L'Europe de l'Est avant 1989
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AR Aristomakos Globetrotter ·
Bonsoir,

Merci beaucoup pour ce témoignage qui m'a fait revivre mon voyage en Roumanie trois ans après le tien. Dans tous les domaines, je confirme tes dires: queue plus rapide réservée aux occidentaux à la frontières, essence payée en dollars, magasins vides, cuisine souvent infâme ; mais des gens accueillants, très curieux de choses simples et terrorisés par la "Securitat"...Pour la Hongrie et la Yougo, j'ai eu la même impression que toi: c'était déjà, d'une certaine manière, l'Occident.

J'avais seulement 10 ans, mais certaines images de ce voyage dans la Roumanie de Ceausescu m'ont marqué. C'était un voyage exotique unique. J'ai seulement 10 photos mais aussi un film super 8 de ce voyage. On avait poursuivi jusqu'en Turquie, en passant par la Bulgarie. Comme pour toi, ce voyage a été déterminant pour moi.

Je suis retourné en Roumanie en 2008. J'ai été déçu : routes pourries (ont-elles été refaites depuis 1986 ?), conduite au volant suicidaire et totalement irrespectueuse (dépassements et stationnement dans des endroits incensés), omniprésence des gros 4x4 noirs et des BMW des nouveaux riches, arnaque au restaurant, absence de signalisation même basique...Je me suis demandé comment la Roumanie pouvait avoir adhéré à l'UE en 2007. Le pays reste toutefois magnifique, couverts de lieux historiques et avec des paysages diversifiés. Je venais de traverser la Tchéquie, la Slovaquie et la Hongrie qui m'ont paru tellement modernes comparé à la Roumanie ! Y es-tu retourné, toi ?
Ben
AT Atila Globetrotter ·


Non, je n'ai pas encore eu l'occasion mais je pense refaire un voyage par là-bas. Par contre, je suis allée en Bulgarie dernièrement et je me suis aussi demanndée comment ce pays a pu devenir membre de l'UE ... Certains villages semblent sortis tout droit du 19 ème siècle....😮
BR Brayou Regular ·
De 1967 à 1989, je suis bien allé une quinzaine de fois en Pologne.

Par l'Allemagne de l'est, par la Tchécoslovaquie.

Oui, c'est vrai, il y avait un contraste phénoménal entre la France de l'époque et ces pays du bloc de l'est. Mais, pour moi, il y avait aussi autre chose. La Pologne est le pays d'origine de mes parents...

Donc, on vivait vraiment en symbiose avec les gens, dans toutes sortes de milieux. Je crois que je n'ai jamais rencontré un seul Polonais convaincu par le régime - qu'on leur avait imposé-, mais je n'ai pas rencontré TOUS les Polonais...

La démotivation, la pénurie, la lassitude, l'ennui, l'alcool, la combine...oui. Et pourtant, je ne suis pas un fan du système capitaliste...

Deux anecdotes.

Le 20 août 1968, je me trouvais dans le sud de la Pologne, non loin de la frontière tchécoslovaque. Cette nuit là, on n'avait pas dormi du tout à cause d'un bruit énorme qu'on n'arrivait pas à identifier. Le lendemain matin, certains Polonais nous ont dit en catimini, que la Pologne avait prêté main forte aux Soviétiques pour envahir la Tchécoslovaquie et mettre fin au printemps de Prague. On a alors compris que le bruit que l'on avait entendu toute la nuit était celui des chars polonais qui se mettaient en route pour Prague... Tels Fabrice à Waterloo, au coeur de l'évènement, on est loin de tout comprendre, surtout sans infos. Le jour même, la police nous donnait 24 heures ( pas une de plus ) pour rejoindre par la route le rideau de fer qui séparait les deux Allemagne et repasser à l'ouest. Toute la nuit, nous avons doublé des colonnes de chars, montés sur camions, qui montaient se positionner sur le rideau de fer, au cas où, les occidentaux auraient eu l'idée de réagir ...militairement. Quelle illusion !!!

