Tout sera oublié, Pierre Marquès, Mathias Énard (Acte Sud BD)
FR

This discussion is in French, the community’s main language.

Original post
IN
Oubli, guerre, bosniaque, monument, serbe, dessin, dessein, croate, mémoire, Sarajevo, Balkans, photos, décoloriage, pierres, noir et blanc, mots, maux, polychrome, pigments, recoloriage, carbone, sombre, blême, reflets, architecte, mosquée, stèles, tombes, snipers, chars, pages, ONG, violence, oubli, Mostar, massacres, corps-à-corps, kalachnikov, traces, empreintes, vivants, anonymes, Tito, Marina, Danube, béton, obus, mélancolie, souffrances, balafres, chair, caresses, barbelés, cicatrices, oppression, liberté, alcool, clopes, colombes, corbeaux, mines, poésie, aquarelles, graffitis, visages, intense, somptueux, Pierre Marquès, Mathias Énard
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)
MA Mathews Globetrotter ·
ehhh..des énumérations tout le monde peut en faire... mais on ne sait même pas si le livre est intéressant ou pas.🙂
KO Kola Globetrotter ·
ehhh..des énumérations tout le monde peut en faire...

Dans le champ lexical, choisir les mots, les armer... puis les aligner sur le champ de bataille et les laisser dire la guerre, la fureur et la désolation.

mais on ne sait même pas si le livre est intéressant ou pas.🙂

Mais là n'est peut-être pas l'intention du message ? 🙂
MA Mathews Globetrotter ·
ok autant pour moi alors mea culpa 🙂
IN Intrankil Regular ·
ehhh..des énumérations tout le monde peut en faire... mais on ne sait même pas si le livre est intéressant ou pas.🙂

Et si vous vous contentiez de suivre votre pancarte ?
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)
UN UnaMilanese Veteran ·
Bonsoir. Je n'ai pas lu ce livre. Pas encore. Je lis votre liste, intriguée. Y a-t-il un ordre dans vos mots ? Je songe à ces terres... relis vos mots... et "chant" ? Non ? Catherine
By this, and this only, we have existed. Which is not to be found in our obituaries. (T.S. Eliot)
IN Intrankil Regular ·
Bonsoir. Je n'ai pas lu ce livre. Pas encore. Je lis votre liste, intriguée. Y a-t-il un ordre dans vos mots ? Je songe à ces terres... relis vos mots... et "chant" ? Non ? Catherine

Oui bien sûr, car le message est savamment crypté puis numérisé. Je vous explique : il faut prendre la première lettre de chaque mot. Attention, chaque lettre est chiffrée. 1 pour A, 2 pour B etc. Puisque vous m'êtes sympathique, Catherine, je vous mets sur la piste : si vous savez appliquer la division euclidienne, alors vous êtes à deux neurones de la solution.

Plus sérieusement, le message est à l'image d'un esprit, le mien, errant, itinérant grâce à cette lecture avant tout graphique. Mais aussi un clin d'oeil à ceux qui peut-être ont lu Zone de Mathias Enard, dans lequel le héros se souvient du déchirement de l'ex Yougoslavie. Mathias Enard y bouscule, que dis-je, dynamite bien des conventions, dont les règles de la ponctuation.

Je n'ai pas encore vu Mostar, ni Sarajevo. C'est dans mes projets.

Tout sera oublié semble nous dire que les villes traversées ne sont que celles des regards qui s'y arrêtent, des cœurs qui tentent difficilement, comme partout, d’y battre.

Un chant ? Oui pourquoi pas. Mais un chant sombre et beau alors, porté par une voix se heurtant à des frontières mal définies, une voix grave qui s'aventure dans des volumes, à la recherche d'un espoir, une voix qui ne dirait rien d'autre que ce que personne n'entend...

PS. Et j'en suis qu'au deuxième verre de Côtes de Provence...
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)
UN UnaMilanese Veteran ·


http://m.youtube.com/watch?v=xo5yhnrum9A
By this, and this only, we have existed. Which is not to be found in our obituaries. (T.S. Eliot)
IN Intrankil Regular ·
Très beau, merci. Un peu suranné.

L'homme qui chante a l'air digne, mais fatigué. Il ne bouge pas trop. Du moins sur la photo (en même temps, ça m'étonnerait que c'soit une bête de scène qui mette le feu à Wembley ou sur la plage de Copacabana…)

Je comprends pas les textes chantés. Peut-être des désespoirs... A moins que ce soient des résistances, ou des libertés qui restent à inventer ?
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)
UN UnaMilanese Veteran ·
L'amplitude du trémoussement de croupion à Wembley ou Copacabana comme étalonnage des chants... Vous m'ouvrez des perspectives inconnues...

