Ramener un souvenir ou priver un peuple de son patrimoine culturel?
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Bonjour à tous,

Pour faire suite à la question posée par GillesB, "De tous vos voyages, quelle est la chose la plus importante que vous ayez ramenée", je vous faire part d'un sentiment qui me turlupine et avec lequel je ne suis pas très à l'aise : lors d'un voyage en Chine, je suis tombée complétement par hasard sur un costume de l'ethnie Miao, ancien, déchiré, qui trainait par terre avec d'autres vêtements dans une petite gargotte ou je cherchais de l'eau. Renseignement pris, la vendeuse m'a fait comprendre qu'elle le vendait. Je connaissais les costumes Miaos, ces fameuses jupes aux mille plis, je les trouvais très beaux et j'avais déjà dans la tête d'en rapporter un. J'ai donc acheté ce vêtement et depuis il "vit" avec moi dans le salon. Il me ramène souvent en pensée dans mes voyages, à travers lui c'est un petit bout de l'histoire du peuple Miao que je me raconte et que je raconte aux personnes qui viennent chez moi et qui s'y interessent. Je me dis que je l'ai fait revivre. Malgré tout, je ne peux m'empêcher de me dire qu'en rapportant des objets, des souvenirs des pays ou nous nous rendons, c'est un peu de leur patrimoine que nous emportons. Avons-vous le droit de dépouiller les populations de ce patrimoine ? De façon tout a fait démagogique, on pourrait se dire que si nous ne le faisons pas, certains objets tombent dans l'oubli, finissent à la poubelle... Il me semble que ce n'est pas une explication suffisante. Et vous, qu'en pensez-vous?
"Voyager ne sert pas beaucoup à comprendre mais à réactiver pendant un instant l’usage des yeux : la lecture du monde". Italo Calvino, Collection de sable (1984)
GA Gallia Veteran ·
C'est une question bien difficile. Surtout pour y répondre de façon absolue. L'envie de posséder de tels objets est là mais elle s'oppose comme vous au fait que l'on pourrait considérer piller le patrimoine des pays visités. Pourtant de nombreuses personnes vivant dans les pays visités n'y accorderont aucune importance et comme vous dites certaines objets finiront à la poubelle. Pour ma part, je crois que si votre intention est d'en faire profiter vos proches, de leur expliquer une partie de la civilisation visitée à travers cet objet c'est effectivement lui offrir une nouvelle vie, et surtout faire partager votre bonheur de visiter cet endroit. Ce n'est pas un pillage c'est constructif. Cela aurait été différent si le but était de le revendre plus cher en France ou ailleurs. C'est plus dans le but de mémoire et dans ce but là même si ce n'est pas votre pays d'origine je trouve l'action louable apres tout le patrimoine est aussi mondiale. L'unesco n'existe pas pour rien. Mais, je sais que certains pays réclament des objets mis dans les musées dans d'autres pays que les leurs, les objets avaient été pillés dans des conditions particulières aussi. Pour moi, c'est l'intention que l'on réserve à l'objet qui fait la différence mais certes des personnes habitant le pays d'ou l'objet part pourrait le regretter, peut-être à plus long terme d'avoir laisser partir leur patrimoine national.
Vous ne serez riche que lorsque vous serez en possession d'une chose que l'argent ne peut acheter Pour le voyageur amoureux, cent km ne paraissent pas plus longs qu'un km( proverbe japonais)
NI Nickopol Regular ·
Bonsoir Gallia

Merci pour l'avis que tu donnes sur le sujet que j'ai lancé il y a quelque temps et qui n'a pas suscité de réactions! Pourtant il a été lu par quelques personnes. Peut-être trop dérangeant.....

Tant pis, je reste avec mes questions et peut-être qu'avec le temps, je finirais par y répondre!
"Voyager ne sert pas beaucoup à comprendre mais à réactiver pendant un instant l’usage des yeux : la lecture du monde". Italo Calvino, Collection de sable (1984)
CA CatherineGil Globetrotter ·
Bonjour,

C'est un peu la même question que : pourquoi vouloir un poisson rouge dans un bocal ou bien un canari dans une cage si ce n'est pour s'approprier la rivière ou la forêt ? Et la réponse de mon point de vue est la même :

Un poisson rouge ou un canari seraient bien incapables de retourner à la nature .