En 1995, 6 ans après la chute du mur, j'étais dans une banque dans la ville de Cracovie. Il était 15h55, la banque fermait à 16 heures. Entre un jeune gars - dans les 20/22 ans- qui lance bien fort à la cantonnade : " C'est à quel guichet qu'on peut déposer 20 000 dollars américains ? " Une des employées, écoeurée, lui répond sur le même niveau sonore: " Pour une si petite somme, ce sera ici...! " Ce jour là, j'ai décidé d'arrêter d'aller en Pologne...
AR Aristomakos Globetrotter ·
Merci beaucoup pour ces témoignages très intéressants et même "historiques" !

"Le jour même, la police nous donnait 24 heures ( pas une de plus ) pour rejoindre par la route le rideau de fer qui séparait les deux Allemagne et repasser à l'ouest. Toute la nuit, nous avons doublé des colonnes de chars, montés sur camions, qui montaient se positionner sur le rideau de fer, au cas où, les occidentaux auraient eu l'idée de réagir ...militairement. Quelle illusion !!! "

Je suppose que vous n'avez jamais eu autant de circulation sur les routes polonaises ! Cela doit faire bizarre, après coup, de se rendre compte que l'on a été au coeur d'un événement historique d'importance mondiale. Quant à "l'illusion" d'une intervention occidentale à ce moment, cela me fait penser à l'Irak en 1991 : les Etats-Unis ont incité les Chiites à se révolter contre Saddam Hussein puis les ont abandonné entre ses mains (voir le film Les rois du désert).

"En 1995, 6 ans après la chute du mur, j'étais dans une banque dans la ville de Cracovie. Il était 15h55, la banque fermait à 16 heures. Entre un jeune gars - dans les 20/22 ans- qui lance bien fort à la cantonnade : " C'est à quel guichet qu'on peut déposer 20 000 dollars américains ? " Une des employées, écoeurée, lui répond sur le même niveau sonore: " Pour une si petite somme, ce sera ici...! " Ce jour là, j'ai décidé d'arrêter d'aller en Pologne..."

Je crois que je te comprends. Ces nouveaux riches slaves, flambeurs, ultra "bling-bing", aux goûts kitshissimes, à la fortune sans doute souvent suspecte, c'est ce que j'ai le plus détesté dans les pays de l'Est que j'ai visité récemment. Ils sont à fond dans l'ostentation, le mépris de la masse de leurs compatriotes...Ce sont eux qui font fonctionner l'industrie automobile allemande en Europe...J'en regrette presque l'époque communiste. Et je sais que nombre de personnes agées qui ont connu le communisme dans ces pays le regrettent également. L'essentiel, c'est que des classes moyennes existent et semblent solides. Le salaire moyen tchèque serait de 1100 euros environ.
Ben
BR Brayou Regular ·
Je ne résiste pas au plaisir de vous livrer deux autres anecdotes ( j'en ai des dizaines et des dizaines..)

Mon père, né en 1914, était originaire de ce qui est aujourd'hui, le sud est de la Pologne. A l'âge de 12 ans, il a commencé à travailler - plonger depuis une barque pour aller chercher du sable au fond d'une rivière !-, pour un hobereau local...Le moyen-âge, quoi.

En 1970, j'étais en voyage avec lui dans sa région d'origine. Un jour, il me dit : " Viens, on va rendre une petite visite." Nous voilà partis visiter le chateau de Lancut, transformé en musée. Chateau d'une richesse inouïe, entièrement meublé, propriété d'un noble qui s'était enfui au moment de l'arrivée des Soviétiques ( à la fin de la guerre, au moment de la " libération " de la Pologne du joug allemand). Je voyais mon père avec une mine de plus en plus réjouie et aussi très ému. Je lui demandais alors ce qu'il avait et il me répondit : " Tu vois, quand j'étais petit, je travaillais pour le propriétaire de ce chateau et jamais je n'aurais imaginé qu'un jour, je me promènerai dans ses meubles ...! La vie est tellement bizarre, parfois...".

