Cher Monsieur,
Je ne connais pas la Libye, cependant un de mes amis y à fait un voyage dont il m'a envoyé le récit, frappé au coin de l'esprit et du bon sens.
Je tente un copié collé. Wooow! Ca marche.
Bonne lecture, et bon voyage.
M. Henricot
Voyage en Libye (Amis des Musées) du 07 au 17 oct. 02
Une mouche est entrée dans la cabine du Boing de la KLM, une mouche libyenne, agressive et fanatique, quelle mouche avait bien pu piqué cette mouche là pour l¹inciter à nous suivre sur le vol KL574 de 14h25 à destination d¹Amsterdam? Sans passeport et sans vaccin j¹imagine qu¹elle n¹a pas survécu à l¹atmosphère glacée de schipol et que malgré les palmiers en plastique et les bons conseils des fines mouches bataves, cette mouche tripolitaine doit être raide à l¹heure qu¹il est, aussi raide que les cerveaux de ces douaniers bornés et malheureusement pas mort-nés qui faillirent bien gâcher à eux seuls tous les efforts de nos hôtes libyens. Si Dieu existe j¹espère qu¹au jour du jugement dernier il se présentera sous la forme d¹un aspirateur puissant qui fera disparaître à tout jamais les petits esprits mesquins et tordus, les caporaux raides comme des poireaux, les petits chefs à fines moustaches cachés derrière leurs petits guichets, les douaniers libyens et leurs cachets, les tartempions qui martèlent du tampon et des talons, les dictateurs de toutes les couleurs et ainsi nous ne devrons peut-être pas quitter cette bonne vieille terre pour être enfin au paradis. Mais je m¹emporte à cause de ce quarteron de couillons moustachus et têtus et me voici commençant par la fin du récit, ce qui est un non-sens. Reprenons nos esprits! Allons-y! Y-AH-LHA ! Inch Alain ! Debout à l¹aube du premier jour, voyage sans histoire par car de Bruxelles à Amsterdam avec sandwiches et boissons à bord, vol sans nuages vers Tripoli, atterrissage sans ombrages sur le tarmac, qu¹il est déjà loin notre lit. Première rencontre du groupe avec Mustapha notre guide aux cheveux de jais bouclés qui nous présente le chauffeur Whallid en casquette et l¹agent de police touristique Mohammed en savattes dont l¹alibi est de nous protéger, bonjour, salam, salamalec, tout va bien, merci. A la douane re-salam et recherche de salami dans mon sac, fouille de mes fouilles par une andouille à la paire de mains lestes qui farfouillent, je suis chatouilleux et je ris, l¹autre ne ris pas, on se toise et soudain, miracle! Le cerbère sourit, je souris aussi, nous sourions tous les deux, Inch Allah. Il se prénomme Ali. Serions nous devenus amis? Je lui dit ³Et les Loukoum Salam¹mi ?² ils montrent ses belles dents jaunes en riant. Hors de l¹aéroport le soleil nous tombe dessus. Choc thermique et culturel. Visite au pas de charge des souks, visite respectueuse en chaussettes d¹une vieille mosquée dans la médina, longue contemplation de l¹arc de triomphe de Marc Aurèle autour duquel broutent des moutons. Les passants sont rieurs. Les mouches énervantes. Le soleil chauffe. Nous promenons nos ombres. L¹hôtel est libyen, c¹est à dire que certaines choses fonctionnent bien mais jamais ensemble, le seul truc vraiment super c¹est la distribution des étoiles, il y en a plein mais le système de cotation du bibendum libyen échappe à nos esprits cartésiens. Mustapha nous apprend que le choix des hôtels (il n¹y en a que trois) dépend du ministère (des étoiles?) et qu¹on ne sait jamais d¹avance où on dormira. Nous sommes dans la république de la paperasse verte.
