Mombaï, le 22 novembre
05 h 30 du mat’.
La première bouffée d’air, dès que les portes de l’avion se sont ouvertes, sentait… Je ne sais pas très bien quoi mais ça sentait ! Parfois bon, parfois mauvais. Les odeurs d’encens ou d’épices sont très agréables, seulement parfois elles se mélangent aux odeurs de j'sais pas quoi mais des odeurs bien moins agréable que le jasmin...
Dans un état d’épuisement total, je suis dans le bus qui se dirige vers le centre ville. On traverse des bidonvilles, les vieilles baraques de bois partout, une crasse et une poussière incroyable, et puis des indiennes en saris ! Qu’est ce qu’elles sont belles et élégantes… Je flashe au maximum sur les couleurs, rose vif, rouge vermillon, bleu roi ou vert, nous sommes toujours si gris en Europe à côté…
Dans le bus, je fais la connaissance de Luc, un belge de Ciney (bourgade célèbre pour sa bière !) chouette, ce n’est pas son premier voyage en Inde, nous passons la journée ensemble et il m’aide pour l’achat d’un ticket de train qui part le soir même pour Hospet, près d’Hampi dont j’ai entendu beaucoup de bien. Après qu’il ait déposé son sac à son hôtel, nous sommes partis visiter la ville, la fameuse «Gateway Of India», les rues pleines de monde, des mendiants partout, et les autres qui passent indiffèrent...
Le look des gens est incroyable… Ce n’est que mon premier jour et je n’arrête pas d’écarquiller les yeux!
Nous mangeons d’un simple mais bon p’tit plat, et je me retrouve déjà dans le train.
Les couchettes sont déjà installées, deux autres touristes voyageurs au-dessus de moi se sont réveillés, je m’installe en faisant le moins de bruit possible, mais je ne m’endors pas facilement…
Au matin je descends à Guntakal, et je reprends un autre train pour Hospet. Je papote avec une anglaise qui retourne demain chez elle, la pauvre, quelle horrible météo en Angleterre…
La gare grouille encore de monde. Je m’achète un chaï, le thé indien aux épices, mon premier chaï est un délice, j’aime beaucoup 🙂
J’observe les coolies, ils font partie de l’image classique de l’Inde, ne portant qu’un pagne, maigres mais superbes, ils représentent toute la misère et la pauvreté du sous continent.
Encore quelques heures de train, et j’arrive enfin à Hospet. Je prends un rickshaw, ces taxis à trois roues comme les tuk tuk thaïlandais, et me voilà à Hampi.
"Hello postcards? Books? Hello Guest House?" me demandent les gosses...
Je traverse le village, et me dirige vers la rivière, passe à côté d’un grand temple ressemblant à ceux que j’ai vu dans des livres de photos d’Inde, des statues de la mythologie Hindoue sculptées sur toutes les parois, les femmes en saris multicolores, des mômes sales et des hommes habillés un peu à l’européenne y entrent et sortent. Les rues sont en terre battue, la vie à l’air bien calme ici…
Comme me l’avait conseillé l’Anglaise rencontrée à la gare, je vais chercher un guest house de l’autre côté de la rivière.
J’attends la drôle de petite barque ronde en bambou, elle ne m’a pas l’air très solide et surtout pas très étanche… Mais ça à l’air d’aller! Les orteils sont bien un rien mouillés, je tiens mon sac sur mes genoux, accroupie, comme la dizaine d’autre personne dans la barque. Une fois cette traversée effectuée, je prends le petit chemin de gauche, à travers la campagne extraordinairement belle…
Je croise une magnifique indienne vendant des pommes qu’elle porte dans un panier d’osier sur sa tête. "Namasté" me dit-elle, je ne résiste pas et lui en achète une. Sous le ciel bleu, sur ce chemin de terre rouge, mon sac est léger sur le dos. Je croque à pleine dent dans cette succulente pomme, je profite de tous mes sens de cet instant… Je suis heureuse comme un poisson dans l’eau.
Après avoir visité quelques guest houses, je choisis le mignon "Roots n’Rock". La région d'Hampi est entouré de gros ou gigantesques rochers, c'est super joli.
Au "Roots n’ Rock" je demande une chambre, et avant que je ne m’installe, comme la pièce n’était pas très clean, je dois attendre un moment qu’on la nettoie…
Alors je prends une douche, bois un "mango lassi", boisson lactée à base de mangue, et papote avec d’autres voyageurs…
Quand on vient m’annoncer que c’est prêt, je vois les murs recouverts de brun… Et voilà qu’on me dit que ça écarte les mouches… Après quelques secondes, je comprends que c’est de la bouse de vache!!!
Comme mon budget ne me permet pas un hôtel à étoiles (d’ailleurs il n’y en a pas dans ce bled), je paie 10 jours 7 $, et installe mes affaires en prenant bien soin de ne pas toucher les murs encore frais de leur "peinture" locale…
Une vache pointe son museau par la fenêtre toujours ouverte "Bonjour sacrée vache, si tu veux te lacher n'hésites pas...🤪"
25/11
Hier soir j’ai trouvé que les insectes faisaient un boucan d’enfer dans ma chambre, mais ce matin, j’ai trouvé trois grosses grenouilles ou crapauds, je ne suis pas experte en batracien, dont un juste à côté de mon oreiller !!!
P’tit dèj’ pancake, café et salade de fruits du coin, c’est à dire banane, mangue et ananas et je m’en vais au village… Reprends le petit chemin de terre rouge bordé de palmiers de toutes sortes, la barque trop marante, et me voilà dans la rue principale.
Installée à la terrasse d’un bui bui, je commande un lassi spécial, et rêve devant la vie de ce village… J’adoooore regarder la vie très colorée des indiens… Les rickshaws jaunes et noirs, les bus brinque ballants couverts de déités peintes à la main de couleurs vives, les gens vivant comme dans un autre siècle, les singes partout courant de toit en toit, les vaches se baladant comme de rien n’était, les enfants n’arrêtent pas de demander des "school pen", les mendiants n’arrêtent pas de mendier, et les vendeurs de toutes sortes d’essayer de vendre. "Banana? Good Banana!"
Je rencontre deux Français arrivant directement de Manali, petite ville tout au nord de l’Inde, quel bien fou de parler à nouveau sa langue maternelle… Ils cherchent un sympa guest house au calme, alors je leurs conseille là où je suis. On mange un thali, papotons encore et nous dirigeons vers la rivière. On s’est payé de ces fous rires dans la barque, et comme c’est contagieux, tous les passagers nous ont imités, ne comprenant rien au français, mais le rire de Françoise est décidément trop cocasse.
Le lendemain, je me décide d’aller voir les temples parsemés dans la campagne avoisinante, une joli chemin rocailleux mène au « Vittala Temple » datant du début du 16ème siècle.
Ce temple est le plus important et le mieux conservé, de plus ses colonnes merveilleusement sculptées sont creuses et chacune d’elles émet une note !
Dans la cour où je suis, se trouve le petit temple en forme de char, très connu et très photographié.
Je prends des heures pour écrire car cet endroit, ce temple, est tellement beau que je relève tout le temps la tête pour rêver devant ces beautés… J’attends que le ciel se dégage pour prendre des photos, guettant chaque rayon de soleil…
Je m’extasie en observant la nature, j’écoute les cris d’oiseaux parfois très étranges, et suis transportée dans un monde si serein et si relax par un vol de perroquet passant à quelques mètres au-dessus de ma tête. Je reste là à rêver pendant des heures et des heures…
…/… Je suis revenue au village avec trois Italiens avec qui j’avais papoté un moment au temple, et c’est tant mieux, car à ce qu’il paraît, en fin de journée les chemins ne sont pas très surs pour une voyageuse solo.
28/11
La saison touristique commence petit à petit, de plus en plus de voyageurs arrivent des quatre coins du monde, et Hampi est un passage obligé dans cette partie de l’Inde. Beaucoup de voyageurs ont toujours un instrument de musique avec eux, un bel israélien joue de la guitare, un charmant italien ne quitte jamais son didgeridoo, et Olivier, le copain de Françoise joue des petites percussions. L’ambiance est souvent très très chouette. Les shiloms tournent, j’observe toujours les beautés de la nature, les papillons multicolores, les oiseaux jaunes et verts à taches blanches et aux longs becs, une grande abeille jaune et noire au corps très mince. L’espèce de gros choucas fait un boucan d’enfer pendant de longues minutes, il s’est installé dans le palmier où j’ai attaché mon hamac, dans lequel j’écris. Je ne l’oublie jamais sous les tropiques, je le trouve trop indispensable! Mais quand même après avoir "bien" déjeuné, j’ai loué un vélo, et suis partie me faire des muscles et perdre des kilos sur les chemins d’Hampi.
Il fait super chaud et humide, la mousson n’est pas encore terminée, mais c’est un endroit tellement superbe, on trouve de grosses statues de Ganesh ou de Shiva au croisement d’un petit chemin, ou des adorables petits temples au milieu de bananeraies ou palmeraies, vraiment splendides comme moments.
Un petit écureuil crie comme un fou, peut être crie-t-il après sa dulcinée ? Les oiseaux chantent à cœur joie, époustouflants de beautés. J’observe ce que je pense être un pivert, ensuite mon regard s’arrête sur des petits perroquets, et sur d’autres sublimes oiseaux dont je n’ai pas la moindre idée du nom. L’écureuil n’a pas bougé, moi non plus d’ailleurs, j’écoute le vent frapper les feuilles de bananiers les unes contre les autres. Le ciel est tout bleu avec quelques tous petits nuages, et je suis installée à l’ombre, sur des grosses pierres de ce petit temple tout perdu. J’ai quasi fini ma bouteille d’eau, je vais devoir penser à bouger…../...
Travel journals · Inde
Carnets de voyage, descriptions de souvenirs mémorables, reportages, comptes rendus de voyages, etc.
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Pour mon 1000ème message, voici un petit instanné de mon voyage de l'été denier en INDE, Madhya Pradesh.
Gwalior, est souvent oubliée sur le parcours, et pourtant...
Voici un "copié-collé" de mon carnet, textes et illustrations réalisés sur place...
Lundi 15 août 2005
Réveil un peu tardif… Le gars de l’hôtel s’attendait sûrement à ce que je demande qu’on me monte le petit déjeuner dans la chambre, mais je préfère de loin le prendre dans la rue ! Je choisis une toute petite échoppe et mange mes premiers pakori avec un chaï. Je retrouve avec plaisir mes habitudes. Le gars est bien sympa et s’amuse en entendant mon Hindi de débutant ! Je reste un petit moment à le regarder faire les beignets et le chaï. Les rickshaws de Gwalior sont vraiment d’un autre âge, plus longs et plus larges, équipés de banquettes pouvant accueillir une dizaine de personnes. On les appelle les « tempos » et ça pétarade sec ! Un bruit qui me fait penser plus à un bateau qu’à un véhicule terrestre… Je prends néanmoins un rickshaw ordinaire. Ici, pas la peine de discuter le prix, car il n’y a pas d’arnaque envers les touristes. Que de monde dans les rues ! On me dépose au pied de la route qui conduit au fort de Gwalior. Je ne tarde pas à découvrir ces impressionnantes statues jaïna sculptées dans la falaise de part et d’autre du chemin. Il y en a des dizaines, accompagnées de bas-reliefs. Les plus grandes font de 10 m à 17 m ! Décidément, ces Jaïns sont de sacrés artistes… J’opte pour un petit coin à l’ombre pour croquer l’une d’entre elles et il me faut bien faire un choix sur les 127 statues rupestres présentes en ces lieux !
Deux jeunes qui travaillent à la restauration des vestiges viennent me tenir compagnie et c’est parti pour ma première véritable aquarelle in situ ! Il fait une chaleur insoutenable et je ruisselle tant et plus. Il y aurait de quoi passer la journée à dessiner ces statues, mais il y a aussi tellement à voir ! Tout au long de cette rampe qui conduit à la forteresse, des gamins m’accompagnent. Pas mal de monde dans le fort. Beaucoup d’Indiens sont venus en famille, profitant de ce jour férié. La plus grande partie de la surface forteresse est occupée par des champs, mais se dressent aussi quelques temples et le fameux palais de Man Singh, splendide avec ses peintures bleu turquoise, vert, jaune, rouge… Assez unique en son genre ! En fait, c’est surtout pour lui que je suis à Gwalior…
Mais avant un nouveau dessin, il faut recharger les batteries et de voir ces familles se restaurer au milieu des colonnes des vestiges jouxtant le palais, m’a ouvert l’appétit. Que de couleurs ! Tous ces saris sont magnifiques, assez différents de ceux du Rajasthan, mais tout aussi riches… Les femmes sont très belles et j’aimerais les prendre toutes en photos ! Pour manger, il n’y a que le Gurdwara du temple sikh, qui sert des repas 24h/24h gratuitement, ici comme partout ailleurs. A la porte, je demande si je peux manger et on m’invite généreusement à entrer. J’abandonne mes chaussures pour un temps, couvrant ma tête avec le foulard. Tous portent des turbans et des foulards oranges sont prévus pour les visiteurs imprévoyants. Je prends place dans l’immense réfectoire aux côtés des autres convives assis en ligne sur des nattes très étroites. A mes pieds, un unique plat métallique posé à même le sol que des serveurs passant avec de gros seaux se chargent de remplir de riz, dhal et chapati. Je commence à manger en souriant aux gamins en face de moi qui me dévisagent amusés. Les serveurs sont très élégants avec leurs barbes impeccables et leurs turbans très serrés. Comme beaucoup d’Indiens, peu importe leur religion, ils ne sont pas avares en sourires… Je peux aussi faire des photos sans aucun problème ! En fait, je me demande ce qu’ils me refuseraient et m’étonne d’autant de tolérance… Tous sont adorables et particulièrement le jeune Baljut qui s’est attaché à mes pas. Leur chaï est délicieux et on me le sert devant un « air cooler »… Tous viennent me saluer chacun leur tour. Que d’attention et de moments magiques !
Puis je visite la cuisine où les hommes s’affairent, faisant cure le riz et les dahl dans d’énormes gamelles. La confection des chapati est l’affaire des femmes et les voir faire est un pur régal ! Et je jure que tous ces superlatifs ne sont pas exagérés… Un vieux me propose ses services de guide pour le temple. Il est très récent et semblable à celui d’Amritsar que j’ai vu en photo. A l’entrée, en bas de l’escalier, se trouve un petit bassin où l’on trempe ses pieds en les frottant l’un contre l’autre, puis l’escalier conduit à l’esplanade du temple. C’est un édifice tout blanc avec un toit d’or dans lequel est gardée la relique, le Livre Sacré. Le vieux sikh nous explique, à moi et à un couple de Français qui m’a rejoint, les principes fondateurs de leur religion essentiellement basée sur une grande tolérance. A côté du temple se trouve un immense bassin carré entouré de colonnes et cela doit être impressionnant d’assister au bain…
Je retourne au réfectoire et croque le portrait de mon nouvel ami sikh. La technique de l’aquarelle directe est vraiment agréable…
L’endroit est plutôt insolite pour dessiner : adieu le calme ! Et comme nous sommes sans arrêt sollicités par les autres, nous nous réfugions dans une petite pièce contiguë. Le sol est crado, avec des restes de dalh sur les… dalles (facile, celle-là !). Juste un sac de toile de jute, d’où s’échappe une souris (et je préfère ça à un rat…) sous les fesses et je continue mon « œuvre ». De toute façon, il ne faut pas être trop regardant, car on marche pieds nus très souvent et le sol est loin d’être récuré à fond, voire sec ! La traversée de la cour brûlante hier a déjà mis mes plantes de pieds à dure épreuve et elles commencent à être blindées. Heureusement qu’il y avait près des bassins à ablutions et à l’entrée des salles de prière des tapis servant de refuges salvateurs !
Je réalise soudain que je ne suis arrivé à Gwalior qu’hier et déjà tant d’images dans la tête ! Le vieux m’invite à quitter l’hôtel pour venir dormir ici… Je vais y réfléchir, mais l’idée me tente sacrément ! Si je m’étais écouté, je les aurais bien croqué tous tellement ils ont des visages et des allures vraiment typiques. A défaut, je les aurai en photos… Chalo ! Je continue mon périple non sans leur avoir donné rendez-vous demain à 13h00. Le Teli-Ka-Mandir est un chouette temple hybride, mélange d’architecture du sud et de style jaïn. Au moment d’entrer à l’intérieur, je réalise que je n’ai pas pris de billet pour visiter l’ensemble du complexe de la forteresse et je reporte donc ma visite au lendemain. Alors, je m’amuse à regarder des gamins s’entraîner au cricket jusqu’à ce que le jeune lanceur me tende la balle ! La musique de Lagaan en tête, je m’exécute… La magie du voyage sur un temps donné est de savoir dosé le temps consacré à tous ces instants magiques et aux autres, plus « touristiques ». Chaque groupe croisé me couvre généreusement de sourires et de gracieux « Namaste ! » et il est bien agréable de longer les remparts en suivant le chemin de ronde en cette fin d’après-midi…. Je rencontre un sympathique allemand avec qui on se file rencard plus tard à l’Indian Coffee Restaurant qui est plutôt bien côté dans le LP et dans le Routard.
De nouveau seul, je découvre Gwalior, « petite » ville de 800 000 habitants et pourtant, aucun immeuble vertigineux, juste la sensation de déambuler dans un gros bourg. Les pétarades et klaxons incessants montent jusqu’aux remparts… Le chemin de ronde s’arrête sur la vision incroyable du Man Singh Palace accroché à flanc de falaise avec ses enfilades de tours et ses motifs multicolores peints sur les murs ocres. Je ne peux résister à une longue contemplation, imaginant la fureur des batailles de jadis, et me lance finalement dans une esquisse au crayon. Que c’est agréable de dessiner dans la fraîcheur du soir, perché au-dessus du vide, une fraîcheur toute relative qui vient seulement du vent… Il me faudra revenir tôt demain matin ou bien demain soir pour finir ce dessin, car le soleil ne va pas tarder à se coucher.
Passant devant les murs à dominante turquoise, je m’arrête pour photographier les gamins, profitant du retardateur et du mini pied pour me joindre à eux. L’impressionnante porte du fort conduit à une rampe pavée qui serpente vers la vieille ville. Un temple hindou, où règne une intense animation (prières à Shiva, chants, applaudissements), s’accroche à la falaise. Un petit moment de calme bien appréciable avant le replongeon dans la fureur de la ville grouillante d’activité. Petits vendeurs et charrettes, tirées par de superbes bœufs aux cornes immenses parfois peintes, travaillent et circulent au milieu des tempos, des motos et des piétons. La vigilance est de rigueur pour arpenter ces rues bondées !
Un rickshaw me conduit au cybercafé. La connexion est plutôt lente, mais je ne peux manquer de raconter à Mu et aux autres ce que j’ai déjà vécu lors de ces deux premiers jours déjà bien remplis. Puis je retrouve mon ami germanique Florian au restaurant. Quand nous nous sommes rencontrés la première fois, il m’a dit en avoir marre de la cette cuisine locale et j’avoue avoir eu peur qu’il ne m’invite dans une pizzeria ou une brasserie alsacienne ! Une réflexion qui la bien fait rire, car il parlait en fait des spécialités du Nord de l’Inde, préférant pour une fois goûter à la cuisine du Sud que je ne connais pas, donc, ça me va très bien !
Je goûte donc à mes premières Masala Dosa, de délicieuses et immenses galettes fourrées de pommes de terre, d’oignons et de carottes au curry, servies avec un chutney de coco et des dahl. Excellent ! J’amuse tous les clients en prenant mon plat en photo… Dans un français impeccable, Florian m’explique qu’il a appris à cuisiner ces spécialités à Daramsalah. En fait, mon nouveau compagnon est interprète pour la Communauté Européenne et cela fait douze ans qu’il vit à Bruxelles. Venant de Varanasi, il m’indique que le Gange était plutôt haut, rendant le passage d’un ghat à l’autre impossible à pied. J’espère qu’il aurait baissé d’ici quinze jours ! Il me conseille d’aller à Amritsar où il a beaucoup apprécié l’ambiance. J’avoue qu’après avoir rencontré tous ces Sikhs, de voir le Golden Temple au sein de cette communauté me tente… D’ailleurs, Baljut est originaire de là-bas. C’est en fait l’équivalent de La Mecque, mais pour les Sikhs !
Florian m’invite aussi à aller visiter un jour l’Ouzbékistan qui est un pays magnifique. Au cours de la conversation, il m’explique qu’il est daltonien et qu’il perçoit les couleurs d’une manière très atténuée. C’est en partie pour ça qu’il apprécie autant l’Inde, car les couleurs y sont flamboyantes. Je ne peux m’empêcher de penser que c’est dommage de ne pas pouvoir les contempler dans leur vraie intensité… Mon compagnon de restau se montre très sensible à mes croquis et au calendrier de voyage. Justement, il est en train de lire un carnet de route d’un gars qui a passé un an à Delhi et illustré par de chouettes croquis réalisés par sa femme. Ce serait sympa de se revoir demain…
Lundi 15 août 2005Réveil un peu tardif… Le gars de l’hôtel s’attendait sûrement à ce que je demande qu’on me monte le petit déjeuner dans la chambre, mais je préfère de loin le prendre dans la rue ! Je choisis une toute petite échoppe et mange mes premiers pakori avec un chaï. Je retrouve avec plaisir mes habitudes. Le gars est bien sympa et s’amuse en entendant mon Hindi de débutant ! Je reste un petit moment à le regarder faire les beignets et le chaï. Les rickshaws de Gwalior sont vraiment d’un autre âge, plus longs et plus larges, équipés de banquettes pouvant accueillir une dizaine de personnes. On les appelle les « tempos » et ça pétarade sec ! Un bruit qui me fait penser plus à un bateau qu’à un véhicule terrestre… Je prends néanmoins un rickshaw ordinaire. Ici, pas la peine de discuter le prix, car il n’y a pas d’arnaque envers les touristes. Que de monde dans les rues ! On me dépose au pied de la route qui conduit au fort de Gwalior. Je ne tarde pas à découvrir ces impressionnantes statues jaïna sculptées dans la falaise de part et d’autre du chemin. Il y en a des dizaines, accompagnées de bas-reliefs. Les plus grandes font de 10 m à 17 m ! Décidément, ces Jaïns sont de sacrés artistes… J’opte pour un petit coin à l’ombre pour croquer l’une d’entre elles et il me faut bien faire un choix sur les 127 statues rupestres présentes en ces lieux !

Deux jeunes qui travaillent à la restauration des vestiges viennent me tenir compagnie et c’est parti pour ma première véritable aquarelle in situ ! Il fait une chaleur insoutenable et je ruisselle tant et plus. Il y aurait de quoi passer la journée à dessiner ces statues, mais il y a aussi tellement à voir ! Tout au long de cette rampe qui conduit à la forteresse, des gamins m’accompagnent. Pas mal de monde dans le fort. Beaucoup d’Indiens sont venus en famille, profitant de ce jour férié. La plus grande partie de la surface forteresse est occupée par des champs, mais se dressent aussi quelques temples et le fameux palais de Man Singh, splendide avec ses peintures bleu turquoise, vert, jaune, rouge… Assez unique en son genre ! En fait, c’est surtout pour lui que je suis à Gwalior…

Mais avant un nouveau dessin, il faut recharger les batteries et de voir ces familles se restaurer au milieu des colonnes des vestiges jouxtant le palais, m’a ouvert l’appétit. Que de couleurs ! Tous ces saris sont magnifiques, assez différents de ceux du Rajasthan, mais tout aussi riches… Les femmes sont très belles et j’aimerais les prendre toutes en photos ! Pour manger, il n’y a que le Gurdwara du temple sikh, qui sert des repas 24h/24h gratuitement, ici comme partout ailleurs. A la porte, je demande si je peux manger et on m’invite généreusement à entrer. J’abandonne mes chaussures pour un temps, couvrant ma tête avec le foulard. Tous portent des turbans et des foulards oranges sont prévus pour les visiteurs imprévoyants. Je prends place dans l’immense réfectoire aux côtés des autres convives assis en ligne sur des nattes très étroites. A mes pieds, un unique plat métallique posé à même le sol que des serveurs passant avec de gros seaux se chargent de remplir de riz, dhal et chapati. Je commence à manger en souriant aux gamins en face de moi qui me dévisagent amusés. Les serveurs sont très élégants avec leurs barbes impeccables et leurs turbans très serrés. Comme beaucoup d’Indiens, peu importe leur religion, ils ne sont pas avares en sourires… Je peux aussi faire des photos sans aucun problème ! En fait, je me demande ce qu’ils me refuseraient et m’étonne d’autant de tolérance… Tous sont adorables et particulièrement le jeune Baljut qui s’est attaché à mes pas. Leur chaï est délicieux et on me le sert devant un « air cooler »… Tous viennent me saluer chacun leur tour. Que d’attention et de moments magiques !
Puis je visite la cuisine où les hommes s’affairent, faisant cure le riz et les dahl dans d’énormes gamelles. La confection des chapati est l’affaire des femmes et les voir faire est un pur régal ! Et je jure que tous ces superlatifs ne sont pas exagérés… Un vieux me propose ses services de guide pour le temple. Il est très récent et semblable à celui d’Amritsar que j’ai vu en photo. A l’entrée, en bas de l’escalier, se trouve un petit bassin où l’on trempe ses pieds en les frottant l’un contre l’autre, puis l’escalier conduit à l’esplanade du temple. C’est un édifice tout blanc avec un toit d’or dans lequel est gardée la relique, le Livre Sacré. Le vieux sikh nous explique, à moi et à un couple de Français qui m’a rejoint, les principes fondateurs de leur religion essentiellement basée sur une grande tolérance. A côté du temple se trouve un immense bassin carré entouré de colonnes et cela doit être impressionnant d’assister au bain…
Je retourne au réfectoire et croque le portrait de mon nouvel ami sikh. La technique de l’aquarelle directe est vraiment agréable…

L’endroit est plutôt insolite pour dessiner : adieu le calme ! Et comme nous sommes sans arrêt sollicités par les autres, nous nous réfugions dans une petite pièce contiguë. Le sol est crado, avec des restes de dalh sur les… dalles (facile, celle-là !). Juste un sac de toile de jute, d’où s’échappe une souris (et je préfère ça à un rat…) sous les fesses et je continue mon « œuvre ». De toute façon, il ne faut pas être trop regardant, car on marche pieds nus très souvent et le sol est loin d’être récuré à fond, voire sec ! La traversée de la cour brûlante hier a déjà mis mes plantes de pieds à dure épreuve et elles commencent à être blindées. Heureusement qu’il y avait près des bassins à ablutions et à l’entrée des salles de prière des tapis servant de refuges salvateurs !
Je réalise soudain que je ne suis arrivé à Gwalior qu’hier et déjà tant d’images dans la tête ! Le vieux m’invite à quitter l’hôtel pour venir dormir ici… Je vais y réfléchir, mais l’idée me tente sacrément ! Si je m’étais écouté, je les aurais bien croqué tous tellement ils ont des visages et des allures vraiment typiques. A défaut, je les aurai en photos… Chalo ! Je continue mon périple non sans leur avoir donné rendez-vous demain à 13h00. Le Teli-Ka-Mandir est un chouette temple hybride, mélange d’architecture du sud et de style jaïn. Au moment d’entrer à l’intérieur, je réalise que je n’ai pas pris de billet pour visiter l’ensemble du complexe de la forteresse et je reporte donc ma visite au lendemain. Alors, je m’amuse à regarder des gamins s’entraîner au cricket jusqu’à ce que le jeune lanceur me tende la balle ! La musique de Lagaan en tête, je m’exécute… La magie du voyage sur un temps donné est de savoir dosé le temps consacré à tous ces instants magiques et aux autres, plus « touristiques ». Chaque groupe croisé me couvre généreusement de sourires et de gracieux « Namaste ! » et il est bien agréable de longer les remparts en suivant le chemin de ronde en cette fin d’après-midi…. Je rencontre un sympathique allemand avec qui on se file rencard plus tard à l’Indian Coffee Restaurant qui est plutôt bien côté dans le LP et dans le Routard.
De nouveau seul, je découvre Gwalior, « petite » ville de 800 000 habitants et pourtant, aucun immeuble vertigineux, juste la sensation de déambuler dans un gros bourg. Les pétarades et klaxons incessants montent jusqu’aux remparts… Le chemin de ronde s’arrête sur la vision incroyable du Man Singh Palace accroché à flanc de falaise avec ses enfilades de tours et ses motifs multicolores peints sur les murs ocres. Je ne peux résister à une longue contemplation, imaginant la fureur des batailles de jadis, et me lance finalement dans une esquisse au crayon. Que c’est agréable de dessiner dans la fraîcheur du soir, perché au-dessus du vide, une fraîcheur toute relative qui vient seulement du vent… Il me faudra revenir tôt demain matin ou bien demain soir pour finir ce dessin, car le soleil ne va pas tarder à se coucher.

Passant devant les murs à dominante turquoise, je m’arrête pour photographier les gamins, profitant du retardateur et du mini pied pour me joindre à eux. L’impressionnante porte du fort conduit à une rampe pavée qui serpente vers la vieille ville. Un temple hindou, où règne une intense animation (prières à Shiva, chants, applaudissements), s’accroche à la falaise. Un petit moment de calme bien appréciable avant le replongeon dans la fureur de la ville grouillante d’activité. Petits vendeurs et charrettes, tirées par de superbes bœufs aux cornes immenses parfois peintes, travaillent et circulent au milieu des tempos, des motos et des piétons. La vigilance est de rigueur pour arpenter ces rues bondées !
Un rickshaw me conduit au cybercafé. La connexion est plutôt lente, mais je ne peux manquer de raconter à Mu et aux autres ce que j’ai déjà vécu lors de ces deux premiers jours déjà bien remplis. Puis je retrouve mon ami germanique Florian au restaurant. Quand nous nous sommes rencontrés la première fois, il m’a dit en avoir marre de la cette cuisine locale et j’avoue avoir eu peur qu’il ne m’invite dans une pizzeria ou une brasserie alsacienne ! Une réflexion qui la bien fait rire, car il parlait en fait des spécialités du Nord de l’Inde, préférant pour une fois goûter à la cuisine du Sud que je ne connais pas, donc, ça me va très bien !
Je goûte donc à mes premières Masala Dosa, de délicieuses et immenses galettes fourrées de pommes de terre, d’oignons et de carottes au curry, servies avec un chutney de coco et des dahl. Excellent ! J’amuse tous les clients en prenant mon plat en photo… Dans un français impeccable, Florian m’explique qu’il a appris à cuisiner ces spécialités à Daramsalah. En fait, mon nouveau compagnon est interprète pour la Communauté Européenne et cela fait douze ans qu’il vit à Bruxelles. Venant de Varanasi, il m’indique que le Gange était plutôt haut, rendant le passage d’un ghat à l’autre impossible à pied. J’espère qu’il aurait baissé d’ici quinze jours ! Il me conseille d’aller à Amritsar où il a beaucoup apprécié l’ambiance. J’avoue qu’après avoir rencontré tous ces Sikhs, de voir le Golden Temple au sein de cette communauté me tente… D’ailleurs, Baljut est originaire de là-bas. C’est en fait l’équivalent de La Mecque, mais pour les Sikhs !
Florian m’invite aussi à aller visiter un jour l’Ouzbékistan qui est un pays magnifique. Au cours de la conversation, il m’explique qu’il est daltonien et qu’il perçoit les couleurs d’une manière très atténuée. C’est en partie pour ça qu’il apprécie autant l’Inde, car les couleurs y sont flamboyantes. Je ne peux m’empêcher de penser que c’est dommage de ne pas pouvoir les contempler dans leur vraie intensité… Mon compagnon de restau se montre très sensible à mes croquis et au calendrier de voyage. Justement, il est en train de lire un carnet de route d’un gars qui a passé un an à Delhi et illustré par de chouettes croquis réalisés par sa femme. Ce serait sympa de se revoir demain…
1 an autour de la planete, et nous basculons des montagnes nepalaises dans l'envoutante spiritualite indienne...
(pour les photos http://www.lespiedssurterre.org)
Mardi 22 Novembre: "Hare Krishna" Devant le comptoir de l'immigration, nous faisons la rencontre d'un groupe de touristes retraites réussissant l'exploit de visiter le Rajasthan, Varanasi et la vallée de Kathmandou en 14 jours dont 4 réservés aux transports, bravo Jet tour! Intrigués par le nombre de visas figurant sur nos passeports, ils sont très curieux d'un tel voyage. Etrangement ce qui les impressionne le plus c'est de ne pas savoir où l'on va dormir le soir sans réservation. Dans le lot, il y a bien évidemment le vieux bougon désagréable qui nous lance indirectement des " Pauvre France … … A notre époque on pensait d'abord a la carrière, aujourd'hui ils pensent aux loisirs!" Réponse du berger à la bergère, Sophie lança : "En attendant nous on n'aura peut-être pas de retraites pour s'offrir des voyages quand on sera vieux! c'est ça et bientôt c'est les retraites qui paieront votre retraite! de toute façon y'en a toujours un comme ça dans les voyages organisés" clôtura Sophie en faisant rire l'assemblée. A la sortie de l'aéroport de Varanasi, nous sommes harcelés par les taxis. Les prix sont bien sur revus à la hausse et certains n'hésitent pas à rajouter des suppléments pour les bagages, pour la personne supplémentaire, pour la clim et encore plus fort parce que la voiture est neuve et confortable! (Et pourquoi pas parce que le chauffeur s'est rasé ce matin tant qu'on y est ?!) Finalement, nous sortons de l'aéroport pour en prendre un directement dans la rue. Des types s'immiscent comme intermédiaires et il faut batailler pour imposer notre prix. Il faut reconnaître que ces taxis blancs à l'allure de vieilles voitures coloniales ont de la gueule, ce sont des Ambassador. Pour atteindre le bord du Gange ou se trouvent les guest, nous devons ensuite prendre un rickshaw et la, ça commence a ressembler a l'image qu'on avait de l'Inde, le bruit et la poussière sont la. Entasses comme deux sacs a patates a l'arrière avec nos énormes sacs a dos sur les genoux, nous devons nous tenir mutuellement pour ne pas tomber a chaque nid de poule. En haut des maisons, des singes bondissent et nous croisons quelques vaches au milieu de cette circulation anarchique que l'agent gesticulant sur son rond-point serait bien incapable de déloger. Leur fâcheuse tendance a se mettre au milieu de la route s'expliquerait par leur goût prononce pour les courants d'air provoques par les véhicules…ça chasse les mouches ! Cela pose tellement de problèmes de circulation que l'Assemblée a vote une loi en 2004 autorisant les policiers à les chasser avec de légers coups de bâtons. Nous arrivons au coucher du soleil à la Vishnou resthouse. Il y avait peu de chance de trouver une chambre mais la dernière vient de se libérer, cool. La terrasse, pourvu d'un petit temple (sans doute dédié à Vishnou) est très agréable et donne sur le Gange. Des cerfs volants se partagent l'horizon et des chants sacrés commencent à s'élever dans les airs. Ajouté a cela un "Hare Krishna" psalmodié en boucle pendant 40 mn et vous obtiendrez une
Mais que fait la police ?ambiance complètement irréaliste. Bon ben la, on est en plein dedans. Cela inspire Sophie qui "croque" le profil de Christophe (assez ressemblant d'ailleurs). A peine arrivés que nous sommes déjà sous le charme de cette ville. C'est aussi l'heure ou les routards de la guest rentrent au bercail. Nous faisons ainsi la connaissance d'Aurélien, Fred, Aurélie et Jihane.
Si la "Vishnou" est plutôt bonne enfant, le confort des chambres y est très sommaire. Deux énormes lézards, des geckos, la partagent avec nous tout comme les chiens qui hurleront sous nos fenêtres une bonne partie de la nuit.
Mercredi 23 Novembre: Le Nirvana Nous sommes réveillés vers les 04h30 par l'imam du coin, puis a 5h30 par des tintements de cloches et enfin, pour que l'orchestre soit complet, a 06h00 par ce qui pourrait ressembler a une partie de tennis engagée. Pourtant y'a pas de terrain dans le coin...nous découvrons en ouvrant les fenêtres qu'il s'agit des lavandières en train de battre leur linge dans le Gange. Nous les regarderons le temps de prendre notre petit dej' sur la terrasse. Nous commençons par visiter le Chowk, le vieux quartier qui longe le Gange. Il est facile de se perdre dans ce labyrinthe de ruelles tortueuses. Elles sont si étroites que voitures et charrettes ne peuvent circuler, ce qui n'enlève rien a l'animation qui y règne. Petits commerces, mangoustes et singes, souris et vaches sacrées mangeant les détritus jetés a même le sol, gargotes, buffles gênant notre passage, odeurs nauséabondes succédant a de divines effluves de masala et d'encens puis surtout chiens galeux a tous les coins de rues, sans oublier les bouses et autres déchets (étant donne qu'il n'y a pas de ramassage d'ordures, ce sont les animaux qui s'en chargent). Tout y est ! Le plus saisissant reste de tomber nez à nez avec le corps d'un défunt que sa famille conduit en cortège au lieu de crémation... On a comme le sentiment de déambuler
Lessive collectivedans une ville moyenâgeuse, Villon se serait régalé de ce spectacle. Les hommes ont souvent une écharpe autour de la tête à la manière d'une rage de dent ou les cheveux (et même barbe et moustaches) teint au henné…orange !
Au détour d'une ruelle, nous arrivons au Golden temple, le temple le plus sacré de la ville suppose contenir le lingam de Shiva (le symbole de Shiva étant un lingam, le principe mâle enfonce dans un yoni représentant le principe féminin). Aucun profane n'est autorisé à y pénétrer. A l'entrée de la ruelle d'accès au temple, chacun, indien comme touriste, est fouillé obligatoirement par des militaires armés. Comment dans de telles conditions, Sophie a-t-elle réussi à y entrer et ressortir avec la tika sur le front et une cordelette de longue vie autour du poignet? Un vieillard gardant les chaussures à l'entrée lui a juste demande de les ôter, et c'est seulement au moment de ressortir qu'on lui a fait remarquer le panneau d'interdiction "temple exclusivement réservé aux hindous". Personne n'a eu l'air surpris de sa présence a l'intérieur, la suite du voyage nous confirmera que les indiens sont d'une extrême tolérance a ce niveau-là.
Nous terminons la ballade par les bords du Gange ou se trouvent les ghats, les marches d'accès au fleuve sacré. Le plus important est le Manikarnika Ghat. C'est en suivant un cortège funéraire que nous y sommes arrivés. Sur une plate-forme bordée sur trois cotés par le Gange, brûlent une dizaine de bûchers. Le voeu le plus cher de tout hindou est que son âme monte au ciel par la grâce du feu. Il espère ainsi échapper au cercle sans fin des renaissances pour accéder directement au stade suprême: le nirvana. Des barques chargées de tonnes de bois sont amarrées et des hommes déchargent les bûches toute la journée. Un corps met trois heures à brûler et nécessite 350 kg de bois. Non loin de là, des stèles de sati évoquent le sacrifice des veuves qui s'immolaient vives (de façon plus ou moins consentie) en même temps que leur défunt mari. Bien que cette tradition fût interdite par les britanniques, elle a perduré jusqu'à très récemment.
Les cadavres drapés de blanc pour les hommes, de rouge pour les femmes et de jaune doré pour les vieillards sont d'abord immergés dans le Gange avant d'être brûlés, les cendres seront ensuite jetées dans les eaux sacrées du Gange. Lorsque la famille, trop pauvre, ne peut acheter suffisamment de bois, il arrive que le corps a demi consumé soit jeté dans le fleuve ou les charognards achèveront le travail.
Nous montons dans une tour qui domine la scène. Le tableau qui s'offre à nous est constitué de deux jambes calcinées qui dépassent du bûcher. Nous arrivons juste a temps pour voir le maître d'oeuvre les casser pour les poser sur le dessus à l'aide d'un bambou. Dans le bûcher voisin, nous apercevons la tête d'un autre encore attachée à sa cage thoracique, le "spectacle" est hallucinant pour nous occidentaux. Nous sommes fascinés par cette ferveur et ce mysticisme dans ce décor semi réel. La mort en Europe est cloisonnée derrière des portes, des hospices, ou le silence est de rigueur. Ici au contraire la vie côtoie la mort: des chèvres viennent manger les fleurs mortuaires, les cris des enfants jouant autour se font entendre, une dame se lave dans le fleuve a quelques mètres des bûchers.
La mort n'a pas cet aspect tabou qui existe chez nous, elle n'est pas niée et Varanasi nous apparaît ainsi comme un carrefour entre les mondes spirituel et physique.
Les bâtiments a proximité sont des mouroirs ou les gens attendent leur tour. Il est
bien évidemment interdit de filmer ou de photographier mais certains n'hésitent pas à nous réclamer une participation aux frais de crémation (qui coûte très cher) en contrepartie.
A la guest, c'est l'heure du "Hare Krishna" et du "banana lassi time". Un deuxième Fred et Paul, un anglais se joignent a nous. Demain nous partagerons à sept une barque pour le lever du soleil sur le Gange. Rendez-vous fixe a 6h00.
Les guest de Vishnou
Jeudi 24 Novembre: Ganja euh non Ganga ! Nous décollons plus tard que prévu mais juste a temps pour voir le soleil se lever…et nous ne sommes pas les seuls: des dizaines de barques longent elles aussi les ghats avec de nombreux touristes a leur bord.
1, 5 millions de bacteries pour 100 ml !
Ghats reserves aux femmes C'est un "spectacle" hallucinant que cette vie grouillante au bord du fleuve. On se rend vraiment compte de la puissance de la religion sur les mentalités et…de la pollution du Gange. "Aucun microbe qui se respecte ne sauraient vivre dans une eau pareille.", écrivait Mark Twain, et pourtant 1, 5 millions de bactéries cohabitent dans 100 ml d'eau (le maximum toléré au-delà duquel un bain peut être nocif est de 500!) Cela n'empêchent pas les indiens de laver leur linge avant de le mettre a sécher sur le sable et dans la poussière, de se laver (même les dents) et le pire, les enfants de plonger et les pèlerins de boire de son eau. Les buffles de leur coté n'éprouvent pas le moindre problème non plus à faire trempette. A ce propos, il est important de préciser qu'à Varanasi se trouve un des plus beaux goshalas de l'Inde, une maison de retraite pour vaches. Si l'on respecte autant les vaches en Inde c'est parce qu'elles incarnent l'ashima, l'absence de volonté de tuer et symbolisent la maternité, la charité et la pitié. Durant la crise de la vache folle, l'Inde a proposé à la France et au Royaume Uni de leur racheter les vaches destinées à l'abattage pour 12 millions d'euros!!! Cette anecdote illustre bien le culte voué a la vache.
Les ablutions se font au soleil levant, les pèlerins doivent se baigner en cinq endroits différents. L'hindou religieux doit suivre ce rite chaque matin: prononcer le mantra sacré (prière), s'immerger complètement trois fois de suite, et boire une gorgée d'eau du Gange dans sa main; quand on voit ce qui flotte a la surface… Beurk!
Raison de plus pour être surpris d'apercevoir les fameux dauphins du Gange, même les spécialistes s'interrogent sur le fait qu'ils n'aient pas encore totalement disparus. A plusieurs reprises nous en verrons sortir de l'eau, leur aileron et leur nez allongé bien visible.
La soie est l'étoffe sacrée par excellence et Varanasi en est la capitale. Cet après-midi, Sophie visite donc les fabriques de soie du quartier musulman en compagnie de Fred le Suisse. Ce sera l'occasion de distinguer la soie "sauvage" de la "naturelle", et la "mousseline" du "brocard". Les marchands de soie sont près a tout pour faire acheter; dans la même journée, Sophie a rencontré les fournisseurs de Sonia Rikel, Pierre Cardin et Hermès, rien que ça! Varanasi est à la fois musulmane et hindoue; il n'est donc pas rare de croiser des femmes complètement voilées de noir. L'Inde est en effet le deuxième pays musulman après l'Indonésie en termes de population.
La petite troupe est au complet à 15h30, la barque nous attend cette fois-ci pour assister à la Puja, la cérémonie du culte au Gange. Elle a lieu à la tombée de la nuit sur le Dasashwamedh Ghat. Plusieurs prêtres accompagnés de musiciens officient tournés vers le Gange tandis que les chants sacrés s'élèvent et que des dizaines de bougies sont déposées sur l'eau. C'est assez mystique mais ça devient barbant au bout d'une demi-heure. C'est aussi à la nuit tombée que les crémations sont les plus impressionnantes.
On assiste a un triste spectacle à la descente du bateau: deux chiens collés dévalent une pente. En regardant d'un peu plus près, on s'aperçoit qu'ils sont restés "enfiles" durant le coït. On ne peut malheureusement rien faire pour eux a part leur mettre le doigt dans le dernier orifice disponible mais personne ne s'est dévoué. Pas d'inquiétude à avoir, ils s'en sont sortis tous seuls.
Aucun resto proche de notre guest n'est mentionné dans les guides, on y va donc au pif, et la mauvaise pioche, même Christophe n'a pas fini ses assiettes! La soirée se termine à l'Internet café ou les pannes de courant s'enchaînent à nous arracher les cheveux; il semble que ce soit assez "courant" dans le pays!
Vendredi 25 Novembre: Yoga Ce matin, nous testons l'activité phare de Varanasi après les crémations: le yoga. Les cours ont lieu dans le petit temple sur la terrasse de notre guest de 8 à 10 heures et il faut être à jeun. Aurélien, Jihane, Aurélie ainsi qu'un autre couple participent aussi. La séance commence par un travail de respiration puis des exercices "exutoires" qui permettent sans doute de libérer les tensions. Dans notre cas ça a surtout libère un énorme fou rire collectif notamment quand on a du faire "le lion" à tour de rôle! La séance se termine par de la méditation où il est possible de ressentir une sorte d'énergie entre les mains et ça marche! Christophe était complètement absorbé dans sa bulle "magnétique". On est resté un bon moment sur la terrasse: Sophie a pris les choses en mains en testant la coupe de cheveux aux ciseaux, Christophe commençait vraiment a ressembler à un lion "grisonnant", le processus de "blanchiment" s'étant emballé depuis notre départ de France. Le résultat est plutôt satisfaisant compte tenu de l'outillage. La fin de journée fut un peu plus stressante. Pour se rendre au Ramnagar palace, la demeure du maharadjah de Varanasi, nous prenons un autorickshaw, sans doute un des plus intrépides de la ville. On se serait cru dans un jeu vidéo où il faut conduire une voiture lancée à toute berzingue qui doit éviter tout un tas d'embûches sur la route. Sauf que la c'est "pour de vrai", il faut éviter vaches, chiens, voitures, vélos, écoliers et autres piétons et c'est même pas nous qui étions aux commandes. Sophie a cru mourir à plusieurs reprises alors que Christophe s'en amusait, le chauffeur maniait son engin comme s'il faisait corps avec, virant à droite, esquivant une moto qui déboulait à gauche, frôlant les camions puis se faufilant comme Speedy Gonzales dans une circulation totalement anarchique. Le trajet a semblé durer des heures pour Sophie qui hurlait a chaque fois qu'on s'approchait un peu trop vite ou un peu trop près des "embûches", un enfer! Sans oublier qu'au passage on se prend de la poussière plein les yeux et le nez. Il lui a fallu un peu de temps pour s'en remettre. Christophe, quant à lui, a apprécié la ballade et l'agilité de notre chauffeur.
Samedi 26 Novembre: "bouge de la" (Mc Solar) Nous partons ce soir en train de nuit pour Satna. Nous nous balladons une dernière fois sur les ghât pour observer son animation de plus près. De grands parasols abritent toutes sortes de petits métiers: masseurs, vendeurs de fleurs, barbiers et astrologues qui veulent a tous prix nous lire les lignes de la main. On voit aussi des "gourous" autour desquels sont rassemblés de nombreux fidèles qui les écoutent interpréter les textes sacrés pendant des heures ou répéter leurs chants. Un peu plus loin, un homme fait du yoga; il se cambre en arrière puis se contorsionne pour finir debout sur un pied comme Shiva le fit une longue période de sa vie. Nous avons également croisé un sâdhu, le plus célèbre de la ville, celui qu'on aperçoit lorsque l'on est dans la barque, celui qui est assis sous son arbre, celui qui arbore un crâne humain plante sur un pieu et qui s'extasie sur les Nike de Sophie "super tes chaussures…". Un phénomène le gars, peut-être un peu trop mégalomane pour un ascète! Départ pour la gare vers 22h00, la mauvaise heure. Nous revivons la même expérience en rickshaw que la veille version night background: il fait nuit noire, les vaches n'ont pas de feux stop, des piétons traversent a l'improviste et le chauffeur hésite entre conduite a droite ou conduite a gauche. Notre train prévu pour 23h30 n'arrivera en gare qu'a 1h15! Sophie a réussi l'exploit de s'endormir assise sur son sac a dos, la tête posée sur ses genoux alors qu'il n'y a pas si longtemps elle avait du mal a trouver le sommeil ailleurs que dans sa chambre. A l'arrivée du train, la première image qui nous est venue a l'esprit, aussi déplacée soit-elle, est celle de ces wagons de déportes pendant la Deuxième guerre mondiale. Les fenêtres sont flanquées de barreaux ou plusieurs têtes se collent et les wagons bondées, de véritables bétaillères. Monter dans le train relève du défi, mais avec l'aide de deux autres touristes, un français et un brésilien, nous nous entassons dans le wagon 4. L'étape suivante consiste a atteindre nos couchettes en enjambant des familles entières assises ou allongées par terre au milieu de valises et sacs en tous genres, en bousculant a droite a gauche voir en forçant le passage, nos sac a dos ne nous permettant pas de jouer en finesse. Bien évidemment nos couchettes comme toutes les autres sont occupées. Nous présentons nos billets "pour faire valoir ce que de droit". Ces messieurs nous expliquent alors qu'il y a eu erreur sur la numérotation du train et que nous nous trouvons dans le wagon 5. Info ou intox, nous n'avons pas d'autres options que de les croire puisque, hormis le chauffeur, aucun contrôleur ou employé des chemins de fer ne s'aventurent dans cette jungle. Nous voici tous les quatre a nouveau sur le quai quand tout a coup le train se met à bouger sans préavis. Ni une ni deux nous sautons dans le wagon le plus proche, le numéro 6. Grrrrr… Serres de tous cotes et
A multiplier par 10 !!dépasses par la situation, nous nous résignons a passer les prochaines 8 heures debout agglutines a nos sacs. Pour 10 places assises 30 personnes sont entassées la. Le brésilien est plus combatif et nous motive à retraverser les deux wagons. L'expédition prendra une demi heure, au prix de quelques attouchements à l' encontre de Sophie. Mais voici qu'au milieu de ce bordel, nous devinons nos numéros de couchettes. Yiipaaaa! Nous sommes quatre et au final nous arrivons à nous imposer. Nos deux compagnons, habitues des trains indiens, nous expliquent que c'est bien la première fois qu'ils voyagent dans de telles conditions. Pour notre première expérience ferroviaire ici, nous voila baptises! On ne fermera pas beaucoup l'oeil cette nuit la, dévisages par tous et adosses sur nos gros sacs a dos cadenasses. La nuit s'annonce looonnnnnngue.
Dimanche 27 Novembre: Le parc de Bandhavgarh L'absence de toute indication, visuelle dans les gares ou orales dans le train, ne nous ayant pas permis d'anticiper notre descente, c'est à 06h00 du matin dans la précipitation que nous saisissons notre barda pour quitter la bétaillère. Belle erreur de débutant de Christophe qui, pour éviter les mains baladeuses de la veille, garde un oeil sur Sophie et se fait ainsi distancer (quelques mètres) par le précédent pour sortir. Aussitôt une dizaine d'indiens s'engouffrent dans l'espace libre, nous voila bloqués et le train qui va repartir d'une minute à l'autre. Une seule solution, chercher l'intervalle et percer. Râfuts a droite a gauche, coups d'épaules et nous atteignons la sortie plus surpris nous même par notre bourrinage que les locaux accoutumés au fait. Faute de bus pour se rendre au parc de Bandhavgarh, nous louons un taxi. La route est asphaltée en partie, l'autre est en cours d'asphaltage ce qui signifie cahoteuse. Les ouvriers qui transportent des paniers de gravier sur leur tête sont des femmes et on se demande finalement quels types de travaux sont réserves aux hommes… Le trajet de quatre heures est pénible et il est impossible de dormir pour récupérer le manque de sommeil de la nuit dernière, ni même de lire au risque de faire une grosse gerboulade. Arrivés au parc, il nous reste a choisir un hôtel et c'est le moins cher qui a gagne. Le confort est proportionnel et on se contentera de l'eau ferreuse froide et des draps poussiéreux. Le personnel, par contre, est charmant et fera tout pour nous satisfaire: nous apporter des thés au lait au lieu du café commande ou une bougie de gâteau d'anniversaire pour nous éclairer lors des fréquentes coupures d'électricité! Nos voisins de chambrée est un surprenant couple anglo-écossais avec qui nous décidons d'oublier nos rancoeurs olympiques pour partager une jeep le lendemain.
Lundi 28 Novembre: Mon cher Khan, … Nous partons à l'aube afin de mettre toutes les chances de notre coté pour dénicher le fameux Shere Khan, le tigre du Livre de la jungle, ça vous dit quelque chose? Kipling, qui passa sa jeunesse en Inde, se serait inspiré de cette région pour créer le décor de son célèbre roman. Nous avons le décor, il ne nous reste plus qu'à retrouver les personnages. Christophe s'est mis bille en tête de voir un tigre, ça le titille depuis le parc de Chitwan au Népal. Une soixantaine de spécimens vivent dans ce parc, la plus grande concentration d'Inde. Dans la famille Walt Disney, nous piochons d'abord Bambi et nous réussissons à former toute la famille, ensuite des langurs ces sympathiques singes blancs à la longue queue et des macaques puis un chacal, un groupe de perroquets, des paons, des poules sauvages, des vautours, des sangliers et des sambars mais… pas de tigre. On garde bon espoir puisqu'on y retourne en fin d'après-midi après la sieste. On est venus, on l'a pas vu on est repartis la queue entre les jambes! Même si le parc est vraiment beau et la faune très dense, Christophe est tellement déçu qu'il somatise et nous refait une tourista, la quatrième. Pourtant on y a cru. A plusieurs reprises on s'est arrêté, l'oreille alerte au moindre bruit (cris d'alarme des animaux indiquant la présence d'un tigre en chasse) et l'oeil attentif scrutant les fourrés. Des empreintes nous ont aussi mis sur la voie (mais pas la bonne). Que se passe-t-il? Notre bonne étoile nous aurait-elle abandonnés? Nous décidons de forcer la chance le lendemain en faisant un tour d'éléphant, il y a 90% de chance d'en voir un.
Mardi 29 Novembre: Miaou On se lève a nouveau à 5h30 pour être les premiers sur la liste puis parcourons a nouveau le parc pleins d'espoir. Nous croisons des jeeps qui ont aperçu un tigre et nous toujours rien, la poisse! Ca fait partie du jeu (sinon autant aller au zoo) mais on persiste. Notre dernier espoir: l'éléphant. Les guides du parc sont très organisés: à dos de pachyderme ils repèrent un tigre puis avertissent les autres par talkie-walkie afin qu'ils apprêtent un éléphant pour les touristes. C'est un service qui se paie cher mais maintenant qu'on est là tant pis pour le supplément, on fonce. Bon d'accord c'est pas très glorieux mais on se retrouve à cinq mètres d'un fauve au repos, peu dérangé apparemment par les allers-retours incessants des éléphants. C'est à peine s'il lève la tête à notre arrivée mais nous verrons tout de même
Grosminetson magnifique regard couleur ocre. Difficile d'imaginer que ce gros matou tranquille est surnommé le Mangeur d'hommes. Nous repartons émerveillés d'avoir approché de près ce magnifique animal en voie de disparition (ne l'oublions pas). En tous cas, ces quelques minutes justifiaient à elles seules le déplacement.
Après-midi lecture à la cool dans un hôtel classe. Il nous a suffi de commander un jus d'orange et un coca sans bulle (tourista oblige) pour profiter seuls de l'agréable jardin (les touristes ne se bousculent pas). Nous étions absorbés par notre livre lorsqu'un singe d'un mètre (queue d'un mètre non comprise) nous a surpris en bondissant sur notre terrasse à deux mètres de nous. Apres avoir constaté notre présence, autant surpris que nous, il est reparti en sautant sur le toit. Décidemment l'Inde est un pays magique.
Mercredi 30 Novembre: De que color es tu pelo? Nous avons fait la rencontre de deux espagnols de Gérone, Fiona et Michael qui comme nous voulaient se rendre a Khajuraho. Nous partageons donc le taxi, ce qui nous donne l'occasion de pratiquer un peu notre espagnol pendant les sept heures de route. Ils sont très sympa et les sujets abordés seront divers et variés. Michael, catalan jusqu'au bout des ongles reste pourtant partisan d'une construction européenne (à condition que ceux qui décident de s'installer dans la patrie de Dali se mettent au catalan, y tiene razon). Quant a Fiona, elle collectionne les crânes d'animaux qu'elle trouve dans la nature (ou qu'on lui offre), ce qui ne l'empêche pas d'être contre la tauromachie). Christophe sera très fier de leur chantonner l'Estaca en catalan (" l'avi sise tem parlaba, de bon mati al portal …") Nous les quittons à leur hôtel, notre budget ne nous permettant pas de les suivre. Nous trouvons un hôtel simple mais propre avec eau chaude, après 3 jours de douche au baquet c'est du luxe pour 2 euros la nuit!
Equipe franco-catalane
Jeudi 1er Decembre: Kama-sutra a Khajuraho Le site archéologique, constitué de temples datant du IX au XIIe siècle, est célèbre pour ses sculptures érotiques. Nous passons donc une bonne partie de la journée à rechercher avec la curiosité de l'adolescent pour le film porno du samedi soir les scènes coquines qui se dissimulent au milieu d'autres représentations de la vie de l'époque (guerre, rois, reines, divinités, etc…). Les scientifiques n'ont toujours pas élucidé les significations de telles représentations, mais la culture tantrique donnent quelques informations : les scènes d'amour incarnent l'oubli de soi-même et l'abolition du temps, ce qui représente le meilleur moyen de méditer! Mouais, à cette explication cosmique d'autres préféreront une autre plutôt orgasmique! Etant donné que c'est le spot le plus " excitant " euh…important de la ville, il n'est pas étonnant d'y rencontrer nos catalans Michael et Fiona. L'après-midi se passera au lit pour Christophe et Tourista, sa nouvelle copine tandis que Sophie flânera dans les boutiques de patchwork. Nous avons droit à la coupure d'électricité habituelle au moment du dîner et nous choisissons le seul resto éclairé, celui qui a un générateur (l'intensité de l'ampoule étant inversement proportionnelle au bruit du moteur!!!). Le problème c'est que dans la rue, il fait noir noir, raison pour laquelle Christophe n'a pu éviter la bouse bien fraîche qui se trouvait sur son chemin (si vous venez
Cosmique ou orgasmique ?un jour en Inde, ne sortez jamais sans votre lampe de poche, ). En tout cas, c'est tout de même moins dangereux que les bouches d'égoût ouvertes à Ulan Bator.
Aparté de Christophe : " Marre de jouer les Donald ! A quand le tour de Sophie ? "
Vendredi 2 Décembre: Un chien dans un jeu de quille Christophe s'est réveillé brutalement en pleine nuit à cause d'un cauchemar où une bestiole se promenait sur son bras sauf que ce n'était pas un rêve et qu'il y avait bel et bien une grosse souris sur son bras! La pauvre a fait un vol plané a travers la chambre. Nous terminons la visite du site par celui du vieux village ou se trouvent quelques temples jains. Cette fois pas question d'espérer y voir des sculptures érotiques, les Jains les ont fait "sauter" pour y mettre les leurs beaucoup plus puribondes! Le bus pour Jhansi part a 16h et arrive a 21h, on a oublié que c'est la période la plus dangereuse pour circuler, surtout lorsque la "highway" n'a qu'une voie, que les vélos n'ont pas de phare, et les buffles non plus! Pas glop de voir un véhicule de plusieurs tonnes nous fonçant droit dessus sur la même voie, bus et camion klaxonnant dans une sorte de ballet d'intimidation. C'est à celui qui craquera le premier et qui s'écartera sur le bas-côté pour laisser la route a l'autre...La hiérarchie est souvent respectée: le piéton s'écarte systématiquement puis le vélo, la voiture, la jeep, le bus et le camion au sommet de la pyramide. Seule exception, la vache, qui têtue comme une mule, campe parfois sur le bitume et oblige les chauffards à ralentir ou s'arrêter. Les chiens, par contre ne sont pas sacrés, bien au contraire, ils souffrent d'une mauvaise image (pour les hindous ils sont la réincarnation des voleurs) et s'ils ne s'écartent pas rapidement, se retrouvent a l'état de chapati. Nous arrivons à Jhansi, une ville sans touristes puisqu'il n'y a rien à y voir ou à y faire. Pas facile donc de trouver un hôtel. D'abord trop cher puis ensuite interdit aux étrangers, nous avons finalement choisi l'hôtel le plus bruyant du quartier, avec vue plongeante sur une salle des fêtes en plein air où a lieu un mariage (tant pis, on est crevés et de toute façon on a des boules Quies!). Devant l'insistance du père de la mariée, nous n'avons pu refuser son invitation et puis les murs de notre hôtel étant épais comme du papier à cigarette autant avoir l'image et le son. On se retrouve dans une soirée ou plusieurs centaines de personnes ont été conviées. Il est malgré tout impossible de passer inaperçus et nous sommes accueillis telles des stars. Comme Johnny au Parc des Princes nous sommes dépassés par les évènements et entourés d'une foule de curieux nous assommant de questions, nous serrant la main et nous prenant en photos. Christophe aura même le privilège de se faire invité à danser par des hommes qui n'hésitent pas à le tenir longuement par la main. On a beau savoir que c'est une démonstration d'amitié courante ici, ça fait bizarre! Même endimanchés, les indiens ont un look très rétro : jean moulant en haut, pat'd'eph en bas, veste en sky sur laquelle sont rabattus des cols dits " pelle à tarte " ou encore smoking au veston croisé et boutons dorés. Question coiffure, la mode est à la frange longue gominée sur le côté et la raie au milieu. Les mariés sont installés sur une sorte de trône ou les invités défilent pour leur donner la bénédiction et être photographiés en leur compagnie. A notre tour donc d'être sous les projecteurs
Le plus beau jour de ma vie !pendant qu'on pose notre main sur la tête des "heureux" mariés (qui n'ont d'ailleurs pas du tout l'air de l'être, n'oublions pas qu'ici les mariages sont pour la plupart du temps arrangés). Nous sommes très gênés avec cette sensation de leur voler la vedette. Discrètement le père nous demande si l'on veut boire un whisky. Bourde de Sophie qui a oublié qu'en Inde on ne boit pas d'alcool en place publique, même dans un mariage. Trop tard pour faire marche arrière, il n'attendait que ça pour " s'en jeter un ". Le voici avec sa bouteille dans un sac près à monter dans notre chambre pour faire "ça" à l'abri des regards. Le tonnelier de l'hôtel n'est pas dupe et refuse catégoriquement que nous allions dans notre chambre en sa compagnie; il devient limite agressif et nous interdit tout bonnement de retourner à la fête comme des enfants qu'on punit. On s'en fout, nous on fait qu'est-ce qu'on veut et si on veut aller au mariage on y va, non mais!? Ce serait contre toutes les lois de l'hospitalité que de refuser une telle invitation. Donc, fi de ses menaces nous nous y rendons et profitons du buffet gargantuesque. La soirée touchant à sa fin, nous ne tarderons pas à aller nous coucher dans notre hôtel minable (ou nous serons réveillés à 4h par le générateur).
Samedi 3 Décembre: Orchha On décide d'aller directement à Orchha sans passer par les cases Datia et Sonagiri, c'est trop galère pour s'y rendre. C'est en recherchant une guest que nous sommes tombés une fois de plus sur les catalans installés dans celle d'en face. Orchha, surnommée "le joyau du Madhya Pradesh" est une petite bourgade médiévale au milieu de la campagne sur les bords de la rivière Betwa. De nombreux palais, temples et mausolées en pierre témoignent de la puissance de cette minuscule cité jadis capitale au XVIIe siècle. Nous grimpons au quatrième étage du Chaturbhuj temple d'ou l'on peut observer les nombreux vautours et perroquets verts qui ont élu domicile sur les hauteurs de tous les édifices. Cela nous offre aussi un très beau panorama sur le village, la rivière et tous les autres palais qui nous attendent demain.
Orchha
Dimanche 4 Décembre: Leçon de français C'est en visitant les mausolées le long de la rivière que nous croisons une fois encore Fiona et Michael. Nous les suivons pour une ballade à travers champs qui nous mène au Laksmi Narayan temple. Après quoi un bon déjeuner où le temps de préparation fut fidèle à ses 60 minutes habituelles; désormais nous passons commande puis profitons de l'attente pour aller dans un Internet café ou faire de "l'administratif" style réservation (même en vacances on ne perd pas de temps). Cette fois nous leur disons adieu puisqu'ils retournent a Delhi. Adios amigos... L'après-midi nous visitons le Raja Mahal et le Jahangir Mahal, les deux palais les plus célèbres. Massifs et imposants nous imaginons quelle splendeur cela devait être lorsqu'ils étaient encore recouverts de faïence turquoise et émeraude. Sur la place du marché où de nombreux stands à touristes sont installés, un jeune nous demande quelques tuyaux en " franchis " pour être plus "compétitif". Nous lui faisons cadeau de La phrase, celle qui fera la différence, celle qui a déjà fait le tour de Birmanie: "c'est joli, c'est pas cher, c'est local", et là, le cours de franchis se transforme rapidement en cours collectif...
A vendre
Lundi 5 Décembre: Une journée a l'Orchha Resort Comme hier matin, nous prenons le petit dej' sur la terrasse de notre guest. La ville s'éveille en même temps que les singes en face de nous sur le toit voisin. Les petits s'accrochent sous leur mère, tètent et jouent entre eux, les mâles essaient de faire la loi et les plus malins descendent sur notre terrasse pour boire dans la réserve d'eau de l'hôtel. Les tenanciers les chassent tout en s'en amusant mais des qu'ils ont le dos tourné, les singes en profitent pour refaire un petit tour dans la barrique, c'est un vrai spectacle comique ; Sophie pourrait rester des heures à les regarder. On réussit enfin à contacter l'indien que nous avions croisé a Katmandou. Il nous attend a l'Orchha resort, l'hôtel le plus luxueux du coin. Il est ici chez lui puisqu'il appartient à son meilleur ami et nous sommes ses invités. Bien que le complexe soit descendu en flèche par "Le Routard" compte tenu de son non-respect de l'environnement (il se trouve au pied des cénotaphes royaux), la piscine, le buffet et la chambre aux frais de la princesse ont eu raison de notre bonne conscience. Le soir nous dînons en compagnie de ses amis: un cinéaste de Bollywood appartenant a la caste des " guerriers ", et un brahmane journaliste a l'Indian Today. Nous apprendrons ce soir que le système des castes est en voie de disparition. Ils nous expliquent qu'aujourd'hui en Inde, on peut être au plus bas de l'échelle comme ces hors-classes appelés " intouchables " qui exercent des métiers " impurs " (abattage des animaux, travail en rapport avec la mort d'une manière générale) et faire fortune, ou appartenir à la plus haute des castes, celle des " brahmanes ", prêtres a l'origine vivant selon des règles strictes (interdiction de
V.I.P.manger de la nourriture préparée par quelqu'un issu d'une autre classe et de boire de l'alcool) et crever de faim. De la même façon, il existe maintenant des mariages " mixtes " c'est-à-dire entre classes différentes. La réussite sociale semble en effet avoir pris le dessus sur les traditions (mais est-ce vraiment un mal ?) et l'argent a tout pouvoir même celui de se permettre de boire de l'alcool quand on est brahmane. D'ailleurs ça y va le whisky et la vodka. Cela nous arrange, on se tape à deux la bouteille de Saint-Estèphe que Marc nous a laissée.
Ils ont "l'occidentale way of life", en Inde ils appartiennent à la " haute ". Il faut cependant relativiser car leur regard sur la société indienne semble en décalage par rapport aux réalités de l'Inde profonde. Les échanges que nous avons eus antérieurement nous ont montré le contraire. Même si l'accord des jeunes gens concernés est pris en compte, dans la majorité des cas les mariages sont toujours arrangés a l'intérieur d'une même caste.
Nous terminons la soirée avec Rajdan à qui nous faisons une petite démonstration de salsa. Il nous parlera un peu de sa vie personnelle, de son divorce et de sa maîtresse rencontrée à Katmandou. Puis, contre toute attente, il sera fier de nous montrer un film porno sur son ordinateur portable! A ce propos, la sexualité est un sujet tabou en Inde (pourtant c'est bien eux le Kama-Sutra !). Les jeunes qui peuvent avoir accès a Internet découvrent le sexe par ce moyen et certains plus indiscrets que d'autres n'hésitent pas a nous questionner sur le sujet (dans ce domaine, les occidentaux représentent la liberté).
Mardi 6 Décembre: D'Orchha à Agra en passant par Gwalior Le petit dej' du palace est décevant, même pas un jus de fruit frais et le café est imbuvable. Moralité: quand on va dans une guest pour routards, on paie pas cher mais on sait pourquoi! Nous remercions Rajdan qui veut nous rejoindre à Goa pour le nouvel an. Un des chauffeurs de l'hôtel nous dépose à la gare de Jhansi. Nous passons tout le trajet à discuter avec des indiens très curieux de nous et de notre avis sur leur pays : " Que pensez-vous de l'Inde ? " vient souvent après " Where do you come from? ". Une heure et demi plus tard nous descendons a Gwalior pour quelques heures, le temps de visiter la citadelle, "une de ces citadelles de Titans comme on en construisait dans ces pays aux ages héroïques", écrivait Pierre Loti.
Sur la route qui nous mène sur les hauteurs de la ville, nous croisons les engins les plus étranges qu'il nous ait été donné de voir depuis le début de notre voyage, des véhicules noirs pétaradants à trois roues, croisement d'une voitures des années 30 avec un tuk-tuk! Ses façades ont conservé des vestiges de faïences, en email bleu, verte et or de ce qui dut être une éblouissante frise représentant canards, paons, éléphants, crocodiles, etc... Quelques mots sur les normes de sécurité en Inde: il n'y en a pas! Ce n'est pas la première fois que l'on constate cet état de fait en Inde, mais la sécurité n'est pas la priorité numéro un du pays: en longeant la muraille, nous remarquons que certains créneaux sont effondrés ce qui nous laisse au bord d'un précipice a 90 degrés sans aucune barrière de protection; un pied qui butte sur une dalle qui dépasse et hop le saut de l'ange...Pareille sur les routes ; les fils barbelés qui la bordent achèveront à coup sûr tous les motards ou cyclistes qui auront la malchance de se faire projeter sur le bas-côté ! Bon, c'est pas tout mais ce soir on a rencard. Nicolas qui vient de passer deux semaines en Inde avec sa guitare sur le dos rentre en France demain et nous nous sommes donnés rendez-vous ce soir à Agra. Nous l'apercevons venant en sens inverse en rickshaw. On a du mal à se croiser en France mais on arrive à se donner rendez-vous a Agra, c'est fort !
Mercredi 7 Décembre: "Cette larme sur la joue du temps" (Rabindranath Tagore, poète) Nico ne disposant que de deux semaines pour visiter le Rajasthan s'est offert le luxe de louer une voiture avec chauffeur, luxe dont nous profiterons ce matin. Direction le Fort Rouge. Cette très belle forteresse qui donne un avant-goût du Taj Mahal avec ses bâtiments en marbre, abritait un harem de 5000 femmes (un paradis sur Terre pour la gente masculine), mais servit aussi de prison a l'empereur Shah Jahan qui fut emprisonné par Aurangzeb, son propre fils. De sa cage dorée il put contempler à loisir le tombeau de sa femme tant aimée, le Taj Mahal ou il l'a rejointe. Nous quittons Nico à la sortie comme on se quitte après une soirée en regrettant que ce ne fut pas plus long. Rendez-vous a Mexico, on s'fait une bouffe?
Cliché
Pose Ca y est, nous y voilà, c'est le symbole de cet immense pays et il est là à portée de main: le Taj Mahal. Caché jusqu'au dernier moment derrière une immense porte qu'il nous faut franchir avant de le découvrir brusquement. Et c'est le but, créer un choc, l'apercevoir d'un bloc dans sa majesté au bout d'une allée bordée d'arbres et son double se reflétant dans les bassins à ses pieds. On peut dire que l'architecte a réussi son coup. Commande pour recevoir le corps de sa femme, ce magnifique tombeau de marbre blanc est aussi le symbole de l'amour. Pour qu'il soit à la hauteur de son amour perdu, il dut faire assassiner l'épouse de l'architecte afin que l'oeuvre de ce dernier soit aussi belle que sa douleur intense.
La deuxième attraction de cet endroit fabuleux est la pose photo. Ca n'en finit pas de se bousculer la queue pour figurer au bon endroit devant le Taj et c'est assez drôle à observer (même si nous en avons fait partie).
Jeudi 8 Décembre: Fathepur Sikri Nous prenons le bus pour Fathepur Sikri, une bourgade située a 40 Km d'Agra. Christophe n'a toujours pas integré la façon qu'ont les indiens (comme les népalais) de dire "oui" par un hochement de tête sur le côté (qui pour nous s'apparente à un "oui-non"), et c'est très drôle de l'entendre poser trois fois la même question au chauffeur qui répond toujours de cette manière (ça pourrait durer longtemps...). L'empereur Akbar, connu pour sa politique de tolérance qui permit de faire cohabiter hindous et musulmans, est à l'origine de l'art Moghol en Inde. Nous visitons la citadelle où il installa sa cour. Ses magnifiques palais de grès rouge ont résisté à l'usure du temps; l'Unesco envisage de lui conférer le statut de Patrimoine Mondial. Un peu plus en contrebas se trouve le caravansérail puis nous poussons jusqu'au vieux village à quelques minutes de marche. Nous sommes accueillis par une colonie de gamins qui nous indiquent le chemin tout en nous réclamant roupies, chocolat et school pen. Au passage de Christophe, les femmes se voilent le visage, ce qui n'était encore jamais arrivé. Nous traversons une ville où des enfants crasseux jouent au milieu des ordures, et où les rues sont remplacées par des caniveaux ou pourrissent toutes sortes de détritus. Les enfants s'amusent de peu de choses : faire rouler un pneu avec une baguette, tirer sur les singes avec des lance-pierres ou ramasser de la bouse avec les mains pour en faire des galettes (qui serviront une fois séchées a alimenter le feu). Ici comme partout en Inde, les animaux vivent au plus près des hommes. Chiens, vaches, cochons, singes et humains cohabitent le plus naturellement du monde. Le hasard nous amène à une superbe devanture en dentelle de pierre ignorée des guides touristiques et pourtant la plus belle que nous ayons vue jusqu'à présent. Les gamins ne nous lâchent pas d'une semelle et ils nous accompagneront jusqu'à la sortie du village. Nous terminons la visite du site par la mosquée et sa Porte Sublime, " sublime " dans le coucher du soleil. A ses pieds, un camion citerne a attiré les habitants du voisinage venus se ravitailler en eau, ça gesticule à tout va. Pour certains, l'eau du robinet est un luxe inabordable et l'absence de puits rend le camion-citerne indispensable.
Vendredi 9 Décembre: La réserve d'oiseaux de Bharatpur Sur la route qui nous mène au parc de Keoladeo, de nombreux montreurs d'ours qui font lever leurs balibars attendent que les touristes s'arrêtent pour prendre quelques clichés et donner la pièce. Bien que cette tradition existe depuis longtemps dans le coin, les animaux subissent de mauvais traitements. Nous nous passerons de la photo à sensation espérant être de plus en plus nombreux à ne pas cautionner cette activité. La réserve d'oiseaux fut jadis le terrain de chasse du maharadjah. De grosses colonies d'oiseaux représentant des centaines d'espèces et en font aujourd'hui une des toutes premières réserves au monde, un paradis sauvage. Nous le parcourons à vélo avec les services d'un guide. Arbres et étangs sont couverts de milliers d'oiseaux peu craintifs et d'une variété immense: hérons, aigrettes, marabouts, ibis, martin-pêcheur, hibou, rapaces et échassiers en tous genres se partagent le ciel et les branches. Bien que les marabouts soient particulièrement bruyants, nous apprécions le calme et la nature reposante de ce parc. Ni jeep ni barrière ; nous sommes au coeur d'un lieu enchanteur. Contre toute attente, il est aussi réputé pour ses pythons. Nous nous aventurons donc à pieds à la recherche de ces reptiles en suivant de près notre guide. Il a repéré des traces et, connaissant bien le parc, nous mène directement à leur nid. La bestiole se repose au soleil, elle est énorme et ne semble pas dérangée par notre présence, on pourrait la toucher sans difficulté (faut juste oser le faire!). C'est ce qu'a fait notre guide lorsqu'elle s'est mise à onduler sur le sable pour rentrer dans son trou. Il lui a choppé la queue avant qu'elle ne s'engouffre a l'intérieur. Impressionnant. Sur ce, il nous à amèné à un autre repère ou cette fois, quatre spécimens tout aussi gros paressaient tranquillement. Même pas peur! Christophe était comme un fou, il en voulait encore et s'est mis en tête de les dénicher tout seul. Il est revenu bredouille.
Kssss...
