Merci pour vos encouragements, voila la suite:
Deuxième partie Manakara - Fort-Dauphin
Avant de partir de Manakara, je lance un coup de fil à mon ami René qui voulait aussi se rendre à Farafagana. Il me dit qu'il a beaucoup de clients à soigner à Manakara et reste encore. Donc je pars seul. La route est assez facile, juste un peu défoncée sur les 10 derniers kilomètres. Je rencontre quelques gens sur la route, comme Clément l'instituteur et ses deux filles sur le même vélo ou Olivier qui s'entraine pour le tour de mada. Quelques sapins aux formes bizarres donc les branches et épines sont concentrées au sommet, et des arbres du voyageur. J'arrive à Farafagana en début d'après midi, c'est l'heure de la sieste. Je contacte Jean-Louis, un Vahasa établi sur place qui organise des descente en 4x4 à Fort-Dauphin dont on ma donné le numéro à Manakara. Il m'invite à boire un verre en début de soirée, puis à manger chez lui. Il me donnera quelques renseignements sur la piste et des villages à visiter qui n'étaient pas sur ma trace GPS comme Sandravinany et Sainte-Luce. On finira la soirée avec quelques verres de Rhum que je paierai bien le lendemain sur le vélo. Farafagana est vraiment une ville plaisante comme Manakara. On y trouve à peu près tout dans une épicerie tenue par une métisse chinoise, et l'air de la mer est bien rafraichissant.
Le lendemain, j'hésite à partir, il pleut par intermittences, alors je passe saluer Jean-Louis. On boit le café, il me montre son hôtel qu'il est en train de construire, et je me décide enfin à partir. Je me taperai la pluie jusqu'à Vangaindrano. Sale journée. Arrivé à Vangaindrano, je fais l'erreur d'aller au Shell Motel. Le bungalow est pourri et sale et en prime mon vélo tombe du rebord en béton du bungalow jusqu'en bas des marches. Un mètre de chute sur la roue avant avec les bagages, m'entrainant avec lui. Par réflexe, je saute par dessus et retombe sur mes pieds sans bobo. Sur le moment, j'ai pensé le vélo cassé et le voyage terminé. La pauvre jante qui a déjà 14 ans vient de se prendre le vélo sur la tête. Je cherche ce qui est cassé, mais ne trouve rien de grave. Juste la potence c'est tournée par rapport à la fourche, ce qui me fera m'apercevoir d'un dangereux défaut de cette dernière, elle ne serre pas correctement la fourche. Sinon, sur les 4 brides tenant le porte bagages, deux ont cédées. Il m'en reste deux intactes. Je remet la potence droite et décide de continuer malgré le défaut de serrage. Ca tient, mais en forçant, il est possible de tourner le guidon par rapport à la roue, malgré le fait qu'elle soit serrée à fond. Cependant, ça ne bougera pas le reste du voyage. En plus de ça, l'hôtel est bruyant, c'est journée karaoké au resto, et la pluie ne c'est toujours pas arrêtée. La rivière monte, et je me demande pourquoi je me met toujours dans des situations pas possibles. Déjà au Vietnam, j'avais essuyé un gros cyclone, et la je remets ça, le moral est au plus bas.
Le lendemain, je n'attend qu'une chose, quitter ce bungalow pourri et retourner sur mon vélo. Tous le monde me dit que ce n'est pas la peine, la route est sous l'eau. Bon on verra bien. Je fais 3km et effectivement, à la sortie du village, la rivière passe sur la route, mais au même moment une pirogue arrive et débarque des gens. J'en profite pour embarquer avec mon vélo. C'est un peu scabreux, la pirogue est petite et ne demande qu'à chavirer. Ca passe sans encombres, et je continue. Après quelques 10km, de nouveau la route sous l'eau et visiblement c'est long. Pas de pirogue cette fois ci, mais un homme qui arrive vers moi en marchant dans l'eau. Je lui demande si il peut prendre mes bagages et retraverser dans l'autre sens contre rémunération. Il accepte, et je porterai le vélo sur près de 400m en marchant dans l'eau jusqu'à la taille. De l'autre côté, un taxi-brousse est bloqué et l'homme qui portait mes bagages, était l'aide chauffeur qui évaluait la gravité de l'inondation. Je continue donc pour arriver au premier bac. Les bacs, au nombre de 10 jusqu'à Fort-Dauphin, sont censés passer les véhicules motorisés gratuitement, et les vélos et passagers peuvent embarquer pendant la traversée. C'est ce que me disais Jean-Louis, tu attends une voiture et passe avec. Bon, seul hic, comme la route n'est pas praticable, il n'y a pas de trafic. Seule ce premier bac transportera une voiture, pour les autres, je paierai 5000 ariary la traversé, et ils bougeront le bac juste pour mon vélo. Je préfère ça à la mini-pirogue instable, parce que le vélo et les bagages au fond du fleuve, ça risque de poser quelques problèmes.