70% des libyens vivent en tripolitaine, ce qui ne signifie nullement qu¹ils vivent à trois! C¹est l¹une des rares régions cultivables du pays. Architectures diverses à travers la région, des phéniciens aux arabes en passant par les romains, les grecs et les italiens, chacun a laissé son empreinte. La Médina est encore très authentique, avec ses souks, ses portes mystérieuses, son atmosphère et ses odeurs. Ce jour le plus long s¹achève sur un bon repas en bord de mer. Nous sommes en route le second jour vers Sabratha à l¹ouest, ville fondée par les Carthaginois 500 ans avant le petit Jésus des cougnoux (pas celui de Lyon, hélas) et complètement détruite par les vandales 455 ans après ce même Jésus et puis par les arabes qui terminèrent le boulot 700 ans après le p¹tit gars de Nazareth. Dégagées par d¹autres romains beaucoup plus tard, les ruines sont belles sous le soleil écrasant comme sous la pluie battante, eh oui, nous autres les belges on attire la pluie, une pluie chaude et abondante qui nous fit courir à travers les ruines à la recherche d¹un abri comme en 40, Jacques nous entraîna vers un vomitorium, c¹est là qu¹on est le mieux dit-il en invoquant Saint Pépin pour que la pluie cesse. Sabratha à l¹époque romaine était le relais maritime des caravanes d¹épices, d¹ivoire, d¹ animaux sauvages et d¹ esclaves remontant de Ghadamès. Après Sabratha, nous nous rendîmes sagement vers l¹aéroport pour prendre l¹avion vers Benghazi, la deuxième ville du pays. Dans notre airbus une joyeuse bande de jeunes ouvriers du pétrole écoutait des chansons en frappant dans les mains. A l¹arrivée dans le petit aéroport de Benghazi une vieille babouche tournait solitaire sur la bande des bagages sous nos regards fatigués. De la chambre Harbatach Harbatach (1414) de l¹hôtel Tibesti à Benghazi la vue est sublime sur la baie de Syrte. Le troisième jour se lève et nous emmène vers Ptolemais, en arrivant on ne voit rien que quelques chèvres, un ouvrier ivoirien nous explique que pour y voir mieux il faut y aller avec l¹archéologue du coin, et en effet avec lui, en marchant beaucoup dans les cailloux, on voit tout. Après ce site là, nous allons voir deux églises byzantines du 5e siècle après qui vous savez, l¹une d¹elle, en s¹écroulant a protégée l¹autre. La visite de ces deux petits restant d¹églises est un grand moment d¹émotion. En route vers AL BAYDA à travers le pays du Lion du Désert, qui fit la nique aux italiens et mourut pendu par ordre de Mussolini, poil au zizi. Hollywood en fit un film avec comme vedette Anthony Quinn. Nous n¹avons pas vu la K7 de ce film car l¹eau du circuit de climatisation avait emplis d¹eau la télé du bord transformée en aquarium. Les femmes arabes de loin ressemblent à des bonshommes de neige. L¹hôtel à Al Bayda possède un champion olympique inconnu, il s¹est tapé 24 fois 12 volées d¹escaliers avec nos valises en courant car l¹ascenseur ne marchait pas. Le brave courait mais le courant ne marchait pas, l¹eau bouillante partait de la douche droit vers le lavabo, les serviettes portaient encore les traces des derniers occupants et il n¹y avait qu¹une porte pour deux chambres. A part ça c¹est un chouette hôtel, le meilleur de cette ville qui n¹en compte qu¹un. Après le dodo réparateur de courbatures, coup de sirène et départ vers Cyrène, en voiture. Ville grecque, née d¹une poignée d¹immigrants en 631 avant notre air pollué, la plus grande ville grecque d¹Afrique et Appolonia son port gréco-romain dont la plus grande partie est sous eau salée, souvent en bisbrouille avec Carthage, elle fut détruite par le tremblement de terre au IIIe siècle après J.C. (Jean-Claude). Après toutes ces jolies ruines, back to Benghazi comme Monty. Poisson grillé. 