Samedi 10 Décembre: Delhi Levés aux aurores pour se rendre a Delhi, d'abord le bus jusqu'a Agra puis le train. Nous n'avons pas réservé de place et prenons le premier train qui se présente dans le wagon réservé aux placements libres. Ils ont du vendre plus de billets qu'il n'y a de place, c'est encore pire que la première fois, impossible de circuler au milieu des bagages et des voyageurs. On ne va pas pouvoir passer cinq heures dans ces conditions, on monte dans le premier wagon voisin et tant pis pour l'amende! On était confortablement installés dans une couchette première classe à l'abri des regards cachés derrière un rideau lorsque le contrôleur est arrivé. On se met d'accord sur le prix d'un bakchich inférieur au montant du billet. " Honnête ", il est revenu nous rendre de l'argent jugeant qu'il nous avait trop ponctionnés. Des dizaines de tuk-tuk et de rabatteurs d'hôtels n'attendent que nous à la sortie de la gare. Ils annoncent des prix exorbitants pour nous déposer à l'Anoop guesthouse. Nous sommes déjà avertis de leurs pratiques et précisons bien que s'ils cherchent à nous déposer ailleurs (ou ils touchent un bakchich), nous ne paierons pas. Ok, ok, no problem répondit-il sauf qu'en route le prix de la course se met à grimper. Grosse colère de Christophe qui le stoppe net au milieu de la route. Résultat, on ira a pied a l'hôtel! (C'est bon pour les fessiers.) Nous sommes dans Main bazaar, le quartier touristique de Delhi, tout ce qu'il nous faut pour préparer la suite de notre voyage: trouver les vols pour Goa et les Maldives, réserver les billets de train pour aller aux sources du Gange et s'occuper de la visite du Rajasthan. Difficile de dénicher un billet pour se rendre a Goa pour le nouvel an, on abandonne l'idée, on le passera a Bombay. Quand au Rajasthan, étant donné qu'Olivier n'est là que pour 15 jours, on gagnera du temps à louer une voiture avec chauffeur, nous prendrons Praveem, celui qui a trimbalé Nico.
Dimanche 11 Décembre: Olivier est arrivé hé hé, sans s'presser hé hé. La petite ballade au Central market où nous achetons quelques petites bricoles bon marché sera notre seule sortie de Main bazar de la journée. Il nous reste encore des démarches à faire et, à vrai dire, on est un peu fatigués des visites; on se réserve pour le Rajasthan ou le rythme sera soutenu. C'est ce soir qu'Olivier doit arriver; voyageant en Gp, rien n'est moins sûr surtout qu'il semble y avoir quelques problèmes à l'embarquement. C'est plutôt embêtant car on a reservé les billets pour demain. Il arrivera finalement avec trois heures de retard, ouf!
Noël avant l'heure
Lundi 12 Décembre: Le ton est donné Pendant que Christophe finalise les réservations de billets, Sophie fait découvrir le quartier de Pahar Ganj à Olivier, c'est-à-dire les magasins. Contrairement à la veille où son arrivée tardive lui avait montré des rues sombres et désertes mis a part quelques vaches endormies, l'animation de la rue et les couleurs du jour lui éclatent à la figure. 15h25, nous sautons dans le train pour Haridwar. On trouve de tout sur les quais de gare : gargotes vendant des plats dans des feuilles (ça c'est écolo), vendeurs ambulants de thé et même vendeurs de jouets. Cinq heures plus tard nous arrivons de nuit et compte tenu de la galère à trouver un bus se rendant a Rishikesh, nous négocions un auto rickshaw pour couvrir les 25 km. Nous sommes plus au nord et il caille, le trajet nous paraît très long emmitouflés dans nos polaires (Olivier regrette déjà d´être venu en vêtements légers sur les recommandations de Christophe). La musique " zen " diffusée a l'entrée de la guest, les affiches proposant cours de yoga ou de méditation et les massages ayurvédiques à tous les coins de rue donnent le ton de la ville, capitale mondiale des sciences méditatives rendue célèbre par les Beatles venus y pratiquer la méditation transcendantale. Strawberry fields forever…
Mardi 13 Décembre: " Öm " Pas le temps de se lancer dans un stage de méditation transcendantale, nous préférons découvrir la campagne environnante en grimpant la colline voisine surplombée du Kandavpuhri temple. Nous sommes invites à prendre le thé dans une ferme où le patriarche de la famille passe une bonne partie de son temps assis sur la terrasse aux côtés de sa carabine. Intrigués de le voir ainsi, nous apprenons que son arme est purement défensive, les animaux sauvages rôderaient dans les parages. Papi, que nous avons surnommé " le chasseur de lion " en aurait déjà aperçus plusieurs rôdant près des cultures, mais les derniers spécimens vivant dans le Gujarat, cela remonte sans doute à Mathusalem. Avant d'arriver au sommet, nous traversons un village. Les enfants qui jouent dans la cour de l'école ont des jeux plutôt déconcertants : ils se tiennent la main par deux en faisant la courte échelle à un troisième qui a sa jambe au-dessus, ce dernier se retrouve a cloche pieds et s'agrippe aux autres puis ils tournent autour d'un pieu. Le but du jeu : aucune idée mais nous profitons de leur curiosité a notre égard pour les imiter et provoquer un fou rire général. Qu´est-ce que c´est bon une pleine volée de rires d´enfants … La classe se passe a l'extérieur sur des nattes sauf l'enseignante qui est assise sur une chaise face à une douzaine d´élèves.
Öm Kandhavpuhri dont le suffixe est a l´image du temple n´a qu´un un intérêt limité si ce n'est la vue qu'il offre sur les sommets himalayens qu'Olivier attendait avec impatience. De toute façon l´intérêt d'une ballade ne réside pas dans la destination en soi mais dans le chemin pour y parvenir. " Tout dépend du degré de la pente " rajoute Sophie en sueur… Nous rentrons en bus. Les lacets sont serrés, le précipice abrupt et la route étroite. Ajoutez à cela une conduite sportive et vous aurez une Sophie terrorisée prête a laisser sa signature sur les flancs du car déjà flanqué de moult dégoulinures séchées. Elle n'avait pas besoin de ça, une tourista la travaille depuis ce matin.
Nous terminons sur les ghats de Triveni pour le coucher du soleil. Comme à Varanasi, les fidèles déposent leurs offrandes de fleurs et de lumières sur l'eau emportées par le courant. Nous ne sommes pas loin des sources du Gange et il est difficile d'imaginer que cette eau presque claire va devenir quelques 800 Km plus loin cette culture de microbes. Nous assistons ensuite à la Puja, la cérémonie qui se tient tous les jours au crépuscule sur les bords du fleuve.
De retour a la guest, on découvre les autres clients de l'endroit : marchant pour la plupart sur les traces des Beatles, ils ne sont pas habillés de blousons chauds comme nous mais à la mode indienne, c'est-à-dire enroulés dans une couverture. Certains poussent l'originalité jusqu'a se raser la tête ou juste la moitié de la tête ! Bref un mélange du " Nom de la rose " pour les vêtements et de " Tigre et dragon " pour la coupe. Peut-être faut-il passer par là pour ouvrir ses chakras et se concentrer sur ses capacités spirituelles intrinsèques. Sauf qu´à part certains touristes, nous n´avons vu aucun indien accoutré de cette façon.
Pour rester dans le domaine de la mode, nous faisons nos excuses à tous les allemands venus passer leurs vacances sur la côte et victimes de nos moqueries sur leur look dit de " l'allemand en short-chaussettes-sandalettes ". Ils étaient pourtant précurseurs dans leur domaine mais nous français ne réaliseront ça que plus tard. Il faut voyager pour que ça vous saute a l'oeil ! Une vilaine ampoule causée la veille oblige Oliv à porter ses tongues, avec une bonne paire de chaussette pour le froid. Quant à Christophe, tel un vieux couple se laissant aller, le voyage l'éloigne de plus en plus des efforts vestimentaires, à moins que ce ne soit le côté pratique, toujours est-il qu'il a rejoint la tendance en Mongolie et au Népal notamment. Rendons donc ses lettres de noblesse à cette mode germanique injustement décriée.
Mercredi 14 Décembre: La cour des miracles Au lever, les mêmes qu'hier, cette fois vêtus d'une sorte de kimono, sont agenouillés et font des exercices pratiques face au soleil levant, à moins que ce ne soit des prières. Sophie qui nous a fait une poussée de fièvre pendant la nuit reste au lit pendant que les deux frangins visitent un ashram, la spécialité du coin. Ces établissements sont des lieux permettant de goûter à la vie ascétique. Il faut s'y déchausser avant d'entrer. A l'intérieur, une succession de temples et les effigies des innombrables avatars de Brahma, Vishnou et Shiva, la Trinité (ou triade cosmique) sans oublier Ganesh, le très populaire fils de Shiva et Parvati a tête d'éléphant. Pour la petite histoire, croyant surprendre sa femme avec un amant à son retour d'une longue absence, Shiva lui trancha la tête puis, s'apercevant de son erreur, la lui remplaça par celle du premier animal croisé. Sur les murs sont inscrites des prières mystiques dont la fameuse formule ésotérique " Om mani padme hum " que l'on entendait en boucle au Népal chez tous les disquaires. Nous filons ensuite à Haridwar ou nous devons reprendre le train le lendemain à 6h25. Direction le temple qui marque le début du pèlerinage des hindous. Dans un sens c'est aussi celui d'Olivier qui découvre ses premiers vautours, écureuils et langurs, ces grands singes blancs à tête noire qui n'hésitent pas à lui tirer le pantalon pour réclamer quelque nourriture. A force, on n'y prête même plus attention; comme les vaches, ils font partis du décor quotidien ici en Inde (on adore). Au-delà du succès de la méditation transcendantale, Rishikesh et Haridwar sont des villes connues pour être le départ des pèlerinages vers les sources du Gange. Des milliers de pèlerins affluent chaque année. Le Gange tient une place extrêmement importante dans la religion hindoue et ceci indépendamment du dieu que l'on prie, c'est en effet plus qu'un fleuve, c'est la déesse Ganga descendue du ciel pour sauver l'humanité... Pour saisir l´importance
Reporter sans frontières qu´occupe ce fleuve dans la vie des hindous, il faut rester des heures au bord du fleuve dans des villes comnme Varanasi, Haridwar ou Rishikech. C'est d'ailleurs ici que se tient la Kumb Mela, plus important festival religieux rassemblant plusieurs centaines de milliers de personnes une fois tous les 12 ans.
Nous mettons donc le cap sur les ghâts qui ressemblent davantage à Varanasi que ceux de la veille. On se retrouve en pleine cour des miracles: aveugles, éclopés, manchot, unijambistes, homme-tronc, miséreux souffrant de difformité et lépreux qui nous tendent leur moignons sont rassemblés a l'entrée des ghâts et font l'aumône auprès des fidèles notamment dans les lieux saints. C'est parfois difficile de soutenir le regard devant cette misère et, même si on n'y peut rien, on ne peut pas s'empêcher de culpabiliser. En donnant quelques roupies, les hindous améliorent leur karma qui déterminera ainsi leur enveloppe future dans leur prochain cycle de
réincarnation. Pour nous occidentaux, le don est une démarche personnelle plus que spirituelle. Chacun agit selon sa conscience, ses principes et son état d'esprit de l'instant. La mendicité comme l'infirmité en Inde n'ont pas du tout cette image négative qu'on trouve en Europe. La misère tient place publique et n'est pas cachée sous les ponts. Elle est même parfois un choix comme ces sâdhus qui décident de vivre de l'aumône pour consacrer leur temps à la méditation. Pour ces derniers, elle n'est pas subie mais voulue, en ce sens que couplée à une vie de renoncement, elle leur permet d'être délivré du cycle infernal des renaissances. Ce n'est pas le cas de ces enfants qui ne vont pas à l'école et ramènent plus d'argent que leurs parents en prenant une mine abattue auprès des touristes. Nous en avons même vu un qui s'est arrêté de boîter après nous avoir croises.
L'hôtel ou nous passons la nuit ce soir est le moins cher que nous ayons dégoté en Inde (1, 5 euros) et on sait pourquoi: y'a pas d'eau chaude dans la salle de bain crasseuse, les draps sont tellement degueux qu'on dormira dans nos duvets et cerise sur le gâteau, les murs sont peints en vert du moins là ou le plâtre n'est pas tombé (et ça c'est pas feng shui !). C'est super glauque. Dis, qu'en est-ce qu'on rentre à la maison?
Des singes et des hommes
Jeudi 15 Décembre: Héros malgré nous Nous arrivons a la gare alors qu'il fait encore nuit. En attendant leur train, les indiens dorment à même le sol enroulés dans des couvertures telles des momies, même une vache fuyant le froid s'est trouvé un abri dans le hall! Il y a un centimètre de jeu entre les vitres et l'air s'engouffre dans le wagon. Olivier n'est pas au mieux et les courants d'air achèvent le travail commencé la veille en tuk-tuk: la fièvre monte. On commence à avoir une image de héros aux yeux d'Olivier qui en trois jours en Inde s'est choppé une ampoule de fort beau gabarit, une tourista de bienvenue et cerise sur le gâteau: un rhume couplé à de la fièvre! Lui qui pensait trouvé chaleur et cocotier pour Noël, c'est raté. Sophie n'étant pas en forme non plus, on laisse tomber la visite du temple sikh de Delhi. Cela nous aurait pourtant permis d'en savoir plus sur ces hommes à la barbe bien taillée et portant ce turban très particulier qui cache leur longs cheveux. Jadis réputes pour être de vaillants guerriers, ils sont devenus des business mans hors pair. Le sikhisme, un mélange d'islam et d'hindouisme, fut fondé en réaction a l'inégalité des classes et du pouvoir abusif des brahmanes. Ils croient en un dieu unique mais aussi en la réincarnation, et s'imposent des règles de conduite strictes (pas d'alcool ni de tabac). Les deux malades trouveront néanmoins la force de se rendre au tibetan market...(no comment). Nous prenons la route pour Jaipur avec Praveem, notre chauffeur de 27 ans. Célibataire, il vit toujours chez ses parents et à la vue de la maison, les affaires ont l'air de bien marcher. Son père est commissaire, ça peut toujours servir : Nicolas qui s'était fait volé sa carte bleue a pu ainsi expédier la déclaration en une demi-heure. Nous arrivons à une heure du matin sans réservation d'hôtel. Comme c'est la pleine saison nous tournons 1h de plus avant de trouver une chambre de fortune dans la quelle nous rajouterons un matelas.
Vendredi 16 Décembre: "Qu'il est loin mon pays, qu'il est loin..." L'orange est à Jaipur ce que le rose est à Toulouse. Pourtant, comme sa consœur française, elle est elle aussi surnommée "la ville rose". Ses bâtiments sont faits de grès rose ou peints dans les mêmes tons. Apres le train et le tuk-tuk, Olivier teste le rickshaw pour se rendre au City Palace, nos drivers respectifs se tapant la bourre au milieu des voitures, des vaches et des ânes. Avant d'entamer la visite, nous passons devant le palais des vents dont la haute et belle façade pyramidale fut édifiée pour les femmes du harem qui pouvaient ainsi observer la rue sans être vue. Le City Palace, toujours habité par le maharadjah de Jaipur est un peu décevant. Ce qu'on retiendra sera une magnifique collection d'armes et de vêtements d'apparat brodés et parfois sertis de pierres précieuses ayant appartenu aux prédécesseurs, et les plus grosses pièces du monde en argent: deux immenses jarres de 345 kg qui servaient a transporter l'eau du Gange pour les ablutions du maharadjah. Enfin les voila, depuis le temps qu'on les attendait ces images d'Epinal indiennes...Le turban sur la tête et la flûte au bec, ils sont assis en tailleur devant deux paniers d'ou sortent trois cobras. Ksssssss.... Après un plantureux repas dans une gargote cent pour cent indienne (malai kofta, matar paneer et eggs biryani Mmmm…), nous nous lançons a l'assaut de l'Amber Palace. Ici encore des langurs espèrent recevoir de la nourriture des passants. Il suffit d'avoir un sachet à la main pour qu'ils arrivent par derrière et vous l'arrachent des mains causant au passage un cri de la victime suivi d'un éclat de rire des spectateurs. Ce n'est pas la première fois qu'on constate que ce sont de véritables voleurs; hier, ils s'y sont mis à plusieurs pour chaparder des chapatis et de la préparation directement dans les gamelles d'une gargote avant de les déguster sur les fils électriques. Les commerçants les chassent mais semblent finalement s'en amuser. En tous cas, nous ça nous fait bien marrer. Ce palace ressemblera aux autres avec les chambres des concubines jamais très loin de celle du maharadjah, des fontaines et un astucieux système de circulation d'air, ancêtre de l'air conditionné en moins polluant. De retour en ville nous passons devant le Lake palace, splendide construction plantée au milieu du lac, décor des plus romantique au coucher de soleil. Il nous reste le temps d'aller flâner dans les magasins de Johar bazar, épuisant. C'est un incroyable raccolage: "How are you? Which country? Have a look? please, madam', excuse me? etc..." INSUPPORTABLE!
Aux voleurs Le repas de ce soir est à marquer d'une pierre blanche: devant les estomacs fragiles d'Olivier et Sophie, Christophe consent à faire une entorse à ses principes et à manger au Mac Do. Le décor est le même mais les sandwichs diffèrent quelque peu: pas de burger de vache sacrée bien évidemment mais des Mac Maharadjah épices a souhait (obligés de prendre une glace pour éteindre le feu).
Ce soir c'est cinéma, et pas n'importe lequel, le célèbre Raj Mandir autrefois la plus belle salle d'Inde. Devant l'entrée, il y a deux files: une pour les femmes et unes pour les hommes. Et oui ici comme dans les gares, pour éviter de se coller entre garçons et filles, on fait file a part! Une fois le splendide rideau levé, au lieu de voir débarquer Jean Mineur sur son ticket (mediavision 01.47.20 zero-zero-zero-un), nous assistons à une séance de pubs qui nous paraissent bien éloignées de la réalité des indiens, en tous cas de ce que nous avons pu voir jusqu'alors. Puis le film commence, il s'agit de "Neat and Nikkie"(ça sonne pas très hindi ça non plus). Résumé: Neat beau gosse et bien né souhaite voir du pays avant de se marier avec la promise de ses parents. Le voila parti pour Vancouver où une jeune indienne fraîchement plaquée par un frenchy (quelle réputation !) lui fera tomber a l'eau tous ses plans drague. Gags et coïncidences s'enchaînent entre deux scènes chantées et dansées style comédie musicale jusqu'au dénouement final où l'amour surgit entre nos deux protagonistes. Pas besoin de sous-titrage pour suivre l'intrigue, hormis sa simplicité, le langage est un mélange d'hindi et d'anglais. Le sujet est surtout prétexte à un beau défilé de nymphettes en tenue sexy
La premiere séance (chose paradoxale au regard du comportement pudibond à l'entrée du ciné!), les cinéphiles auraient pu y reconnaître la patte de Russ Meyer, ce réalisateur génialissime des années 70. Une fois de plus on est bien loin de la réalité et il suffit de sortir du ciné pour s'en apercevoir. Question décor: ni villas, ni belles voitures, ni top model; cote scénario: Praveem notre chauffeur refuse les filles qu'on lui destine et a bien du mal à épouser la femme qu'il aime compte tenu de son métier qualifié de trop dangereux.
Samedi 17 Décembre: Pushkar Visite de la forteresse de Jaigarth qui n'a rien de particulier par rapport aux autres (créneaux et murailles comme d'hab) si ce n'est qu'elle renferme le plus gros canon du monde (50 tonnes) qui nécessitait quatre éléphants pour le déplacer. Tout comme la forteresse, il n'a jamais servi (sauf pour son tir d'essai), le maharadjah étant pote avec le big boss Akbar. On prend la voiture pour Pushkar. Nous aurons le temps de grimper la colline qui mène au temple Savitri pour voir le soleil se coucher et finir l'Ossau Iraty rapporté par Olivier. De là-haut nous avons une vue plongeante sur la ville et les plaines arides environnantes. Le désert du Taar vient ici lécher le bourg qui s'organise autour du lac sacré dans lequel descendent les ghats. Pushkar est une petite ville paisible malgré son caractère saint (la foire aux chameaux qui s'y tenait il y a quelques semaines ne nous aurait pas permis un tel calme). C'est la seule place dédiée à Brahma, le dieu des dieux; il y aurait écrit les Védas, des textes sacrés. Comme Katmandou, ce fut autrefois un repère de hippies, les looks de certains d'jeun's et le hachisch proposé dans la rue en témoignent encore. Nous logeons à la Rajgun guesthouse très basique mais bien tenue par le maître de maison un peu maniaque sur les bords. Sophie a gagné au Yahtzee (elle a absolument voulu l'écrire, désolé !).
Dimanche 18 Décembre: La journée de la vache Sophie et Olivier sont toujours malades avec de grosses douleurs au ventre. " Les mouches ont changé d'âne " glisse Christophe. Raison de plus pour que ce soit une journée "à la cool"; le billet retour d'Olivier nous oblige en effet à planifier et malheureusement à être un peu speed. Donc, aujourd'hui c'est ballade dans la ville qui de toute façon n'offre rien de particulier a visiter et c'est tant mieux! Les maisons bordant les ruelles sont colorées comme les saris des indiennes vêtues de rouges flamboyants, de jaunes francs et de verts éclatants qui sont les couleurs du Rajasthan. Nous terminons la journée sur les ghâts ou il faut se déchausser et de ce fait ... marcher sur les merdes de pigeons qui investissent les lieux! Sophie à la cote avec deux sikhs plutôt entreprenants. Un habitant voyant ça du coin de l'œil nous mettra en garde, outre par leur comportement irrespectueux à notre égard dans ce lieu saint. Les vaches auront bien animé notre journée. Une première a pété les plombs et a chargé en beuglant dans la rue obligeant les passants a s'écarter sur son passage, c'était comique. Ensuite nous avons croisé deux spécimens dignes de figurer au musée des horreurs qui avaient une cinquième patte...sur le dos! Enfin, pendant que nous lisions assis sur les ghâts, une noiraude s'est pointée par derrière et a bouffé quelques pages du carnet où Christophe écrit ses notes avant qu'Olivier ne lui arrache de la bouche. La garce, comment on va faire maintenant pour écrire le journal?....T'as de la chance de jouir de ton impunité de vache sacrée, sinon tu finissais en steak! Une fois de plus Praveem nous propose de l'accompagner à boire du whisky. Il se met ça tous les soirs, heureusement ça ne se ressent pas sur sa conduite. A ce propos, ici comme au Népal, on achète son permis de conduire. Nous dînons sur une très belle terrasse au coin du feu où Olivier nous mettra la pâtée au "baccalauréat" (on fait c'qu'on peut pour s'occuper, y'a pas d'télé).
Lundi 19 Decembre: Ahhh...Jmer Avant d'entamer les 11 heures de voiture qui nous séparent de Jaisalmer, nous faisons une petite halte à Ajmer, voisine de Pushkar. Et quelle halte, on s'en serait voulu de rater ça. Cette ville, abrite le mausolée de Khwaja Moinuddin Chisti qui lui confère le statut de lieu de pèlerinage islamique, ainsi que la mosquée Adhai-din-ka-Jhonpra. Les musulmans achèvent de nous convaincrent de leur talent d'architecte (le Taj Mahal, l'Alhambra etc…); divinement sculptés dans la pierre, caractères et motifs arabes ciselés dans une pierre ocre, les restes de cette mosquée valaient a eux seuls le détour. Pour entrer dans Dargah, sorte de ville dans la ville où se trouve le mausolée, il faut se déchausser et se couvrir la tête. Nous déambulons sur le marbre glacé avec nos coiffes achetées pour 15 roupies au milieu des odeurs de pieds. Tout un microcosme vit ici: marchands de fleurs et d'articles religieux, pèlerins, mendiants et...un français de 49 ans converti a l'islam. Il eut la révélation lors de son premier voyage en Inde il y a 30 ans et connaît bien l'endroit puisqu'il y vit maintenant depuis un an. Il nous fait la visite du lieu et nous présente a "Haji Syed Noor Alam Chishty", haut représentant religieux qui nous invite à boire le thé. C'est en tout cas un chaud-lapin le type. Souphie par-ci, Souphie par-là; un peu plus et il lui proposait de rejoindre son harem! On reprend la route. Plus nous avançons vers Jaisalmer, plus les vaches semblent laisser la place aux chameaux occupés à tirer une charrette ou a paître sur le bord de la route. Apres Jodhpur, le désert s'impose de plus en plus, le sable vient lécher le bord de la route. La nuit tombe et comme d´habitude sur ces longues routes désertes, nous croisons des cadavres d'animaux sauvages attirés par les phares des véhicules.
Viens plus près Souphie… Le trajet fut nourri aux classiques des BO de Bollywood. Les musiques de film représentent ici l'essentiel de la variété musicale. Et ce n'est pas mal du tout, varié, savant mélange de sonorités modernes et traditionnelles. Et puis, pour éviter que Praveem ne s'endorme au volant, nous avons ponctué le trajet d'une belle engueulade. Il a été très surpris et gêné de cet intermède, en Inde le rôle de la femme n'est pas des plus enviable et surtout, il est inimaginable qu'elle puisse tenir tête à son mari. Avec Sophie, il a été servi et a pu se rendre compte que les rapports hommes/femmes sont très différents ailleurs.
Mardi 20 Décembre: The "Golden city" Nous sommes arrivés de nuit et c'est seulement à la lumière du jour que nous découvrons Jaisalmer surnommée à juste titre " la ville jaune ". Alors que nous déambulons dans la rue du marché flanquée de boutiques d'artisanat, nous sommes éblouis par la beauté de la vieille ville. Les façades ocres éclatantes au soleil nous dévoilent des balcons, des portes et des fenêtres ciselées d'une extraordinaire finesse; ce sont les havelies, les demeures de riches bourgeois cherchant à rivaliser en taille et en exubérance. Les ruelles sont toujours odorantes, jonchées de poubelles, de bouses et de vaches placides, sauf que l'une d'elles mal lunée a voulu charger Christophe.
La banlieue de Jaisalmer
Haveli (détail) En levant les yeux, la citadelle nous apparaît majestueuse perchée sur son promontoire. C'est un des derniers forts encore habité, on y retrouve la vie foisonnante enserrée a l'intérieur des remparts qui caractérisait celle du Moyen-âge. Nous filons aux temples Jaïns, et là encore, on reste bouche bée. Cette fois les sculptures s'étendent du sol au plafond : frises, coupoles, bas-relief représentants des danseuses, des dieux et déesses aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur n'en finissent de nous émerveiller.
Le Jaïnisme, cette religion que nous avons découverte en Inde est très intéressante et ses représentants inspirent le plus grand respect aux habitants de ce pays. Suivant le principe de non-violence et du respect de tous les êtres vivants, les jains refusent les armes, sont strictement végétariens et balaient avec frénésie leur lieu de cultes pour éviter qu'on ne marche malencontreusement sur une fourmi. Les plus " extrémistes " portentun masque sur la bouche pour ne pas avaler d'insectes et ne mangent pas de tubercules (oignons, patates …) pour les mêmes raisons. Ils préfèrent aussi marcher plutôt que prendre un véhicule dont le pare-brise est couvert de cadavres d'insectes.
Après la visite du palace dont la richesse réside finalement sur ses façades extérieures, nous nous rendons dans le Nord de la ville afin de voir le coucher de soleil sans Olivier qui, fiévreux, préfère aller se coucher. Comme dans la plupart des villes, c'est à sa lisière que sont regroupées les demeures des tranches les plus pauvres vivant pour certains de la fabrication de marionnettes en bois. Nous passons au milieu de petites maisons de terre parfois décorées de peinture au toit de tôle pour atteindre le haut de la colline panoramique. Les enfants nous " donnent " de nouveaux surnoms : " Roupie " et " school pen ". Deux mamans entourées de leurs bambins nous invitent à boire le chai, le fameux thé sucré infuse dans du lait. Elles sont mortes de rires de se voir en vidéo, ça fait plaisir.
Pour le coucher de soleil nous nous rendons aux cénotaphes royaux, qui nous offrent une superbe vue sur la citadelle imposante sur son rocher.
Nous étions tombés sous le charme de Varanasi, notre deuxième coup de foudre sera pour Jaisalmer, ce bijou planté au milieu du désert que les femmes colorent de leurs saris chatoyants, leurs bijoux faisant rayonner leur peau ambrée au soleil.
Aprés une sieste de deux heures et une bonne suée, Olivier a récupéré et profitera du dîner dans un bon restaurant, le " Saffron " installé sur la terrasse d'un haveli dont le poulet tandoori est un vrai régal. Ce sera pour lui l'occasion de nous faire quelques remarques tout à fait à propos. Depuis son arrivée on a été un peu speed et le rythme plutôt soutenu. A notre corps défendant, nous voulions lui montrer un max de choses en un minimum de temps et les longues distances ne nous ont pas laissé trop de temps pour se poser. Nous avons pris également quelques mauvais travers. A côtoyer des furieux du cliches et Ulrik, cette jeune réalisatrice allemande, nous sommes devenus accro à la photo et à la vidéo. Dorénavant on essaiera de mettre nos objectifs de côté. Il est aussi étonné du peu de contacts que nous avons avec les indiens en dehors de la sphère touristique. Il a raison, mais à trois c'est beaucoup plus difficile, surtout en sautant d'un site à l'autre dans une voiture de location. Au fur et à mesure que les mois défilent, nous avons été amenés à nous poser pas mal de questions sur notre manière de voyager : la décision est prise d'aborder l'Amérique du sud différemment...en prenant notre temps.
Mercredi 21 Décembre: Le chien aboie… Rendez-vous 7h30 pour la virée dans le désert du Thar. Olivier a encore 38, 4 de température mais vaillant comme un Rajput, il nous suivra dans cette trépidante aventure chamelière… Nous montons dans la jeep avec un couple d'anglais et un belge flamand pour qui le français est une langue totalement étrangère même en vivant à 30 kms de Bruxelles.
On fait des pâtés ?
Nuit a la " pèle " étoile Nos dromadaires sont chargés de jerricanes d'eau, de nourriture et de couvertures car ce soir nous dormons à la belle étoile et le désert n'est pas réputé pour ses nuits chaudes. Nous sommes gênés de voir les chameliers et cuistots marcher à côté de nos montures, cela fait un peu touristes-rois que l'on promène. On fait une halte à l'ombre d'un arbre pour le déjeuner. Les cuistots nous ont préparé un thali un peu épicé mais très bon. La deuxième partie du voyage met à mal nos adducteurs; il faut changer de position régulièrement en croisant les jambes devant la selle et c'est pas évident à tenir. En tout cas, on est tous d'accord pour dire qu´il y a un peu de laisser aller au niveau de l´hygiène bucco-dentaire de nos montures. Les fosses sceptiques de Calcutta par une journée de grosse chaleur dégagent une odeur de brise marine en comparaison de ce qui peut sortir de la bouche d'un chameau. Sophie en fera une expérience toute personnelle en recevant un délicieux filet de bave au visage…
Le désert du Thar n'est pas si monotone, des terres arides alternent avec des bandes de sables et des arbustes éparses jusqu'aux dunes ou nous bivouaquerons cette nuit. Un malin est là à nous attendre avec bières et boissons fraîches ! Apres le coucher de soleil, le froid ne tarde pas à se faire sentir. Olivier qui s'était senti mieux dans la journée repasse dans la zone rouge. Il faut d'ailleurs souligner un bel effort vestimentaire de sa part : chaussures bateaux, chaussettes remontant sur les bas de pantalon, Tshirt moulant de plongée Beuchat et veste tenue sur la tête par un bob surmonte d'une lampe frontale. On n'avait pas vu autant d'originalité chez un jeune couturier depuis bien longtemps…
Nous assistons à la préparation du thali et des chapatis avant de prendre notre repas autour d'un feu. Nous dormons sur de fins matelas tout habillés dans nos duvets avec trois couvertures en plus. Le thème de la veillée sera " observation des étoiles ", même s'il n'est pas aussi étoilé que dans les steppes mongoles, le ciel nous offrira quelques étoiles filantes.
Jeudi 22 Décembre: … et la caravane passe Après quelques toasts grillés au feu de bois, un œuf dur et un chai, nous entamons le chemin du retour, cette fois juste tous les trois puisque les autres passent une deuxième nuit dans le désert. Nous croisons gazelles et rapaces sur la route qu'Olivier terminera à pieds, pour cause de " trop mal au cul ". Sur la route nous nous arrêtons a Khuldara, ville fantôme en plein désert. Les 700 maisons en ruines et la taille de cette ville-étape sur la route de la soie témoignent de sa prospérité d'antan. Du haut du temple en son centre, on imagine l'agitation qui devait y régner à l'arrivée des caravanes mais, refusant d'être rackettés par le maharadja, les habitants quittèrent la ville en une nuit. Pour rester dans l'ambiance " caravane ", de retour à Jaisalmer, nous visitons un ancien caravansérail transformé en hôtel de luxe (c'est devenu une véritable obsession chez Christophe qui entame le troisième volet de la trilogie " La longue marche ", Sophie a jugé que le premier lui suffisait!). La vue de la terrasse valait le déplacement, on aurait pu y rester des heures à contempler d'en haut la vie grouillante de la ville sur fond de citadelle. Ce soir, après une nuit pas très confort et deux thalis de suite, on se fait plaisir en dînant dans le resto le plus réputé de Jaisalmer " le trio ". Mouais...
A dada
Vendredi 23 décembre: Bon anniversaire Praveem Départ pour Jodhpur au petit matin, il fait encore nuit. Sur la route, des chiens peu chanceux et même un dromadaire sont raides sur la chaussée. Nous entrons en pays vishnois, habitants connus pour être sans doute les plus fervents écolo et plus grands adeptes de la non-violence qui soient. Sur ordre du maharadja, 363 de ces personnes furent tuées enlacées à des arbres pour empêcher qu'ils ne finissent en meuble. Cela explique probablement ces carrières que nous apercevons sur la route dont seuls les arbres au sommet d'un monticule ont été épargnés par les bulldozers. Jodhpur est appelée " la ville bleue " ; appartenant à l'origine à des brahmanes, nombre de ses maisons sont teintées de bleu, la couleur de Krishna (il paraît qu'en plus ça éloigne les moustiques!). Nous franchissons l'enceinte de la vieille ville blottie autour de la forteresse Rajput, l'emblème de la ville. C'est à la célèbre " omlet shop " que nous prenons un casse-croûte avant de monter à l'assaut de la forteresse de Mehrangarh. Pour une fois, nous avons chacun un audio guide et déambulons avec nos écouteurs sur les oreilles et notre baladeur autour du cou. Toute de grès rouge, renfermant plusieurs palais, temples et cours, elle est sans doute l'une des plus belles et des plus imposantes d'Inde. L'après-midi, Olivier et Sophie partent à la recherche de tables basses, la ville étant réputée pour le travail du bois. Ils découvriront du coup les fournisseurs de Pier Import et autres " meubles du monde " basés sur Palace road. Pour rester dans le domaine du shopping, nous sommes le 23 décembre et nous ne réalisons pas que Noël est dans 24 heures. Seuls les mails nous rappellent cette frénésie consommatrice qui tous les ans rythment la fin d'année en Europe. Ici, pas de prospectus vantant les mérites des dernières merveilles technologiques, pas de boutiques noyées sous les guirlandes et les spots, et encore moins de Père Noël. Même si cela nous évite le casse-tête pour le cadeau de dernière minute, Noël reste une période ou l'absence des proches se fait le plus sentir. Heureusement, Olive est la!
C'est une maison bleue…
Happy birthday Praveem ! C'est aujourd'hui l'anniversaire de Praveem, on voulait l'inviter mais ce soir c'est lui qui régale. S'il avait su ce qui l'attendait... La soirée avait pourtant bien commencé, apéro, confidences (ne le répétez pas mais il est encore vierge, l'Inde n'est pas le pays du libertinage), cadeaux (2 cassettes de musiques bollywoodiennes)... jusqu'au moment ou le ton est monté entre lui et Christophe. Depuis le début, il essaie de nous driver aussi bien au niveau du choix de notre itinéraire que des hôtels et restos dans lesquels il perçoit une commission si nous restons. Christophe lui sortira donc ses quatre vérités sur un ton un peu ferme d'autant plus que Praveem lui a fait comprendre qu'il attendait de nous un gros pourboire. Sympa l'ambiance de fin de voyage...
Samedi 24 Décembre : Joyeux Noël ! L'ambiance est un peu tendue dans la voiture qui nous mène à Ranakpur. Le paysage étonnamment plat depuis notre départ de Delhi commencent à prendre un peu de relief, nous arrivons dans les monts Arawelli en pays Mewar. Nous nous posons dans un hôtel assez correct où le jardin est agrémenté d'un bassin que se partagent deux canards caractériels. De toute façon on n'a pas trop le choix, Ranakpur n'est même pas un village, c'est un site célèbre pour ses temples jains. Mais quel site ! Le temple de Jaisalmer nous avait déjà ébloui, celui-la nous laisse bouche bée. C'est le plus grand et le plus beau d'Inde dans sa catégorie. Il rivalise avec encore plus de sculptures du sol à la coupole et sur ses 1444 colonnes. La blancheur de la pierre reflète les rayons du soleil à l'intérieur, c'est éblouissant. Nous finissons la journée au sunset point en haut des collines qui dominent un joli lac où il y aurait des crocodiles paraît-il. Pas vu ! Ce soir c'est Noël. Praveem, un pote chauffeur et de son client autrichien déjà allumés au whisky insistent pour qu'on se joigne à eux autour du feu. Praveem qui n'a pas l'alcool mauvais s'excuse pour hier et fait la paix avec Christophe. Son collègue par contre à tendance à devenir agressif et nous coupe un peu trop la parole. Il ne supporte pas le fait que nous n'avalions pas nos rasades de whisky en moins de deux minutes et devient un peu trop machiste avec Sophie. Du coup nous finissons la soirée dans notre chambrée où un lit d'appoint a été installé par terre pour Olivier. Au menu : foie gras sur butter nan, saucisse sèche Justin Bridou, magrets de canards fourres au foie gras, Jurancon Lacabe 1996 et si on a encore de la place Nutella ! Bonne ripaille, tongues en cuir de chameau, chemise et chapeau à la Indiana Jones trop grands, faux tétons en silicone qui se sont avèrés être des tétines, produits miracles du coin, bref le Papa Noël nous a gâtés !
Temple jaïn
Dimanche 25 Décembre : Au revoir Olivier Olivier est bien content de nous avoir rendu visite mais ne cache pas sa joie de rentrer et de laisser derrière lui tourista, fièvre, transports et douches froides. Dernière épreuve : 12 heures de voiture pour aller a Delhi, 4h d'attente, 10 heures de vol puis une fois en France enchaîner avec une heure de transport et une journée de 8 heures de boulot ! Et le soir venu, faut assurer avec Alexandra. Oups ! On n'a rien dit… De notre côté, fini le luxe de la voiture privée; pour se rendre à Kumbhalgarh, c'est stop, bus et jeep. Une fois de plus, Sophie a cru mourir à l'avant du bus. Le chauffeur roulait un peu vite à son goût sur ces routes de montagnes dont les murets ont disparu dans les virages suite à de malencontreux dérapages fatals. Mais, une fois de plus, nous arriverons à bon port. Les paysages toujours arides prennent plus de relief au fur et à mesure que nous nous enfonçons dans les monts Arawelli. Les travaux des champs, les saluts des paysans et la beauté des paysages traversés nous ont donné envie de nous arrêter sur la route. Le discours d´Olivier raisonnant encore dans nos têtes, nous décidons demain de prendre la tente et de nous perdre dans cette région au gré du vent… D'ailleurs, à bien réfléchir, nos souvenirs les plus marquants sont cette excursion au lac Inle et surtout la semaine passée auprès d'une famille mongole. Kelwara, où nous logeons, est la ville la plus proche de la forteresse de Kumbhalgarh dont la belle muraille de 37 km serait la deuxième après celle de Chine (50000km) !! Le Rajasthan est décidément un paradis pour les amateurs de châteaux et forteresses. Contrairement au sud de l'Inde, le nord fut constamment soumis aux invasions, musulmanes notamment. La géographie du pays et la vallée du Gange forment en effet un axe ouest/est propice aux mouvements des armées. CQFD. Sophie s'est aujourd'hui senti une âme de denfenseuse des animaux en volant au secours de quatre chiots victimes des caprices de gamins, puis en mettant en fuite des ados qui s'amusaient à effrayer les singes en leur balançant des pierres. Ils ont pris la poudre d'escampette lorsqu'ils l'ont vu s'élancer des pierres à la main pour leur infliger le même sort !
Ahhh chiche
Lundi 26 Décembre : promenade dans la campagne indienne Comme prévu, nous laissons une partie des affaires et préparons le nécessaire pour découvrir a pied la campagne indienne notre tente sur le dos. Cela fait longtemps qu'elle n'a pas servi et nous espérons faire du camping sauvage ou chez l'habitant. Le patron de l'hôtel, surpris par notre démarche nous donne le nom de villages pittoresques : Varthada, Kaltana et Baldra. Pendant que nous attendons le bus qui nous ramènera sur nos pas, nous observons les villageois. Les femmes enveloppées dans des saris aux couleurs vives arborent un anneau perlé à la narine qui leur cache presque la lèvre supérieure ; quant aux hommes, les babouches pointues et recourbées aux pieds, le pantalon court et bouffant entre les jambes, parfois des boucles d'oreilles en forme de fleur et les énormes turbans rouges qu'ils ont sur la tête donnent à cette petite ville des allures de Milles et une nuits, il ne manque plus que les tapis volants ! Nous marchons le long de la route. Les femmes toujours coquettes avec leurs breloques éclatantes aux oreilles, autour des bras et des chevilles, transportent sur leur tête de gros fagots de branches pour faire du feu ou de l'eau tirée a la pompe dans des pots dorés. Aux champs comme à la ville, il semble que le travail de force soit réservé aux femmes alors que les hommes ont des activités habituellement destinées aux femmes dans nos pays, comme la cuisine ou la couture, question de culture. Malgré l'aridité de la région, la terre est cultivée notamment avec la canne à sucre grâce a un système d'irrigation rudimentaire, des norias. Des bœufs aux énormes cornes peintes de toutes les couleurs tournent en rond pour actionner un moulin bricolé avec de vieux pots en fer qui remontent l'eau du puits distribuée ensuite par des canaux. Nous nous arrêtons près d'un chantier ou hommes, femmes, enfants et vieillards travaillent à la construction d'un réservoir d'eau. Ils s'arrêtent de travailler pour nous observer d'un peu plus près. On est un peu gêné devant ces spectateurs qui nous dévisagent sans mot dire. Mais la vidéo et les photos font à nouveau leur effet et provoquent rires et curiosité. Tout d'un coup, ils déguerpissent et dévalent la pente à toute berzingue. Loin d'être de notre faute, ils ont en fait aperçu le contremaître qui est arrivé au mauvais moment.
Noria Alors que nous contemplions un couple de pic-vert, deux femmes de la soixantaine viennent nous faire l'aumône. L'une d'elles se met a enchaîner roulades et poirier sur la tête pour quelques roupies. Choqués par ce spectacle pitoyable (dans le sens propre du terme), nous leur donnons brosses a dents, dentifrices et savonnettes que nous destinions aux paysans. L'autre s'est baissée pour nous baiser les pieds (signe de profond respect chez les hindous mais attitude humiliante pour nous), ce qui nous mit très mal a l'aise. Bizarrement, voir ces personnes plus âgées que nos mères se donner en spectacle nous bouleverse plus encore que les infirmes que nous avons déjà eu l'occasion de voir à plusieurs reprises.
Un peu plus loin, nous croisons trois jeunes filles dont l'une est très jolie. Nous nous apercevons que la main de l'une d'elles présente tous les symptômes de la lèpre. La bonne humeur de la ballade en prend un coup. C'est ce moment-là que nous " choisissons " pour nous égarer, incapables de retrouver le chemin qui menait au village prévu pour passer la nuit. Des paysans nous déconseillent de nous y rendre à cause des bêtes sauvages (ours, léopards, loups et… gazelles) et nous offrent l'hospitalité dans l'école du village désertée pour les vacances. La salle de classe est vide car les élèves étudient sur des nattes à même le sol. Nous installons notre lit de fortune devant une foule de curieux, surtout des jeunes pendant qu'on nous apporte du bois et des couvertures. Des jeunes nous font visiter le coin et goûter à la canne a sucre. Sur le chemin du retour, nous sommes invites à boire le thé dans la maison de l'instituteur, fils d'institutrice et marie à une instit aussi. Comme des VIP, nous sommes ensuite présentés au médecin (le gratin du village quoi) chez qui nous dégustons un délicieux lait chaud. Tout le monde est aux petits soins ; lorsque nous revenons a l'école, le feu est déjà allumé dans la cour et cela fait un bon moment qu'ils essaient de mettre au point un montage électrique pour nous éclairer. Nous mangeons le riz pulao commandé ce matin à l'hôtel, réchauffé sur le feu en compagnie de l'instit qui a du mal à nous abandonner et nous donne rendez-vous pour le lendemain matin.
Chez l'instit
Mardi 27 Décembre: Koltra et tais-toi!
Namaste !
Cherchez l'intrus A notre réveil, un comité d'accueil nous attend autour du feu pour le petit déjeuner. Contrairement aux autres pays traversés, les indiens, mêmes pas bien épais, refusent presque systématiquement la nourriture qu'on leur propose. Sans doute une question de culture ou d'éducation (les enfants attendent l'approbation de l'adulte avant d'accepter).
L'instit ainsi que les deux jeunes de la veille décident de nous accompagner au village voisin de Koltra. Adorable hameau dont l'unique ruelle se faufile entre les maisons de terre. Les habitants, surpris de recevoir des visiteurs nous sourient tandis que les enfants crasseux au cheveu hirsute nous suivent partout pieds nus en nous lançant des "tatas" à tout bout de champs. Brebis et chevreaux, chats et buffles complètent le tableau pittoresque de ce village perdu. Ici aussi, telles des musulmanes avec leur tchador, les femmes se cachent le visage devant les hommes, leur père ou mari leur interdisant de le montrer. Nous prenons le thé dans la maison du guérisseur, spécialiste des plantes médicinales avant de reprendre la route toujours escortés.
La route est caillouteuse mais offre un superbe panorama sur le vallée et la forteresse de Kumbhalgarh. Du haut des crêtes, nous apercevons en surplomb d'autres minuscules villages autour desquels des champs verdoyants contrastent avec ce paysage sec aux tons chauds. Cela fait un moment maintenant que nous marchons et nos ôtes décident de faire demi-tour après être grimpés au temple de Shiva isolé dans une grotte. Sophie préfère attendre au pied de la montée. Christophe reviendra baptisé avec une cordelette rouge et jaune autour du poignet, une tikka sur le front et une boisson miracle dans le gosier.
De retour à Kelwara, nous récupérons nos affaires et montons dans le bus direction Udaipur. Nous voyageons à l'avant dans la vaste cabine du conducteur où cinq places assises sont disponibles quand le car est plein. Les paysages sont superbes et nous voyons plusieurs dromadaires; alors que nous sommes habitués à les voir affublés de manière ridicule pour promener les touristes, ils servent ici de bête de somme pour les travaux des champs.
Nous arrivons de nuit a Udaipur et montons dans le rickshaw le plus lent de la ville, même les vélos réussissent a nous doubler. Nous allons nous poser quelques jours à la Lake View paying guesthhouse.
Mercredi 28 Décembre: "My name is Bond…James Bond." Pour une fois nous avons une belle chambre avec eau chaude et la terrasse de l'hôtel est la plus haute de la ville. De là-haut, nous avons une vue plongeante sur les temples vishnouistes, sur le lac et les palaces plantés au milieu de l'eau. Seul le city palace nous domine du sommet de sa colline. Depuis quelques années, la mousson est insuffisante et le lac régulièrement assèché. Par chance la dernière a été bonne et nous offre ce qui fait la beauté de cette ville. Visite du Jagdish temple dédié à Vishnou sans grand intérêt puis visite de la ville. Ici aussi il y a des animaux partout, des écureuils sur les terrasses qui viennent grignoter sur votre table, des ânes minuscules pas plus haut qu'un Labrador, des vaches tranquilles (sauf celle qui a mis un coup de cornes au cul de Sophie), des chiens parfois dans un sale état à qui il manque une oreille ou une patte, des chiennes aux mamelles touchants le sol, des chiots déjà galleux et des chats, plus rares, la queue ou une patte coupée et à juste titre impossibles a approcher. Nous arpentons les rues de la vieille ville bordées de nombreuses boutiques d'artisanat en tous genres et de miniatures en particuliers. Une boutique attire notre attention… on ressort une heure plus tard des peintures plein les bras. Ils font un travail exceptionnel, en deux temps trois mouvements, ils nous ont peint un portrait et un éléphant sur les ongles! Leurs peintures sont d'une finesse incroyable. Nous terminons dans un institut de massages dits "ayurvédiques". Sophie sera autant satisfaite que Christophe déçu, il n'est pas tombé sur le bon. Ce soir c'est "plateau-télé". Une des originalités d'Udaipur est de diffuser tous les soirs dans les guest "Octopussy", un James Bond qui fut tourné en partie dans cette ville. C'est plein de clichés mais on apprécie vraiment même sans les sous-titrages!
Jeudi 29 décembre: Circus Le city Palace est le plus grand palais du Rajasthan. C'est un entrelacs de couloirs et d'escaliers, de patios et de jardins. En tous cas, il y a de la recherche au niveau de la deco intérieure et pas toujours du meilleur goût d'ailleurs. Chaque Maharana (dénomination du maharadjah d'Udaipur) y a rajouté sa "personal touch", multicolor, multi facette et souvent kitsch a souhait. Régine a dû s'inspirer du lieu pour sa discothèque (à moins que ce ne soit le contraire)! Ce soir, nous assistons a un spectacle traditionnel au Bagore Ki Haveli Museum dont les murs n'arrivent pas à la cheville du plus dépouillé de Jaisalmer, mais avec l'éclairage du soir ça fait son effet. S'enchaînent des danseuses avec toutes sortes d'objets (l'une empilera des pots mesurant au total l'équivalent de sa taille) et marionnettes sur fond de musique jouée par un orchestre. Cela ressemblait finalement davantage à des numéros de cirque mais c'était chouette.
Vendredi 30 décembre: fashion victimes? Nous avons commandé des cadres pour les peintures, acheté deux tables basses en bois, il ne nous reste plus qu'à faire empaqueter tout ça pour l'envoyer en France par cargo (en espérant qu'il arrive). Ce soir nous faisons le passage obligé en bateau sur le lac de Pichola. Le city palace et le Lake palace (hôtel ultra chic d'où est tiré un feu d'artifice tous les soirs) se reflètent dans les eaux du lac. Le spectacle des lavandières et des femmes se lavant sur les ghâts est aussi très beau dans le coucher de soleil. Nous nous arrêtons un moment à Jag mandir, autre palais flottant. Ici, le spectacle n'est plus le magnifique panorama que nous avons sur le lac mais quelques spécimens qui nous entourent: italien aux cheveux longs vêtu d'un short tweed marron, chemisette rayée bleue et blanche et chaussures bateau vertes! Mais la première place revient a ce quinquagénaire au pantalon à pinces et a rayures tombant sur des mocassins léopards. Nous sommes un peu mauvaise langue mais on n'a pas pu s'empêcher! Désolé. Nous reprenons la route ce soir. Le trajet s'annonce long et fatigant: Bus de nuit en couchette a 22h30, arrivée 4h à Ahmenabad puis transfert de 10 km en autorickshaw a l'aéroport, enfin décollage a 7h30 pour arriver a 8h30 a Bombay.
Ces drôles de machines !
Samedi 31 Décembre: Nouvel an à Colaba A la sortie de l'avion, on enchaîne direct avec la recherche d'une agence de voyage succeptible de nous trouver un hôtel aux Maldives pour dans 10 jours! Bombay désormais Mumbai, premières impressions: où sont passées les vaches? Et les saris multicolores? Et les rickshaws décorés de guirlandes de Noël? Les derniers sont interdits en centre-ville, les seconds sont remplacés par des vêtements occidentaux et les premières restent un mystère. Tout simplement, Bombay est une ville beaucoup plus moderne et riche que celles traversées dans le Nord, Delhi comprise. La circulation est plus ou moins régulée; il y a des feux tricolores (mais toujours pas de passages piétons) et des centaines de taxis noirs et jaunes. Il y a moins de bruit et des trottoirs nous mettent a l'abri des chauffards sans stresser à chaque véhicule qui approche de peur qu'il nous klaxonne dans les oreilles ou nous frôle de près. Mieux, des airs de " lambada " ou de " happy birthday " se font entendre lorsqu'une voiture munie de ce gadget musical recule. Original, non ? C'est ici aussi que la richesse côtoie la pauvreté, les mendiants dorment à même le sol sous les arches des boutiques de luxe ou dans des bidonvilles au pied des demeures bourgeoises. Des femmes musulmanes voilées croisent des couples indiens qui (oh surprise) se tiennent la main. Les indiens de la classe moyenne ou bourgeoise se parlent en anglais entre eux tandis que de nombreux enfants mendient dans les rues. Autre caractéristique de Bombay, les logements sont très mauvais. Non seulement les hôtels sont beaucoup plus chers qu'ailleurs (environ fois 3), mais ils sont médiocres et souvent complets. On ne fait donc pas la fine bouche lorsqu'on arrive au Carlton (rien a voir avec son homonyme 5*) dans une "cellule" avec barreaux aux fenêtres sans WC ni lavabo; pour la toilette, ce sera des baquets d'eau chaude! Comme on a perdu les coordonnées du producteur rencontré a Orccha qui devait nous prendre sous son aile pour la soirée de ce soir et la visite des studios (fuck!), on improvise une soirée dans un resto-bar-disco branchouille, le Leopold. Les routards se retrouvent au milieu de la jeunesse dorée du coin et c'est entre un écossais moine bouddhiste et des jeunes arabes de Dubai venus s'encanailler que nous passons notre réveillon. Il n'y a pas autant de ferveur autour de cette fête qu'en Occident, ni compte à rebours avant les douze coups de minuit; on s'embrasse au milieu d'un bon vieux tube années 80, " Holyday-eh… " . Les rues sont remplies de badauds et une foule s'est rassemblée devant le Taj Mahal, le plus prestigieux hôtel d'Inde. C'est en voulant se mêler à la population qu'on s'est aperçu que la majorité était masculine. Sophie fut en proie à de multiples mains baladeuses qui venaient de tous côtés parfois simultanément profitant de la bousculade jusqu'au moment où, excédée, elle a giflé le premier venu (malheureusement pour lui, il était innocent). Le suivant, par contre, a eu son compte réglé par Christophe qui tel un chevalier servant s'est lancé à sa poursuite au milieu de la foule.
Dimanche 1er Janvier: RAS Internet, voeux, recherches d'hôtel aux Maldives et d'une nouvelle chambre à Bombay.
Lundi 2 janvier: Bon, beh, … Bombay ? C'est d´la bombe he Nous changeons d'hôtel encore plus pourri que le précédent mais cette fois le prix divisé par deux est justifié (aucune fenêtre, odeur d'humidité, draps degueu, patron mal aimable, une vraie caricature). Une chose est sûre, on n'y restera pas plus d'une nuit (va-t-on réussir a se poser a Bombay?) On découvre le quartier de Colaba ou nous résidons, quartier très animé avec resto, hôtels et commerces puis le Bombay néo-gothique hérité des anglais qui côtoie des façades style art-deco. Nous dînons au Bagdadi, p´tit bouboui conseillé par le Routard ou nous mangeons des nan enoooormes dans les deux sens du terme : aussi grands que la pizza giant du pizzaiolo de quartier avec des saveurs de gaufres bretonnes.
Mardi 3 Janvier: Contrastes Rechangement d'hôtel pour l'Apollo Guesthouse dont le patron mielleux nous a fait courir pendant deux jours mais qui dispose de chambres plus agréables bien que minuscules et d'une douche chaude commune. C'est le meilleur rapport qualité-prix que nous ayons trouvé ici. Aujourd'hui c'est plage, C'est la première fois qu'on foule le sable depuis notre départ, on a laissé le froid au nord, il y a comme un parfum de vacances dans l'air… mais vu la couleur de l'eau on oublie les maillots de bain. La large baie qui valut d'ailleurs son nom a la ville (bom bay= bonne baie en portugais), est bordée de tours modernes qui de loin lui donnent un petit air de Rio (sans les strings et la baignade). Les toilettes publiques de la plage y sont investies par des indiennes a moitie nues venues y faire leur toilette et leur lessive ; Sophie devra les enjamber pour y accéder. On poursuit en se rendant au bout de la pointe de Malabar Hill a Banganga tank, vaste réservoir d'eau entouré de ghâts situé dans un quartier très pauvre. A quelques mètres de là, des bidonvilles bordent la côte près de ce qui devait être autrefois une belle petite crique. Désormais c'est une décharge infecte balayée par une mer tout aussi sale où les enfants jouent pieds nus au milieu des immondices et des chats cherchant des restes à se mettre sous la dent. En soirée, nous allons au cinéma Inox voir King Kong. Les effets spéciaux à la :Jurassic park sont hallucinants mais le remake de Peter Jackson manque d'émotion par rapport a la fabuleuse version de Merian C Cooper. Au final : décevant au niveau du scénario mais très divertissant. Le plus étonnant fut de voir toute la salle se lever lorsque le drapeau indien apparut à l'écran sur fond d'hymne national avant la séance. Autre caractéristique déjà remarquée à Jaipur: les indiens partent avant la fin du film au moment de l'épilogue alors que le générique de fin n'a même pas commencé.
Bidon-plage
Mercredi 4 janvier : Bonnie and Clyde Ca nous démange depuis notre arrivée a Bombay mais aujourd'hui c'est décidé, on passe à l'acte. Avec nos têtes d'européens, ça doit pouvoir se faire sans trop de difficultés, il suffit de jouer les habitués. Première étape : passer la porte d'entrée et déambuler dans la galerie commerciale, ce qui n'est pas un problème puisque tout le monde y a accès ; le plus dur va être de descendre au Spa pour se changer. Sophie laisse le soin à Christophe de se jeter dans la gueule du loup. Que neni, il ressort en short de bain. Deuxième étape : accéder a la piscine. Le groom de surveillance avec qui Christophe a sympathisé au spa nous demande d'inscrire le numéro de notre chambre, de signer puis nous installe deux chaises longues au soleil. Maintenant c'est quitte ou double ; s'il vérifie sur l'ordinateur, il va découvrir qu'il n'y a aucun Lapefet en 318 et on est grillés ; dans le cas contraire on passe la matinée au bord de la piscine du plus prestigieux hôtel d'Inde, le Taj Mahal. Edifie par la famille Tata, brillante dynastie qui détient aujourd'hui plusieurs entreprises en Inde (de l'insecticide au secteur automobile en passant par le robot ménager), ce luxueux hôtel style victorien en bordure de mer a reçu plusieurs célébrités de ce monde dont notre " cher " président Chichi au frais du contribuable évidemment. Finalement c'est passé comme une lettre a la poste et Christophe finira la matinée dans le jacuzzi du spa. Luxure quand tu nous tiens... Pour rester dans " la haute ", on change d'épicerie pour dîner au Bollywood. Ouais, bof, aucune star mais une addition qui rejoint les étoiles !
Le Taj Mahal hôtel
Jeudi 5 Janvier: Bollywood movie En venant à Bombay, première ville productrice de films au monde devant Hollywood, on espérait bien visiter les studios ou faire de la figuration dans un film pour le fun. Même pas la peine de chercher, on est réveillés à 7h du mat par un chasseur de tête de Bollywood. Nous voila partis sur les chapeaux de roue sans avoir eu le temps de déjeuner, d'abord taxi puis train de banlieue puis tuk-tuk pour se rendre dans le nord de la ville. Il ne s'agit pas d'un tournage mais d'une séance photo pour la promo d'un sitcom genre "Helène et les garçons". Le décor: terrasse de café a l'américaine en bord de mer; nos rôles: Christophe habille en d'jeuns bermuda/tee shirt moulant déguste un beignet attablé pendant que Sophie en serveuse lui sert un verre d'eau; les protagonistes: un jeune couple en premier
Taxiplan.
Puis, une australienne embauchée comme nous à la dernière minute arrive et remplace Sophie qui à son tour se retrouve devant un beignet. Cela n'a duré que deux heures pour 10 euros chacun, (ça représente une somme ici) mais l'expérience est très sympa, et ils ont promis de nous envoyer les photos par mail (on espère).
En tant qu'Européens, nous avons eu un certain succès puisque Christophe s'est vu proposer de faire des photos de mode et Sophie de donner la réplique le surlendemain. Le français Pascal of Bollywood, célèbre ici pour ses chansons hindi teintées d'accent gaulois a dû débuter comme ça !
Cela fait un moment qu'on n'a pas fait de sport, on commence a prendre du gras et surtout on n'a pas la patate. Un petite séance à la salle de sport locale ne nous fera pas de mal. Sophie est la seule fille et bizarrement cela ne pose aucun problème qu'elle soit en short, alors que Christophe devra revenir en pantalon la fois prochaine!
Vendredi 6 Janvier: tablars et ghanta Encore une journée dans Colaba et plus spécialement dans un Internet café. Le soir on se prévoit une petite sortie spectacle au théâtre. Au programme: concert de percussions indiennes. En regardant de près le magazine, on s'aperçoit qu'il commence une demi-heure plus tôt qu'on ne pensait, c'était vraiment pas le moment de perdre notre temps avec notre cadenas dont le code a changé à cause d'une erreur de manipulation. Nous avons pris l'habitude d'utiliser un verrou à code c'est plus pratique que d'avoir une clé pour deux. Le problème là, c'est qu'il n'ouvre plus et un code a quatre chiffres ça fait 10000 combinaisons possibles... autant chercher une aiguille dans une botte de foin. Tant pis pour le verrou, faut couper et à défaut de pince coupante, Christophe aidé de notre tenancier jouera les évadés avec une …lime! Nous arrivons a temps au concert pour voir les grilles du guichet fermées, "sold out". Plus une place. Comme d'autres touristes arrivés bien avant nous et le bec dans l'eau, nous tentons notre chance auprès des spectateurs susceptibles d'avoir des places à revendre. Bingo, en cinq minutes nous voila nos billets en main, plutôt chanceux sur ce coup-ci. A l'affiche Zakir Hussain, virtuose des tablas accompagné d'un maestro du violon et de son frère. Nous ne sommes pas assez connaisseurs ou amateurs pour pouvoir apprécier cette démonstration de performances techniques à sa juste valeur, nous préférons sans conteste les rythmes africains. Heureusement la deuxième partie avec l'entrée en scène de T.H "Vikku" Vinayakran 75 ans et son "ghanta", un gros pot en argile, va donner une autre dimension au concert. Ca bouge, ça vibre et ça tape des mains dans la salle.
Samedi 7 Janvier: la vie à la bombayienne Le Crawford market est le plus célèbre marche de Bombay, marché couvert entouré d'un dédale de ruelles commerçantes. Ici, on trouve de tout de la visse minuscule pour réparer notre disque dur portable au matériel d'aquarelle pour Sophie en passant par les primeurs, l'épicerie et les animaux vivants. Les rues sont bondées et l'animation débordante avec ses boutiques, ses gargotes et ses commerçants. La chaussée est parsemée de cageots et de charrettes. Ca circule dans tous les sens, les porteurs déchargent des caisses ou transportent des paniers sur la tête qui semblent glisser dans les airs. Comme au temps jadis ou les Halles de Paris n'avaient pas fait place au Forum, ce marché couvert aux airs de pavillons Baltard est divisé en sections : fruits et légumes (des fraises au mois de Janvier, si ça c'est pas du luxe !?), épiceries et confiseries, produits d'hygiène, viande et même des animaux vivants (oiseaux, chiens, lapins, souris, etc…). C'est une explosion d'odeurs des plus délicates aux plus insupportables : le parfum des fruits fait place a d'écœurantes effluves provenant du quartier des bouchers. Nous arrivons après la bataille pour découvrir des restes de carcasses entassées que se partagent rats, chiens errants et corbeaux, sans déranger le moins du monde les indiens qui dorment au milieu des déchets sanguinolents. Nous passons la soirée à Chowpatti beach, cette plage peu animée le jour devient fête foraine le soir. Les terrasses des buvettes et resto sont pleines. Familles, enfants, jeunes, vendeurs de ballons, tout le monde s'y retrouve pour manger un morceau, se faire dire l'avenir par une drôle de machine clignotante, se faire masser ou faire un tour de manège. Pas de risque que les manèges se bloquent, ils sont totalement manuels. C'est impressionnant de voir ces jeunes grimper en haut de la roue et l'actionner avec la force des jambes, redescendre en s'accrochant à une nacelle puis remonter a nouveau. Sophie tombera sous le charme d'un jeune sikh de 21 ans qui projette de finir DJ. Christophe: "33 ans bientôt et elle continue de craquer pour ces stars des dance floor!!! " Nous décidons de nous faire masser sous les étoiles allongés sur le sable. Tout aurait été parfait si nous n'étions pas tombes sur des amateurs dont l'un a surtout joué des mains baladeuses a l'égard de Sophie. Du coup, on écourte le "massage/pelotage" a trente minutes c'est bien assez comme ça! En repartant, nous sommes sollicités par des mendiants notamment des femmes leurs bébés sous le bras. C'est une constante ici plus qu'ailleurs et c'est insupportable. Les enfants surtout n'hésitent pas à nous attraper par le bras et à être insistants. Il est très difficile de savoir comment gérer ça. On évite de donner de l'argent mais plutôt des produits de consommation courante ou de la nourriture. Nous resterons très marqués par l'image de cette gamine de huit ans faisant l'aumône près d'une gargote, dont le regard s'est illuminé lorsque nous lui avons donne un kebab. Elle l'a englouti par terre aux pieds d'enfants issus d'un milieu privilégie bien habillés, cheveux gominés et assis. Les parents de ces derniers lui ont aussi donne une assiette mais le contraste reste frappant.
Dimanche 8 Janvier: sur les traces d'Harry Potter Nos ballades en ville nous ont confirmé ce que nous avions déjà remarqué en traversant le pays. D'immenses esplanades pelousées y sont dédiées au sport national: le criquet. C'est dimanche et il y a foule. Nous assistons à des parties endiablées ou des pro tout de blanc vêtus se partagent le stade avec la "populasse" et les supporters. Les parties pouvant durer plusieurs jours, nous n'attendrons pas de connaître le gagnant. Bombay est probablement une des villes d'Inde ou l'empreinte anglaise est la plus marquée. Outre ce sport et ces joueurs à l'allure très british, nous longeons d'impressionnants édifices gothiques, cour de justice et université dans le plus pur style anglais, gris et lugubre dont seuls les palmiers ensoleillés nous rappellent que nous sommes en Inde et non pas au pays magique d'Harry Potter. Et tant que nous abordons le sujet de l'influence anglaise, nous avons été très surpris au cours de nos rencontres avec les indiens d'avoir souvent la réflexion suivante : " Vous aussi en France, vous parlez anglais entre vous ? " et même une fois : " Quand est ce que vous avez obtenu votre indépendance ? (Vis-à-vis de l'Angleterre) ". Il était une fois Jeanne d'Arc…
Criquet
Lundi 9 Janvier : Ce n'est qu'un au revoir Bon ben ça y est, on fait les sacs a dos et on quitte sans regrets le patron de l'hôtel. Il nous reste la journée avant d'embarquer. Christophe décide de visiter le Musée Gandhi qui retrace sa vie, sa politique de non-violence, ses luttes et…sa fameuse roue à tisser (que l'on voit sur le drapeau indien)! Un tour a la salle de sport et on a encore assez de temps pour aller a Internet (a 30 dollars l'heure aux Maldives, on s'en passera). Faut qu'on prenne notre dose. Depuis le temps qu'on en rêvait de l'Inde, on l'a fait… et on le refera : indien vaut mieux que deux tu l'auras ! Sophie est triste de quitter l'Inde malgré la plage et les cocotiers qui nous tendent les bras. Ca n'a pas été facile tous les jours mais une évidence s'impose, ce pays nous a complètement envoûtes…
Visages d'Inde
Mardi 22 Novembre: "Hare Krishna" Devant le comptoir de l'immigration, nous faisons la rencontre d'un groupe de touristes retraites réussissant l'exploit de visiter le Rajasthan, Varanasi et la vallée de Kathmandou en 14 jours dont 4 réservés aux transports, bravo Jet tour! Intrigués par le nombre de visas figurant sur nos passeports, ils sont très curieux d'un tel voyage. Etrangement ce qui les impressionne le plus c'est de ne pas savoir où l'on va dormir le soir sans réservation. Dans le lot, il y a bien évidemment le vieux bougon désagréable qui nous lance indirectement des " Pauvre France … … A notre époque on pensait d'abord a la carrière, aujourd'hui ils pensent aux loisirs!" Réponse du berger à la bergère, Sophie lança : "En attendant nous on n'aura peut-être pas de retraites pour s'offrir des voyages quand on sera vieux! c'est ça et bientôt c'est les retraites qui paieront votre retraite! de toute façon y'en a toujours un comme ça dans les voyages organisés" clôtura Sophie en faisant rire l'assemblée. A la sortie de l'aéroport de Varanasi, nous sommes harcelés par les taxis. Les prix sont bien sur revus à la hausse et certains n'hésitent pas à rajouter des suppléments pour les bagages, pour la personne supplémentaire, pour la clim et encore plus fort parce que la voiture est neuve et confortable! (Et pourquoi pas parce que le chauffeur s'est rasé ce matin tant qu'on y est ?!) Finalement, nous sortons de l'aéroport pour en prendre un directement dans la rue. Des types s'immiscent comme intermédiaires et il faut batailler pour imposer notre prix. Il faut reconnaître que ces taxis blancs à l'allure de vieilles voitures coloniales ont de la gueule, ce sont des Ambassador. Pour atteindre le bord du Gange ou se trouvent les guest, nous devons ensuite prendre un rickshaw et la, ça commence a ressembler a l'image qu'on avait de l'Inde, le bruit et la poussière sont la. Entasses comme deux sacs a patates a l'arrière avec nos énormes sacs a dos sur les genoux, nous devons nous tenir mutuellement pour ne pas tomber a chaque nid de poule. En haut des maisons, des singes bondissent et nous croisons quelques vaches au milieu de cette circulation anarchique que l'agent gesticulant sur son rond-point serait bien incapable de déloger. Leur fâcheuse tendance a se mettre au milieu de la route s'expliquerait par leur goût prononce pour les courants d'air provoques par les véhicules…ça chasse les mouches ! Cela pose tellement de problèmes de circulation que l'Assemblée a vote une loi en 2004 autorisant les policiers à les chasser avec de légers coups de bâtons. Nous arrivons au coucher du soleil à la Vishnou resthouse. Il y avait peu de chance de trouver une chambre mais la dernière vient de se libérer, cool. La terrasse, pourvu d'un petit temple (sans doute dédié à Vishnou) est très agréable et donne sur le Gange. Des cerfs volants se partagent l'horizon et des chants sacrés commencent à s'élever dans les airs. Ajouté a cela un "Hare Krishna" psalmodié en boucle pendant 40 mn et vous obtiendrez une
Mercredi 23 Novembre: Le Nirvana Nous sommes réveillés vers les 04h30 par l'imam du coin, puis a 5h30 par des tintements de cloches et enfin, pour que l'orchestre soit complet, a 06h00 par ce qui pourrait ressembler a une partie de tennis engagée. Pourtant y'a pas de terrain dans le coin...nous découvrons en ouvrant les fenêtres qu'il s'agit des lavandières en train de battre leur linge dans le Gange. Nous les regarderons le temps de prendre notre petit dej' sur la terrasse. Nous commençons par visiter le Chowk, le vieux quartier qui longe le Gange. Il est facile de se perdre dans ce labyrinthe de ruelles tortueuses. Elles sont si étroites que voitures et charrettes ne peuvent circuler, ce qui n'enlève rien a l'animation qui y règne. Petits commerces, mangoustes et singes, souris et vaches sacrées mangeant les détritus jetés a même le sol, gargotes, buffles gênant notre passage, odeurs nauséabondes succédant a de divines effluves de masala et d'encens puis surtout chiens galeux a tous les coins de rues, sans oublier les bouses et autres déchets (étant donne qu'il n'y a pas de ramassage d'ordures, ce sont les animaux qui s'en chargent). Tout y est ! Le plus saisissant reste de tomber nez à nez avec le corps d'un défunt que sa famille conduit en cortège au lieu de crémation... On a comme le sentiment de déambuler
Jeudi 24 Novembre: Ganja euh non Ganga ! Nous décollons plus tard que prévu mais juste a temps pour voir le soleil se lever…et nous ne sommes pas les seuls: des dizaines de barques longent elles aussi les ghats avec de nombreux touristes a leur bord.
Vendredi 25 Novembre: Yoga Ce matin, nous testons l'activité phare de Varanasi après les crémations: le yoga. Les cours ont lieu dans le petit temple sur la terrasse de notre guest de 8 à 10 heures et il faut être à jeun. Aurélien, Jihane, Aurélie ainsi qu'un autre couple participent aussi. La séance commence par un travail de respiration puis des exercices "exutoires" qui permettent sans doute de libérer les tensions. Dans notre cas ça a surtout libère un énorme fou rire collectif notamment quand on a du faire "le lion" à tour de rôle! La séance se termine par de la méditation où il est possible de ressentir une sorte d'énergie entre les mains et ça marche! Christophe était complètement absorbé dans sa bulle "magnétique". On est resté un bon moment sur la terrasse: Sophie a pris les choses en mains en testant la coupe de cheveux aux ciseaux, Christophe commençait vraiment a ressembler à un lion "grisonnant", le processus de "blanchiment" s'étant emballé depuis notre départ de France. Le résultat est plutôt satisfaisant compte tenu de l'outillage. La fin de journée fut un peu plus stressante. Pour se rendre au Ramnagar palace, la demeure du maharadjah de Varanasi, nous prenons un autorickshaw, sans doute un des plus intrépides de la ville. On se serait cru dans un jeu vidéo où il faut conduire une voiture lancée à toute berzingue qui doit éviter tout un tas d'embûches sur la route. Sauf que la c'est "pour de vrai", il faut éviter vaches, chiens, voitures, vélos, écoliers et autres piétons et c'est même pas nous qui étions aux commandes. Sophie a cru mourir à plusieurs reprises alors que Christophe s'en amusait, le chauffeur maniait son engin comme s'il faisait corps avec, virant à droite, esquivant une moto qui déboulait à gauche, frôlant les camions puis se faufilant comme Speedy Gonzales dans une circulation totalement anarchique. Le trajet a semblé durer des heures pour Sophie qui hurlait a chaque fois qu'on s'approchait un peu trop vite ou un peu trop près des "embûches", un enfer! Sans oublier qu'au passage on se prend de la poussière plein les yeux et le nez. Il lui a fallu un peu de temps pour s'en remettre. Christophe, quant à lui, a apprécié la ballade et l'agilité de notre chauffeur.
Samedi 26 Novembre: "bouge de la" (Mc Solar) Nous partons ce soir en train de nuit pour Satna. Nous nous balladons une dernière fois sur les ghât pour observer son animation de plus près. De grands parasols abritent toutes sortes de petits métiers: masseurs, vendeurs de fleurs, barbiers et astrologues qui veulent a tous prix nous lire les lignes de la main. On voit aussi des "gourous" autour desquels sont rassemblés de nombreux fidèles qui les écoutent interpréter les textes sacrés pendant des heures ou répéter leurs chants. Un peu plus loin, un homme fait du yoga; il se cambre en arrière puis se contorsionne pour finir debout sur un pied comme Shiva le fit une longue période de sa vie. Nous avons également croisé un sâdhu, le plus célèbre de la ville, celui qu'on aperçoit lorsque l'on est dans la barque, celui qui est assis sous son arbre, celui qui arbore un crâne humain plante sur un pieu et qui s'extasie sur les Nike de Sophie "super tes chaussures…". Un phénomène le gars, peut-être un peu trop mégalomane pour un ascète! Départ pour la gare vers 22h00, la mauvaise heure. Nous revivons la même expérience en rickshaw que la veille version night background: il fait nuit noire, les vaches n'ont pas de feux stop, des piétons traversent a l'improviste et le chauffeur hésite entre conduite a droite ou conduite a gauche. Notre train prévu pour 23h30 n'arrivera en gare qu'a 1h15! Sophie a réussi l'exploit de s'endormir assise sur son sac a dos, la tête posée sur ses genoux alors qu'il n'y a pas si longtemps elle avait du mal a trouver le sommeil ailleurs que dans sa chambre. A l'arrivée du train, la première image qui nous est venue a l'esprit, aussi déplacée soit-elle, est celle de ces wagons de déportes pendant la Deuxième guerre mondiale. Les fenêtres sont flanquées de barreaux ou plusieurs têtes se collent et les wagons bondées, de véritables bétaillères. Monter dans le train relève du défi, mais avec l'aide de deux autres touristes, un français et un brésilien, nous nous entassons dans le wagon 4. L'étape suivante consiste a atteindre nos couchettes en enjambant des familles entières assises ou allongées par terre au milieu de valises et sacs en tous genres, en bousculant a droite a gauche voir en forçant le passage, nos sac a dos ne nous permettant pas de jouer en finesse. Bien évidemment nos couchettes comme toutes les autres sont occupées. Nous présentons nos billets "pour faire valoir ce que de droit". Ces messieurs nous expliquent alors qu'il y a eu erreur sur la numérotation du train et que nous nous trouvons dans le wagon 5. Info ou intox, nous n'avons pas d'autres options que de les croire puisque, hormis le chauffeur, aucun contrôleur ou employé des chemins de fer ne s'aventurent dans cette jungle. Nous voici tous les quatre a nouveau sur le quai quand tout a coup le train se met à bouger sans préavis. Ni une ni deux nous sautons dans le wagon le plus proche, le numéro 6. Grrrrr… Serres de tous cotes et
Dimanche 27 Novembre: Le parc de Bandhavgarh L'absence de toute indication, visuelle dans les gares ou orales dans le train, ne nous ayant pas permis d'anticiper notre descente, c'est à 06h00 du matin dans la précipitation que nous saisissons notre barda pour quitter la bétaillère. Belle erreur de débutant de Christophe qui, pour éviter les mains baladeuses de la veille, garde un oeil sur Sophie et se fait ainsi distancer (quelques mètres) par le précédent pour sortir. Aussitôt une dizaine d'indiens s'engouffrent dans l'espace libre, nous voila bloqués et le train qui va repartir d'une minute à l'autre. Une seule solution, chercher l'intervalle et percer. Râfuts a droite a gauche, coups d'épaules et nous atteignons la sortie plus surpris nous même par notre bourrinage que les locaux accoutumés au fait. Faute de bus pour se rendre au parc de Bandhavgarh, nous louons un taxi. La route est asphaltée en partie, l'autre est en cours d'asphaltage ce qui signifie cahoteuse. Les ouvriers qui transportent des paniers de gravier sur leur tête sont des femmes et on se demande finalement quels types de travaux sont réserves aux hommes… Le trajet de quatre heures est pénible et il est impossible de dormir pour récupérer le manque de sommeil de la nuit dernière, ni même de lire au risque de faire une grosse gerboulade. Arrivés au parc, il nous reste a choisir un hôtel et c'est le moins cher qui a gagne. Le confort est proportionnel et on se contentera de l'eau ferreuse froide et des draps poussiéreux. Le personnel, par contre, est charmant et fera tout pour nous satisfaire: nous apporter des thés au lait au lieu du café commande ou une bougie de gâteau d'anniversaire pour nous éclairer lors des fréquentes coupures d'électricité! Nos voisins de chambrée est un surprenant couple anglo-écossais avec qui nous décidons d'oublier nos rancoeurs olympiques pour partager une jeep le lendemain.
