coeur parce que "Señorita" va en avoir besoin. Et je porterai dans ma memoire ce bapteme auquel je n'etais pas conviee mais auquel j'ai ete invitee lorsque ma curiosite m'a poussee a aller voir d'ou venait la musique, et ces heures passees a boire et danser avec citadins et paysans, curieux de ma tete blonde et de mon statut de celibataire (a mon age voyons ! ).
J'aime voir le coeur des gens, sa dichotomie, entre ombre et lumiere comme la lune. Et ces gens m'ont parle des heures durant, me faisant ainsi cadeau de ce que l'on a de plus precieux : le temps et la parole. Ils m'ont parle de leur famille, de politique, de leur religion, de leur vision du monde, des gringos, de leur histoire, du travail. J'ai questionne sur tout ce qu'ils pouvaient et voulaient me dire, et jamais dans leur reponses ils ne m'ont fait defaut. J'ai pris le temps de les apprivoiser et de me laisser apprivoiser, de passer a plusieurs reprises devant le meme magasin, de manger le meme menu a 3 soles dans le meme petit resto, rien que pour eux. Pour prendre le temps de connaitre et reconnaitre un visage. Pour laisser le temps au petit Gustavo de me montrer son livre sur les animaux, pour lui laisser le temps de me demander de revenir le lendemain, encore une fois ...
Merci a ces gens de m'avoir rendu dix fois le sourire, merci d'avoir ete au pire indifferents, au mieux de m'avoir apporte patience et douceur.
Si on cherche ce qui tape, la vie brute, la douleur qui dit son nom plutot que celle qui s'apaise avec force lenitifs, et ce bonheur que l'on eprouve lorsqu'on prend le risque de se briser, on recoit a la mesure de ce qu'on cherche ici.
Laconique serait un "les gens ici sont super-gentils et tres accueillants". Je dirais plutot qu'ici, on trouve du coeur aussi. Oui, cela depend de ce que l'on cherche lors d'un voyage, mais si l'on parle suffisamment des attractions touristiques de ce pays, on ne chante pas assez les louanges que l'humanite de ce pays meriterait.
Alors un hommage aux peruviens (que les VFistes vont se taper ), qui ne se douteront probablement jamais de la tendresse et de la reconnaissance que je leur porte, j'ai eu la chance jusqu'a ce jour non seulement de ne pas faire de mauvaises rencontres (cela arrive ici comme ailleurs), mais aussi de capturer de mes yeux des moments de lumiere exceptionnels.
Les peruviens ...
Elle était débout la ville !!!
Bonsoir Titania,
En quelques mots il est difficile de transmettre ce que l'on peut ressentir, mais je vais essayer malgré tout.
Tout d'abord et comme dans beaucoup de pays, je dirai il y a deux catégories de péruviens, ceux qui vivent dans les grandes villes et ceux qui vivent la haut, sur les plateaux ou bien dans les montagnes.Ce sont ces derniers qui m'ont le plus touchés.
Mis à part certaines régions d'Indonésie, je n'ai que trés rarement rencontré une telle pauvreté et à la fois une telle richesse d'âme et de coeur.
Toutes nos rencontres d'altitudes, en traversant des petites communautés ou bien en plantant la tente tout prés de petits villages, se sont déroulées dans une joie quasi générale.Ces pauvres bougres qui n'ont rien ou pratiquement rien, ne savent pas quoi faire pour rendre les visiteurs heureux.Ils n'ont rien et le peu qu'ils ont, ils ne pensent qu'à le partager.Un poisson qu'ils viennent de pêcher dans un torrent, des pommes de terre qui sont à la base de leur nouriture, des oeufs, du lait, bref tout ce qu'ils ont et ne demandent rien en retour.Ils ont le bonheur dans leurs yeux, ils rient de ne pas nous comprendre, et partout où nous sommes passés, nous avons eu cet accueil que je n'ai rencontré nul part ailleurs.
Nous avons distribué des cahiers d'ecoliers ansi que des crayons pour une trentaine d'élèves dans un petit village ( Belluyo ) à 4950 métres d'altitude et le village entier est venu nous faire la fête, du vrai, du réel, du vécu, sans arrières pensées, des gens heureux.
Cela fait trés chaud au coeur de rencontrer de tels amis dans un monde pourri par le fric, j'espère qu'un jour il y aura du retour pour ces populations qui le méritent largement [:)]
http://www.aventuren4x4.com
Carnet Namibie : https://voyageforum.com/discussion/namibie-amie-d9300813/
Carnet Grizzlys : Carnet Grizzlys : https://voyageforum.com/v.f?post=9308751;page=last;#last
Salut Madame Nawal, que tal ???
Bien voila, les dernieres nouvelles du front n'ont rien de glorieux, le sergent Titania revient a la base (La Paz) apres 8 jours passes entre la pampa et la ville de depart d'un tour effectue dans ce coin de Bolivie a l'inenarrable beaute. Mais cela a coute pas mal de cartouches, je reviens donc m'approvisioner dans la capitale, ou j'ai une plus grande liberte de mouvement.
Ces magnfiques capibaras, crocos, iguanes, perroquets, tortues d'eau douce & Co. ont eu un revers de medaille : le tour de 4 jours dans la pampa s'est fait en anglais (quoi de plus naturel en Bolivie ?? ), les gens (touristes) ne parlent qu'anglais a Rurrenabaque (quoi de mieux que de rester un 4-5 mois en Amerique du sud sans pouvoir demander "cuanto cuesta" et en demandant "how much does it cost"?). Non j'avais oublie, les gens qui ne parlent pas anglais peuvent bien sur se rattrapper avec l'hebreu (que suis-je bete de ne pas avoir pense apprendre l'hebreu avant de venir ici ...). Autant dire que, faisant quotidiennement des efforts pour "hablar castillano" je suis super agacee d'entendre les gens eructer des "Oh God" suivis de veloutes "fuck", assortis de tres gracieux "sheet" a longueur de journee.
Pour continuer, degoutee aussi par le comportement des certaines personnes qui finissent trois ans d'armee et qui viennent se defouler en voyage, en oubliant toute contrainte, meme la plus elementaire, soit le respect de l'autre .... et allons-y donc avec les marchandages qui ressemblent plus a des combats, allons y avec l'autre qu'on ignore de la pointe de ses cheuveux jusqu'a ses chaussettes, avec le dedain des autres parce que paresse oblige ils ne parlent souvent que leur propre langue. Passons sur leurs fiestas jusqu'a 2-3 heures du mat (ca encore, je peux comprendre et j'accepte), mais n'oublions pas celui qui cette nuit tapait sa copine juste face a la porte de ma chambre (pour une histoire de coca que l'un aurait vole a l'autre) et moi de l'autre cote de la porte a me demander "que dois-je faire, ce n'est pas mon affaire mais elle crie, il y un bruit sec de coups...". Et ce qui est pire c'est que ces gens font plus de mal a eux meme en induisant les autres a se faire une certaine (pas tres reluisante) idee des personnes qui viennent de ce pays.
Bref, les animaux sont beau a craquer et ... une bonne nuit de sommeil et a partir de demain je retourne a ma "chasse aux papillons (= les conversations avec les paceños en l'occurrence).
Snif ....
Elle était débout la ville !!!