5e journée Long voyage le long de la longue côte, notre langueur bercée par les explications parfois embrouillées de Mustapha dans lesquelles Jacques venait avec doigté et sans avoir l¹air d¹y toucher remettre de l¹ordre et de la clarté. Dodo à Zliten Brigitte essaie de recharger son gsm et bousille son transfo! Pourtant à la réception ils nous avait garanti du 220. L¹ascenseur vaut le voyage, il a cinq étoiles à lui seul. Je commence à remplir les fiches d¹hôtel un peu n¹importe comment car je constate bien vite que personne ne les lit. 6e jour Leptis Magna Le p¹tit Magnum! Sacré site! Impressionnant! A coupé le souffle, on plonge dans l¹antique, dans pareil endroit, hors du temps, loin du bruit, on ne fait plus qu¹un avec le lieu, on devient César, mais non imbécile, pas le chien! L¹Empereur. Les clameurs de la foule au cirque, à l¹hippodrome. Les clapotis des piscines, les rires des enfants, c¹est magique. Septime Sévère et Caracalla sont nés là. Le théâtre qui plonge littéralement vers la mer est d¹une grande beauté. Souhaitons que bientôt les américains aidés par les italiens reviendront sur les lieux afin de continuer cette extraordinaire renaissance. Je rêvais devant tant de beauté quand soudain j¹entendis une voix stridente qui hurlait ³Lucienne où es tu?², il y en a qui ont un don pour rompre le charme. Nous visitons le musée l¹après-midi, sorte de double escargot petit Gugenheim des sables qui se termine à la gloire de notre Kolonel bien aimé. Retour à Tripoli pour être honnête, nous essayons le deuxième hôtel. 7e jour. Dieu se reposât et moi aussi je crois car je n¹en trouve aucune trace dans mes notes. A l¹aube du 8e jour nous entamons la descente aux enfers, il parait que l¹an passé dans ces régions, à Ziziyaya, pour être précis on atteignait des records de 58° à l¹ombre des palmiers et comme les palmiers sont rares dans le désert. Jacques nous a quitté et nous sommes comme des brebis égarées, en escaladant le djebel Nafusah nous échappons à la mort quand un camion sans freins qui dévale face à nous a le bon goût de terminer sa course en se bloquant la roue dans une crevasse, je n¹oublierai jamais le regard de cet homme. Les villages et greniers (114 greniers à cause des 114 sourates) berbères sont aussi des raisons suffisantes pour effectuer le voyage à travers le djebel loukoum ahma louch. Au bout de la route, sise là depuis 4.000 ans, ancien marché d¹esclaves et grand centre caravanier; c¹est Ghadamès, les palmiers, la source de la jument, l¹hôtel c¹est Bagdad Café. Aucun confort au pays des Garamantes mais on s¹en fiche car c¹est très sympathique et qu¹on peut vraiment parler ici d¹accueil chaleureux. Le soir en se baladant dehors, les rares passant vous font des signes d¹amitié. Les chauves sourient. Les chauve-souris zigzaguent dans le ciel bleu indigo où brillent les étoiles, l¹étoile du sud pend au cou des femmes et des hommes, on n¹entend rien, il fait bon, c¹est le désert. 9e jour On a tous bien dormi, quel calme. Visite d¹un petit musée local avec un charmant monsieur parlant un très bon français avec nous et le berbère chez lui. Ensuite on pénètre dans les dédales de cette ancienne bourgade construite pour être à l¹ombre, des kilomètres de bancs accueillants, des places avec des mûriers, des enclos pour les bêtes, deux tribus occupaient ces lieux en bonne entente, un peu comme les chèvres et les moutons, ils parlaient deux langues berbères passablement différentes, le beniwhazid et le beniwhalid.