Lundi 28 Novembre: Mon cher Khan, … Nous partons à l'aube afin de mettre toutes les chances de notre coté pour dénicher le fameux Shere Khan, le tigre du Livre de la jungle, ça vous dit quelque chose? Kipling, qui passa sa jeunesse en Inde, se serait inspiré de cette région pour créer le décor de son célèbre roman. Nous avons le décor, il ne nous reste plus qu'à retrouver les personnages. Christophe s'est mis bille en tête de voir un tigre, ça le titille depuis le parc de Chitwan au Népal. Une soixantaine de spécimens vivent dans ce parc, la plus grande concentration d'Inde. Dans la famille Walt Disney, nous piochons d'abord Bambi et nous réussissons à former toute la famille, ensuite des langurs ces sympathiques singes blancs à la longue queue et des macaques puis un chacal, un groupe de perroquets, des paons, des poules sauvages, des vautours, des sangliers et des sambars mais… pas de tigre. On garde bon espoir puisqu'on y retourne en fin d'après-midi après la sieste. On est venus, on l'a pas vu on est repartis la queue entre les jambes! Même si le parc est vraiment beau et la faune très dense, Christophe est tellement déçu qu'il somatise et nous refait une tourista, la quatrième. Pourtant on y a cru. A plusieurs reprises on s'est arrêté, l'oreille alerte au moindre bruit (cris d'alarme des animaux indiquant la présence d'un tigre en chasse) et l'oeil attentif scrutant les fourrés. Des empreintes nous ont aussi mis sur la voie (mais pas la bonne). Que se passe-t-il? Notre bonne étoile nous aurait-elle abandonnés? Nous décidons de forcer la chance le lendemain en faisant un tour d'éléphant, il y a 90% de chance d'en voir un.
Mardi 29 Novembre: Miaou On se lève a nouveau à 5h30 pour être les premiers sur la liste puis parcourons a nouveau le parc pleins d'espoir. Nous croisons des jeeps qui ont aperçu un tigre et nous toujours rien, la poisse! Ca fait partie du jeu (sinon autant aller au zoo) mais on persiste. Notre dernier espoir: l'éléphant. Les guides du parc sont très organisés: à dos de pachyderme ils repèrent un tigre puis avertissent les autres par talkie-walkie afin qu'ils apprêtent un éléphant pour les touristes. C'est un service qui se paie cher mais maintenant qu'on est là tant pis pour le supplément, on fonce. Bon d'accord c'est pas très glorieux mais on se retrouve à cinq mètres d'un fauve au repos, peu dérangé apparemment par les allers-retours incessants des éléphants. C'est à peine s'il lève la tête à notre arrivée mais nous verrons tout de même
Mercredi 30 Novembre: De que color es tu pelo? Nous avons fait la rencontre de deux espagnols de Gérone, Fiona et Michael qui comme nous voulaient se rendre a Khajuraho. Nous partageons donc le taxi, ce qui nous donne l'occasion de pratiquer un peu notre espagnol pendant les sept heures de route. Ils sont très sympa et les sujets abordés seront divers et variés. Michael, catalan jusqu'au bout des ongles reste pourtant partisan d'une construction européenne (à condition que ceux qui décident de s'installer dans la patrie de Dali se mettent au catalan, y tiene razon). Quant a Fiona, elle collectionne les crânes d'animaux qu'elle trouve dans la nature (ou qu'on lui offre), ce qui ne l'empêche pas d'être contre la tauromachie). Christophe sera très fier de leur chantonner l'Estaca en catalan (" l'avi sise tem parlaba, de bon mati al portal …") Nous les quittons à leur hôtel, notre budget ne nous permettant pas de les suivre. Nous trouvons un hôtel simple mais propre avec eau chaude, après 3 jours de douche au baquet c'est du luxe pour 2 euros la nuit!
Jeudi 1er Decembre: Kama-sutra a Khajuraho Le site archéologique, constitué de temples datant du IX au XIIe siècle, est célèbre pour ses sculptures érotiques. Nous passons donc une bonne partie de la journée à rechercher avec la curiosité de l'adolescent pour le film porno du samedi soir les scènes coquines qui se dissimulent au milieu d'autres représentations de la vie de l'époque (guerre, rois, reines, divinités, etc…). Les scientifiques n'ont toujours pas élucidé les significations de telles représentations, mais la culture tantrique donnent quelques informations : les scènes d'amour incarnent l'oubli de soi-même et l'abolition du temps, ce qui représente le meilleur moyen de méditer! Mouais, à cette explication cosmique d'autres préféreront une autre plutôt orgasmique! Etant donné que c'est le spot le plus " excitant " euh…important de la ville, il n'est pas étonnant d'y rencontrer nos catalans Michael et Fiona. L'après-midi se passera au lit pour Christophe et Tourista, sa nouvelle copine tandis que Sophie flânera dans les boutiques de patchwork. Nous avons droit à la coupure d'électricité habituelle au moment du dîner et nous choisissons le seul resto éclairé, celui qui a un générateur (l'intensité de l'ampoule étant inversement proportionnelle au bruit du moteur!!!). Le problème c'est que dans la rue, il fait noir noir, raison pour laquelle Christophe n'a pu éviter la bouse bien fraîche qui se trouvait sur son chemin (si vous venez
Vendredi 2 Décembre: Un chien dans un jeu de quille Christophe s'est réveillé brutalement en pleine nuit à cause d'un cauchemar où une bestiole se promenait sur son bras sauf que ce n'était pas un rêve et qu'il y avait bel et bien une grosse souris sur son bras! La pauvre a fait un vol plané a travers la chambre. Nous terminons la visite du site par celui du vieux village ou se trouvent quelques temples jains. Cette fois pas question d'espérer y voir des sculptures érotiques, les Jains les ont fait "sauter" pour y mettre les leurs beaucoup plus puribondes! Le bus pour Jhansi part a 16h et arrive a 21h, on a oublié que c'est la période la plus dangereuse pour circuler, surtout lorsque la "highway" n'a qu'une voie, que les vélos n'ont pas de phare, et les buffles non plus! Pas glop de voir un véhicule de plusieurs tonnes nous fonçant droit dessus sur la même voie, bus et camion klaxonnant dans une sorte de ballet d'intimidation. C'est à celui qui craquera le premier et qui s'écartera sur le bas-côté pour laisser la route a l'autre...La hiérarchie est souvent respectée: le piéton s'écarte systématiquement puis le vélo, la voiture, la jeep, le bus et le camion au sommet de la pyramide. Seule exception, la vache, qui têtue comme une mule, campe parfois sur le bitume et oblige les chauffards à ralentir ou s'arrêter. Les chiens, par contre ne sont pas sacrés, bien au contraire, ils souffrent d'une mauvaise image (pour les hindous ils sont la réincarnation des voleurs) et s'ils ne s'écartent pas rapidement, se retrouvent a l'état de chapati. Nous arrivons à Jhansi, une ville sans touristes puisqu'il n'y a rien à y voir ou à y faire. Pas facile donc de trouver un hôtel. D'abord trop cher puis ensuite interdit aux étrangers, nous avons finalement choisi l'hôtel le plus bruyant du quartier, avec vue plongeante sur une salle des fêtes en plein air où a lieu un mariage (tant pis, on est crevés et de toute façon on a des boules Quies!). Devant l'insistance du père de la mariée, nous n'avons pu refuser son invitation et puis les murs de notre hôtel étant épais comme du papier à cigarette autant avoir l'image et le son. On se retrouve dans une soirée ou plusieurs centaines de personnes ont été conviées. Il est malgré tout impossible de passer inaperçus et nous sommes accueillis telles des stars. Comme Johnny au Parc des Princes nous sommes dépassés par les évènements et entourés d'une foule de curieux nous assommant de questions, nous serrant la main et nous prenant en photos. Christophe aura même le privilège de se faire invité à danser par des hommes qui n'hésitent pas à le tenir longuement par la main. On a beau savoir que c'est une démonstration d'amitié courante ici, ça fait bizarre! Même endimanchés, les indiens ont un look très rétro : jean moulant en haut, pat'd'eph en bas, veste en sky sur laquelle sont rabattus des cols dits " pelle à tarte " ou encore smoking au veston croisé et boutons dorés. Question coiffure, la mode est à la frange longue gominée sur le côté et la raie au milieu. Les mariés sont installés sur une sorte de trône ou les invités défilent pour leur donner la bénédiction et être photographiés en leur compagnie. A notre tour donc d'être sous les projecteurs
Samedi 3 Décembre: Orchha On décide d'aller directement à Orchha sans passer par les cases Datia et Sonagiri, c'est trop galère pour s'y rendre. C'est en recherchant une guest que nous sommes tombés une fois de plus sur les catalans installés dans celle d'en face. Orchha, surnommée "le joyau du Madhya Pradesh" est une petite bourgade médiévale au milieu de la campagne sur les bords de la rivière Betwa. De nombreux palais, temples et mausolées en pierre témoignent de la puissance de cette minuscule cité jadis capitale au XVIIe siècle. Nous grimpons au quatrième étage du Chaturbhuj temple d'ou l'on peut observer les nombreux vautours et perroquets verts qui ont élu domicile sur les hauteurs de tous les édifices. Cela nous offre aussi un très beau panorama sur le village, la rivière et tous les autres palais qui nous attendent demain.
Dimanche 4 Décembre: Leçon de français C'est en visitant les mausolées le long de la rivière que nous croisons une fois encore Fiona et Michael. Nous les suivons pour une ballade à travers champs qui nous mène au Laksmi Narayan temple. Après quoi un bon déjeuner où le temps de préparation fut fidèle à ses 60 minutes habituelles; désormais nous passons commande puis profitons de l'attente pour aller dans un Internet café ou faire de "l'administratif" style réservation (même en vacances on ne perd pas de temps). Cette fois nous leur disons adieu puisqu'ils retournent a Delhi. Adios amigos... L'après-midi nous visitons le Raja Mahal et le Jahangir Mahal, les deux palais les plus célèbres. Massifs et imposants nous imaginons quelle splendeur cela devait être lorsqu'ils étaient encore recouverts de faïence turquoise et émeraude. Sur la place du marché où de nombreux stands à touristes sont installés, un jeune nous demande quelques tuyaux en " franchis " pour être plus "compétitif". Nous lui faisons cadeau de La phrase, celle qui fera la différence, celle qui a déjà fait le tour de Birmanie: "c'est joli, c'est pas cher, c'est local", et là, le cours de franchis se transforme rapidement en cours collectif...
Lundi 5 Décembre: Une journée a l'Orchha Resort Comme hier matin, nous prenons le petit dej' sur la terrasse de notre guest. La ville s'éveille en même temps que les singes en face de nous sur le toit voisin. Les petits s'accrochent sous leur mère, tètent et jouent entre eux, les mâles essaient de faire la loi et les plus malins descendent sur notre terrasse pour boire dans la réserve d'eau de l'hôtel. Les tenanciers les chassent tout en s'en amusant mais des qu'ils ont le dos tourné, les singes en profitent pour refaire un petit tour dans la barrique, c'est un vrai spectacle comique ; Sophie pourrait rester des heures à les regarder. On réussit enfin à contacter l'indien que nous avions croisé a Katmandou. Il nous attend a l'Orchha resort, l'hôtel le plus luxueux du coin. Il est ici chez lui puisqu'il appartient à son meilleur ami et nous sommes ses invités. Bien que le complexe soit descendu en flèche par "Le Routard" compte tenu de son non-respect de l'environnement (il se trouve au pied des cénotaphes royaux), la piscine, le buffet et la chambre aux frais de la princesse ont eu raison de notre bonne conscience. Le soir nous dînons en compagnie de ses amis: un cinéaste de Bollywood appartenant a la caste des " guerriers ", et un brahmane journaliste a l'Indian Today. Nous apprendrons ce soir que le système des castes est en voie de disparition. Ils nous expliquent qu'aujourd'hui en Inde, on peut être au plus bas de l'échelle comme ces hors-classes appelés " intouchables " qui exercent des métiers " impurs " (abattage des animaux, travail en rapport avec la mort d'une manière générale) et faire fortune, ou appartenir à la plus haute des castes, celle des " brahmanes ", prêtres a l'origine vivant selon des règles strictes (interdiction de
V.I.P.manger de la nourriture préparée par quelqu'un issu d'une autre classe et de boire de l'alcool) et crever de faim. De la même façon, il existe maintenant des mariages " mixtes " c'est-à-dire entre classes différentes. La réussite sociale semble en effet avoir pris le dessus sur les traditions (mais est-ce vraiment un mal ?) et l'argent a tout pouvoir même celui de se permettre de boire de l'alcool quand on est brahmane. D'ailleurs ça y va le whisky et la vodka. Cela nous arrange, on se tape à deux la bouteille de Saint-Estèphe que Marc nous a laissée.
Ils ont "l'occidentale way of life", en Inde ils appartiennent à la " haute ". Il faut cependant relativiser car leur regard sur la société indienne semble en décalage par rapport aux réalités de l'Inde profonde. Les échanges que nous avons eus antérieurement nous ont montré le contraire. Même si l'accord des jeunes gens concernés est pris en compte, dans la majorité des cas les mariages sont toujours arrangés a l'intérieur d'une même caste.
Nous terminons la soirée avec Rajdan à qui nous faisons une petite démonstration de salsa. Il nous parlera un peu de sa vie personnelle, de son divorce et de sa maîtresse rencontrée à Katmandou. Puis, contre toute attente, il sera fier de nous montrer un film porno sur son ordinateur portable! A ce propos, la sexualité est un sujet tabou en Inde (pourtant c'est bien eux le Kama-Sutra !). Les jeunes qui peuvent avoir accès a Internet découvrent le sexe par ce moyen et certains plus indiscrets que d'autres n'hésitent pas a nous questionner sur le sujet (dans ce domaine, les occidentaux représentent la liberté).Mardi 6 Décembre: D'Orchha à Agra en passant par Gwalior Le petit dej' du palace est décevant, même pas un jus de fruit frais et le café est imbuvable. Moralité: quand on va dans une guest pour routards, on paie pas cher mais on sait pourquoi! Nous remercions Rajdan qui veut nous rejoindre à Goa pour le nouvel an. Un des chauffeurs de l'hôtel nous dépose à la gare de Jhansi. Nous passons tout le trajet à discuter avec des indiens très curieux de nous et de notre avis sur leur pays : " Que pensez-vous de l'Inde ? " vient souvent après " Where do you come from? ". Une heure et demi plus tard nous descendons a Gwalior pour quelques heures, le temps de visiter la citadelle, "une de ces citadelles de Titans comme on en construisait dans ces pays aux ages héroïques", écrivait Pierre Loti.
Sur la route qui nous mène sur les hauteurs de la ville, nous croisons les engins les plus étranges qu'il nous ait été donné de voir depuis le début de notre voyage, des véhicules noirs pétaradants à trois roues, croisement d'une voitures des années 30 avec un tuk-tuk! Ses façades ont conservé des vestiges de faïences, en email bleu, verte et or de ce qui dut être une éblouissante frise représentant canards, paons, éléphants, crocodiles, etc... Quelques mots sur les normes de sécurité en Inde: il n'y en a pas! Ce n'est pas la première fois que l'on constate cet état de fait en Inde, mais la sécurité n'est pas la priorité numéro un du pays: en longeant la muraille, nous remarquons que certains créneaux sont effondrés ce qui nous laisse au bord d'un précipice a 90 degrés sans aucune barrière de protection; un pied qui butte sur une dalle qui dépasse et hop le saut de l'ange...Pareille sur les routes ; les fils barbelés qui la bordent achèveront à coup sûr tous les motards ou cyclistes qui auront la malchance de se faire projeter sur le bas-côté ! Bon, c'est pas tout mais ce soir on a rencard. Nicolas qui vient de passer deux semaines en Inde avec sa guitare sur le dos rentre en France demain et nous nous sommes donnés rendez-vous ce soir à Agra. Nous l'apercevons venant en sens inverse en rickshaw. On a du mal à se croiser en France mais on arrive à se donner rendez-vous a Agra, c'est fort !
Mercredi 7 Décembre: "Cette larme sur la joue du temps" (Rabindranath Tagore, poète) Nico ne disposant que de deux semaines pour visiter le Rajasthan s'est offert le luxe de louer une voiture avec chauffeur, luxe dont nous profiterons ce matin. Direction le Fort Rouge. Cette très belle forteresse qui donne un avant-goût du Taj Mahal avec ses bâtiments en marbre, abritait un harem de 5000 femmes (un paradis sur Terre pour la gente masculine), mais servit aussi de prison a l'empereur Shah Jahan qui fut emprisonné par Aurangzeb, son propre fils. De sa cage dorée il put contempler à loisir le tombeau de sa femme tant aimée, le Taj Mahal ou il l'a rejointe. Nous quittons Nico à la sortie comme on se quitte après une soirée en regrettant que ce ne fut pas plus long. Rendez-vous a Mexico, on s'fait une bouffe?
Jeudi 8 Décembre: Fathepur Sikri Nous prenons le bus pour Fathepur Sikri, une bourgade située a 40 Km d'Agra. Christophe n'a toujours pas integré la façon qu'ont les indiens (comme les népalais) de dire "oui" par un hochement de tête sur le côté (qui pour nous s'apparente à un "oui-non"), et c'est très drôle de l'entendre poser trois fois la même question au chauffeur qui répond toujours de cette manière (ça pourrait durer longtemps...). L'empereur Akbar, connu pour sa politique de tolérance qui permit de faire cohabiter hindous et musulmans, est à l'origine de l'art Moghol en Inde. Nous visitons la citadelle où il installa sa cour. Ses magnifiques palais de grès rouge ont résisté à l'usure du temps; l'Unesco envisage de lui conférer le statut de Patrimoine Mondial. Un peu plus en contrebas se trouve le caravansérail puis nous poussons jusqu'au vieux village à quelques minutes de marche. Nous sommes accueillis par une colonie de gamins qui nous indiquent le chemin tout en nous réclamant roupies, chocolat et school pen. Au passage de Christophe, les femmes se voilent le visage, ce qui n'était encore jamais arrivé. Nous traversons une ville où des enfants crasseux jouent au milieu des ordures, et où les rues sont remplacées par des caniveaux ou pourrissent toutes sortes de détritus. Les enfants s'amusent de peu de choses : faire rouler un pneu avec une baguette, tirer sur les singes avec des lance-pierres ou ramasser de la bouse avec les mains pour en faire des galettes (qui serviront une fois séchées a alimenter le feu). Ici comme partout en Inde, les animaux vivent au plus près des hommes. Chiens, vaches, cochons, singes et humains cohabitent le plus naturellement du monde. Le hasard nous amène à une superbe devanture en dentelle de pierre ignorée des guides touristiques et pourtant la plus belle que nous ayons vue jusqu'à présent. Les gamins ne nous lâchent pas d'une semelle et ils nous accompagneront jusqu'à la sortie du village. Nous terminons la visite du site par la mosquée et sa Porte Sublime, " sublime " dans le coucher du soleil. A ses pieds, un camion citerne a attiré les habitants du voisinage venus se ravitailler en eau, ça gesticule à tout va. Pour certains, l'eau du robinet est un luxe inabordable et l'absence de puits rend le camion-citerne indispensable.
Vendredi 9 Décembre: La réserve d'oiseaux de Bharatpur Sur la route qui nous mène au parc de Keoladeo, de nombreux montreurs d'ours qui font lever leurs balibars attendent que les touristes s'arrêtent pour prendre quelques clichés et donner la pièce. Bien que cette tradition existe depuis longtemps dans le coin, les animaux subissent de mauvais traitements. Nous nous passerons de la photo à sensation espérant être de plus en plus nombreux à ne pas cautionner cette activité. La réserve d'oiseaux fut jadis le terrain de chasse du maharadjah. De grosses colonies d'oiseaux représentant des centaines d'espèces et en font aujourd'hui une des toutes premières réserves au monde, un paradis sauvage. Nous le parcourons à vélo avec les services d'un guide. Arbres et étangs sont couverts de milliers d'oiseaux peu craintifs et d'une variété immense: hérons, aigrettes, marabouts, ibis, martin-pêcheur, hibou, rapaces et échassiers en tous genres se partagent le ciel et les branches. Bien que les marabouts soient particulièrement bruyants, nous apprécions le calme et la nature reposante de ce parc. Ni jeep ni barrière ; nous sommes au coeur d'un lieu enchanteur. Contre toute attente, il est aussi réputé pour ses pythons. Nous nous aventurons donc à pieds à la recherche de ces reptiles en suivant de près notre guide. Il a repéré des traces et, connaissant bien le parc, nous mène directement à leur nid. La bestiole se repose au soleil, elle est énorme et ne semble pas dérangée par notre présence, on pourrait la toucher sans difficulté (faut juste oser le faire!). C'est ce qu'a fait notre guide lorsqu'elle s'est mise à onduler sur le sable pour rentrer dans son trou. Il lui a choppé la queue avant qu'elle ne s'engouffre a l'intérieur. Impressionnant. Sur ce, il nous à amèné à un autre repère ou cette fois, quatre spécimens tout aussi gros paressaient tranquillement. Même pas peur! Christophe était comme un fou, il en voulait encore et s'est mis en tête de les dénicher tout seul. Il est revenu bredouille.
Samedi 10 Décembre: Delhi Levés aux aurores pour se rendre a Delhi, d'abord le bus jusqu'a Agra puis le train. Nous n'avons pas réservé de place et prenons le premier train qui se présente dans le wagon réservé aux placements libres. Ils ont du vendre plus de billets qu'il n'y a de place, c'est encore pire que la première fois, impossible de circuler au milieu des bagages et des voyageurs. On ne va pas pouvoir passer cinq heures dans ces conditions, on monte dans le premier wagon voisin et tant pis pour l'amende! On était confortablement installés dans une couchette première classe à l'abri des regards cachés derrière un rideau lorsque le contrôleur est arrivé. On se met d'accord sur le prix d'un bakchich inférieur au montant du billet. " Honnête ", il est revenu nous rendre de l'argent jugeant qu'il nous avait trop ponctionnés. Des dizaines de tuk-tuk et de rabatteurs d'hôtels n'attendent que nous à la sortie de la gare. Ils annoncent des prix exorbitants pour nous déposer à l'Anoop guesthouse. Nous sommes déjà avertis de leurs pratiques et précisons bien que s'ils cherchent à nous déposer ailleurs (ou ils touchent un bakchich), nous ne paierons pas. Ok, ok, no problem répondit-il sauf qu'en route le prix de la course se met à grimper. Grosse colère de Christophe qui le stoppe net au milieu de la route. Résultat, on ira a pied a l'hôtel! (C'est bon pour les fessiers.) Nous sommes dans Main bazaar, le quartier touristique de Delhi, tout ce qu'il nous faut pour préparer la suite de notre voyage: trouver les vols pour Goa et les Maldives, réserver les billets de train pour aller aux sources du Gange et s'occuper de la visite du Rajasthan. Difficile de dénicher un billet pour se rendre a Goa pour le nouvel an, on abandonne l'idée, on le passera a Bombay. Quand au Rajasthan, étant donné qu'Olivier n'est là que pour 15 jours, on gagnera du temps à louer une voiture avec chauffeur, nous prendrons Praveem, celui qui a trimbalé Nico.
Dimanche 11 Décembre: Olivier est arrivé hé hé, sans s'presser hé hé. La petite ballade au Central market où nous achetons quelques petites bricoles bon marché sera notre seule sortie de Main bazar de la journée. Il nous reste encore des démarches à faire et, à vrai dire, on est un peu fatigués des visites; on se réserve pour le Rajasthan ou le rythme sera soutenu. C'est ce soir qu'Olivier doit arriver; voyageant en Gp, rien n'est moins sûr surtout qu'il semble y avoir quelques problèmes à l'embarquement. C'est plutôt embêtant car on a reservé les billets pour demain. Il arrivera finalement avec trois heures de retard, ouf!
Lundi 12 Décembre: Le ton est donné Pendant que Christophe finalise les réservations de billets, Sophie fait découvrir le quartier de Pahar Ganj à Olivier, c'est-à-dire les magasins. Contrairement à la veille où son arrivée tardive lui avait montré des rues sombres et désertes mis a part quelques vaches endormies, l'animation de la rue et les couleurs du jour lui éclatent à la figure. 15h25, nous sautons dans le train pour Haridwar. On trouve de tout sur les quais de gare : gargotes vendant des plats dans des feuilles (ça c'est écolo), vendeurs ambulants de thé et même vendeurs de jouets. Cinq heures plus tard nous arrivons de nuit et compte tenu de la galère à trouver un bus se rendant a Rishikesh, nous négocions un auto rickshaw pour couvrir les 25 km. Nous sommes plus au nord et il caille, le trajet nous paraît très long emmitouflés dans nos polaires (Olivier regrette déjà d´être venu en vêtements légers sur les recommandations de Christophe). La musique " zen " diffusée a l'entrée de la guest, les affiches proposant cours de yoga ou de méditation et les massages ayurvédiques à tous les coins de rue donnent le ton de la ville, capitale mondiale des sciences méditatives rendue célèbre par les Beatles venus y pratiquer la méditation transcendantale. Strawberry fields forever…
Mardi 13 Décembre: " Öm " Pas le temps de se lancer dans un stage de méditation transcendantale, nous préférons découvrir la campagne environnante en grimpant la colline voisine surplombée du Kandavpuhri temple. Nous sommes invites à prendre le thé dans une ferme où le patriarche de la famille passe une bonne partie de son temps assis sur la terrasse aux côtés de sa carabine. Intrigués de le voir ainsi, nous apprenons que son arme est purement défensive, les animaux sauvages rôderaient dans les parages. Papi, que nous avons surnommé " le chasseur de lion " en aurait déjà aperçus plusieurs rôdant près des cultures, mais les derniers spécimens vivant dans le Gujarat, cela remonte sans doute à Mathusalem. Avant d'arriver au sommet, nous traversons un village. Les enfants qui jouent dans la cour de l'école ont des jeux plutôt déconcertants : ils se tiennent la main par deux en faisant la courte échelle à un troisième qui a sa jambe au-dessus, ce dernier se retrouve a cloche pieds et s'agrippe aux autres puis ils tournent autour d'un pieu. Le but du jeu : aucune idée mais nous profitons de leur curiosité a notre égard pour les imiter et provoquer un fou rire général. Qu´est-ce que c´est bon une pleine volée de rires d´enfants … La classe se passe a l'extérieur sur des nattes sauf l'enseignante qui est assise sur une chaise face à une douzaine d´élèves.
Mercredi 14 Décembre: La cour des miracles Au lever, les mêmes qu'hier, cette fois vêtus d'une sorte de kimono, sont agenouillés et font des exercices pratiques face au soleil levant, à moins que ce ne soit des prières. Sophie qui nous a fait une poussée de fièvre pendant la nuit reste au lit pendant que les deux frangins visitent un ashram, la spécialité du coin. Ces établissements sont des lieux permettant de goûter à la vie ascétique. Il faut s'y déchausser avant d'entrer. A l'intérieur, une succession de temples et les effigies des innombrables avatars de Brahma, Vishnou et Shiva, la Trinité (ou triade cosmique) sans oublier Ganesh, le très populaire fils de Shiva et Parvati a tête d'éléphant. Pour la petite histoire, croyant surprendre sa femme avec un amant à son retour d'une longue absence, Shiva lui trancha la tête puis, s'apercevant de son erreur, la lui remplaça par celle du premier animal croisé. Sur les murs sont inscrites des prières mystiques dont la fameuse formule ésotérique " Om mani padme hum " que l'on entendait en boucle au Népal chez tous les disquaires. Nous filons ensuite à Haridwar ou nous devons reprendre le train le lendemain à 6h25. Direction le temple qui marque le début du pèlerinage des hindous. Dans un sens c'est aussi celui d'Olivier qui découvre ses premiers vautours, écureuils et langurs, ces grands singes blancs à tête noire qui n'hésitent pas à lui tirer le pantalon pour réclamer quelque nourriture. A force, on n'y prête même plus attention; comme les vaches, ils font partis du décor quotidien ici en Inde (on adore). Au-delà du succès de la méditation transcendantale, Rishikesh et Haridwar sont des villes connues pour être le départ des pèlerinages vers les sources du Gange. Des milliers de pèlerins affluent chaque année. Le Gange tient une place extrêmement importante dans la religion hindoue et ceci indépendamment du dieu que l'on prie, c'est en effet plus qu'un fleuve, c'est la déesse Ganga descendue du ciel pour sauver l'humanité... Pour saisir l´importance
Jeudi 15 Décembre: Héros malgré nous Nous arrivons a la gare alors qu'il fait encore nuit. En attendant leur train, les indiens dorment à même le sol enroulés dans des couvertures telles des momies, même une vache fuyant le froid s'est trouvé un abri dans le hall! Il y a un centimètre de jeu entre les vitres et l'air s'engouffre dans le wagon. Olivier n'est pas au mieux et les courants d'air achèvent le travail commencé la veille en tuk-tuk: la fièvre monte. On commence à avoir une image de héros aux yeux d'Olivier qui en trois jours en Inde s'est choppé une ampoule de fort beau gabarit, une tourista de bienvenue et cerise sur le gâteau: un rhume couplé à de la fièvre! Lui qui pensait trouvé chaleur et cocotier pour Noël, c'est raté. Sophie n'étant pas en forme non plus, on laisse tomber la visite du temple sikh de Delhi. Cela nous aurait pourtant permis d'en savoir plus sur ces hommes à la barbe bien taillée et portant ce turban très particulier qui cache leur longs cheveux. Jadis réputes pour être de vaillants guerriers, ils sont devenus des business mans hors pair. Le sikhisme, un mélange d'islam et d'hindouisme, fut fondé en réaction a l'inégalité des classes et du pouvoir abusif des brahmanes. Ils croient en un dieu unique mais aussi en la réincarnation, et s'imposent des règles de conduite strictes (pas d'alcool ni de tabac). Les deux malades trouveront néanmoins la force de se rendre au tibetan market...(no comment). Nous prenons la route pour Jaipur avec Praveem, notre chauffeur de 27 ans. Célibataire, il vit toujours chez ses parents et à la vue de la maison, les affaires ont l'air de bien marcher. Son père est commissaire, ça peut toujours servir : Nicolas qui s'était fait volé sa carte bleue a pu ainsi expédier la déclaration en une demi-heure. Nous arrivons à une heure du matin sans réservation d'hôtel. Comme c'est la pleine saison nous tournons 1h de plus avant de trouver une chambre de fortune dans la quelle nous rajouterons un matelas.
Vendredi 16 Décembre: "Qu'il est loin mon pays, qu'il est loin..." L'orange est à Jaipur ce que le rose est à Toulouse. Pourtant, comme sa consœur française, elle est elle aussi surnommée "la ville rose". Ses bâtiments sont faits de grès rose ou peints dans les mêmes tons. Apres le train et le tuk-tuk, Olivier teste le rickshaw pour se rendre au City Palace, nos drivers respectifs se tapant la bourre au milieu des voitures, des vaches et des ânes. Avant d'entamer la visite, nous passons devant le palais des vents dont la haute et belle façade pyramidale fut édifiée pour les femmes du harem qui pouvaient ainsi observer la rue sans être vue. Le City Palace, toujours habité par le maharadjah de Jaipur est un peu décevant. Ce qu'on retiendra sera une magnifique collection d'armes et de vêtements d'apparat brodés et parfois sertis de pierres précieuses ayant appartenu aux prédécesseurs, et les plus grosses pièces du monde en argent: deux immenses jarres de 345 kg qui servaient a transporter l'eau du Gange pour les ablutions du maharadjah. Enfin les voila, depuis le temps qu'on les attendait ces images d'Epinal indiennes...Le turban sur la tête et la flûte au bec, ils sont assis en tailleur devant deux paniers d'ou sortent trois cobras. Ksssssss.... Après un plantureux repas dans une gargote cent pour cent indienne (malai kofta, matar paneer et eggs biryani Mmmm…), nous nous lançons a l'assaut de l'Amber Palace. Ici encore des langurs espèrent recevoir de la nourriture des passants. Il suffit d'avoir un sachet à la main pour qu'ils arrivent par derrière et vous l'arrachent des mains causant au passage un cri de la victime suivi d'un éclat de rire des spectateurs. Ce n'est pas la première fois qu'on constate que ce sont de véritables voleurs; hier, ils s'y sont mis à plusieurs pour chaparder des chapatis et de la préparation directement dans les gamelles d'une gargote avant de les déguster sur les fils électriques. Les commerçants les chassent mais semblent finalement s'en amuser. En tous cas, nous ça nous fait bien marrer. Ce palace ressemblera aux autres avec les chambres des concubines jamais très loin de celle du maharadjah, des fontaines et un astucieux système de circulation d'air, ancêtre de l'air conditionné en moins polluant. De retour en ville nous passons devant le Lake palace, splendide construction plantée au milieu du lac, décor des plus romantique au coucher de soleil. Il nous reste le temps d'aller flâner dans les magasins de Johar bazar, épuisant. C'est un incroyable raccolage: "How are you? Which country? Have a look? please, madam', excuse me? etc..." INSUPPORTABLE!
Samedi 17 Décembre: Pushkar Visite de la forteresse de Jaigarth qui n'a rien de particulier par rapport aux autres (créneaux et murailles comme d'hab) si ce n'est qu'elle renferme le plus gros canon du monde (50 tonnes) qui nécessitait quatre éléphants pour le déplacer. Tout comme la forteresse, il n'a jamais servi (sauf pour son tir d'essai), le maharadjah étant pote avec le big boss Akbar. On prend la voiture pour Pushkar. Nous aurons le temps de grimper la colline qui mène au temple Savitri pour voir le soleil se coucher et finir l'Ossau Iraty rapporté par Olivier. De là-haut nous avons une vue plongeante sur la ville et les plaines arides environnantes. Le désert du Taar vient ici lécher le bourg qui s'organise autour du lac sacré dans lequel descendent les ghats. Pushkar est une petite ville paisible malgré son caractère saint (la foire aux chameaux qui s'y tenait il y a quelques semaines ne nous aurait pas permis un tel calme). C'est la seule place dédiée à Brahma, le dieu des dieux; il y aurait écrit les Védas, des textes sacrés. Comme Katmandou, ce fut autrefois un repère de hippies, les looks de certains d'jeun's et le hachisch proposé dans la rue en témoignent encore. Nous logeons à la Rajgun guesthouse très basique mais bien tenue par le maître de maison un peu maniaque sur les bords. Sophie a gagné au Yahtzee (elle a absolument voulu l'écrire, désolé !).
Dimanche 18 Décembre: La journée de la vache Sophie et Olivier sont toujours malades avec de grosses douleurs au ventre. " Les mouches ont changé d'âne " glisse Christophe. Raison de plus pour que ce soit une journée "à la cool"; le billet retour d'Olivier nous oblige en effet à planifier et malheureusement à être un peu speed. Donc, aujourd'hui c'est ballade dans la ville qui de toute façon n'offre rien de particulier a visiter et c'est tant mieux! Les maisons bordant les ruelles sont colorées comme les saris des indiennes vêtues de rouges flamboyants, de jaunes francs et de verts éclatants qui sont les couleurs du Rajasthan. Nous terminons la journée sur les ghâts ou il faut se déchausser et de ce fait ... marcher sur les merdes de pigeons qui investissent les lieux! Sophie à la cote avec deux sikhs plutôt entreprenants. Un habitant voyant ça du coin de l'œil nous mettra en garde, outre par leur comportement irrespectueux à notre égard dans ce lieu saint. Les vaches auront bien animé notre journée. Une première a pété les plombs et a chargé en beuglant dans la rue obligeant les passants a s'écarter sur son passage, c'était comique. Ensuite nous avons croisé deux spécimens dignes de figurer au musée des horreurs qui avaient une cinquième patte...sur le dos! Enfin, pendant que nous lisions assis sur les ghâts, une noiraude s'est pointée par derrière et a bouffé quelques pages du carnet où Christophe écrit ses notes avant qu'Olivier ne lui arrache de la bouche. La garce, comment on va faire maintenant pour écrire le journal?....T'as de la chance de jouir de ton impunité de vache sacrée, sinon tu finissais en steak! Une fois de plus Praveem nous propose de l'accompagner à boire du whisky. Il se met ça tous les soirs, heureusement ça ne se ressent pas sur sa conduite. A ce propos, ici comme au Népal, on achète son permis de conduire. Nous dînons sur une très belle terrasse au coin du feu où Olivier nous mettra la pâtée au "baccalauréat" (on fait c'qu'on peut pour s'occuper, y'a pas d'télé).
Lundi 19 Decembre: Ahhh...Jmer Avant d'entamer les 11 heures de voiture qui nous séparent de Jaisalmer, nous faisons une petite halte à Ajmer, voisine de Pushkar. Et quelle halte, on s'en serait voulu de rater ça. Cette ville, abrite le mausolée de Khwaja Moinuddin Chisti qui lui confère le statut de lieu de pèlerinage islamique, ainsi que la mosquée Adhai-din-ka-Jhonpra. Les musulmans achèvent de nous convaincrent de leur talent d'architecte (le Taj Mahal, l'Alhambra etc…); divinement sculptés dans la pierre, caractères et motifs arabes ciselés dans une pierre ocre, les restes de cette mosquée valaient a eux seuls le détour. Pour entrer dans Dargah, sorte de ville dans la ville où se trouve le mausolée, il faut se déchausser et se couvrir la tête. Nous déambulons sur le marbre glacé avec nos coiffes achetées pour 15 roupies au milieu des odeurs de pieds. Tout un microcosme vit ici: marchands de fleurs et d'articles religieux, pèlerins, mendiants et...un français de 49 ans converti a l'islam. Il eut la révélation lors de son premier voyage en Inde il y a 30 ans et connaît bien l'endroit puisqu'il y vit maintenant depuis un an. Il nous fait la visite du lieu et nous présente a "Haji Syed Noor Alam Chishty", haut représentant religieux qui nous invite à boire le thé. C'est en tout cas un chaud-lapin le type. Souphie par-ci, Souphie par-là; un peu plus et il lui proposait de rejoindre son harem! On reprend la route. Plus nous avançons vers Jaisalmer, plus les vaches semblent laisser la place aux chameaux occupés à tirer une charrette ou a paître sur le bord de la route. Apres Jodhpur, le désert s'impose de plus en plus, le sable vient lécher le bord de la route. La nuit tombe et comme d´habitude sur ces longues routes désertes, nous croisons des cadavres d'animaux sauvages attirés par les phares des véhicules.
Mardi 20 Décembre: The "Golden city" Nous sommes arrivés de nuit et c'est seulement à la lumière du jour que nous découvrons Jaisalmer surnommée à juste titre " la ville jaune ". Alors que nous déambulons dans la rue du marché flanquée de boutiques d'artisanat, nous sommes éblouis par la beauté de la vieille ville. Les façades ocres éclatantes au soleil nous dévoilent des balcons, des portes et des fenêtres ciselées d'une extraordinaire finesse; ce sont les havelies, les demeures de riches bourgeois cherchant à rivaliser en taille et en exubérance. Les ruelles sont toujours odorantes, jonchées de poubelles, de bouses et de vaches placides, sauf que l'une d'elles mal lunée a voulu charger Christophe.
Mercredi 21 Décembre: Le chien aboie… Rendez-vous 7h30 pour la virée dans le désert du Thar. Olivier a encore 38, 4 de température mais vaillant comme un Rajput, il nous suivra dans cette trépidante aventure chamelière… Nous montons dans la jeep avec un couple d'anglais et un belge flamand pour qui le français est une langue totalement étrangère même en vivant à 30 kms de Bruxelles.
Nuit a la " pèle " étoile Nos dromadaires sont chargés de jerricanes d'eau, de nourriture et de couvertures car ce soir nous dormons à la belle étoile et le désert n'est pas réputé pour ses nuits chaudes. Nous sommes gênés de voir les chameliers et cuistots marcher à côté de nos montures, cela fait un peu touristes-rois que l'on promène. On fait une halte à l'ombre d'un arbre pour le déjeuner. Les cuistots nous ont préparé un thali un peu épicé mais très bon. La deuxième partie du voyage met à mal nos adducteurs; il faut changer de position régulièrement en croisant les jambes devant la selle et c'est pas évident à tenir. En tout cas, on est tous d'accord pour dire qu´il y a un peu de laisser aller au niveau de l´hygiène bucco-dentaire de nos montures. Les fosses sceptiques de Calcutta par une journée de grosse chaleur dégagent une odeur de brise marine en comparaison de ce qui peut sortir de la bouche d'un chameau. Sophie en fera une expérience toute personnelle en recevant un délicieux filet de bave au visage…
Le désert du Thar n'est pas si monotone, des terres arides alternent avec des bandes de sables et des arbustes éparses jusqu'aux dunes ou nous bivouaquerons cette nuit. Un malin est là à nous attendre avec bières et boissons fraîches ! Apres le coucher de soleil, le froid ne tarde pas à se faire sentir. Olivier qui s'était senti mieux dans la journée repasse dans la zone rouge. Il faut d'ailleurs souligner un bel effort vestimentaire de sa part : chaussures bateaux, chaussettes remontant sur les bas de pantalon, Tshirt moulant de plongée Beuchat et veste tenue sur la tête par un bob surmonte d'une lampe frontale. On n'avait pas vu autant d'originalité chez un jeune couturier depuis bien longtemps…
Nous assistons à la préparation du thali et des chapatis avant de prendre notre repas autour d'un feu. Nous dormons sur de fins matelas tout habillés dans nos duvets avec trois couvertures en plus. Le thème de la veillée sera " observation des étoiles ", même s'il n'est pas aussi étoilé que dans les steppes mongoles, le ciel nous offrira quelques étoiles filantes.Jeudi 22 Décembre: … et la caravane passe Après quelques toasts grillés au feu de bois, un œuf dur et un chai, nous entamons le chemin du retour, cette fois juste tous les trois puisque les autres passent une deuxième nuit dans le désert. Nous croisons gazelles et rapaces sur la route qu'Olivier terminera à pieds, pour cause de " trop mal au cul ". Sur la route nous nous arrêtons a Khuldara, ville fantôme en plein désert. Les 700 maisons en ruines et la taille de cette ville-étape sur la route de la soie témoignent de sa prospérité d'antan. Du haut du temple en son centre, on imagine l'agitation qui devait y régner à l'arrivée des caravanes mais, refusant d'être rackettés par le maharadja, les habitants quittèrent la ville en une nuit. Pour rester dans l'ambiance " caravane ", de retour à Jaisalmer, nous visitons un ancien caravansérail transformé en hôtel de luxe (c'est devenu une véritable obsession chez Christophe qui entame le troisième volet de la trilogie " La longue marche ", Sophie a jugé que le premier lui suffisait!). La vue de la terrasse valait le déplacement, on aurait pu y rester des heures à contempler d'en haut la vie grouillante de la ville sur fond de citadelle. Ce soir, après une nuit pas très confort et deux thalis de suite, on se fait plaisir en dînant dans le resto le plus réputé de Jaisalmer " le trio ". Mouais...
Vendredi 23 décembre: Bon anniversaire Praveem Départ pour Jodhpur au petit matin, il fait encore nuit. Sur la route, des chiens peu chanceux et même un dromadaire sont raides sur la chaussée. Nous entrons en pays vishnois, habitants connus pour être sans doute les plus fervents écolo et plus grands adeptes de la non-violence qui soient. Sur ordre du maharadja, 363 de ces personnes furent tuées enlacées à des arbres pour empêcher qu'ils ne finissent en meuble. Cela explique probablement ces carrières que nous apercevons sur la route dont seuls les arbres au sommet d'un monticule ont été épargnés par les bulldozers. Jodhpur est appelée " la ville bleue " ; appartenant à l'origine à des brahmanes, nombre de ses maisons sont teintées de bleu, la couleur de Krishna (il paraît qu'en plus ça éloigne les moustiques!). Nous franchissons l'enceinte de la vieille ville blottie autour de la forteresse Rajput, l'emblème de la ville. C'est à la célèbre " omlet shop " que nous prenons un casse-croûte avant de monter à l'assaut de la forteresse de Mehrangarh. Pour une fois, nous avons chacun un audio guide et déambulons avec nos écouteurs sur les oreilles et notre baladeur autour du cou. Toute de grès rouge, renfermant plusieurs palais, temples et cours, elle est sans doute l'une des plus belles et des plus imposantes d'Inde. L'après-midi, Olivier et Sophie partent à la recherche de tables basses, la ville étant réputée pour le travail du bois. Ils découvriront du coup les fournisseurs de Pier Import et autres " meubles du monde " basés sur Palace road. Pour rester dans le domaine du shopping, nous sommes le 23 décembre et nous ne réalisons pas que Noël est dans 24 heures. Seuls les mails nous rappellent cette frénésie consommatrice qui tous les ans rythment la fin d'année en Europe. Ici, pas de prospectus vantant les mérites des dernières merveilles technologiques, pas de boutiques noyées sous les guirlandes et les spots, et encore moins de Père Noël. Même si cela nous évite le casse-tête pour le cadeau de dernière minute, Noël reste une période ou l'absence des proches se fait le plus sentir. Heureusement, Olive est la!
Samedi 24 Décembre : Joyeux Noël ! L'ambiance est un peu tendue dans la voiture qui nous mène à Ranakpur. Le paysage étonnamment plat depuis notre départ de Delhi commencent à prendre un peu de relief, nous arrivons dans les monts Arawelli en pays Mewar. Nous nous posons dans un hôtel assez correct où le jardin est agrémenté d'un bassin que se partagent deux canards caractériels. De toute façon on n'a pas trop le choix, Ranakpur n'est même pas un village, c'est un site célèbre pour ses temples jains. Mais quel site ! Le temple de Jaisalmer nous avait déjà ébloui, celui-la nous laisse bouche bée. C'est le plus grand et le plus beau d'Inde dans sa catégorie. Il rivalise avec encore plus de sculptures du sol à la coupole et sur ses 1444 colonnes. La blancheur de la pierre reflète les rayons du soleil à l'intérieur, c'est éblouissant. Nous finissons la journée au sunset point en haut des collines qui dominent un joli lac où il y aurait des crocodiles paraît-il. Pas vu ! Ce soir c'est Noël. Praveem, un pote chauffeur et de son client autrichien déjà allumés au whisky insistent pour qu'on se joigne à eux autour du feu. Praveem qui n'a pas l'alcool mauvais s'excuse pour hier et fait la paix avec Christophe. Son collègue par contre à tendance à devenir agressif et nous coupe un peu trop la parole. Il ne supporte pas le fait que nous n'avalions pas nos rasades de whisky en moins de deux minutes et devient un peu trop machiste avec Sophie. Du coup nous finissons la soirée dans notre chambrée où un lit d'appoint a été installé par terre pour Olivier. Au menu : foie gras sur butter nan, saucisse sèche Justin Bridou, magrets de canards fourres au foie gras, Jurancon Lacabe 1996 et si on a encore de la place Nutella ! Bonne ripaille, tongues en cuir de chameau, chemise et chapeau à la Indiana Jones trop grands, faux tétons en silicone qui se sont avèrés être des tétines, produits miracles du coin, bref le Papa Noël nous a gâtés !
Dimanche 25 Décembre : Au revoir Olivier Olivier est bien content de nous avoir rendu visite mais ne cache pas sa joie de rentrer et de laisser derrière lui tourista, fièvre, transports et douches froides. Dernière épreuve : 12 heures de voiture pour aller a Delhi, 4h d'attente, 10 heures de vol puis une fois en France enchaîner avec une heure de transport et une journée de 8 heures de boulot ! Et le soir venu, faut assurer avec Alexandra. Oups ! On n'a rien dit… De notre côté, fini le luxe de la voiture privée; pour se rendre à Kumbhalgarh, c'est stop, bus et jeep. Une fois de plus, Sophie a cru mourir à l'avant du bus. Le chauffeur roulait un peu vite à son goût sur ces routes de montagnes dont les murets ont disparu dans les virages suite à de malencontreux dérapages fatals. Mais, une fois de plus, nous arriverons à bon port. Les paysages toujours arides prennent plus de relief au fur et à mesure que nous nous enfonçons dans les monts Arawelli. Les travaux des champs, les saluts des paysans et la beauté des paysages traversés nous ont donné envie de nous arrêter sur la route. Le discours d´Olivier raisonnant encore dans nos têtes, nous décidons demain de prendre la tente et de nous perdre dans cette région au gré du vent… D'ailleurs, à bien réfléchir, nos souvenirs les plus marquants sont cette excursion au lac Inle et surtout la semaine passée auprès d'une famille mongole. Kelwara, où nous logeons, est la ville la plus proche de la forteresse de Kumbhalgarh dont la belle muraille de 37 km serait la deuxième après celle de Chine (50000km) !! Le Rajasthan est décidément un paradis pour les amateurs de châteaux et forteresses. Contrairement au sud de l'Inde, le nord fut constamment soumis aux invasions, musulmanes notamment. La géographie du pays et la vallée du Gange forment en effet un axe ouest/est propice aux mouvements des armées. CQFD. Sophie s'est aujourd'hui senti une âme de denfenseuse des animaux en volant au secours de quatre chiots victimes des caprices de gamins, puis en mettant en fuite des ados qui s'amusaient à effrayer les singes en leur balançant des pierres. Ils ont pris la poudre d'escampette lorsqu'ils l'ont vu s'élancer des pierres à la main pour leur infliger le même sort !
Lundi 26 Décembre : promenade dans la campagne indienne Comme prévu, nous laissons une partie des affaires et préparons le nécessaire pour découvrir a pied la campagne indienne notre tente sur le dos. Cela fait longtemps qu'elle n'a pas servi et nous espérons faire du camping sauvage ou chez l'habitant. Le patron de l'hôtel, surpris par notre démarche nous donne le nom de villages pittoresques : Varthada, Kaltana et Baldra. Pendant que nous attendons le bus qui nous ramènera sur nos pas, nous observons les villageois. Les femmes enveloppées dans des saris aux couleurs vives arborent un anneau perlé à la narine qui leur cache presque la lèvre supérieure ; quant aux hommes, les babouches pointues et recourbées aux pieds, le pantalon court et bouffant entre les jambes, parfois des boucles d'oreilles en forme de fleur et les énormes turbans rouges qu'ils ont sur la tête donnent à cette petite ville des allures de Milles et une nuits, il ne manque plus que les tapis volants ! Nous marchons le long de la route. Les femmes toujours coquettes avec leurs breloques éclatantes aux oreilles, autour des bras et des chevilles, transportent sur leur tête de gros fagots de branches pour faire du feu ou de l'eau tirée a la pompe dans des pots dorés. Aux champs comme à la ville, il semble que le travail de force soit réservé aux femmes alors que les hommes ont des activités habituellement destinées aux femmes dans nos pays, comme la cuisine ou la couture, question de culture. Malgré l'aridité de la région, la terre est cultivée notamment avec la canne à sucre grâce a un système d'irrigation rudimentaire, des norias. Des bœufs aux énormes cornes peintes de toutes les couleurs tournent en rond pour actionner un moulin bricolé avec de vieux pots en fer qui remontent l'eau du puits distribuée ensuite par des canaux. Nous nous arrêtons près d'un chantier ou hommes, femmes, enfants et vieillards travaillent à la construction d'un réservoir d'eau. Ils s'arrêtent de travailler pour nous observer d'un peu plus près. On est un peu gêné devant ces spectateurs qui nous dévisagent sans mot dire. Mais la vidéo et les photos font à nouveau leur effet et provoquent rires et curiosité. Tout d'un coup, ils déguerpissent et dévalent la pente à toute berzingue. Loin d'être de notre faute, ils ont en fait aperçu le contremaître qui est arrivé au mauvais moment.
Mardi 27 Décembre: Koltra et tais-toi!
Mercredi 28 Décembre: "My name is Bond…James Bond." Pour une fois nous avons une belle chambre avec eau chaude et la terrasse de l'hôtel est la plus haute de la ville. De là-haut, nous avons une vue plongeante sur les temples vishnouistes, sur le lac et les palaces plantés au milieu de l'eau. Seul le city palace nous domine du sommet de sa colline. Depuis quelques années, la mousson est insuffisante et le lac régulièrement assèché. Par chance la dernière a été bonne et nous offre ce qui fait la beauté de cette ville. Visite du Jagdish temple dédié à Vishnou sans grand intérêt puis visite de la ville. Ici aussi il y a des animaux partout, des écureuils sur les terrasses qui viennent grignoter sur votre table, des ânes minuscules pas plus haut qu'un Labrador, des vaches tranquilles (sauf celle qui a mis un coup de cornes au cul de Sophie), des chiens parfois dans un sale état à qui il manque une oreille ou une patte, des chiennes aux mamelles touchants le sol, des chiots déjà galleux et des chats, plus rares, la queue ou une patte coupée et à juste titre impossibles a approcher. Nous arpentons les rues de la vieille ville bordées de nombreuses boutiques d'artisanat en tous genres et de miniatures en particuliers. Une boutique attire notre attention… on ressort une heure plus tard des peintures plein les bras. Ils font un travail exceptionnel, en deux temps trois mouvements, ils nous ont peint un portrait et un éléphant sur les ongles! Leurs peintures sont d'une finesse incroyable. Nous terminons dans un institut de massages dits "ayurvédiques". Sophie sera autant satisfaite que Christophe déçu, il n'est pas tombé sur le bon. Ce soir c'est "plateau-télé". Une des originalités d'Udaipur est de diffuser tous les soirs dans les guest "Octopussy", un James Bond qui fut tourné en partie dans cette ville. C'est plein de clichés mais on apprécie vraiment même sans les sous-titrages!
Jeudi 29 décembre: Circus Le city Palace est le plus grand palais du Rajasthan. C'est un entrelacs de couloirs et d'escaliers, de patios et de jardins. En tous cas, il y a de la recherche au niveau de la deco intérieure et pas toujours du meilleur goût d'ailleurs. Chaque Maharana (dénomination du maharadjah d'Udaipur) y a rajouté sa "personal touch", multicolor, multi facette et souvent kitsch a souhait. Régine a dû s'inspirer du lieu pour sa discothèque (à moins que ce ne soit le contraire)! Ce soir, nous assistons a un spectacle traditionnel au Bagore Ki Haveli Museum dont les murs n'arrivent pas à la cheville du plus dépouillé de Jaisalmer, mais avec l'éclairage du soir ça fait son effet. S'enchaînent des danseuses avec toutes sortes d'objets (l'une empilera des pots mesurant au total l'équivalent de sa taille) et marionnettes sur fond de musique jouée par un orchestre. Cela ressemblait finalement davantage à des numéros de cirque mais c'était chouette.
Vendredi 30 décembre: fashion victimes? Nous avons commandé des cadres pour les peintures, acheté deux tables basses en bois, il ne nous reste plus qu'à faire empaqueter tout ça pour l'envoyer en France par cargo (en espérant qu'il arrive). Ce soir nous faisons le passage obligé en bateau sur le lac de Pichola. Le city palace et le Lake palace (hôtel ultra chic d'où est tiré un feu d'artifice tous les soirs) se reflètent dans les eaux du lac. Le spectacle des lavandières et des femmes se lavant sur les ghâts est aussi très beau dans le coucher de soleil. Nous nous arrêtons un moment à Jag mandir, autre palais flottant. Ici, le spectacle n'est plus le magnifique panorama que nous avons sur le lac mais quelques spécimens qui nous entourent: italien aux cheveux longs vêtu d'un short tweed marron, chemisette rayée bleue et blanche et chaussures bateau vertes! Mais la première place revient a ce quinquagénaire au pantalon à pinces et a rayures tombant sur des mocassins léopards. Nous sommes un peu mauvaise langue mais on n'a pas pu s'empêcher! Désolé. Nous reprenons la route ce soir. Le trajet s'annonce long et fatigant: Bus de nuit en couchette a 22h30, arrivée 4h à Ahmenabad puis transfert de 10 km en autorickshaw a l'aéroport, enfin décollage a 7h30 pour arriver a 8h30 a Bombay.
Samedi 31 Décembre: Nouvel an à Colaba A la sortie de l'avion, on enchaîne direct avec la recherche d'une agence de voyage succeptible de nous trouver un hôtel aux Maldives pour dans 10 jours! Bombay désormais Mumbai, premières impressions: où sont passées les vaches? Et les saris multicolores? Et les rickshaws décorés de guirlandes de Noël? Les derniers sont interdits en centre-ville, les seconds sont remplacés par des vêtements occidentaux et les premières restent un mystère. Tout simplement, Bombay est une ville beaucoup plus moderne et riche que celles traversées dans le Nord, Delhi comprise. La circulation est plus ou moins régulée; il y a des feux tricolores (mais toujours pas de passages piétons) et des centaines de taxis noirs et jaunes. Il y a moins de bruit et des trottoirs nous mettent a l'abri des chauffards sans stresser à chaque véhicule qui approche de peur qu'il nous klaxonne dans les oreilles ou nous frôle de près. Mieux, des airs de " lambada " ou de " happy birthday " se font entendre lorsqu'une voiture munie de ce gadget musical recule. Original, non ? C'est ici aussi que la richesse côtoie la pauvreté, les mendiants dorment à même le sol sous les arches des boutiques de luxe ou dans des bidonvilles au pied des demeures bourgeoises. Des femmes musulmanes voilées croisent des couples indiens qui (oh surprise) se tiennent la main. Les indiens de la classe moyenne ou bourgeoise se parlent en anglais entre eux tandis que de nombreux enfants mendient dans les rues. Autre caractéristique de Bombay, les logements sont très mauvais. Non seulement les hôtels sont beaucoup plus chers qu'ailleurs (environ fois 3), mais ils sont médiocres et souvent complets. On ne fait donc pas la fine bouche lorsqu'on arrive au Carlton (rien a voir avec son homonyme 5*) dans une "cellule" avec barreaux aux fenêtres sans WC ni lavabo; pour la toilette, ce sera des baquets d'eau chaude! Comme on a perdu les coordonnées du producteur rencontré a Orccha qui devait nous prendre sous son aile pour la soirée de ce soir et la visite des studios (fuck!), on improvise une soirée dans un resto-bar-disco branchouille, le Leopold. Les routards se retrouvent au milieu de la jeunesse dorée du coin et c'est entre un écossais moine bouddhiste et des jeunes arabes de Dubai venus s'encanailler que nous passons notre réveillon. Il n'y a pas autant de ferveur autour de cette fête qu'en Occident, ni compte à rebours avant les douze coups de minuit; on s'embrasse au milieu d'un bon vieux tube années 80, " Holyday-eh… " . Les rues sont remplies de badauds et une foule s'est rassemblée devant le Taj Mahal, le plus prestigieux hôtel d'Inde. C'est en voulant se mêler à la population qu'on s'est aperçu que la majorité était masculine. Sophie fut en proie à de multiples mains baladeuses qui venaient de tous côtés parfois simultanément profitant de la bousculade jusqu'au moment où, excédée, elle a giflé le premier venu (malheureusement pour lui, il était innocent). Le suivant, par contre, a eu son compte réglé par Christophe qui tel un chevalier servant s'est lancé à sa poursuite au milieu de la foule.
Dimanche 1er Janvier: RAS Internet, voeux, recherches d'hôtel aux Maldives et d'une nouvelle chambre à Bombay.
Lundi 2 janvier: Bon, beh, … Bombay ? C'est d´la bombe he Nous changeons d'hôtel encore plus pourri que le précédent mais cette fois le prix divisé par deux est justifié (aucune fenêtre, odeur d'humidité, draps degueu, patron mal aimable, une vraie caricature). Une chose est sûre, on n'y restera pas plus d'une nuit (va-t-on réussir a se poser a Bombay?) On découvre le quartier de Colaba ou nous résidons, quartier très animé avec resto, hôtels et commerces puis le Bombay néo-gothique hérité des anglais qui côtoie des façades style art-deco. Nous dînons au Bagdadi, p´tit bouboui conseillé par le Routard ou nous mangeons des nan enoooormes dans les deux sens du terme : aussi grands que la pizza giant du pizzaiolo de quartier avec des saveurs de gaufres bretonnes.
Mardi 3 Janvier: Contrastes Rechangement d'hôtel pour l'Apollo Guesthouse dont le patron mielleux nous a fait courir pendant deux jours mais qui dispose de chambres plus agréables bien que minuscules et d'une douche chaude commune. C'est le meilleur rapport qualité-prix que nous ayons trouvé ici. Aujourd'hui c'est plage, C'est la première fois qu'on foule le sable depuis notre départ, on a laissé le froid au nord, il y a comme un parfum de vacances dans l'air… mais vu la couleur de l'eau on oublie les maillots de bain. La large baie qui valut d'ailleurs son nom a la ville (bom bay= bonne baie en portugais), est bordée de tours modernes qui de loin lui donnent un petit air de Rio (sans les strings et la baignade). Les toilettes publiques de la plage y sont investies par des indiennes a moitie nues venues y faire leur toilette et leur lessive ; Sophie devra les enjamber pour y accéder. On poursuit en se rendant au bout de la pointe de Malabar Hill a Banganga tank, vaste réservoir d'eau entouré de ghâts situé dans un quartier très pauvre. A quelques mètres de là, des bidonvilles bordent la côte près de ce qui devait être autrefois une belle petite crique. Désormais c'est une décharge infecte balayée par une mer tout aussi sale où les enfants jouent pieds nus au milieu des immondices et des chats cherchant des restes à se mettre sous la dent. En soirée, nous allons au cinéma Inox voir King Kong. Les effets spéciaux à la :Jurassic park sont hallucinants mais le remake de Peter Jackson manque d'émotion par rapport a la fabuleuse version de Merian C Cooper. Au final : décevant au niveau du scénario mais très divertissant. Le plus étonnant fut de voir toute la salle se lever lorsque le drapeau indien apparut à l'écran sur fond d'hymne national avant la séance. Autre caractéristique déjà remarquée à Jaipur: les indiens partent avant la fin du film au moment de l'épilogue alors que le générique de fin n'a même pas commencé.
Mercredi 4 janvier : Bonnie and Clyde Ca nous démange depuis notre arrivée a Bombay mais aujourd'hui c'est décidé, on passe à l'acte. Avec nos têtes d'européens, ça doit pouvoir se faire sans trop de difficultés, il suffit de jouer les habitués. Première étape : passer la porte d'entrée et déambuler dans la galerie commerciale, ce qui n'est pas un problème puisque tout le monde y a accès ; le plus dur va être de descendre au Spa pour se changer. Sophie laisse le soin à Christophe de se jeter dans la gueule du loup. Que neni, il ressort en short de bain. Deuxième étape : accéder a la piscine. Le groom de surveillance avec qui Christophe a sympathisé au spa nous demande d'inscrire le numéro de notre chambre, de signer puis nous installe deux chaises longues au soleil. Maintenant c'est quitte ou double ; s'il vérifie sur l'ordinateur, il va découvrir qu'il n'y a aucun Lapefet en 318 et on est grillés ; dans le cas contraire on passe la matinée au bord de la piscine du plus prestigieux hôtel d'Inde, le Taj Mahal. Edifie par la famille Tata, brillante dynastie qui détient aujourd'hui plusieurs entreprises en Inde (de l'insecticide au secteur automobile en passant par le robot ménager), ce luxueux hôtel style victorien en bordure de mer a reçu plusieurs célébrités de ce monde dont notre " cher " président Chichi au frais du contribuable évidemment. Finalement c'est passé comme une lettre a la poste et Christophe finira la matinée dans le jacuzzi du spa. Luxure quand tu nous tiens... Pour rester dans " la haute ", on change d'épicerie pour dîner au Bollywood. Ouais, bof, aucune star mais une addition qui rejoint les étoiles !
Jeudi 5 Janvier: Bollywood movie En venant à Bombay, première ville productrice de films au monde devant Hollywood, on espérait bien visiter les studios ou faire de la figuration dans un film pour le fun. Même pas la peine de chercher, on est réveillés à 7h du mat par un chasseur de tête de Bollywood. Nous voila partis sur les chapeaux de roue sans avoir eu le temps de déjeuner, d'abord taxi puis train de banlieue puis tuk-tuk pour se rendre dans le nord de la ville. Il ne s'agit pas d'un tournage mais d'une séance photo pour la promo d'un sitcom genre "Helène et les garçons". Le décor: terrasse de café a l'américaine en bord de mer; nos rôles: Christophe habille en d'jeuns bermuda/tee shirt moulant déguste un beignet attablé pendant que Sophie en serveuse lui sert un verre d'eau; les protagonistes: un jeune couple en premier
Vendredi 6 Janvier: tablars et ghanta Encore une journée dans Colaba et plus spécialement dans un Internet café. Le soir on se prévoit une petite sortie spectacle au théâtre. Au programme: concert de percussions indiennes. En regardant de près le magazine, on s'aperçoit qu'il commence une demi-heure plus tôt qu'on ne pensait, c'était vraiment pas le moment de perdre notre temps avec notre cadenas dont le code a changé à cause d'une erreur de manipulation. Nous avons pris l'habitude d'utiliser un verrou à code c'est plus pratique que d'avoir une clé pour deux. Le problème là, c'est qu'il n'ouvre plus et un code a quatre chiffres ça fait 10000 combinaisons possibles... autant chercher une aiguille dans une botte de foin. Tant pis pour le verrou, faut couper et à défaut de pince coupante, Christophe aidé de notre tenancier jouera les évadés avec une …lime! Nous arrivons a temps au concert pour voir les grilles du guichet fermées, "sold out". Plus une place. Comme d'autres touristes arrivés bien avant nous et le bec dans l'eau, nous tentons notre chance auprès des spectateurs susceptibles d'avoir des places à revendre. Bingo, en cinq minutes nous voila nos billets en main, plutôt chanceux sur ce coup-ci. A l'affiche Zakir Hussain, virtuose des tablas accompagné d'un maestro du violon et de son frère. Nous ne sommes pas assez connaisseurs ou amateurs pour pouvoir apprécier cette démonstration de performances techniques à sa juste valeur, nous préférons sans conteste les rythmes africains. Heureusement la deuxième partie avec l'entrée en scène de T.H "Vikku" Vinayakran 75 ans et son "ghanta", un gros pot en argile, va donner une autre dimension au concert. Ca bouge, ça vibre et ça tape des mains dans la salle.
Samedi 7 Janvier: la vie à la bombayienne Le Crawford market est le plus célèbre marche de Bombay, marché couvert entouré d'un dédale de ruelles commerçantes. Ici, on trouve de tout de la visse minuscule pour réparer notre disque dur portable au matériel d'aquarelle pour Sophie en passant par les primeurs, l'épicerie et les animaux vivants. Les rues sont bondées et l'animation débordante avec ses boutiques, ses gargotes et ses commerçants. La chaussée est parsemée de cageots et de charrettes. Ca circule dans tous les sens, les porteurs déchargent des caisses ou transportent des paniers sur la tête qui semblent glisser dans les airs. Comme au temps jadis ou les Halles de Paris n'avaient pas fait place au Forum, ce marché couvert aux airs de pavillons Baltard est divisé en sections : fruits et légumes (des fraises au mois de Janvier, si ça c'est pas du luxe !?), épiceries et confiseries, produits d'hygiène, viande et même des animaux vivants (oiseaux, chiens, lapins, souris, etc…). C'est une explosion d'odeurs des plus délicates aux plus insupportables : le parfum des fruits fait place a d'écœurantes effluves provenant du quartier des bouchers. Nous arrivons après la bataille pour découvrir des restes de carcasses entassées que se partagent rats, chiens errants et corbeaux, sans déranger le moins du monde les indiens qui dorment au milieu des déchets sanguinolents. Nous passons la soirée à Chowpatti beach, cette plage peu animée le jour devient fête foraine le soir. Les terrasses des buvettes et resto sont pleines. Familles, enfants, jeunes, vendeurs de ballons, tout le monde s'y retrouve pour manger un morceau, se faire dire l'avenir par une drôle de machine clignotante, se faire masser ou faire un tour de manège. Pas de risque que les manèges se bloquent, ils sont totalement manuels. C'est impressionnant de voir ces jeunes grimper en haut de la roue et l'actionner avec la force des jambes, redescendre en s'accrochant à une nacelle puis remonter a nouveau. Sophie tombera sous le charme d'un jeune sikh de 21 ans qui projette de finir DJ. Christophe: "33 ans bientôt et elle continue de craquer pour ces stars des dance floor!!! " Nous décidons de nous faire masser sous les étoiles allongés sur le sable. Tout aurait été parfait si nous n'étions pas tombes sur des amateurs dont l'un a surtout joué des mains baladeuses a l'égard de Sophie. Du coup, on écourte le "massage/pelotage" a trente minutes c'est bien assez comme ça! En repartant, nous sommes sollicités par des mendiants notamment des femmes leurs bébés sous le bras. C'est une constante ici plus qu'ailleurs et c'est insupportable. Les enfants surtout n'hésitent pas à nous attraper par le bras et à être insistants. Il est très difficile de savoir comment gérer ça. On évite de donner de l'argent mais plutôt des produits de consommation courante ou de la nourriture. Nous resterons très marqués par l'image de cette gamine de huit ans faisant l'aumône près d'une gargote, dont le regard s'est illuminé lorsque nous lui avons donne un kebab. Elle l'a englouti par terre aux pieds d'enfants issus d'un milieu privilégie bien habillés, cheveux gominés et assis. Les parents de ces derniers lui ont aussi donne une assiette mais le contraste reste frappant.
Dimanche 8 Janvier: sur les traces d'Harry Potter Nos ballades en ville nous ont confirmé ce que nous avions déjà remarqué en traversant le pays. D'immenses esplanades pelousées y sont dédiées au sport national: le criquet. C'est dimanche et il y a foule. Nous assistons à des parties endiablées ou des pro tout de blanc vêtus se partagent le stade avec la "populasse" et les supporters. Les parties pouvant durer plusieurs jours, nous n'attendrons pas de connaître le gagnant. Bombay est probablement une des villes d'Inde ou l'empreinte anglaise est la plus marquée. Outre ce sport et ces joueurs à l'allure très british, nous longeons d'impressionnants édifices gothiques, cour de justice et université dans le plus pur style anglais, gris et lugubre dont seuls les palmiers ensoleillés nous rappellent que nous sommes en Inde et non pas au pays magique d'Harry Potter. Et tant que nous abordons le sujet de l'influence anglaise, nous avons été très surpris au cours de nos rencontres avec les indiens d'avoir souvent la réflexion suivante : " Vous aussi en France, vous parlez anglais entre vous ? " et même une fois : " Quand est ce que vous avez obtenu votre indépendance ? (Vis-à-vis de l'Angleterre) ". Il était une fois Jeanne d'Arc…
Lundi 9 Janvier : Ce n'est qu'un au revoir Bon ben ça y est, on fait les sacs a dos et on quitte sans regrets le patron de l'hôtel. Il nous reste la journée avant d'embarquer. Christophe décide de visiter le Musée Gandhi qui retrace sa vie, sa politique de non-violence, ses luttes et…sa fameuse roue à tisser (que l'on voit sur le drapeau indien)! Un tour a la salle de sport et on a encore assez de temps pour aller a Internet (a 30 dollars l'heure aux Maldives, on s'en passera). Faut qu'on prenne notre dose. Depuis le temps qu'on en rêvait de l'Inde, on l'a fait… et on le refera : indien vaut mieux que deux tu l'auras ! Sophie est triste de quitter l'Inde malgré la plage et les cocotiers qui nous tendent les bras. Ca n'a pas été facile tous les jours mais une évidence s'impose, ce pays nous a complètement envoûtes…
La route du paradis est semée d’embûches…
Les seize heures de bus qui nous ont porté de Delhi à Manali, une ville de moyenne montagne situé �� mi-chemin sur la route de Leh, la capitale du Ladakh, nous laissent présager du bonheur à venir. Les innombrables secousses qui ont rythmés ce voyage ont facilement entraîné notre imagination voluptueuse dans une caravelle voguant sur les flots d’une mer agitée.
Arrivée à Manali nous commençons un étrange ballet de négociations insolites et alambiquées. La première nous amène à faire passer le prix de notre voyage jusqu’à Leh de 900 à 500 roupies. Rendez-vous avec une Tata Sumo à 2h du matin. Un peu méfiant mais aussi un peu pingre nous décidons d’accepter. Incapables de s’arrêter en si bon chemin dans les affaires louches nous négocions un hôtel avec un type qui ne semble même pas être de l’hôtel et nous profitons de notre rendez-vous nocturne pour filer à l’anglaise sans voir personne…
2h du matin. Les yeux goguenards nous nous dirigeons à l’aveuglette vers le lieu de RDV. Nous sommes encore un peu suspicieux mais finalement le plan est bon. Peut être un peu trop d’ailleurs. Nous nous retrouvons à neuf dans une jeep : un chauffeur, deux ladakhies - un vielle homme et une femme - 3 militaires, un homme indistincte, et nous deux.
2h30 du matin. Cette fois-ci c’est le départ. La nuit noire nous englouti et nous projette sur les pistes fantomatiques qui font offices de route dans cette région. Une demi-heure après, les festivités commencent. Un camion renversé bloque entièrement la route. Impossible de passer. Pas de problème nous dit notre voisin. Nous sortons, chargeons nos sacs sur notre dos et nous mettons à marcher pour contourner à pieds le camion. De l’autre côté d’autres jeeps qui arrivaient de Leh en sens inverse sont elles aussi coincés. Nous montons donc dans une de ces jeeps. Le conducteur qui vient de conduire 16 heures d’affilés accepte de repartir immédiatement… Ses yeux injectés de sang dansant sur ses joues peuplées de cernes démesurés ne nous incitent guerre à l’optimisme, mais n’ayant pas le choix, nous montons dans la jeep et entamons notre deuxième départ.
Petit à petit l’atmosphère s’éclaircie et laisse place à un léger voile de lumière qui se lève sur notre droite. L’immensité nous frappe comme un petit marteau doré. Gagnant en intensité le soleil nous révèle des paysages dantesques et fantasmagoriques. De gigantesques déserts de pierre… des falaises aux roches sculptés par le vent et l’eau. La montagne semble avoir été ciselé par la lune elle-même. Comme si par bonté de cœur elle avait offert un peu de sa chère pour modeler ces plaines himalayennes…
Notre admiration béate de la montagne est brusquement interrompue par la tentative d’évasion d’un des sacs sensément bien arrimés sur le toit de notre jeep, qui se permet de faire un saut de l’ange en direction du ravin. Ce dernier qui nous suit depuis plus d’une heure plonge dangereusement sur notre gauche. « Tiens c’est marrant ce sac est orange comme le mien… Ah oui, normal c’est le mien ! » Le chauffeur s’arrête subitement et se sacrifie pour essayer d’aller le récupérer. Plus de peur que de mal. L’opération est réussie.
Nous reprenons notre poste d’observateur du désert himalayen. La vue se découvre de plus en plus. L’immensité se fait soudain vertigineuse alors que nous passons un col à plus de 5300 mètres… Au loin tout en bas dans la vallée, il nous semble voir une petite colline qui doit être le Mont Blanc…
Jugeant que notre temps de repos sans incident est écoulé, un pneu sans considération aucune pour notre tranquillité choisit cette descente pour crever diligemment. Heureusement nous avons une roue de secours. Nous changeons et repartons. Nous ne comptons plus les « départs ».
Soudainement au milieu de nulle part nous nous arrêtons de nouveau. Quel est le problème cette fois-ci ? Pas de problème à l’horizon, juste une plaine immense avec en son sein une grande yourte laiteuse qui nous accueil pour un thé rapide et un repas frugale. A l’approche d’un deuxième col fleuretant avec les 5000 mètres la température se fait aussi basse que les falaises majestueuses. Nous ne savons plus si nous avons le souffle coupé par la dangerosité du gouffre qui s’ouvre à notre gauche, ou par les paysages magnifiques qui se déclinent sur notre droite. Les cadavres de camions s’accumulant dans le fossé ne font rien pour nous rassurer. Notre crédit de lumière étant épuisé, le jour se met à nouveau à décliner pour nous envelopper très rapidement dans une obscurité sourde et angoissante.
Les 16 heures que nous avons déjà passées dans la jeep commencent à avoir un effet indéniable sur notre mentale… Au loin nous apercevons des lumières qui se rapprochent de plus en plus. Ah… enfin nous arrivons à Leh… Mais notre joie est de courte durée. Le militaire à côté de nous nous explique qu’on s’arrête 3 minutes pour manger avant de repartir pour faire les 3 dernières heures du voyage… Affamé mais incapable de manger, nous descendons de la jeep comme des spectres et nous essayons à la table du restaurant le regard vitreux et absent sans prononcer un mot. Nous remontons dans la jeep toujours dans un état comateux et celle-ci repart.
Le poids des paupières du chauffeur semble devenir de plus en plus insupportable pour lui… D’ailleurs à bien y regarder, on dirait qu’il a choisis d’ouvrir les yeux qu’une seconde sur deux… Pour essayer malgré tout de se maintenir éveillé il passe la même cassette de musique à fond en boucle tout en mâchant énergiquement un chewing-gum devenu certainement sans goût depuis les 10 heures qui le mâche, ci ce n’est peut être celui du « réveil » ou disons du non-endormissement.
