Avoir autant de temps pour voyager?
FR

This discussion is in French, the community’s main language.

MI Migrador Veteran ·
Ahlalala...

Oserais-je un mauvais jeu de mot? Allez oui... tant qu'on n'y est😉

Là tu t'égares vraiment et pa...Tatra!🤪

Je voulais te répondre: "Mais je t'invite à vendre tout ce tu as, de tout donner à une association, à ta grand mère, à ton chien, à ton canari, à qui tu veux, mais à te débarrasser de tout ce que tu as et d'aller dans une de ces merveilleuses dictatures qui parsèment encore le monde. Je t'invite à vivre avec 50$ par mois. Sans ta carte bleue, sans rien que tes bras pour vivre. Je t'invite aussi à essayer d'exprimer une pensée contraire à la ligne du parti en place dans ce pays et qu'on te jette dans un cachot humide pour 15 ans. Juste pour voir si au bout de quelques jours, de ton anus explosé par tes co-détenus, des maladies que tu t'auras chopées, de l'excellente nourriture qu'on t'auras servit et des bons traitements que les geôliers te réserveront sans parler des douces séances sado-masochistes qui t'attendent, juste pour voir si au bout de quelques jours tu penses encore que "pour toi elles sont d'égales valeurs en tant qu'entraves". Vas-y essaie pour voir si tu ne préfères pas tes entraves dorées.

Je ne connaît que trop la réponse que tu donneras : tu pleureras ta mère, ton chien, ton canari, ton association humanitaire et leur demandera de rendre tout ton pognon et ton confort douillet. Et tu verras dans ton corps à ce moment-là que oui, il vaut mieux « notre prison douillette » de nos pays riches que les « cachots humides ». Même en tant que symbolique entrave. Même en tant qu'idée abstraite et entrave à toute forme de liberté.

Voilà, je voulais te répondre ça, mais au bout de cette réflexion je me suis dit que mon postulat de départ était mauvais, puisque tu es probablement un occidental (du point de vue physique) et que rien que par ce fait là, beaucoup de choses te seront pardonnées et épargnées dans ces dictatures… Encore une fois… riches-pauvres, on en sort pas.

Mais je suppose que tu vas encore me sortir la phrase de Sartre ? Non ? Allez surprends-moi !
TA Tatra Globetrotter ·
Bonjour,

"Qui a dit: "En ce sens, nous vivons tous sous une forme ou une autre de totalitarisme, plus ou moins soft, plus ou moins hard. "? "

Mais si bien sûr que je comprends ce que tu écris, sauf que je ne partage pas ta typologie du soft et du hard, que je trouve elle-même idéologique. Mais bon, on ne va pas s'éterniser là-dessus...

Michel
TA Tatra Globetrotter ·
Ne pense donc pas que je sois comme toi, quand bien même cela te conforterait et te rassurerait. Tu parles en fait de toi, dans ce texte en italique... D'abord de toi...

Michel
MI Migrador Veteran ·
Ah tu me déçois là! Je m'attendais à une autre réponse que "toi-même", comme ce que dirait un gosse dans une cour de récré... La cloche a sonné?😛
AN Anàssa Globetrotter ·
Bonjour,

Le totalitarisme est un dogme imposé à un peuple. Pour faire court. Et comme tous les raccourcis...

Où par le conditionnement, on t'empêche de penser. Je t'expliquerais comment des générations entières de chinois, d'espagnols et autres personnes ayant vécu la dictature dans leur corps ne pensent même pas à l'idée qui pourrait leur être salutaire. Un peu comme un journaliste qui se censure lui même de peur d'être censuré (ça te dit quelque chose?) 😛

Le conditionnement totalitaire, je te le garantis, est très efficace.🤪

et

Ah oui, je parlais du totalitarisme, parce que comme toi, je pense que priver quelqu'un de sa possibilité de penser par lui même, d'élaborer une pensée propre et structurée est le sommet de la privation de liberté.

En ce sens, nous vivons tous sous une forme ou une autre de totalitarisme, plus ou moins soft, plus ou moins hard.

Sauf que certains (toujours les mêmes) ont subit (subissent) ce totalitarisme à coup de lattes dans le cul, d'assinats, de torture et autres camps de rééducation et bien d'autres joyeusetés. Et encore une fois, c'est dans les pays "riches" occidentaux qu'il y a aujourd'hui le plus de respect des droits de l'homme.

Oui...alors... (et je vais tenir compte dans ma réponse également des messages que tu as adressés à tatra)...

