8 août - On va dans le Var ?
« La nuit est chaude, elle est sauva-age, la nuit est belle, pour ses otages… » Attention, je ne balance pas en introduction de ma journée les paroles issues d’une chanson philosophique pour me la jouer styyyle, prononcé « staïle » pour le style… Non, ce petit clin d’œil me permet d’abord de te faire réviser tes classiques et de te dire ensuite que la nuit fut effectivement très très chaude… Toi, je te vois venir avec tes grosses tongs…, et bien non, rien à voir avec le film porno d’hier soir ! Non, là, je te parle bien de chaleur micro-ondesque… Si j’avais dans ma besace un ventilateur ou une climatisation, j’aurais certainement mieux dormi… Ouais, je sais, tu te dis que si ma tente en avait, on l’appellerait mon hôtel, mais quand même... Maintenant, la tente en question, il faut la démonter, ranger tout notre attirail et tailler la route vers le sud ! Car cette fois-ci, mon apprenti routard, je t’emmène à Hvar, l’île de la jet-set, l’île de la débauche, l’île de la fête, l’île de Massimo Gargia... Rien de tout ça pour nous, je te rassure… Nous, on veut simplement se goinfrer de la beauté légendaire de l’endroit… Au revoir Trogir… Hvar, attention à tes fesses, on arrive ! Sauf qu’après une vingtaine de kilomètres, ça commence à sentir mauvais… Pas la peine de serrer les fesses, ça ne vient pas de toi ! Non, une fois de plus, il y a un trafic de foldingo ! Mais lentement, on se croatise… Entends par là qu’on commence à être habitué et qu’on patiente patiemment...
Deux heures plus tard passées dans la voiture, on doit certainement être bientôt arrivé… Ben là, tu peux gentiment t’enfoncer le bras dans l’œil, on fait du sur place ! Là, tu m’imagines en train de vociférer, de ronchonner, de me plaindre… Ben tu sais quoi ? Et bien pas du tout du tout du tout ! Je suis même plutôt assez fier de moi. J’ai été très agréable, limite avec une auréole d’ange au dessus de la tête. Je suis zen : « Sasha, ma chérie, aurais-tu l’obligeance de cesser de taper dans mon siège, s’il te plait », je prends mon mal en patience : « Sasha, pour la millième fois, arrête de taper dans mon siège, ok ? », vraiment ce voyage m’assagit : « Bon, Sasha, dernière fois avant que je ne te balance par la fenêtre ! ». Je voudrais bien t’y voir, toi… : Subir ça, avec dans les oreilles pour la millième fois, le générique cucul la praline de Barbie et le secret des fées ! Je n’peux pas la blairer celle-là ! Bref, une fois la ville d’Omis traversée, on commence à entrevoir le bout du tunnel puisque notre voiture avance désormais plus vite que Sasha, qui elle, est maintenant à pied… Ben quoi ? Je l’avais prévenue mais elle a quand même continué à taper dans mon siège...
Plus on avance, plus on grimpe et plus la vue sur la grande bleue est à couper le souffle ! J’entraperçois même des petits campings dans des endroits bien sympathiques. Je crois bien qu’on fera un petit stop ici lorsqu’on sera sur la route du retour vers le pôle nord… Avant ça, nous arrivons à Drvnik pour y prendre un bac. Allez, ouvre ton livre « Se rendre à Hvar en prenant un bac pour les nuls » ou écoute comment on a fait : En fait, c’est un jeu d’enfant de deux ans. Vite fait bien fait, je cours à la caisse afin d’y régler les 148 kunas nécessaires. Vite, le bateau est en vue ! Trois personnes sont devant moi… Mince, le bateau est vraiment tout proche ! Je règle… Vite, le bateau accoste ! Je remonte dans la voiture… Allons-nous réussir à l’attraper ? Là, on suit les panneaux qui nous emmènent… derrière une file de… deux cent vingt huit autres voitures qui sont arrivées avant nous et attendent leur tour… Je vais demander des infos au préposé à l’embarquement qui m’indique de patienter. Alors moi, pas con, ben je patiente… Au final, on attend comme ça une heure et demie avant de pouvoir faire faire la première croisière à notre voiture. Pour le reste ? Une formalité… Vingt minutes de traversée pendant lesquelles Sasha la charmeuse a été accaparée par deux grand-mères croates en extase devant notre blondinette.




Et alors, Hvar ? Là, c’est moi qui suis en extase ! Ça ressemble à la Corse, les vaches sur la route et les indépendantistes en moins ! La végétation est d’un vert éclatant… L’eau est d’un turquoise comme tu n’en verrais même pas aux Seychelles ! J’peux dire c’que j’veux, tu n’es jamais allé aux Seychelles, n’est-ce pas ? Moi non plus, d’ailleurs… Bref, on file tout droit jusqu’à un camping que j’avais repéré sur la toile : le camping Mina. Verdict : La grande classe ! Là, c’est le paradis où je n’m'y connais pas !! Et tout ça à dix sept euros la nuit, papier toilettes compris… La grande classe, j’te dis ! Je te décris l’environnement : Une forêt de pins, des emplacements en escalier dont le dernier doit approximativement se situer à… deux mètres de l’eau. Et là, on ne peut pas dire qu’on a du cul, je vais même aller jusqu’à dire qu’on a un gros cul… Tu le vois, cet emplacement, tout proche de l’eau ? Ben il est libre ! Et s’il est libre, ben c’est qu’il est pour nous !!! Bon, Sandrine s’est bien méfiée pendant deux trois minutes du style « ça cache quelque chose » mais c’est sûr, on s’installe là jusqu’à la fin des vacances ! Que dis-je, jusqu’à la fin de ma vie, voir plus ! Seul truc bizarre ici, c’est que la majeure partie des campeurs est croate contrairement aux autres campings dans lesquels nous avons posé nos fesses… C’est donc le moment de t’en parler un peu, de nos amis croates… Alors, je pense qu’ils doivent être sympas mais disons que de premier abord, ils ne sont pas très avenants. Que tu sois là ou pas, ils n’en ont rien à s’couer. Bon, même s'il faut un peu leur marcher sur les pieds, on arrive quand même à les faire sourire, mais ce n’est pas la fête à la maison tous les jours. En fait, ils sont un peu comme nous, les français… Bien sûr, si tu es déjà allé en Croatie mais que tu ne partages pas mon avis sur la question, n’hésite pas à émettre un commentaire sur cette page pour le faire savoir… Je m’empresserai de toute manière de le supprimer aussi sec...
Bien évidemment, comme tu t’en doutes, la suite de l’histoire de notre journée se traduit par des ploufs, des tasses, des masques, des bouées, des tubas, des poissons, … tout ça, à quelques encablures de notre tente ! On ne va pas se priver d’utiliser la piscine construite sur notre propriété, quand même ! Je peux tout de suite te dire que ce camping rentre dans notre top trois du championnat de ligue un des campings grâce à sa vue sur la grande bleue ! Et dire qu’à cette heure-là, y’en a qui bossent… Par contre, tu m’excuseras mais là, je n’arrive pas du tout à me concentrer pour t’écrire la fin de cette journée. Le bruit des vagues s’échouant nonchalamment sur les rochers m’insupporte. C’est vraiment pénible ! Je suis donc contraint de stopper l’écriture de mon autobiographie de voyage et continuerai donc demain. De toute façon, demain est une autre aventure...