La fatigue et l’obscurité de la nuit aidant nous commençons nous aussi à perdre le fil de nos pensées… Du coin de l’oreille nous entendons s’élever une plainte sinistre à consonance vaguement funèbre… Nous tournons la tête pour voir notre voisin de droite, le petit vieux ladakhi qui est entrain de marmonner sans cesse les mêmes phrases incompréhensibles. « Om Mani Padme Om… » Nous sommes pris d’une peur subite devant ce vieillard qui semble lui-même être en proie à une peur virulente. Il nous parait évidemment à ce moment là que ce dernier est entrain de prier de manière frénétique jugeant que nous n’allons jamais arriver. Sentiment que nous partageons entièrement avec lui.
Au moment où tu me jure que plus jamais on ne te reverra dans une jeep de ta vie, nous entendons un gros bruit sourd et métallique semblant provenir de dessous la jeep ! Nous nous arrêtons pour la nième fois. En état quasi hypnotique nous suivons de loin les vas et vient des hommes autour de la jeep. Apparemment ils sont incapables de trouver l’origine du bruit…
Alors nous repartons tant bien que mal… La nouvelle technique du chauffeur pour éviter de sombrer dans les bras de Morphée (et le bas du ravin) est de conduire de plus en plus vite… sur des pistes de plus en plus étroites… Incapable de penser à quoi que se soit, perdu dans cette nuit sans fin, nous fermons nos yeux humides et attendons désespéramment d’arriver, sans réellement croire que cela puisse se réaliser un jour. Depuis combien de temps voyageons-nous dans cet espace-temps devenu immobile ? Je ne saurais le dire… Tous nos repères s’effacent en même temps que les signes de la civilisation… Ici, l’homme n’est plus le maître. Il est de retour à sa place, sa petite place dans un univers si grand et si magnifiant.
L’arrivée à Leh coupe brusquement nos rêveries métaphysiques et met fin à un des plus beaux supplices de notre vie. Dans un petit guest house rapidement trouvé, nous partageons un regard complice et soulagé avant de nous endormir comme des bienheureux…
Les seize heures de bus qui nous ont porté de Delhi à Manali, une ville de moyenne montagne situé �� mi-chemin sur la route de Leh, la capitale du Ladakh, nous laissent présager du bonheur à venir. Les innombrables secousses qui ont rythmés ce voyage ont facilement entraîné notre imagination voluptueuse dans une caravelle voguant sur les flots d’une mer agitée.
Arrivée à Manali nous commençons un étrange ballet de négociations insolites et alambiquées. La première nous amène à faire passer le prix de notre voyage jusqu’à Leh de 900 à 500 roupies. Rendez-vous avec une Tata Sumo à 2h du matin. Un peu méfiant mais aussi un peu pingre nous décidons d’accepter. Incapables de s’arrêter en si bon chemin dans les affaires louches nous négocions un hôtel avec un type qui ne semble même pas être de l’hôtel et nous profitons de notre rendez-vous nocturne pour filer à l’anglaise sans voir personne…
2h du matin. Les yeux goguenards nous nous dirigeons à l’aveuglette vers le lieu de RDV. Nous sommes encore un peu suspicieux mais finalement le plan est bon. Peut être un peu trop d’ailleurs. Nous nous retrouvons à neuf dans une jeep : un chauffeur, deux ladakhies - un vielle homme et une femme - 3 militaires, un homme indistincte, et nous deux.
2h30 du matin. Cette fois-ci c’est le départ. La nuit noire nous englouti et nous projette sur les pistes fantomatiques qui font offices de route dans cette région. Une demi-heure après, les festivités commencent. Un camion renversé bloque entièrement la route. Impossible de passer. Pas de problème nous dit notre voisin. Nous sortons, chargeons nos sacs sur notre dos et nous mettons à marcher pour contourner à pieds le camion. De l’autre côté d’autres jeeps qui arrivaient de Leh en sens inverse sont elles aussi coincés. Nous montons donc dans une de ces jeeps. Le conducteur qui vient de conduire 16 heures d’affilés accepte de repartir immédiatement… Ses yeux injectés de sang dansant sur ses joues peuplées de cernes démesurés ne nous incitent guerre à l’optimisme, mais n’ayant pas le choix, nous montons dans la jeep et entamons notre deuxième départ.
Petit à petit l’atmosphère s’éclaircie et laisse place à un léger voile de lumière qui se lève sur notre droite. L’immensité nous frappe comme un petit marteau doré. Gagnant en intensité le soleil nous révèle des paysages dantesques et fantasmagoriques. De gigantesques déserts de pierre… des falaises aux roches sculptés par le vent et l’eau. La montagne semble avoir été ciselé par la lune elle-même. Comme si par bonté de cœur elle avait offert un peu de sa chère pour modeler ces plaines himalayennes…
Notre admiration béate de la montagne est brusquement interrompue par la tentative d’évasion d’un des sacs sensément bien arrimés sur le toit de notre jeep, qui se permet de faire un saut de l’ange en direction du ravin. Ce dernier qui nous suit depuis plus d’une heure plonge dangereusement sur notre gauche. « Tiens c’est marrant ce sac est orange comme le mien… Ah oui, normal c’est le mien ! » Le chauffeur s’arrête subitement et se sacrifie pour essayer d’aller le récupérer. Plus de peur que de mal. L’opération est réussie.
Nous reprenons notre poste d’observateur du désert himalayen. La vue se découvre de plus en plus. L’immensité se fait soudain vertigineuse alors que nous passons un col à plus de 5300 mètres… Au loin tout en bas dans la vallée, il nous semble voir une petite colline qui doit être le Mont Blanc…
Jugeant que notre temps de repos sans incident est écoulé, un pneu sans considération aucune pour notre tranquillité choisit cette descente pour crever diligemment. Heureusement nous avons une roue de secours. Nous changeons et repartons. Nous ne comptons plus les « départs ».
Soudainement au milieu de nulle part nous nous arrêtons de nouveau. Quel est le problème cette fois-ci ? Pas de problème à l’horizon, juste une plaine immense avec en son sein une grande yourte laiteuse qui nous accueil pour un thé rapide et un repas frugale. A l’approche d’un deuxième col fleuretant avec les 5000 mètres la température se fait aussi basse que les falaises majestueuses. Nous ne savons plus si nous avons le souffle coupé par la dangerosité du gouffre qui s’ouvre à notre gauche, ou par les paysages magnifiques qui se déclinent sur notre droite. Les cadavres de camions s’accumulant dans le fossé ne font rien pour nous rassurer. Notre crédit de lumière étant épuisé, le jour se met à nouveau à décliner pour nous envelopper très rapidement dans une obscurité sourde et angoissante.
Les 16 heures que nous avons déjà passées dans la jeep commencent à avoir un effet indéniable sur notre mentale… Au loin nous apercevons des lumières qui se rapprochent de plus en plus. Ah… enfin nous arrivons à Leh… Mais notre joie est de courte durée. Le militaire à côté de nous nous explique qu’on s’arrête 3 minutes pour manger avant de repartir pour faire les 3 dernières heures du voyage… Affamé mais incapable de manger, nous descendons de la jeep comme des spectres et nous essayons à la table du restaurant le regard vitreux et absent sans prononcer un mot. Nous remontons dans la jeep toujours dans un état comateux et celle-ci repart.
Le poids des paupières du chauffeur semble devenir de plus en plus insupportable pour lui… D’ailleurs à bien y regarder, on dirait qu’il a choisis d’ouvrir les yeux qu’une seconde sur deux… Pour essayer malgré tout de se maintenir éveillé il passe la même cassette de musique à fond en boucle tout en mâchant énergiquement un chewing-gum devenu certainement sans goût depuis les 10 heures qui le mâche, ci ce n’est peut être celui du « réveil » ou disons du non-endormissement.
La fatigue et l’obscurité de la nuit aidant nous commençons nous aussi à perdre le fil de nos pensées… Du coin de l’oreille nous entendons s’élever une plainte sinistre à consonance vaguement funèbre… Nous tournons la tête pour voir notre voisin de droite, le petit vieux ladakhi qui est entrain de marmonner sans cesse les mêmes phrases incompréhensibles. « Om Mani Padme Om… » Nous sommes pris d’une peur subite devant ce vieillard qui semble lui-même être en proie à une peur virulente. Il nous parait évidemment à ce moment là que ce dernier est entrain de prier de manière frénétique jugeant que nous n’allons jamais arriver. Sentiment que nous partageons entièrement avec lui.
Au moment où tu me jure que plus jamais on ne te reverra dans une jeep de ta vie, nous entendons un gros bruit sourd et métallique semblant provenir de dessous la jeep ! Nous nous arrêtons pour la nième fois. En état quasi hypnotique nous suivons de loin les vas et vient des hommes autour de la jeep. Apparemment ils sont incapables de trouver l’origine du bruit…
Alors nous repartons tant bien que mal… La nouvelle technique du chauffeur pour éviter de sombrer dans les bras de Morphée (et le bas du ravin) est de conduire de plus en plus vite… sur des pistes de plus en plus étroites… Incapable de penser à quoi que se soit, perdu dans cette nuit sans fin, nous fermons nos yeux humides et attendons désespéramment d’arriver, sans réellement croire que cela puisse se réaliser un jour. Depuis combien de temps voyageons-nous dans cet espace-temps devenu immobile ? Je ne saurais le dire… Tous nos repères s’effacent en même temps que les signes de la civilisation… Ici, l’homme n’est plus le maître. Il est de retour à sa place, sa petite place dans un univers si grand et si magnifiant.
L’arrivée à Leh coupe brusquement nos rêveries métaphysiques et met fin à un des plus beaux supplices de notre vie. Dans un petit guest house rapidement trouvé, nous partageons un regard complice et soulagé avant de nous endormir comme des bienheureux…
Petit bilan Inde
Si vous avez des questions sur un point precis latetedslesetoiles@hotmail.fr et si vous voulez lire le carnet il sera bientot en ligne sur le site. Bonne preparation.
6 semaines et demi, novembre, decembre, janvier 2005/06 Parcours: la vallee du gange (Varanasi, Bandavghart parc, Khajuraho, Orccha, Agra, Fateh pur Sikri, Bahratpur, Delhi, Rishikesh, Harridwar), le Rajahstan (Jaipur, Pushkar, Ajmer, Jodhpur, Jaisalmer, Ranakpur, Kumbhalgarh, Udaipur) et Mombai. 2 semaines de location de voiture pour le Rajahstan. Meteo : pas un jour de pluie, bon la journee et frais en soiree (voir froid Jaisalmer Rishikesh, Harridwar), chaud a Mombai.
Impressions generales: C’est sur on reviendra. L’Inde est un pays fantastique, on avait beau nous repeter l’eternel couplet “on adore ou on deteste mais on ne reste pas indifferent”, il faut vivre ce pays pour le realiser pleinement. Certes la plus grande democratie au monde n’est pas le pays le plus facile, loin de la: hygiene, pauvrete, transports, harcellement… Et pourtant on en redemande, tout n’est ici que profusion, tout surprend, tout ravit tout degoute: un elephant au detour d’une ruelle, des indiennes aux allures de princesse dans leur saris flamboyants, des bananas lassi comme on en avait jamais mange, des singes a foisons, des paysages fantastiques et des villes moyen-ageuses, sans oublier le dernier Bollywood massala entre un cours de yoga et une séance de meditation.
Ce qu’on a aime: Varanasi et l’ambiance qui y regne, Jaisalmer pour sa beaute, les couleurs du Rajahstan au travers des saris des femmes ou des batiments, la finesses des havelis, la route Ranakpur-Kumbargarh extraordinaire, le balancement de tete des indiens quand ils dissent oui, le Ginger Lemon the honey, les animaux presents partout (meme les villes sont de veritables parcs animaliers, singes, vautours, fouines, serpents, vaches, anes etc…), l’atmosphere spirituelle qui regne partout.
Ce qu’on n’a pas aime: Le harcellement touristique, circuler a pieds en ville (stressant a cause des motos, autorickshaws et voitures en tout genre qui vous klaxonnent sans cesse pour se signaler ou vous dire de degager), les mains balladeuses pour les filles seules.
A voir: - Jaisalmer et Varanasi, incontournables. - la reserve d’oiseaux de Bharatpur, Kaledeo, absolument fabuleux. 2j minimums pour apprecier le site. Prendre le temps de se poser sur un banc et admirer le spectacle tout en bouquinant quelques pages de Kipling. Guide tres utile au moins une matinee pour les pythons et certains coins a l’ecart des sentiers battus. Ne pas s’attarder avec lui sur la route centrale aussi splendide soit elle, on a le temps d’y revenir seul par la suite. Ne pas hésiter a s’aventurer plus profondement ds le parc, moins d’oiseaux mais on est vraiment seul. On y a vu des chacals, des sambars, des serpents et des daims. Le velo est ideal mais si on a un peu de temps, on conseille plutot la marche des qu’on sort de la route principale., - Le temple Jain de Ranakpur, interieur richement decore - La mosquee Adhai-din-ka-Jhonpra a Ajmer. Si etape a Pushkar, la petite halte et le detour vallent vraiment le coup. - Le Taj Mahal qui merite sa celebrite - La maison de Gandhi a Mombai, sobre mais presentation instructive et touchante. A faire - Jaisalmer : aller a la terrasse/restaurant du Narrayan Niwas palace (ancien caravanserail) vers 17h00 si possible, il y a personne et on beneficie d'une superbe vue sur le fort avec en tout premier plan une vie tres colore dans les quartiers de Jaisalmer. Vraiment super. Ne pas demander d'autorisation, on pourrait la refuser! - Udaipur: dinner au natural city view (au dessus du Gangaur palace), tres beau panorama sur le lac et l’haveli du museum, service excellent et cuisine a la hauteur du reste. - Mombay: figuration dans un bollywood (“extras” en anglais). Quelques numeros pour anticiper les tournages: Amjad:982083881 bollystars@hotmail.com / bollystars2877@yahoo.co.in Tag Films, Kiran 9892142134 Ali 9820767610 kiran_tagfilms@yahoo.co.in Jessel (davantage casting photos, recherche type europeen pour presenter des marques, avoir qqes photos a envoyer par mail): 9820891715 jollyjesal@yahoo.com - Ranakpur: sunset point de vue 200m apres castle hotel vers les temples sur la droite. Y a un panneau, faut traverser un atelier de tissage. coucher de soleil sur le lac avec beau panorama. Possibilite de partir en solo en trek ds la region. - Mombay: la piscine du Taj Mahal. Pas vraiment de controles, tout est dans l’assurance qu’on affiche, aller jusqu’a la piscine en tenu decontracte genre je descends de ma chambre (Tshirt obligatoire tout de meme), se diriger a gauche vers le prepose aux serviettes, lui demander une serviette et un transat puis signer le livre quand il le presente (mettre la chambre 417 par exemple, elle existe). La verification n’a lieu qu’en fin de journee. Meme stratageme au spa (a gauche en bas) pour une bonne douche chaude et un Jacuzzi sympa, demander un casier a la personne derriere le bureau qui vous dira d’aller au vestiaire a gauche. Bingo! - Kumbargarh: marcher sur la muraille jusqu'au premier sommet, superbes vues sur le fort tout du long
- Ballade entre Ranakpur et Kumbalgarh (Ouaahhh!). Plusieurs possibilites: En 3 jours (indicatif) quand on vient de Ranakpur par exemple: descendre a Saira en bus, puis marcher jusqu a Kaltana (entre 25 et 30kms) et quitter la route direction Koldra (2kms) Pokaria (2kms) Shiva temple (3kms) puis 2 options: retour a Ranakpur en 2h30 ou direction Kumbalgarh en 1h30 (6kms). En 2 jours, au depart de Kumbalgarh (Kelwara), ce qu’on a fait: se faire deposer a Varthada, puis passer Kalthana et Baldra jusqu’au village suivant. Demi tour pour rejoindre Kalthana (1er village ou on peut sortir de la route sans pb sinon il y a le sanctuaire/reserve animaliere interdit d’acces) puis Koldra, Pokaria, nature education center ranakankar, Shiva temple et revenir sur ses pas pour rejoindre la route de Kumbalgarh.
Pour dormir, pas de guesthouse bien entendu, on improvise : discuter avec les villageois puis demander l’autorisation de planter la tente ds le coin (nous on a abandonne l’idee qd on a vu l’aridite du terrain), de partager un bout de planche ou de pouvoir utiliser une piece de l’ecole par exemple (notre option). La solution pleine nature sans demander son reste nous a ete vivement deconseille a plusieurs reprises a cause de la proximité du parc et des grandes forets abritant qqes animaux pas toujours sympathiques surtout a la tombée de la nuit (léopards, loups et ours). A ne pas oublier, micropure pour l’eau et quelques presents.
On conseille de suivre la route une partie de la rando car c’est autour d’elle que se concentrent l’animation, les gens etc… Les paysages restent superbes et la route est peu passante (qqes bus locaux et voitures touristiques qui font le triangle Udaipur/Rankpur/Kumbalgarh). Prévoir large en temps pour apprécier les paysages et se poser avec la population.
A fuir: - eviter de se faire accompagner a l’hotel ou au magazin par le chauffeur de rickshaw ou n’importe qui d’autres (se faire deposer a un spot pas loin par exemple), ca permet d’eviter les commissions. - A Varanasi, dans les chowks (derriere la sita et la vishnouresthouse) eviter la gargotte Fandan family restaurant, ce fut notre pire experience culinaire! - White tiger lodge au Bandavgahart parc, les prix ont grimpe de 30% depuis leur apparition sur les guides et le personnel a la reception est tres desagreable. - Jodhpur: eviter la tourist guest house, accueil familial moyen plutot interesse par les roupies, mauvais rapport qualite prix compare a ce qui se fait a l'interieur de la vieille ville - Mombai: Carlton hotel absolument pas a l’image de son nom, personnel sympathique mais chambre petite, sale et largement surevaluee.
Bons plans: - la queue en gare, les femmes sont prioritaires (les hommes se collent trop entre eux!), ne pas hesiter a doubler si vous appartenez a la gente feminine. - train: si l'hotel ou l’agence vous dit qu'il n'y a plus de places dispo, ne pas forcement les croire, s'y rendre par soi meme et verifier les billets reserves aux touristes. Au pire des cas, prendre un billet de derniere minute en classe generale. Si les conditions sont vraiment insoutenables, aller dans une classe superieure et chercher le responsable il y a “presque” tjrs une place dispo et on ne paye que la difference (parfois meme un backshiche suffit, on a teste). Pour les longs trajets on deconseille la generale, sleeper non AC c'est parfait pdt la saison froide (sauf entre Varanasi et Satna, c'etait l'horreur) Site tres pratique pour les remplissages et les resas: www.indianrail.gov.in (ou www.indianrailways.gov.in). Se faire aider par un indien les premieres fois car pas facile d’utilisation (code etc…) - toujours se renseigner du prix aupres d’un indien avant de prendre un rickshaws ou un taxi (de meme pour les fruits, les etales dans la rue, certains souvenirs etc...) - Marre de la cuisine trop relevee, des sauces kofta, curry, mattar etc… une solution riz pulao, et tout ce qui est tikka et chicken tandoori. Un petit curd en fin de repas pour eteindre le feu des epices. - ne pas declarer les videos fortement taxes (au pire les declares en appareil photo) dans les lieux touristiques (ni tous les app photos qd on est plusieurs), pratiquement jamais de controles - Ne pas se laisser marcher sur les pieds (qd les chauffeurs de taxi ne vous amene pas ou vous voulez, harcellement incessant etc…) en elevant un peu la voix ou en faisant les grands yeux…ils aiment parfois a pousser le bouchon jusqu a ce quón leur dise stoppe fermement.
Varanasi: - Au niveau du Ghat Chet Singh Ghat, monter au palais, il vaut le coup d’oeil, il y a personne et la vue est tres sympa. - Dans les chowks, joydeep networld D 19/29 Kewalgali, Dasaswamedh, internet cafe moins cher que tous, le proprio est a la cool, et il y a des prises usb et des logiciels adequats pour ceux qui veulent faire autre chose que du net.
Agra : - Joney´s place, conseille dans tous les guides, et on confirme, très bonne adresse pour un délicieux malai kofta ou un divin banana lassi. Kutta park, Tajganj.
Jodhpur: - omelette shop sous l'arcade apres la clocktower, vaut un passage meme si leur presence ds le lonely les ont transforme en grds commerciaux
Jaisalmer: - Trek hotel Ranuka de bonne qualite, sur une dune a l'ecart des 2 autres touristiques (Sam et Kuri), on etait seul a y dormir et bonne logistique. - Le saffron, au dessus de l’hotel Nachana Haveli, tres bonne cuisine (bcp mieux que the trio ds la meme gamme), fabuleux chicken tikka. - Au niveau du sunset point of view (avec les cenotaphes), maintenant que les touristes affluent, ils font payer l’entrée pour acceder a la colline. Possibilite de ne pas payer en arrivant a pieds par le petit quartier en contrebas puis plus loin qd le mur de l'enceinte fait un angle droit on peut passer au dessus (aucun risque). Sinon on conseille le panorama indique ds le routard. On y accede en traversant quelques maisons tres pauvres et la vue d'en haut pres de la tour vaut largement celle du sunset point.
Udaipur - librairie Mayur (12 Lal Ghat face a la pratap Bhawan guesthouse) tres bien achalandee mais surtout patrons tres sympas et internet rapide avec des machines de bonnes qualites (avec USB plug)
Kumbhalgarh: - hôtel Ratna deep a Kelwara 5kms, rejoindre le château en stop ou taxi. Patron sympa plein d’infos, bonne cuisine et chambre ok. Si ricrac question argent, demander le dortoir tres bon marche meme s’il préfère ne pas le proposer.
Mombai: - New Apollo restaurant, notre cantine, carte variee, bonne cuisine, pas cher et personnel sympa, pourquoi ne sont ils ds aucun guide? Peut etre parce qu’ils viennent d’ouvrir… (Akbar House, navronji Firdonjiroad, Colaba a 50m du Leopold café) - Apollo guest house (attention y en a 2), convivial, pas cher, douche chaude commune. Reserver si possible souvent plein. Bien clarifier les choses avec le gerant mielleux et hypocrite car il a tendance à dire ce que chacun veut entendre. Dhun Mahal, Ground floor, Garden road, Colaba. Tel:2204 1302 - tourist home: pas vraiment un bon plan mais c’est le moins cher (300/350 rps la double), svt des chambres libres et ca peut depanner (ne pas se faire accompagner).4/27 Kamal Mansio, 1st floor, Haji Niyaz, Ahmed Azmi Marg (Arthur bunder road) Colaba. - Pour ramener de la musique indienne, bollywoodienne ou autres : Rhytm House Pvt, Ltd 40 K Dubash Marg, Fort (10mns a pieds de Colaba) Adresse valable egalement pour l’achat de certaines places de concerts (festivals…) www.rhythmhouseindia.com - Bagdadi restaurant, 11 tulloch road derriere Taj Mahal, comme le specifie le routard les tandooris ou nans sont enooormes, ceux aux beurres nous rappelent meme l’odeur des gaufres. Bonne cuisine bon marche (super chicken do pyaza)
Quelques indices de prix: eau:10/12 rps bananes:1.5 rps samosa:1 rp taxi pour le Rajahstan: 12j 2000kms 13000rps petite voiture ou 12j 2000kms 18000rps grande voiture Bien specifier que le forfait comprend les parkings, les peages et que le chauffeur se loge et se nourrit par ses propres moyens (ce qui n'empeche pas un kawa ou un samosa de temps en temps!) taxi: 180km/4h 1200 rps
6 semaines et demi, novembre, decembre, janvier 2005/06 Parcours: la vallee du gange (Varanasi, Bandavghart parc, Khajuraho, Orccha, Agra, Fateh pur Sikri, Bahratpur, Delhi, Rishikesh, Harridwar), le Rajahstan (Jaipur, Pushkar, Ajmer, Jodhpur, Jaisalmer, Ranakpur, Kumbhalgarh, Udaipur) et Mombai. 2 semaines de location de voiture pour le Rajahstan. Meteo : pas un jour de pluie, bon la journee et frais en soiree (voir froid Jaisalmer Rishikesh, Harridwar), chaud a Mombai.
Impressions generales: C’est sur on reviendra. L’Inde est un pays fantastique, on avait beau nous repeter l’eternel couplet “on adore ou on deteste mais on ne reste pas indifferent”, il faut vivre ce pays pour le realiser pleinement. Certes la plus grande democratie au monde n’est pas le pays le plus facile, loin de la: hygiene, pauvrete, transports, harcellement… Et pourtant on en redemande, tout n’est ici que profusion, tout surprend, tout ravit tout degoute: un elephant au detour d’une ruelle, des indiennes aux allures de princesse dans leur saris flamboyants, des bananas lassi comme on en avait jamais mange, des singes a foisons, des paysages fantastiques et des villes moyen-ageuses, sans oublier le dernier Bollywood massala entre un cours de yoga et une séance de meditation.
Ce qu’on a aime: Varanasi et l’ambiance qui y regne, Jaisalmer pour sa beaute, les couleurs du Rajahstan au travers des saris des femmes ou des batiments, la finesses des havelis, la route Ranakpur-Kumbargarh extraordinaire, le balancement de tete des indiens quand ils dissent oui, le Ginger Lemon the honey, les animaux presents partout (meme les villes sont de veritables parcs animaliers, singes, vautours, fouines, serpents, vaches, anes etc…), l’atmosphere spirituelle qui regne partout.
Ce qu’on n’a pas aime: Le harcellement touristique, circuler a pieds en ville (stressant a cause des motos, autorickshaws et voitures en tout genre qui vous klaxonnent sans cesse pour se signaler ou vous dire de degager), les mains balladeuses pour les filles seules.
A voir: - Jaisalmer et Varanasi, incontournables. - la reserve d’oiseaux de Bharatpur, Kaledeo, absolument fabuleux. 2j minimums pour apprecier le site. Prendre le temps de se poser sur un banc et admirer le spectacle tout en bouquinant quelques pages de Kipling. Guide tres utile au moins une matinee pour les pythons et certains coins a l’ecart des sentiers battus. Ne pas s’attarder avec lui sur la route centrale aussi splendide soit elle, on a le temps d’y revenir seul par la suite. Ne pas hésiter a s’aventurer plus profondement ds le parc, moins d’oiseaux mais on est vraiment seul. On y a vu des chacals, des sambars, des serpents et des daims. Le velo est ideal mais si on a un peu de temps, on conseille plutot la marche des qu’on sort de la route principale., - Le temple Jain de Ranakpur, interieur richement decore - La mosquee Adhai-din-ka-Jhonpra a Ajmer. Si etape a Pushkar, la petite halte et le detour vallent vraiment le coup. - Le Taj Mahal qui merite sa celebrite - La maison de Gandhi a Mombai, sobre mais presentation instructive et touchante. A faire - Jaisalmer : aller a la terrasse/restaurant du Narrayan Niwas palace (ancien caravanserail) vers 17h00 si possible, il y a personne et on beneficie d'une superbe vue sur le fort avec en tout premier plan une vie tres colore dans les quartiers de Jaisalmer. Vraiment super. Ne pas demander d'autorisation, on pourrait la refuser! - Udaipur: dinner au natural city view (au dessus du Gangaur palace), tres beau panorama sur le lac et l’haveli du museum, service excellent et cuisine a la hauteur du reste. - Mombay: figuration dans un bollywood (“extras” en anglais). Quelques numeros pour anticiper les tournages: Amjad:982083881 bollystars@hotmail.com / bollystars2877@yahoo.co.in Tag Films, Kiran 9892142134 Ali 9820767610 kiran_tagfilms@yahoo.co.in Jessel (davantage casting photos, recherche type europeen pour presenter des marques, avoir qqes photos a envoyer par mail): 9820891715 jollyjesal@yahoo.com - Ranakpur: sunset point de vue 200m apres castle hotel vers les temples sur la droite. Y a un panneau, faut traverser un atelier de tissage. coucher de soleil sur le lac avec beau panorama. Possibilite de partir en solo en trek ds la region. - Mombay: la piscine du Taj Mahal. Pas vraiment de controles, tout est dans l’assurance qu’on affiche, aller jusqu’a la piscine en tenu decontracte genre je descends de ma chambre (Tshirt obligatoire tout de meme), se diriger a gauche vers le prepose aux serviettes, lui demander une serviette et un transat puis signer le livre quand il le presente (mettre la chambre 417 par exemple, elle existe). La verification n’a lieu qu’en fin de journee. Meme stratageme au spa (a gauche en bas) pour une bonne douche chaude et un Jacuzzi sympa, demander un casier a la personne derriere le bureau qui vous dira d’aller au vestiaire a gauche. Bingo! - Kumbargarh: marcher sur la muraille jusqu'au premier sommet, superbes vues sur le fort tout du long
- Ballade entre Ranakpur et Kumbalgarh (Ouaahhh!). Plusieurs possibilites: En 3 jours (indicatif) quand on vient de Ranakpur par exemple: descendre a Saira en bus, puis marcher jusqu a Kaltana (entre 25 et 30kms) et quitter la route direction Koldra (2kms) Pokaria (2kms) Shiva temple (3kms) puis 2 options: retour a Ranakpur en 2h30 ou direction Kumbalgarh en 1h30 (6kms). En 2 jours, au depart de Kumbalgarh (Kelwara), ce qu’on a fait: se faire deposer a Varthada, puis passer Kalthana et Baldra jusqu’au village suivant. Demi tour pour rejoindre Kalthana (1er village ou on peut sortir de la route sans pb sinon il y a le sanctuaire/reserve animaliere interdit d’acces) puis Koldra, Pokaria, nature education center ranakankar, Shiva temple et revenir sur ses pas pour rejoindre la route de Kumbalgarh.
Pour dormir, pas de guesthouse bien entendu, on improvise : discuter avec les villageois puis demander l’autorisation de planter la tente ds le coin (nous on a abandonne l’idee qd on a vu l’aridite du terrain), de partager un bout de planche ou de pouvoir utiliser une piece de l’ecole par exemple (notre option). La solution pleine nature sans demander son reste nous a ete vivement deconseille a plusieurs reprises a cause de la proximité du parc et des grandes forets abritant qqes animaux pas toujours sympathiques surtout a la tombée de la nuit (léopards, loups et ours). A ne pas oublier, micropure pour l’eau et quelques presents.
On conseille de suivre la route une partie de la rando car c’est autour d’elle que se concentrent l’animation, les gens etc… Les paysages restent superbes et la route est peu passante (qqes bus locaux et voitures touristiques qui font le triangle Udaipur/Rankpur/Kumbalgarh). Prévoir large en temps pour apprécier les paysages et se poser avec la population.
A fuir: - eviter de se faire accompagner a l’hotel ou au magazin par le chauffeur de rickshaw ou n’importe qui d’autres (se faire deposer a un spot pas loin par exemple), ca permet d’eviter les commissions. - A Varanasi, dans les chowks (derriere la sita et la vishnouresthouse) eviter la gargotte Fandan family restaurant, ce fut notre pire experience culinaire! - White tiger lodge au Bandavgahart parc, les prix ont grimpe de 30% depuis leur apparition sur les guides et le personnel a la reception est tres desagreable. - Jodhpur: eviter la tourist guest house, accueil familial moyen plutot interesse par les roupies, mauvais rapport qualite prix compare a ce qui se fait a l'interieur de la vieille ville - Mombai: Carlton hotel absolument pas a l’image de son nom, personnel sympathique mais chambre petite, sale et largement surevaluee.
Bons plans: - la queue en gare, les femmes sont prioritaires (les hommes se collent trop entre eux!), ne pas hesiter a doubler si vous appartenez a la gente feminine. - train: si l'hotel ou l’agence vous dit qu'il n'y a plus de places dispo, ne pas forcement les croire, s'y rendre par soi meme et verifier les billets reserves aux touristes. Au pire des cas, prendre un billet de derniere minute en classe generale. Si les conditions sont vraiment insoutenables, aller dans une classe superieure et chercher le responsable il y a “presque” tjrs une place dispo et on ne paye que la difference (parfois meme un backshiche suffit, on a teste). Pour les longs trajets on deconseille la generale, sleeper non AC c'est parfait pdt la saison froide (sauf entre Varanasi et Satna, c'etait l'horreur) Site tres pratique pour les remplissages et les resas: www.indianrail.gov.in (ou www.indianrailways.gov.in). Se faire aider par un indien les premieres fois car pas facile d’utilisation (code etc…) - toujours se renseigner du prix aupres d’un indien avant de prendre un rickshaws ou un taxi (de meme pour les fruits, les etales dans la rue, certains souvenirs etc...) - Marre de la cuisine trop relevee, des sauces kofta, curry, mattar etc… une solution riz pulao, et tout ce qui est tikka et chicken tandoori. Un petit curd en fin de repas pour eteindre le feu des epices. - ne pas declarer les videos fortement taxes (au pire les declares en appareil photo) dans les lieux touristiques (ni tous les app photos qd on est plusieurs), pratiquement jamais de controles - Ne pas se laisser marcher sur les pieds (qd les chauffeurs de taxi ne vous amene pas ou vous voulez, harcellement incessant etc…) en elevant un peu la voix ou en faisant les grands yeux…ils aiment parfois a pousser le bouchon jusqu a ce quón leur dise stoppe fermement.
Varanasi: - Au niveau du Ghat Chet Singh Ghat, monter au palais, il vaut le coup d’oeil, il y a personne et la vue est tres sympa. - Dans les chowks, joydeep networld D 19/29 Kewalgali, Dasaswamedh, internet cafe moins cher que tous, le proprio est a la cool, et il y a des prises usb et des logiciels adequats pour ceux qui veulent faire autre chose que du net.
Agra : - Joney´s place, conseille dans tous les guides, et on confirme, très bonne adresse pour un délicieux malai kofta ou un divin banana lassi. Kutta park, Tajganj.
Jodhpur: - omelette shop sous l'arcade apres la clocktower, vaut un passage meme si leur presence ds le lonely les ont transforme en grds commerciaux
Jaisalmer: - Trek hotel Ranuka de bonne qualite, sur une dune a l'ecart des 2 autres touristiques (Sam et Kuri), on etait seul a y dormir et bonne logistique. - Le saffron, au dessus de l’hotel Nachana Haveli, tres bonne cuisine (bcp mieux que the trio ds la meme gamme), fabuleux chicken tikka. - Au niveau du sunset point of view (avec les cenotaphes), maintenant que les touristes affluent, ils font payer l’entrée pour acceder a la colline. Possibilite de ne pas payer en arrivant a pieds par le petit quartier en contrebas puis plus loin qd le mur de l'enceinte fait un angle droit on peut passer au dessus (aucun risque). Sinon on conseille le panorama indique ds le routard. On y accede en traversant quelques maisons tres pauvres et la vue d'en haut pres de la tour vaut largement celle du sunset point.
Udaipur - librairie Mayur (12 Lal Ghat face a la pratap Bhawan guesthouse) tres bien achalandee mais surtout patrons tres sympas et internet rapide avec des machines de bonnes qualites (avec USB plug)
Kumbhalgarh: - hôtel Ratna deep a Kelwara 5kms, rejoindre le château en stop ou taxi. Patron sympa plein d’infos, bonne cuisine et chambre ok. Si ricrac question argent, demander le dortoir tres bon marche meme s’il préfère ne pas le proposer.
Mombai: - New Apollo restaurant, notre cantine, carte variee, bonne cuisine, pas cher et personnel sympa, pourquoi ne sont ils ds aucun guide? Peut etre parce qu’ils viennent d’ouvrir… (Akbar House, navronji Firdonjiroad, Colaba a 50m du Leopold café) - Apollo guest house (attention y en a 2), convivial, pas cher, douche chaude commune. Reserver si possible souvent plein. Bien clarifier les choses avec le gerant mielleux et hypocrite car il a tendance à dire ce que chacun veut entendre. Dhun Mahal, Ground floor, Garden road, Colaba. Tel:2204 1302 - tourist home: pas vraiment un bon plan mais c’est le moins cher (300/350 rps la double), svt des chambres libres et ca peut depanner (ne pas se faire accompagner).4/27 Kamal Mansio, 1st floor, Haji Niyaz, Ahmed Azmi Marg (Arthur bunder road) Colaba. - Pour ramener de la musique indienne, bollywoodienne ou autres : Rhytm House Pvt, Ltd 40 K Dubash Marg, Fort (10mns a pieds de Colaba) Adresse valable egalement pour l’achat de certaines places de concerts (festivals…) www.rhythmhouseindia.com - Bagdadi restaurant, 11 tulloch road derriere Taj Mahal, comme le specifie le routard les tandooris ou nans sont enooormes, ceux aux beurres nous rappelent meme l’odeur des gaufres. Bonne cuisine bon marche (super chicken do pyaza)
Quelques indices de prix: eau:10/12 rps bananes:1.5 rps samosa:1 rp taxi pour le Rajahstan: 12j 2000kms 13000rps petite voiture ou 12j 2000kms 18000rps grande voiture Bien specifier que le forfait comprend les parkings, les peages et que le chauffeur se loge et se nourrit par ses propres moyens (ce qui n'empeche pas un kawa ou un samosa de temps en temps!) taxi: 180km/4h 1200 rps
Bonjour !!
Et oui depuis le temps que j'en avais envie, je vais enfin pouvoir aller faire un tour en Inde, du 5 au 22 mars ! J'ai envie de courir partout en hurlant rien qu'en pensant au Taj Mahal qui sera là devant moi ! 😎
Itinéraire plus que classique : arrivée à Delhi, avion pour Jodhpur et bus pour Jaisalmer, 3 jours à Jaisalmer et retour à Jodhpur, puis Udaipur, Ranakpur, Chittorgarh, Ajmer, Pushkar, Jaipur, Agra, Fatehpur Sikri et retour Delhi !
J'ai hâte ! 🙂
Et oui depuis le temps que j'en avais envie, je vais enfin pouvoir aller faire un tour en Inde, du 5 au 22 mars ! J'ai envie de courir partout en hurlant rien qu'en pensant au Taj Mahal qui sera là devant moi ! 😎
Itinéraire plus que classique : arrivée à Delhi, avion pour Jodhpur et bus pour Jaisalmer, 3 jours à Jaisalmer et retour à Jodhpur, puis Udaipur, Ranakpur, Chittorgarh, Ajmer, Pushkar, Jaipur, Agra, Fatehpur Sikri et retour Delhi !
J'ai hâte ! 🙂
Samedi 29/10 : Debout à 6 h 30, pas de petit déjeuner avant 7 h 30. Bon tant pis, je vais aller prendre ma douche et déjeuner dehors. Pas de chance, plus d’eau du tout. Là, la moutarde commence à me monter au nez. Je refais mes bagages d’ailleurs à peine défaits et je descends payer ma note. Je laisse mes bagages à la réception car à 8 h, départ de l’excursion réservée la veille. Et on a le culot de me demander pourquoi je pars déjà. Parfois, il faut vraiment des nerfs d’acier pour tenir le coup en Inde.
Enfin, dehors, il pleut toujours et il y a encore plus d’eau que la veille dans la rue.
A 7 h 30 le bus arrive et j’y monte de suite puisque ça pleut sec. Je trouve de suite ma place mais à ma grande surprise toutes les fenêtres sont ouvertes et tous les sièges en tissu sont trempés. Comme je n’ai pas envie de prendre un bain de siège, j’annule et je ne suis pas la seule d’ailleurs. De toute façon, on ne voit pas à un mètre tellement il pleut. On me rembourse la moitié du prix mais peu importe, ça me laisse le temps de chercher un autre hôtel et mon ticket de train pour aller demain à Sholapur puis à Bijapur.
A à peine 500 M dans une ruelle donnant sur un autre boulevard, je trouve un petit nid douillet, moderne, style hommes d’affaires où tout fonctionne à merveille et où le personnel est hyper gentil. Et tout ça pour moins cher que le Yatri Nivas qui est un vrai trou à rats mais avec une réception rutillante. Je vais donc chercher mes bagages mais à cause de l’eau qui stagne partout je veux quand même prendre un rickshaw car pour trimballer une valise à roulette dans 25 cm de flotte, ce n’est pas très pratique.
On me demande 100 rps pour faire 500 M alors que cela devrait en coûter 10. Je les envoie promener même si je dois y aller à la nage.
Quand je suis enfin installée, douchée et bichonnée car je n’ai rien d’urgent à faire, je vais me prendre un super petit déjeuner à) l’Indienne car le resto de l’hôtel est uniquement végétarien.
Une excellente salade de fruit ma va très bien, avec un grand verre de jus de pastèque délicieux et quelques spécialités du cru. Puis je fais ma petite lessive et je regarde les infos à la télé. J’y apprends qu’il y a eu un accident de train à quelques 150 kms de Hyderabad. Un grand réservoir d’eau à cédé sous la pression de la pluie incessante et le train qui passait à proximité a été submergé. Plusieurs wagons se sont télescopés et sont tombés dans l’eau. Au moins 15 disparus, noyés sans doute et de nombreux blessés.
Un moment après on annonce une explosion à Pahar Ganj et dans le Sarosni Market à Old Delhi. 40 morts et on ne compte pas les blessés. Les marchés étaient noirs de monde en cette veille de Divali. Les images à la télé sont épouvantables et je ferme bien vite pour ne plus voir ces horreurs.
Je décide de partir à la gare pour acheter mon billet pour Sholapur, le lendemain. Nouvelle bagarre avec les chauffeurs de rickshaw. Mon dieu que je serai contente de quitter cet endroit qui me paraît être le pire de l’Inde. Tout le monde spécule ici pour savoir comment gagner un maximum d’argent sur le dos de quelqu’un d’autre, touriste ou pas d’ailleurs. Cela semble être le sport local favori. Evidemment es étrangers sont les cibles de choix.
Arrivée à la gare, pas de problème, j’ai mon ticket endéans les 10 minutes et je suis contente car de nombreux trains sont annulés suite aux pluies incessantes dans le Tamil Nadu, en Orissa et en Andra Pradesh.
En sortant de la gare je ne résiste pas à aller faire mes petts commentaires au bureau de tourisme. Je suis tellement en colère devant ces fonctionnaires idiots, qu’on finit par m’escoter à mon hôtel sous bonne garde de la police qui négocie elle-même pour moi le prix d’un rickshaw à 15 rps (au lieu des 150 qui m’étaient demandé auparavant.
C’est vraiment triste d’en arriver là.
Arrivée dans le hall de l’hôtel, la télé annonce un autre attentat dans Chandi Chowk à Delhi, 40 morts au moins. C’est vraiment une journée noire. Si ça continue comme ça, je serai au Nepal bien plus vite que prévu car c’est l’horreur totale.
Puis quelques minutes plus tard, encore un attentat devant la gare de New Dehli. Mais que se passe t’il ? Divali commence demain. Cela devrait être une fête de joie . Delhi est sous alerte rouge.
J’ai le moral dans les godasses aujourd’hui Je hais toute cette violence. Je ne sais quoi faire, je sors malgré la pluie et je marche, ça me calme un peu.
Pour finir cette journée plus que pénible, il ne me reste qu’à aller souper au Yatri Nivas comme la veille puisqu’au moins le resto est bien.
Aussitôt la dernière bouchée avalée, on m’apporte l’addition que je n’avais pas encore demandé (mais c’est habituel). En déposant la note, le garçon me rappelle de ne pas oublier les « tips »( pourboires) !!! On ne sait jamais. J’ai à peine le temps de déposer un billet de 500 rps à côté de la note qu’un garçon saute sur le petit callepin. Quand on me ramène la monnaie, je la ramasse bien vite et je vais me coucher car je sens que je vais exploser.
Dimanche 30/10 : Ravie de quitter Hyderabad, je me prépare de bonne heure et pourtant je regrette de quitter cet hôtel où tout le personnel est si sympa. Ici au moins, je me sentais bien. J’arrive à la gare vers 11 h. Mon train pour Sholapur part à 11 h 45, voie 1. Je m’installe donc pour un moment dans la salle d’attente réservée aux dames et en attendant l’heure je termine un chouette bouquin commencé quelques jours auparavant. Il est 11 h 40 et toujours pas de train. La gare est noire de monde car beaucoup de trains sont annulés ou retardés à cause de l’accident de la veille mais aussi à cause du mauvais temps. Il semblerait bien que ce soit le cas du Konark Express également. Je vais donc voir ce qu’il en est et on me dit que mon train arrivera vers 12 h 15. Je retourne donc dans la salle d’attente où je commence à papoter avec une jeune fille de 15 ans qui après les 1ères questions d’usage me montre ses diplômes et ses médailles sportives dont elle est très fière et à juste titre. C’est une nageuse qui malgré son jeune âge fait déjà de la compétition à haut niveau. Je lui souhaite d’aller aux prochains jeux olympiques. Elle est aux anges. Sa maman aussi d’ailleurs, elle est si fière de sa fille. Mon autre voisine est étudiante en médecine. Elle veut devenir pédiatre. Elle étudie à Aurangabad et attend son train pour Vijayawada où réside sa famille qu’elle va rejoindre pour fêter Divali et pour assister aux fiançailles de sa sœur qui se mariera en février prochain. On aura beaucoup de temps pour converser sur plein de sujets différents et j’en apprends beaucoup sur le quotidien des femmes, entr’autre car à 12 h 30 on m’annonce mon départ pour 15 h, puis 17 h. A 17 h 15 le train arrive enfin mais sur la voie 2. Je quitte donc bien vite me nouvelle copine qui elle partira Dieu sait quand ???? Je m’installe dans mon compartiment déjà occupé par une dame assez âgée et un jeune homme à l’allure sportive tout de jeans vêtu, avec de belles baskets blanches et un large sourire. Il me cède immédiatement la place près de la fenêtre où je serai mieux me dit-il. Evidemment après cette entrée en matière, il m’apprend qu’il est de Sholapur où je me rends justement, qu’il est dans la marine, qu’il est lutteur semi professionnel, qu’il est marié depuis 2 ans et que sa femme vit à Sholapur avec ses parents alors que lui est basé à Visakhapatnam. Il rentre chez lui pour Divali. Il n’en revient pas que je voyage seule en Inde et me propose d’emblée de m’emener à mon hôtel car on arrivera très tard. Effectivement vu l’heure à laquelle on est parti, il sera minuit au moins. J’accepte donc car il n’était pas du tout prévu que je passe la nuit à Sholapur où je devais normalement reprendre de suite un bus pour Bijapur. Il m’indique l’adresse d’un très bon hôtel et on papotera ainsi une bonne partie du voyage. Comme je n’ai pas réservé de repas, il m’offre plein de fruits, des mandarines, des pommes et des bananes. A mi-chemin, on apporte le souper. La vieille dame est rejointe par sa fille qui était dans un autre compartiment. Elle me salue très gentiment et engage elle aussi la conversation. Elle travaille à Bombay dans le social et encore une fois j’apprends plein de choses sur la vie des orphelins, des enfants démunis, des personnes âgées ou seules, surtout des femmes. Elle me donnera son numéro de téléphone et me prie de la contacter à mon retour à Bombay pour dîner un soir chez elle avec sa petite famille. Cette dame très sympathique est très cultivée, ce qui rend la conversation des plus intéressante. Elle aussi s’inquiète de me savoir seule si tard dans une ville étrangère mais le jeune homme la rassure de suite et il promet qu’il prendra soin de moi. Quand le train entre en gare de Sholapur, je n’ai pas le temps de prendre ma valise car il est déjà descendu avec ses bagages et les miens. Il m’accompagne jusqu’au rickshaw, parlemente quelques instants, installe les bagages devant à côté du chauffeur et me prie de monter. Lui s’installe également à côté du chauffeur et en 2 temps, 3 mouvements je suis arrivée a City hotel 3 * (800 rps). Je veux payer le rickshaw mais rien à faire, il n’en est pas question. Il va jusqu’à négocier le prix de ma chambre et même si je ne comprends pas un traître mot de sa conversation avec le réceptionniste, je vois bien qu’il lui fait tout plein de recommendations pour que je me sente bien et à l’aise dans cet hôtel. Avant de s’en aller, il me donne son n° de portable et me demande si je veux visiter le très beau temple local. Je préfèrerais partir le plus tôt possible mais devant tant de gentillesse, je ne peux que lui dire, oui bien sûr avec plaisir. Nous convenons donc qu’il passerait me prendre vers 10 h. Et je vais bien vite me coucher car il est déjà 1 h du matin mais je suis ravie d’avoir rencontré tous ces gens adorables et une fois de plus, je me dis que l’Inde est faite de contradictions, qu’on y côtoie en permanence le pire et le meilleur, mais Dieu que ce meilleur est agréable. Hier furieuse, aujourd’hui aux anges, je m’endors heureuse de cette belle journée.
Dimanche 30/10 : Ravie de quitter Hyderabad, je me prépare de bonne heure et pourtant je regrette de quitter cet hôtel où tout le personnel est si sympa. Ici au moins, je me sentais bien. J’arrive à la gare vers 11 h. Mon train pour Sholapur part à 11 h 45, voie 1. Je m’installe donc pour un moment dans la salle d’attente réservée aux dames et en attendant l’heure je termine un chouette bouquin commencé quelques jours auparavant. Il est 11 h 40 et toujours pas de train. La gare est noire de monde car beaucoup de trains sont annulés ou retardés à cause de l’accident de la veille mais aussi à cause du mauvais temps. Il semblerait bien que ce soit le cas du Konark Express également. Je vais donc voir ce qu’il en est et on me dit que mon train arrivera vers 12 h 15. Je retourne donc dans la salle d’attente où je commence à papoter avec une jeune fille de 15 ans qui après les 1ères questions d’usage me montre ses diplômes et ses médailles sportives dont elle est très fière et à juste titre. C’est une nageuse qui malgré son jeune âge fait déjà de la compétition à haut niveau. Je lui souhaite d’aller aux prochains jeux olympiques. Elle est aux anges. Sa maman aussi d’ailleurs, elle est si fière de sa fille. Mon autre voisine est étudiante en médecine. Elle veut devenir pédiatre. Elle étudie à Aurangabad et attend son train pour Vijayawada où réside sa famille qu’elle va rejoindre pour fêter Divali et pour assister aux fiançailles de sa sœur qui se mariera en février prochain. On aura beaucoup de temps pour converser sur plein de sujets différents et j’en apprends beaucoup sur le quotidien des femmes, entr’autre car à 12 h 30 on m’annonce mon départ pour 15 h, puis 17 h. A 17 h 15 le train arrive enfin mais sur la voie 2. Je quitte donc bien vite me nouvelle copine qui elle partira Dieu sait quand ???? Je m’installe dans mon compartiment déjà occupé par une dame assez âgée et un jeune homme à l’allure sportive tout de jeans vêtu, avec de belles baskets blanches et un large sourire. Il me cède immédiatement la place près de la fenêtre où je serai mieux me dit-il. Evidemment après cette entrée en matière, il m’apprend qu’il est de Sholapur où je me rends justement, qu’il est dans la marine, qu’il est lutteur semi professionnel, qu’il est marié depuis 2 ans et que sa femme vit à Sholapur avec ses parents alors que lui est basé à Visakhapatnam. Il rentre chez lui pour Divali. Il n’en revient pas que je voyage seule en Inde et me propose d’emblée de m’emener à mon hôtel car on arrivera très tard. Effectivement vu l’heure à laquelle on est parti, il sera minuit au moins. J’accepte donc car il n’était pas du tout prévu que je passe la nuit à Sholapur où je devais normalement reprendre de suite un bus pour Bijapur. Il m’indique l’adresse d’un très bon hôtel et on papotera ainsi une bonne partie du voyage. Comme je n’ai pas réservé de repas, il m’offre plein de fruits, des mandarines, des pommes et des bananes. A mi-chemin, on apporte le souper. La vieille dame est rejointe par sa fille qui était dans un autre compartiment. Elle me salue très gentiment et engage elle aussi la conversation. Elle travaille à Bombay dans le social et encore une fois j’apprends plein de choses sur la vie des orphelins, des enfants démunis, des personnes âgées ou seules, surtout des femmes. Elle me donnera son numéro de téléphone et me prie de la contacter à mon retour à Bombay pour dîner un soir chez elle avec sa petite famille. Cette dame très sympathique est très cultivée, ce qui rend la conversation des plus intéressante. Elle aussi s’inquiète de me savoir seule si tard dans une ville étrangère mais le jeune homme la rassure de suite et il promet qu’il prendra soin de moi. Quand le train entre en gare de Sholapur, je n’ai pas le temps de prendre ma valise car il est déjà descendu avec ses bagages et les miens. Il m’accompagne jusqu’au rickshaw, parlemente quelques instants, installe les bagages devant à côté du chauffeur et me prie de monter. Lui s’installe également à côté du chauffeur et en 2 temps, 3 mouvements je suis arrivée a City hotel 3 * (800 rps). Je veux payer le rickshaw mais rien à faire, il n’en est pas question. Il va jusqu’à négocier le prix de ma chambre et même si je ne comprends pas un traître mot de sa conversation avec le réceptionniste, je vois bien qu’il lui fait tout plein de recommendations pour que je me sente bien et à l’aise dans cet hôtel. Avant de s’en aller, il me donne son n° de portable et me demande si je veux visiter le très beau temple local. Je préfèrerais partir le plus tôt possible mais devant tant de gentillesse, je ne peux que lui dire, oui bien sûr avec plaisir. Nous convenons donc qu’il passerait me prendre vers 10 h. Et je vais bien vite me coucher car il est déjà 1 h du matin mais je suis ravie d’avoir rencontré tous ces gens adorables et une fois de plus, je me dis que l’Inde est faite de contradictions, qu’on y côtoie en permanence le pire et le meilleur, mais Dieu que ce meilleur est agréable. Hier furieuse, aujourd’hui aux anges, je m’endors heureuse de cette belle journée.
Lundi 24/10 : Dès mon réveil je me mets donc en quête d’un hôtel plus convenable. Je le trouve à 600 M du précédent. Le Classic hotel = 800 rps mais très bien, chambre propre, moderne avec eau chaude et tout le confort d’un hôtel pour hommes d’affaires. Un peu impersonnel mais bon accueil. Le patron me propose même d’aller prendre mes bagages avec sa voiture personnelle.
Il m’offre en outre une heure d’internet par jour et le computer de son bureau pour taper mon récit.
Je m’installe donc puis direction bureau du tourisme. Là aussi hyper gentils. Je décide de réserver par leur intermédiaire un tour organisé pour Ellora et un autre pour Ajanta.
En sortant, un chauffeur de rickshaw me propose d’aller visiter un ateler de tissage de saris Paithani, une spécialité de la région qui est en fait une trame de soie, tissée avec du fil de soie d’un autre ton et de fils d’or qui forment de magnifiques motifs géomètriques. Ces saris demandent plusieurs mois de travail et sont donc très chers.
Dans le même atelier, on me fait une démonstration de tissage « Himroo », autre spécialité de la ville. Cette fois la trame est en coton et le tissage s’effectue avec de la soie mélangée à de l’argent. On en fait plutôt des châles très colorés, peut-être un peu trop pour mon goût personnel.
Je m’en vais ensuite vers le bazar, l’énorme marché de la ville tenu en majorité par des musulmans. Les femmes circulent ici voilées jusqu’aux yeux qui seuls émergent de leur tenue nore corbeau. Des regards furtifs, pas de grands sourires, mais pas d’hostilité non plus.
On dirait d’ailleurs qu’elles ont peur de lever les yeux et de rencontrer d’autres regards. C’est dommage !
Les hommes par contre ont beaucoup plus de blabla mais cette fois, c’est moi qui les ignore car il ne semble pas trop sympa.
En passant devant une échoppe, je m’arrête un moment pour regarder de très beaux bronzes. L’artisan m’interpelle et me propose de rentrer pour voir sa collection. Je dois dire que le travail est de grande qualité et l’homme semble passionné par son travail. Il me montre plein de superbes pièces (uniques car travail entièrement fait main, pas de coulages en série). J’ai une envie folle d’acheter mais ces plus belles pièces sont grandes et lourdes. Les prix sont raisonnables, ce qui ne me facilite pas les choses pour me faire une raison.
En plus, l’homme est hyper gentil et même si je n’achète pas, il m’offre de jeter un coup d’œil à son petit trésor. Il s’agit de peintures de grande qualité, copie de celles qui se trouvent dans les grottes Bouddhiques d’Ajanta. Elles sont bien gardées au fond d’un coffre-fort qu’il ouvre pour moi avec de grandes et lourdes clefs. Il finit par me proposer d’aller boire un thé dans son logis privé situé juste au-dessus de sa petite boutique. Sa femme tout aussi adorable m’apporte le thé, des biscuits qu’elle a préparé spécialement pour Divali, la semaine prochaine.
J’ai donc passé 2 h très agréables en leur compagnie à papoter de tous les plus beaux sites de l’Inde, de l’art du bronze, de la danse et de la peinture. Cet homme est étonnant et très érudit et sa femme le regarde avec adoration. Je fini par prendre congé à regret et aussitôt que je me retrouve dans la rue, je regrette encore plus de n’avoir rien acheté mais la route est encore longue. Il me reste encore 2 gros mois de voyage et les compagnies aériennes limitent de plus en plus le poids des bagages maxi autorisé et il faut que je me fasse une raison. Que c’est dur parfois de laisser toutes ces merveilles derrière soi.
Je continue donc de déambuler dans les ruelles du vieux quartier et je me retrouve au milieu de dizaines de boutiques de saris. Mon regard se fige sur un voile de soie d’un beau saumon pâle rehaussé de broderies ton sur ton mêlées de fils d’argent. Ca y est, c’est décidé, c’est celui que je porterai pour le mariage de Saru. Il me reste à trouver le tailleur qui me fera le « choli » assorti à porter sous le sari. Je le trouve rapidement dans une ruelle adjacente. 40 rps pour la façon et il m’accompagne même pour acheter le tissu qui convient le mieux. Finallement je m’achète encore du tissu pour me faire 2 penjabi-dress. Le tailleur viendra m’apporter le tout à l’hôtel après-demain soir. Allez maintenant je rentre. Décidément j’adore cette ville.
Mardi 25/10 : J’ai donc opté pour une excursion organisée pour aller à Ajanta à 100 kms d’Aurangabad. Le bus est plein, nous partons à 8 h 30. Il y a 3 h de route. De 11 h 30 à 13 h 30 le guide nous explique moitié en anglais moitué en hindi, l’histoire et la vie de Bouddha qui est retracée sous forme de fresque sur les murs de ces grottes extraordinaires dont certaines datent du 2e S avant JC. Dommage, il y fait très sombre afin de protéger les peintures qui s’haltèrent à la lumière vive, ce qui ne nous permet pas d’en voir tous les détails mais les couleurs sont restées vives. Après la visite je suis tellement frustrée de n’avoir vu que très rapidement les grottes les plus importantes que je m’arrange avec le guide pour pouvoir rester seule sur le site pendant que le reste du groupe va prendre le lunch à 4 kms dans le restaurant où sont garés les bus. Pour protéger quelque peu le site le ministère du tourisme Indien a mis en place une navette de bus spéciaux (électriques, et donc non polluants) qui sont les seuls à pouvoir accéder à l’entrée du site contre 25 rps. Voilà une bien bonne initiative. Le droit d’entrée est de 250 rps pour les touristes étrangers et 10 rps pour les touristes Indiens. Je peux donc retourner seule voir mes grottes préférées à l’aise et je rejoins le groupe à 15 h 30. A peine arrivée sur le parking, je suis happée par les marchands du temple. Un magnifique Bouddha en pierre verte veinée de blanc et bien travaillée attire mon regard mais aussitôt on m’annonce le prix : 8.000 rps. Devant mon refus ils vont jusqu’à baisser le prix jusque 500 rps mais encore une fois c’est bien trop lourd et puis je n’aime pas ce système de harcèlement continuel. Ma parole, je deviens sage !!!! Retour en 3 h. Je suis assise à côté d’un jeune homme charmant. Il est de Bombay et a profité d’une semaine de séminaire à Aurangabad pour visiter Ajanta. Nous conversons pendant toute la route et avant de descendre du bus, il me donne sa carte en me proposant de m’héberger si je reviens à Mumbai. Il habite dans un grand appartement avec sa toute jeune épouse et ils n’ont pas encore d’enfants. Chouette, encore une bien belle journée.
Mercredi 26/10 : A l’instar de la veille, l’excursion m’amènera aujourd’hui à Ellora, d’autres grottes Bouddhiques à 30 kms de la ville seulement. Nous commençons pourtant par un autre site : Daulatabad, un fort impressionnant. Une petite merveille de trouvailles ingénieuses pour que ce fort reste imprenable. Malgré tous les dispositifs si élaborés, il finira par tomber aux mains de l’ennemi qui fût assez malin pour soudoyer un garde au lieu d’essayer de prendre le fort par la force. Le palais trône à 200 M sur une colline entourée de 2 épais remparts séparés par des douves qui outre de l’eau contenaient des crocodiles et des serpents d’eau en masse. Dur dur dans ce cas de franchir ces douves…. Les grottes d’Ellora sont encore plus merveilleuses que celles d’Ajanta. En plus nous bénéficions des services d’un excellent guide. Nous n’aurons hélas pas le temps de visiter tout le site et devrons nous contenter de la visite des principales grottes qui sont en partie Bouddhiques, en partie Jaïn et dont une seule est dédiée à Shiva, mais il faut dire que c’est la plus extraordinaire. Le Kailash temple puisque c’est de lui qu’il s’agit est vraiment époustouflant. Il est comme tout le site, taillé dans la montagne (excavé en partant du plateau, vers le sol du temple) c’est presque incroyable à imaginer tellement le travail semble colossal. Une profusion de sculptures et d’ornementations lui donne un cachet à nul autre pareil. Je croyais avoir vu les plus belles grottes Bouddhiques en Chine (Dunhuang, Dazu, Luoyang, Datong etc…) Mais ici c’est tout aussi génial et inoubliable. Je reste sans voix. Nous poursuivons l’excursion par la visite de 2 temples Hindous sans grand intérêt puis nous irons à Kultabad où se trouve la tombe toute simple d’Aurangzeb, dernier grand empereur Moghol. C’est aussi ici que fût tourné le film « Paheli » Bibi Ka Maqbara se trouve juste à la lisière de la ville. C’est une réplique du Taj Mahal (nettement plus petit quand même). Ce mausolée a été construit sous le règne d’Aurangzeb pour sa mère. Bel exemple d’amour filial. Une journée bien remplie donc, même un peu trop. Je suis contente de regagner mon hôtel pour un repos bien mérité.
Jeudi 27/10 : Journée creuse. Je quitte Aurangabad à 19 h 10 en train en compagnie d’un jeune allemand rencontré la veille au Bibi Ka Makbara. Il passe par Hyderabad pour aller à Chennai. Le pauvre ignore tout des inondations et des trains supprimés. Je lui conseille donc vivement de changer d’itinéraire et je passe toute ma soirée à lui en établir un autre car il ne semble pas avoir préparé son voyage du tout et se demande ce qu’il pourrait bien faire pour échapper à la pluie torrentielle qui sévit pour le moment du côté de Chennai.
Vendredi 28/10 : Arrivée à 9 h à Secundarybad où je suis de suite confrontée à la gourmandise et à la malhonnêteté des chauffeurs de rickshaw. Je dois me battre ferme pour obtenir un prix décent pour me rendre au Yatri Nivas Hotel qui est considéré par Lonely Planet comme bien tenu avec grandes chambres TV et eau chaude 24/24 h. Grandes chambres, oui mais qui puent le moisi et dont les murs sont noirs d’humidité. La TV fonctionne très bien mais pas d’eau chaude qui doit revenir d’une minute à l’autre. J’attends toujours…. Tout ça pour 800 rps + taxe et l’arrogance du personnel en prime. Normal, c’est un hôtel gouvernemental. Je prends quand même pour une nuit car j’ai peu et mal dormi dans le train. J’ai surtout envie d’une bonne douche mais une heure plus tard, toujours pas d’eau ni chaude ni froide d’ailleurs. Bon, je me fais une raison et je descend à la réception où on me propose de me conduire gratis dans une boutique de perles. J’accepte en sachant d’avance que je n’y achèterai rien mais le magasin est situé près du bazar et de Charminar que je veux voir bien sûr. Ce quartier étant vraiment loin de mon hôtel, ça m’évitera des discussions sans fin avec les chauffeurs de rickshaw. Arrivée à Charminar, une foule considérable (rien que des hommes) est assise sur la rue, sur des tapis de prière. Il est 13 h 30 et nous sommes en pleine période de ramadan, ceci expliquant cela. Un tout petit couloir est réservé aux piétons qui ont vraiment besoin de circuler. La police est vraiment très présente. 3 policiers casqués et matraque à la main, tous les 5 M, quelle ambiance !!! Pourtant personne ne me paraît agité ou hostile. Les gens sont complètement concentrés sur leurs prières. Je ne pourrai cependant pas atteindre la grande mosquée qui est encore plus noire de monde et dans un périmètre de sécurité maximum. Comme c’est vendredi, pratiquement tout est fermé aujourd’hui. En plus il fait gris et je décide d’aller au zoo qui est paraît-il le plus grand et le plus beau de l’Inde. En effet, ici pas de cages, mais des enclos très spacieux entourés d’eau où évoluent toute la faune du pays. Le clou du zoo, un superbe léopard que j’ai pu approché à un mètre grâce à un petit backshish. Impressionnant ! Le gardien qui s’en occupe l’appelle par son nom et il arrive aussitôt comme un gros chat. Il se frotte même contre les jambes de l’homme. Je n’irai pas jusqu’à en faire autant malgré l’envie qui me tenaille car je suis fascinée. Son regard est plongé dans le mien à juste un mètre de distance. Je n’ose bouger, lui ne bouge pas non plus. Je souris et comme s’il avait compris que je le trouve magnifique, il ouvre la gueule en émettant un grognement mais qui n’a rien de féroce. Un moment de pur bonheur même si nous sommes quand même dans un zoo, ce que je n’apprécie pas vraiment en général. Plus loin, 4 jeunes tigres blancs sont tout aussi merveilleux. Je verrai successivement des daims tachetés, des nilgais, des mangoustes, des lions d’Asie, des ours bruns et noirs et des rhinos unicornes ainsi qu’un éléphant qui ballade nonchalamment son cornac dans les allées du parc. J’y passe une bonne après-midi. D’ailleurs dans mes déambullations je rencontre toute une école de jeunes filles de Warangal en uniforme pimpant, accompagnées de leur prof qui me fond littéralement dessus pour me serrer la main, discuter un moment, échanger nos adresses et faire bien sûr quelques photos. Le directeur de l’école est également de la partie et il me promet de mettre l’histoire et la géo de la Belgique au programme scolaire dès le rentrée après Divali. Tout ça me fait bien sourire mais je vois que ça vient droit du cœur en tout cas. Hélas, tous les bons moments ont une fin et il me faut encore 1 fois négocier ferme pour qu’un rickshaw mette le compteur car nous sommes tout à fait à l’autre bout de cette ville immense qu’est Hyderabad, ville surpeuplée où les gens conduisent vraiment comme des cinglés. On risque sa vie à chaque traversée de rue et je suis contente d’avoir booké une excursion pour demain car vraiment ces négociations stériles m’épuisent. Après une petite heure passée dans un cyber café où je suis entourée de jeunes gens sympas, je m’apprête à aller manger quand tout à coup il se met à pleuvoir des hallebardes. Tant pis, après avoir attendu un bon moment je pars quand même mais la rue est déjà sous eau car il n’y a aucun système d’égouttage pour l’absorber. Je patauge donc tant bien que mal dans cette eau noire et boueuse jusqu’à l’hôtel qui a quand même un plus : un excellent restaurant où je rêve d’une bonne côte à l’os en dégustant comme d’habitude un chicken tikka succulent. En sortant du resto, je me trouve devant une voiture blanche garée en travers de la porte et plus moyen de rentrer ou de sortir de la cour intérieure où se trouve le resto. Il pleut toujours à torrents. Comme son propriétaire a déserté les lieux et que la voiture est ouverte, tout le monde est obligé de rentrer par une portière arrière et ressortir par l’autre pour se retrouver dans une immense flaque provoquée par un trou profond dans la chaussée. Le proprio imbécile revient juste au moment ou je ressors de sa voiture et il se fait copieusement insulter par tout l’attroupement mouillé qu’il a provoqué par sa connerie. Je n’ajouterai rien mais je n’en penses pas moins. Une fois de retour dans ma chambre, toujours pas d’eau chaude mais ça va, j’ai pris ma douche dehors et à l’eau froide.
Mardi 25/10 : J’ai donc opté pour une excursion organisée pour aller à Ajanta à 100 kms d’Aurangabad. Le bus est plein, nous partons à 8 h 30. Il y a 3 h de route. De 11 h 30 à 13 h 30 le guide nous explique moitié en anglais moitué en hindi, l’histoire et la vie de Bouddha qui est retracée sous forme de fresque sur les murs de ces grottes extraordinaires dont certaines datent du 2e S avant JC. Dommage, il y fait très sombre afin de protéger les peintures qui s’haltèrent à la lumière vive, ce qui ne nous permet pas d’en voir tous les détails mais les couleurs sont restées vives. Après la visite je suis tellement frustrée de n’avoir vu que très rapidement les grottes les plus importantes que je m’arrange avec le guide pour pouvoir rester seule sur le site pendant que le reste du groupe va prendre le lunch à 4 kms dans le restaurant où sont garés les bus. Pour protéger quelque peu le site le ministère du tourisme Indien a mis en place une navette de bus spéciaux (électriques, et donc non polluants) qui sont les seuls à pouvoir accéder à l’entrée du site contre 25 rps. Voilà une bien bonne initiative. Le droit d’entrée est de 250 rps pour les touristes étrangers et 10 rps pour les touristes Indiens. Je peux donc retourner seule voir mes grottes préférées à l’aise et je rejoins le groupe à 15 h 30. A peine arrivée sur le parking, je suis happée par les marchands du temple. Un magnifique Bouddha en pierre verte veinée de blanc et bien travaillée attire mon regard mais aussitôt on m’annonce le prix : 8.000 rps. Devant mon refus ils vont jusqu’à baisser le prix jusque 500 rps mais encore une fois c’est bien trop lourd et puis je n’aime pas ce système de harcèlement continuel. Ma parole, je deviens sage !!!! Retour en 3 h. Je suis assise à côté d’un jeune homme charmant. Il est de Bombay et a profité d’une semaine de séminaire à Aurangabad pour visiter Ajanta. Nous conversons pendant toute la route et avant de descendre du bus, il me donne sa carte en me proposant de m’héberger si je reviens à Mumbai. Il habite dans un grand appartement avec sa toute jeune épouse et ils n’ont pas encore d’enfants. Chouette, encore une bien belle journée.
Mercredi 26/10 : A l’instar de la veille, l’excursion m’amènera aujourd’hui à Ellora, d’autres grottes Bouddhiques à 30 kms de la ville seulement. Nous commençons pourtant par un autre site : Daulatabad, un fort impressionnant. Une petite merveille de trouvailles ingénieuses pour que ce fort reste imprenable. Malgré tous les dispositifs si élaborés, il finira par tomber aux mains de l’ennemi qui fût assez malin pour soudoyer un garde au lieu d’essayer de prendre le fort par la force. Le palais trône à 200 M sur une colline entourée de 2 épais remparts séparés par des douves qui outre de l’eau contenaient des crocodiles et des serpents d’eau en masse. Dur dur dans ce cas de franchir ces douves…. Les grottes d’Ellora sont encore plus merveilleuses que celles d’Ajanta. En plus nous bénéficions des services d’un excellent guide. Nous n’aurons hélas pas le temps de visiter tout le site et devrons nous contenter de la visite des principales grottes qui sont en partie Bouddhiques, en partie Jaïn et dont une seule est dédiée à Shiva, mais il faut dire que c’est la plus extraordinaire. Le Kailash temple puisque c’est de lui qu’il s’agit est vraiment époustouflant. Il est comme tout le site, taillé dans la montagne (excavé en partant du plateau, vers le sol du temple) c’est presque incroyable à imaginer tellement le travail semble colossal. Une profusion de sculptures et d’ornementations lui donne un cachet à nul autre pareil. Je croyais avoir vu les plus belles grottes Bouddhiques en Chine (Dunhuang, Dazu, Luoyang, Datong etc…) Mais ici c’est tout aussi génial et inoubliable. Je reste sans voix. Nous poursuivons l’excursion par la visite de 2 temples Hindous sans grand intérêt puis nous irons à Kultabad où se trouve la tombe toute simple d’Aurangzeb, dernier grand empereur Moghol. C’est aussi ici que fût tourné le film « Paheli » Bibi Ka Maqbara se trouve juste à la lisière de la ville. C’est une réplique du Taj Mahal (nettement plus petit quand même). Ce mausolée a été construit sous le règne d’Aurangzeb pour sa mère. Bel exemple d’amour filial. Une journée bien remplie donc, même un peu trop. Je suis contente de regagner mon hôtel pour un repos bien mérité.
Jeudi 27/10 : Journée creuse. Je quitte Aurangabad à 19 h 10 en train en compagnie d’un jeune allemand rencontré la veille au Bibi Ka Makbara. Il passe par Hyderabad pour aller à Chennai. Le pauvre ignore tout des inondations et des trains supprimés. Je lui conseille donc vivement de changer d’itinéraire et je passe toute ma soirée à lui en établir un autre car il ne semble pas avoir préparé son voyage du tout et se demande ce qu’il pourrait bien faire pour échapper à la pluie torrentielle qui sévit pour le moment du côté de Chennai.
Vendredi 28/10 : Arrivée à 9 h à Secundarybad où je suis de suite confrontée à la gourmandise et à la malhonnêteté des chauffeurs de rickshaw. Je dois me battre ferme pour obtenir un prix décent pour me rendre au Yatri Nivas Hotel qui est considéré par Lonely Planet comme bien tenu avec grandes chambres TV et eau chaude 24/24 h. Grandes chambres, oui mais qui puent le moisi et dont les murs sont noirs d’humidité. La TV fonctionne très bien mais pas d’eau chaude qui doit revenir d’une minute à l’autre. J’attends toujours…. Tout ça pour 800 rps + taxe et l’arrogance du personnel en prime. Normal, c’est un hôtel gouvernemental. Je prends quand même pour une nuit car j’ai peu et mal dormi dans le train. J’ai surtout envie d’une bonne douche mais une heure plus tard, toujours pas d’eau ni chaude ni froide d’ailleurs. Bon, je me fais une raison et je descend à la réception où on me propose de me conduire gratis dans une boutique de perles. J’accepte en sachant d’avance que je n’y achèterai rien mais le magasin est situé près du bazar et de Charminar que je veux voir bien sûr. Ce quartier étant vraiment loin de mon hôtel, ça m’évitera des discussions sans fin avec les chauffeurs de rickshaw. Arrivée à Charminar, une foule considérable (rien que des hommes) est assise sur la rue, sur des tapis de prière. Il est 13 h 30 et nous sommes en pleine période de ramadan, ceci expliquant cela. Un tout petit couloir est réservé aux piétons qui ont vraiment besoin de circuler. La police est vraiment très présente. 3 policiers casqués et matraque à la main, tous les 5 M, quelle ambiance !!! Pourtant personne ne me paraît agité ou hostile. Les gens sont complètement concentrés sur leurs prières. Je ne pourrai cependant pas atteindre la grande mosquée qui est encore plus noire de monde et dans un périmètre de sécurité maximum. Comme c’est vendredi, pratiquement tout est fermé aujourd’hui. En plus il fait gris et je décide d’aller au zoo qui est paraît-il le plus grand et le plus beau de l’Inde. En effet, ici pas de cages, mais des enclos très spacieux entourés d’eau où évoluent toute la faune du pays. Le clou du zoo, un superbe léopard que j’ai pu approché à un mètre grâce à un petit backshish. Impressionnant ! Le gardien qui s’en occupe l’appelle par son nom et il arrive aussitôt comme un gros chat. Il se frotte même contre les jambes de l’homme. Je n’irai pas jusqu’à en faire autant malgré l’envie qui me tenaille car je suis fascinée. Son regard est plongé dans le mien à juste un mètre de distance. Je n’ose bouger, lui ne bouge pas non plus. Je souris et comme s’il avait compris que je le trouve magnifique, il ouvre la gueule en émettant un grognement mais qui n’a rien de féroce. Un moment de pur bonheur même si nous sommes quand même dans un zoo, ce que je n’apprécie pas vraiment en général. Plus loin, 4 jeunes tigres blancs sont tout aussi merveilleux. Je verrai successivement des daims tachetés, des nilgais, des mangoustes, des lions d’Asie, des ours bruns et noirs et des rhinos unicornes ainsi qu’un éléphant qui ballade nonchalamment son cornac dans les allées du parc. J’y passe une bonne après-midi. D’ailleurs dans mes déambullations je rencontre toute une école de jeunes filles de Warangal en uniforme pimpant, accompagnées de leur prof qui me fond littéralement dessus pour me serrer la main, discuter un moment, échanger nos adresses et faire bien sûr quelques photos. Le directeur de l’école est également de la partie et il me promet de mettre l’histoire et la géo de la Belgique au programme scolaire dès le rentrée après Divali. Tout ça me fait bien sourire mais je vois que ça vient droit du cœur en tout cas. Hélas, tous les bons moments ont une fin et il me faut encore 1 fois négocier ferme pour qu’un rickshaw mette le compteur car nous sommes tout à fait à l’autre bout de cette ville immense qu’est Hyderabad, ville surpeuplée où les gens conduisent vraiment comme des cinglés. On risque sa vie à chaque traversée de rue et je suis contente d’avoir booké une excursion pour demain car vraiment ces négociations stériles m’épuisent. Après une petite heure passée dans un cyber café où je suis entourée de jeunes gens sympas, je m’apprête à aller manger quand tout à coup il se met à pleuvoir des hallebardes. Tant pis, après avoir attendu un bon moment je pars quand même mais la rue est déjà sous eau car il n’y a aucun système d’égouttage pour l’absorber. Je patauge donc tant bien que mal dans cette eau noire et boueuse jusqu’à l’hôtel qui a quand même un plus : un excellent restaurant où je rêve d’une bonne côte à l’os en dégustant comme d’habitude un chicken tikka succulent. En sortant du resto, je me trouve devant une voiture blanche garée en travers de la porte et plus moyen de rentrer ou de sortir de la cour intérieure où se trouve le resto. Il pleut toujours à torrents. Comme son propriétaire a déserté les lieux et que la voiture est ouverte, tout le monde est obligé de rentrer par une portière arrière et ressortir par l’autre pour se retrouver dans une immense flaque provoquée par un trou profond dans la chaussée. Le proprio imbécile revient juste au moment ou je ressors de sa voiture et il se fait copieusement insulter par tout l’attroupement mouillé qu’il a provoqué par sa connerie. Je n’ajouterai rien mais je n’en penses pas moins. Une fois de retour dans ma chambre, toujours pas d’eau chaude mais ça va, j’ai pris ma douche dehors et à l’eau froide.
