Pourquoi nous devrions tous parler anglais
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PA Pampita Veteran ·
Dans ce que j'ai tenté de dire ici je donne la parole (ou plutôt l'écriture) à plus compétent que moi http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2013/05/lenseignement-en-anglais-en-france-une-erreur-historique.html

Texte remarquable écrit par des connaisseurs autrement plus intelligents que les vendus à l'empire en déclin (politiciens ou autres). J'aimerais souligner quelques vérités très simples, peut-être trop simples pour les imbéciles passéistes qui nous dirigent:

«Le Parlement français (se prépare à adopter) un projet de loi qui risque de contribuer à l’expansion rapide de l’anglais comme vecteur principal d’enseignement dans le système universitaire français. Nous, qui décidons depuis la Chine, le Brésil, les Etats-Unis, l’Europe centrale, de l’envoi de nos étudiants en France, nous nous permettons de vous mettre en garde contre la disposition législative envisagée, présentée comme un remède miracle pour favoriser «l’attractivité» de vos universités auprès de nos étudiants.

Elle repose en fait sur une double erreur d’appréciation. La première porte sur les raisons qui conduisent des étudiants étrangers à faire le choix de la France. Pas plus que les touristes ne viennent chercher dans votre pays des Starbucks ou des McDonald’s, nos étudiants n’aspirent à recevoir en anglais, dans vos universités ou grandes écoles, une formation que, sans vouloir vous désobliger, vos partenaires anglophones sont mieux armés que vous pour dispenser. La mondialisation, qui provoque des phénomènes d’uniformisation, a cet effet paradoxal de faire de la diversité une valeur : ce que les meilleurs d’entre eux viennent chercher en France, la raison pour laquelle nous les y envoyons, c’est justement une autre façon de penser, une autre façon de voir le monde, un modèle culturel alternatif aux modèles anglo-saxons dominants. Nous avons impérativement besoin de cette autre voie. Or, cette différence est liée à la langue que vous parlez.

Si le savoir est universel, la langue qui permet d’y accéder, elle, ne l’est jamais. Les langues ne sont pas interchangeables, on ne dit pas la même chose dans une langue et dans une autre. Vous avez la chance de disposer en français d’un formidable capital d’intelligence lié à une tradition plusieurs fois séculaire : ne le dilapidez pas en renonçant à la langue qui le constitue. Il est absurde de considérer le français comme un obstacle à l’attractivité de votre pays : dans la concurrence mondiale, il représente votre avantage comparatif, votre valeur différentielle.

Enfin, en venant en France, et parce que votre pays est une porte d’entrée vers le Maghreb et l’Afrique, nos étudiants cherchent aussi à bénéficier d’un tremplin, en accédant par votre intermédiaire à ce vaste espace francophone, à ses richesses, à ses perspectives de développement. Prenez garde à ne pas décourager les pays qui en font partie, car comment voulez-vous qu’ils conservent l’usage du français dans leurs systèmes éducatifs si vous-même y renoncez ? Il est douteux que votre intérêt soit de brader les avantages économiques que vous pouvez tirer de solidarités linguistiques forgées par l’histoire.

Améliorez vos infrastructures universitaires, facilitez l’obtention des visas, simplifiez les formalités administratives, offrez des perspectives de carrière aux étudiants étrangers que vous accueillez, renforcez chez eux, mais aussi chez les Français eux-mêmes, la maîtrise des langues : tels sont en France, comme partout ailleurs, les objectifs à poursuivre pour améliorer l’attractivité d’un système d’enseignement. Mais ne renoncez pas à l’usage de votre langue dans la transmission des savoirs, car en vous appauvrissant vous-même, vous appauvrirez aussi le monde entier.»

On est effectivement témoin de ce paradoxe assez incroyable : partout dans le monde, l'enseignement du français progresse, notamment du fait des nombreux étudiants étrangers qui veulent étudier en France. Mais les handicapés mentaux qui nous dirigent, complètement déconnectés des réalités mondiales, vont à contre-courant et prennent des mesures passéistes. Quel pays, putain... 🤪
GO Gontran789 Regular ·
Suis-je ringard? Quand je vais en République Tchèque (trois les deux ou trois ans pendant quelques semaines), je ne parle qu'allemand - sauf quelques mots de tchèque - car cela me semble a beaucoup plus de sens, vu l'histoire du pays. Votre message m'étonne donc. Pourquoi diantre les universités ne se sont-elles pas germanisées? Je crains le jour où partout où nous voyagerons, nous devrons parler anglais. Je le réserve pour ma part aux pays anglo-saxons et du Commonwealth. Mais parler anglais en Argentine, au Maroc, en Hongrie ou en Italie??? Décidément: voyageons maintenant, avant qu'il soit trop tard. Non par goût réactionnaire du traditionalisme; mais par goût du plurilinguisme, de la diversité, plus nécessaire au monde que l'intégration économique.
KE Kedor Globetrotter ·
cela me semble a beaucoup plus de sens, vu l'histoire du pays. Votre message m'étonne donc. Pourquoi diantre les universités ne se sont-elles pas germanisées?

Très précisément pour des raisons historiques. L'histoire des tchèques avec les allemands n'est pas l'histoire des tchèques avec la langue allemande; la suppression de l'enseignement en langue allemande au sein des universités a été un geste politique et reste aujourd'hui l'un des sacro-saints auxquels il ne faut pas toucher (avec les décrets Benes et quelques autres sujets, chacun sa m....). L'anglais étant aujourd'hui LA langue économique et scientifique, un enseignement à l'université en langue allemande n'aurait que peu de sens, bien que l'allemand soit la seconde langue étrangère la plus connue et enseignée, loin devant le peloton de queue formé par le russe, le français et l'espagnol + autres en quantités négligeables.

Je crains le jour où partout où nous voyagerons, nous devrons parler anglais.

C'est déjà le cas. L'anglais est et sera la langue mondiale, il faut s'y faire. Peut-être qu'un de ces jours, le chinois ou encore l'espagnol prendront la relève mais ce n'est pas demain la veille. Qu'une langue soit celle grâce à laquelle tous peuvent communiquer ne veut pas encore dire que toutes les autres sont vouées à disparaître. L'idée qu'il faille imposer aux gens, par une loi, la langue qu'ils parlent, les éléments culturels qu'ils adoptent, les comportements qu'ils reproduisent, est une erreur. En revanche, la loi est redoutablement efficace dès qu'il s'agit d'empêcher les gens de faire quelque chose : interdire l'enseignement des "langes régionales" en France par exemple.

Contrairement à une idée répandue, des langues, des monnaies etc communes ont toujours existé. Tout faire pour empêcher d'autres langues de se propager ne conserve en aucun cas la langue nationale. La preuve en France avec le niveau catastrophique de français de pas mal de monde, journalistes et jeunes générations en première ligne.
Qui veut chasser une migraine n'a qu'à boire toujours du bon
PA Pampita Veteran ·
Suis-je ringard? Quand je vais en République Tchèque (trois les deux ou trois ans pendant quelques semaines), je ne parle qu'allemand - sauf quelques mots de tchèque - car cela me semble a beaucoup plus de sens, vu l'histoire du pays. Votre message m'étonne donc. Pourquoi diantre les universités ne se sont-elles pas germanisées? Je crains le jour où partout où nous voyagerons, nous devrons parler anglais. Je le réserve pour ma part aux pays anglo-saxons et du Commonwealth. Mais parler anglais en Argentine, au Maroc, en Hongrie ou en Italie??? Décidément: voyageons maintenant, avant qu'il soit trop tard. Non par goût réactionnaire du traditionalisme; mais par goût du plurilinguisme, de la diversité, plus nécessaire au monde que l'intégration économique.

+1 Mais n'ayez pas peur, les langues sont solidement implantées et resteront pour toujours, malgré les efforts désespérés de certains vendus, surtout en France d'ailleurs (ceux qui prônent actuellement l'anglicisation ne réussiront pas plus que ceux qui prônaient la germanisation en 1940...) Dans le monde, le plurilinguisme est déjà en marche depuis un bout de temps - mais à des rythmes certes différents - et c'est un mouvement durable qui ne fera que s'amplifier. Nous ne serons jamais obligés de parler anglais en voyageant, ni quelque autre langue que ce soit d'ailleurs, mise à part la langue locale.
PA Pampita Veteran ·
C'est déjà le cas. L'anglais est et sera la langue mondiale, il faut s'y faire.

Ha ha ha, dans tes rêves mon bon Kedor... Tu devrais voyager un peu dans le monde au lieu de rester dans ta bulle, tu verrais que les faits contredisent complètement ce dont tu rêves...

Mais au fait, je vois que tu t'appelles Ian. Ne serait-ce pas que notre anglo-saxon prend ses rêves pour des réalités?
KE Kedor Globetrotter ·
S'il vous plaît de le penser....

Vous n'avez d'argument que celui d'autorité; gardez la donc !
Qui veut chasser une migraine n'a qu'à boire toujours du bon
PA Pampita Veteran ·
S'il vous plaît de le penser.... Vous n'avez d'argument que celui d'autorité; gardez la donc !