On se dit que les vieux doivent regretter cet endroit. Certains y habitent encore mais la plupart on reçu des sous en 1969 pour s¹installer dans le nouveau bourg avec la clim, la cling et la clong qui accompagnent nos villes modernes. Notre guide est jovial, il plaisante, ces gens sont moins coincés que ceux des villes. Repas. Longue Sieste. Cinq ³4X4² nous emmènent vers les dunes de sables, au pied du grand erg saharien, la progression est parfois lente, parfois rapide, on fait du sur place, les roues patinent, on dégonfle les pneus avant, on repart. Dernière partie à pattes, bien enfoncer les talons nous dit Marina en bonne russe qui connaît la neige. Nous voilà sur la crête de la dune dont la hauteur varie selon les estimations entre 50 et 500 mètres, nous devenons marseillais. Le soleil se couche. Silence. On redescend un peu triste en frissonnant, on se place autour du feu comme des indiens et un de nos chauffeurs sort le pain brûlant du four de fortune creusé dans le sable, on passe et repasse le thé de menthe sucré à la ronde, le pain est chaud et croustillant, nous sommes tous frères. On mange le Benzin (plat traditionnel d¹agneau et de chameau ) à la belle étoile et puis on s¹installe dans la salle paroissiale (dans le sens qu¹il y a des parois) à ciel ouvert et on assiste à des danses berbères accompagnées par des tambourins et des clarinettes boursouflées. Le spectacle est bien, rythmé et cadencé par les mains des spectateurs, uniquement mâles comme sur la piste, dommage. Retour au Bagdad Café, on s¹en fout que cet hôtel n¹ai pas d¹étoiles, des milliers d¹étoiles brillent au dessus de lui et le protège des inspecteurs du Michelin. Bonne Nuit Ghadamès. 10e journée Adieu Ghadamès là où nous prîmes notre repas d¹hier (ghada = repas, mes = hier). Long périple de retour, visite d¹habitations troglodytes. Repas à midi chez un ex-flic touristique recyclé dans la limonade. Arrêt poterie dans un endroit fort bien situé, des pots, des vases, des plats sur des kilomètres. Retour à Tripoli en traversant des paysages grandioses. Nous pénétrons dans notre troisième hôtel tripolitain en passant à travers un dispositif de détection, revoilà les fiches à remplir. Tiens à Ghadamès, il n¹y en avait pas? Bizarre! La grande rivière de KK (Colonel K) passe par notre chambre, 2L d¹eau à la seconde disparaissent dans les toilettes, on signale, le mec s¹en fout, on est en Afrique, l¹eau est rare, rien à faire. Manque de plombiers qualifiés. Manque de pièces. Manque d¹envie. Vive le Kolon. Dernier jour Musée magnifique sauf les WC. Médina magnifique sauf les WC Aéroport magnifique sauf les WC KLM ouf sauvé On se jette sur le vin. Suivant l¹avis des préposés, il n¹ont jamais vu ça! 10 jours sans vins ça laisse des traces, on danse, on chante, on rit, les espagnols sont nos frères, l¹équipage frappe dans les mains en chantant ³Viva Espana² schipol, on passe de 42° à 4°. Il pleuvine. Tout est propre. Il n¹y a pas de sable dans les sandwiches du car qui roule gentiment vers Bruxelles. XXXXXXXXXX Voilà, c¹était La Libye, maintenant si vous le permettez quelques remarques, précisions et impressions plic-ploc en vrac: Les Touaregs sont nommés ainsi par les arabes, entre eux ils se disent ³Kel Tamachec², ils sont environ 1 million, sont de race blanche fortement métissée dans le sud. Ils ne se plient aux règles de l¹Islam que par convenance et lorsqu¹ils sont entourés d¹arabes. Les hommes se couvrent le visage, les femmes jamais, monogames la filiation s¹établit par les femmes. Le touareg est plus superstitieux que religieux. A Ghadamès, la ville aux sept portes, les femmes mariées ne pouvait circuler que sur les toits. Sophia Loren et John Wayne ont séjourné à Ghadamès. ³Dormons nous ce soir à l¹hôtel?