Et oui je suis rentrée depuis un moment de ce fabuleux voyages où j'ai beaucoup râlé et je m'étais juré que je ne mettrai plus jamais les pieds dans cette Inde qui a bien changé depuis mes 1ers voyages. Mais avec le recul, je ne pense déjà plus qu'à une chose, y retourner pour découvrir le Ladakh entr'autres que je ne connais pas encore.
Jeudi 13/10 : A 7 heures precises le bus deluxe demarre au grand complet pour Bhavnagar, petite ville poussiereuse specialisee dans la fabrication de coton et dans le commerce du diamant. Rien de bien special a y voir sauf un beau palais transforme en hotel de luxe ou nous irons souper le soir, au milieu d’un jardin agremete de fontaines et de beaux eclairages. Nous y mangerons d’ailleurs tres bien et le cadre est super agreeable. Notre hotel, le Bluehill est d’ailleurs tout aussi agreeable et c’est une bonne surprise. De notre fenetre nous avons une vue sur un grand parc plante d’arbres ou s’ébattent de nombreux oiseaux "painted storks" qui sont une sorte de cigognes aux ailes roses.
Vendredi 14/10 : Aujourd’hui est un grand jour. En effet, j’ai moi aussi révé depuis longtemps comme toi, ma Sandrine, d’escalader la colline de SHATRUNJAYA ou se trouve les 863 temples Jains de Palitana. Nous quittons donc l’hotel vers 7 h en jeep et après 51 kms vite parcourus, nous voici donc sur le lieu d’un des plus celebre pelerinage en Inde. Dès que la voiture s’immobilise, une horde de “doli” porteurs se precipitent pour avoir le privilege de nous porter jusqu’en haut. Je deteste l’idée meme de me faire porter par de pauvres bougres minces mais musclés par les nombreuses ascensions qui sont leur seul gagne-pain, et vu la chaleur etouffante qu’il fait déja alors qu’il n’est meme pas 8 h, je me résous tout de meme tant bien que mal a négocier avec un des “doli”. Il y a 2 systeme differents de portage et j’opte pour celui qui me parait le plus confortable pour moi-meme mais aussi pour les porteurs puisqu’il s’agit dune chaise tout a fait normale (genre chaise de camping) fixee sur de gros bambous et poses sur les epaules de 4 hommes. Je negocie au prix mentionne dans la derniere edition du Lonely Planet, bien que cela me parait bien peu paye au regard de l’effort a fournir (surtout que je ne suis pas en mesure de faire de la pub pour taillefine). Mais bon, il faut aussi penser a ceux qui viendront après moi et il ne faut pas donner de mauvaises idees parait-il. Je m’installe donc au prix convenu et en moins de 2, je me retrouve a 1, 50 M du sol avec juste une bouteille d’eau sur les genoux et un appareil photo attaché a un pan de ma penjabi-dress car aucun objet en cuir n’est autorise sur la colline sacree, qui est desertée la nuit, meme par les prêtres. Je n’en mène pas large car quand je vois devant moi ces homes si menus, je me demande comment ils feront pour arriver la haut. La route jusqu’au sommet fait +/- 4 kms avec un denivelle de 600 M et plus de 3.000 marches a gravir. Il faut donc fournir un effort considerable pour deja se hisser en haut soi-meme mais s’il faut en plus porter quelqu’un sur les epaules, c’est un travail de forçat et avec la chaleur intense en plus, je me demande plusieurs fois si je ne vais pas renoncer car je ne suis vraiment pas en paix avec ma conscience. A ma grande surprise, les 4 jeunes gens qui me portaient et qui s’arrêtent d’ailleurs tres souvent (ceci dit je les comprend fort bien), me posent par terre et me reclament la somme totale convenue pour le portage, et ce après 600 M seulement. Je refuse et leur dis que je ne paierai qu’une fois arrivee en haut. Il me reclament 200 rps x 4 puisqu’ils sont 4 alors que le prix convenu etait de 200 rps au total. Ce n’est donc pas tres honnete et moi qui me preparait deja a leur donner un bon pourboire, je me fache pour de bon et je les envoie promener sans les payer du tout car j’ai horreur qu’on m’arnaque ou qu’on se paie ma tete. Qu’a cela ne tienne, je monterai donc a pied. Entretemps, tout un attroupement s’est créé autour de moi et tout le monde y va de son petit commentaire. Les clients me donnent raison, les porteurs évidemment pas. Les autres pélerins se fachent sur les 4 malhonnetes et je prend la fuite, ce qui met fin aux palabres. Quelques 100 marches plus haut, un vieux et charmant monsieur négocie pour moi 2 autres ‘doli” beaucoup plus ages. Ils se servent d’un systeme légerement different a savoir une assise en corde fixee a 4 cordes plus grosses et plus solides, qui sont elles-memes attachees a des gros bambous qu’ils portent sur les epaules. Le vieux monsieur se donne beaucoup de mal et je ne peux donc refuser d’employer ces 2 “doli” meme si je trouve le systeme encore plus précaire que le precedent. Je m’installe donc tant bien que mal sur cette petite assise posee a meme le sol, avec les jambs croisees sous moi comme le font les yogis (en beaucoup mieux evidemment car je suis raide comme la justice) et en 2 coups de cuillere a pot, me revoila dans les airs et nous voila partis. Sur le chemin tout le monde me sourit et me salue, heureux de ce bon dénuement mais moi je dois etre un peu verte car je ne me sens pas très a l’aise au bout de ces cordes, comme une marrionnette prête a tomber dans le vide. Mes porteurs s’essoufflent assez rapidement, les pauvres et j’en profite pour faire un nouveau deal avec eux. Pour le meme prix, ils me portent sur 25 marches et moi je monte a pied les 25 suivantes ainsi que sur terrain plat, s’il y en a (ce dont je doute quand je regarde vers le sommet). Ok, tout le monde est content et c’est ainsi que 3h15 plus tard, je peux enfin contempler le sanctuaire principal dedie a Sri Adishwara ou temple d’Adinath. En fait, j'ai plus marché qu'été portée mais je n'en suis pas fâchéer du tout malgré l'effort que cela m'a demandé. Mes porteurs sont déjà assez crevés comme ça car pour eux c'est la 2e ascension. La colline de Shatrunjaya est entierement dediee aux dieux. Les temples ont ete edifies pendant 900 ans. Dans les nombreux temples et templions, on peut voir des statues en marbre blanc ou noir dont certaines sont pourvues de bras et mains en argent massif. Le front est orné de nombreuses pierres precieuses (diamants, rubis, saphirs). Certaines statues arborent des colliers de tres grosses perles en nacre rose reçus en offrandes des pélerins dont les voeux furent exaucés, mais toutes les statues arborent le meme visage avec des yeux rappelant un peu ceux que l’on peut voir sur le stupa de Bodnath a Kathmandu. Il est a noter aue le fondateur du jainisme et Bouddha furent contemporains. Je passé un long moment a regarder et a m’impregner de toute la magie de ces temples ou je ne peux malheureusement faire des photos qu’a l’exterieur. La devotion des fideles est palpable et je me laisse gagner par cette ferveur qui m’envahit lentement. Je me prends meme a faire un voeux pour celle qui se reconnaitra et je suis sure qu il sera exauce.. Comme convenu avec mes porteurs je redescend a pied, ce qui me prend quand meme une bonne heure en plein soleil de debut d’apres midi. A mon arrivee a la voiture je n’ai qu’une idée en tete, m’asseoir au plus vite et surtout boire et boire encore et encore car je ressemble a une ecrevisse déssechée cuite a point. Je m’affale et pendant 3 heures la jeep poursuit sa route cahotique sur un ruban noir plein de trous et de nids de poule et c’est avec soulagement que nous arrivons a Diu pour profiter pendant quelques jours de la plage, du soleil et d’un repos bien necessaire. Nous nous installons a Nagoa Beach qui est un autre Goa bis mais beaucoup moins frequenté par les étrangers. Dans un resort pour Indiens middle et upper class nous profitons de tout le confort d’un endroit propre et super confortable avec piscine et tout et tout pour 1.750 rps par jour. Le restaurant est excellent, l’endroit est super calme car il semble qu’il n’y ait même pas 10 chambres occupées.
Samedi 15/10 : Aujourd’hui repos total, je profite de l’occasion pour mettre a jour mon carnet de voyage, lire un peu, manger de delicieuses crevettes qui me changent un peu du poulet que je commence a voir avec des ailes. On peut meme y boire du vin et de l’alcool car nous ne sommes plus dans un “dry territory” et les préceptes de Gandhi n’ont pas cours ici. Diu est une enclave portugaise, passée sous le controle de l’Union Indienne en 1961 seulement et gouvernee par Dehli et non pas par le Gujarat, ceci expliquant cela. C’est une petite ville située sur une ile reliée a la terre ferme par un long pont d’un côté et un ferry de l’autre côté. Une ville de bout du monde qui me fait penser a Livingstone au Guatemala. Ce soir après un delicieux repas, j’aurais aimé profiter une heure ou 2 du cyber café de l’hotel mais pas de chance, pas de connection possible. Demain peut être. Nous terminerons donc la journee en nous promenant sur la tres longue plage de sable gris en forme de croissant ou seuls quelques locaux batifolent dans la mer avec de grands eclats de rire, et qui se baignent tout habillés.
Dimanche 16/10 : Encore une matinée passée a la piscine dont l’eau est délicieusement chaude et a musarder dans le jardin tropical de l’hotel ou palmiers en tout genre, y compris de superbes cycas forment le plus clair du décor. Des touffes d’hibiscus rouges et jaunes, des diffenbachia, des agaves, des plumbago tout legers et tout bleus ciel, des frangipaniers roses, des philodendrons énormes, des buissons de feuillages panaches de roses, de blanc et de vert clair s’offrent a nos regards sous un soleil ardent. L’apres midi, toujours pas de connection possible et j’arrive a m’arranger avec le chef de la reception pour squatter son ordinateur pour y transcrire mon carnet de route. Il me propose meme de me prêter une disquette. Super gentil, je vais enfin pouvoir vous raconter…. J’y passé toute l’apres midi. Impossible de vous faire languir plus longtemps sans nouvelles. Je pense a vous mes chers amis de VF rencontrés au fil de diverses réunions plus sympas les unes que les autres, et je suis heureuse de partager avec ceux qui se reconnaitrons, mes moments de bonheur dans ce coin de paradis. Je sais que certains là bas derriere leur petit ecran, sont morts de rire en lisant certaines de ces pages pendant que d’autres se regalent de mes decouvertes mais a chacun son tour. Pour certains, c’est deja passé et pour d, autres c’est encore a venir. Vers 16 heures nous irons en ville histoire de faire un tour au vieux fort en etat de décrepitude avancée. Il a pourtant bien du charme et les ruelles etroites de la ville sont aussi tres sympathiques. A plusieurs carrefours, s’elevent des chapelles typiquement portugaises et de grandes églises sont egalement très representative de ce style Lusitanien a l’empreinte manuelline. Beaucoup de traces du passage des portugais donc et l’eglise St Thomas est magnifiquement eclairee le soir. Elle est tranformee en musée et on y trouve de nombreuses statues en bois polychrome de nos saints traditionnels. Ce musee est ouvert jusque 21 h. Apres une longue ballade nous retournons a l’hotel car il n’y a plus personne dans les rues et nous nous demandons si nous trouverons encore un rickshaw pour nous ramener a Nagoa Beach. Dans le centre, pres du marché, cela s’anime un peu et un rickshaw nous demande 80 rps pour nous ramener en prétextant ‘service de nuit’. Il est 20 heures. Apres le souper, vite un saut au cyber café mais toujours pas d’internet. On se rabat donc sur la tele avec un Bollywood don’t j’ignore le titre car le film est commence. Peu importe, il y a de la musique, de la danse, de beaux paysages et des saris de toutes les couleurs. En plus, l’acteur vedette est Sharu Khan, celui que je prefere. Une belle histoire d'amour pour m’amener doucement dans les bras de Morphee.
Lundi 17/10 : A la piscine jusque 11 h et puis je décide d’aller en ville pour enfin me connecter. Entretemps on me signale qu’internet est revenu. Je peux donc enfin envoyer une premiere partie de ce recit et prendre lecture de mes messages. L’apres midi je vais en ville pour y negocier une voiture pour aller a Sassan Gir le 19. Il n’y a que 100 kms et pourtant pas moyen de négocier en dessous de 1.800 rps, ce qui est tres cher. Ils profitent vraiment de la situation car on a pas le choix. Aucun moyen de transport direct et avec les valises, difficile de prendre le bus gouvernemental tout deglingué qui met entre 4 et 6 heures pour y arriver. Enfin, on verra demain.
Mardi 18/10 : Dernier jour a Diu. Je pars seule en ville pour encore essayer de trouver une voiture a un prix raisonnable et puis marcher un peu car la piscine commence a me taper un peu sur le systeme. Apres plusieurs tentatives a nouveau infructueuses, je fini par dégoter enfin un chauffeur qui accepte de nous conduire a Sassan Gir pour 1.500 rps, ca ne fait pas beaucoup de difference mais enfin il faut que je me rende a l'évidence, ici pas moyen de faire mieux et j'enrage car c'est encore beaucoup trop par rapport a la distance à parcourir .J'accepte donc quand meme et nous partirons demain a 10 h 30. Je passe encore une heure sur internet pour aller lire mes messages mais juste au moment ou je veux repondre, paffff, panne de courant et c est encore foutu. Je m en vais donc au fort et a ma grande joie, je peux y suivre du regard toute une famille de peroquets jaunes et verts avec de longues queues colorees et des becs rouges vifs. Un vrai balai. Ils se cachent de la chaleur intense dans les parois de la muraille du fort et sortent de temps en temps en voletant a la cime des arbres qui ont pousses ca et la dans les ruines.Apres un bon moment a les observer et aussi quelques tentatives de prises de vues ????il faut vraiment que je rentre apres avoir traversé tout le village a pied. J'arrive a l'hotel vers 14.30 h. Pour terminer l'AM, encore une petite heure pour profiter des derniers moments a la piscine puis une promenade sur la plage au soleil couchant et voila notre derniere journée finie.
Jeudi 13/10 : A 7 heures precises le bus deluxe demarre au grand complet pour Bhavnagar, petite ville poussiereuse specialisee dans la fabrication de coton et dans le commerce du diamant. Rien de bien special a y voir sauf un beau palais transforme en hotel de luxe ou nous irons souper le soir, au milieu d’un jardin agremete de fontaines et de beaux eclairages. Nous y mangerons d’ailleurs tres bien et le cadre est super agreeable. Notre hotel, le Bluehill est d’ailleurs tout aussi agreeable et c’est une bonne surprise. De notre fenetre nous avons une vue sur un grand parc plante d’arbres ou s’ébattent de nombreux oiseaux "painted storks" qui sont une sorte de cigognes aux ailes roses.
Vendredi 14/10 : Aujourd’hui est un grand jour. En effet, j’ai moi aussi révé depuis longtemps comme toi, ma Sandrine, d’escalader la colline de SHATRUNJAYA ou se trouve les 863 temples Jains de Palitana. Nous quittons donc l’hotel vers 7 h en jeep et après 51 kms vite parcourus, nous voici donc sur le lieu d’un des plus celebre pelerinage en Inde. Dès que la voiture s’immobilise, une horde de “doli” porteurs se precipitent pour avoir le privilege de nous porter jusqu’en haut. Je deteste l’idée meme de me faire porter par de pauvres bougres minces mais musclés par les nombreuses ascensions qui sont leur seul gagne-pain, et vu la chaleur etouffante qu’il fait déja alors qu’il n’est meme pas 8 h, je me résous tout de meme tant bien que mal a négocier avec un des “doli”. Il y a 2 systeme differents de portage et j’opte pour celui qui me parait le plus confortable pour moi-meme mais aussi pour les porteurs puisqu’il s’agit dune chaise tout a fait normale (genre chaise de camping) fixee sur de gros bambous et poses sur les epaules de 4 hommes. Je negocie au prix mentionne dans la derniere edition du Lonely Planet, bien que cela me parait bien peu paye au regard de l’effort a fournir (surtout que je ne suis pas en mesure de faire de la pub pour taillefine). Mais bon, il faut aussi penser a ceux qui viendront après moi et il ne faut pas donner de mauvaises idees parait-il. Je m’installe donc au prix convenu et en moins de 2, je me retrouve a 1, 50 M du sol avec juste une bouteille d’eau sur les genoux et un appareil photo attaché a un pan de ma penjabi-dress car aucun objet en cuir n’est autorise sur la colline sacree, qui est desertée la nuit, meme par les prêtres. Je n’en mène pas large car quand je vois devant moi ces homes si menus, je me demande comment ils feront pour arriver la haut. La route jusqu’au sommet fait +/- 4 kms avec un denivelle de 600 M et plus de 3.000 marches a gravir. Il faut donc fournir un effort considerable pour deja se hisser en haut soi-meme mais s’il faut en plus porter quelqu’un sur les epaules, c’est un travail de forçat et avec la chaleur intense en plus, je me demande plusieurs fois si je ne vais pas renoncer car je ne suis vraiment pas en paix avec ma conscience. A ma grande surprise, les 4 jeunes gens qui me portaient et qui s’arrêtent d’ailleurs tres souvent (ceci dit je les comprend fort bien), me posent par terre et me reclament la somme totale convenue pour le portage, et ce après 600 M seulement. Je refuse et leur dis que je ne paierai qu’une fois arrivee en haut. Il me reclament 200 rps x 4 puisqu’ils sont 4 alors que le prix convenu etait de 200 rps au total. Ce n’est donc pas tres honnete et moi qui me preparait deja a leur donner un bon pourboire, je me fache pour de bon et je les envoie promener sans les payer du tout car j’ai horreur qu’on m’arnaque ou qu’on se paie ma tete. Qu’a cela ne tienne, je monterai donc a pied. Entretemps, tout un attroupement s’est créé autour de moi et tout le monde y va de son petit commentaire. Les clients me donnent raison, les porteurs évidemment pas. Les autres pélerins se fachent sur les 4 malhonnetes et je prend la fuite, ce qui met fin aux palabres. Quelques 100 marches plus haut, un vieux et charmant monsieur négocie pour moi 2 autres ‘doli” beaucoup plus ages. Ils se servent d’un systeme légerement different a savoir une assise en corde fixee a 4 cordes plus grosses et plus solides, qui sont elles-memes attachees a des gros bambous qu’ils portent sur les epaules. Le vieux monsieur se donne beaucoup de mal et je ne peux donc refuser d’employer ces 2 “doli” meme si je trouve le systeme encore plus précaire que le precedent. Je m’installe donc tant bien que mal sur cette petite assise posee a meme le sol, avec les jambs croisees sous moi comme le font les yogis (en beaucoup mieux evidemment car je suis raide comme la justice) et en 2 coups de cuillere a pot, me revoila dans les airs et nous voila partis. Sur le chemin tout le monde me sourit et me salue, heureux de ce bon dénuement mais moi je dois etre un peu verte car je ne me sens pas très a l’aise au bout de ces cordes, comme une marrionnette prête a tomber dans le vide. Mes porteurs s’essoufflent assez rapidement, les pauvres et j’en profite pour faire un nouveau deal avec eux. Pour le meme prix, ils me portent sur 25 marches et moi je monte a pied les 25 suivantes ainsi que sur terrain plat, s’il y en a (ce dont je doute quand je regarde vers le sommet). Ok, tout le monde est content et c’est ainsi que 3h15 plus tard, je peux enfin contempler le sanctuaire principal dedie a Sri Adishwara ou temple d’Adinath. En fait, j'ai plus marché qu'été portée mais je n'en suis pas fâchéer du tout malgré l'effort que cela m'a demandé. Mes porteurs sont déjà assez crevés comme ça car pour eux c'est la 2e ascension. La colline de Shatrunjaya est entierement dediee aux dieux. Les temples ont ete edifies pendant 900 ans. Dans les nombreux temples et templions, on peut voir des statues en marbre blanc ou noir dont certaines sont pourvues de bras et mains en argent massif. Le front est orné de nombreuses pierres precieuses (diamants, rubis, saphirs). Certaines statues arborent des colliers de tres grosses perles en nacre rose reçus en offrandes des pélerins dont les voeux furent exaucés, mais toutes les statues arborent le meme visage avec des yeux rappelant un peu ceux que l’on peut voir sur le stupa de Bodnath a Kathmandu. Il est a noter aue le fondateur du jainisme et Bouddha furent contemporains. Je passé un long moment a regarder et a m’impregner de toute la magie de ces temples ou je ne peux malheureusement faire des photos qu’a l’exterieur. La devotion des fideles est palpable et je me laisse gagner par cette ferveur qui m’envahit lentement. Je me prends meme a faire un voeux pour celle qui se reconnaitra et je suis sure qu il sera exauce.. Comme convenu avec mes porteurs je redescend a pied, ce qui me prend quand meme une bonne heure en plein soleil de debut d’apres midi. A mon arrivee a la voiture je n’ai qu’une idée en tete, m’asseoir au plus vite et surtout boire et boire encore et encore car je ressemble a une ecrevisse déssechée cuite a point. Je m’affale et pendant 3 heures la jeep poursuit sa route cahotique sur un ruban noir plein de trous et de nids de poule et c’est avec soulagement que nous arrivons a Diu pour profiter pendant quelques jours de la plage, du soleil et d’un repos bien necessaire. Nous nous installons a Nagoa Beach qui est un autre Goa bis mais beaucoup moins frequenté par les étrangers. Dans un resort pour Indiens middle et upper class nous profitons de tout le confort d’un endroit propre et super confortable avec piscine et tout et tout pour 1.750 rps par jour. Le restaurant est excellent, l’endroit est super calme car il semble qu’il n’y ait même pas 10 chambres occupées.
Samedi 15/10 : Aujourd’hui repos total, je profite de l’occasion pour mettre a jour mon carnet de voyage, lire un peu, manger de delicieuses crevettes qui me changent un peu du poulet que je commence a voir avec des ailes. On peut meme y boire du vin et de l’alcool car nous ne sommes plus dans un “dry territory” et les préceptes de Gandhi n’ont pas cours ici. Diu est une enclave portugaise, passée sous le controle de l’Union Indienne en 1961 seulement et gouvernee par Dehli et non pas par le Gujarat, ceci expliquant cela. C’est une petite ville située sur une ile reliée a la terre ferme par un long pont d’un côté et un ferry de l’autre côté. Une ville de bout du monde qui me fait penser a Livingstone au Guatemala. Ce soir après un delicieux repas, j’aurais aimé profiter une heure ou 2 du cyber café de l’hotel mais pas de chance, pas de connection possible. Demain peut être. Nous terminerons donc la journee en nous promenant sur la tres longue plage de sable gris en forme de croissant ou seuls quelques locaux batifolent dans la mer avec de grands eclats de rire, et qui se baignent tout habillés.
Dimanche 16/10 : Encore une matinée passée a la piscine dont l’eau est délicieusement chaude et a musarder dans le jardin tropical de l’hotel ou palmiers en tout genre, y compris de superbes cycas forment le plus clair du décor. Des touffes d’hibiscus rouges et jaunes, des diffenbachia, des agaves, des plumbago tout legers et tout bleus ciel, des frangipaniers roses, des philodendrons énormes, des buissons de feuillages panaches de roses, de blanc et de vert clair s’offrent a nos regards sous un soleil ardent. L’apres midi, toujours pas de connection possible et j’arrive a m’arranger avec le chef de la reception pour squatter son ordinateur pour y transcrire mon carnet de route. Il me propose meme de me prêter une disquette. Super gentil, je vais enfin pouvoir vous raconter…. J’y passé toute l’apres midi. Impossible de vous faire languir plus longtemps sans nouvelles. Je pense a vous mes chers amis de VF rencontrés au fil de diverses réunions plus sympas les unes que les autres, et je suis heureuse de partager avec ceux qui se reconnaitrons, mes moments de bonheur dans ce coin de paradis. Je sais que certains là bas derriere leur petit ecran, sont morts de rire en lisant certaines de ces pages pendant que d’autres se regalent de mes decouvertes mais a chacun son tour. Pour certains, c’est deja passé et pour d, autres c’est encore a venir. Vers 16 heures nous irons en ville histoire de faire un tour au vieux fort en etat de décrepitude avancée. Il a pourtant bien du charme et les ruelles etroites de la ville sont aussi tres sympathiques. A plusieurs carrefours, s’elevent des chapelles typiquement portugaises et de grandes églises sont egalement très representative de ce style Lusitanien a l’empreinte manuelline. Beaucoup de traces du passage des portugais donc et l’eglise St Thomas est magnifiquement eclairee le soir. Elle est tranformee en musée et on y trouve de nombreuses statues en bois polychrome de nos saints traditionnels. Ce musee est ouvert jusque 21 h. Apres une longue ballade nous retournons a l’hotel car il n’y a plus personne dans les rues et nous nous demandons si nous trouverons encore un rickshaw pour nous ramener a Nagoa Beach. Dans le centre, pres du marché, cela s’anime un peu et un rickshaw nous demande 80 rps pour nous ramener en prétextant ‘service de nuit’. Il est 20 heures. Apres le souper, vite un saut au cyber café mais toujours pas d’internet. On se rabat donc sur la tele avec un Bollywood don’t j’ignore le titre car le film est commence. Peu importe, il y a de la musique, de la danse, de beaux paysages et des saris de toutes les couleurs. En plus, l’acteur vedette est Sharu Khan, celui que je prefere. Une belle histoire d'amour pour m’amener doucement dans les bras de Morphee.
Lundi 17/10 : A la piscine jusque 11 h et puis je décide d’aller en ville pour enfin me connecter. Entretemps on me signale qu’internet est revenu. Je peux donc enfin envoyer une premiere partie de ce recit et prendre lecture de mes messages. L’apres midi je vais en ville pour y negocier une voiture pour aller a Sassan Gir le 19. Il n’y a que 100 kms et pourtant pas moyen de négocier en dessous de 1.800 rps, ce qui est tres cher. Ils profitent vraiment de la situation car on a pas le choix. Aucun moyen de transport direct et avec les valises, difficile de prendre le bus gouvernemental tout deglingué qui met entre 4 et 6 heures pour y arriver. Enfin, on verra demain.
Mardi 18/10 : Dernier jour a Diu. Je pars seule en ville pour encore essayer de trouver une voiture a un prix raisonnable et puis marcher un peu car la piscine commence a me taper un peu sur le systeme. Apres plusieurs tentatives a nouveau infructueuses, je fini par dégoter enfin un chauffeur qui accepte de nous conduire a Sassan Gir pour 1.500 rps, ca ne fait pas beaucoup de difference mais enfin il faut que je me rende a l'évidence, ici pas moyen de faire mieux et j'enrage car c'est encore beaucoup trop par rapport a la distance à parcourir .J'accepte donc quand meme et nous partirons demain a 10 h 30. Je passe encore une heure sur internet pour aller lire mes messages mais juste au moment ou je veux repondre, paffff, panne de courant et c est encore foutu. Je m en vais donc au fort et a ma grande joie, je peux y suivre du regard toute une famille de peroquets jaunes et verts avec de longues queues colorees et des becs rouges vifs. Un vrai balai. Ils se cachent de la chaleur intense dans les parois de la muraille du fort et sortent de temps en temps en voletant a la cime des arbres qui ont pousses ca et la dans les ruines.Apres un bon moment a les observer et aussi quelques tentatives de prises de vues ????il faut vraiment que je rentre apres avoir traversé tout le village a pied. J'arrive a l'hotel vers 14.30 h. Pour terminer l'AM, encore une petite heure pour profiter des derniers moments a la piscine puis une promenade sur la plage au soleil couchant et voila notre derniere journée finie.
Vendredi 21/10 : pas grand chose à faire dans cette ville sinon tuer le temps en attendant l’heure de prendre le train pour Mumbai. Départ à 17h40. Quand le train arrive en gare, impossible de trouver notre wagon. Evidemment, puisqu’il n’est pas là.
Je râle encore une fois contre ce chef de gare qui m’avait personnellement amené sur le quai à l’endroit précis où devait s’arrêter notre compartiment. Après 5 à 6 minutes où l’on coure dans tous les sens, on raccroche encore 2 wagons parmi lesquels se trouve le nôtre, mais j’ai de sérieux doutes quant à la place qu’on nous attribue car on nous a collé en 1ere classe alors que nous avons payé pour des couchettes en 2TIER AC. Effectivement le contrôleur arrive et nous demande de payer 2.200 rps de supplément. Je refuse énergiquement en lui expliquant gentiment que je n’ai jamais demandé de venir en 1ere classe et que c’est faute de trouver notre couchette qu’un employé de la gare nous a dit de nous installer ici. Après moultes explications, il nous amène enfin à notre place où 2 messieurs sont déjà installés mais qu’ils regagneront leurs couchettes du dessus dès qu’ils auront mangé.. Enfin tout est bien, qui finit bien.
Samedi 22/10 : Arrivée prévue à Mumbai à 8 h 10 et une fois de plus nous arrivons pil poil à l’heure. Direction Regent Hotel où on dépose les bagages. Puis direction Gulfair pour demander si mon compagnon peut changer sa date de retour en France. En effet, il est malade et préfère rentrer. Aucun problème, et pourtant son billet était ni échangeable et non négociable. Ils se sont donc montrés très compréhensifs et ceci sans aucun supplément de prix. Il pourra donc repartir sur le vol de 19 h puisqu’il reste de la place. Vers 15 h je l’amène à l’aéroport où on me demande 60 rps pour pouvoir entrer. Ok je trouve ça bizarre mais puisque c’est affiché en grand et que c’est une taxe gouvernementale, je paie. Avec mon billet que je présente à l’employé on me laisse donc franchir la 1ere porte.. Je marche encore 10 mètres maximum et puis 2e porte. Encore un contrôle et là je suis à nouveau refoulée. J’ai beau présenter mon billet, rien n’y fait, je ne peux pas aller plus loin. Une arnaque de plus donc et celle-ci est gouvernementale. Je n’ai plus qu’à m’en aller et je décide de rentrer en train depuis la gare d’Andheri jusque Churchgate. Pour moi, le vrai voyage commence ici. Je peux prendre le bain de foule comme je les aime. Dans le train plein de sourires. Monsieur tout le monde qui n’a rien à voir avec le monde du tourisme est resté hyper sympa et je m’en réjoui car le secteur touristique lui a bien changé et que ce soit du domaine du privé ou gouvernemental, ça n ‘a pas évolué dans le bon sens. Mais bon, il n’y a pas qu’en Inde que ce phénomène existe et pour les gens qui voyagent depuis de nombreuses années, c’est parfois un peu dur à avaler surtout quand on retourne dans un pays 10 ou 20 ans après. Tellement de choses ont changé que l’image idyllique q’on en a gardé en prend un sérieux coup. Arrivée à Chruchgate, je décide de poursuivre à pied jusqu’à mon hôtel. A Nariman Point, je me fait gentiment draguer par un jeune homme d’à peine 25 ans, ce qui me fait pouffer de rire évidemment. J’ai 60 ans et je sais que les jeunes Indiens sont très en manque donc je ne me fâche pas mais je lui explique gentiment que je suis mariée et il me laisse. Nous partons donc chacun dans une direction opposée. Sur Colaba Causeway, plein de monde, plein d’échoppes en tout genres mais surtout des souvenirs et encore des souvenirs. Je rentre dans un emporium où je dois rassembler tout mon courage pour ne pas succomber à la fièvre acheteuse mais il me reste encore trop de kms à parcourir donc je ferai de mon cœur une pierre et je m’en vais manger au café Léopold plein à craquer. Je rentre à l’hôtel vers 23h30, la rue est presque déserte et pourtant je me sens en parfaite sécurité. Les marchands de souvenirs en tout genres ont quittés les lieux et sur les trottoirs de nombreuses femmes, hommes et enfants dorment à même le pavé sâle et plein de trous. Certains sont plus chanceux et dorment sur de vieux charpoïs usés.
Dimanche 23/10 : Ce matin ma promenade me conduit à Sassan Docks au sud de Colaba. C’est l’endroit où tous les bateaux de pêche de Bombay arrivent avec le fruit de leur travail nocture ou très matinal. A l’entrée du quartier la police m’interdit d’abord l’accès. Devant mon insistance et mon plus beau sourire, on me laisse entrer mais interdit de faire des photos. Ok je promet mais je le regrette aussitôt car c’est un de ces endroits peu commun. Beaucoup de femmes y circulent en effet avec de grands paniers sur la tête, vides ou pleins de grands poissons argentés et ruisselants. Certaines de ces femmes arborent des bijoux magnifiques aux chevilles surtout et aux oreilles ainsi que des bijoux de nez parfois énormes. Elles portent toutes des saris très colorés car elles ont beau travailler dur, elles n’en restent pas moins coquettes. Elles sont très souriantes et certaines se risquent même à me demander de les prendre en photos mais tout est très surveillé ici et je n’ose pas. Plus loin toute une troupe de très jeunes filles et parfois même des fillettes trient des tonnes de crevettes déjà cuites. Certaines autres nettoient des petites pieuvres dans une eau mélangée à l’encre noire qu’elles rejettent. Une de ces toutes jeunes filles insiste pour que je la prenne en photo. Je m’apprête à prendre le risque mais je suis chassée comme une malpropre par un grand type bien habillé qui doit sans doute être le patron. Je longe maintenant un quai où je me fait encore rappeler à l’ordre par la police, pourtant je n’ai rien fait cette fois. Je regarde tout simplement tous ces dows, de très gros bateaux arabes en bois dont certains sont vraiment magnifiques malgré la crasse qui les recouvre. Les équipages sont ravis de l’intérêt que je leur porte et je m’attarde un peu plus longtemps devant celui qui déjà déchargé va bientôt repartir sans doute car par un système des plus ingénieux, on lui déverse une quantité impressionnante de glace dans les cales. En fait il s’agit de faire glisser les glaçons dans une espèce de toboggan rudimentaire qui est en fait une simple toile relevée et maintenue de chaque côté par une rangée d’hommes pendant que de grosses charrettes de bois drôlement bien étudiées, se relayent pour décharger leur lourde cargaison amenée jusque là par un seul homme. Je suis fascinée par tout ce qui se passe sous mes yeux. Quel contraste avec le juteux tourism-business. Ici c’est l’Inde vraie que je côtoie enfin. Les hommes sont fiers du travail qu’ils font et encore une fois on m’invite à les prendre en photo. Je m’exécute en vitesse mais à la sauvette et je finirai quand même par faire quelques clichés de tout ce petit monde qui bosse dur mais est heureux de vivre. Je continue à flâner ici toute la matinée. Cet endroit est vraiment fabuleux, sans doute le plus vivant et le plus authentique de Bombay, et qui se laisse doucement apprivoiser. Après un chicken fried rice, je m’en irai prendre le train pour Aurangabad où je dois arrivers vers 0 h 30. 40 rps pour le taxi jusque Victoria station et 10 rps pour le porteur et me voilà installée pour 8 h et 403 kms dans le 7605 Nandigram Express. Dans mon compartiment je suis entourée par 2 hommes d’affaires très sympas et une jeune femme moderne et énergique avec qui je converse pendant un bon moment. Comme il se fait tard je m’installe à proximité de la gare au Great Pe, jab hotel où je ne passerai qu’une nuit car pas très confortable et surtout pas trop propre pour 650 rps. Mais pour ce soir ça ira.
Samedi 22/10 : Arrivée prévue à Mumbai à 8 h 10 et une fois de plus nous arrivons pil poil à l’heure. Direction Regent Hotel où on dépose les bagages. Puis direction Gulfair pour demander si mon compagnon peut changer sa date de retour en France. En effet, il est malade et préfère rentrer. Aucun problème, et pourtant son billet était ni échangeable et non négociable. Ils se sont donc montrés très compréhensifs et ceci sans aucun supplément de prix. Il pourra donc repartir sur le vol de 19 h puisqu’il reste de la place. Vers 15 h je l’amène à l’aéroport où on me demande 60 rps pour pouvoir entrer. Ok je trouve ça bizarre mais puisque c’est affiché en grand et que c’est une taxe gouvernementale, je paie. Avec mon billet que je présente à l’employé on me laisse donc franchir la 1ere porte.. Je marche encore 10 mètres maximum et puis 2e porte. Encore un contrôle et là je suis à nouveau refoulée. J’ai beau présenter mon billet, rien n’y fait, je ne peux pas aller plus loin. Une arnaque de plus donc et celle-ci est gouvernementale. Je n’ai plus qu’à m’en aller et je décide de rentrer en train depuis la gare d’Andheri jusque Churchgate. Pour moi, le vrai voyage commence ici. Je peux prendre le bain de foule comme je les aime. Dans le train plein de sourires. Monsieur tout le monde qui n’a rien à voir avec le monde du tourisme est resté hyper sympa et je m’en réjoui car le secteur touristique lui a bien changé et que ce soit du domaine du privé ou gouvernemental, ça n ‘a pas évolué dans le bon sens. Mais bon, il n’y a pas qu’en Inde que ce phénomène existe et pour les gens qui voyagent depuis de nombreuses années, c’est parfois un peu dur à avaler surtout quand on retourne dans un pays 10 ou 20 ans après. Tellement de choses ont changé que l’image idyllique q’on en a gardé en prend un sérieux coup. Arrivée à Chruchgate, je décide de poursuivre à pied jusqu’à mon hôtel. A Nariman Point, je me fait gentiment draguer par un jeune homme d’à peine 25 ans, ce qui me fait pouffer de rire évidemment. J’ai 60 ans et je sais que les jeunes Indiens sont très en manque donc je ne me fâche pas mais je lui explique gentiment que je suis mariée et il me laisse. Nous partons donc chacun dans une direction opposée. Sur Colaba Causeway, plein de monde, plein d’échoppes en tout genres mais surtout des souvenirs et encore des souvenirs. Je rentre dans un emporium où je dois rassembler tout mon courage pour ne pas succomber à la fièvre acheteuse mais il me reste encore trop de kms à parcourir donc je ferai de mon cœur une pierre et je m’en vais manger au café Léopold plein à craquer. Je rentre à l’hôtel vers 23h30, la rue est presque déserte et pourtant je me sens en parfaite sécurité. Les marchands de souvenirs en tout genres ont quittés les lieux et sur les trottoirs de nombreuses femmes, hommes et enfants dorment à même le pavé sâle et plein de trous. Certains sont plus chanceux et dorment sur de vieux charpoïs usés.
Dimanche 23/10 : Ce matin ma promenade me conduit à Sassan Docks au sud de Colaba. C’est l’endroit où tous les bateaux de pêche de Bombay arrivent avec le fruit de leur travail nocture ou très matinal. A l’entrée du quartier la police m’interdit d’abord l’accès. Devant mon insistance et mon plus beau sourire, on me laisse entrer mais interdit de faire des photos. Ok je promet mais je le regrette aussitôt car c’est un de ces endroits peu commun. Beaucoup de femmes y circulent en effet avec de grands paniers sur la tête, vides ou pleins de grands poissons argentés et ruisselants. Certaines de ces femmes arborent des bijoux magnifiques aux chevilles surtout et aux oreilles ainsi que des bijoux de nez parfois énormes. Elles portent toutes des saris très colorés car elles ont beau travailler dur, elles n’en restent pas moins coquettes. Elles sont très souriantes et certaines se risquent même à me demander de les prendre en photos mais tout est très surveillé ici et je n’ose pas. Plus loin toute une troupe de très jeunes filles et parfois même des fillettes trient des tonnes de crevettes déjà cuites. Certaines autres nettoient des petites pieuvres dans une eau mélangée à l’encre noire qu’elles rejettent. Une de ces toutes jeunes filles insiste pour que je la prenne en photo. Je m’apprête à prendre le risque mais je suis chassée comme une malpropre par un grand type bien habillé qui doit sans doute être le patron. Je longe maintenant un quai où je me fait encore rappeler à l’ordre par la police, pourtant je n’ai rien fait cette fois. Je regarde tout simplement tous ces dows, de très gros bateaux arabes en bois dont certains sont vraiment magnifiques malgré la crasse qui les recouvre. Les équipages sont ravis de l’intérêt que je leur porte et je m’attarde un peu plus longtemps devant celui qui déjà déchargé va bientôt repartir sans doute car par un système des plus ingénieux, on lui déverse une quantité impressionnante de glace dans les cales. En fait il s’agit de faire glisser les glaçons dans une espèce de toboggan rudimentaire qui est en fait une simple toile relevée et maintenue de chaque côté par une rangée d’hommes pendant que de grosses charrettes de bois drôlement bien étudiées, se relayent pour décharger leur lourde cargaison amenée jusque là par un seul homme. Je suis fascinée par tout ce qui se passe sous mes yeux. Quel contraste avec le juteux tourism-business. Ici c’est l’Inde vraie que je côtoie enfin. Les hommes sont fiers du travail qu’ils font et encore une fois on m’invite à les prendre en photo. Je m’exécute en vitesse mais à la sauvette et je finirai quand même par faire quelques clichés de tout ce petit monde qui bosse dur mais est heureux de vivre. Je continue à flâner ici toute la matinée. Cet endroit est vraiment fabuleux, sans doute le plus vivant et le plus authentique de Bombay, et qui se laisse doucement apprivoiser. Après un chicken fried rice, je m’en irai prendre le train pour Aurangabad où je dois arrivers vers 0 h 30. 40 rps pour le taxi jusque Victoria station et 10 rps pour le porteur et me voilà installée pour 8 h et 403 kms dans le 7605 Nandigram Express. Dans mon compartiment je suis entourée par 2 hommes d’affaires très sympas et une jeune femme moderne et énergique avec qui je converse pendant un bon moment. Comme il se fait tard je m’installe à proximité de la gare au Great Pe, jab hotel où je ne passerai qu’une nuit car pas très confortable et surtout pas trop propre pour 650 rps. Mais pour ce soir ça ira.
INDE DU SUD 02/09/2005 – 17/09/2005
Présentation caricaturale : L’inde de l’extrême Sud se compose de 2 états séparés par une chaîne montagneuse. A l’ouest le Kérala plutôt très vert et à l’Est le Tamil Nadu plus sec. La chaîne montagneuse se situe à une altitude entre 1500 et 3500m. Après avoir réservé le billet d’avion, j’avais prévu de visiter ces 2 états. La consultation de forum et la lecture de guide ont fait changer ce circuit en une visite du Kérala uniquement car nous aurions passé trop de temps dans les transports sans pouvoir profiter de la vie quotidienne indienne.
Pour les données chiffrées : 1 euro = 53 Indian Roupies INR. Départ le 02/09/2005 Vol Air France Charles de Gaulle (opéré par Delta Airlines) 11h00 Arrivée Chennai (Anciennement Madras) le lendemain à 00h 45.
03/09/2005 Nous avons pu profiter dans ce vol de la compagnie américaine de 3 sièges pour nous 2. Cela nous permet d’arriver à Chennai assez reposés. Il est à noter que, même sur les vols longs courriers, les américains font payer les extras et notamment toutes boissons alcoolisées avec un taux de change 1 euro = 1 dollar (chaque boisson à 5 euros). A notre arrivée nous changeons un peu d’argent au bureau de change de l’aéroport dans la salle de réception des bagages : nous nous apercevrons plus tard que le taux appliqué est l’un des meilleurs. Nous devons rejoindre l’aéroport pour les vols nationaux qui se trouve à quelques dizaines de mètres de l’aéroport international. Nous y prenons un vol Jet Airways http://www.jetairways.com pour Kochi (Anciennement Cochin) à 06h30. Ce vol a été réservé par mail à l’agence de Paris car étonnamment et contrairement aux autres vols de la compagnie ils ne se font pas directement par internet. (105 euros/pers) Nous avons le temps de profiter de la chaleur à l’extérieur de l’aéroport et d’essayer plusieurs sièges du hall !! Notre arrivée à Kochi est à 08h00 et s’effectue sous la pluie. J’avais négocié et réservé un package de 4 nuits au Malabar House http://www.malabarhouse.com/ (2 nuits à Kochi et 2 nuits dans les backwaters près d’Allepey). Dans ce package, un chauffeur de taxi nous attendait à notre arrivée avec une vieille Ambassador blanche : superbe. Les 35 km qui nous séparent de l’hôtel nous mettent dans l’ambiance au niveau du trafic et de la manière de conduire en Inde. Il faudra savoir fermer les yeux de temps en temps. Le Malabar House est conforme à ce que l’on attendait. Il se situe à Fort Cochin, la vieille ville. Pour y arriver nous devons traverser plusieurs ponts qui font ressentir que nous sommes en fait sur une île. L’hôtel est un vieux bâtiment merveilleusement meublé et décoré par un marchand d’art allemand. Nous y dormons immédiatement une paire d’heures pour nous remettre de notre voyage. En fin de matinée nous partons faire nos premières visites à pied malgré les incessantes demandes des auto rickshaws (les ferraris !) . Nous visitons en face de l’hôtel la plus vielle église chrétienne 1524, Vasco de Gama y fut inhumé pendant 14 ans, avant que sa dépouille soit ramenée à Lisbonne. Son tombeau est visible dans l’église. Nous nous dirigeons vers la mer et les fameux pécheurs aux carrelets chinois. A Kochi, ils requièrent plusieurs hommes pour manœuvrer les contrepoids. Ces pécheurs très sympathiques invitent grand-mère à les aider. Il est l’heure de déjeuner et nous sommes invités à acheter le poisson au sortir des filets et de les faire cuisiner par les cuisines qui se trouvent le long des quais. Il est un peu difficile pour nous d’apprécier le prix raisonnable de ce poisson. Nous prenons une bonne part de Tiger prawns, grosses crevettes pour 200 INR. La cuisine « Le rendez-vous », nous les grille avec une portion de riz. Un délice. Au retour à l’hôtel, nous sympathisons avec un chauffeur d’auto rickshaw Babou, il nous propose de visiter l’île pour 50 INR. Babou ne se contente pas de nous conduire, il nous introduit aussi dans des sociétés de ventes d’épices en gros, de séchage de gingembre, de confection de sachets de chili liquide ou de pickles épicés (mangue au chili ou ananas au chili). Babou espérait beaucoup de la farce classique : faire goûter ces pickles à un occidental : malheureusement pour lui, je suis amateur de mets épicés et il est un peu dépité de m’entendre dire : « yes very soft » !!!. Babou ne manque pas non plus de nous emmener dans des magasins de souvenirs ou il nous demande d’y rentrer même si nous n’y achetons rien. Car s’il a 5% de nos achats je crois qu’il a une commission fixe pour emmener des touristes. Au deuxième, nous lui demandons d’arrêter et de nous faire visiter les lieux. Nous survolons avec sa ferrari les différents endroits que nous visiterons de façon approfondie et à pieds le lendemain. Le soir nous dînons à l’hôtel. Le dîner est servi au restaurant et dans la cour intérieur ou une scène est dressée pour le spectacle du soir. Des musiciens y prennent place pour jouer. Nous décidons de manger dans le restaurant par crainte des moustiques. Bien nous en a pris car 10 minutes après être assis, la pluie survint. Le dîner et les plats proposés sont très classes. Le chef doit être italien car aux mets purement indiens, des plats italo-indiens sont présents.
04/09/2005 Petit déjeuner à l’hôtel. Grand-mère prend le continental traditionnel, tandis que je m’essaye comme j’y suis invité au petit déjeuner indien. Le masala dosa, crêpe de farine de lentilles croustillante et dorée, fourrée et accompagnée de sauces pimentées, constitue la base de ce petit déjeuner. Nous partons à la découverte de l’île et très rapidement la pluie survient et ne nous quittera plus de la journée. Sous capes, nous visitons le vieux Cochin. Les maisons des différentes époques coloniales sont dans la majorité d’entre elles en très mauvais état et proches du délabrement. Nous visitons le musée indo-portuguais . Situé dans de beaux jardins, ce musée ne vaut pas la visite pour son prix d’entrée (50 INR). Seuls quelques éléments vestimentaires religieux s’y trouvent. En prime le gardien essaye de nous vendre de ses parfums. La basilique Santa-Cruz est très belle et paraît comme neuve puisque restaurée en 1902. Nous déjeunons dans un restaurant modeste par son aspect et service mais plus qu’acceptable par les plats proposés « Addy’s restaurant » propose du poulet mollee c'est-à-dire une sauce épicée à base de coco. Nous nous perdons l’après midi dans les dédales de rues et canaux de Kochi, sous la pluie. Nous visitons le Mattancherry Palace ou Dutch Palace (4 INR) qui est très intéressant. Edifié en 1555 par les portuguais, les hollandais le rénovèrent en 1663. La salle de couronnement, de fabuleuses fresques qui dépeignent des scènes ou des légendes, d’anciennes cartes, l’appartement des femmes sont au nombre des joyaux de ce musée. En attendant la fin de la forte pluie, nous sympathisons avec la caissière et le gardien. A la sortie nous allons aux « toilets and baths » (qu’est ce qu’il va encore nous raconter celui-la !!!), et nous sympathisons avec dame-pipi qui est un jeune garçon du nom de Rémi. Nous discutons une heure dans ce lieu !!! Rémi est très désireux de parler et d’apprendre le Français. Il sort le vieux cahier pris par l’humidité où sont inscrites des phrases en Français, la traduction anglaise et la transcription phonétique du Français en indous. Cet étudiant travaille là la journée et le soir dans une cuisine sur les quais près des pécheurs « à la bonne franquette ». Nous ne pouvons lui promettre d’y être ce soir, nous avions prévu d’aller à l’Old Courtyard. La synagogue et le quartier juif, comme la veille, sont fermés pour cause de jours fériés. Le retour à l’hôtel se fait sous une pluie battante. Pluie qui nous empêchera de sortir le soir et donc nous dînons une nouvelle fois au Malabar House. 05/09/2005 Nous quittons Kochi pour le lac Vembanad, et le Privacy du Malabar http://www.malabarescapes.com/html/privacy.htm . Cette dépendance du Malabar House est une maison à 2 chambres qui n’est louée qu’à un client à la fois. Ainsi nous disposons de tout le staff de l’hôtel pour nous seuls. Cette merveille se trouve au bord du lac Vembanad à Tannirmukkam, dans un village de pécheur qui n’a pas encore été atteint par le tourisme. Les pistes y menant sont défoncées et inondées. Nous avons la possibilité de faire du vélo mais nous préférons randonner à pieds vu l’état des routes. Notre ballade de l’après-midi, sous les parapluies, est fantastique. Au milieu d’une végétation luxuriante, nous traversons des villages paisibles et des habitants surpris de voir des touristes. Une dame, croisée dans le chemin, sympathise avec nous et nous invite à venir chez elle. Nous la suivons dans un chemin sous bois et arrivons à un groupe de maisons dont la sienne. A notre surprise, sa maison est en dur. Cette dame doit être aisée. Elle nous présente sa vieille maman et rameute ses enfants. Elle nous offre le thé, demande à son fils d’aller chercher le voisin qui est ingénieur et qui s’exprime un peu mieux en Anglais. Lorsque nous lui proposons de faire la photo de famille et de lui envoyer, elle a dans les yeux toute la fierté d’avoir des étrangers dans sa maison. Elle nous emmène voir un voisin qui fabrique des tapis avec le crin des noix de coco. La fabrication y est faite de a à z. En retournant vers notre maison, nous arrêtons à la place du village où jouent des villageois et des enfants au badminton, j’y participe un peu jusqu’à ce qu’une pluie forte a raison des grands sportifs. Dominique, notre maître d’hôtel qui nous attendait sur le seuil de la propriété et qui regardait la scène, était positivement étonné et amusé par le comportement de ces Français avec sacs à dos. Il nous avouera que les touristes venant dans ce lieu sont là avec des valises et en général n’osent pas sortir de la propriété. Dans le package nous avions prévu cet isolement et pris la pension complète. Bien nous en a pris car dans les alentours visités nous n’avons vu aucun restaurant. Les repas servis sont délicieux. C’est là que la cuisinière nous a concocté notre premier dîner végétarien, très fins et goûteux. Dominique et tout le personnel sont très attentionnés et donnent l’impression d’être honorés d’avoir des invités. Il nous dira que cette maison est relativement peu utilisée. (5 à 10 clients par mois). Dominique aime nous préparer des dîners romantiques sous la véranda. Il nous allume les tortillons anti-moustiques et les bougies. Nous nous restaurons alors que vers 19 heures les pêcheurs aux carrelets chinois commencent à travailler devant nous. Ces pécheurs travailleront une bonne partie de la nuit et recommenceront au crépuscule.
06/09/2005 Une nouvelle journée de pluie nous attend. Sous les parapluies, nous nous baladons aux environs et repérons les lieux pour partir demain. Nous avons une route, fréquentée par des bus, qui se situe à quelques centaines de mètres de l’habitation. Nous y prendrons le bus demain pour Alappuzha (anciennement Allepey). Grand-mère est très sensible à la météo lors des voyages. La pluie la déprime et Dominique nous indique, que d’après lui, la pluie devrait durer encore une semaine. Cette année la mousson tarde à s’en aller, les nuages n’arrivent pas à passer la chaîne montagneuse et restent sur le Kérala. Le niveau du lac est très haut. Les pécheurs aux carrelets chinois en face de la maison et sur le lac devront arrêter car le niveau est au dessus de leur plate-forme. Nous décidons de lentement nous diriger vers le Tamil Nadu voisin qui est ensoleillé d’après les journaux.
07/09/2005 Pluie torrentielle ce matin nous obligeant à demander à Dominique de commander un auto rickshaw pour nous emmener jusqu’à l’arrêt de bus. Le conducteur nous fait le prix du Malabar (50 INR). Par chance, le bus (17INR) nous emmenant à Allepey (30km) a 2 places libres à l’avant avec un dégagement pour y poser nos sacs à dos. Très vite le bus est surchargé. La conduite du bus est encore pire que celle des taxis. C’est la loi du plus fort. 1h30 après nous arrivons à Allepey où nous prendrons le bateau public (à 11h30) qui va nous mener à Kottayam par les backwaters. La traversée d’Allepey à Kottayam dure 2h30 (20INR), traverse le Vembanad et croise plusieurs villages dont les habitations sont bâties sur les digues des canaux. Parfois le bateau se fraye son chemin dans des champs de nénuphars qui se referme aussitôt le passage effectué. Les pluies incessantes et l’eau venant de la montagne Munnar et Peryar font que les villages traversés sont inondés. Le bateau avance lentement pour ne pas créer de vagues trop importantes, la population inquiète a quand même un sourire à notre passage. L’arrivée à Kottayam doit se faire en déchaussant car les quais de débarquement sont inondés. Nous arrivons à 14h et nous décidons d’aller directement à la station des bus. Le conducteur de rickshaw essaye de nous vendre un taxi jusqu’à Peryar en nous disant que les bus n’accèdent plus à Péryar car les routes sont inondées. Nous ne l’écoutons pas et prenons un bus pour effectuer immédiatement les 120 km (105INR) qui nous séparent de Kumily – Peryar. Ce trajet se fera en 4 heures et nous arrivons vers 18h30. Les paysages que nous traversons sont superbes (malgré la faible visibilité due à la pluie). A l’approche de Peryar la montagne est sculptée par les plantations de thé. A kumily nous logerons au Michael’s inn (1200INR) qui a des chambres et un restaurant corrects.
08/09/2005 Kumily est la ville la plus fournie en hôtel et restauration aux abords de la réserve Peryar. Elle doit être à une altitude de 1500m. De cette ville, il est possible de visiter les plantations de thé, les jardins d’épices, de randonner avec guide ou de visiter la réserve par bateau ou de se promener à dos d’éléphants. Nous décidons de randonner dans la réserve par nos propres moyens. La réserve (300INR) s’étend sur 777 km² et comprend un lac artificiel de 26 km². Dans cette réserve, les tigres semblent avoir disparu complètement. Inutile de vous préciser que cette journée se fera également sous parapluie.
09/09/2005 Nous décidons de rentrer dans l’état Tamil Nadu et de nous rendre par bus à Kodaikanal qui se trouve à 2400m d’altitude. Nous prenons le premier bus vers 6h30, avec un changement au bas de Kodaikanal (108INR) qui fera les 120km en 6 heures. A noter que les 2 bus avaient une sono à la limite du supportable. La transition Kérala – Tamil Nadu est impressionnante. Dès le passage de la frontière nous remarquons lors de traversée dans les villages, la pauvreté est beaucoup plus visible. Nous arrivons à destination en début d’après-midi, nous déposons nos bagages au sympathique et calme hôtel Garden Manor (1600INR). Pour le week end l’hôtel est complet, aussi le lendemain nous aurons à changer. A Kodaikanal, nous sommes dans les nuages, nous arpentons cet agréable village. Pour fêter notre anniversaire de mariage, nous décidons de dîner au Carlton et de profiter du buffet. Comme indiqué dans nos guides, la classe de l’hôtel fait que ce repas est un peu décevant.
10/09/2005 Nous déménageons nos bagages à l’hôtel Sivapriya (650INR) qui est très moyen. Le temps nuageux nous incite à ne pas randonner trop loin du village aussi nous faisons le Coaker’s walk (9INR) d’où nous ne voyons rien car tout est dans un nuage. Nous visitons l’agréable jardin Bryant Park (35INR) et nous faisons le tour du lac soit une dizaine de km. Nous déjeunons dans un restaurant végétarien Mana Bakery qui propose un célèbre crumble aux pommes délicieux. A la sortie du restaurant, une pluie torrentielle nous pousse à rentrer à l’hôtel. Dehors il fait 12°, les locaux sont emmitouflés comme nous pourrions l’être en plein hiver dans nos contrées. Le soir nous dînons à l’excellant restaurant tibétain Tibetan’s brothers (200INR). Nous décidons de redescendre dès le lendemain vers Madurai. Nous avions prévu de passer 2 jours à Madurai au Taj Garden Retreat. Nous décidons d’y aller 2 jours plus tôt et d’y rester 4 jours.
11/09/2005 Le matin tôt nous allons à la station de bus pour y prendre le premier départ vers Madurai. En attendant, un rabatteur nous propose de faire le trajet en taxi pour 300 INR soit 140km. Après de maintes vérifications et négociations, il nous laissera au Taj hotel pour 400INR. En descendant le temps s’améliore et nous pouvons visiter sur la route quelques cascades dont l’une des plus hautes au monde : 980m de tombée. L’arrivée au Tah hôtel est impressionnante car l’hôtel http://www.tajhotels.com/..., MADURAI/default.htm Se situe en périphérie de Madurai et sur une colline lui appartenant totalement. Cet établissement est magnifique, nos chambres supérieures ont une énorme terrasse en balcon de la ville de Madurai. Nous avons négocié avec l’hôtel 2 ½ journées de taxi pour visiter les environs. L’après midi est consacrée à visiter le parc et les installations de l’hôtel. A noter que quelques gouttes de pluie tomberont ce qui n’était plus arrivé dans la région depuis plus de 6 mois !!!
12/09/2005 – 13/09/2005 – 14/09/2005 La visite du plus grand temple d’Inde Le Sri Meenakshi Temple est très intréssante. Construit en 1560, ce temple couvre une superficie de 6 ha et comporte 4 très hautes tours de 45 à 50m. Elles sont agrémentées de près d’un millier de sculptures. Un mandapam à l’intérieur du temple comporte mille colonnes sculptées. (985 exactement). La visite des marchés aux abords du temple est très intéressante également. L’air ambiant, comme dans beaucoup d’endroits, révèle successivement des odeurs épicées puis fleuries puis nauséabondes. La pression des rabatteurs, des guides, des vendeurs, des mendiants est à son comble autour du temple. Un jour suivant, nous visitons 3 temples touristiquement plus confidentiels et auxquels vont mes préférences et mes souvenirs. Le Pazhamudir Cholai se trouve à 30 km de Madurai et est très proche du second temple Alagar Koil. Ces temples de « campagne » ont une activité intense mais beaucoup plus zen que le grand temple de Madurai. Ils n’en sont pas moins richement décorés et intéressants. Le troisième temple se trouve dans Madurai Koodal Alagar Perumal Temple. Un guide à l’entrée nous en fait la visite (200INR) et se révèle être très instructifs. Le temps bien que couvert, lors de ces 4 jours, nous permet de profiter de la piscine et des services de l’hôtel. Grand-mère essaye même le massage ayurvédique. Je dois préciser que le Taj nous permet de complimenter un membre du personnel et cela doit être très important pour eux car les salariés se démènent pour vous rendre service. Cela fait que le service est très personnalisé et rend ce séjour encore plus agréable. Un exemple de ce comportement : le Taj est reconnu pour ses buffets (effectivement rien à voir avec le buffet du Carlton à Kodaikanal). Au bout du 2ème jour, nous trouvions lassants, le système de buffet. Le chef cuistot Joseph s’en aperçut et pour les 2 dernières soirées nous préparât un menu complètement personnalisé un soir avec des spécialités du Tamil Nadu et l’autre du Kérala.
16/09/2005 Aujourd’hui, nous retournons à Chennai (anciennement Madras) par un vol Indian Airlines http://indian-airlines.nic.in/scripts/index.asp (75 euros) que nous avions réservé depuis la France par Internet. Notre point de chute à Chennai sera Le Royal Méridien http://www.lemeridien.com/...i/hotel_in1632.shtml qui bien qu’étant un hôtel de grande classe est cependant impersonnel et froid humainement.
17/09/2005 Nous visitons la ville de Chennai sous un soleil de plomb. Sans nuage, la chaleur est à peine supportable. Notre marche sur la plage de Madras sera écourtée, de ce fait. Nous ressentons dans l’activité et la circulation de cette ville, les près de 7 millions d’habitants. En fin de journée, nous dînons à l’hôtel avant de partir pour l’aéroport et prendre le vol pour Paris à 02h45 du matin.
Cette visite de l’Inde a été volontairement très différente de nos autres voyages notamment au niveau du logement. Nous avions une crainte de recevoir de plein fouet la pauvreté et la situation du pays. Pour s’en protéger et pour se ressourcer, nous avons choisi des hôtels de grande classe. Une autre raison est de voir que la fréquentation de tels établissements participe à l’emploi dans l’établissement et hors de celui-ci. Le personnel y est très nombreux et d’une compétence rare. L’Inde est un pays immense dans sa réalité géographique mais aussi humaine, culturelle …. Il est très difficile de capter et de comprendre un tel pays. De ce court voyage, nous ne pouvons qu’en tirer des connaissances partielles. Mais ce qui est sur : l’Inde marque le voyageur à jamais. Les questions sur l’humain et le fonctionnement de notre monde s’en trouvent exacerbées et demeurent que … des questions.
Présentation caricaturale : L’inde de l’extrême Sud se compose de 2 états séparés par une chaîne montagneuse. A l’ouest le Kérala plutôt très vert et à l’Est le Tamil Nadu plus sec. La chaîne montagneuse se situe à une altitude entre 1500 et 3500m. Après avoir réservé le billet d’avion, j’avais prévu de visiter ces 2 états. La consultation de forum et la lecture de guide ont fait changer ce circuit en une visite du Kérala uniquement car nous aurions passé trop de temps dans les transports sans pouvoir profiter de la vie quotidienne indienne.
Pour les données chiffrées : 1 euro = 53 Indian Roupies INR. Départ le 02/09/2005 Vol Air France Charles de Gaulle (opéré par Delta Airlines) 11h00 Arrivée Chennai (Anciennement Madras) le lendemain à 00h 45.
03/09/2005 Nous avons pu profiter dans ce vol de la compagnie américaine de 3 sièges pour nous 2. Cela nous permet d’arriver à Chennai assez reposés. Il est à noter que, même sur les vols longs courriers, les américains font payer les extras et notamment toutes boissons alcoolisées avec un taux de change 1 euro = 1 dollar (chaque boisson à 5 euros). A notre arrivée nous changeons un peu d’argent au bureau de change de l’aéroport dans la salle de réception des bagages : nous nous apercevrons plus tard que le taux appliqué est l’un des meilleurs. Nous devons rejoindre l’aéroport pour les vols nationaux qui se trouve à quelques dizaines de mètres de l’aéroport international. Nous y prenons un vol Jet Airways http://www.jetairways.com pour Kochi (Anciennement Cochin) à 06h30. Ce vol a été réservé par mail à l’agence de Paris car étonnamment et contrairement aux autres vols de la compagnie ils ne se font pas directement par internet. (105 euros/pers) Nous avons le temps de profiter de la chaleur à l’extérieur de l’aéroport et d’essayer plusieurs sièges du hall !! Notre arrivée à Kochi est à 08h00 et s’effectue sous la pluie. J’avais négocié et réservé un package de 4 nuits au Malabar House http://www.malabarhouse.com/ (2 nuits à Kochi et 2 nuits dans les backwaters près d’Allepey). Dans ce package, un chauffeur de taxi nous attendait à notre arrivée avec une vieille Ambassador blanche : superbe. Les 35 km qui nous séparent de l’hôtel nous mettent dans l’ambiance au niveau du trafic et de la manière de conduire en Inde. Il faudra savoir fermer les yeux de temps en temps. Le Malabar House est conforme à ce que l’on attendait. Il se situe à Fort Cochin, la vieille ville. Pour y arriver nous devons traverser plusieurs ponts qui font ressentir que nous sommes en fait sur une île. L’hôtel est un vieux bâtiment merveilleusement meublé et décoré par un marchand d’art allemand. Nous y dormons immédiatement une paire d’heures pour nous remettre de notre voyage. En fin de matinée nous partons faire nos premières visites à pied malgré les incessantes demandes des auto rickshaws (les ferraris !) . Nous visitons en face de l’hôtel la plus vielle église chrétienne 1524, Vasco de Gama y fut inhumé pendant 14 ans, avant que sa dépouille soit ramenée à Lisbonne. Son tombeau est visible dans l’église. Nous nous dirigeons vers la mer et les fameux pécheurs aux carrelets chinois. A Kochi, ils requièrent plusieurs hommes pour manœuvrer les contrepoids. Ces pécheurs très sympathiques invitent grand-mère à les aider. Il est l’heure de déjeuner et nous sommes invités à acheter le poisson au sortir des filets et de les faire cuisiner par les cuisines qui se trouvent le long des quais. Il est un peu difficile pour nous d’apprécier le prix raisonnable de ce poisson. Nous prenons une bonne part de Tiger prawns, grosses crevettes pour 200 INR. La cuisine « Le rendez-vous », nous les grille avec une portion de riz. Un délice. Au retour à l’hôtel, nous sympathisons avec un chauffeur d’auto rickshaw Babou, il nous propose de visiter l’île pour 50 INR. Babou ne se contente pas de nous conduire, il nous introduit aussi dans des sociétés de ventes d’épices en gros, de séchage de gingembre, de confection de sachets de chili liquide ou de pickles épicés (mangue au chili ou ananas au chili). Babou espérait beaucoup de la farce classique : faire goûter ces pickles à un occidental : malheureusement pour lui, je suis amateur de mets épicés et il est un peu dépité de m’entendre dire : « yes very soft » !!!. Babou ne manque pas non plus de nous emmener dans des magasins de souvenirs ou il nous demande d’y rentrer même si nous n’y achetons rien. Car s’il a 5% de nos achats je crois qu’il a une commission fixe pour emmener des touristes. Au deuxième, nous lui demandons d’arrêter et de nous faire visiter les lieux. Nous survolons avec sa ferrari les différents endroits que nous visiterons de façon approfondie et à pieds le lendemain. Le soir nous dînons à l’hôtel. Le dîner est servi au restaurant et dans la cour intérieur ou une scène est dressée pour le spectacle du soir. Des musiciens y prennent place pour jouer. Nous décidons de manger dans le restaurant par crainte des moustiques. Bien nous en a pris car 10 minutes après être assis, la pluie survint. Le dîner et les plats proposés sont très classes. Le chef doit être italien car aux mets purement indiens, des plats italo-indiens sont présents.
04/09/2005 Petit déjeuner à l’hôtel. Grand-mère prend le continental traditionnel, tandis que je m’essaye comme j’y suis invité au petit déjeuner indien. Le masala dosa, crêpe de farine de lentilles croustillante et dorée, fourrée et accompagnée de sauces pimentées, constitue la base de ce petit déjeuner. Nous partons à la découverte de l’île et très rapidement la pluie survient et ne nous quittera plus de la journée. Sous capes, nous visitons le vieux Cochin. Les maisons des différentes époques coloniales sont dans la majorité d’entre elles en très mauvais état et proches du délabrement. Nous visitons le musée indo-portuguais . Situé dans de beaux jardins, ce musée ne vaut pas la visite pour son prix d’entrée (50 INR). Seuls quelques éléments vestimentaires religieux s’y trouvent. En prime le gardien essaye de nous vendre de ses parfums. La basilique Santa-Cruz est très belle et paraît comme neuve puisque restaurée en 1902. Nous déjeunons dans un restaurant modeste par son aspect et service mais plus qu’acceptable par les plats proposés « Addy’s restaurant » propose du poulet mollee c'est-à-dire une sauce épicée à base de coco. Nous nous perdons l’après midi dans les dédales de rues et canaux de Kochi, sous la pluie. Nous visitons le Mattancherry Palace ou Dutch Palace (4 INR) qui est très intéressant. Edifié en 1555 par les portuguais, les hollandais le rénovèrent en 1663. La salle de couronnement, de fabuleuses fresques qui dépeignent des scènes ou des légendes, d’anciennes cartes, l’appartement des femmes sont au nombre des joyaux de ce musée. En attendant la fin de la forte pluie, nous sympathisons avec la caissière et le gardien. A la sortie nous allons aux « toilets and baths » (qu’est ce qu’il va encore nous raconter celui-la !!!), et nous sympathisons avec dame-pipi qui est un jeune garçon du nom de Rémi. Nous discutons une heure dans ce lieu !!! Rémi est très désireux de parler et d’apprendre le Français. Il sort le vieux cahier pris par l’humidité où sont inscrites des phrases en Français, la traduction anglaise et la transcription phonétique du Français en indous. Cet étudiant travaille là la journée et le soir dans une cuisine sur les quais près des pécheurs « à la bonne franquette ». Nous ne pouvons lui promettre d’y être ce soir, nous avions prévu d’aller à l’Old Courtyard. La synagogue et le quartier juif, comme la veille, sont fermés pour cause de jours fériés. Le retour à l’hôtel se fait sous une pluie battante. Pluie qui nous empêchera de sortir le soir et donc nous dînons une nouvelle fois au Malabar House. 05/09/2005 Nous quittons Kochi pour le lac Vembanad, et le Privacy du Malabar http://www.malabarescapes.com/html/privacy.htm . Cette dépendance du Malabar House est une maison à 2 chambres qui n’est louée qu’à un client à la fois. Ainsi nous disposons de tout le staff de l’hôtel pour nous seuls. Cette merveille se trouve au bord du lac Vembanad à Tannirmukkam, dans un village de pécheur qui n’a pas encore été atteint par le tourisme. Les pistes y menant sont défoncées et inondées. Nous avons la possibilité de faire du vélo mais nous préférons randonner à pieds vu l’état des routes. Notre ballade de l’après-midi, sous les parapluies, est fantastique. Au milieu d’une végétation luxuriante, nous traversons des villages paisibles et des habitants surpris de voir des touristes. Une dame, croisée dans le chemin, sympathise avec nous et nous invite à venir chez elle. Nous la suivons dans un chemin sous bois et arrivons à un groupe de maisons dont la sienne. A notre surprise, sa maison est en dur. Cette dame doit être aisée. Elle nous présente sa vieille maman et rameute ses enfants. Elle nous offre le thé, demande à son fils d’aller chercher le voisin qui est ingénieur et qui s’exprime un peu mieux en Anglais. Lorsque nous lui proposons de faire la photo de famille et de lui envoyer, elle a dans les yeux toute la fierté d’avoir des étrangers dans sa maison. Elle nous emmène voir un voisin qui fabrique des tapis avec le crin des noix de coco. La fabrication y est faite de a à z. En retournant vers notre maison, nous arrêtons à la place du village où jouent des villageois et des enfants au badminton, j’y participe un peu jusqu’à ce qu’une pluie forte a raison des grands sportifs. Dominique, notre maître d’hôtel qui nous attendait sur le seuil de la propriété et qui regardait la scène, était positivement étonné et amusé par le comportement de ces Français avec sacs à dos. Il nous avouera que les touristes venant dans ce lieu sont là avec des valises et en général n’osent pas sortir de la propriété. Dans le package nous avions prévu cet isolement et pris la pension complète. Bien nous en a pris car dans les alentours visités nous n’avons vu aucun restaurant. Les repas servis sont délicieux. C’est là que la cuisinière nous a concocté notre premier dîner végétarien, très fins et goûteux. Dominique et tout le personnel sont très attentionnés et donnent l’impression d’être honorés d’avoir des invités. Il nous dira que cette maison est relativement peu utilisée. (5 à 10 clients par mois). Dominique aime nous préparer des dîners romantiques sous la véranda. Il nous allume les tortillons anti-moustiques et les bougies. Nous nous restaurons alors que vers 19 heures les pêcheurs aux carrelets chinois commencent à travailler devant nous. Ces pécheurs travailleront une bonne partie de la nuit et recommenceront au crépuscule.
06/09/2005 Une nouvelle journée de pluie nous attend. Sous les parapluies, nous nous baladons aux environs et repérons les lieux pour partir demain. Nous avons une route, fréquentée par des bus, qui se situe à quelques centaines de mètres de l’habitation. Nous y prendrons le bus demain pour Alappuzha (anciennement Allepey). Grand-mère est très sensible à la météo lors des voyages. La pluie la déprime et Dominique nous indique, que d’après lui, la pluie devrait durer encore une semaine. Cette année la mousson tarde à s’en aller, les nuages n’arrivent pas à passer la chaîne montagneuse et restent sur le Kérala. Le niveau du lac est très haut. Les pécheurs aux carrelets chinois en face de la maison et sur le lac devront arrêter car le niveau est au dessus de leur plate-forme. Nous décidons de lentement nous diriger vers le Tamil Nadu voisin qui est ensoleillé d’après les journaux.
07/09/2005 Pluie torrentielle ce matin nous obligeant à demander à Dominique de commander un auto rickshaw pour nous emmener jusqu’à l’arrêt de bus. Le conducteur nous fait le prix du Malabar (50 INR). Par chance, le bus (17INR) nous emmenant à Allepey (30km) a 2 places libres à l’avant avec un dégagement pour y poser nos sacs à dos. Très vite le bus est surchargé. La conduite du bus est encore pire que celle des taxis. C’est la loi du plus fort. 1h30 après nous arrivons à Allepey où nous prendrons le bateau public (à 11h30) qui va nous mener à Kottayam par les backwaters. La traversée d’Allepey à Kottayam dure 2h30 (20INR), traverse le Vembanad et croise plusieurs villages dont les habitations sont bâties sur les digues des canaux. Parfois le bateau se fraye son chemin dans des champs de nénuphars qui se referme aussitôt le passage effectué. Les pluies incessantes et l’eau venant de la montagne Munnar et Peryar font que les villages traversés sont inondés. Le bateau avance lentement pour ne pas créer de vagues trop importantes, la population inquiète a quand même un sourire à notre passage. L’arrivée à Kottayam doit se faire en déchaussant car les quais de débarquement sont inondés. Nous arrivons à 14h et nous décidons d’aller directement à la station des bus. Le conducteur de rickshaw essaye de nous vendre un taxi jusqu’à Peryar en nous disant que les bus n’accèdent plus à Péryar car les routes sont inondées. Nous ne l’écoutons pas et prenons un bus pour effectuer immédiatement les 120 km (105INR) qui nous séparent de Kumily – Peryar. Ce trajet se fera en 4 heures et nous arrivons vers 18h30. Les paysages que nous traversons sont superbes (malgré la faible visibilité due à la pluie). A l’approche de Peryar la montagne est sculptée par les plantations de thé. A kumily nous logerons au Michael’s inn (1200INR) qui a des chambres et un restaurant corrects.
08/09/2005 Kumily est la ville la plus fournie en hôtel et restauration aux abords de la réserve Peryar. Elle doit être à une altitude de 1500m. De cette ville, il est possible de visiter les plantations de thé, les jardins d’épices, de randonner avec guide ou de visiter la réserve par bateau ou de se promener à dos d’éléphants. Nous décidons de randonner dans la réserve par nos propres moyens. La réserve (300INR) s’étend sur 777 km² et comprend un lac artificiel de 26 km². Dans cette réserve, les tigres semblent avoir disparu complètement. Inutile de vous préciser que cette journée se fera également sous parapluie.
09/09/2005 Nous décidons de rentrer dans l’état Tamil Nadu et de nous rendre par bus à Kodaikanal qui se trouve à 2400m d’altitude. Nous prenons le premier bus vers 6h30, avec un changement au bas de Kodaikanal (108INR) qui fera les 120km en 6 heures. A noter que les 2 bus avaient une sono à la limite du supportable. La transition Kérala – Tamil Nadu est impressionnante. Dès le passage de la frontière nous remarquons lors de traversée dans les villages, la pauvreté est beaucoup plus visible. Nous arrivons à destination en début d’après-midi, nous déposons nos bagages au sympathique et calme hôtel Garden Manor (1600INR). Pour le week end l’hôtel est complet, aussi le lendemain nous aurons à changer. A Kodaikanal, nous sommes dans les nuages, nous arpentons cet agréable village. Pour fêter notre anniversaire de mariage, nous décidons de dîner au Carlton et de profiter du buffet. Comme indiqué dans nos guides, la classe de l’hôtel fait que ce repas est un peu décevant.
