Travel journals · Antarctique
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ChantalBara 9 years ago · Messi57
Antarctique à la voile
Bonjour, je démarre cette discussion car quand j'ai voulu partir, je n'ai pas trouvé l'info que je cherchais sur le site. Il y a bien quelques sujets sur les croisières en Antarctique, mais peu sur la voile. Alors, voici quelques réflexions, 3 mois après mon retour.

J'ai donc expérimenté une croisière de 24 jours sur le Vaihéré, goëlette de 24 m, sur la péninsule Antarctique, à partir d'Ushuaïa.



D'abord, les raisons de mon choix : - Si le prix est très cher (comme la plupart des passagers, j'ai cassé ma tirelire pour ça), ramené au prix de la journée, et en plus, au prix de la journée en Antarctique, c'est tout à fait concurrentiel. - Je suis passée par une agence (Terre d'Aventures Nantes - ils ont été au top - relayés par Grand-Nord Grand-Large). On peut s'adresser directement au capitaine du Vaihéré, mais je voulais la sécurité d'un voyage organisé et d'une bonne assurance. Lors de la grève d'Aeroargentinas en arrivant à Buenos-Aires, ils ont tout pris en mains : nouveau vol, hôtel, contact avec le Vaihéré et remboursement des frais de taxi et téléphone. Un très bon boulot d'agence. Mais ça a un prix. - J'ai choisi un "bateau" qui avait de l'expérience (environ 50 croisières comme celle-ci) et des références. C'est à mon retour, pourtant, que j'ai retrouvé un article sur son capitaine, Eric ; - Un bateau assez gros pour avoir un peu de confort. 3 membres d'équipage et 10 passagers, ça permet de se connaître et de trouver des gens avec des points communs. - J'ai choisi les dates pour une meilleure météo, statistiquement bien sûr, et le plus de chances de voir des animaux. Je m'étais renseignée sur Podorange, qui a aussi un bon programme, mais qui partait trop tard à mon goût. Les capitaines se connaissent et Eric nous en a dit du bien. Ce peut être un bon choix (je ne veux pas faire de publicité spécialement pour Vaihéré mais je ne peux juger que ce que j'ai essayé). - Et surtout Noël et jour de l'an avec les pingouins et les phoques, loin de l'Europe et des fêtes traditionnelles.

Et j'ai tout eu : - Un temps splendide : mer calme (trop, car on a presque tout le temps navigué au moteur), un thermomètre qui est monté à 20 ° (je parle bien de °C positifs et de température à l'ombre, mais au-dessus de la cabine. J'ai vérifié un autre jour dans le cockpit pour éviter l'erreur peut-être due au chauffage : 12 °). A l'inverse, on a dû descendre à -1 ou -2 °C. Donc, très loin des températures attendues (pour ne pas dire "espérée"). Peu de vent (juste un retour anticipé de 2 jours - mais on avait déjà notre record de navigation sur place) pour éviter un "coup de chien". Seul bémol : si ça préfigure le réchauffement climatique, c'est très triste.

- L'expérience du skipper et la sécurité : il faut savoir qu'il n'y a ni port, ni quai en Antarctique. On descend à terre en zodiac qu'on accroche à des rochers. Idem pour le voilier. Et s'il n'y a pas de rocher, on reste en "stand-by (quarts de nuit pour surveiller la dérive du bateau et des icebergs). Or, quand on arrivait au mouillage, notre skipper sortait ses notes manuscrites et savait exactement à quel rocher nous accrocher. Cette connaissance du terrain était très rassurante. Question sécurité, il y avait tout à bord (normal). Le bateau est légalement enregistré et possède une radio, plusieurs moteurs et un stock de carburant. Moi qui ai fait pas mal de voile, je suis hyper exigeante sur le sujet. - Sur les animaux : c'est un régal d'approcher ces petits manchots. Les bébés sont nés le 1e janvier. On n'en a vu qu'à un seul endroit, mais tout petits.