Quant à ces souvenirs que nous rapportons, ou pas, dans le meilleur des cas, ils on été fabriqués par les artisans locaux pour être vendus aux touristes et en les achetant, nous participons à l'économie locale, dans le pire des cas, ils sont Made in China . Dans un cas comme dans l'autre nous ne privons absolument personne de rien. C'est un faux problème. Raison pour laquelle tu n'as eu que fort peu de réponses.
Catherine " La lucidité est la blessure la plus proche du soleil" René Char

http://www.catherinegil.com
MA Maitairoa Globetrotter ·
... oui ...

... sauf que dans son exemple, Nickopol ne parlait pas de copies d'objets faites pour être vendues ... mais d'originaux pouvant être considérés comme faisant partie d'un "patrimoine" culturel ...

... la vraie question n'est-elle pas de savoir quel besoin nous avons réellement de ramener ces objets chez nous ?

... et je ne suis pas sûr que celui-ci ait très souvent à voir avec la très louable volonté affichée de diffuser une meilleure connaissance de la culture en voie de disparition dont il est question ...
CH Choucarde Globetrotter ·
Bonjour,

Il m'est arrivé de voir des objets, des "originaux" en vente et pour certains je trouvais cela dommage car ils sont liés à l'histoire et la culture de leur peuple. Je n'en ai donc jamais acheté, de plus l'idée de me faire controler à la douane en repartant avec ces objets ne me tentent pas. Je vois pas l'intéret d'avoir des originaux non plus.

ci dessous de véritables casques fangs en vente.
Choucarde
WI Williama Globetrotter ·
bonjour,

j'ai éprouvé la même gêne et eu les mêmes scrupules que toi dans mon histoire de kaboshi achetée à un gamin à Madagascar (histoire relatée + photo dans le topic de Gilles B dont tu parles). Mais en fait, tout cela est très subjectif. Ce qui représente une oeuvre d'art ou tout simplement une pièce exceptionnelle pour nous est le plus souvent un objet usuel pour ces peuples qu'ils peuvent reproduire à l'infini en fonction de leurs besoins et sans notion d'époque.

La notion de patrimoine nous est propre, et puis chaque jour chez nous il y a aussi des milliers d'objets qui quittent notre territoire à travers les ventes aux enchères, salles de vente, braderies etc... nous sentons-nous pour autant dépossédés d'un quelconque patrimoine?
CA CatherineGil Globetrotter ·
🙂,

C'est bien possible mais mis à part les experts archéologues, ethnologues ou acheteurs pour différents musées, le touriste moyen ou même averti a toutes les chances de se faire blouser en croyant acheter un objet "authentique".

D'ailleurs il y aurait là tout un discours à développer autour du terme "authentique" ou autour du vieux débat philosophique sur "le vrai" et le "faux".
Catherine " La lucidité est la blessure la plus proche du soleil" René Char

http://www.catherinegil.com
NI Nickopol Regular ·
Bonsoir williama,

Ta réponse me plaît assez, dans le sens ou effectivement les objets sur lesquels nous tombons en arrêt ou en admiration n'ont pas, ou plus, de valeur pour les populations concernées.. De plus, comme tu le dis elles peuvent bien sûr les reproduire, ce qui continue de se faire, par exemple, dans le cas des costumes Miaos, dont je parlais.

Pour répondre à Choucarde, je précise que ne parlais pas d'objets "originaux" ou de copies d'originaux (et encore moins d'objets de valeur) et que je n'ai donc pas d'inquiétude à avoir aux douanes.