Je maintiens qu'en introduisant le totalitarisme tu as légèrement fait dévier le sujet de départ (totalitarisme et pauvreté n'étant pas de stricts synonymes). Mais soit...

Je suis entièrement d'accord avec toi que nous avons dans nos sociétés occidentales un confort corporel et un respect de notre intégrité physique très largement supérieurs à celui que l'on trouve dans des états totalitaires. Ca ne fait pas un pli ça...

Mais la (nouvelle) question était : un être humain vivant dans un état totalitaire est-il totalement privé de sa liberté de penser ? Eh bien je ne trouve pas que la réponse à cette question soit si évidente que tu le prétends. Un exemple : perso je trouve le film cubain de Guttièrez Alea Fresa y Chocolate infiniment plus indépendant vis à vis des dogmes en vigueur dans le pays qu'un film comme Independance Day, ce dernier étant pratiquement une oeuvre de propagande. Il me semble d'ailleurs que nombres de films américains ne sont que des illustrations des dogmes fondateurs des US et... on est en droit de préférer ces dogmes là, mais le sujet est la possibilité d'avoir une pensée autonome. Le fait par ailleurs que nombre d'intellectuels de pays dits totalitaires cherchent à les fuir, témoigne bien qu'ils ont eu la possibilité/capacité de développer un esprit critique autonome. Je ne parle certes ici que d'un sorte d'élite. Cette limite est dûe au fait que n'ayant jamais posé le pied dans un des ces pays, je n'ai pas la possibilité de constater le degré d'indépendance mentale, intellectuelle de leurs habitants et de les comparer à celle visible chez les habitants de pays occidentaux ...et que je me méfie des soit disant évidences que l'"on" nous inculque.

Mon hypothèse est que la liberté de penser est plus au moins proportionnelle au temps que nous accordons à une distanciation et mise à plat de nos modes de vie (cela inclut ce qui se passe dans notre boîte crânienne) à une réflexion raisonnée sur ce que nous en observons. Bon, comme toute hypothèse, elle serait à vérifier...
CA Carmencita Veteran ·
😉😉😉 Au lieu de t'engager dans l'armée!! tu aurais mieux fait de le faire dans un camp de gitans!!!!

mais là, tu n'aurais pas eu droit à la retraite, ni à certains avantages.

Engage toi dans l'humanitaire, tu voyageras......et celà te permettra de finir ton temps plus agréablement......si tu en as la possibilité.
MI Migrador Veteran ·
Je suis d'accord avec toi sur tout. Sauf que je n'ai jamais dit que pauvreté et totalitarisme étaient synonymes.

Quand je disais "nous vivons tous sous une forme ou une autre de totalitarisme, plus ou moins soft, plus ou moins hard.", je pensais être clair.

Vivre sous un régime totalitaire ne t'empêche pas de penser. Je n'ai pas affirmé ça d'une manière absolue, mais générale. Et puis je le précise bien au début en disant : "pour faire court, et comme tous les raccourcis..." C'est simplement cent fois plus difficile d'accès pour les gens qui y vivent. Tant par le conditionnement dogmatique, que la culture, que l'enseignement, etc. Comme tu le dis "nombre d'intellectuels"... Que représentent comme proportion dans la population les intellectuels dans les dictatures (et ici)? Je te rappelle qu'en Chine, au temps de la révolution culturelle par exemple, le fait même de porter des lunettes sans être un intello te faisais aller directement dans des camps de rééducation voire dans un terrain avec une balle dans la nuque (dans le meilleur des cas). Le conditionnement foncionne comme le réflexe de Pavlov, à un moment donné, tu lâches prises et tu baves juste en entendant une sonnerie. C'est très efficace. Et dans les pays totalitaires/dictatoriaux tout contribue à l'effet pavlovien. Ce qui n'empêche évidemment pas certains d'être imperméables et de réfléchir par eux-mêmes. Preuve s'il en est, tous ces gens qui fuient les dicatures...

Pour ce qui est des films, les films américains véhiculent certains dogmes c'est certain. Mais à ce moment, comme je le disais plus haut, toute forme de culture véhicule des dogmes, des idées. La différence entre un pays totalitaire et une démocratie, c'est la manière d'insuffler ce dogme à son peuple. L'exemple de "Fresa y chocolate" est bon, mais il y a en a bien d'autres. En Espagne 'El Verdugo" un film extraordinaire des années 60 qui critiquait le régime d'une manière subtile et picaresque, en ex-URSS les films de Tarkovski et d'autres, en Chine actuellement les films de Wang Xiaoshuai ou de Jia Zhangke, les exemples sont nombreux. Mais tous ne sont que des exemptions dans des pays ou la censure est partout et implacable. S'ils arrivent à passer entre les mailles du filet, c'est qu'ils sont très forts et leurs films aussi. Mais qu'en est-il de l'homme de la rue?