Emina est un chant d'amour, impossible. Thème fréquent des sevdalinka, cette musique traditionnelle si mélancolique que vous entendez encore animée par des voix qui s'élèvent soudain dans des bars de Bosnie. Sur ces territoires ravagés et intensément vivants l'effet est saisissant. Impossible d'évoquer ce pays sans ce chant. Mon choix s'était porté sur celui-ci, texte de Aleksa Santic, poète de Mostar, né dans l'empire ottoman, devenu austro-hongrois puis yougoslave dont la statue ornait l'un des parc de la ville où dans mon enfance chuchotaient les amants avant que, la guerre venant, dans cette ville croate d, Herzégovine, il ne soit plus rien d'autre qu'un serbe : dynamitage de la statue et visage flanqué dans les eaux turquoises de la Neretva...

Mais puisqu'il y a aussi des amateurs de bastringue, pour leur séance d'aérobic du dimanche matin, ils doivent pouvoir compter sur la veuve Raztanovic... https://m.youtube.com/watch?v=eFNjC3OVCFo

Bon séjour en IooItie, et merci d'avoir porté l'attention sur ce livre.
By this, and this only, we have existed. Which is not to be found in our obituaries. (T.S. Eliot)
IN Intrankil Regular ·
Après tout, Mostar est la ville où un pont a été reconstruit au-dessus des impossibilités… Preuve en est ce passage vertigineux que vous nous proposez depuis Emina jusqu'aux turbulences de la bombasse, dont les arguments principaux ne semblent pas être primairement d'ordre artistique...

Merci à vous pour cette belle balade/ballade. Et votre très belle écriture.

Voyager en IooItie, comme vous l'écrivez si bien, c'est se laisser porter par l'esprit burlesque, l'impertinence, l'humour dézingueur, l'autodérision, l'art de pointer du doigt les absurdités, se faire poil-à-gratter, bref un genre désopilo-déconno-trash, impayable, léger qui manque cruellement à mon goût…
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)
MA Mariecurry Globetrotter ·
Pour ma part je n'ai pas accroché 😊. J'ai même été déçue. Par le travail graphique de Pierre Marquès surtout. Je ne suis pas séduite par ces photos retravaillées qui me rappellent les travaux des étudiants dans les écoles d'art ou d'archi. Quant au texte, je suis complètement passée à côté. Parce qu'annexe peut-être, je ne sais pas. J'espérais retrouver Sarajevo, Mostar, voyager, me souvenir. Au lieu de ça je me suis ennuyée 😕.

Je te sais lectrice Intrankil. Ton pseudo renvoie-t-il à L'intranquille, le très beau texte de Gérard Garouste ?
IN Intrankil Regular ·
Hello Mariecurry,

Il semblerait que ce qui t'a dérangée ou ennuyée m’a plu, le mélange des genres et le texte de Mathias Enard, assez sobre pour ne pas écraser l’image…

Intrankil se rapporte plutôt à un texte ou à une interview – je sais plus – de Rolin (Olivier) qui citait Pessoa, et dont la lecture remonte à quelques années. Mais aussi par rapport à un état d’agitation qui me correspond assez. Effectivement, la lecture est un des chemins possibles et choisis pour échapper à l’énervement.

Que lis-tu actuellement ?

Je serais bien en mal de causer du roman que j’ai commencé juste avant de partir en weekend. En parler présente d’ailleurs peu d’intérêt ici, sachant qu’il s’agit d’un roman allemand qui vient de sortir et qui n’est pas encore traduit en français. Si quelqu’un lit ces lignes et l’allemand (Hery zum Beispiel), je recommande - avant même de l’avoir terminée - la lecture de Der goldene Handschuh de Heinz Strunk. Le bouquin se base sur une histoire vraie, celle d’un tueur (et fumeur) en série qui a sévi à Hambourg dans les années 70. C’est une plongée hallucinante dans un univers glauque, de puanteur, à la limite de l’imaginable, celui de types et de femmes complètement fracassés, d’ivrognes, de sinistrés, réduits à l’état de fossiles, n’ayant plus aucun repère si ce n’est le néon crasseux de la taule du coin où ils se prennent des mines à longueur de journée, à se demander comment ils trouvent encore la force de lever le coude. C’est d’une noirceur absolue mais l’écriture ramassée est d’une force incroyable, sans compassion ni hostilité, jamais gore… et pourtant, l’auteur appelle un chat un chat ! La frontière entre l’abject et le rire est très très mince. Merde, la vie … quel fardeau !
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)
OB Obeoandpai Globetrotter ·
Bonjour

Le bouquin se base sur une histoire vraie, celle d’un tueur en série

QQ frontieres + loin Enfant 44 de Tom Rob Smith (que je n'ai pas lu) Le film du même nom, que j'ai vu

basé sur les crimes d'Andreï Tchikatilo, aussi connu sous le nom de « monstre de Rostov », condamné et exécuté pour 52 meurtres en Union soviétique. En plus de mettre en lumière la criminalité de l'ère soviétique dans un État où « le crime n'existe pas », le roman explore la paranoïa de l'époque, le système éducatif russe, et le système de la police secrète.

