Re,
Ce texte est écrit sur notepad et mis en ligne dès que j'ai pu. Attention, pavé à venir ! (3 pages a4)
Comme le dit Thuan, c'est mieux de faire ce qu'on pense qu'on doit faire, sans ce soucier des autres. Comme on m'a eu dit, the less poeple, the less problem. Mais ces derniers temps, ma vie ressemble à un drapeau en lambeau, un jour de douce brise. Je me cherche, je tâte et je le vois ce bonheur à l'horizon, mais mes bras sont trop courts.
J'ai donc posté ce message sur le forum pour apprendre. Apprendre des autres, accepter ou non d'autres points de vue. Et aussi partager (encore ce mot qui me plait bien ces temps) mon expérience pour qu'à nous tous les bras s'allongent.
A la naissance ma chance a commencé en me donnant des parents singuliers, ouverts d'esprit, avec leur qualités et défauts, comme tout ce qui nous entoure. Lorsque j'avais 6 ans, mon père en avait 60, il a pris sa retraite méritée et nous sommes partis voyager pendant 5 ans, entre l'Alaska et l'Antarctique comprise. Je ne suis jamais allé à l'école pendant ce temps, par contre mes parents m'ont fait comprendre un peu ce monde, qu'il existait des cultures différentes et que nous étions privilégiés. Et j'ai appris couramment l'anglais et l'espagnol. Je suis sur ce forum depuis quelques années, jamais auparavant je n'avais eu l'envie de partager mon cursus. Aujourd'hui oui. Attention, je n'écris pas ces lignes pour savoir qui a la plus grande (j'en ai une petite ! 555), mais encore une fois, pour avancer.
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Sans prétention, je pense que mon vécu n'est pas « normal » et m'a donné une richesse que peu ont la chance de recevoir. J'en suis conscient et trouvant la nature humaine assez fascinante, j'ai encore une fois envie de partager pour apprendre et aider, mais sans compassion aucune. Le contexte est peut-être ainsi plus clair pour tous. A la relecture, j'ajoute « quoi que... »...
Pour revenir au sujet, mes larmes n'étaient pas destinées aux pauvres gens qui n'ont pas d'eau mais à ceux qui jouissent de la vie sans se préoccuper de savoir si son voisin est mourant. Cette attitude me dégoute. On dit que c'est la nature humaine (so called) mais si je peux mettre une goûte de quoi que ce soit dans cette océan d'égoïsme, je me sens mieux. Je suis naïf, je le sais et je ne changerai pas. Par contre, je suis aussi obstiné (je viens à l'origine des Alpes Valaisannes pour ceux qui connaissent). Au crépuscule de ma vie, je veux pouvoir me retourner sur le passé avec un sourire. Après, chacun fait ce qu'il veut, je suis aussi égoïste !
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J'aime ce pays (la Thailande, au cas ou on l'aurait oublié 555) et surtout sa culture. La découverte de cette culture asiatique (qui ne m'attirait pas pas du tout, arrivé ici par hasard, comme quoi...) m'a ouvert les yeux sur le comportement humain. Qu'on aime ou qu'on aime pas, qu'on la trouve « hypocrite » ou pas, elle ne peut pas laisser indifférent un « occidental » qui s'y intéresse. Je trouve cette culture bien plus riche que la notre, difficile à comprendre au début de l'apprentissage, impossible à maîtriser complètement, mais passionnante. J'adore partager le peu que je connais et apprendre encore.
Cet apprentissage me plait énormément mais a déchiré ce drapeau que je comparais à ma vie.
Je ne serai jamais thailandais, je le sais, mais j'essaye d'avoir une vie de bonne éducation en Thailande. Meme si on me dit « pai nai wua », je réponds avec un sourire « mai ru krap ». J'ai réussi à avoir aujourd'hui de vrais amis, qui sont fiers de trainer avec farang ting tong, me sortent partout avec eux sans crainte que je fasse des impers. Ils aiment ma façon d'être et me trouvent poli. Lorsqu'on est avec les parents de mon pote, je ne peux jamais sortir un baht. Ils me trouveraient entre autre mal poli. Ce ne sont pas des Hi-So, mais juste une famille de classe moyenne qui travaille dur pour leur quotidien. Mais ils ne se privent pas de se faire plaisir quand le moment est venu.
Les 2 jours de cette aventure de Tamboon, il m'était impossible de payer dans leur restaurant. On retombe sur ce partage, bien méconnu de la culture occidentale. Ce qui est surtout méconnu, c'est ce partage sans arrière pensées. Donner juste pour donner. Donner égoïstement pour se faire plaisir à soi. Comprendra qui veut...
Hier matin, après avoir chargé les 600 premiers litres d'eau, mon ami me dit dans la voiture : So dd, it's good what we did yesterday na. Did smth good happen to you too yesterday night ? Un grand éclat de rire des 2 compères, effectivement, un nouveau virage dans ma vie thailandaise était arrivé !
Je sais que les farangs sont des farangs, qu'on est en-dessous des locaux. Parfois, je ne les comprend que trop bien. Quand je vois des jeunes farangs, limite saoul à 14h torse-nu au Lotus, je ne peux qu'approuver. L'attitude est quelque chose de capitale ici. Encore une fois, je ne suis pas thailandais et mes connaissances sont limitées et je n'ai pas la science infuse. Mais, par exemple, lorsque je passe devant quelqu'un assis sur un banc et que cette personne me regarde (ou situation similaire où je « bouche » la vue), en passant devant lui, j'esquisse un mouvement de tête vers le bas, comme un peu pour m'excuser de passer devant lui. Débile que je suis me direz-vous. Libre à vous. Mais c'est en ce sens que j'essaye d'être poli (politesse ici, pas dans la culture occidentale). Je ne viens pas en Thailande pour la chaleur mais pour leur façon de vivre. Et j'apprécie les personnes de bonne éducation. Je fais de mon mieux, avec des erreurs évidemment, mais si elles sont faites avec humilité et respect, le sourire du pays reste au rendez-vous.