Les baleines venaient jouer avec le bateau, et on aurait pu toucher les phoques, mais nous avons respecté les règles d'approche (l'agence et le bateau sont inscrits aux conventions internationales de protection de l'Antarctique). Il y a à bord une bibliothèque d'une grande richesse avec les trace de passage de scientifiques, et les 3 membres de l'équipage ont su nous montrer bien autre chose que les manchots et phoques : tubes de pontes de mollusques, drôles de méduses, phoques traversant des bancs de plancton luminescent et visibles comme des spectres sous l'eau, etc ... Je suis amateure d'astronomie. J'avais à peine levé les yeux que le second s'approchait pour me montrer la croix du sud. Bruno, fan d'histoire, ou Claire, d'alpinisme, avaient aussi réponse à tous leur appétit de connaissance. - le confort ? On a eu la chance d'avoir beau temps. Dans ces cabines minuscules avec des vêtements mouillés, ce doit être moins drôle. Mais il faisait bien chaud à bord. Les quarts étaient un peu longs d'autant plus que rien ne se passait. Mais ça nous faisait sortir du bateau, participer à sa vie, et faire connaissance. Une très bonne chose pour 13 personnes qui ne se connaissent pas et sont renfermés ensemble pendant 24 jours. Et sans trop se laver. Le téléphone et Internet ? éteint au fond du sac. Ca n'a apparemment gêné personne. En cas de problème, il y a la radio à bord. Alors, on se libère l'esprit. Moi, j'ai adoré. - Les gens ? A ce sujet, pour avoir accompagné des voyages "aventure", je savais qu'il y avait un risque. Nous étions pour la plupart de jeunes retraités (la majorité entre 60 et 65 ans) mais il y avait un couple de jeunes "routards" qui avaient travaillé à UshuaÏa pour se payer le voyage. Les gens étaient simples et décontractés. Pas de concours de fringues ou de "rouleurs de mécaniques". On avait tous dû faire de grosses économies pour venir. Bon ! ce n'était pas non plus ce qu'on peut qualifier de "milieu modeste". - L'équipage ? : J'ai trouvé un équipage au top de ses responsabilités, sachant déjouer les éventuels mini soucis qui peuvent se déclarer en vase clos. D'une intelligence et d'une patience extraordinaire de la part de tous les trois (et je sais que moi même, je ne suis ni facile ni patiente) . Et ça, ce n'est pas rien !!!



- Le trajet : les 4 semaines sont prévues pour répondre aux aléas (météo ou ... grève des avions). Avec 13 jours sur place nous avons égalé le record de durée. Nous sommes rentrés de façon à éviter une tempête et quand elle est arrivée, nous étions à l'abri en Terre de Feu. Cela nous a permis une transition en douceur avant le retour à Ushuaïa. Là encore, le skipper connaît très bien le coin. Cependant, en raison des nouvelles relations Argentine / Chili, il n'était pas possible de passer la frontière en bateau (ou sans le déclarer, à ses risques et périls). Le Cap Horn est côté chilien. On l'a vu de loin. Mais ça, ça change tous les ans. Le Vaihéré fait aussi de super croisières dans les canaux de Terre de Feu, quand il le peut. Le trajet dépend aussi des conditions météo. Le soir de Noël, un bloc de glace gros comme une maison était suspendu au-dessus du mouillage. Nous avons dîné en vitesse et dû reprendre nos quarts pour 7 H de plus. Plus au sud, nous n'avons pas pu traverser le canal Lemaire et aller aussi bas qu'on le souhaitait. Mais tout ça c'est normal quand on navigue à la voile dans ce type de pays. Avec 4 semaines, on finit toujours par "en avoir pour son argent".





Que dire de plus : Si ! on a très bien mangé. Et ça, je ne m'y attendais pas. Je m'étais bourrée de vitamines avant de partir, mais nous avions un bon stock de fruits et légumes. Attention ! on ne pêche pas en Antarctique et nous avons été au régime "viande".