Je les attends toujours tes arguments sur la page précédente ainsi que sur les inepties que tu as sorties à propos du lexique comparé de l'anglais et du français et où tu t'es fait rabrouer par plusieurs connaisseurs de la chose... Ne joue pas la vierge effarouchée et sors un peu de ta bulle, tu verras, ça te fera beaucoup de bien ! 😉
GO Gontran789 Regular ·
Je suis globalement d'accord avec vous. Mais j'aimerais bien que vous ayez raison, quand vous écrivez que le plurilinguisme se développe. Cependant, ce n'est pas toujours vrai, au moins dans certaines zones précises du monde. En Asie du sud-est, au Vietnam en particulier, l'enseignement et la pratique des langues autres que l'anglais diminuent fortement. De plus, l'apprentissage du français (ou de l'espagnol) ne se traduit pas toujours par une pratique visible (enseignes de magasins, langage employé avec les étrangers, lecture de littérature, émissions de télévision...) J'aimerais donc bien que vous parliez de votre expérience, de vos observations, par exemple en Thaïlande.
PA Pampita Veteran ·
Je suis globalement d'accord avec vous. Mais j'aimerais bien que vous ayez raison, quand vous écrivez que le plurilinguisme se développe. Cependant, ce n'est pas toujours vrai, au moins dans certaines zones précises du monde. En Asie du sud-est, au Vietnam en particulier, l'enseignement et la pratique des langues autres que l'anglais diminuent fortement. De plus, l'apprentissage du français (ou de l'espagnol) ne se traduit pas toujours par une pratique visible (enseignes de magasins, langage employé avec les étrangers, lecture de littérature, émissions de télévision...) J'aimerais donc bien que vous parliez de votre expérience, de vos observations, par exemple en Thaïlande.

Gontran, tu (on peut se tutoyer?) as tout à fait raison de dire que ça dépend des parties du monde. On en parle d'ailleurs beaucoup sur d'autres pages de ce long fil. Globalement, le plurilinguisme avance partout dans le monde et c'est un phénomène irrémédiable (phénomène qui bénéficie donc mécaniquement à l'enseignement du français qui, contrairement à ce que pensent les esprits chagrins ou les "prostitués linguistiques" de France, est en plein boom dans le monde). J'en parle longuement plus haut dans ce fil... Ceci dit, bien sûr, le rythme de cette évolution est très différent selon les régions du monde. Tu cites l'Asie du Sud-est et c'est justement l'une des régions les plus attardées sur ce plan, l'une des dernières régions du monde où règne le quasi-tout anglais... Thaïlande est le pire de tous : certains croient même que l'Occident = l'Angleterre et s'imaginent que tous les Blancs sont anglais (pas américains d'ailleurs, non, anglais 🤪). Où l'on voit la lobomisation du cerveau... Mais l'Asie du Sud-est est une exception. Partout ailleurs - là où "ça compte" serais-je tenté de dire (Chine, Inde, Brésil, Mexique et Amérique latine dans son ensemble, Moyen-Orient mais à des rythmes différents, Europe...), le mouvement général est vers l'apprentissage de plusieurs langues étrangères.
GO Gontran789 Regular ·
Je vous remercie pour vos précisions sur la République Tchèque. J'ignorais que l'enseignement en allemand avait été abandonné à l'université. Mais il est clair que s'il s'agit de passer à un enseignement en anglais, il s'agit simplement d'un changement de maître, qui ne fait pas honneur aux Tchèques. Vous avez malheureusement cette croyance que "L'anglais est et sera la langue mondiale" - cette croyance qu'il existe une langue mondiale. Que l'anglais domine, c'est un fait. Que sa domination augmente, c'est déjà douteux. Que ce soit "la" langue mondiale n'est qu'une illusion, propre aux gens qui connaissent mal la réalité du monde, notamment sur le plan linguistique mais aussi, c'est indissociable, dans les domaines économiques et politiques. Les hommes réalistes savent qu'il n'y a pas de langue mondiale. Tout cela est d'ailleurs suffisamment prouvé, avec souvent des arguments fins, par plusieurs personnes déjà intervenues dans cette discussion.
KE Kedor Globetrotter ·
Mais il est clair que s'il s'agit de passer à un enseignement en anglais, il s'agit simplement d'un changement de maître, qui ne fait pas honneur aux Tchèques.

Vraiment, ceux qui s'opposent à l'enseignement en d'autres langues ont un problème à comprendre un point pourtant extrêmement simple : il ne s'agit pas de remplacer l'enseignement dans ladite langue nationale, mais de proposer, aux étrangers comme aux nationaux, un enseignement alternatif ou complémentaire dans une autre langue. Cette notion de "maîtres" m'est parfaitement étrangère et j'irai jusqu'à dire complètement déplacée, surtout suite aux dernières décennies pendant lesquelles le plurilinguisme a été le fer de lance de la construction européenne. L'illusion qu'une langue étrangère envahit et remplace notre propre langue n'est que ce qu'elle est : une illusion.

"L'anglais est et sera la langue mondiale" - cette croyance qu'il existe une langue mondiale

On a de tout temps cherché à avoir des langues communes, ne serait-ce que pour les érudits d'antan ou les scientifiques d'aujourd'hui. Navré de vous décevoir mais dans le secteur de la recherche universitaire (pour rappel, c'est des universités qu'il était question dans la loi) est centré sur la langue anglaise, que ça vous plaise ou non. Le jour où la communauté scientifique se mettra au tchèque pour lire les publications des chercheurs de l'université Charles de Prague, prévenez moi ! Et même sans exemple extrême, on ne peut s'attendre à ce que tous comprennent le français suffisamment pour pouvoir lire ou rédiger un article scientifique... J'ai aussi suffisamment d'expérience avec la vie en entreprise "globalisée" : un patron sud-africain, des supérieurs hiérarchiques ukrainiens, un helpdesk informatique en Inde, un client français et des collègues tchèques, slovaques et français. Devinez quelle langue nous parlions ? Un jour peut-être, c'en sera une autre (encore que j'en doute, mais ce sont des conjectures). Mais ce ne sera ni demain, ni dans dix ans et, en attendant, ne pas maîtriser cette langue ci est un réel problème.

Les hommes réalistes savent qu'il n'y a pas de langue mondiale

Les hommes réalistes regardent les nombres des locuteurs par langue. Il y a peu ou prou autant de locuteurs d'anglais que de chinois mandarin et, curieusement, ce n'est pas le chinois mandarin que nous pourrons parler en Russie, en Inde, au Soudan ou encore au Brésil. Et, de l'autre côté, est-ce que les pays qui se sont ouverts à des langues étrangères, comme par exemple les pays scandinaves, les Pays-Bas, la République Tchèque plus récemment, ont perdu leur langue ? Est-ce que le nombre de locuteurs de ces langues diminue ? Non.

Chacun ses épouvantails, disais-je. Les tchèques ont peur d'une invasion territoriale des descendants des allemands des Sudètes. Les français ont peur de perdre leur langue, visiblement. Récemment, le problème est ressorti avec le discours du ministre de l'intérieur, Manuel Valls, à propos de "la seule langue de la République" qui "est le français" et non pas les langues régionales qui survivent encore à la volonté acharnée de standardisation centralisée et qui, non, jamais, ne feront l'objet d'un réel enseignement à l'école. C'est en se fermant aux langues qu'on en tue, et pas inversement.
Qui veut chasser une migraine n'a qu'à boire toujours du bon
PA Pampita Veteran ·
Vraiment, ceux qui s'opposent à l'enseignement en d'autres langues ont un problème à comprendre un point pourtant extrêmement simple : il ne s'agit pas de remplacer l'enseignement dans ladite langue nationale, mais de proposer, aux étrangers comme aux nationaux, un enseignement alternatif ou complémentaire dans une autre langue.

Vraiment, ceux qui comparent l'enseignement en langue tchèque et l'enseignement en français ont un problème à comprendre un point pourtant extrêmement simple : malheureusement, personne n'apprend le tchèque dans le monde et une école enseignant le tchèque est très difficile voire impossible à trouver. Donc si une université tchèque veut attirer des étudiants étrangers, elle doit effectivement proposer un enseignement en langue alternative. Ce n'est pas le cas des universités de pays dont la langue est l'une des 10 ou 15 langues principales dans le monde. Une université français, mais aussi espagnole, portugaise, allemande etc. n'a aucun besoin de proposer un enseignement en langue alternative puisque l'apprentissage du français, de l'espagnol, du portugais, de l'allemand etc. peut se faire partout. C'est pourtant simple à comprendre: soit c'est de la pure mauvaise foi de ta part, soit...

Pour prendre un exemple que je connais bien puisque c'est mon métier: il y a des millions d'étudiants en âge de venir étudier en France qui apprennent le français dans le monde. Est-ce qu'on peut m'expliquer l'intérêt de faire une partie de l'enseignement universitaire en une autre langue alors que la France n'a de toute façon même pas la capacité d'accueillir ne serait-ce que tous les étudiants étrangers parlant français et qui veulent venir en France ??? On marche sur la tête, ça n'a strictement aucun sens, c'est complètement stupide... On refuse plein de visas étudiant à des étudiants motivés parlant déjà le français, parce que les capacités d'accueil sont limitées, et tu veux donner ce même visa à des goyos n'ayant aucun effort? Tu marches sur la tête...