Merci de vos réponses
"Voyager ne sert pas beaucoup à comprendre mais à réactiver pendant un instant l’usage des yeux : la lecture du monde". Italo Calvino, Collection de sable (1984)
LE Leucateplage Veteran ·
salut nickopol

petite participation a ton topic, moi cela ne me choque pas. dans ton cas le costume miaos est bien exposé dans ton salon(musée😏)et il contribue a sa manière auprés de tes visiteurs a faire découvrir la culture chinoise et en plus te permet d avoir toujours une partie de ton esprit la bas aprés a une plus grande échelle c est un débat trop long et savoir si le patrimoine d un pays est mieux protégé au musée du louvres ou dans le pays d origine? la on peut avoir deux visions opposés et savoir qui a raison dépend vraiment trop des cas particuliers(une peinture ancienne sera plus bichonnée dans un de nos musée que dans une cave pousiéreuse et humides de son pays d origine et l inverse privé un musée locale qui préserve bien son patrimoine d une oeuvre majeur de son histoire je trouve ca pas cool maintenant il ne faut pas non plus que tout les touristes qui visite un site comme angkor reparte avec leur petite pierre qui finira au fond d un tiroir tout dépend pour moi de l attention future que tu donneras a cette objet et dans ton cas je me fait pas de soucis ton costume miaos est en bonne place a plus benoit
GI GilesB Globetrotter ·
Personnellement, je ne ramène aucun souvenir matériel... juste des photos... peut-être parce que je considère qu'un objet ramené d'un voyage perd toute sa valeur en dehors de son pays d'origine... c'est juste mon sentiment.
SI Simon17 Veteran ·
a l'inverse, mais parents ne prennent jamais de photos et preferent ramener une statuette, une tenture, ..... pour garder un souvenir plus vivant qu'un cliché qui perd de son interet et que l'on stocke au fond d'un tiroir!!!
GI GilesB Globetrotter ·
Il y a aussi des objets qui s'entassent et prennent la poussière ! Mes photos sont sur une clef USB de 32 Go et défilent sur mon grand écran de télé... comme c'est aléatoire, je profite tout le temps de mes photos.
RI Rimcha Veteran ·
Il est sûr que piller les sites d'egypte, d'angkor etc ... c'est priver un peuple de son patrimoine. Ramener un souvenir de voyage, je ne pense que çà soit priver un peuple de son patrimoine.
UL Ulysse13 Regular ·
Bonsoir,

Pour émettre un avis dans cette discussion, je dirais qu'il est préférable que les objets culturels vivent leurs vies culturelles ou que ce soit et que les objets de valeur devraient être entre les mains de gens de valeur Donc si tu considère que cet objet est de valeur sois en digne, ce qui me semble acquis puisque tu te poses la question, il faut maintenant le rester car tu en es responsable.
Heureux qui comme ...
NI Nickopol Regular ·
Merci à toutes les personnes qui ont contribué au post que j'avais entamé, elles m'ont permis d'aller un peu plus loin dans ma réflexion et de trouver un moyen de légitimer ce que je considérais un peu comme un "pillage". En effet, le costume Miao a quitté mon salon et s'expose pour le week-end, avec quelques autres objets ramenés de mes voyages, pour une expo-conférence-diaporama sur le Yunnan. Une façon de rendre hommage aux minorités qui ont crée et porté ces si beaux costumes.
"Voyager ne sert pas beaucoup à comprendre mais à réactiver pendant un instant l’usage des yeux : la lecture du monde". Italo Calvino, Collection de sable (1984)
PA Papyrun874 ·
Voyageant en solitaire et n'étant pas collectionneur, je ramène peu de souvenirs matériels si ce n'est quelques photos et de petits objets à offrir à ceux que j'aime: ils ont surtout une valeur sentimentale. De mes voyages je n'ai conservé pour moi qu'un bouquet de fleurs maintenant fanées offert par un petit marocain alors que je déjeunais. Il me l'avait tendu par derrière moi et s'était enfui aussitôt. la surprise et l'émotion m'avaient figé sur place: trois petites fleurs jaune et une rouge.....pour rêver toute une vie. Ne te pose pas trop de questions, tu ne dépossède personne de sa culture ni de son patrimoine et tu n'exploites pas la misère.
DE DeCléricy Veteran ·
« La chose la plus importante que j’ai apprise est que les cultures n’ont pas besoin d’être protégées par les bureaucrates et les forces de police, ou placées derrière des barreaux, ou isolées du reste du monde par des barrières douanières pour survivre et rester vigoureuses. Elles doivent vivre à l’air libre, être exposées aux comparaisons constantes avec d’autres cultures qui les renouvellent et les enrichissent, leur permettant de se développer et de s’adapter au flot constant de la vie. »

L’écrivain péruvien Mario Vargas Llosa, au sujet du protectionnisme culturel.