Voilà, j'avais envie de vous raconter tout ça. Et si vous avez des questions, je serai hyper contente d'y répondre, si je peux. Je vais essayer de mettre quelques photos. Certaines aussi du site Vaihéré sont de moi ou de mon groupe. Chantal

Le Cap Horn avant la tempête
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Chouhibou 13 years ago
1 an en Antarctique (1)
Bonjour,

Je suis météorologiste et je viens d’être envoyé sur le continent antarctique, plus précisément sur la base française Dumont-Durville, pour y travailler un an. Dans ce journal je vous propose de suivre mon quotidien. Pour des raisons de débit internet très limité je ne joins pas ici de photos. Par contre vous en aurez – et plein d’articles supplémentaires aussi – en vous rendant sur mon site « Adélie, à l’envers de la terre ». Vous pourrez vous abonner à la newsletter si suivre plus confortablement cette aventure vous intéresse.

Ci-dessous donc le 1er compte rendu, récit du périple qui m’a permis d’atteindre le continent polaire austral :

Le temps sait être long. En tout cas celui passé sur l'Astrolabe, navire polaire tient le cap vers DDU, s'étire à n'en plus finir. Voici déjà plus de 250 heures (10 jours, oui) que le navire a largué ses amarres, à Hobart. (Là je vous fais grâce des 40' de voiture, 1h50 de train, 22h d'avion, 15' de bus, et 15h d'attente cumulées nécessaires pour atteindre la capitale tasmanienne, ainsi que des 11h de décalage horaire dont il faut se remettre). J'allais vous dire que, depuis, l'Astro file plein sud mais le verbe est mal choisi. Dans un premier temps évidemment le bateau n'a pas eu de mal à tenir une vitesse de croisière tout à fait honorable d'environ 11 nœuds (multiplier par 1,8 pour avoir les km/h). Car ce navire évidemment se moque du vent qui va bien sous ces latitudes australiennes (les 40èmes rugissants, un peu plus loin les 50èmes hurlants), il se moque des vagues qui le chahutent, de la houle qui le berce et se moque plus encore des passagers livides qui errent du salon à leur couchette, et de moins en moins fréquemment vers la cantine. Le temps passe agréablement (en ce qui me concerne en tout cas), les premiers albatros font leur show et les sacs à vomi se remplissent doucement. Mais l'océan antarctique -comme son nom l'indique quasiment – ce n'est pas que de l'eau salée qui bouge. C''est bientôt, aussi, des glaçons qui flottent. Tant qu'ils sont très isolés, comme ce bel iceberg aperçu vers 55° de latitude sud, il n'y a pas de raison de ralentir l'allure du navire. Au delà du 60ème Sud nous évoluons dans un champs de blocs de glace, parfois très modestes, parfois des plaques de 10, 20 ou 30 mètres. Et ça cogne souvent très fort contre la coque du bateau qui maintient un bon 10 nœuds. On observe nos premiers manchots Adélie, un peu effrayés tout de même par cet intrus monstrueux, des phoques également qui semblent se prélasser, et, à condition d'être très attentif et fidèle à la passerelle (le poste de pilotage), quelques baleines. C'est dans le pack que le pilote doit lever le pied (si j'ose dire évidemment, car toutes les commandes, on s'en doute, sont manuelles). Le pack est parfois dense, parfois moins. Il est épais, ou pas. Le pack ce sont des plaques de glace qui s'agglomèrent entre elles, plus ou moins donc, et qui freinent la progression de l'Astrolabe, jusqu'à la stopper quand il est très compact. C'est un cas extrême mais quand cela arrive le navire fait marche arrière (puis avant puis arrière etc..), reprend son élan et vaille que vaille, à fond les manettes, essaie de disloquer cette croûte glacée et y parvient finalement. A bord, les passagers apprécient la mer plus calme désormais et, remis de leurs nausées, ils traînent. Ils traînent devant la télé, Ils traînent à la passerelle à profiter de ce paysage jusque là inconnu, à guetter la première apparition des orques qui ne viendront pas, ils traînent dans leur couchette où la lecture est confortable, ils traînent sur le pont arrière car la température, proche de 0°, est finalement clémente. Les yeux rivés sur leur PC portable, ils envoient quelques nouvelles ou classent les dizaines de photos déjà prises et qui malheureusement souffrent toutes de l'absence du soleil. 