10/09/2005 Nous déménageons nos bagages à l’hôtel Sivapriya (650INR) qui est très moyen. Le temps nuageux nous incite à ne pas randonner trop loin du village aussi nous faisons le Coaker’s walk (9INR) d’où nous ne voyons rien car tout est dans un nuage. Nous visitons l’agréable jardin Bryant Park (35INR) et nous faisons le tour du lac soit une dizaine de km. Nous déjeunons dans un restaurant végétarien Mana Bakery qui propose un célèbre crumble aux pommes délicieux. A la sortie du restaurant, une pluie torrentielle nous pousse à rentrer à l’hôtel. Dehors il fait 12°, les locaux sont emmitouflés comme nous pourrions l’être en plein hiver dans nos contrées. Le soir nous dînons à l’excellant restaurant tibétain Tibetan’s brothers (200INR). Nous décidons de redescendre dès le lendemain vers Madurai. Nous avions prévu de passer 2 jours à Madurai au Taj Garden Retreat. Nous décidons d’y aller 2 jours plus tôt et d’y rester 4 jours.
11/09/2005 Le matin tôt nous allons à la station de bus pour y prendre le premier départ vers Madurai. En attendant, un rabatteur nous propose de faire le trajet en taxi pour 300 INR soit 140km. Après de maintes vérifications et négociations, il nous laissera au Taj hotel pour 400INR. En descendant le temps s’améliore et nous pouvons visiter sur la route quelques cascades dont l’une des plus hautes au monde : 980m de tombée. L’arrivée au Tah hôtel est impressionnante car l’hôtel http://www.tajhotels.com/..., MADURAI/default.htm Se situe en périphérie de Madurai et sur une colline lui appartenant totalement. Cet établissement est magnifique, nos chambres supérieures ont une énorme terrasse en balcon de la ville de Madurai. Nous avons négocié avec l’hôtel 2 ½ journées de taxi pour visiter les environs. L’après midi est consacrée à visiter le parc et les installations de l’hôtel. A noter que quelques gouttes de pluie tomberont ce qui n’était plus arrivé dans la région depuis plus de 6 mois !!!
12/09/2005 – 13/09/2005 – 14/09/2005 La visite du plus grand temple d’Inde Le Sri Meenakshi Temple est très intréssante. Construit en 1560, ce temple couvre une superficie de 6 ha et comporte 4 très hautes tours de 45 à 50m. Elles sont agrémentées de près d’un millier de sculptures. Un mandapam à l’intérieur du temple comporte mille colonnes sculptées. (985 exactement). La visite des marchés aux abords du temple est très intéressante également. L’air ambiant, comme dans beaucoup d’endroits, révèle successivement des odeurs épicées puis fleuries puis nauséabondes. La pression des rabatteurs, des guides, des vendeurs, des mendiants est à son comble autour du temple. Un jour suivant, nous visitons 3 temples touristiquement plus confidentiels et auxquels vont mes préférences et mes souvenirs. Le Pazhamudir Cholai se trouve à 30 km de Madurai et est très proche du second temple Alagar Koil. Ces temples de « campagne » ont une activité intense mais beaucoup plus zen que le grand temple de Madurai. Ils n’en sont pas moins richement décorés et intéressants. Le troisième temple se trouve dans Madurai Koodal Alagar Perumal Temple. Un guide à l’entrée nous en fait la visite (200INR) et se révèle être très instructifs. Le temps bien que couvert, lors de ces 4 jours, nous permet de profiter de la piscine et des services de l’hôtel. Grand-mère essaye même le massage ayurvédique. Je dois préciser que le Taj nous permet de complimenter un membre du personnel et cela doit être très important pour eux car les salariés se démènent pour vous rendre service. Cela fait que le service est très personnalisé et rend ce séjour encore plus agréable. Un exemple de ce comportement : le Taj est reconnu pour ses buffets (effectivement rien à voir avec le buffet du Carlton à Kodaikanal). Au bout du 2ème jour, nous trouvions lassants, le système de buffet. Le chef cuistot Joseph s’en aperçut et pour les 2 dernières soirées nous préparât un menu complètement personnalisé un soir avec des spécialités du Tamil Nadu et l’autre du Kérala.
16/09/2005 Aujourd’hui, nous retournons à Chennai (anciennement Madras) par un vol Indian Airlines http://indian-airlines.nic.in/scripts/index.asp (75 euros) que nous avions réservé depuis la France par Internet. Notre point de chute à Chennai sera Le Royal Méridien http://www.lemeridien.com/...i/hotel_in1632.shtml qui bien qu’étant un hôtel de grande classe est cependant impersonnel et froid humainement.
17/09/2005 Nous visitons la ville de Chennai sous un soleil de plomb. Sans nuage, la chaleur est à peine supportable. Notre marche sur la plage de Madras sera écourtée, de ce fait. Nous ressentons dans l’activité et la circulation de cette ville, les près de 7 millions d’habitants. En fin de journée, nous dînons à l’hôtel avant de partir pour l’aéroport et prendre le vol pour Paris à 02h45 du matin.
Cette visite de l’Inde a été volontairement très différente de nos autres voyages notamment au niveau du logement. Nous avions une crainte de recevoir de plein fouet la pauvreté et la situation du pays. Pour s’en protéger et pour se ressourcer, nous avons choisi des hôtels de grande classe. Une autre raison est de voir que la fréquentation de tels établissements participe à l’emploi dans l’établissement et hors de celui-ci. Le personnel y est très nombreux et d’une compétence rare. L’Inde est un pays immense dans sa réalité géographique mais aussi humaine, culturelle …. Il est très difficile de capter et de comprendre un tel pays. De ce court voyage, nous ne pouvons qu’en tirer des connaissances partielles. Mais ce qui est sur : l’Inde marque le voyageur à jamais. Les questions sur l’humain et le fonctionnement de notre monde s’en trouvent exacerbées et demeurent que … des questions.
😉 Salut à tous et bonne année 2006 pleine de voyages pour tous les membres du Forum,
Nous voici de retour de deux mois de voyage en Inde où nous avons visité 5 parc animaliers : Kaziranga ( Assam ), Corbett ( Uttaranchal ), Keoladeo ( Rajasthan ), Ranthambhore ( Rajasthan ) et Bandhavgardh ( Madhya Pradesh ).
Voici donc en 5 épisodes le recit de notre périple dans ce pays magique sur les traces de Kipling et de Jim Corbett avec quelques photos.--
🙂 KAZIRANGA NATIONAL PARK - ASSAM - NORD-EST
Arrivée classique en Inde depuis l'Europe : Paris - Mumbay - Delhi ( pour y récupérer un gros tas de Vouchers ) - Calcutta
Il semble que rien ne bouge ni ne change à Calcutta, toujours autant de ricksaws, auto-ricksaws, motos, voitures, camions et bus que part le passé. J'adore cette ville où l'on voit l'empreinte de la mousson sur les murs. 2 jours à se balader parmis les Bengalis toujours aussi accueuillants.
22 heures de train et 6 heures de car plus tard 🤪 nous voici à Kaziranga N.P. classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. Nous logeons dans un lodge d'état le Haranya LODGE, propre et sympathique endroit.
Nous sommes là pour 6 jours de safaris matin et soir dans les trois parties du parc. C'est le début de la saison touristique et il y a pas grand monde, on préfère car les animaux indiens sont encore plus discrets que leurs cousins africains.
Faune présente dans le parc : + ou - 1500 Rhinos unicornes 1200 Eléphants 1000 Buffles sauvages 86 Tigres + ou - 100 Léopards Hyennes Chacals Cerfs Chital Cerfs Sambar Cerf Munjac Rhésus macaque Commun Langur Pythons Cobras + ou - 350 oiseaux
1ère journée partie Ouest l'après-midi : Rhino, Eléphant, Munjac, Langur, Macaque
5 Mns après notre première entrée dans le parc nos deux premiers Rhinos, ça commence bien, comme souvent un des animaux majeur du parc nous souhaite la bienvenue en l'occurence une femelle et son petit. L'herbe à éléphant en cette saison est très haute, environ 2, 5 metres. Donc juste quelques photos pour la mise en service du Canon 20 D en condition brousse.
Une partie seulement du parc est accesssible en cette période de l'année, ils refont les pistes après le passage de la mousson, qui à été abondante. Dans chaque partie du parc 25% des pistes sont ouvertes. C'est quand même largement suffisant pour apercevoir un max de bébettes.
nous verrons aujourd'hui une quinzaine de Rhinos, une troupe d'Eléphants, deux fois des Buffles, des Cerfs Munjac plusieurs fois ainsi que des Langurs et des Macaques une fois. En tout + de 250 Photos : ça commence il va falloir noter au jour le jour ce qu'il y a sur les cartes CompactFlash.
Ce parc est le plus professionnel, au niveau des Rangers, de toute l'Inde. La grande réussite de la protection animalière en Inde avec la sauvegarde de l'extinction du très gros Rhino Unicorne indien. C'est l'année du centenaire de la création du parc, uniforme neuf et nouveau fusil pour les gardes. Ce parc ne fait pas partie du Project Tiger malgré la présence recensé de 86 Tigres. C'est le seul parc où nous verrons les patrouilles anti-braconnage au travail et ceci tous les jours, mais aussi le chef du parc inspectant celui ci.
2ème jour : Rhino, Eléphant, Buffle, Sambar, Chital, Munjac, Langur, Aigles et Oiseaux aquatiques en tous genre.
Aujourd'hui partie Est le matin et partie Ouest l'après-midi. une bonne vingtaine de Rhinos ( seulement deux photographiable !! ), deux fois une troupe d'Eléphants se désaltérant à la rivière, trois fois des Buffles, une femelle Sambar, un groupe de Munjac et une troupe de Chital, des Langurs, deux aigles pêcheur Indien et plein d'oiseaux aquatiques migrateurs dont une colonie de pélicans. Pas de Tigres ni de Léopard.
3ème jour Idem 2ème jour : Rhino, Eléphant, Buffle, Sambar, Chital, Munjac, Langur et Macaque, Lézard monitor indien, Aigles et Oiseaux aquatiques en tous genre.
Partie Est le matin et Centrale l'après-midi. Enfin de belles photos de Rhinos avec la bonne lumière, une troupe d'Eléphants se désaltérant à la rivière, trois fois des Buffles dans la boue, les trois type de cerf de loin, les deux type de singes faisant les cons comme d'ab et des oiseaux de loin. Nous avons rencontré et avons discuté avec le chef du parc qui nous autorise à rentrer une heure plus tôt le lendemain matin dans le parc, un très très gros privilège, encore merci.
4ème jour : Rhino, Eléphant, Chital, Munjac, Langur, Aigles et Oiseaux aquatiques en tous genre.
Partie Centrale le matin et Ouest l'après-midi. Grace à notre entrée matinale, 06H00 au lieu de 07H30, nous avons pu voir de très très prêt un gros mâle Rhino d'abord et un jeune se réveillant. Quel spectacle dans une petite brume matinale que de voir ces monstres préhistoriques brouter à 3 metres de nous. Mais aussi un jeune Lézard Monitor indien prenant les premiers rayons de soleil. L'après-midi nous verrons encore d'autres Rhinos mais pas de très prêt et des Eléphants au bain.
5ème jour : Rhino, Eléphant, Buffle, Sambar, Chital, Munjac, Langur et Macaque, Aigles et Oiseaux aquatiques en tous genre.
Partie Est le Matin et centrale l'après-midi. Comme les jours précédants plein de Rhinos de plus ou moins loin, des Eléphants deux fois à la rivière, des Buffles dans l'eau et dans la boue, les trois type de Cerfs, Les deux type de Singes déconnant à plein tube et pleins d'oiseaux.
6ème et dernier jour : Rhino, Eléphant, Buffle, l'empreinte d'un Tigre, Chital, Munjac, Langur et Oiseaux aquatiques en tous genre.
Et oui déjà le dernier safari à Kaziranga, partie centrale le matin. Quelques Rhinos dont un de très prêt, nos derniers Eléphants et Buffles, Cerfs Chital et Munjac broutant tranquillement, une troupe de langur sur le bord de la piste et une multitude d'oiseaux migrateurs.
ier nous avons loupé dans l'après-midi un tigre mâle dont les empreintes se voient dans les traces de notre jeep. Les rangers nous disent qu'un gros mâle est passé hier sur la piste 15 mns après nous, Grrrrr domage. Et c'est déjà la sortie du parc avec un beau Rhino prêt de la Gate qui semble nous dire : Salut et à bientôt de vous revoir.
Donc de nouveau 06H00 de bus + 23H00 de train pour rejoindre Varanasi notre ville favorite.--
Suite au prochain Post : Varanasi et Corbett N.P.
Nous voici de retour de deux mois de voyage en Inde où nous avons visité 5 parc animaliers : Kaziranga ( Assam ), Corbett ( Uttaranchal ), Keoladeo ( Rajasthan ), Ranthambhore ( Rajasthan ) et Bandhavgardh ( Madhya Pradesh ).
Voici donc en 5 épisodes le recit de notre périple dans ce pays magique sur les traces de Kipling et de Jim Corbett avec quelques photos.--
🙂 KAZIRANGA NATIONAL PARK - ASSAM - NORD-EST
Arrivée classique en Inde depuis l'Europe : Paris - Mumbay - Delhi ( pour y récupérer un gros tas de Vouchers ) - Calcutta
Il semble que rien ne bouge ni ne change à Calcutta, toujours autant de ricksaws, auto-ricksaws, motos, voitures, camions et bus que part le passé. J'adore cette ville où l'on voit l'empreinte de la mousson sur les murs. 2 jours à se balader parmis les Bengalis toujours aussi accueuillants.
22 heures de train et 6 heures de car plus tard 🤪 nous voici à Kaziranga N.P. classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. Nous logeons dans un lodge d'état le Haranya LODGE, propre et sympathique endroit.
Nous sommes là pour 6 jours de safaris matin et soir dans les trois parties du parc. C'est le début de la saison touristique et il y a pas grand monde, on préfère car les animaux indiens sont encore plus discrets que leurs cousins africains.
Faune présente dans le parc : + ou - 1500 Rhinos unicornes 1200 Eléphants 1000 Buffles sauvages 86 Tigres + ou - 100 Léopards Hyennes Chacals Cerfs Chital Cerfs Sambar Cerf Munjac Rhésus macaque Commun Langur Pythons Cobras + ou - 350 oiseaux
1ère journée partie Ouest l'après-midi : Rhino, Eléphant, Munjac, Langur, Macaque
5 Mns après notre première entrée dans le parc nos deux premiers Rhinos, ça commence bien, comme souvent un des animaux majeur du parc nous souhaite la bienvenue en l'occurence une femelle et son petit. L'herbe à éléphant en cette saison est très haute, environ 2, 5 metres. Donc juste quelques photos pour la mise en service du Canon 20 D en condition brousse.
Une partie seulement du parc est accesssible en cette période de l'année, ils refont les pistes après le passage de la mousson, qui à été abondante. Dans chaque partie du parc 25% des pistes sont ouvertes. C'est quand même largement suffisant pour apercevoir un max de bébettes.
nous verrons aujourd'hui une quinzaine de Rhinos, une troupe d'Eléphants, deux fois des Buffles, des Cerfs Munjac plusieurs fois ainsi que des Langurs et des Macaques une fois. En tout + de 250 Photos : ça commence il va falloir noter au jour le jour ce qu'il y a sur les cartes CompactFlash.
Ce parc est le plus professionnel, au niveau des Rangers, de toute l'Inde. La grande réussite de la protection animalière en Inde avec la sauvegarde de l'extinction du très gros Rhino Unicorne indien. C'est l'année du centenaire de la création du parc, uniforme neuf et nouveau fusil pour les gardes. Ce parc ne fait pas partie du Project Tiger malgré la présence recensé de 86 Tigres. C'est le seul parc où nous verrons les patrouilles anti-braconnage au travail et ceci tous les jours, mais aussi le chef du parc inspectant celui ci.
2ème jour : Rhino, Eléphant, Buffle, Sambar, Chital, Munjac, Langur, Aigles et Oiseaux aquatiques en tous genre.
Aujourd'hui partie Est le matin et partie Ouest l'après-midi. une bonne vingtaine de Rhinos ( seulement deux photographiable !! ), deux fois une troupe d'Eléphants se désaltérant à la rivière, trois fois des Buffles, une femelle Sambar, un groupe de Munjac et une troupe de Chital, des Langurs, deux aigles pêcheur Indien et plein d'oiseaux aquatiques migrateurs dont une colonie de pélicans. Pas de Tigres ni de Léopard.
3ème jour Idem 2ème jour : Rhino, Eléphant, Buffle, Sambar, Chital, Munjac, Langur et Macaque, Lézard monitor indien, Aigles et Oiseaux aquatiques en tous genre.
Partie Est le matin et Centrale l'après-midi. Enfin de belles photos de Rhinos avec la bonne lumière, une troupe d'Eléphants se désaltérant à la rivière, trois fois des Buffles dans la boue, les trois type de cerf de loin, les deux type de singes faisant les cons comme d'ab et des oiseaux de loin. Nous avons rencontré et avons discuté avec le chef du parc qui nous autorise à rentrer une heure plus tôt le lendemain matin dans le parc, un très très gros privilège, encore merci.
4ème jour : Rhino, Eléphant, Chital, Munjac, Langur, Aigles et Oiseaux aquatiques en tous genre.
Partie Centrale le matin et Ouest l'après-midi. Grace à notre entrée matinale, 06H00 au lieu de 07H30, nous avons pu voir de très très prêt un gros mâle Rhino d'abord et un jeune se réveillant. Quel spectacle dans une petite brume matinale que de voir ces monstres préhistoriques brouter à 3 metres de nous. Mais aussi un jeune Lézard Monitor indien prenant les premiers rayons de soleil. L'après-midi nous verrons encore d'autres Rhinos mais pas de très prêt et des Eléphants au bain.
5ème jour : Rhino, Eléphant, Buffle, Sambar, Chital, Munjac, Langur et Macaque, Aigles et Oiseaux aquatiques en tous genre.
Partie Est le Matin et centrale l'après-midi. Comme les jours précédants plein de Rhinos de plus ou moins loin, des Eléphants deux fois à la rivière, des Buffles dans l'eau et dans la boue, les trois type de Cerfs, Les deux type de Singes déconnant à plein tube et pleins d'oiseaux.
6ème et dernier jour : Rhino, Eléphant, Buffle, l'empreinte d'un Tigre, Chital, Munjac, Langur et Oiseaux aquatiques en tous genre.
Et oui déjà le dernier safari à Kaziranga, partie centrale le matin. Quelques Rhinos dont un de très prêt, nos derniers Eléphants et Buffles, Cerfs Chital et Munjac broutant tranquillement, une troupe de langur sur le bord de la piste et une multitude d'oiseaux migrateurs.
ier nous avons loupé dans l'après-midi un tigre mâle dont les empreintes se voient dans les traces de notre jeep. Les rangers nous disent qu'un gros mâle est passé hier sur la piste 15 mns après nous, Grrrrr domage. Et c'est déjà la sortie du parc avec un beau Rhino prêt de la Gate qui semble nous dire : Salut et à bientôt de vous revoir.Donc de nouveau 06H00 de bus + 23H00 de train pour rejoindre Varanasi notre ville favorite.--
Suite au prochain Post : Varanasi et Corbett N.P.
🙂 Quatrième volet de ce carnet de voyage : Ranthambhore N.P. --
RANTHAMBHORE NATIONAL PARK - RAJASTHAN
Tigre 22 Léopard + ou - 30 Sloth Bear 10 Cerf Sambar Cerf Chital Antiloppe Blue Bull ( Nilgau ) Antiloppe indienne Langur Crocodile Python Cobra + de 250 espèces d'oiseaux
Donc levé de très bonne heure, 06H00 nous démarrons en direction de Sawai Madhopur la ville à coté de Ranthambhore. Nous arrivons le soir vers 18H00 juste après la tombée de la nuit.
Le parc de Ranthambhore est en ce moment dans la tourmente. En effet une recrudescence du braconnage à fait tomber le nombre de tigres à 22 et celui des ours à une dizaine. une semaine avant que nous le visitions 5 personnes du parc avaient été arrêtés pour braconnage. De ce fait le parc ne peut se visiter qu'en Canter ( camion débaché emportant 22 touristes bruyants ); cepandant 12 Jeep ont une dérogation pour les grands hotels et les lodges de luxe.
J'ai la chance d'avoir sur place un ami qui est guide naturaliste dans le parc. Nous avons pu avoir une jeep pendant les quatre safaris que nous avons fait. Le parc est divisé en routes numérotées de 1 à 12 attribuées au différents véhicules entrants dans le parc. Les meilleurs sont la 5 et la 6.
1er jour matin : route 6 🙂 : 2 tigres, Sambars, Chitals, Langurs, Blue Bulls et beaucoup d'oiseaux dont un vautour à tête rouge.
Entrée à 06H30, la température de la nuit se fait encore sentir il fait 6 °C. Après le coup de tampon de vérification à l'intérieur du parc nous allons directement nous mettre en observation près d'un des lacs du parc où une tigresse et ses deux petits de 18 mois ont élus domicile depuis quelques jours. Après 5 mn un des petits ( le mâle ) sort des hautes herbes et pose pour la postérité devant les véhicules. Sa soeur vient le rejoindre un court instant avant qu'ils ne rentrent dans les herbes pour attenfre le retour de leur mère. 2, 3 bonne photos, ça commence bien.
Nous partons explorer la route 6 jusqu'à 11H00, l'heure de sortie du parc. Sambars, Chitals, Blue Bulls et Langurs se laissent photographier de prêt, ainsi qu'un Vautour à tête rouge qui ne s'envole pas de son arbre perchoir quand nous nous en approchons.
1er jour après-midi : route 5 🙂 : 3 Tigres, Sambars, Chitals, Langurs, Blue Bulls, Crocos et beaucoup d'oiseaux.
Entrée à 14H00, il fait 26 °C, c'est mieux que le matin. Au détour d'un virage la mére et les deux petits du matin cheminent tranquilement sur la piste. de superbes photos de prêt des uns et des autres sans aucun autres véhicule; le pied. Le reste de l'après-midi se passe à suivre la route 5 où les Sambars, Chitals, Langurs, Blue Bulls et autres oiseaux nous donne encore quelques belles photos, ainsi que quelques crocodiles.
2ème jour matin : route 6 : Sambars, Chitals, Langurs, Blue Bulls et beaucoup d'oiseaux.
Ce matin beaucoup d'empreintes de tigres mais pas de contacts visuels. Qu'à cela ne tienne, encore une fois les Sambars, Chitals, Langurs, Blue Bulls et beaucoup d'oiseaux se laissent photographier de très prêt.
2ème jour après-midi : route 2 😎 : Sloth Bear, Tigre, Sambars, Chitals, Langurs, Blue Bulls, Crocos et beaucoup d'oiseaux .
La route N° 2 n'est pas réputée pour ses spots de tigre mais bon la forêt y est superbe. au bout d'une demi heure nous voyons surgir de notre droite un mâle Sloth Bear qui traverse la route devant nous au triple galop !!! Génial, pas de photo mais quelle sensation 😉. Au detour d'un virage sous le sous bois un grand tigre mâle est allongé en travers de la piste. Nous sommes absolument seul pendant une bonne heure avec le roi des forêts indienne qui baille, se gratte la tête, change de position à moins de trois metres de nous !!! J'ai pris plus de 200 photos et un paquet sont superbes.
Pour le retour et la dernière sortie du parc nous voyons des Sambars, Chitals, Langurs, Blue Bulls et beaucoup d'oiseaux. Des empreintes toutes fraiches de léopard croisent notre route mais nous ne le verrons pas.
Ranthambhore, comme à chaque fois que j'y suis allé ne m'a pas deçu. C'est la quatrième fois que je m'y balade et c'est toujours aussi superbe et magique, c'est de loin mon parc préféré.
Départ de nuit pour rallier Jaipur puis le lendemain liaison jusqu'à Agra pour prendre un train de nuit qui nous emmene jusqu'à Umaria au Madhya Pradesh la gare la plus proche de Bandhavgardh N.P.--
Suite et fin de ce récit dans l'épisode 5 : Bandhavgardh National Park--
RANTHAMBHORE NATIONAL PARK - RAJASTHAN
Tigre 22 Léopard + ou - 30 Sloth Bear 10 Cerf Sambar Cerf Chital Antiloppe Blue Bull ( Nilgau ) Antiloppe indienne Langur Crocodile Python Cobra + de 250 espèces d'oiseaux
Donc levé de très bonne heure, 06H00 nous démarrons en direction de Sawai Madhopur la ville à coté de Ranthambhore. Nous arrivons le soir vers 18H00 juste après la tombée de la nuit.
Le parc de Ranthambhore est en ce moment dans la tourmente. En effet une recrudescence du braconnage à fait tomber le nombre de tigres à 22 et celui des ours à une dizaine. une semaine avant que nous le visitions 5 personnes du parc avaient été arrêtés pour braconnage. De ce fait le parc ne peut se visiter qu'en Canter ( camion débaché emportant 22 touristes bruyants ); cepandant 12 Jeep ont une dérogation pour les grands hotels et les lodges de luxe.
J'ai la chance d'avoir sur place un ami qui est guide naturaliste dans le parc. Nous avons pu avoir une jeep pendant les quatre safaris que nous avons fait. Le parc est divisé en routes numérotées de 1 à 12 attribuées au différents véhicules entrants dans le parc. Les meilleurs sont la 5 et la 6.
1er jour matin : route 6 🙂 : 2 tigres, Sambars, Chitals, Langurs, Blue Bulls et beaucoup d'oiseaux dont un vautour à tête rouge.
Entrée à 06H30, la température de la nuit se fait encore sentir il fait 6 °C. Après le coup de tampon de vérification à l'intérieur du parc nous allons directement nous mettre en observation près d'un des lacs du parc où une tigresse et ses deux petits de 18 mois ont élus domicile depuis quelques jours. Après 5 mn un des petits ( le mâle ) sort des hautes herbes et pose pour la postérité devant les véhicules. Sa soeur vient le rejoindre un court instant avant qu'ils ne rentrent dans les herbes pour attenfre le retour de leur mère. 2, 3 bonne photos, ça commence bien.
Nous partons explorer la route 6 jusqu'à 11H00, l'heure de sortie du parc. Sambars, Chitals, Blue Bulls et Langurs se laissent photographier de prêt, ainsi qu'un Vautour à tête rouge qui ne s'envole pas de son arbre perchoir quand nous nous en approchons.
1er jour après-midi : route 5 🙂 : 3 Tigres, Sambars, Chitals, Langurs, Blue Bulls, Crocos et beaucoup d'oiseaux.
Entrée à 14H00, il fait 26 °C, c'est mieux que le matin. Au détour d'un virage la mére et les deux petits du matin cheminent tranquilement sur la piste. de superbes photos de prêt des uns et des autres sans aucun autres véhicule; le pied. Le reste de l'après-midi se passe à suivre la route 5 où les Sambars, Chitals, Langurs, Blue Bulls et autres oiseaux nous donne encore quelques belles photos, ainsi que quelques crocodiles.
2ème jour matin : route 6 : Sambars, Chitals, Langurs, Blue Bulls et beaucoup d'oiseaux.
Ce matin beaucoup d'empreintes de tigres mais pas de contacts visuels. Qu'à cela ne tienne, encore une fois les Sambars, Chitals, Langurs, Blue Bulls et beaucoup d'oiseaux se laissent photographier de très prêt.
2ème jour après-midi : route 2 😎 : Sloth Bear, Tigre, Sambars, Chitals, Langurs, Blue Bulls, Crocos et beaucoup d'oiseaux .
La route N° 2 n'est pas réputée pour ses spots de tigre mais bon la forêt y est superbe. au bout d'une demi heure nous voyons surgir de notre droite un mâle Sloth Bear qui traverse la route devant nous au triple galop !!! Génial, pas de photo mais quelle sensation 😉. Au detour d'un virage sous le sous bois un grand tigre mâle est allongé en travers de la piste. Nous sommes absolument seul pendant une bonne heure avec le roi des forêts indienne qui baille, se gratte la tête, change de position à moins de trois metres de nous !!! J'ai pris plus de 200 photos et un paquet sont superbes.
Pour le retour et la dernière sortie du parc nous voyons des Sambars, Chitals, Langurs, Blue Bulls et beaucoup d'oiseaux. Des empreintes toutes fraiches de léopard croisent notre route mais nous ne le verrons pas.
Ranthambhore, comme à chaque fois que j'y suis allé ne m'a pas deçu. C'est la quatrième fois que je m'y balade et c'est toujours aussi superbe et magique, c'est de loin mon parc préféré.
Départ de nuit pour rallier Jaipur puis le lendemain liaison jusqu'à Agra pour prendre un train de nuit qui nous emmene jusqu'à Umaria au Madhya Pradesh la gare la plus proche de Bandhavgardh N.P.--
Suite et fin de ce récit dans l'épisode 5 : Bandhavgardh National Park--
🙂 Troisième volet de ce carnet de voyage : Keoladeo N.P. (Bharatpur) et Udaipur--
KEOLADEO NATIONAL PARK - A BHARATPUR - RAJASTHAN
Cerf Sambar Cerf Chital Blue Bull Langur Mangouste Chacal Hyène rayée Python Cobra Serpent d'eau + de 430 espèces d'oiseaux
Une nouvelle triste à propos de ce parc : la tigresse qui avait qui avait fuit Sariska N.P. et s'était installée dans le fond du parc est morte de maladie en Juillet 2005 😕.
Comme d'habitude à Bharatpur nous logeons chez Ashok et Indu au Safari Guest House qui est un endroit pas cher et super propre avec une ambiance calme et détendu. Ce parc est mondialement réputé pour ses oiseaux migrateurs et résidents qui viennent de trois continents : Asie, Afrique et Europe et se visite à pied ou en vélo. Notement pour les grues de sibérie qui viennent y passer l'hiver. J'ai eu la chance de voir de très prêt une famille : la mère, le père et un petit 🙂. Cette fois ci pas de python car il faisait trop froid pour qu'il sortent de leurs terriers ( 22 à 24 °C seulement).
J'ai fait de superbes clichés de Blue Bulls mâles et femelles dans les marécages, de Sambars ainsi que de quelques oiseaux dont une colonie de + de 3.000 cigognes (qu'est ce que ça pue c'est bestioles quand c'est en groupe comme ça !!! pouah 🤪).
Après 8 jours sur Bharatpur direction Udaipur via Jaipur toujours avec la voiture avec chauffeur, une Ambassador, de la companie Real India Tours de mon ami Raju.
Deux jours de repos et shopping à Jaipur, Raju nous à gracieusement invité dans sa ville; donc logement dans un hotel de Maharadja. La grande classe, une suite superbement décorée pour se reposer. Nous avons découvert que c'est à Jaipur que se fabrique les marionnettes traditionnelles indiennes, on en ramènera au final de ce voyage 19 paires 🤪. On espère en revendre pour amortir le prochain voyage.
Départ de bonne heure pour ralier Udaipur à 350 KM de là. Nous empreintons l'autoroute à 2 fois 2 voies, qu'elle surprise de pouvoir enfin dépasser le 60 Km/h, on fera même des pointes à 100 !!!. Arrivée en début d'après-midi, hé oui on a super bien roulé !!, on se retrouve au Kankarwa Haveli sur le bord du lac face au fameu temple de marbre blanc utilisé pour le James Bond Octopussy.
Udaipur est une ville très touristique mais apaisante grace à son lac et ses Palais. Visite du Palais du Maharadja, Balade en bateau sur le lac et shopping en ville occuperont nos trois jours sur place. On a failli ramener un chiot rencontré en ville et vraiment trop craquant, mais vu les formalités administratives françaises nous avons abandonné l'idée.--
Suite au prochain numéro : Ranthambhore N.P.--
KEOLADEO NATIONAL PARK - A BHARATPUR - RAJASTHAN
Cerf Sambar Cerf Chital Blue Bull Langur Mangouste Chacal Hyène rayée Python Cobra Serpent d'eau + de 430 espèces d'oiseaux
Une nouvelle triste à propos de ce parc : la tigresse qui avait qui avait fuit Sariska N.P. et s'était installée dans le fond du parc est morte de maladie en Juillet 2005 😕.
Comme d'habitude à Bharatpur nous logeons chez Ashok et Indu au Safari Guest House qui est un endroit pas cher et super propre avec une ambiance calme et détendu. Ce parc est mondialement réputé pour ses oiseaux migrateurs et résidents qui viennent de trois continents : Asie, Afrique et Europe et se visite à pied ou en vélo. Notement pour les grues de sibérie qui viennent y passer l'hiver. J'ai eu la chance de voir de très prêt une famille : la mère, le père et un petit 🙂. Cette fois ci pas de python car il faisait trop froid pour qu'il sortent de leurs terriers ( 22 à 24 °C seulement).
J'ai fait de superbes clichés de Blue Bulls mâles et femelles dans les marécages, de Sambars ainsi que de quelques oiseaux dont une colonie de + de 3.000 cigognes (qu'est ce que ça pue c'est bestioles quand c'est en groupe comme ça !!! pouah 🤪).
Après 8 jours sur Bharatpur direction Udaipur via Jaipur toujours avec la voiture avec chauffeur, une Ambassador, de la companie Real India Tours de mon ami Raju.
Deux jours de repos et shopping à Jaipur, Raju nous à gracieusement invité dans sa ville; donc logement dans un hotel de Maharadja. La grande classe, une suite superbement décorée pour se reposer. Nous avons découvert que c'est à Jaipur que se fabrique les marionnettes traditionnelles indiennes, on en ramènera au final de ce voyage 19 paires 🤪. On espère en revendre pour amortir le prochain voyage.
Départ de bonne heure pour ralier Udaipur à 350 KM de là. Nous empreintons l'autoroute à 2 fois 2 voies, qu'elle surprise de pouvoir enfin dépasser le 60 Km/h, on fera même des pointes à 100 !!!. Arrivée en début d'après-midi, hé oui on a super bien roulé !!, on se retrouve au Kankarwa Haveli sur le bord du lac face au fameu temple de marbre blanc utilisé pour le James Bond Octopussy.
Udaipur est une ville très touristique mais apaisante grace à son lac et ses Palais. Visite du Palais du Maharadja, Balade en bateau sur le lac et shopping en ville occuperont nos trois jours sur place. On a failli ramener un chiot rencontré en ville et vraiment trop craquant, mais vu les formalités administratives françaises nous avons abandonné l'idée.--
Suite au prochain numéro : Ranthambhore N.P.--
🙂 Deuxième volet de ce carnet de voyage : Varanasi et Jim Corbett N.P. --
VARANASI - ma ville préférée en Inde
Pour ceux qui on suivi comme pour ceux qui prennent mon récit en court, donc après 06H00 de bus et 23H00 de train nous voici à Varanasi avec un souci : durant la nuit pendant la traversée du Bihar le sac à dos de ma femme accroché sous elle avec chaine et cadenas à été volé. Tous ses vêtements, chaussures, Gros sac de médocs pour un hopital et gros sac de jouets pour donner à une famille nombreuse se sont volatilisés
. Hé oui, ce peut être aussi ça l'Inde.
Nous sommes resté 8 jours dans cette ville que, je me répette, nous adorons. Nous avons logé dans deux endroits différents, d'abord 3 nuits au Maruti Guest House dans Assi Ghat puis 4 nuits au Gampati Guest House dans Meer Ghat.
Quel bonheur de se retrouver dans cette ville pleine de contraste et si vivante. Quel plaisir d'aller de bonheur le matin sur les Ghats faire une séance photo de ces jolies indiennes faisant leur toilette; Il y a auusi un tas d'indous mesdames 😉.
Après une nuit dans le train pour Delhi une voiture avec chauffeur nous attendait à la gare direction L'Uttaranchal et Jim Corbett N.P.--
JIM CORBETT NATIONAL PARK - UTTARANCHAL
135 Tigres + ou - 100 Léopards + ou - 800 Eléphants Cerf Sambar Cerf Chital Langur Macaque 10 à 30 Sloth Bear Loutre Python Cobra Gavial Crocodile Monitor + de 280 espèces d'oiseaux
Le rève de beaucoup des visiteurs de parcs nationaux en Inde est de voir le Tigre du bengale en face de soit. C'est aussi le rève de tous les Indiens, donc il y a maintenant foule dans les parcs où le tigre se laisse facilement voir (Corbett, Kanha, Bandhavgardh) De plus pour faire encore plus de sous les directeurs de ces parcs ont authorisé l'entrée d'un trop grand nombre de voiture.
Nous avons loger à Ramnagar à 2 Km de l'entrée de Bijrani à l'est du parc donc le 1er safari d'après midi c'est fait depuis cette porte. Comme d'habitude après l'entrée un troupe d'Elephants nous souhaite la bienvenue, nous restons bien 45 mn avec eux avant qu'un vent de folie ne s'empare de toutes les jeep présentent dans les environs; un tigre a été aperçu. tous le monde fonce à tombeau ouvert sur les pistes défoncées pour avoir une chance de voir la bête 🤪.
Nous arrivons dans le lit tari d'une rivière où + d'une quinzaine de jeeps s'en donne à coeur joie pour se mettre dans la meilleure position pour apercevoir un beau mâle à plus de 200 metres !!! Quelle folie de voir tous ces gens descendre des jeep au mepris des consignes, sauter de jeep en jeep en bousculant tous et toutes sur leur passage ( impossible de prendre une photo correcte à cause de cela ), et crier à tue tête. Encore plus de cris, la bête daigne se lever et se raproche du tas informe de véhicule. l'agitation est à son comble, nous devons virer de notre jeep un type qui s'incruste et saute partout !!!
La bête agacé par le bruit et la folie des véhicules faisant des marches avants et arrières pour se mettre dans la bonne position ( c'est à dire devant les autres
) décide de monter sur une colline et disparait à nos yeux. notre chauffeur (très pro et très calme, j'ai toujours du pot d'avoir le mieux de la bande ) place notre jeep sur le chemin suposé du fauve à 500 mettre de là; 10 mn d'attente et le voilà sur la piste 10 metres devant nous. Malheureusement nous ne sommes pas seul et les autres jeeps se bousculent, nous doublent et font fuir le majestueux et dédaigneux roi de la Jungle définitivement dans l'épaisse forêt. Résultat de ce capharnaum : trois photos potables et encore.
2ème jour Matin : Bijrani Gate, Après-midi : Jhiona Gate : Chital, Sambar, Langur, Macaques, King Vulture, Martin pêcheur et nombreux oiseaux.
Pas de tigre en cette deuxième journée mais de superbes photos de cerfs et de singes ainsi que d'un King Vulture ( Vautour à tête rouge ), la trace d'un très gros python ayant traversé la piste 15/20 mn avant notre passage.
3éme jour Matin : Jhina Gate Après-midi : Bijrani Gate : Chital, Sambar, Langur, Macaques, Cobra royal, Martin pêcheur et nombreux oiseaux.
Pas de tigres, d'Eléphants ou de Léopards juste les empreintes d'un sloth Bear et un cobra royal s'enfuyant à notre approche.
Le lendemain visite en matinée de la maison d'hiver de Jim Corbett à 25 Km de Ramanagar avant de rentrer sur Delhi.
Donc pas si concluant que ça ce 2ème parc dont je me faisais une joie, en fait il aurait fallu que l'on loge au nord du parc dans les lodges de luxe pour avoir accès à la gate qui va vers Dhikala au centre du parc où se trouve les Gavials, Crocodiles et autres bestioles phares du parc. C'est ma faute j'ai voulu faire des économies en logeant à Ramnagar.--
Suite dans le 3ème volet : Keoladeo National Park et Udaipur--
VARANASI - ma ville préférée en Inde
Pour ceux qui on suivi comme pour ceux qui prennent mon récit en court, donc après 06H00 de bus et 23H00 de train nous voici à Varanasi avec un souci : durant la nuit pendant la traversée du Bihar le sac à dos de ma femme accroché sous elle avec chaine et cadenas à été volé. Tous ses vêtements, chaussures, Gros sac de médocs pour un hopital et gros sac de jouets pour donner à une famille nombreuse se sont volatilisés
. Hé oui, ce peut être aussi ça l'Inde.Nous sommes resté 8 jours dans cette ville que, je me répette, nous adorons. Nous avons logé dans deux endroits différents, d'abord 3 nuits au Maruti Guest House dans Assi Ghat puis 4 nuits au Gampati Guest House dans Meer Ghat.
Quel bonheur de se retrouver dans cette ville pleine de contraste et si vivante. Quel plaisir d'aller de bonheur le matin sur les Ghats faire une séance photo de ces jolies indiennes faisant leur toilette; Il y a auusi un tas d'indous mesdames 😉.
Après une nuit dans le train pour Delhi une voiture avec chauffeur nous attendait à la gare direction L'Uttaranchal et Jim Corbett N.P.--
JIM CORBETT NATIONAL PARK - UTTARANCHAL
135 Tigres + ou - 100 Léopards + ou - 800 Eléphants Cerf Sambar Cerf Chital Langur Macaque 10 à 30 Sloth Bear Loutre Python Cobra Gavial Crocodile Monitor + de 280 espèces d'oiseaux
Le rève de beaucoup des visiteurs de parcs nationaux en Inde est de voir le Tigre du bengale en face de soit. C'est aussi le rève de tous les Indiens, donc il y a maintenant foule dans les parcs où le tigre se laisse facilement voir (Corbett, Kanha, Bandhavgardh) De plus pour faire encore plus de sous les directeurs de ces parcs ont authorisé l'entrée d'un trop grand nombre de voiture.
Nous avons loger à Ramnagar à 2 Km de l'entrée de Bijrani à l'est du parc donc le 1er safari d'après midi c'est fait depuis cette porte. Comme d'habitude après l'entrée un troupe d'Elephants nous souhaite la bienvenue, nous restons bien 45 mn avec eux avant qu'un vent de folie ne s'empare de toutes les jeep présentent dans les environs; un tigre a été aperçu. tous le monde fonce à tombeau ouvert sur les pistes défoncées pour avoir une chance de voir la bête 🤪.
Nous arrivons dans le lit tari d'une rivière où + d'une quinzaine de jeeps s'en donne à coeur joie pour se mettre dans la meilleure position pour apercevoir un beau mâle à plus de 200 metres !!! Quelle folie de voir tous ces gens descendre des jeep au mepris des consignes, sauter de jeep en jeep en bousculant tous et toutes sur leur passage ( impossible de prendre une photo correcte à cause de cela ), et crier à tue tête. Encore plus de cris, la bête daigne se lever et se raproche du tas informe de véhicule. l'agitation est à son comble, nous devons virer de notre jeep un type qui s'incruste et saute partout !!!
La bête agacé par le bruit et la folie des véhicules faisant des marches avants et arrières pour se mettre dans la bonne position ( c'est à dire devant les autres
) décide de monter sur une colline et disparait à nos yeux. notre chauffeur (très pro et très calme, j'ai toujours du pot d'avoir le mieux de la bande ) place notre jeep sur le chemin suposé du fauve à 500 mettre de là; 10 mn d'attente et le voilà sur la piste 10 metres devant nous. Malheureusement nous ne sommes pas seul et les autres jeeps se bousculent, nous doublent et font fuir le majestueux et dédaigneux roi de la Jungle définitivement dans l'épaisse forêt. Résultat de ce capharnaum : trois photos potables et encore.2ème jour Matin : Bijrani Gate, Après-midi : Jhiona Gate : Chital, Sambar, Langur, Macaques, King Vulture, Martin pêcheur et nombreux oiseaux.
Pas de tigre en cette deuxième journée mais de superbes photos de cerfs et de singes ainsi que d'un King Vulture ( Vautour à tête rouge ), la trace d'un très gros python ayant traversé la piste 15/20 mn avant notre passage.
3éme jour Matin : Jhina Gate Après-midi : Bijrani Gate : Chital, Sambar, Langur, Macaques, Cobra royal, Martin pêcheur et nombreux oiseaux.
Pas de tigres, d'Eléphants ou de Léopards juste les empreintes d'un sloth Bear et un cobra royal s'enfuyant à notre approche.
Le lendemain visite en matinée de la maison d'hiver de Jim Corbett à 25 Km de Ramanagar avant de rentrer sur Delhi.
Donc pas si concluant que ça ce 2ème parc dont je me faisais une joie, en fait il aurait fallu que l'on loge au nord du parc dans les lodges de luxe pour avoir accès à la gate qui va vers Dhikala au centre du parc où se trouve les Gavials, Crocodiles et autres bestioles phares du parc. C'est ma faute j'ai voulu faire des économies en logeant à Ramnagar.--
Suite dans le 3ème volet : Keoladeo National Park et Udaipur--
Dwarka (Inde du nord) le 26 septembre dernier, quelques jours avant le message "Inde : enfermé dans un cimetière au fin fond du Gujarat"
15h10. Il fait beaucoup trop chaud pour un petit occidental comme moi habitué à la clim et à la machine à boisson du premier. Mais je suis venu en Inde pour en baver, pour contempler droit dans les yeux l’extrême pauvreté, les situations désespérées, voir même (tant que j’y suis, autant en profiter) la mort.
Je traîne depuis une heure déjà dans les petites ruelles de Dwarka, pratiquement toutes désertes à cette heure-ci. En fait, à part un drôle de hippie tout barbu qui je viens de croiser, je dois être le seul individu à déambuler dans cette ville.
OK, j’ai bien mérité une petite pause. Je m’appuie contre le premier pan de mur venu et goulotte quelques décilitres d’une eau déjà tiède (Il faudra vraiment que je m’achète une gourde isotherme : souffrir, oui, mais avec de l’eau fraîche, c’est mieux). Nous sommes sur les ghats, face à l’océan, la lumière est magnifique, tout a l’air paisible.
Paisible ? Pas tout à fait. Un attroupement vient de se former à quelques mètres de moi. J’entends tout d’abord de vagues propos à demi étouffés, puis des éclats de voix, des insultes, des cris stridents et maintenant de véritables hurlements !! Branle bas de combat ! Tout le monde sur le pont ! Il s’agit certainement d’un règlement de compte, d’une mutinerie, peut-être même d’une lapidation (ma première !). Accoudé sur mon petit muret (je me croirai au théâtre, c’est génial), je contemple la scène qui se joue, là, juste devant moi : Une indienne est en train d’insulter copieusement son mari. Des promeneurs se sont arrêtés tout autour du couple et suivent la dispute avec un certain intérêt (tout comme moi d’ailleurs, je ne le nie pas). On sent bien que la situation va dégénérer d’un instant à l’autre. Mais en fait pas vraiment. L’homme continue de se faire traiter de tous les noms sans esquisser le moindre petit signe de protestation. Pas un mouvement, pas une parole, rien ! Nous autres spectateurs commençons sérieusement à nous impatienter : S’engueuler comme çà sur ces admirables ghats il faut vraiment avoir rien d’autre à... CLAC ! L’homme vient de gifler sa femme à toute volée ! Quelle puissance ! Et quel bruit ! Nous avons tous sursauté sous l’impact ! Bon d’accord, il aurait peut-être pu parlementer un peu avant mais je dois reconnaître que sa technique est efficace : la fille s’est interrompue ins-tan-ta-né-ment. Et il remet ça ! Mais cette fois-ci, sa femme esquive magistralement dans un petit balancement d’épaules : c’est magnifique ! (J’ai failli applaudir) Les deux protagonistes sont à présent face à face et se jettent des regards incendiaires. Ils ont l’air de se jauger, d’établir une stratégie, d’analyser toutes les alternatives possibles. Nous sommes dans l’œil du cyclone, la suite va être fracassante. Plus personne ne bouge (moi je ne respire même plus, c’est dire). Soudain, l’homme dans un mouvement super rapide, agrippe le bras de sa femme et... les voit-y pas qu’ils se barrent ensemble, bras-dessus bras-dessous comme si de rien n’était ! ! J’y crois pas ! Remboursé ! Quels mauvais acteurs ! Et j’ai même pas eu le temps de prendre de photo ! Je quitte fissa les lieux, frustré comme tout, en maugréant tout bas contre ces couples qui s’exhibent ainsi en public : C’est tout bonnement scandaleux !
Tient, c’est la sortie des classes. Des dizaines de gosses en uniforme bleu, blanc ou beige rentrent chez eux en s’entassant dans des rickshaw, charrettes et scooters en tous genres. Ca piaille un peu partout, ils ont l’air tout content de leur journée et d’avoir appris plein de trucs intéressants (les veinards, moi j’ai rien foutu, je suis fatigué et j’ai encore soif). Je tourne au coin d’une rue et… manque d’écraser une petite fille. Celle-ci, immobile, me regarde bouche bée, les bras ballants, visiblement très surprise de me voir ici. Sourcils froncés, elle à l’air d’être en train de réfléchir à toute allure. Et soudain, me fixant avec insistance, elle me lance d’une petite voix aiguë : What is it ???
Là, c’est à mon tour de la regarder un peu éberlué. Bon : je conviens que ma tenue vestimentaire (streetwear tendance printemps-été 2005) ait de quoi l’impressionner. Et que mes lunettes de soleil à la Herbie Hancock, ma casquette à la Tiger Wood et mes chaussures à la Tony Parker puissent être légèrement déplacées dans cette petite ville rurale du Gujarat. Mais on ne m’avait encore jamais traité de « It » Jamais ! Je lui lance un regard noir du genre «Je ne vous permets pas de me traiter de la sorte mademoiselle, surveillez un peu votre langage tout de même » (Oui, j’ai été élevé à Neuilly, personne n’est parfait). Rien. Aucune réaction. Elle me dévisage très sérieusement et semble même attendre impatiemment une réponse… Ok, je vais lui montrer que sa mesquine petite attaque m’a à peine affectée (ça fait mal, oui !). Je lui fais un petit sourire et d’un ton badin, presque guilleret (quel grand acteur j’aurais pu faire…), je lui annonce : Hello, It is Vincent !
Elle ouvre de grands yeux en me regardant genre " Oui, bon, j’ai pas vraiment tout capté, surtout à partir du début, mais te fatigue pas, ça ira comme ça" OK : celle-là au moins ne va pas chercher à savoir d’où je viens, dans quel pays j’habite et ce que j’ai bien pu faire ces dix derniers jours... Mais sous son air un peu renfrogné, j’ai bien l’impression qu’elle est tout de même bien fière d’elle-même : En effet, elle a osé aborder un étranger comme çà, en pleine rue, et lui a posé une question super pertinente : c’est fort non ? Ses copines demain à l’école vont être super jalouses quand elle va leur raconter notre rencontre... Bon, ne souhaitant pas la quitter en mauvais terme, je tente tout de même de sauver la situation en lui lançant un petit « good-bye» mais cela ne semble pas non plus l’impressionner outre mesure (décidément…).
Le coeur serré, rongé d’inquiétude, je fini par la regarde s’éloigner: Si jamais elle ne suit pas très rapidement des cours d’anglais (si possible en commençant par une leçon pas trop dure, type "Hello, what is your name ?"), des touristes moins aguerris que moi risqueraient de ne pas se relever d’une telle rencontre...
Vincent-the-It 🏴☠️ (http://thisismyart.free.fr)
Quelques minutes avant l’altercation, sur les ghats de Dwarka:
15h10. Il fait beaucoup trop chaud pour un petit occidental comme moi habitué à la clim et à la machine à boisson du premier. Mais je suis venu en Inde pour en baver, pour contempler droit dans les yeux l’extrême pauvreté, les situations désespérées, voir même (tant que j’y suis, autant en profiter) la mort.
Je traîne depuis une heure déjà dans les petites ruelles de Dwarka, pratiquement toutes désertes à cette heure-ci. En fait, à part un drôle de hippie tout barbu qui je viens de croiser, je dois être le seul individu à déambuler dans cette ville.
OK, j’ai bien mérité une petite pause. Je m’appuie contre le premier pan de mur venu et goulotte quelques décilitres d’une eau déjà tiède (Il faudra vraiment que je m’achète une gourde isotherme : souffrir, oui, mais avec de l’eau fraîche, c’est mieux). Nous sommes sur les ghats, face à l’océan, la lumière est magnifique, tout a l’air paisible.
Paisible ? Pas tout à fait. Un attroupement vient de se former à quelques mètres de moi. J’entends tout d’abord de vagues propos à demi étouffés, puis des éclats de voix, des insultes, des cris stridents et maintenant de véritables hurlements !! Branle bas de combat ! Tout le monde sur le pont ! Il s’agit certainement d’un règlement de compte, d’une mutinerie, peut-être même d’une lapidation (ma première !). Accoudé sur mon petit muret (je me croirai au théâtre, c’est génial), je contemple la scène qui se joue, là, juste devant moi : Une indienne est en train d’insulter copieusement son mari. Des promeneurs se sont arrêtés tout autour du couple et suivent la dispute avec un certain intérêt (tout comme moi d’ailleurs, je ne le nie pas). On sent bien que la situation va dégénérer d’un instant à l’autre. Mais en fait pas vraiment. L’homme continue de se faire traiter de tous les noms sans esquisser le moindre petit signe de protestation. Pas un mouvement, pas une parole, rien ! Nous autres spectateurs commençons sérieusement à nous impatienter : S’engueuler comme çà sur ces admirables ghats il faut vraiment avoir rien d’autre à... CLAC ! L’homme vient de gifler sa femme à toute volée ! Quelle puissance ! Et quel bruit ! Nous avons tous sursauté sous l’impact ! Bon d’accord, il aurait peut-être pu parlementer un peu avant mais je dois reconnaître que sa technique est efficace : la fille s’est interrompue ins-tan-ta-né-ment. Et il remet ça ! Mais cette fois-ci, sa femme esquive magistralement dans un petit balancement d’épaules : c’est magnifique ! (J’ai failli applaudir) Les deux protagonistes sont à présent face à face et se jettent des regards incendiaires. Ils ont l’air de se jauger, d’établir une stratégie, d’analyser toutes les alternatives possibles. Nous sommes dans l’œil du cyclone, la suite va être fracassante. Plus personne ne bouge (moi je ne respire même plus, c’est dire). Soudain, l’homme dans un mouvement super rapide, agrippe le bras de sa femme et... les voit-y pas qu’ils se barrent ensemble, bras-dessus bras-dessous comme si de rien n’était ! ! J’y crois pas ! Remboursé ! Quels mauvais acteurs ! Et j’ai même pas eu le temps de prendre de photo ! Je quitte fissa les lieux, frustré comme tout, en maugréant tout bas contre ces couples qui s’exhibent ainsi en public : C’est tout bonnement scandaleux !
Tient, c’est la sortie des classes. Des dizaines de gosses en uniforme bleu, blanc ou beige rentrent chez eux en s’entassant dans des rickshaw, charrettes et scooters en tous genres. Ca piaille un peu partout, ils ont l’air tout content de leur journée et d’avoir appris plein de trucs intéressants (les veinards, moi j’ai rien foutu, je suis fatigué et j’ai encore soif). Je tourne au coin d’une rue et… manque d’écraser une petite fille. Celle-ci, immobile, me regarde bouche bée, les bras ballants, visiblement très surprise de me voir ici. Sourcils froncés, elle à l’air d’être en train de réfléchir à toute allure. Et soudain, me fixant avec insistance, elle me lance d’une petite voix aiguë : What is it ???
Là, c’est à mon tour de la regarder un peu éberlué. Bon : je conviens que ma tenue vestimentaire (streetwear tendance printemps-été 2005) ait de quoi l’impressionner. Et que mes lunettes de soleil à la Herbie Hancock, ma casquette à la Tiger Wood et mes chaussures à la Tony Parker puissent être légèrement déplacées dans cette petite ville rurale du Gujarat. Mais on ne m’avait encore jamais traité de « It » Jamais ! Je lui lance un regard noir du genre «Je ne vous permets pas de me traiter de la sorte mademoiselle, surveillez un peu votre langage tout de même » (Oui, j’ai été élevé à Neuilly, personne n’est parfait). Rien. Aucune réaction. Elle me dévisage très sérieusement et semble même attendre impatiemment une réponse… Ok, je vais lui montrer que sa mesquine petite attaque m’a à peine affectée (ça fait mal, oui !). Je lui fais un petit sourire et d’un ton badin, presque guilleret (quel grand acteur j’aurais pu faire…), je lui annonce : Hello, It is Vincent !
Elle ouvre de grands yeux en me regardant genre " Oui, bon, j’ai pas vraiment tout capté, surtout à partir du début, mais te fatigue pas, ça ira comme ça" OK : celle-là au moins ne va pas chercher à savoir d’où je viens, dans quel pays j’habite et ce que j’ai bien pu faire ces dix derniers jours... Mais sous son air un peu renfrogné, j’ai bien l’impression qu’elle est tout de même bien fière d’elle-même : En effet, elle a osé aborder un étranger comme çà, en pleine rue, et lui a posé une question super pertinente : c’est fort non ? Ses copines demain à l’école vont être super jalouses quand elle va leur raconter notre rencontre... Bon, ne souhaitant pas la quitter en mauvais terme, je tente tout de même de sauver la situation en lui lançant un petit « good-bye» mais cela ne semble pas non plus l’impressionner outre mesure (décidément…).
Le coeur serré, rongé d’inquiétude, je fini par la regarde s’éloigner: Si jamais elle ne suit pas très rapidement des cours d’anglais (si possible en commençant par une leçon pas trop dure, type "Hello, what is your name ?"), des touristes moins aguerris que moi risqueraient de ne pas se relever d’une telle rencontre...
Vincent-the-It 🏴☠️ (http://thisismyart.free.fr)
Quelques minutes avant l’altercation, sur les ghats de Dwarka:

Oui je sais vous n’avez pas encore recu la 2e partie et je vous demanderai un tout petit peu de patience car j’avais tape tout ca minutieusement, puis enregistre sur une disquette car en Inde, ce n’est pas partout qu’on trouve des graveurs de CD donc j’ai bien du m’en contenter et puis hier soir je voulais envoyer tout ca sur le site, et patatras, plus rien sur la disquette, on me dit qu’elle n’est pas formatee.
Conclusion : il faut que je retape tout mais vraiment c’est trop de boulot pour ce soir donc je vais continuer la ou j’en etais restee et puis je ferai la 2e partie pendant mes temps morts si j'en ai.
Mercredi 19/10 : Depart en voiture a travers une campagne verte cultivee de plants de ricin dont on extrait l’huile a des fins pharmaceuthiques et aussi plein d’arachides dont on extrait l’huile pour la cuisine. La canne a sucre pousse egalement en grande quantite avec un peu de mais et enormement de plants de coton. Il est vrai que la region ne manqué pas d’eau. En bord de mer on peut egalement voir des monceau de sel qu'on exploite un peu partout sur un cote de l’ile de Diu. La chaleur est assez lourde et l’humidite parfois difficile a supporter. On roule toutes fenetres ouvertes sur une route etroite mais nous arrivons a Sassan Gir en a peine 3 h pour 100 kms. En approchant de Gir, les champs deviennent de plus en plus rares pour faire place a une foret pas tres dense mais nous avons deja la chance de voir un daim tachete avec d’enormes bois sur la tete. Il est a moitie cache par de grands arbres mais ne bouge pas. Il nous fixe de ses grands yeux au regard doux et c’est a regret que je laisse notre chauffeur redemarer car lui il semble presse de rentrer chez lui. Une fois sur place, je m’apercois que ce n’est qu’un petit bourg n’offrant vraiment d’autre interet que le parc national mais qui rapporte pas mal d’argent au village. Une petite echoppe nous sert surtout a nous desalterer car ici rien que du vegetarian et encore c’est tres tres limite. Je me contenterai donc d’une banane car de toute facon, je n’ai pas faim. Nous y rncontrons un architecte Indien de Mumbai et un avocat allemand qui nous proposent de partager les frais d’une jeep pour aller faire notre 1er safari vers 15 h. J’accepte volontiers car deja a 4, ce n’est pas donne donc…. A Gir, on vous fait payer assez cher le plaisir des yeux, pour autant evidemment qu’il y ait quelque chose a voir car je ne sais pas trop pourquoi mais j’ai deja des doutes quant a ce que nous sommes supposes y trouver, a savoir des lions. En effet, l’habitat ne me semble pas tres propice et en plus, tout ca me parait tres tres peu organise pour mettre toutes les chances de notre cote, c’est un peu le souk ici. En attendant 15 h, nous nous mettrons donc en quete d’une chambre. Le touriste allemand nous fait savoir que toutes les chambres proposees par les 2 ou 3 hotels existants sont beaucoup trop cheres pour le confort offert. Il faut s’en contenter ou aller au lodge gere par le Taj a 90US$, ce qui est enorme evidemment en regard du trou perdu ou nous nous trouvons. Au bout de quelques minutes un jeune home debrouillard nous propose de nous montrer une chambre dans une ferme situee en plein milieu d’une campagne calme. Nous sommes d’accord d’aller au moins voir de quoi il s’agit. Nos 2 nouveaux compagnons nous accompagnent et il semblerait que ce soit nettement mieux et plus propre que leurs chambres respectives, mais le prix est de 1.000 rps, je n’en reviens pas mais j’accepte quand meme car ici c’est deja hyper basique et moyennement propre donc nous n’avons pas vraiment le choix. Ailleurs cette chambre couterait 100 a 150 rps mais on nous promets l’eau chaude pour la douche, c’est deja ca. Les proprietaires font d’ailleurs de leur mieux pour nous etre agrables mais la n’est pas la question. Apres avoir depose nos bagages, nous retournons a l’echoppe devant l’entrée du parc quand tout a coup je m’apercois que j’ai oublie mon objectif 400 mm et comme je suppose que les lions ne viendrons pas se coucher a mes pieds, je rale et je peste evidemment. Un autre jeune homme qui m’a entendu explique l’histoire me propose de m’accompagner en vitesse a ma chambre pour y recuperer ce que j’ai oublie. Nous voici partis a moto. Pendant le trajet il me dit que c’est vraiment dommage que je ne sois pas seule car il aurait pu me faire voir les lions sans que cela me coute un sous car le parc est mal garde et quand on connait le coin, il est tres facile d’y entrer incognito mais voila nous sommes 2 et ce n’est pas possible. Lui aussi est tres conscient que tout ca c’est bien exagere et il semble desole pour nous. Est il sincere, je n’en sais rien. Il me ramene et nous prenons place dans une toute petite jeep avec un guide et un chauffeur obligatoires evidemment. Nous roulons pendant un bon moment sur une route en terre sans rien voir qui bouge, quand tout a coup on apercoit un daim tachete mais beaucoup moins impressionnant que celui vu sur la route juste avant notre arrive. Pendant les 3 h de ce safari nous verrons successivement quelques daims (une dizaine en tout) un nilgai de tres loin et un sambar qui est passé tellement vite que je n’ai meme pas eu le temps d’armer mon appareil, 2 paons mais j’ajouterai qu’ils etaient sauvages et non apprivoises et puis une sorte d’aigle. C’est strictement tout. Tout ca sans pratiquement un seul mot d’explication de la part de notre guide qui ne nous a vraiment servi a rien et sans que notre chauffeur ne fasse aucun effort pour nous faire voir quoi que ce soit meme celui de s’arreter un moment lorsque nous avions repere nous meme une petite troupe de daims. Il est vrai que nous ne sommes venus ici que pour depenser notre argent dont nous ne savons sans doute que faire. Inutile de dire que lorsque le guide me demande si je veux revenir le lendemain, je lui ai gentiment demande de qui il se moquait car il est tout a fait hors de question que je repaie encore une fois 1.200 roupies pour ne rien voir. En fait je ne suis pas vraiment certaine que les lions sont dans le parc qui est a peine cloture et d’ailleurs cela ne ressemble pas vraiment a l’habitat naturel des lions. En plus, je me demande de quoi ils peuvent bien survivre car il y a vraiment peu de proies a leur portee. Il parait que le parc est peuple de maldaris, qui sont des eleveurs de betail mais je n’ai vu aucun des ces eleveurs, ni aucune vache a l’horizon. Le parc lui meme fait 1400 km2, or nous l’avons parcouru en 3 h d’une entrée a l’autre. Il est vrai que la foret de Gir est tres etendue mais le parc en lui meme parait tres petit et pour les lions, c’est un jeu d’enfant de s’en aller batifoler beaucoup plus loin. Il parait qu’il y a 368 lions mais ce n’est pas sur une route ou nous sommes 8 jeep a la queue leuleu dont 5 avec des gosses bruyants qui blaguent et qui rient a gorge deployee, que nous avions une chance de voir quoi que ce soit. Voila donc notre 2e experience negative en ce qui concerne le tourisme ecologique en Inde. En arrivant a notre auberge ou notre chauffeur a eu la gentillesse de nous deposer contre 100 rps pour 3 kms, on nous prepare un repas a consommer devant une hutte rudimentaire. Avec degout Jean regarde la cuisiniere essuyer nos plats en inox avec un chiffon innomable. Puis elle nous le rempli avec du riz et du poulet qui a couru un 100 M, cad beaucoup d’os et peu de viande mais de toute facon on a pas trop faim. Ce repas nous sera facture 350 rps. Il est donc inutile de dire que je ne recommande a personne de visiter cet endroit car ils ne sont vraiment pas prêt a faire du tourisme vert. Comme a Diu, c’est l’arnaque totale mais officialisee cette fois puisque les prix d’entrée du parc, les guides, les jeep, le prix du chauffeur, les taxes pour les appareils photos et cameras sont decidees par le department du tourisme qui empoche d’ailleurs les 9/10e de ces montants. Pour infos la taxe pour utiliser une camera video est de 10.000 roupies. C’est donc tres decue que je me couche tout habillee et avec la lumiere car notre chambre est infestee de fourmis immenses, de tout de sorte de bestioles volantes et meme quelques grrenouilles ou crapauds. Il fait en plus etouffant car le ventilo ne brasse que de l’air chaud et je n’ose ouvrir quoi que ce soit pour ne pas risquer d’ajouter encore a notre petite compagnie nocturne. Dehors il fait frais pourtant meme froid et surtout tres humide. Dans le silence total de cette nuit, je fini quand meme par terminer presque d’une traite un livre passionnant sur la vie de celle qui deviendra Nur Jahan, la 20e epouse de Jahangir. Au petit matin, je suis prete bien avant l’heure et j’arrive a degoter une voiture pour nous emmener a Junagadt, la ville la plus proche pour 600 rps (52 kms).
Jeudi 20/10 : Dehors a 6 h donc, j’attends la voiture lorsque le proprietaire des lieux vient m’apporter une mini tasse de the massala auquel je ne touche meme pas, car rien qu’a voir la tasse, j’ai des nausees. A 8 h je n’y tiens plus et je demande qu’on fasse venire le chauffeur de toute urgence car je veux m’en aller d’ici au plus vite. Le gentil jeune homme de la veille arrive lui aussi et me demande si j’ai vu beaucoup d’animaux. Provoc ou pas, je n’en sais rien, mais j’explose. Devant ma colere et mon depit, il me conseille d’aller a Devadia a 12 kms d’ici. Il s’agit d’un domaine cloture de 15 kms2 qui accueille quelques specimen de chaque animal present dans la reserve de Gir et il m’assure que la il est certain que je verrai des lions. Lorsque le chauffeur arrive avec un tout petit minibus deglinge, nous lui demandons s’il peut nous conduire a cet endroit et nous attendre une heure. Pas de probleme pour un supplement de 200 rps. Encore une fois j’explose car j’estime que 600 pour 52 kms c’etait deja beaucoup trop paye surtout en tenant compte de l’etat du vehicule. Cette fois ma patience est totalement epuisee et je l’envoie sur les roses. Le jeune homme parlemente encore pendant un bon moment et il finit par me dire que c’est ok pour 600 rps sans supplement. Il a l’air vraiment desole. Enfin nous voila partis a moins de 30 km/h pour les 12 kms jusque Devadia. La aussi 790 roupies pour l’entrée, l’appareil photo et le bus obligatoire pour circuler dans le parc mais au moins au bout de 25 minutes, au milieu d’une savane qui me parait d’emblee un habitat propice, voila une lionne avec 4 lionceaux, plus des bebes mais tout jeunes en tout cas. Nous y verrons en outre des nilgais et un sambar magestueux ainsi qu’une petite troupe de daims. Nous reprendrons la route de Junagadt et nous mettrons 2 h 30 pour effectuer 50 kms. On nous deposera dans une agence de bus prives d’ou nous partirons a 15h30 pour Rajkot. Entretemps nous allons manger enfin au seul restaurant de la ville qui ne soit pas 100 pour cent vegetarien, celui de l’hotel national ou je mange un fried rice aux oeufs. A 15 h nous quittons le resto pour nous rendre a l’agence du bus et bien nous en a pris car a 15h10 on nous pousse dans un minibus qui nous emmene en dehors de la ville pour prendre enfin le bus qui doit nous amener a Rajkot. Nous amenons nous meme nos bagages dans le coffre car personne ne bouge, ici c’est le regne du debrouilles toi. Ou alors on doit leur faire peur car ici ils ne doivent pas souvent voir des etrangers mais pour nous c’est un passage oblige car nous devons reprendre le train pour Mumbai a Rajkot. Une fois installes nous roulons a vive allure dans un car climatise avec video diffusant des clips de musique tres moderne avec des filles tres tres legerement vetues. Encore une surprise de plus car je n’ai jamais vu ca en Inde. Decidemment tout a bien change. A Rajkot, a peine descendus du bus, nous nous faisons harponner par 2 rickshaws qui acceptant de nous conduire a l’hotel pour 15 rps et je me felicite deja de l’honnetete de ces 2 rickshaw-wallah. Douce illusion, car a notre arrivee, ils nous disent que nous avons mal compris et que nous devons payer 150 rps. Allez, encore une grosse colere, c’est vraiment le jour aujourd’hui. C’est tout juste si je ne leur mets pas un coup de pied au cul. Le type de la reception a tout de suite compris que je n’ai pas envie de rire du tout et il explique sans doute aux 2 gars qu’ils n’arriveront pas a leur fins. Ils finissent donc par accepter les 20 roupies que je leur avait tendus et s’en vont en ralant. Heureusement l’hotel est bien, propre, calme et tres recent. Apres une bonne douche je suis un peu reconfortee et nous finirons la journee avec un bon repas chez Havmor, une chaine de restaurant-glacier ou l’on mange pas mal du tout. Jean mange a peine cat il ne se sent pas tres bien. Il parle meme de rentrer au pays. Nous regagnons notre hotel et je m’endors du sommeil du juste.
Mercredi 19/10 : Depart en voiture a travers une campagne verte cultivee de plants de ricin dont on extrait l’huile a des fins pharmaceuthiques et aussi plein d’arachides dont on extrait l’huile pour la cuisine. La canne a sucre pousse egalement en grande quantite avec un peu de mais et enormement de plants de coton. Il est vrai que la region ne manqué pas d’eau. En bord de mer on peut egalement voir des monceau de sel qu'on exploite un peu partout sur un cote de l’ile de Diu. La chaleur est assez lourde et l’humidite parfois difficile a supporter. On roule toutes fenetres ouvertes sur une route etroite mais nous arrivons a Sassan Gir en a peine 3 h pour 100 kms. En approchant de Gir, les champs deviennent de plus en plus rares pour faire place a une foret pas tres dense mais nous avons deja la chance de voir un daim tachete avec d’enormes bois sur la tete. Il est a moitie cache par de grands arbres mais ne bouge pas. Il nous fixe de ses grands yeux au regard doux et c’est a regret que je laisse notre chauffeur redemarer car lui il semble presse de rentrer chez lui. Une fois sur place, je m’apercois que ce n’est qu’un petit bourg n’offrant vraiment d’autre interet que le parc national mais qui rapporte pas mal d’argent au village. Une petite echoppe nous sert surtout a nous desalterer car ici rien que du vegetarian et encore c’est tres tres limite. Je me contenterai donc d’une banane car de toute facon, je n’ai pas faim. Nous y rncontrons un architecte Indien de Mumbai et un avocat allemand qui nous proposent de partager les frais d’une jeep pour aller faire notre 1er safari vers 15 h. J’accepte volontiers car deja a 4, ce n’est pas donne donc…. A Gir, on vous fait payer assez cher le plaisir des yeux, pour autant evidemment qu’il y ait quelque chose a voir car je ne sais pas trop pourquoi mais j’ai deja des doutes quant a ce que nous sommes supposes y trouver, a savoir des lions. En effet, l’habitat ne me semble pas tres propice et en plus, tout ca me parait tres tres peu organise pour mettre toutes les chances de notre cote, c’est un peu le souk ici. En attendant 15 h, nous nous mettrons donc en quete d’une chambre. Le touriste allemand nous fait savoir que toutes les chambres proposees par les 2 ou 3 hotels existants sont beaucoup trop cheres pour le confort offert. Il faut s’en contenter ou aller au lodge gere par le Taj a 90US$, ce qui est enorme evidemment en regard du trou perdu ou nous nous trouvons. Au bout de quelques minutes un jeune home debrouillard nous propose de nous montrer une chambre dans une ferme situee en plein milieu d’une campagne calme. Nous sommes d’accord d’aller au moins voir de quoi il s’agit. Nos 2 nouveaux compagnons nous accompagnent et il semblerait que ce soit nettement mieux et plus propre que leurs chambres respectives, mais le prix est de 1.000 rps, je n’en reviens pas mais j’accepte quand meme car ici c’est deja hyper basique et moyennement propre donc nous n’avons pas vraiment le choix. Ailleurs cette chambre couterait 100 a 150 rps mais on nous promets l’eau chaude pour la douche, c’est deja ca. Les proprietaires font d’ailleurs de leur mieux pour nous etre agrables mais la n’est pas la question. Apres avoir depose nos bagages, nous retournons a l’echoppe devant l’entrée du parc quand tout a coup je m’apercois que j’ai oublie mon objectif 400 mm et comme je suppose que les lions ne viendrons pas se coucher a mes pieds, je rale et je peste evidemment. Un autre jeune homme qui m’a entendu explique l’histoire me propose de m’accompagner en vitesse a ma chambre pour y recuperer ce que j’ai oublie. Nous voici partis a moto. Pendant le trajet il me dit que c’est vraiment dommage que je ne sois pas seule car il aurait pu me faire voir les lions sans que cela me coute un sous car le parc est mal garde et quand on connait le coin, il est tres facile d’y entrer incognito mais voila nous sommes 2 et ce n’est pas possible. Lui aussi est tres conscient que tout ca c’est bien exagere et il semble desole pour nous. Est il sincere, je n’en sais rien. Il me ramene et nous prenons place dans une toute petite jeep avec un guide et un chauffeur obligatoires evidemment. Nous roulons pendant un bon moment sur une route en terre sans rien voir qui bouge, quand tout a coup on apercoit un daim tachete mais beaucoup moins impressionnant que celui vu sur la route juste avant notre arrive. Pendant les 3 h de ce safari nous verrons successivement quelques daims (une dizaine en tout) un nilgai de tres loin et un sambar qui est passé tellement vite que je n’ai meme pas eu le temps d’armer mon appareil, 2 paons mais j’ajouterai qu’ils etaient sauvages et non apprivoises et puis une sorte d’aigle. C’est strictement tout. Tout ca sans pratiquement un seul mot d’explication de la part de notre guide qui ne nous a vraiment servi a rien et sans que notre chauffeur ne fasse aucun effort pour nous faire voir quoi que ce soit meme celui de s’arreter un moment lorsque nous avions repere nous meme une petite troupe de daims. Il est vrai que nous ne sommes venus ici que pour depenser notre argent dont nous ne savons sans doute que faire. Inutile de dire que lorsque le guide me demande si je veux revenir le lendemain, je lui ai gentiment demande de qui il se moquait car il est tout a fait hors de question que je repaie encore une fois 1.200 roupies pour ne rien voir. En fait je ne suis pas vraiment certaine que les lions sont dans le parc qui est a peine cloture et d’ailleurs cela ne ressemble pas vraiment a l’habitat naturel des lions. En plus, je me demande de quoi ils peuvent bien survivre car il y a vraiment peu de proies a leur portee. Il parait que le parc est peuple de maldaris, qui sont des eleveurs de betail mais je n’ai vu aucun des ces eleveurs, ni aucune vache a l’horizon. Le parc lui meme fait 1400 km2, or nous l’avons parcouru en 3 h d’une entrée a l’autre. Il est vrai que la foret de Gir est tres etendue mais le parc en lui meme parait tres petit et pour les lions, c’est un jeu d’enfant de s’en aller batifoler beaucoup plus loin. Il parait qu’il y a 368 lions mais ce n’est pas sur une route ou nous sommes 8 jeep a la queue leuleu dont 5 avec des gosses bruyants qui blaguent et qui rient a gorge deployee, que nous avions une chance de voir quoi que ce soit. Voila donc notre 2e experience negative en ce qui concerne le tourisme ecologique en Inde. En arrivant a notre auberge ou notre chauffeur a eu la gentillesse de nous deposer contre 100 rps pour 3 kms, on nous prepare un repas a consommer devant une hutte rudimentaire. Avec degout Jean regarde la cuisiniere essuyer nos plats en inox avec un chiffon innomable. Puis elle nous le rempli avec du riz et du poulet qui a couru un 100 M, cad beaucoup d’os et peu de viande mais de toute facon on a pas trop faim. Ce repas nous sera facture 350 rps. Il est donc inutile de dire que je ne recommande a personne de visiter cet endroit car ils ne sont vraiment pas prêt a faire du tourisme vert. Comme a Diu, c’est l’arnaque totale mais officialisee cette fois puisque les prix d’entrée du parc, les guides, les jeep, le prix du chauffeur, les taxes pour les appareils photos et cameras sont decidees par le department du tourisme qui empoche d’ailleurs les 9/10e de ces montants. Pour infos la taxe pour utiliser une camera video est de 10.000 roupies. C’est donc tres decue que je me couche tout habillee et avec la lumiere car notre chambre est infestee de fourmis immenses, de tout de sorte de bestioles volantes et meme quelques grrenouilles ou crapauds. Il fait en plus etouffant car le ventilo ne brasse que de l’air chaud et je n’ose ouvrir quoi que ce soit pour ne pas risquer d’ajouter encore a notre petite compagnie nocturne. Dehors il fait frais pourtant meme froid et surtout tres humide. Dans le silence total de cette nuit, je fini quand meme par terminer presque d’une traite un livre passionnant sur la vie de celle qui deviendra Nur Jahan, la 20e epouse de Jahangir. Au petit matin, je suis prete bien avant l’heure et j’arrive a degoter une voiture pour nous emmener a Junagadt, la ville la plus proche pour 600 rps (52 kms).