² voilà le genre de phrase incohérente qu¹on entend dans l¹autocar quand le peuple est fatigué. La brosse à babouches des hôtels tourne à vide mais s¹arrête au contact d¹un pied d¹infidèle. Le chauffeur du car m¹a montré son gri-gri attaché sous le capot avant, il s¹agissait d¹une grosse dent de chameau attachée à une corde huileuse! La nuit tombe vite sous ces latitudes, sans prévenir, il n¹y a d¹ailleurs personne à prévenir! ³Partners not wage workers² c¹est le slogan de Mister K, le dictateur vert qui tel soeur Anne scrute le ciel à travers les verres fumés de ses polaroïds pour voir si les avions arrivent. Les femmes sans fards vont voilées et les Voitures sans phares ont des roues voilées. Le compteur d¹une voiture sur laquelle s¹affairait son fier propriétaire comptait 780.000 km. qui dit mieux? En Libye il existe des Affiches publicitaires ³Home made² qui vantent les qualités de Coca et de Pepsi sur les mêmes panneaux, du ³jamais vu². La Libye est deux fois moins peuplée que notre petit royaume de 30, 500 km2 alors qu¹elle a une superficie de 1, 760, 000 km2. Tous les W-C libyens sont mixtes vu qu¹il n¹y en a jamais plus d¹un. Plusieurs bâtiments font vaguement penser à Gaudi et ses fers à repaser. Le tronc de palmier employé en toiture ou comme chambranle de porte n¹est jamais attaqué par les vers à bois pour la simple raison que ce n¹est pas du bois. Tripoli = trois hôtels A Al Bayda l¹hôtel de quatre étages a deux étoiles, et bien, vous savez quoi? Il n¹en mérite pas trois! Là, même l¹ascenseur était en panne, par contre sa cuisine de femmes était authentique, merci Madame pour vos courgettes farcies à même le sol emballées sous vos voiles qui jamais ne dévoilent ni vos charmes ni vos larmes. Qui donc étaient ces phéniciens, ces carthaginois, ces grecs, ces romains et autres byzantins qui vinrent l¹un après l¹autre laisser comme des enfants traîner leurs restes dans les sables brûlants? Pas d¹école hôtelière, ni d¹école pour guides, ni d¹école menant à la plomberie, encore moins d¹écoles pour pêcheurs de crevettes grises à cheval dans cette mer qui pourtant pour eux est une mère du nord! Un polin, deux polins, trois polins, quatre polins, cinq polins, six polins, c¹est ça! j¹me souviens! Cipolin, c¹est le nom de ce marbre verdâtre et ripoliné au Ripolin qui n¹est pas de Carrare mais d¹ailleurs et qui est très présent sur ces sites puniques du bord de mer. Le moucharabieh devient en Libye le Bush arrivera La mouche à Rabia (ou mouche enragée pour ceux qui firent de l¹espagnol dans les marolles) Et ce fût en vain que nous pleurâmes pour avoir du vin. Ah les p¹tits magnum, quel site! Alain annonçant tel Noé avant le naufrage ³ En avant .. Arche!² (En raison de la chaleur Alain se prenait parfois pour Allah) Les sites ont été protégés par les sables depuis vingt siècles et par l¹Unesco depuis vingt ans. La dictature du dessert: ³Bouffe ta datte et tais toi!² Le Touareg à sa femme: ³Va quérir de l¹eau!² - ³Je ne peux pas mon homme bleu, il y a un blanc assis sur le puits !² (découverte des cuvettes de WC par l¹homme du désert). Hercule, le fort homme règne sur le Forum tandis que Blanche-Neige (la femme de Bacchus) et les sept nymphes s¹activent à déboucher, peinards les amphores de Pinard au Frigidarium, à notre triste époque il n¹en va plus de même car même en sortant des dollars ou des dinars on n Œen reçoit plus du pinard. A Tripoli il existe un quartier des bidets, toute une rangée de boutiques du quartier chic propose au chaland tripolitain un choix très exotiques de bidets pouvant épouser tous les formats de popotins, certains garnis de dorures et d¹autres de petits Tintin. Tout