60°, 63°, 65° le bateau avance doucement. Et parfois il tourne en rond plusieurs heures pour éviter les tempêtes génératrices des packs les plus piègeux, ceux qui vous emprisonnent le bateau pour 1 semaine, 15 jours ou plus encore à quelques encablures de DDU. Un voyage vers l'antarctique ça peut donc être des heures d'immobilité. Dans le genre je suis devenu familier avec le 65°44,73'S et 140°40,19'E, point de la planète où il n'y a rien à voir si ce n'est 3 pingouins et quelques centaines de km² de glace blanche. Nous y sommes restés 5 jours, pas tout à fait immobiles puisqu'en dérive lente, au rythme du pack. L'environnement est évidemment unique, mais l'attente est si longue qu'on s'habitue, finalement, à l'exceptionnel. Car ce qui ressemble le plus à un jour coincé sur la banquise, c'est un autre jour coincé sur la banquise. On perd la notion du temps, du jour, les horloges sont là heureusement pour nous rappeler que demain c'est dimanche, la promesse de croissants au petit déjeuner, et c'est tout ce qu'on a trouvé pour briser la routine. Il y a, tout au long de ces 24 heures de clarté -car à minuit il fait grand jour -, du blanc au sol, du gris au ciel, parfois un peu de neige à moins de 10 jours de l'été austral, quelques immenses icebergs qui font l'horizon, un damier du Cap qui tourne, 3 manchots qui rampent sur la glace, il y a la cantine le matin, la cantine à midi, la cantine le soir, il y a ça, et rien que ça, qui tourne en boucle. Bon d'accord, là, un léopard dévore tout près de nous un manchot dont l'option bain de mer aurait dû être remise à plus tard. Pour sûr c'est un événement, les flashs crépitent, on échange nos images, mais cela reste une animation sanguinolente bien éphémère dans cette routine blanche. Nous en étions là. Et puis un jour, est arrivé un petit miracle. Ou, pour être plus exact, une succession de petits miracles. C'est d'abord l'hélico du bord qui peut enfin décoller pour un vol de reconnaissance, qui joue enfin son rôle de vigie et peut « router » le navire, lui indiquer les zones les plus navigables. Et bientôt un enchantement, le soleil revient au moment où le bateau, qui s'est enfin libéré du pack, navigue dans un champs d'icebergs énormes, magnifiques. C'est un spectacle de toute beauté, les visages des passagers s'illuminent, et les photos éclatent enfin de couleurs. Quel univers incroyable, unique. Le soir je rejoins ma couchette et m'endors tant bien que mal, quelque peu surexcité, avec le grand espoir de débarquer le lendemain. Et le lendemain est magique. Il faut imaginer en haut le ciel bleu, au nord la mer calme, libre, mais dessus quand même quelques grands bergs pour faire plus joli, au sud la banquise, épaisse, compacte, infranchissable, quelques dizaines de manchots Adélie qui y prennent pied, une baleine qui fait le dos rond en soufflant, l'Astrolabe adossé là, posé dans ce cadre sublime. Et la cerise sur le gâteau c'est que puisque nous ne sommes plus qu'à 22 miles nautiques, nous allons rejoindre DDU en hélico, nous allons survoler pendant un bon quart d'heure ce paysage fabuleux. Après, quoi vous dire ? Je ne veux jamais, jamais, oublier ces quinze minutes de plaisir, l'émotion que j'ai ressenti à découvrir d'en haut la banquise, les géants de glace posés dessus, les jeux de lumière, les ombres, le continent qui s'élève en pente douce à perte de vue, les îlots rocheux qui font de jolies tâches et perdus là, au bout de ce rêve, quelques bâtiments colorés, habités des hommes, DDU.