La même année, quelques jours plus tard, on se promenait à Varsovie, en voiture. C'était le soir et la nuit était déjà tombée. A cette époque, même à Varsovie, très peu de circulation. On décide d'aller voir de plus près la maison de la culture de Varsovie, énorme bâtiment, cadeau des soviétiques aux Polonais et copie conforme de celle de Moscou. On roule très lentement sur l'énorme place qui entoure le bâtiment, en se tordant le cou pour apercevoir le sommet de l'édifice. Tout à coup, la voiture commence à tanguer et à s'incliner très fortement sur LES DEUX ROUES GAUCHES..! On ne comprend rien à ce qui se passe mais on comprend bien que la voiture va se coucher sur le flanc ! Alors, sans trop savoir pourquoi, je donne un grand coup de volant. La voiture fait une embardée et, dans un fracas terrible, elle retombe sur ses quatre roues. On stoppe, on sort et on essaie de comprendre ce qui s'est passé. On comprend alors que tous les alentours du batiment sont constitués de très larges marches ( 5 à 6m ) d'escalier en granit qui ont la particularité, du fait de la légère déclivité de la place de passer de 1cm à 40 cm de hauteur de marche !!!! On comprend aussi que l'énorme bruit vient du fait que le plancher de la voiture a arraché des morceaux de granit, sur l'arête de la marche. Depuis ce jour, j'ai, sur ma cheminée, un " morceau" de la maison de la culture de Varsovie...
AR Aristomakos Globetrotter ·
De très jolies anecdotes de nouveau. Si tu en as d'autres, n'hésite pas ! 🙂

"Depuis ce jour, j'ai, sur ma cheminée, un " morceau" de la maison de la culture de Varsovie...

Cette pièce de collection, tu as fait comment pour la passer à la frontière ? 😉
Ben
PL Plascassier Veteran ·
J'aime aussi vous lire, c'est vraiment très intéressant ces souvenirs ! Je n'ai connu que la Roumanie et l'ex URSS mais j'en garde aussi des souvenirs assez percutants !

Merci à vous pour vos témoignages
un grand voyage commence toujours par un petit pas. ..............
AR Aristomakos Globetrotter ·
Voyager dans les pays de l'Est communistes était tellement dépaysant ! C'était plus exotique que de voyager dan nombre de régions "mondialisées" aujourd'hui même en Amérique du Sud, en Afrique ou en Asie. C'était un voyage dans le temps, dans un autre système de société et de pensée.
Ben
BR Brayou Regular ·
Le " morceau " de la maison de la culture ? Je l'avais simplement laissé trainer dans le fond du coffre de la voiture. Si on m'avait demandé, j'aurais simplement fait l'étonné en leur disant que ça devait être un caillou de la route, mais on ne m'a rien demandé...

Une dernière anecdote pour la route...