Pour ce qui est de "au temps que nous accordons ...à une réflexion raisonnée sur ce que nous en observons", je suis aussi d'accord avec toi. Mais dès lors, qui a ce temps? Je pense qu'il manque une donnée: il faut aussi la VOLONTE d'y penser. Je te conseille les lectures de certains livres (romans) de Ma Jian ("Nouilles chinoises" ou "Chienne de vie") et tu verras que le chinois de base, n'a pas le temps ou la volonté de penser... Tu penses qu'en ayant travaillé 14 heures dans une usine qui fabrique des chaussettes, après avoir voyagé une à deux heures pour rentrer chez toi, t'as envie de "penser"? Pour "penser" à la liberté, il faut le temps à lui consacrer. C'est un concept connu des dictatures: il faut que les gens n'aient pas le temps. C'est en ce sens que je disais au tout début de la conversation ici : " La liberté est un luxe de riches que peu de pauvres peuvent s'offrir. " qui a déclenché tant de foudres, puisque dans nos sociétés où l'on travaille 35 heures par semaine, on a du temps à consacrer à la "pensée". Tu remarqueras aussi que ma proposition de base n'est pas exclusive, mais inclusive. Je pourrais rajouter à cette proposition de base et après toute cette discussion: "La liberté est un luxe de riches que peu de pauvres peuvent s'offrir ... mais que peu de riches s'offrent."

Et le citoyen lambda européen a-t-il aussi le temps de penser? Toi certainement.

Peut-on donc dire que la liberté est synonyme de temps libre? Et quels exemples avez-vous (as-tu) de personnes que vous (que tu) qualifieriez de "libres"?

Pour ma part, je ne me considère pas comme étant "libre" et la liberté je la touche du doigt quand je voyage librement où bon me semble même si parfois ces voyages m'ont mené dans des pays dictatoriaux. Mais j'ai pu me le permettre parce que je viens d'un pays "riche"... Tout le monde n'est pas égal devant un consulat/ambassade.
MI Migrador Veteran ·
J'aime l'idée que les gitans sont libres et comme tu le dis, cette liberté a un prix: sortir de la société et adios les avantages sociaux.

Mais les gitans non sédentaires évidemment. Et les gitans ont aussi leurs petites prisons dogmatiques à eux...
CA Carmencita Veteran ·
quoique 😉😉 pour les avantages sociaux, ils y ont droit pour la CMU.

Ils n'ont pas l'air d'être trop malheureux, leurs caravanes sont super, et ils ont l'art de la débrouille.

Rien à voir avec nos Romanichels d'antan, qui parcouraient les villages avec une roulotte en bois, traînée par un cheval.

Ils avaient un singe savant, et quelques tours de passe-passe.

Et on était contents de les payer pour voir leur petit cirque.

c'était de sympathiques voleurs de poule.

rien à voir avec les gens du voyage, qui envahissent les villages, et s'installent où bon leur semble

du moins certains....

Honnêteté en pointillé, vols de voitures, drogue, braquage, ils ont évolué avec notre société.....en pire.

je ne parle pas des forains, ni des gens du cirque, qui gagnent leur vie en travaillant.😉😉😉

au fait, c'était quoi le sujet.....enfin, on est toujours dans les voyages.😄😄😄😄😄

Celà m'aurait tentée une gitane danseuse de flamenco.
AN Anàssa Globetrotter ·
Bonjour et bonne année 🙂,

Hum... nous vivons tous sous une forme ou une autre de totalitarisme, plus ou moins soft, plus ou moins hard." Il a fallu que j'aille vérifier le sens exact de "totalitarisme" dans mon Petit Robert...😊 Non, pas au sens strict... Si tu écris : nous vivons tous sous une forme ou une autre de conditionnement alors là oui, j'adhère et j'enlève même le "plus ou moins doux, plus ou moins dur" (je n'aime pas le conditionnement qui conduit à l'utilisation d'anglicismes ce matin 😛😉). Ce conditionnement est dans tous les cas très efficace et conduit à des situations voisines (le maintien du pouvoir de quelques uns). Tu crois vraiment que les Occidentaux sont préservés du "réflexe de Pavlov" ? Qu'en est-il de l'"homme de la rue" dans nos pays ? Pourquoi s'il est si libre que ça achète-t-il (bave-t-il devant, pour rester chez Pavlov) des baskets Nike alors que ceux-ci sont fabriqués par des chinois, parfois mineurs, bossant dans les conditions que tu décris, qui lui sont connues et qui sembleraient parfaitement contraire à tout ce à quoi il aspire, à quoi il croit ? (c'est un exemple et on pourrait les multiplier). Je suis d'une manière générale assez perplexe devant les écarts entre les principes et conceptions en vigueur chez "nous" et le comportement...