Voilà. Je suis par 66°40 de latitude Sud et 140°01 de longitude Est, base Dumont d'Urville, Terres Australes et Antarctique Françaises et j'y suis pour 1 an. J'ai posé le pied sur le grand continent blanc.

(Je posterai dès que possible la suite du récit de mon séjour antarctique)
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Polkarctic 20 years ago · Hakoon
Début d'été en Antarctique
8 novembre 2005 à 4H45 après un réveil à 3H45 : il faisait déjà jour mais pas trop envie de me lever si tôt... sommeillé encore une heure. Donc lever à 4H45 🤪 : nous naviguons dans le détroit de Gerlache large d'environ 10 km [?] ; il y a du vent, quelques growlers sur la mer. Je reste donc une heure sur le pont à photographier le paysage essentiellement. Avant l'apparition du soleil au dessus des montagnes de la Terre de Graham à l'est, la lumière était très belle sur les montagnes de l'île Brabant à l'ouest .



9H : ça y est, nous sommes près de l'île Cuverville dans une baie ceinturée de montagnes d'où descendent de nombreux glaciers. Beaucoup d'icebergs sont échoués ici ; le temps est vraiment magnifique et notre visite de ce matin à une manchotière se présente sous les meilleurs auspices. 😎

10H30, sur une petite colline de Cuverville en haut de la manchotière papou avec en face de moi un champ... d'icebergs : du bleu, du blanc, du gris selon l'éclairage... c'est très, très beau. Je suis en train d'attendre un accouplement mais bon... j'ai peut-être mal interprété la scène qui ressemblait pourtant beaucoup à des préliminaires... Il ne fait pas très chaud et il "neigeotte" quelques flocons. Au fait, j'avais bien interprété la "danse nuptiale" ;o)



Comme à chaque "descente" à terre, avant de quitter les lieux nous essayons d'aplanir les trous de nos traces vraiment trop profonds dans la neige afin de ne pas laisser un vrai parcours du combattant aux manchots. Eux-mêmes laissent des traces assez profondes à force de passer et repasser sur les mêmes pistes entre les différents "quartiers" de la manchotière.

Lors de notre retour à bord, nous flânons à nouveau entre les icebergs, très nombreux ici : certains ont visiblement basculé "cul par dessus tête" et nous présentent des parois en "balle de golf", d'autres sont échoués et leur "ligne de flottaison" se trouve maintenant bien au dessus du niveau de la mer. Je garde un très, très bon souvenir de ce slalom entre les icebergs très bien mis en lumière sous un beau ciel bleu. 🙂🙂

Vers midi, nous levons l'ancre pour nous diriger vers Neko Harbour dans la baie d'Andvord par le Chenal Errera. Ces 30 minutes de navigation sont un de mes meilleurs souvenirs de mon voyage dans le sud. Le Chenal de Errera, relativement étroit entre le continent et l'île Rongé est encombré d'icebergs. Le MS Nordnorge slalome vraiment entre ceux-ci passant parfois à 15 m de l'un d'entre eux au ralenti bien sûr dans un presque silence ; on parle à voix basse... quand on parle, tellement absorbé par la contemplation de ce paysage qui défile devant nous. Nous sommes vraiment aux premières loges pour admirer les belles couleurs de la glace, des montagnes, de la mer lisse comme un miroir. Beaucoup de passagers sont à l'avant du pont 5 ; je suis plutôt à l'arrière des ponts 5 à 7 ou alors au pont 5, tantôt sur bâbord, tantôt sur tribord pour essayer de ne rien louper. C'est vraiment très, très beau et je me sens très "serein" dans ce décor, 😇 cette lumière, l'allure du navire très réduite, peu de bruit et je perçoit même le crépitement des glaçons dans la mer qui me rappelle ma balade au Spitzberg en août 2003.