au long de la côte les phares et les minarets se font concurrence Les mystères de la Libye sont partout, Mohammed le flic touristique qui devait veiller sur notre bien-être fut victime de la Tourista au bout de deux jours, il nous avait offert la veille des dattes emballées dans des sachets de plastiques hermétiques, les dattes fermentèrent dans la chaleur car en Libye la date de péremption des dattes c¹est la date à laquelle vous achetez les dattes! Autre mystère, en bord de mer Jacques Hostetter atteint par le vertige des vestiges nous lu un extrait du ³Vélum et la Mer²; un médecin mit cela sur le compte de la chaleur. Pas la peine de conserver ses dinars pour acheter du pinard au retour. Whallid le chauffeur qui s¹est coupé un doigt Mohammed le flic qui a eu la tourista Achmed le 2e flic qui a eu le pourboire Mustapha notre guide qui s¹est marié il y a un mois. Kadhafi dont la tronche finit par devenir presque sympathique, surtout sur l¹affiche avec les douze micros où on dirait qu¹il participe au concours eurovision de la chanson. Brigitte, mon épouse ayant un jour mis le voile, faillit s¹envoler emportée par un violent coup de Gilbil, je lui dit que finalement je la préférais sans voiles, elle ne mit plus les voiles. Les arbres de Tripoli sont taillés en formes de cubes géants et les troncs sont chaulés pour éviter que les chèvres n¹en fassent leur ³quatre heure². Une délégation commerciale belge menée en front commun par Philippe et Mathilde nous obligeât à faire les trois hôtels de Tripoli qui devint derechef pour nous tous ³Trois Trips au Lit², trois nuits à Tripoli, trois hôtels différents, comme il n¹y en a que trois nous pouvons dire que nous les avons tous faits et défaits nos lits à Tripoli. La place verte était vide comme chantait Bécaud et le musée était fermé .. normalement, dixit Mustapha. Tout est bâti sur du sable en ce pays, rien n¹y est stable. C¹est aussi le pays des paraboles (selon CNN). In the old days they were exporting olive oil to Rome, nowadays they¹re exporting their oil down south exchanging it for bananas. Lundi matin, avant de partir vers Ghadamès et le désert, le grand M¹ ³Oufti² de Liège nous abandonna sans vergogne en nous disant : ³ Tu lis bien le petit Livre Vert libyen et t¹as tout compris y compris ce que t¹as pas compris!² et puis il ajouta: ³C¹i tout compris dans le prix mais si ti veux il existe la version digest, en petit cube Liebig². Le Kitsch n¹est pas un privilège arabe mais il faut dire qu¹il a ici ses lettres de noblesse, ici tout est kitsch j¹ai déjà mentionné les bidets dorés, il faut aussi parler des lustres en faux cristal, des fleurs en vrai plastique, des carrelages tarabiscotés, des drapés en satin brillants et des portraits de ³Notre Kolonel K bien aimé². Le menu libyen c¹est invariablement une salade à base de concombre et d¹olives, une soupe, un morceau de bidoche plus ou moins pas assez cuit ou un poisson grillé souvent hélas trop cuit, l¹accompagnement étant du couscous ou du riz + trois frites froides pour nous faire plaisir, le dessert c¹est les dattes du jour ou la banane du lendemain, le petit verre de thé de menthe arrive en finale. Aucun vin, aucune bières, pas même de l¹eau gazeuse. Les coups de klaxon du jeudi célèbrent les mariages, d¹accord, mais à mon avis il y en a plein qui se marient les autres jours car ça klaxonne sans arrêt. Nous eûmes droit à une superbe drache chaude lors de la visite de Sabratha le premier jour. En Libye on risque autant d¹être brûlé par la douche que par le soleil. Les statues de bronze géantes des frangins Philène, ces deux carthaginois qui grâce à leur course rapide fixèrent une frontière avantageuse entre Carthage et la