J'arrive à Manambondro encore une fois sous la pluie et me trouve une petite chambre dans une maison typique de la côte-est. La gargote qui loue les chambre fait aussi la vidéo le soir. Pour cela ils ont un groupe électrogène, qu'ils démarrent pendant deux ou trois heures. C'est le moment idéal pour leur donner à charger vos accessoires. Pour les vidéos, c'est toujours des films de kung-fu Chinois à deux balles. Le lendemain, départ pour Sandravinany. J'en profite pour distribuer des photos imprimées depuis un post du forum au gens retrouvés. Quel joie sur leur visage lorsqu'un vélo inconnu débarque et leur donne des photos d'eux cinq ans après. La piste pour Sandravinany est un peu sablonneuse. Ca ne poserais pas trop de problèmes si cette satanée pluie cessait et arrêtait de mouiller le sable. Mais la il faut de temps en temps descendre et pousser.
Pour aller à Sandravinany, il faut bifurquer et faire un détour de 5km, qu'il faudra revenir le lendemain. Sandravinany est un charmant petit village au bord de la mer avec une superbe crique. Je me case dans la gargote en face de Care, une association humanitaire très active sur le terrain. Arrivé vers midi, et le soleil faisant enfin son apparition, je me décide à trouver une solution pour compenser les deux brides de fixation du porte-bagage qui on cassés lors de la chute du vélo, de façon à assurer au cas ou les deux autres lâcheraient et éviter le basculement du porte-bagage vers l'arrière. Je trouve le moyen de serrer les deux barres inutilisées d'un côté sur un montant du cadre, mais pour cela, il me faut deux vis longues de 50mm. J'en ai une et pars chercher la seconde dans le village. Chez Care, et le réparateur TV, il n'y a rien. On me dit d'aller voir au village dans une épicerie tenue par un métis-chinois. Il me sort une boîte à bonbons, avec pleins de vis, des petite, des grosses, des droites, des tordues, et toutes rouillées. Le seul truc assez long est un serrage rapide de selle que je négocie. Ca n'est pas une vis, mais ça fera l'affaire. Ma bricole et les deux brides restantes tiendront jusqu'à Tuléar malgré l'état de la piste. A la gargote, je commande du poulet rôti pour le soir, parce qu'il faut commander sont souper à l'avance. Le poulet, c'est celui qui courre dans la cour. Il prépare un bungalow utilisé normalement par une des fille de la gargote, changent les draps, le nettoie, et cherche de l'eau pour la douche. Ici, la douche c'est au pot. Ils attrapent le poulet, le prépare, font le feu, cuisent du riz, ect.. En tout ils bosseront près de trois heures pour moi. Le soir, je me retrouve avec les employés de Care, la patronne et mon poulet entier sur l'assiette. Un des employé, me demande si j'ai commandé le poulet entier ou si elle à déconné. Care emploie des Malgache, lui a fait l'université, il parle très bien le français. Le poulet finira par être mangé par la patronne et ses filles, parce que moi, après un tiers, je ne peut plus en avant. Sandravinany, c'est un peu l'endroit que l'on quitte la larme à l'œil en ayant l'impression de quitter sa famille.