DeCléricy
J’en appelle à vous ô Muses Où tant ma vie passe et s’use Qu’encore et toujours j’aime Mes soeurs Galère et Bohème
LE Lepetityayak ·
🙂 Un peux comme la préservation des animaux au Zoo, autrefois ils étaient mal vus, maintenant c’est là que la sauvegarde des espèces est assurée !

Les objets que l’on ramène comme souvenirs ne sont pas en général d’une très grande valeur, il n’y à pas trafic d’œuvres !

Les valises ne sont pas assez grandes pour cela, et puis un objet acheté avec le cœur est chargé de l’émotion que l’on a mise en lui à son achat.

Les choses sont simples et dépourvues de malice si le voyageur est sincère.

Non ?
( Par ici ou par-là, allongez le pas et vous saurez pourquoi... ! )
YV Yves33 Regular ·
Bonsoir a tous Pour ma part, je ramene de mes voyages une plaque d'immatriculation du pays ! Ce n'est pas du "made in China" (sauf en Chine !) et ainsi cela ne prive pas le pays d'une piece essentielle de son patrimoine Le souvenir il est pour moi, car je sais quand et comment, et de qui j'ai pu l'obtenir, c'est plus qu'un souvenir, c'est un demarreur a souvenirs !!! Peut-etre trouverez vous "l'objet" qui va vous seduire, une fourchette ou un emballage de chocolat. L'important c'est ce qu'il sera pour vous Accessoirement, moi-aussi j'expose parfois mes plaques, et je puis vous dire que c'est TOUJOURS l'occasion de discussions avec des personnes souvent interessantes et parfois passionnantes
VA Vanackeren ·
Ramener un souvenir ou priver un peuple de son patrimoine culturel?» . La préoccupation manifestée témoigne de qualité éthique indiscutable. La possibilité de ramener facilement des objets culturels à bas prix et parfois mal conservé démontre que le patrimoine en question est en danger. Ne pas en faire l'acquisition, signifiera dans un certain nombre de cas (dont celui mentionné) abandon et perte irrémédiable de l'objet culturel. Il se présente dès lors plusieurs possibilités. A/ Si la dépense est faible nettoyer et placer dans de meilleurs conditions de conservation l'objet dont question et le confier à l'organisme de conservation du patrimoine du pays ou de la région concernée ou à un petit musée local. B/Si ces derniers n'y trouvent aucun intérêt, ni personne d'autres et que la loi vous autorise à l'emporter hors frontière, je recommanderais d'en prendre photographies et de les placer sur la toile internet (pages webs, blogs, plateformes sociales, de contacter des sites touchant au thème, étrangers et ou locaux) et peut-être alors de les emporter. De sorte que demain ou plus tard des traces de ces éléments du patrimoines puissent être retrouvées, analysées voire rappatriées si souhaité. C/ Vous êtes résident dans le pays dont question. Et les lois ou les règles de vie vous autorisent à créer votre propre petit musée ce qui fut le cas d'un certains nombre de musées fameux et privé au Pérou. Tels les musées: Larco, Amano, Enrico Poli, de l'Or, Pedro de Osma etc. D/ Dans l'éventualité où personne n'y trouvent d'intérêt et que la loi vous autorise à l'emporter hors frontière. Vous le confiez à un musée dans votre pays avec la promesse de le restituer le jour où le pays originaire de la pièce en ferait la demande. Voilà mes suggestions à chaud. En vous remerciant de cette réflexion pertinente et importante pour les patrimoines de nombreux pays. Cordialement Guy
CH Charlesquint ·
Bonjour,

Quand je suis allé visité le site historique de Satchanalaï en Thaïlande, la personne avec qui j'étais, le soir m'a montré une tuile d'un temple ancien qu'elle avait prise. Pour moi c'était un vol pur et simple et quelque part une trahison envers la Thaîlande. Pour vous c'est différent le costume serait peut être parti aux ordures, donc il faut vous dire que vous l'avez sauvé. Et si la personne le vendait elle l'aurait vendu à un autre, donc, vous n'avez commis aucune faute en l'achetant et peut être au contraire cela a permis à la vendeuse de vivre un peu mieux.

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