Je vais essayer de vous retranscrire ce que pouvait être le passage du rideau de fer, entre les deux Allemagne, en 1967. A Helmstedt Marienborn, exactement. Vous commenciez à ralentir déjà quelques kilomètres avant, au cas où vous auriez eu l'idée de passer en force... Un premier point de contrôle de douaniers/militaires d'Allemagne de l'ouest. On épluche vos passeports, votre visa assez longuement et on vous dit quelques chose en allemand- que je ne comprends pas- qui doit vouloir dire " bonne chance ou bon courage !". Encore quelques centaines de mètres et on arrive dans une zone bizarre qui tient du parking désafecté, où plus rien n'est balisé distinctement. Déjà des miradors avec des soldats armés..." Passeports ! " exigés par des sodats en armes, toujours par deux, l'un couvrant l'autre. Au bout d'un moment, on vous fait signe d'avancer en slalomant entre des pneus vers une espèces de préfabriqué hors d'âge. Vous devez comprendre que vous devez pénétrer, bien que personne ne vous explique rien. A l'intérieur, plusieurs touristes attendent déjà, debouts. Dans le mur, une petite lucarne, à hauteur d'homme, fermée par un rideau verdâtre. A un moment, vous entendez une voix forte qui semble sortir du rideau et qui vous intime quelque chose en allemand - que je ne comprends toujours pas-. Un bras habillé d'une veste militaire sort de dessous le rideau et la main ouverte semble attendre quelque chose.Sans trop savoir, on donne nos passeports et on attend...Comme les autres. Personne ne parle...déjà la parano ? Au bout d'une heure environ, vous entendez vaguement votre nom, la main repasse et vous rend vos passeports tamponnés. Vous pensez être quittes... Ca ne fait que commencer ! Plus loin, autre point de contrôle, on vous redemande votre passeport ! Cette fois, c'est pour la déclaration de devises : combien vous avez, en quelles monnaies, etc... Encore quelques centaines de mètres et autre point de contrôle. Jamais de ligne droite entre les points de contrôle, toujours des slaloms, j'aperçois dans l'axe, une mitrailleuse en batterie ...! STOP ! Contrôle du véhicule : le coffre bien sûr, les bagages - un peu-. " Ouvrez à l'avant ! " " - C'est le moteur ! " " - OUVREZ ! " Un vopo regarde si personne ne s'est caché à l'intérieur du moteur !!! Puis, un autre passe sous la voiture une espèce de chariot bas, muni d'une glace. Toujours pour les mêmes raisons : et si quelqu'un ... ( ce sera pire au retour...). A chaque point de contrôle, il faut prendre son mal en patience et attendre son tour longuement. Les barbelés, les chevaux de frise, je ne vous en parle même pas...

En tout, il fallait compter ( si on était en règle!!!) entre 4 heures et 4heures 30 pour passer les 12 points de contrôle étalés sur environ 2,5 kilomètres! Au fil des ans, la durée de passage, le nombre de points de contrôle, tout cela s'est assez amélioré. C'était devenu un bon indicateur de la volonté ( ou de la nécessité ?) des autorités de l'est, de recevoir ou non les touristes occidentaux.

Mais, nulle part au monde, la liberté ne se met en cage. Si un jour vous allez à Berlin visiter le musée du mur à checkpoint Charlie, sur la Friedrichstrasse, à l'endroit même où passait le mur, plusieurs salles sont consacrées à tous les moyens que les Berlinois de l'est avaient imaginé pour s'échapper à l'ouest. Certains ont réussi, beaucoup d'autres y ont perdu la vie...
HE Herikles Globetrotter ·
Bonsoir,

J'y suis allé en octobre 1978. J'avais 20 ans... et ma 1re voiture. C'était moins compliqué qu'en 1966, mais il fallait tout de même avoir envie de traverser la frontière. Rapide contrôle allemand au poste de Pomesi-Cheb, puis traversée du "no man's land", tel que nous l'avions imaginé. Un léger vallon d'environ 300 m, encombré de barrières et de barbelés, et un rail de chemin de fer motorisé en travers de la route pour freiner les plus rapides 🏴‍☠️. La ligne tchèque était parsemée de miradors. On nous observait aux jumelles depuis le poste tchèque en face. Fouille du véhicule, ils vérifiaient s'il n'y avait pas de double cloison entre le moteur et l'habitacle. Puis paperasse et change obligatoire. Nous avons pris un jeune auto-stoppeur qui nous a invité 4 Jours chez lui à Prague: on ne laisse pas filer comme ça des touristes français 😇. Il parlait allemand 🙂. Ce qui me restait du lycée suffirait. Son discours était sans surprise pour nous: il faut travailler, se taire, rester dans le rang. Prague était assez sale, mais on devinait une très belle ville derrière sa crasse. Il y avait une odeur de fumée, de brûlé, d'échappement. Le pays était plutôt triste dans l'ensemble. A part le grand magasin du centre ville (dont j'ai oublié le nom), les autres n'offraient pas un choix extraordinaire. Les vitrines étaient vides. Quant aux stations services, nous préférions attendre les heures "creuses" pour éviter de passer devant tout le monde.