Jeudi 20/10 : Dehors a 6 h donc, j’attends la voiture lorsque le proprietaire des lieux vient m’apporter une mini tasse de the massala auquel je ne touche meme pas, car rien qu’a voir la tasse, j’ai des nausees. A 8 h je n’y tiens plus et je demande qu’on fasse venire le chauffeur de toute urgence car je veux m’en aller d’ici au plus vite. Le gentil jeune homme de la veille arrive lui aussi et me demande si j’ai vu beaucoup d’animaux. Provoc ou pas, je n’en sais rien, mais j’explose. Devant ma colere et mon depit, il me conseille d’aller a Devadia a 12 kms d’ici. Il s’agit d’un domaine cloture de 15 kms2 qui accueille quelques specimen de chaque animal present dans la reserve de Gir et il m’assure que la il est certain que je verrai des lions. Lorsque le chauffeur arrive avec un tout petit minibus deglinge, nous lui demandons s’il peut nous conduire a cet endroit et nous attendre une heure. Pas de probleme pour un supplement de 200 rps. Encore une fois j’explose car j’estime que 600 pour 52 kms c’etait deja beaucoup trop paye surtout en tenant compte de l’etat du vehicule. Cette fois ma patience est totalement epuisee et je l’envoie sur les roses. Le jeune homme parlemente encore pendant un bon moment et il finit par me dire que c’est ok pour 600 rps sans supplement. Il a l’air vraiment desole. Enfin nous voila partis a moins de 30 km/h pour les 12 kms jusque Devadia. La aussi 790 roupies pour l’entrée, l’appareil photo et le bus obligatoire pour circuler dans le parc mais au moins au bout de 25 minutes, au milieu d’une savane qui me parait d’emblee un habitat propice, voila une lionne avec 4 lionceaux, plus des bebes mais tout jeunes en tout cas. Nous y verrons en outre des nilgais et un sambar magestueux ainsi qu’une petite troupe de daims. Nous reprendrons la route de Junagadt et nous mettrons 2 h 30 pour effectuer 50 kms. On nous deposera dans une agence de bus prives d’ou nous partirons a 15h30 pour Rajkot. Entretemps nous allons manger enfin au seul restaurant de la ville qui ne soit pas 100 pour cent vegetarien, celui de l’hotel national ou je mange un fried rice aux oeufs. A 15 h nous quittons le resto pour nous rendre a l’agence du bus et bien nous en a pris car a 15h10 on nous pousse dans un minibus qui nous emmene en dehors de la ville pour prendre enfin le bus qui doit nous amener a Rajkot. Nous amenons nous meme nos bagages dans le coffre car personne ne bouge, ici c’est le regne du debrouilles toi. Ou alors on doit leur faire peur car ici ils ne doivent pas souvent voir des etrangers mais pour nous c’est un passage oblige car nous devons reprendre le train pour Mumbai a Rajkot. Une fois installes nous roulons a vive allure dans un car climatise avec video diffusant des clips de musique tres moderne avec des filles tres tres legerement vetues. Encore une surprise de plus car je n’ai jamais vu ca en Inde. Decidemment tout a bien change. A Rajkot, a peine descendus du bus, nous nous faisons harponner par 2 rickshaws qui acceptant de nous conduire a l’hotel pour 15 rps et je me felicite deja de l’honnetete de ces 2 rickshaw-wallah. Douce illusion, car a notre arrivee, ils nous disent que nous avons mal compris et que nous devons payer 150 rps. Allez, encore une grosse colere, c’est vraiment le jour aujourd’hui. C’est tout juste si je ne leur mets pas un coup de pied au cul. Le type de la reception a tout de suite compris que je n’ai pas envie de rire du tout et il explique sans doute aux 2 gars qu’ils n’arriveront pas a leur fins. Ils finissent donc par accepter les 20 roupies que je leur avait tendus et s’en vont en ralant. Heureusement l’hotel est bien, propre, calme et tres recent. Apres une bonne douche je suis un peu reconfortee et nous finirons la journee avec un bon repas chez Havmor, une chaine de restaurant-glacier ou l’on mange pas mal du tout. Jean mange a peine cat il ne se sent pas tres bien. Il parle meme de rentrer au pays. Nous regagnons notre hotel et je m’endors du sommeil du juste.
Suite au récit écrit sur place, je tenais à faire un petit récapitulatif de ce voyage, vous présentant mes bonnes adresses pour dormir et manger, et mes impressions...
Delhi-Gwalior 317 km Train Mahakoshal Express 1450 - D:16h20 – A :21h20 – 160 Rs 2ndSleeper
GWALIOR : (3 jours) Hôtel MAYUR 250 Rs - avec salle de bains - Air cooler, fan, TV, grande chambre, propre. Un peu loin du fort. Mon conseil est de dormir au GURDWARA du Temple Sikh. 0 Rs !! Gratuit, mais il est de bon ton de faire une petite donation au temple.. Chambre, avec salle de bains, air cooler, fan.. Royal. Très chaleureux, on peut s'y restaurer avec eux, toujours gratuitement, assis par terre, mangeant avec eux, dahl, riz et chapati. Une bonne expérience. Gros avantage, on est au coeur de la forteresse !
Gwalior vaut le coup d'oeil : belle forteresse imposante avec un fort étonnant, conservant encore quelques couleurs, de beaux temples. Et coté Nord et Sud, des statues jaïna sculptées à même la roche, certaines de tailles importantes. On y trouve aussi d'étonnants Tempos, ces gros auto rickshaws collectifs d'un autre âge.. L'ensemble est peu visité et peu touristique, pas d'échoppes à touristes.. les gens y sont accueillants.
Gwalior-Bhopal : 388 km Train GT Express 2616 - D:23h30 – A :05h25 – 201 Rs 2ndSleeper Bhopal-Sanchi : 46 km - Train 2ème classe - (plus de places assises !) 24 rs
SANCHI (2 jours) SRI LANKA MAHABODI SOCIETY REST HOUSE 100 rs normalement ( mais étant le seul touriste et ayant sympathisé avec les bonzes, j'ay ai mangé et dormi pour rien. il n'ont pas accepté la moindre roupie !) Toilettes et WC communes. Cette maison accueille des pèlerins bouddhistes du Sri Lanka.
Sanchi est tout petit village, le seul intérêt, en plus d'y voir la vie d'un petit village est le site au sommet de la Colline. On y trouve des stupas du IIième siècle av.J.C. Le chef d'ouvre du site est le Stupa n°1, avec ses Toranas (portail richement sculptés). Dommage qu'il ai plu autant ce jour là...
Bhopal-Jhansi : 291 km Train Karnataka Express 2627 – D :01h10 – A :05h12 - 172 Rs 2ndSleeper Jhansi-Orchha : 18 km : Tempo : 10 Rs (faut attendre que les passagers remplissent le véhicule) Sinon 100 rs pour prendre un Tempo ou un auto rickshaw tout seul.
ORCHHA (3jours1/2) RAM MANDIR LODGE 100 Rs la chambre, toilettes et WC communes, gros avantage, la situation : donne sur le cour du village. Tenu par des jeunes sympas. Je déconseille la GANPATI GUEST HOUSE, nettement plus cher, se veux d'un standing plus élevé mais la propreté n'est pas forcement au rendez-vous, il n'y a qu'à voir l'énorme décharge à ciel ouvert au bout du jardin..ils construisent un étage supplémentaire.. c'est un peu l'usine, beaucoup de groupes. je lui ai promis de lui faire de la mauvaise pub car il m'a fait payer le prix fort alors que j'ai changé d'avis entre temps. Mangez au RAM RAJA RESTAURANT, le petit resto juste avant le pont allant au palais. Nourriture familiale, pas chère, rapidement servie et bonne. En plus la famille est très sympa, vous y verrez manger beaucoup d'Indiens. Beaucoup de touristes mangent à celui du carrefour, un peu plus cher mais surtout il faut attendre très longtemps les plats.
Orchha, adorable petit village, avec de nombreux bâtiments remarquables, émergeant de la végétation : l'immense Chaturbhuj temple, les petits temples autour du village, le palais, les cénotaphes royaux ou il fait bon flâner au bord de la rivière. Ne pas oublier d'aller au Laxmi Narayan Temple d'où la vue sur le village est magnifique. Les porches des maisons d'Orchha sont superbes, la plus part sont peints en bleu, et comportent des petites niches de part et d'autre de la porte, la porte est voûtée. La grande cérémonie du temple de Ram ne m'a pas patriarcalement ému, j'ai préféré les chants du petit temple d'Hanuman, à l'extérieur du village. Orchha commence à être de plus en plus visité, j'y ai vu beaucoup de groupes, je m'attendais à un site plus sauvage.
Orchha-Khajuraho Il est conseillé de retourner à Jhansi pour prendre un bus à la gare routière. Attention à ceux qui vous disent que le bus Deluxe de 11h n'existe pas.. Se renseigner au bureau. Jhansi-Khajuraho : 5 heures
KHAJURAHO (3 jours) SURYA Hôtel, 150 rs, bains et WC, fan, grand, super propre, jardin impeccable à l'arrière, pour prendre son petit déj, sympa, Internet haut débit. Limite luxe pour 3 Euros. Une excellente adresse au rapport qualité prix inégalé pour moi jusqu'à présent.
Khajuraho, c'est bien sûr les temples, impressionnants, les sculptures sont magnifiques et la pierre prend vie. Les sculptures érotiques les plus célèbres du monde : tant d'acrobatie et d'audace prête à sourire. La visite aux Raneh Falls, les chutes d'eau, à 19 km de là, vaut le coup, en vélo, cela permet d'observer un peu la campagne. Khajuraho est évidemment très touristique, bourrée d'hôtels, de resto, d'échoppes à souvenirs. Alors pourquoi ne pas jouer au touriste et manger face aux temples au RAJA SWISS CAFE, on y mange bien. J'ai bien mangé aussi au SHIVAM RESTAURANT moins cher, plus simple, le thali Gujarati est excellent..
Quitter Khajuraho pour Varanasi est une expédition. Les bus directs peuvent se révéler bien fatigants, le mieux est de prendre le bus jusqu'à Satna et de là un train de nuit pour Varanasi. Pas de train dispos de Satna donc nous sommes passés par Harpalpur, au nord, pour rattraper la voie ferrée avant Allahabad. 4 h 30 pour faire 100 km en bus.. et 14 h de train ! Harpalpur-Varanasi : 445 km Bundelkhand Express 1107 – D :23h15 – A :13h00 – 200 Rs 2ndSleeper

VARANASI ( 7 jours) VISHNU REST HOUSE Bien située sur Pandey Ghat, calme, surplombe le Gange. Ambiance routard où on s’échange de nombreux plans. Ferme à 22h pétantes. J'avais une chambre à 70 Rs, tout en bas, difficile de faire plus prés du Gange. Mais…. J'ai préféré la MODERN VISION GUEST HOUSE, cette Guest house, tout proche de la précédente, grande maison bâtie autour d'un patio central sur 4 niveaux, tenue par une famille qui vit là au 1er étage. Le proprio est un brahmane qui a un petit temple à l'entrée de la maison, il donne des cours de tablas. Une des filles donne des cours de danse. Beaucoup de résidents pratiquent la musique, on entend souvent des tablas ou des airs de bansuri, dans les étages. La vue depuis le toit terrasse est superbe, on voit toute la ville et le Gange. J'ai négocié la chambre avec bains à 100 Rs. Grande chambre avec fenêtre, petit balcon.
J'ai pris la plupart de mes repas au CHANDAN RESTAURANT, situé sur Bengali Tola, une des principales rues de la vielle ville, parallèle au Gange. On y mange bien, à prix raisonnable, ils sont sympas, et le principal avantage est de pouvoir observer la vie de la rue, en mangeant. J'ai bien aimé aussi déjeuner un midi au JAI SHIVE RESTAURANT, sur Meerghat. Manger un thali du sud, sur un étroit balcon, suspendu au-dessus du Gange, superbe vue. Attention toutefois aux singes sur le balcon..
Le Gange était assez haut cet été, et l'on ne pouvait marcher de ghat en ghat, il fallait remonter et se perdre dans les petites venelles de la vielle ville, c'est là tout le charme de Varanasi. Slalomer entre les gens, les vaches, ..un vrai plaisir ! J'ai nettement préféré la puja du soir sur Assi ghat à celle du Main ghat. Beaucoup moins de touristes. Mais plus que les puja-spectacle, j'ai préféré observé ces gens à demi-immergés faire leurs ablutions, leurs rituels, leur toilette, laver leur linge.. dans l'eau sacrée. Ne surtout pas rater la ballade en barque au lever du soleil, le long des ghats. J'ai préféré le Ghat de crémation secondaire Harishandra ghat, on n’y est pas sollicité comme au Manikarnika. J'ai bien aimé aussi le petit temple népali, et le spectacle des indiennes achetant leur sari dans la rue des boutiques de tissus, en fin de journée. Le grand moment restera la visite des amis d'Eli dans le village d'en face, à Ramnagar, 24 h d'immersion dans une famille indienne. J’ai apprécié la ballade à Sarnath, un havre de paix qui repose un peu…
Bénarès est une ville qui demande du temps. J'ai trouvé que le temps s'y écoulait plus vite qu'ailleurs. Pas toujours reposant de marcher dans ces ruelles étroites et sales, toujours faire attention où l'on met les pieds. mais le Gange et ses bateaux donnent un peu la sensation de se trouver dans un port, surtout avec le fleuve si large en cette saison.

Et la pluie en cette période de mousson me diriez vous ? Durant ces 3 semaines, j'ai eu : quelques heures de pluies à Gwalior sur 2 jours Une journée bien pluvieuse à Sanchi (24 h non stop) Une bonne averse dans les rues de Varanasi qui aura duré moins d'une heure. Pas grand chose en résumé....
Quelques idées de prix : (1 euro = 53 Rs env)
1 bouteille d'eau minérale : 10 à 12 Rs 1 coca : 10 Rs 1 lassi : 10 à 15 Rs 1 thali ou plat veg : 25 à 50 Rs poulet (tandoori ou curry) : 70 Rs 1 assiette de riz nature : 20 Rs (étonament cher par rapport au ... byriani : 30 Rs (plat complet : riz et legumes et fruits secs) 1 chapati : 2 à 3 rs Dahl : 15 Rs soupe : 15 Rs chaï dans la rue : 2 Rs pakora dans la rue : 5 rs (beignets piments et légumes) Samosa : 3 à 5 Rs 1 banane : 1 Rs 1 curta : 80 à 100 Rs (tunique longue) 1 pantalon léger : 100 rs 1 écharpe : 60 Rs 1 place de cinema : 30 Rs 1 concert à Varanasi : 50 Rs
Voilà pour un court résumé de mon voyage de 3 semaines….j'espère que ça vous donnera envie d'aller voir tout ça vous même....
Delhi-Gwalior 317 km Train Mahakoshal Express 1450 - D:16h20 – A :21h20 – 160 Rs 2ndSleeper
GWALIOR : (3 jours) Hôtel MAYUR 250 Rs - avec salle de bains - Air cooler, fan, TV, grande chambre, propre. Un peu loin du fort. Mon conseil est de dormir au GURDWARA du Temple Sikh. 0 Rs !! Gratuit, mais il est de bon ton de faire une petite donation au temple.. Chambre, avec salle de bains, air cooler, fan.. Royal. Très chaleureux, on peut s'y restaurer avec eux, toujours gratuitement, assis par terre, mangeant avec eux, dahl, riz et chapati. Une bonne expérience. Gros avantage, on est au coeur de la forteresse !
Gwalior vaut le coup d'oeil : belle forteresse imposante avec un fort étonnant, conservant encore quelques couleurs, de beaux temples. Et coté Nord et Sud, des statues jaïna sculptées à même la roche, certaines de tailles importantes. On y trouve aussi d'étonnants Tempos, ces gros auto rickshaws collectifs d'un autre âge.. L'ensemble est peu visité et peu touristique, pas d'échoppes à touristes.. les gens y sont accueillants.
Gwalior-Bhopal : 388 km Train GT Express 2616 - D:23h30 – A :05h25 – 201 Rs 2ndSleeper Bhopal-Sanchi : 46 km - Train 2ème classe - (plus de places assises !) 24 rs

SANCHI (2 jours) SRI LANKA MAHABODI SOCIETY REST HOUSE 100 rs normalement ( mais étant le seul touriste et ayant sympathisé avec les bonzes, j'ay ai mangé et dormi pour rien. il n'ont pas accepté la moindre roupie !) Toilettes et WC communes. Cette maison accueille des pèlerins bouddhistes du Sri Lanka.
Sanchi est tout petit village, le seul intérêt, en plus d'y voir la vie d'un petit village est le site au sommet de la Colline. On y trouve des stupas du IIième siècle av.J.C. Le chef d'ouvre du site est le Stupa n°1, avec ses Toranas (portail richement sculptés). Dommage qu'il ai plu autant ce jour là...
Bhopal-Jhansi : 291 km Train Karnataka Express 2627 – D :01h10 – A :05h12 - 172 Rs 2ndSleeper Jhansi-Orchha : 18 km : Tempo : 10 Rs (faut attendre que les passagers remplissent le véhicule) Sinon 100 rs pour prendre un Tempo ou un auto rickshaw tout seul.

ORCHHA (3jours1/2) RAM MANDIR LODGE 100 Rs la chambre, toilettes et WC communes, gros avantage, la situation : donne sur le cour du village. Tenu par des jeunes sympas. Je déconseille la GANPATI GUEST HOUSE, nettement plus cher, se veux d'un standing plus élevé mais la propreté n'est pas forcement au rendez-vous, il n'y a qu'à voir l'énorme décharge à ciel ouvert au bout du jardin..ils construisent un étage supplémentaire.. c'est un peu l'usine, beaucoup de groupes. je lui ai promis de lui faire de la mauvaise pub car il m'a fait payer le prix fort alors que j'ai changé d'avis entre temps. Mangez au RAM RAJA RESTAURANT, le petit resto juste avant le pont allant au palais. Nourriture familiale, pas chère, rapidement servie et bonne. En plus la famille est très sympa, vous y verrez manger beaucoup d'Indiens. Beaucoup de touristes mangent à celui du carrefour, un peu plus cher mais surtout il faut attendre très longtemps les plats.
Orchha, adorable petit village, avec de nombreux bâtiments remarquables, émergeant de la végétation : l'immense Chaturbhuj temple, les petits temples autour du village, le palais, les cénotaphes royaux ou il fait bon flâner au bord de la rivière. Ne pas oublier d'aller au Laxmi Narayan Temple d'où la vue sur le village est magnifique. Les porches des maisons d'Orchha sont superbes, la plus part sont peints en bleu, et comportent des petites niches de part et d'autre de la porte, la porte est voûtée. La grande cérémonie du temple de Ram ne m'a pas patriarcalement ému, j'ai préféré les chants du petit temple d'Hanuman, à l'extérieur du village. Orchha commence à être de plus en plus visité, j'y ai vu beaucoup de groupes, je m'attendais à un site plus sauvage.
Orchha-Khajuraho Il est conseillé de retourner à Jhansi pour prendre un bus à la gare routière. Attention à ceux qui vous disent que le bus Deluxe de 11h n'existe pas.. Se renseigner au bureau. Jhansi-Khajuraho : 5 heures

KHAJURAHO (3 jours) SURYA Hôtel, 150 rs, bains et WC, fan, grand, super propre, jardin impeccable à l'arrière, pour prendre son petit déj, sympa, Internet haut débit. Limite luxe pour 3 Euros. Une excellente adresse au rapport qualité prix inégalé pour moi jusqu'à présent.
Khajuraho, c'est bien sûr les temples, impressionnants, les sculptures sont magnifiques et la pierre prend vie. Les sculptures érotiques les plus célèbres du monde : tant d'acrobatie et d'audace prête à sourire. La visite aux Raneh Falls, les chutes d'eau, à 19 km de là, vaut le coup, en vélo, cela permet d'observer un peu la campagne. Khajuraho est évidemment très touristique, bourrée d'hôtels, de resto, d'échoppes à souvenirs. Alors pourquoi ne pas jouer au touriste et manger face aux temples au RAJA SWISS CAFE, on y mange bien. J'ai bien mangé aussi au SHIVAM RESTAURANT moins cher, plus simple, le thali Gujarati est excellent..
Quitter Khajuraho pour Varanasi est une expédition. Les bus directs peuvent se révéler bien fatigants, le mieux est de prendre le bus jusqu'à Satna et de là un train de nuit pour Varanasi. Pas de train dispos de Satna donc nous sommes passés par Harpalpur, au nord, pour rattraper la voie ferrée avant Allahabad. 4 h 30 pour faire 100 km en bus.. et 14 h de train ! Harpalpur-Varanasi : 445 km Bundelkhand Express 1107 – D :23h15 – A :13h00 – 200 Rs 2ndSleeper

VARANASI ( 7 jours) VISHNU REST HOUSE Bien située sur Pandey Ghat, calme, surplombe le Gange. Ambiance routard où on s’échange de nombreux plans. Ferme à 22h pétantes. J'avais une chambre à 70 Rs, tout en bas, difficile de faire plus prés du Gange. Mais…. J'ai préféré la MODERN VISION GUEST HOUSE, cette Guest house, tout proche de la précédente, grande maison bâtie autour d'un patio central sur 4 niveaux, tenue par une famille qui vit là au 1er étage. Le proprio est un brahmane qui a un petit temple à l'entrée de la maison, il donne des cours de tablas. Une des filles donne des cours de danse. Beaucoup de résidents pratiquent la musique, on entend souvent des tablas ou des airs de bansuri, dans les étages. La vue depuis le toit terrasse est superbe, on voit toute la ville et le Gange. J'ai négocié la chambre avec bains à 100 Rs. Grande chambre avec fenêtre, petit balcon.
J'ai pris la plupart de mes repas au CHANDAN RESTAURANT, situé sur Bengali Tola, une des principales rues de la vielle ville, parallèle au Gange. On y mange bien, à prix raisonnable, ils sont sympas, et le principal avantage est de pouvoir observer la vie de la rue, en mangeant. J'ai bien aimé aussi déjeuner un midi au JAI SHIVE RESTAURANT, sur Meerghat. Manger un thali du sud, sur un étroit balcon, suspendu au-dessus du Gange, superbe vue. Attention toutefois aux singes sur le balcon..
Le Gange était assez haut cet été, et l'on ne pouvait marcher de ghat en ghat, il fallait remonter et se perdre dans les petites venelles de la vielle ville, c'est là tout le charme de Varanasi. Slalomer entre les gens, les vaches, ..un vrai plaisir ! J'ai nettement préféré la puja du soir sur Assi ghat à celle du Main ghat. Beaucoup moins de touristes. Mais plus que les puja-spectacle, j'ai préféré observé ces gens à demi-immergés faire leurs ablutions, leurs rituels, leur toilette, laver leur linge.. dans l'eau sacrée. Ne surtout pas rater la ballade en barque au lever du soleil, le long des ghats. J'ai préféré le Ghat de crémation secondaire Harishandra ghat, on n’y est pas sollicité comme au Manikarnika. J'ai bien aimé aussi le petit temple népali, et le spectacle des indiennes achetant leur sari dans la rue des boutiques de tissus, en fin de journée. Le grand moment restera la visite des amis d'Eli dans le village d'en face, à Ramnagar, 24 h d'immersion dans une famille indienne. J’ai apprécié la ballade à Sarnath, un havre de paix qui repose un peu…
Bénarès est une ville qui demande du temps. J'ai trouvé que le temps s'y écoulait plus vite qu'ailleurs. Pas toujours reposant de marcher dans ces ruelles étroites et sales, toujours faire attention où l'on met les pieds. mais le Gange et ses bateaux donnent un peu la sensation de se trouver dans un port, surtout avec le fleuve si large en cette saison.

Et la pluie en cette période de mousson me diriez vous ? Durant ces 3 semaines, j'ai eu : quelques heures de pluies à Gwalior sur 2 jours Une journée bien pluvieuse à Sanchi (24 h non stop) Une bonne averse dans les rues de Varanasi qui aura duré moins d'une heure. Pas grand chose en résumé....
Quelques idées de prix : (1 euro = 53 Rs env)
1 bouteille d'eau minérale : 10 à 12 Rs 1 coca : 10 Rs 1 lassi : 10 à 15 Rs 1 thali ou plat veg : 25 à 50 Rs poulet (tandoori ou curry) : 70 Rs 1 assiette de riz nature : 20 Rs (étonament cher par rapport au ... byriani : 30 Rs (plat complet : riz et legumes et fruits secs) 1 chapati : 2 à 3 rs Dahl : 15 Rs soupe : 15 Rs chaï dans la rue : 2 Rs pakora dans la rue : 5 rs (beignets piments et légumes) Samosa : 3 à 5 Rs 1 banane : 1 Rs 1 curta : 80 à 100 Rs (tunique longue) 1 pantalon léger : 100 rs 1 écharpe : 60 Rs 1 place de cinema : 30 Rs 1 concert à Varanasi : 50 Rs
Voilà pour un court résumé de mon voyage de 3 semaines….j'espère que ça vous donnera envie d'aller voir tout ça vous même....
Mettre le pied pour la première fois en Inde... c'est être étourdi par la foule et le bruit qui nous entoure, c'est être surpris et parfois écoeuré par les rues sales et poussiéreuses. Dans un premier temps, on se sent l'objet de tous les regards, sentiment d'être constamment agressé, par les passants, par les mendiants, on étouffe, on voudrait fuir tous ces gens qui nous collent et essayent de nous prendre quelques roupies. Mais pourquoi en veulent-ils donc tant à notre porte-monnaie ? pourquoi ne nous lâchent-ils pas un peu ?... Mais il faut comprendre que eux n'ont rien, et que nous, on a tout... Même le voyageur routard le plus démuni qui sillonne l'Inde est tellement riche par rapport au peuple indien. Alors c'est vrai, certains ne verront dans les voyageurs que nous sommes que nos roupies, mais il faut comprendre que chaque jour des millions d'indiens se demandent comment ils vont faire pour trouver de quoi acheter la farine pour nourrir la famille, pour un soir, car demain il faudra de nouveau chercher..., comment vont-ils réussir, tous ces pères, à financer la dot de leur fille, cette petite fille qui vient de naître ? Ce sont pour des raisons quotidiennes de survie que la plupart nous accoste et cherche nos roupies. Que ferions-nous à leur place ?
Ne pas chercher à comprendre l'Inde, ne pas se poser de questions qui resteraient trop souvent sans réponse, mais faire totale abstraction de notre mentalité occidentale... Laissons l'Inde nous surprendre, nous choquer, nous émerveiller...
Laissons l'Inde venir à nous.
Prendre le temps d'observer ces hommes et femmes dans leur vie quotidienne, regarder les petits sortir de l'école en discutant et en riant, avec l'insouciance de leur âge, et puis, tout d'un coup, les voir s'arrêter devant un temple, le visage soudain devenu grave et plein de ferveur... voir au détour d'une rue une jeune maman bercer et masser longuement son tout petit...
L'Inde s'offre à nous.
Arriver sur les ghats de Varanasi, où on entend les battements de coeur de l'Inde toute entière, où les mystères de la vie et de sa poursuite logique dans le Grand Voyage prennent tout leur sens... "Ganga oh ma Mère", rester des heures auprès du fleuve, descendre dans ses eaux glacées, murmurer des prières, chercher et parfois trouver la paix intérieure... S'asseoir sur les ghats, s'imprégner de ce lieu de vie, sourire en voyant les enfants plonger et se baigner, hommes qui se lavent, femmes qui, après avoir fait leurs ablutions et bu une gorgée d'eau sacrée font décher leur sari et se cachent pudiquement pour s'habiller...
L'Inde s'offre à nous.
Et, lorsqu'un sourire timide et complice s'échange entre un homme ou une femme indienne et nous les voyageurs, lorsque d'un petit signe de la main on nous invite à s'approcher, alors là, la magie de l'Inde opère, et c'est nous qui allons vers Elle.
Sandrine
"On ne voit bien qu'avec le coeur. L'essentiel est invisible pour les yeux". St Exupery
Ne pas chercher à comprendre l'Inde, ne pas se poser de questions qui resteraient trop souvent sans réponse, mais faire totale abstraction de notre mentalité occidentale... Laissons l'Inde nous surprendre, nous choquer, nous émerveiller...
Laissons l'Inde venir à nous.
Prendre le temps d'observer ces hommes et femmes dans leur vie quotidienne, regarder les petits sortir de l'école en discutant et en riant, avec l'insouciance de leur âge, et puis, tout d'un coup, les voir s'arrêter devant un temple, le visage soudain devenu grave et plein de ferveur... voir au détour d'une rue une jeune maman bercer et masser longuement son tout petit...
L'Inde s'offre à nous.
Arriver sur les ghats de Varanasi, où on entend les battements de coeur de l'Inde toute entière, où les mystères de la vie et de sa poursuite logique dans le Grand Voyage prennent tout leur sens... "Ganga oh ma Mère", rester des heures auprès du fleuve, descendre dans ses eaux glacées, murmurer des prières, chercher et parfois trouver la paix intérieure... S'asseoir sur les ghats, s'imprégner de ce lieu de vie, sourire en voyant les enfants plonger et se baigner, hommes qui se lavent, femmes qui, après avoir fait leurs ablutions et bu une gorgée d'eau sacrée font décher leur sari et se cachent pudiquement pour s'habiller...
L'Inde s'offre à nous.
Et, lorsqu'un sourire timide et complice s'échange entre un homme ou une femme indienne et nous les voyageurs, lorsque d'un petit signe de la main on nous invite à s'approcher, alors là, la magie de l'Inde opère, et c'est nous qui allons vers Elle.
Sandrine
"On ne voit bien qu'avec le coeur. L'essentiel est invisible pour les yeux". St Exupery
Paris Delhi
En arrivant à Delhi le soir, on est immédiatement rentré dans le bain ! Sans avoir aucune notion de la valeur de la roupie indienne, on s’est fait trimbaler par un taxi dans tous les coins sombres et sordides du vieux Delhi pour finalement trouver une chambre d’hôtel à 2h du mat… avec des puces pour seule compagnie.
La première chose qui nous ait choquée, outre la misère et la pauvreté, ce sont les vaches. Sacrées en Inde, elles sont PARTOUT. Dans les maisons, sur les trottoirs, au milieu des rues… Bien loin de nos bonnes normandes, elles, elles se nourrissent de poubelles et ont pour compagnie cochons, chiens et… enfants !
Un petit peu déboussolés le lendemain, nous avons souhaité quitter Delhi au plus vite pour rejoindre Agra par le train. La pollution, la chaleur, tout nous paraissait insupportable. Et là, grosse galère. On prenait un rickshaw (petit triporteur avec un moteur de mobylette) qui nous emmenait à chaque fois voir une agence de tourisme pour nous vendre un auto tour. Impossible d’acheter un billet de train. Au bout de 5h à se faire trimbaler d’agence en agence, on arrive enfin à la gare de New Delhi.
Le train express pour Agra… ça mange, ça parle fort, ça observe… une ambiance tout à fait particulière, mais pas désagréable. On s’éloignait de Delhi et c’est tout ce qui importait.
Agra Arrivés en pleine nuit, on a pris un rickshaw et de nouveau la course pour trouver un hôtel. Mais déjà, on se sentait moins oppressés, l’air était bien moins pollué et les rues paraissaient plus calmes. Le lendemain matin, notre petit rickshaw de la veille au soir (Salim) nous attendait pour nous faire visiter la ville. 1ère visite : Le Taj Mahal ! On entre dans une enceinte de grès rouge. Il y avait un monde incroyable. Les femmes drapées de saris de couleurs vives ainsi que les hommes avaient les yeux rivés sur nous. Il faut dire qu’il n’y a que très peu de touristes à cette saison (avril, la température est d'environ 45°). On avance tout doucement vers la porte centrale. Au moment où l’on aperçoit le Taj Mahal, une sensation incroyable, quasi indescriptible. Aucun mot ne peut réellement définir ce que nous ressentions. Les poils sur les bras qui se hérissent, le souffle coupé, les larmes qui montent ! Le Taj Mahal, le symbole de la perfection et du romantisme ! D’autres visites toutes aussi somptueuses, mais moins émouvantes. Mais à ne pas louper tout de même, le fort ! D’agra, on prend un bus pour Jaipur. Les routes, la conduite … un peu inquiétant et surtout très impressionnant. En Inde, le code de la route est basé sur sa croyance en Shiva et Ganesh… Heureusement pour nous détourner de la folie routière, des paysages incroyables, des animaux partout (vaches, gazelles, dromadaires…).
Jaipur (trajet en Bus) On s’est installé dans un ancien palais rénové en ghest house. Un jardin impeccable, une chambre propre et fraîche, une décoration fine et typique, un petit coin de paradis (attention réservation obligatoire) Le premier soir, on est monté sur une colline pour tenter d’observer le coucher de soleil. Notre petite grimpette (en sandales) a duré près de 45 min… vive le sport ! Mais l’effort en valait la peine. Une ballade agréable le long de remparts et de ruines. Toutefois impossible de voir le coucher de soleil… trop de pollution. Le lendemain, nous avons visité les monuments de la ville, génial ! Un observatoire gigantesque, totalement hors norme, le city palace somptueux et nickel, le palais des vents… Et puis, aussi quelque chose de… « touristique à donf » ! Pour aller au fort, on a pris un éléphant. Et pour finir la soirée en beauté on est allé au cinéma voir un Bollywood en Indi. C’est vraiment l’attraction à ne pas louper. C’est le cinéma le plus beau de l’Inde (kitch à souhait). Ça téléphone, ça parle, ça se lève, ça éclate de rire (chose rare en Inde) et ça pleure, la clim est à fond, le film dure 3 h (avec un entracte). Le film est un spectacle, mais la salle l’est encore plus. On est rentré en Rickshaw vélo, un vrai moment de bonheur.
Ajmer – Pushkar (trajet en Bus) Quelques visites dans Ajmer mais sans grandes convictions. Cité musulmane où nous n’étions pas très à notre aise. Bien trop souvent confrontés à la misère et à la lèpre, émotionnellement c’était difficilement supportable. Puskar était beaucoup plus calme et sympa. La petite ville est construite le long d’un lac et l’atmosphère y est tout à fait particulière. Piège dans lequel il ne faut pas tomber (et auquel nous avons échappé par chance OUF) : Les gens vous donnent des fleurs dans la main pour faire une offrande. Ensuite ils vous entourent jusqu’à ce que vous donniez de l’argent (parfois jusqu’à 1000 roupies pour se sortir de là). Il y avait une rue « commerçante », où l’on trouvait tout l’artisanat de l’inde : bijoux, vêtements, tissus, sculptures de bois et de marbre… des affaires à faire !
Jodhpur (trajet en Bus) A l’arrivée du bus des rickshaws nous ont littéralement sauté dessus. Ils étaient une dizaine à se disputer la course. Quel accueil ! Du haut de notre hôtel on dominait la ville, et on avait une vue imprenable sur le fort. Nos soirées était très sympas là bas. On a rencontré des touristes (français et allemand) avec qui nous avons partagé nos impressions sur l’Inde, des bières… On s’est un peu attardé dans la ville. Des commerces de toute sorte (beaucoup d’épices et de tissus). Des visites géniales !
Ranakpur (trajet en Bus) Une vallée située au milieu des montagnes, un endroit féerique. Là, on en avait un peu ras le bol de notre odeur indienne, de nos fringues sales, des puces, de la chaleur… on avait besoin de propreté et de repos. Alors on a dormi dans un palace ! S’il y a un endroit au monde où l’on peut se le permettre, c’est bien en Inde. L’hôtel, planté au milieu de nulle part encerclé de forêt et d’animaux ressemblait à la demeure d’un Maharadja (avec piscine). Notre chambre, une suite était… y’a pas de mot pour la décrire. Une salle de bain de marbre avec une ENORME piscine, ah non, c’était une baignoire. De style sobre, c’était un vrai bonheur. Le bémol (je rappelle que nous sommes dans le pays où la femme est moins considéré qu’un ver de terre) : au restaurant, mon ami a été servi avant moi et à lui, on lui a reculé sa chaise pour qu’il puisse s’asseoir. Au moment où l’on m’apporte mon plat (30 min après celui de mon ami), le serveur lui en sert la moitié. J’étais estomaquée ! ça m’a coupé l’appétit. Grrrrrrrrrrrrr Nous avons visité un temple Jaïn époustouflant ! 1444 colonnes toutes différentes les unes des autres – Marbre Blanc – Des idoles partout… La 2ème plus belle merveille de l’Inde après le Taj. La population locale était sympathique. Personne ne parlait anglais. Pour se déplacer, on faisait du stop, lorsque l’on attendait, tout le monde venait nous voir… et nous parler…
Udaipur (trajet en Bus) Le trajet en Bus était génial. Des fleurs, de jolies vallées, de beaux petits villages… A Udaipur on a eu un logement TOP. On dormait chez l’habitant, dans la maison d’un colonel et de sa femme, un couple charmant. En entrant dans leur demeure, une sérénité nous a envahie. Notre chambre se situait sur les toits et on avait une vue magnifique sur le lac (vide), les monuments (temples, palais, city palace…), la ville et ses milliers de bougies la nuit. Chaque nuit Udaipur s’éclairait avec ses feux d’artifices (pour les mariages). Tout était calme, on était vraiment bien. Un peu déçu par notre visite du city palace (un « style » vulgaire à notre goût), nous sommes ensuite allés voir un spectacle folklorique dans un ancien palais. On a quitté Udaipur avec beaucoup de nostalgie, ils faisaient bon d’y séjourner.
Daman via Ahmedabad via Surat via Vuapi (trajet en Bus) Après tant d’émotions, tant de visites, nous voulions nous reposer en bord de mer. Alors après Udaipur on a pris un bus pour Ahmedabad vers 10h du matin. A Ahmedabad en attendant notre bus pour Surat, on a retrouvé quelques habitudes européennes : on est allé se manger un macdo, puis on est allé se balader dans un supermarché et pour finir on est allé au ciné (voir un Bollywood évidemment). Et hop, à peine le temps de souffler que l’on a repris le bus direction Surat. Il paraît que la route était insupportable et très dangereuse (moi j’étais dans les bras d’un certain Morphée). Quand nous sommes arrivés à Surat, on a trouvé un homme (très certainement le seul) qui parlait anglais. Il nous a super bien indiqué le chemin pour aller jusqu’à Daman. Un vrai parcours du Combattant. Dans le bus, le vacarme était hallucinant. On a fait rire tout le monde en mettant les boules quiès (je ne suis pas certaine qu’ils connaissent). Parfois sur la route, les odeurs étaient tellement immondes que ça nous réveillait, on devait rester en apnée. Résultat, on est arrivé à Daman vers 10h30, soit près de 24h de transports. Ville de pêcheurs où le sable est noir et la mer très polluée. Laisse tomber le maillot de bains ! Des bans de poissons et de crabes morts tous le long de la rive. Quelques parcs très ombragés (payants car propres) dans lesquels il était bon de s’installer pour bouquiner.
Mumbay (anciennement Bombay), (trajet en train) On angoissait terriblement Bombay. Cette ville étant le plus grand bidonville de l’Inde (contrairement à ce que l’on pensait, ce n’est pas Calcutta). A Vuapi, nous avons attendu des heures le train. C’était très dur. Les mendiants, les lépreux et les handicapés étaient partout. Un homme s’est installé en face de nous pour nous aider. Il faut dire que quand une femme ou un enfant venait mendier, ils restaient pendant plusieurs dizaines de minutes à nous parler en Indi, à nous attirer le regard, nous attraper nos vêtements, nos mains pour attirer notre attention. L’homme les empêchait. Il était heureux de pouvoir communiquer avec nous et de se rendre utile. Il nous a emmené jusqu’à la voiture dans laquelle nous avions nos « places ». Une cohue inimaginable, rien à voir avec les grèves du RER parisien. Pour entrer dans le train on a lutté ! Je n’avais qu’une peur, c’était que mon ami n’arrive pas à se hisser à l'intérieur et reste sur le quai. Dans le train, j’avais l’impression que l’on nous amenait dans des camps de concentration. L’image est un peu forte, mais les trains bondés, les barreaux aux fenêtres, la chaleur, les gens qui s’évanouissent… et ce que l’on voyait de l’extérieur, c’était abominable. Des bidonvilles partout, des enfants en guenilles entrain de chercher de la nourriture dans les ordures… Arrivés à Bombay, un enfant mourrant (lépreux) face à nous, la souffrance se lisait sur son visage et sur son corps. Cette scène, c’était horrible, mais je crois que c’était pour que l’on oublie jamais qu’en 2005 y’a encore des gamins qui meurent dans la pauvreté et la maladie alors qu’un vaccin coûtant 15€ peut leur sauver la vie. Dernier petit truc (rigolo cette fois, quoi que sur le coup, j’en menais pas bien large) : Sur la plage de Bombay (un petit Miami), très propre, très grande, on a fait péter les maillots de bains, ENFIN ! Chacun notre tour on va se baigner, et lorsque je suis entrain de me faire sécher, j’entends « nice, beautiful, nice… ». Je lève la tête et la vision d’horreur !!!!! il y avait plein de mecs qui m’entouraient et qui me regardaient avec un air… en 2/2, j’ai remis tee-shirt et pantalon. Après un coucher de soleil magnifique sur cette plage on est parti à l’aéroport.
Mumbay – Paris
En bref, le voyage a été génial, même si nous avons vécu des moments très difficiles. Le plus dur, c’était dans les grandes villes. Je n’ai pas eu l’impression d’être en vacances mais plutôt à la découverte d’un nouveau monde. Un monde surprenant, parfois fantastique parfois cauchemardesque. De l’Inde on peut dire que c’est autant le pays des mille et une nuits, que la cours des miracles. On est revenu un peu déboussolé, mais heureux d’avoir vécu une aventure si passionnante.
J’espère ne pas vous avoir trop ennuyé avec mon petit roman, mais c’était difficile de faire plus court.
Agra Arrivés en pleine nuit, on a pris un rickshaw et de nouveau la course pour trouver un hôtel. Mais déjà, on se sentait moins oppressés, l’air était bien moins pollué et les rues paraissaient plus calmes. Le lendemain matin, notre petit rickshaw de la veille au soir (Salim) nous attendait pour nous faire visiter la ville. 1ère visite : Le Taj Mahal ! On entre dans une enceinte de grès rouge. Il y avait un monde incroyable. Les femmes drapées de saris de couleurs vives ainsi que les hommes avaient les yeux rivés sur nous. Il faut dire qu’il n’y a que très peu de touristes à cette saison (avril, la température est d'environ 45°). On avance tout doucement vers la porte centrale. Au moment où l’on aperçoit le Taj Mahal, une sensation incroyable, quasi indescriptible. Aucun mot ne peut réellement définir ce que nous ressentions. Les poils sur les bras qui se hérissent, le souffle coupé, les larmes qui montent ! Le Taj Mahal, le symbole de la perfection et du romantisme ! D’autres visites toutes aussi somptueuses, mais moins émouvantes. Mais à ne pas louper tout de même, le fort ! D’agra, on prend un bus pour Jaipur. Les routes, la conduite … un peu inquiétant et surtout très impressionnant. En Inde, le code de la route est basé sur sa croyance en Shiva et Ganesh… Heureusement pour nous détourner de la folie routière, des paysages incroyables, des animaux partout (vaches, gazelles, dromadaires…).
Jaipur (trajet en Bus) On s’est installé dans un ancien palais rénové en ghest house. Un jardin impeccable, une chambre propre et fraîche, une décoration fine et typique, un petit coin de paradis (attention réservation obligatoire) Le premier soir, on est monté sur une colline pour tenter d’observer le coucher de soleil. Notre petite grimpette (en sandales) a duré près de 45 min… vive le sport ! Mais l’effort en valait la peine. Une ballade agréable le long de remparts et de ruines. Toutefois impossible de voir le coucher de soleil… trop de pollution. Le lendemain, nous avons visité les monuments de la ville, génial ! Un observatoire gigantesque, totalement hors norme, le city palace somptueux et nickel, le palais des vents… Et puis, aussi quelque chose de… « touristique à donf » ! Pour aller au fort, on a pris un éléphant. Et pour finir la soirée en beauté on est allé au cinéma voir un Bollywood en Indi. C’est vraiment l’attraction à ne pas louper. C’est le cinéma le plus beau de l’Inde (kitch à souhait). Ça téléphone, ça parle, ça se lève, ça éclate de rire (chose rare en Inde) et ça pleure, la clim est à fond, le film dure 3 h (avec un entracte). Le film est un spectacle, mais la salle l’est encore plus. On est rentré en Rickshaw vélo, un vrai moment de bonheur.
Ajmer – Pushkar (trajet en Bus) Quelques visites dans Ajmer mais sans grandes convictions. Cité musulmane où nous n’étions pas très à notre aise. Bien trop souvent confrontés à la misère et à la lèpre, émotionnellement c’était difficilement supportable. Puskar était beaucoup plus calme et sympa. La petite ville est construite le long d’un lac et l’atmosphère y est tout à fait particulière. Piège dans lequel il ne faut pas tomber (et auquel nous avons échappé par chance OUF) : Les gens vous donnent des fleurs dans la main pour faire une offrande. Ensuite ils vous entourent jusqu’à ce que vous donniez de l’argent (parfois jusqu’à 1000 roupies pour se sortir de là). Il y avait une rue « commerçante », où l’on trouvait tout l’artisanat de l’inde : bijoux, vêtements, tissus, sculptures de bois et de marbre… des affaires à faire !
Jodhpur (trajet en Bus) A l’arrivée du bus des rickshaws nous ont littéralement sauté dessus. Ils étaient une dizaine à se disputer la course. Quel accueil ! Du haut de notre hôtel on dominait la ville, et on avait une vue imprenable sur le fort. Nos soirées était très sympas là bas. On a rencontré des touristes (français et allemand) avec qui nous avons partagé nos impressions sur l’Inde, des bières… On s’est un peu attardé dans la ville. Des commerces de toute sorte (beaucoup d’épices et de tissus). Des visites géniales !
Ranakpur (trajet en Bus) Une vallée située au milieu des montagnes, un endroit féerique. Là, on en avait un peu ras le bol de notre odeur indienne, de nos fringues sales, des puces, de la chaleur… on avait besoin de propreté et de repos. Alors on a dormi dans un palace ! S’il y a un endroit au monde où l’on peut se le permettre, c’est bien en Inde. L’hôtel, planté au milieu de nulle part encerclé de forêt et d’animaux ressemblait à la demeure d’un Maharadja (avec piscine). Notre chambre, une suite était… y’a pas de mot pour la décrire. Une salle de bain de marbre avec une ENORME piscine, ah non, c’était une baignoire. De style sobre, c’était un vrai bonheur. Le bémol (je rappelle que nous sommes dans le pays où la femme est moins considéré qu’un ver de terre) : au restaurant, mon ami a été servi avant moi et à lui, on lui a reculé sa chaise pour qu’il puisse s’asseoir. Au moment où l’on m’apporte mon plat (30 min après celui de mon ami), le serveur lui en sert la moitié. J’étais estomaquée ! ça m’a coupé l’appétit. Grrrrrrrrrrrrr Nous avons visité un temple Jaïn époustouflant ! 1444 colonnes toutes différentes les unes des autres – Marbre Blanc – Des idoles partout… La 2ème plus belle merveille de l’Inde après le Taj. La population locale était sympathique. Personne ne parlait anglais. Pour se déplacer, on faisait du stop, lorsque l’on attendait, tout le monde venait nous voir… et nous parler…
Udaipur (trajet en Bus) Le trajet en Bus était génial. Des fleurs, de jolies vallées, de beaux petits villages… A Udaipur on a eu un logement TOP. On dormait chez l’habitant, dans la maison d’un colonel et de sa femme, un couple charmant. En entrant dans leur demeure, une sérénité nous a envahie. Notre chambre se situait sur les toits et on avait une vue magnifique sur le lac (vide), les monuments (temples, palais, city palace…), la ville et ses milliers de bougies la nuit. Chaque nuit Udaipur s’éclairait avec ses feux d’artifices (pour les mariages). Tout était calme, on était vraiment bien. Un peu déçu par notre visite du city palace (un « style » vulgaire à notre goût), nous sommes ensuite allés voir un spectacle folklorique dans un ancien palais. On a quitté Udaipur avec beaucoup de nostalgie, ils faisaient bon d’y séjourner.
Daman via Ahmedabad via Surat via Vuapi (trajet en Bus) Après tant d’émotions, tant de visites, nous voulions nous reposer en bord de mer. Alors après Udaipur on a pris un bus pour Ahmedabad vers 10h du matin. A Ahmedabad en attendant notre bus pour Surat, on a retrouvé quelques habitudes européennes : on est allé se manger un macdo, puis on est allé se balader dans un supermarché et pour finir on est allé au ciné (voir un Bollywood évidemment). Et hop, à peine le temps de souffler que l’on a repris le bus direction Surat. Il paraît que la route était insupportable et très dangereuse (moi j’étais dans les bras d’un certain Morphée). Quand nous sommes arrivés à Surat, on a trouvé un homme (très certainement le seul) qui parlait anglais. Il nous a super bien indiqué le chemin pour aller jusqu’à Daman. Un vrai parcours du Combattant. Dans le bus, le vacarme était hallucinant. On a fait rire tout le monde en mettant les boules quiès (je ne suis pas certaine qu’ils connaissent). Parfois sur la route, les odeurs étaient tellement immondes que ça nous réveillait, on devait rester en apnée. Résultat, on est arrivé à Daman vers 10h30, soit près de 24h de transports. Ville de pêcheurs où le sable est noir et la mer très polluée. Laisse tomber le maillot de bains ! Des bans de poissons et de crabes morts tous le long de la rive. Quelques parcs très ombragés (payants car propres) dans lesquels il était bon de s’installer pour bouquiner.
Mumbay (anciennement Bombay), (trajet en train) On angoissait terriblement Bombay. Cette ville étant le plus grand bidonville de l’Inde (contrairement à ce que l’on pensait, ce n’est pas Calcutta). A Vuapi, nous avons attendu des heures le train. C’était très dur. Les mendiants, les lépreux et les handicapés étaient partout. Un homme s’est installé en face de nous pour nous aider. Il faut dire que quand une femme ou un enfant venait mendier, ils restaient pendant plusieurs dizaines de minutes à nous parler en Indi, à nous attirer le regard, nous attraper nos vêtements, nos mains pour attirer notre attention. L’homme les empêchait. Il était heureux de pouvoir communiquer avec nous et de se rendre utile. Il nous a emmené jusqu’à la voiture dans laquelle nous avions nos « places ». Une cohue inimaginable, rien à voir avec les grèves du RER parisien. Pour entrer dans le train on a lutté ! Je n’avais qu’une peur, c’était que mon ami n’arrive pas à se hisser à l'intérieur et reste sur le quai. Dans le train, j’avais l’impression que l’on nous amenait dans des camps de concentration. L’image est un peu forte, mais les trains bondés, les barreaux aux fenêtres, la chaleur, les gens qui s’évanouissent… et ce que l’on voyait de l’extérieur, c’était abominable. Des bidonvilles partout, des enfants en guenilles entrain de chercher de la nourriture dans les ordures… Arrivés à Bombay, un enfant mourrant (lépreux) face à nous, la souffrance se lisait sur son visage et sur son corps. Cette scène, c’était horrible, mais je crois que c’était pour que l’on oublie jamais qu’en 2005 y’a encore des gamins qui meurent dans la pauvreté et la maladie alors qu’un vaccin coûtant 15€ peut leur sauver la vie. Dernier petit truc (rigolo cette fois, quoi que sur le coup, j’en menais pas bien large) : Sur la plage de Bombay (un petit Miami), très propre, très grande, on a fait péter les maillots de bains, ENFIN ! Chacun notre tour on va se baigner, et lorsque je suis entrain de me faire sécher, j’entends « nice, beautiful, nice… ». Je lève la tête et la vision d’horreur !!!!! il y avait plein de mecs qui m’entouraient et qui me regardaient avec un air… en 2/2, j’ai remis tee-shirt et pantalon. Après un coucher de soleil magnifique sur cette plage on est parti à l’aéroport.
Mumbay – Paris
En bref, le voyage a été génial, même si nous avons vécu des moments très difficiles. Le plus dur, c’était dans les grandes villes. Je n’ai pas eu l’impression d’être en vacances mais plutôt à la découverte d’un nouveau monde. Un monde surprenant, parfois fantastique parfois cauchemardesque. De l’Inde on peut dire que c’est autant le pays des mille et une nuits, que la cours des miracles. On est revenu un peu déboussolé, mais heureux d’avoir vécu une aventure si passionnante.
J’espère ne pas vous avoir trop ennuyé avec mon petit roman, mais c’était difficile de faire plus court.
Et voili voulou, je suis en ce moment a Jaipur ou je finis ma premiere journee en Inde. Enfin, disons la premiere depuis 11 ans mais c'est tout comme.
Merveilles et galeres, oui c'est bien sans doute ce qui m'attend, meme si pour l'instant les premieres m'ont plus impressionne que les secondes.
Commencons par la partie desagreable: un petit coup de gueule contre la China Eastern Airlines et son soi disant vol direct Shanghai Delhi. J'arrive en avance a l'aeroport, j'enregistre et je fais les cent pas dans le terminal.
Au bout d'un moment je remarque que le vol de Delhi a disparu des ecrans sur les vols internationaux et qu'un nouveau vol a fait son apparition, pour Chengdu, parmi les vols nationaux. Et ce vol pour Chengdu porte le meme numero que le mien. Pour tuer le temps je decide donc d'aller enquiquiner le personnel de la China Eastern: bonjour, mon vol pour Delhi a disparu alors que j'ai deja enregistre. Apparemment il est remplace par un vol pour Chengdu. Pourquoi? vous vous trompez, il n'y a aucun vol national portant le numero XXX. non, VOUS vous trompez: allez donc voir l'ecran. mais puisque je vous dit que c'est impossible dites tout de suite que je suis fou! Venez donc voir!
La bonne femme se leve en soupirant et je lui colle le nez devant le panneau: elle change d'attitude: bon, attendez, je verifie (elle passe un coup de fil) je pense que votre systeme est deregle. Vous devriez corriger l'erreur pour les passagers qui arrivent. alors en fait il faut que vous alliez voir mes collegues de l'international (desistement de responsabilite, toujours pareil)
Le temps que j'y aille, le vol de Delhi est reapparu et s'avere etre un Shanghai Chengdu Delhi. Merde, une perte de temps en perspective.
J'arrive au comptoir international: bonjour Monsieur, le vol pour Delhi c'est pas direct? non Monsieur. Un stop a Chengdu. mais pourquoi on ne m'a rien dit? Et pourquoi sur le site de votre compagnie ce n'est pas indique? mais enfin monsieur, nous DEVONS nous arreter a Chengdu ah bon? pourquoi? mais enfin a cause du brouillard bien sur quoi? mais oui, a cette periode de l'annee, il y a toujours du brouillard quand on va en Inde je ne vois pas le rapport avec Chengdu mais si, il faut d'abord s'arreter a Chengdu pour verifier la situation et ensuite on peut aller a Delhi ah parce qu'il y a un risque qu'on n'aille pas jusqu'a Delhi? non rassurez vous, aucun risque mais alors dans ce cas, pourquoi le stop a Chengdu? mais je viens de vous le dire, pour verifier le brouillard.
Bon, le type est soit completement con, soit c'est un menteur professionnel. Inutile donc de continuer, il faut passer a l'essentiel. alors, cet arret va nous faire perdre combien de temps? rien du tout ah oui? Donc en fait quand vous annoncez qu'on arrive a 3 heures locales, ca tient compte du stop over? oui ca me rassure, merci.
L'avion decole donc a la minute pres et trois heures plus tard on se pose a Chengdu. En principe pour une demi heure. On redecolle une heure et demi plus tard et la je commence a m'inquieter, surtout quand l'hotesse confirme le retard. Je vais voir l'hotesse du fond pour avoir confirmation: excusez moi, mais on va avoir combien de retard? je ne sais pas et bien renseignez vous on va avoir deux heures et demie de retard. inacceptable. Je vais rater ma correspondance. mais c'est idiot d'avoir pris un vol a 6 heures alors qu'on va atterrir a 5.30 non ce n'est pas idiot lorsque la compagnie vous annonce qu'on atterrit a 3.00. Par contre un arret prevu des l'origine et non annonce, c'est irresponsable (et toc) on ne s'arrete pas toujours a Chengdu, ca depend des fois. et pourquoi s'est on arrete? (je m'attends a un couplet sur le brouillard) mais pour se ravitailler en essence bien sur
(aucun passager n'a en effet embarque ni debarque lors de l'escale) et on ne peut pas faire ca a Shanghai? ben si, mais on ne peut pas mettre assez d'essence. Donc il faut en remettre a Chengdu
(je contiens ma colere, mais je ne vous cacherai pas que j'ai failli exploser en entendant ces conneries) mais a l'aeroport, on m'a dit que meme avec une escale on se poserait en principe a 3 heures impossible! mais vos collegues l'ont dit. Pian laowai, c'est bien ca? (= tromper les etrangers)
Elle a glousse et je suis retourne m'asseoir furieux. J'ai simplifie le dialogue car en fait la pauvre n'etait au courant de rien et devait a chaque fois aller se renseigner. Elle ne savait pas non plus quel etait le decalage horaire avec l'Inde et ne savait meme pas a quoi ressemblait l'aeroport de Delhi ni si je pourrais engueuler qqun sur place. Mais elle m'a quand meme conseille d'aller les voir. Ils attendront a la sortie de l'avion pour t'aider, a-t-elle dit.
C'etait evidemment un mensonge de plus. Personne n'attendait a part des agents de securite qui se sont contentes de me dire "aucun probleme" en voyant mon billet d'avion. Ben voyons, passer l'immigration, recuperer ses valises, rejoindre l'autre aeroport, enregistrer et embarquer, tout ca en une demi-heure, quelle mauvaise foi! Les indiens n'ont rien a envier aux chinois (desole de dire ca, mais je ne supporte pas une mauvaise foi aussi evidente)
Il y avait une queue monstrueuse a l'immigration et en voyant l'hotesse passer, je l'interpelle: alors vos collegues??? ils etaient ou?
Ils n'etaient pas a la sortie de l'avion?
Les indiens? Si
Et ils ont dit quoi?
Ils ont repondu "pas de probleme"
En entendant ca elle a pouffe de rire et est alle le raconter a ses collegues qui se sont moques de moi a mon tour. Je l'ai tres mal pris et lui ai annonce que je n'en resterais pas la de retour a Shanghai. On verra d'ici la si je suis toujours aussi furieux...
J'ai donc evidemment rate mon avion, et il n'y avait evidemment aucun employe de la China Eastern a l'aeroport. Personne a engueuler donc.
Le personnel de l'aeroport etait tres sympathique mais malheureusement inefficace et improductif. Ils m'ont assure qu'il n'y aurait aucun vol pour Jaipur avant la fin de l'apres midi, ce que j'ai cru. Mais je suis quand meme alle a l'aeroport national pour deposer ma valise avant d'improviser une visite express de Delhi pour tuer le temps. Et la je me suis apercu par miracle qu'un avion pour Jaipur etait sur le point de decoller, sur une autre compagnie, Air Sahara. J'ai achete un billet in extremis (tant pis pour la perte d'argent) et me suis pointe a l'enregistrement.
Pour une raison que personne n'a voulu me donner, ils ont refuse de m'enregistrer et m'ont dit d'attendre car "l'avion avait du retard". L'avion avait certes du retard, mais tout le monde etait deja enregistre et embarque. Que me voulaient ils donc?
Bon, finalement on m'a laisse embarquer et l'avion a finalement eu deux heures de retard. Arrive a Jaipur, Indian Airlines m'a dit que je pourrais me faire rembourser mon billet une fois de retour a Shanghai. Esperons que ce n'est pas un mensonge de plus.
Voila pour la partie galeres. Pour la partie merveille, et bien Jaipur est superbe. Ces couleurs, cette architecture, cette vie, quel regal! Ca valait bien ces quelques peines.
Oui je sais, galeres et merveilles sont terriblement et injustement disproportionnes dans ce recit, mais c'est en fait une figure de style. Promis, la prochaine fois je fais le contraire. Desole aussi pour les fautes mais je n'ai pas le temps de me relire.
Merveilles et galeres, oui c'est bien sans doute ce qui m'attend, meme si pour l'instant les premieres m'ont plus impressionne que les secondes.
Commencons par la partie desagreable: un petit coup de gueule contre la China Eastern Airlines et son soi disant vol direct Shanghai Delhi. J'arrive en avance a l'aeroport, j'enregistre et je fais les cent pas dans le terminal.
Au bout d'un moment je remarque que le vol de Delhi a disparu des ecrans sur les vols internationaux et qu'un nouveau vol a fait son apparition, pour Chengdu, parmi les vols nationaux. Et ce vol pour Chengdu porte le meme numero que le mien. Pour tuer le temps je decide donc d'aller enquiquiner le personnel de la China Eastern: bonjour, mon vol pour Delhi a disparu alors que j'ai deja enregistre. Apparemment il est remplace par un vol pour Chengdu. Pourquoi? vous vous trompez, il n'y a aucun vol national portant le numero XXX. non, VOUS vous trompez: allez donc voir l'ecran. mais puisque je vous dit que c'est impossible dites tout de suite que je suis fou! Venez donc voir!
La bonne femme se leve en soupirant et je lui colle le nez devant le panneau: elle change d'attitude: bon, attendez, je verifie (elle passe un coup de fil) je pense que votre systeme est deregle. Vous devriez corriger l'erreur pour les passagers qui arrivent. alors en fait il faut que vous alliez voir mes collegues de l'international (desistement de responsabilite, toujours pareil)
Le temps que j'y aille, le vol de Delhi est reapparu et s'avere etre un Shanghai Chengdu Delhi. Merde, une perte de temps en perspective.
J'arrive au comptoir international: bonjour Monsieur, le vol pour Delhi c'est pas direct? non Monsieur. Un stop a Chengdu. mais pourquoi on ne m'a rien dit? Et pourquoi sur le site de votre compagnie ce n'est pas indique? mais enfin monsieur, nous DEVONS nous arreter a Chengdu ah bon? pourquoi? mais enfin a cause du brouillard bien sur quoi? mais oui, a cette periode de l'annee, il y a toujours du brouillard quand on va en Inde je ne vois pas le rapport avec Chengdu mais si, il faut d'abord s'arreter a Chengdu pour verifier la situation et ensuite on peut aller a Delhi ah parce qu'il y a un risque qu'on n'aille pas jusqu'a Delhi? non rassurez vous, aucun risque mais alors dans ce cas, pourquoi le stop a Chengdu? mais je viens de vous le dire, pour verifier le brouillard.
Bon, le type est soit completement con, soit c'est un menteur professionnel. Inutile donc de continuer, il faut passer a l'essentiel. alors, cet arret va nous faire perdre combien de temps? rien du tout ah oui? Donc en fait quand vous annoncez qu'on arrive a 3 heures locales, ca tient compte du stop over? oui ca me rassure, merci.
L'avion decole donc a la minute pres et trois heures plus tard on se pose a Chengdu. En principe pour une demi heure. On redecolle une heure et demi plus tard et la je commence a m'inquieter, surtout quand l'hotesse confirme le retard. Je vais voir l'hotesse du fond pour avoir confirmation: excusez moi, mais on va avoir combien de retard? je ne sais pas et bien renseignez vous on va avoir deux heures et demie de retard. inacceptable. Je vais rater ma correspondance. mais c'est idiot d'avoir pris un vol a 6 heures alors qu'on va atterrir a 5.30 non ce n'est pas idiot lorsque la compagnie vous annonce qu'on atterrit a 3.00. Par contre un arret prevu des l'origine et non annonce, c'est irresponsable (et toc) on ne s'arrete pas toujours a Chengdu, ca depend des fois. et pourquoi s'est on arrete? (je m'attends a un couplet sur le brouillard) mais pour se ravitailler en essence bien sur
(aucun passager n'a en effet embarque ni debarque lors de l'escale) et on ne peut pas faire ca a Shanghai? ben si, mais on ne peut pas mettre assez d'essence. Donc il faut en remettre a Chengdu
(je contiens ma colere, mais je ne vous cacherai pas que j'ai failli exploser en entendant ces conneries) mais a l'aeroport, on m'a dit que meme avec une escale on se poserait en principe a 3 heures impossible! mais vos collegues l'ont dit. Pian laowai, c'est bien ca? (= tromper les etrangers)
Elle a glousse et je suis retourne m'asseoir furieux. J'ai simplifie le dialogue car en fait la pauvre n'etait au courant de rien et devait a chaque fois aller se renseigner. Elle ne savait pas non plus quel etait le decalage horaire avec l'Inde et ne savait meme pas a quoi ressemblait l'aeroport de Delhi ni si je pourrais engueuler qqun sur place. Mais elle m'a quand meme conseille d'aller les voir. Ils attendront a la sortie de l'avion pour t'aider, a-t-elle dit.
C'etait evidemment un mensonge de plus. Personne n'attendait a part des agents de securite qui se sont contentes de me dire "aucun probleme" en voyant mon billet d'avion. Ben voyons, passer l'immigration, recuperer ses valises, rejoindre l'autre aeroport, enregistrer et embarquer, tout ca en une demi-heure, quelle mauvaise foi! Les indiens n'ont rien a envier aux chinois (desole de dire ca, mais je ne supporte pas une mauvaise foi aussi evidente)
Il y avait une queue monstrueuse a l'immigration et en voyant l'hotesse passer, je l'interpelle: alors vos collegues??? ils etaient ou?
Ils n'etaient pas a la sortie de l'avion?
Les indiens? Si
Et ils ont dit quoi?
Ils ont repondu "pas de probleme"
En entendant ca elle a pouffe de rire et est alle le raconter a ses collegues qui se sont moques de moi a mon tour. Je l'ai tres mal pris et lui ai annonce que je n'en resterais pas la de retour a Shanghai. On verra d'ici la si je suis toujours aussi furieux...
J'ai donc evidemment rate mon avion, et il n'y avait evidemment aucun employe de la China Eastern a l'aeroport. Personne a engueuler donc.
Le personnel de l'aeroport etait tres sympathique mais malheureusement inefficace et improductif. Ils m'ont assure qu'il n'y aurait aucun vol pour Jaipur avant la fin de l'apres midi, ce que j'ai cru. Mais je suis quand meme alle a l'aeroport national pour deposer ma valise avant d'improviser une visite express de Delhi pour tuer le temps. Et la je me suis apercu par miracle qu'un avion pour Jaipur etait sur le point de decoller, sur une autre compagnie, Air Sahara. J'ai achete un billet in extremis (tant pis pour la perte d'argent) et me suis pointe a l'enregistrement.
Pour une raison que personne n'a voulu me donner, ils ont refuse de m'enregistrer et m'ont dit d'attendre car "l'avion avait du retard". L'avion avait certes du retard, mais tout le monde etait deja enregistre et embarque. Que me voulaient ils donc?
Bon, finalement on m'a laisse embarquer et l'avion a finalement eu deux heures de retard. Arrive a Jaipur, Indian Airlines m'a dit que je pourrais me faire rembourser mon billet une fois de retour a Shanghai. Esperons que ce n'est pas un mensonge de plus.
Voila pour la partie galeres. Pour la partie merveille, et bien Jaipur est superbe. Ces couleurs, cette architecture, cette vie, quel regal! Ca valait bien ces quelques peines.
Oui je sais, galeres et merveilles sont terriblement et injustement disproportionnes dans ce recit, mais c'est en fait une figure de style. Promis, la prochaine fois je fais le contraire. Desole aussi pour les fautes mais je n'ai pas le temps de me relire.
Au coeur du Madhya Pradesh, état de l'Inde du Nord, un voyage hors du temps.
C'est un petit avion à hélices qui nous emmène vers Gwalior, au sud de Delhi. Une heure de vol. Les moteurs font un boucan d'enfer, parmi les voyageurs (nous sommes 12 à bord...) certains habitués se sont prudemment équipés de boules Q. A basse altitude, on admire le paysage et les vestiges des civilisations si nombreux le long de la Yamuna, affluent du Gange, tout aussi sacré que le fleuve mythique.
Atterrissage impeccable d'un pilote chevronné qui manifeste visiblement son plaisir de poser l' avion comme si c'était une 2CV... Il nous fait une démonstration de la souplesse du petit zinc en traçant habilement quelques arabesques sur la piste avant de stopper devant un minuscule bâtiment perdu dans la campagne. Un vieux taxi délabré nous emmène vers l'Usha Kiran Palace. Le conducteur est un drôle de type qui nous mitraille de questions sur notre programme. Il se fait collant, insistant, exactement le genre que nous évitons à tout prix. Inutile d'en savoir davantage : nous refusons fermement ses propositions de balades. Emerveillement devant notre hôtel : cette résidence princière, tout près du palais Jaï Vilas, est située au milieu de jardins fleuris. Sa façade, très ouvragée, est sculptée de moucharabiehs. L'écrivain Pierre Loti a séjourné dans cette superbe maison où le maharajah de Gwalior recevait ses hôtes célèbres au 19ème siècle. Depuis ces temps lointains, la propriété a été rénovée et on y trouve le confort des palaces de luxe.
La chambre 206 est une vaste pièce dont les fenêtres donnent sur le parc. Un coin salon avec des fauteuils, deux grands lits avec table-coiffeuse, dressing, salle de bain de dimensions victoriennes... C'est parfait. Une douce atmosphère règne dans ce paradis à l'écart des rues surpeuplées de la vieille cité. Après-midi de farniente sous les arbres centenaires. Douceur, élégance, intimité, tout n'est que plaisir dans cette parenthèse hors du temps. Quelques clients discrets, recherchant eux-aussi la solitude, se sont éparpillés dans les jardins pour goûter la fraîcheur du crépuscule.
Une jeune fille de type indien au milieu d'une famille française : la demoiselle s'exprime parfaitement dans notre langue : forcément, elle est la fille adoptive de ce sympathique couple de bretons qui sont venus l'adopter, il y a quinze ans, au coeur de l'Inde. Et comme le dit son père avec humour : "elle est devenue plus bretonne que moi !".
Après un solide breakfast, nous n'avons ce matin que quelques mètres à parcourir à pied pour pénétrer dans le musée du Jaï Vilas Palace. Ce palais des mille et une nuits appartient au maharajah de Gwalior, Madhavrao Scindia, souverain allié à d'autres illustres familles : Baroda, Cachemire et Jaïpur. Gigantesque construction du 19ème siècle, de style baroque italien, où logent encore les propriétaires, 35 pièces (seulement...) ont été consacrées aux visiteurs. Trésors extravagants, tant en diversité qu'en originalité. Entre autres curiosités, un gramophone construit par Thomas Edison en 1877, instruments de musique traditionnels (sitars, tablas, tampuras, sarangis, pianos et violons précieux). Une collection de vasques chinoises d'une valeur inestimable, bibelots en cristal taillé, miroir à double face dédié à la reine-impératrice Victoria et au prince Albert, landau d'argent à tête de cygne, tigres empaillés morts au champ d'honneur des chasses royales...
Dans l'immense salon d'apparat, le plus grand tapis d'Asie, fabriqué par des prisonniers pendant douze années, qui mesure 33x23 mètres, entièrement brodé d'or fin. Les deux lustres de cristal les plus lourds du monde (3, 5 tonnes et 248 ampoules chacun) ont été fixés au plafond d'une solidité à toute épreuve : on a hissé dix éléphants sur la structure afin d'en éprouver les capacités - les énormes bêtes y sont restées pendant une semaine : on en a déduit que les lustres n'arracheraient pas les solives ainsi testées.
Une vaste table dans la salle à manger est préparée comme au temps des splendeurs : vaisselle d'or et d'argent, verres de cristal taillé, linge brodé de soie. Il y avait tant de domestiques dans ce palais qu'un serveur était placé derrière chaque invité. Un étonnant train miniature circulait en boucle au centre de la table devant les convives, les wagons d'argent contenant liqueurs et cigares dont les amateurs se servaient au passage...
Vertige devant cette débauche de trésors accumulés de père en fils par la dynastie, dont la fortune a réchappé des bouleversements de l'Indépendance. On sait que le souverain actuel a réussi sa reconversion dans les "affaires" et la politique. Nous sortons épuisés par tant d'abondance... Symbole éloquent de la prospérite des lieux : devant le palais, un troupeau de vaches grasses broute l'herbe d'une verte prairie.
De retour dans notre hôtel, je complimente le jardinier qui a composé de superbes bouquets qu'il vient de cueillir dans les massifs. Il sourit, flatté, et me demande le numéro de ma chambre : "Je vais monter le même bouquet rien que pour vous"... Après le déjeuner, je découvre un grand vase contenant des fleurs magnifiques posé sur la table de notre coin-salon. Le temps passe comme dans un rêve.
Matin du troisième jour consacré à la forteresse Man Singh, construite au 16ème siècle et restaurée au milieu du 19ème. Un très vieux taxi, fourni par l'hôtel, nous embarque en cahotant. Le chauffeur est une vraie brute qui conduit comme un pied, évite de peu un camion en plantant ses roues dans le fossé. Passent deux indiens qui aident le chauffeur et le guide à remettre la guimbarde sur la route. C'est bien la dernière fois que nous demanderons des taxis au réceptionniste de l'hôtel car, depuis le début du séjour, ce ne sont que tacots délabrés et chauffeurs déjantés qui nous trimbalent... Ceci ne va pas gâcher le plaisir de découvrir la merveille des merveilles, la citadelle de grès doré, aux délicates céramiques bleu turquoise.
Au sommet du promontoire qui domine la campagne, un immense palais fortifié dresse ses murailles aux teintes ocrées, rehaussées de frises sculptées de délicats motifs bleu vif, vert et or, qui étincellent sous les feux du soleil. Apparition magique, c'est éblouissant de beauté, et coupe le souffle. A l'intérieur des remparts, c'est le même luxe : le souverain-bâtisseur était le seigneur et maître de huit épouses, qui possédaient chacune sa cour, ses appartements et ses hammams. Amoureux éperdu d'une neuvième beauté, cette dernière accepta d'être sa femme à condition de posséder son propre palais. Le souverain fou d'amour céda et fit bâtir une résidence pour la belle, à quelques kilomètres de la forteresse.
Sur l'esplanade du palais, trois jeunes garçons d'une dizaine d'années nous proposent des tours de magie : ils sont irrésistibles de drôlerie, font les pitres et gagnent sans peine les roupies bien méritées. Notre guide s'avère très cultivé. Il a fait de longues études afin d'être professeur d'histoire et d'archéologie... mais le système tordu de l'administration indienne ne lui attribuera un emploi qu'à condition de verser une grosse somme qu'il est bien incapable de réunir. Injustice, corruption des fonctionnaires, dont le pouvoir cède au fric avec la complicité des autorités qui pratiquent les mêmes magouilles.
De surprenantes sculptures jaïnes, 17 mètres de hauteur, bordent la route qui mène aux temples hindous Teli-kha-Mandir. Nous invitons le guide à partager notre repas. Il raconte qu'il a tenu le rôle d'un maharajah dans une vidéo tournée par une équipe française, il y a quelques mois, dans le palais Jaï Vilas. A ce jour, je n'ai pas encore pu voir ce documentaire...
Nous allons visiter le temple d'un musicien très célèbre, Tansen, si talentueux, que ses nombreux admirateurs lui ont bâti dans les faubourgs de Gwalior. C'est un rodéo infernal d'une heure et demie dans les rues défoncées de la vieille ville pour atteindre enfin le monument. Des "tempos" monstrueux sillonnent les ruelles étroites de ce quartier surpeuplé. Ce sont des rickshaws qui peuvent transporter une douzaine de personnes dans une carcasse posée sur trois roues bringuebalantes, crachant des jets de fumée pestilentielle dans un bruit assourdissant.
De retour dans la fraîcheur et le calme de l'hôtel, attablés devant le rituel five o'clock sous les amaltashs du parc, étranges arbres au feuillage bleuté où nichent des ribambelles d'oiseaux. Aurons-nous de l'eau chaude, ce soir, dans la salle de bain ? C'est sous un jet glacial que je me suis douchée ce matin. La direction de l'hôtel qui avait stoppé la chaudière après le départ d'un groupe de touristes, a bien voulu redémarrer l'engin. C'est, hélas, notre dernière nuit à Gwalior : demain, retour à Delhi.
Dans les bureaux du petit aérodrome, un groupe d'indiens se congratule et bénéficie d'un traitement de faveur : boissons et petits gateaux leur sont servis, derrière les vitres de notre salle d'attente... Nous attendons depuis un bon moment, assoiffés et envieux... Un charmant monsieur bedonnant nous fait apporter un verre de thé et des biscuits : c'est un "pot" pour fêter son départ à la retraite, offert par ses collègues. On embarque en sa compagnie dans le petit avion qui nous avait amenés ici.
Même enchantement dans le délicieux vacarme assourdi par les petites boules Q dont nous nous sommes munis cette fois-ci. Six passagers pesés ainsi que leurs bagages. Le pilote s'amuse comme un fou, c'est un vétéran de l'armée de l'air indienne. A très basse altitude, voici la vue sublime sur le joyau : Taj Mahal d'Agra, éblouissant sous le soleil, la Yamuna serpente en scintillant dans la vallée et le Fort de grès rouge entouré de ses murailles surveille l'immense ville d'Agra. Atterrissage sur les chapeaux de roues, trois petits tours sur place pour secouer encore un peu les passagers hilares et ravis... Une ovation salue l'arrivée de l'avion à Delhi : les collègues du nouveau retraité lui rendent un hommage respectueux que nous partageons avec émotion...
C'est un petit avion à hélices qui nous emmène vers Gwalior, au sud de Delhi. Une heure de vol. Les moteurs font un boucan d'enfer, parmi les voyageurs (nous sommes 12 à bord...) certains habitués se sont prudemment équipés de boules Q. A basse altitude, on admire le paysage et les vestiges des civilisations si nombreux le long de la Yamuna, affluent du Gange, tout aussi sacré que le fleuve mythique.