Ce drapeau déchiré exprime aujourd'hui la peine que j'ai à supporter mon pays natif. Je trouve les gens agressifs, stressés, mal-poli et vulgaires. J'ai quitté la culture farang, m'approche d'une autre que je n'atteindrai jamais complètement et cela créé ce déchirement, ce vide. Ma place est nulle part. Heureusement, j'ai une famille thailandaise à ce jour (celle de mon pote, pas celle d'une copine) qui me donne ce que personne ne peut acheter : du bonheur.
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http://youtu.be/FSfgDhcicbs
Filmé en conduisant, dsl pour le cadrage. C'est juste après Wat Toom Ayuthaya.
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J'adore regarder les yeux des personnes dont je croise le chemin. Les yeux parlent beaucoup à mon avis. Ces jours de tamboon, lors des premiers achats, une chose était flagrante : en arrivant, j'avais droit au regard poli traditionnel, un petit sourire et le fond de pensée : que veut encore ce con de farang (ils doivent surement pensé à autre chose, mais c'est un reste de culture farang qui me fait dire ca). Puis on demande combien est l'eau et mon pote explique pourquoi on veut 600 litres. La, tout fout le camp pour remplacer ce regard habituel par des perles des plus brillantes. « Oh, farang tchaidee kaaa, ma jak nai kaaa ? ». Et on était parti pour quelques minutes de conversation.
Je ne voulais pas répondre à qui que ce soit en particulier, mais il y a quelque chose que je ne peux pas laisser passer. Jumbo, je me dois d'écrire ces lignes à venir.
Connais-tu Carabao ? Obligatoirement, n'est-ce pas ? Fais-toi traduire la chanson dont le titre est Made in Thailand ? Par un bon ami thailandais, sinon ils risquent de ne pas tout te dire. Je trouve que tu as une bien triste image du pays que tu visite. Je reprendrai juste deux de tes points. Commençons par la prostitution. La prostitution est interdite par la constitution thailandaise. Mon avis là-dessus, c'est que c'est justement pour ne pas trop effrayer les visiteurs, pour faire bien. La relation homme-femme en Thailande est très tres complexe pour un farang. J'ai encore dit hier à mon ami, tu sais, meme si je commence un peu à comprendre comment ca marche ici, un truc ou je suis encore complètement largué, c'est la relation homme-femme. J'aime dire aux farangs compatissants envers ces filles, qu'ils n'ont pas attendus les GI's pour se faire plaisir. Un livre qui ouvre un peu l'esprit est le Faucon du Siam. On y comprend un peu, mais vraiment un peu, la relation homme-femme. Comme ton profile indique Thailande comme pays, quelle est ta position sur les relations homme-Mia Luang / Noi ? Ca m'intéresse beaucoup de lire ton point de vue ?
Deuxièmement je te trouve prétentieux. En europe, mon assurance voiture courre jusqu'à fin 2011. Ici jusqu'en février 2555. Il y a plus de 500 ans de différence. Tu vois ou je veux en venir. La fierté des thailandais vient aussi de leur indépendance qui a résisté à ces prétentieux colons. J'aime ce pays, encore une fois, pour leur façon de vivre. Je n'ai aucunement envie que l'esprit thailandais s'occidentalise encore plus. J'espère ne plus être de ce monde le jour ou ca arrive, car je n'y viendrai/vivrai plus. D'ailleurs, si tu as envie de dynamiter les Lotus, 7/11 et autres KFC, je te rejoins de suite. Par contre, si tu as envie des les développer, je te proposerai d'aller vivre en Floride, il y fait aussi chaud.
Côté gouvernement, je ne prend pas position. Je peux parler de celui de mon pays d'origine. Mon avis est que si tant de personnes veulent faire de la politique, c'est que la place doit être sympa. L'avidité et le pouvoir pourri complètement le rôle premier d'un gouvernement. Mais ca ne date pas d'hier et je trouve le sujet stérile car personne ne peut rien changer. Même Karl Marx (Max??) n'y est pas arrivé alors qu'en théorie son concept n'était pas si mauvais. Il a juste oublié qu'il avait à faire à des humains.
Je peux juste dire ce qu'il s'est passé hier. Au 2ème voyage, on arrive le plus loin qu'on aie réussi à aller. Un tout petit village, on fait un arrêt vers une sorte de cuisine sur la route où pas mal de villageois sont réunis. Un homme parle plus que les autres, je saisi dans la discution « pouyai baan », le chef. Mon ami lui demande où il y a des personnes vivant sur la route, son adjointe nous y guide après avoir reçu des tonnes de remerciements et gestes de respects. Voilà, c'est le seul genre d'histoire « politiques » que j'aime entendre 5555.
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On voit bien le niveau de l'eau... C'est une des rues au centre d'Ayuthaya island... Et ce n'est pas là que l'eau était à son plus haut...
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Bon je crois que j'ai fait un peu le tour, je me réjouis de commentaires s'il devait y en avoir, meme les acerbes seront appréciés, avec au pire une réponse acerbe en retour.
Et surtout merci d'avoir lu ce pavé, vous êtes bien courageux ! Et si vous vous demandez pourquoi j'ai écrit tout ca : 1) relisez-moi 2) j'ai le temps
Bonne journée
Il voulait lui donner des fleurs, mais comme il n'y a pas de fleurs sur l'île, il lui a donné l'argent des fleurs