Cyrénaïque, gisent inertes dans le sable et, oh! indécence funeste servent de cibles aux tireurs de passage et chacun d¹y aller de découvertes morbides et indécentes de trous de balles variés sur leurs corps dénudés. A hauteur de Syrte, ville natale du cas K, la grande rivière nous est tombée dessus, un mélange de sable fin et d¹eau du ciel qui empêche toute vision même en faisant s¹agiter les essuies glaces comme des danseuses du ventre victimes de la danse de Saint-Gui dans ce Syrte à qui? A ³K² voyons! Tripoli pour être honnête celui-là derrière ses verres fumés. Quelques jours après notre retour on annonce aux nouvelles que des touristes se sont fait égorgés dans le désert algérien, Inch Allah. Ce fut une surprise d¹apprendre qu¹il n¹existe pas de tripots à Tripoli, que le rosé de Provence bien frais est le mirage le plus récurrent, que ce sont les Juifs qui ont inventé l¹Intifada en 115 AD et qu¹Artémis malgré sa mini jupe est restée vierge, qu¹il existe des églises orientées, accidentées et désorientées, qu¹il y a une grande variété de minarets, qu¹il faut aller à Appolonia pour perdre Loulou, qu¹il est interdit d¹ôter ses chaussures dans l¹avion qui va de Tripoli à Benghazi, que l¹archéologue à Cyrène était aussi Shérif de son état civil, que le Kolonel Kellogs entreprend la construction du plus haut minaret au monde (entre Sabratha et Tripoli), que les chameaux ne sont pas là depuis si longtemps, que le mâle est le méhari et la femelle la mahadam, la femelle à des semelles en peau de chamelle, qu¹il n¹existe pas de trains en Libye, pas de train, pas d¹entrain, pas vraiment de tristesse non plus mais du fatalisme partout ³Inch Allah², les frigos d¹hôtel ne contiennent même pas d¹eau mais comme disait Galilée ³Ils tournent², il n¹y a pas plus de vin en Libye que de poils sur un ¦uf, qu¹il existe 99 noms de Dieu (si Brassens avait su ça!), que Tripoli veut dire ³trois villes², qu¹à voir la manière dont les gens conduisent il est normal que le vin soit interdit, que la bourgade de Ghadamès est assise à cheval (à
chameau?) sur trois pays (Libye, Tunisie et Algérie) et que les Touaregs s¹en moquent éperdument. L¹aéroport de Tripoli participe avec tous les autres aéroports du monde au concours du sol le plus brillant. Il y a trois portails à l¹arrivée à l¹aéroport de Tripoli, l¹un réservé aux citoyens libyens, le second à nos frères arabes et le dernier aux autres, c¹est à dire 95% des passagers, bienvenue à Walibye. Yasser Arafat rit sur les billets de 20 dinars. On paye un euro pour 16 Litres d¹essence en Libye. Les soins de santé et les études sont gratuits. Le salaire mensuel moyen est de 300 dinars. Le drapeau est vert uni, sans croissants ni café crème. Il y a 2 millions de palmiers dattiers entre Tripoli et Sabratha, et quasi autant d¹oliviers. Une tragédie c¹est une représentation théâtrale libyenne (c-à-d sans vin à l¹entracte). Le vent du sud dessine sur le sable des arabesques qui serpentent vers des routes asphaltées jonchées de détritus. J¹ai entendu Jacques décrire un combat entre Hercule et le lion de Mémé? Avais-je du sable dans les oreilles ou des mirages auditifs du au sevrage trop brutal de ma demi gueuze journalière? Savez vous comment on dit oui à Bruxelles de façon très affirmative? C¹est ³Non peut être!². Tripoli c¹est un immense Blankenberg avec toits plats, docks, souks, mosquées, paraboles, minarets, on y roule à droite et à gauche, les mouches y sont agressives et les moustiques inexistants, li mouzées y sont parfois fermés mais li muèdzzin il chante quand même comme li matou un peu fou, et l¹hôtel il y en a trois mais il faut téléphoner au KGB libyen pour savoir dans lequel on peut aller mettre ses tripes au lit.