Retour les 5km en arrière et bifurcation sur le bac de Befasy et Manantenina. La pluie est partie, elle ne reviendra plus jusqu'à Tuléar. A Befasy, encore une distribution de photos. La route est magnifique, bordée de prairie, et passant des collines les une après les autres. Les passages techniques ne manquent pas et les petites oasis qu'elle traverse oblige à porter assez souvent le vélo, mais sont très rafraichissantes. Arrivé à un bac, je demande si il y a du réseau question de donner des nouvelles. On me dit qu'il y a du réseau Telma, 2km après le village. Ca tombe bien, j'ai Zain, un autre opérateur téléphonique. Et 2km après le village, il n'y a rien. Donc au village, je trouve quelqu'un qui a un téléphone Telma, et un autre qui a une moto. Je négocie pour qu'ils m'accompagnent les 2km en moto pour que je puisse donner des nouvelles avec son téléphone. Arriver à Manantenina, je trouve un charmant Bungalow et pars visiter le coin. C'est moins charmant que Sandravinany, mais peut être que j'ai eu moins de chances.
Après Manantenina, il y a encore cinq bacs, dont quatre à manivelle, donc ça peut prendre du temps. Sur la route, au milieu de nul part, je croise un vieil homme qui porte des branches. Il se déplace à l'ombre et pose difficilement ses branches. Il fait très chaud et il est visiblement à bout de force, il fait tout très lentement. Je discute un moment avec lui et il me demande si je n'ai pas à manger. Le seul truc que j'ai est un paquet de petits beurre que je lui donne. On dirait qu'il ne connait pas, il regarde le paquet bizarrement et en mange quelque uns. Voila encore une rencontre indescriptible qu'on ne fait que dans ce genre de voyage. Un peu avant la bifurcation de Sainte-Luce, Je roule rapidement car je longe une montagne ou visiblement un orage amène de la pluie, et j'ai peur que ça arrive sur la piste. Je vois un radier, c'est des espèce de petites cuve en béton qui servent à passer un petit cours d'eau pour éviter que ce dernier creuse la piste. Pour une fois, il est bien raccordé avec la piste, donc je ne freine pas. En sortie, je croyais voir une partie de sable, donc je ne freine pas. Je décolle et m'aperçois que ce n'est pas du sable, mais une flaque de boue. Juste le temps de me mettre en arrière sur le vélo avant que j'atterrisse dans la flaque. La projection d'eau est telle que ça me mouille même le casque. Ca n'étais pas très malin, même si c'était drôle, parce que si au fond de la flaque il y avait eu des cailloux, je risquais encore de tout casser. La bifurcation de Sainte-Luce arrive. La c'est un détour de 10km qu'il faut faire et revenir le lendemain. C'est assez sablonneux au début, mais ça vaut la peine. Arrivé à Sainte-Luce, je cherche madame Edwine comme me la conseillé Jean-Louis. Elle a des chambre et prépare de succulentes langoustes. L'ambiance le soir est magnifique, les enfants du village chantent au clair de lune.
Le lendemain, départ pour fort-Dauphin. Ce n'est pas loin, mais comme j'ai trop trainé à Saint-Luce, il fait très chaud, trop, et je commence vraiment à en baver. Je me rend compte aussi que les langoustes, ça ne tient pas au ventre. C'est la troisième fois que je me retrouve à Fort-Dauphin, et j'ai toujours adoré cette ville. Je trouve un super hôtel, tout confort que je négocie. De toute façon, il n'y a personne et beaucoup trop d'hôtels dans la ville, donc ils acceptent. Tout le monde se prépare pour l'arrivée d'un paquebot au port le débarquement de plus d'un millier de personnes. Quand je vois la peine qu'ils se donnent et l'accueil qu'ils vont probablement recevoir des touristes du paquebot sortis de leur grand luxe pour se retrouver dans le sable, ça me fait mal au cœur. Je me souvenais des paquebots qui débarquaient à l'époque à Nosy-bé. Je reste un jour à flâner dans la ville, aller à la plage, à la banque, faire des provisions de nourriture pour la suite et bien manger. La suite s'annonce compliquée.
A Suivre...