Qui n'a guère évoluée coté paranoïa:

Le ministre de la culture Vladimir Medinsky accuse le réalisateur Daniel Espinosa d'avoir rendu les citoyens russes "inhumains". Il a donc interdit sa distribution en Russie. Extrait de l'internaute

Un thriller glaçant, au rythme (très) lent qui colle bien au régime de l'époque (glaçant lui aussi)
Mon YouTube https://www.youtube.com/user/voyageurasie/videos?view_as=subscriber
IN Intrankil Regular ·
QQ frontieres + loin Enfant 44 de Tom Rob Smith (que je n'ai pas lu) Le film du même nom, que j'ai vu

Merci Tokara.

Je ne sais pas ce qu’il en est d'Enfant 44, mais à la relecture de mon dernier message, je réalise que j’ai insisté sur la noirceur du bouquin, mais pas assez sur sa grande force, à savoir le caractère ambigu de la réaction que sa lecture provoque. Sorte de valse hésitation entre l’effroi et l’accablement bien sûr (le type emballe quand même les parties des cadavres d’ex-prostituées dans des sacs plastique planqués dans son appart et se ruine en bâtons de citronnelle et d’encens pour masquer les effluves), l’empathie (quand l’auteur nous donne accès aux états d’âme du personnage principal et à son histoire), et le rire (qui l’emporte souvent et agit comme une soupape, une libération).

Der goldene Handschuh est le nom d’un bar de Hambourg, situé dans le quartier chaud de la Reeperbahn, tenu par un ancien boxeur professionnel, le genre de décor où se côtoient souffrance et détresse humaine, où les types vautrés sur le zinc se prennent pour Schopenhauer quand ils déclarent qu’il est difficile d’attraper le vent, mais aussi quelques habitués de passage, des habitants du quartier etc.

Je tire par avance ma révérence au traducteur qui parviendra à retranscrire d’une part le surréalisme de certains monologues, d’autre part quelques passages de dialecte local (le Plattdeutsch), mais surtout cet humour typiquement allemand, sans détours ni second degré, cette ironie de l’urgence, sans concessions, qu’il est difficile d’apprécier sans en être familier…
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)
MA Mariecurry Globetrotter ·
Hello miss,

Intrankil se rapporte plutôt à un texte ou à une interview – je sais plus – de Rolin (Olivier) qui citait Pessoa, et dont la lecture remonte à quelques années

Femme de goût je vois. Très belle plume cet Oliv'. J'ai plusieurs fois loué sa littérature sur VF Mais j'ose plus, j'ai peur de saoûler... Si tu as quelques deniers à dépenser, je te conseille vivement la lecture de L'intranquille, autoportrait d'un fils, d'un peintre, d'un fou de Gérard Garouste (avec Judith Perrignon). C'est un texte fort qui devrait te plaire.

Que lis-tu actuellement ?

Ne me trouvant aucune affinité avec le Golem de Pierre Assouline (j'ai fait des efforts pourtant), j'ai fini par me rabattre sur Yeruldelgger de Ian Manook. Un commissaire tourmenté par son passé, des flics pas clairs, des Chinois découpés au cutter, pas mal de dépaysement... Yeruldelgger Khaltar Guichyguinnkhen est à la Mongolie ce qu'Erlendur Sveinsson est à l'Islande. Après ce détour par la steppe, je devrais filer à Bagrationovsk (anc. Eylau) avec Jean-Paul Kauffmann et son dernier livre, Outre-terre.
IN Intrankil Regular ·
Merci pour ces recommandations. Il se peut que nous ayons quelques affinités côté littérature effectivement…

Je te fais confiance et retiens donc volontiers Yeruldelgger pour la fin de l’été, lorsque je serai à une encablure de la Mongolie.

Outre-terre est déjà sur ma liste ! Jean-Paul Kauffmann fait partie des auteurs auxquels je déroge rarement quand ils commettent un nouvel opus.

Le weekend dernier encore, en route vers la Champagne, j’ai profité du trajet pour relire quelques passages de Remonter la Marne. Pas de pics d’adrénaline quand on lit Kauffmann mais de belles plages de réflexion. Peut paraitre pantouflard à certains, pas le genre à insulter une flaque, explosée par un automobiliste pressé, qui l’aura ignoré alors qu’il longe à pas mesurés une allée de platanes sous un ciel attristé, mais laisse plutôt "son esprit prendre mille bifurcations"*.

Je sais pas toi, mais Olivier Rolin fait partie de mon panthéon d’addictions personnelles. Si je devais en relire un maintenant, j’hésiterais peut-être entre Méroé, Sibérie ou Bakou, derniers jours…

Un type, qui m’a longtemps fait charivarier et qui, lui non plus, n’aimait pas être à sa place, m’a écrit une fois "le bonheur est fait du danger de le perdre". Je trouve que ça résume tout Rolin.

* C'est pas de JPK, mais d'un autre marcheur gambergeur, ça lui correspond bien aussi
De mon temps, une jeune fille ne se peignait pas la figure comme une fille de joie. De mon temps, une jeune fille ne recevait pas de jeunes gens sur la table de la cuisine. De mon temps, une jeune fille n'aurait pas dit à sa grand-mère paternelle d'aller se faire mettre (C. Bretécher)

Similar discussions

You might also like