"La liberté est un luxe de riches que peu de pauvres peuvent s'offrir ... mais que peu de riches s'offrent."

Oui... si tu entends par "riches" les êtres humains n'étant pas complètement absorbés par des questions de survie biologique, je suis d'accord avec toi. Mais ces riches là ne se rencontrent pas que dans les sociétés occidentales, enfin il ne me semble pas.

Peut-on donc dire que la liberté est synonyme de temps libre?🤪😐

Dans "notre" monde géographiquement limité et temporellement daté, le problème est que "temps libre" est pratiquement un synonyme de "loisirs" et le loisir c'est quoi : s'agiter dans tous les sens en se divertissant (Pascal a assez justement défini ce qu'est le "divertissement") donc j'ai un peu de mal à y voir une preuve, un témoignage, de liberté.

Des personnes que je qualifierais de "libres" ? Oui, j'en connais... des espèces de vagabonds spirituels (et l'esprit n'est en rien cantonné au domaine religieux contrairement aux "idées reçues" qui traînent dans l'air) qui s'organisent leurs vies comme ils l'entendent, relativement (comme tu le dis toi-même il y a peu de chance qu'il existe une liberté absolue) dégagés des diktats familiaux et sociaux et qui vivent souvent avec moins de 1000 €/mois (ils sont considérés comme pauvres ici, d'où mes réticences précédentes envers ta phrase en gras). Ils ne sont finalement soumis qu'à leur insatiable curiosité et aux hasards de leurs tribulations et c'est ce qu'ils souhaitent. Comme ça, à froid, c'est eux qui me viennent à l'esprit.

PS 1 : merci pour les références de livres, c'est noté 🙂 (au rythme où je vais j'arriverai peut-être en Chine dans 10 ou 20 ans 🤪)

PS 2 : "la liberté je la touche du doigt quand je voyage librement où bon me semble même si parfois ces voyages m'ont mené dans des pays dictatoriaux." Oui... les habitants des pays pauvres de cette planète, ont des zones entières (celles où nous vivons nous) dans lesquelles ils ne peuvent pas voyager, nos peurs (autre subtil conditionnement) les rendent persona non grata. (Un ami malien a mis des années pour obtenir un visa de tourisme pour venir nous rendre visite 😕)
KH Khaldoun Regular ·
C’était à Zarzis, au printemps dernier. J’avais pris mes habitudes en soirée dans un petit restaurant dont le patron ne manquait pas de venir me faire la causette au moment du traditionnel thé à la menthe. Cet entrepreneur s’était constitué son capital de départ en Libye où il travaillait comme serveur dans un café d’une grande artère de Tripoli. Nous en étions un soir à parler des Droits de l’homme en Tunisie et, pour des raisons bien compréhensibles, il avait déplacé le sujet vers la Libye voisine. De son expérience libyenne, il en retirait un enseignement limpide : Kadhafi est un tyran de la pire espèce, tout là-bas est surveillé, fliqué, quadrillé, il n’ existe aucune liberté d’expression, les opposants sont réduits au silence d’une manière ou d’une autre, les ressources du pays sont confisquées etc. Bref, rien que du très ordinaire dans un régime policier. Plus que l’énumération infinie des moyens de tenir en joue une population, je retiens surtout une petite anecdote que ce restaurateur souriant sans être obséquieux, affable sans être bavard, serviable mais pas servile m’a raconté avec une émotion restée intacte avec le temps : par un après-midi ensoleillé à Tripoli, alors qu’ il servait ses clients sur son périmètre de terrasse, le plateau en équilibre sur la paume d’une main, les sirènes ont violemment retenti et suspendu immédiatement toutes les palabres en cours sur la terrasse. Un impressionnant service de véhicules avec vitres teintées et gyrophares a jailli brusquement, comme du néant, et défilé à très vive allure. Le serveur (mon narrateur), avant de comprendre ce qui se passait, a senti tout à coup ses cheveux se hérisser violemment et ses vêtements se remplir de sueur presque instantanément. Une peur subite, atroce, irrationnelle l’avait saisi à la vitesse de l’éclair de la pointe de ses pieds à la racine de ses cheveux. Kadhafi venait de passer !