Cette notion de "maîtres" m'est parfaitement étrangère et j'irai jusqu'à dire complètement déplacée, surtout suite aux dernières décennies pendant lesquelles le plurilinguisme a été le fer de lance de la construction européenne. L'illusion qu'une langue étrangère envahit et remplace notre propre langue n'est que ce qu'elle est : une illusion.

Sauf quand les élites politiques, médiatiques et économiques, prêtes à vendre leur c.. au plus offrant, se lancent dans l'adoration béate d'une langue étrangère, comme c'est le cas depuis une quinzaine d'années avec les décideurs français et l'anglais. Quand on voit l'attitude des prostitués linguistiques qui dirigent la France, il y a parfois de quoi se poser quelques questions...

Navré de vous décevoir mais dans le secteur de la recherche universitaire (pour rappel, c'est des universités qu'il était question dans la loi) est centré sur la langue anglaise, que ça vous plaise ou non

Tiens, dans un message précédent, tu nous disais que l'anglais était la langue mondiale. Maintenant, c'est seulement dans le secteur de la recherche universitaire. Bientôt, ça sera seulement dans ton université...😉

Les hommes réalistes regardent les nombres des locuteurs par langue. Il y a peu ou prou autant de locuteurs d'anglais que de chinois mandarin et, curieusement, ce n'est pas le chinois mandarin que nous pourrons parler en Russie, en Inde, au Soudan ou encore au Brésil.

En Russie ou au Brésil, peu de personnes parlent anglais. Renseigne-toi... L'anglais est parlé dans les anciennes colonies anglaises (comme l'Inde et le Soudan). Ailleurs, ce n'est pas vraiment le cas. Tu ferais bien de voyager un peu pour t'en rendre compte, tu aurais des surprises...

Chacun ses épouvantails, disais-je. Les tchèques ont peur d'une invasion territoriale des descendants des allemands des Sudètes. Les français ont peur de perdre leur langue, visiblement.

... et les Etats-Unis ont peur de perdre l'anglais et font des lois Toubon bis dans plusieurs Etats de l'ouest américain pour sauver l'anglais. Si l'espagnol remplace l'anglais aux Etats-Unis dans quelques années ou quelques dizaines d'années, et c'est bien parti pour, les imbéciles qui auront vendu la France à l'anglais auront l'air fin... Nul doute qu'ils viendront la bouche en coeur essayer de nous convaincre de proposer une partie de l'enseignement supérieur en espagnol ! Clownesque...
AN Antlia Veteran ·
Et oui, pourquoi ne pas prendre l'espagnol comme langue latine un peu (beaucoup) universelle ? Elle est parlée dans beaucoup de pays, elle est précise, elle n'a pas une orthographe (inutilement) compliquée comme le français. Je connais une dame franco-espagnole qui va régulièrement et sans soucis en Californie et qui ne parle pas un mot d'anglais. Le problème de l'anglais est qu'il est issu d'un dialecte, passé langue, et qu'on doit se taper un tas d'expressions que la seule traduction des mots les composants ne suffit pas. On imagine la trombine des ricains si des pakistanais forgent leurs propres expressions idiomatiques en anglais. Et je ne parle pas de la prononciation, pas évidente, pour beaucoup de gosiers. Mais le thaï est pire, me direz-vous...

Ceci dit je dis et je répète qu'une langue vivante n'est pas la panacée pour la communication universelle. Par exemple, dans mon patelin, ils appellent "cubierta" ce qui est un "neumático" (un pneu, donc). Ce qui est perturbant pour quelqu'un comme moi qui a appris le "vrai" espagnol. Une langue morte, mais précise, comme le latin ou une langue synthétique serait préférable.
"Si vous pensez que l'aventure est dangereuse, je vous propose d'essayer la routine... elle est mortelle." Paolo Coelho
MO Monbonpote ·
Je pense qu'il faut s'adapter, de toute manière, il est évident que l'anglais est nécessaire pour voyager, travailler à l'étranger, voir même travailler en France avec l'étranger, c'est comme ça !

Ne pas s'adapter et ne pas apprendre l'anglais reviendrai à refuser de s'ouvrir au monde, et si un jour, le chinois est la langue universelle et bien on s'adaptera à nouveau. Je vois pas où est le problème.

Au plaisir,

Jordane
Le mythe et le cliché du français à l’étranger : http://www.monbonpote.com/le-mythe-et-le-cliche-du-francais-a-letranger/
PA Pampita Veteran ·
Je pense qu'il faut s'adapter, de toute manière, il est évident que l'anglais est nécessaire pour voyager, travailler à l'étranger, voir même travailler en France avec l'étranger, c'est comme ça ! Ne pas s'adapter et ne pas apprendre l'anglais reviendrai à refuser de s'ouvrir au monde, et si un jour, le chinois est la langue universelle et bien on s'adaptera à nouveau. Je vois pas où est le problème.

Exactement le genre de généralités qui ne veulent rien dire... S'adapter à quoi? A qui? Comment? Quand? Où? Parce que l'anglais est soit-disant indispensable pour voyager (tu ferais bien de voyager un peu plus, tu serais surpris...) il faut faire des cours en anglais dans l'enseignement supérieur? Ou quoi? Bref, de quoi tu parles?

PS: S'ouvrir au monde actuellement, c'est justement apprendre plusieurs langues et laisser de côté le tout-anglais, qui est mort et enterré. Les gens qui préconisent le tout anglais sont des passéistes rétrogrades qui ont une guerre de retard tout en se présentant comme des gens modernes vivant avec leur temps. C'est toute l'ironie de la chose...
PA Pampita Veteran ·
Salut William !

Et oui, pourquoi ne pas prendre l'espagnol comme langue latine un peu (beaucoup) universelle ?

Non mais le point central de mon message, c'était juste de dire que les prostitués linguistiques sont capables de changer de langue tous les quarts d'heure... En 1940, ils voulaient que la France parle allemand; actuellement ils veulent (avec retard, car l'empire américain est en déclin et le tout-anglais est mort) que la France parle anglais; demain, ils voudront qu'on parle tous espagnol ou chinois. Bref, ils n'ont pas peur du ridicule, donner son cul au tout venant est une vraie profession de foi pour eux.

Elle est parlée dans beaucoup de pays, elle est précise, elle n'a pas une orthographe (inutilement) compliquée comme le français.

Oui, ceci dit, les conjugaisons de l'espagnol... ouf... Deux imparfaits du subjonctif...

Je connais une dame franco-espagnole qui va régulièrement et sans soucis en Californie et qui ne parle pas un mot d'anglais.

Tout à fait, et c'est le plus piquant de l'histoire. Je ne sais pas si tu te rappelles la Loi Toubon... Votée en 1994, elle visait à protéger le français contre l'intrusion des anglicismes. Un certain nombre de gens - dont les prostitués linguistiques anglicisés - en ont fait des gorges profondes... heu pardon... des gorges chaudes (😄). Non, sérieux, tous ces soit-disant modernistes se moquaient de cette loi ("vous comprenez, il faut s'ouvrir" et l'habituel blabla). Ce qu'ils ne savent pas, c'est que les Etats-Unis font exactement la même chose pour protéger l'anglais chez eux !!! Le soit-disant anglais triomphant est en recul dramatique aux Etats-Unis et n'est même pas parlé sur des pans entiers du territoire américain. Tu peux passer dix ans en Californie, au Texas, en Floride, au Nevada etc. sans parler un seul mot d'anglais ! Tous ces Etats ont donc voté des Loi Toubon pour protéger l'anglais... Nos prostitués linguistiques feraient moins les malins s'ils le savaient...

Ceci dit je dis et je répète qu'une langue vivante n'est pas la panacée pour la communication universelle.

Bien sûr. De toute façon, il n'y a pas de communication universelle et il ne peut y avoir de langue universelle sauf si une puissance est assez forte pour l'imposer et les autres assez soumis pour l'accepter. Mais ça donne une relation féodale...
MO Monbonpote ·
Merci ;) j'en suis flatté
Le mythe et le cliché du français à l’étranger : http://www.monbonpote.com/le-mythe-et-le-cliche-du-francais-a-letranger/
MA Mathews Globetrotter ·
C'est déjà le cas. L'anglais est et sera la langue mondiale, il faut s'y faire. Peut-être qu'un de ces jours, le chinois ou encore l'espagnol prendront la relève mais ce n'est pas demain la veille. .

bonjour je pense exactement le contraire.... d'ici quelques années il y aura plus d'hispanophones aux USA que d'anglophones c'est prouvé et archi prouvé. C'est quasiment demain. Tout laisse à penser que l'Espagnol sera la langue la plus parlée aux USA dans pas longtemps...

