Mercredi 8 Février 2012 - Jour 42 - 15 ème escale - Pago Pago - Île de Tutuila - Samoa - U.S.A.
Que c’est beau!
Ce sont les premiers mots qui nous viennent.
Déliziosa glisse doucement vers son quai d’accostage. Il est 7 heures, comme à chaque arrivée de port nous sommes sur le pont, heu..., pardon, le balcon pour assister à la manoeuvre.
Nous sommes au fond d’une baie de toute beauté, qui ne laisse même pas entrevoir le passage vers la mer. C’est vert tout autour, la végétation est très dense, criques, plages, montagnes, cocotiers: tout y est.
La bonne nouvelle, c’est aussi l’habitat, de type traditionnel polynésien, qui n’est guère développé et qui se cantonne aux bords de mer. Gageons que dans 20 ans tout sera bétonné.
Tout petit le quai ! Deliziosa «déborde de 100m devant et 100 m derrière.
Vite on sort !
Nous nous engouffrons dans une sorte minibus fait d’un châssis de gros 4X4 sur lequel est posé une caisse en bois comportant des bancs pour s’assoir et des fenêtres ouvertes. Tout est pour le moins rustique, pas de clim, mais je dois avouer que malgré les 32°C que nous avons connu aujourd’hui, nous n’avons jamais eu trop chaud grâce à la ventilation naturelle du bus et au bois qui n’emmagasine pas la chaleur comme les tôles de nos voitures.
Destination un village situé au bout de l’île resté authentique tant par ses maisons, que par ses traditions culinaires.
En passant nous ferons un arrêt au «pot de fleur» devenu le symbole de l’île et qui figure sur toutes les plaques d’immatriculation. Quelques arrêts pour admirer de beaux points de vue et croyez moi, ils ne manquent pas!
Arrivé à destination, nous prenons le temps de nous promener au travers de ce village pour découvrir la culture samoane. Leurs us cet coutumes tendent à disparaître peu à peu, au profit de la civilisation américanisée dont ils dépendent. D’ailleurs, tous regrettent, jeunes compris, les années passées, où la nature omniprésente et leur culture maori définissaient leur quotidien.
Nous tenons à préciser, que rarement nous n’avons connu un peuple aussi souriant, gentil, prévenant, calme.
Nous pourrions parler longuement de ce peuple qui nous a franchement séduit, de ces deux soeurs vahinés qui nous ont guidé au cours de ce périple, répondant gentiment à nos interrogations, de ces policiers en «jupe» qui vous saluent et se laissent photographier, toujours avec sourire, de ces pirogues qui s’entrainent le soir en vue de la prochaine compétition de dimanche, de ces églises omniprésentes, de toutes ces tombes au milieu des jardins, les polynésiens tiennent à garder leurs morts avec eux, et tant de choses que nous avons eu à peine le temps de découvrir, mais sans ce tour du monde aurions nous été une fois dans cet île des Samoa ? Je ne pense pas, aussi c’est un souvenir précieux que nous garderons en nous.
À regret nous devons quitter cette petite île habitée et située la plus à l’ouest de notre planète.
Deliziosa s’éloigne lentement du quai, direction les îles Fidji.
Entre temps nous aurons franchi dans quelques heures l’anti méridien. Au passage nous reculerons d’une heure et nous changerons de jour. Alors nous serons le 9 ou le 10 ? Devons nous vous dire à demain, ou à après-demain ?
Ce sera la surprise, promis on vous dira tout, mais sachez que cela n’est pas aussi évident que cela!
Alors patience et ... à ..... vous verrez bien !




Vendredi 10 Février 2012 - Jour 43 - En mer
Voilà: vous avez la réponse.
Nous n’avons pas eu de 9 février, les passagers nés ce jour là n’auront pas leur gâteau d’anniversaire à table, avec chants, Proseco et tout le tralala !
Nous étions à l’ouest de vous (sans jeu de mots, hein ! quoi que ...), maintenant nous sommes à votre est.
En fait la journée que nous «perdons» nous la récupérons heure par heure, à chaque changement de fuseau, jusqu’à totaliser 24 heures, soit cette fameuse journée.
Un peu d’information:
La ligne internationale du changement de date est une ligne imaginaire sur la surface du globe instituée en 1884, qui suit en grande partie le 180° méridien. Chaque nouvelle date commence à être comptée à partir du versant ouest de celle-ci, traversant par la suite les différents fuseaux horaires d’Est en Ouest.
Au moment duquel, par exemple, le fuseau horaire centré sur la ligne de changement de date arrive à l’heure 00:00, à l’ouest de la ligne il sera le 10 février, alors qu’à l’Est de celle-ci il sera le 9 février. Qui voyage de l‘Asie vers l’Amérique, doit compter la même date 2 fois, (celai plairait surement aussi à Édouard) tandis que dans la direction opposée, il faut sauter 1 jour.
Bon pour le reste, c’est une journée en mer comme vous commencez à connaître.
Ce matin nous sommes allés écouter toutes les explications dont nous aurons besoin pour notre prochaine escale à Suva aux îles Fidji.
Cette réunion a été suivie par la découverte des perles du pacifique. Aïe, aïe, dur, dur, le tour aux boutiques qui a suivi. Formidable, je m’en suis bien tiré ! Même pas mal !
Nous avons arrosé ce non évènement sur notre balcon avec quelques amis.