La liberté a d’abord un sens primaire, pratique et politique. Celle de vivre selon son bon vouloir, de se déplacer, de s’exprimer, d’exposer ses idées, de participer au débat public, de manifester son opposition, de choisir ses dirigeants, d’avoir sa part de la richesse du pays etc. Cette liberté est bafouée un peu partout par des régimes crapuleux. Ce ne sont pas des dictatures de façade. Des gens, comme toi, comme moi, sont emprisonnés et plus (relire plus haut Migrador) pour ce qu’ils ont dit ou écrit. Après, que tu estimes qu’en France, la liberté est là, mais bien mal exploitée, pourquoi pas ? L’un n’empêche pas l’autre. Mais ceux qui se créent leurs carcans le font en toute liberté, justement ! On ne peut décemment mettre sur un même pied d’égalité celui qui souscrit, ici, docilement à un rituel annuel (achats de Noël) et celui qui, là-bas, croupit en prison pour ses idées. C’est franchement inadmissible.

Est-on plus libre en France qu’en Libye, en Iran ou au Congo ? Evidemment que oui !

Arpagon et Diogène étaient-ils libres ? J’avoue y avoir réfléchi durant mon récent voyage en Allemagne…

Khaldoun
TA Tatra Globetrotter ·
Bonsoir,

Tiens, c'est amusant, moi aussi je me souvient avoir vu passer Khadafi dans son convoi de Mercédès 4X4 noirs.

Je ne sais pas ce que tu appelles une dictature de façade, et il n'est pas dit que les pires chaînes soient d'acier ; les hommes s'y connaissent fort bien pour s'entraver eux-mêmes, et j'ai tendance à penser que la liberté intellectuelle prime sur la liberté politique, dans la mesure où elle lui est antérieure même logiquement : pour être libre politiquement, il faut l'être mentalement, et le plus démocratique des pays européens ne sera rien si ces citoyens sont lobotomisés par les médias et la consommation de masse. Qui ne se cultive, qui ne se libère des préjugés, qui n'aquiert pas l'esprit critique n'a que faire de la liberté politique, qui ne sait lire n'a que faire de la liberté de la presse.

"On ne peut décemment mettre sur un même pied d’égalité celui qui souscrit, ici, docilement à un rituel annuel (achats de Noël) et celui qui, là-bas, croupit en prison pour ses idées. C’est franchement inadmissible. "

Et pourquoi pas ? Qu'est-ce qui te pose problème ? Il se peut bien d'ailleurs que le plus libre des deux soit le prisonnier. Qu'est-ce que cela a d'inadmissible ?.... Le fait de heurter tes certitudes ?

Combien de paysans et d'ouvriers soviétiques ont pleuré aux obsèques de Staline ? Combien de leurs homologues avait-il mené à la mort ?

Michel
MI Migrador Veteran ·
Oui, mais...

Je ne comprends pas ce que Staline vient faire là-dedans, mais tu dis: "Combien de paysans et d'ouvriers soviétiques ont pleuré aux obsèques de Staline ? Combien de leurs homologues avait-il mené à la mort ? " Connais-tu le syndrome de Stockholm ? Il s’applique aussi à une nation. Ensuite je te répondrais : sais-tu combien se sont réjouis de sa mort et se sont saoulés comme des malades ?

Mais tu as raison, quelqu'un peut-être très libre dans sa tête en prison, comme le Diego de la chanson... Mais si Diego avait pu ne pas aller en prison pour exprimer ses idées, il l'aurait préféré. C'est certain à moins que ça ne faisait partie d'un plan de communication-marketing de son attaché de presse?😛
TA Tatra Globetrotter ·
Bonsoir,

Cela n'a rien à voir avec le "syndrôme de Stockholm"....

Je ne pense pas que nombreux soient ceux qui se sont réjouis de la mort de Staline, ni de Mao, ni d'autres "pères de la nation" fussent-ils sanguinaires ; les hommes tendent toujours à retrouver dans les dirigeants l'image du père, fort, protecteur, aimant, cruel et violent parfois. Et dans les convois mortuaires des dictateurs les larmes ne sont pas feintes.

Je te parle Freud, tu me parles Johnny Halliday. Je suis un peu déçu.

Michel
MI Migrador Veteran ·
A la mort de Staline, il y a eu des centaines de morts... la foule hystérique qui piétinait🤪

Hélas nous parlons tous deux de la même chose mais tu t'obstines à prétendre le contraire.