Ensuite pour ce qui est de l'expansion, de la vie d'une langue elle dépend évidemment du groupe linguistique qui la fait vivre... dans d'autres termes étant donné que les anglo-saxons font peu d'enfants contrairement aux latinos, la domination des hispaniques aux USA semble inévitable.Cf l'expression DINK Double Income No Kids... Pour l'Europe c'est pareil la démographie se contracte dans les pays de l'Est et en Allemagne notamment , la population des allemands tend à diminuer (c'est pire en Russie...) Etant donné que les immigrés turcs, du fait du boom économique en Turquie, ne voudront pas se faire suer en Allemagne beaucoup vont retourner en Turquie. Donc les Allemands risquent de se trouver dans une mauvaise situation.. C'est pareil pour les autres pays du Nord Pour ce qui est de la France, c'est une société en pleine expansion étant donné que c'est le pays qui a la démographie la plus élevée de tous les pays industrialisés (je l'ai entendu encore une fois à la radio ce matin).
GO Gontran789 Regular ·
La complexité du sujet exige au moins de ne pas tout mélanger.

Sur le plan universitaire, il est clair que le tchèque ne peut concerner que les Tchèques, et qu'une ou plusieurs langues d'ouverture sont nécessaires - éventuellement, comme vous le dites, dans le cadre d'enseignements alternatifs. Que l'anglais domine la recherche dans de nombreux domaines n'implique cependant qu'une seule chose: les chercheurs concernés doivent maîtriser l'anglais. Des enseignements dans cette langue avant le doctorat sont en revanche d'une utilité douteuse. De plus, l'anglais ne domine pas l'ensemble des domaines. En médecine comme en architecture, par exemple, des cursus sont proposés en français dans plusieurs pays asiatiques. En sciences humaines, la domination de l'anglais est moins nette qu'en sciences dures. Il s'agit surtout d'être efficace. Un individu développe mieux des compétences lorsqu'elles lui sont enseignées dans la langue qu'il maîtrise le mieux. Or, en France, le niveau de français des étudiants est déjà, souvent, médiocre; on ne peut pas espérer qu'ils soient meilleurs en anglais. La nature d'une pensée est en outre indissociable de la langue dans laquelle elle est exprimée. Les linguistes s'accordent sur cela. Utiliser une seule langue dans les universités serait à terme la cause d'un appauvrissement. Croire, enfin, que le suédois et le néerlandais sont des langues pleinement vivantes est une illusion. Une langue ne vit réellement que si elle est capable de tout dire. C'est encore le cas du mandarin, du japonais et du français (voire de l'espagnol).

Les entreprises ont aussi un souci d'efficacité, que je sache. L'anglais est, certes, indispensable pour certaines relations internationales. Mais le développement de l'anglais dans les entreprises européennes s'effectue d'une manière totalement exagérée et contre-productive. D'abord, cela coûte cher, en termes de formation des salariés. Ensuite, une entreprise commerçant avec un autre pays a intérêt à parler sa langue. Les grandes entreprises finissent parfois par le comprendre. Cette exigence est encore plus forte lorsqu'il s'agit d'implanter à l'étranger un site de production. Il serait bon que les entreprises soient plus raisonnables. En n'exigeant une maîtrise de l'anglais qu'aux fonctions où elle est réellement nécessaire - surtout des fonctions commerciales, parfois des fonctions d'ingénierie et de management. En exigeant de leurs salariés qu'ils maîtrisent tous l'anglais, certaines entreprises se privent de candidats très compétents dont le seul défaut est de ne pas maîtriser cette langue. Tant mieux, cela dit, pour les entreprises moins stupides. A l'échelle mondiale, enfin, la suprématie de l'anglais favorise de fait les entreprises et les investissements des pays anglo-saxons. Les difficultés de la France, de l'Allemagne et d'autres pays s'expliquent en partie par l'importance qu'ils ont donnée, de manière suicidaire, à l'anglais. Alors même que le plurilinguisme, qui ne leur serait pas plus difficile, les désavantagerait moins.

Plus globalement, s'il est certain que l'anglais domine le monde, celui-ci reste plurilingue. Se battre pour le plurilinguisme ne procède donc pas d'une "peur", comme vous dites, mais d'une conscience de la réalité. - Même si ce combat est parfois défensif, dans certains domaines. Je vous rejoins sur un point: le mandarin n'est pas prêt de dominer le monde. Les Chinois ont compris que le monde serait plurilingue. Si d'aventure l'anglais parvenait à être "la" langue internationale qu'il n'est pas actuellement, l'uniformité qui en résultait mériterait évidemment qu'on se révolte contre elle, afin de la détruire. Notamment parce qu'elle s'expliquerait en même temps par la domination excessive d'une certaine élite financière et culturelle. C'est d'ailleurs pourquoi les pays non anglophones ont intérêt à choisir comme langue d'ouverture, dans la mesure du possible, une langue autre que l'anglais. Mieux vaut être lié à une puissance moyenne que risque d'être écrasé, comme le sont actuellement les pays d'Asie du sud-est. Mieux vaut même le plurilinguisme.

Excuse my french.
KE Kedor Globetrotter ·
En sciences humaines, la domination de l'anglais est moins nette qu'en sciences dures.

Heu.... non. Enfin, l'anglais n'est pas exclusif, mais il est indispensable. J'en sais quelque chose : sans maîtrise de l'anglais, j'aurais pu abandonner mon cursus dès après la licence. Ne parlons pas même du doctorat.

Or, en France, le niveau de français des étudiants est déjà, souvent, médiocre; on ne peut pas espérer qu'ils soient meilleurs en anglais.

Surtout si on enseigne mal le premier et pas du tout le second.

Utiliser une seule langue dans les universités serait à terme la cause d'un appauvrissement.

Une fois de plus : citez qui que ce soit (à part les détracteurs) qui aurait évoqué l'idée de remplacer une langue par une autre à l'université. Vous aurez du mal, y'a pas. On est en train de monter cette histoire sur un problème qui n'existe pas.

Croire, enfin, que le suédois et le néerlandais sont des langues pleinement vivantes est une illusion. Une langue ne vit réellement que si elle est capable de tout dire. C'est encore le cas du mandarin, du japonais et du français (voire de l'espagnol)

D'où le nombre considérable d'anglicismes en français "jeune" ? Le néerlandais sera vivant tant qu'il y aura quelqu'un pour le parler. Ce n'est pas une langue menacée, et je serais prêt à parier qu'elle dispose de mots pour lesquels nous devons faire des emprunts. Et inversement.

A l'échelle mondiale, enfin, la suprématie de l'anglais favorise de fait les entreprises et les investissements des pays anglo-saxons

Ce n'est pas faux, mais ce n'est certainement pas en s'opposant frontalement à l'anglais qu'on y remédiera.

Se battre pour le plurilinguisme ne procède donc pas d'une "peur", comme vous dites, mais d'une conscience de la réalité

Mais c'est justement de ça qu'il est question !!! Que les français soient capables de parler autre chose que le français, surtout au niveau académique. Que les tchèques puissent parler autre chose que le tchèque, et les néerlandais autre chose que le néerlandais. La "langue de la république", puisque c'est ainsi qu'on en parle maintenant", est-elle à ce point "menacée" de toutes parts qu'il faille lui donner un cercueil législatif ? Faut-il tout faire pour miner l'apprentissage de l'anglais ? Faut-il persévérer dans l'interdiction pure et simple d'un enseignement digne de ce nom du corse, du breton ou du basque ? Sans parler des patois et autres langues régionales que nous avons déjà réussi à tuer...

Défendre le plurilinguisme en empêchant l'enseignement des langues, voilà qui est une position intéressante !
Qui veut chasser une migraine n'a qu'à boire toujours du bon
PA Pampita Veteran ·
Il est marrant, ce Kédor... Quand il ne sait pas quoi répondre à son interlocuteur, il l'ignore. Ca fait deux pages que j'attends tes réponses, coco... Et ne viens pas te draper dans ta "sainte-nitoucherie" ("oh vilain monsieur, vous me parlez mal alors je réponds pas, na")

Mais c'est justement de ça qu'il est question !!! Que les français soient capables de parler autre chose que le français, surtout au niveau académique. Que les tchèques puissent parler autre chose que le tchèque, et les néerlandais autre chose que le néerlandais

Que les Anglo-saxons parlent autre chose que l'anglais? 😉

Pour ta gouverne, même si ça ne s'entend pas vraiment à l'oral où l'accent français est massacrant, les Français sont plutôt dans la catégorie haute en ce qui concerne l'apprentissage des langues étrangères. On ne peut pas en dire autant de tout le monde... Va plutôt dans ces pays demander un enseignement en langue alternative.
AN Antlia Veteran ·
A l'époque où je cherchais un job en informatique (mais, de toute façon, passé 35-40 ans on est inembauchable en France quelle que soit sa qualification) je scrutais les annonces de l'ANPE en Midi-Pyrénées. Que de fois ai-je lu "anglais courant lu et parlé exigé". Faupadéc ! Outre que tous les système et les logiciels usuels sont traduits et leur notice aussi (à l'exception d'Oracle, impossible de trouver une traduction de tout ce qui concerne Java, mais c'est un gros truc lourdingue et un peu dépassé). Qu'on demande à un informaticien de se débrouiller dans la lecture de textes techniques en anglais, c'est normal, mais que vient faire l'anglais parlé dans cette galère ?