Puis nous avons continué vers la Pologne. La frontière impressionnait déjà moins. Nous arrivons le jour de la Toussaint. Les routes sont encombrées d'une foule de piétons se rendant dans les cimetières. Beaucoup de charrettes tirées par des chevaux. Avec nos chaussures de tennis blanches, nous sommes repérés à 3 lieues à la ronde🏴‍☠️. A Lodz, une fine équipe nous aborde et nous propose une bonne poignée de zlotys contre quelques dollars pour 4 fois le change officiel. Mais au premier hôtel (et le seul du voyage), le prix de la nuit étant indiqué sur la feuille de change, nous avons compris qu'on ne pourrait pas dépenser nos zlotys n'importe où. Nous avons donc fait plusieurs restos d'assez bon niveau pour épurer notre "fortune" 😎. Notre 1er soir polonais, dans un restaurant de Lodz, bon nombre de clients étaient policiers ou militaires, mais tous avaient largement abusé de la vodka. Les serveuses n'étaient pas farouches, et les mains de certains clients les faisaient plutôt rire😊. Arrivés à Varsovie, nous rencontrons un étudiant équatorien. Il habite à deux pas de la vieille ville dans un immeuble n'abritant que des étudiants. Ce sont les vacances, la chambre d'un copain est libre. Visite de la ville dans tous les sens, parfois avec notre nouveau guide. Ici, nous parlons donc espagnol 🙂. Grandes avenues, Palais de la Culture impressionnant (comme en rêveraient certains pays😛). Etant lui-même en congés, il nous propose de nous accompagner jusqu'à Krakovie où il a une amie. Direction Krakovie. Son amie parle allemand, mais sa haine des Prussiens lui interdit d'en prononcer le moindre mot ! Elle a 20 ans... et la rancune tenace !😠 Notre compère sud-américain nous emmènera en visite à Auschwitz. Puis le voyage se poursuit jusqu'à Budapest. 2 frontières à passer pour traverser la Tchécoslovaquie orientale. Slovaquie: Banska Bystrica, morne plaine !

Budapest. Nous avons l'adresse d'un étudiant... qui nous loge dans un grand appartement style parisien tout proche du Parlement😎. Tous les étudiants parlent anglais: soit, pas de problème🙂. La Hongrie dénote dans ce trio socialiste. Budapest respire presque la bourgeoisie. Les mémères en fourrure traînent les salons de thé du centre ville. La veille de notre départ, panne de voiture: l'embrayage rend l'âme. Plus de sous, et le visa ne nous autorise plus qu'une journée de séjour.🤪 Après avoir emmené la voiture au garage qui nous promet la réparation pour le lendemain, nous prenons d'assaut l'ambassade de France pour implorer leur aide. Après quelques palabres, l'ambassadeur nous cède la somme nécessaire en liquide contre un chèque.🙂 Nous reprenons la route le lendemain matin, sans même s'arrêter en Autriche ou en Allemagne, le portefeuille à sec🤪, mais heureux d'avoir fait un voyage peu ordinaire.

Je suis retourné en Tchécoslovaquie en 1984 et y ai revu mon auto stoppeur. L'atmosphère était sensiblement différente, et peut-être pouvait-on déjà pressentir des changements.
Les concours photos VF
AR Aristomakos Globetrotter ·
Encore merci pour ce témoignage, merci à toi et à tous les autres qui ont voulu nous confier ces souvenirs de voyages dans un passé et dans un monde finalement si surprenant et si différent des nôtres.

La richesse de vos anecdotes m'a fait penser à une chose : pourquoi ne pas éditer un corpus de témoignages de voyages dans les pays de l'Est ? 😉 Est-ce encore trop tôt ?

On pourrait l'intituler :

vol.1 : Anthologie des récits de voyageurs dans les Pays de l'Est à l'époque communiste.