Chouettes comme pères en effet:

Staline:2 millions de personnes mortes dans les goulags, en 1933 famines en Ukraine qui font 7 millions de morts (génocide déguisé), les purges de Staline en 37 font 680.000 morts, déportations des tchétchènes, et il signe personellement l'arrêt de mort de 44.000 personnes... OUéééé chouette image du père fort et protecteur.

Quant à Mao, des dizaines de millions de morts rien que pour le "grand bond en avant", ça laisse rêveur.

Mais le pire, c'est que tu as raison les larmes ne sont pas feintes. Mais je te garantis que beaucoup ont dansé sur leurs morts. Perso quand Franco est mort, j'ai vu ma famille sauter de joie et dire: "le salaud est mort". D'autres ont pleuré c'est certain. Tout dépend du camp où tu te trouves cher Tatra. Perso, je préfère être dans le camp de ceux qui dansent sur ces tueurs à répétitions, sur ces massacreurs et génocidaires.
TA Tatra Globetrotter ·
Bonjour encore,

Au risque d'insister le "syndrôme de Stockholm" n'a rien à voir avec ça.

Tu assimiles Franco avec Staline et Mao, ce qui est un bien grand honneur ; la caudillo n'a jamais eu une telle influence ni mis en oeuvre un tel culte de la personnalité. Il était un dictateur banal, n'avait rien du Père de la nation, était face à une vive opposition en Europe. Il est plus comparable à Pinochet, Salazar ou autres.

Par ailleurs les massacre de 1932 en Ukraine n'étaient pas, à ma connaissance, un génocide, même déguisé.

Michel
MI Migrador Veteran ·
Pour Franco, c'est bien mal connaître l'Espagne que de dire ça... je t'invite à te rendre à Madrid le jour de la commémoration de son décès pour te faire une idée. Même 30 ans après sa mort, son culte est toujours bien là accompagné de toute la folie mégalomane de la plupart des dictateurs. Vois "el valle de los caidos" pour exemple significatif... Je te l'accorde, Franco n'a pas buté autant que ses collègues, il n'a que 1 au minimum voir 2 millions de morts à son actif... Et oui, je les mets dans le même sac: dictateur.

Pour la famine en Ukraine, Staline savait, il l'a nié et a laissé tout le peuple crever... le reste c'est l'histoire. Si on joue sur les mots, ok, mais dans les fait il a laissé mourrir 7 millions de personnes tout comme Mao a laissé mourir près de 20millions de personnes dans les mêmes circonstances. Un pur hasard du calendrier peut-être?
TA Tatra Globetrotter ·
Re....

" Pour Franco, c'est bien mal connaître l'Espagne que de dire ça... je t'invite à te rendre à Madrid le jour de la commémoration de son décès pour te faire une idée. Même 30 ans après sa mort, son culte est toujours bien là accompagné de toute la folie mégalomane de la plupart des dictateurs."

Franco était isolé dans l'Europe des années 60 à 70, et avait les démocraties à ses portes pour l'infléchir ; je ne crois pas que le culte de la personnalité ait été son truc, par ailleurs.

"Pour la famine en Ukraine, Staline savait, il l'a nié et a laissé tout le peuple crever... le reste c'est l'histoire. Si on joue sur les mots, ok, mais dans les fait il a laissé mourrir 7 millions de personnes tout comme Mao a laissé mourir près de 20millions de personnes dans les mêmes circonstances. Un pur hasard du calendrier peut-être?"

Bien sûr qu'il savait, il a même organisé la famine ; cela cependant n'en fait pas un génocide.

Michel
MI Migrador Veteran ·
Tu nommes comment la construction d'un bâtiment de plus de cent mètres de haut pour abriter ta dépouille? Tu nommes comment un type qui dans toutes les villes d'Espagne a nommé une rue, un hôpital, une école "El Generalissimo" voir "Fransico Franco"? Comment nommes-tu un type qui se fait enseigner dans les écoles? Tu nommes comment un type qui apparaît dans tous les journeaux, les "NOVO" (news) et qu'on ne parle que de tout ce qu'il a fait d'extraordinaire? Et j'en passe, j'en passe, j'en passe. Pas un culte de la personalité?

Pour Staline, on joue sur les mots et dans le fond je suis d'accord avec toi. Ce n'est pas un génocide dans le sens litéral du mot, mais quand tu laisses mourir une population, voir pire, tu l'organises comme tu le dis, ça ressemble à une volonté d'élémination de cette nation ou ethnie...