Autre chose : quand j'enseignais la programmation je demandais à mes élèves de prendre l'habitude de faire des commentaires sur leurs fonctions (c'était du C à l'époque), ce qu'elles faisaient, les conditions d'entrée, de sortie et les contrôles. Et j'avais remarqué que ceux qui écrivaient leurs commentaires avec plein de fautes d'orthographe étaient, en même temps, ceux qui avaient écrit des fonctions tordues qui ne fonctionnaient pas. Effectivement ceux qui maitrisent mal leur langue maternelle ne risquent pas d'être bon dans un langage informatique ou dans tout autre langage d'ailleurs, bien plus complexes que ceux de l'informatique.

Donc, AMHA, l'urgence du moment est scolaire : remédier à l'enseignement désastreux du français en France et, ce point établi, l'enseignement d'autres langues se fera plus facilement.
"Si vous pensez que l'aventure est dangereuse, je vous propose d'essayer la routine... elle est mortelle." Paolo Coelho
GO Gontran789 Regular ·
Ou vous ne m'avez pas lu, ou vous le faites exprès.

"Défendre le plurilinguisme en empêchant l'enseignement des langues, voilà qui est une position intéressante !" Je n'ai jamais défendu cette position ridicule. Je défends ceci: qu'on cesse d'assimiler l'apprentissage de l'anglais à une évolution vers le plurilinguisme. C'est une évolution vers l'unilinguisme, dès lors que cette langue est celle de la recherche, de l'économie, des élites. Il s'agirait au contraire d'équilibrer l'apprentissage des langues - notamment, comme Hagège le suggère, en supprimant l'enseignement de l'anglais en tant que première langue (et bien sûr au primaire), et en l'imposant seulement comme deuxième langue.

"citez qui que ce soit (à part les détracteurs) qui aurait évoqué l'idée de remplacer une langue par une autre à l'université" Je vous cite les auteurs de la tribune parue dans Le Monde le 8 mai, où plusieurs individus (dont un prix Nobel, ce qui n'implique pas d'avoir un cerveau en dehors de sa spécialité) défendent l'existence de mastères en anglais. Je vous renvoie aux nombreux présidents d'université qui programment l'anglicisation de certains cursus - ou du moins la souhaitent. Et les 600 cursus qui, en France, sont actuellement entièrement en anglais. Entre autres. Alors bien sûr, il ne s'agirait pas de remplacer partout le français par l'anglais. J'ai donc employé le conditionnel.

"Le néerlandais sera vivant tant qu'il y aura quelqu'un pour le parler." Le néerlandais n'est guère plus qu'une langue de la vie quotidienne. Une langue secondaire, un patois. Cela dit, je suis évidemment partisan des emprunts, et je serais idiot de ne pas reconnaître qu'il y a des spécificités linguistiques. Mais il ne s'agit plus de cela, comprenez-vous? L'anglais est allé trop loin. Si loin que quand l'on voit, par exemple, une boutique se créer en se donnant un nom en anglais, on peut être sûr d'une chose: son patron est un crétin.

Enfin, je n'ai jamais nié que l'anglais soit nécessaire aux chercheurs, même en sciences humaines. J'ai aussi parlé d'autres choses, mais bref. Remarquez que je parle couramment anglais. Quand j'étais doctorant (sans être devenu universitaire), je suis intervenu en anglais à un colloque britannique. Et en italien à Milan, parmi des Italiens dont certains intervenaient en anglais. J'ai commencé par: "je suis en Italie, donc je parlerai en italien". Cela a fait sourire.
GO Gontran789 Regular ·
Est-ce la peine de répondre à Kedor? Je le fais, mais j'en viens à m'interroger... A toi, désolé, je n'ai pas répondu, car je suis d'accord avec ce que tu dis. Mais peut-être serait-il plus utile de discuter ensemble qu'avec des gens de mauvaise foi, ou dont l'argumentaire se résume à "il faut être moderne".
AN Antlia Veteran ·
"Si loin que quand l'on voit, par exemple, une boutique se créer en se donnant un nom en anglais, on peut être sûr d'une chose: son patron est un crétin."

C'est effectivement calamiteux ! Et ils ne sont même pas fichu de se dénommer complètement en anglais (les magasins "Cuir center" et un voilier "Voile design"). On vend des ordis pour des "gamers" ! Pourtant je suis pour l'emprunt à une autre langue s'il n'y a pas d'équivalent français (j'ai toujours trouvé stupide certaines translations fausses comme "mémoire vive" pour RAM, par contre "courriel" pour "e-mail" est une traduction logique).

Ca ne date pas d'hier et Léo Ferré en avait fait une chanson rigolote http://www.youtube.com/watch?v=wL6QP3y_M38
"Si vous pensez que l'aventure est dangereuse, je vous propose d'essayer la routine... elle est mortelle." Paolo Coelho
PA Pampita Veteran ·
C'est un plaisir de vous lire, Antlia et Gontran. Contrairement à certains, vous maîtrisez votre sujet et tout ce que vous dites est très intéressant.

A l'époque où je cherchais un job en informatique (mais, de toute façon, passé 35-40 ans on est inembauchable en France quelle que soit sa qualification) je scrutais les annonces de l'ANPE en Midi-Pyrénées. Que de fois ai-je lu "anglais courant lu et parlé exigé". Faupadéc ! Outre que tous les système et les logiciels usuels sont traduits et leur notice aussi (à l'exception d'Oracle, impossible de trouver une traduction de tout ce qui concerne Java, mais c'est un gros truc lourdingue et un peu dépassé). Qu'on demande à un informaticien de se débrouiller dans la lecture de textes techniques en anglais, c'est normal, mais que vient faire l'anglais parlé dans cette galère ?

Tout à fait. J'en parle d'ailleurs dans des pages précédentes: il y a un snobisme ahurissant - qui n'existe qu'en France je crois - à utiliser l'anglais dans des situations inutiles. En informatique, par exemple... Combien de fois entend-on "j'apprends l'anglais car avec internet..." J'ai envie de baffer les gens qui disent ça, car il y a des limites à l'imbécilité humaine... Internet et les nouvelles technologies ont au contraire démoli le tout-anglais en promouvant le plurilinguisme !

Autre exemple piquant: une réunion entre dirigeants d'entreprise francophones, en Afrique. Quelques Africains, deux-trois Français, tout le monde est francophone... Mondanités, petits mots, le tout en français. Quand commence la réunion de travail, les Français déclarent sans rire: "nous allons faire cette réunion en anglais car l'anglais est la langue du commerce". Consternation... les Africains se demandent si c'est un poisson d'avril, comment est-il possible d'être aussi totalement stupide... Résultat: personne n'a rien compris, les Français sont repartis sans signer de contrat. 0 sur toute la ligne à cause de ce ridicule snobisme intellectuel - ou plutôt pseudo snobisme intellectuel - de certains Français à parler anglais.

Cette imbécilité, cette soumission servile et totalement illogique à l'anglais, je ne l'ai retrouvée qu'en France... On dit souvent que la France est rétive à l'anglais mais c'est totalement faux. Pas un pays n'est plus soumis que la France...
PA Pampita Veteran ·
Est-ce la peine de répondre à Kedor? Je le fais, mais j'en viens à m'interroger... A toi, désolé, je n'ai pas répondu, car je suis d'accord avec ce que tu dis. Mais peut-être serait-il plus utile de discuter ensemble qu'avec des gens de mauvaise foi, ou dont l'argumentaire se résume à "il faut être moderne".

Mon cher Gontran, tu te retrouves exactement devant le même problème que moi. Kedor est un troll, de la catégorie la plus pure. Sous ses airs de ne pas y toucher, c'est un Everest de mauvaise foi. Quand il raconte des bêtises (et ça arrive souvent), il insiste puis, devant des arguments auxquels il ne peut décemment répondre, il ignore ce qui le gêne. Après quelques jours, il revient, comme si de rien n'était, et nous ressort des énormités, toujours l'air de ne pas y toucher... Le Usain Bolt du trollage...😠
GO Gontran789 Regular ·
Ton exemple est en effet piquant. De leur côté, les investisseurs chinois qui viennent en Afrique francophone parlent français... Les tenants du tout-anglais, de "l'anglais langue du commerce" ou "l'anglais langue de la recherche" viennent néanmoins nous parler de pragmatisme, de réalisme.

Cet exemple est aussi un signe qu'il ne faut pas confondre la situation du français avec celle du tchèque, du suédois, ou même de l'allemand. Car ces langues ne sont parlées que dans des zones très réduites. Au contraire, ignorer la place du français dans le monde revient à mépriser ses locuteurs.