Cette fois-ci nous devions avoir 2 jours de mer pour rallier Suva, et bien Mister Méridien a donné des ailes à Deliziosa, puisque nous aurons fait l’économie du 9.
Samedi11 Février 2012 - Jour 44 - 16 ème escale - Suva - Île de Viti Levu - FIDJI
Les escales se suivent et ne se ressemblent pas, je vous l’ai déjà dit et cela se vérifie encore aujourd’hui.
À l’aube naissante Déliziosa glisse dans une mer d’huile, le pilote a de la chance aujourd’hui, pas besoin de cascade dangereuse pour gagner le bord. Le pilote du port est celui qui prend les commandes du navire pour le mener à son quai. Il connait parfaitement le plan d’eau, les passes, les courants, les bancs de sable (ici ils sont légion) et tous les pièges à éviter pour accoster sans encombre. C’est une procédure obligatoire dans tous les ports du monde. Pour nous cela fait parti du rituel des arrivées.
Mais la mauvaise nouvelle c’est la pluie! Nous sommes dans la zone tropicale de l’hémisphère sud, les saisons sont donc inversées, et nous sommes en pleine saison des pluies. D’ailleurs un cyclone vient tout juste de passer entre les îles Fidji et la Nouvelle Calédonie. Il est parti vers le sud. Ouf on ne le verra pas !
Puisque les escales ne se ressemblent pas les unes aux autres nous avons voulu changer nos habitudes touristiques.
Partant du principe que toutes les îles de Polynésie, rivalisent de plages paradisiaques avec sable blanc, eaux turquoise, cocotiers, etc. etc., notre île de Viti Levu, la principale des 332 îles qui composent les Fidji, ne déroge pas à cette règle.
Aussi nous sommes partis à l’intérieur des terres... en pirogue!
Nous avons remonté la rivière Navua avec quelques sueurs froides au passage des quelques rapides que nous avons franchi. Ce fut une extraordinaire navigation qui a duré environ 1 heure. Les berges sont envahies par une végétation luxuriante, où quelques maisons faites de bois colorés et de tôles se détachent. Nous croisons des pêcheurs, des écoliers qui rentrent à la maison ... en radeau. Des vaches paissent tranquillement sur le bord de la rivière, pas stressées mes belles !
Nous arrivons enfin au but de cette ballade: les cascades.
Semblable à toutes les cascades, me direz vous, oui mais celle là, son eau est chaude et invite à la baignade avec douche multi-jets garantie. Quelques uns ne se sont pas fait prié pour ploufer (expression de notre petit-fils) dans son eau.
Au retour, nous faisons escale dans un petit village Fidjien composé de quelques familles seulement. Ils vivent encore d’une façon traditionnelle. C’est ici que nous assisterons à la cérémonie du kava, suivie d’un déjeuner.
La cérémonie du kava est un rituel ancestral fidjien, qui a pour objet de souhaiter la bienvenue aux voyageurs, aux amis qui passent etc.
La cérémonie a eu lieue dans un bâtiment fait de bois, d’une couverture en feuilles de palmiers, et où les côtés sont ouverts. Le sol est couvert de nattes et l’on y accède pieds nus.
Les hommes du village sont rassemblés autour de leur chef, assis en arc de cercle, face aux invités, assis eux aussi, les hommes devant et les femmes derrière. Un chef a été désigné pour représenter les invités, et le hasard a voulu que ce soit le rédacteur de ces lignes.
Ouais, ouais, c’était pas forcément la meilleure place, car il fallait le boire ce f... kava! et au nom de tous ! Certains rigolaient dans leurs moustaches...
On m’avait préparé pour l’occasion, et expliqué quelle devait être mon attitude.
En face de moi le chef, torse nu, vêtu d’un pagne, avec des marques noires sur son visage est assis face à une vasque en bois. Au signal un homme lui apporte de l’eau dans un gros bambou de 1 mètre de long environ, et la verse dans sa vasque.
A ce moment le chef malaxe des racines contenues dans des feuilles de palmier, tout en poussant quelques incantations. Jusque là tout allait bien pour moi, jusqu’au moment où il montre à l’assemblée le «précieux liquide» essoré de ses feuilles de bananier. Vous me croirez si vous voulez, mais pour moi cela ressemblait à une serpillière que l’on essore dans l’eau sale!
Pas engageant tout ça!
Puis vint le moment fatidique tant redouté, il demande à l’un de ses assistant de me servir, dans mon petit bol, fait d’une noix de coco coupé en deux: pas de doute c’est du jus de serpillière!
Enfin il me fait signe, c’est à moi de jouer.
Je m’applique à bien suivre le rituel:
Je frappe une fois dans les mains,
je dis «Bula» (qui veut dire bonjour)
je bois cet excellent nectar d’un seul trait, en souriant, comme on m’avait préciser de le faire
Je frappe enfin trois fois dans les mains et j’ajoute «vinaka» qui veut dire merci (tu parles)
D’autres se sont aventurés à goûter le kava. C’est un gout indéfinissable, avec des accents poivrés.
Le repas qui a suivit s’est déroulé simplement, autour de mets locaux, dont certains étaient délicieux.
Des danses vinrent clore cet agréable moment passé au village.
De retour sur Deliziosa, nous assistons au départ, c’est toujours un moment intense, mais cette fois, tous les fidjiens qui étaient dans les parages, nous ont fait un concert de klaxons, pour les uns, un show de clignotants pour les autres, ou tout simplement des grands signes de la main.
Au revoir Polynésie, on t’aime bien!



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