Atterrissage impeccable d'un pilote chevronné qui manifeste visiblement son plaisir de poser l' avion comme si c'était une 2CV... Il nous fait une démonstration de la souplesse du petit zinc en traçant habilement quelques arabesques sur la piste avant de stopper devant un minuscule bâtiment perdu dans la campagne. Un vieux taxi délabré nous emmène vers l'Usha Kiran Palace. Le conducteur est un drôle de type qui nous mitraille de questions sur notre programme. Il se fait collant, insistant, exactement le genre que nous évitons à tout prix. Inutile d'en savoir davantage : nous refusons fermement ses propositions de balades. Emerveillement devant notre hôtel : cette résidence princière, tout près du palais Jaï Vilas, est située au milieu de jardins fleuris. Sa façade, très ouvragée, est sculptée de moucharabiehs. L'écrivain Pierre Loti a séjourné dans cette superbe maison où le maharajah de Gwalior recevait ses hôtes célèbres au 19ème siècle. Depuis ces temps lointains, la propriété a été rénovée et on y trouve le confort des palaces de luxe.
La chambre 206 est une vaste pièce dont les fenêtres donnent sur le parc. Un coin salon avec des fauteuils, deux grands lits avec table-coiffeuse, dressing, salle de bain de dimensions victoriennes... C'est parfait. Une douce atmosphère règne dans ce paradis à l'écart des rues surpeuplées de la vieille cité. Après-midi de farniente sous les arbres centenaires. Douceur, élégance, intimité, tout n'est que plaisir dans cette parenthèse hors du temps. Quelques clients discrets, recherchant eux-aussi la solitude, se sont éparpillés dans les jardins pour goûter la fraîcheur du crépuscule.
Une jeune fille de type indien au milieu d'une famille française : la demoiselle s'exprime parfaitement dans notre langue : forcément, elle est la fille adoptive de ce sympathique couple de bretons qui sont venus l'adopter, il y a quinze ans, au coeur de l'Inde. Et comme le dit son père avec humour : "elle est devenue plus bretonne que moi !".
Après un solide breakfast, nous n'avons ce matin que quelques mètres à parcourir à pied pour pénétrer dans le musée du Jaï Vilas Palace. Ce palais des mille et une nuits appartient au maharajah de Gwalior, Madhavrao Scindia, souverain allié à d'autres illustres familles : Baroda, Cachemire et Jaïpur. Gigantesque construction du 19ème siècle, de style baroque italien, où logent encore les propriétaires, 35 pièces (seulement...) ont été consacrées aux visiteurs. Trésors extravagants, tant en diversité qu'en originalité. Entre autres curiosités, un gramophone construit par Thomas Edison en 1877, instruments de musique traditionnels (sitars, tablas, tampuras, sarangis, pianos et violons précieux). Une collection de vasques chinoises d'une valeur inestimable, bibelots en cristal taillé, miroir à double face dédié à la reine-impératrice Victoria et au prince Albert, landau d'argent à tête de cygne, tigres empaillés morts au champ d'honneur des chasses royales...
Dans l'immense salon d'apparat, le plus grand tapis d'Asie, fabriqué par des prisonniers pendant douze années, qui mesure 33x23 mètres, entièrement brodé d'or fin. Les deux lustres de cristal les plus lourds du monde (3, 5 tonnes et 248 ampoules chacun) ont été fixés au plafond d'une solidité à toute épreuve : on a hissé dix éléphants sur la structure afin d'en éprouver les capacités - les énormes bêtes y sont restées pendant une semaine : on en a déduit que les lustres n'arracheraient pas les solives ainsi testées.
Une vaste table dans la salle à manger est préparée comme au temps des splendeurs : vaisselle d'or et d'argent, verres de cristal taillé, linge brodé de soie. Il y avait tant de domestiques dans ce palais qu'un serveur était placé derrière chaque invité. Un étonnant train miniature circulait en boucle au centre de la table devant les convives, les wagons d'argent contenant liqueurs et cigares dont les amateurs se servaient au passage...
Vertige devant cette débauche de trésors accumulés de père en fils par la dynastie, dont la fortune a réchappé des bouleversements de l'Indépendance. On sait que le souverain actuel a réussi sa reconversion dans les "affaires" et la politique. Nous sortons épuisés par tant d'abondance... Symbole éloquent de la prospérite des lieux : devant le palais, un troupeau de vaches grasses broute l'herbe d'une verte prairie.
De retour dans notre hôtel, je complimente le jardinier qui a composé de superbes bouquets qu'il vient de cueillir dans les massifs. Il sourit, flatté, et me demande le numéro de ma chambre : "Je vais monter le même bouquet rien que pour vous"... Après le déjeuner, je découvre un grand vase contenant des fleurs magnifiques posé sur la table de notre coin-salon. Le temps passe comme dans un rêve.
Matin du troisième jour consacré à la forteresse Man Singh, construite au 16ème siècle et restaurée au milieu du 19ème. Un très vieux taxi, fourni par l'hôtel, nous embarque en cahotant. Le chauffeur est une vraie brute qui conduit comme un pied, évite de peu un camion en plantant ses roues dans le fossé. Passent deux indiens qui aident le chauffeur et le guide à remettre la guimbarde sur la route. C'est bien la dernière fois que nous demanderons des taxis au réceptionniste de l'hôtel car, depuis le début du séjour, ce ne sont que tacots délabrés et chauffeurs déjantés qui nous trimbalent... Ceci ne va pas gâcher le plaisir de découvrir la merveille des merveilles, la citadelle de grès doré, aux délicates céramiques bleu turquoise.
Au sommet du promontoire qui domine la campagne, un immense palais fortifié dresse ses murailles aux teintes ocrées, rehaussées de frises sculptées de délicats motifs bleu vif, vert et or, qui étincellent sous les feux du soleil. Apparition magique, c'est éblouissant de beauté, et coupe le souffle. A l'intérieur des remparts, c'est le même luxe : le souverain-bâtisseur était le seigneur et maître de huit épouses, qui possédaient chacune sa cour, ses appartements et ses hammams. Amoureux éperdu d'une neuvième beauté, cette dernière accepta d'être sa femme à condition de posséder son propre palais. Le souverain fou d'amour céda et fit bâtir une résidence pour la belle, à quelques kilomètres de la forteresse.
Sur l'esplanade du palais, trois jeunes garçons d'une dizaine d'années nous proposent des tours de magie : ils sont irrésistibles de drôlerie, font les pitres et gagnent sans peine les roupies bien méritées. Notre guide s'avère très cultivé. Il a fait de longues études afin d'être professeur d'histoire et d'archéologie... mais le système tordu de l'administration indienne ne lui attribuera un emploi qu'à condition de verser une grosse somme qu'il est bien incapable de réunir. Injustice, corruption des fonctionnaires, dont le pouvoir cède au fric avec la complicité des autorités qui pratiquent les mêmes magouilles.
De surprenantes sculptures jaïnes, 17 mètres de hauteur, bordent la route qui mène aux temples hindous Teli-kha-Mandir. Nous invitons le guide à partager notre repas. Il raconte qu'il a tenu le rôle d'un maharajah dans une vidéo tournée par une équipe française, il y a quelques mois, dans le palais Jaï Vilas. A ce jour, je n'ai pas encore pu voir ce documentaire...
Nous allons visiter le temple d'un musicien très célèbre, Tansen, si talentueux, que ses nombreux admirateurs lui ont bâti dans les faubourgs de Gwalior. C'est un rodéo infernal d'une heure et demie dans les rues défoncées de la vieille ville pour atteindre enfin le monument. Des "tempos" monstrueux sillonnent les ruelles étroites de ce quartier surpeuplé. Ce sont des rickshaws qui peuvent transporter une douzaine de personnes dans une carcasse posée sur trois roues bringuebalantes, crachant des jets de fumée pestilentielle dans un bruit assourdissant.
De retour dans la fraîcheur et le calme de l'hôtel, attablés devant le rituel five o'clock sous les amaltashs du parc, étranges arbres au feuillage bleuté où nichent des ribambelles d'oiseaux. Aurons-nous de l'eau chaude, ce soir, dans la salle de bain ? C'est sous un jet glacial que je me suis douchée ce matin. La direction de l'hôtel qui avait stoppé la chaudière après le départ d'un groupe de touristes, a bien voulu redémarrer l'engin. C'est, hélas, notre dernière nuit à Gwalior : demain, retour à Delhi.
Dans les bureaux du petit aérodrome, un groupe d'indiens se congratule et bénéficie d'un traitement de faveur : boissons et petits gateaux leur sont servis, derrière les vitres de notre salle d'attente... Nous attendons depuis un bon moment, assoiffés et envieux... Un charmant monsieur bedonnant nous fait apporter un verre de thé et des biscuits : c'est un "pot" pour fêter son départ à la retraite, offert par ses collègues. On embarque en sa compagnie dans le petit avion qui nous avait amenés ici.
Même enchantement dans le délicieux vacarme assourdi par les petites boules Q dont nous nous sommes munis cette fois-ci. Six passagers pesés ainsi que leurs bagages. Le pilote s'amuse comme un fou, c'est un vétéran de l'armée de l'air indienne. A très basse altitude, voici la vue sublime sur le joyau : Taj Mahal d'Agra, éblouissant sous le soleil, la Yamuna serpente en scintillant dans la vallée et le Fort de grès rouge entouré de ses murailles surveille l'immense ville d'Agra. Atterrissage sur les chapeaux de roues, trois petits tours sur place pour secouer encore un peu les passagers hilares et ravis... Une ovation salue l'arrivée de l'avion à Delhi : les collègues du nouveau retraité lui rendent un hommage respectueux que nous partageons avec émotion...
Que font donc les Bangaloris le week-end, pour echapper a la chaleur et au stress de cette ville toujours croissante? N’est pas Garden City qui veut, et Bangalore merite bien son nom, pleine de parc, d’arbres a chaque coin de rue, de dedales de verdure au milieu des rickshaws et du traffic toujours incessant. Des coins d’ombre et de calme en plein coeur de la ville, une palette de couleurs, toutes les nuances du vert, du jaune, du rose, du violet ou du blanc. On y vient en famille, de la grand-mere au petit dernier, manger, jouer et palabrer. Des expeditions rituelles, avec tapis de sol, dejeuner complet et arsenal de jeux. Battes de crickets pour remake des grands matches, raquettes de badminton pour version de plage, ou tout simplement un foulard pour colin-maillard. Des tenues de toutes sortes, du saree au salwar kameez pour elle, a l’incontournable pantallon marron-chemise pour lui. Et les petits en belles robes du dimanche-costumes cravatte, ou aux tenues plus occidentales, melanges de styles et de genres. Une variete ethnique aussi, sans probleme d’integration ou de communitarisme pour ces femmes voilees ou ces sikhs.
Bal Bahvan, dans Cubbon Park, c’est le paradis des enfants. Un petit train avec une queue digne de la Tour Eiffel un 14 juillet, des balancoires, toboggans, ensembles complexes barioles de couleurs. Des sourires partout, des enfants qui courent d’un atelier a un autre, des parents tres fiers de leur progeniture.
Cubbon Park, ce sont des arbres immenses et varies qui isolent tout bruit et vue de la ville. Impression d’etre a la campagne, entre partie de crickets et de badminton.
Mais le parc que je prefere, c’est le jardin botanique de Lal Bagh, cree par le fameux Hyder Ali et son fils Tipu Sultan. Un jardin de roses (d’ou son nom : jardin rouge), des arbres centenaires et majestueux, une collection unique de plantes tropicales…
Et surtout, Lal Bagh, tout comme Cubbon Park, c’est l’endroit ou l’on ne peut pas etre seule. Si je me mets a regarder attentivement une partie de cricket, il ne faut pas 5 minutes aux jeunes gens pour m’inclure dans leur equipe, a la batte comme a la reception. Si j’essaye d’ecrire mon journal, a l’ombre d’un manguier, voici un puis deux puis trois sourires. “What’s your name? Where come from?”. Les petites tetes s’en vont, remplacees par d’autres, aussi souriantes, recitant le meme texte. Et les premieres tetes sont de retour, “one coin from your country please”, et de leur donner un cent d’euro. Et de regarder leur collection de pieces hollandaises, italiennes ou allemandes. 5 minutes apres, “one autographe please”. Et de m’executer avec un petit mot pour chacun de ces sourires, de ces tenues, pour ces filles audacieuses et ces garcons plus turbulents mais tellement charmants. 3 puis 4 puis 10 paires d’yeux autour de moi, plus moyen d’ecrire, les questions affluent, les langues se melangent (kanada, hindi, anglais), les uns traduisent aux autres. Les parents s’y melent aussi, qui veulent prendre en photo leurs enfants avec cette tete blonde.
“Tu veux jouer avec nous?” “ok”. Et de s’entrainer a recuperer la balle de cricket, a feinter avec les plus jeunes, a surpasser les plus ages. Puis jeux de main (mais pas de vilains !), jeux de groupe, on se comprend mal mais qu’importe ! Des familles de plus en plus grandes de gamins, de tous les ages, freres, soeur, cousins, tous autour avec cette envie de vivre, de profiter de chaque moment, de partager leur jeux avec moi, d’apprendre sur moi et moi d’apprendre d’eux.
Il est difficile de se separer. “tu reviendras?” “je ne sais pas encore. Vous etes la tous les dimanches?” “oui, tous les dimanches, meme endroit”. Un apres midi passe si vite, un retour a l’enfance, un moment unique, indescriptible, innoubliable. Un dimanche de repos, qui s’est acheve en une journee d’emotions. De ces petits moments qui font le bonheur d’un voyage.
Douya
Bal Bahvan, dans Cubbon Park, c’est le paradis des enfants. Un petit train avec une queue digne de la Tour Eiffel un 14 juillet, des balancoires, toboggans, ensembles complexes barioles de couleurs. Des sourires partout, des enfants qui courent d’un atelier a un autre, des parents tres fiers de leur progeniture.
Cubbon Park, ce sont des arbres immenses et varies qui isolent tout bruit et vue de la ville. Impression d’etre a la campagne, entre partie de crickets et de badminton.
Mais le parc que je prefere, c’est le jardin botanique de Lal Bagh, cree par le fameux Hyder Ali et son fils Tipu Sultan. Un jardin de roses (d’ou son nom : jardin rouge), des arbres centenaires et majestueux, une collection unique de plantes tropicales…
Et surtout, Lal Bagh, tout comme Cubbon Park, c’est l’endroit ou l’on ne peut pas etre seule. Si je me mets a regarder attentivement une partie de cricket, il ne faut pas 5 minutes aux jeunes gens pour m’inclure dans leur equipe, a la batte comme a la reception. Si j’essaye d’ecrire mon journal, a l’ombre d’un manguier, voici un puis deux puis trois sourires. “What’s your name? Where come from?”. Les petites tetes s’en vont, remplacees par d’autres, aussi souriantes, recitant le meme texte. Et les premieres tetes sont de retour, “one coin from your country please”, et de leur donner un cent d’euro. Et de regarder leur collection de pieces hollandaises, italiennes ou allemandes. 5 minutes apres, “one autographe please”. Et de m’executer avec un petit mot pour chacun de ces sourires, de ces tenues, pour ces filles audacieuses et ces garcons plus turbulents mais tellement charmants. 3 puis 4 puis 10 paires d’yeux autour de moi, plus moyen d’ecrire, les questions affluent, les langues se melangent (kanada, hindi, anglais), les uns traduisent aux autres. Les parents s’y melent aussi, qui veulent prendre en photo leurs enfants avec cette tete blonde.
“Tu veux jouer avec nous?” “ok”. Et de s’entrainer a recuperer la balle de cricket, a feinter avec les plus jeunes, a surpasser les plus ages. Puis jeux de main (mais pas de vilains !), jeux de groupe, on se comprend mal mais qu’importe ! Des familles de plus en plus grandes de gamins, de tous les ages, freres, soeur, cousins, tous autour avec cette envie de vivre, de profiter de chaque moment, de partager leur jeux avec moi, d’apprendre sur moi et moi d’apprendre d’eux.
Il est difficile de se separer. “tu reviendras?” “je ne sais pas encore. Vous etes la tous les dimanches?” “oui, tous les dimanches, meme endroit”. Un apres midi passe si vite, un retour a l’enfance, un moment unique, indescriptible, innoubliable. Un dimanche de repos, qui s’est acheve en une journee d’emotions. De ces petits moments qui font le bonheur d’un voyage.
Douya
C'était dans les années 90, en Inde... Je m'étais éprise d'un kérali, ce qui expliquait largement pourquoi ça faisait trois mois que je restais dans le même village! On se voyait en cachette mais si rien ne devait transparaître de cette inclination autour de nous, en secret, les préparatifs pour prendre la poudre d'escampette ensemble allaient bon train... Enfin, bon train, à un rythme indien...Vous savez combien de temps il fallait attendre pour obtenir un passeport? Entre 9 mois et un an!... Et nous étions préssés. Enfin, disons, moi...mon visa arrivant à expiration et mes finances s'amenuisant rapidement... On avait donc contacté un type qui menait de front deux emplois: un officiel et un moins avouable. Il était payé dans les deux cas, mais c'était certainement son boulot d'appoint qui était le plus juteux. En bref, il était offciellement assermenté pour collecter les demandes de passeport qu'il faisait ensuite parvenir aux instances concernées à Cochin...mais en sous-main, il offrait également ses services aux plus préssés (et fortunés!) pour transmettre une demande de passeport à Trichy, dans l'état voisin du Tamil Nadu...C'est là, je l'ai appris plus tard, que nombre de Tigres tamouls se sont vus octroyé des papiers, ce qui rendait tout passeport issu par Trichy, douteux par nature aux yeux des autorités...Mais bon, pour l'instant, on n'en était pas là...J'avais payé une fortune pour graisser la patte de ce fonctionnaire si compassionné à notre égard...Le fait qu'il ne soit pas intègre ne m'échappait pas, mais je me disais que, puisqu'il prenait le risque d'accepter le boulot, on pouvait lui faire confiance!...On avait donc monté, avec son aide, un dossier bidon qu'il avait envoyé à Trichy et on attendait... Mais le temps passait et on ne voyait rien venir...Je l'ai donc convaincu qu'il serait judicieux de faire une petite visite de courtoisie aux intermédiaires tamouls et de se rappeler aux bons souvenirs de ces messieurs. Il a accepté à condition que ce soit dans la plus grande discrétion. Pour celà, il valait mieux que mon ami ne nous accompagne pas...en plus, je devrais voyager seule au moins pour une partie de l'aller.
Donc, je me suis retrouvée, le jour dit, dans un bus à destination d'un bled inconnu dont il m'avait donné le nom. Il était entendu qu'il suivrait le bus à moto et me récupèrerait un peu plus loin sur la route. L'heure du départ approchant, je m'inquétais de ne pas le voir arriver, mais je l'ai finalement apperçu. Nos regards se sont à peine croisés, un imperceptible hochement de tête...tout était en ordre; je n'avais pas de soucis à me faire. Ensuite, je jetais de temps à autre des coups d'oeil à l'arrière pour vérifier qu'il suivait toujours le bus... Une heure et demie plus tard, on est arrivés à l'endroit où je devais descendre. La nuit était tombée mais il y avait un marché et pas mal d'animation...je n'ai pas réussi à localiser tout de suite l'officier. Il s'était engagé dans une ruelle sombre où il m'attendait. A l'abri des regards, il allait m'embarquer à moto. Mais avant ça...il fallait que je me couvres. On ne devait pas déceler qu'une femme, à fortiori une blanche, circulait de nuit avec lui sur sa moto. J'ai donc dû revêtir: une cagoule (oui, une bonne vieille cagoule), ensuite, un bonnet russe (vous savez, une chapka, avec les languettes qui couvrent les oreilles)...une grande cape de pluie kaki et pour parfaire le tout, mettre des lunettes de soleil!...En pleine nuit! Je vous dis pas la dégaine! Enfin, bref, on est partis...
A Trichy, nos intermédiaires nous attendait. Ils n'avaient pas l'air très concernés par l'urgence de ma requête...mais cette opération me coûtait assez cher pour que leur je m'en foutisme (qui était peut-être juste un peu de fatalisme), me mette dans une colère noire!...
Les indiens ne m'ont jamais fait peur. Je ne suis pas particulièrement grande mais mon petit mètre 63 me permet d'en regarder plus d'un de haut. Alors j'ai fait un peu d'esbrouffe! Je leur ai susurré d'une petite voix doucereuse que je pouvais être très gentille mais... (et là j'ai sorti mon kiai, ma voix d'art martial ) que si je me mettais en colère, je pouvais devenir destructrice comme Kali!...
Je sais pas ce qui les a le plus effrayé: mon raffût ou ma façon de bouger dans la pièce en déplaçant malignement les objets...quoi qu'il en soit, je leur ai prouvé qu'ils avaient plutôt intérêt à se débarrasser de moi, la meilleure manière étant certainement que j'obtienne satisfaction. Ils ont promis de faire hâter les choses!...
Et nous sommes repartis, l'officier et moi, à moto, pour le long trajet de retour. Environ 120 kms...
A un moment, il m'a proposé d'essayer de conduire. Tiens, pourquoi pas?! Laissant tourner le moteur, il m'a cédé sa place à l'avant et s'est assis derrière moi. On est parti et franchement, je me régalais. Je tenais le guidon, il changeait les vitesses. Tout allait bien jusqu'au moment où, alors qu'il se tenait à ma taille, il a changé sa prise et ça me gênait pour conduire. J'ai donc ramené ses mains vers ma taille. A nouveau, il les a hissé plus haut à mon grand mécontentement. Parlant fort pour couvrir le bruit du moteur, je lui ai demandé de les poser plus bas, que ça me gênait pour conduire. Il a fait mine de ne pas comprendre et il m'a dit: "Comme ça?"... en posant délibérémment ses mains sur mes seins.Tout de go! J'étais furieuse! Et comme c'est moi qui tenait le guidon, j'ai accéléré brutalement. Surpris, il a été obligé de me lâcher pour se retenir au porte-bagages! "Attention!" m'a t'il crié! Oui! Oui! j'ai répondu...Et comme on arrivait à une portion de route où se succédaient les virages, je m'en suis donné à coeur joie, fonçant dans les lacets avec une farouche sensation de vengeance. A l'arrière, l'officier s'est mis à m'implorer d'arrêter...je l'ai entendu me dire qu'il ne voulait pas mourir, qu'il avait une femme et des enfants! Moi je ricanais...Ha! ha! C'était maintenant qu'il s'en souvenait!?...J'ai fait durer le plaisir. N'avais-je pas déclaré que je pouvais me montrer aussi impitoyable que Kali, déesse de la mort? Il fallait que je fasses honneur à la réputation que je venais de me forger! Enfin, j'ai accepté de m'arrêter et de le laisser reprendre le contrôle du véhicule.
On était en rase campagne, et j'ai pensé plus tard qu'il aurait pu simplement me planter là! Mais je lui avais sans doute suffisamment foutu la pétoche pour me croire capable de tout (et n'importe quoi...n'importe quoi étant sans doute le pire!)
Il a repris sa place initiale sur la bécane et on a fait la paix en silence.
Plus loin, aux faibles lueurs d'éclairage d'un village, il a accepté de me laisser conduire à nouveau. Il s'est mis en tête que je pourrais apprendre à démarrer. Démarrer en côte, c'est pas ce qu'il y a de plus facile. Je sais pas pourquoi il a choisi cet endroit? En tous cas, j'ai galéré, calant plusieurs fois. Il a insisté pour que j'essaye une dernière fois...plus énergiquement. Ah! ça..;pour l'énergie!...J'ai dû accélérer et freiner en même temps, la moto s'est cabré comme un cheval emballé, l'officier a été ejecté de son siège et je me suis étalée en dérapant avec la moto sur le sol. De mon côté, nul dommage. Ma réaction a été le fou rire.
Tout ce boucan n'a pas manqué de réveiller un pauvre hère qui dormait dans la rue. Il s'est approché pour nous observer. Il nous dévisageait d'un air absolument ahuri et je devinais à son expression que je devais ressembler d'assez prêt à une extra-terrestre. Toujours encagoulée avec ma chapka par dessus, ma cape de pluie et mes lunettes noires, parlant dans une langue étrange qui n'était ni du tamoul ni du malayalam...! Et pétée de rire par dessus le marché! Pendant ce temps, l'officier paniquait: la roue avant était voilée! Alors, là, bien fait! S'il y avait une justice divine, c'était sans doute sa punition pour m'avoir pelotté en chemin!
On a fini par reprendre la route...
On est rentrés au village en pleine nuit. Pas un chat dehors...j'ai marché jusqu'à la maison des parents de mon ami. Mais n'osant pas les réveiller, je suis restée assise sur le petit siège de l'entrée. C'est la mère qui a sursauté en m'y trouvant à son réveil au petit matin! Je m'étais endormie là, tenant toujours, sérrées dans mes poings, les pierres que je gardais en main par sécurité, pour me protéger des chiens errants.
Des mois plus tard, j'ai appris que ce fonctionnaire peu scrupuleux s'était fait arrêté...
Entre temps...on avait réceptionné le passeport, qui finalement, n'a jamais servi...mais ça, c'est une autre histoire...
Donc, je me suis retrouvée, le jour dit, dans un bus à destination d'un bled inconnu dont il m'avait donné le nom. Il était entendu qu'il suivrait le bus à moto et me récupèrerait un peu plus loin sur la route. L'heure du départ approchant, je m'inquétais de ne pas le voir arriver, mais je l'ai finalement apperçu. Nos regards se sont à peine croisés, un imperceptible hochement de tête...tout était en ordre; je n'avais pas de soucis à me faire. Ensuite, je jetais de temps à autre des coups d'oeil à l'arrière pour vérifier qu'il suivait toujours le bus... Une heure et demie plus tard, on est arrivés à l'endroit où je devais descendre. La nuit était tombée mais il y avait un marché et pas mal d'animation...je n'ai pas réussi à localiser tout de suite l'officier. Il s'était engagé dans une ruelle sombre où il m'attendait. A l'abri des regards, il allait m'embarquer à moto. Mais avant ça...il fallait que je me couvres. On ne devait pas déceler qu'une femme, à fortiori une blanche, circulait de nuit avec lui sur sa moto. J'ai donc dû revêtir: une cagoule (oui, une bonne vieille cagoule), ensuite, un bonnet russe (vous savez, une chapka, avec les languettes qui couvrent les oreilles)...une grande cape de pluie kaki et pour parfaire le tout, mettre des lunettes de soleil!...En pleine nuit! Je vous dis pas la dégaine! Enfin, bref, on est partis...
A Trichy, nos intermédiaires nous attendait. Ils n'avaient pas l'air très concernés par l'urgence de ma requête...mais cette opération me coûtait assez cher pour que leur je m'en foutisme (qui était peut-être juste un peu de fatalisme), me mette dans une colère noire!...
Les indiens ne m'ont jamais fait peur. Je ne suis pas particulièrement grande mais mon petit mètre 63 me permet d'en regarder plus d'un de haut. Alors j'ai fait un peu d'esbrouffe! Je leur ai susurré d'une petite voix doucereuse que je pouvais être très gentille mais... (et là j'ai sorti mon kiai, ma voix d'art martial ) que si je me mettais en colère, je pouvais devenir destructrice comme Kali!...
Je sais pas ce qui les a le plus effrayé: mon raffût ou ma façon de bouger dans la pièce en déplaçant malignement les objets...quoi qu'il en soit, je leur ai prouvé qu'ils avaient plutôt intérêt à se débarrasser de moi, la meilleure manière étant certainement que j'obtienne satisfaction. Ils ont promis de faire hâter les choses!...
Et nous sommes repartis, l'officier et moi, à moto, pour le long trajet de retour. Environ 120 kms...
A un moment, il m'a proposé d'essayer de conduire. Tiens, pourquoi pas?! Laissant tourner le moteur, il m'a cédé sa place à l'avant et s'est assis derrière moi. On est parti et franchement, je me régalais. Je tenais le guidon, il changeait les vitesses. Tout allait bien jusqu'au moment où, alors qu'il se tenait à ma taille, il a changé sa prise et ça me gênait pour conduire. J'ai donc ramené ses mains vers ma taille. A nouveau, il les a hissé plus haut à mon grand mécontentement. Parlant fort pour couvrir le bruit du moteur, je lui ai demandé de les poser plus bas, que ça me gênait pour conduire. Il a fait mine de ne pas comprendre et il m'a dit: "Comme ça?"... en posant délibérémment ses mains sur mes seins.Tout de go! J'étais furieuse! Et comme c'est moi qui tenait le guidon, j'ai accéléré brutalement. Surpris, il a été obligé de me lâcher pour se retenir au porte-bagages! "Attention!" m'a t'il crié! Oui! Oui! j'ai répondu...Et comme on arrivait à une portion de route où se succédaient les virages, je m'en suis donné à coeur joie, fonçant dans les lacets avec une farouche sensation de vengeance. A l'arrière, l'officier s'est mis à m'implorer d'arrêter...je l'ai entendu me dire qu'il ne voulait pas mourir, qu'il avait une femme et des enfants! Moi je ricanais...Ha! ha! C'était maintenant qu'il s'en souvenait!?...J'ai fait durer le plaisir. N'avais-je pas déclaré que je pouvais me montrer aussi impitoyable que Kali, déesse de la mort? Il fallait que je fasses honneur à la réputation que je venais de me forger! Enfin, j'ai accepté de m'arrêter et de le laisser reprendre le contrôle du véhicule.
On était en rase campagne, et j'ai pensé plus tard qu'il aurait pu simplement me planter là! Mais je lui avais sans doute suffisamment foutu la pétoche pour me croire capable de tout (et n'importe quoi...n'importe quoi étant sans doute le pire!)
Il a repris sa place initiale sur la bécane et on a fait la paix en silence.
Plus loin, aux faibles lueurs d'éclairage d'un village, il a accepté de me laisser conduire à nouveau. Il s'est mis en tête que je pourrais apprendre à démarrer. Démarrer en côte, c'est pas ce qu'il y a de plus facile. Je sais pas pourquoi il a choisi cet endroit? En tous cas, j'ai galéré, calant plusieurs fois. Il a insisté pour que j'essaye une dernière fois...plus énergiquement. Ah! ça..;pour l'énergie!...J'ai dû accélérer et freiner en même temps, la moto s'est cabré comme un cheval emballé, l'officier a été ejecté de son siège et je me suis étalée en dérapant avec la moto sur le sol. De mon côté, nul dommage. Ma réaction a été le fou rire.
Tout ce boucan n'a pas manqué de réveiller un pauvre hère qui dormait dans la rue. Il s'est approché pour nous observer. Il nous dévisageait d'un air absolument ahuri et je devinais à son expression que je devais ressembler d'assez prêt à une extra-terrestre. Toujours encagoulée avec ma chapka par dessus, ma cape de pluie et mes lunettes noires, parlant dans une langue étrange qui n'était ni du tamoul ni du malayalam...! Et pétée de rire par dessus le marché! Pendant ce temps, l'officier paniquait: la roue avant était voilée! Alors, là, bien fait! S'il y avait une justice divine, c'était sans doute sa punition pour m'avoir pelotté en chemin!
On a fini par reprendre la route...
On est rentrés au village en pleine nuit. Pas un chat dehors...j'ai marché jusqu'à la maison des parents de mon ami. Mais n'osant pas les réveiller, je suis restée assise sur le petit siège de l'entrée. C'est la mère qui a sursauté en m'y trouvant à son réveil au petit matin! Je m'étais endormie là, tenant toujours, sérrées dans mes poings, les pierres que je gardais en main par sécurité, pour me protéger des chiens errants.
Des mois plus tard, j'ai appris que ce fonctionnaire peu scrupuleux s'était fait arrêté...
Entre temps...on avait réceptionné le passeport, qui finalement, n'a jamais servi...mais ça, c'est une autre histoire...
1er voyage sur le sol indien -
Quelques mois n'ont pas été de trop pour préparer l'aventure... Des amis, jeunes ou moins jeunes, nous ont tellement parlé de l'Inde, ajoutant leurs récits à mes nombreuses lectures consacrées à l'histoire du sous-continent.
Un jeune couple d'amis, grands voyageurs, nous ont encouragés à partir seuls, en organisant par nous-mêmes tous nos déplacements avec la bible des routards et le Lonely Planet, indispensable. En quatre semaines, nous avions eu la prétention de voir le nord... et le sud ! C'est là que les copains éclatent de rire devant ce programme irréaliste : il faut revoir notre copie, trancher et alléger les étapes... On va se "limiter" au nord, plus une incursion à Katmandou, à ne pas manquer.
Départ prévu : octobre 1994... Quelques jours avant, une bombe éclate dans tous les médias : "Epidémie de peste en Inde du nord", déjà des centaines de morts dans le Gujarat (ouest), médecins "sans frontière" réquisitionnés pour porter secours aux toubibs indiens débordés par les ravages de la terrible maladie. Qu'allez vous faire? demandent nos proches... Nous partons, bien sûr ! Inch Allah ! Vol Nice-Londres, puis Boeing British Airways Londres-Delhi. Nous sommes encastrés dans cette énorme boîte à sardines, entre un sujet de Sa Majesté E. II et un bedonnant citoyen indien. Durant tout le voyage, une série de films débiles va faire la joie des passagers, qui poussent des rugissements de plaisir à la vue des comics diffusés en boucle. Aucun répit : l'équipage, indifférent, se replie dans le fond de l'avion...
Le cauchemar prend fin à l'atterrissage sur le sol de Delhi : le hall de l'aéroport grouille d'une foule bigarrée, colorée, odorante : parfums inconnus, mélange bizarre d'épices et de poussière. Un digne personnage coiffé d'un turban (un Sikh barbu de haute taille) émet un énorme rot sans avoir l'air le moins du monde confus... On s'extrait non sans peine des dizaines de chauffeurs de taxi qui veulent tous nous emmener vers leurs hôtels, plus extraordinaires et cheap que celui qu'on a déjà retenu... Mais nous avons choisi la formule "prepaid", et l'élu embarque nos bagages en toisant ses collègues déçus.
Une petite folie : l'hôtel "Imperial" dont le Routard disait, cette année-là, -confort d'un 5 étoiles pour un prix très raisonnable-... Le taxi quitte la grande avenue pour entrer dans le parc boisé et fleuri, une allée privée qui conduit au palace tout blanc : un superbe portier revêtu de lin blanc ouvre royalement la portière et nous souhaite la bienvenue : "Welcome, Sir" (et moi, je n'existe pas ?)...
Ce n'est pas une chambre, mais une suite, que l'agence Nouvelles Frontières nous a réservée (400 Frs pour 2 la nuit): meublée d'acajou, immense, une climatisation bourdonne et nous berce pendant quelques heures d'une sieste délicieuse.
Un calme étrange règne dans cet immense hall, lorsque nous redescendons dîner : deux serveurs se précipitent vers nous, une carte de plats exotiques inconnus... avec un lexique à l'usage des nouveaux venus.. L'arrivée bruyante d'un groupe de clients vient distraire le personnel : c'est une équipe de "médecins sans frontière" qui vient se refaire une santé dans l'espace paradisiaque de l'Imperial-Garden coffee-shop.
Quatre touristes français sortent de table en drapant un masque de tissu sur le nez et la bouche avant de quitter l'hôtel... "Because of the plague (la peste...)" !!! Ah bon ? On verra bien, demain est un autre jour...
Nuit exquise, petit déjeuner copieux dans les jardins, sous les parasols, pelouses d'épais gazon vert arrosées par des jardiniers appliqués. Il fait déjà chaud, le ciel est uniformément bleu, de grands oiseaux survolent nos têtes en surveillant nos assiettes. Soudain, un des "aigles" fonce en piqué sur une tartine qu'il emporte à grands coups d'ailes vers les toits des immeubles environnants. Les indiens aiment les animaux, tous les animaux : ils vivent en harmonie avec la nature, même en plein centre de cette mégapole.
Repus, harnachés de nos besaces, nous sortons de notre paradis pour découvrir la ville et ses habitants.. Argh !! Une nuée humaine fonce sur nous pour de multiples propositions : "Taxi, Sir ?" - "Come, please and see my shop" - "I am a good guide, I am studiant" - "Give me some coins for my collection" - "Roupies, roupies"..........Bain de foule, et quelle foule ! Nous sommes les deux seuls étrangers sur ce trottoir, les autres sont restés peureusement dans leur pays, peste oblige...Harcelés de tous côtés, sur cette longue avenue dont les pavements sont encombrés de motos, vélos, charrettes, mendiants, marchands, flâneurs, taxis et rickshaws. Ces étranges scooters à trois roues, noir et jaune, surmontés d'une caisse recouverte d'une capote, zigzaguent comme des auto-tamponneuses dans un magma de véhicules pétaradants, crachant d'âcres fumées bleues. Sous la capote, une banquette de moleskine crevée où peuvent prendre place deux ou trois clients, voire davantage. Pourquoi pas un rickshaw ? Emotion garantie : nous n'avons peur de rien, en avant pour le Red Fort dans le quartier Old-Delhi, notre premier rendez-vous avec l'Inde des Grands Moghols...
Quelques mois n'ont pas été de trop pour préparer l'aventure... Des amis, jeunes ou moins jeunes, nous ont tellement parlé de l'Inde, ajoutant leurs récits à mes nombreuses lectures consacrées à l'histoire du sous-continent.
Un jeune couple d'amis, grands voyageurs, nous ont encouragés à partir seuls, en organisant par nous-mêmes tous nos déplacements avec la bible des routards et le Lonely Planet, indispensable. En quatre semaines, nous avions eu la prétention de voir le nord... et le sud ! C'est là que les copains éclatent de rire devant ce programme irréaliste : il faut revoir notre copie, trancher et alléger les étapes... On va se "limiter" au nord, plus une incursion à Katmandou, à ne pas manquer.
Départ prévu : octobre 1994... Quelques jours avant, une bombe éclate dans tous les médias : "Epidémie de peste en Inde du nord", déjà des centaines de morts dans le Gujarat (ouest), médecins "sans frontière" réquisitionnés pour porter secours aux toubibs indiens débordés par les ravages de la terrible maladie. Qu'allez vous faire? demandent nos proches... Nous partons, bien sûr ! Inch Allah ! Vol Nice-Londres, puis Boeing British Airways Londres-Delhi. Nous sommes encastrés dans cette énorme boîte à sardines, entre un sujet de Sa Majesté E. II et un bedonnant citoyen indien. Durant tout le voyage, une série de films débiles va faire la joie des passagers, qui poussent des rugissements de plaisir à la vue des comics diffusés en boucle. Aucun répit : l'équipage, indifférent, se replie dans le fond de l'avion...
Le cauchemar prend fin à l'atterrissage sur le sol de Delhi : le hall de l'aéroport grouille d'une foule bigarrée, colorée, odorante : parfums inconnus, mélange bizarre d'épices et de poussière. Un digne personnage coiffé d'un turban (un Sikh barbu de haute taille) émet un énorme rot sans avoir l'air le moins du monde confus... On s'extrait non sans peine des dizaines de chauffeurs de taxi qui veulent tous nous emmener vers leurs hôtels, plus extraordinaires et cheap que celui qu'on a déjà retenu... Mais nous avons choisi la formule "prepaid", et l'élu embarque nos bagages en toisant ses collègues déçus.
Une petite folie : l'hôtel "Imperial" dont le Routard disait, cette année-là, -confort d'un 5 étoiles pour un prix très raisonnable-... Le taxi quitte la grande avenue pour entrer dans le parc boisé et fleuri, une allée privée qui conduit au palace tout blanc : un superbe portier revêtu de lin blanc ouvre royalement la portière et nous souhaite la bienvenue : "Welcome, Sir" (et moi, je n'existe pas ?)...
Ce n'est pas une chambre, mais une suite, que l'agence Nouvelles Frontières nous a réservée (400 Frs pour 2 la nuit): meublée d'acajou, immense, une climatisation bourdonne et nous berce pendant quelques heures d'une sieste délicieuse.
Un calme étrange règne dans cet immense hall, lorsque nous redescendons dîner : deux serveurs se précipitent vers nous, une carte de plats exotiques inconnus... avec un lexique à l'usage des nouveaux venus.. L'arrivée bruyante d'un groupe de clients vient distraire le personnel : c'est une équipe de "médecins sans frontière" qui vient se refaire une santé dans l'espace paradisiaque de l'Imperial-Garden coffee-shop.
Quatre touristes français sortent de table en drapant un masque de tissu sur le nez et la bouche avant de quitter l'hôtel... "Because of the plague (la peste...)" !!! Ah bon ? On verra bien, demain est un autre jour...
Nuit exquise, petit déjeuner copieux dans les jardins, sous les parasols, pelouses d'épais gazon vert arrosées par des jardiniers appliqués. Il fait déjà chaud, le ciel est uniformément bleu, de grands oiseaux survolent nos têtes en surveillant nos assiettes. Soudain, un des "aigles" fonce en piqué sur une tartine qu'il emporte à grands coups d'ailes vers les toits des immeubles environnants. Les indiens aiment les animaux, tous les animaux : ils vivent en harmonie avec la nature, même en plein centre de cette mégapole.
Repus, harnachés de nos besaces, nous sortons de notre paradis pour découvrir la ville et ses habitants.. Argh !! Une nuée humaine fonce sur nous pour de multiples propositions : "Taxi, Sir ?" - "Come, please and see my shop" - "I am a good guide, I am studiant" - "Give me some coins for my collection" - "Roupies, roupies"..........Bain de foule, et quelle foule ! Nous sommes les deux seuls étrangers sur ce trottoir, les autres sont restés peureusement dans leur pays, peste oblige...Harcelés de tous côtés, sur cette longue avenue dont les pavements sont encombrés de motos, vélos, charrettes, mendiants, marchands, flâneurs, taxis et rickshaws. Ces étranges scooters à trois roues, noir et jaune, surmontés d'une caisse recouverte d'une capote, zigzaguent comme des auto-tamponneuses dans un magma de véhicules pétaradants, crachant d'âcres fumées bleues. Sous la capote, une banquette de moleskine crevée où peuvent prendre place deux ou trois clients, voire davantage. Pourquoi pas un rickshaw ? Emotion garantie : nous n'avons peur de rien, en avant pour le Red Fort dans le quartier Old-Delhi, notre premier rendez-vous avec l'Inde des Grands Moghols...
Les differentes sections de ce fil...
sur le sejour a Jaisalmer et le depart pour Bikaner Attention la vache, attention le bouc ! Encore un petit effort ! Bonjour, un petit massage, ca vous dirait ? Depart Jaisalmer pour Bikaner sur la partie Bikaner Delhi Jaisalmer-Bikaner : pratiques douteuses De Aurangabad a Bikaner : ce qui fut bon sur les 16 jours a Ujjain Sejour a Ujjain : visites... Sejour a Ujjain : le train-train quotidien Sejour a Ujjain : revue de presse
Attention ! J'ajoute regulierement, au contenu de ces trois derniers messages, et non par un nouveau post, les dernieres visites, les dernieres journees vecues et les nouveaux articles du Times of India qui m'ont sembles interessants.
Ce sejour est decoupe en deux parties, la premiere du 26 juin au 17 juillet en couple, la seconde du 18 juillet au 24 septembre seul. Si la tolerance (je parlerais d'amour) de votre conjoint vous accorde de passer plus de deux mois seul a l’etranger, ne choisissez pas cette formule. En effet, apres neuf mois passes en commun a la maison, nous avons vecu pleinement cette decouverte a deux pendant vingt-deux jours, pour connaitre ensuite la totale separation pendant un tres long moment.
A l’avenir, nous reprendrons comme a l’habitude : ma femme me rejoindra a la fin, voire au milieu de mon sejour.
Plus je mets d'etoiles plus j'ai apprecie l'endroit
26 juin – 17 juillet
Mumbai (3 nuits puis train pour Aurangabad)
Aurangabad (5 nuits puis depart en bus pour Indore et taxi pour Mandu) Bibi ka Maqbara *** (1677), petit Taj Mahal dedie a Rabia-Ud-Daurani, 1ere femme de Aurangzeb http://membres.lycos.fr/indes/aur/aur_bbk.htm Le Pan Chakki *, un Moulin a eau situe dans un endroit tres paisible.Le muse Shiva-Ji ***. Superbe collection de pieces de monnaie (couvrant +-1300 ans). Les caves d’Ellora (en rickshaw) ****. Informations dans tous les guides et sur Internet. Au retour d’Ellora, le fort de Daulatabad ** et la tombe d’Aurangzeb a Khuldabad *. En bus, les caves d’Ajanta ****. Informations dans tous les guides et sur Internet. Mandu ***** (3 nuits puis taxi pour Indore et train pour Chittaurgarh)
Chittaurgarh ** (3 nuits puis train pour Ajmer et bus pour Pushkar)
Puskar (3 nuits de repos puis train pour Jodhpur)
Jodhpur *** (3 nuits)
18 juillet – 24 septembre. Sejour est place sous le signe de Krishna. C’est le surnom que m’a donne depuis longtemps notre chaleureux bhangiri Manu de la Kila Bhawan de Jaisalmer. Ensuite j’ai inaugure le Krishna hotel de Bikaner. Puis j’ai achete le magazine Outlook ou j’ai trouve l’article sur la naissance de Krishna. J’ai achete un superbe stylo (20 roupies) et un joli cahier de 184 pages (10 roupies) que je n’ai pas choisi et sur la couverture duquel est inscrit le nom de… Krishna. Mon sympathique chauffeur de taxi qui m’a enmene a Omkareshwar puis a Maheshwar a pour nom… Krishna.
Jaisalmer ***** (41 jours puis bus pour Bikaner) rencontres de Frenchgirl, puis de Phil64, party a Ram Kunda. retrouvailles avec la famille. Bikaner **** 27 Aout – 1er septembre (puis train pour Delhi) le jour des freres et des soeurs. Content de revoir Kussum*****Delhi *** 2 septembre – 5 septembre (puis train pour Ujjain) rencontre avec mon sympathique professeur de l’Inalco, Harit Joshi Visite commentee par Harit du Lodi garden Achats avec Harit de 6 dictionnaires aux editions Oxford Ujjain 6 septembre – 21 septembre (puis train pour Mumbai) Ujjain et ses temples *** Le Birla Mandir de Nagda ** et... rencontre *** du leader du syndicat HMS / Birla company. Les derniers joyaux de mon sejour : Omkareshwar ***** et Maheshwar ****. Le debut de ce fil s’institulait “Attention la vache, attention le bouc”. Le carnet debutait a Jaisalmer… Je reprends le fil la ou il avait debute... de facon un peu desordonnee.
=====================
Je suis tres serieux. Surveillez bien la vache que vous croisez. Meme si cela arrive rarement ce peut etre un animal dangereux (je ne voulais pas effrayer Phil : 15 jours avant mon arrivee une dame rajasthani est morte d'un coup de corne). Ne les quittez pas des yeux !
Les chevres, quand je vais donner a manger aux pigeons, sont aussi affectueuses que les vaches pour quemander quelque chose a grignoter. Oblige de me laver les pieds en rentrant, les museaux ne sont pas toujours propres.
Le bouc que je croise au matin a un petit truc dans l'oreille pour dire a tout le monde qu'il a le droit de vivre sa vie jusqu'au bout : sacre, don't cut !
Il a des cornes tres longues et surperbement vrillees. J'en ai encore le dessin sur mon abdomen. Les cours de jujitsu ont servi, une superbe esquive suivi d'une prise de cornes tetue. J'ai cru que j'y allais passer la journee. Aucun de nous deux voulait ceder et pas question de lacher un bouc en colere. Les amis locaux ont admire le spectacle sans realiser que j'etais un peu ennuye (quand est-ce que je vais le prendre mon pancake, moi ?). Heureusement, Yassine est venu a la rescousse (la prise de cornes ca s'appelle, une sorte de releve de la garde en plus spectaculaire).
Je l'ai croise a nouveau, il n'a pas l'air rancunier. Moi, si. Bon, j'ai decide quand meme de changer d'heure pour aller donner a manger aux pigeons.
A plus
sur le sejour a Jaisalmer et le depart pour Bikaner Attention la vache, attention le bouc ! Encore un petit effort ! Bonjour, un petit massage, ca vous dirait ? Depart Jaisalmer pour Bikaner sur la partie Bikaner Delhi Jaisalmer-Bikaner : pratiques douteuses De Aurangabad a Bikaner : ce qui fut bon sur les 16 jours a Ujjain Sejour a Ujjain : visites... Sejour a Ujjain : le train-train quotidien Sejour a Ujjain : revue de presse
Attention ! J'ajoute regulierement, au contenu de ces trois derniers messages, et non par un nouveau post, les dernieres visites, les dernieres journees vecues et les nouveaux articles du Times of India qui m'ont sembles interessants.
Ce sejour est decoupe en deux parties, la premiere du 26 juin au 17 juillet en couple, la seconde du 18 juillet au 24 septembre seul. Si la tolerance (je parlerais d'amour) de votre conjoint vous accorde de passer plus de deux mois seul a l’etranger, ne choisissez pas cette formule. En effet, apres neuf mois passes en commun a la maison, nous avons vecu pleinement cette decouverte a deux pendant vingt-deux jours, pour connaitre ensuite la totale separation pendant un tres long moment.
A l’avenir, nous reprendrons comme a l’habitude : ma femme me rejoindra a la fin, voire au milieu de mon sejour.
Plus je mets d'etoiles plus j'ai apprecie l'endroit
26 juin – 17 juillet
Mumbai (3 nuits puis train pour Aurangabad)
Aurangabad (5 nuits puis depart en bus pour Indore et taxi pour Mandu) Bibi ka Maqbara *** (1677), petit Taj Mahal dedie a Rabia-Ud-Daurani, 1ere femme de Aurangzeb http://membres.lycos.fr/indes/aur/aur_bbk.htm Le Pan Chakki *, un Moulin a eau situe dans un endroit tres paisible.Le muse Shiva-Ji ***. Superbe collection de pieces de monnaie (couvrant +-1300 ans). Les caves d’Ellora (en rickshaw) ****. Informations dans tous les guides et sur Internet. Au retour d’Ellora, le fort de Daulatabad ** et la tombe d’Aurangzeb a Khuldabad *. En bus, les caves d’Ajanta ****. Informations dans tous les guides et sur Internet. Mandu ***** (3 nuits puis taxi pour Indore et train pour Chittaurgarh)
Chittaurgarh ** (3 nuits puis train pour Ajmer et bus pour Pushkar)
Puskar (3 nuits de repos puis train pour Jodhpur)
Jodhpur *** (3 nuits)
18 juillet – 24 septembre. Sejour est place sous le signe de Krishna. C’est le surnom que m’a donne depuis longtemps notre chaleureux bhangiri Manu de la Kila Bhawan de Jaisalmer. Ensuite j’ai inaugure le Krishna hotel de Bikaner. Puis j’ai achete le magazine Outlook ou j’ai trouve l’article sur la naissance de Krishna. J’ai achete un superbe stylo (20 roupies) et un joli cahier de 184 pages (10 roupies) que je n’ai pas choisi et sur la couverture duquel est inscrit le nom de… Krishna. Mon sympathique chauffeur de taxi qui m’a enmene a Omkareshwar puis a Maheshwar a pour nom… Krishna.
Jaisalmer ***** (41 jours puis bus pour Bikaner) rencontres de Frenchgirl, puis de Phil64, party a Ram Kunda. retrouvailles avec la famille. Bikaner **** 27 Aout – 1er septembre (puis train pour Delhi) le jour des freres et des soeurs. Content de revoir Kussum*****Delhi *** 2 septembre – 5 septembre (puis train pour Ujjain) rencontre avec mon sympathique professeur de l’Inalco, Harit Joshi Visite commentee par Harit du Lodi garden Achats avec Harit de 6 dictionnaires aux editions Oxford Ujjain 6 septembre – 21 septembre (puis train pour Mumbai) Ujjain et ses temples *** Le Birla Mandir de Nagda ** et... rencontre *** du leader du syndicat HMS / Birla company. Les derniers joyaux de mon sejour : Omkareshwar ***** et Maheshwar ****. Le debut de ce fil s’institulait “Attention la vache, attention le bouc”. Le carnet debutait a Jaisalmer… Je reprends le fil la ou il avait debute... de facon un peu desordonnee.
=====================
Je suis tres serieux. Surveillez bien la vache que vous croisez. Meme si cela arrive rarement ce peut etre un animal dangereux (je ne voulais pas effrayer Phil : 15 jours avant mon arrivee une dame rajasthani est morte d'un coup de corne). Ne les quittez pas des yeux !
Les chevres, quand je vais donner a manger aux pigeons, sont aussi affectueuses que les vaches pour quemander quelque chose a grignoter. Oblige de me laver les pieds en rentrant, les museaux ne sont pas toujours propres.
Le bouc que je croise au matin a un petit truc dans l'oreille pour dire a tout le monde qu'il a le droit de vivre sa vie jusqu'au bout : sacre, don't cut !
Il a des cornes tres longues et surperbement vrillees. J'en ai encore le dessin sur mon abdomen. Les cours de jujitsu ont servi, une superbe esquive suivi d'une prise de cornes tetue. J'ai cru que j'y allais passer la journee. Aucun de nous deux voulait ceder et pas question de lacher un bouc en colere. Les amis locaux ont admire le spectacle sans realiser que j'etais un peu ennuye (quand est-ce que je vais le prendre mon pancake, moi ?). Heureusement, Yassine est venu a la rescousse (la prise de cornes ca s'appelle, une sorte de releve de la garde en plus spectaculaire).
Je l'ai croise a nouveau, il n'a pas l'air rancunier. Moi, si. Bon, j'ai decide quand meme de changer d'heure pour aller donner a manger aux pigeons.
A plus

Ma journée Sri Lankaise à Paris avec Ganesha ! Dimanche 05 Septembre 2004, pour la neuvième année consécutive, la communauté des Tamouls Sri Lankais de Paris se réunit au Temple de Sri Manicka Vinayakar Alayam.
Des cérémonies religieuses ( bain rituel du dieu à l’eau de rose, miel, lait… ) débuteront à 9 heures suivies d’un cortège et d’un défilé en l’honneur du dieu à la tête d’éléphant.
Avant mon départ pour cette journée magique, j’ai fais quelques recherches, je sais donc maintenant que Ganesha, est le fils de Shiva et de Parvati. Spécialement porteur de chance, Ganesh est invoqué avant de commencer un projet, partir en voyage, …
Concernant son aspect, on trouve essentiellement deux versions : - Le fils de Shiva est à son image, donc très beau. Il séduit toutes les femmes, ce qui lui fait oublier sa mission. Aussi est-il condamné par Parvati à avoir une tête d’éléphant et un gros ventre. - Des légendes parlent de sa décapitation, sa mère demande la renaissance de son fils, Shiva utilisa le premier animal passant à sa portée pour redonner une tête à son fils, ce fut un éléphant avec une seule défense…
Ayant potassé « un peu » le sujet, je me rends donc au Temple de la rue de Girard.
Ce n’est pas l’Inde, mais presque, une foule incroyable est là devant les portes de ce lieu de culte : la communauté Hindoue Parisienne, des Parisiens, des adultes, beaucoup d’enfants, des sarees multicolores, des fleurs, des ballons, des odeurs d’encens, musique à fond … ma journée de voyage commence très fort.
Partis de Paris-Roissy le dimanche 29 décembre 1996 par un froid glacial, nous atterrissons enfin à Delhi, au petit matin. C'est l'hiver en Inde, aussi, les indiens ont l'air frigorifié, tout entortillés dans leurs châles, il fait 18°...Au bout de longues heures d'attente dans une salle sinistre de l'aéroport, nous embarquons à nouveau dans un Boeing Air-India à destination de Calcutta.
L'avion a plongé dans un épais nuage de pollution jaunâtre qui recouvre la ville comme un édredon géant. Horreur. La circulation vers le centre-ville est étonnamment fluide, et la ville elle-même semble propre : nous sommes surpris et décontenancés : cela contredit tout ce qu'on a pu lire sur Calcutta... L'hôtel Kenilworth a bien enregistré la réservation faite par Miss Air-India de Nice. On s'écroule sur nos lits extra-planches pour récupérer de cet interminable voyage.
Le "Times of India" annonce la venue prochaine de Sir John Major, premier ministre britannique. Tout s'explique ! Les miséreux qui campent d'habitude le long des rues ont été ramassés et parqués au loin, hors de la vue du cortège officiel qui passera par-là dans quelques jours.
Mais la voici, la vraie Calcutta, crasseuse, grouillante et authentique, fidèle à sa mauvaise image : car nous sommes plongés dans le quartier New-Market, aux ruelles encombrées de charrettes, camions, motos, vélos, qui arrivent autour des halles surpeuplées. Odeurs pestilentielles des tas d'ordures amoncelés sur les trottoirs. Et voici les "hommes-chevaux", ces pauvres bougres attelés aux brancards de leur pousse-pousse. Ils cavalent pieds nus pour transporter humains ou ballots énormes au milieu des embouteillages terrifiants. Ce sont les derniers survivants de cette corporation en voie de disparition.
Ce soir, grand dîner de fin d'année au Kenilworth. Un repas "ourdou" au Marble room, mets traditionnels et orchestre moghol qui joue des musiques nostalgiques. Bel adieu à 1996, bonjour 1997.
Promenade dans le quartier chinois, surpeuplé, où nous pouvons circuler sans être abordés par les mendiants qui grouillent autour de notre hôtel. Ici, c'est la vie des travailleurs qui nous saluent en souriant, sans nous considérer comme des "porte-monnaie à pattes". Un passant indien nous guide vers le Marble Palace, bien caché dans un parc, en refusant énergiquement la moindre pièce. Cette grande bâtisse un peu écroulée, témoin des anciennes splendeurs, renferme une foule d'objets collectionnés à travers le monde, ensevelis sous une poussière et des toiles d'araignées séculaires... Curieux et très émouvant.
Tout près, le grand poète bengali Rabindranah Tagore a vécu dans une maison transformée en musée. Nous sommes exceptionnellement admis à entrer dans la belle mosquée Nakhoda, aux coupoles vernissées de céramique verte qui dominent le vieux quartier musulman. Tout en haut d'un interminable escalier de pierre, on a une vue plongeante sur les toits environnants, couverts d'immondices.
Une bonne adresse : Sudder street, le restaurant Zaranj, avec sa cascade d'eau fraîche qui serpente entre les tables. Délicieux plats de cuisine bengalie.
Le chauffeur sikh en grande tenue nous pilote vers le Pont Howrah qui traverse la rivière Hooghly, jusqu'à la gare principale de Calcutta. Il a garé la belle limousine, tandis qu'on pénètre dans la vieille station ferroviaire où une foule de voyageurs court vers les trains en partance. Assis ou couchés sur le sol crasseux, des familles entières se sont réfugiées sous les verrières, chassées de leurs villages à la recherche d'un improbable avenir.
Un curieux édifice situé au nord-ouest de la ville, sur les bords de l'Hooghly, le Belur Math, où se rejoignent les trois principales religions indiennes : hindouisme, islam et christianisme. Nous roulons sur la Grand Trunk road, qui relie Calcutta à Delhi, traversant le sous-continent dans toute sa largeur. Trafic d'une intensité supra-indienne, une marée d'énormes véhicules dans les deux sens, occupant tout l'espace, dans un nuage de fumées nauséabondes qui stagne à quelques mètres du sol. Les camions déglingués, surchargés de marchandises entassées en montagnes débordantes, menacent de verser dans le profond fossé. A l'arrière de chaque monstre, on peut lire "Horn, please" ainsi que la marque TATA, constructeur richissime des poids lourds indiens. C'est le marquis de Carabas, ce Mr. TATA possède des paquets d'actions phénoménales dans de nombreuses sociétés internationales.
Les milliers de voitures garées devant les grilles du Belur font présager de la foule qui piétine autour du temple baroque édifié sur la colline. Un cortège incessant de pélerins défile à l'intérieur de la basilique oecuménique qui ressemble vaguement au Sacré-Coeur de Montmartre. Sous des tentes bariolées, on aperçoit des personnages enveloppés de toges jaunes ou orangées, crâne rasé à l'exception d'une mèche de cheveux tortillée au sommet, cascades de colliers autour du cou. Assis sur les tapis, un auditoire subjugué par un gourou peinturluré qui psalmodie de lancinantes onomatopées amplifiées par un puissant micro. Invocations à Ramakrishna...
L'avion a plongé dans un épais nuage de pollution jaunâtre qui recouvre la ville comme un édredon géant. Horreur. La circulation vers le centre-ville est étonnamment fluide, et la ville elle-même semble propre : nous sommes surpris et décontenancés : cela contredit tout ce qu'on a pu lire sur Calcutta... L'hôtel Kenilworth a bien enregistré la réservation faite par Miss Air-India de Nice. On s'écroule sur nos lits extra-planches pour récupérer de cet interminable voyage.
Le "Times of India" annonce la venue prochaine de Sir John Major, premier ministre britannique. Tout s'explique ! Les miséreux qui campent d'habitude le long des rues ont été ramassés et parqués au loin, hors de la vue du cortège officiel qui passera par-là dans quelques jours.
Mais la voici, la vraie Calcutta, crasseuse, grouillante et authentique, fidèle à sa mauvaise image : car nous sommes plongés dans le quartier New-Market, aux ruelles encombrées de charrettes, camions, motos, vélos, qui arrivent autour des halles surpeuplées. Odeurs pestilentielles des tas d'ordures amoncelés sur les trottoirs. Et voici les "hommes-chevaux", ces pauvres bougres attelés aux brancards de leur pousse-pousse. Ils cavalent pieds nus pour transporter humains ou ballots énormes au milieu des embouteillages terrifiants. Ce sont les derniers survivants de cette corporation en voie de disparition.
Ce soir, grand dîner de fin d'année au Kenilworth. Un repas "ourdou" au Marble room, mets traditionnels et orchestre moghol qui joue des musiques nostalgiques. Bel adieu à 1996, bonjour 1997.
Promenade dans le quartier chinois, surpeuplé, où nous pouvons circuler sans être abordés par les mendiants qui grouillent autour de notre hôtel. Ici, c'est la vie des travailleurs qui nous saluent en souriant, sans nous considérer comme des "porte-monnaie à pattes". Un passant indien nous guide vers le Marble Palace, bien caché dans un parc, en refusant énergiquement la moindre pièce. Cette grande bâtisse un peu écroulée, témoin des anciennes splendeurs, renferme une foule d'objets collectionnés à travers le monde, ensevelis sous une poussière et des toiles d'araignées séculaires... Curieux et très émouvant.
Tout près, le grand poète bengali Rabindranah Tagore a vécu dans une maison transformée en musée. Nous sommes exceptionnellement admis à entrer dans la belle mosquée Nakhoda, aux coupoles vernissées de céramique verte qui dominent le vieux quartier musulman. Tout en haut d'un interminable escalier de pierre, on a une vue plongeante sur les toits environnants, couverts d'immondices.
Une bonne adresse : Sudder street, le restaurant Zaranj, avec sa cascade d'eau fraîche qui serpente entre les tables. Délicieux plats de cuisine bengalie.
Le chauffeur sikh en grande tenue nous pilote vers le Pont Howrah qui traverse la rivière Hooghly, jusqu'à la gare principale de Calcutta. Il a garé la belle limousine, tandis qu'on pénètre dans la vieille station ferroviaire où une foule de voyageurs court vers les trains en partance. Assis ou couchés sur le sol crasseux, des familles entières se sont réfugiées sous les verrières, chassées de leurs villages à la recherche d'un improbable avenir.
Un curieux édifice situé au nord-ouest de la ville, sur les bords de l'Hooghly, le Belur Math, où se rejoignent les trois principales religions indiennes : hindouisme, islam et christianisme. Nous roulons sur la Grand Trunk road, qui relie Calcutta à Delhi, traversant le sous-continent dans toute sa largeur. Trafic d'une intensité supra-indienne, une marée d'énormes véhicules dans les deux sens, occupant tout l'espace, dans un nuage de fumées nauséabondes qui stagne à quelques mètres du sol. Les camions déglingués, surchargés de marchandises entassées en montagnes débordantes, menacent de verser dans le profond fossé. A l'arrière de chaque monstre, on peut lire "Horn, please" ainsi que la marque TATA, constructeur richissime des poids lourds indiens. C'est le marquis de Carabas, ce Mr. TATA possède des paquets d'actions phénoménales dans de nombreuses sociétés internationales.
Les milliers de voitures garées devant les grilles du Belur font présager de la foule qui piétine autour du temple baroque édifié sur la colline. Un cortège incessant de pélerins défile à l'intérieur de la basilique oecuménique qui ressemble vaguement au Sacré-Coeur de Montmartre. Sous des tentes bariolées, on aperçoit des personnages enveloppés de toges jaunes ou orangées, crâne rasé à l'exception d'une mèche de cheveux tortillée au sommet, cascades de colliers autour du cou. Assis sur les tapis, un auditoire subjugué par un gourou peinturluré qui psalmodie de lancinantes onomatopées amplifiées par un puissant micro. Invocations à Ramakrishna...
Ce matin, 9 heures. Dans ma boîte aux lettres, ce que j'attendais : Qualipixe, mon labo en ligne, me livre mes photos d'un pays inoubliable : l'Inde.
Je reprends le cahier de cuir où sont consignés mes voyages, à la redécouverte d'un monde où cohabitent les plus hauts sommets du globe, des cités fiévreuses et des campagnes immenses. Beauté et misère... L'Inde est, bien plus qu'un pays, un sous-continent couvrant plusieurs méridiens, des sommets de l'Himalaya aux mers tropicales en passant par déserts et rizières. Des milliers de villes, un milliard de personnes, dans un flux ininterrompu de beauté et de misère, et la plus grande dignité qu'il soit donné de voir. Un authentique choc sensuel : odeurs, surtout, et couleurs, sons, visions; tout est brillant, vivant, enchanteur ou choquant. L'Inde ne connaît pas le gris, la demi- teinte: elle vous conquerra ou vous insupportera mais ne vous laissera jamais indifférent !
Qui veut visiter l'Inde, du reste, sait déjà ce qui l'y pousse mais le risque émotionnel est réel : admirer un temple pendant qu'un gardien chasse les mendiants n'est pas la simple contemplation d'un tableau dans un musée.
Consignés dans mon cahier, trois voyages de deux semaines chacun : l'un au Rajasthan (centre Nord) et à Goa (côte Est), et deux dans le sud du pays. Dans tous les cas avec accompagnateur(s): indispensable. J'ai opté pour la formule vol + circuit en auto avec chauffeur + hôtels réservés à l'avance. Le mécanisme d'un tel périple est simple et sûr: vos chauffeurs vous prennent et vous ramènent à la porte de l'hôtel. L'itinéraire est établi avec l'agence de voyages, qui prévoit des nuits dans des établissements de luxe. Au-dessous de quatre étoiles, les conditions d'hygiène et d'accueil restent très difficiles... D'ailleurs, les prix de ces hôtels sont le quart ou le tiers de ceux pratiqués en Europe et on y est très bien reçu. Seul point négatif : un air conditionné souvent sibérien !
La circulation en Inde est une attraction en soi ; le chaos y domine, avec un impératif : passer, quoi qu'il advienne, et ne surtout pas s'arrêter. Automobiles, bicyclettes, autobus, charrettes à bras, piétons, cyclomoteurs, calèches, camions, vaches, enfants et vendeurs ambulants se frôlent continuellement en un magma unique. A la campagne, ce sont des chariots de foin larges comme la route qu'on découvre au détour d'un virage, des poids lourds renversés au milieu de la chaussée, entourés d'un cercle de pierres, une sorte de triangle qui signifie "il y a eu un incident, tôt ou tard nous le résoudrons, merci entre- temps de ne pas voler les pièces détachées"...
En route, donc, pour le Rajasthan : c'est l'Inde des Maharajas, au confluent des civilisations hindoue, musulmane et britannique. Je pars de New Delhi, la capitale, pour faire escale à Agra et son éblouissant Taj Mahal, mausolée construit au XVIIe siècle par un empereur Moghol en la mémoire de son épouse. Puis c'est la fascinante ville rose de Jaipur, Udaipur et ses palais fastueux, dont celui, sur le lac, où furent tournées des scènes d'un James Bond, Octopussy. Jodhpur l'inoubliable, la magique, et sa colossale forteresse, le désert de Thar, entre l'Indus et les monts Aravalli. Et la lointaine, peu accessible mais unique Jaisalmer...
Le sud du pays, aux paysages d'une très grande diversité, c'est l'Inde hindouiste, celle qui n'a jamais connu l'influence islamique et très peu l'anglaise. J'atterris à Madras - désormais nommée Chennai - sur la côte de Coromandel, pour rejoindre Kanchipuram, au milieu des saris multicolores, puis Mahabalipuram et ses temples monolithiques posés sur la plage. Je descends ensuite vers la fascinante Pondichéry, ancienne colonie française, patrie du grand philosophe Sri Aurobindo (1872- 1950) qui y a fondé un ashram toujours en activité. À Thanjavur et sa voisine Tiruchirapalli (ici on dit "Trichy"), j'admire les premiers grands temples dravidiens mais c'est dans la ville sacrée de Madurai (ancienne Madura) que je découvre les plus grands (XVIIe siècle). Il faut absolument louer les services d'un guide local pour pouvoir comprendre et apprécier la signification de ces dieux et déesses sur ces énormes portails où grouillent des milliers de personnages dans un triomphe de couleurs et de formes. Avec un peu d'aide, on peut même atteindre le toit du grand temple principal pour contempler un superbe panorama. De Madurai, je m'enfonce dans les montagnes pour pénétrer au Kerala en passant par la verte et fraîche réserve naturelle qui entoure le lac de Peryar, d'où les tigres ont disparu, pour remontrer ensuite vers Cochin, sur la côte de Malabar. Ancienne colonie portugaise fondée par Vasco de Gama en 1502, les temples hindous y cèdent la place aux églises et même à une ancienne synagogue. L'atmosphère des lieux est renforcée par l'harmonie silencieuse des "backwaters", ces belles lagunes intérieures qui s'étendent parallèlement à la côte jusqu'à Alleppey.
J'y navigue sur une barge jusqu'à la station balnéaire de Kovalam, où les plages sont ombragées de palmiers de cartes postales. De là, il est possible d'embarquer pour les Maldives voisines. Le voyage en bateau s'avérant agité, mieux vaut prendre l'hydravion qui présente en outre l'avantage d'offrir un spectacle inoubliable sur les atolls.
Une vie entière ne suffirait pas à décrire l'Inde. Seule, nécessaire, indispensable solution : y aller soi-même. Et en revenir, différent.
Je reprends le cahier de cuir où sont consignés mes voyages, à la redécouverte d'un monde où cohabitent les plus hauts sommets du globe, des cités fiévreuses et des campagnes immenses. Beauté et misère... L'Inde est, bien plus qu'un pays, un sous-continent couvrant plusieurs méridiens, des sommets de l'Himalaya aux mers tropicales en passant par déserts et rizières. Des milliers de villes, un milliard de personnes, dans un flux ininterrompu de beauté et de misère, et la plus grande dignité qu'il soit donné de voir. Un authentique choc sensuel : odeurs, surtout, et couleurs, sons, visions; tout est brillant, vivant, enchanteur ou choquant. L'Inde ne connaît pas le gris, la demi- teinte: elle vous conquerra ou vous insupportera mais ne vous laissera jamais indifférent !
Qui veut visiter l'Inde, du reste, sait déjà ce qui l'y pousse mais le risque émotionnel est réel : admirer un temple pendant qu'un gardien chasse les mendiants n'est pas la simple contemplation d'un tableau dans un musée.
Consignés dans mon cahier, trois voyages de deux semaines chacun : l'un au Rajasthan (centre Nord) et à Goa (côte Est), et deux dans le sud du pays. Dans tous les cas avec accompagnateur(s): indispensable. J'ai opté pour la formule vol + circuit en auto avec chauffeur + hôtels réservés à l'avance. Le mécanisme d'un tel périple est simple et sûr: vos chauffeurs vous prennent et vous ramènent à la porte de l'hôtel. L'itinéraire est établi avec l'agence de voyages, qui prévoit des nuits dans des établissements de luxe. Au-dessous de quatre étoiles, les conditions d'hygiène et d'accueil restent très difficiles... D'ailleurs, les prix de ces hôtels sont le quart ou le tiers de ceux pratiqués en Europe et on y est très bien reçu. Seul point négatif : un air conditionné souvent sibérien !
La circulation en Inde est une attraction en soi ; le chaos y domine, avec un impératif : passer, quoi qu'il advienne, et ne surtout pas s'arrêter. Automobiles, bicyclettes, autobus, charrettes à bras, piétons, cyclomoteurs, calèches, camions, vaches, enfants et vendeurs ambulants se frôlent continuellement en un magma unique. A la campagne, ce sont des chariots de foin larges comme la route qu'on découvre au détour d'un virage, des poids lourds renversés au milieu de la chaussée, entourés d'un cercle de pierres, une sorte de triangle qui signifie "il y a eu un incident, tôt ou tard nous le résoudrons, merci entre- temps de ne pas voler les pièces détachées"...
En route, donc, pour le Rajasthan : c'est l'Inde des Maharajas, au confluent des civilisations hindoue, musulmane et britannique. Je pars de New Delhi, la capitale, pour faire escale à Agra et son éblouissant Taj Mahal, mausolée construit au XVIIe siècle par un empereur Moghol en la mémoire de son épouse. Puis c'est la fascinante ville rose de Jaipur, Udaipur et ses palais fastueux, dont celui, sur le lac, où furent tournées des scènes d'un James Bond, Octopussy. Jodhpur l'inoubliable, la magique, et sa colossale forteresse, le désert de Thar, entre l'Indus et les monts Aravalli. Et la lointaine, peu accessible mais unique Jaisalmer...
Le sud du pays, aux paysages d'une très grande diversité, c'est l'Inde hindouiste, celle qui n'a jamais connu l'influence islamique et très peu l'anglaise. J'atterris à Madras - désormais nommée Chennai - sur la côte de Coromandel, pour rejoindre Kanchipuram, au milieu des saris multicolores, puis Mahabalipuram et ses temples monolithiques posés sur la plage. Je descends ensuite vers la fascinante Pondichéry, ancienne colonie française, patrie du grand philosophe Sri Aurobindo (1872- 1950) qui y a fondé un ashram toujours en activité. À Thanjavur et sa voisine Tiruchirapalli (ici on dit "Trichy"), j'admire les premiers grands temples dravidiens mais c'est dans la ville sacrée de Madurai (ancienne Madura) que je découvre les plus grands (XVIIe siècle). Il faut absolument louer les services d'un guide local pour pouvoir comprendre et apprécier la signification de ces dieux et déesses sur ces énormes portails où grouillent des milliers de personnages dans un triomphe de couleurs et de formes. Avec un peu d'aide, on peut même atteindre le toit du grand temple principal pour contempler un superbe panorama. De Madurai, je m'enfonce dans les montagnes pour pénétrer au Kerala en passant par la verte et fraîche réserve naturelle qui entoure le lac de Peryar, d'où les tigres ont disparu, pour remontrer ensuite vers Cochin, sur la côte de Malabar. Ancienne colonie portugaise fondée par Vasco de Gama en 1502, les temples hindous y cèdent la place aux églises et même à une ancienne synagogue. L'atmosphère des lieux est renforcée par l'harmonie silencieuse des "backwaters", ces belles lagunes intérieures qui s'étendent parallèlement à la côte jusqu'à Alleppey.
J'y navigue sur une barge jusqu'à la station balnéaire de Kovalam, où les plages sont ombragées de palmiers de cartes postales. De là, il est possible d'embarquer pour les Maldives voisines. Le voyage en bateau s'avérant agité, mieux vaut prendre l'hydravion qui présente en outre l'avantage d'offrir un spectacle inoubliable sur les atolls.
Une vie entière ne suffirait pas à décrire l'Inde. Seule, nécessaire, indispensable solution : y aller soi-même. Et en revenir, différent.
Bonjour, je suis a mamalapuram et cest le pied...
Lagressivite nexiste pas chez les indiens.Nulle agressivite daucune sorte que ce soit. En vivant ici parmi eux, en les cotoyant o jour le jour, je me rends compte combien elle est omnipresente chez nous, ds les gestes, les comportements, les regards, les mots...
Chacun se sent attaque, persecute, violente ds son ego. Chacun passe son tps a vouloir defendre son arrogance a etre. Lindien est, cest tout. IL na rien a defendre, rien a prouver. Les indiens passent leur tps a communiquer entre eux, a longueur de journee ils se parlent, partout, tou le monde parle avec tout le monde.Cest leur normalite. A moi qui suis tres communicatif, elle me parait tout a fait logique, evidente et humaine. Depuis tjs on me demande, mais comment tu fais tu rencontres tt le tps des gens partou? ben je parle cest tout, je vais vers lotre. Les indiens ont noye leur ego ds luniversel, ds lunite.
Ils st povres, misereux et sales, mais vivent ds une harmonie naturelle et parfaite. Tout ce que lon a perdu. Qd dici, je pense a loccident, a nos relations en europe, cela meffraie. Ma passion et mon observation de linde corrobore mes sentiments. Je pense a tel ou tel copain copine, ou proche, parfois si indifferent, pretentieux, ou sentencieux... He, calmez vs les gars! lego est notre propre prison! Individuellement, ns ne sommes rien. Nous sommes la vie cest tout...
Je me repete, lagressivite nexiste pas chez le Tamoul. Elle me semble impossible. Ici, malgre le fourmillement humain, le bruit et lactivite presente en permanence...Le tps est comme ralenti, tout est, o dela des apparences, en profondeur, tres tranquille. Cest completement paradoxal et inexprimable. Venez, vs comprendrez...
Les hommes se tiennent par la main en marchant, tout en se parlant, tjs...ou bien par lepaule, exactement comme les amoureux chez nous. Les femmes se coiffent mutuellement leur cheveux ou ceux de leurs filles. Les bebes ou petits enfants st soit avec maman soit avec papa, ou bien jouent ds le ''caniveau''. Les garcons et ados st en groupes et jouent. Les filles se promenent ou aident les parents a leur taches. Tout le monde ici saime et se respecte et cest completement evident. La veritable misere nest pas ici, elle est chez nous.
'' En verite, le desir de confort assassine lame passionnee avant de lescorter, tout sourire, a son enterrement.'' Khalil Gibran.
'' En verite, le desir de confort assassine lame passionnee avant de lescorter, tout sourire, a son enterrement.'' Khalil Gibran.