Je suis moins d'accord lorsque tu écris: "On dit souvent que la France est rétive à l'anglais mais c'est totalement faux. Pas un pays n'est plus soumis que la France..." J'ai constaté en voyageant que les Français étaient souvent les seuls qui étaient (un peu) rétifs à l'anglais, ne jugeaient pas normal de parler anglais en toute circonstance - ce qui n'est guère la règle, cependant, qu'en Asie du sud-est, ainsi que dans le micro-milieu des auberges de jeunesse. De nombreux parisiens sont aussi rétifs à parler anglais dans leur ville. La France qui est vraiment soumise, c'est surtout celle de ses dirigeants politiques et économiques, et un certain nombre de journalistes et universitaires. Ces "élites" suffisent hélas à ce qu'un pays soit soumis. Ce qui, dans le cas de la France, est plus grave que pour l'Allemagne, la Suède, la République Tchèque, car cela revient à mépriser des quantités de locuteurs, etc.
PA Pampita Veteran ·
Salut Gontran !

Ton exemple est en effet piquant. De leur côté, les investisseurs chinois qui viennent en Afrique francophone parlent français...

Oui je sais, je les formai ^^ On a effectivement un décalage assez étonnant où les Français abandonnent leur langue tandis que les étrangers l'apprennent de plus en plus ! 🤪 C'est marrant de voir que les Français de France sont toujours déconnectés des réalités linguistiques du monde. Ils se mettent au tout-anglais avec 30 ans de retard, alors que le tout-anglais est mort...

Je suis moins d'accord lorsque tu écris: "On dit souvent que la France est rétive à l'anglais mais c'est totalement faux. Pas un pays n'est plus soumis que la France..." J'ai constaté en voyageant que les Français étaient souvent les seuls qui étaient (un peu) rétifs à l'anglais, ne jugeaient pas normal de parler anglais en toute circonstance - ce qui n'est guère la règle, cependant, qu'en Asie du sud-est, ainsi que dans le micro-milieu des auberges de jeunesse. De nombreux parisiens sont aussi rétifs à parler anglais dans leur ville. La France qui est vraiment soumise, c'est surtout celle de ses dirigeants politiques et économiques, et un certain nombre de journalistes et universitaires. Ces "élites" suffisent hélas à ce qu'un pays soit soumis. Ce qui, dans le cas de la France, est plus grave que pour l'Allemagne, la Suède, la République Tchèque, car cela revient à mépriser des quantités de locuteurs, etc.

Oui, c'est vrai qu'on ne peut pas généraliser à tout le monde. En fait, existe par rapport à la langue française la même dichotomie qui existe par rapport à la patrie. Dans n'importe quel pays, les gens aiment naturellement leur patrie, sans excès et sans honte. En France, mon Dieu, impossible... Soit les gens ont honte de leur pays et n'osent même pas parler de patrie (la majorité), soit par réaction une partie devient nationaliste, de manière exacerbée. Bref, on n'a pas de juste milieu, de gens qui aiment simplement et calmement leur patrie, comme la majorité des autres peuples européens... Et on retrouve ça dans l'approche à la langue française. D'un côté, des imbéciles qui se vautrent avec soumission dans le tout-anglais; de l'autre, des têtus obtus qui ne veulent pas parler autre chose que le français ("moi je parle frrrrrrrançais, môssieur").

Mais de plus en plus, on a des gens de la première catégorie. Et pas des élites, des quidams de tous les jours. Les rares fois où je rentre en France, il m'est souvent arrivé la même histoire. Un ami fait une fête par exemple, quelques invités... On me demande ce que je fais dans la vie, je réponds que je suis prof de français à l'étranger. Et là, la phrase qui tue : "à l'étranger ça existe encore le français?" avec le petit sourire ironique de l'imbécile qui croit qu'il sait parce qu'il a entendu quelques anglicismes sur TF1... Putain, j'ai envie de les baffer... Souvent je réponds avec quelque virulence "ce qui m'étonne avec les idiots français, c'est qu'il ne connaissent absolument rien aux réalités linguistiques du monde... Bah oui, ça existe encore le français à l'étranger, c'est même en plein boom !" En général, ce petit moment de tension jette un froid à la soirée. Mais je n'en peux plus de voir tous ces cons qui parlent à tort et à travers, sans rien connaître. C'est le tonneau des Danaïdes... Parfois, je me dis que les Français ne méritent pas l'attirance qu'exerce leur langue dans le monde.
CO Cornelisje ·
Bonjour Stef, Bien d'accord avec toi pour le côté "pratique" de l'anglais mais la diversité est bien plus intéressante, je dirais même : vive la différence ! Il arrive parfois dans la vie que ce n'est pas parce que tu es anglophone que les portes s'ouvrent mais justement parce que tu es francophone. Dans ma province anglophone de l'Ontario (Canada) notre actualité est au contraire la suivante : "comment créer une université francophone ?" http://www.radio-canada.ca/regions/Ontario/2013/02/10/002-forum-etudiants-sudbury.shtml C'est juste un petit exemple que je te donne.

Bonjour Anna,

Comme on voit dans toutes les réponses, il n'y a pas de vérité.Tout dépend de la situation. Je suis tout a fait de ton avis que c'est très important de garder les cultures et les langues. C'est un des principes de base de l'Europe. Mais des fois il faut s'adapter. Je suis néerlandais de naissance mais j'habite depuis plus de 32 ans en France, je me considère donc comme francophone. Ma fille y est née, mais quand nous étions au Québec on s'est mis très vite a parler en anglais car on ne comprenait rien de ce "québecois". J'espère donc que cette université sera en français ! 😉
AN Antlia Veteran ·
Comme on voit dans toutes les réponses, il n'y a pas de vérité.Tout dépend de la situation. Je suis tout a fait de ton avis que c'est très important de garder les cultures et les langues. C'est un des principes de base de l'Europe. Mais des fois il faut s'adapter. Je suis néerlandais de naissance mais j'habite depuis plus de 32 ans en France, je me considère donc comme francophone. Ma fille y est née, mais quand nous étions au Québec on s'est mis très vite a parler en anglais car on ne comprenait rien de ce "québecois". J'espère donc que cette université sera en français ! 😉

Voila un bon exemple qu'une langue vivante ne peut pas être une langue d'échange internationale. Ce que j'avais dit pour l'anglais (où l'américain parlé dans les ghettos noirs est devenu incompréhensible pour les autres américains) l'est tout autant pour le français, comme c'est le cas au Québec. J'imagine même que l'anglais deuxième langue des philippins, puisque pratiquement chaque île a son dialecte, évoluera (si ce n'est déjà fait) et deviendra incompréhensible pour les étatsuniens, britanniques et australiens.
"Si vous pensez que l'aventure est dangereuse, je vous propose d'essayer la routine... elle est mortelle." Paolo Coelho
PE Penetang Regular ·
Bonjour,

Merci pour votre soutien, nous avançons doucement, mais nous faisons tout pour y parvenir, plus nous formerons de jeunes Franco-ontariens, plus le besoin d’universités francophones deviendra incontournable.

Mes parents sont originaires d’Europe centrale, j’ai d’abord appris une langue slave que je parle toujours même à Toronto puisque les communautés sont très vivantes ici, puis à l’école en France j’ai appris le français. Je vis maintenant depuis plus de dix ans en Ontario où je n’ai jamais travaillé en anglais même si les anglophones sont largement majoritaires bien entendu. Le fait de pouvoir me différencier m’a fait redoubler d’efforts pour apporter aux Franco-ontariens un français de qualité, le meilleur possible tout en apprenant leurs expressions régionales, pour avoir un vrai échange, parce que l’essentiel est de préserver leur langue dans cet océan anglophone d’Amérique du nord sans s’éloigner trop de la langue originale qui avec le temps se transforme bien entendu comme le Québécois.

Sans être enseignante je travaille pour le développement des écoles de langue française en Ontario, elles ont un succès assuré, à chaque nouvelle rentrée scolaire nous ouvrons de nouvelles écoles, le territoire est vaste, les besoins sont partout. Nous en avons d’autres encore en construction, niveau élémentaire et secondaire. Mais il nous manque plus d’universités, nos élèves doivent ensuite continuer leurs études en anglais où se déplacer vers le nord de la province.

http://www.aufc.ca/

Les Québécois méritent beaucoup de respect, ce sont les seuls à se battre pour la langue française avec les Africains francophones qui eux aussi font honneur à notre langue. Les Français de France ne se rendent pas compte du combat nécessaire pour préserver la francophonie.

Des propositions faites récemment en France telles qu’offrir des cours universitaires en anglais pour les étudiants étrangers montrent à quel point la France n’a rien compris, est repliée sur elle-même.
Si vous pensez que l'aventure est dangereuse, essayez la routine..., elle est mortelle
PA Pampita Veteran ·
Les Québécois méritent beaucoup de respect, ce sont les seuls à se battre pour la langue française avec les Africains francophones qui eux aussi font honneur à notre langue. Les Français de France ne se rendent pas compte du combat nécessaire pour préserver la francophonie. Des propositions faites récemment en France telles qu’offrir des cours universitaires en anglais pour les étudiants étrangers montrent à quel point la France n’a rien compris, est repliée sur elle-même.

+1000 Les Français se croient les propriétaires de la langue française alors que ce sont eux qui font tout, dirait-on, pour la faire disparaître, contre l'évolution générale du monde et l'amour des autres francophones pour le français...