Ce livre sera sans doute édité par François et VF dans 10 ans environ, avec votre accord pour la publication de vos récits, mais ça François ne le sait pas encore 😄, puisque il n'a pas encore commencé a conceptualisation de sa collection de guides touristiques rédigés par les voyageurs eux-mêmes ! A partir de leurs témoignages tout au moins. Quel créneau, personne ne l'a encore fait ! "VF éditions" va innover ! 😎

Pour le volume 2, ça sera "Anthologie des récits de voyages des baba cools dans les années 1970 jusqu'à Dehli et Katmandu. Il fera 45000 ventes ! Pas mal quand même, non ? 😇

Moi, je l'acheterais, et vous ?
Ben
JC Jcender Veteran ·
Très jolis récits, je n'aurais jamais connu avant le mur, mais l'europe de l'est reste de nos jours encore intemporelle sur certains points, je suis en roumanie actuellement, dans la région Moldave, il me semble que c'est la région la plus pauvre de l'union européenne. On s'en rend vraiment compte dès que l'on sort de l'aglomération, il y'a des villages qui semblent remonter au XVII em siècle, eau au puit, rues de terre battue, maison en bois, charrettes tirées par des chevaux, 2 misérables lampadaires pour tout le village, tu te demandes si tu vas pas croiser un loup au détour d'une ruelle. En Janvier quand il fait -20°C ça doit pas être facile. Dans le centre de Iasi c'est mieux, une alternance entre les maisons traditionelles et les larges avenues longées de rangées d'immeubles interminables aux façades fatiguées, type bunker à 15 étages, et les églises en rénovations aussi, je suis venu la première fois il y' a 20 mois ici, il y'a des monuments en rénovation depuis tout ce temps, toutes les églises très anciennes déja (une bonne dizaine), des échaffaudages de partout mais personne qui travail dessus, peut être que si je reviens dans 4 ans j'aurais la possibilité de prendre une photo des monuments avec le drapeau européen dessus. La ville semble avoir végétée pendant des années à la sortie du communisme, les industries on été démantelées à cause des nombreuses magouilles lors du passage dans le privé, et l'héritage est pas glorieux, infrastructures obsolètes, taux de chomage énorme, salaires très bas et disproportionnés par rapport au cout de la vie. Malgré cela il y'a plein de types qui se payent d'énormes voitures de luxe.

Pour le passage dans le bloc de l'est j'ai eu cette impression l'année dernière en passant la frontière entre la Roumanie et La Moldavie, du moins en essayant de passer. Après le poste frontière Roumain, tu passes un pont avec une guerite et un garde de chaque côté avec encore l'uniforme kaki et l'énorme chapeau rouge sur la tête, une rivière avec un bateau qui doit dater de l'URSS, et après le pont tu arrives au point de controle, je suis sur que 50 ans en arrière les uniformes et le décor était le même. Bon par contre pas moyen de rentrer en Moldavie, il m'a gonflé avec les papiers de la voiture, du moins pour ce que je compend en Roumain, je pense que le garde attendait quelque chose, car son comportement était bizarre. Toujours est il après 1 heure à attendre retour en Roumanie.
Le plus grand voyageur est celui qui a su faire une fois le tour de lui-même
SH Shadowtina Regular ·
Bonjour,

j'allais en Pologne, Allemagne et Tchecoslovaquie a l'époque avec mes parents, on traversait les frontieres, j'était enfant et je voyait l'armé Allemande avec de "vrai" fusil nous regarder avec un regard vide, je passai des fois 8h ou 12h00 pour passer la frontiere avec la Pologne ma premier fois j'avait 2 ans , ma mére a du attendre 3 ans pour revenir dans son pays communiste, elle etait considéré comme reniant sa patrie
Sur les chemins de la bohême, j ai croisé le bout du monde, les ptits matin au café créme, ou je taxai ma 1er blonde. avant de partir le pouce en l'air a l autre bout du bout du monde.... La rue ketanou ;)

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