13H50 dans la cabine : j'ai photographié une baleine au loin, trop loin hélas pour que je conserve les photos alors que nous rebroussions chemin dans la baie d'Andvord car les glaces empêchaient le débarquement à Neko Harbour. Si le MS Nordnorge complètement ceinturé de growlers et autres glaçons pouvait encore manœuvrer, la navigation n'aurait guère été possible dans cet environnement pour les polar cirkel boats.

Nous nous dirigeons donc maintenant vers la baie du Paradis au sud-ouest d'Andvord. A ce moment là, j'ai enregistré "nous ne mettrons donc pas le pied sur le continent Antarctique"... quoique.... Il fait 3°C, 5 Beaufort , cap au 222° par 64°47´ sud et 63°2´ ouest.

15H30, nous venons de franchir un pack assez... compacte dans Paradise Bay et on nous annonce que l'on va débarquer sur le continent vers 16H. La traversée de ce pack a été très belle et j'ai notamment photographié à tribord 2 phoques crabiers qui somnolaient sur la glace et n'ont, il m'a semblé, vraiment pas été dérangés par le passage du MS Nordnorge à 30 m maximum d'eux. A bâbord, il y avait un léopard selon des passagers... dommage que je n'ai pas de don d'ubiquité. Là, il y a de très beaux nuages lenticulaires... on dirait "Mars attack" 😉

Nous débarquons donc au pied de la base argentine Almirante Brown dans une ambiance douce : la lumière n'est plus aussi forte, le ciel s'est couvert, mais d'un plafond très haut, bien au dessus des nuages lenticulaires qui ne bougent pratiquement pas. Nous sommes dans un camaïeu de blancs, gris avec juste les touches colorées ocre des bâtiments de la station, les bruits semblent étouffés.

Si les hommes ont provisoirement [?] déserté cette base, des manchots l'occupent et j'aime l'impression qu'ils occupent l'un des bâtiments en voyant leurs nombreuses traces autour de celui-ci. Quelques uns d'entre nous montent au sommet d'une petite colline au dessus de la base mais la pente assez raide me fait craindre pour mes genoux à la descente et je n'y monte donc pas.

Je rembarque assez rapidement pour une balade en polar cirkel boat d'une demie heure au fond de la baie, le long des falaises où nichent des cormorans impériaux dont j'aperçois dans mon zoom la touche de couleur jaune au dessus du bec. La balade se poursuit au pied des fronts glaciaires puis au milieu des growlers et des icebergs où là, je peux observer et photographier à 10 m maximum, 3 cormorans aux yeux d'un bleu... mais d'un bleu !! 😇 sur un tout petit "radeau" de glace à peine assez grand pour qu'ils y prennent place. Plus loin, ce sont des prions de Foster qui se reposent sur un tout petit growler à quelques mètres du polar cirkel boat. On parle à voix basse ou même par signes; je me contorsionne pour les photographier. Le reflet du ciel gris clair s'accorde bien avec les autres couleurs et j'attend, j'attend... en vain une chute de séracs. Au Spitzberg, j'en ai observées beaucoup plus et également entendu beaucoup plus souvent les "coups de fusil" que fait la glace quand elle craque. Peut-être est-ce dû au fait que c'était la fin de l'été alors qu'ici, l'été n'est pas encore commencé ?? La surface de l'eau est comme un miroir et les reflets du ciel et des montagnes sont vraiment magnifiques. C'est vraiment très, très beau et j'ai vraiment beaucoup apprécié ces quelques dizaines de minutes au ras de l'eau dans la Baie du Paradis, la bien nommée.



18H, après la séance de jacuzzi sur le pont 6 alors que l'on est toujours à l'ancre dans ce décor grandiose. En fait, j'ai beaucoup plus apprécié la balade dans l'annexe que la visite de la base à terre... mais j'y ai mis le pied sur le continent Antarctique.

Paul

PS, voir 2 "google maps" de mon voyage en Antarctique et Patagonie à http://expresscotier.free.fr/antarctic/carte-antarctic.html et http://expresscotier.free.fr/antarctic/carte-patagonie.html
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