Je voudrais citer la dédicace d'un livre sur la francophonie que j'ai lu il y a quelques années : Au nom de la francophonie, merci à tous les Africains, Québécois, Maghrébins, Laotiens, Libanais, aux dizaines de millions de personnes qui apprennent le français chaque année et à leurs trop rares amis français. Tout est dit...
ER Erikavélo Veteran ·
un jour nous parlerons tous anglais et le français disparaitra c'est inéluctable

M'étonnerait que le Français disparaisse de si tôt. C'est déjà enterrer un peu vite les quelques 200 millions de francophones et 600 millions de francophiles. Et surtout, oublier que parler Français est un défi pour tout polyglotte qui se respecte ! Bref, autant attendre la disparition du 100m aux jeux olympiques ...

Du reste, j'ai toujours trouvé qu'il y'avait quelque chose d'anormal dans le fait de renier sa langue maternelle. Heureusement que la plupart du temps, il s'agit juste de faire parler de soi :

http://www.youtube.com/watch?v=_N4DMW5NWsE

Au Canada j'avais un collègue roumain il parlait quasiment un français impeccable sans accent par contre en anglais il avait vraiment un mauvais accent

Normal vu que le Roumain est une langue latine.
You own a car, not the road !
AN Antlia Veteran ·
Du reste, j'ai toujours trouvé qu'il y'avait quelque chose d'anormal dans le fait de renier sa langue maternelle. Heureusement que la plupart du temps, il s'agit juste de faire parler de soi :

Anormal au sens psychopathologique, oui. Et à l'exception de quelques doux idéalistes infichus d'observer le réel autour d'eux, il est évident de constater que le processus morbide en France (économique, politique, culturel, éthique) dont la jeunesse en est le plus beau fleuron alors qu'elle devrait se révolter contre cet avenir sans avenir, touche tous les domaines, à commencer par la langue qui est le premier vecteur pour véhiculer des idées. Il y a un effondrement complet de la lecture à laquelle ils n'ont aucun plaisir vu que la manipulation de leur langue maternelle française est des plus rudimentaire et se résume à capter un code univoque parmi la richesse des signifiants. Ce qui explique leur absence d'humour basé sur les jeux de mots. Il reste l'allégeance aux USA via un sabir angloïde qui n'est compréhensible qu'à l'intérieur de leur ghetto sous culturel.

Ces derniers temps je me suis efforcé de faire parler un ado français de 15 ans sur ses problèmes scolaires et familial. Je voulais juste qu'il me les formule, simplement, avec ses mots à lui. Impossible ! Rien ne sortait et au bout de deux phrases hésitantes il concluait toujours par "Laisse tomber !". En des temps plus anciens, mais que j'ai connu, ses semblables, mêmes s'ils étaient infichus d'écrire leurs états d'âme, étaient au moins capables de les formuler oralement. Et même plus que ça. Ils étaient capables d'humour, de dérision, de moquerie et leur parole était vive. Ils utilisaient souvent un argot de quartier mais qui n'avait rien à voir avec ces pauvres emprunts linguistiques anglo-ricains. Et, si on établissait une relation de copinage avec eux, ils étaient réceptifs à une culture qu'ils ne connaissaient pas (je me rappelle le ravissement de l'un d'eux, de 16 ans, découvrant Léo Ferré). Maintenant, même s'ils sont issus d'un milieu bourgeois, il est impossible de les faire sortir de leur ghetto sous-culturel. L'un d'eux résumait d'ailleurs parfaitement sa conception du monde : "les vieux écoutent de la musique de vieux et les jeunes de la musique de jeunes".
"Si vous pensez que l'aventure est dangereuse, je vous propose d'essayer la routine... elle est mortelle." Paolo Coelho
ER Erikavélo Veteran ·
C'est que l'école, n'est peut être pas le meilleur endroit pour apprendre le Français ni aucune autre langue ? Quand je vois par exemple, que l'on continue d'enseigner Racine, Corneille et autre Mollière aux collégiens !? On voudrait les dégouter de la langue française, qu'on s'y prendrais pas mieux, je pense. De même en Anglais, ou l'on donne à étudier de la littérature, à des gamins qui n'ont même pas le niveau pour discuter avec un natif de 4 ou 5 ans. Tous les linguistes sont pourtant formels : de tels exercices sont stériles.

C'est peut être pour ça que les pays qui s'en sortent le mieux en la matière, sont ceux ou parler Anglais présente un intérêt en dehors de l'école. Encore qu'en rép. Tchèque citée en exemple plus haut, j'ai pas trouvé que le niveau soit exceptionnel. Et à condition de pas trop s'éloigner de Prague en plus.
You own a car, not the road !
AN Antlia Veteran ·
Je suis tout à fait d'accord sur le contenu scolaire qui ne s'arrange pas et qui était globalement le même dans ma jeunesse (qu'est-ce que Molière m'a fait ch**r avec son comique qui ne faisait le ravissement que du prof de français). Mais il y avait une vie culturelle et instructive après l'école (et on n'avait pas Internet). Or les d'jeun'z actuels disposent de bien plus de possibilités que nous n'en avions et quel est le résultat ? Encore plus stupidement conditionnés que ceux de ma jeunesse qui n'avaient à lire que "France-Soir" ou le "Parisien libéré" et gober tout ce que montrait l'étrange lucarne de l'ORTF.
"Si vous pensez que l'aventure est dangereuse, je vous propose d'essayer la routine... elle est mortelle." Paolo Coelho
WO Wolflarsen Veteran ·
he oui la médiocratie triomphante. Ca résume bien la question du langage en tant qu'outil. Un ouvrier qui se sert d'une toupie sans avoir correctement appris à s'en servir va juste réussir à se trancher les doigts. Je crois qu'on se prépare à plusieurs générations de manchots de la langue Française.
Il y a trois sortes d’hommes : les vivants, les morts, et ceux qui vont sur la mer. Aristote (parait il)
CY Cyrilleho ·
Je suis d'accord que le maniement du langage est essentiel. A l'âge du langage, les enfants sont capables d'apprendre deux langues puisqu'ils sont en train d'apprendre à parler. C'est ainsi, en les élevant de manière bilingue, qu'on peut sortir du dilemme

"Dois-je maintenir ma langue maternelle (même si elle est minoritaire)" ou "Indispensable de maitriser les langues de grande diffusion, dont l'anglais". La situation est plus subtile que cela car elle dépend des rapports de force entre les groupes linguistiques, la question du bilinguisme français-anglais en France n'est pas la même que celle d'un frison au Pays-bas. Mais il n'en reste pas moins que le bilinguisme précoce est un moyen de préparer l'avenir pour l'apprentissage des langues chez l'enfant. Et si on ajoute une once d'espéranto dans le système, on sort du conflit "Ma langue est plus forte que la tienne". Pour comprendre ces principes à l'aide d'exemple concrets, voir la vidéo http://www.youtube.com/watch?v=QDrlchR8bUo&feature=share&list=UUBmMWdUOXdTAPQ_IYQxNfeg
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MO Monbonpote ·
he oui la médiocratie triomphante. Ca résume bien la question du langage en tant qu'outil. Un ouvrier qui se sert d'une toupie sans avoir correctement appris à s'en servir va juste réussir à se trancher les doigts. Je crois qu'on se prépare à plusieurs générations de manchots de la langue Française.

C'est bien pessimiste, même si je comprends le fond de ta pensée. T'aurais pas vu le film idiocracy par hasard ?
Le mythe et le cliché du français à l’étranger : http://www.monbonpote.com/le-mythe-et-le-cliche-du-francais-a-letranger/
LU Lucq Globetrotter ·
je réponds au topic, mais j avoue que je n ai pas lu toutes les 15 pages...

on parlera tous anglais?????non, a cause du particularisme qui toujours remonte a la surface... je parle seulemnt par experience: Je suis belge, je parle le chinois et l anglais, j ai habité dans de nombreux pays d asie.

je suis d'un pays bilingue (FR NL)un pays unitaire et francophone au XIX et federal et régionaliste depuis 1993 et les questions d identités linguistique sont plus que jamais séparatives et d actualités (hier couronnement du nouveau roi et querelles linguistiques sous-jacantes)

en réalité, une langue est né d une culture bien déterminée , l exemple le plus concret en est la langue chinoise: la pensée chinoise, les mécanismes de la pensée chinoise ont étés façonnés et sont liés a l apprentissage de la langue : la répétition et l apprentissage par cœur de situations convenues. les chinois utilisent les mêmes mécanismes dans l apprentissage de l anglais, ce qui donne le fameux chinglish (souvent tordant) on pourrait en argumenter des heures, mais a mon sens, la mondialisation ne sera pas une mondialisation culturelle: le nombre de pays et de cultures différents qui participent à cette mondialisation économique sont trops nombreux. pour moi, l anglais est amené a se développer encore plus comme "langue internationale", comme langue de communication , mais n est certainement pas appelé à remplacer les autres groupes linguistiques comme "langue usuelle" et j en veux pour preuve le très net recul de la langue anglaise aux états unis même face à l Espagnol, qui est déjà devenu langue officielle dans de nombreux états du nord (en plus des etats du sud ouest)

a mon avis, dans in future pas si lointain mais pas encore tout proche, l usage de l anglais sera le meme que l usage du latin au moyen age: une langue d érudition et de communication.