Allez, bonne soirée!
TA Tatra Globetrotter ·
" Tu nommes comment la construction d'un bâtiment de plus de cent mètres de haut pour abriter ta dépouille? Tu nommes comment un type qui dans toutes les villes d'Espagne a nommé une rue, un hôpital, une école "El Generalissimo" voir "Fransico Franco"? Comment nommes-tu un type qui se fait enseigner dans les écoles? Tu nommes comment un type qui apparaît dans tous les journeaux, les "NOVO" (news) et qu'on ne parle que de tout ce qu'il a fait d'extraordinaire? Et j'en passe, j'en passe, j'en passe."

de Gaulle ? 😄😏🤪.....

"mais quand tu laisses mourir une population, voir pire, tu l'organises comme tu le dis, ça ressemble à une volonté d'élémination de cette nation ou ethnie... "

Non, ce n'est pas une ethnie, mais une partie de la société pour des motifs idéologiques ; c'est un crime, mais sans nom.... Je ne joue pas avec les mots, j'essaie d'utiliser ceux qui conviennent, c'est important - et là ce n'est pas un génocide.

Michel
KH Khaldoun Regular ·
Je t’ai répondu dans mon message précédent: ce ne sont pas des dictatures de façade.

Tu m’as alors lancé: je ne sais pas ce que tu appelles des dictatures de façade.

Je te réponds à présent : je n’ai fait que reprendre l’expression utilisée initialement, plus haut sur ce topic même, par un certain Tatra. Tu le connais ?

Khaldoun
TA Tatra Globetrotter ·
Bonjour,

Je sais ce que moi j'appelle des dictatures de façades, mais dans ta réponse je ne vois plus le sens que tu donnes à cette expresion.

Michel
AN Anàssa Globetrotter ·
Bonjour,

Nomades : effectivement, il sont tout le temps en migration, en mouvement. Mais pourquoi? Par liberté? Non, pour suivre les besoins de leurs bêtes. Et ils n'ont pas la liberté de ne pas bouger. je ne dirais donc pas que c'est ça, la liberté...

Pourquoi toujours idéaliser les modes de vie étrangers et inconnus? Eux, rêvent sans doute d'Amérique...

Pas sûr qu'ils rêvent d'Amérique.

Une histoire que raconte Kapuscinski dans Ebène. (Le puits p 239-240)

Un Somali, Hamed, lui raconte la disparition de clans entiers lorsque l'eau vient à manquer et qu'ils ne réussissent pas à atteindre un puits. Les brebis et les chèvres meurent d'abord, puis les enfants, puis les femmes, seuls poursuivent leur route l'homme et le chameau qui meurent en même temps. Kapuscinski, lui répond alors qu'ayant parcouru le désert à la recherche de "nomades en détresse", il a eté "choqué" par le fait tous refusaient catégoriquement d'abandonner leur bête. Ils étaient obligés de les séparer de force et évacuaient "l'homme qui les maudissait vers un camp". Ces hommes, une fois dans le camp, économisaient sur tout ce qu'on leur donnait, vendaient le surplus (on imagine la quantité du surplus), mettaient l'argent de côté, rachetaient un chameau et repartaient dans le désert.

Ces hommes sont-ils ou pas des exemples d'hommes libres ? Je ne saurais me prononcer. D'autres modes de vie, et de mort, plutôt.
KH Khaldoun Regular ·
Diogène était-il libre ?

De l’esprit et de l’érudition ne vous font pas d’un miséreux vivant dans la rue un homme libre. Une formidable consolation, un puissant antidote contre le désespoir, tout au plus.

On pourrait citer Sade également : emprisonné, torturé, privé de ses moyens matériels pour écrire, il en était réduit à écrire sur des draps avec son sang et à écouler sa production grâce à la complicité de sa femme de ménage. Ecrivain exceptionnel (j’ai lu « La philosophie dans le boudoir » durant ces vacances 🙂), érudit, agitateur d’idées, il l’était. Libre ? Non. Le magnifique film qui lui a été consacré avec Geoffrey Rush dans le rôle du Marquis est très instructif. Et affirmer à la fin de la séance que Sade était libre (si si !!! grâce à son talent et son érudition !!!) ferait bien rire…

La bêtise, l’inculture et l’avarice maladive (voici Arpagon assis sur son tas d’or) sont-ils un frein à la liberté ? Sont-ils des carcans ? Oui. Mais sans commune mesure avec des barreaux en vrai. Je me refuse à soutenir la comparaison car j’introduis le facteur "souffrance" dans ma perspective. Le bête, l’ignare et l’avare ne souffrent pas autant que l’emmuré. Souffrent-ils d’ailleurs ? Allez donc expliquer à Arpagon qu’il est prisonnier de quelque chose, qu’il n’est pas libre, qu’il souffre… Il vous rira au nez.