Les seules choses qui bougent dans le désert sont les sacs en plastiques coincés dans les buissons épineux desséchés que les chameaux mâchouillent comme s¹il s¹agissait d¹herbe tendre, par après le chameau rumine ces rameaux comme un ruminant qu¹il est.
Le pays est vert en l¹air, les drapelets triangulaires sont verts, c¹est la couleur de la Libye, on se croirait à Saint Étienne un soir de grand Match, mais à Saint Étienne c¹est aussi vert par terre. Les climatiseurs jouent des airs de batteries, s¹il y avais eu un saxo, on se serait souvent cru à la Nouvelle-Orléans. La lune en croissant dans le ciel faisait la nique aux croissants des mosquée. Au fond la Libye c¹est une plage de 1000 km de long sur 2500 km de large. Nous étions deux sur cette plage, moi en maillot, elle au chômage. Les travailleurs sans travail campent le long des routes à l¹approche des grandes villes en présentant de manière ostentatoire les outils de leurs spécialités respectives, un rouleau à peindre pour l¹un, une scie pour l¹autre, une truelle pour ce troisième, ces gens sont noirs pour la plupart, l¹arabe pense et le noir turbine. Il y a des barrages avec contrôle de police sur les routes tous les trente km environ. La caserne qui sert de repaire au Kolonel Kellogs ressemble à un immense bunker au centre de Pitroli la capitale qui vit grâce à lui. L¹art contemporain conceptuel s¹exprime en toute liberté devant les garages qui exposent les pots d¹échappements rafistolés sous forme de gigantesques sculptures qui ressemblent à des mantes religieuses. Tétrapiles ou Tétrastyles, au restaurant, on hésitait souvent sur le nom des ces poissons grillés. Il n¹y a jamais de papier aux toilettes, juste une sorte de narguilé dont le mode d¹emploi se devine au premier coup d¹¦il ou alors comme dans mon cas, au premier jet d¹eau dans l¹¦il. Il n¹y a pas de Bible dans les tiroirs des chambres d¹hôtel, je dois à la vérité d¹ajouter qu¹il n¹y a pas de coran non plus. Les cuisiniers libyens sont plus têtus que les touristes belges, jusqu¹au dernier jour il nous servirent les concombres en salade que nous n¹avions pas ingurgiter au repas précédent. A Zintane, la ville des gens à la langue bien pendue, on raconte l¹histoire
suivante: Un habitant d¹une grande ville côtière avait parié pouvoir laisser sans voix le premier Zintanois rencontré; il aborde le premier qu¹il croise en lui demandant s¹il avait vu passer un camion transportant des singes, l¹autre ne se démonté pas et répond du tac au tac: ³Pourquoi? Vous en êtes tombé?². A tripoli un vélo de cirque circulait au millieu du traffic.
Quelques proverbes arabes:
Les gens pressés sont déjà morts
Aie confiance en Allah mais attache bien ton chameau
Moitié ami, moitié traître
La mesure pour aimer c¹est d¹aimer sans mesure
Moi est un bien petit mot pour contenir notre égoïsme
Lexique Mustapha:
³Vous voyez li tombola² = le tombeau là; ³il était constrouîïîrre = fut construit; ³vinouss² = Vénus; ³li Midouze² = la Méduse; ³normalement² = Inch Allah (synonyme de ); tribolitailne = (selon les cas) ³tripolitaine² ou ³très bon hôtel²; ³lés poutiques² = les boutiques; ³poudiomme² = podium; ³Hirkoule² = Hercule ou il recule; ³li bouffer pas extra² = le buffet est inclus, etc.
Merci au Touareg qui nous tendit le lait de sa chamelle car un geste d¹un de nous lui avait fait croire qu¹on avait faim. Merci Mustapha, ton sourire pendant que tu regardais Monsieur Roba enrobé dans sa djellaba et coiffé de sa chéchia savourant le narguilé à la terrasse du Bagdad Café restera un de mes plus merveilleux souvenirs de ton beau pays.