le chinois est trop compliqué et surtout lié à un mode de pensée trop rigide et particulier , pour devenir langue de communication: il est la langue commune au monde chinois et a lui seul .

oliwen
PA Pampita Veteran ·
Ce que tu dis sur le mandarin est très intéressant, Oliwenn. Si tu as le temps, ça serait sympa que tu développes et que tu postes ton message sur le fil de "La Chine en délire" qui concerne justement ces traits culturels si typiquement chinois : http://voyageforum.com/v.f?post=6049618;

A bientôt
CH Chrispopof Veteran ·
Je reviens sur ton message par rapport au fait que tout le monde peut apprendre... En théorie oui. Je ne suis pas doué en langues et j'ai fait d’énormes progrès en anglais au fil des années et des expériences. Il n'empêche, certains ont des facilités que d'autres n'ont pas. Pour ma femme, par exemple, qui parle couramment cinq langues, ce n'est pas un problème d'en apprendre une sixième, elle aime ça, ça la passionne, et c'est assez "facile" pour elle. Pour moi en revanche c'est beaucoup plus dur. Les langues, ce n'est pas du tout mon truc et je progresse très lentement. Or, j'ai plutôt tendance à travailler sur mes qualités et mes points forts pour évoluer, entreprendre plus de choses, et ça a toujours été payant.
Récits de voyage et conseils pour la préparation d'un tour du monde sur http://tour-monde.fr/
AN Antlia Veteran ·
Je suis pareil : Bien franco-français à ce niveau : pas doué pour les langues. Et j'ai toujours été épaté par les africains naturellement (racialement ?) doués pour l'apprentissage des langues, quelque soit la puissance coloniale qu'ils aient eu. Dans le fin fond du Sénégal oriental où passent presque jamais des touristes j'étais surpris de rencontrer des gamins dans des petits villages qui parlaient très bien français et je me demandais où ils l'avaient appris car, entre eux, ils parlent leur dialecte.
"Si vous pensez que l'aventure est dangereuse, je vous propose d'essayer la routine... elle est mortelle." Paolo Coelho
PR Profone Veteran ·
Bonjour🙂,

Je prends la discussion en route même si je n'ai pas tout lu car les pages sont longues. Bravo pour ton site internet, je le trouve super bien fait et il me donne envie de bouger encore plus !!

J'adore les langues étrangères , je suis bilingue italien . Je parle assez bien anglais . Un peu d'espagnol et de portugais du Brésil.Bref les langues sont une passion pour moi. C'est vrai que l'anglais reste très pratique pour communiquer partout et avec tout le monde . J'ai dans ce contexte- là eu une grande conversation avec un japonais en anglais au fin fond du Brésil et j'ai bien d'autre exemples encore. Comme nous en avons tous.

L'anglais s’avère très pratique et pour l'instant demeure une langue très enseignée dans le monde. Pas besoin de courir la planète pour progresser en anglais , j'ai pris des cours à Toulouse ( !....) dans une école super sympa ( que je peux donner par MP) et j'ai fais d'énormes progrès à ma plus grande surprise!!

Tout ça pour dire que l'apprentissage des langues étrangères peux se faire partout et tout le temps tout au long de notre vie. On peut ainsi écouter la radio , la télé , faire des échanges-café, lire des livres, des revues, apprendre des lexiques, s'enfiler des exercices de grammaire ( !...)😉 sans quitter son pays.

Bien sûr , le séjour dans le pays reste incontournable mais si on ne peut pas, pas de panique il y a des solutions !!

Le moteur essentiel pour progresser en langues reste LA MOTIVATION. Combien ai-je rencontré du Cubains à Cuba qui parlaient un français impeccable et un italien parfait !! Ils n'avaient jamais quitté Cuba . Ils ont bossé comme des fous et avec beaucoup de pratique sont arrivés à un niveau incroyable.

On est pas tous des surdoués des langues mais en s'aidant un peu on peut y arriver ! Une fois l'anglais en poche , vous avez toute votre longue vie pour progresser dans des langues sympa comme l'italien , le brésilien et bien d'autres encore !!

Si vous avez besoins de prendre des cours de langue quelque part en France ou ailleurs et que vous lisez mon post , contactez moi, j'ai plein de tuyaux !!😉

Merci à tous les passionnés de langue d'avoir mis en mot sur ce long post et à toi Stéphane d'avoir commencé cette belle discussion. Quant à moi ce soir je mange dans un resto brésilien avec une amie allemande et un copain australien .Zut on va encore parler anglais !

Longue route à vous tous😎 Profone.
En attendant le bonheur , soyons heureux !
GO Gontran789 Regular ·
Vous avez raison, dans tout ce que vous dites, sauf que vous faites preuve de trop d'idéalisme: dans les faits, de plus en plus, l'anglais domine à un tel point que la majorité des gens (et, dans certains pays, presque tout le monde) se contente de parler anglais et n'apprend plus d'autre langue. Il devient même parfois compliqué de faire comprendre que l'on apprend la langue du pays où on se trouve: j'ai baragouiné l'espagnol à Madrid, on me répondait souvent en anglais; je me suis initié au vietnamien (une heure par jour pendant deux mois), et les Vietnamiens me répondaient tous en anglais; et deux amis anglais se sont plaints à moi qu'à Paris, on leur réponde presque toujours en anglais dès que l'on entend leur accent, alors qu'ils parlent très convenablement. J'estime donc qu'on en vient à une situation où il faut lutter contre cette situation. Ce n'est pas très gentil... mais je n'accepte plus de prononcer un mot en anglais en France, je suis carrément impoli avec ceux qui s'adressent directement à moi en anglais, et je m'en veux seulement de ne pas en faire plus. C'est une guerre quotidienne...
NA Napoletano ·
Pourquoi nous devrions tous être chrétiens ou musulmans ou boudistes ou que sais-je , pourquoi notre ceréale principale doit rester le blé , le riz n'est-il pas plus facile a utiliser ou à transformer? Plus sérieusement pourquoi ? alors que des hommes s'évertuaient a étendre un langage officiel unique autour de la mediterrannée , d'autres hommes lui préféraient le grec comme langue d'usage , mais tout ce joli monde entre eux ne parlaient que leur langues régionales , les Goths les saxon et autres burgonde n'etaient pas tout à fait les barbares que nous immaginons , le latin ils l'utilisaient le grec ils le parlaient , oui mais voila; dans la chaleur de leur foyer dans la tendre intimité de leurs rapport famillier ils préféraient la langue maternelle , celle de leurs ancêtres , ces langues qui allaient donner l'anglais, l'allemand, le neerlandais , les langues nordique , etc .. Une langue ce n'est pas seulement un moyen de communiquer c'est aussi un moyen d'exister , certe l'anglais est pratique quand on voyage pour se faire comprendre , mais gratifier un commerçant de Dubrovnik d'un joyeux dobar dan , remercier un grec par un efkaristo c'est aussi un peu appartenir a une communauté ou du moins montrer qu'on a fait l'effort de s'en rapprocher. La langue d'un pays est porteuse de son histoire , voyager c'est s'ouvrir à cette histoire
mel
LU Lucq Globetrotter ·
oui
CY Cyril06 Veteran ·
Les Québécois méritent beaucoup de respect, ce sont les seuls à se battre pour la langue française avec les Africains francophones qui eux aussi font honneur à notre langue. Les Français de France ne se rendent pas compte du combat nécessaire pour préserver la francophonie.

Qu'est-ce que la francophonie si ce n'est un impérialisme linguistique ? Des milliers de langues sont menacées de disparaître de part le monde, le français n'en fait pas partie. Au nom de la diversité, il serait bien que les Africains parlent en premier leurs langues d'origine et non pas celle de la colonisation.

Quant au Français, ils font suffisamment pour "préserver" la francophonie. En s'acharnant à ostraciser les langues régionales et minorisées pour les faire disparaître.

Des propositions faites récemment en France telles qu’offrir des cours universitaires en anglais pour les étudiants étrangers montrent à quel point la France n’a rien compris, est repliée sur elle-même.

C'est un peu contradictoire ce que vous dites. Comment la France pourrait être "repliée sur elle-même" si ses universités offrent des cours en langue étrangère ?
Un pòble non pòu viure, escurcit encadenat, en lo pantais d'un autre... (Lo Mago d'en Casteu).
CY Cyril06 Veteran ·
je suis d'un pays bilingue (FR NL)un pays unitaire et francophone au XIX et federal et régionaliste depuis 1993 et les questions d identités linguistique sont plus que jamais séparatives et d actualités (hier couronnement du nouveau roi et querelles linguistiques sous-jacantes)

Le séparatisme flamand en Belgique est surtout le résultat de décennies d'oppression linguistique du français sur le flamand et même le wallon (dialecte d'Oil), à l'époque où la Wallonie était riche. Maintenant que la fortune a changé de camp, les Flamands prennent leur revanche. Juste retour des choses.
Un pòble non pòu viure, escurcit encadenat, en lo pantais d'un autre... (Lo Mago d'en Casteu).

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