Finalement, chacun a ses critères personnels (et la liberté de voyager figure en bonne place parmi les miens, cités au départ) pour fixer un seuil de liberté acceptable. A mon échelle, ceux qui sont en prison et ceux qui se débattent dans l’extrême pauvreté n’atteignent pas un seuil de liberté acceptable…fussent-ils des génies de culture et d’érudition. Et j’aurai tâché de le démontrer dans ce topic.

Ciao Anàssa

Khaldoun
MI Migrador Veteran ·
Le génocide Ukrainien a été QUALIFIE comme tel par le parlement ukrainien, par le Canada, les Etats Unis d'Amérique et l'Argentine.

En France, en novembre dernier, le député Christian Vaneste a déposé une proposition de loi composée d'un article unique, «La France reconnait publiquement le génocide ukrainien de 1932-1933.»

Tu ne JOUES qu'avec les mots et ça doit certainement beaucoup t'amuser. Mais moi aussi. 😎 Tu connais le mot "négationniste"?

Ah! encore... dis, toi qui "essaie d'utiliser les mots qui conviennent, c'est important" peux-tu m'expliquer dès lors comment quelqu'un d'emprisonné peut-il être libre comme tu le prétends plus haut? Et ne reviens pas avec ton habituel: "Tu parles de Johny, je te parle Cali" (ou variantes). Tu n'es plus à une contradiction près. Amuse-moi encore. 😎
TA Tatra Globetrotter ·
Bonjour,

Calme toi un peu...

Pour autant que je sache, les crimes commis par les bolcheviques en Ukraine en 1932-33 n'avaient pas pour but d'éliminer un peuple selon un plan concerté, mais de se venger du monde rural de cette partie de l'Union soviétique en l'afamant et le déportant. Maintenant, je ne suis pas un spécialiste de cette question.

Génocide est une qualification de crime, un terme juridique, et il appartient aux tribunaux, et à aucun Etat, et à aucun député, de décider s'il s'applique ou non aux crime d'Ukraine. Il est même franchement incongru que des Etats, pour des motifs politiques, décident de cela.

Maintenant il y a un usage commun plus large de ce mot de génocide ; celui-là pourra s'appliquer effectivement, pour l'Ukraine, pour la guerre d'Algérie ou pour d'autres méfaits.

Plus d'infos ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9nocide

Fort heureusement, le lexique est riche et polysémique, d'où le fait que l'on puisse parler de notions abstraites. Tiens, par exemple : dénigrement, diffamation... Tout en nuances 🤪😏.

Michel
MI Migrador Veteran ·
Mouais...bonsoir. tatra tatra...

Que ça te plaise ou non, se sont les députés (entre autres), donc les états, qui édictent les lois qui sont ensuite appliquées par les tribunaux. Donc...

Notre conversation devient vraiment n'importe quoi. Je ne te suis plus sur ce terrain.

Bye
TA Tatra Globetrotter ·
Bonjour,

Notre conversation n'est absolument pas n'importe quoi ; au contraire on en est là où tu sembles manquer de repères précis sur les principes de nos Etats de droit issus de la Révolution des Lumières.

Les députés proposent les lois, et les votent ; ils ne sont pas chargés de rendre des décisions de justice ; ils ne sont pas un tribunal. Un parlement n'est pas habilité à porter un jugement de droit, et n'a aucune légitimité pour dire si un crime est ou non un génocide. Eventuellement, une fois que le crime en question est judiciairement qualifié de génocide, il est compétent pour voter une loi qui prohibe sa négation publique. Aujourd'hui, je ne sache pas que les crimes de Staline en 1932-33 en Ukraine aient été qualifiés de génocide par un tribunal compétent ; ce qui n'ote rien au fait qu'ils soient des crimes.

On peut comprendre que les repères soient brouillés actuellement, quand certains politiciens ambitieux s'ingénient à les rendre flous en mettant les rodomontades au service de leur popularité médiatique ; les trois pouvoirs sont séparés : exécutif, législatif et judiciaire. Un homme politique, ministre, donc de l'exécutif, ne peut pas, ne doit pas, rendre ou requérir ou même souhaiter en tant que ministre une décision de justice.

Michel

Similar discussions

You might also like